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10.décembre.201510.12.2015 // Les Crises

Michel Onfray et la place de l’intellectuel, par Vincent Engel

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Source : Le Soir, Vincent Engel, 06-12-2015

L’intellectuel français a décidé de quitter le champ médiatique. C’est regrettable pour le débat public, estime Vincent Engel.

Michel Onfray

En annonçant sur un plateau télé sa décision de quitter le champ médiatique et de fermer son compte Twitter, Michel Onfray a suscité des réactions qui sont à l’image de celles que son rôle d’intellectuel, et la manière dont il l’assume, provoquent depuis longtemps. Elles sont surtout le reflet de l’incompréhension d’un penseur profond et original et du rejet que subissent les intellectuels aujourd’hui. Plus largement, du rejet d’une pensée qui entend mettre l’actualité à distance, proposer une réflexion approfondie sur des sujets éminemment complexes et se dégager des lectures du monde conditionnées par des idéologies qui confortent un néocolonialisme et une emprise sur le monde toujours plus grande de l’économique, et donc de structures dirigeantes supranationales et toujours plus dégagées des contraintes de la loi.

Puisqu’on m’a fait l’honneur, dans certains commentaires sur le forum des lecteurs, de me comparer à Michel Onfray – et c’est bien un honneur car je n’ai pas la prétention d’arriver à la cheville intellectuelle de cet homme dont j’admire la pensée et l’érudition, quand bien même je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit et écrit –, je commencerai en lui adressant un message personnel : je vous comprends mais je regrette cette décision.

Je comprends, car la situation vécue par Onfray doit être épuisante. On lui reproche de courir les plateaux et de ne penser à rien d’autre qu’à multiplier sa présence médiatique ; personne ne semble considérer que, ce faisant, il assume pleinement, à sa manière, une responsabilité d’intellectuel qui a une opinion – il n’a jamais prétendu qu’elle était la seule valable, mais il demande, et c’est la moindre des choses, que les arguments qu’on lui oppose soient étayés et développés – et qui entend la diffuser le plus largement possible. N’oublions pas que Michel Onfray est le fondateur des universités populaires, par lesquelles il entend proposer les meilleurs cours à ceux qui, de plus en plus, sont exclus d’un savoir et d’une instruction de qualité, approfondie, et sont soumis à l’abrutissement diffusé par la plupart des programmes télévisés.

Un penseur libertaire

Peut-être faut-il avant toute chose rappeler ceci : Michel Onfray est un philosophe libertaire. La pensée anarchiste et libertaire est sans doute une des plus difficiles à appréhender aujourd’hui, à l’heure où l’ultralibéralisme – qui n’a pas grand-chose à voir avec le libéralisme qui nourrit la Révolution française et fonde la démocratie représentative, mais c’est un autre débat – est capable de tout récupérer, y compris la révolte et la révolution. Le Che n’a-t-il pas été utilisé par la filiale luxembourgeoise de Dexia pour une campagne publicitaire ?

Onfray, donc, est un rebelle, un anarchiste, un libertaire, et les écrits qu’il a consacrés à ce sujet sont passionnants. Or, comment peut-on définir cette pensée ? Difficile, certes, de la réduire et de la synthétiser puisque, par définition, elle est multiple ; mais il est néanmoins possible de distinguer quelques principes.

D’abord, la fédération. Pas celle qui est en train de ridiculiser la Belgique aux yeux du monde entier ; la fédération anarchiste est un réseau de cellules, de groupes à taille humaine où chaque individu jouit d’une véritable égalité. Entre ces groupes, nulle hiérarchie non plus, mais des échanges et des dialogues. Au sein des fédérations comme entre elles, un principe de solidarité et de mutualité, qui n’est pas incompatible avec l’indépendance et l’individualité. Solitaire et solidaire, pour reprendre la belle formule de Camus.

Ensuite, le refus de croire qu’un groupe, quel qu’il soit, détient une vérité qu’il pourrait imposer aux autres. Chaque groupe fonde ses règles de vie commune. Quand Onfray dit que le Mali a le droit d’imposer la charia, c’est dans cette logique, mais dans cette double logique : à la fois un droit autonome (auto-nomos, poser à soi-même sa propre loi) et refus de la logique hypocrite de l’Occident qui ne défend les droits de l’homme que dans les pays où il n’y a pas de pétrole.

La pensée libertaire repose également sur la provocation et la diffusion la plus large possible de ses idées. De ce point de vue, et en reprenant le principe de la fédération et des réseaux, on pourrait croire qu’Internet a été inventé par les anarchistes, ou du moins pour eux – ce qui est ironique, quand on sait que c’est l’armée américaine qui l’a développé. Mais c’est aussi révélateur d’une autre caractéristique des libertaires : le retournement des outils de « l’adversaire », ainsi que le démontrent quotidiennement les Anonymous.

Et donc, oui, Michel Onfray a usé (et abusé disent certains) des médias et des réseaux sociaux, Twitter en particulier. Mais les médias ont aussi profité de lui ; Onfray fait de l’audience. Il est, comme on dit dans le jargon radio-télé, un « bon client ». Vif, intelligent, cultivé – et toujours davantage que la plupart des interlocuteurs qui le défient dans une joute où la victoire du contradicteur n’a aucune importance, son seul rôle étant celui d’un boute-en-train, d’un « picador » chargé d’assurer le spectacle. Il l’a fait en connaissance de cause, évidemment, connaissant les risques, et parmi ceux-ci, le principal : n’avoir jamais le temps de développer une idée correctement, être coupé sans cesse, devoir ramasser sa pensée en une ou deux phrases.

La récupération

La première récupération possible est donc bien entendu celle qu’opèrent les médias français qui utilisent Michel Onfray autant que celui-ci les utilise. C’est de bonne guerre, sans doute, et le philosophe aurait peut-être pu s’en accommoder puisque cela s’inscrit dans une logique libertaire. Si on prend la peine de regarder, mais surtout d’écouter ces émissions, ce qu’y dit Onfray, la manière dont il se comporte physiquement, on est frappé par la maîtrise de l’homme, tant sur ses gestes que sur ses paroles. Et surtout, par sa capacité impressionnante de ne pas perdre le fil de sa pensée et de ne pas se laisser entraîner là où il ne veut pas aller – le plus souvent, vers des simplifications grotesques ou vers l’aveu qu’il soutiendrait Marine Le Pen ou Daesh.

