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20.mars.201820.3.2018 // Les Crises

Pour une realpolitik du français, par Jacques Sirota

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Billet Invité, à l’occasion de la journée de la francophonie

Le président Macron, à la suite de ses prédécesseurs, a affiché sa volonté de voir se développer l’usage du français dans le monde. Il est à craindre que ces fières déclarations ne connaissent le sort de celles qui les ont précédées depuis un quart de siècle: rester des « paroles verbales ». En effet le Quai d’Orsay, qui est censé les traduire en actes, est animé à ce sujet de sentiments ambivalents qui l’empêchent de fixer et suivre dans la durée une stratégie claire. Le résultat est que chaque année ou presque il est rattrapé par la patrouille de Bercy et qu’il s’enferme dans un cercle vicieux où la réduction des coûts est l’alpha et l’omega de sa politique et une vision au-delà de l’horizon budgétaire impossible. Autres dégâts collatéraux, la cacophonie des services concernés par cette politique publique et la faible considération accordée dans les ambassades aux agents chargés de la promotion du français. Le problème que l’on n’ose pas regarder en face pour en tirer les conséquences est que « l’attractivité de la France », la grande priorité de notre « politique d’influence » n’a pas vraiment besoin de la langue française, celle-ci serait plutôt un obstacle. « Choose France » se dit en anglais. Quant à la culture, suspecte de donner une image désuète et désinvolte, elle n’est tolérée que sous ses formes « jeune » et touristique.

Une colonisation désirée et niée

Comment d’ailleurs le front linguistique pourrait-il être dynamique quand l’arrière flanche? L’anglais, il suffit de sortir dans la rue en France ou d’y allumer la télévision pour le savoir, est la langue de tout ce qui se veut dynamique, jeune et moderne. Le grignotage du français, sa subversion de l’intérieur (la grammaire) par l’anglo-américain a été décrit par de nombreux auteurs tels que Claude Hagège1Claude Hagège, « Contre la Pensée unique », Odile Jacob 2012, Claude Duneton2Claude Duneton, « La mort du français », Plon 1999ou Alain Borer3Alain Borer, »De quel Amour blessée, Réflexions dur la langue française, Gallimard 2014.

Il ne s’agit pas seulement de l’anglicisation du langage courant, d’un côté par le snobisme anglophone des élites et de l’autre par la créolisation de la langue populaire. Pas seulement de la substitution, par l’industrie du divertissement et la publicité, de l’imaginaire américain au corpus des traditions locales. Plus profondément, comme l’a montré entre autres Alain Supiot4Alain Supiot, « La Gouvernance par les Nombres » Fayard 2015 et comme l’illustre la vague de puritanisme qui déferle d’outre-Atlantique, nous adhérons chaque jour davantage à un bloc de valeurs américaines, à un ordre juridique et moral utilitariste qui se disent et se pensent en anglais. Or, si l’on s’émeut de l’envahissement de nos écrans par les productions américaines, si on le combat parfois, il n’est pas question d’y reconnaître ce phénomène classique: le désir qu’éprouve le dominé de l’imaginaire du dominant.

La France est devenue progressivement depuis le départ du général de Gaulle une sorte de dominion de l’Empire américain. Il ne s’agit pas ici de commenter l’alignement impeccable de la politique étrangère française sur celle des États-unis depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy mais de constater, en reprenant la comparaison de Régis Debray, que notre culture est vis-vis de l’Amérique dans la situation de la Gaule romaine vis-à-vis de Rome5Régis Debray, « Civilisations. Comment nous sommes devenus américains » Gallimard 2017. Non pas cette fois-ci par effet de conquête mais par adhésion volontaire. Rien ni personne ne nous oblige à substituer la brutalité du néologisme angolais6Alain Borer a créé le mot angolais pour désigner un anglais petit-nègre constitué de mots d’apparence anglo-saxonne. Il le distingue du globish (le 800 mots de l’anglais de l’échange international et de l’anglobal, langue de l’hégémonie qui se substitue aux autres langues. impacter au traditionnel affecter qui ouvre la voie à une réciprocité.

Cette adhésion a naturellement un substrat psycho-politique. Nous sommes fondamentalement d’accord avec le postulat énoncé par Zbigniev Brzezinski7Zbigniew Brzezinski, « Le Grand Échiquier l’Amérique et le reste du monde », 1997, Ed. Pluriel que l’hégémonie américaine est la condition du bonheur des peuples. Car les valeurs « américaines », quelles que soient les critiques que l’on peut formuler sur l’une ou l’autre, se rangent sous un nom auquel nous sommes farouchement attachés: la liberté. Entre les deux aspirations contradictoires qui nous ont été léguées par le Siècle des Lumières, la liberté et l’égalité, le fléau a jusqu’ici penché en Europe occidentale vers la liberté. L’Europe orientale et la Russie ont eu l’égalité et elles ne s’en sont pas bien portées. Les Français aiment bien les idéologies radicales mais quand ils ont eu à choisir en vrai entre le libéralisme de Macron et les coups de menton de sa concurrente, ils n’ont pas hésité. Et nous avons beau savoir que la forme économique du libéralisme, le capitalisme, est devenu une machine folle qui nous mène au désastre à plus ou moins long terme, nous savons aussi que les diverses formes d’étatisation qui se proposent pour le remplacer nous mèneraient au désastre immédiat comme elles l’ont fait hier en URSS et aujourd’hui au Vénézuéla. Et nous savons aussi que c’est la puissance militaire américaine qui garantit la stabilité de ce système économique avantageux à tant d’égards, ainsi que de son avers – du moins sous nos climats- la démocratie libérale. Donc pas de libéralisme sans l’Amérique. La domination américaine, en dépit de Trump, en dépit du puritanisme anglo-saxon, est plus avenante que l’autoritarisme moscoutaire ou le règne de la Charia.

D’ailleurs, comme le dit Régis Debray, seuls les empires ont des civilisations, nous avons une chose plus modeste, une culture. Nous ne jouons pas dans la même cour et nous nous résignons sans trop de chagrin à voir notre langue, notre culture, notre sociabilité, l’esprit de nos lois lentement métabolisés par la civilisation américaine. D’ailleurs, à trop nous consacrer à des combats d’arrière-garde, nous risquerions de nous détourner d’une question autrement importante qui est de préserver notre place au soleil dans la mondialisation de l’économie. C’est ce qu’a bien compris Laurent Fabius qui a mis de côté l’action culturelle et linguistique du Quai pour faire de la place à la « diplomatie économique ».

Dès lors, ce qui suscite l’étonnement, ce n’est pas que notre action culturelle et linguistique extérieure se réduise comme peau de chagrin, c’est que nous en ayons encore une et que nos dirigeants persistent à proclamer son importance fondamentale.

Ce « souci de la grandeur »8Cf « Le Souci de la Grandeur » d’Antoine Compagnon, réponse à Daniel Morrison « Que reste-t-il de la culture française? » Denoël 2008 affiché est-il l’expression d’une nostalgie ? Un gage donné aux courants de pensée identitaires? Un écran de fumée pour dissimuler l’inféodation? A vrai dire, peu importe. La question est de savoir si nous devons ou non avoir encore une politique publique de soutien à l’exportation de la langue et la culture françaises et laquelle.

