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2.février.20202.2.2020 // Les Crises

Robert Badinter, le macronisme révélateur des impostures

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Source : Vu du droit, Régis de Castelnau, 28-01-2020

Dès 1968, j’ai su à qui on avait affaire avec Daniel Cohn-Bendit et ses copains. Toute leur trajectoire était inscrite dans l’imposture qui nous fut alors infligée. Il était à la tête du combat des petits-bourgeois qui en mai 68 faisaient leur 14 juillet contre le mai ouvrier. La crapulerie finale de son ralliement à Macron n’est finalement que la signature et nous montre le macronisme comme un révélateur final de la réalité de ces impostures.

C’était pareil avec tous ces gauchistes, trotskistes, maoïstes donneurs de leçons, ces « intellectuels de gauche » qui toisaient le peuple et surtout les ouvriers de façon méprisante. Ils ont à peu près tous trahi, et c’était pour moi évident dès le départ. Et je n’ai ressenti aucune surprise de voir se presser les survivants derrière Emmanuel Macron.

Quant aux socialistes, ils nous prenaient par la gauche, comme par exemple Chevènement et ses amis qui nous donnaient des leçons de marxisme, et nous expliquaient qu’eux étaient à gauche, Mais nous à l’est… Ils ont pourtant à peu près tous accompli le chemin qui les a amenés derrière Hollande puis derrière Macron. Et Jean-Pierre Chevènement l’homme qui n’a servi à rien, de célébrer béat le triomphe de la méritocratie républicaine avec l’élection d’Emmanuel Macron !

Il fut cependant un temps où on pouvait compter sur eux pour la défense des libertés. Je me rappelle les combats menés avec des gens que je considérais comme des camarades. Hélas c’est fini, complètement fini. Ils ont rallié Macron en gros bataillons et soutiennent tranquillement la mise en place d’un régime liberticide. Il n’en reste qu’une poignée, fidèles à leur amour de la liberté avec à leur tête le grand Henri Leclerc, l’arbre qui ne cache plus la forêt.

J’ai toujours été circonspect à propos de Robert Badinter. Intelligence, charisme et prestance incontestables, il commença à apparaître en duo littéraire avec Jean Denis Bredin. Lorsqu’ils se mirent à écrire leurs articles chacun de son côté, nous pûmes constater méchamment lequel des deux était la plume. Cependant le combat de Badinter contre la peine de mort fut admirable, qui commença vraiment avec l’exécution de Bontemps condamné à mort par la cour d’assises de l’Aube, et qu’il accompagna au pied de l’échafaud. Malgré ce traumatisme il retourna devant les mêmes assises de l’Aube pour un combat que l’on disait perdu d’avance pour sauver la tête de Patrick Henry le tueur d’enfants. Ayant relevé ce défi avec un courage extraordinaire, il le remporta magnifiquement. Par la suite, François Mitterrand eut le courage politique dans sa campagne électorale de 1981 de s’engager à abolir la peine de mort s’il était élu alors que les Français y étaient majoritairement opposés. Robert Badinter Garde des Sceaux porta pour lui ce combat avec une incontestable grandeur à l’Assemblée nationale. Il l’incarne encore aujourd’hui et c’est justice.

Mais malheureusement ce fut tout. Médiocre Garde des Sceaux il laissa le service public de la justice, dans l’état d’un parent pauvre de la république. Il toléra beaucoup trop de choses dans ce début des années fric. Puis président du Conseil constitutionnel, il en accentua la dérive juridictionnelle qui a fait de cet organe un outil de limitation de la souveraineté du peuple. Il a enfin rejoint le confort du Sénat occupant un siège en remerciement de ses mérites. Pendant tout ce temps, intégré à la grande bourgeoisie à laquelle il appartient, il a incarné une sorte de grande conscience, ce qui n’était pas complètement usurpé, statut entretenu par quelques interventions en général sans grand écho.

Aussi, il n’y a pas lieu d’être surpris de la sortie qu’il vient de faire sur un plateau de télévision, ou enfilant l’uniforme du commandeur et affichant une intense colère surjouée il a dénoncé avec vigueur la présence dans une des marches aux flambeaux des luttes contre la réforme des retraites, de deux manifestants portant des piques au bout desquelles figuraient des répliques de la tête d’Emmanuel Macron.

Il a exprimé sa mâle colère de la façon suivante : « Rien n’excuse ce degré de violence non pas physique encore, mais verbale. Rien. La représentation d’une tête au bout d’une pique, qui n’est rien d’autre que la guillotine, est pour moi absolument, totalement, condamnable. On ne peut pas admettre dans la République française, dont je rappelle la devise, que quelque homme politique que ce soit, quelque femme politique que ce soit, on promène sa tête au bout d’une pique avec ce que cela signifie. Ce n’est pas admissible ! Je le dis du fond du cœur, aucune cause ne justifie cela, aucune. Vous avez tous les moyens, toutes les libertés, mais PAS la violence physique ! »