La seconde récupération est plus compliquée : celle que Daesh a faite, en diffusant des vidéos où des propos du philosophe semblent lui donner raison et justifier ses actes de terrorisme. Dans un tel détournement des propos et de la pensée, il n’y a pas beaucoup de réactions possibles ; et Onfray a décidé d’annoncer, dans l’émission d’Ardisson, qu’il renonçait aux médias et à Twitter : « Si vous vouliez bien me faire la grâce d’imaginer qu’il faut plusieurs phrases pour exprimer une idée », a-t-il expliqué, tout en sachant que chaque phrase, prise isolément, peut être détournée. « Donnez-moi une phrase d’un homme, et je le condamne à mort », proclamait fièrement Fouquet-Tinville, grand fournisseur de têtes lors de la Révolution.

Les jugements

La décision appartient à Onfray et à lui seul ; ce qui est par contre assez stupéfiant, ce sont certaines réactions, dont certaines combinent à la fois la médiocrité et la lâcheté, comme les couards qui bombent le torse en apprenant la mort de celui qu’ils détestaient mais qu’ils n’ont jamais osé affronter. Sur les forums, nombreux sont ceux qui se lâchent et assassinent verbalement celui qui, selon eux, aurait outrepassé tous les droits en s’imposant dans les médias et en « imposant » ses idées, en s’exprimant là où les autres doivent se taire – lecteurs et spectateurs souvent anonymes qui ne prennent pas un instant en considération qu’ils occupent eux aussi les médias et, somme toute, de manière bien plus massive et permanente que les plus populaires des intellectuels.

Dans le Nouvel Obs, Thierry de Cabarrus cache difficilement sa joie, même si, évidemment, il commence par mettre en doute la décision d’Onfray, lequel n’est à ses yeux qu’un monstre l’ego surdimensionné prêt à tout pour être dans la lumière, y compris à se contredire. Et c’est le reproche que l’on retrouve souvent à propos d’Onfray, et qui n’est possible que si l’on n’a pas pris le temps de le lire et de l’écouter attentivement.

En particulier par rapport à l’islam ; on lui reproche d’être passé d’une islamophobie à une islamophilie, d’abord en pointant ce qui, dans le Coran, justifiait les pires violences, puis en dénonçant la responsabilité de l’Occident dans la haine que les jeunes musulmans (de naissance ou convertis) peuvent lui porter. Mais il n’y a pas contradiction entre les deux points de vue, et pas plus de haine dans le premier que d’amour dans le second ; il ne s’agit que d’un constat objectif, fait par d’autres qu’Onfray.

D’un côté, nombreux, y compris dans le monde arabe, appellent à une relecture du Coran pour en « corriger » les passages les plus controversés, comme l’ont fait les autres traditions du Livre ; de l’autre, il ne faut pas nécessairement être adeptes des théories de la guerre des civilisations pour constater que l’Occident a effectivement semé la ruine et le désordre, et qu’il récolte en partie ce qu’il a semé.

Si vous ne voulez pas croire Michel Onfray, lisez et écoutez l’excellente émission de Matthieu Aron sur France Inter, « Secrets d’info », consacrée à « Daesh : autopsie d’un monstre » ou, pour aller plus loin encore, l’analyse remarquable d’Olivier Roy qui place ce terrorisme dans une histoire plus longue, celle de la révolte d’une génération qui ne trouve pas sa place et pour laquelle, aujourd’hui, la religion est le prétexte idéal – il s’agirait donc, pour Roy, non pas d’une radicalisation de l’islam mais d’une islamisation de la radicalité.

D’autres, proches d’Onfray, lui reprochent justement cette « fuite » ; « C’est quand on est attaqué qu’il faut faire face, se défendre et contre-attaquer ! Et non battre en retraite ! », s’écrie Serge Uleski sur le site Agoravox.

Le bénéfice du doute et le doute du bénéfice

Et si, en prenant du recul, Onfray avait simplement voulu rappeler l’essentiel ? Qu’une pensée riche et complexe – la sienne ou celle de n’importe qui – nécessite du temps et de l’ouverture d’esprit pour être comprise. L’apport majeur d’Onfray à notre temps, ce sont ses livres – et ils sont nombreux. Dans ces ouvrages comme sur les plateaux télés, il y aborde tous les sujets qui touchent à notre temps, assumant ainsi pleinement son rôle d’intellectuel. Mais hélas, il y a infiniment moins de lecteurs prêts à lire des centaines de pages que de téléspectateurs heureux de savourer dix minutes de polémique à l’écran. La retraite que s’impose Onfray – et j’espère qu’elle ne durera pas éternellement – est une invitation à une retraite semblable pour tous.

D’abord, pour tous ceux qui usent et abusent des médias, en particulier les responsables politiques qui, comme l’affirme Jacques Mouriquand sur son blog, participent « à la dévaluation de leur propre parole […] à l’instant même de l’envoi » de leurs tweets – critique qui, bien sûr, s’adresse aussi à Onfray, du moins dans le chef de Mouriquand, il faut replacer l’usage que le philosophe en a fait dans cette vision libertaire que j’ai tenté d’exposer. Ensuite pour le public, qui gagnerait sans doute à prendre le temps de lire les essais d’Onfray, non pas pour se laisser convaincre, mais pour élargir et nourrir leurs réflexions. Car contrairement à un Attali, des penseurs comme Onfray n’attendent pas que leurs lecteurs les approuvent ; les philosophes sont des « accoucheurs » de l’esprit, qui rappellent à chacun, comme Hamlet à Horatio, qu’il y a « plus de choses dans le ciel et sur la terre que ne peut l’imaginer ta philosophie ».

Une crainte

On peut cependant redouter que ce silence soit d’une certaine manière une nouvelle victoire de la terreur, tout comme la montée de la peur et du tout-sécuritaire. En ces jours si particuliers, je ne peux m’empêcher de penser sans relâche à Camus – qu’Onfray connaît si bien – et je me demande ce qu’il ferait. Lui aussi était un intellectuel engagé, présent dans les médias. Rédacteur en chef de Combats, il a fustigé la liesse macabre qui s’était emparée de la presse occidentale au lendemain d’Hiroshima, sans être pour autant un spécialiste de l’armement ou du nucléaire. En homme, en philosophe, en intellectuel, il a pris parti, il a défendu ses positions dans des situations douloureuses et complexes, comme la guerre d’Algérie. Il a été conspué, moqué. Mais tout comme Onfray dit très justement qu’il faut cinquante ans pour « déterminer que les guerres qui ont été faites n’auraient pas dû être faites », il en faut autant pour se rendre compte qu’un intellectuel décrié en son temps, comme Camus l’a été, n’avait peut-être pas tort…

Je crois que Camus soutiendrait Onfray, même si cet autre compagnon de route des libertaires n’a jamais été aussi radical dans ses propos ni aussi provocateur. On peut ne pas aimer, on peut détester Onfray, on peut critiquer ses idées, souligner ses erreurs ; mais c’est cela, le débat. Onfray n’empêche personne de parler, de le critiquer, de l’attaquer. Il incarne, comme d’autres, avec d’autres, la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Si Onfray se tait aujourd’hui, qui osera encore défendre une parole différente, provocatrice et intelligente, argumentée, construite ?

