Comme pour le mainstream, les informations ici sont à prendre avec prudence et recul…

Personnellement, n’ayant pas creusé le sujet, je ne commenterai pas. L’intérêt est de souligner l’écart de vision…


Venezuela : démantèlement d’une tentative de coup d’Etat

Le blog de Jean Ortiz. Des jeunes officiers des Forces armées nationales bolivariennes ont permis qu’avorte, en la dénonçant, une tentative de putsch impliquant de hauts gradés de l’aviation militaire, et des civils liés surtout à l’organisation d’extrême droite « Primero justicia ».

Le Venezuela est confronté depuis le coup d’Etat d’avril 2002 à ce que l’on pourrait appeler, pour reprendre la célèbre formule : un « coup d’Etat permanent » ; une « guerre de basse intensité », implacable, menée sous la supervision et la planification nord-américaine, par une opposition haineuse, revancharde, putschiste.

Il s’agit, pour cette coalition qui va de l’ultra-droite aux ex-sociaux-démocrates, de parvenir à battre le chavisme par la conjugaison déstabilisatrice de tous les moyens possibles :

1/ guerre économique

Accaparement et stockage illégal à des fins spéculatives d’aliments, de médicaments, de produits sanitaires… Spéculation tous azimuts, hausse des prix, contrebande. Tout cela afin de fatiguer la population par des pénuries organisées, de provoquer la colère, d’inciter aux pillages.

Un embargo financier international se met également peu à peu en place…

2/ guerre idéologique de tous les instants

Désinformation, mensonges, manipulations, faux sondages, afin de créer un climat défaitiste à l’intérieur et de brouiller l’image internationale du pays, de l’isoler, en créant un effet-repoussoir (les « experts » en intox ont attribué au Venezuela le plus important « risque pays » !! Il faut oser !)

3/ stratégie de la violence

Sabotages, conspirations, infiltrations massives de groupes paramilitaires par la frontière colombienne (ils sont aujourd’hui disséminés partout dans le pays), assassinat de dirigeants chavistes, ingérences des diplomates nord-américains en poste à Caracas, de la CIA, des « fondations » made in USA ou Aznariennes, pour tenter de diviser le chavisme et l’armée. Et, au final, réussir la deuxième phase de l’opération « Salida (« sortie » du président légitime Nicolas Maduro)» par des « guarimbas » sanglantes, un soulèvement cette fois-ci réussi… Les Etats-Unis y « mettent le paquet » et sont décidés à aller jusqu’au bout afin d’abattre cette révolution populaire qui se prononce pour une « voie socialiste » et qui dispose de deux siècles de réserves pétrolières… au service du progrès social.

Le plan putschiste « Jericho », révélé le 12 février 2015, prévoyait notamment le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger « Tucano », repeint aux couleurs du Venezuela. Le plan impliquait des conspirateurs qui avaient tenté déjà l’opération en mars 2014 ; trois généraux furent arrêtés à l’époque. Les conjurés ont été arrêtés et emprisonnés le 11 et le 12 février . Les officiers impliqués étaient en contact avec l’ambassade nord-américaine qui leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars. Le général de brigade de l’aviation, Oswaldo Hernández Sánchez, et le député Julio Borges, du parti « Primero justicia » apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires qui avaient été mis à l’écart, et des civils de l’opposition, dont le maire (Antonio Ledezma) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le lieutenant Henry Javier Salazar Moncada, le capitaine Héctor José Noguera Figueroa (en fuite), et le lieutenant écarté Peter Alexander Moreno Guevara, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata.

Le « golpe » devait avoir lieu, précisément ce 12 février, après publication d’un manifeste appelant à la constitution d’un gouvernement provisoire.

Dans les dernières semaines de 2014, le gouvernement nord-américain avait fait adopter une provocatrice loi d’ingérence, dite « loi de sanctions » contre un groupe de dirigeants et d’officiers chavistes, leur refusant entre autres l’obtention d’un visa s’ils souhaitaient se rendre aux Etats-Unis. Il s’agit, pour les instigateurs, les marionnettes et leurs marionnettistes, de saper le moral des Forces armées et de la population, d’attiser la déstabilisation d’un pays cauchemar de l’ordre (le chaos) néolibéral. Avec tous les fers au feu. Au prix du sang.

Rappelons-nous le Chili d’Allende et de Neruda. Ne laissons pas faire !

Source : Jean Ortiz, pour l’Humanité, le 14 février 2015.


Ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat

La droite radicale vénézuélienne, d’inspiration ultralibérale et raciste, continue à préférer la voie violente à la voie électorale. Ici, le triumvirat des multimillonaires Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado et Antonio Ledezma, proches de l’ex-président Uribe, soutenus par la droite internationale, la plupart des médias et les Etats-Unis.

Caracas, 21 février 2015. Après seize ans de révolution, l’extrême droite vénézuélienne rêve encore et toujours de répéter le coup d’Etat qui coûta la vie à Salvador Allende et à des milliers de chiliens. Le gouvernement bolivarien a déjoué le 12 février une nouvelle tentative au cours de laquelle des officiers de l’Armée de l’Air allaient bombarder (notamment) le siège de la télévision latino-américaine Telesur, l’Assemblée Nationale et le palais présidentiel. Ces militaires ont été arrêtés ainsi qu’un des organisateurs politiques – qui est aussi un des maires de Caracas : Antonio Ledezma, déjà connu pour ses répressions d’étudiants et de journalistes sous les régimes « démocratiques » d’avant la révolution mais aussi pour son soutien aux militaires d’extrême-droite auteurs du coup d’Etat manqué de 2002 contre Chavez (1). Depuis, Ledezma utilisait son poste de maire pour organiser des violences comme celles de 2014 qui ont causé la mort de 43 citoyens vénézuéliens (ce plan baptisé « La Sortie » visait à créer le chaos social pour renverser le président élu, Nicolas Maduro).

Le 12 février dernier, le coup d’état devait mener à la constitution d’un « gouvernement de transition ». Le document intitulé « Appel aux Vénézuéliens, pour un accord national de transition », devait être diffusé immédiatement par le quotidien El Nacional (propriétaire Miguel Henrique Otero), mais aussi les sites internet d’extrême-droite, Vente Venezuela (coalition d’opposition/MUD), Voluntad Popular (fondée par Leopoldo Lopez Mendoza), d’Antonio Ledezma (maire de Caracas/MUD), Congreso Ciudadano (dirigeante : Maria Corina Machado).

Maria Corina Machado, Antonio Ledezma et Leopoldo Lopez ont apposé leurs signatures au bas de ce manifeste de caractère néolibéral, qui devait servir de base à une supposée transition sans la moindre base constitutionnelle, exactement comme lors du coup d’Etat contre le président Chavez en avril 2002. Nous avons sélectionné les passages-clés de ce texte, afin d’en éclairer -et le cas échéant- en approfondir le sens.

1ère citation : « Préparer et organiser dans la transparence, des élections présidentielles libres ».

Commentaire : Pourquoi des élections présidentielles auraient-elles lieu, sachant que nous avons un président légitime en exercice, dont le mandat légal expire en 2019 ? Quel sera le sort réservé à Nicolas Maduro ? Sera-t-il arrêté, contraint à démissionner ? Sera-t-il dans l’obligation de prendre le chemin de l’exil, sera-t-il assassiné ?

2. « Rétablir dans leur autonomie, les divers organes de la puissance publique, en désigner leurs représentants par des moyens constitutionnels, restaurer le pluralisme politique et la souveraineté nationale de l’Etat vénézuélien ».

Commentaire : en usant de moyens identiques à ceux du 12 avril 2002, lorsque les députés de l’Assemblée Nationale, les juges de la Cour suprême de Justice, le procureur général de la République, le Médiateur (une des instances du Pouvoir Citoyen, en charge de la promotion et de la défense des Droits de l’homme) ont été arbitrairement destitués et remplacés au pied levé ?

3. « Mise en application d’un calendrier destiné à redonner confiance au pays sur le plan économique » ; « Réinsertion du Venezuela au sein des circuits financiers internationaux. Obtenir en retour, le soutien financier nécessaire, visant à surmonter les difficultés rencontrées à court terme ».

Commentaire : retour aux négociations avec le FMI (Fonds monétaire international), la Banque mondiale et d’autres instances internationales qui conditionnent l’obtention de prêts à l’application de politiques néolibérales. Avec leur cortège de privatisations, de licenciements massifs de fonctionnaires, de réduction, voire de suppression des programmes d’aides aux personnes (pensions, etc.). Ceci afin de « garantir » aux secteurs dont il est question, la bonne obtention des aides financières prévues.

4. « Désigner de nouvelles autorités à la tête des instances économiques de l’Etat, sur la base de normes et de critères de compétence et de mérite ».