L’empire global et les cultures

La politique linguistique de la France a reposé jusqu’à présent sur une prémisse simple: l’universalité- autre legs des Lumières- de la langue française. Il est intéressant de relever que Rivarol a rédigé son « Discours sur l’universalité de la langue française » vingt ans après le Traité de Paris de 1763 qui inaugura le transfert de « l’hegemon » de la France à la Grande-Bretagne. Quand, dans le dernier quart du XXe Siècle (fin des Trente glorieuses, de l’empire français et du gaullisme) nous avons senti le besoin de défendre la présence du français dans le monde par une politique publique ad hoc, le dogme de l’universalité était encore à l’ordre du jour9Cf. le « Nouveau Discours sur l’Universalité de la Langue Française » de Thierry de Beaucé, Gallimard, 1988. T. de Beaucé fut secrétaire d’ État aux relations culturelles extérieures et le seul titulaire de ce poste qui disparut après lui. On a toutefois jugé utile de lui adjoindre celui de la diversité culturelle, c’est-à-dire la revendication du droit pour les petites cultures de ne pas être complètement étouffées par la grande civilisation américaine. Cette politique, si l’on en juge par ses résultats comme par la diminution continue des moyens qu’elle a mobilisés10Pour une présentation exhaustive et critique de la situation de la langue française dans le monde et de la politique linguistique de la France voir « …et le monde parlera français » de Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, 2017 dont le titre, nous assurent les auteurs «n’est pas à prendre au premier degré », a ressemblé à une longue retraite plus ou moins en bon ordre devant la vague anglophone. Précisons. Le français est toujours parlé là où il est langue maternelle: essentiellement France, Québec, Wallonie, Suisse romande. Dans nos anciennes colonies d’Afrique où il n’était que la langue d’une élite très restreinte, il s’est plutôt démocratisé et serait aujourd’hui maîtrisé, en moyenne, par 31% des habitants de ces pays. Cette moyenne recouvre bien des différences : le français se répand d’autant mieux qu’une langue locale vernaculaire ne s’impose pas, comme le woloff au Sénégal.

Il a en revanche quasiment disparu de nos anciennes possessions d’Indochine. C’est dans le monde développé, en particulier en Europe et dans l’ex bloc de l’Est où il a été entre le XIXe et le dernier quart du XXe siècle une langue connue de toute la partie cultivée de la population qu’un recul spectaculaire s’est produit. Dans le même temps, l’usage du français devenait marginal dans les organisations internationales, remplacé par l’anglais qui s’assurait également une position hégémonique dans le monde des affaires et dans les publications scientifiques. Cet effacement du français au profit de l’anglais dans la sphère du pouvoir et du savoir a été contemporain de cette « fin de l’Histoire » aperçue par Francis Fukuyama après la Chute du mur de Berlin. Une certaine universalisation a été alors réalisée et elle s’est faite en anglais, fin de partie.

Mais dès le début du XXIe siècle, on a vu s’amorcer une nouvelle phase qui n’est plus celle de l’unification du monde sous l’égide de l’Amérique et selon ses principes. La Chine et la Russie selon des modes différents contestent son hégémonie ainsi que la valeur universelle du libéralisme. Et comme l’ont relevé de nombreux auteurs depuis vingt ans11En particulier Samuel P. Huntington dans « Le choc des Civilisations » Ed. Odile Jacob 1997, l’envers de la mondialisation, à savoir l’affirmation, la réinvention, le durcissement d’identités locales marque de plus en plus la politique internationale pendant que s’estompe l’utopie d’un monde post-national. L’idée de la prééminence quasi-ontologique de la civilisation occidentale, sa prétention à l’universalité a été mise à mal. Quant au libéralisme, il est attaqué de l’extérieur mais aussi de l’intérieur du fait des transferts d’emploi causés par la mondialisation et de la crise migratoire qui vient de commencer en Europe: après les biens, les capitaux et les informations, un « quatrième pilier » s’est invité de lui-même dans la grande mobilité de la mondialisation, les hommes et face à cette « révolution migratoire », une contre-révolution s’organise12Ce phénomène est analysé et justement qualifié de révolutionnaire par Ivan Krastev dans Le Destin de l’Europe, Ed. Premier parallèle, 2017.

Entre le début de la conquête du monde par l’Europe au XVe S. et la fin du XXe S. il y avait eu quelques impérialismes qui entendaient faire reconnaître la supériorité de leur religion, de leur culture et de leur langue et puis des parlers divers qui bénéficiaient d’une reconnaissance en gros proportionnelle à la puissance de leurs armées. Autrement dit ils jouaient en deuxième division voire, s’agissant des colonisés, en troisième. La France a eu son rêve impérial après l’Espagne et avant la Grande-Bretagne. L’hegemon est aujourd’hui plus global et plus profond13Pour une analyse de l’hegemon et de son évolution depuis le XIXe S. voir Jean-Pierre Chevènement, « L’Europe sortie de l’Histoire? », Fayard 2013. Il y a désormais le monde globalisé en anglais et les autres.

La ligne de partage n’est pas seulement linguistique, ni seulement géographique. Il y a un monde en anglais qui n’est pas propre aux anglophones. C’est celui de la science et de la technique, de la culture juridique du contrat, de la quantification à tout crin qui après la technique et l’économie investit la « gouvernance », de la mondialisation économique et financière, des élites connectées en permanence qui sautent d’avion en TGV, de l’informatique, de la numérisation illimitée14Cf. Isabelle Sorrente « Addiction Générale » J-C Lattès 2011.

C’est celui de la prééminence absolue de l’individu et des droits humains , de la culture gay . C’est aussi le monde du divertissement, du marketing et du shopping, des addictions physiques et électroniques, des réseaux sociaux et de leurs sabirs. C’est le monde du tourisme devenu la première activité mondiale par son chiffre d’affaires, des organisations internationales, des ONG « sans frontières », de « l’art contemporain », de la musique »jeune », de tout ce qui préfère le futur à la tradition, l’individu au groupe, la légèreté à la gravité15Voir à ce sujet les ouvrages de Philippe Muray, en particulier Festivus, Festivus, conversations avec E. Levy, Fayard, 2005et permet de dégager des montagnes de profits. La culture y prend la forme « des industries culturelles » et le pluralisme linguistique n’y représente qu’un obstacle à la communication. C’est notre modernité.

Il n’y a pas de frontière étanche, ni géographique, ni sociologique entre ce monde « anglobalisé « et les autres. Même ceux qu’on appelle « les oubliés de la mondialisation » ou « les gens de quelque part » sont touchés, non seulement par les répercussions économiques et écologiques de la mondialisation mais aussi par ses images, ils utilisent ses smartphones. Peter Sloterdijk compare la situation actuelle de coexistence des cultures et du monde anglo-mondialisé à un delta16Peter Sloterdijk, « Après nous le Déluge ». Payot 2016 : « Qu’elles aient mis des siècles à se développer ou qu’elles aient été improvisées la veille, les cultures du delta prises isolément sont perceptibles comme des affluents plus ou moins inertes et à deux doigts de se déverser dans l’océan de la civilisation mondiale homogénéïsée-diversifiée.(..)Delta et océan sont devenus indissociables. »

Dans ce delta circulent des langues exprimant des cultures. Elles ont en commun d’attacher une valeur à la transmission par opposition à la « tendance anti-généalogique » du monde globalisé qui ne reconnaît de valeur qu’à l’innovation, au futur et à la jeunesse. Leurs techniques de production, d’échange, sont peu à peu mises à l’écart ou fondues dans un courant principal, celui de la quantification et de l’industrialisation, lequel débouche aujourd’hui sur le réseau illimité de la numérisation. Dans la sphère de la technique et de l’économie, le monde « anglobalisé » n’a pas de rival. C’est selon ses techniques et ses normes que se bâtit actuellement la puissance industrielle de la Chine, pas sur les techniques traditionnelles de celle-ci. En bonne logique utilitariste, les cultures et les langues devraient avoir la politesse de s’effacer pour permettre à la globalisation de l’économie de déployer plus vite et plus complètement ses bienfaits. Dans tous les domaines évoqués plus haut, l’anglais, s’il n’est pas encore partout hégémonique, progresse. L’informatique étant en anglais, la robotisation du travail et la numérisation de la vie quotidienne vont encore accélérer le mouvement. L’intensification du capitalisme également qui transforme en valeurs marchandes nos goûts, nos appartements et nos voitures.

On voit dès lors se dessiner en creux le territoire d’où les langues et les cultures ne pourront être expulsées: c’est celui du non quantifiable, du non numérisable, autrement dit de ce qui ne peut être vendu ( ce qui ne sert à rien) et de ce que les machines ne feront jamais: l’art, la métaphysique, la politique dans son sens le plus large de négociation des passions et des conflits. Toutes choses superflues et irrationnelles diront certains, d’ailleurs si Dieu a créé les langues, c’était bien pour rendre impossible un projet de construction17Genèse 11:1-9; la Tour de Babel.