Peut-on espérer que, dans un temps que j’espère pas trop éloigné, on prendra le temps de juger Onfray sur le fond, sur ce que disent vraiment ses livres (et pas seulement ses déclarations dans les médias), non pas pour accueillir une parole d’évangile, non pas pour être d’accord avec lui, mais pour renouer avec le sens d’un vrai débat d’idées, qui rend tout le monde plus intelligent ? Notre monde en a grand besoin.

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Commentaire recommandé

François-victor mamet // 10.12.2015 à 04h22

il est tellement plus facile de penser en rond, en larbin besogneux, girouette plumitive collabo,
Mr Mouchard en chef et “grand ordonnateur” de la curée bien pensante, de gauche, ça va de soit,
n’est-ce pas L. Joffrin

64 réactions et commentaires

  • Jex94 // 10.12.2015 à 02h41

    Il est effectivement grand temps d’individualiser nos pensées, nos opinions, de les enrichir et se les faire contredire. Onfray est l’une des lectures indispensables par les temps qui courent. Notre devoir est d’encourager un maximum de personnes à s’informer et à se forger son propre opinion et à agir de manière bienveillante et humaniste sur les grands sujets de sociétés. Il est de notre responsabilité à tous de participer à rendre le monde meilleur par de petits gestes, et à ne plus se contenter de chercher son petit bonheur égoïstement, et insouciant de ce qui se passe sur notre bonne vieille planète. Bravo Monsieur Onfray, ses livres participent à la diffusion progressive de cette idée. S’il ne souhaite plus s’exprimer dans les médias, ce n’est pas grave à mon sens, il a fait assez de bruit et il n’est plus utile de continuer à se donner en spectacle, car tel n’est pas le but de sa démarche…

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    • Alae // 10.12.2015 à 14h52

      “Il est effectivement grand temps d’individualiser nos pensées, nos opinions, de les enrichir et se les faire contredire.”
      Je dirais le contraire. Plutôt qu’aller vers encore plus d’individualisme, de contradictions, de “moi je” et de conflits, il est grand temps de nous réunir autour de nos idées communes. Trouver des points de convergence pour élaborer ensemble une politique populaire cohérente me semble devenir une urgence. L’ennemi, lui, est puissant et organisé, et rien ne le sert mieux que nos chamailleries et nos divisions.
      “Diviser pour régner” n’est pas seulement un proverbe romain, c’est une stratégie très efficace.

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  • Charles // 10.12.2015 à 03h09

    En effet, pas besoin d’etre en accord toujours avec lui pour reconnaitre qu’il fait un vrai travail intellectuel, et d’intervention politique.
    Par exemple dans cette video, il y a peu: http://wp.me/p5oNrG-gLv

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  • Ber // 10.12.2015 à 03h46

    “hypocrite de l’Occident qui ne défend les droits de l’homme que dans les pays où il n’y a pas de pétrole.”

    Petite erreur.

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    • evodemocratie // 10.12.2015 à 08h15

      J’ai remarqué de même l’erreur. Il serait plus juste de dire que la France garde la main sur des pays où se trouvent des matières première dont le Mali détenant des ressources minières. Il me semble qu’un article du blog de la finance évoque le fait que des entreprises cherchent à s’y installer. Hollande ne fait que réserver le terrain.

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      • Prométhée Enchaîné // 10.12.2015 à 10h42

        Certes, mais officiellement, c’est sur la demande des dirigeants du Mali qu’Hollande est intervenu.

        Alors après on peut dénoncer la Françafrique, la corruption des dirigeants qui ont laissé germer le terrorisme en s’accaparant toutes les finances. (voir Conesa sur youtube)

        Mais de ce point de vue donc, la seule chose que l’on peut lui reprocher, je crois, c’est de soutenir des gens discutables pour éviter la propagation du “terrorisme” au Mali quand au même moment il était à l’avant-garde pour faire chuter Assad, finalement confronté au même type de révoltes que les dirigeants du Mali (point à relativiser cependant, ne connaissant pas plus précisément la situation malienne que ce qu’en dit Conesa).

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        • Lmb // 10.12.2015 à 13h01

          Tout à fait exact, le France a été appelée à l’aide par les dictateurs sanglants Maliens pour les aider à bombarder une population qui n’avait rien fait à aucun Français afin de lutter contre les terroristes à l’aide des Droits de l’Homme… “suspendus” en France.
          Alors, oui, la seule qualité en ces matières que l’on puisse reconnaitre à M. Hollande, c’est de ne pas être un philosophe.

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  • groucho // 10.12.2015 à 04h02

    « Si vous vouliez bien me faire la grâce d’imaginer qu’il faut plusieurs phrases pour exprimer une idée »
    Il fallait bien s’appeler Onfray et être un grand philosophe pour découvrir ça ! Et quand même s’exprimer sur twitter…
    Quel cinéma !

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    • pipo // 10.12.2015 à 12h40

      @groucho

      « Donnez-moi une phrase d’un homme, et je le condamne à mort »

      Fouquet-Tinville, grand fournisseur de têtes lors de la Révolution.

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      • Master8 // 10.12.2015 à 16h41

        Je suis plutôt d’accord sur le sens de cette critique aux propos de Groucho et cette reprise de citation est fort à propos mais ce qui est ironique c’est qu’à ma connaissance, Fouquier-Tinville a certes fourni des têtes mais n’a jamais dit ça.

        En fait on n’a même pas besoin qu’une phrase ait vraiment été dite pour condamner.

          +3

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  • François-victor mamet // 10.12.2015 à 04h22

    il est tellement plus facile de penser en rond, en larbin besogneux, girouette plumitive collabo,
    Mr Mouchard en chef et “grand ordonnateur” de la curée bien pensante, de gauche, ça va de soit,
    n’est-ce pas L. Joffrin

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  • jacquart&jacaton // 10.12.2015 à 05h16

    Cette disparition qui je l’espère ne sera que momentané fera le bonheur par la place laissé vacante de Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut .

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    • anne jordan // 10.12.2015 à 17h17

      Allons , allons ! @jacquart , ne les mettez pas dans le même sac !
      Finkie est d’une autre trempe que l’entarté ; certes , souvent irritant , mais qui laisse ses interlocuteurs s’exprimer , et leur porte la contradiction avec finesse , voir son entretien récent avec Régis Debray .
      ( je ne parle pas de Finkelkraut à la télé , hein ? mais de celui qui anime le débat sur F.Culture , le samedi matin .
      Lorsqu’il s’extrait de son obsession de la Shoah – qui peut la lui reprocher ? personne n’est obligé d’écouter ! – il est en général passionnant !

        +4

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      • Micmac // 10.12.2015 à 22h02

        Alors il a changé, ou n’invite plus que des gens plus ou moins d’accord avec lui. Parce que j’ai des souvenirs de “Répliques” dans lesquels Finkelkraut faisait de long monologues critiques (pour ne pas dire accusatoires) contre son invité, pour finalement lui couper la parole par un long monologue quand il répond, et ainsi de suite… Insupportable, donnant la terrible impression que Finkel tenait le service public à la fois pour un tribunal dont il serait le procureur, et comme un vecteur de sa “philosophie” d’imbécile prétentieux.

        De toutes façons, ces pseudo-philosophes neocons me sortent par les yeux et le oreilles. Je préfère mille fois Onfray, même si je suis loin d’être toujours d’accord avec lui.

          +8

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  • dasilva // 10.12.2015 à 06h12

    Je pense surtout que Michel Onfray, comme tout philosophe, a choisi le discours pour se débarrasser de la violence. “Discours” étant entendu comme réflexion critique sur ce que nous sommes,nous disons et nous faisons.
    Lorsqu’il constate qu’il est embarqué malgré lui dans le champ de la violence, hors de tout discours, qu’il s’agisse de Daesh ou des puissances médiatico-financières, il ne peut que se retirer de ces terrains minés au sein desquels il n’y a rien à dire.
    Ce qui ne veut pas dire qu’il s’enfermera dans le silence.

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  • DUGUESCLIN // 10.12.2015 à 06h38

    L’intérêt de la démarche de Michel Onfray, c’est qu’il n’est pas adepte d’une idéologie, et n’en propose aucune. Ce qui ouvre le débat des idées et de ce fait devient dérangeant.
    Dérangeant d’un côté pour ceux qui veulent dominer le monde, le posséder, l’utiliser pour satisfaire leur volonté de puissance, par un enrichissement à outrance, qui leur donne un pouvoir démesuré au point de se prendre pour des “élus”, pour des dieux, pour des êtres supérieurs se lavant eux-mêmes de leurs propres crimes. Ils se radicalisent pour atteindre leur but illusoire.
    Mais dérangeant aussi pour ceux qui sont persuadés qu’ils peuvent changer le monde. A défaut de se changer eux-mêmes, ils pensent qu’en changeant la société ils peuvent changer l’homme en imposant leur idéologie. Ils se radicalisent jusqu’au totalitarisme.
    Et enfin ceux qui se sentent méprisés dominés humiliés et se font justice, (ou ce qu’ils croient l’être) et veulent détruire tout ce qui les écrase pour avoir une place plus grande dans le monde. Ils utilisent la religion, la déforme, et à leur tour se considèrent comme des élus missionnés par une volonté divine pour justifier leurs crimes, et tout comme les idéologues et les super-puissants veulent s’imposer au monde.
    Voilà en quoi des penseurs libertaires comme Michel Onfray sont tantôt ennemis ou amis de ceux qui veulent s’imposer au monde selon le camp qu’ils croient que le penseur attaque ou n’attaque pas.
    Voilà pourquoi certains “journalistes” formatés à une idéologie veulent bien débattre quand ils reconnaissent dans leur interlocuteur ce qui les confortent dans leur vérité, mais au contraire l’accusent de tous les maux dès que cette vérité est remise en cause.
    Mais si tout simplement l’homme devenait plus humble face à la vie qui lui est donnée dont il n’est pas l’auteur, en acceptant d’en être responsable plutôt que de s’en croire propriétaire, il serait peut-être plus dans un esprit de reconnaissance de l’autre issu de la même source et plus ouvert au débat.

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    • Michel Martin // 10.12.2015 à 11h12

      Si, Onfray propose l’idéologie de la gauche libertaire, idéologie à laquelle j’adhère et qui n’a presqu’aucune représentation politique (parfois appelé désert idéologique, ce qui n’est pas exact, il faudrait plutôt dire désert politique qu’idéologique). D’ailleurs Daech propose une idéologie diamétralement opposée d’autorité absolue et d’allégeance au chef.

        +4

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      • DUGUESCLIN // 10.12.2015 à 13h48

        Michel
        S’il existe une gauche libertaire, existe-t-il une droite libertaire?
        Si la vision libertaire du monde se suffit à elle-même doit-on lui donner un qualificatif qui inévitablement, est réducteur. Elle ne peut être à gauche ou à droite, elle est une vision du monde qui perd sa valeur libertaire si elle est politique. Il en est de même pour une religion qui perd sa valeur si elle devient politique.

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  • Patrick Luder // 10.12.2015 à 06h54

    Quand on cherche à construire, il est épuisant et néfaste de se battre à déconstruire.
    Quand on cherche à construire, on commence par la base, à petite dose …
    une grande échelle ne se pose pas dans le vide.

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    • valles // 10.12.2015 à 11h33

      Oui mais…n’est-il pas de mals nécessaires et nécessairement épuisants et néfastes pour être constructifs.

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  • williamoff // 10.12.2015 à 07h22

    Michel Onfray se retire de la vie médiatique. Vous remarquerez qu’il le fait au moment où sa cote de popularité décline, au moment où la critique à son égard fuse dans les médias et dans le public. Il me semble qu’il y a du narcissisme dans son attitude. Il ne faut pas oublier non plus que son fond de commerce (littéralement) c’est d’être “populaire”. D’où l’impression également de “Girouettes” quand à ses prises de paroles politiques en fonction de l’air du temps. Ces ouvrages plutôt critiqués par le monde académique, en raison d’un grand nombre d’analyses à l’emporte pièce, recevaient par contre un très bon accueil auprès des médias et par conséquent du public. Enfin, la pensée de M.Onfray est peut-être libertaire, mais elle est surtout post-moderne, relativiste et en un mot un parfait exemple de l’individualiste jouisseur, ayant perdu de vue les rapports matérialistes qui unissent les humains entre eux.