Commentaire : cette démarche suppose que les contraintes d’ordre technique l’emportent sur la dimension sociale des politiques à mettre en œuvre. C’est le retour programmé de la technocratie.

5. « Parvenir à des accords d’indemnisation pour les dommages résultant des expropriations arbitraires ».

Commentaire : toutes les terres, entreprises et industries ayant fait l’objet d’une mesure d’expropriation, ou ayant été occupées légalement par le gouvernement bolivarien seront restituées à leurs anciens propriétaires. Cela implique la fin des sociétés d’économie mixte (production de biens socialement utiles ?), des communes et entités assimilées.

6. « On procédera à un audit de toutes les entreprises (hors secteur pétrolier), dont l’Etat s’est indûment emparé, signe de la rapacité du régime. Décider des formes de propriété et de gestion qui devront leur être appliquées, pour assurer leur relance productive ».

Commentaire : privatisation des entreprises publiques. Licenciement des travailleurs. Baisse des salaires et élimination systématique des avantages sociaux, pour répondre aux critères d’« efficacité ».

7. « Se débarrasser de la chape de plomb des multiples contrôles, qui étouffe l’économie. Réinstauration des bases juridiques et économiques qui attireront les investissements productifs. Et qui assureront à l’avenir, une croissance stable ».

Commentaire : fin de la réglementation relative aux prix des produits de base ; aux transports publics ; aux cliniques et assimilées. Suppression des mécanismes de contrôle tels que la Loi sur les prix équitables ; du contrôle des changes permettant l’acquisition des produits alimentaires et des médicaments de base, pour être revendus à des prix abordables. La priorité est donnée aux investisseurs, au détriment des intérêts du peuple vénézuélien.

8. « Libération des prisonniers politiques. Le retour immédiat des exilés sera facilité. »

Commentaire : la libération (et leur pardon) accordée aux personnes coupables de graves délits – c’est le cas du banquier Eligio Cedeno, de Leopoldo Lopez, Manuel Rosales, et de nombreux autres – suppose que l’on s’ingère dans les affaires relevant strictement du pouvoir judiciaire. En effet ce n’est pas pour leurs opinions que ces personnes ont été arrêtées mais pour des faits relevant du code pénal : corruption, organisation de violences, par exemple.

7. « Solliciter des autorités judiciaires, l’ouverture de procès visant à réprimer les délits graves commis sous la responsabilité de l’ancien gouvernement. »

Commentaire : A l’heure actuelle, le système judiciaire en place est parfaitement rôdé. Le fait que les fonctionnaires accusés d’excès de pouvoir soient jugés et sanctionnés en administre la preuve. Ainsi lors des violences de 2014 l’usage excessif de la force dans certains cas a aussitôt entraîné l’arrestation des policiers ou gardes nationaux concernés. Ceux qui ont trempé dans les assassinats de Juan Montoya (« Juancho »), de Bassil Da Costa et de Geraldine Moreno, sont en passe d’être jugés. De plus, le gouvernement Bolivarien a récemment obtenu que les fonctionnaires de Pdvsa impliqués dans des affaires de corruption soient mis en détention. Enfin le document dont il est question ici, menace les personnels du gouvernement Bolivarien d’être persécutés, comme ils l’ont été en 2002. (Coup d’Etat contre Hugo Chavez, le président sortant).

8. « Combattre l’insécurité touchant la population, devient une priorité d’Etat. Démantèlement des réseaux criminels qui ont proliféré grâce à la complicité du régime actuel, qui leur a assuré l’impunité. Traiter globalement ces questions sous l’angle de la prévention, des actions policières à mener, des problèmes rencontrés au sein de l’administration judiciaire. L’objectif : mettre un terme à l’impunité, et renforcer l’efficacité du système pénitentiaire ».

Commentaire : suspension des garanties constitutionnelles, et violation des droits humains ? Ratissages des quartiers populaires suivis d’arrestations massives comme c’était le cas sous la IVème République ? Comme par sous les régimes d’avant la révolution, assassinats camouflés des dirigeants politiques sous prétexte de combattre la délinquance ?

9. « Rétablir la capacité opérationnelle du secteur pétrolier, et élévation significative de la production pétrolière »

Commentaire : Cela suppose le non respect des quotas établis par l’OPEP. Le Venezuela se verrait contraint de quitter cette instance. De rompre avec elle. Cela causerait immanquablement une baisse des prix du pétrole similaire à celle que l’on a connu sous l’ère pré-Chavez : 9 $ le baril. Réduction des recettes, ce qui obligera l’Etat à adopter des mesures néolibérales. (Un terme est mis aux investissements sociaux).

10. « Révision des cadres juridiques existants, et des accords en vigueur, qui lui sont néfastes ».

Commentaire : Il sera mis fin aux partenariats liant le pays et les nations qui lui sont associées. Seront notamment visés des organismes tels que : Petrocaribe, UNASUR et CELAC. Les chances de parvenir à l’intégration et à l’union de l’Amérique latine, en seront amenuisées. Les accords assurant la présence de médecins cubains au Venezuela ne seront pas reconduits. Fin également des accords passés avec des pays tels que la Chine et la Russie. Avec toutes les conséquences que cela entraînera sur le plan économique.

11. « Désigner à la tête de Pdvsa, un nouvel organe de direction, dont l’honnêteté et les capacités seront reconnues. Le bon fonctionnement de cette instance sera ainsi garanti, et mis au service du pays ».

Commentaire : retour des coteries du pétrole à la tête de Pdvsa. Avec en perspective, sa privatisation partielle, voire totale.

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« Nous sommes plus de 800″. Parmi les révélations sur le coup d’Etat déjoué le 12 février, on a appris que des militaires comptaient bombarder Telesur, chaîne de télévision publique et latino-américaine basée à Caracas. Journalistes et employés (photo) ont reçu des messages de solidarité des mouvements sociaux de tout le continent

12. « Recouvrer l’exercice effectif de la liberté d’expression. Retour pour le peuple, du droit à l’information sur la gestion de l’Etat ».

Commentaire : les medias d’Etat subordonneront leur nouvelle ligne éditoriale, aux directives imposées par la droite. Le peuple vénézuélien n’aura plus droit au chapitre. Les nouvelles, et la relation des activités liées aux organisations du Pouvoir populaire, aux conseils communaux, et d’une manière générale les opinions favorables au chavisme, sont appelées à disparaître des pages du Correo del Orinoco (Courrier de l’Orénoque), de Ciudad CCS, des radios d’Etat ou des télévisions publiques.

13. « S’assurer de la loyauté des Forces Armées Nationales, et de leur appui à la Constitution. Elles se débarrasseront de toutes formes d’ingérence venant de l’extérieur de leurs rangs, et se préserveront de toute activité politique partisane. »

Commentaire : Pourquoi se réfère-t-on ici, aux Forces Armées Nationales, et non pas aux Forces Armées Nationales bolivariennes ? Pourquoi en a-t-on délibérément soustrait le terme « bolivariennes » ? Qui va juger de la loyauté de la FANB envers la Constitution ? Puisqu’il est précisé que ces dernières devront s’abstenir de toute activité politique partisane, est-il envisagé de retirer le droit de vote aux militaires ?

14. « Amorcer un processus de dépolarisation politique, menant à la réconciliation nationale. »

Commentaire : Quel sens accorder à l’expression « dépolarisation politique » ? Interdira- t-on de se référer au chavisme et à la révolution, au motif que ce genre de discussion porte ombrage à la dépolarisation escomptée, et à la réconciliation nationale ? Imposera-t-on comme par le passé, la censure aux forces de gauche ?

15. « Restaurer à très court terme, un approvisionnement suffisant en matière d’alimentation, mais aussi en ce qui concerne les produits de consommation courante destinés aux foyers. Pallier le problème des pièces détachées, mais aussi des fournitures qui font défaut, et qui nuisent au bon fonctionnement des chaînes de distribution ».

Commentaire : A première vue, cela semble très simple : il suffira de demander aux entreprises concernées, d’abandonner leur pratique de rétention actuelle, et de cesser les actions qui consistent à faire partir frauduleusement vers la Colombie, les marchandises destinées au marché intérieur vénézuélien. Nous ne serions pas surpris si ce genre de rétablissement accompagnait des mesures telles que la libération des prix des principaux produits de consommation courante, et l’annulation de la Loi sur les Prix équitables. Ce qui n’apparaît pas dans le document.

16. Toute référence à Simon Bolivar est supprimée : on parle des « Forces armées Nationales » (en lieu et place de « Forces armées Nationales Bolivariennes ».) On recourt par ailleurs, à « Venezuela », au détriment de « République Bolivarienne du Venezuela ». Or, c’est exactement ce qui est arrivé le 12 avril 2002, lorsque sur les instances de l’éphémère dictateur Pedro Carmona, patron du « MEDEF » vénézuélien, on retira le portrait de Bolivar du Palais présidentiel de Miraflores.