On se permettra de les contredire en rappelant brièvement que l’avènement d’un « meilleur des mondes » est, à l’horizon d’une ou deux générations, une hypothèse sérieuse. Il suffit d’ouvrir le journal pour y trouver des indications que la crise climatique, l’explosion démographique de l’Afrique, la destruction massive des emplois par l’automatisation et enfin les technologies de la manipulation du vivant vont déclencher une série de chocs inimaginables. Des propositions de salut totalitaire seront alors formulées et elles seront sans doute largement acceptées. Imagine-t-on que le tout- à- l’ego comme dit joliment Régis Debray de la civilisation « anglobale » fournira un quelconque appui pour résister au totalitarisme? Si quelques-uns parviennent à l’écarter ou du moins à le combattre c’est parce qu’on leur aura transmis ce non-quantifiable que Simone Weil appelait « les nourritures de l’âme ».

Une perspective encore plus rapprochée et guère plus réjouissante est que la phagocytose de la langue française aboutisse à la disparition de sa culture- sauf naturellement sous la forme d’un folklore consommable- celle-là même dont Léon Werth disait en 1940: « Je tiens à une civilisation de la France, je n’ai pas d’autre façon de m’habiller, je ne peux pas sortir tout nu »18Cité par Alain Finkielkraut dans l’émission de France 5 La grande Librairie le 26 octobre 2017. Et Michel Henry rappelait qu’une culture se reconnaît à ce qu’elle crée de la beauté qui est, écrit-il, « une condition intérieure de la vie, sécrétée et voulue par elle » et sans elle, « ce sont toutes ses valeurs qui chancellent, non seulement l’esthétique mais aussi l’éthique, le sacré, et avec eux la possibilité de vivre chaque jour »19Michel Henry, « La Barbarie ». Grasset 1987.

Nous savons aussi que les cultures – sans même parler de leurs grimaçantes réinventions modernistes que sont les intégrismes- peuvent être aussi les gardiennes de coutumes exécrables, étouffer les individus, opprimer les femmes et développer les germes de nationalismes belliqueux. Dans l’arène politique contemporaine, le camp de la tradition est souvent aussi celui des peurs, de l’égoïsme, du nationalisme.

Et de fait, les deux mondes que nous venons de distinguer semblent se superposer à la nouvelle division du champ politique: on aurait d’un côté le progressisme à tendance anglophone et de l’autre le conservatisme bataillant contre la corruption allogène. Cette catégorisation est pourtant problématique. Elle est inadmissible pour ceux qui tiennent le français pour la langue des Lumières et des Droits de l’homme et le héraut de la diversité culturelle face à l’hydre anglophone. Et elle l’est tout autant pour ceux qui en défendant l’intégrité de la langue ont le sentiment de lutter contre l’aliénation et pour l’émancipation. Son aspect bancal ne fait que refléter la difficulté qu’ont les oppositions binaires structurant la vie politique à coïncider avec la réalité du monde, surtout lorsque celui-ci est en mutation rapide.

On lui préfèrera le « en même temps » macronien qui ne fait pas semblant de nier les contradictions. Dans le champ qui nous occupe il pourrait se formuler ainsi: tout en s’inscrivant sans réticence dans le mouvement de la mondialisation avec son véhicule linguistique l’anglais, on peut aussi défendre la langue française en France et tirer avantage de sa position particulière dans la géopolitique des langues.

C’est en France que le français a besoin d’être défendu

Le premier pas serait donc de rendre à César ce qui est à César et ne pas chercher à concurrencer l’anglais sur son, il est vrai très vaste, terrain. Dans la réalité, ce principe, malgré d’ épisodiques protestations vertueuses, est déjà largement appliqué. Sa reconnaissance ne ferait donc pas reculer l’usage du français mais permettrait de clarifier nos idées en vue d’une meilleure allocation des moyens destinés à le soutenir. Ainsi l’attractivité du territoire, le tourisme, appartiennent à l’anglais (ou à la langue du client). Mais pouvez-vous le redire en français?Je m’exécutai et entendis à la fin un soupir de satisfaction autour de la table. Croit-on qu’un français qui ne serait plus le français continuera à fasciner ainsi?

Par soumission coloniale ou par économisme obtus on peut se résigner à la phagocytose du français par l’anglais. Mais si l’État choisissait de résister, il disposerait de deux instruments, l’audio-visuel public et l’ école. On pourrait imaginer auprès de l’audio-visuel public un « médiateur de la langue » qui rappellerait les journalistes au bon usage du français, mais quel homme politique osera imposer une si grincheuse limitation à la liberté d’expression?

La bataille principale est naturellement à mener à l’école. C’est là que peut être réouverte la « source latine » et que l’on donnera aux enfants cet accès à la littérature qui seul leur fera aimer cette langue de façon à ce qu’ils sentent d’eux-mêmes la différence entre les innovations qui l’enrichissent et celles qui la mutilent. Et naturellement, il ne faudrait pas céder à l’hubris néo-féministe qui au nom de considérations morales voudrait rectifier le français en une sorte de langage administratif.

Une politique réaliste de la langue devrait ensuite se soucier de rendre tous les enfants plurilingues, étant entendu que le globish ne participe pas du plurilinguisme mais des connaissances techniques de base. Autant de langues tu connais, autant d’hommes tu es, dit le proverbe russe. Dommage pour les enfants américains qui pour 59% d’entre eux n’apprennent aucune langue étrangère dans l’enseignement public. Mais il s’agit aussi d’autre chose. De même que le contact par écrans interposés ne permet pas l’échange des regards, fondement de l’humanisation et activateur des neurones de l’empathie, de même la communication en anglobal gomme les aspérités, les différends, est fondamentalement anti-politique. Pour reprendre un exemple célèbre, la résolution 242 de l’ONU de 1967 exigeait en français le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés (on comprend de tous les territoires occupés) et en anglais from occupied territories ( de certains? de tous?). Il serait stupide d’accuser l’anglais d’être intrinsèquement imprécis. Mais son statut d’idiome universel le conduit à pencher du côté du plus petit dénominateur commun, du lisse, de l’irénique. C’est la langue du multilatéral hors sol, des objectifs grandioses. A l’opposé, un monde multipolaire, où les problèmes concrets se règlent entre puissances qui se respectent, ne peut se concevoir que si les peuples ou du moins leurs élites connaissent suffisamment de langues étrangères pour entendre ce que disent les autres dans leur langue. Outre la confiance ou du moins le début d’intimité que cela permet d’instaurer, outre le respect dont on témoigne ainsi, c’est aussi la meilleure façon de comprendre vraiment ce que veulent et pensent les partenaires.

Cela étant fait, on pourra s’intéresser, sans arrogance ni fausse humilité au rôle que le français joue ou pourrait jouer dans le monde.

L’Afrique francophone

La question du français en Afrique francophone, notre voisin du sud, une des zones les plus pauvres de la planète et le coeur de notre ancien empire colonial, est inséparable de celle de l’éducation. Chacun s’accorde, à l’exception de quelques furieux, à reconnaître que l’éducation est une clef essentielle du développement. C’était un des « Objectifs du Millénaire pour le Développement », c’est aujourd’hui un des « Objectifs de Développement Durable », c’est l’objet du « Partenariat Mondial pour l’Education ». Quand cette question a été portée dans les années 90 en tête des préoccupations des bailleurs d’aide, on s’est soucié avant tout de massification et assez peu de la langue d’enseignement. Il allait de soi que ce serait l’ancienne langue coloniale devenue la ou l’une des langues officielles en Afrique subsaharienne. Depuis, certains ont relevé qu’une alphabétisation dans une langue autre que la langue maternelle pouvait présenter des difficultés et que, dans le Sahel, les écoles coraniques qui délivrent en arabe un enseignement de qualité discutable ont une grande popularité auprès des parents. Un mouvement s’est alors dessiné en faveur de l’apprentissage en langue locale20Pour une critique argumentée de cette proposition voir Yves Lepesqueur, « De l’éminente dignité du consommateur… et de sa langue » dans la revue l’Atelier du Roman n° 84, décembre 2015.. Idée qui fait écho à la vieille question de l’arabisation de l’enseignement au Maghreb, laquelle s’est elle-même récemment subdivisée avec la proposition de substituer l’arabe dialectal à l’arabe classique.