      +11

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  • joce // 10.12.2015 à 07h34

    J’ai lu traité d’athéologie et je suis en train de terminer Cosmos. J’aime beaucoup cet homme. C’est un libre penseur et quoi qu’on en dise l’époque n’est pas si mauvaise puisque je peux facilement accéder à ses idées.

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  • Kiki // 10.12.2015 à 07h39

    Il est remarquable que durant toute cette période post attentat, la presse lors des entretiens ou interviews avec Michel ONFRAY, n’ai jamais évoquée le “traité d’athéologie”.
    C’est une contribution pourtant majeur que Michel ONFRAY a apporté à notre société.
    Mais, si quelques dizaines de personnes ont lues ce livre suite à ses interventions TV alors, c’est toujours ça de gagné sur l’obscurantisme.

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    • jacquocrqant // 10.12.2015 à 12h37
    • Sébastien // 10.12.2015 à 16h38

      Michel Onfray est peut-être suffisamment intelligent pour s’apercevoir qu’il a eu tort sur un certain nombre de prises de position. Il fait évoluer sa pensée car le monde qui l’entoure évolue aussi (en bien ou en mal).
      Il n’existe rien de pire qu’un intellectuel assis sur ces certitudes, à moins d’avoir fait une découverte majeure dans le champ intellectuel, ce qui n’est pas le cas de Michel Onfray, que j’ai beaucoup de mal à qualifier de philosophe si je me réfère aux figures connues de cette discipline. On en est même très loin, donc arrêtons un peu l’idolatrie.
      Je rappelle que bien d’autres personnalités ont été éjectées des médias ces dernières années, et on en n’a pas fait grand cas. Après, il est toujours valorisant de balancer citations et autres envolées lyriques sur la liberté d’expression (chacun les aura en tête).
      Regardons simplement les choses en face. Si Michel Onfray, dont le discours n’a strictement rien de choquant par rapport à d’autres, ne peut plus, ou ne veut plus s’exprimer et perdre son temps à combattre la Bête média incontrôlable (???…..), il est peut-être temps de la laisser toute seule dans son donjon en la laissant agonir et pourrir. Le phénomène est en cours et l’avenir est ailleurs. Michel Onfray vous montre le chemin, ne le voyez-vous pas?

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      • METZGER // 10.12.2015 à 18h29

        Onfray a laissé le champ libre de l’instantanéité pour continuer à réfléchir en profondeur. Admiration pour un intellectuel hors norme auquel l’histoire rendra hommage, n’est pas idolâtrie. Il n’a jamais prétendu avoir raison, il appelle toujours à la discussion argumentée. Il a fait une découverte majeure : la vacuité de la psychologie Freudienne et son bazar. Avez-vous lu son analyse de la tauromachie, sa négation de l’histoire même de Jésus ?
        C’est à croire que c’est ceux qui ne l’ont pas lu qui en parlent le mieux. (humour)

          +3

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  • Lobster // 10.12.2015 à 07h45

    Stéphane GUILLON dans “Salut les terriens” a été particulièrement odieux avec Michel ONFRAY.
    Je comprends que M.O. n’ai plus envie de supporter, de cotoyer de près comme de loin ce genre d’individu.
    Sûr que M.O. perd de sa crédibilité quand il tombe dans un piège comme celui que lui a posé ARDISSON.
    ARDISSON, GUILLON vivent de ces bassesses.

      +20

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  • Günter Schlüter // 10.12.2015 à 07h47

    „Quand l’intelligence se retire du débat, la médiocrité des orateurs restants sur la scène n’en devient que plus perceptible“.

    Qu’aurais-je donc aimé que cette phrase soit de moi.

      +37

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    • TuYolPol // 10.12.2015 à 08h41

      Jolie tournure. On aime bien en effet que la médiocrité soit mieux perçue mais par qui ? Par ceux qui voient déjà le contraste. Mais ceux dont la vue s’est habituée à la pénombre et n’imaginent ni la beauté ni la clarté ignorent leur absence. Pour désirer la beauté, il faut l’avoir connue, et même expérimentée, se la rappeler. Et c’est vrai qu’on s’habitue à la laideur : la laideur des villes en toc, des musiques en tube, des émissions en bouillie, des littératures en palettes, de la nature sabotée.
      Un des remèdes à la laideur était la nature, mais tout le monde vit en ville.
      Que je comprend Dominique A : rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté. Car si j’avais un mot pour caractériser la fin du siècle précédent et le début de celui-ci, c’est la laideur. Elle se décline dans tous les secteurs de notre vie. On ne sculpte plus la Terre, on la repeint en kaki, en noir, et en rouge.

        +11

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    • Louis Robert // 10.12.2015 à 15h04

      L’intelligence doit savoir se retirer avant de se trahir au service et au profit de la médiocrité. Son premier devoir, essentiel, consiste à se préserver.

      Un de Gaulle sut se retirer à temps… au moins deux fois plutôt qu’une. C’est ainsi qu’il parvint à contribuer d’une façon si remarquable, unique à vrai dire, à relever un France vaincue, pour ensuite la restaurer dans sa grandeur… cette France qui n’est plus déjà, hélas, qu’un lointain souvenir.

        +4

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  • JulienP // 10.12.2015 à 08h12

    Les médiocres ont pris le pouvoir et ont écarté les plus intelligents car les plus intelligents ont souvent plus d’esprit critique vis à vis du système en place:

    http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,135205.php

    “Le médiocre doit avoir une connaissance utile qui n’enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. L’esprit critique est ainsi redouté car il s’exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ».”

      +13

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    • TuYolPol // 10.12.2015 à 08h59

      Le médiocre n’invente pas, ne crée pas. Il suit des doctrines, sans le savoir ou sans rien espérer d’autre. Il n’imagine pas les alternatives. S’il se distingue, c’est par son utilité dans le courant dominant. Le futur ne lui doit rien et il doit tout au passé. Il n’espère que ce qui lui est recommandé. En meute, il chasse l’artiste authentique, le fou, le chercheur, le dérangeant. Il pense selon la plus grande pente, il se repose. Après lui le déluge. L’authentique médiocre est le médiocre distingué, le chef de meute, car il l’est par choix et n’en démordra pas.
      N’est-ce pas Mr Joffrin 😉

        +13

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      • francisco // 10.12.2015 à 12h26

