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18.juin.201918.6.2019 // Les Crises

VIPS met en cause l’enquête Mueller et critique le refus d’interroger Assange

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Source : Consortium News, VIPS

[Veteran Intelligence Professionals for Sanity = groupe d’anciens officiers du renseignement des États Unis NdT]

16 avril 2019

Le problème dans le rapport de Mueller publié jeudi est qu’il tient pour acquis que le gouvernement russe s’est ingéré dans les élections. Trump devrait contester ce point, selon VIPS.

MEMORANDUM POUR : Le Président

DE : Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)

SUJET : Le cheveu dans la soupe de Mueller

16 avril 2019

Monsieur le Président :

La chanson est finie, mais la mélodie résonne toujours. La publication jeudi du texte expurgé du « Rapport sur l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 » du conseiller spécial Robert Mueller a permis au peuple américain de se rapprocher un peu plus de la vérité sur ce qu’on appelle « Russiagate ».

Cependant, le rapport Mueller n’a pas touché à l’allégation centrale, mais non prouvée, selon laquelle le gouvernement russe aurait piraté les courriels du DNC et de Podesta, les aurait donnés à WikiLeaks pour publication et vous aurait aidé à gagner les élections. L’idée clef reste identique, à savoir que même s’il n’y a pas de preuve que vous ayez été de connivence avec le président russe Vladimir Poutine, vous pouvez le remercier pour votre accès à la présidence. Et ce refrain vous poursuivra jusqu’à la fin de celle-ci, à moins que vous ne vous saisissiez de l’occasion.

Mueller a accepté comme parole d’évangile cette allégation centrale mais non prouvée, apparemment en l’absence de tout travail scientifique désintéressé et indépendant. Suivant l’exemple étrange de son ancien collègue, l’ancien directeur du FBI James Comey, Mueller s’est, semble-t-il, reposé pour les analyses scientifiques, sur la discréditée société CrowdStrike, engagée par le DNC [Comité national démocrate NdT] ; la crédibilité de CrowdStrike est comparable à celle de l’artisan du « dossier pee-tape » Christopher Steele [référence à la supposée vidéo de Trump dans un hôtel de Moscou NdT]. Comme Steele, CrowdStrike a été embauché et payé par le DNC (par un intermédiaire).

Le 13 mars, nous avons attiré l’attention du procureur général William Barr sur l’absence d’une expertise indépendante dans un mémorandum intitulé « Mueller’s Forensic-Free Findings » [les découvertes de Mueller sans travail d’enquête scientifique et juridique NdT], mais nous n’avons obtenu ni réponse ni accusé de réception. Dans ce mémorandum, nous décrivions les résultats de notre propre enquête scientifique indépendante, libre de toute contrainte, menée par deux anciens directeurs techniques de la NSA, qui évitent les « évaluations » approximatives et préfèrent fonder leurs conclusions sur les principes fondamentaux de la science et la méthode scientifique. Nos constatations demeurent incontestées ; elles révèlent des trous béants dans les conclusions de CrowdStrike.

Nous ne savons pas si M. Barr vous a fait part de notre mémoire du 13 mars. En ce qui concerne une prise de position publique de sa part sur la question scientifique, nous le soupçonnons de faire preuve de circonspection et de choisir prudemment ses batailles, en reportant peut-être à plus tard un examen rigoureux des travaux techniques douteux sur lesquels Mueller semble s’être appuyé.

Notification de M. Barr au Congrès

Comme vous le savez, ce qui a attiré l’attention le 24 mars dernier, c’est la citation tirée du rapport Mueller : « L’enquête n’a pas établi que les membres de la campagne Trump ont conspiré ou travaillé avec le gouvernement russe dans ses activités d’ingérence électorale », insérée par le procureur général William Barr dans son résumé de quatre pages. Bien sûr cela a d’autant plus fait la une des journaux que jusque là, la plupart des Américains avaient été convaincus par les médias du contraire.

