Source : The Nation, Christopher Lydon, le 02-06-2017

Comment les élites de l’ensemble du spectre politique ont sapé notre héritage social, politique et environnemental.

Noam Chomsky. (Illustration par Susan Coyne)

Depuis 50 ans, Noam Chomsky, est le Socrate de l’Amérique, la plaie de notre société, avec ses questions qui nous aiguillonnent. Il ne s’exprime pas dans l’agora de la ville d’Athènes, mais au sein du vaste village mondial en souffrance et maintenant, semble-t-il, en danger.

Le monde en difficulté aujourd’hui frappe à la porte de Noam Chomsky, ne serait-ce que parce que depuis longtemps il a toujours été clair au sujet de la tornade qui arrive. Non pas que le monde sache vraiment quoi faire des avertissements de Noam Chomsky sur les catastrophes en gestation. Rappelez-vous les fameuses hésitations de l’animateur de télévision patricien William F. Buckley Jr., confronté à la colère glacée de Chomsky à propos de la guerre au Vietnam, en 1969.

Il y a une chose étrange à propos de Noam Chomsky : le New York Times l’appelle le penseur « sans doute » le plus important encore vivant, mais le journal le cite rarement et ne débat que rarement avec lui ; les stars géantes des médias populaires des réseaux télévisés ne le font presque jamais. Et pourtant, l’homme est universellement célèbre et révéré dans sa 89e année : il est le scientifique qui nous a appris à penser au langage humain comme à quelque chose d’ancré dans notre biologie, et pas comme à une acquisition sociale ; il est l’humaniste qui a protesté contre la guerre du Vietnam et d’autres projections du pouvoir américain, pour des raisons morales, avant toute considération pratique. Il reste une rock star sur les campus, ici et à l’étranger, et il est devenu une sorte d’étoile du Berger pour la génération post-Occupy qui refuse aujourd’hui de ressentir la dépression post-Bernanke.

Il reste, malheureusement, un personnalité étrangère aux endroits où se décident les politiques. Mais sur son propre terrain, au MIT, c’est un ancien professeur particulièrement accessible, qui répond à son courrier électronique et qui reçoit avec malice des visiteurs comme nous.

La semaine dernière, nous avons rendu visite à Chomsky avec à l’esprit une mission large : nous recherchions une vision iconoclaste de notre histoire récente venant d’un homme connu pour dire la vérité. Nous lui avons écrit que nous voulions non pas entendre ce qu’il pensait, mais comment il pensait. Il nous a répondu que c’était surtout une question de dur labeur et d’ouverture d’esprit, et selon ses mots, une « volonté constante de style socratique de se demander si les doctrines classiques sont justifiées ».

Christopher Lydon : Ce que nous voudrions c’est que vous nous expliquiez où nous en sommes actuellement dans le monde

Noam Chomsky : C’est facile.

CL : [Rires] : Quand tant de personnes sont au bord de quelque chose, quelque chose d’historique. Y a-t-il un résumé chomskyen ?

NC : Un bref résumé ?

CL : Oui.

NC : Bon, un court résumé. Si vous regardez l’histoire récente depuis la Seconde Guerre mondiale, quelque chose de particulièrement remarquable est survenu. Premièrement, l’intelligence humaine a créé deux grandes armes capables de mettre fin à notre existence – ou du moins à l’existence organisée – les deux venant de cette guerre. L’une d’entre elles est familière. En fait, les deux sont dorénavant familières. La Seconde Guerre mondiale s’est terminée avec l’utilisation de l’arme nucléaire. Cela a été immédiatement évident le 6 août 1945, un jour dont je me souviens très bien. C’était évident que bientôt la technologie se développerait au point où elle mènerait à un désastre terminal. Les scientifiques l’ont certainement compris.

En 1947 le Bulletin of the Atomic Scientists inaugura sa fameuse Horloge de la fin du monde. Vous savez, à quel point l’aiguille des minutes est-elle proche de minuit ? Et elle commença à minuit moins 7 minutes. En 1953, elle était à minuit moins 2 minutes. C’était l’année où les États-Unis et l’Union soviétique ont testé les bombes à hydrogène. Mais il s’est avéré que nous comprenons maintenant qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale le monde est aussi entré dans une nouvelle époque géologique. On l’appelle l’Anthropocène, la période dans laquelle l’humanité a un impact grave, en réalité peut-être désastreux, sur l’environnement. L’aiguille a bougé aussi en 2015, et encore en 2016. Immédiatement après l’élection de Trump en janvier dernier de cette année, l’horloge a été avancée à minuit moins 2 minutes et demi, le plus près de minuit depuis 1953.

Voilà donc les deux menaces existentielles que nous avons créées, qui pourraient nous anéantir dans le cas d’une guerre nucléaire ou créer un impact sérieux dans le cas d’une catastrophe environnementale – et probablement plus.

Une troisième chose est survenue. Cela a commencé dans les années 70, l’intelligence humaine s’est vouée à l’élimination, ou du moins à l’affaiblissement, de la principale barrière contre ces menaces. On appelle cela le néolibéralisme. Il y a eu une rupture à ce moment-là avec la période que certains appelaient « le capitalisme réglementé » des années 1950 et 1960, l’époque de la grande croissance, d’une croissance égalitaire, avec beaucoup d’avancées en matière sociale etc.

CL : La sociale-démocratie…

NC : La social-démocratie, c’est ça. On l’appelle parfois « l’âge d’or du capitalisme moderne ». Cela a changé dans les années 70 avec le début de l’ère néolibérale dans laquelle nous vivons depuis. Et si vous vous demandez en quoi consiste cette époque, son principe essentiel mine les mécanismes de solidarité sociale et de soutien mutuel, ainsi que l’implication populaire dans le choix des politiques.

On ne l’appelle pas ainsi. On l’appelle « liberté », mais « liberté » signifie une subordination aux décisions d’un pouvoir privé concentré, qui ne rend pas de comptes. C’est ce que cela signifie. Les institutions de gouvernance – ou d’autres types d’association qui pourraient permettre aux gens de participer à la prise de décision – sont systématiquement affaiblies. Margaret Thatcher l’a dit plutôt joliment dans son aphorisme : « il n’y a pas de société, seulement des individus ».

En fait, inconsciemment, c’est certain, elle paraphrasait Marx, qui, dans sa condamnation de la répression en France, déclarait : « La répression transforme la société en sac de pommes de terre, seulement composé d’individus, une masse amorphe qui ne peut agir ensemble ». C’était une condamnation. Pour Thatcher, c’était un idéal – et c’est le néolibéralisme. Nous détruisons ou au moins affaiblissons les mécanismes de gouvernance par lesquels les gens, au moins en principe, peuvent participer dans la mesure où la société est démocratique. Ainsi, les affaiblir, miner les syndicats et d’autres formes d’association, transforme la société en un sac de pommes de terre et en parallèle, transfère les décisions à un pouvoir privé échappant à tout contrôle, le tout dans la rhétorique de la liberté.

Eh bien, qu’est-ce que cela fait ? Le seul obstacle à la menace de destruction est un public engagé, un public informé et engagé agissant ensemble pour développer des moyens pour faire face à la menace et y répondre. Cela est systématiquement affaibli, consciemment. Je veux dire, dans les années 70, on a probablement parlé de cela. Il y avait beaucoup de discussions des élites de tous bords sur le danger d’une trop grande démocratie et la nécessité d’avoir ce qu’on appelait plus de « modération » dans la démocratie, pour que les gens deviennent plus passifs et apathiques et ne dérangent pas trop les choses. Et c’est ce que font les programmes néolibéraux. Alors, mettez-les ensemble et qu’avez-vous ? Une véritable tempête.