        Bonjour
        Vrai et … faux à la fois!
        Il y a effectivement un effet de suivisme – de mode ? – (inscrit dans notre génétique, d’après l’état actuel de la science) …. mais, mais, mais l’étude moderne de l’histoire – au sens large – (textes, arts, sociétés, économie … tout ce qui peut vous plaire ou vous déplaire) confirme que : c’est de ce que vous nommez “les médiocres” que surgit une réponse qui, si elle a la chance d’être adoptée par d’autres, devient THE solution pour résoudre un “défi de civilisation – ou de clan, de société, bref choisissez le terme qui vous plait le plus -” trop longtemps non résolu par les castes dominantes. Et cela s’applique à toutes les expressions humaines de la vie d’une espèce sociale au sens biologique du terme … au sens biologique, car les espèces sociales (abeilles, fourmis, oiseaux, dauphins, chiens, chevaux, etc …) font de même depuis toujours!
        Bien à vous
        Christian

          +2

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    • Renaud 2 // 10.12.2015 à 09h10

      Petite citation d’Orwell dans 1984 : ” C’était un homme grassouillet mais actif, d’une stupidité paralysante, un monceau d’enthousiasmes imbéciles, un de ces esclaves dévots qui ne mettent rien en question et sur qui, plus que sur la Police de la Pensée reposait la stabilité du Parti. “

        +7

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      • Jagajaga // 10.12.2015 à 11h47

        Si ma mémoire est bonne, l’homme grassouillet dont il est question finit par être dénoncé à la Police de la Pensée par ses propres enfants et s’enthousiasme de sa propre arrestation quand Winston Smith le croise en cellule.

        Par hygiène intellectuelle en ces temps d’état d’urgence, relire le “Discours de la servitude volontaire” de La Boétie.

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  • Vénus-Etoile du Berger // 10.12.2015 à 08h47

    Il faut définir
    -qu’est – ce qu’un intellectuel ?
    -qu’est -ce qu’une pensée ?

    une parole guidée par un inconscient et des frustrations n’est pas une pensée
    Onfray n’est pas un penseur, il n’est pas, Onfray est un mode de vie.

      +8

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    • francisco // 10.12.2015 à 12h40

      Bonjour
      Et ce “mode de vie” vous permet d’exister, hic et nunc … à lire votre mail! Dommage, car votre début de texte semblait plutôt très prometteur. Normal à mes yeux fatigués, pour un être social humain qui a nom “Vénus” – donc historiquement vous vous devez d’être blond ou blonde au niveau des cheveux – … , mais qui sent la nécessité de bien préciser une référence plus ” compréhensible” : Venus = l’étoile du berger … et donc rien à voir (le mythe donc) avec l’aspect historique (le désir sexuel) et scientifique (la reproduction de l’espèce humaine) de l’acte d’amour physique!
      Christian

        +0

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  • OlivierP // 10.12.2015 à 09h07

    Comme Michel Onfray va me manquer !

    Je le comprend.

    Il n’ est qu’ un Homme.

      +3

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  • Nerouev // 10.12.2015 à 09h21

    J’espère qu’il sera plus puissant caché qu’en vue.

      +11

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  • Alae // 10.12.2015 à 11h06

    Question, la télé est-elle un lieu où on peut développer des idées ? Ou est-elle vouée aux séries, à la pub, au zapping, au matraquage de slogans et aux idées les plus convenues ? Jusqu’ici, je n’ai pas vu de débat télévisé subtil ou nuancé, même pas sur RT TV, où par exemple, l’émission-phare “Crosstalk” souffre du même mal : invités à qui on coupe la parole à l’heure des pubs, temps de parole de chaque intervenant millimétré, simplification des propos par manque de temps, etc.
    Alors, peut-être que le média lui-même ne se prête pas à l’échange d’idées et qu’il ne faut pas lui demander plus que ce qu’il peut faire, du ludique et du marketing.
    Après, faut-il réellement amener de la réflexion à tous à n’importe quel prix, sachant que l’info n’a jamais été aussi accessible qu’aujourd’hui ? Faut-il réellement pallier la paresse intellectuelle des gens en militant pour des débats intelligents servis à la maison, à l’heure des repas, entre les pubs, en attendant le film ?
    Ou faut-il les inviter à ouvrir des livres et à aller sur les sites de réinformation, où une foule de petites mains leur traduisent des articles du monde entier ? Mais enfin, il leur faut quoi de plus, qu’on leur livre l’info en bas de chez eux emballée dans un paquet-cadeau ? Qu’on leur en fasse des mangas ? et puis quoi encore ?
    Aujourd’hui, celui qui est ignorant, c’est parce qu’il le veut bien, alors tant pis pour lui s’il se retrouve avec des Finkielkraut et des BHL.

      +4

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    • Renaud 2 // 10.12.2015 à 11h38

      Citation du groupe La Rumeur “Les perdants ont une voix et ils s’en servent” :
      “Voilà, j’vais pas me rendre, je préfère délier les langues
      Faire parler les bavards avant qu’on ne les pende
      Y a trop à apprendre, mais qui nous place des œillères ?
      Éteins cette putain de télé, t’y verras sûrement plus clair”.

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      • francisco // 10.12.2015 à 12h51

        Bonjour
        Non et Non … éteindre la télé revient à refuser l’autre dans, non pas ses contradictions, mais dans ce qui vous heurte … du coup, vous n’êtes plus aptes à comprendre (ce qui ne veut pas dire “être d’accord”) les citoyens proches – = l’E.T. en face – que vous fréquentez. Bref, vous vous enfermez dans une prison de verre et faites disparaitre les moyens qui vous permettrez de briser cette cage en verre … pour vous confronter à l’autre, … un(e) inconnu(e) donc.
        Christian

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        • Sébastien // 10.12.2015 à 16h44

          Si j’ai bien compris, on prône plutôt l’abstentionisme par ici. Soyons logique, la première abstention consiste à ne plus aller voter avec sa petite zappette, ensuite de ne plus “voter” avec son argent.
          Le non-acte est pour beaucoup un acte de résistance, bien que personnellement je distingue le droit de vote, des autres actes de consommation.

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  • Louis Robert // 10.12.2015 à 12h04

    Dans le pays par excellence du “ce qu’IL FAUT penser de…”, Michel Onfray ne s’offrira donc plus publiquement en pâture aux vulgaires anthropophages des médias. Voilà qui l’honore.

    Rappelons qu’avant lui, Noam Chomsky a depuis longtemps décidé de refuser d’être systématiquement empêché de penser et de s’exprimer rationnellement dans les soi-disant médias. Bien avant encore, Lao Tse et Chuang Tse s’étaient imposé ce premier devoir qui est de se préserver, ainsi que son intégrité de pensée et d’expression.

