Ce billet fait suite à celui sur la composition du bilan de la BCE.

Les rachats de titres

La BCE a lancé en 2010 un programme visant à racheter des obligations sur le marché secondaire, en particulier des obligations publiques grecques, irlandaises et portugaises, puis, à partir de 2011, italiennes et espagnoles.

En voici le bilan :

achats obligations BCE Banque centrale européenne

achats obligations BCE Banque centrale européenne

On observe que fin décembre, la BCE a limité ses achats de “créances pourries” à moins d’un milliard d’euros par semaine…

Les titres dans le bilan de la BCE

Observons alors le cumul des titres d’obligations publiques présentes dans le bilan de la BCE :

achats obligations BCE Banque centrale européenne

Ainsi, le bilan hebdomadaire de la BCE montre que l’Eurosystème possède désormais 213 Md€ de créances douteuses d’États (soit désormais plus que les recettes annuelles nettes de l’État français). Elle est belle notre Banque Centrale, qui se transforme semaine après semaine en bad bank, avec des effets de levier qui vont finir par être dignes de certaines banques privées…

J’ai indiqué le total des “reprises de liquidités à blanc” de la BCE. Ces sommes correspondent aux sommes que la BCE retire du marché monétaire pour ne pas augmenter la masse monétaire. Suivez-bien, c’est tordant (mais seulement pour les banques…).

1°) Vous êtes une banque avec 100 d’obligations italiennes. Vous êtes mal – que diable êtes-vous allé faire dans cette galère ? Vous êtes inquiet…
2°) Comme vous n’allez quand même pas perdre d’argent, la BCE vous rachète vos obligations – Merci Mario !!!!
3°) On est passé d’une situation “Banque : 100 d’obligations pourries / BCE : 0 ” à “Banque : 100 de liquidités utilisables / BCE : 100 d’obligations pourries”
4°) Si on s’arrête là, on voit bien que la BCE a créé de l’argent, et que celui-ci va aller alimenter l’inflation, ce qui est contraire aux statuts de la BCE :

Article 127 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne

1. L’objectif principal du Système européen de banques centrales, ci-après dénommé «SEBC», est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l’article 119.

5°) La BCE, pour neutraliser son intervention, EMPRUNTE (si, si) aux banques privées (si, si) l’argent qu’elle vient de créer – par le biais d’emprunt à terme rémunérés. Ce sont les “reprises de liquidités à blanc”
6°) Situation finale “Banque privée : créance de 100 sur la BCE non utilisable / BCE : 100 d’obligations pourries + 100 de liquidités – intérêts versés à la banque privée”

Au final, il n’y pas de création monétaire, juste la BCE qui pourrit son bilan ET EN PLUS paye des intérêts pour cela…

A contrario, on enlève une belle épine du pied de la banque, et on la paye pour cela… Elle n’est pas belle la vie des banques ?

En fait, vu le niveau atteint, la BCE a de plus en plus de mal à récupérer toutes les liquidités nécessaires pour neutraliser ses achats… À suivre de près en 2012 !

Bien entendu, le détail des banques bénéficiaires, des titres rachetés, des intérêts versés, etc. sont secrets…

Ainsi :

NOUS DEVONS EXIGER, en tant que contribuables, de connaître :

  1. la composition par pays du stock et des achats de ces dettes publiques qui n’ont rien à faire dans le bilan d’une Banque Centrale, ainsi que les règles prévalant lors des achats pour choisir les vendeurs servis ;
  2. l’identité et la durée de détention des vendeurs d’obligations que la BCE a soulagés d’un grand souci, car :
  • cela revient à subventionner à 100 % sur fonds publics des investisseurs privés, pour leur éviter toute perte ;
  • il est impossible que contrôler qu’il n’y a pas abus de droit, et qu’il ne s’agit pas d’un financement quasi-direct des Etats, interdit par les traités…

Les facilités de dépôt à la BCE

Dernier point, en conclusion : voici le montant de l’argent que les banques ont déposé “au chaud” à la BCE :

Facilités de dépôt argent dépose BCE

Nous avons vu dans ce billet que l’opération inédite de prêt à 3 ans de la BCE fin décembre s’est traduite en fait par 220 Md€ de liquidités supplémentaires, mais dont 170 Md€ sont revenues “au chaud” à la BCE. Les banques ont préféré y déposer la majorité de sommes qu’elles ont empruntées pour disposer d’un minimum de rémunération en attendant d’utiliser ces sommes.