CL : Ce que tout le monde remarque, c’est tout ce qui fait la Une, le Brexit et Donald Trump, le nationalisme hindou et le nationalisme partout dans le monde, et Le Pen qui les fustige tous plus ou moins, ce qui suggère un réel phénomène mondial.

NC : c’est très clair, et c’était prévisible. On ne savait pas exactement quand, mais quand on impose des politiques socio-économiques qui mènent à la stagnation ou au déclin [du niveau de vie] de la majorité de la population, quand on sape la démocratie, qu’on enlève la prise de décision des mains populaires, on obtient la colère, le mécontentement, la peur qui prennent toutes sortes de formes. Et c’est le phénomène qu’on appelle de manière trompeuse le « populisme ».

CL : Je ne sais pas ce que vous pensez de Pankaj Mishra, mais j’apprécie son livre Age of Anger [Le temps de la colère NdT], qui commence par une lettre anonyme à un journal qui dit : « Nous devons admettre que nous sommes non seulement terrifiés mais trompés. Rien depuis le triomphe des Vandales à Rome et en Afrique du Nord ne semblait si soudainement incompréhensible et difficile à inverser ».

NC : Eh bien, c’est la faute du système d’information, car c’est très compréhensible, très évident et très simple. Prenez, disons les États-Unis, qui ont effectivement souffert moins de ces politiques que de nombreux autres pays. Prenez l’année 2007, une année cruciale avant le crack.

(Illustration par Susan Coyne)

Quelle était la merveilleuse économie qui était alors glorifiée ? C’était celle dans laquelle les salaires, les vrais salaires des travailleurs américains, étaient en réalité plus bas qu’en 1979 quand la période néolibérale a commencé. C’est historiquement sans précédent en dehors d’une crise, d’une guerre, ou de quelque chose du genre. Il y a eu une longue période durant laquelle les salaires ont littéralement décliné, pendant que des patrimoines se créaient mais seulement dans quelques poches. C’était aussi une période durant laquelle de nouvelles institutions se sont développées, des institutions financières. Si on regarde les années 50-60, une période dite de l’Age d’or, les banques étaient connectées à l’économie réelle. C’était leur fonction. Il n’y avait pas de crises financières puisqu’il y avait les régulations du New Deal.

Un changement radical a commencé au début des années 70. Premièrement, le poids des institutions financières a explosé. En 2007, ils touchaient de fait 40% des profits des entreprises. De plus, il n’étaient plus connectés à l’économie réelle.

En Europe, la manière dont la démocratie est attaquée est très directe. Les décisions sont aux mains d’une troïka non élue : la Commission européenne, qui n’est pas élue ; le FMI [Fonds Monétaire International], bien sûr non élu, et la Banque Centrale Européenne. Ils prennent les décisions. Ainsi les gens sont furieux, ils perdent le contrôle de leurs vies. Les politiques économiques leur sont en général nuisibles, et le résultat est la colère, la désillusion, et ainsi de suite.

On vient de le voir il y a deux semaines aux dernières élections françaises. Les deux candidats étaient tous deux extérieurs à l’establishment. Les partis centristes se sont effondrés. Nous l’avons vu lors des élections américaines de novembre dernier. Il y avait deux candidats qui ont mobilisé la base : l’un d’entre eux, un milliardaire détesté par l’establishment, le candidat républicain qui a remporté la nomination. Mais notez que depuis qu’il est au pouvoir, c’est l’ancien establishment qui gère les choses. Vous pouvez fulminer contre Goldman Sachs pendant la campagne, mais vous pouvez être sûrs qu’ils contrôlent l’économie une fois que vous y êtes.

CL : Donc, la question est, à un moment où les gens sont presque prêts… où ils sont prêts à agir et presque sur le point de reconnaître que ce jeu ne fonctionne pas, ce système social, avons-nous la capacité comme espèce à agir en conséquence, d’entrer dans cette zone de perplexité et puis d’agir ?

NC : Je pense que le destin d’une espèce dépend de cela, car souvenez-vous, ce n’est pas que l’inégalité, la stagnation. C’est une catastrophe mortelle. On a élaboré une véritable tornade. Cela devrait faire les gros titres alarmants de tous les jours. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on a créé deux moyens de destruction. Depuis l’ère néolibérale, on a démantelé le moyen de les gérer. C’est notre tenaille. C’est ce qui nous fait face, et si ce problème n’est pas résolu, nous sommes finis.

CL : Je voudrais revenir à Pankaj Mishra et au Temps de la colère un instant…

NC : Ce n’est pas le Temps de la colère. C’est le Temps de l’Amertume contre les politiques socio-économiques qui ont plombé la majorité de la population pour une génération et ont consciemment et en règle miné la participation démocratique. Pourquoi ne devrait-il pas y avoir de la colère ?

CL : Pankaj Mishra l’appelle – c’est un mot nietzschéen – « ressentiment », ce qui signifie cette sorte de rage explosive. Mais il dit : « C’est la caractéristique qui définit un monde où la promesse moderne de l’égalité entre en collision avec des disparités massives de pouvoir, d’éducation, de statut et…

NC : Qui ont été conçus de cette façon, qui ont été conçus de cette façon. Revenez aux années 70. Sur toute l’échelle du spectre, le spectre de l’élite, on était profondément préoccupés par le militantisme des années 60. On l’appelait le « temps des troubles ». Il a civilisé le pays, ce qui est dangereux. Ce qui s’est passé, c’est qu’une grande partie de la population – qui était jusque-là passive, apathique, obéissante – a essayé d’entrer dans l’arène politique, d’une manière ou d’une autre pour appuyer ses intérêts et ses préoccupations. On appelle cela des « intérêts particuliers ». Cela signifie les intérêts des minorités, des jeunes, des personnes âgées, des agriculteurs, des travailleurs, des femmes. En d’autres termes, de la population. La population ne constitue que des « intérêts particuliers », et sa tâche est de se contenter d’observer tranquillement. Et c’était explicite.

Deux documents ont été publiés au milieu des années 70, qui sont très importants. Ils venaient des extrémités opposées du spectre politique, tous deux ont eu de l’influence, et tous deux parvenaient aux mêmes conclusions. L’un d’entre eux, à gauche, venait de la Commission trilatérale, des internationalistes libéraux, de trois grands pays industriels, essentiellement l’administration Carter, c’est de là qu’ils venaient. C’est le plus intéressant [La crise de la démocratie, un rapport de la Commission trilatérale]. Le rapporteur américain Samuel Huntington de Harvard, considérait avec nostalgie les jours où, selon ses mots, Truman pouvait gérer le pays avec la collaboration de quelques avocats et dirigeants de Wall Street. Alors tout allait bien. La démocratie était parfaite.

Mais dans les années 60, ils ont tous convenu que les choses devenaient problématiques parce que les intérêts particuliers commençaient à se faire sentir. Cela entraîne trop de pression et l’État ne peut pas gérer..

CL : Je me souviens bien de ce livre.

NC : Nous devons avoir plus de modération en termes de démocratie.

CL : Non seulement cela, il a tourné le dos à la ligne d’Al Smith. Al Smith disait : « Le remède à la démocratie est plus de démocratie ». Il a déclaré : « Non, le remède à cette démocratie est moins de démocratie ».