Il reste, cependant, un hic de taille. Le rapport Mueller indique clairement que ce dernier accepte comme une certitude – certitude dénuée de preuve – que le gouvernement russe s’est ingéré dans les élections selon deux chemins :

Le premier chemin comprend ce que Barr, faisant écho à Mueller, affirme : « Une organisation russe, l’Internet Research Agency (IRA) » a utilisé les médias sociaux « pour semer la discorde sociale, et en définitive, dans le but d’interférer avec l’élection ». Un examen attentif de cette allégation montre qu’elle est sans fondement, en dépit des efforts herculéens du New York Times, par exemple, pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Après quelques recherches sommaires, le journaliste d’investigation primé Gareth Porter a rapidement dégonflé cette baudruche. Nous ne pensons pas que « Chemin 1 » mérite d’autres commentaires.

Le deuxième chemin mérite un commentaire éclairé, parce qu’il est plus technique et – pour la plupart des Américains – plus ésotérique. Selon Barr : « Le Conseiller spécial a constaté que des acteurs du gouvernement russe avaient réussi à pirater des ordinateurs et à obtenir des courriels de personnes affiliées à la campagne Clinton et à des organisations du Parti démocrate, puis les avaient diffusés publiquement par divers intermédiaires, dont WikiLeaks. Sur la base de ces agissements, le Conseiller spécial a intenté des poursuites pénales contre un certain nombre d’officiers de l’armée russe pour avoir conspiré en vue de pirater des ordinateurs aux États-Unis dans le but d’influencer l’élection. »

Nous sommes impatients de voir si le rapport Mueller contient des preuves scientifiques plus convaincantes que celles que VIPS a déjà démolies. Dans le résumé de Barr, la seule mention d’expertise scientifique renvoie à des « experts-comptables » – bien loin du genre d’enquêteurs scientifiques ou judiciaires nécessaires pour fournir des preuves convaincantes de « piratage » par le gouvernement russe.

Mais ils ont été inculpés !

Ce raisonnement circulaire [le raisonnement circulaire est, dans la philosophie du langage, en rhétorique et en épistémologie, l’argument qui consiste à supposer comme prémisse ce que l’argument veut prouver.NdT] ne fonctionnera probablement pas très longtemps, même avec une population américaine habituée à subir un lavage de cerveau de la part des médias. Beaucoup d’Américains avaient supposé à tort que la mise en accusation des Russes par Mueller – pour des posts sur FaceBook ou des actes d’agents secrets – était une preuve de culpabilité. Mais, comme le soulignent régulièrement les avocats, « il est facile de mettre en accusation un sandwich au jambon » – et encore plus facile de nos jours, s’il est accompagné d’une sauce russe.

Il y a de bonnes chances aujourd’hui pour que les personnes naïves à qui on avait assuré que Mueller trouverait une collusion entre Poutine et vous soient maintenant un peu plus circonspectes – et même sceptiques – sur le reste de l’histoire du « piratage russe », et cela sera encore plus vrai pour ceux qui ont une certaine formation technique. De tels spécialistes s’en donneront à coeur joie, SI – et le « SI » est capital – par miracle, la nouvelle des découvertes scientifiques de VIPS était diffusée dans les médias cette fois-ci.

La trompeusement nommée et indigente en preuves « évaluation de la communauté du renseignement » du 6 janvier 2017 n’avait qu’un seul mérite. Les auteurs y notaient : « La nature du cyberespace rend l’attribution des cyber-opérations difficile, mais pas impossible. Toute cyber-opération, malveillante ou non, laisse des traces ». Les enquêteurs judiciaires peuvent suivre une piste de métadonnées et d’autres propriétés techniques. C’est ce que VIPS a fait.

Une « entité de haut niveau » ?

Si, comme nous le soupçonnons fortement, Mueller se repose uniquement sur CrowdStrike, la firme discréditée engagée par le DNC au printemps 2016, il agit davantage comme l’inspecteur Clouseau [référence à la panthère rose, NdT] que comme l’enquêteur de haut vol qu’il est réputé être. Il ne suffit tout simplement pas que l’ancien collègue de Mueller, James Comey, dise au Congrès que CrowdStrike est une « entité de haut niveau ». Il n’en est rien et, en plus de son incompétence avérée, cette société est rongée par les conflits d’intérêts. Comey doit expliquer pourquoi il a éloigné le FBI des ordinateurs du DNC après qu’ils aient été soi-disant « piratés ».

