Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

Régis Debray, écrivain et philosophe, est l’invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Régis Debray analyse la victoire d’Emmanuel Macron dans son livre “Le nouveau pouvoir” aux éditions du Cerf.

“La gaîté vient avec l’âge. Les jeunes prennent les choses au tragique, mais moi je suis sensibles aux rimes de l’histoire ce qui revient périodiquement. Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie (…) Au fond tout ça est divertissant” dit le philosophe pour revenir sur son optimisme :

Les décadences sont des moments des moments féconds, créatifs

Ce qui m’embarrasse, c’est la victoire absolue d’ ‘homo économicus’, l’homme économique sur l’homme politique, lequel avait déjà remporté la victoire sur l’homme religieux

“L’économie a absorbé la politique”

“Nous sommes gallo-ricains, comme autrefois les gallo-romains (…)”L’envie d’être milliardaire est devenue légitime, comme l’envie d’être un héros il y a 100 ans ou d’être un saint il y a 1000 ans”.

“La victoire du chiffre est inquiétante, car c’est à très court terme (…) aujourd’hui nous avons perdu la conscience de porter une histoire collective . Ce qui pourrait me rendre triste, c’est la perte de l’horizon, la fin du récit de l’émancipation(…) Quand perd l’horizon, on revient à l’origine( …) Nous sommes le nez sur l’événement donc nous n’avons plus de mythe porteur”, poursuit le philosophe, qui explique que des pays laïques redeviennent religieux, citant en exemple l’Israël ou l’Inde.

La jeunesse est-elle un espoir?

“Le Sénat est vieux. Souvent, on dit que le vieux est sage : non, tout simplement il est con, ça s’appelle un vieux con (…)Le jeune tend à être plein de lui-même et surtout et à oublier d’où il vient, ce qui me frappe le plus c’est cette perte de sens de l’histoire, de la transmission”.

“Les vrais américains ont Dieu (…) nous nous avons d’autres ciments : une certaine conception de notre histoire, une autre mythologie”

La mythologie ça fait tenir debout, avancer parfois

Sur la France ‘start-up’ de Macron

Régis Debray y voit un “monde de vision courte, mais très étalée dans l’espace”, “un moment de civilisation, l’intérgation de la France dans une civilisation euro-américaine”.

“Le vivre-ensemble, comme on dit, c’est pour une communauté imaginaire (…) C’est la fin de l’utopie européenne : celle qu’un marché commun peut faire un imaginaire commun”.

Sur Emmanuel Macron président

“Une chose est la posture, autre chose est la capacité réelle de fédérer un peuple. On a une crise des figures de l’autorité (…) il y a le juge, une autorité protestante qui n’est pas chez nous très valide, il y a le leader , mais le leader suppose un peuple et derrière Macron il n’y a pas de peuple, c’est pas de sa faute, c’est comme ça”, estime Régis Debray. “Reste le père, mais c’est pas un père, donc il y a un certain flottement et je comprend qu’il cherche des éléments symboliques pour rassembler, fédérer et catalyser. Je doute qu’il les trouve car son milieu est dominé par la finance et l’économie, et c’est une idéologie individualiste (…) et qui a oublié l’Histoire, tout simplement”.

Ce n’est pas un président qui lit, je dirais qu’il butine, mais c’est déjà très bien

Selon Régis Debray, Emmanuel Macron est un “homme qui veut rechercher une profondeur de temps, mais son milieu ne peut que l’en empêcher”.

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

39 réponses à Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

Commentaires recommandés

Louis Robert Le 28 octobre 2017 à 08h23

« Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie ».

Président à 18%, perte des acquis sociaux, guerre perpétuelle, état d’urgence permanent inscrit dans la Loi, millions de réfugiés… on éclate de rire.

  1. Louis Robert Le 28 octobre 2017 à 08h23
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    « Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie ».

    Président à 18%, perte des acquis sociaux, guerre perpétuelle, état d’urgence permanent inscrit dans la Loi, millions de réfugiés… on éclate de rire.


    • Ballot Le 28 octobre 2017 à 13h07
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      Bonjour,

      Pris au premier degré effectivement on ne peut avoir que ce réflexe sans avoir lu un peu le gaillard.
      Pour autant, il me semble très péremptoire de sous-entendre que Regis Debré n’a cure des faits que vous citez si je vous ai naturellement bien lu.