Sommes gargantuesques : 475 Md€ à ce jour… Si les banques privées utilisaient toutes ces sommes pour réaliser des prêts, en utilisant leur multiplicateur du crédit, il y aurait de quoi faire exploser l”inflation (des prix à la consommation ET/OU des actifs).

Je suis frappé de voir les “espoirs” de tant d’économistes que ces banques utilisent ces sommes pour prêter aux États. Cela me semble stupide, puisque que se développe une méfiance de plus en plus forte des banques envers les États – méfiance promise à un bel avenir en 2012. Les banques sont des investisseurs comme les autres, comme vous et moi, et elles ont, comme vous et moi, de moins en moins envie de prendre des risques en prêtant de l’argent aux États.

Et c’est fort heureux : nous avons des problèmes de dette publique et de dette bancaire, et ce n’est nullement le moment de renforcer les liens et donc les risques entre ces 2 acteurs…

34 réponses à 0324 Les opérations récentes de la BCE

  1. yoananda Le 13 janvier 2012 à 03h16
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    Même si les banques prêtaient aux états, ca ne changerait rien au long terme, car les états ne sont pas fait pour dépenser correctement leur argent (de manière productive et créatrice de croissance). Au contraire.
    Quand aux banques centrales et privées, il devient de plus en plus faux de les considérer comme des entités séparées, c’est tout. La symbiose finit par une sorte de fusion. Les banques privées elles même ne peuvent plus vraiment être différenciées les unes des autres tellement elles sont intriquées les unes dans les autres. C’est bien pour cela d’ailleurs que la BCE intervient, car si l’une d’entre elles tombait, toutes les autres suivraient.
    Nous n’avons plus en réalité qu’un gros oligopole financier qui fera tout pour survivre, quitte à tuer son ôte (l’économie).
    Tout cela n’est qu’un symptome de la fin d’une époque qui va probablement très mal se finir. Nous ne sommes plus en mesure de produire suffisamment pour payer nos dettes. Avec un pétrole qui flambe (en euro) ce n’est pas près de changer.


    • Marcel Le 13 janvier 2012 à 08h48
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      Cela dépend principalement des personnes qui dirigent les États.
      Depuis de Gaulle on a plus de dirigeant digne de ce nom.
      J’entends par là : intègre, visionnaire, rigoureux, stratège, courageux, diplomate (quoique de Gaulle …)
      De Gaulle a risqué sa peau (40 fois en tout) .
      Qui aujourd’hui prendrait de tels risques ?
      Flamby ou Talonnettes 1er ?
      Aucun des deux certainement.


    • G. Le 13 janvier 2012 à 10h50
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      Il faut arrêter de dire bêtement et à tout bout de champ que “les Etats ne sont pas faits/capables de dépenser correctement leur argent”. C’est une ânnerie rabachée par les lobbys financiers américains, les ultra libéraux de tout poil. C’est une contre vérité!
       
      L’Etat est la seule entité capable de dépenser l’argent commun dans un objectif de servir le plus grand nombre. Ainsi l’argent de l’Etat sert à la création de routes, d’écoles même dans les zones pauvres, d’infrastructures publiques. L’argent de l’Etat permet aux pauvres de pouvoir se soigner dans les hopitaux. Il permet d’avoir une armée publique et bien équippée… Toutes ces dépenses sont très utiles, nécessaire, et pour le bien commun.
       
      Soyons clairs et nets: sans l’Etat pour faire ces dépenses, que se passerait-il? Le grand rêve américain des libéraux, le voici! :
      – Système de santé et d’éducation privé => la population pauvre se fait tondre encore plus par les lobbys privés (entente), et reste dans la misère => perte du potentiel humain (Einstein et Mozart travaillant comme balayeurs, si vous voulez une image forte).
      – Armée et police privée => dictature de facto par une minorité
      – Routes et infrastructures privées => énormément de zones pauvres qui ne seront jamais développées. Racket des citoyens…
      Est-il nécessaire que je continue cette énumération? Le grand rêve du “toujours moinjs d’impôts, toujours moins d’état” est séduisant, n’est-il pas?
       
