Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 13-09-2017

Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici), il convient de constater que celle-ci est un succès et qu’il est possible d’en tirer quelques enseignements opérationnels. Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a effectivement largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015 puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique.
La guerre est encore loin d’être terminée mais elle ne peut plus désormais être perdue par Assad. Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs à d’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs, que sur la scène internationale, où elle apparaît à nouveau comme une puissance qui pèse sur les affaires du monde et avec qui il faut compter.
Il est intéressant de constater d’abord que ces résultats ont été obtenus avec des ressources assez limitées, représentant par les forces engagées (4 à 5 000 hommes et 50 à 70 aéronefs comme force principale) et leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) environ le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région (1). On peut comparer aussi l’action de l’opération française au Levant Chammal (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros/jour) et qui, pour n’évoquer que le volet appui aérien, représente une moyenne de 6 sorties aériennes (dont une frappe)/jour pour 33 pour les Russes (2). Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une « productivité » opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français. Cela tient à plusieurs facteurs.
L’intérêt stratégique de l’empreinte lourde
Le dispositif russe, engagé massivement et par surprise, a d’emblée été complet. Il n’a pas été précédé d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine ajoutant des moyens nouveaux (chasseurs bombardiers puis avions d’attaque, puis hélicoptères d’attaque, puis pièces d’artillerie, etc.) ou élargissant leur emploi, au fur et à mesure de la résistance de l’ennemi ou pour « montrer que l’on fait quelque chose » à son opinion publique. Cette stratégie du « poker » peut parfois avoir un sens face à un adversaire avec qui on négocie, elle s’avère beaucoup moins efficace face à un adversaire, comme l’Etat islamique, à qui on laisse le temps de s’implanter et de s’adapter.
Lorsque la France est intervenue au Mali, en janvier 2013, elle ne l’a pas fait graduellement mais a engagé le plus vite possible l’ensemble de son corps expéditionnaire. De la même façon, la Russie a déployé un dispositif complet et cohérent à la recherche de l’atteinte d’un objectif clair, ce qui, là-encore, n’est pas le cas de la coalition pro-rebelle en Syrie. Ce dispositif aurait pu être matériellement cédé à l’armée syrienne (ou armée arabe syrienne, AAS, selon la dénomination officielle) ou aurait pu être servi clandestinement par des Russes, comme pendant la guerre de Corée ou en Egypte pendant la guerre d’usure contre Israël (1967-1970). Il a été au contraire parfaitement assumé, au contraire de l’« empreinte légère » américaine, et cela change la donne opérationnelle.
La guerre en Syrie est une guerre « mosaïque », c’est-à-dire qu’elle n’engage pas deux camps mais plusieurs, à l’instar de la guerre civile au Liban de 1975 à 1990. Ces camps et leurs sponsors ont des objectifs différents qui les amènent à converger ou diverger selon les situations, ce qui rend le conflit à la fois complexe et stable, les reconfigurations politiques annulant souvent le succès militaires d’un camp. Un paramètre essentiel est qu’en général les sponsors rivaux, en particulier les Etats-Unis et la Russie, n’ont aucune intention de s’affronter directement et évitent donc, pour en limiter le risque, de « se rencontrer ». Par voie de conséquence, l’ « occupation éclair » du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. C’est la stratégie du « piéton imprudent » qui traverse une route et oblige les conducteurs de voitures à s’arrêter, que l’URSS et la Russie ont pratiqué régulièrement. Dans la mesure où il est toujours possible de se tromper sur la réaction de l’autre, cela induit malgré tout une prise de risques. Les Soviétiques se sont, par exemple, trompés sur la réaction américaine après le déploiement de missiles nucléaires à Cuba en 1962 (pas assez rapide) ou sur celle des Afghans après leur intervention de décembre 1979 à Kaboul mais dans l’ensemble ils ont plutôt réussi. Ils sont ainsi parvenus à s’emparer de la Crimée sans même que l’armée ukrainienne ne combatte pour protéger son territoire. En Syrie, les hésitations américaines ont clairement réduit le risque d’un engagement.