Mais dites-nous, Monsieur Badinter, la violence physique depuis plus d’un an ce n’est pas ce qui a manqué. Le déchaînement des violences policières avec leur terrible bilan vous a laissé muet et encore cette fois-ci vous n’en avez pas dit un mot. Vous ne montez sur vos grands chevaux que pour une violence symbolique très marginale. Sans rien dire sur ce que subit le peuple français de violences politiques, de violences sociales et de violences physiques tout court. Et quand vous ajoutez que les opposants « ont tous les moyens, toutes les libertés » c’est simplement un mensonge. La liberté d’expression est lourdement mise en cause dans notre pays quand des gens sont condamnés à de la prison pour avoir scandé « Castaner assassin » dans une manifestation. Quand des lois liberticides sont adoptées en cadence comme la loi fake news, la loi anticasseurs (la liberté constitutionnelle de manifestation est une liberté d’expression), l’effrayante loi Avia, sans que cela provoque chez vous la moindre contrariété. Pas plus que la répression de masse du mouvement social des gilets jaunes avec ses 3000 condamnations pénales et ses 1000 peines de prison infligées dans des conditions de légalité approximatives et dans une urgence complètement anormale. Les milliers de gardes à vue préventive (!) qui sont autant de séquestrations arbitraires ne vous ont guère ému non plus. En revanche, vous tonnez et sonnez le tocsin pour deux initiatives peut-être malvenues mais en tout cas sans aucune conséquence.

Cette sortie consternante a été mise par beaucoup sur le compte du grand âge. C’est à la fois insultant et faux, Robert Badinter ayant fait consciemment ce qu’il pensait nécessaire. Prendre la défense d’un régime qui entretient désormais des rapports lointains avec une démocratie représentative républicaine, mais qui protège les intérêts de sa classe.

C’est peut-être désolant, mais aujourd’hui Robert Badinter est dans le même camp que le préfet Didier Lallement.

Source : Vu du droit, Régis de Castelnau, 28-01-2020

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calal // 02.02.2020 à 08h01

A la fin,il n’y aura que deux cotes a la barricade:soit vous etes du cote du pouvoir soit vous etes dans la contestation.Menager la chevre et le chou sera de plus en plus difficile,il faudra choisir.
La direction qu’a pris le pays est clair: pression sur les travailleurs pour payer les erreurs du capital financier,baillon sur les libertes.Et ca continuera dans cette direction tant que les citoyens ne diront pas stop,tant au niveau individuel que collectif.

67 réactions et commentaires

  • calal // 02.02.2020 à 08h01

    A la fin,il n’y aura que deux cotes a la barricade:soit vous etes du cote du pouvoir soit vous etes dans la contestation.Menager la chevre et le chou sera de plus en plus difficile,il faudra choisir.
    La direction qu’a pris le pays est clair: pression sur les travailleurs pour payer les erreurs du capital financier,baillon sur les libertes.Et ca continuera dans cette direction tant que les citoyens ne diront pas stop,tant au niveau individuel que collectif.

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    • Charles // 02.02.2020 à 11h49

      J’espère pour ma part qu’on essayera encore de ménager la chèvre et le choux, qu’on pourra avoir des points de vue différents et des désaccords sans nous sentir ennemis, sans passer par les barricades.
      Bref pas vraiment l’état d’esprit de ce billet qui, a part nous livrer tout le mal qu’il pense d’untel ou untel, ne nous apprend quoi? Qu’il toujours su que les (des) trotskystes etaient des imposteurs. Ca fait tellement plaisir de détester quelqu’un

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      • Traroth // 02.02.2020 à 18h01

        On n’en est plus là. L’état français n’est désormais plus qu’une machine à réprimer brutalement le mécontentement. Le mécontentement de millions de gens auxquels on impose des mesures qui leur ôtent les moyens de vivre. Les choses sont aussi simples que ça. En ne voyant là qu’un abstrait débat d’idées, alors que le camp de ceux qui ont des idées qui déplaisent au pouvoir se fait mutiler et emprisonner sans que vous ne vous en souciez, vous vous rendez complice des crimes de Macron. Effectivement, il n’y a que deux côtés à une barricade. Celui des Français ou celui de Macron. En choisissant celui de Macron, vous faites des Français vos ennemis.

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        • Charles // 03.02.2020 à 08h23

          « En choisissant celui de Macron, vous faites des Français vos ennemis. »

          Vision très manichéenne et excessivement clivante: oui les orientations politiques, sont multiples et divergentes, ce n est pas nouveau.
          Heureusement (pour moi) dans notre pays, la grande majorité de la population accepte pacifiquement de ne pas être d’accord et de s’en remettre à des règles d’arbitrages plutôt qu’à des barricades et des anathèmes. Ouf, pourvu que ca dure.

          Je précise que je suis favorable à la critique du pouvoir exécutif et de sa police en particulier. Je n’apprécie pas du tout les violences policières, je n’apprécie pas particulièrement l’attitude des gouvernants, ni l’orientation de certaines lois.

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          • Traroth // 03.02.2020 à 08h29

            La majorité de la population a peur d’être mutilée par la police et n’ose plus manifester. Ou travaille dans le privé et a peur de se faire licencier si elle se met en grève. Ou a manifesté un certain temps (record) et ne peut plus se le permettre. C’est ça, la réalité.

            Un fait que vous ne pouvez pas contester, c’est que le gouvernement ne tient aucun compte des grèves et des manifestations, qui sont juste réprimées dans le sang (ce que vous évitez soigneusement d’évoquer). Cela légitime tous les modes d’action, même les plus violents. Si Macron n’écoute pas les Français, il faut qu’il parte, ou sinon il sera tout à fait normal que sa tête finisse au bout d’une pique.

            « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs », Constitution de 1793, article 35.

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            • Charles // 03.02.2020 à 10h39

              « le gouvernement ne tient aucun compte des grèves »

              Vaste sujet. Le gouvernement doit-il abandonner un projet de lois quand il y a des grêves? (On est loin de la greve générale)
              Pour moi non. Quand le gouvernement hollande fait passer le mariage pour tous, quand jospin fait passer le pacs, quand mitterand fait passer l’abolition de la peine de mort, devaient-ils renoncer à cause des manifestations ?