NC : ce n’était pas lui. C’était l’establishment libéral. Il parlait pour eux. C’est une vision consensuelle des internationalistes libéraux et des trois démocraties industrielles. Dans leur consensus, ils ont conclu qu’un problème majeur était ce qu’ils appelaient, ce sont leurs propres mots, « les institutions responsables de l’endoctrinement des jeunes ». Les écoles, les universités, les églises, ne font pas leur travail. Ils n’endoctrinent pas les jeunes correctement. Les jeunes doivent être renvoyés à la passivité et à l’obéissance, et alors, la démocratie ira bien. C’est la fin de la gauche.

Maintenant, qu’est-ce qu’on trouve du côté de la droite ? Un document qui a eu beaucoup d’influence, le mémorandum Powell, sorti en même temps. Lewis Powell, avocat d’entreprise, plus tard juge à la Cour suprême, a produit un mémorandum confidentiel pour la Chambre de commerce des États-Unis, qui a eu une influence extrême. Il a plus ou moins déclenché le « mouvement conservateur » moderne. La rhétorique est assez démente. Nous ne la passerons pas en revue, mais l’idée générale est que cette gauche rampante a pris le contrôle de tout. Nous devons utiliser les ressources que nous avons pour battre cette nouvelle gauche rampante qui mine la liberté et la démocratie.

Relié à cela on a eu autre chose. Comme conséquence de l’activisme des années 60 et du militantisme du travail, il y a eu un taux de profit en baisse. Ce n’est pas acceptable. Nous devons donc inverser le taux de profit décroissant, nous devons miner la participation démocratique, qu’en est-il sorti ? Le néolibéralisme, qui a exactement ces effets.

Source : The Nation, Christopher Lydon, le 02-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

59 réponses à Noam Chomsky : le néolibéralisme détruit notre démocratie

Commentaires recommandés

Galvan Le 20 juillet 2017 à 06h31

De grâce, cessez d’appeler les “élites du spectre politique” les PRIVILÉGIÉS du spectre politique. Ces gens ne sont pas des élites, ce sont des privilégiés.
Chomsky n’emploie d’ailleurs jamais ce terme d’élite mais plutôt “privileged people “.
La lutte contre le néolibéralisme et sa novlangue commence par l’utilisation des bons termes.

  1. Galvan Le 20 juillet 2017 à 06h31
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    De grâce, cessez d’appeler les “élites du spectre politique” les PRIVILÉGIÉS du spectre politique. Ces gens ne sont pas des élites, ce sont des privilégiés.
    Chomsky n’emploie d’ailleurs jamais ce terme d’élite mais plutôt “privileged people “.
    La lutte contre le néolibéralisme et sa novlangue commence par l’utilisation des bons termes.


    • fanfan Le 21 juillet 2017 à 03h43
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      L”‘élite” politique c’est la pègre, la pègre c’est les profiteurs, l’élite au contraire c’est bienfaisant.


  2. Olivier Le 20 juillet 2017 à 07h23
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    “Immédiatement après l’élection de Trump en janvier dernier de cette année, l’horloge a été avancée à minuit moins 2 minutes et demi, le plus près de minuit depuis 1953. »
    Ah, une horloge démocrate…

    Ça et reprocher a Tatcher l’individualisme alors qu’il n’est que le produit logique du progressisme et de l’humanisme. C’etais deja la avec Spinoza et Hobbes. Oui le principe d’individuation et la démocratie font mauvais ménage, mais les droits de l’homme c’est aussi les droits de l’individu sur la société. Décidément, il baisse dans mon estime. Un socrate américain, aussi surement que mac-do fait de la Cuisine.


    • Sandrine Le 20 juillet 2017 à 09h28
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      Au vu de votre commentaire sur le billet d’hier (sur le vel d’hiv), vous avez l’air très remonté contre l’humanisme. Est-ce que vous pourriez préciser quelle définition vous donnez de l’humanisme et/ou quelles sont vos references?


      • Trawash Le 20 juillet 2017 à 10h36
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        “Là où cesse l’État, c’est là que commence l’homme”
        Friedrich Nietzsche.

        Je suis un humaniste, défendeur des minorités, de toutes les minorités. Et la plus petite des minorités est l’individu.


        • Daniel Le 20 juillet 2017 à 13h41
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          “Cette rivalité sanglante des cités entre elles, des partis entre eux, l’avidité meurtrière de ces petites guerres, bref, la répétition inlassable des scènes de combat et d’horreur de la guerre de Troie, dans la contemplation desquelles nous voyons Homère, en vrai Grec, se plonger avec délice — cette barbarie primitive de l’Etat grec, dans quel sens l’interpréter ? Et comment la justifier devant le tribunal de la justice éternelle ? Calme et fier, l’Etat s’avance à la barre conduisant par la main cette femme majestueusement épanouie : la cité grecque. C’est pour cette Hélène qu’il a mené ces guerres. Quel juge à la barbe grise pourrait alors le condamner ?”

          F. Nietzsche


          • Daniel Le 20 juillet 2017 à 13h42
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            “Le rapport mystérieux que nous pressentons maintenant entre l’art et l’Etat, l’avidité politique et la création artistique, le champ de bataille et l’œuvre d’art, nous fait comprendre que l’Etat, comme nous l’avons dit, n’est pas autre chose qu’une poigne de fer qui contraint par la violence la société à se développer. Tant qu’il n’y a pas d’Etat, dans le bellum omnium contra omnes de l’état de nature, la société ne peut absolument pas jeter les bases d’une plus large fondation qui s’étendrait au-delà des limites de la famille. Aujourd’hui et depuis que des Etats se sont formés partout, cet instinct du bellum omnium contre omnes se concentre de temps en temps en de terribles nébuleuses de peuples belliqueux et éclate, certes plus rarement, mais d’autant plus violemment, dans le tonnerre et les éclairs. Mais sous l’action de l’Etat qui contraint le bellum à se ramasser sur lui-même, les intervalles et les accalmies laissent à la société le temps de germer et de verdoyer en tous lieux afin que puissent éclore dès la venue de quelques jours plus doux les fleurs lumineuses du génie.”

            F. Nietzsche


            • Daniel Le 20 juillet 2017 à 13h53
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              “Ce qu’un exemple a illustré ici vaut néanmoins comme règle universelle : tout homme — et toute son activité — n’a de dignité qu’en tant qu’il est consciemment ou inconsciemment l’instrument du génie. D’où il faut tirer aussitôt la conséquence d’ordre éthique : l’ « homme en soi », l’homme en général n’a dignité ni droits ni devoirs. Il ne peut justifier son existence que comme un être déterminé de façon absolue à servir des buts dont il n’est pas conscient.”

              F. Nietzsche

              Un humaniste citant Nietzsche: comme un oxymore.


            • Olivier Le 20 juillet 2017 à 20h39
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              Oxymore, pas tout à fait. Je ne defend pas le rapprochement plus haut, mais Nietzsche en tant que penseur oeuvrant contre la Tradition, à l’image de Marx, s’incris sans l’ombre d’un doute dans la lutte principale de l’humanisme émancipateur. Il en est la continuité et il en a eu ses fruits et ses rejetons.


            • olivier Le 20 juillet 2017 à 21h18
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              « l’homme est quelque chose qui doit être dépassé ».
              Nietzsche – Zarathoustra
              Projet humaniste par excellence.


      • olivier Le 20 juillet 2017 à 22h15
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        Ma définition est celle de tous http://www.cnrtl.fr/definition/humanisme.
        Tout y est : L’homme suprême, amélioré par la culture. S’arrachant et luttant contre la tradition.