Enseigner en langue locale, oui mais laquelle? L’Afrique est par excellence le continent du plurilinguisme. Au sud du Sahara, chacun maîtrise au moins une langue vernaculaire, souvent une des grandes langues de communication comme le haoussa ou l’igbo et, dans des proportions variables l’une des trois langues coloniales. Enseignera-t-on dans chacun des 500 idiomes recensés au Nigeria? Non, puisque la plupart ne sont pas écrits. Ce sera donc souvent dans une autre langue que la langue maternelle. Et faut-il ou ne faut-il pas veiller avant tout, en zone francophone, à l’apprentissage du français qui offre par ses oeuvres et ses universités un accès au monde moderne qu’aucune langue africaine ne peut concurrencer? Ou pour le dire autrement: peut-on et doit-on faire aux petits Africains ce qu’on a fait aux petits Bretons et aux petits Auvergnats entre la fin du XIXe Siècle et le début du XXe?

Ces remarques et ces questions n’ont pour but que d’indiquer que la question du français devrait être abordée avec le même sérieux et le même investissement que les paramètres quantitatifs traités par l’économie de l’éducation, et sans arrières-pensées: si l’existence d’un groupe des « pays du champ »21Ainsi désignait-on nos anciennes colonies bénéficiaires de l’aide du ministère de la coopération jusqu’à la disparition de celui-ci en 1998 a été un des atouts de la puissance française, ce n’est plus vrai aujourd’hui. Ils représentent pour nous une responsabilité comme l’a montré l’intervention française au Mali effectuée avec la bénédiction de la communauté internationale mais quasiment sans son aide. Et aussi un ensemble de problèmes: problème d’intégration des immigrés d’origine africaine, problème d’une immigration croissante entraînant la dislocation de la solidarité européenne, et problème conjoint de sécurité avec l’extension du radicalisme islamique au Sahel. Notre intérêt primordial n’est pas que l’Afrique parle français, c’est qu’elle s’en sorte: qu’elle effectue sa transition démographique, qu’elle s’industrialise, que des classes moyennes prennent le pouvoir, que la corruption soit éradiquée.

L’Organisation Internationale de la Francophonie annonce que le monde comptera 750 millions de francophones en 2050, principalement en Afrique, comme une perspective radieuse pour la langue française. Outre que cette projection n’a pas de sens22Pour une analyse critique de la projection des 750 millions de francophones en 2050, voir Pilhion et Poletti, op. cit, elle semble se réjouir de la dramatique explosion démographique de l’Afrique. Une politique réaliste ne se bercerait pas de ces illusoires perspectives de gloire renouvelée pour le français, elle chercherait simplement à permettre à l’Afrique dite francophone de tirer le meilleur parti possible de cette meilleure part de l’héritage colonial qu’est le français.

L’internationale des francophones: un défi à l’utilitarisme

Que reste-t-il au français hors de l’espace francophone? Pour reprendre la comparaison de Régis Debray, ce qui restait au grec sous l’empire romain: la distinction, la culture, l’art de vivre. Il suffit de poser la question aux centaines de milliers de personnes qui paient pour apprendre le français de par le monde dans les Alliances françaises ou les Instituts français pour le savoir. C’est aussi la clef de la réussite des écoles françaises à l’étranger aux frais d’écolage souvent élevés. Le français, dans de nombreuses régions du monde où il n’a jamais régné en maître, ne se porte pas si mal. Et ces succès ne doivent rien à une propagande maladroite qui n’a eu de cesse de vouloir « dépoussiérer l’image du français » et de promouvoir contre toute évidence son utilité économique. Un seul groupe français international français, Michelin, a une politique de valorisation du français23Dans son allocution lors de sa visite au siège de cette entreprise le 26 janvier, le président Macron n’en a fait aucune mention. Personne apparemment n’avait jugé cela suffisamment important pour l’en informer.. Les autres ne s’intéressent qu’aux compétences en anglais de leurs recrues.

Les francophones que l’on rencontre à l’étranger se caractérisent par une curiosité intellectuelle au-dessus de la moyenne. Le désir de français est un désir de culture , de beauté, d’élégance et de bien-vivre comme le désir d’espagnol est un désir de soleil et de salsa. C’est un désir ténu et indestructible. Tant du moins que la France, c’est-à-dire sa langue, ses paysages et ses oeuvres, continuera à susciter ce désir. Rendons leur beauté visible à l’étranger. Et abandonnons l’idée que seule l’innovation radicale, la « jeune création » fût-elle en anglais, doivent bénéficier du soutien public à l’exportation. L’abandon par l’Institut Français de la chanson de texte, cette forme de poésie qu’adorent les francophones du monde entier est un scandale.

Mais l’essentiel est que tous ceux qui veulent apprendre le français puissent le faire dans de bonnes conditions. La demande n’est pas si considérable qu’on ne puisse trouver les moyens de soutenir une offre de langue française partout où celle-là existe24Voir in Pilhion et Poletti, op. cit. les propositions conclusives.. Encore faudrait-il considérer que ce défi à l’utilitarisme qu’est l’apprentissage du français n’est pas un luxe désuet.

Une politique réaliste de la langue, ce serait enfin considérer que nous disposons avec le français, pour peu que nous voulions nous en servir, d’un outil diplomatique incomparable. Il pourrait être utilisé d’abord dans nos relations avec la Russie.

La Russie

Un conflit de basse intensité est engagé entre l’Empire américain et la Russie. Chaque jour alimente la chronique d’une escalade qui, sauf dans le Donbass et en Syrie, demeure pour l’instant non-violente. La France et l’Europe ont suivi jusqu’ici fidèlement les positions du grand frère américain. Elles auraient pourtant de fortes raisons de s’en démarquer. La Russie est notre voisin, pas celui des Etats-Unis. C’est l’économie de l’Europe qui est affectée par le jeu des sanctions et c’est sur le territoire de l’Europe que se déroulerait une éventuelle guerre.

Mais il n’est pas besoin d’envisager une telle extrémité pour comprendre combien ce conflit est dommageable pour l’Europe. Il ressuscite la fracture qui avait isolé de 1917 à 1990 la Russie de sa matrice européenne et qu’on croyait enfin résorbée. La Russie est l’extension orientale de l’Europe comme l’Amérique en est l’extension occidentale. Ayant entamé leur développement à peu près en même temps, avec toutefois le handicap d’un passé féodal pour la Russie, l’un et l’autre pays avaient des niveaux culturels, sinon économiques, comparables à la fin du XIXe siècle. Il suffit de citer les noms de Tchaïkovski, Tolstoi ou Mendeleiev pour s’en convaincre. Une différence qui devrait retenir notre attention est que la langue internationale par laquelle la Russie s’abreuvait aux sources européennes était le français, connu de toute la population éduquée et dont l’enseignement était obligatoire. Pendant le quart de siècle de l’alliance franco-russe (1892- 1917) les deux pays ont connu une remarquable intimité. Ce n’était alors pas le jazz qui mettait Paris en ébullition mais les ballets russes. Que seraient aujourd’hui l’Amérique et l’Europe s’ils n’avaient vécu tout au long du XXe S. dans un échange culturel permanent? Et que seraient la Russie et l’Europe s’ils n’avaient pas été séparés par le suicide de 1917?

L’escalade actuelle laisse se développer, au lieu d’un dialogue fécond entre les deux branches d’une même civilisation, l’aigreur des familles désunies. Pendant qu’en Europe occidentale l’Empire américain substitue gaiement ses moeurs protestantes, exaltant l’individu et ses droits, aux traditions catholiques plus conservatrices, à l’est l’église orthodoxe connaît un renouveau de popularité sans le moindre aggiornamento doctrinal et célèbre la famille et la patrie. Si par malheur un affrontement doit dégénérer entre l’occident et la Russie, les machines de propagande sont déjà prêtes pour informer de la dépravation décadente des uns et de l’obscurantisme barbare des autres.