17. Le document fait très peu état des investissements sociaux réalisés, prête bien peu d’attention aux pauvres et aux précaires, y compris les enfants, les adolescents. Pas plus qu’aux personnes âgées, aux handicapé(e)s, et à ceux dont l’état de santé, requiert un traitement particulier. A rebours, les priorités affichées sont clairement définies : « attirer les investissements productifs », « réinsertion du Venezuela au sein des circuits financiers internationaux ». « Redonner confiance au pays ».

Aucune mention n’est faite de l’enseignement public gratuit. Et ce, quels que soient les niveaux existants : primaire, secondaire, universitaire. Aucune garantie n’est donnée aux établissements universitaires publics, créés sous la révolution (Unefa, UBV, Unearte, unités sport-études) quant à leur avenir. Il en est de même en ce qui concerne les universités ayant bénéficié d’importants réaménagements (Simon Bolivar, Romulo Gallegos, etc.).

Pour les pensions versées aux retraités, aux personnes âgées, à celles qui sont atteintes d’un handicap, le flou subsiste. Les projets et Missions sociales tels que les « Madres del Barrio » (« Les Mères des quartiers »), ne sont pas mieux lotis : aucune précision quant au sort qui leur est réservé. Aucune mention relative à la défense du salaire minimum, et à son indexation sur le coût de la vie (inflation). Au Venezuela, à 28 reprises durant ces 15 dernières années, le salaire minimum a été revu à la hausse. Par ailleurs, on ignore ce qu’il adviendra des nombreux acquis obtenus par le monde du travail, notamment à travers la mise en application de la nouvelle Loi du Travail (2). La sécurité de l’emploi n’est pas garantie.

Par conséquent, il semble bien que la reconduction du décret sur la sécurité de l’emploi soit remise en cause. Renouvelé tous les ans par le président Chavez et son successeur Nicolas Maduro, ce décret protège tant les travailleurs des entreprises privées, que publiques. Les employés et les travailleurs du secteur public, voient également la stabilité de leur emploi remise en question.

Un flou artistique enveloppe aussi l’engagement de mener à son terme, la construction de 100 000 logements (Gran Mision Vivienda Venezuela). Ce projet ayant bénéficié d’un fort volontarisme d’Hugo Chavez et de son successeur, le président Nicolas Maduro.

18. A aucun moment dans ce document, il n’est fait mention du Pouvoir Populaire. Les diverses instances de cogestion en activité à ce jour (les Conseils communaux ; Communes, Comités techniques (de l’eau…) ; les Entreprises de Production sociale (EPS), etc.) sont logées à la même enseigne. De fait, toutes ces formes de propriété mixte instaurées par le gouvernement bolivarien sont sur la sellette. On ne sait pas si elles seront maintenues ou non. Le silence est également fait sur l’avenir que l’on réserve au projet Canaima Educativa (Canamaitas), dont la mise en œuvre a permis aux jeunes vénézuéliens, d’accéder à des millions de logiciels (et ordinateurs portables) mis gratuitement à leur disposition.

19. Dans le document en question, nulle part il n’est fait allusion à la défense et à la promotion des droits des femmes, à l’appui dont devraient continuer à bénéficier les mouvements sociaux, les collectifs de paysans, LGBT (mouvement lesbien, gay, bisexuel et transsexuel), les groupes écologistes, les défenseurs de la cause animale. Qu’en sera-t-il du maintien de la souveraineté acquise en matière de technologie, en ce qui concerne les logiciels libres ? Qu’en sera-t-il enfin, de ces innombrables mouvements qui auront fait l’objet d’un soutien de la part de la Révolution bolivarienne ?

20. Enfin, à lire ce document, personne ne sait ce qu’il adviendra des mandats de ceux/celles qui assument à ce jour une charge élective issues de scrutins populaires, qu’ils soient issus de la démocratie directe (assemblées) ou d’élections à bulletins secrets.

Source : Luigino Bracci, oour Aporrea, traduit par Jean-Marc Del Percio, pour Venezuela Infos, le 18 février 2015.


Venezuela : soutien massif au président Nicolas Maduro

Caracas – Le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) s’est joint ce vendredi à la solidarité populaire avec le président Nicolas Maduro, qui, la veille, a dénoncé un plan de coup d’Etat perpétré contre lui.

L’organisation politique, avec le Grand Pôle Patriotique qui regroupe d’autres mouvements sociaux a soutenu la gestion du président et annoncé dans un communiqué que des mesures pour défendre la Révolution Bolivarienne sont en préparation, rapporte PL.

Pour sa part, le Haut Commandement Militaire du Venezuela s’est déclaré loyal au président constitutionnel Nicolas Maduro et à la Révolution Bolivarienne, selon Telesur.

“Les Forces Armées Nationales réaffirment leur soutien et leur loyauté au président Nicolas Maduro et leur engagement dans la construction du socialisme et la volonté du peuple et avec les postulats du Plan de la Patrie dans la construction du socialisme” a déclaré le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez.

“Face à cette situation, les Forces Armées continues à être unies et condamnent tout acte de barbarie, un pays ne se construit pas avec le violence”, a-t-il confirmé.

Il a signalé que les plans violents, dans le cadre de ce qu’on appelle “l’Opération Jericho”, “ont été neutralisés grâce à la loyauté et à l’intégrité des fonctionnaires du pays.”

Padrino Lopez a affirmé que ceux qui sont impliqués dans les plans de coup d’Etat sont un minuscule groupe et ne représentent pas les Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB).

“Nous nous joignons à la ferme condamnation que sentent les Forces Armées pour la conduite d’un minuscule groupe de militaires qui, poussés par les plus mesquines intentions de secteurs apatrides ont souillé le respect et l’image des institutions pour porter atteinte à la démocratie”.

Le gouverneur de l’état vénézuélien d’Aragua, Tareck El Aissami, a aussi manifesté, au nom de ses homologues bolivariens, son soutien à Maduro qui a condamné la conspiration patronnée depuis les Etats-Unis.

El Aissami a affirmé que Maduro n’est pas seul et peut compter sur le soutien des 20 gouverneurs des 20 états représentants de la Révolution Bolivarienne, pour mener à bien le mandat donné la veille par Maduro leur demandant de sortir dans la rue avec le peuple s’il lui arrivait quelque chose.

De la même façon, le président de l’Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, a assuré que toute attaque de ce genre, dans laquelle serait impliquée la droite locale, serait une attaque contre le peuple.

Dans son émission de télévision Con el Mazo Dando, avec le maire de Caracas, Jorge Rodríguez, le leader parlementaire a montré des preuves convaincantes du coup d’Etat qui impliquent Washington et des députés de l’opposition comme Julio Borges et Antonio Ledezma.

Solidarité mondiale avec le Venezuela.

Pendant ce temps, l’UNASUR, le Parlatino et plusieurs leaders de la région se sont prononcés en soutien à la démocratie au Venezuela et au président national Nicolas Maduro face à la tentative de coup d’Etat démantelé dans le pays.

Le secrétaire général de l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR), Ernesto Samper, a exprimé ce vendredi le soutien de cet organisme au Gouvernement du président vénézuélien.

Sur son compte Twitter, il a écrit que “des possibilités de coup d’Etat militaire au Venezuela révèlent une escalade préoccupante de la violence contre sa démocratie”.

Il a aussi affirmé que “l’UNASUR réaffirme sa volonté de trouver des chemins démocratiques et pacifiques et réitère son soutien Président Nicolas Maduro”.

Pour sa part, le président de Bolivie, Evo Morales, a exprimé ce vendredi sa solidarité avec la Révolution Bolivarienne et avec Nicolas Maduro, après avoir appris la tentative de coup d’Etat dans son pays, coup d’Etat “qui prétend ne pas respecter la démocratie des peuples”.

Depuis le Palais du Gouvernement, Morales a précisé qu’il y a 2 jours, il a eu une conversation téléphonique avec Maduro qui l’a informé sur des “sujets délicats” et des secteurs qui ne respectent pas la démocratie au pays, la volonté de son peuple, avec une tentative de coup d’Etat.

Le président du Parlatino, Angel Rodríguez, a déclaré à Telesur que cette semaine, ils dénonceront devant le Ministère Public vénézuélien le plan de coup d’Etat pour qu’une enquête soit faite sur les dirigeants de l’opposition Julio Borges et Antonio Ledezma.

Rodríguez a dit qu’avec l’ UNASUR, l’OEA et la CELAC uniront leurs efforts pour faire respecter les institutions.

Il a souligné que bien que le plan putschiste ait échoué à cause de l’intervention des autorités vénézuéliennes, on doit faire une enquête dessus et que “si nous le voyons comme une action isolée, cela n’a pas de sens, c’est la situation délicate qui se révèle”.