        Une partie de la réponse est ici et ailleurs. C’est effectivement une question centrale totalement absente des débats. C’est un dogme impossible a remettre en question. Hors il me semble que c’est une partie du problème. Sans verser dans le manichéisme, s’il y eu des gains intéressant, on a aussi beaucoup perdu, pour arriver aujourd’hui à une somme négative. Je pense qu’il faut donc le questionner. L’humanisme a évolué dans le temps ( voir plus bas), il n’y en a donc pas qu’un (plus bas encore). Mais celui d’aujourd’hui est devenu fou et a perdu toute mesure, permet tout les excès. Demain c’est l’homme marchandise, l’homme jetable, l’homme diminué. Est ce souhaitable ? Comptez le nombre de morts du 20e siècle, humaniste par excellence. C’est la nature de l’homme qui faut oser questionner : Les idéologies que l’on déplorent aujourd’hui ne viennent pas du néant, mais d’ou ? et pourquoi ? Creusez du côté des anti-modernes pour commencer, certains avaient prédit nos malheurs. Élargissez ensuite dans le temps et dans l’espace.


        • Sandrine Le 21 juillet 2017 à 11h30
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          Olivier,

          J’ai lu vos réponses. Je ne vois pas bien comment vous faites pour opposer la culture et la tradition. J’ai noté que vous écriviez parfois tradition avec un T majuscule – ça sonne un peu ésotérique à mes oreilles donc pas très clair. Mais bon, j’avoue que je n’y connais rien.
          D’autre part : vous imputez à un endroit une origine française au racialisme sans trop préciser pourquoi. Je suppose que vous pensez au rationalisme, Descartes, etc. . Moi je croyais que le racialisme était plutôt une conséquence de la vision du monde propagée par la science moderne – qui n’est pas, loin s’en faut d’origine exclusivement française.


          • Olivier Le 21 juillet 2017 à 17h37
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            Ah il faudrais presque poursuivre à part. Essayons tout de même.
            1)
            Je n’oppose pas Culture et Tradition (et une majuscule en effet est souhaitable).
            la Culture est Tradition en quelque sorte. La Culture est née avec les romains, pour qui le travail de la terre étais « sacré ». C’est avec Ciceron (encore) que le terme prend forme avec ces 3 sens : Du latin cultura action de (se) cultiver », lui-même de colere : « prendre soin » « honorer » et « habiter ». Les humanistes, en piochant et réinterpretant les Antiques, ont insufflé un vent nouveau qui n’etais que de l’ancien revisité. Le terme même de ‘rennaissance’ (debut de l’age ‘moderne’) ne vient que plus tard et fut opposé au ‘moyen-âge’ (qui fut tout sauf moyen et unique). C’est deja une relecture de l’histoire pour imposer une vision. Ténebre pour l’age moyen, lumière pour la nouvelle naissance.


          • Olivier Le 21 juillet 2017 à 18h05
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            2)
            Le but ? Lutter contre l’église et la vérité révélée. C’est une lutte de l’Athéisme contre l’Orthodoxie (Jacobi-leo Strauss) pour libérer l’homme qui ne pourrais trouver son bien-être qu’en se séparant de l’Eglise. L’autonomisation par la raison. La toute puissance du rationalisme contre l’homme transcendant. Mais cela n’a pas marché. On peut discuter du vocabulaire, mais l’élément principal qu’il faut comprendre c’est la tension entre les deux pôle de la pensée humaine qui traverse l’histoire moderne et post moderne. Un pôle de la Tradition, d’un homme avec une terre et un ciel, dans une hierarchie verticale descendante : au coeur de l’homme, Dieu, avec un héritage et une transmission. De l’autre un pôle Humaniste des lumières, qui sacralise l’intelligence et la raison au détriment du reste, et qui, dans un mouvement de subjectivation (individualisme – relativisme) de la croyance fini par placer l’homme au coeur de l’homme en tentant sans cesse de se hisser à la place de Dieu.


          • Olivier Le 21 juillet 2017 à 18h30
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            3)
            En Devenant ainsi son propre référentiel, son horizon indépassable dans un nivellement par le bas, cette transformation (plusieurs niveaux) créer un manque, un vide qui donna par exemple la Déesse Raison a la révolution. La raison tenta donc de devenir une religion. En coupant l’homme de quelque chose de plus grand que lui, on a renvoyé l’homme au questionnement de son humanité, et de ceux qui en sortaient – ou que la raison dictais qu’ils ne méritais pas d’en faire partie : le racialisme : la théorie des races. Au départ branche de la connaissance de la nature et oeuvre de philosophe-scientifique (Humaniste F Bacon : la nature doit être conquise par la technique de l’homme). La théorie des races a émergé au XVIIIe, (France) et a culminé en France avec Lebon, Gobineau, Lapouge. Stewart CHAMBERLAIN, Racialiste, représentant du pangermanisme et Français de culture s’appuiera sur les travaux de Gobineau pour « La Genèse du XIXe siècle », inspirateur du triste A.H.


          • Olivier Le 21 juillet 2017 à 18h50
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            4)
            Le plus drôle c’est que tout est déjà dans la Genèse : L’homme crois pouvoir obtenir son salut en croquant l’arbre de la science mais la science est chose morte (Chestov). La science ne peut que répondre aux comments, pas aux pourquois, c’est voué a l’échec (Gilson). Si vous voulez vous y retrouver, ne faite pas de la philosophie, mais de la métaphysique. Et surtout, de l’histoire, et plus précisément de l’histoire des idées. C’est vital.

            Bien commun contre intérêt général, animal politique contre contrat, réalisme contre nominalisme, nature contre culture, inée contre acquis, personne contre individu, universalité contre gnose…


            • Sandrine Le 21 juillet 2017 à 19h55
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              Ouais… la divinisation de l’homme, c’est quand même un truc chretien à la base…
              Après: Chamberlain, de culture française… Un anglais qui vit en Allemagne…. le rapport à la culture française est pour le moins indirect.
              Quand au racialisme qui serait né en France au XVIIIe, je ne vois pas très bien non plus. Linne était suédois et puis les histoires de peuple racine, c’est plutôt un truc romantique, donc plutôt du côté des pays protestants.
              D’ailleurs incriminer l’humanisme, c’est aussi un truc allemand ( humanité: étymologie humus, la glaise que l’on peut modeler à volonté / versus Menchheit, l’humanité en allemand dont l’étymologie est à rechercher du côté de “mens”, l’esprit… un gran cheval de bataille des Allemands francophobes…)


            • Olivier Le 21 juillet 2017 à 21h04
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              “Ouais… la divinisation de l’homme, c’est quand même un truc chretien à la base… » A la base : non, voir les grecs. Vous avez un soucis de vocabulaire. Diviniser c’est reconnaitre (ou attribuer) une nature divine à l’homme, son origine. Pour autant il n’est pas question de se faire l’egal de dieu ! L’humanisme supprime cette divinisation, et l’homme deviens sa propre origine. Déifier et diviniser sont 2 mots différents dans votre sens.

              Vous regarderez la bio de Chamberlain. Entre Bernier (avant Linne) et Gobineau, il y a un echo géographique. Apres, c’est peccadille. Je disais que c’etais une origine, mais dire que la mentalité industrieuse protestante a été plus loin me semble juste.

              Critiquer l’humanisme c’est aussi un truc de penseurs russes et juif, roumain, espagnol, anglais… et français. Au départ c’est une histoire globalement européenne avant de contaminer le monde.

              Quand à votre latin, j’ai un doute : Humanité = humanitas = humanus (homme) = homo – hemo – nemo. En revanche humus et homo on bien une racine commune du côté de l’indo-européen apparement. Fils de la terre. Faite attention, avec vos raccourcis vous allez vous perdre et vous passerez à côté de l’essentiel. Ce que vous semblez faire d’ailleurs.


