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15.novembre.201815.11.2018 // Les Crises

Quand Emmanuel Macron veut manipuler une histoire qu’il ne connaît pas. Par Jacques Sapir

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Source : Jacques Sapir, 05-11-2018

Emmanuel Macron, dans le journal Ouest-France, a indiqué que la période actuelle ressemblerait aux années trente (1). Comparaison n’est pas raison, on le sait. Et l’on voit bien ce qui boite dans cette comparaison, par ailleurs.

La période actuelle ne vient pas après une guerre terrible, celle de 1914-1918, qui fit des millions de morts, et qui — de plus — fit entrer la violence de masse dans les sociétés européennes. Cette guerre, et surtout les traités qui suivirent, avaient laissé de profondes rancœurs dans de nombreux pays. L’impact de cette guerre est capital pour comprendre la montée de mouvements qui n’étaient pas seulement nationalistes (et ce qualificatif ne même convient pas pour définir le nazisme allemand (2)) mais qui portaient en eux des méthodes (groupes de combat, organisation centralisée des diverses classes d’âge) et une idéologie nouvelle.

Car, que ce soit le fascisme italien ou le nazisme allemand (et l’on peut étendre cela au communisme soviétique) avaient pour objectif de créer un « homme nouveau ». A cela, le nazisme ajoute un racisme et un antisémitisme obsessionnel qui imprègne toutes ses actions (3). Rien de tel dans les mouvements actuels que l’on appelle, à tort ou à raison, « populistes » et que l’on qualifie, sans beaucoup d’analyse ou de preuves, de nationalistes. La méthode est claire. Se servir d’un passé terrible pour discréditer des adversaires politiques. Alors, Emmanuel Macron est-il coupable d’une manipulation de l’histoire?

Le rôle de la crise économique

La crise de 1929, cependant, a aussi joué un rôle évident, et ce même si le fascisme italien était déjà installé, dans l’arrivée au pouvoir du nazisme en Allemagne. Alors, le Président français a-t-il raison d’agiter le spectre des « années trente » car il est vrai que nous vivons après une crise importante? Mais, ce spectre, ne l’agite-t-il pas pour justifier des politiques désastreuses?

Car les années trente ne sont pas seulement celles de la montée des mouvements totalitaires. Ce qui est aussi vrai est que la période des années 1930 a joué un rôle décisif dans la maturation des réflexions sur ce que devait être un système international monétaire et commercial. On doit se souvenir que les leçons que Keynes avait tirées des années 1930 allaient dans trois directions (4).

Keynes avait déduit à juste titre des processus du début des années 1930 l’importance capitale de l’alimentation en liquidité du système international. Ceci l’avait renforcé dans son opposition à toute forme d’étalon-or. De fait, aujourd’hui, c’est bien l’Euro qui joue le rôle de l’étalon-or d’antan, en empêchant les pays de réajuster leurs monnaies, et en les obligeant à des politiques meurtrières d’austérité, comme celles, à l’époque, de Brüning en Allemagne (la cause véritable de l’arrivée au pouvoir d’Hitler), de Ramsay MacDonald en Grande-Bretagne, de Pierre Laval en France. S’il y a un parallèle à établir, il est là, dans cette austérité stupide et meurtrière.

De nombreux pays remettent en cause le multilatéralisme et le libre-échange aujourd’hui. Mais il faut comprendre comment Keynes fut conduit à adopter le principe du protectionnisme, lui l’ancien apôtre du libre-échange. Une leçon clairement tirée par Keynes était que le libre-échange avait épuisé son contenu positif au XXe siècle (5). Pour Keynes le protectionnisme permet aussi de rendre impossible des pratiques de concurrence ou de dumping fiscal entre pays voisins.

La troisième direction est que si une coordination entre États est nécessaire, celle-ci ne doit pas empêcher de mener des politiques nationales qui sont les seules légitimes. La question du lien entre responsabilité politique et légitimité est d’ailleurs au cœur de sa conversion au protectionnisme au début des années 1930 (6). Toute architecture de coordination doit donc préserver cette liberté d’action ou être condamné à l’échec. De ce point de vue, le contrôle des changes joue un rôle clé dans les dispositifs imaginés par Keynes.