A partir du moment où les Russes ont ouvertement planté le drapeau en Syrie et occupé l’espace, notamment aérien, les choses devenaient d’un seul coup plus compliquées pour les autres. S’il est possible de frapper l’AAS, comme le 18 septembre 2016, sans trop de dégâts diplomatiques, il n’en aurait sans doute pas été de même si les 62 morts avaient été russes (3). Il est significatif qu’un des premiers éléments du corps expéditionnaire russe à être déployé en Syrie ait été un dispositif antiaérien moderne avec quelques intercepteurs mais surtout, point fort russe, des systèmes sophistiqués de missiles sol-air ou mer-air, en particulier S-300 puis S-400. Il ne s’agissait pas de faire face à la menace aérienne rebelle, inexistante, mais bien d’imposer une « zone d’exclusion aérienne » aux autres acteurs extérieurs, en particulier les Etats-Unis, entravés de cette façon sur un théâtre d’opération pour la première fois depuis la guerre froide. Cela n’a pas empêché un appareil russe d’être abattu par l’aviation turque dès le 24 novembre 2015 (mauvaise anticipation et maladresse tactique), ni des frappes contre les forces et les infrastructures du régime de Damas, comme celle déjà évoquée ou encore celle du 8 avril 2017 par la marine américaine contre la base de Shayrat ou le 7 septembre dernier par l’armée de l’air israélienne contre le site de Mesayf. En juin 2017, deux drones d’origine iranienne ont été abattus ainsi que, et surtout, un avion Su-22 syrien au cours du premier combat aérien conduit par les Américains depuis 1999 (4).
Il faut cependant noter que les attaques du 8 avril et du 7 septembre ont été prudemment réalisées avec des missiles de croisière dans le premier cas et avec des missiles air-sol tirés depuis l’espace aérien libanais dans le second. Les accrochages de juin, de leurs côtés, sont survenues près des forces sponsorisées par les Américains, voire les forces américaines elles-mêmes placées à Tanf sur la frontière syro-irako-jordanienne, timide implantation des Etats-Unis en Syrie et désormais bloquée par les forces de la coalition de Damas. Ces actions témoignent certes de l’incapacité russe à interdire complètement politiquement et tactiquement le ciel ; par leur rareté et leur prudence, elles témoignent aussi et surtout que ce ciel est quand même dominé par les Russes.
Les Etats-Unis auraient pu jouer cette carte de l’exclusion du sol et au moins du ciel, par l’engagement de systèmes tactiques efficaces. Ils n’ont pas osé, hésitant longtemps à fournir du matériel sophistiqué aux factions rebelles, au moins jusqu’en 2014 pour les missiles antichars, et toujours pour les moyens sol-air. Ils ont encore plus hésité à engager ouvertement des unités de combat. Cela est devenu beaucoup plus difficile depuis l’intervention russe. L’« empreinte légère » est souvent aussi le témoin de la légèreté des objectifs politiques et de la motivation à s’engager pour les atteindre.
Le déblocage de la crise tactique
Par analogie avec la notion de crise économique selon Joseph Schumpeter, on peut définir la crise tactique comme […]
Suite à lire sur : La voie de l’épée, Michel Goya, 13-09-2017
Notes
[1] Russia’s Syria operation cost over $460 million — Putinhttp://tass.com/politics/863079 http://tass.com/politics/863079 ; How Much Has The Syrian Civil War Cost Russia And The US? http://www.ibtimes.com/how-much-has-syrian-civil-war-cost-russia-us-2336199.
[4] Self-Defense and Strategic Direction in the Skies Over Syria https://warontherocks.com/2017/09/self-defense-and-strategic-direction-in-the-skies-over-syria/