      Cdt


    • claude Le 28 octobre 2017 à 14h13
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      La politique pourrie tout ! ce sont les politiques qui décident que les “petites gens” renflouent les banques qui se sont enrichit ( voir le livre de Yanis Varoufakis: “Conversations entre adultes” ) Pour les politique nous ne valons pas grand chose, sinon de leurs donner ce foutu pouvoir pour lequel ils sont prêt à tout (sur notre dos évidement)


    • marc Le 28 octobre 2017 à 15h37
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      le peuple a un comportement qui ne lui est pas du tout naturel, on peut donc dire qu’il joue un rôle dans ce qu’est cette comédie… tragique je vous l’accorde

      cependant le peuple ne joue pas ce rôle de plein gré, mais c’est au contraire le résultat de son conditionnement mental effectué par les institutions du pouvoir en place, conditionnement qui commence dès le plus jeune âge


  2. Raphaël Le 28 octobre 2017 à 09h17
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    L’entre soi dégoulinant de mépris de classe et de mensonges. Les écouter est une torture de l’esprit.


    • L’Éco-fascisme est un Humanisme Le 28 octobre 2017 à 10h38
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      Oui, mais l’effet boomerang sera dévastateur, croyez-moi. Quoi qu’il arrive, il adviendra.

      Tôt ou tard, il faudra faire sienne, aussi bien par pragmatisme que par pur cynisme, une forme de dialectique de combat encore inédite à ce jour.

      En substance, comme disait l’autre, nous sommes légions. Nous aussi nous sommes légions et le moment venu, nous serons absolument impitoyables. Qu’ils le sachent.

      Nos ennemis mortels – car ils sont nos ennemis mortels, ne vous y trompez pas – ne s’imaginent pas à quel point, actuellement, ils alimentent nos forces et ce faisant deviennent les complices inconscients (et par là-même d’autant plus pathétiques…), de leur propre anéantissement.

      Ça finira bien par rentrer… (ou pas. Mais il y n’aura alors AUCUNE raison de se plaindre)

      https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2017/10/25/la-certitude-dune-crise-immense-voulue-par-les-banquiers/

      https://yetiblog.org/pauvre-criminel/


  3. Fritz Le 28 octobre 2017 à 09h31
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    L’économie a donc absorbé la politique ? Comme en Catalogne ?
    Du haut de ses 77 ans, M. Debray est bien affirmatif, parfois péremptoire. Il devrait se méfier des propos-boomerang : “Souvent, on dit que le vieux est sage : non, tout simplement il est con, ça s’appelle un vieux con…”


    • Inox Le 28 octobre 2017 à 10h54
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      Je pense aussi que l’argent a infiniment plus de pouvoir qu’un idéal politique. Malheureusement. Surtout depuis l’épisode Grecque. La Catalogne n’est pas la Grèce, mais prudence… C’est très loin d’être terminé…


      • Fritz Le 28 octobre 2017 à 11h02
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        En effet, ce n’est pas terminé. Je voulais dire par là que les indépendantistes catalans sont allés jusqu’au bout de leur volonté politique, malgré l’exode annoncé des entreprises et des banques.
        Sans vouloir insister, car le fait du jour n’est pas le sujet de ce papier, les glapissements du Monde et Cie font plaisir à entendre. http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/23/en-catalogne-la-politique-du-pire_5204732_3232.html

        “seize mois après le Brexit, c’est l’Union européenne tout entière qui est de nouveau remise en cause par la crise catalane”
        (Pierre Chausse, Le Parisien plus vraiment libéré)


        • Papagateau Le 28 octobre 2017 à 14h24
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          Les médias ont une mémoire de poisson rouge, c’est leur fonction (le Monde aussi) car ils ne défendent pas des idées (ou le bon sens) mais un client, qui ici n’est pas celui qui achète le journal mais celui qui paie les salaires, c’est-à-dire les publicitaires, l’état (aide à la presse), et dans le cadre d’un secteur structurellement déficitaire, le patron qui a des intérêts ailleurs “dans les vrais choses qui rapportent” : La plus grosse filiale aux USA ou dans le golfe.

          Ils ont une mémoire de poisson rouge, car ils ne défendent pas des idées, mais le club des riches dont le centre de gravité est aux USA.