        • Sandrine Le 22 juillet 2017 à 08h52
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          @ Olivier,
          Bon je vois vous n’avez pas trop envie d’être contredit
          Sur l’humanisme:
          https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/etre-et-temps-de-heidegger-2-la-metaphysique-t-elle-oublie
          Visiblement vous avez l’air d’accord avec heiddegger. Moi pas.
          Sur la divinisation de l’homme: le christianisme n’ayant pas surgi de nulle part, il a évidemment repris des éléments chez les grecs. Qui étaient plutôt monistes, d’ailleurs, même Platon d’une certaine manière (réincarnation, éternel retour)… donc c’est plutôt raté pour la transcendance que vous appelez de vos vœux (comme le sieur Heiddegger)


          • Olivier Le 23 juillet 2017 à 16h13
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            Au contraire.

            Grecs, Egyptiens… elle remonte peut-être aux cavernes. Depuis le début, la transcendance n’est jamais partie.

            Je n’ai que faire de Heiddeger, je lui préfere Pascal. “Errare, mehercule, malo cum Platone, quam cum istis vera sentire”

            On parle de dualisme paltonicien.


    • Emmanuel Le 20 juillet 2017 à 10h10
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      Attribuer la paternité exclusive de l’individualisme au progressisme ou à l’humanisme me paraît exagéré.

      Le courant progressiste/humaniste contemporain est aujourd’hui très hétérogène sur l’articulation entre individu et société.
      Effectivement, il y a toute une tradition, d’ailleurs souvent moniste/matérialiste, sur laquelle s’appuie les courants humanistes et progressistes modernes, qui voit le bonheur dans l’individualisme. Mais ces penseurs de référence vivaient dans des sociétés très codifiées, dont ils ne remettaient pas en cause le fonctionnement, sinon par des vies en retrait de la vie publique. Et depuis, le corpus intellectuel et politique de l’humanisme/progressisme s’est modernisé (sans doute avec le développement de républiques isonomiques, sans castes officielles, où une pensée universaliste du citoyen peut s’appliquer). D’ailleurs Chomsky cite Marx pour illustrer son propos.

      A l’opposé, des traditions plus conservatrices, souvent dualistes/idéalistes, ne parlent elles pas du salut/culte de l’âme ? C’est certes un prétexte pour se “sacrifier” pour la société. Mais la motivation est ici centrée sur l’intérêt de l’individu. Ainsi, Max Weber n’attribue-t-il pas l’esprit du capitalisme à l’éthique protestante ?


      • olivier Le 20 juillet 2017 à 23h23
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        Ah, Vaste question. Nous ne ferons pas une thèse dans les 1400 caractères de la réponse : voué a l’échec. Vous accepterez donc quelques raccourcis. Il n’y a pas un humanisme mais plusieurs. Je lui accole donc le terme progressiste pour clarifier. C’est ET, non pas OU. On constate une évolution a travers les âges : différence de l’homme, supériorité, conquête de la nature, l’homme être suprême, et déconstruction inverse des précédentes.

        Le protestantisme est a bien des égards LA religion de l’individualisme, et le fruit des penseurs humanistes. Il n’y a donc rien de contradictoire avec Weber, c’est même logique. L’humanisme Chrétien c’est accommodé durant des siècles de la Personne (Ciceron le 1er sur ce sujet), dans un contexte de supériorité. Mais comme soulignais Chesterton, le monde est plein de vertus chrétiennes devenues folles. Les notions d’émancipation, de sacralisation de l’homme et de son intelligence n’ont cessés d’être portés et développés a travers les ages par les penseurs, de la renaissance puis des lumières jusqu’à nos jour, dans un rejet de plus en plus violent de la Tradition. Ce furent des penseurs humanistes. Améliorer l’homme, cet être suprême qui ne dois rien à personne. La question est d’ordre anthropologique, ou d’ontologie. Il y eu un basculement que Descolas explique de manière intéressante (dualiste/naturaliste).


    • marc Le 20 juillet 2017 à 16h15
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      il a été assez pathétique comme beaucoup d’autres, à conseiller de voter pour clinton parce que c’était la moins pire selon lui… au lieu de se positionner en premier lieu clairement contre le système électoral… système qui a pourtant allègrement broyé sanders, que chomsky soutenait… il se prétendait simplement “rationnel”… donc pas trop intellectuel du coup… et c’est vrai qu’on a eu un peu la meme chose en france, tout sauf marine, de la grande finesse… mais on a vu beaucoup d’abstention, ce qui est déjà ça


      • Jean Aymard Le 20 juillet 2017 à 20h14
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        Le pire ayant quand même été la “une” de Libération (qui, pour le coup, portait très mal son nom…) “Faites ce que vous voulez, mais votez Macron”. Ils ne cachaient même plus leur manière de procéder sur le plan intellectuel : Dans la forme, il s’agit de parler de démocratie, de liberté individuelle, mais dans le fond, les courants main stream nient toute possibilité de liberté de pensée, réduisant les choix à leurs seuls admis. Novlangue, Néolibéralisme, Dictature molle…


  3. Julien Le 20 juillet 2017 à 08h28
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    Juste deux points, parmi d’autres :

    – “Ainsi, les affaiblir, miner les syndicats et d’autres formes d’association”. Il ne s’agit pas d’affaiblir les syndicats; simplement de dire que leur financement ne doit pas se faire contre le gré des gens. Qu’un syndiqué veuille financer son syndicat, aucun souci. Qu’un non syndiqué ne veuille pas financer un syndicat (via ses impôts), c’est normal aussi. Des pays ont des syndicats très forts, sans pour autant que l’état ne les finance. En France, on a des syndicats financés par l’état, à moitié copain copain avec les politiques; et très faibles en terme de représentativité.

    – “Premièrement, le poids des institutions financières a explosé.”. Évidemment, puisque les états disent aux banques “si vous faites n’importe quoi, l’état couvre”, ils seraient bêtes de ne pas en profiter. Les libéraux (neo/ultra ou autre) demandent à ce que les banques soient responsables de leurs actes, et à ce que l’état ne soit pas responsable de leurs erreurs.


    • Toony Le 20 juillet 2017 à 09h19
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      Vous trouvez que les LTRO incitent à la responsabilité vous ?
      D’autre part, tout est fait pour que les états ne puissent pas intervenir sur les banques centrales…


      • Jb²O Le 20 juillet 2017 à 13h13
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        Les Etats ont créés et/ou accepté de donner à ces banques le monopole sur la monnaie. S’ils le souhaitaient, les Etats en question pourraient tout à fait revenir sur ces privilèges.