Voulons-nous en sortir? Sans doute pas pour l’instant. Il est, ces jours-ci, mal venu de ne pas s’associer à la diabolisation de la Russie et si d’aventure on fait part de quelque compréhension à son égard on est vite traité de suppôt de Poutine ou, guère plus gracieusement, d’idiot utile. On peut toutefois anticiper une évolution, qu’elle soit due à un nouvel isolationnisme américain ou à la perception d’une menace chinoise qui conduirait l’Europe à retrouver une vision plus indépendante et plus ouverte de ses relations avec la Russie. Si alors l’objectif n’est pas seulement de désamorcer les tensions mais de bâtir ensemble une perspective européenne commune, il faudra trouver un terrain d’égalité entre les partenaires- sans lequel il n’y a pas de véritable dialogue- et ce ne sera ni l’économie, ni la technique, mais la culture.

Une diplomatie française de la langue et de la culture aurait alors un rôle particulier à jouer compte-tenu d’une tradition qui a perduré plus de deux siècles: jusqu’à sa disparition l’Union Soviétique a maintenu pour le français un quota de 20% dans l’enseignement des langues étrangères. Parce que Victor Hugo et Alexandre Dumas étaient français et que ces noms résonnent toujours en Russie, nous sommes les mieux placés pour aider les Russes à dépasser leurs méfiances, à trouver le chemin de l’Europe et le goût de la liberté. L‘alliance de 1892 entre la jeune république française et l’empire autocratique russe était encore moins évidente que ne le serait un rapprochement aujourd’hui. Pourtant la Marseillaise, chant révolutionnaire jusqu’alors interdit en Russie, a été jouée à Saint-Pétersbourg et avec l’aide de la France la Russie s’est modernisée d’une façon extraordinaire en trois décennies.

Les objections comme la liberté du choix des langues ou « les moyens » ne tiennent pas face un tel enjeu. Rien n’interdit de développer par un accord croisé l’offre de français et de russe dans nos enseignements publics respectifs. Et rien n’interdit de renoncer à une universalité de plus en plus squelettique de notre réseau culturel (ou de le repenser dans une logique européenne) pour concentrer nos moyens là où leur redéploiement aurait une véritable efficacité politique.

On mentionnera pour finir le probable renouvellement de la question du plurilinguisme au sein de l’UE. Après le Brexit elle ne comptera plus aucun pays officiellement anglophone25La langue officielle de l’Irlande est le gaélique, celle de Malte, le maltais. alors que, hors Parlement, ses institutions sont, en dépit des traités, devenues presque totalement anglophones. Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour proposer un renforcement de l’apprentissage des grandes langues européennes? La France et l’Allemagne qui après-guerre ont réussi leur rapprochement sur tous les plans sauf sur celui des langues pourraient donner l’exemple. A moins que l’on ne décide de s’en tenir à une langue qui n’est la langue de personne…sauf celle du parrain américain.

Jacques Sirota, pour les-crises.fr, 20-03-2018

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1. Claude Hagège, « Contre la Pensée unique », Odile Jacob 2012
2. Claude Duneton, « La mort du français », Plon 1999
3. Alain Borer, »De quel Amour blessée, Réflexions dur la langue française, Gallimard 2014
4. Alain Supiot, « La Gouvernance par les Nombres » Fayard 2015
5. Régis Debray, « Civilisations. Comment nous sommes devenus américains » Gallimard 2017
6. Alain Borer a créé le mot angolais pour désigner un anglais petit-nègre constitué de mots d’apparence anglo-saxonne. Il le distingue du globish (le 800 mots de l’anglais de l’échange international et de l’anglobal, langue de l’hégémonie qui se substitue aux autres langues.
7. Zbigniew Brzezinski, « Le Grand Échiquier l’Amérique et le reste du monde », 1997, Ed. Pluriel
8. Cf « Le Souci de la Grandeur » d’Antoine Compagnon, réponse à Daniel Morrison « Que reste-t-il de la culture française? » Denoël 2008
9. Cf. le « Nouveau Discours sur l’Universalité de la Langue Française » de Thierry de Beaucé, Gallimard, 1988. T. de Beaucé fut secrétaire d’ État aux relations culturelles extérieures et le seul titulaire de ce poste qui disparut après lui
10. Pour une présentation exhaustive et critique de la situation de la langue française dans le monde et de la politique linguistique de la France voir « …et le monde parlera français » de Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, 2017 dont le titre, nous assurent les auteurs «n’est pas à prendre au premier degré »
11. En particulier Samuel P. Huntington dans « Le choc des Civilisations » Ed. Odile Jacob 1997
12. Ce phénomène est analysé et justement qualifié de révolutionnaire par Ivan Krastev dans Le Destin de l’Europe, Ed. Premier parallèle, 2017
13. Pour une analyse de l’hegemon et de son évolution depuis le XIXe S. voir Jean-Pierre Chevènement, « L’Europe sortie de l’Histoire? », Fayard 2013
14. Cf. Isabelle Sorrente « Addiction Générale » J-C Lattès 2011
15. Voir à ce sujet les ouvrages de Philippe Muray, en particulier Festivus, Festivus, conversations avec E. Levy, Fayard, 2005
16. Peter Sloterdijk, « Après nous le Déluge ». Payot 2016
17. Genèse 11:1-9; la Tour de Babel
18. Cité par Alain Finkielkraut dans l’émission de France 5 La grande Librairie le 26 octobre 2017
19. Michel Henry, « La Barbarie ». Grasset 1987
20. Pour une critique argumentée de cette proposition voir Yves Lepesqueur, « De l’éminente dignité du consommateur… et de sa langue » dans la revue l’Atelier du Roman n° 84, décembre 2015.
21. Ainsi désignait-on nos anciennes colonies bénéficiaires de l’aide du ministère de la coopération jusqu’à la disparition de celui-ci en 1998
22. Pour une analyse critique de la projection des 750 millions de francophones en 2050, voir Pilhion et Poletti, op. cit
23. Dans son allocution lors de sa visite au siège de cette entreprise le 26 janvier, le président Macron n’en a fait aucune mention. Personne apparemment n’avait jugé cela suffisamment important pour l’en informer.
24. Voir in Pilhion et Poletti, op. cit. les propositions conclusives.
25. La langue officielle de l’Irlande est le gaélique, celle de Malte, le maltais.

Commentaire recommandé

Duracuir // 21.03.2018 à 07h00

Ok, ce matin j’ai un brunch juste avant un brainstorm avec d’autres executives on va faire un benchmark des process linguistiques pour upgrader notre taskforce d’optimisation de la langue Française.

35 réactions et commentaires

  • KafK // 21.03.2018 à 06h25

    Do you speak Macron ?
    http://videos.huffingtonpost.fr/video/emmanuel-macron/v00umv
    Aussi crédible dans son rôle de représentant de la francophonie que dans celui de président de tous les français.

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  • Kiwixar // 21.03.2018 à 06h56

    “Car les valeurs « américaines », quelles que soient les critiques que l’on peut formuler sur l’une ou l’autre, se rangent sous un nom auquel nous sommes farouchement attachés: la liberté.”

    Un renard libre dans un poulailler libre. Un nazi libre dans un camp de travail libre, car “le travail rend libre”. Un alpha libre régnant sur des autres lettres programmées pour aimer librement leur travail.

    Des humains tous libres, car il suffit de ne pas qualifier “humains” ceux (gueux, vieux, inutiles, chômeurs, mâles blancs hétérosexuels) qui sont gênants ou pas rentables. Un fork dans l’espèce humaine, permettant le plein retour de la force animale (“esclavage”) pour remplacer les hydrocarbures devenus trop rares.

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  • Duracuir // 21.03.2018 à 07h00

    Ok, ce matin j’ai un brunch juste avant un brainstorm avec d’autres executives on va faire un benchmark des process linguistiques pour upgrader notre taskforce d’optimisation de la langue Française.

