Car l’Ukraine n’est pas un cas isolé…

Source : Political Critique, Lukas Livkavcan, 03-01-2017

Le soutien massif aux fascistes slovaques ( ĽSNS ) est une réponse à la division socio-économique du pays.

Photo by: A2larm

Il y a quelques semaines, l’ONG slovaque Institut pour des Questions Publiques a publié les résultats d’une enquête quantitative complète traitant du comportement des jeunes Slovaques sur internet. Elle aboutit à quelques conclusions importantes et ahurissantes : le média a immédiatement souligné la révélation selon laquelle le parti obtenant le plus de soutien de la part des électeurs âgés de 18 à 39 ans (bien que considérer comme « jeunes Slovaques » des personnes d’âge moyen soit quelque peu discutable) est le Ľudová strana Naše Slovensko – L’SNS, Parti du Peuple-Notre Slovaquie, mené par l’infâme leader fasciste Marián Kotleba. Néanmoins, l’étude nous dit qu’un quart des jeunes Slovaques environ voteraient pour le L’SNS, et que 90% d’entre eux n’ont pas de réticences quant à leur style, leur programme politique ou leurs projets. En outre, un tiers des jeunes Slovaques affiche sa sympathie envers les valeurs et les activités du parti. Aux dernières élections parlementaires, alors que le ĽSNS gagnait plus de 8% des voix, il avait le soutien de 22% des électeurs votant pour la première fois, et son électorat étaient constitué à 70% de personnes de moins de 39 ans.

Nœuds et causes

Encore plus frappante est l’importance du soutien aux mesures concrètes proposées par ĽSNS. Par exemple, plus de 66 pour cent de tous les questionnés acceptent d’abaisser les avantages sociaux pour les Roms – ce qui signifie qu’une politique explicitement raciste fait en fait partie du courant politique mainstream des jeunes Slovaques. Un autre consensus populaire surprenant a été atteint sur la question de la réduction des effectifs du Parlement de cent cinquante membres à cinquante, qui est soutenue par plus de 70% de la jeunesse slovaque.

Ce phénomène est moins surprenant si l’on regarde les autres parties de l’enquête : il s’avère que les jeunes Slovaques accordent leurs faveurs à des entités parlementaires obscures telles que « Sme Rodina » (Nous sommes une Famille, parti anti-immigration dirigé par l’homme d’affaire controversé, célébrité des tabloïds, Boros Kollár), le SNS nationaliste ressuscité par le nationaliste populaire Andrej Danko ou le mouvement OĽANO-NOVA dirigé par Igor Matovič – un homme dont le programme politique reste dans un état perpétuel de superposition quantique [ie, tout et son contraire].

La question évidente serait : qui est arrivé en premier ? Est-ce que ĽSNS a inventé sa critique éclectique de la démocratie ou est-il devenu un simple canal de la colère de la jeune génération, le reflet d’une inégalité socio-économique plus profonde qui fragmente la société slovaque ? Tous les gouvernements jusqu’ici ont pratiqué à la perfection l’art d’ostraciser les pauvres : soit en imposant des politiques d’austérité comme dans le cas des cabinets de droite, soit en attisant la haine ethnique sous la férule monochrome de Robert Fico.

Les politiques de l’emploi des gouvernements slovaques contiennent des signes de précarisation du travail depuis longtemps, qui, conjugués à la politique d’investissement, ont entraîné une situation où l’on trouve dans le même pays, la sixième région la plus riche de l’UE, Bratislava et les régions extrêmement pauvres de Slovaquie centrale et orientale, telles que Rimavská Sobota, Revúca, Velký Krtíš, Kežmarok, Gelnica, Trebišov ou Sabinov. Ce n’est pas un hasard que certains de ces endroits se trouvent dans la région de Banská Bystrica menée ces trois dernières années par le fasciste Kotleba. Ces zones souffrent d’un taux de chômage élevé, ainsi que du niveau d’éducation le plus bas et de la densité de population la plus élevée du pays. Les foyers sans eau courante sont une chose assez commune. Le seuil de pauvreté en Slovaquie est fixé à 347 euros et 640 000 personnes sont directement menacées par la pauvreté, dont beaucoup sont des familles avec enfants.