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47 réponses à Tempête rouge-Enseignements opérationnels de deux ans d’engagement russe en Syrie, par Michel Goya

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 07h18

D’un côté Michel Goya reconnaît l’efficacité de l’intervention russe mais, de l’autre, souligne les hésitations américaines, en restant ancré dans la vision atlantiste de contrôle du monde.
Affirmer, encore une fois, comme une évidence, que la Russie s’est “emparée” de la Crimée est un aveu de partialité puisque que, pour les russes et les criméens, il s’agit d’un retour à la mère patrie.
De même que fournir des armes aux rebelles sans distinguo fiable avec les mercenaires djihadistes dans le but de renverser le gouvernement syrien, présentait le risque d’une perte de contrôle, comme les talibans en Afghanistan, ce qui explique la prudence contradictoire dans la distribution des armes.
Les pays du Golfe combattent avec succès pour assurer leur souveraineté, avec l’aide de la Russie, contre la domination du camp atlantiste. Voilà la réalité. Les atlantistes n’ont pas eu les moyens de leur politique faute d’anticipation sur l’intervention russe et sont mis en échec.

  1. DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 07h18
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    D’un côté Michel Goya reconnaît l’efficacité de l’intervention russe mais, de l’autre, souligne les hésitations américaines, en restant ancré dans la vision atlantiste de contrôle du monde.
    Affirmer, encore une fois, comme une évidence, que la Russie s’est “emparée” de la Crimée est un aveu de partialité puisque que, pour les russes et les criméens, il s’agit d’un retour à la mère patrie.
    De même que fournir des armes aux rebelles sans distinguo fiable avec les mercenaires djihadistes dans le but de renverser le gouvernement syrien, présentait le risque d’une perte de contrôle, comme les talibans en Afghanistan, ce qui explique la prudence contradictoire dans la distribution des armes.
    Les pays du Golfe combattent avec succès pour assurer leur souveraineté, avec l’aide de la Russie, contre la domination du camp atlantiste. Voilà la réalité. Les atlantistes n’ont pas eu les moyens de leur politique faute d’anticipation sur l’intervention russe et sont mis en échec.


    • Pietka Le 21 septembre 2017 à 07h46
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      Effectivement s’emparer de quelque chose est facile quand le soi dissant cambrioleur est deja dans la maison et que le proprietaire du lieu Lui a deja donne la cle du coffre


    • Bollet Le 21 septembre 2017 à 08h53
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      “Les pays du Golfe”? Si vous voulez parlez de la Syrie et de l’Iran notamment, je crois que cette expression est partiellement incorrecte car ne concerne que l’Iran. A moins que vous affirmez que le Bahrein, le Quatar soient également dans une logique anti-atlantiste.
      Sans vouloir polémiquer inutilement, cordiales salutations.


      • DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 10h34
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        Précisons, dans ce cas, les pays du Golfe concernés par la résistance à la mainmise du camp atlantiste.


    • Ovuef2r Le 21 septembre 2017 à 08h54
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      Et si j’ai bien lu la phrase ce ne sont pas les russes mais bien les soviétiques qui se sont emparés de la Crimée !


      • DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 10h47
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        Il est vrai qu’une confusion, involontaire ou voulue, perdure entre l’URSS et la Russie.
        Cette dernière s’est libérée de l’emprise de l’URSS et par conséquent des autres pays membres. On pourrait même dire que la Russie s’est libérée de l’emprise du georgien Staline et de l’emprise de l’ukrainien Khrouchtchev. On pourrait même dire que la Russie est sortie du giron de l’URSS qui a été longtemps sous domination ukrainienne et géorgienne.Tout est question de présentation.
        Le camp atlantiste s’efforce de maintenir cette crainte de l’ex-URSS en l’attribuant à la seule Russie qui pourtant fut la première à s’en libérer.


      • Scytales Le 21 septembre 2017 à 14h05
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        Si l’on replace la phrase dans le contexte du paragraphe dans lequel elle se trouve, je pense qu’on peut raisonnablement dire qu’il ne s’agit que d’une maladresse syntaxique, comme nous pouvons tous en faire.


      • A. F. Le 21 septembre 2017 à 14h27
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        j’ai lu la même chose !
        Certaines personnes ont du mal à tourner la page et à passer de l’URSS à la Russie.
        C’est un indice quant à leurs préjugés inavoués.


    • JCH Le 21 septembre 2017 à 10h15
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      Votre commentaire est intéressant et plein de bon sens, mais il me semble que l’auteur, par sa première phrase “Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici)” précise d’emblée qu’il ne souhaite pas traiter des ressorts politiques, mais bien des aspects de pure tactique et stratégie militaire.
      Donc je ne pense pas qu’un jugement sur sa soi-disant “vision atlantiste” et sa partialité (ça reste largement à prouver à mon avis) soit pertinent sur la seule base de ce texte.


      • DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 10h53
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        C’est la phrase – “s’est emparée de la Crimée”- qui m’a fait réagir et qui correspond à ce que prétendent les atlantistes pour justifier les sanctions. Donc, c’est volontairement ou involontairement, une prise de position partiale en faveur du camp atlantiste.
        Ceci dit j’apprécie la reconnaissance de l’efficacité de la Russie dans ce texte et le cafouillage des atlantistes.


    • Gordion Le 21 septembre 2017 à 11h34
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      Oui, allez sur Twitter, et constatez comment les néo-cons, Tertrais, Schmitt, Mas et d’autres, citent Goya.
      C’et la raison pour laquelle Goya ne va pas au bout de son analyse, ainsi que vous l’avez fait remarquer.
      Bonne journée.


    • UnKnown Le 21 septembre 2017 à 11h36
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      “en restant ancré dans la vision atlantiste de contrôle du monde”
      Non, il fait un constat objectif sans prendre position, les USA ont été hésitants à se déployer (après que l’on soutienne ou non la position US, chacun sa religion). Pour le lire régulièrement sur Guerre et Histoire, il n’a pas grand chose d’un “atlantiste”, c’est un analyste militaire, qui fait de l’analyse, point… Et la Russie s’est bien emparée de la Crimée, ou alors je vit dans une autre dimension (idem, à chacun de se faire une opinion sur le bien fondé de cette annexion. Pour ma part c’était assez logique)


      • DUGUESCLIN Le 21 septembre 2017 à 15h06
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        Je pense que, historiquement, la Crimée a été annexée à l’Ukraine par le soviet suprême sous l’ukrainien Khrouchtchev et qu’après la fin de l’URSS la Crimée est retournée à la mère patrie russe, motivée par le coup d’état de Maïdan. La Crimée russe, au contraire, s’est dés-annexée de l’Ukraine. C’est ce que j’appelle vivre dans la vraie dimension.
        Au total les forces de l’OTAN ont échoué à “s’emparer” de la Crimée russe par Ukraine interposée.


        • WASTERLAIN Serge Le 21 septembre 2017 à 16h03
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          On peut également signaler qu’avant le coup d’état du Maïdan la Crimée a déclaré son indépendance en janvier 1991, sept mois avant que l’Ukraine ne le fasse.
          Après que l’Ukraine l’ait annexée, la Crimée déclare son indépendance en mai 1992 après s’être constituée en république en février 1992, mais se ravise par après en inscrivant dans sa constitution qu’elle fait partie de l’Ukraine.
          On voit donc que parler d’annexion de la Crimée par la Russie comme le font systématiquement nos médias dominants et leurs “experts” est un raccourci très engagé…
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_R%C3%A9publique_autonome_de_Crim%C3%A9e


        • Renaud Le 23 septembre 2017 à 07h15
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          Je pense que le terme emparer n’est pas trop mal choisi si on regarde l’action militaire. L’armée russe est bien intervenue en Crimée et sans son intervention, elle serait soit restée dans le giron ukrainien soit on serait au niveau du donbass.

          Retourner vaut plus pour une analyse historique, culturelle ou politique.

          Bàv


          • etoilerouge Le 24 septembre 2017 à 04h56
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            Les élections en crimée n’ont jamais eût lieu d’après vous? Assez de stupidités. Quant à la Russie antisocialiste ou pro capitaliste elle a réussi à perdre l’essentiel des peuples et territoires qui étaient sous la domination des tsars! Bravo la Russie eltsinienne et poutinienne, comme recul c’est très réussi, on n’en redemande!


      • fanfan Le 21 septembre 2017 à 20h26
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        A propos de la Crimée, je me permets de rappeler :

        L’article d’Arnaud Dotézac, paru dans la revue Market, Genève, numéro 118, septembre-octobre 2014, repris sur le site “les-crises.fr” dans lequel on peut lire l’analyse juridique que fait l’auteur, chargé de cours en droit comparé à l’Université de Genève et membre du Centre d’histoire et de prospective militaire suisse (CHPM), des événements de Crimée :
        http://www.les-crises.fr/l-ineptie-des-sanctions-economiques-par-arnaud-dotezac/

        Et la traduction intégrale en français par Karine Bechet-Golovko de l’article publié par le professeur Léonid Golovko intitulé “Le statut juridique de la Crimée” sur le site de l’agence d’information russe Tass :
        http://russiepolitics.blogspot.fr/2014/12/le-statut-juridique-de-la-crimee-ou.html


  2. Merlin Le 21 septembre 2017 à 07h37
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    C’est un plaisir de retrouver ici les réflexions de Michel Goya.