Et l’ancien directeur national du renseignement James Clapper doit expliquer sa déclaration de novembre dernier selon laquelle « les preuves scientifiques étaient accablantes concernant ce que les Russes avaient fait ». Quelles preuves scientifiques ? De CrowdStrike ? Chez VIPS, nous trouvons au contraire de plus en plus de preuves techniques que les courriels du DNC ont été divulgués, et non piratés que ce soit par les Russes ou quelqu’un d’autre – et que « Guccifer 2.0 » [pirate ou groupe de pirates informatiques ayant prétendu avoir piraté des mails du parti démocrate, NdT] est une imposture flagrante. Oui, nous pouvons aussi prouver cela à partir d’éléments scientifiques.

Mais les présentateurs télé racontent …

Encore une fois, si on postule que l’enquête incomplète de Mueller est parole d’évangile, la plupart des Américains continueront à croire que – avec ou sans collusion de votre part avec les Russes – Poutine vous a donné un sacré coup de main. Bref, que sans l’aide du président Poutine, vous ne seriez pas président.

Beaucoup trop d’Américains continueront de le croire parce que cela fait deux ans et demi que les médias grand public leur servent ce plat- à moitié mijoté par des fuites des renseignements. Les médias ont joué un rôle central dans les efforts du complexe MICIMATT (Militaro-Industriel-Congressionnel-Intelligence-Médias-Académie-Académie-Think-Tank) pour contrarier toute amélioration dans les relations avec la Russie. Nous, VIPS, avons démontré à maintes reprises que les principales accusations d’ingérence de la Russie dans les élections de 2016 sont bâties sur un château de cartes. Mais, malgré notre bilan d’exactitude sur le sujet – et malgré nos avertissements concernant les renseignements frauduleux fournis par nos anciens collègues avant la guerre d’Irak – nous n’avons pas été entendus par les médias grand public.

La plupart d’entre nous ont des décennies d’expérience dans le domaine du renseignement et nombre d’entre nous ont une grande expérience universitaire et gouvernementale axée sur la Russie. Nous considérons la question de « l’ingérence russe » comme primordiale, et pas seulement parce que l’allégation est perfidement bidon et facilement réfutée. Mais de manière plus important, parce qu’elle a provoqué des tensions avec la Russie dotée de l’arme nucléaire jusqu’à un point de dangerosité tel que nous n’en avions pas connu depuis la crise des missiles de Cuba en 1962,quand la provocation russe était réelle – authentique et non simpliste.

Des esprits modérés ont résolu cette crise il y a plus d’un demi-siècle, et nous avons tous pu survivre. De nos jours, les esprits modérés semblent se faire rares et l’enjeu est de taille. Du côté du renseignement et de la démarche scientifique, nous avons démontré que les éléments apportés pour « prouver » que les Russes ont piraté les e-mails du DNC et de Podesta et les ont donnés à WikiLeaks sont fallacieuses. Par exemple, nous avons examiné les métadonnées d’un document clé attribué au piratage informatique russe et montré qu’il avait été frauduleusement modifié avec des « empreintes digitales russes ».

Qui a semé des miettes de pain ?

Et si ce n’était pas les Russes, qui a semé les « empreintes russes » comme des miettes de pain ? Nous n’en sommes pas sûrs ; sur cette question, nous ne pouvons pas tirer de conclusion basée sur les principes de la science, du moins pas encore. Nous soupçonnons cependant que des cyber-attaquants plus proches de chez nous sont responsables de l’insertion des « signes révélateurs » nécessaires pour attribuer les « intrusions » à la Russie. Nous avons exposé nos vues plus spéculatives sur cette étrange question à la fin de notre memorandum du 24 juillet 2017 à votre intention, intitulé « Les vétérans du renseignement contestent les preuves de piratage de la Russie ».