          Un exemple : Leurs propos sur la Catalogne et la Yougoslavie.
          https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-L-Union-europeenne-et-les-referendums-ou-pourquoi-il-faudrait-envoyer


      • Catalina Le 28 octobre 2017 à 13h44
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        ça dépend où, regardez la Russie, regardez le Donbass…


    • marc Le 28 octobre 2017 à 15h45
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      beaucoup de gens pensent que la catalogne veut faire sécession parce qu’elle est riche et veut garder ça pour elle seule… si c’est le cas, alors c’est un exemple flagrant de la politique absorbé par l’économie non?


  4. christian gedeon Le 28 octobre 2017 à 09h33
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    Quel sens de l’observation! Et non,ce n’est pas l’économie qui a absorbé la politique,mais le citoyen qui par ses votes successifs depuis 40 ans a permis aux politiques de soustraire la vie de la cité au projet politique,et de faire du tout économique. L’économie en tant que telle n’est pas antinomique de la politique évidemment.Je m’interroge toujours sur la manque de questionnement sur le pourquoi nous en sommes arrivés là.C’est apparemment un questionnement trop douloureux pour être abordé sur le fond,même par un esprit brillant comme celui de M. Debray.Et pourtant ,on n’avancera pas d’un pouce sans aborder la question de la responsabilité,non seulement des “politiques “,mais aussi du citoyen,jamais coupable,jamais responsable.S’il ne nous reste que le retour aux mythologies pour sortir de l’impasse,nous y sommes encore pour un bon moment.Et franchement,quand je constate la lobotomisation actuelle des esprits,que rien ne traduit mieux que ces cohortes de gens marchant dans la rue les yeux vissés sur leur “smart”(sic!) phone…


    • Inox Le 28 octobre 2017 à 11h05
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      Bah en même temps… Quand les candidats d’une élection sont “sponsorisés” (pour résumer)… On a plus l’impression de voter pour ceux qui les financent… Ce qui au final, réduit drastiquement le choix.

      On peut dire ce qu’on veut, l’argent, et toute la culture qui va avec a pris un pouvoir démesuré.


    • jacqurocant Le 28 octobre 2017 à 13h59
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      La vraie préoccupation des électeurs est d’avoir un emploi, un salaire ou un revenu qui permettent d’avoir un toit, de se nourrir, de se vêtir, de se soigner, de communiquer, de se transporter, de s’assurer et de se divertir. Il ne faut pas être extra lucide pour comprendre que l’économie est une priorité, voire une donnée essentielle politique. Elle règle et régule les relations humaines ainsi que les émotions, comportements et autres états d’âme associés, toutes exceptions confirmant cette règle.


      • marc Le 28 octobre 2017 à 15h54
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        c’est plus compliqué que cela voyons… sinon tout le monde voterai pour l’extrême gauche quand elle proposerait l’augmentation des aides sociales

        ça serait par ailleurs logique, si la politique est l’art de prendre soin du peuple, que de commencer par le loger et le nourrir

        malheureusement, il y a le capitalisme et ses valeurs dérivées de l’égoïsme, qui, à force d’être inculqué dès le plus jeune age, devient encore plus logique : résultat = l’économie a absorbé la politique, il ne faut effectivement pas être extra lucide ou s’appeler regis pour le voir


        • jacqurocant Le 29 octobre 2017 à 10h28
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          “il y a le capitalisme et ses valeurs dérivées de l’égoïsme, qui, à force d’être inculqué dès le plus jeune age, devient encore plus logique” C’est bien pour cette raison que tout le monde ne vote pas pour une augmentation de l’aide sociale ni pour la hausse des salaires, ni pour une réduction des inégalités…..Quand l’économie se politise dans nos cerveaux celle ci devient LA POLITIQUE. Notons à décharge que notre démocratie est polluée depuis 15 ans par un épouvantail agité à chaque élection, qui se nomme Le Pen et qui surfe en politique avec des propositions d’extrême gauche. Les électeurs les plus soucieux de réduire les inégalités sociales ont voté Macron pour éviter Le Pen. Ils se retrouvent avec un code du travail laminé, un ISF supprimé et la vente des actions publiques…. Et un FN décomposé prêt à resurgir aux prochaines élections avec l’aide de nos grands médias. Ils ont déjà commencé en affirmant que si les français votaient aujourd’hui Le Pen obtiendrait le même score qu’à la présidentielle au 1er tour. Ce qui est sûrement faux eu égard à la Bérézina actuelle de ce parti.