Une action dirigée depuis les Etats-Unis.

président vénézuélien, Nicolas Maduro, a annoncé jeudi que son gouvernement a démantelé ce qu’il a qualifié “d’attentat putschiste dirigé depuis les Etats-Unis contre la Constitution et le peuple”.

Le chef de l’Etat, qui a appelé les Vénézuéliens a être en alerte et à préserver la paix face à ces menaces, a révélé lors d’une rencontre avec la jeunesse vénézuélienne que la manoeuvre a été démantelée grâce à un officier loyal qui a dénoncé l’orchestration de l’émeute par des militaires traîtres.

Maduro a insisté pour qualifier cette action “d’attentat putschiste parce qu’elle n’a pas amené de coup d’Etat” en utilisant l’aviation militaire.

Il a remercié les militaires de la patrie et les organes de renseignement et de contre-espionnage parce que “grâce à eux, nous avons pu donner une suite et démanteler complètement cette manoeuvre”.

Deux officiers et deux civils enregistraient la vidéo et un officier nous envoyait l’information sur tout cela, a-t-il révélé, selon PL.

Le président a déploré que parmi les conjurés, tous en prison en ce moment, se trouvait un militaire du nom d’Hernandez à qui il avait pardonné pour une tentative similaire l’année dernière à cause de la bienveillance de la Révolution Bolivarienne “qui nous fait souvent agir avec magnanimité parce que nous sommes chavistes”.

Cet individu a reçu l’ordre, l’argent et le plan des opérations d’importants secteurs politiques, c’était un groupe financé depuis Miami qui enregistrerait une vidéo sur un officier emprisonné et le 13 février, un avion Tucano attaquerait le Palais de Miraflores où le Président participait à une réunion.

Selon Maduro, l’ordre aurait été donné quand les conjurés auraient annoncé un programme de gouvernement de transition conçu par eux sous le nom d'”Appel aux Vénézuéliens à un plan d’action pour la transition” et ensuite, se seraient succédées des actions violentes parmi lesquelles des assassinats ce jeudi à Caracas.

Ils prétendaient prendre un endroit où j’ai été élevé dans l’église de San Pedro, très lié à moi, s’enchaîner aux médias, annoncer un show international et ensuite, au milieu de ce scandale, l’attaque aérienne pour chercher ce qu’ils appellent “la crise parfaite”, a-t-il expliqué.

Source : Granma, traduit par Françoise Lopez, pour http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/02/venezuela-soutien-massif-au-president-nicolas-maduro.html>Cuba Si France Provence, le 14 février 2015.


Renforcement du pouvoir citoyen et des droits sociaux, sanctions envers les États-Unis : le Venezuela répond à la tentative de coup d’État

Alors qu’en 1973 il restait des médias occidentaux pour s’émouvoir du coup d’État perpétré au Chili, ceux d’aujourd’hui scandent à l’unisson : “Président du Venezuela, laisse-toi te renverser ! C’est pour ton bien ! Renonce à défendre le choix des électeurs ! Renonce à la loi, à la Constitution. Si tu arrêtes un putschiste, nous dénoncerons la répression au Venezuela !”. Le bulldozer des news, déjà bien rodé pour créer le personnage Chavez, a été réactivé pour fabriquer le tyran Maduro qui agite au loin un poing brutal pour mieux écraser des foules fanatisées alors que la voix feutrée de l’opposition de droite ou du porte-parole de la Maison Blanche, de face, en plan proche, s’étonne de tant de violence.

Même lors du coup d’État manqué contre Chavez en 2002, jamais on n’avait observé une telle intensité dans le bombardement médiatique pour nous faire accepter la nécessité d’une intervention extérieure, ou d’un coup d’État, sans attendre les élections.

C’est sans doute l’erreur historique, et suicidaire, de la gauche européenne : ne pas avoir démocratisé la propriété des médias, avoir laissé le service public mimétiser “l’information” des grands groupes privés (1). Qu’arriverait-il au journaliste d’un grand média qui parlerait des 40.000 conseils communaux et de conseils du pouvoir citoyen qui apportent la matière grise de nombre de décisions gouvernementales au Venezuela ?

Et le Maduro réel ? Celui que n’isolent pas les téléobjectifs de l’AFP et de Reuters ?

Le jeudi 26 février, lors de la création du nouveau Conseil des personnes handicapées et des personnes âgées (2), il a approuvé les crédits pour octroyer 300 mille pensions de plus, ce qui élève les bénéficiaires de ce droit à trois millions de citoyen(ne)s. Il a confirmé l’octroi de 10.000 allocations de santé pour mieux protéger les personnes âgées. Il a félicité les employés de la nouvelle mission sociale “Foyers de la patrie” qui a visité en une fin de semaine 200 communautés populaires, soit 25 mille familles : “Cette méthodologie nous permet d’arriver directement jusqu’aux familles en évitant les mafias des intermédiaires”.

Avant d’entamer à travers le territoire un nouveau cycle de “gouvernement de rue” (3) Maduro a rappelé l’idée centrale de sa politique : malgré la guerre économique (4) et la chute des prix du pétrole, pas d’austérité mais l’approfondissement d’un État social et participatif. “Comme le dit le maire Rodriguez, on nous agresse parce que nous sommes un gouvernement des pauvres. Il n’y a que dans le socialisme que les ressources sont administrées en fonction de celui ou celle qui en a besoin”. Pendant cette assemblée un gros dossier arrive aux mains de Maduro. Anibal, affecté d’une incapacité de l’ouïe, un des porte-paroles du nouveau conseil national, prend la parole en langage de signes : “Nous sommes 120 porte-paroles venus des 24 états du pays, nous avons travaillé ensemble sur ces propositions”. “C’est pour cela que j’ai créé les conseils de gouvernement populaire, pour que le peuple prenne le pouvoir, pour qu’il assume le pouvoir politique, pour qu’il se convertisse en peuple président” lui répond Maduro. (5)

Le samedi 28 février lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des États-Unis (photo), le président a poursuivi : “The Wall Street Journal a écrit récemment que l’heure est venue de m’appeler tyran, je réponds : je serais un tyran parce que je ne me laisse pas renverser ? Et si je me laisse renverser, je serais un démocrate ? Le peuple devrait permettre que s’installe un « gouvernement de transition », éliminant la Constitution ? Je ne le permettrai pas et s’il le fallait je me battrai dans la rue avec le peuple et nos forces armées. Nous voulons construire la paix, la stabilité la coexistence, la vie en commun. Que ferait le président Obama si un coup d’État était organisé contre son gouvernement ? Celui qui persiste dans ses activités terroristes, putschistes, celui qui agit hors de la Constitution, sera arrêté pour être jugé même si The Wall Street Journal ou le New York Times m’appellent le tyran, ce n‘est pas la tyrannie, non, c’est tout simplement la loi.”

Durant cette marche qui a parcouru les rues de Caracas, Maduro a signé un décret indemnisant 74 familles de victimes du “Caracazo” (6) : en 1989, après deux jours d’émeutes populaires qui suivirent l’application des mesures néo-libérales exigées par le FMI, le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez avait suspendu les garanties constitutionnelles et avait envoyé l’armée “rétablir l’ordre”. En 72 heures, 2000 à 3000 personnes furent assassinées. Maduro a rappelé que cette même austérité de choc fait partie du programme que la droite vénézuélienne avait prévu d’appliquer en cas de succès du coup d’État le 12 février 2015 (7). Jusqu’à l’élection de Hugo Chavez, aucun gouvernement n’avait accepté de reconnaître les fosses communes, les disparitions, et les tortures. Les 74 indemnisations décrétées par Maduro s’ajoutent aux 596 accordées à d’autres familles par le gouvernement bolivarien.

Par ailleurs, le président a annoncé quatre mesures en réponse aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international et dénoncées par l’ensemble des pays latino-américains (8), ainsi qu’aux 168 déclarations officielles émises par l’administration Obama contre le gouvernement bolivarien de 2014 à 2015 :

– L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires étasuniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. Parmi ceux-ci l’ex-président George W. Bush, l’ex-vice-président Dick Cheney ; l’ex-directeur de la CIA George Tenet, notamment liés au massacre de centaines de milliers d’irakiens sur la base du mensonge des “armes de destruction massive” et à la création de centres de torture – prisons secrètes en Europe, Abu Ghraib, Guantanamo, etc… « Interdit aussi d’accorder des visas aux citoyens américains qui ont violé les droits humains et ont bombardé des populations civiles « . La décision concerne aussi les congressistes d’extrême droite Bob Menendez, Marco Rubio, Ileana Ross-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, proches du réseau terroriste du cubain Posada Carriles qui vit actuellement aux USA sous la protection des autorités.

– Adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Le gouvernement étasunien y maintient plus de 100 employés alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. La chancelière Delcy Rodriguez a rappelé que cette faculté de demander l’équilibre du nombre échoit à tout gouvernement en vertu de la Convention de Vienne.

– Réciprocité en matière de visas : “Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa. A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les étasuniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”.

– “Finies, les réunions des fonctionnaires étasuniens pour conspirer sur notre territoire” : Les responsables de l’ambassade étasunienne à Caracas ont été informés que dorénavant « toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela » , conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne. Maduro a révélé : « nous avons détecté et capturé certains étasuniens engagés dans des activités secrètes, notamment d’espionnage, essayant de recruter des gens dans les villages frontaliers avec la Colombie et sous influence paramilitaire. Dans l’État du Táchira nous avons capturé un pilote d’avion étasunien d’origine latino-américaine, avec toute sorte de documents. Il est en train de faire des révélations”.

En conclusion de son discours, Maduro a réaffirmé son respect pour le peuple étasunien ainsi que pour la communauté afro-américaine, hispanique et caraïbe souvent victimes des violations de droits de l’homme de la part de leur propre gouvernement, rappelant que ces mesures ne sont pas prises contre eux, mais contre l’élite qui persiste à s’ériger en policier mondial et à refuser de respecter le principe de souveraineté.

Source : Thierry Deronne, pour Venezuela Infos, le 1er mars 2015.


« COURRIER INTERNATIONAL », LE PRODUIT OFFSHORE DU « MONDE »

Lorsque la Guerre Froide cèdera la place à l’équilibre multipolaire, les historiens souriront en étudiant la propagande médiatique déployée autour de la démocratie participative la plus avancée de l’Amérique Latine. D’un Paulo Paranagua (Le Monde) écrivant que Chavez avait nui à l’unité latino-américaine au moment précis où l’ensemble des gouvernements, organismes multilatéraux et mouvements sociaux du continent saluaient l’œuvre du principal artisan de l’unité1 « L’Amérique Latine et les Caraïbes saluent le principal artisan de l’unité continentale » par Maurice Lemoine,https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/12/lamerique-latine-et-les-caraibes-saluent-le-principal-acteur-de-lunite-continentale-par-maurice-lemoine/ , à un François-Xavier Freland expliquant pourquoi des millions de vénézuéliens saluaient la dépouille mortelle du « dictateur » Chavez : « oh vous savez il y a beaucoup de curieux »2 Ibidem . Sans oublier ce Libération de 2006 où Jean-Hébert Armengaud, actuel rédacteur en chef de Courrier International, coupa et remonta un discours du président bolivarien pour prouver qu’il était antisémite3 http://www.liberation.fr/monde/2006/01/09/le-credo-antisemite-de-hugo-chavez_25785 .

Cette campagne lancée par le « Guysen Israël News » et relayée par la section argentine du Centre Wiesenthal, fut démontée le 11 janvier 2006 par le site ACRIMED qui révéla le trucage4 http://www.acrimed.org/article2241.html . Le président de la Confédération des Associations Juives du Venezuela Fred Pressner expliqua que Chavez n’avait rien d’antisémite, critiquant le Centre Wiesenthal pour sa précipitation et son refus de s’informer auprès de la communauté locale : “Vous avez interféré avec notre statut politique, notre sécurité et notre bien-être en tant que communauté. Vous avez agi unilatéralement, sans nous consulter, sur des thèmes que vous ne connaissez pas et ne comprenez pas5 « Venezuela’s Jews Defend Leftist President in Flap Over Remarks« ,http://forward.com/articles/1874/venezuelaes-jews-defend-leftist-president-in-fla/ . Tant l’AJCommittee (Global Jewish Advocacy) que le Congrès Juif Américain appuyèrent le point de vue de la communauté juive du Venezuela pour qui les propos du président bolivarien avaient été totalement manipulés. 119-300x2251Ses autorités se réunirent ensuite avec Chavez pour souligner publiquement d’excellentes relations jamais démenties depuis, comme en témoigne la réunion du président Maduro avec les représentants du Congrès Juif Mondialen novembre 2014 (photo) à New York6 http://www.rnv.gob.ve/index.php/president-maduro-met-with-world-jewish-congress .

Jean-Hébert Armengaud a caché ces faits aux lecteurs et a refusé d’admettre sa faute professionnelle. Il est devenu en 2012 rédacteur en chef de Courrier International, un produit du groupe Le Monde qui recycle des articles puisés dans l’apparente diversité qu’assure l’hégémonie des grands groupes médiatiques internationaux…

couv891
En 2007 cet hebdomadaire publie un article intitulé « Poutine et Chavez, de drôles de démocrates ». Quelques jours avant la tenue d’un référendum sur la constitution au Venezuela, Philippe Thureau-Dangin parle de «coups d’Etat en forme de plébiscites » et parie sur une victoire de Chavez pour l’analyser par avance : « on ne fait plus de coups d’Etat baïonnette au canon ; on se contente de les faire avaliser, tout à fait légalement, par des peuples subjugués ». Hélas pour Courrier International Chavez perd le référendum et félicite aussitôt l’opposition !

Le Venezuela bolivarien a organisé un nombre record de scrutins (19 en 15 ans), reconnus comme légitimes et transparents par les observateurs de l’Union Européenne, de l’Organisation des Etats Américains ou de l’Association des Juristes Latino-américains. “Excès de démocratie” pour l’ex-président du Brésil Lula. Meilleur système électoral du monde selon Jimmy Carter qui a observé 98 élections dans le monde7 http://venezuelanalysis.com/print/7272 . En mai 2011 le rapport de la canadienne Fondation pour l’Avancée de la Démocratie (FDA), qui prend régulièrement le pouls des systèmes politiques, place le système électoral du Venezuela à la première place mondiale pour le respect des normes fondamentales de démocratie et d’équité sociale8 http://democracychange.com/ . L’ONG chilienne LatinoBarometro9 http://www.latinobarometro.org/lat.jsp soutenue entre autres par le BID (Banque Inter-Américaine de Développement), le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l’OEA (Organisation des États Américains), l’états-unien Office of Research et les agences de coopération des gouvernements suédois, norvégiens et canadiens, a établi dans son rapport 2013 que le Venezuela bat tous les records de confiance citoyenne dans la démocratie pour toute l’Amérique Latine (87 %) suivi de l’Équateur (62 %) et du Mexique (21 %). Pour Latinobarometro, “le Venezuela est le pays où on observe la plus grande différence entre ce que pensent ses citoyens de leur démocratie et l’image qui circule dans la communauté internationale”.

Le 10 février 2015, dès qu’éclate le scandale de la fraude fiscale organisée par HSBC pour ses clients, Courrier International tire à nouveau plus vite que son ombre et affirme que « la révolution bolivarienne confiait son argent à HSBC »10 http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/10/swissleaks-la-revolution-bolivarienne-confiait-son-argent-a-hsbc , laissant entendre qu’il y a eu fraude et que le gouvernement bolivarien refuse de s’expliquer. L’objectif de Sabine Grandadam est transparent : surfer sur le scandale HSBC pour créer l’image d’une révolution corrompue. De fait, grâce à la convergence croissante des médias commerciaux et des médias sociaux, le buzz s’opère :twitterOr, la seule référence à l’Etat sur la liste vénézuélienne de Falciani concerne laBanque du Trésor qui en 2005 avait ouvert trois comptes à HSBC et une quinzaine d’autres dans des banques étrangères. Il ne s’agit ni de comptes individuels, ni de comptes secrets ni d’une fraude avec comptes codés et société-écrans offshore. Les noms qui apparaissent sont ceux des fonctionnaires qui ont effectué les signatures administratives et l’information n’évoque pas d’irrégularités.

Ce ne fut pas la seule fois que l’Etat Vénézuélien déposa une partie de ses fonds dans des banques suisses pour défendre ses intérêts. En février 2008, en pleine bataille légale contre la plus grande compagnie pétrolière états-unienne, ce fut pour protéger une partie de ses revenus pétroliers d’un possible embargo de la part d’Exxon Mobil que le gouvernement bolivarien les transféra dans des banques suisses (en 2014 le tribunal trancha en faveur du Venezuela.) Trois ans plus tard, en 2011, le président Chavez annonça le rapatriement des réserves d’or du pays, qui se montaient à 11 milliards de dollars et se trouvaient dans des banques d’Angleterre, du Canada, de France et des Etats-Unis. Il décida aussi de transférer les fonds des réserves et du Trésor vénézuélien à des pays membres des BRICS comme la Chine, la Russie et le Brésil, face à de possibles « sanctions » de la part des Etats-Unis.