Ce que l’on devrait tirer d’une comparaison avec les années trente

Si l’on peut établir un parallèle entre la situation actuelle et celle des années trente, c’est bien dans les conséquences désastreuses des politiques économiques qui furent menées dans cette période. Le retour vers le protectionnisme, comme avec entre autres la politique de Donald Trump, et les mesures de réglementation des capitaux, retour dénoncé dans les milieux néo-libéraux (qu’ils soient « sociaux » ou non) comme le début d’un processus devant nous conduire à la guerre, comme dans les années trente, fut au contraire le début des mesures qui permirent de faire face à la crise.

On affirme souvent que les mesures de sauvegarde monétaires et commerciales prises après la crise de 1929 auraient contribué à l’aggraver, provoquant un effondrement du commerce international (7). Mais cet effondrement a des causes différentes. Une étude du NBER montre que les droits de douane (le protectionnisme) n’a eu pratiquement aucun rôle dans l’effondrement du commerce international. Les deux facteurs déterminants furent l’accroissement des coûts de transport et le manque de liquidité (8). La hausse des coûts de transport est aussi signalée dans une autre étude comme la responsable de la contraction des flux du commerce international (9). De plus, l’essentiel de la contraction du commerce se joue entre janvier 1930 et juillet 1932, soit avant la mise en place des mesures protectionnistes dans certains pays. Un événement postérieur à un autre ne saurait en être la cause…La pratique des dévaluations est, quant à elle, une réponse à la pénurie de liquidités internationales qui s’était manifestée en 1930. Celle-ci oblige de nombreux pays, confrontés à des sorties brutales de devises et d’or induites par la crise des banques américaines et au rapatriement des capitaux qui s’en suit, à tenter de dégager un solde commercial excédentaire à tout prix afin de dégager de cette manière les liquidités nécessaires. Et là, la responsabilité de l’étalon-or est évidente.

Emmanuel Macron prend donc des libertés importantes avec l’histoire. Il veut la manipuler à des fins politiciennes évidentes: éviter une déroute aux prochaines élections européennes. Pourtant, il y aurait eu des choses à tirer de cette comparaison entre la situation actuelle et les années trente. Mais, pour cela, Emmanuel Macron aurait dû sortir de son idéologie européiste, ce dont il est manifestement incapable.

(1) https://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/info-ouest-france-emmanuel-macron-le-moment-que-nous-vivons-ressemble-l-entre-deux-guerres-6045961

(2) W. Sheridan Allen, “The Collapse of Nationalism in Nazi Germany”, in J. Breuilly (ed), The State of Germany, Londres, 1992.

(3) M. Burleigh et W. Wippermann, “The Racial State — Germany 1933-1945”, Cambridge University Press, 1991.

(4) J.M. Keynes, “Proposals for an International Currency Union — Second draft, November 18, 1941” in D. Moggridge (ed.), Collected Writings of John Maynard Keynes, volume XXV, Londres, Mac Millan, 1980, pp.42-66. La première version de ce texte date d’octobre 1941. Il semble que Keynes se soit mis au travail sur ce projet lors de son retour de son voyage aux Etats-Unis en mai 1941.

(5) J.M. Keynes, « National Self-Sufficiency », Yale Review, 1933.

(6) J. Sapir, « Retour vers le futur: le protectionnisme est-il notre avenir? » in L’Economie Politique, n°31, 3ème Trimestre 2006.

(7) C’est la thèse de C.P. Kindleberger, « Commercial Policiy Between the Wars » in P. Mathias et S. Pollard (edits). The Cambridge Economic History of Europe, vol. 8, Cambridge University Press, Cambridge, 1989 ainsi que de H. James, The End of Globalization: Lessons from the Great Depression, Harvard University Press, Cambridge, Mass, 2001.

(8) A. Estevadeordal, B. Frants et A.M. Taylor, « The Rise and Fall of World Trade, 1870-1939 », NBER Working Papers Series, National Bureau of Economic Research, Working Paper 9318, Cambridge, Mass., novembre 2002.

(9) R. Findlay et K.H. O’Rourke, « Commodity Market Integration: 1500-2000 » in M. D. Bordo, A.M. Taylor et J.G. Williamson, (edits), Globalization in Historical Perspective, University of Chicago Press, Chicago, Mich., 2003.

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Source : Sputnik, Jacques Sapir, 05-11-2018

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Fritz // 15.11.2018 à 07h04

Et vlan, dans les dents. Va te moucher, morveux, et arrête de nous casser les oreilles avec tes zannées trente. Toi, t’es né dans les années soixante-dix, alors les zannées trente, tu peux pas connaître.
On l’aura compris, je ne parle pas de M. Sapir, qui remet les pendules à l’heure.