       
       


      • Patrick-Louis Vincent Le 13 janvier 2012 à 11h46
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        Arrêtez aussi de parler d’état ultra-libéral qui n’existe nulle part, et surtout pas en Europe. Même aux US il n’y a plus d’ultra-libéralisme depuis 1930. Il y a beaucoup de régulation et souvent même, trop. Exemple : la garantie par l’état des prêts hypothécaires au travers des sociétés Fannie Mae et Freddy Mac, une stupidité qui a permis les subprimes.

        Personne ne nie l’importance de l’état, même pas Ron Paul, pour ses fonctions régaliennes. Ce qui est en cause, c’est l’état obèse, l’état qui se gave d’impôts et de dettes. Jamais le budget de l’état n’a été aussi important depuis 1958, et jamais il n’y a eu autant de pauvres. Ceci montre que trop d’impôts tue l’impôt et trop d’état conduit à l’immobilisme. L’obèse ne peut se déplacer et risque, à tous moments, la crise cardiaque. C’est exactement ce que l’état vit actuellement. 

        Maintenant, n’oubliez jamais que ce que fait l’état, c’est avec l’argent des contribuables. Et les citoyens-contribuables n’ont aucun contrôle sur l’argent qui est dépensé. C’est pourquoi, chaque année, nous pouvons lire, avec consternation, les rapports de la Cour des Comptes, qui font état de toute la gabegie de nos administrations et des différents ministères. Et qu’est-ce qui est fait pour y remédier ? Rien. L’on continue à dépenser sans compter, et parfois, en dépit du bon sens. C’est pourquoi je dis que le problème de l’état obèse est un problème de démocratie, avant tout.

        Si un Conseil Général ou Régional, devait avoir l’approbation des citoyens pour augmenter les budgets ou pour mettre en chantier de gros investissements ou de grosses dépenses (construction d’un palais, par exemple, ou achat d’oeuvres “d’art”), il y aurait beaucoup moins de gaspillage. Ce sont des dizaines de milliards qui seraient ainsi économisés.

        Ce qui ne va plus dans notre démocratie, c’est le système de représentation par des élus. L’on élit des gus pour diriger une ville, un département, une région, l’état, et ensuite, le citoyen n’a plus rien à dire jusqu’à l’élection suivante. Alors, l’on augmente les dépenses, puis les impôts pour financer ses dépenses, puis l’on fait des dettes car les impôts ne suffisent plus ; on dépense, on dépense, sans aucun controle. A l’élection suivante, on vire les gus et l’on en choisit d’autres qui font exactement la même chose. Et cela fait 40 ans que cela dure.

        L’on ne mettra pas fin à la gabegie et à l’état obèse, sans une refonte totale de nos institutions devenues obsolètes, et sans introduire une part de démocratie directe. Cela ne se fera pas avec la classe politique actuelle ; le gateau est trop appétissant.


        • G. Le 13 janvier 2012 à 12h30
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          Je partage en grande partie votre opinion, mon post était volontairement provocateur. En lisant un peu ce que disent les médias anglo-saxons, et les soi-disant économistes, on ne peut qu’être choqué par la virulence avec laquelle ils prêchent tous le “moins d’Etat”. Mais ils ne prêchent pas un “meilleur état” au sens où vous le décrivez, ils prêchent en réalité une diminution de l’Etat pour que des intérêts particuliers puissent se faire d’avantage d’argent au détriment de tous…
           
          Les problèmes de corruption des Etats et organisations communautaires ont toujours existé. Pourquoi? C’est très simple: pour être élu, il faut savoir bien parler (communication) et savoir se tisser un réseau (gens pour vous soutenir, et moyens financiers pour faire campagne). Les gens qui vous soutiennent cherchent à être récompensés: voilà comment on met des incompétents à la tête de services publics. Les gens qui vous financent attendent un retour d’ascenseur: voilà comment on crée des contrats publics biaisés avec des sociétés privées, et des lois servant les intérêts de minorités ou groupes privés. Sans financement et sans soutiens, vous ne pourrez jamais être élu. CQFD.
          Pour lutter contre ce phénomène, on pourrait introduire en effet d’avantage de démocratie directe. Obtenir une transparence totale et publique des comptes, des transactions, des réunions, des décisions. Evaluer avec transparence la performance des institutions et individus publics. Permettre au public de challenger ces décisions et contrats. Mais plus vous vous tournerez vers une démocratie directe, moins votre système sera réactif. Pire: lorsqu’on connait les moyens de communication moderne et surtout les techniques de persuasion et de manipulation modernes, on se rend vite compte que le petit peuple sera de toute façon mené en bateau. Il est inévitable que les intérêts privés obtiennent, malgré une démocratie plus directe, toujours et encore ce qu’ils veulent (manipulation des foules).
           