              Vous dites pudiquement « on ne nous ecoute pas », mais etes vous prêt à accepter un compromis avec ce gouvernement et ce parlement ?
              Pour la france insoumise, par exemple, la réponse est « non », ils assument d’etre en totale opposition.
              Il me semble heureux qu’un groupe minoritaire n’est pas le dernier mot.

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      • Narm // 02.02.2020 à 22h41

        non, non, Charles, la nuance n’existe plus. Ou vous êtes pour « l’état de droit » ou vous êtes un « radicalisé » 😉

        dans tous les cas, si vous n’êtes pas « pour » la loyauté, la layicité, charlie, larépublique FRANCçaise, vous êtes un ennemi.

        eh oui, il vous faut choisir un camp, comme l’a si bien dit le préfet machin digne d’un fil sur la gestapo.

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    • Soizic // 02.02.2020 à 14h11

      Attention, Callal, le « pays », ce n’est pas le gouvernement, gouvernez vos paroles!

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    • Recits d’Yves // 03.02.2020 à 09h52

      Je ne crois pas que ce soit le pays, au sens société civile, qui s’est engagé dans la logique de l’affrontement. J’y vois davantage l’expression des craintes de ceux qui ont le pouvoir et qui, à tort ou à raison, estiment qu’ils sont potentiellement en danger en raison des colères du Peuple qu’il manifestera de plus en plus face aux politiques de guerre sociale engagées contre lui.

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  • nulnestpropheteensonpays // 02.02.2020 à 08h03

    Charité bien ordonnée commence par soit meme ! Toutes ces personnes victimes des violences policière ne doivent rien attendre , ni de la justice , ni de la démocrassie ! Par contre si j’étais amené a être juré lors d’un procès d’assise contre un gilet jaune qui aurait fait respecter ses droits par la seule voie qui lui reste , je l’acquitterai ! Et tout les Français se doivent de faire la meme chose dans tout les tribunaux de France !

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    • Fpole // 02.02.2020 à 09h15

      Personne ne peut être juré lors d’un procès gilet jaune, ce n’est jamais du pénal. Pour ça il faudrait qu’un ministre, un préfet, un policier… soit grièvement blessé.
      Et même en cas de blessure grave, il n’est pas certain que le procureur souhaite un procès au pénal s’il peut l’éviter, il y aurait un risque d’acquittement.

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    • astap66 // 02.02.2020 à 09h16

      Il ne faut toutefois pas renoncer à user de la voie judiciaire, tout simplement pour mettre les juges et le pouvoir face à leurs contradictions.
      Comme aujourd’hui encore, certains continuent de mettre en cause les « barèmes » en matière de licenciement, ou à se constituer partice civile après des violences policières.
      La classe dominante a pu déformer les lois en sa faveur, Elle peut avoir une magistrature de classe, composée à plus de 50% d’enfant de la bourgeoisie, mais les contradictions de leurs décisions avec le grand principe de liberté (car il est de moins en moins fait référence à l’égalité ou à la fraternité),dont ils continuent de se réclamer, seront de plus en plus exposées au grand jour…

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      • bm607 // 02.02.2020 à 11h31

        Les juges en face de leurs contradictions ça c’est quand ça les arrange et que ça touche leur petit pré carré, par exemple quand le chef de la justice (libre et indépendante on vous dit) marche de manière un peu trop visible sur leurs plate-bandes et qu’il faut sauver les apparences :
        « Affaire Sarah Halimi : la Cour de cassation répond à Emmanuel Macron

        Chantal Arens et François Molins rappellent a minima que «l’indépendance de la justice est une condition du fonctionnement de la démocratie.» Le chef de l’Etat avait déclaré que le besoin d’un procès dans cette affaire était «là». »
        https://www.lefigaro.fr/actualite-france/affaire-sarah-halimi-la-cour-de-cassation-repond-a-emmanuel-macron-20200127?fbclid=IwAR2KFKdIOiiTzLl-09Hihx7E4akJBO0FgTIrEavi8UbOMoHRSldI79WrVrs

        Ca ne prête pas trop à conséquence, mais il est prié un tout petit peu de sauver les apparences, quoi.

        Parce que sinon absoudre ledit chef de la justice, ça ne les gêne pas même si ça semble en contradiction avec la « justice » :
        « Comment expliquer cette décision du parquet de classer sans suite le financement de la campagne d’Emmanuel Macron à Lyon ?

        Régis de Castelnau : Concernant la décision du parquet, autorité de poursuite sous la responsabilité du Garde des Sceaux, et donc du pouvoir exécutif on ne peut pour l’instant qu’émettre des hypothèses plus ou moins plausibles. Malheureusement, compte tenu des dérives des parquets depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, et des protections judiciaires dont lui et son équipe ont pu bénéficier, celle d’une décision du procureur de Lyon justifiée en fait et en droit est la moins crédible. »
        https://www.vududroit.com/2020/01/classement-sans-suite-pour-le-financement-de-la-campagne-de-macron-a-lyon-mieux-vaut-en-rire/

        Et donc :
        « …Les réseaux bruissent de l’information de la Légion d’honneur attribuée le 1er janvier dernier au procureur de Lyon qui a pris trois semaines plus tard la décision de classement sans suite.  »

        Alors que c’est beaucoup plus difficile quand c’est le dernier de cordée qui est touché par lesdites contradictions, et ça n’a pas l’air de les émouvoir on ne les a pas vu beaucoup manifester les juges (contrairement aux avocats).