Ces faits ultérieurs éclairent la relation de l’Etat vénézuélien avec la banque privée internationale mais n’ont aucun intérêt pour Sabine Grandadam puisque son objectif est simplement d’associer « révolution bolivarienne » à « corruption ». C’est aussi pourquoi elle reste muette sur les 99% de la liste « Venezuela » de Falciani11 Lisible ici : http://offshoreleaks.icij.org/ : 178 noms et 115 adresses de clients vénézuéliens possédant des comptes individuels à HSBC. On n’y trouve pas de dirigeants politiques de la révolution, ni le président Maduro ou sa famille, mais pas mal de membres du secteur privé, notamment des médias ou de PDVSA (compagnie pétrolière) avant sa récupération par le gouvernement. C’est plutôt une surprise quand on sait que la vulgate médiatique au Venezuela comme sur le plan international est de dénoncer « la corruption des chavistes ».

Bien sûr, un journaliste doué d’un minimum de conformisme n’a qu’à se baisser pour traduire les titres dont les grands groupes médiatiques usent pour faire campagne contre le socialisme bolivarien. Chacun est libre d’ajouter sa pierre aux milliers d’attaques subies par le Venezuela depuis qu’une démocratie de gauche y restitue les droits sociaux et politiques a une majorité d’exclus, et consciemment ou non, de renforcer l’environnement médiatique nécessaire aux coups d’Etat comme celui que le Venezuela vient de déjouer. Il est libre d’occulter à ses lecteurs l’ingérence états-unienne dénoncée par l’ensemble des gouvernements latino-américains12 Lire « L’Amérique Latine serre les rangs autour du Vénézuéla : les États-Unis isolés (avec déclaration intégrale du sommet de la CELAC) »,https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/05/lamerique-latine-serre-les-rangs-autour-du-venezuela-les-etats-unis-isoles-avec-declaration-integrale-du-sommet-de-la-celac/ , et de se refuser à effectuer le moindre reportage sur seize ans d’avancées sociales. Bref, libre d’ignorer la Charte du « Monde » : « 1/ Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité ; (..) 9/ Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste13 « Charte de déontologie des journalistes du Monde »,http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/03/la-charte-d-ethique-et-de-deontologie-du-groupe-le-monde_1434737_3236.html#zWswVzEmDBPYubsI.99 . »

Source : Thierry Deronne, pour Venezuela Infos, le 18 février 2015.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1. « L’Amérique Latine et les Caraïbes saluent le principal artisan de l’unité continentale » par Maurice Lemoine,https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/12/lamerique-latine-et-les-caraibes-saluent-le-principal-acteur-de-lunite-continentale-par-maurice-lemoine/
2. Ibidem
3. http://www.liberation.fr/monde/2006/01/09/le-credo-antisemite-de-hugo-chavez_25785
4. http://www.acrimed.org/article2241.html
5. « Venezuela’s Jews Defend Leftist President in Flap Over Remarks« ,http://forward.com/articles/1874/venezuelaes-jews-defend-leftist-president-in-fla/
6. http://www.rnv.gob.ve/index.php/president-maduro-met-with-world-jewish-congress
7. http://venezuelanalysis.com/print/7272
8. http://democracychange.com/
9. http://www.latinobarometro.org/lat.jsp
10. http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/10/swissleaks-la-revolution-bolivarienne-confiait-son-argent-a-hsbc
11. Lisible ici : http://offshoreleaks.icij.org/
12. Lire « L’Amérique Latine serre les rangs autour du Vénézuéla : les États-Unis isolés (avec déclaration intégrale du sommet de la CELAC) »,https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/05/lamerique-latine-serre-les-rangs-autour-du-venezuela-les-etats-unis-isoles-avec-declaration-integrale-du-sommet-de-la-celac/
13. « Charte de déontologie des journalistes du Monde »,http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/03/la-charte-d-ethique-et-de-deontologie-du-groupe-le-monde_1434737_3236.html#zWswVzEmDBPYubsI.99

40 réponses à [Venezuela 2/2] Les médias alternatifs contredisent le mainstream (comme d’habitude…)

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 12 mars 2015 à 03h32

Wiki : “Avec les gisements de la « ceinture de l’Orénoque », le Venezuela disposerait des plus importantes réserves de pétrole au monde, devant l’Arabie saoudite.”

“DVSA est une entreprise publique. L’État vénézuélien possède la totalité des actions de la société, qui dépend du Ministère de l’Énergie et du Pétrole. La Constitution de 1999 établit que l’entreprise ne pourra être privatisée et gardera le monopole des hydrocarbures se trouvant dans le sous-sol vénézuélien.”

… D’où la frénésie des Zuniens de “changer le régime” et d’ “apporter la démocratie” au Vénézuela, pour le bien des habitants, bien sûr. L’American Way of Shitting the Planet n’est pas négociable. Les pays producteurs (Venezuela, Arabie Saoudite) devraient chercher la protection d’un autre pays producteur (la Russie) plutôt que de faire confiance aux US, spécialistes du pillage et des putschs.

  1. dissy Le 12 mars 2015 à 02h38
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    Why the CIA Won’t Give Up on Venezuela | Interview with Eva Golinger.

    https://www.youtube.com/watch?v=v9AcrvknLEU


    • Gaïa Le 12 mars 2015 à 05h23
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      Que l’extrême droite vénézuélienne rêve encore de répéter le coup d’État qui coûta la vie à Salvador Allende et à des milliers de chiliens, cela ne fait aucun doute. La grande bourgeoisie vénézuélienne, très liée aux multinationales, contrôle de larges secteurs économiques mais enrage de ne plus pouvoir contrôler le secteur le plus stratégique à savoir s’empocher directement les revenus du pétrole au lieu de les voir se gaspiller au service de la population. Qu’il y ait un problème interne au Venezuela dans cette lutte de classe féroce ( plusieurs tentatives de coup d’État ont déjà eu lieu pour renverser notamment l’ancien chef du gouvernement pourtant élu démocratiquement lui aussi) est évident et que les USA jouent de leurs dollars pour renflouer les partis d’opposition, amplifier le conflit et faire tomber la tête de Maduro pour mettre la main sur les hydrocarbures est tout aussi clair. Cependant les pays de l’UNASUR ont jugé la situation suffisamment grave pour offrir leur médiation et proposer des règles de dialogue afin d’ empêcher que les USA s’en chargent de la façon qu’on connaît trop bien en Amérique latine.

      Pour d’autres informations il y a aussi ces articles.
      http://www.elcorreo.eu.org/Quand-la-sedition-s-appelle
      http://www.elcorreo.eu.org/Situation-au-Venezuela-la-region


      • Renaud 2 Le 12 mars 2015 à 23h13
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        Dans votre premier lien, il est dit que le secrétaire général de Podemos soutient le maire du Caracas. Preuve de plus que Podemos est un parti leurre.


  2. Juan Le 12 mars 2015 à 03h25
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    en complément .. un papier sur le “journaliste” Thomas Cluzel de France Culture qui désinforme https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/12/thomas-cluzel-ou-linterdiction-dinformer-sur-france-culture/


  3. Kiwixar Le 12 mars 2015 à 03h32
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    Wiki : “Avec les gisements de la « ceinture de l’Orénoque », le Venezuela disposerait des plus importantes réserves de pétrole au monde, devant l’Arabie saoudite.”

    “DVSA est une entreprise publique. L’État vénézuélien possède la totalité des actions de la société, qui dépend du Ministère de l’Énergie et du Pétrole. La Constitution de 1999 établit que l’entreprise ne pourra être privatisée et gardera le monopole des hydrocarbures se trouvant dans le sous-sol vénézuélien.”

    … D’où la frénésie des Zuniens de “changer le régime” et d’ “apporter la démocratie” au Vénézuela, pour le bien des habitants, bien sûr. L’American Way of Shitting the Planet n’est pas négociable. Les pays producteurs (Venezuela, Arabie Saoudite) devraient chercher la protection d’un autre pays producteur (la Russie) plutôt que de faire confiance aux US, spécialistes du pillage et des putschs.


  4. yanis Le 12 mars 2015 à 05h53
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    un constat factuel nous interpelles , celui du danger réel que représente les étâts-unis

    sur tous les continents , un étât factieux terroriste , quand la FRANCE prendra-t-elle des sanctions

    contre?


  5. Caramba! Le 12 mars 2015 à 07h01
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    “Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes.”
    https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/07/la-tentative-de-coup-detat-contre-le-venezuela-par-ignacio-ramonet/


  6. Caramba! Le 12 mars 2015 à 07h54
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    plus le temp passe plus nous discernons deux mouvements qui prévalent au-dessus de tous les autres et qui devraient nous permettre de sortir des vieux concepts de gauche et droite qui n’expriment plus rien(le PS fait de la politique d’extrème droite)
    Il y a le clan des prédateurs des richesses et le clan des redistributeurs des richesses.


    • Caramba! Le 12 mars 2015 à 07h55
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      inutile de préciser que les premiers rêvent à l’extermination des seconds et ceci depuis……toujours?