  3. isidor ducasse Le 21 septembre 2017 à 07h47
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    Aprés la seconde guerre mondiale, 2 puissances se sont partagées l’Europe et ont combattues pour étendre leur influence sur le reste du monde.

    Aprés l’effondrement de l’empire soviétique la désorganisation de l’économie et le recul technologique de la Russie, seule l’amérique, alors hyperpuissance, allait pouvoir diriger le monde, en être le “Gendarme”. Ils se sont alors livrés à un véritable pillage, bafouant le droit international en appliquant la loi du plus fort (l’histoire nous apprend que la loi du plus fort est toujours la meilleure).

    Mais voila, cette offensive a échoué en Syrie.

    La Syrie, est-ce comme la bataille de Stalingrad ou la wehrmacht qui descendait s’emparer des immenses ressources du Caucase, a été vaincue pour le premiére fois: un tournant de la seconde guerre mondiale qui marque le début de la fin pour l’empire…….. Allemand.


    • Renaud Le 23 septembre 2017 à 07h22
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      Si j’en crois Todd, et j’ai la faiblesse de le croire, l’empire allemand renaît de ses cendres tel le Phénix et dirige l’Europe.

      Lavoisier disait rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme


  4. JNX75 Le 21 septembre 2017 à 09h24
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    Trés interessant d’un point de vue tactique mais n’oublions pas que la réussite tactique de la Russie n’a pu être rendue possible que par la clarté de leur position stratégique.
    Leur but est clair depuis le début : sauver le régime Syrien.
    Les occidentaux en Syrie sont quant à eux prix dans des choix sans bonne option possible: si on renverse Assad on laisse de la place aux groupes radicaux, si on soutient les Kurdes on fâche les Turcs et on prépare la prochaine guerre avec les arabes; en Irak, si on s’appuie sur les milices chiites on fait le jeu de l’Iran et etc.

    Donc on ne peut pas comparer les deux opérations. Une bonne comparaison serait la deuxième guerre du Golfe : on prévoyait une conquête de l’Irak difficile, précédée d’une longue campagne de frappe aérienne. Finalement les EU ont été capables de mener une guerre de mouvement diablement efficace, yc compris pour la prise de Bagdad. Par contre, comme ils avaient pas pensé l’aprés…


    • Catalina Le 21 septembre 2017 à 11h58
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      “Leur but est clair depuis le début : sauver le régime Syrien.”
      et peut-être aussi la Syrie, non ? en empêchant qu’elle ressemble à l’Irak et à la Lybie, et peut-être aussi tout bonnement pour empêcher les “rebelles modérés” de s’installer et d’ensuite être aux portes de la Russie pour l’attaquer ?
      à noter, en parcourant les cartes du monde, je tombe là-dessus où l’Iran n’est pas inscrit ?
      https://fr.mapsofworld.com/world-maps/grande-carte.html
      ????????
      à moins-ce que je n’ai pas bien vu ? késako ? des pays bien plus petits y sont inscrits….là, c’est 33 : j’ai couru ??? une blague ou ?


      • laurent Le 21 septembre 2017 à 14h12
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        Ce site n’est tout simplement plus édité depuis 2015 si on se référe au pied de page.
        Voyez la Crimée est encore ukrainienne.
        Ainsi que des fautes (“33: j’ai couru”) et peu de consistance dans les noms propres et la langue utilisée.
        je vous conseille d’oublier ce site et de chercher une référence actuelle et serieuse.