        BM

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  • LibEgaFra // 02.02.2020 à 08h14

    La peine de mort a été rétablie en France (opérations homo, exécution de terroristes, arrestations qui se traduisent par la mort du prévenu [pas tant que ça…]), mais je n’ai jamais entendu Badinter à ces moments-là.

    Merci pour ce billet roboratif.

    PS: il n’y a plus de démocratie quand la Constitution n’est plus respectée.

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    • Fritz // 02.02.2020 à 09h00

      La peine de mort appliquée par la police contre Zineb Redouane, Philippe Ferrières, Cédric Chouviat et bien d’autres, cela ne choque pas M. Badinter, pas d’indignation télévisée. Pourtant ceux-là n’ont pas enlevé puis tué un garçon de sept ans, comme l’avait fait Patrick Henry, sauvé par la plaidoirie de Me Badinter.

      Et j’en viens au plus délicat. Régis de Castelnau concède une qualité à Badinter : son combat victorieux contre la peine capitale. « Cependant le combat de Badinter contre la peine de mort fut admirable… ». Et pourquoi donc ? Le père du petit Mathias Duchemin, enlevé, violé et tué par un criminel en 2006, doit-il trouver admirable la condamnation à vingt ans de prison de l’assassin de son fils ?

      Que l’on soit pour ou contre la peine de mort, sujet grave entre tous, on doit cesser de faire de son abolition une qualité intrinsèque, un brevet de haute moralité. Car Badinter a capitalisé là-dessus, et c’est à ce titre qu’il a surjoué l’indignation devant les images d’une tête allégorique au bout d’une pique.

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      • d’Aubrac // 02.02.2020 à 09h30

        Badinter qui surjoue l’indignation, comme vous l’écrivez avec raison Fritz, nous l’a beaucoup moins jouée, et même pas du tout, lorsqu’il fut établi que son mentor Mitterrand n’avait jamais cessé de gratifier de son amitié l’exécutant zélé de la chasse aux juifs ordonnée par les nazis (jusqu’à inviter le dit René Bousquet à l’Élysée en 1981 et à déjeuner dans sa résidence secondaire).

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      • JEAN DUCHENE // 03.02.2020 à 05h54

        désolé, mais l’abolition de la peine de mort inconditionnelle est précisément un marqueur des valeurs humanistes et de gauche (votre « sujet grave entre tous » est une belle hypocrisie). A ce titre, il faut reconnaître le mérite de Badinter qui est celui d’un bourgeois éclairé, ni plus ni moins. Et bien sûr, chez le bourgeois « éclairé » les valeurs humanistes passent après les intérêts de classe.

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        • Fritz // 03.02.2020 à 14h29

          Je ne conteste pas la sincérité de Me Badinter. En 1972, il a assisté à l’exécution de son client, Roger Bontems, et cela a dû le marquer terriblement. En réagissant de la sorte aux images de la tête factice sur une pique, il est cohérent avec ses convictions. Ce que je conteste, c’est le brevet de conscience morale qui lui est attribué d’office. Sans hypocrisie, je vous dis donc que le rétablissement de la peine capitale est pour moi une question légitime, une question politique à poser au peuple souverain.

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          • Seraphim // 04.02.2020 à 01h26

            Et surtout, quand bien même il y aurait « mérite » dans l’abolition de la peine de mort, est-ce à lui attribuer à lui? Pour une plaidoirie mise en scène, une indignation jouée comme au théâtre ? Un surf habile sur l’air du temps pour s’octroyer une médaille déjà bien patinée : l’abolition eut lieu en 1928 en Islande, en 1948 en Italie, 1949 en Allemagne, 1972 en Finlande, 1973 en Suède et au Royaume-Uni, 1976 au Portugal, 1979 en Norvège. Avec ou sans Bontems/Henry, avec ou sans les caméras et les trémolos, et même avec ou sans Mitterrand l’abolition aurait été votée en 1981! Comme le disait Talleyrand, suffit que les députés aient quelque beau discours à se mettre sous la dent (l’ego)…

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    • zeroudoudou // 02.02.2020 à 11h17

      vous dites « PS: il n’y a plus de démocratie quand la Constitution n’est plus respectée », encore faudrait-il que cette constitution soit de nature démocratique, or elle ne l’est pas, ce qui provoque peu de discussions au sein de nos élites, mais a logiquement amené à l’une des principales revendications des GJ, le RIC

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      • P. Lacroix // 03.02.2020 à 14h03

        Bonjour
        Pour revenir sur la peine de mort, je vais faire court, mais c’ est un des problèmes essentiels de la France.
        A l’ époque, un référendum aurait conservé la peine de mort. L’ assemblée  » représentative  » l’ a abolie.
        Au lieu d’ essayer et de tout faire pour convaincre le peuple, le pouvoir ( mamamouchis, oints du seigneurs…..selon les blogs ) de l’ époque a préféré passer en force.
        Les avocats au pouvoir, Mitterrand, Badinter et les autres ont choisi la facilité ! Quels avocats !!!!!
        Une des banderilles dont la France souffre.