La répartition géographique se compose du cœur (Bratislava et une partie de la région de Trnava), d’une semi-périphérie (les villes de Trenčín, Žilina, Banská Bystrica, Košice, Nitra et Poprad, plus les villes et villages satellites) et de la périphérie (la grande partie du reste de la Slovaquie, à l’exception des centres régionaux). L’élite économique et éduquée se concentre exclusivement à Bratislava, qui fonctionne comme un accélérateur régional – en catapultant particuliers et entreprises dans des réseaux cosmopolites, à la manière d’une gigantesque prise électrique branchée sur les courants du capital mondial. L’emplacement même de la capitale de la Slovaquie, à l’ouest du pays, rend l’explication inutile.

Mais, comme c’est souvent le cas avec le capitalisme, la majeure partie de l’argent se concentre en très peu d’endroits et ne se diffuse vers l’extérieur que goutte à goutte. On peut facilement voir, à moins de cent kilomètres de Bratislava, le visage réel de la pauvreté structurelle slovaque qui afflige des communautés entières. Il s’agit de la réalité dans laquelle des centaines de milliers de Slovaques doivent vivre : ses caractéristiques phénoménologiques fondamentales sont l’ennui, la futilité, la perte de toute perspective pour la vie personnelle ou communautaire, et le sentiment toujours présent d’une profonde incertitude. Cette pauvreté est documentée ethnographiquement, par exemple à travers les productions du rappeur Čavalenky, de la frontière slovaque-tchèque.

Des univers parallèles

En ce qui concerne la vie matérielle, il semble évident que le solide soutien au ĽSNS est la plus récente expression de l’exclusion socio-économique de long terme d’une grande partie de la société slovaque. L’attitude critique vis-à-vis de la démocratie libérale est le résultat direct de la réalité quotidienne destructrice des âmes que vivent les Slovaques – pas seulement les pauvres, mais aussi le large éventail d’employés précarisés de l’État et du secteur privé. Un professeur de lycée, une infirmière, un travailleur  à la chaîne à Detva et un employé de magasin de Nové Zámky gagnent la même misère. L’espoir de meilleures conditions de travail est un privilège réservé aux habitants des régions économiquement les plus fortes et les meilleurs emplois sont – et seront pour une autre décennie ou deux – occupés par la génération qui était économiquement active à la fin des années quatre-vingt.

À moins que vous ne viviez à Bratislava ou à proximité, votre vie sera probablement la combinaison alléchante d’un travail ingrat et stupide, d’ennui, de flemmardise, de culture télévisuelle stupide, de relations insatisfaisantes et, en fin de compte, d’enfants non désirés.

Si vous avez de la chance, c’est-à-dire si vous êtes diplômé d’un lycée solide, si vos parents ont réussi à vous payer une vie d’étudiant à Bratislava (ou mieux encore, à l’étranger) et si vous réussissez à obtenir un diplôme en un domaine un tant soit peu intéressant plutôt qu’à juste vous rendre ivre-mort (réseautage, comme on dit aujourd’hui), vous pourriez faire partie de la bulle sociale libérale constituée par environ 25% de la jeunesse slovaque. Si tel est le cas, vous vivez dans un univers parallèle qui repose sur des règles, une cartographie et une temporalité totalement indépendantes de la réalité régionale de la Slovaquie. Vous êtes plus susceptible de défendre le statu quo et vous préférez des changements progressifs et lents vers le mieux, plutôt que le tournant radical souhaité par ceux qui ont été trahis et réprimés par l’union impie du capitalisme néolibéral et de la démocratie libérale. Selon l’enquête IVO, ce segment chevauche l’électorat du parti Sloboda a Solidarita (SaS), qui représente actuellement un hybride assez contradictoire de toutes les écoles de pensée politique libérales imaginables, diluées dans le racisme « pragmatique » de son président Richard Sulík.

Le public à l’agonie

L’orientation politique générale des jeunes Slovaques est une variation maintes fois répétée d’un thème bien connu en dehors de la Slovaquie : l’exclusion de la gauche du débat public. Compte tenu du poids des médias et du climat politique, artificiellement orienté vers la droite pendant l’intégralité des deux premières décennies d’existence de la Slovaquie indépendante, Les jeunes élevés dans cette atmosphère vont inévitablement tendre à la rébellion contre l’ordre établi en se convertissant à l’extrême-droite – parce que les alternatives de gauche progressiste sont tout simplement inconcevables pour les étudiants d’aujourd’hui. Faute d’une gauche forte, parlementaire ou non, (notamment dans les gouvernements locaux), il n’est que trop naturel que les forces anti-système premières soient fascistes et cinglées. Et il est logique que, au lieu d’un large éventail de partis réellement éligibles allant de la gauche au centre, il n’y ait qu’un ou deux partis d’opposition dans la veine du SaS – éclectiques par définition, car ils doivent tenir compte des contradictions qu’entraîne l’appel à des électeurs de tout ce spectre non représenté.