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  • Fritz // 21.03.2018 à 07h11

    « Nous sommes fondamentalement d’accord avec le postulat énoncé par Zbigniev (sic) Brzezinski que l’hégémonie américaine est la condition du bonheur des peuples. Car les valeurs “américaines” […] se rangent sous un nom auquel nous sommes farouchement attachés : la liberté. » Humm…

    « nous savons aussi que les diverses formes d’étatisation qui se proposent pour le remplacer (= le capitalisme) nous mèneraient au désastre immédiat comme elles l’ont fait hier en URSS et aujourd’hui au Vénézuéla. » Humm… Humm…

    Avec de tels défenseurs de la langue française, l’anglomanie a encore de beaux jours devant elle.

    Pour ma part, j’infléchirais les propos de M. Sirota. La source de notre langue n’est pas seulement latine, mais aussi celtique et francique. Connaître un dialecte français (d’oc ou d’oïl) aide à enraciner notre langue qui est trop souvent “hors sol”, comme le déplorait Claude Duneton. Et arrêtons de vanter l’universalité du français : ce chauvinisme bavard n’est que l’envers de notre capitulation devant le globish.

    Enfin, je propose de transformer l’Académie française en maison de retraite… Zut, c’est déjà fait.

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  • Rolland // 21.03.2018 à 07h48

    Trop d’aplomb propagandeux à évoquer l’égalitarisme intracatastrophique (URSS, Venezuela etc) par quoi le désastre radical capitaliste en devient raisonnable, acceptable. Toujours la même erreur, juger un phénomène neuf, qui n’est pas en place et que toutes les forces combattent, sur son échec provoqué par le combat irrégulier. Cuba eh oui avec ces errements, avec sa dictature, est une extraordinaire aventure dans l’adversité d’une autarcie quasi-totale, à 2 pas des States pendant 50 ans. Demain ça sera la jungle comme en Russie actuelle, comme bientôt et on nous y prépare en Europe occidentale: plus de services publics, plus d’accès à la santé, plus d’éducation, juste la loi du plus fort: l’Amérique mais plus seulement en images, mais en chair et surtout avec beaucoup d’os.

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  • Canal de Provence // 21.03.2018 à 08h08

    « Entre les deux aspirations contradictoires qui nous ont été léguées par le Siècle des Lumières, la liberté et l’égalité, le fléau a jusqu’ici penché en Europe occidentale vers la liberté. L’Europe orientale et la Russie ont eu l’égalité et elles ne s’en sont pas bien portées. Les Français aiment bien les idéologies radicales mais quand ils ont eu à choisir en vrai entre le libéralisme de Macron et les coups de menton de sa concurrente, ils n’ont pas hésité. » : Macron = libéralisme, soit ; mais Le Pen = égalité, c’est pour rire ? ou, par rhétorique douteuse, comment l’auteur en vient à comparer égalité et communisme, communisme et fascisme, et donc égalité = fascisme.

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  • Sara // 21.03.2018 à 08h09

    La diffusion du Français dans le monde en est arrivée à une phase, si ce n’est de mort, du moins de profonde léthargie.
    Le réseau des Instituts Français est pathétique, reposant essentiellement sur des stagiaires, quelques apparachiks et “exceptions culturelles”. Celui des Alliances Françaises ne vaut guère mieux, plongé dans une vaine recherche de rentabilité, notamment à travers la vente excessive de tests et d’examens inutiles sur le modèle anglosaxon.
    Les ambassades quant à elles délaissent les subventions culturelles pour leur préférer les “partenariats” et le “sponsoring” ; lorsqu’elles participent, c’est pour financer le projet de quelques amis bien placés, souvent épris d’art contemporain sans grand rapport avec la langue ou la culture française (ou avec l’art, d’ailleurs).

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    • Sara // 21.03.2018 à 08h15

      L’enseignant de Français à l’étranger devrait être au coeur de la Francophonie, dans la mesure où il est le principal vecteur aussi bien de la langue que de la culture – chargé de partager la langue avec les étudiants, mais aussi d’organiser manifestations et événements culturels. Ce métier est pourtant déconsidéré, là encore sur le modèle anglosaxon qui estime que n’importe quel natif est apte à enseigner sa langue. Les salaires en monnaie locale sont dérisoires, n’ouvrent droit ni à la retraite ou ni au chômage, et les contrats proposés sont précaires au possible – sans oublier que le droit et le code du travail n’est pas aussi avancé à l’étranger qu’en France.

      Voilà la Francophonie actuelle, placée sous le signe du Business (France). L’analyse de l’article est intéressante, mais à mon sens, bien inutile. L’état de décomposition avancé du Français à l’international tient à la recherche d’économies des gouvernements successifs, rendu possible par le sentiment des pseudo-élites d’appartenir à leur propre culture mondialisée. Ajoutez à cela la xénophobie (anti Russe, anti Afrique), la myopie, l’avarice et l’élitisme des dirigeants, aux antipodes de l’ouverture nécessaire à la rencontre de l’autre permettant l’échange et la diffusion de sa langue et culture, et la situation est claire.

      Pas besoin de longs discours ou de monologues pour changer la situation, il suffit d’investir dans l’humain comme c’était le cas auparavant. Rétribuez les enseignants, aidez la culture populaire, et surtout, que la France montre un visage ouvert et tolérant qui sera le bienvenue à l’étranger.

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      • Yannis // 21.03.2018 à 15h06

        Absolument, connaissant bien le terrain je ne peux qu’abonder dans votre sens. J’ajouterai que l’aspect humain et interculturel, une motivation indispensable et pour laquelle la plupart des enseignants de FLE partent l’étranger malgré des salaires de misère, est de plus en plus dénigré dans les nouvelles méthodes, plates intellectuellement et sans saveurs, avec la fuite en avant vers le tout virtuel. La pensée binaire, l’acte et la parole commerciale, le clic et les gadgets numériques étant les clef de voûte des nouvelles pédagogies qui délaissent de plus en plus ce qui a fait la valeur universelle de la culture française : la pensée critique. Mais tout cela entre dans la logique du “tout à l’ego” dans un monde anglobalisé (j’adore cette image).

        Le monde du FLE est devenu opaque et peu reluisant parce qu’avant tout politique et économique avant d’être éducatif et culturel.

        Ce dont on se rend compte c’est que l’enseignement du francais est avant tout un “soft power” pour nos entreprises exportatrices, souvent des multinationales bleu-blanc-rouge qui baignent dans et diffusent la pensée globale et commerciale. C’est seulement un faire valoir pour les candidats politiques pendant les élections. Donc de la communication avant tout, et très peu d’initiatives pertinentes, justes et généreuses de la part des élites qui ont arrêté de penser mais agissent sans retenue.

        Ce qui rejoint la crise actuelle de l’éducation en France !

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      • channy // 21.03.2018 à 16h37

        @ Ce métier est pourtant déconsidéré, là encore sur le modèle anglosaxon qui estime que n’importe quel natif est apte à enseigner sa langue. Les salaires en monnaie locale sont dérisoires”

        Ce système qui vous décrivez est en effet en place dans de nombreux pays d’Asie , il prend même une tournure inquiétante car il s’élargit à d autres nations dites anglophones comme les Philippines, l Inde..voir Ghana,Nigéria cela permet de les payer encore moins cher qu’un anglophone Occidental
        Par Contre les salaires excusez moi..mais ce genre de” profs” touchent environ 3à 4 fois le salaire d’un vrai professeur d’anglais “local” diplôme
        Ensuite, les professeurs de français que j’ai rencontré en Asie, étaient dans leur immense majorité totalement imbu de leur personne , leurs élèves les décrivant comme ennuyeux et arrogant

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  • Brigitte // 21.03.2018 à 09h34

    Texte qui résume bien la complexité du problème, la diversité de son approche et les contradictions à surmonter pour tenter de le résoudre.
    L’emprise de l’hegemon anglo-américain est sans commune mesure dans l’histoire, du fait de l’empilement synergique des empires anglais et américains et des révolutions technologiques de communication qui ont rendu possible leur domination (chemin de fer, automobile, communications radio puis numérique). Sans oublier l’énergie qui sous-tend ces révolutions, charbon pour l’Angleterre et pétrole pour les USA.
    Impossible donc de revenir au temps de l’hegemon français.
    Pourtant, les civilisations ne meurent jamais tout à fait et certaines sont même capables de se réactiver à différentes périodes de l’histoire, sous des formes différentes. La formule “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” s’applique aussi aux civilisations.
    Si une civilisation c’est une langue, une religion et un imaginaire, on constate que la Francophonie, comme l’Hispanité, ne sont pas mortes.