    • josephine Le 12 mars 2015 à 08h43
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      Mais à qui redistribue t on les richesses? Selon que le parti pris est raciste, nationaliste, socialiste, libéral…


    • arthur78 Le 12 mars 2015 à 08h56
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      on rappellera ci besoin est que de 1954 1958 c’est le parti radical (PS like) qui est au pouvoir. Pourquoi diable n’ont ils pas trouvé d’autres solutions que la guerre (avec l’algérie) ? ( PS = POUTINE ?) on sent bien que si le général n’était pas arrivé on y serait encore, en guerre .

      Pierre Mendès France 18 juin 1954 5 février 1955 Parti radical
      Edgar Faure (II) 23 février 1955 1er février 1956 Parti radical
      Guy Mollet 1er février 1956 13 juin 1957 Section française de l’Internationale ouvrière
      Maurice Bourgès-Maunoury 13 juin 1957 30 septembre 1957 Parti radical
      Félix Gaillard 6 novembre 1957 15 avril 1958 Parti radical


    • FabriceM Le 12 mars 2015 à 13h39
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      De manière assez remarquable, ceux qui produisent les richesses n’ont pas de place dans votre discours.

      Or, ce a quoi on assiste aujourd’hui, c’est à une alliance objective entre les prédateurs de richesses (banquiers) et les redistributeurs clientélistes (les politiciens, et oui, que ça plaise ou non, il y a énormément de redistribution en France) au détriment des producteurs.

      Toute pensée de gauche qui ne pense pas en premier la production, et qui n’inclut pas dans sa pensée la nécessité de laisser au producteur la majorité de son travail (ce qui inclut autant la captation de valeur ajouté par le management que celle de l’Etat) dérivera toujours vers le totalitarisme, à l’insu de son plein gré.

      Si aujourd’hui il y a pénurie de PQ au vénézuela, si les bolivariens se mettent à imaginer de subordonner les achats à un contrôle biométrique, ça n’est pas le fait du hasard, ni celui d’un complot. Il y a des lois en économie. Les socialistes, trop souvent, se comportent comme des architectes simplets, qui imagineraient des bâtiments merveilleux mais incapables de résister à la gravité.


      • FifiBrind_acier Le 12 mars 2015 à 19h36
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        FabriceM,

        La pénurie au Venezuela a été organisée par la centrale d’achat privée pour provoquer des files d’attente et du mécontentement contre le gouvernement.
        Raté, les stocks ont été découverts.
        Les Ricains ont de l’imagination quand ils reniflent l’odeur du pétrole…

        https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/07/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-files-dattente-au-venezuela-sans-jamais-oser-le-demander/
        ————————————————
        La redistribution en France est issue du CNR, c’est le modèle social français.
        C’est exactement ce qui est dans le collimateur de la Commission européenne, et des Lois Hartz- Macron, I, II, III, IV …. Ils appellent cela ” des réformes structurelles”.

        Indispensables évidemment pour faire baisser le prix du travail, puisqu’on ne peut pas dévaluer la monnaie
        C’est pour en arriver là que l’euro a été mis en place de manière délibérée.
        “Pour envoyer les Etats providence aux égouts”.
        Les raisons de l’euro ne sont pas économiques, mais politiques.
        C’est du Reagan Tchatcher.

        http://www.lalettrevolee.net/article-les-ravages-sociaux-de-l-euro-une-strategie-deliberee-109713727.html


        • FabriceM Le 13 mars 2015 à 01h12
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          On m’a déjà présenté ce lien. Voir http://www.les-crises.fr/venezuela-12-le-mainstream-naime-pas-maduro/?replytocom=263245#respond

          Et du reste, ça me semble être une erreur fondamentale que d’associer directement le bien être des travailleurs avec l’existence de mesures du type “programme du CNR”.
          Tout porte à croire que les mesures de redistribution de masse, et surtout la multiplication des canaux de redistribution, ont un effet négatif pour la majorité des gens.
          Un poids gérable pour une économie qui croit à 5% par an, grâce à la plus grande croissance de la consommation d’énergie et de ressources de l’histoire accompagnant l’application toutes les connaissances accumulées entre 1870 et 1945, mais qui l’est beaucoup moins pour une économie authentiquement saignée par des décennies d’erreurs à tous les niveaux et qui peut au mieux espérer la stagnation.


      • Philippe, le belge Le 12 mars 2015 à 21h55
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        1/ il me semble qu’en lisant entre les lignes on comprend bien que pour Caramba, le clan des redistributeurs agit au service des travailleurs qui sont bien à la base de la production!

        2/ Il me semble aussi que vos distributeurs clientélistes (tous les politiciens? Nombreux d’accord, mais tous? Un peu démagogue, non?) n’ont pas besoin d’être dissociés des prédateurs et ne font pas partie du clan des redistributeurs mentionné par Caramba.

        3/ mettre sur un pied d’égalité la captation de la valeur ajoutée par le management (ne confondez-vous pas avec l’actionnariat? Il me semble que dans une certaine, voire grande mesure, le management participe de la production! Penser le contraire me paraît d’ailleurs “simplet”…) avec celle captée par l’Etat dont le peuple producteur devrait quand même en principe être le premier bénéficiaire, ne me paraît pas sain et pour le moins douteux

        4/ Après, sans préjuger de la gestion chaviste que je ne connais pas assez, je suis tout à fait d’accord pour dire que la pensée économique “de gauche” est souvent superficielle! Mais c’est pour ne pas la confondre avec la vraie que je mets des guillemets (Lénine aurait utilisé l’adjectif “gauchiste”!),


        • FabriceM Le 13 mars 2015 à 00h57
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          Sur le point 1 : Je vois bien ce que veut dire Caramba. Je suis juste le .. chiant … qui rappelle que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

          Sur le point 3 , précisions :

          L’organisation de la production est bien sur une fonction essentielle de toute entreprise. Tout comme l’est la mise à disposition de capitaux, par le ou les propriétaires. Ces fonctions prennent néanmoins, de manière assez claire une part de plus en plus grande du gâteau, sans que cela soit justifié autrement que parce qu’ils ont le pouvoir de le faire. Il existe des moyens de limiter cela, mais pour cela il faut piocher dans la boite à outils des libéraux, pas dans celles des socialistes.

          Pour le reste, quand il y a autant de misère et de problèmes en France alors que 58% du pib est contrôlé par l’Etat, il est tout à fait raisonnable de douter a priori de l’utilité de toute dépense publique. Bien sur l’argent public doit théoriquement être utilisé pour le bien commun, mais entre ce qui est dépensé inefficacement, inutilement, volé, toutes les dépenses qui ne respectent pas le principe de subsidiarité .. il y a un fossé de plus en plus grandissant entre la théorie et la pratique.
          La notion de subsidiarité est importante. Le non respect de ce principe conduit à des situations de “tragédie des communs”, produit des systèmes qui poussent les acteurs à adopter des comportement destructifs.


  7. Caramba! Le 12 mars 2015 à 08h01
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    “Bien que l’inflation accumulée sur les 5 premiers mois de 2014 est de 23%, certains médias continuent à parler de ¨60 %¨ ou ¨80 %¨ d’inflation.”

    https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/06/20/evo-morales-et-rafael-correa-denoncent-le-siege-du-venezuela-par-les-medias-prives/


  8. coinfinger Le 12 mars 2015 à 09h02
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    Finalement Obama me serait presque sympathique dans sa propension à l’échec . Je me demande s’il ne le fait pas exprés . Symétriquement sur l’axe Venezuela/USA ( on pourrait faire le paralléle aussi avec Poutine si celui-ci n’était pas contraint aujourd’hui d’infléchir sa politique interne) , on a deux problémes , un pour chaque bout de l’axe .
    Aux USA , un lobby militaro-industriel , associé à un lobby Texan/JR sans cesse préoccupé de fourger son pétrole hors de prix , en jouant de l’International . Lobby qui plombe les USA et méme les compagnies pétroliéres ( les majors ) et au sein de celles ci les bisbilles de familles ( Rockefeller par ex ) entre pétrole écolo et pétrole sans contraintes .
    En face , au Venézuela , une tendance à s’appuyer sur la rente pétroliére appropriée localement , associé à une ouverture au capital étranger , en vue de fournir des commodités occidentales aux pétroliers et sous traitants , au dépend d’un développement local .
    La baisse de cette rente remet tout en cause , de part et d’autre .
    Mais la situation n’est pas symétrique , en ce que on peut compter sur les échecs d’Obama , mais pas sur une véritable émancipation locale , au Vénézuela , Russie , etc …A moins qu’une prolongation dans l’échec US , ne viennent contraindre symétriquement à l’émancipation .


    • Kiwixar Le 12 mars 2015 à 09h12
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      “Finalement Obama me serait presque sympathique dans sa propension à l’échec . Je me demande s’il ne le fait pas exprés.”