Ce qui mérite également notre attention dans les résultats de l’enquête, est l’absence d’une relation facile à définir entre l’orientation politique et la culture numérique. Il s’avère que les jeunes électeurs du parti fasciste ĽSNS sont les plus actifs quand il s’agit de rechercher des informations en ligne (juste au-dessus de la base d’électeurs du SaS) – bien qu’ils recourent souvent à des sources du type Breitbart News. La pensée anti-système est alimentée par de fausses alertes, des hoax ou des théories du complot. Ce qui peut amuser et nourrir les opinions politiques de quelqu’un exactement de la même manière que la critique qui travaille avec les sources médiatiques mainstream. Du point de vue des algorithmes de moteurs de recherche et des réseaux sociaux qui segmentent le contenu pour les utilisateurs finaux, il n’y a pas de différences réelles entre ces deux types d’info-divertissement. Et ce sont des plates-formes numériques qui deviennent les méta-médias d’aujourd’hui, générant des réalités sociales et créant des bulles mutuellement imperméables. Le public, en tant que centre des activités de communication en Slovaquie, s’évanouit lentement, car la société a pris une spirale descendante vers une constellation d’univers parallèles qui ne peuvent plus être résolus, apparemment, que par une collision mutuelle.

Source : Political Critique, Lukas Livkavcan, 03-01-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

29 réponses à Un pays où la Génération du Millénaire est dans la confusion, par Lukas Likavcan

Commentaires recommandés

cyril Le 11 juin 2017 à 11h27

et pour vous,il est donc normal que le fascisme avec symbolique du 3eme reich fasse un tel carton? il ne vous est pas venu a l’idée que dans toute l’europe,les médias participent a leurs ascensions en les mé-diabolisant?
ce genre de mouvements qui existaient dans les années 20 dans tout un tas de pays,n’étaient que les marionnettes d’un système oligarchique pour dévier les colères. ce ne sont pas aux milliardaires que ces gens la veulent s’en prendre mais aux roms qui crèvent la misère comme eux.
d’ailleurs remettent ils sérieusement en question et pas que pour la décoration,la construction européenne? non.
utiliser des déguisements grotesques,tirés de l’allemagne nazi,avec comme programme,vive la slovaquie et casser du roms,ne garantira en rien leur indépendance vis a vis de l’oligarchie germano-slovaque. pire ça pourrait être le contraire.
encore un parti leurre,qui doit son existence a des dirigeants qui y voient leur intérêt pour faire diversion et diviser les crèves la dalle pour que les très riches n’aient pas répondre de leurs actes.

  1. visiteur Le 11 juin 2017 à 10h07
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    L’histoire bégaye.

    Dans les années 1930, la crise économique et les politiques d’austérité appliquées par les gouvernements bourgeois/conservateurs provoquèrent un chômage de masse et une absence de perspectives socio-économiques telles, que la population se tourna vers les partis fascistes pour “que cela change”.

    L’exemple bien connu est celui de l’Allemagne. Aux élections de mai 1928 (avant la crise de 1929 donc), les partis d’extrême-droite (NSDAP, DNVP, VNB, tous antisémites, militaristes, anti-démocratiques) obtinrent 17,75% des voix. En mars 1933, alors que le nombre de chômeurs avait atteint près de 6,5 millions, le NSDAP et le DNVP obtenaient 51,88% des voix…

    La grande différence est qu’alors il y avait une alternative : de puissants mouvements authentiquement de gauche (sociaux-démocrates en Scandinavie, fronts populaires en France, Espagne, et localement en Grande-Bretagne ou Suisse). Aujourd’hui, PS/LR/EM c’est bonnet blanc et blanc bonnet au regard des politiques monétaires et économiques.

    Les même causes produisant les même effets, il serait mal venu pour les dirigeants et “élites” responsables de la situation actuelle de se plaindre de l’avènement des populistes, fascistes et autres mouvements “anti-libéraux”.