    • marc Le 28 octobre 2017 à 15h47
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      moi je déresponsabilise les citoyens, car ils subissent un lavage de cerveau dès l’école primaire


  5. IFUKU Le 28 octobre 2017 à 10h11
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    Tiens, il existe encore Régis Debray ? C’était le grand philosophe qui disait tout et son contraire du moment que ça plaisait au pouvoir en place.


    • Madudu Le 28 octobre 2017 à 11h22
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      Cette intervention a au moins ça d’instructif : il semble bien que peu à peu nos “élites” prennent acte de la nouvelle direction que le peuple prend en France, s’en accommodent et même l’intègrent à la bouillie informationnelle quotidienne.

      Depuis l’élection de Macron (à peu près) je trouve qu’il y a plus régulièrement qu’avant des contradictions dans les “débats” sur France Info (c’est ma principale source de propagande, pour savoir à quoi le reste de la population est exposée).

      Certes nous n’en sommes pas arrivés à des propos construits et cohérents, mais quand même il y a un changement évident dans le ton adopté, dans les thèmes abordés, dans les postures autorisées.

      Je suspecte une révolte du grand capital local, actuellement sous le feu des apatrides qui dilapident aussi vite qu’ils le peuvent tout ce qui est encore français. Le capital local est aujourd’hui, je pense, l’allié objectif des patriotes.

      Ce qu’il ne sera pas toujours et sur tous les plans, mais quand même aujourd’hui j’ai l’impression que notre “etablishment” s’est divisé et que pour une des parties une convergence de vue provisoire avec la population est un passage obligé.


      • Chris Le 28 octobre 2017 à 13h17
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        Pur contrefeu pour annihiler les résistances qui se lèvent de partout (CETA, glyphosate, immigration, fiscalité dévorante, chômage, privatisation en douce de l’éducation, de biens nationaux et de production, médias menteurs etc…).
        Même si ce n’est pas publiquement comptabilisé, les Français ressentent intuitivement l’effondrement en cours de la France à travers leur vie quotidienne.

        Est-ce que des Debray suffiront à désamorcer les résistances ? Je n’ai pas de réponse.


        • Madudu Le 28 octobre 2017 à 16h37
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          Il y a tellement de résistance que personne dans le paysage politique médiatisé ne propose de sortir ni de l’UE, ni le l’Euro.

          Tellement de résistance que le CETA doit être ratifié l’année prochaine après avoir fait semblant de l’avoir modéré, que les chiffres du chômages sont toujours en hausse -alors qu’ils sont bidonnés-, que le patrimoine industriel national est bradé à l’étranger, que la privatisation des services publiques accélère comme jamais, que toujours personne à part la mère Le Pen ne remet en cause la politique migratoire, que les ultra-riches sont peu à peu exemptés d’impôts, …

          La résistance, de mon point de vue, est quand même très limitée. Et surtout, elle est complètement sous contrôle : la majorité est encore largement sous influence de la propagande mondialiste, ou bien croient que Mélenchon propose quelque chose …

          Concrètement il n’y a pas de résistance à désamorcer aujourd’hui, il n’y a guère que du mécontentement sans forme bien définie ni organisation.


          • Raphaël Le 29 octobre 2017 à 10h16
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            Le système a encore plusieurs coups d’avance et peut choisir ses ennemis. La résistance organisée est bien mal barrée. J’ai l’impression que plutôt que d’attendre l’homme providentiel, il vaut mieux admettre que c’est chacun d’entre nous l’homme providentiel, et que l’échelle d’action est la famille, pour l’instant.