Au passage : ce sont les mêmes “décideurs” qui ont rayé la crise de 1929 des programmes d’histoire en collège qui nous bassinent avec les zannées trente, avec tous les amalgames à la clef. Ce faisant, ils étalent leur inculture économique et politique.

Et puis, rappelons-nous une chose : depuis le bradage d’Alstom, le macronisme peut être défini comme un “vichysme en temps de paix”, qui n’a même pas l’excuse de l’invasion militaire allemande.

46 réactions et commentaires

  • Guadet // 15.11.2018 à 07h01

    Tout à fait d’accord avec Sapir. Macron montre bien qu’il n’est pas, contrairement à ce qu’on dit, plus intelligent ou plus cultivé que Sarkozy ou Hollande.

      +46

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    • jdautz // 15.11.2018 à 15h31

      J’avais épinglé ça : « on a eu Chirac, on a eu Sarko, on a Hollande, imaginez la tête du prochain président »

      Maintenant on sait.

        +8

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      • Alfred // 15.11.2018 à 19h52

        Je suis proprement terrifié à l’idée de ce que pourrait être le prochain… Pouce! Stop!

          +6

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      • RGT // 16.11.2018 à 18h28

        On en vient même à regretter le “Chi”…

        Il était largement moins nocif que ses successeurs (et ses prédécesseurs aussi) et de plus ses bourdes nous faisaient rire tout en l’empêchant d’avoir un comportement trop nuisible (c’est même à se demander s’il ne le faisait pas exprès pour avoir une excuse afin de faire capoter les “réformes”).

        De plus il était “nature”, ce qui n’était pas en sa défaveur.
        Souvenez-vous de sa visite dans le “territoires occupés” (les terres spoliées plutôt) et de son altercation avec les services de sécurité israéliens qui voulaient l’empêcher à tout prix de prendre un bain de foule parmi le peuple palestinien.
        Peuple ravi de rencontrer enfin un dirigeant occidental qui ne les considérait pas comme des sous-merdeset qui ne leur crachait pas dessus.

        Sans compter les photos de paparazzi à Brégançon dans lesquelles on le voyait se balader dans son “plus simple appareil”… De l’inédit pour un chef d’état.
        Imaginez les mêmes avec Micron… Impensable, Benalla veille.

        Tous ses successeurs nous font pleurer à chaudes larmes, et de plus en plus fort.

          +4

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    • Marie (Pan Pan) // 15.11.2018 à 19h18

      Ou bien
      toujours par mépris et arrogance il estime que les Français sont suffisamment ignorants
      et cons pour avaler n’importe quoi aprés leur avoir fait avaler qu’il était un président intelligent et cultivé.

        +9

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      • Alfred // 16.11.2018 à 13h08

        Le coté “intelligent et vif” qu’on nous vent de Macron est ce que trouve le plus incroyable au total. Manifestement soit le pouvoir abbettit considérablement soit le type n’était pas si futé que ça au départ. Tout laisse à penser que son seul talent a toujours consisté à deviner ce le type en tête de table au diner du Rotary avait envie d’entendre et rien de plus. Dans ces conditions qu’il ait pu étire repéré et choisi par un Atali et d’autres me laisse perplexe. J’ai toujours pris Atali pour un adversaire de classe intelligent et redoutable. Soit ces gens sont très malin et ils œuvrent pour une victoire de l’extrème droite à terme soit ils ne sont pas si malins du tout. Je me fais des noeuds au cerveau mais je n’arrive pas à expliquer qu’ils aient fait une si mauvaise pioche avec macron.

          +2

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        • Marie (Pan Pan) // 16.11.2018 à 17h56

          Soit il a deviné ce que Attali avait envie d’entendre.
          Moi ce que je n’arrive pas à m’expliquer ( enfin un peu tout de même) c’est qu’à présent on arrive à une élection présidentielle en mettant en avant
          l’intelligence et la culture d’un président (le minimum requis non?) !
          C’est fou, même si parmi tous les prédécesseurs il y eu quelques cas clinique,
          il y a encore 30 ans les journaux ne faisaient pas leur une avec le niveau intellectuel d’un candidat!
          ça promet les futurs slogans.
          En fait on a un président français qu’on nous vend comme un…philosophe
          et un président américain qu’on nous vend comme débile.
          Le jeu (et sa journée) de dupes n’est plus ce qu’il était.