    • ouvrierpcf Le 20 juillet 2017 à 14h18
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      Qu’un syndiqué veuille financer son syndicat, aucun souci. Qu’un non syndiqué ne veuille pas financer un syndicat (via ses impôts), c’est normal aussi. Des pays ont des syndicats très forts, sans pour autant que l’état ne les finance. En France, on a des syndicats financés par l’état, à moitié copain copain avec les politiques; et très faibles en terme de représentativité.

      un syndiqué c’est un travailleur ; il ne finance rien il cotise ; à la CGT le détail des finances n’existe pas ; il existe le montant des cotisations ;le bilan financier des congès votés à la majorité sinon on recommence
      EN FRANCE un non syndiqué bénéficie des accords trouvés par les syndicats les augmentations de salaires de primes
      ou alors si un syndicat trouve un accord on n’en fait pas bénéficier les non syndiqués oui non ?

      au fait comment se finance le MEDEF qui n’est plus un syndicat mais un mouvement tiens c’est comme EN MARCHE les mouvements apparaissent et meurent au fil des évènements (ou est celui de FILLON de SARKOZY ou sont les sommes approvisionnées les comptes ouf disparues
      vous pouvez par cotre consulter tous les bilans des congrès CGT (sauf ceux entre 1939 et 1944 la CGT fut dissoute par Pétain


    • Alfred Le 21 juillet 2017 à 10h42
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      Vous êtes un petit rigolo vous : c’est probablement la victoire de l’idéologie communiste (néo, paléo, ultra ou autre) et sa vigoureuse application partout de part le monde qui fait que l'”on” a mutualisé les pertes des très très riches …
      Je vous invite à sortir le nez du guidon et à réfléchir sur le fait que les idéologies (même votre sacro saint libéralisme) ne sont que des hochets à agiter devant les masses. Ce ne sont pas les états qui ont sauvé les banques (ni les états qui appliquent le libéralisme le plus pur dans d’autres cas). Ce sont les mafieux (dit des 0,0001%) qui instrumentalisent toutes les institutions à leur profit.


    • Pinouille Le 21 juillet 2017 à 10h57
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      @Julien
      Pourquoi le poids des institutions financières a explosé?
      Pourquoi les états laissent faire?
      Parce que les revenus générés par cette activité se substituent, en partie, à ceux de l’industrie en perte de vitesse dans les pays développés.
      Exemple: General Electric tire plus de revenus de sa spéculation sur son fond de roulement que de la vente d’électricité.
      Difficile de trouver la part du secteur banque/finance/assurance dans le PIB US, FR… Certains vont à dire qu’il dépasserait 30%. Auquel cas, toute régulation de ce secteur, qui diminuerait son activité de 5% précipiterait la France en récession.

      Nombreux sont persuadés que le manque de régulation de ce secteur causera bientôt une nouvelle crise dévastatrice. J’en fais partie.
      Mais aucun politique n’assumera de déclencher à coup sûr une récession sur la base d’une hypothétique crise à venir. Surtout si ses “conseillers” minimisent la probabilité et la gravité de cette dernière.


  4. Lysbeth Levy Le 20 juillet 2017 à 09h06
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    Et oui mais dans les années 80 aux Usa et 90 en Europe les “élites” ou “décideurs” ont lancés médiatiquement la division des gens selon leurs classes, religions, travail privé-publique, avec le thème “les privilégiés du publique” doivent accepter les “désavantages” du privé, la désacralisation du service publique (couteux, dispendieux, aidant les plus faibles donc les fainéants) les grêves des instituteurs accusés aussi de fainéantise, gaspillage d’argent, pour tous, avec ceux de la SNCF et des hôpitaux. Qui se rappelle de ces lynchages d’acquis sociaux ? Cela s’est passé d’abord aux Usa avec la naissance du courant néoconservateur, avec l’ultra-libéralisme de Thatcher-Reagan qui a finit par gagner nos pays avec la fin de l’Urss. C”est là que le signal a été donné !”la fin de l’Urss” signaie aussi la fin d’un rêve pour tous les travailleurs de cette époque : les acquis sociaux à améliorer tout naturellement et un plein emploi relatif toutefois, et le progrès a venir dans un futur proche.place aux spéculateurs et autres patrons de grosses boites les nouveaux héros. .


  5. Sandrine Le 20 juillet 2017 à 10h05
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    La genèse du néo-libéralisme ne remonte pas aux années 70, mais plutôt aux années 40 avec Hayek et l’école de Vienne. Tout se passe comme si les élites économiques, après avoir testé le capitalisme d’état et le fascisme avaient décidé de se tourner à nouveau vers leurs premières amours, le libéralisme intégral, ou plutôt « l’ordo »-libéralisme (c’est-à-dire » le renard libre dans le poulailler libre »). On a commencé par de grandes explications théoriques sur les méfais du « totalitarisme » puis à la faveur de l’affaiblissement du bloc soviétique dans les années 70 (diagnostiqué par exemple à l’époque par Todd) on a lancé les premières expérimentations de purges néo-libérales (Chilli, etc.) avec toujours la même prédilection pour les régimes autoritaires et répressifs.


  6. Sébastien Le 20 juillet 2017 à 10h11
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    Le néo-libéralisme détruit notre démocratie. Ah bon? Il y avait donc une démocratie? Il faudrait peut-être étudier l’histoire contemporaine un peu plus sérieusement, remonter à 1789, qui n’a rien d’une révolution démocratique.
    Chomsky se trompe quand il prend comme principes ceux de la doxa, qui sont définis par….Les néo-libéraux, qu’on peut qualifier de toutes sortes de noms d’ailleurs. Quand on a autant de masques différents pour prendre l’apparence souhaitée en fonction des catégories à qui on s’adresse, cela porte un nom.


    • TC Le 20 juillet 2017 à 12h51
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      Certes, certes, tout n’est jamais parfait et sans remonter jusqu’au déluge, il existait un véritable pacte social qui s’est imposé avant la 2ème guerre mondiale grâce au front populaire puis après grâce au CNR qui rassemblait toutes les tendances politiques. Toutes ces luttes n’ont pas été vaines et nous ont permis de vivre mieux… Jusqu’aux modèles économique et financier anglo-saxons de ces dernières décennies que Chomsky pointe du doigt à raison.


      • Daniel Le 20 juillet 2017 à 13h34
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        “Elles” ont permis de vivre mieux uniquement parce que les “maîtres” lâchaient du lest face à la “menace” soviétique, une manière d’acheter des voix pour que le peuple vote “bien”. Quand la “menace” soviétique a disparu, allez vous faire voir! Par ici les pépettes et à vous les miettes des miettes. Ce ne sont donc pas les “luttes” qui ont se lâcher de lest, mais la situation géopolitique internationale.


      • Sébastien Le 20 juillet 2017 à 13h41
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        Si vous connaissiez les vraies raisons de ce qu’on vous a claironné sous le terme “d’avancées sociales”, vous en tomberiez de votre chaise. Faites quelques recherches…
        Vous croyez sérieusement que les “capitalistes-néo-pseudo-libéraux” auraient lâché du lest si ce n’était pas d’abord et surtout dans leur intérêt?
        D’ailleurs regardez aujourd’hui, il n’y a plus de gras (mais ce n’est pas eux qui en ont profité, non, non, ce sont les petites-gens trop gourmands, trop pollueurs), on ressert le collier… Avec d’autres prétextes pour faire passer la pilule. Plus c’est gros, plus ça passe.
        Si vous voulez comprendre ces gens-là, pensez avec un cynisme maximum et vous serez largement en-dessous de la vérité.


        • Crapaud Rouge Le 20 juillet 2017 à 16h59
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          “Vous croyez sérieusement que les “capitalistes-néo-pseudo-libéraux” auraient lâché du lest si ce n’était pas d’abord et surtout dans leur intérêt?” : c’était aussi dans “leur intérêt”, certes, mais sans les grèves ils ne l’auraient jamais su !!! Et je tiens mordicus à mon opinion, car les capitalistes ignorent absolument tout intérêt collectif : ce mot suffit à les faire vomir. Aujourd’hui comme hier, ils ne demandent qu’à prendre en charge toutes carences collectives, (aujourd’hui, ils les organisent), parce que tout est bon pour faire du fric.