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  • Brigitte // 21.03.2018 à 10h16

    Comme le dit Sirota de façon humoristique, le désir d’Hispanité se maintient grâce au soleil et à la salsa. Il n’a aucune force économique sinon celle des migrants qui envahissent les USA et apportent leur culture et celle du tourisme. L’Amérique Latine participe donc largement.
    Si, comme le dit Sirota, le désir de francophonie est celui de l’élégance et de l’art de vivre, comment l’Afrique peut-elle y participer?
    C’est là que l’hispanité a des atouts que la francophonie n’a pas, en terme civilisationnel. D’abord, la religion. L’Amérique Latine c’est le catholicisme. L’Afrique, c’est l’islam. Donc pas le même imaginaire….ni la même culture.
    Or, comment faire vivre la francophonie sans l’Afrique, sans ses locuteurs étrangers?
    Je ne crois pas, contrairement à certains, à une francophonie française, voire étendue à la Belgique et la Suisse, qui pourrait rayonner par le seul attrait de son patrimoine national. Nous n’avons pas su le maintenir et l’UE nous donne l’estocade.
    L’Afrique est indispensable. Pas celle d’hier mais celle d’aujourd’hui et de demain.
    Autant dire mission impossible? J’ose encore espérer que non.

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    • Louis Robert // 21.03.2018 à 13h42

      Francophonie…

      Il est on ne peut plus révélateur que vous ayez oublié tout le Canada français (dont le Québec), sans parler du sud des États-Unis, etc.

      La francophonie ne s’épanouira pas à la faveur du néocolonialisme françafricain que l’on cache derrière cette feuille de vigne linguistique. Désolé, en ces temps d’éveil, personne n’est dupe.

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      • Yannis // 21.03.2018 à 15h14

        Considérer de l’Afrique = Islam illustre bien la pensée simplificatrice à l’œuvre actuellement et à tous les niveaux. Et que le fameux global village virtuel des années 90 reste encore aujourd’hui largement méconnu..

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      • Brigitte // 21.03.2018 à 20h20

        Louis Robert, révélateur de quoi?
        je n’ai pas mentionné le Québec, c’est vrai, malgré tout le bien que je pense de cette province francophone, qui nous apporte beaucoup sur le plan culturel. Le Québec lutte pour sa survie linguistique et malheureusement, nous risquons de devenir un genre de Québec européen, dans un continent majoritairement anglophone.
        Peut-être en effet que nous n’avons pas la même vision de la francophonie.
        Pour moi, ce n’est pas simplement un cercle d’amateurs de la langue française ou voulant conserver une certaine identité culturelle. C’est aussi et surtout une langue qui doit s’opposer à l’anglobalité, comme l’espagnol, le mandarin mais aussi le russe et l’arabe, qui incarnent une multipolarité civilisationnelle. C’est un combat politique, oui comme exprimé dans le titre de ce billet: Realpolitik. Tout est dit.

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        • madake // 22.03.2018 à 01h47

          @Brigitte
          Ce qui est démotivant, c’est que nos élites, censées porter bien haut, la francophonie, y sont bien moins attachées que les québecois. Il suffit d’entendre notre président s’exprimer, pour comprendre que son inclination tend plus vers la langue du business que vers celle de Molière, bien que l’une n’empêche pas l’autre.

          Du point de vue des affaires, les ambassades et consulats avaient, il n’y a pas si longtemps, sous l’égide de la DREE, des Missions Economiques, avec UbiFrance.
          Aujourd’hui elles sont “avantageusement” remplacées par des “Busine$$ France” dont le moins qu’on puisse dire, est qu’avec un tel intitulé, si elle poussent en avant la francophonie,
          c’est dans la tombe…

          On parle beaucoup de “soft power” aujourd’hui, pour ne pas dire influence, au point qu’une émission en a fait son titre. Il est vrai que la dominance culturelle passe par la fiction et les médias. Demandez à des magistrats de vous conter leurs audiences, il est rare qu’ils ne doivent reprendre des justiciables sur des “votre Honneur” dont ils affublent les juges. Cette formule, qui n’existe pas dans le droit romain est devenue une pratique courante.

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          • Brigitte // 22.03.2018 à 08h01

            je suis d’accord avec vous Madake, bien sur. Vous êtes tous à faire des constats accablants et critiquer les élites mais quand il s’agit de proposer quelque chose, alors là non, c’est ceci c’est cela…vouloir miser sur l’Afrique, c’est le retour de la Françafrique, etc…
            Bref, c’est comme pour la réforme de la SNCF. Tous à défendre les cheminots, à pleurer le service public, à dire qu’il n’y a rien à réformer, mais combien de vous aujourd’hui seront dans la rue pour essayer de faire plier le gouvernement Macron?

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  • P. Peterovich // 21.03.2018 à 10h16

    « On mentionnera pour finir le probable renouvellement de la question du plurilinguisme au sein de l’UE. Après le Brexit elle ne comptera plus aucun pays officiellement anglophone25 alors que, hors Parlement, ses institutions sont, en dépit des traités, devenues presque totalement anglophones. Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour proposer un renforcement de l’apprentissage des grandes langues européennes? »

    Deux raisons :

    – La première, parce que la caste que forme le personnel de ces institutions n’a d’yeux que pour le système mondialisé et sa langue, l’anglais…

    – La seconde, parce que le choix d’une autre langue serait nécessairement celui de l’allemand et laisserait apparaître la domination germanique dans sa nudité exposée… Avec le départ des Anglais, la population EU sera d’environ 440 millions d’habitants. L’Allemagne, c’est 82 millions de personnes, l’Autriche, 8 millions. On rajoute encore les minorités germanophones et on arrive à qqch comme 20-25 %.

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    • Mohamed ALLAMI // 21.03.2018 à 11h16

      Il faudrait un pacte latino-germanique.
      Les populations germaniques devraient apprendre une langue latine (au choix francais, espagnol ou italien) dès la primaire.
      Et les populations latines devraient apprendre l’allemand dès la primaire.
      Je suis étonné qu’avec 60 ans de construction européenne, la langue allemande soit si peu pas enseignée en France.

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      • manuel // 21.03.2018 à 22h27

        Peut-être de mauvais souvenirs, et peut-être même de mauvais présentiments (je ne sais pas comment dire souvenirs au futur).

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      • P. Peterovich // 22.03.2018 à 08h51

        A propos du pacte latino-germanique, s’il est sans doute possible d’envisager de fonctionner de cette manière au sein d’une UE débarassée des Britanniques, il n’en reste pas moins que la globalisation fait que l’anglais reste indispensable.

        Par ailleurs, en ce qui concerne la nécessité de faire apprendre à tous une deuxième langue dès l’école fondamentale, je suis plutôt dubitatif. La plupart des gens, même dans un monde globalisé, vivent dans un zone géographique restreinte. Le boulanger auvergnat, le plombier de Dordogne, le maçon établi sur la Côte d’Azur ou l’agriculteur qui exploite sa ferme dans le Languedoc n’ont pas vraiment un besoin pressant de connaître autre chose que le français. Le bi- ou plurilinguisme n’ont de sens que dans les zones frontalières ou pour certains emplois spécialisés.

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      • Charles // 22.03.2018 à 09h05

        Et pourquoi pas l’espéranto ? C’est le choix le plus rationnel dans ce contexte.
        Une langue qui n’appartient à aucun pays.
        La langue la plus facile et la plus rapide à apprendre.

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  • Louis Robert // 21.03.2018 à 10h25

    “C’est en France que le français a besoin d’être défendu”?