            +2

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  • Fritz // 15.11.2018 à 07h04

    Et vlan, dans les dents. Va te moucher, morveux, et arrête de nous casser les oreilles avec tes zannées trente. Toi, t’es né dans les années soixante-dix, alors les zannées trente, tu peux pas connaître.
    On l’aura compris, je ne parle pas de M. Sapir, qui remet les pendules à l’heure.

    Au passage : ce sont les mêmes “décideurs” qui ont rayé la crise de 1929 des programmes d’histoire en collège qui nous bassinent avec les zannées trente, avec tous les amalgames à la clef. Ce faisant, ils étalent leur inculture économique et politique.

    Et puis, rappelons-nous une chose : depuis le bradage d’Alstom, le macronisme peut être défini comme un “vichysme en temps de paix”, qui n’a même pas l’excuse de l’invasion militaire allemande.

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    • Daniel // 15.11.2018 à 09h25

      Et pour aller plus loin dans ce qu’il y a dans les livres d’écoles sur cette période :
      1929 , on parle de La Crise Mondiale (mais pas d’où qu’elle vient !)
      puis Miracle on a F.D.Roosevelt avec le New Deal qui permet de résoudre la crise.
      quelques oublis : La Commission PECORA : une commission d’enquête parlementaire qui mis “à genoux” JP Morgan (dont la carte de Monopoly allez en prison le représentait !).
      La séparation bancaire stricte suivant les critères de Glass Steagall .
      et enfin le contrôle du crédit.
      Comme la France d’après guerre a fait exactement la même chose après guerre en se basant sur le travail de Georges Boris (“La révolution Roosevelt) ,
      on comprend pourquoi la réécriture de l’histoire permet d’éviter les révolutions !

        +31

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    • Chris // 15.11.2018 à 14h08

      “le macronisme peut être défini comme un “vichysme en temps de paix”, qui n’a même pas l’excuse de l’invasion militaire allemande”
      Remplacez “invasion militaire allemande” par invasion économique allemande -une autre forme de guerre- et le fait vichyste est actualisé : la servitude volontaires.
      La manipulation de l’histoire marche parfaitement avec l’organisation de la déculturation des Français, à travers les programmes de l’EN et les pseudos éducatifs médias… tel Arte ! Je le mesure chaque fois que je discute avec les générations Y et Z de la famille et amis: une Bérésina culturelle.
      S’y ajoute un manque de curiosité patent pour le monde extérieur, ou occasionnellement de manière ludique : jeux TV, quiz, etc… Reader Digest a fait des ravages.

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    • Dominique65 // 16.11.2018 à 16h53

      « qui n’a même pas l’excuse de l’invasion militaire allemande. »
      A voir… Je m’explique : Macron, soumis à l’UE et gouverneur de France, doit respecter ses règles. Et qui détient les rênes européennes ? 😉

        +2

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  • ien // 15.11.2018 à 07h50

    J’ai lu que, suite à la crise de 1929, le monde a été divisé entre les pays dont la monnaie restait gagée sur l’or, et ceux qui ne possédaient plus d’or, dont l’Allemagne et peut-être l’Italie et le Japon, ce qui aurait amené à une politique d’annexion de la part des états privés du pouvoir de commercer, faute d’une capacité monétaire reconnue. L’expansionnisme allemand pourrait s’expliquer sous cet angle. Évidemment, avec M. Macron, nous sommes loin de ce type de réflexion. Convenons que réussir brillamment des études supérieures n’est en rien un gage d’intelligence, et de lucidité. Comme l’on disait jadis en terme immobilier à propos du gaz, “conformisme à tous les étages”.

      +13

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    • Dominique65 // 16.11.2018 à 17h12

      « réussir brillamment des études supérieures n’est en rien un gage d’intelligence »
      Réussir ces études demande qu’on ait bien compris ce qu’on attend de nous et qu’on s’y conforme au mieux. l’intelligence ici est de savoir rester dans le moule.

        +3

      Alerter
  • weilan // 15.11.2018 à 08h15

    J’ignore où et quand Macron et ses proches conseillers ont appris des rudiments d’histoire, mais le résultat n’est guère brillant. Par exemple:

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/11/13/31002-20181113ARTFIG00340-commemoration-du-11-novembre-la-serbie-injustement-humiliee.php

      +29

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    • Chris // 15.11.2018 à 14h14

      Il s’agissait d’humilier une Serbie dont la population -non amnésique- freine des 4 fers pour rejoindre la grandiose UE.
      Mes amis serbes et la génération d’après-guerre (démembrement de l’ex-Yougoslavie des années 90 par les bons soins de l’OTAN) restent traumatisés par l’attitude de leurs prétendus alter égos !