  6. Albert Le 28 octobre 2017 à 11h49
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    Et si c’était l’inverse, sur le plan historique, à savoir que le Politique (incarné par des humains, et des classes sociales dominantes) aurait permis que l’Economique (le marché intégral, la compétition commerciale tous azimuts, etc) devienne une fatalité anthropologique incontournable (représentée par une idéologie aujourd’hui planétaire: le libéralisme total) ? Debray, en fait, sous entend que l’acteur révolutionnaire n’existe plus: ce message en filigrane consiste à laisser croire qu’il ne sert plus à rien de contester, ce qui laisse le champ livre à toutes les bourgeoisies du monde pour s’imposer. Et c’est par exemple ce qui se passe en Catalogne: une Bourgeoise (minoritaire) au pouvoir dans sa Generalitat, au nom d’un bel idéal, refuse que son fric paie les assurances sociales des Espagnols (d’abord), mais demain celles des Catalans (aussi). Le Politique reste bel et bien maître de l’Economique: mais il manque la parole des Prolétaires écrasée par le tintamarre des Bourgeois.


    • Chris Le 28 octobre 2017 à 13h24
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      “une Bourgeoise (minoritaire) au pouvoir dans sa Generalitat, au nom d’un bel idéal”
      Un “bel idéal” que partage l’Allemagne et ses excédents faramineux (en réalité la sommes des déficits de la zone euro !), en refusant les transferts intra-européens qui couteraient 8 à 12% de son PIB (voir le récent billet de Sapir).
      C’est le serpent qui se mord la queue et qui du même coup rend les populations impuissantes.

      Un tintamarre millimétré par les tenants du néolibéralisme mené par les grands banquiers.


    • Fritz Le 28 octobre 2017 à 14h28
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      “une Bourgeoise (minoritaire) au pouvoir dans sa Generalitat” : je suppose que vous avez voulu écrire “une bourgeoisie”. Minoritaire ? Elle a obtenu la majorité au parlement de Catalogne, l’instance légitime qui dirige le pays, et le référendum a donné une majorité écrasante de suffrages exprimés en faveur de l’indépendance. Certes, la participation était faible (42-43 %) mais elle aurait pu dépasser les 50 % si Madrid n’avait pas tout fait pour troubler le scrutin. Et rien ne dit que les abstentionnistes sont des unionistes : les unionistes convaincus ont voté non au référendum du 1er octobre.

      Maintenant, @Albert, si vous voulez vous défouler, vous n’avez qu’à lire les éditoriaux du Monde. Ils se surpassent en ce moment dans l’anti-catalanisme.
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/28/catalogne-place-a-la-democratie_5207255_3232.html


      • L’Édo-fascisme est un Humanisme Le 28 octobre 2017 à 16h34
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        Il faudrait aller au-delà des apparences. En réalité, le gouvernement et son maître, l’Union Européenne sont POUR l’indépendance de la Catalogne, tout en faisant mine de s’y opposer au nom de l’unité du pays, et par exetension, d’une unité de l’Europe.

        En réalité, ce véritable coup de pieds dans la fourmilière qui satisfait l’ego d’une minorité de nantis catalans cherchant à s’extraire de l’Espagne politique, est perçu comme un bon moyen pour le gouvernement espagnol, dans un premier temps, de créer le chaos (méthode oligarchique éprouvée…) afin ensuite, une fois la rébellion matée, de reconfigurer le pays en l’agrégeant à d’autres régions limitrophes extra territoriales, comme cela est également en vue pour TOUTES les régions, provinces où Länder d’Europe, histoire de répondre à un maillage d’ordre logique visant à un meilleur contrôle des populations et à une fluidification accrue des échanges de plus en plus liquide et efficients.

        La carte du monde comme une carte réseau et le rêve de déshumanisation transhumaniste sera accompli. Input/Output


        • Fritz Le 28 octobre 2017 à 19h40
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          Bref : le gouvernement de Madrid interdit le référendum du 1er octobre, mais c’est parce qu’il est pour. Ses policiers emportent les urnes, mais c’est pour assurer la réussite du référendum. Rajoy destitue Puigdemont, mais c’est pour l’aider à triompher. Tusk, Merkel et Macron apportent leur appui à Madrid, mais c’est parce qu’ils sont POUR l’indépendance de la Catalogne.

          Raisonnement imparable, et irréfutable. Blindé contre les faits “qui ont l’infériorité d’être” (Clemenceau).