          Alors quoi? Si on laisse trop de pouvoir à l’Etat, la corruption rampante nuit aux citoyens et étouffe l’économie. Si on laisse trop peu de pouvoir à l’Etat, ce sont les intérêts privés qui finissent par siphonner les ressources, les capitaux, et là encore on nuit aux citoyens et étouffe l’économie. La seule façon d’éviter de ne pas tomber dans l’excès, c’est de garder un Etat juste assez fort pour concurrencer les intérêts privés, et des intérêts privés juste assez libres pour faire opposition à l’Etat. Par exemple, permettre à des sociétés de construction lésées par une attribution illégale de contrat (corruption) de faire un procés à une mairie, et de le gagner…
           
          Mais cet équilibre ne peut fonctionner que si le fonctionnement de l’Etat est transparent, et cette transparence surveillée. Pas de chance, nos élus le sont rarement par conviction. Ceux qui font les lois sont aussi ceux qui doivent encore récompenser leurs “soutiens”, et rembourser les “services” grâce auxquels ils ont pu être élus… C’est l’histoire de la poule et de l’oeuf: pour avoir des institutions transparentes, il faut que des gens honnêtes et sans “dette de soutien” soient élus. Mais pour être élu “without strings attached”, il faut des institutions transparentes…
           
           


        • Poulpe Le 18 janvier 2012 à 01h42
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          c’est l’ultra libéralisme qui controle l’étatisme, dans la limite du controle des populations, toujours dans l’intérêt de l’hyperclasse mondialiste apatride. La france en est le plus bel exemple.


      • deres Le 17 janvier 2012 à 17h12
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        Les libéraux (pourquoi ultra ?) prêchent pour moins d’Etat car malheureusement l’expérience a monter que les Etats vertueux, c’est un peu théorique ou cela ne dure pas très longtemps. Les mauvaises habitudes viennent vite, y compris sans que l’on s’en rende compte … Le recours au privé, ce n’est pas dans le but de la privatisation du profit, mais pour faire surveiller gratuitement les activités par les clients et les concurrents. Le but est d’optimiser l’utilisation de ressource restreinte. Cela sous-entend donc que les clients soient libres de choisir et qu’il existe des concurrents. C’est alors un des rôle régalien de l’Etat de préserver cette concurrence qui garantit l’optimisation du système.


  2. Marcus Le 13 janvier 2012 à 07h06
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    Excellent article Olivier, instructif et didactique !!!
    A diffuser !
    On vit une époque formidable …..


  3. askarine Le 13 janvier 2012 à 08h09
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    oui, bel article. Cependant, je ne suis pas inquiet pour la dette des états, ni pour celle des banques d’ailleurs, car la bce à mon avis n’hésitera pas à injecter de la liquidité (par création de monnaie ou non, même si celle-ci de toute façon augmente inexorablement par les interets et par les effets de lagg) pour sauver le systeme. Bien sûr, tôt ou tard, on rencontrera le mur de la réalité, et là ça fera mal. Je pense que là où ça se joue le plus (pour l’instant), c’est au niveau de la FED et banque angleterre, car eux n’ont pas hésité à faire de la création monétaire de façon importante et impactent le monde dentier bien sûr (d’après un article que j’ai lu, operations de swap entre bce et fed en nette hausse, source de financement externe pour la bce ? La fed : planche à billets pour le reste du monde ?)


    • Sed Labonne Le 13 janvier 2012 à 09h10
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      “Le monde dentier” !!  Bravo, il y a du Prévert en vous !


  4. Patrick-Louis Vincent Le 13 janvier 2012 à 09h09
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    Merci Olivier pour ces explications. J’ai appris quelque chose sur ces “opération de liquidités à blanc” ; un nom bien opaque pour des opérations bien occultes.

    Sinon, je suis plutôt de l’avis de Askarine, la cavalerie va continuer encore un bout de temps, au moins tant qu’il n’y aura pas d’inflation en augmentation constante. Quand l’inflation sera là, l’Allemagne sifflera la fin de partie.


  5. FrédéricLN Le 13 janvier 2012 à 11h21
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    Article très intéressant et instructif, merci !