          • Thanos Le 20 juillet 2017 à 21h55
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            Au contraire, le “capitaliste” et ses ouvriers est semblable au berger avec son troupeau. Son intérêt est un rendement maximum nécessitant des travailleurs vigoureux et en bonne santé. Les ouvriers, leur mode et cadre de vie est / a été largement étudié afin de les “l’améliorer”. Pour preuve les milliers et milliers de page de monographie de familles ouvrières. Bref, “le capitaliste” doit se soucier du bienêtre collectif des ouvriers / consommateurs dans la mesure ou cela est aussi son intérêt.


            • PierreH Le 20 juillet 2017 à 23h28
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              Vous semblez supposer que les “capitalistes” sont finalement des gens très raisonnables. Je ne sais pas si je connais beaucoup de détenteurs de gros capitaux mais des chefs de services, des chefs d’entreprises, des dirigeants, j’en ai rencontré quelques uns et si vous écoutez un peu les gens que vous croisez ils vous parlent volontiers du leur, de chef, au boulot.
              Il y en a un paquet qui pense que si les employés ont peur, sont fatigués ou dominés, ils se rebellent moins facilement et acceptent tout et n’importe quoi. Désolé mais des dirigeants d’entreprises avec une approche rationnelle des relations humaines j’en ai pas croisé beaucoup. Pour faire bosser les gens dans de bonnes conditions et heureux il faut être un bon leader et les chefs et dirigeants (en France du moins mais pas seulement) ne sont pas franchement souvent de si bons leaders…


      • fanfan Le 21 juillet 2017 à 05h26
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        On sait, grâce notamment aux travaux d’Annie Lacroix-Riz, que le patronat fit le choix de la défaite et inspira le régime de Vichy. Mais la collaboration se termine avec l’effondrement du IIIe Reich et l’opprobre frappe alors le patronat. Mais on se souvient aussi que l’épuration frappa davantage la collaboration intellectuelle que la collaboration économique. Le climat de la Libération, le discrédit qui frappe alors le patronat, le poids du Parti communiste qui représente 1/4 de l’électorat, la pression des organisations syndicales rendirent plus aisée l’adoption d’un certain nombre des réformes prévues par le programme du CNR.


  7. José Le 20 juillet 2017 à 12h28
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    “…aux dernières élections françaises. Les deux candidats étaient tous deux extérieurs à l’establishment….”
    – Vraiment ?….

    “Depuis la Seconde Guerre mondiale, on a créé deux moyens de destruction. (bombes, anthropocène). Depuis l’ère néolibérale, on a démantelé le moyen de les gérer. ”
    – Vraiment ? Snowden nous aurait donc trompé sur le contrôle des masses… my god !

    La démocratie est mise en péril par le néo-libéralisme (une variable). Oui, mais que penser de toutes ces idéologies (variables), embrassées puis dénoncées, qui n’ont jamais donné le pouvoir au peuple -lequel lutte moins contre les inégalités que pour sa survie- et lequel s’est toujours confronté à une CONSTANTE : la conservation des privilèges d’une caste dont la légitimité se définissait en retour de sa protection, puis du culte du surhomme, puis de la théorie des ruissellements, puis ?…. Comme pour la corruption, c’est plus les corrupteurs qui doivent être dénoncés que les corrompus. NC est précurseur.


  8. Daniel Le 20 juillet 2017 à 13h28
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    “Immédiatement après l’élection de Trump en janvier dernier de cette année, l’horloge a été avancée à minuit moins 2 minutes et demi, le plus près de minuit depuis 1953.”

    Je pense que si Clinton avait été élue, l’horloge aurait été avancée à minuit moins trente secondes.


    • Sébastien Le 20 juillet 2017 à 13h42
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      Je pense qu’elle aurait elle-même cassé l’horloge….


    • PierreH Le 20 juillet 2017 à 23h30
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      Notons que ça implique aussi qu’on est plus près de minuit aujourd’hui que pendant la crise des missiles de Cuba…??!!!


  9. douarn Le 20 juillet 2017 à 14h04
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    Bonjour
    les promoteurs du néolibéralisme, malgré leurs tendances à être hors sol et condescendants, ne sont que des hommes ni plus ni moins. A ce titre, il semblerait que l’un de ses ardents promoteurs ait quelques gros souci de santé : Le sénateur américain républicain et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2008 John McCain (80 ans) a été diagnostiqué d’une tumeur agressive au cerveau (glioblastome) le 19 juillet 2017 par l’hôpital de Phoenix. Le pronostic des patients est généralement sombre : la survie moyenne est inférieure à 15 mois.
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/le-senateur-americain-john-mccain-souffre-d-un-glioblastome-une-tumeur-au-cerveau_114920


  10. Patrice Le 20 juillet 2017 à 14h09
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    Soros (The Capitalist Threat 1997) est encore plus direct que Chomsky: Les valeurs du marché ont servi à saper les valeurs traditionnelles. Le marché sape les valeurs fondamentales des sociétés démocratiques, ouvertes.
    Auparavant, Pasolini (Ecrits Corsaires): Aucun centralisme fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. […] On renie les véritables modèles culturels. L’abjuration est accomplie.
    D’un bout à l’autre du spectre, de Pasolini à Soros en passant par Chomsky, déjà Tocqueville en son temps, il est meme inutile d’en appeler à Marx.
    Ce qui est incompréhensible, c’est qu’un système dont la perversion a été si clairement exposée depuis si longtemps, si douloureusement expérimentée par les peuples de tous les continents, puisse encore trouver des défenseurs.


    • Alfred Le 21 juillet 2017 à 10h47
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      Très juste. Pasolini est totalement passé sous les radars de nos jours et c’est une grande perte. Sa redécouverte serait très éclairante pour beaucoup.


  11. Louis Robert Le 20 juillet 2017 à 15h01
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    Rien de plus éclairant, selon moi, que la pensée, in vivo, d’un homme de l’envergure de Chomsky, au sommet d’une longue vie de réflexion intense et vaste comme le monde, et qui conclut humblement:
    “Tout cela est très simple, tout cela est devant nous, vous n’avez qu’à regarder. Regardez ce qui est sous vos yeux, là, vraiment là…”.

    Or c’est précisément ce qui se trouve si clairement sous nos yeux que nous, êtres humains, voyons le plus rarement, et alors le plus confusément… hélas!


    • jim Le 20 juillet 2017 à 16h02
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      La déférence envers QUI QUE CE SOIT est une perversion du respect.
      Elle empêche la lucidité et l’esprit critique.

      Chomsky est très très faible quand il parle/pense politique et démocratie.

      Ce qui ne l’empêche pas d’être un géant par ailleurs, que ce soit sur sa critique de l’Empire, sur celle des media et du consentement, et bien entendu sur ses travaux en linguistique axe par lequel je l’ai connu il y a bien longtemps.


    • marc Le 20 juillet 2017 à 16h17
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      tout cela est très simple, vous n’avez qu’à regarder : 10 000 enfants qui meurent de faim par jour… la politique étant prendre soin de la population, l’aide aux sans abris est pourtant loin d’être la priorité… oui, c’est sous nos yeux


  12. Macarel Le 20 juillet 2017 à 16h54
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    Tant que les rayons des supermarchés seront approvisionnés, que l’essence à la pompe ne sera pas trop chère, et que la télévision et internet permettront de divertir les gens, alors pas grand chose ne changera.

    “Panem et circenses”

    La plupart des gens n’ont pas envie de penser, surtout à des choses qui dérangent.

    Il ne faut pas demander trop à l’ “animal humain”, Chomsky est une exception. Le genre de type qui pense pour tous les autres, mais que l’on écoute pas car il est trop lucide, ce qu’il dit ne rend pas optimiste. Or tout notre bastringue productiviste/consumériste ne fonctionne bien que si l’on maintient le moral des gens. Après le 11/09, la première chose que Bush a dit aux américain : “retournez au supermarché !”