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  • Fabrice // 02.02.2020 à 08h24

    Il est dommage que le père de l’abolition de la peine de mort effectivement se révolte dans certains cas mais soit si peu audible quand un de ses pairs demande que les forces de l’ordre tirent à balle réelle https://youtu.be/vIvfUbOh8As

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  • anatole27 // 02.02.2020 à 08h27

    En même temps c’est intéressant de revoir la vidéo dans toute sa longueur (21min41s)
    et de relire ce qu’il a dit, à chacun d’argumenter ensuite :

    https://www.youtube.com/watch?v=V7Z9aGxncaw

    18min03s … rien n’excuse ce degré de violence , pas physique encore, mais verbale, la représentation d’une tête autour d’une pique …

    19min15s .. derrière le symbole il y a la pulsion, et ici la pulsion c’est la haine et la volonté de détruire physiquement par cette représentation symbolique , physiquement l’adversaire …

    20min06s il y a des évidences dans une démocratie et la première c’est le refus de la violence physique, vous avez tout les moyens , toutes les libertés, … ce que vous voulez, mais pas la violence physique, pas l’agression des êtres humains, pas non plus la symbolique qui est celle de la mort, parce que la mort n’est pas compatible avec nos idéaux …

      +2

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    • Catalina // 02.02.2020 à 08h35

      On priera pour le repos de Madame Redouan, de Steve n’est-ce pas badinter ?

        +37

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  • sergeat // 02.02.2020 à 08h27

    La gauche française n’a jamais été de gauche depuis les années 50,si Badinter a aboli la peine de mort n’est ce pas pour blanchir Mitterrand qui a donné les pleins pouvoir à l’armée alors qu’il était ministre de l’intérieur ?,puis cette torture qu’il a avalisé il l’a utilisé pour discréditer ses adversaires.
    Nous avons trop de politiques prétendus de gauche qui ont compris qu’avoir un discours de gauche vous donne un aura intellectuel et une respectabilité cette manipulation phraséologique vous permet de vivre gracieusement sans vous salir les mains et aide nos oligarques à piller la France sous le manteau de la virginité .Tous les anciens maoïstes,trotskistes,….de 68 sont là maintenant pour nous expliquer que les gilets jaunes c’est pas bon,que la retraite doit être revue ….qu’il faut privatiser….que le Brexit c’est méchant….
    Et la nouvelle génération Glucksman,Hamon,….entre 2 avions nous explique que le peuple est populiste et doit être rééduqué

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    • zeroudoudou // 02.02.2020 à 11h20

      ou comme l’explique Michéa, la gauche n’a jamais été socialiste, elle a toujours représenté la bourgeoisie et ses intérêts

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      • Imo // 02.02.2020 à 16h39

        Ce serait, selon moi, plutôt :
        « Les socialistes n’ont jamais été de gauche, ils ont toujours représenté la bourgeoisie et ses intérêts »

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        • zeroudoudou // 02.02.2020 à 18h54

          Je n’entendais pas socialiste en tant que Parti Socialiste mais en tant qu’idéal du XIX développé entre autres par Marx, et j’entendais par gauche les partis comme le PS, qui précisément n’a jamais été socialiste mais a toujours été le parti de la défense des intérêts bourgeois comme il l’a été pendant 2 siècles. Mais c’est vrai que dans le langage courant on a tendance à confondre gauche et socialisme.

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  • Louis // 02.02.2020 à 08h50

    Si Monsieur Badinter s’indigne pour une photo de tête de Macron accrochée au bout d’une pique, alors j’attends aussi qu’il s’indigne sur le comportement de Macron arborant , tout sourire, un t-shirt « décoré » d’un dessin qui montre chat éborgné, allusion non déguisée aux blessures infligées aux GJ lors de leurs manifestations.

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  • Damien // 02.02.2020 à 09h00

    Badinter le grand humaniste s’est servi de sa fonction de garde des sceaux pour faire amnistier en 1981 par Mitterrand les responsables de la société Morhange qui ont commercialisé un talc ayant tué 36 nourrissons et handicapé plus de 100 autres enfants (séquelles neurologiques).
    Alors qu’on me dise que ce gars est un grand humaniste …
    Par ailleurs il se trouve qu’il était l’avocat de la société Morhange lors du procès !
    Encore quelqu’un pour honorer ce grand Monsieur ?

      +40

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  • Roger // 02.02.2020 à 09h12

    Ces indignations surjouées sont aussi révélatrices d’un positionnement que les lieux communs du journalisme atlantiste sur Cuba, le Venezuela ou la Russie…
    Moi aussi j’ai été assez surpris en 68 de la place prise dans les media par l’insignifiant et inconnu Cohn-Bendit.
    Sur France Inter hier un hommage à Gilles Caron et ses photos de journaliste de terrain. C’est lui qui est l’auteur de la fameuse Dany le Rouge face au CRS…hé! bien on apprend que lorsque « Dany » a vu Caron prêt à prendre une photo, il a mis en scène son affrontement avec le CRS juste pour le clic.Ce gars là avait surement reçu une formation d’agit’prop qu’il a bien valorisée dans toute sa carrière en révélant ce qu’il était au fond: Dany le Jaune…

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    • Chris // 02.02.2020 à 14h05

      « Moi aussi j’ai été assez surpris en 68 de la place prise dans les media par l’insignifiant et inconnu Cohn-Bendit »
      Observez ce qui se passe avec Guaido, Navalny, etc… : c’est la même engeance avec les mêmes parrains.

        +12

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  • lovlamour // 02.02.2020 à 09h24

    Bien écrit, on comprend tout…
    Les copains de celui qui cotoyait pétain, dit oui à la guerre d’Algérie et déclara une guerre à l’Irak, n’ont jamais été mes copains.