    2 questions techniques :

    * à quel prix la BCE rachète-t-elle lesdites obligations ? Si la banque privée a dans son bilan 100 d’obligations d’Etat pourries, qui vaudraient en fait 80 avec une juste appréciation du risque, et que la BCE les rachète 80 (en liquide emprunté à ladite banque privée), on peut se dire que c’est aussi une opération d’assainissement des comptes et de lutte contre l’inflation (on déflate la bulle d’actifs).

    Tandis que si elles les rachète 95, ou 100, évidemment, c’est juste de l’autodestruction.

    * Les reprises de liquidité sont-elles vraiment la conséquence de l’article 127 ? N’est-ce pas simplement une égalité comptable ? (Je ne sais pas bien en quoi, c’est juste une question de candide).


  6. Fourminus Le 13 janvier 2012 à 11h30
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    N’y a t’il pas un candidat à la présidentielle qui lit ce blog et pourrait répondre en précisant son programme sur ce point CRUCIAL ?
    Je me vois mal voter pour un(e) candidat(e) qui n’a rien à dire sur le sujet…


  7. BA Le 13 janvier 2012 à 11h51
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    Vendredi 13 janvier 2012 :

     

    Italie :

     

    Dans le cadre de la principale émission, le Trésor italien a placé 3 milliards d’euros de titres à échéance novembre 2014 dont les taux ont fortement diminué à 4,83% contre 5,62% lors de la dernière opération similaire le 29 décembre.

    Le Trésor a également émis environ 779 millions de titres à échéance juillet 2014, et 971 millions de titres à échéance 2018, à des taux qui se sont inscrits respectivement à 4,29% et 5,75%.

    La Banque d’Italie ne compare pas ces taux avec ceux d’autres opérations totalement similaires.

    Mais selon les analystes, le taux des titres à échéance juillet 2014 a diminué par rapport au taux de 4,93% enregistré lors d’une opération comparable le 28 octobre, tandis que le taux des titres à échéance 2018 a en revanche un peu progressé par rapport au taux de 5,62% enregistré lors d’une émission comparable le 13 octobre.

     

     

    http://www.romandie.com/news/n/CRISEL_Italie_reussit_a_lever_475_mrd_EUR_le_maximum_prevu130120121201.asp

    – La BCE prête des dizaines de milliards d’euros aux banques privées italiennes.

    – Avec cet argent, les banques privées italiennes achètent des obligations de l’Etat italien.

    – La BCE rachète les obligations de l’Etat italien aux banques privées italiennes.

    – Tout cet argent circule en circuit fermé. Tout cet argent ne redescend pas dans l’économie réelle.

    – En Italie, l’économie réelle continue de se détériorer.

    – Tout va très bien, madame la marquise.


    • Patrick-Louis Vincent Le 13 janvier 2012 à 15h55
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      La situation de l’Italie est préoccupante (le CDS est à 490 Pb), mais sa situation s’améliore plutôt.

      Plus grave est la situation de la Hongrie avec un CDS à 672 Pb. Certes, la Hongrie n’est pas dans la zone euro, mais les banques hongroises sont à 70% détenues par des banques étrangères, et en particuier autrichiennes. Or, la Hongrie n’a jamais été aussi prête d’un défaut de paiements. Elle a besoin de se refinancer à hauteur de 16 milliards d’euros, et, pour se faire, a absolument besoin d’une aide, de même hauteur, de l’UE et du FMI. Or, ces aides ne viendront pas si la Hongrie ne fait pas un certain nombre de réformes de nature autant politiques qu’économiques (indépendance de la banque centrale par exemple).

      Le régime politique a mis en place une nouvelle constitution qui ne plaît pas du tout à la Commission de Bruxelle. Si le gouvernement hongrois ne fait pas rapidement des concessions à la Commission, l’aide ne viendra pas, le défaut sera alors certain, ce qui entraînera la faillite de leurs banques et peut-être certaines banques autrichiennes ; l’Autriche perdrait son AAA, etc… c’est la boule de neige.


  8. CLAUDE Le 13 janvier 2012 à 11h52
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    Merci pour vos excellents billets toujours très instructifs.
     