        +22

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    • UnJournaliste // 16.11.2018 à 02h49

      “Et en même temps” était invité Netanyahou; certainement en hommage à l’intervention d’Israël dans le conflit 14-18 🙂
      Plus sérieusement, quelqu’un sait il ce qu’il faisait là?

        +9

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      • Dominique65 // 16.11.2018 à 17h14

        Oui, il évaluait la soumission à sa politique d’extrême droite.
        Cela dit, Il y en avait d’autres peut-être pire que lui.

          +2

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  • Kiwixar // 15.11.2018 à 08h20

    Je vois plusieurs similitudes avec les années 30 :
    – la volonté de créer un homme nouveau (homo europeanus), quitte à écraser quelques bottes sur quelques visages (du sud)
    – volonté de rapatrier l’industrie européenne en Allemagne
    – le besoin de quelque chose de vital (espace dans les années 30, énergie dans les années 2020), qu’il va falloir aller chercher par la guerre à l’Est
    – la nécessité de déclarer la guerre à la Russie pour le pétrole (ils sont au courant, ils se préparent)
    – la guerre, une bonne manière de se débarrasser de gens refractaires au changement (les gilets jaunes en première ligne)

      +37

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  • wuwei // 15.11.2018 à 08h34

    Deux extraits savoureux d’un texte qui nous parle du Cuistre :

    “J’aime beaucoup le Président Macron. Dans cette période où l’on doit chaque soir passer la balayette sous son lit afin de débusquer le terroriste qui doit s’y cacher, avec lui on rigole. Macron c’est, recyclé, le vieux slogan publicitaire d’un grand magasin : « A tout instant il se passe quelque chose aux Galeries Lafayette ».”

    “Eh non. Le Pétain c’est comme le merlu oublié l’avant-veille sur la table : tout est à jeter. Et que le président de l’Assemblée se nomme Ferrand n’est pas un argument ultime pour louer le Maréchal.”

    https://blogs.mediapart.fr/jacques-marie-bourget/blog/101118/petain-la-vie-dun-salaud-et-la-persistance-des-ordures

      +26

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  • RAS // 15.11.2018 à 09h07

    Au contraire, un jeune homme porté par les industriels et une presse unanime, ni de droite ni de gauche, profitant de la faillite des anciens parties politiques et d’une économie en ruine pour accèder au pouvoir, ca me rappel les années trente… Macron est assez lucide sur sa propre situation je trouve… 😀

      +23

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    • Genuflex // 15.11.2018 à 20h36

      Cela me semble un peu paradoxal : a la fois Macron detruit un outil indistriel en decoupant alsthom, et a la fois c’est le suppot des industriels. Faudrait savoir.

        +2

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      • Alfred // 16.11.2018 à 13h12

        vous faites celui qui ne veut pas comprendre. RAS voulait très probablement dire les banquiers et nous sommes certainement nombreux à l’avoir compris comme cela. Dès lors il n’y a aucune incohérence avec la destruction contemporaine de l’outil industriel. Et ce n’est pas contradictoire avec la comparaison avec le caporal-peintre qui lui aussi avait le soutient (massif) des banques, lui qui a fait disparaitre le chômage par l’emprunt (même si effectivement il a industrialisé son pays). Bref. Merci mais on sait.

          +6

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  • Rond // 15.11.2018 à 09h07

    En effet, le petit est bien un manipulateur tout court, pas seulement de l’histoire. Il est tellement doué qu’il s’illusionne lui-même. Sa peur panique de l’évolution, du changement sous toutes ses formes, en bref de la vie, est telle que tous ses efforts pour tout maîtriser ne tendent que vers un seul but : Ne rien changer ! Pour cela, rien de tel que de maintenir les uns dans la peur et les autres à leur riche place. Car il n’y a pas plus soumis que celui qui n’a rien et ne sait rien, ni plus conservateur et adepte de l’immobilisme que celui qui a déjà tout dans un monde qui lui procure tout … et toutes les nuances intermédiaires.
    Pouvoir tout contrôler, pouvoir tout figer, être le maître de tout, voilà tout son espace de pensée, toute sa philosophie. Ça manque un peu d’épaisseur à ce poste là, non ? Du coup, ça patine, ça dérape, ça déraille, ça coince, ça fuit, ça fond, ça s’évapore, ça grogne, ça gronde de partout ; tellement qu’on dirait du Tex Avery. Et ce n’est pas fini.
    Dans son délire, il nous entraîne tous. Y a-t-il un plombier dans la cordée ?