  2. Alain Hache Le 11 juin 2017 à 10h07
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    Ce monsieur n’a rien compris.
    Ce petit peuple slovaque a vécu constamment sous la férule des étrangers : les Hongrois, puis à partir de 1918 jusqu’en 1991 les Tchèques, lesquels les considèrent comme des culs-terreux, qui en plus sont croyants!
    Ce peuple, ô combien sympathique aux riches traditions, n’a jamais connu l’idéologie des Lumières. Napoléon a à peine occupé Presbourg/Bratislava.
    Enfin, les Slovaques s’aperçoivent que l’Union européenne, ce n’est pas une simple union économique, mais qu’elle développe une idéologie cosmopolite qui ressemble à celle de “l’internationalisme prolétarien”.
    Enfin , ils en ont marre de la propagande distillée par les fondations allemandes, Friedrich-Ebert, Konrad-Adenauer et autres (subventionnées par Soros, un Hongrois d’origine!).


    • cyril Le 11 juin 2017 à 11h27
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      et pour vous,il est donc normal que le fascisme avec symbolique du 3eme reich fasse un tel carton? il ne vous est pas venu a l’idée que dans toute l’europe,les médias participent a leurs ascensions en les mé-diabolisant?
      ce genre de mouvements qui existaient dans les années 20 dans tout un tas de pays,n’étaient que les marionnettes d’un système oligarchique pour dévier les colères. ce ne sont pas aux milliardaires que ces gens la veulent s’en prendre mais aux roms qui crèvent la misère comme eux.
      d’ailleurs remettent ils sérieusement en question et pas que pour la décoration,la construction européenne? non.
      utiliser des déguisements grotesques,tirés de l’allemagne nazi,avec comme programme,vive la slovaquie et casser du roms,ne garantira en rien leur indépendance vis a vis de l’oligarchie germano-slovaque. pire ça pourrait être le contraire.
      encore un parti leurre,qui doit son existence a des dirigeants qui y voient leur intérêt pour faire diversion et diviser les crèves la dalle pour que les très riches n’aient pas répondre de leurs actes.


      • Chris Le 11 juin 2017 à 15h25
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        L’avantage du “Rom” est son accessibilité et voisinage physique !
        Tous les faiseurs en connivence avec l’UE/globalisation eux, sont bien gardés, discrets dans leurs zones bien sécurisées.
        La problématique “Rom” n’a pas varié : cette population, à de rares exceptions, vit ostensiblement en entre soi et de rapines visibles (plus visibles que celles pourtant bien plus importantes des cols blanc) qui exaspèrent les communautés villageoises.
        Entre octobre 2016 et mars 2017, je me suis rendue 3 fois à Piestany en Slovaquie (env. 90 km de Bratislava) pour implants dentaires, petite ville thermale de l’ancien empire austro-hongrois, une ville touristique pimpante sur le Danube. J’étais surprise par le cout de l’immobilier à € égal plus cher qu’en France dans une zone équivalente, en terme de pouvoir d’achat au minimum 4 fois plus cher ! La nourriture importée est du même tabac. Par contre, l’alimentation locale (majoritairement porc et légumes à racines typique des pays de l’Est) est abordable.


        • Chris Le 11 juin 2017 à 15h32
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          A parler avec les gens (seulement la troisième fois, car ils sont très soucieux de l’image projetée vis-à-vis de l’Ouest), effectivement ils ne veulent pas se mélanger avec d’autres populations.
          En adhérant à l’Europe, la population a cru naïvement qu’elle recouvrirait des libertés que l’occupation austro-hongroise puis soviétique avaient confisquées. Hélas, ça fait peu de différence, même s’ils tentent par tous les moyens de donner une bonne impression : ils restent des sous-produits de l’Occident et sont sommés d’obéir… comme nous !


          • RGT Le 11 juin 2017 à 19h09
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            Un autre facteur est aussi à prendre en compte, et qui n’est pas négligeable.

            J’ai été en Hongrie et en République Tchèque et les habitants “de base” étaient horrifiés par la dégradation sociale.
            Et visiblement c’est pareil dans tous les pays de l’ancien bloc soviétique.

            Les habitants sont littéralement scandalisés quand ils voient le nombre de SDF qui croit de manière exponentielle et qu’ils risquent eux-mêmes de se retrouver dans cette situation du jour au lendemain.