    De nos jours, La France ne mérite plus l’être d’une qualité humaine si exceptionnelle qu’est Michel Onfray. Par son geste, cet homme sauve aujourd’hui l’honneur de penser et de s’exprimer librement. On ne peut que lui en être reconnaissant.

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  • Crapaud Rouge // 10.12.2015 à 12h21

    Pas du tout d’accord, la problématique dépasse largement Onfray, les intellectuels et les médias. Le fait est que penser ne sert plus à rien, c’est ça la vraie problématique. la techno-science a pris le dessus de façon irrémédiable. Certes, on peut toujours discuter aux marges, (les moeurs, les orientations politiques, l’école et tout le bataclan,…), mais tout ça ne change rien sur le fond.

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    • Owen // 10.12.2015 à 13h19

      … et de manière générale, on évolue vers un monde qui laisse de moins en moins de nuances.

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    • francisco // 10.12.2015 à 13h29

      Bonjour
      Non, la techno science n’a rien pris. La science occupe un espace qui existe depuis plus de 400 ans dans la pensée humaine (car la science n’est là que pour expliquer le monde, sans vision religieuse ou humaniste…et donc, oui, c’est froid et déplaisant en regard de la mystique humaine que nous a dévoilée la science pour les espèces biologiques sociales). Le terme “techno” correspond au choix fait par des dominants humains pour s’imposer (le plus souvent pour gagner de l’argent = le mythe du veau d’or pour “dominer” les autres). Qui sait ici, que Einstein a obtenu un prix nobel, non pour ses travaux qui allaient changer notre compréhension humaine sur l’Univers, mais bien pour avoir travaillé au départ sur les infra-rouges, travail qui allait aboutir sur ces portes qui s’ouvrent toutes seules lorsque vous vous présentez devant?
      Du coup le “fait de penser ne sert plus à rien” – votre texte – est d’un défaitisme outrageant de Mon point de vue de Mammifère social, éduqué par la science.
      Comme disaient les anciens de France “le diable est dans les détails” … et la science (pas la technologie sauf si on se place du point de “the story of History” qui démontre qu’il ne s’agit que d’une application de certains bien placés pour des raisons qui leur sont propres – le plus souvent économiques mais aussi religieuses -) ne nous renvoie alors qu’à ces fondements voulus par Galilée et par Descartes. En bref, la devise de Harvard “Veritas” (à la création du lieu, empruntée à la bible) et qui très vite a été modifiée par une exégèse que je traduirais en terme actuel par les responsables de cette vieille Université US et qui voulaient se débarrasser de la religion, par les faits sont têtus, et si ce que l’on dit vous déplait, nous n’en avons rien à foutre… parce que … nos travaux scientifiques l’établissent! Après, débrouillez- vous et faites avec!
      Christian

        +1

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      • Jagajaga // 10.12.2015 à 15h55

        “qui sait ici, que Einstein a obtenu un prix nobel, non pour ses travaux qui allaient changer notre compréhension humaine sur l’Univers, mais bien pour avoir travaillé au départ sur les infra-rouges, travail qui allait aboutir sur ces portes qui s’ouvrent toutes seules lorsque vous vous présentez devant?”

        Personne ne le sait puisque c’est affreusement approximatif… Vous ferez vos propres recherches mais l’explication de l’effet photoélectrique a une portée qui excède un tantinet les portes qui s’ouvrent toutes seules (même si c’est une application technique). Pour faire court, le travail d’Einstein confirme l’hypothèse de Planck formulée en 1900 et fait partie des travaux scientifiques qui fondent la physique quantique. Ca se pose là en matière de changement de notre façon de voir le monde.

          +5

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  • amelie // 10.12.2015 à 14h16

    Je trouve ça bien, c’était peut-être amusant de voir des clashs, mais s’il veut faire un travail plus sérieux il a tout intérêt à se retirer et éventuellement à aider à créer du contenu digne d’intérêt en ligne. L’intervention a la télé, pourquoi pas pour générer un peu de popularité mais il ne faut pas se rabaisser à être un acteur de la télé. En tout cas cela donne un peu plus de cohérence au personnage. Le tweet n’était d’ailleurs pas son point fort…

    Pour les craintes de l’article… non je vois plutôt un espoir, c’est comme la montée du FN. L’espoir que certains résidu du siècle passé finissent par mourrir. L’ancien monde est mort, il y a eu une rupture essentielle (La circulation accélérée des gens, idées, capitaux, …) et il y a beaucoup de choses qui ne sont pas capable de s’adapter.

    J’ai mal pour eux quand je me dis que des gens lisent libé le matin et regardent le JT le soir….

      +5

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  • amelie // 10.12.2015 à 14h23
  • Victor // 10.12.2015 à 14h26

    On ne devient pas une coqueluche des médias sans complaisance et non sans risque. Depuis le succès de son université soi-disant “populaire” pour bobos hédonistes, Onfray s’est comporté toujours davantage comme un bateleur-jongleur de foire papillonnant sous les flammes des projecteurs des plateaux de télé que comme un intellectuel essentiellement préoccupé de recherche et de pensée philosophique. Prendre ses provocations médiatiques et autres brûlots-pamphlets à sensation (son ahurissante, grotesque et fort démagogique désinvolture attaque en règle contre Freud – qu’il a dû lire comme il prétend avoir lu le Coran -, ses errements politiques le conduisant de Sarko à Besancenot, ses approximations et contre-vérités historiques etc etc) pour l’expression d’une pensée libertaire, c’est prendre son narcissisme égotique pour de la pensée politique et sociale élaborée. Victime de lui-même d’abord, et non pas, comme il le préten, des médias qu’il a courtisés et qui l’ont idolâtré et bien gratifié , il se retire vexé, boudeur, pour se convertir à la critique des… médias. Pirouette et duplicité. The show must go on.

      +11

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    • Sébastien // 10.12.2015 à 16h49

      Vous êtes plus sévère que moi envers Onfray. Il ne le mérite pas. Le fait d’avoir marcher (un peu) sur la fourmillière est tout à son honneur. L’exemple que vous choisissez est justement révélateur de son utilité pour bousculer les dogmes. Il ne se doutait effectivement peut-être pas de là où il mettait les pieds. C’est comme ça qu’on apprend. Et le champ de mines est vaste. Onfray n’est pas un kamikaze….(qu’est-ce qu’on rigole).