          • L’Éco-fascisme est un Humanisme Le 28 octobre 2017 à 20h02
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            Vous n’avez strictement rien compris, mais vous faites partie de la majorité des personnes totalement aveugles face aux enjeux en cours. Ce n’est pas grave. L’avenir me donnera raison dans un délais de 4 ou 5 ans. Hélas…


        • Fritz Le 28 octobre 2017 à 20h06
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          (suite) Non pas que je nie le projet de “déshumanisation transhumaniste” que vous décrivez fort bien. Mais sur le plan territorial, il passe par le déracinement, la disparition des régions historiques ou des départements français au profit de régions artificielles, style “Grand Est” ou “Auvergne-Rhône-Alpes”. Le saccage des cantons en 2015 (sous prétexte de parité) et les fusions de communes vont dans le même sens.

          Quoi qu’on pense du nationalisme catalan, la Catalogne n’est pas une région artificielle.


          • L’Éco-fascisme est un Humanisme Le 28 octobre 2017 à 20h15
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            Sur ce point je vous rejoins entièrement. La déterritorialisation est à l’œuvre, partout, au nom de la mobilité, afin de « booster » (comme disent les kons) la sacro-sainte « compétitivité ».

            Relire Vivre et penser comme des porcs de Gilles Châtelet et réfléchir à la notion de « petit entrepreneur de soi-même » de Loïc Waquant quand il annonçait presque 20 ans à l’avance l’ubérisation de la société.

            L’ultra-libéralisme oligarchique est une secte, nous serons l’Inquisition qui l’éradiquera définitivement de la surface de la terre, dussions-nous pour cela utiliser tous les moyens pour parvenir à cette nécessaire purification de l’espace mental et naturel de l’Homme !

            Ils sont les Unter-menschen qui salissent la dignité humaine. Nous seront l’antidote radical à ce poison.


            • Fritz Le 29 octobre 2017 à 00h08
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              Hmm… (Éco)-Fascisme, Untermenschen, Inquisition, purification : non merci. Les autodafés, très peu pour moi.


    • black micmac Le 28 octobre 2017 à 23h34
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      les “gens”, même si je n’aimes pas ce mot, oublient qu’une mafia, quelle soit nationale ou régionale reste une mafia.


  7. reneegate Le 28 octobre 2017 à 12h04
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    “La politique est morte, et ce n’est pas le vieux despotisme économique qui peut lui succéder.” J.Coupat (https://lundi.am/Retour-du-retour-de-l-ultra-gauche)


    • javel jav Le 29 octobre 2017 à 00h47
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      Snif, sortez le prozac et les mouchoirs…

      Il ne faut pas vendre la peau de la politique etc.


  8. Julie Le 28 octobre 2017 à 14h15
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    Très bonne émission sur l’histoire de la Catalogne (sur 1000 ans)
    rediff de 2013
    https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/la-catalogne-toujours-dissidente-jusquou-0


  9. Julie Le 28 octobre 2017 à 16h02
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    Une ONG active en Irak et Syrie à soutenir de toute urgence, en attendant le procès de nos dirigeants
    http://www.rfi.fr/emission/20171028-elise-boghossian-rediffusion


  10. Fritz Le 29 octobre 2017 à 01h11
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    Mea culpa. Je viens seulement d’écouter les propos de Régis Debray en entier. Eh bien, il se défend rudement bien.

    A Guetta qui parle de “Poutine” comme l’un des trois dangers qui peuvent fédérer l’UE : “Je ne parlerai pas de Poutine, car la Russie fait partie de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural…” (3’20)

    A propos de la “défense européenne” : “Écoutez, pour le moment, c’est une farce (…) on a fait l’Europe pour ne plus faire l’histoire, parce que faire l’histoire, c’est fatigant (…) donc voilà, on a pris notre retraite…” (à partir de 4’08)

    Demorand lui ayant lancé à propos du Venezuela : “Ça… ça vire à la dictature ?”, Debray démonte le piège : “J’ai le tort, n’étant pas néoconservateur, de ne pas diviser le monde en deux camps : les démocraties versus les dictatures. Ce simplisme, généralement, nous mène à des expéditions funestes.” (13’45)

    Chapeau, M. Debray. Mes respects.


  11. Emmanuel Le 30 octobre 2017 à 14h12
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    Super, avec son ton sarcastique, un brin ironique, plein de finesse et de profondeur….J’espère qu’il ne va pas prendre sa retraite de sitôt ! Son Gallo-ricain ne manque pas d’humour – tragique (on se croirait presque dans Astérix et Obélix, et le village gaulois…). Non, l’histoire n’est pas finie, même si elle est souvent tragique !


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