Il convient de rappeler que vous avez été informé des principales conclusions de ce mémorandum ainsi qu’en atteste l’ordre que vous avez donné à Mike Pompeo, alors directeur de la CIA, de parler à William Binney, l’un de nos deux anciens directeurs techniques de la NSA et l’un des principaux auteurs de ce mémorandum. Le 24 octobre 2017, Pompeo a commencé sa réunion d’une heure avec Binney en expliquant la genèse de cette étrange invitation au siège de la CIA : « Vous êtes ici parce que le président m’a dit que si je voulais vraiment en savoir plus sur le piratage russe, il fallait que je vous parle. »

Au cas où Pompeo ne vous aurait pas donné de compte-rendu de sa rencontre avec Binney, nous pouvons vous dire que Binney, un scientifique très respecté et connu pour son franc-parler, a commencé par dire à Pompeo que ses agents (de la CIA) lui mentaient sur le piratage russe et qu’il (Binney) pouvait le prouver. Pompeo a eu une réaction d’incrédulité, mais a ensuite parlé de faire un suivi avec le FBI et la NSA. Nous n’avons cependant aucun élément allant dans ce sens. Et il y a de bonnes raisons de penser que Pompeo lui-même ait pu être peu disposé à donner suite avec ses subordonnés de la Direction de l’innovation numérique créée par le directeur de la CIA, John Brennan, en 2015. Les logiciels malveillants et les outils de piratage informatique de la CIA sont conçus par le Groupe de développement de l’ingénierie, qui fait partie de cette Direction relativement nouvelle.

« Offuscation »

Une fuite au sein de la CIA, dévoilée par WikiLeaks le 31 mars 2017, dans le cadre des divulgations dites « Vault 7 », a révélé l’existence d’un cyber outil appelé « Marble » [Marbre NdT], qui a été utilisé en 2016 pour « offuscation » (pour employer le terme de la CIA) [néologisme d’emprunt lexical tiré de l’anglais : l’offuscation, assombrissement ou obscurcissement est une stratégie de gestion de l’information qui vise à obscurcir le sens qui peut être tiré d’un message. Cette stratégie peut être intentionnelle ou involontaire NdT]. Cet outil peut être utilisé pour effectuer un double jeu juridico-scientifique (c’est à dire une opération sous couverture); il comprenait des échantillons de test en arabe, chinois, farsi, coréen et russe. La journaliste du Washington Post Ellen Nakashima, et c’est à son honneur, a immédiatement publié un article sur le cyber-outil Marble, sous le titre accrocheur (et exact) « Les dernières révélations de WikiLeaks à propos des cyber-outils de la CIA pourraient griller la couverture des opérations de piratage de l’agence ». C’était apparemment avant que Nakashima ne « reçoive le mémo ». Les médias grand public ont par ailleurs évité comme la peste toute mention de Marble.

Monsieur le Président, nous ne savons pas si le Marble de la CIA, ou des outils de ce genre, ont joué un rôle quelconque dans la campagne visant à tenir la Russie pour responsable du piratage du DNC. Nous ne savons pas non plus jusqu’à quel point les agents de la Direction de l’innovation numérique de la CIA ont été honnêtes avec la Maison-Blanche – ou avec l’ancien directeur Pompeo – sur cette question sensible. Puisqu’elle est toujours d’actualité, nous reprendrons ci-dessous un paragraphe figurant dans notre Mémorandum de juillet 2017 dans la rubrique « Poutine et la technologie » :

« Nous ne savons pas non plus si vous avez discuté en détail de questions cybernétiques avec le président Poutine. Dans son entrevue avec Megyn Kelly de NBC, il semblait tout à fait disposé – peut-être même désireux – d’aborder les questions liées au type de cyber-outils révélés dans les divulgations de Vault 7, dans le simple but peut-être d’indiquer qu’il en avait été informé. Poutine soulignait que la technologie d’aujourd’hui permet de “dissimuler et déguiser le piratage d’une façon telle que personne ne puisse en deviner l’origine… Et, inversement, il est possible d’impliquer n’importe quelle entité ou individu de façon à ce qu’ils apparaissent aux yeux de tous comme la source de cette attaque. Les pirates informatiques peuvent être n’importe où”, a-t-il dit. “Il y a peut-être aux États-Unis des pirates informatiques qui, d’ailleurs, ont très habilement et professionnellement fait en sorte de rejeter la faute sur la Russie. Ne pouvez-vous pas concevoir un tel scénario ? … Moi si”. »