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  • Brigitte // 02.02.2020 à 09h33

    La défense de « nobles causes » par des politiciens à la tribune relève le plus souvent du sophisme!
    Badinter en est la forme la plus accomplie. Sa magnanimité envers les crimes est telle qu’il n’a jamais dénoncé les guerres de l’OTAN que la France a menées par pure allégeance aux USA, ni celle d’Israël contre la Palestine.
    Il va même jusqu’à recommander à l’état d’Israël d’abolir la peine de mort ….
    Le maniement du symbole est un art en trompe-l’oeil qu’il maitrise à la perfection. Alors, à ce stade de malhonnêteté intellectuelle, on comprend que l’effigie de la tête de Macron au bout d’une pique lui soit insoutenable!

      +17

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  • Santerre // 02.02.2020 à 09h33

    Excellent de Castelnau. Merci les Crises de publier cet excellent billet

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  • JP 73 // 02.02.2020 à 09h43

    Consternants propos de Badinter qui a comme beaucoup d autres avant tout une réaction de classe.bref quel intérêt de s entretenir avec ce grand bourgeois du passé ?

      +14

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  • Guy Mauve // 02.02.2020 à 10h19

    La hargne difficilement contenue de Badinter fait froid dans le dos. Qu’attendre de ces personnes qui veulent garder un pouvoir qui pourtant ne leur revient pas de droit ?
    A agiter en permanence le chiffon rouge communautaire, on ne peut qu’aider à déclancher une déflagration qui boulversera l’ordre établi, (enfin, ce qu’il en reste), pour longtemps.

      +6

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  • jmk011 // 02.02.2020 à 10h48

    D’accord dans l’ensemble avec l’analyse de M. de Castelnau sur les soixante huitards et ce qu’ils sont devenus, Cohn Bendit étant le plus emblématique de ces faux révolutionnaires qui ont fini par rejoindre Macron. D’accord également sur Badinter dont la colère anti gilets jaunes montre à quel point il est tombé.
    En revanche pas d’accord du tout à propos de Chevènement qui est un des rares à être resté fidèle à l’esprit de la vraie gauche antilibérale et anti Macron, cf à ce propos ses articles sous le nom d’Evariste dans sa revue hebdomadaire ResPublica.

      +18

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    • Malbrough // 02.02.2020 à 11h45

      Très juste et merci .
      Faudrait pas non plus que les intervenants RN qui avancent masqués et s’incrustent dans les crises nous prennent non plus pour des buses .
      Quant à certains leaders 68 huitards , autoproclamés révolutionnaires ,qu’ils soient devenus néoconservateurs et néolibéraux, ça commence à se savoir .

        +5

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  • fox23 // 02.02.2020 à 11h16

    Très bon De Castelnau, je serais tenté de dire comme d’habitude;

    Eh oui, Badinter dont le seul haut fait de sa carrière fut ce combat contre la peine de mort, est un grand bourgeois, avec des comportements de grand bourgeois. Il défend sa caste, les violences -supposées – ouvrières il les voient, celles infligées au Peuple par ses amis et soi-disant camarades, circulez, il n’y a rien à voir !

    Fermer les usines et contraindre les salariés à la misère, ce n’est pas une violence, raboter leur future retraite ce n’est pas une violence non plus, tout comme de fermer les hôpitaux et autres services publics.

    Il est probable que pour que les choses changent vraiment il faudra dépasser le stade de la parlote et du vote pour des candidats bidons se ressemblant tous, les différences étant plus au niveau du discours que de la réalité du comportement politique et des choix de société.

      +12

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    • zeroudoudou // 02.02.2020 à 11h24

      je n’ai jamais compris pourquoi on avait érigé Badinter comme référence morale, d’accord il a aboli la peine de mort, ce qui serait de toute façon arrivé sans lui, mais par ailleurs j’ai souvent été choqué par ses prises de position

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  • Manuuk // 02.02.2020 à 12h07

    Vous passez à côté d’un truc.

    Bourdieu aurait analysé l’organisation médiatique pour le forcer à dire ces mots. L’émotion est palpable, son masque est olus fragile. D’ailleurs on ne sait pas troo de quoi il parle.

    Je trouve cela dégueulasse d’inviter un homme de 92 ans et de lui montrer des têtes au bout de pic. L’image symbolique est très forte pour lui.

    Ces chroniqueurs sont des ordures machiavéliques.

    Je crois Badinter instrumentalisé

      +3

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  • mikatypa // 02.02.2020 à 12h12

    Personne ne commente le fond de cet article : nous ne sommes pas en démocratie !
    Le régime présidentiel exacerbé par la fin du septennat et la coordination des législatives avec la présidentielle, pour éviter la cohabitation, ont donné les pleins pouvoirs à un homme pour 5 ans. Et plus en jouant du chantage.. démocratique contre le RN.
    L’homme au pouvoir est un jeune blanc bec sorti de nulle part et qui estime que les français aiment avoir un chef… tout est dit.
    C’est l’explication des violences sociales auxquelles on assiste, symboliques ou réelles.. un pouvoir dans sa citadelle assiégée, ne sachant que verser le sang de son peuple.
    Ça me rappelle la cathédrale d’Albi, véritable forteresse de l’évêque pour se protéger de ses ouailles.. Faire le bien… malgré eux. Tuez les tous, Dieu…

      +8

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  • Glycogène // 02.02.2020 à 12h30

    Est-ce que qqun se souvient d’une campagne de pub diffusée sur France Inter pendant la guerre en Syrie, avec Badinter appelant à soutenir la fourniture d’armes aux opposants à l’EI ? On sait à quoi ont servi ces armes en fin de compte…
    Là aussi il y a des chances qu’il ait été manipulé.
    C’était diffusé plusieurs fois par jour pendant plusieurs semaines.
    Je ne retrouve pas de source, à part ma mémoire qui me joue peut être des tours.