    1 remarque :
     
    Dans le paragraphe, Nous devons exiger, il conviendrait d’ajouter l’obligation pour la BCE de traduire toutes ses publications dans les principales langues européennes à savoir : allemand, français, espagnol et italien pour le moins. Il est inadmissible que la grande majorité des contribuables européens qui ne maîtrise par l’anglais et encore moins l’anglais financier ne sache ce qu’il advient de leur argent et ignore les décisions prises.
     
    2 questions :
     
    A combien sont rémunérées les liquidités à blanc, à 0,25% ?
     
    Concernant la pérennité du système qui consiste à financer la dette des états via l’achat des titres obligataires par les banques. On a bien compris l’intérêt pour ces dernières de se délester des obligations pourries, à quel prix : nominal ou du marché ?
    Cependant quel serait l’intérêt des banques de continuer à participer à l’achat de ce genre de titres dont il est prévu la décote voire la chute inéluctable dans un temps assez bref.
     
    Prenons l’exemple d’une banque qui souscrit à l’émission d’obligations espagnoles à 7%.
    D’une part le taux n’est pas super attractif vu les marges que les banques exigent sur d’autres emplois comme le crédit permanent à 20% aux particuliers ou autres niches . Ensuite en tant qu’investisseur lucide, je sais que je vais devoir me débarrasser de ces titres auprès de la BCE dans quelques mois si elle veut bien me les reprendre d’où risque, . Aussi je n’aurais profiter des 7% pendant un laps de temps assez court et j’encours un risque de pertes si la BCE ne veut pas me racheter à ce moment_là ces titres.
    D’où mon avis mais qui manque peut-être de fondements que ce système n’a plus aucun avantage pour les banques. Et comme les banques, ces multinationales, sont au dessus des états, personne ne pourra les obliger à rester dans ce circuit qui semble condamné à brève échéance.


  9. tonio Le 13 janvier 2012 à 12h08
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    “Au final, il n’y pas de création monétaire, juste la BCE qui pourrit son bilan ET EN PLUS paye des intérêts pour cela…
    A contrario, on enlève une belle épine du pied de la banque, et on la paye pour cela… Elle n’est pas belle la vie des banques ?”

    Stop à la désinformation. Ca revient juste à un contrat de swap entre la banque et la BCE. La BCE paye des intérêts et reçoit en échange les coupons de l’obligation.  Oui on enlève une épine du pied de la banque, mais il est faux de dire qu’en plus on la paye.


  10. BA Le 13 janvier 2012 à 15h30
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    La France est dégradée par Standard & Poor’s.
     
    La France est dégradée par S&P. L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg sont épargnés (source gouvernementale).
     
    http://www.boursorama.com/actualites/la-france-degradee-par-standard-poor-s-5fc03954cd7c385c5d7f651966d9e193


  11. BA Le 13 janvier 2012 à 16h52
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    Vendredi 13 janvier 2012 :
     
    Les banques suspendent les négociations sur la dette de la Grèce.
     
    Les banques ont annoncé vendredi qu’elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, et laissé entendre qu’elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie.
     
    L’Institut de la finance internationale (IIF) écrit dans un communiqué que, “en dépit des efforts des dirigeants grecs”, la proposition des banques d’abandonner 50% de la dette de l’Etat grec en leur possession, “n’a pas abouti à une réponse ferme et constructive de la part de toutes les parties”.
     
    “Dans ces conditions, les discussions avec la Grèce sont suspendues pour permettre une réflexion sur les bénéfices d’une approche volontaire” ajoute ce texte publié au nom de l’Américain Charles Dallara, directeur général de l’IIF, et du Français Jean Lemierre.
     
    La notion “d’approche volontaire” fait référence à l’accord qui avait été conclu fin octobre entre les créanciers privés de la Grèce et les dirigeants de la zone euro. Les premiers s’étaient alors engagés à renoncer d’eux-mêmes à recouvrer environ 100 milliards d’euros sur leurs créances afin d’éviter une faillite désordonnée du pays.
     
    Quelques minutes après l’annonce des banques, une source proche des négociations a dit à l’AFP à Athènes que celles-ci traversaient un état de tension “extrême”, et que les parties impliquées devaient “prendre conscience de la très grave situation” pour “éviter le pire”.
     
    http://www.boursorama.com/actualites/les-banques-suspendent-les-negociations-sur-la-dette-de-la-grece-a7680ce899f296e29006dddc42fdc63a


  12. odeur_de_sapin Le 13 janvier 2012 à 17h05
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    MessieursDames Vous auriez pas quelques centaines de milliards d’euros pour Mr Baroin, un vendredi 13 c’est bien vu, le film d’épouvante va commencer, accrochez les ceintures, pardon … serrez les ceintures ! 