Comme nous l’avons dit au procureur général Barr il y a cinq semaines, nous considérons que les conclusions de Mueller sont foncièrement mauvaises sur le plan technique et ipso facto incomplètes. Nous avons également critiqué Mueller pour ne pas avoir interrogé des témoins coopératifs disposant d’informations directes, comme Julian Assange de WikiLeaks.

Ennemis politiques et médias grand public (pardon pour le pléonasme)

Peut-être ignorez-vous qu’en mars 2017, les avocats d’Assange et le ministère de la Justice (agissant au nom de la CIA) ont été dit-on très proches d’un accord en vertu duquel Assange aurait accepté de discuter de « preuves techniques disculpant certaines parties » dans la fuite des courriels du DNC et pour éditer certaines informations confidentielles de la CIA, en échange d’une immunité relative. Selon le journaliste d’investigation John Solomon de The Hill, le sénateur Mark Warner (Démocrate de Virginie), vice-président du Comité sénatorial du renseignement, a eu connaissance de l’imminence de l’accord et en a informé le directeur du FBI de l’époque, M. Comey, qui a ordonné un « repli » immédiat et la fin des discussions avec M. Assange.

Pourquoi Comey et Warner ont-ils mis le holà sur le fait de recevoir des « preuves techniques disculpant certaines parties » [comprendre la Russie] ? Nous ne vous ferons pas l’offense d’apporter la réponse évidente. Assange est maintenant en prison, à la grande satisfaction de tant de personnes, y compris de Mme Clinton qui a dit qu’Assange devait maintenant « répondre de ses actes ».

Mais est-il trop tard pour donner suite d’une manière ou d’une autre à l’offre d’Assange ? Est-ce que lui ou ses associés seraient encore prêts à fournir des « preuves techniques » montrant, au moins, qui ne doit pas être tenu pour responsable ?

Vous, M. le Président, pourriez obtenir cela. Il vous faudrait combattre une forte résistance à chaque étape, et toutes sortes de manœuvres de la part de ceux qui ont des intérêts personnels en jeu et une grande pratique du sabotage pour vous contrecarrer – avec l’entière coopération de la plupart des experts des médias. Allons, vous ne savez que trop bien comment cela fonctionne.

Mais vous êtes le président. Et il n’y a peut-être pas de meilleur moment que maintenant pour les abattre, pour montrer la nature fallacieuse des « preuves » concoctées qui tentent de faire de vous quelqu’un qui serait entre les « mains de Poutine » et, surtout, pour dissiper les nuages qui vous ont empêché de poursuivre une relation plus harmonieuse avec la Russie.

Pour le Groupe de direction, Veteran Intelligence Professionals for Sanity

William Binney, ancien directeur technique, Analyse géopolitique et militaire mondiale, NSA ; cofondateur, Centre de recherche automatisée du SIGINT [renseignement d’origine électro-magnétique NdT] (à la retraite)

Bogdan Dzakovic, ancien chef d’équipe de la police de l’aviation civile et Équipe rouge au sein de la sécurité de la FAA [administration de l’aviation fédérale NdT] (à la retraite) (VIPS associé)

Philip Giraldi, CIA, agent des opérations (à la retraite)

Mike Gravel, ancien adjudant, officier de contrôle top secret, Communications Intelligence Service [service de renseignement sur les communications NdT] ; agent spécial du Counter Intelligence Corps [corps de contre-espionnage NdT] et ancien sénateur américain

James George Jatras, ancien diplomate américain et ancien conseiller en politique étrangère auprès du Sénat (associé VIPS)

Larry Johnson, ancien agent de renseignement de la CIA et ancien agent antiterroriste du département d’État, (à la retraite)

Michael S. Kearns, capitaine, armée de l’air des États-Unis (à la retraite ) ; ancien maître instructeur Survival, Evasion, Resistance and Escape [centre de formation aux techniques d’évasion NdT] pour les opérations de reconnaissance stratégique (NSA/DIA) et les unités des missions spéciales (JSOC).