            Certes la situation n’était pas idéale au temps de l’URSS mais au moins ils avaient TOUS une vie “décente” avec un toit, de la nourriture, des soins, une éducation et des retraites GARANTIES.

            Ce minimum était assuré pour tous et été considéré comme un droit inaliénable.

            Compte-tenu de l’évolution déplorable de la vie dans ces pays il ne faut pas se plaindre de la montée des fascismes.

            Et comme les partis de gauche ont été “interdits” ils sont désormais la seule “alternative” au bobolibéralisme.

            L’UE c’est la paix.


            • de passage Le 11 juin 2017 à 20h33
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              Voilà qui me rappelle un spécialiste de l’Allemagne expliquant l’Ostalgie en une phrase “Avant la chute du mur, il n’y avait pas de SDF à Berlin-Est…”


      • Olivier Le 11 juin 2017 à 18h11
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        “les médias participent a leurs ascensions en les mé-diabolisant? »

        Mais LOL
        Sérieusement ? Que l’épisode ukrainien soit passé sous silence pour ne pas gener les intérêts europeen et par incompétence, soit, mais vous imaginez véritablement un complot de la part des journalistes tous aussi progressistes les uns que les autres, accepter et fermer les yeux devant la “bete immonde®©” ? Le second tour de l’election persidentielle me dis le contraire.

        Donc oui, c’est en partie normal, au regard de leur situation et de leur aspirations. Ils sont loin de s’enfermer dans votre prisme de l’homo-economicus. Qu’ils se trompent est évident, mais ils aurons au moins eu la générosité de croire aux lendemains qui chantent, pour paraphraser Desproges.


    • Christian Gedeon Le 12 juin 2017 à 02h54
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      Excellente contribution,hors de tout dogmatisme.Il faut arrêter de hurler a loup “fasciste “;quand sa présence n’est que la conséquence des politiques menées par des gouvernements à coloration socialiste ou social-democrate,pour l’essentiel libérale et qui se veulent “ouvertes sur le monde “,alors qu’elle ne sont qu’au profit d’une caste persuadée de sa propre supériorité et du bien fondé de ses options “cosmopolites “.Un peu moins de mépris pour “le bas peuple “,un peu plus de partage du développement économique,un peu plus de respect pour l”histoire des peuples,et le grand méchant loup redeviendra un gentil compagnon. Quand on fait tout pour pousser les gens à bout,il ne faut pas venir pleurer quand les malheurs arrivent.


    • Vince Le 13 juin 2017 à 11h41
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      Monsieur kisétout, ma femme est tchèque et je bosse en Slovaquie, je ne trouve rien de faux dans ce papier. De plus si votre apport n’est pas négligeable, les Slovaques n’ont j’amais été sous la ´férule´ tchèque (on parle de divorce de velour, et les slovaques regardent tjs la télé tchèque via YouTube), et n’ont jamais été considérés comme culs-terreux par leurs voisins. À vrai dire, à comparer les campagnes tchèques et slovaques on ne trouve pas grande différence. Ah si, depuis l’Euro les slovaques de classe moyenne ont perdu du pouvoir d’achat.


  3. LS Le 11 juin 2017 à 10h55
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    Une phrase m’interpelle.

    Est-ce à dire que si l’argent ne se diffuse qu’au goutte à goutte vers les zones plus pauvre, c’est parce que notre système ne permet plus un petit transfert “à pertes” sans faire faillite ? On en est là ?


    • Pinouille Le 12 juin 2017 à 09h36
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      Je pense que vous touchez du doigt un point fondamental.
      La tendance est à la concentration de la valeur ajoutée au sein d’un nombre de plus en plus restreint de méga-entreprises, maîtrisée par un nombre restreint de cadres.
      Comment assurer la pérennité budgétaire et sociale d’un pays quand:
      – ces entreprises maîtrisent l’optimisation fiscale et trouveront toujours un pays accueillant et fiscalement complaisant
      – la main d’œuvre est si nombreuse et interchangeable à l’échelle mondiale qu’elle ne représente plus un sujet stratégique (en attendant de la remplacer par des robots/IA)
      Une bonne partie des sujets d’actualité contemporaine trouve sa source ici.
      On en est là.