      +21

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    • jdautz // 15.11.2018 à 15h39

      Je ne pense pas qu’il prétende être “le maître” mais plutôt le “butler” ou peut-être “le fils de la maison”. Son attitude quand il tient la main de Trump sur la photo est terriblement révélatrice. Et sa femme aussi, je n’avait rien a dire avant, je m’en fout du cul des autres, mais lui-même ne l’a pas laissé sa relation dans les affaires privées.

        +3

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  • LBSSO // 15.11.2018 à 09h08

    Se payer un Macdo ? C’est la crise.

    “(…)des politiques meurtrières d’austérité, comme celles, à l’époque, de Brüning en Allemagne (la cause véritable de l’arrivée au pouvoir d’Hitler), de Ramsay Macdonald en Grande-Bretagne, de Pierre Laval en France.”

    Intéressant ce personnage anglais de Ramsay Macdonald .Il est issu d’un milieu ouvrier et l’un des rares à n’avoir aucune éducation universitaire.
    – leader du parti travailliste anglais depuis 1911, il est profondément pacifiste.
    – premier Premier ministre travailliste en 1924.Il ridiculise Edouard Herriot alors président du Conseil et obtient l’évacuation de la Ruhr.
    – au gouvernement en 1929: il est partisan d’une politique d’austérité et s’oppose aux keynésiens.

    Cet homme qui a été d’une “naïveté” confondante face à la montée du nazisme (comme une large partie de la classe politique britannique) , a été de plus l’artisan d’une politique économique qui, suivie également ailleurs, favorisa son émergence.

      +6

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  • Kokoba // 15.11.2018 à 09h23

    Macron parle des années 30 pour imposer une idée trés simple :
    Opposition = Populistes = Extrémistes = Fascistes = Hitler

    Ou plus simplement :
    Si vous ne votez pas pour moi, vous votez pour les fascistes.

    L’oligarchie est déjà en train de préparer les prochaines élections.
    La stratégie a été choisie : tout ce qui n’est pas mainstream (neoliberal/mondialiste/europeiste/atlantiste) sera considéré comme extrémiste, dangereux pour la démocratie et traité de fasciste.

    Il faut voir les attaques judiciaires contre le RN et les Insoumis comme partie de cette stratégie.

      +43

    Alerter
    • pascontent // 15.11.2018 à 11h13

      “tout ce qui n’est pas mainstream (neoliberal/mondialiste/europeiste/atlantiste) sera considéré comme extrémiste, dangereux pour la démocratie et traité de fasciste”

      Très juste. Il faut rajouter “progressiste” (au sens sociétal notamment) dans la liste des très fortes obligations, car cette dimension pèse son poids sur le pays et ses citoyens majoritaires et non alignés, car Macron est une de ses incarnations aboutie, et car les rares soutiens dans la société civile qu’il lui reste sont si typiquement “progressistes”, tellement qu’ils en deviennent totalitaires pensent certains.

        +17

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      • Marie (Pan Pan) // 16.11.2018 à 18h15

        ah oui les obligââtions du progressisme:
        ces tolérances obligatoires qui masquent mal un néopuritanisme
        et auxquelles Apollinaire préférait les transgressions merveilleuses.

          +3

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    • LBSSO // 15.11.2018 à 13h30

      “L’oligarchie est déjà en train de préparer les prochaines élections.La stratégie a été choisie (…)”.

      Oui , mais l’oligarchie réalise depuis quelques semaines que la dialectique Progressiste/Nationaliste ne suffira pas.Pour gagner une élection impossible de diaboliser tous les gens,eurosceptiques ou europhobes, qui font la critique de l’Europe bruxelloise actuelle.

      Aussi,elle complète cette stratégie par la rhétorique de l’ “Europe souveraine qui protège”. Celle-ci sera déclinée pour tous les thèmes d’inquiétude des français (emploi, pouvoir d’achat,sécurité, écologie, nouvelles technologies…). Réécoutez si vous le pouvez les dernières interventions d’EM sous cet angle, vous verrez.

      Les sondages confidentiels et autres algorithmes d’analyse des réseaux sociaux tournent à fond.

      Les convictions dans ” tout ça ” ?

        +7

      Alerter
      • Chris // 15.11.2018 à 14h27

        “Europe souveraine qui protège”
        Oui en effet, on retrouve le même discours des Européistes qui nous vendirent la monnaie “Euro” laquelle assurerait plein emploi, développement et protection.
        A force de bafouiller tout et son contraire, je me demande si les gens sont attentifs aux discrépances des discours.