    Voilà bien le drame. Atteindre le stade de défendre, chez soi, sa langue maternelle, marque un repli menaçant, à vrai dire le début de la fin d’un règne.

    Une langue digne de ce nom n’a pas besoin d’être défendue, elle rayonne et ce faisant éclaire, comme rayonne la nation qui la parle et l’écrit. Une langue est aimée de par le monde parce que ceux qui la parlent et l’écrivent l’aiment. Elle règne mondialement par l’hommage que sans cesse on lui rend.

    C’est en France que, comme la France elle-même, le français a besoin de rayonner.

    Si seulement… le reste suivrait.

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    • Brigitte // 21.03.2018 à 10h49

      Louis Robert, le reste suivra si la France a une vision stratégique au plan international. Opposer à “l’anglobalité”, ce terme me plait, le terme “d’universalité” c’est se payer de mots.
      Or, avons nous les moyens économico-culturels de rayonner? NON. Nous les avons perdu les uns après les autres!!!
      Le siècle des lumières est éteint et le soleil n’est plus vraiment roi, ni sur le plan touristique ni comme source d’énergie. Nous n’aurons bientôt plus rien à exporter.
      Les français ont fait preuve d’insouciance, de légèreté, d’ignorance et d’arrogance, conduisant ce peuple soit disant fier mais plutôt crétin, à la guillotine, un mot français qui restera dans l’histoire….

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      • Louis Robert // 21.03.2018 à 13h12

        Brigitte, que de petits peuples, que de pays, qui n’ont pas les « moyens économico-culturels » de la France, débordent de vie et rayonnent! Chez eux, les lumières caressent et réconfortent, le soleil chaque jour brille et réchauffe le cœur. Ce sont havres de vie.

        Je peux aussi m’exprimer bien autrement, vous savez, dans un esprit, disons, plus terre à terre? Oublions la “vision stratégique au plan international”.

        Le problème du français, ce sont les Français. Il leur faut d’abord bien parler et écrire correctement en français. Après quoi ils doivent cesser de tenter de booster (sic) la langue française. L’utiliser en tout temps et partout suffira.

        P.S. Apprendre l’anglais langue seconde et le bien connaître (comme on fait en Chine) aidera: 1. fini de tout traduire de l’anglais, 2. disparition du snobisme consistant à constamment saupoudrer abondamment son propos de mots anglais.

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        • P’tetbenkwui // 22.03.2018 à 13h54

          “Le problème du français, ce sont les Français. Il leur faut d’abord bien parler et écrire correctement en français…/…”.

          C’est vrai quand même :

          « Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ ils ne peuvent pas avoir des postes » (Macron, Corrèze/GM&S, automne 2017).

          Une vraie symphonie ! 😋

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  • P’tetbenkwui // 21.03.2018 à 11h09

    @ Jacques Sirota

    Sacré Régis, toujours un train de retard à ce que je vois.

    Le 8 octobre 1967, Che Guevara est arrêté par les Boliviens. Le lendemain, il est exécuté. Pour certains, cela ne fait aucun doute, l’un des deux ou les deux, Debray ou Bustos (tous deux arrêtés en avril 67) a parlé, permettant l’arrestation de Guevara.
    Qui a trahi, on n’en sait encore rien à ce jour puisque les archives de l’armée bolivienne ou de la CIA à ce sujet sont restées secrètes.

    Debray est un grand donneur de leçons prétentieux (utilisé en particulier par Miterrand), mais quel homme est-il vraiment ?
    Régis Debray devrait se souvenir qu’il a collaboré avec la CIA du temps où il magouillait en Bolivie.

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  • Mohamed ALLAMI // 21.03.2018 à 11h11

    Bonjour
    le vrai ennemi de la langue française, c’est l’élitisme de la culture française. Quand les Arabes et les Anglais s’adressent aux masses via les chaines satellitaires, les programmes Youtube, etc.. les Français eux pensent s’adresser à l’élite à travers des mondanités. Ils oublient juste qu’en dehors de la France, il y a une porosité des classes sociales; les nouvelles élites mondiales sont directement issues des classes moyennes et populaires. Elles sont donc instruites et immergées dans l’anglais (ou l’arabe).
    La politique de la francophonie est tellement contreproductive, qu’elle est parvenu a faire de 3 pays francophones (Algérie, Maroc, Tunisie) dans les années 60, des pays totalement arabophones en 2018.

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    • Libraire // 21.03.2018 à 12h26

      Pour ou contre l’esprit de colonisation?
      On râle contre la colonisation linguistique et économique anglo-saxonne.
      Mais la présence du français dans le monde qui fait cocoricoter (néologisme néorural) dans ces commentaires est un résidu culturel des colonisations françaises.

      Logique que les peuples magrébins retrouvent leur langue…..leur reste a reprendre la main sur leur économie.

      Important que les jeunes des pays francophones parlent français pour mieux devenir cadres dans nos multinationales qui exploitent avec avidité les ressources de leurs pays

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  • Toubib53 // 21.03.2018 à 14h25

    Francophonie …. tout un programme !!!
    Et si tout simplement nous renvoyions tous nos journalistes radio et télé à des cours de français élémentaires …
    Leur dire que les formes interrogatives existent: ” comment vous faites” au lieu de comment faites vous ?
    Leur dire que “malgré QUE” est une faute ainsi que “palier à”
    Leur dire que pour avoir l’air d’être branché utiliser à tour de bras des anglicismes me martyrise les oreilles: “prime time”, “accès prime time” et j’en passe.

    Au sujet de la francophonie et de la langue française nous devrions prendre des cours accélérés avec nos amis du Québec véritables défenseurs de la francophonie, eux.

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  • Asghar Hassanzadeh // 21.03.2018 à 19h08

    Entretien du 21/03/2018 avec Benoît Muracciole, président de l’ONG Aser, annoncant qu’il n’hésiterait pas à saisir le Conseil d’Etat le 1er mai si Paris, mis en cause pour ses ventes d’armes à la coalition qui bombarde le Yémen, répondait négativement à sa requête.
    https://www.youtube.com/watch?v=2fRtTaj3-rE&feature=youtu.be

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  • manuel // 21.03.2018 à 21h32

    “et comme l’illustre la vague de puritanisme ” a partir de là il est inutile de continuer à lire le machisme à l’œuvre très peu pour moi.

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  • Krokodilo // 21.03.2018 à 23h05

    Bon constat, qui évite le cliché du français de plus en plus parlé en Afrique subsaharienne sans qu’on tienne compte du fait que c’est une deuxième ou troisième langue, cliché qui sert aux médias à rassurer, en évitant de pointer le recul du français face à l’anglais, dans l’UE et dans le monde (aux JO par exemple). Ils ne veulent pas non plus rappeler que la “guerre des langues”, guerre d’influence, de territoire, a existé de tous temps et sous tous les empires. Mieux vaut parler valeurs, culture, esprit de la langue, et autres grandes phrases – parfois snobs mais qui ont leur part de vérité elles aussi. Il est aussi rappelé la question de la langue d’enseignement secondaire et universitaire, l’arabisation de l’enseignement supérieur, etc. L’auteur rappelle bien mieux qu’à la télé les nombreux aspects de ce sujet complexe.

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  • Krokodilo // 21.03.2018 à 23h20

    En Russie et naguère en Union soviétique, ce n’étaient pas seulement Hugo et Dumas qui étaient connus, mais par exemple Pierre Richard, les comédies de Francis Veber. La pression américaine pour séparer l’UE du monde russophone est regrettable.
    Pour l’école, j’avais proposé une autre solution : la liberté de s’initier à deux langues étrangères de son choix, (celui des parents au primaire.) Mais ce concept de liberté est trop révolutionnaire dans un pays où on impose l’anglais de plus en plus jeune… Pour plus de détails :
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-une-reforme-de-l-enseignement-34856
    Un regret : l’auteur n’aborde pas une possibilité qui est bien plus qu’une utopie, l’espéranto, langue construite qui serait la plus adaptée comme langue-pont entre les Européens, du fait de sa neutralité, sa facilité et son origine.

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