      +5

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  • Loxosceles // 02.02.2020 à 12h36

    Au-delà de ça, assimiler la violence physique avec la peine de mort est vraiment très court. Je retiens surtout l’idée que la violence (contre le pouvoir) serait à bannir absolument et par principe… peut-être parce que c’est un des moyens de lutter, justement. Et cette question de la violence contre le pouvoir, en France, au 21e siècle, c’est vraiment un squelette dans le placard… Va-t-on vraiment y arriver en se contentant de défilés autorisés par ce même pouvoir ? Que chacun se pose la question en son âme et conscience, si c’est encore permis.

      +10

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    • Fritz // 02.02.2020 à 13h01

      Ce tabou de la violence populaire contre le pouvoir est incompréhensible, dans un pays qui a érigé la prise de la Bastille (14 juillet 1789) en fête nationale.
      A moins que le symbole ré-pu-bli-cain, avec défilé militaire et garden-party au palais, ne soit conçu pour étouffer le sens de l’événement ?

        +16

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  • Marie Colin // 02.02.2020 à 12h40

    Il y a trois sortes de violence
    La première , mère de toutes les autres , celle qui légalise et perpétue les dominations , les oppressions et les exploitations , celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés
    La seconde est la violence révolutionnaire qui naît de la volonté d’abolir la première
    La troisième est la VIOLENCE REPRESSIVE qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et le complice de la première violence celle qui engendre toutes les autres
    Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde en feignant d’oublier la première qui la fait et la troisième QUI TUE
    (( Don Helder Camara Evèque brésilien ))

    (Cité par Georges Lagier
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/special-direct/suivez-en-direct-la-greve-et-les-manifestations-du-9-janvier?debut_comments-list=15#pagination_comments-list)

      +17

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  • Santerre // 02.02.2020 à 13h45

    Pour ceux qui aiment bien rire un coup de bon coeur, je conseille d’aller sur le Midi Libre d’aujourd’hui lire l’absolue antithèse de cet article dans une chronique de notre ineffable [modéré] Christine Clerc où [modéré] se pâme pour Badinter. Exactement pour les mêmes raisons qu’il est ici honni.
    Savoureux de bêtise pure et d’affolement bourgrois.
    Décidément, V. Hugo avait déjà raison quand il déplorait que  » on n’imagine pas le niveau de stupide cruauté ou est capable de condescendre le bourgeois qui craint pour sa pièce de 100 sous. »

      +13

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  • FPOLE // 02.02.2020 à 13h54

    Petite erreur dans la rubrique mots clefs sous le titre de l’article :
    Macronisme, Vadinter

    « Vadinter » me fait penser aux 2 noms Vladimir(Poutine)/Badinter. A moins que Badinter soit un émule de Vladimir qui n’est pas exactement un tendre, mais lui au-moins, à une vision des intérêts bien sentis de la Russie. Ce qui n’est pas du tout le cas de Macron qui n’a qu’une vision des intérêts bien sentis des « élites ».

      +5

    Alerter
  • Gabriel51 // 02.02.2020 à 13h59

    Juste sauf sur Chevènement, qui aura plus apporté à la France que ses détracteurs. Le mot qui lui est indirectement imputé (« les communistes ne sont pas à gauche », ils sont à l’est ») est de Guy Mollet. Ses positions et actions sur l’école, Maastricht, l’Irak, la police de proximité valent le respect.

    Chevènement se trompe sur Macron et sur les Gilets jaunes. Même si l’on fait la part de son souci de préserver, avec son mandat d’ambassadeur spécial, les bonnes relations avec la Russie (ce qui n’est pas accessoire et renoue avec l’assertion qui lui fut rapprochée au moment de la rédaction du projet socialiste « L’axe de la détente passe par Moscou »), il devrait se désolidariser de Lallement et consorts. Il privilégie exagérément la question nationale au détriment de la question sociale, ne parvenant plus à faire le lien (ce que fit le CERES) entre les deux.

      +7

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  • Politzer // 02.02.2020 à 14h36

    Il n y a rien â redire sauf que si les Français réclament l instauration de la peine de mort, il est anti démocratique de s y opposer.
    Moi aussi je suis contre, à condition que les assassins commencent.
    A Giscard qui lui demandait ce qu il en pensait, ce vieux sage bourgeois d Edgar Faure lui répondit : » il n y a que ça d efficace ».

      +5

    Alerter
    • Paul // 03.02.2020 à 00h14

      a condition de ne pas se tromper de coupable….

        +4

      Alerter
  • Cool-Baba // 02.02.2020 à 15h16

    Quid des Alcôves Royales ?
    Il reste étonnant de lire que M.Badinter pourrait tout à la fois invectiver les gauchistes, pour cause de « dévoiement », & ne point discuter les « attitudes » très A-droites de Mme. Extrait: « Elisabeth Badinter écrivait dans L’Obs (courant juin 2000) : « Laissons entrer le particularisme dans la définition du citoyen et nous vivrons une sinistre cohabitation de ghettos différents. Je ne veux pas du communautarisme. La République est fondée sur l’abstraction de la règle, la généralité de la loi, pas la spécificité des individus et des communautés.» D’après J.Baubérot.