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    • jdautz // 15.11.2018 à 15h42

      « Si vous ne votez pas pour moi, vous votez pour les fascistes.» Ce qui dans la novlang actuelle et la manie d’accuser les autres de ce qu’on fait sent la pourriture sous les beaux costumes parfumés.

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  • BOURDEAUX // 15.11.2018 à 10h01

    Bof…Macron donne ici dans le réchauffé : les années 30, c’est la guerre, l’Europe c’est la paix : Bruxelles ou l’enfer. Ne lui reprochons pas d’agiter ce hochet, tant que ça fonctionne…Mais là, il m’est avis que les élections à venir sentent vraiment le bouchon, parce que Bruxelles est une impasse, et ça se voit vraiment.

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  • Ardéchoix // 15.11.2018 à 10h26

    Être assis sur (le) Charles de Gaule et parler de l’armée européenne, de pédagogie des impôts, de réconcilier les Français avec leurs dirigeants, des années 30, avec un avion dont le nom est mirage en arrière plan tout est dit.
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0600146326581-ce-quil-faut-retenir-de-linterview-de-macron-depuis-le-charles-de-gaulle-2221779.php

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    • LBSSO // 15.11.2018 à 11h45

      Ce n’est pas un mirage mais un Rafale Marine (à ma connaissance).
      De même que le bruit de fond pendant l’entrevue n’était pas l’écho du Général faisant l’hélicoptère dans sa tombe, mais les frottements d’une machinerie en train de se gripper 🙂

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    • Alfred // 15.11.2018 à 12h46

      C’est un(e) Rafale (d’impôts?) et non un Mirage.

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    • Dieselito // 15.11.2018 à 17h58

      Malheusement cette scène n’est pas un mirage….

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  • jdautz // 15.11.2018 à 15h29

    Sans vouloir être désagréable, il ne manipule pas que l’histoire. C’est son métier de lobbyiste de manipuler.

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  • Maud // 15.11.2018 à 15h42

    Todd dit, lors d’une conférence, qu’en fait c’est son prof d’histoire qu’il aurait du épouser. Il parait que la blague vient d’Angleterre. L’humour anglais !

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  • Geof’ // 15.11.2018 à 17h08

    le problème, avec Jacques Sapir, c’est qu’il est trop gentil…

    je pense que – aussi par pudeur, il se refuse à nommer le mal : la psychopathie de “nos” dirigeants..

    certains sont des fanatiques du marché bien sûr, mais pour monter dans l’appareil de l’état, les fanatiques ne sont pas outillés…

    pq s’intéresser à la forme (le nom du gars qui dirige, et ce qu’il peut dire au hasard de ses allocutions) plutôt qu’à l’essence des choses (le verbe maléfique à l’œuvre), Monsieur Sapir ?

    Geoffrey, neo-communiste belge

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  • Yves.JM // 15.11.2018 à 18h03

    bonjour Mr Sapir, est-ce que cet article a été traduit en anglais (ce dont je sui suis capable, hélas) ? Je serais ravi de l’adresser à des amis américains.

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  • Dieselito // 15.11.2018 à 18h10

    Et Sutton il en dit quoi de cette époque d’avant la deuxième GM?
    Wall Street et l’ascension de Hitler est le troisième volume d’une trilogie consacrée à l’implication directe des financiers new-yorkais dans la révolution lénino-trotskiste en URSS, l’élection de Franklin D. Roosevelt aux États-Unis et la montée du nazisme en Allemagne.
    “La contribution du capitalisme nord-américain aux préparatifs de guerre allemands a été phénoménale et, sans elle, l’Allemagne n’aurait jamais eu la capacité militaire qui conduisit au massacre de millions de personnes innocentes… Non seulement ces banquiers et hommes d’affaires nord-américains avaient conscience de la nature du nazisme, mais il assistèrent le nazisme à chaque fois qu’ils y avaient intérêt en sachant parfaitement que la conséquence probable serait une guerre impliquant l’Europe et les États-Unis”, souligne Antony Cyril Sutton sur le financement des nazis et des bolchéviques par Wall Street et les entreprises américaines.
    Son interview :
    https://www.youtube.com/watch?v=-gAhs8QfpHA
    [modéré]

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    • RGT // 16.11.2018 à 18h52