      • WASTERLAIN Serge Le 21 septembre 2017 à 14h55
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        Non, c’est une mauvaise traduction de l’espagnol de verbe ir. Irán = ils iront souvent traduit par j’ai couru, ils courèrent, etc… par les logiciels de traduction


  5. basile Le 21 septembre 2017 à 09h41
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    heurrrr…harghhh…eerrr… rrrrr *

    * sons d’étranglement émis par un journaliste dont le nom commence par Q et fini par R


  6. moshedayan Le 21 septembre 2017 à 09h42
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    “Les Etats-Unis auraient pu jouer cette carte de l’exclusion du sol et au moins du ciel, par l’engagement de systèmes tactiques efficaces. Ils n’ont pas osé, […]”
    Ben voyons ! L’Occident aurait dû de façon déterminé armer et soutenir clairement les “bons islamistes” . Pardon les “bons musulmans” dans les notes du Quai d’Orsay ???
    Est-ce possible ? La France ou des Français “réactionnaires” selon moi enragent de se voir être écartés du théâtre proche-oriental. A choisir une mauvaise stratégie on en paye toujours les pots cassés.
    A quand, des choix réalistes, pesés et multilatéraux dans les politiques intérieure, extérieure, économique ? Ce type de comportement est absent de nos élites depuis au moins la présidence de Jacques Chirac.


  7. Kiwixar Le 21 septembre 2017 à 10h39
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    « leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) »

    Ce genre d’investissement est sans doute très rentable pour la Russie :
    – teste le nouveau matériel et unités en conditions réelles
    – décide des investissements nécessaires pour les opérations extérieures
    – montre leur savoir-faire (aide les ventes d’armes)
    – affaiblit l’image de l’adversaire (US)
    – dissuade l’adversaire
    – permet de continuer à utiliser la base de Tartous
    – démontre la fiabilité des Russes en tant qu’alliés
    – il vaut mieux combattre les jihadistes en Syrie que chez soi (quelque chose que les dirigeants-bouffons n’ont pas l’air de comprendre…)


  8. Fritz Le 21 septembre 2017 à 11h35
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    Sur l’intervention russe en Syrie, le colonel Goya a bien évolué. Il y a deux ans, il était bien méprisant, et il écrivait à propos du “régime de Damas” : “il ne faut pas oublier qu’il reste de loin la plus grande organisation terroriste actuelle.”

    https://www.les-crises.fr/bombarder-et-esperer-par-le-colonel-michel-goya/

    N’ayant eu pour l’instant le temps de lire en entier ce nouvel article, je retiens la “zone d’exclusion aérienne” que les Russes ont imposé aux Américains, c’est-à-dire à ceux qui en avaient le monopole depuis 1990…

    Si M. Goya veut répondre aux commentaires sur son nouvel article, il sera le bienvenu.


    • UnKnown Le 21 septembre 2017 à 11h53
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      Tout n’est pas rose non plus du coté du déploiement Russe. Si la Force Aérienne Russe a largement contribuée à sauver les miches d’Assad, pour ensuite complètement étriller les Rebelles/Djihadistes, et si le corps expéditionnaire Russe au sol a formé (plutôt sauvegardé, vu ce qu’il en restait) un squelette d’armée Syrienne tout en fournissant matériels et munitions, la Marine Russe souffre énormément de ce déploiement (navires approchant les dates de retrait ou ayant besoin d’une refonte de leurs armements.) Tirer une poignée de Kalibr c’est bien, mais comparé aux résultats des Su-34, ça ne vaut pas tripette.


    • etoilerouge Le 24 septembre 2017 à 05h21
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      Avec de tels militaires pas étonnant que la France ne connait que des défaites. Quant aux victoires politiques et regain d’influence hors de la période gaulliste il n’y en a pas. A méditer.


  9. Christian Gedeon Le 21 septembre 2017 à 11h42
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    Bon article. On peut simplifier en disant que les Russes n’y sont pas allés pour faire de la figuration. Le risque et les enjeux géopolitiques politiques étaient bien trop importants. Donc ils y sont allés à fond. Ceci joint au fait qu’ils maîtrisent beaucoup mieux que les occidentaux l’art de négocier sur le terrain, a fait de leur intervention durable un succès…j’annonce ici que le prochain écueil,et de taille pour les russes va être de maîtriser l’influence iranienne. La rencontre Netanyhou Poutine est à cet etre révélatrice. je vous le dis,les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être.