  13. odeur_de_sapin Le 13 janvier 2012 à 17h09
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    Tout le monde aura compris qu’il s’agit de notre désormais ex-AAA


  14. Marcel Le 13 janvier 2012 à 17h26
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    Effectivement , nous n’avons pas à recevoir des leçons à ni des américains , ni des anglais . Les USA leurs pays a 250 ans d’existence, n’est pas un modèle de société : l’être humain au service du capital  ….! quelle grandeur de démocratie ou les citoyens sont des esclaves du crédit à l’infini ….. c’est aussi pire que le communisme stalinien . Quant à l UK, si l’on enlève la city , c’est un pauvre pays qui vit sur les grandeurs du passé. L’europe n’a pas a s’aligner sur ses fausses démoncratie ,qui ont perdu toutes valeurs humaines.


    • carlos Le 13 janvier 2012 à 19h29
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      Si j’ai bien compris, les USA, le RU… vivent de leur passé, glorieux ou pas. Mais, il semble que l’Europe vit aussi de son histoire, glorieuse en partie  (avec ses valeurs démocratiques… qui sont aussi universelles) et en partie non (et ici je pense aux deux guerres mondiales provoquées par l’Allemagne!). Du point de vue économique, l’Europe – pays du Sud en première ligne (et sans exception) et ceux du Nord aussi (exceptée l’Allemagne et d’autres petits pays: pays-bas…) – ne tient pas la route en termes de compétetivité internationale, que ce soit sur le plan industriel et – pire encore – sur le plan agricole….comparativement aux capacités et croissance des pays émergents (en particulier des BRICs).
      C’est tout juste un petit commentaire!


  15. Marcel Le 13 janvier 2012 à 20h05
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    Pour répondre à Carlos , il faut bien connaître l’histoire européenne depuis Napoléon Ier , pour comprendre pourquoi nous avons eu deux grandes guerres  et à qui a profiter ces deux grandes guerres fraticides , sans oublier avant que Napoléon 1er a voulu à son époque bâtir l’Europe qui était contre ? , pouquoi le général Degaulle était contre l’entrée de l’UK dans l’Europe , pourquoi Degaulle en 1963 a mis les américains dehors de la France ? quel est  le 1er pays qui a reconnu la la Chine de Mao ? Aujourd’hui qui spécule contre la dette des pays européens ? Par expérience je peux dire que dans le monde entier la France a été un pays respecté  même en Iran jusqu’à ces dernières années .


  16. BA Le 13 janvier 2012 à 20h27
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    Vendredi 13 janvier 2012 :
     
    Grèce : taux des obligations à un an : 396,637 %.
    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 163,237 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 51,697 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 34,364 %.
     
    Le ministre de l’Economie François Baroin a confirmé sur France 2 que la France avait perdu son triple A auprès de Standard & Poor’s, avec une note abaissée d’un cran, à AA+. “Ce n’est pas une bonne nouvelle mais ce n’est pas une catastrophe”, a-t-il estimé sur France 2.
     
    “Aujourd’hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette, et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu”, avait affirmé plus tôt Valérie Pécresse.
     
    Pour sa part, le conseiller spécial du président français Henri Guaino s’est évertué, à cent jours de la présidentielle, à défendre le chef de l’Etat, qui sera candidat selon toute vraisemblance, et à replacer l’abaissement de la note de la dette à long terme de la France dans le contexte de la crise de la zone euro.
     
    “Vous voyez bien que toute la zone euro est en crise, a-t-il fait valoir. Le mauvais coup qui pourrait être porté contre la France, c’est que la zone euro explose”, a-t-il ajouté.
     
    http://www.romandie.com/news/n/_Perte_du_triple_A_Sarkozy_reunit_ses_principaux_ministres130120122001.asp


  17. Patrick-Louis Vincent Le 14 janvier 2012 à 08h31
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    “c’est aussi pire que le communisme stalinien”
    Il ne faut quand même savoir raison garder. Lisez Le Livre Noir du Communisme (100 millions de morts, camps de concentrations, famines, pogroms…Après vous pourrez comparer.