      +1

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  • Owen // 02.02.2020 à 15h23

    Un docteur un droit comme lui, s’il mérite ce titre, devrait savoir que la résistance à l’oppression est un des droits essentiels inscrits dans l’article 2 de la DDHC, qui a fondé la société française des hommes libres et égaux.
    Évidemment, ce n’est pas la télé dans le salon qui informe de la répression au minimum hebdomadaire du peuple qui réclame des droits démocratiques et économiques.

    Il connaît aussi sans doute l’article 35 de la constitution de 1793:
    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. ».
    C’est une très ancienne histoire: déjà les Igigi contre les Anunnaki… La caste dominante est réputée savoir gérer les affaires du pays, accumuler les connaissances et techniques, elle n’est pas réputée savoir partager le bien être dont elle jouit, hormis les promesses et le goût de l’effort.

    Puisque la France est reputée americanolâtrisée, il devrait prendre connaissance de cet extrait de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis (en commentaire suivant):

      +3

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    • Owen // 02.02.2020 à 15h25

      « Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.

        +3

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  • Marie Pan-Pan // 02.02.2020 à 15h51

    La République Française est, me semble t-il, issue d’une insurrection aboutissant à la Révolution.
    Avec des têtes au bout de piques tant en 1789 qu’en 1792 jusqu’à passer par la fenêtre celles de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
    Cette République ainsi fondée est celle dont se réclament nos dirigeants actuels tout comme le citoyen Badinter, qui en son nom dénonce la violence symbolique de cette photo.
    Tout comme Castaner l’an passé qui voulait poursuivre Drouet pour « appel à l’insurrection ».
    Bien que je trouve cette photo ridicule, qu’est-ce qui est absolument condamnable pour Monsieur Badinter? et bien qu’en République c’est le peuple (soit disant) qui a le pouvoir et qui légitime ainsi tout président élu. Et que donc on ne peut s’en prendre même symboliquement à son représentant absolu.
    Sauf que pour rappel notre banquier métrosexuel de Président a été élu avec 35% des votes exprimés au 1er tour et à cause de la désunion des français majoritairement contre lui au second tour.
    Alors oui je trouve que la légitimité du pouvoir est absolument, totalement dans les rues et sur les rond-points de France.
    En appeler à la République contre la violence symbolique qui est un rappel historique, je trouve cela…drôle.

      +6

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  • Victor // 02.02.2020 à 18h51

    Faible avec les forts, fort avec les faibles, épisode MCMXXVIII

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  • Actustragicus // 02.02.2020 à 20h02

    La tête de Macron au bout d’une pique n’est rien d’autre que l’expression d’un besoin profond de revenir aux fondamentaux de la République, la « res publicae », aujourd’hui confisquée par des intérêts privés.

    Dit autrement… on ne peut effectivement pas admettre dans la République française qu’on promène la tête d’un politique au bout d’une pique : la conclusion logique est donc que nous ne sommes pas en république – nous sommes en voie de retour à l’Ancien Régime.

      +5

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    • Narm // 02.02.2020 à 22h58

      parce qu’au fond, on y a toujours été. seul l’enrobage change

        +1

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  • Cornelius // 02.02.2020 à 21h15

    En ce qui me concerne je n’ai aucune estime pour un homme qui a contribué à l’abolition de la peine de mort. Dusse-je me mettre à dos un bon paquet de commentateurs de ce site pour oser commettre un tel crime de lèse-majeste peu conforme aux canons de la doxa de gauche largement en vogue sur ce site.

      +5

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  • Narm // 02.02.2020 à 22h54

    « Source : Vu du droit, Régis de Castelnau, 28-01-2020 »
    j’apprecie énormément ce Monsieur et ses articles.

    Vu du Droit, d’utilité publique.

    En ce qui concerne basd’Inter, il résonne comme les chiens de gardes

    mais il y a un truc qui a changé, il démontre par sa réaction qu’il a peur.
    ça lui fait peur la pique. Le bourgeois a les pétoches. Comme macron quand il se fait exfiltrer.

      +4

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  • Araok // 03.02.2020 à 08h48

    Refuser les honneurs c’est vouloir être honoré deux fois…

      +3

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  • rolland // 03.02.2020 à 11h41

    Synthèse intéressante, je serai curieux de savoir ce que celle-ci, plus globaliste, pourrait engendrer en terme de sentiments : https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2020/01/c389piphanie-zc3a9non-2020-version-pdf.pdf

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  • Maïkl Makfaïl // 03.02.2020 à 15h04

    Badinter encore une grande conscience creuse à une époque manquant cruellement de vrais intellectuels , une égérie ridicule dont le grand fait de gloire( remontant à des décennies quand même ) est d’avoir poussé à la fin de la peine de mort , ce qui est le cas dans la plupart des pays civilisés aujourd’hui et ne vaut pas à ses auteurs toutes les flatteries et toute la totemisation dont bénéficie Badinter sur la télé gauchisto-boboique française de sévice publique, ne semble pas le moins du monde choqué par tous ces yeux crevés, toutes ces mains coupées, tous ces pompiers agressés , toutes ces peines de prison expéditives, toutes ces racailles de cité qui viennent défoncer Paris pendant que les flics s’amusent avec Jeanine, 57 ans , mère seule au SMIC de 4 enfants . Une soupe et au lit le vieux !

    Quand à Chevènement, figure ultime de l’eunuque politique.

      +2

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