  10. bluerider Le 21 septembre 2017 à 11h45
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    la seule façon dont la France pourrait concrètement reprendre l’initiative en Syrie, c’est en tournant définitivement la page “Atlantiste” et en rouvrant notre ambassade à Damas. Nous pourrions alors participer au processus de transition politique, et introduire à nouveau nos entreprises en Syrie en vue de la reconstruction. Tout le monde au quai d’Orsay le SAIT car c’est une simple évidence. Le discours, absurde, aveugle, idiot, inutile, binaire et sclérosé de Macron à l’ONU ne nous engage pas dans cette voie. Mais au vu du malheur que nous avons sciemment volontairement cyniquement et hypocritement (dans les médias carpette) semé sur ce pays, cela m’étonnerait que la France ait sa place au banquet des mendiants. J’ai honte de notre politique étrangère depuis 2007. Car en face, les joueurs de poker d’outre Atlantique ne lâchent rien à la France, et dépècent ses entreprises une à une, puis les jettent comme du poisson pourri avec de vagues promesses de reclassement mais devant des usines vides, peu suivies par la presse carpette autrement qu’en offrant à ces chômeurs un bassin médiatique des lamentations sans expliquer les causes, sans JAMAIS expliquer les causes…


    • basile Le 21 septembre 2017 à 16h53
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      vous souhaitez réellement « qu’on reprenne l’initiative ». Mais à la place (ou contre) qui ?
      Vous souhaitez réellement « qu’on participe au processus de transition politique ? ». Là encore, contre qui ?

      terminé pour moi, place à ceux (il n’y a qu’un pays) qui y on laissé du sang, mais pas nous.

      En tous cas, vu les 3 derniers présidents de la république qu’on a eu, y compris celui en cours, je ne me fais pas d’illusion sur contre qui et avec qui. Il suffit de regarder les 2 drapeaux qu’ils ont tous derrière eux lors de leurs discours. Et le prochain sortira de la même caste


    • fanfan Le 21 septembre 2017 à 22h03
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      Bachar el-Assad a déclaré le 20 août “Il n’y aura ni coopération de sécurité, ni ouverture d’ambassades, ni rôle pour certains Etats qui disent vouloir chercher une issue [à la guerre en Syrie] tant qu’ils n’auront pas coupé leurs liens de manière explicite avec le terrorisme”
      https://francais.rt.com/international/42282-assad-refuse-que-pays-qui-soutiennent-rebelles-rouvrent-embassades


      • etoilerouge Le 24 septembre 2017 à 05h14
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        On ne peut mieux dire que les “occidentaux” ( terme de l’extrême droite dans ma jeunesse) joue un double jeu sadique et ignoble.


  11. Theoltd Le 21 septembre 2017 à 15h29
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    Etonnant comme les occidentaux avec 10 fois plus de moyens, n’ont jamais réussi a faire reculer L’EI, dans les deux années qui ont precede l’intervention Russe.
    Bon, aller je vais me faire traiter de comp-l-autiste.


  12. martin Le 21 septembre 2017 à 20h03
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    Personnellement, je trouve cet article assez juste, mais je persiste à penser que les occidentaux continuent à sous_estimer la supériorité opérationnelle ET technique des russes, et très probablement des chinois.

    Bon, je dis ça, je dis rien!


  13. Nicolas Le 21 septembre 2017 à 21h34
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    L’intervention russe de décembre 1979 à Kaboul était une réaction au mouvement djihadiste lancé par la CIA quelques mois plus tôt (ce qui a été reconnu par les USA), l’auteur confond ici juste la cause et la conséquence il me semble. Me trompé-je ?


    • Nicolas Le 21 septembre 2017 à 21h55
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      La suite de l’article est très intéressante pour qui s’intéresse à l’armement.


    • etoilerouge Le 24 septembre 2017 à 05h11
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      L’intervention américaine contre la Révolution laïque afghane a bien débuté 6 mois avant l’intervention soviétique. Ce n’est pas la CIA mais Henri KISSINGER qui l’a reconnu. Mais en France , haineusement anticommuniste cela a été savamment caché. Aujourd’hui les djihadistes,, enfant naturels des groupes religieux fascisants d’Afghanistan font des attentats dans nos villes. Les responsables sont bien ceux qui soutenaient ces saloperies en Afghanistan. PS, RPR puis sarkozistes, puis holllandistes, puis Macronistes. MACRON au demeurant vient de tirer contre la laïcité et en faveur des religions. Il fallait le faire. Au secours Pétain est revenu!