John Kiriakou, ancien agent antiterroriste de la CIA et ancien enquêteur principal, Comité sénatorial des relations étrangères

Karen Kwiatkowski, ancienne lieutenant-colonel, armée de l’air des États-Unis (à la retraite), au Bureau du Secrétaire à la Défense chargée de surveiller la fabrication des mensonges sur l’Irak, 2001-2003

Clement J. Laniewski, LTC, Armée américaine (retraité)

Linda Lewis, analyste des politiques de préparation aux armes de destructions massives, département de l’agriculture des États-Unis (à la retraite)

Edward Loomis, informaticien en cryptologie de la NSA (à la retraite)

David MacMichael, ancien agent principal du budget des dépenses, Conseil national du renseignement (à la retraite)

Ray McGovern, ancien officier d’infanterie et de renseignement de l’armée américaine et président de la CIA (à la retraite)

Elizabeth Murray, ancienne agente nationale adjointe du renseignement pour le Proche-Orient et analyste politique de la CIA (à la retraite)

Todd E. Pierce, Major, Juge-avocat général de l’armée américaine (à la retraite)

Peter Van Buren, département d’État, agent du service extérieur (retraité) (VIPS associé)

Robert Wing, Département d’État, agent du service extérieur (ancien) (VIPS associé)

Ann Wright, colonelle de réserve de l’armée américaine (à la retraite) et ex-diplomate qui a démissionné en 2003 pour s’opposer à la guerre en Irak

Source : Consortium News, VIPS, 16-04-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 18.06.2019 à 07h01

La page Wikipédia sur le prétendu « Russiagate » a été lessivée par les néocons de service, Lebob et Tan Khaerr. Voyez comment ce dernier a mutilé le résumé introductif, et son argument :
https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Affaire_du_Russiagate&diff=159347013&oldid=159287085

Voici le résumé avant « l’intervention » de Tan Khaerr :
« En 2019, le procureur spécial Robert Mueller indique que son enquête n’a pas établi de “collusion” entre la Russie et l’équipe de Donald Trump. Pour certains commentateurs, l’affaire du Russiagate relève de la théorie du complot et constitue la pire défaillance des médias depuis la campagne de désinformation de 2003 accréditant l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour en justifier l’invasion. »

Maintenant, le résumé introductif est bien comme il faut :
« En 2019, le procureur spécial Robert Mueller fait état d’une ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais indique que son enquête n’a pas recueilli de preuves suffisantes pour établir une “collusion” entre la Russie et l’équipe de Donald Trump. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Russiagate

13 réactions et commentaires

  • Fritz // 18.06.2019 à 06h49

    Les signataires de ce mémorandum font honneur à leur pays, à la justice, à la vérité. Leur argumentation emporte la conviction. Hélas, tout se passe comme si un esprit malin entraînait l’Amérique vers une guerre contre la Russie, les Américains (et leurs valets) se laissant séduire par bêtise et par conformisme.

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    • Dominique65 // 18.06.2019 à 10h58

      Es-tu sûr que leurs compétences dépassent celles des experts comptables qui ont stigmatisé la Russie (de Poutine) ? 😉

        +0

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  • Fritz // 18.06.2019 à 07h01

    La page Wikipédia sur le prétendu « Russiagate » a été lessivée par les néocons de service, Lebob et Tan Khaerr. Voyez comment ce dernier a mutilé le résumé introductif, et son argument :
    https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Affaire_du_Russiagate&diff=159347013&oldid=159287085

    Voici le résumé avant « l’intervention » de Tan Khaerr :
    « En 2019, le procureur spécial Robert Mueller indique que son enquête n’a pas établi de “collusion” entre la Russie et l’équipe de Donald Trump. Pour certains commentateurs, l’affaire du Russiagate relève de la théorie du complot et constitue la pire défaillance des médias depuis la campagne de désinformation de 2003 accréditant l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour en justifier l’invasion. »