      Sans oublier que le nazisme était pour les ploutocrates US le summum de la gouvernance.
      Plus de grèves, les ouvriers qui marchaient au pas de l’oie pour se rendre sur leurs postes de travail, et plus tard les prisonniers civils et de guerre qui travaillaient GRATUITEMENT dans les entreprises pour soutenir “l’effort de guerre” et la croissance des profits.
      Même pour les entreprises US (Ford et General Motors en particulier) qui ont collaboré avec les nazis jusqu’à la fin et qui ont bien sûr été payées sans discussion pour des actes qui relevaient normalement de “haute trahison”…

      Cette admiration s’est d’ailleurs bien révélée lors de la chute du régime nazi : Aucun dirigeant de grosse entreprise allemande n’a été inquiété et les usines ont redémarré sur les chapeaux de roues à peine l’armistice signé.
      D’ailleurs les militaires US avaient reçu pour consignes de ne surtout pas endommager l’outil industriel allemand, contrairement aux instructions qu’ils avaient reçu concernant les pays qu’ils avaient libéré.
      Ils pouvaient bombarder sans vergogne les civils mais il était strictement interdit de bombarder les usines.
      Les habitants de Dresde ont énormément apprécié cette délicate attention.

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  • Basile // 16.11.2018 à 05h25

    ces gens, qui ne connaissent pas quelque chose, mais qui vous en parlent avec aplomb, certitudes, conviction, sans chercher leurs mots, ils sont nombreux, ces Macron en herbe aux dents longues. Ils ne connaissent pas le doute, qui rend humain.

    Ils se formatent ainsi dans n’importe quel lycée, sous l’œil attendri de leurs professeurs. Il faut fournir du volume, sans hésiter. Ce qui compte dans notre société actuelle, c’est d’être convainquant, car il faut des meneurs d’hommes (ou de guerre, sanglante ou économique). Tels des soldats, ils ne connaissent pas le doute, car il faut tirer le premier, d’une balle, ou d’une phrase,qui tue l’adversaire.

    on les retrouve politiques, journalistes, syndicalistes, harpies.

    signé : un douteur.

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  • nemo // 16.11.2018 à 09h11

    Il lui a manqué de rencontrer une prof d’ histoire intelligente !!!

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  • Greg // 17.11.2018 à 07h00

    Dans la longue liste des incongruités de ces cérémonies, pour la plupart non reportées par la presse et/ou non commentée par les imbéciles utiles des grands médias:
    – l’humiliation de la Serbie
    – le tintouin sur l’armee Européenne et les bash de Trump et de la plupart des autres pays de l’UE
    – la posture agressive face à la Russie « manipulateur d’information » et la Chine qui va « voler » nos infrastructures.
    – l’invention d’une nouvelle pensée complexe pour abruti (l’itinerance Mémorielle)

    J’en oublie sûrement mais autant d’imcompetence en une semaine ne laisse de surprendre.

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  • Lol // 18.11.2018 à 19h33

    Si il n’y avait que l’Histoire.
    Il y a aussi la Géographie.

    Amiens, fief natal du Roitelet n”est qu’à 40 km de l’Aisne qui était aussi en région Picarde.
    Mais ca c’était avant les Hauts de France.

    En 2013, j’ai plus que traversé la rue pour trouver un CDD de 6 mois à Saint Quentin, ville située à 600 km de mon domicile dans le Beaujolais.
    Eh ben, je me suis pris des grosses claques dans la gueule.
    Un département sinistré et triste malgré la chaleur des habitants.
    Des friches industrielles à tire la rigaut, des anciens camps militaires fermés ou recyclés.
    Le tout coincé entre des champs de pommes de terres ou betteraves et des cimetières militaires souvent regroupés par nationalité.
    Ce n’est pas situé à l’autre bout du monde nécessitant un jet en vol privé mais bien dans les “territoires”.
    Nouveau gros mot pour requalifier nos belles provinces par une nomenklatura boboifiée qui considère qu’en dehors de Paris, point de salut.
    Passeport et tous les vaccins obligatoires à jour avant de s’aventurer en territoires hostiles en dehors du périf.

    Cette expérience en CDD de 18 mois au total loin de la métropole lyonnaise m’avait été grandement bénéfique.
    Nouvel environnement architectural, spécialités culinaires, fêtes et coutumes locales, expression orale.
    Comme chantait Michel DELPECH, “On dirait qu’ca t’gêne de marcher dans la boue, on dirait qu’ca t’gêne de etc, etc…”

    Paris n’est pas la France et heureusement

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