    Plus la réalité devient anxiogène et plus il faut divertir les gens. Le refuge dans des mondes virtuels de plus en plus de nos congénères, leur permet d’éviter de voir ce qui est sous leurs yeux et qui dérange dans bien des cas.

    La démocratie requiert des citoyens éclairés et non passifs pour vivre, pas étonnant que dans le “Meilleur des mondes néo-libéral” qui est le notre elle s’étiole…


  13. Politicoboy Le 20 juillet 2017 à 17h55
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    On voit également à quel point les “forces” du système poussent les dirigeants à agir contre leur propres convitions ou promesses. Y comprit dans le cas de Trump ou Macron, c’est stupéfiant. Lire : http://www.politicoboy.fr/emmanuel-macron/trump-et-macron-14-juillet/


  14. Manuel Le 20 juillet 2017 à 18h15
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    “aux dernières élections françaises. Les deux candidats étaient tous deux extérieurs à l’establishment. Les partis centristes se sont effondrés.”
    Oo Il n’y a que moi que ça a choqué ?
    Macron ne sort pas de l’establishment ? Chomsky devrait lire plus souvent les-crises.fr 😉

    LREM ce n’est pas un parti dit centriste ? LR est un parti centriste ? effondré les LR ? on verra avec le temps, mais je n’y crois pas. Par ailleurs Macron ne représente rien d’autres qu’un transfert du PS vers sa vraie ligne politique. Près à parier une bouteille que dans 2/3 ans, le LREM se rebaptisera “Les démocrates” !!

    Je suis étonné par cette erreur de la part de Chomsky !!


    • Roland Le 20 juillet 2017 à 19h51
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      Bonjour, j’ai moi aussi été interpellé par cette phrase. Mais il m’est avis qu’il parle plutôt de Hamon et Fillon. Cordialement


  15. moshedayan Le 20 juillet 2017 à 19h05
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    “une baisse du taux de profit” … Noam Chomsky fait référence à une loi économique identifiée ou déclarée par Adam Smith et Karl Marx. Ce dernier l’enrichit par la “baisse tendancielle du taux de profit” à mettre en lien avec les “cycles économiques” de Kondratiev, Juglar et Kitchin. Mais moi-même voulant savoir si Marx ne s’est pas trompé, je n’ai jamais réussi à tout comprendre. Et je cherche toujours à mettre cette “b t p” avec la productivité, le rendement et le temps de travail -faits humains en rapport avec la démocratie. Noam Chomsky maîtrise-t-il cela dans son analyse. Il oppose néo-libéralisme et social-démocratie mais le capitalisme n’a-t-il pas un fond plus structurant la “démocratie” ?
    Aujourd’hui, dans un magasin d’une grande ville, la caissière passe mes produits, puis me dit de payer par une fente d’un tuyau qui rend automatiquement la monnaie. Rôle de la caissière : passe-produits et contrôle léger. Un contact, une responsabilité humaine diminués. Eberlué, je dis avec humour : “faut que vos patrons arrêtent ce délire, surtout qu’un jour ça va pêter !” Noam Chomsky oublie cette nouvelle dimension économique qui marque une forme totalitaire.


    • Pinouille Le 21 juillet 2017 à 13h50
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      “Noam Chomsky oublie cette nouvelle dimension économique qui marque une forme totalitaire.”
      Rien ne sert de voir le totalitarisme partout, et surtout où il n’est pas.
      Automatiser une tâche n’a rien de totalitaire. C’est juste gain de productivité comme il y en a toujours eu dans toute l’histoire de l’humanité.
      Le patron ne délire pas. Il fait des gains de productivité qui maintiennent la compétitivité de son entreprise, sinon à terme, elle coule. Et plus tard, malgré tout le mal que l’on puisse en penser, on trouvera et on mettra en œuvre quelque chose qui remplacera complètement cette caissière.

      Cette façon de faire, qui n’a rien de politique ou de philosophique, a permis à l’homme de considérablement améliorer ses conditions de vie au cours des siècles. Les politiques qui ont tenté de la remettre en question (quel que soit le bienfondé sous-jacent) ont vite débouché sur un affaiblissement économique du pays, donc n’ont pas duré.


    • Pinouille Le 21 juillet 2017 à 14h43
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      Les lecteurs et intervenants sur ce site sont a peu près tous d’accord sur les constats qui passent en boucle dans chaque billet: inégalités, propagande, accaparement par une minorité, etc… Constat certainement partagé par une majorité grandissante de la population qui voit leurs difficultés s’amonceler.

      Nombreux sont ceux qui attribuent la source de ces problèmes à la mise en œuvre d’une entreprise très organisée de spoliation systématique de la part de l’oligarchie.
      C’est amha bien trop réducteur car cela fait abstraction des mécanismes économiques qui sous-tendent l’évolution que nous subissons actuellement.
      En voici quelques uns:
      – financiarisation de l’économie: elle crée du PIB bienvenu dans les pays qui se désindustrialisent
      – recherche de gains à court terme: nécessité de rentabiliser les placements des retraites par capitalisation de plus en plus nombreuses (vieillissement de la population)
      – désindustrialisation: les pays comme la chine produisent moins cher
      – lobbying/propagande: moyen qu’ont trouvé les entreprises pour obtenir des avantages qui lui permettront d’augmenter ses profits (ce qui est leur raison d’être)
      – politiques trop favorables aux entreprises: cf lobbying + besoin de croissance pour rembourser la dette
      – inégalités: à peu près la résultante de tout ce qui précède

      Toute réflexion sur ce thème qui fait l’impasse sur ces contraintes essentielles est amha de peu de valeur.


      • Éric Le 23 juillet 2017 à 22h04
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        Ce sont exactement deux des problèmes majeurs de notre société : la monétarisation et la vision court-terme.

        La monétarisation :
        Tout est placé sous le sceau de la monétarisation: on compare tout par rapport à une valeur monétaire : la santé, la nourriture, le sexe, la distraction, le sport… Heureusement, nous avons encore l’empathie, la vie de famille ou le plaisir de vivre, mais ça va venir. L’avènement de l’argent n’a pas de limites.

        La vision court-terme :
        J’avais pensé parler d’individualisme forcené (“moi d’abord et avant tout”) mais, en y repensant, je pense que, si les gens pensaient d’abord à eux-mêmes, ils seraient plus intelligents Je pense que les gens se concentrent sur une vision qui a pour objectif de satisfaire leur besoin immédiat, à court-terme, aux détriments de l’intérêt long terme, que celui-ci soit personnel ou global.

        Ces deux éléments ont mené à la financiarisation totale de notre système : tout passe par l’argent ou un rapport à l’argent. Nous avons même évolués. Nous avons choisis de laisser des robots faire les choix à notre place !
        Vous semble-t-il rationnel de soumettre votre argent, et tout ce qui y est soumis, y compris votre vie, à des robots ? la vie sans éthique, la vie sans humanisme, la vie délivrée des contraintes humaines…. est-ce là notre objectif ?

        Pour ma part, je crois qu’il est temps de relativiser la valeur de l’argent et la partager avec d’autres choses :
        – la réussite de son voisin,
        – le respect de l’environnement,
        – la montée du savoir global,
        – la gestion de nos ressources,
        – etc…


    • RD Le 21 juillet 2017 à 16h14
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      La baisse du taux de profit n’est pas un chiffre mais une dialectique. Par ailleurs automatiser en soi ne veut rien dire, en effet mais dans le cadre du mode de production capitaliste cela a une origine et des conséquences.


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