    Maintenant, le résumé introductif est bien comme il faut :
    « En 2019, le procureur spécial Robert Mueller fait état d’une ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais indique que son enquête n’a pas recueilli de preuves suffisantes pour établir une “collusion” entre la Russie et l’équipe de Donald Trump. »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Russiagate

      +37

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    • c // 18.06.2019 à 08h06

      ahahahahahah, ces amerloques, 2 ans d’enquête et rien, je rêve du jour où ces mafieux qui mentent à tous bouts de champs soient entendus par le congrés et différemment de chez nous, mis en détention car des preuves de leurs mensonges, il y en a plein !!! Attendons et patientons…
      ;o)
      Le rapport Mueller sur le Russiagate n’est qu’un montage politicien.

      https://consortiumnews.com/2019/03/13/vips-muellers-forensics-free-findings/

      “La seule chose dont nous sommes sûrs, c’est que la personne devait avoir un accès direct aux ordinateurs ou aux serveurs de la DNC pour pouvoir copier les courriels. Le manque apparent de preuves de la source la plus probable, la NSA, concernant un piratage peut aider à expliquer la curieuse préférence du FBI pour les données criminalistiques de CrowdStrike. Ce qui n’est pas moins troublant, c’est pourquoi Comey a choisi d’appeler CrowdStrike une « entité de haut niveau ».”

        +3

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  • aladin0248 // 18.06.2019 à 07h16

    La volonté de transformer la Russie en agresseur est une composante manifeste de la politique étrangère américaine depuis que Poutine a décidé de ne pas courber l’échine devant l’Empire. TOUTE la politique américaine doit être lue selon ce filtre, ce qui donne une grille assez simple (les forces qui composent la politique russe ou chinoise sont plus compliquées à analyser). Trump a essayé de s’opposer ou de ralentir le processus, mais il n’y est manifestement pas arrivé. Ce texte démontre en revanche qu’une fraction de l’Etat Profond s’y oppose également mais elle reste minoritaire. Nous ne connaissons pas avec précision la politique à long terme de cette force alternative, et la façon dont elle intègre l’inévitable déchéance de l’hégémon.

      +7

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  • RGT // 18.06.2019 à 08h22

    Je ne m’attarderai pas sur le fond de cet article qui est suffisamment précis et réfléchi, je me contenterai simplement d’aborder la forme.

    Après les “Réseaux du Kremlin en France”, les “Pirates du Kremlin aux USA”.

    Le plus amusant, c’est que ces affirmations fondées sur une “foi religieuse” dans l’ingérence russe font la une de tous les médias occidentaux alors que des accusations équivalentes sur l’ingérence occidentale partout ailleurs sur la planète (même parmi les “amis/alliés”) est immédiatement rejetée et considérée comme “complotiste”.

    Certes, les russes avaient une nette préférence pour le candidat qui annonçait qu’il cesserait les attaques incessantes à leur encontre, mais de là à parvenir à manipuler la population des USA avec des méthodes “sordides” il y a un pas qui me semble plutôt… très spéculatif.

    Pour la fuite de documents du DNC, je penche plutôt pour un militant intègre (sans doute écœuré par l’éviction de Bernie Sanders) qui a profité d’un accès privilégié aux serveurs pour dénoncer la “nauséitude” des pratiques de ce parti mafieux.

    Mais dans leur bulle autistique les “élus” démocrates sont convaincus qu’il est préférable de faire incriminer leurs “pires ennemis” que de reconnaître que cette fuite concerne des faits bel et bien RÉELS et que cette fuite aurait pu être le fait d’un militant pris d’une nausée incoercible.

    Ce qui leur évite de devoir remettre en cause leur comportement et d’avouer publiquement qu’ils se sont foutus de la gueule de la population.