      J’ai un peu la même impression sur Obama… qu’il essaie de contrecarrer les plans foireux des néo-cons WASP qu’on l’oblige à avoir autour de lui, tout en le faisant suffisamment discrètement pour ne pas se faire assassiner ou impeacher.


  9. ulule Le 12 mars 2015 à 09h06
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    S’agissant du service public financé par les impôts des citoyens, le cas Cluzel (France Culture, le 3 février 2015) a valeur d’exemple et mérite une attention toute particulière…
    https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/12/thomas-cluzel-ou-linterdiction-dinformer-sur-france-culture/


  10. miroirmerdiatique Le 12 mars 2015 à 09h23
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  11. Bernard Samson Le 12 mars 2015 à 13h51
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    OB dit : Personnellement, n’ayant pas creusé le sujet, je ne commenterai pas.
    Proposition de jeu amusant : comparez les traitements médiatiques de la situation en Ukraine et au Venezuela. Relevez les ressemblances et les différences. Qu’en concluez-vous (même sans avoir creusé le sujet)?


    • Caramba! Le 12 mars 2015 à 18h33
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      @Bernard Samson,

      Bonjour,

      Nombre de points communs, hormis la différence entre les bobos manifestant au Vénézuela et les gens du peuple en Ukraine, les premiers pour continuer à profiter du système, les deuxièmes luttant contre les corrompus qui profitent du système.
      D’abord,
      Diabolisation de Chavez, comme Poutine il est traité de hitler,
      Manifester et payer des agitateurs pour semer le dawa et bousiller la manifestation
      Tirer sur la foule, comme à Kiev, tireurs inconnus.


  12. brunos Le 12 mars 2015 à 13h54
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    D’après je journal le monde, l’Ukraine est en guerre avec la Russie…

    ….

    L’Ukraine a perdu le contrôle de ses poumons industriels dans l’est du pays, qui représentaient 15 % de son PIB et le quart de ses exportations. La guerre contre la Russie lui coûte 8 millions de dollars par jour, malgré le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis un mois.

    …..

    ” LA GUERRE CONTRE LA RUSSIE lui coûte 8 millions de dollars par jour. ”

    Au moins au Monde, on fait la propagande du discours Us sans fioriture.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/12/ukraine-une-aide-du-fmi-eloigne-le-risque-de-defaut_4591777_3234.html


  13. Sébastien Le 12 mars 2015 à 14h35
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    Il est très facile de faire un commentaire sur les deux types d’articles que vous proposez, sans entrer dans le fond de l’affaire.
    Vous avez une série d’affirmations péremptoires, spéculatifs et vagues d’un côté, une série de noms, faits et dates très précis et sourcés de l’autre.
    Quelle est la plus crédible/réaliste?


  14. anne jordan Le 12 mars 2015 à 14h41
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    A lire absolument cet article dans le dernier Télérama : Naomi Klein part en guerre contre les pétroliers ( entendez les entreprises d’extraction , de manière générale )
    http://www.telerama.fr/monde/naomi-klein-journaliste-activiste-et-optimiste,123944.php

    Depuis ” La Stratégie du choc ” , 5 ans d’enquête et une analyse sans complaisance des grands raouts mondiaux sur le ” Climate Change ” .


  15. SanKuKai Le 12 mars 2015 à 16h10
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    En effet, et pour exemple, le modèle “impartial” pour les confrontations TV sur le Vénézuela c’est:
    L’arbitre et 2 autres personnes qui débatent contre 2 autres personnes qu’on ne laisse pas s’expimer 🙂

    cf l’emission de 2013 “Parlez-moi d’ailleurs”, sur Le phénomène Chavez, que présentait Franz-Olivier Giesbert.Franz Olivier Gisbert sur LCP.

    Je n’ai pas trouvé le lien pour l’émission (c’est peut être pas plus mal pour les nerfs) mais l’émission avait été dénoncée à l’époque par ACRIMED:
    http://www.acrimed.org/article3862.html


  16. elisabeth Le 12 mars 2015 à 16h16
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    https://www.youtube.com/watch?v=2Q7pMgCVC8Y
    C’est un peu long, mais en deux mots , vers le milieu, les putschistes made USA, sûrs d’ avoir gagné, expliquent avec arrogance comment le coup d’état était préparé. Le reste n’est que pur bonheur !!!


  17. albert Le 12 mars 2015 à 18h01
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    Olivier avait prévenu:”les informations ici sont à prendre avec prudence et recul”

    Dès le début, le ton est donné:
    “Comme toujours dans ce type d’opération, Washington veille à ne pas paraître impliqué dans les événements qu’il dirige”

    Alors depuis des mois sur ce site, on se plaint de ce genre de déclaration à propos de l’Ukkraine (on remplace simplement Washington par Poutine), on se plaint que c’est de la propagande, mais là, c’est du média alternatif, on peut dire ce qu’on veut, y’a que des fans qui liront de toute façon, les fans veulent juste etre confortés dans leurs convictions.
    Heureusement, ici c’est différent… hein, c’est différent, dites?


  18. Caramba! Le 12 mars 2015 à 18h42
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    Bonjour,

    Je ne comprends pas votre dénonciation, vous accolez d’une part la phrase d’entrée ECRITE par Olivier et d’autre part, une phrase du texte écrit par RV, donc, la source.
    Je ne vois pas où il y a propagande en présentant un article , que vous êtes libre de critiquer, si RV vous dérange, aller donc commenter chez eux.
    c’est à partir de quel âge qu’on est plus fan mais appréciateur?


    • albert Le 13 mars 2015 à 16h58
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      Je me suis mal exprimer. La propagande est dans la source et dans les commentaires.
      Je ne cherchais pas à critiquer la démarche d’Olivier.

      Si il faut faire une distinction entre fan ou appréciateur, ca ne serait pas une question d’age, mais d’état d’esprit; (d’après wikipedia, fan est un anglicisme qui désigne une personne qui éprouve une forte admiration…).


  19. Rcool Le 12 mars 2015 à 18h56
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    La porte-parole du département d’État a fait rire les journalistes en déclarant que ” les USA ne soutenaient jamais les coups d’état!! ”

    https://www.youtube.com/watch?v=frO1T3vZNrA&feature=youtu.be


  20. bigglop Le 12 mars 2015 à 19h09
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    Merci Olivier pour ces infos à prendre avec prudence.
    Néammoins, début 2014, Jacques Sapir, à l’invitation du gouvernement vénézuélien, a rédigé une note sur la situation économique du pays :
    – taux de change
    – incitation à l’épargne
    – réforme profonde de la fiscalité et des subventions
    http://russeurope.hypotheses.org/2001
    Mais le gouvernement n’a pas suivi ses recommandations.


  21. Olivier P. Le 12 mars 2015 à 20h48
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    Mais puisqu’on vous dit qu’il n’ y a pas de complots !
    circulez il n’ y a rien à voir …
    Vous vous faites des idées et puis c’ est tout .
    bande de conspirationnistes !

    mieux vaut en rire .


  22. lanQou Le 13 mars 2015 à 08h25
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    Je mets en lien de sources alternatives le trop méconnu documentaire d’Oliver Stone: South of the Border. http://www.southoftheborderdoc.com/
    Où l’on comprend que le coup d’état en Ukraine de 2014 n’est qu’une redite améliorée et réussie de la tentative ratée contre le Venezuela en 2002: manipulation des foules, mensonges et hystéries médiatiques, massacres organisés pour déclencher la révolte, soutien et formation de faction séditieuses par les Etats-Unis, propagande internationale, etc, etc.


  23. Ray Le 13 mars 2015 à 10h16
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    @ – Toutes (s) ,bonjour.
    Pour des informations complémentaires en direct.

    http://www.telesurtv.net/el-canal/senal-en-vivo#


  24. ulule Le 14 mars 2015 à 13h41
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    Le 22 janvier, le président Maduro a rendu publique une conversation téléphonique entre militaires d’extrême droite https://www.youtube.com/watch?v=7fSOfibKzJQ
    L’un d’eux, expert en guerre psychologique de la School of Americas, explique comment organiser des pillages “avec l’aide d’étudiants” grâce aux pénuries générées par le secteur privé – encore hégémonique au Venezuela.
    Des liens resurgissent avec le leader d’extrême droite Leopoldo López, actuellement jugé en tant qu’organisateur des violences qui ont fait des dizaines de morts en 2014 et que les médias internationaux présentent comme un “prisonnier politique”. Le président Rafael Correa a rappelé récemment que ce scénario copie le modus operandi employé par Washington pour renverser le président Salvador Allende.

    https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/01/24/pourquoi-le-socialisme-au-venezuela-elements-de-reflexion-pour-une-bataille-des-idees/


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