        +1

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    • METZGER // 10.12.2015 à 18h42

      Commentaire réducteur pour une telle somme de démonstrations cursives. Il a lu le Coran, moi aussi. L’histoire du prophète est celle d’un assassin pédophile analphabète. Le coran un ramassis de lieux communs pétris de haine. Et je partage aussi son idée du christianisme, une belle invention d’un Empereur Romain. Quant on ne connait pas, on ne poste pas de commentaires insultants ! bateleur, grotesques errements, contre-vérités. De qui parlez-vous ? de vous ?

        +5

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  • pinaute // 10.12.2015 à 15h26

    M. Onfray a oublié de considérer les milliers que nous sommes à le lire et à l’écouter peu importe la tribune. Je comprends toutefois sa décision mais ne l’accepte pas. Ses pourfendeurs ont travaillé fort pour le discriditer et le faire taire et ils doivent maintenant s’en réjouir. Leur victoire me laisse orphelin de la saine pensée d’un homme authentique motivé à faire entrer dans nos têtes des idées à réflexion qui ne peuvent que nous faire grandir. Vers qui se tourner pour continuer à développer notre capacité de percevoir et d’analyser notre passé, le présent et le devenir. M. Onfray doit rendre son épiderme moins sensible aux propos des charognards afin de poursuivre sereinement ce qu’il sait si bien faire. Il doit trouver un médium planétaire qui nous permettra de poursuivre parallèlement notre cheminement intellectuel. Reviens on est en manque.

      +6

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  • bigglop // 10.12.2015 à 17h21

    C’est aussi le cas de Frédéric Lordon qui trouve que le format des émissions TV est trop contraint pour exprimer sa parole et souvent la faible qualité des “animateurs”.
    Par ailleurs, le débat Piketty/Lordon à CSOJ de Taddei a été très enrichissant
    http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/diffusions/17-04-2015_321671

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  • anne jordan // 10.12.2015 à 17h31

    On pourrait peut être s’intéresser à Jean Claude Michéa , autre intellectuel de haut niveau , absent des médias , après ses écrits ” blasphématoires ” sur la gôche en général et les saucialistes , en particulier : lisez ou relisez ” Orwell l’éducateur ” et ” Le complexe d’Orphée “.
    Vous en sortirez grandis !

      +7

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  • Betty // 10.12.2015 à 17h34

    Comme avait écrit Michel Onfray (en octobre 2010) en forme de réponse aux réactions hystériques suscitées par la sortie de son livre “Apostille au Crépuscule”:
    “Socrate a raison : mieux vaut subir l’injustice que la commettre.”

      +5

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  • openmind // 10.12.2015 à 21h34

    Onfray est très respectable pour son engagement sans ménagement dans la création d’une fac indépendante.
    Mais pourquoi l’avait-il fait? Pour combattre le FN en 2002….vu le résultat actuel il est en plein doute le chéri, surtout qu’il n’a jamais été autant médiatisé…finalement le problème n’est donc pas le FN mais ce qui poussent les gens à aller vers les valeurs de base de notre nation…mais pour se défendre contre qui? Qui nous attaque?? Michel n’osera jamais le dire et préfère se retirer et laisse de plus courageux oser désigner notre grand liquidateur ou nos grands fossoyeurs…

    Beau travail quand même au début mais pas fait jusqu’au bout…je pense que quelqu’un de très célèbre dans la clandestinité l’a bien mis à poil comme il dit face à cette contradiction de Onfray: on nous manipule, on ne respecte pas les Français, le peuple…grosse prise de tête avec Yann Moix et Léa Salamé mais c’est tout, bref il tire sur les cerbères mais pas sur leurs maîtres….
    [modéré : hs]

      +1

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  • Vénus-Etoile du Berger // 10.12.2015 à 21h54

    L’intellectuel historien Emmanuel Todd pense que pour expliquer certains phénomènes il faut analyser 3 indicateurs d’une population donnée:
    -son taux d’alphabétisation
    -son taux de fécondité
    -son niveau d’endogamie(niveau d’union maritale au sein d’un groupe social défini)

    Ainsi de cette réflexion d’Emmanuel Todd, je réfléchis et j’en ressors qu’une infime modification de structure des valeurs fondamentales va engendrer une Onde de choc.

      +3

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  • Subotai // 11.12.2015 à 04h09

    Quand les temps sont à la médiocrité, le sage cache sa lumière…

      +3

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  • zeoka // 11.12.2015 à 14h07

    Je ne mes pas en cause la pensée d’ Onfray ni la responsabilité de l’Occident largement discuté ici

    Dire (en substance) “on l’a pas volé” n’est pas faux mais ca reste partiel car ingérance et maladresses de toutes parts visiblement. Je pense qu’il l’a vu comme ca mais le message a été pris comme integral par des français et par daech. il y a donc double message de sa part : nous seuls somment montré du doigt comme père du mensonge.
    Sa réponse froide, implacable est correcte mais peu empathique ; ce qui le place au niveau de daech en therme de “froideur” . Embarrassant

    Il a raison de se retirer des médias et rester dans le cadre universtaire ,de recherches et reflexions

      +0

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  • Darks // 11.12.2015 à 14h14

    Les vrais intellectuelles, journalistes, digne de ce nom et respectable par leur actions et leur implications sont ceux qui sont sous les verrous dans diverses pays, et pour moins que ça….. Ow le pauvre petit Onfray, on le persécute… Si c’est pour baisser les bras quand il est justement le temps de faire son travail, j’appelle ça de la lâcheté. C’est dans ces moments là qu’il faut être présent, pas quand tout vas bien.

      +3

    Alerter
  • Jacko // 11.12.2015 à 15h41

    Bravo Onfray. Décision logique et pleine de bon sens. Le cirque médiatique, c’est bien de s’en éloigner, sinon on perd son âme, voire même on se surprend soi-même en disant des conneries.
    Reste tout le reste, l’essentiel : la “vraie” vie, l’université, les livres, les discussions avec les “vrais” gens.
    Respect.

      +2

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  • nd // 12.12.2015 à 16h53

    Je trouve que Onfray est un type “moyen”, mais face au néant qui est le nôtre il apparait comme un grand. 40 ans d’intellectualisme (que je décorrèle de l’intelligence) pour se rendre compte que la réduction ad hitlerum est une escroquerie du système de pensée de la classe dominante, cela ne m’impressionne pas. Par ailleurs ses contradictions intenables sur l’identité Française,la catholicité et la “république”, me font croire que Onfray n’a pas fini son cheminement. Je lui préfère un michéa, pour son analyse globale du libéralisme, compris comme système de valeurs, et l’impossibilité comme dirait charles robin, de doubler le “capital” par la gauche… ce que semble n’avoir toujours pas compris Onfray.

      +1

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