      +23

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    • Chris // 18.06.2019 à 13h25

      Fuite DNC => Seth Rich ?
      Pourquoi Mueller n’a pas enquêté sur le meurtre de Seth Rich ?
      https://www.zerohedge.com/news/2019-06-15/why-didnt-mueller-investigate-seth-rich
      Dossier Steele-FBI :
      https://www.zerohedge.com/news/2019-05-08/christopher-steele-made-damning-pre-fisa-confession-fbi-retroactively-classified
      “Des documents et des témoignages de Bruce Ohr, fonctionnaire du ministère de la Justice, et dont l’épouse Nellie travaillait pour Fusion GPS, montrent qu’il avait déclaré au FBI en août 2016 que Steele était «désespéré» de vaincre Trump et que son travail avait un lien avec la campagne de Clinton.
      A propos de la guerre commerciale entre les USA et la Chine :
      Une entreprise chinoise fabrique des pièces de F-35 ?!
      https://www.rt.com/news/461918-chinese-company-f35-parts/

        +8

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      • Catalina // 18.06.2019 à 14h35

        et oui, ces pauvres gens qui ne bavent que sur le profit ont sous-traité en Chine et pas que pour le F-35, leur con****** n’est plus à démonter, il me semble !
        Pour le F-35, ce tas e ferraille à 1500 millions de dollrs vole presque mon bienque mon gauffrier mais a rapporté gros, très gros à l’état profond us : le complexe militaro industriel, pendant ce temps plus de 44 millions d’Américains crèvent de faim, vivent sous tente, se droguent, ( avec la drogue que leur gouvernement sponsorise en Afghanistan). Ces pauvres gens qui contrairement à nous n’ont connu que le lessivage de cervelle devraient faire une révolution mais ils sont camés à dessein pour que rien ne change. Pauvres gens, naitre dans ce pays n’est vraiment pas un cadeau.

          +5

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  • Haricophile // 18.06.2019 à 08h54

    Ces patriotes se trompent sur le fait que la classe dirigeante se soucient de la justice, de la Nation, du genre humain et toutes ces fadaises : Ils ne se soucient que d’eux-même et de leur classe.

    On ne dit pas a un pervers narcissique : Attention, votre victime subit des choses qui pourraient porter atteinte a sa santé psychologique, je vous informe qu’il y a des choses a faire pour qu’elle aille mieux.

    Si ces patriotes veulent être utile a leur nation mal barrée, il va leur falloir trouver une autre méthode que d’offrir des bon conseils, tout pertinents qu’ils soient.

      +14

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    • Dominique65 // 18.06.2019 à 10h54

      « Il va leur falloir trouver une autre méthode que d’offrir des bon conseils »
      C’est bien ce qu’ils font : ils rendent public leur travail.

        +6

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    • RGT // 18.06.2019 à 18h28

      Nous avons HÉLAS les mêmes en France…

      Et nous avons AUSSI (seconde couche) une classe dirigeante qui poursuit les mêmes objectifs.
      Belote et rebelote.

      Et sans vouloir sembler obstiné dans mes constats, l’ensemble de l’humanité est logée à la même enseigne, sauf dans les (très rares) contrées dans lesquelles les citoyens de base ont le loisir d’aller “péter la gueule” de leurs “élites” pour leur signifier qu’elles poussent le bouchon un peu trop loin.

      Mais bon, bien souvent ces actions sont “suggérées” par quelques “indignés” motivés par quelques subsides en provenance de l’étranger.
      Belote, rebelote et surbelote.

        +3

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  • Ubu // 18.06.2019 à 11h15

    Tout ça me rappelle ce qui s’est passé au Brésil avec le procureur Dallagnol convaincu de la culpabilité de Lula par la grâce de Dieu :
    https://www.legrandsoir.info/bresil-lula-combat-pied-a-pied-les-accusations-d-un-procureur-evangelique-qui-en-appelle-a-dieu.html
    avec en prime, un extrait de son interrogatoire, hilarant si ce n’était pas si kafkaïen :
    https://www.legrandsoir.info/bresil-l-interrogatoire-hallucinant-de-lula.html
    La “Justice” en question !

      +3

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  • vert-de-taire // 18.06.2019 à 14h09

    pas offuscation mais obfuscation
    https://fr.wiktionary.org/wiki/obfuscation

      +0

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