  14. fanfan Le 21 septembre 2017 à 21h41
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    S’exprimant à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU le 21 septembre, Sergueï Lavrov a accusé la coalition arabo-occidentale contre Daesh d’épargner les djihadistes du Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) en Syrie :
    https://francais.rt.com/international/43569-a-onu-serguei-lavrov-accuse-coalition-etats-unis-proteger-al-nosra-syrie

    Le discours traduit : https://m.youtube.com/watch?v=V9hO1BpkdS4&ebc=ANyPxKrDgYZG3sCsOU7fRwFXn1HhvJzhdLGoqHu8eLhqx3Ac2oYaZzi6VGauRE67ADWB-TveSFl4rbKe8A3RCR-L2L_guEoSiw


    • Nicolas Le 21 septembre 2017 à 21h59
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      La Russie a même accusé hier les USA d’avoir organisé la très grosse offensive d’Al Nosra mardi 19 qui avait pour but de capturer / tuer 29 soldats russes. Bilan côté terroristes, après la contre-attaque (mené avec l’armée syrienne, le Hezbollah et une tribu qui a adhéré au cessez-le-feu) : 850 morts, 11 tanks perdus, des dizaines de camions, 38 stocks d’armes…
      Côté russe : tous vivants, tous décorés, 3 blessés.


      • Alfred Le 21 septembre 2017 à 22h29
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        Il faut préciser que ces 29 soldats russes initiaux font partie de la police militaire (composée pour partie de tchétchènes musulmans, ce qui est sensé aider), assez légèrement armée et dont le rôle était d’assurer la “deconfliction” : d’assurer la mise en place effective d’un cessez le feu préalablement négocié. Beaucoup de mission dangereuses de ce type ont déjà été menées avec de nombreux groupes rebelles avec succès. Ici il y a donc eu trahison pour mettre en place ce piège. D’où la colère des russes. Mais il faut bien constater.que ce ne sont pas des perdreaux de l’année vu le résultat.
        Ces missions de pacification réelle, efficaces, me font penser (plus encore que les autres succès militaires) que l’armée russe est devenue extraordinairement efficace et adaptable. Elle réalise ce que larmée française à toujours fantasmé (le côté rustique, “félin”, manoeuvrier, vif intelligent débrouillard et puissant à mesure). Seulement avec de vrais moyens effectifs et au moment où l’armée française rafistole et rafistole encore… On ne joue plus dans la même catégorie.


  15. fanfan Le 22 septembre 2017 à 09h44
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    Karine Bechet-Golovko : Coïncidence ou retour de la guerre sale pour défendre à tout prix le contrôle sur la zone pétrolière de Deir ez-Zor?
    Les Etats Unis utilisent-ils les groupes terroristes contre la Russie?
    http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/09/syrie-les-etats-unis-utilisent-ils-les.html#more

    Carte mise à jour en temps réel :
    https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?mid=1liqnO9iSvshTLwgPB3q9sJTgfUI&ll=34.92012586105414%2C38.55441549034117&z=8


    • Alfred Le 22 septembre 2017 à 15h30
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      Soyez conscient que de très nombreuses cartes existent sous de très nombreux formats dont une demi douzaine facilement accessibles qui sont “mises à jour en temps réel”. Elles sont opérées et mises à jour par des collectifs ou des individus pro- rebelles (ou “occident”) ou pro damas (ou iran / russie) et ce sur la base d’informations parfois “personnelles”, parfois ouvertes; et plus ou moins fiables. Bref ces cartes font partie de la guerre elle même (désinformation, intox, bluff, “black out” avant et pendant des opérations). Il vous faut donc en comparer plusieurs pour avoir une chance d’avoir une bonne idée de la réalité.
      Par exemple: en ce moment personne ne sait vraiment qui controle le champ pétrolier directement au nord est de deir ez zor. Les kurdes? Damas? Daesh? Suivant qui vous “parle” vous aurez trois informations différentes pour l’instant. On vera bien quand tout le monde sera d’accord.
      (par ailleurs votre carte en temps réel n’est pas à jour: l’armée syrienne a aussi passé l’euphrate au niveau de la cité antique de halabyé-zenobie).


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