    USA 25 ans d’existence, oui, mais 250 ans de démocratie. Quant à l’Angleterre, c’est la plus vieille démocratie européenne, si l’on veut bien admettre que la monarchie parlementaire est un régime démocratique.

    Quant à dire que l’Europe a perdu toutes valeurs humaines, je ne comprends pas. Comparez avec la Chine, la Russie, le Pakistan, l’Iran, et dîtes-moi où il fait le meilleur vivre, en particulier pour les minorités ethniques ou religieuses.


    • fed Le 14 janvier 2012 à 12h26
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      Euh, les USA, une démocratie??? Un empire qui pour enrichir sa caste dirigeante et son complexe militaro-industriel part en guerre partout dans le monde depuis plus de 60 ans. Les USA qui viennent de faire quasiment passer la loi martiale interdisant aux journalistes de filmes le mouvement occupy… Et Guantanamo!!! Faut arrêter avec les US qui sous prétexte d’instaurer des démocraties réduisent les pays en cendres après leur passage.
      Les USA nous imposent leur néo-libéralisme, reprenons nous, La France vaut mieux que ce modèle. Tous ceux qui nous ont gouverné depuis 60 ans sont atlantistes et on voit où cela nous a mener. Seul de Gaulle a su leur tenir tête…


  18. Giraud Le 12 février 2012 à 23h38
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    Bonjour, 

    merci pour ce post. A-t-on une idée précise de la nature des actifs que les banques déposent en collatéral des prêts (gargantuesques) que leur accorde la BCE ? S’il s’agit bien de titres de dette publique, la procédure est sans doute plus malicieuse encore que le swap de flux décrit supra.
    Je suis une banque commerciale à qui la BCE prête 100 à 3 ans au taux de 1%. J’en place 80 en facilités de dépôt à la BCE et j’achète pour 20 de titre italienne à 5%. Ces titres servent de collatéral aux 20 que j’ai empruntés à la BCE (peu importe comment les 80 sont collatéralisés puisqu’ils reviennent “au chaud” à la BCE). C’est la BCE qui garde ces titres mais (j’ai vérifié), c’est moi (banque commerciale) qui perçoit les coupons de la dette italienne. 
    Dans 3 ans, de 2 choses, l’une :
    – ou bien l’italie n’a pas connu d’événement de crédit, et j’ai récupéré un arbitrage de 4% sur 20. (Ce qui permet exactement de financer les intérêts que je dois sur les 80 restants…)  
    – ou bien l’Italie a fait défaut, ou restructuré sa dette. La valeur des titres en collatéral à la BCE devient < 20, i.e., à ma dette nominale. Je laisse donc la BCE saisir mon collatéral, et suis dispensé(e) de rembourser mon emprunt. La BCE se transforme alors en bad bank non seulement à cause des titres qu’elle rachète sur le marché secondaire mais aussi du fait des titres qu’elle détient comme collatéral des prêts qu’elle accorde.
    Si ce scénario est exact, il fournirait une autre explication de la détente des taux italiens que celle qui est habituellement invoquée. 
    gG 


  19. spajnoc Le 09 mars 2012 à 07h05
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    Est-ce que par hasard, dans les achats de la BCE auprès des banques, il n’y aurait pas quelques titrisations mélangeant de mauvais placements avec une obligation souveraine ???
    La purge sociale sera t-elle suffisamment efficace pour que les banques se refassent une santé ? Savent-ils dire merci?
     


    • Thémistoclès Le 30 mars 2012 à 18h47
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      Merci à qui, Spajnoc ?  Aux citoyens ?  HA HA HA ! Mais aux dirigeants politiques suprêmes, aux députés influents, aux juges, aux présidents de commissions, aux lobbyistes … : OUI. C’est un système qui a été fondé il y a plus de 300 ans au Royaume-Uni pour remplacer l’Absolutisme royal dont la pérennité battait de l’aile. Il a maintes fois été perfectionné principalement dans les pays anglo-saxons et il atteint maintenant son niveau d’incompétence selon le principe de Peter. 


  20. Marco Saba Le 08 août 2012 à 21h13
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    “Les banques sont des investisseurs comme les autres, comme vous et moi, et elles ont, comme vous et moi, de moins en moins envie de prendre des risques en prêtant de l’argent aux États.” – ça est naif. Est-ce que l’auteur ne connait pas que les banques creent l’argent à travers des faux comptables ? Pas vrai.


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