  4. Krystyna Hawrot Le 11 juin 2017 à 12h33
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    La situation est assez similaire avec la Pologne et la Hongrie – il y a un monde entre les libéraux de Varsovie et de Budapest et les villes petites et moyennes vidées de leurs habitants sans parler des villages. Car l’article ne parle pas d’une chose primordiale: l’énorme émigration des Slovaques (comme des Polonais) vers l’Allemagne et l’Autriche. J’estime, en accord avec les organisations de gauche qu’au moins 1 million de Slovaques travaillent comme travailleurs détachés ou ont complètement émigré. Il n’y a qu’à se rendre dans une ville de province et écouter ce que disent les gens: ils ne parlent exclusivement que leur émigration en Allemagne. Ou observer les bus Eurolines remplis de jeunes femmes blondes prêtes vendre leur bras et à faire de beaux enfants … en Allemagne. D’ou aussi le nationalisme avec la peur de voir le pays se dépeupler et le peuple mourir physiquement par manque de reproduction.


    • Nico 13 Le 11 juin 2017 à 14h55
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      Ce que vous décrivez pour la Pologne et la Hongrie, c’est exactement ce qu’il se passe également dans les pays de l’Est, les pays Balkans et les pays Baltes (Roumanie, Bulgarie, Croatie, Lettonie, Lituanie…). Dans ces pays, la richesse est concentrée dans une ou deux régions bien précises et le reste du pays éprouve les pires difficultés pour survivre.

      On observe ce genre de phénomène en France également, mais dans les pays que j’ai cité au-dessus, c’est encore plus marqué. Nous avons une France divisée, mais au moins, dans nos régions qui ont des difficultés, il y a un certains confort (eau courante, distribution d’électricité, possibilité de se nourrir en allant dans des petits supermarchés…).

      Alors que dans certaines régions des pays de l’Est, des pays Balkans et des pays Baltes, dès fois, il n’y a même pas l’eau courante, les routes ne sont pas asphaltées…
      De toute façon, on sait tous pourquoi l’UE a fait entrer ces pays. Ça a permis à certains de délocaliser et d’avoir une main d’œuvre qui coûte moins cher premièrement. Et puis, dans le fond, ça permet à l’Allemagne de compenser son faible taux de natalité (dû, en grande partie, à l’absence de politique familiale).


      • Nico 13 Le 11 juin 2017 à 15h10
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        Suite du message :

        Alors, en observant cela, je me demande quel est l’avenir de ces pays ?
        Quand tu as des jeunes qui se barrent et qu’ils restent, en majorité, des personnes âgées, qu’est-ce que tu peux créer comme activité économique ?

        On nous répondra qu’il faudra que ces pays compte sur l’immigration, mais ça m’étonnerait que des immigrés d’origines africaines et arabes souhaitent s’installer dans ces pays.
        Perso, j’aime beaucoup la culture des pays de l’Est, des pays Balkans et des pays Baltes, mais je ne pense pas qu’une majorité de personnes s’installeraient dans ces pays s’ils devaient quitter leur pays d’origine.

        En réalité, l’UE s’est servie de ces pays pour contenter une certaine élite et ne s’est absolument pas occupée de l’intérêt général et du long terme.
        Tôt ou tard, ça se paiera et le boomerang qu’ils ont lancé leur reviendra en pleine tronche.
        On aura des pays avec plusieurs régions sans aucune activités économiques (ou alors très faibles) et avec des gouvernements qui se radicaliseront de plus en plus.
        Belle stratégie !


      • Chris Le 11 juin 2017 à 15h44
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        Pour avoir de nombreux contacts avec les républiques des Balkans, je plussois.
        La plupart des investissements infrastructurels territoriaux (sauf quelques autoroutes et ponts payés par l’UE : ben oui, tout s’achète !) se sont arrêtés à l’effondrement du bloc soviétique.
        slovaquie-lidee-de-sortir-de-lotan-prend-de-lampleur
        Plus de 150 000 personnes ont déjà signé la pétition pour lancer un référendum sur le retrait de la Slovaquie de l’OTAN. L’initiative a été lancée par l’opposition anti-OTAN, anti-UE, Kotleba – le Parti populaire Notre Slovaquie. La pétition a besoin de 350 000 signatures pour lancer le processus.
        Selon un sondage de l’agence GLOBSEC, mené en 2016, 47% des Slovaques ont répondu que la neutralité serait mieux que l’appartenance à l’alliance. « Pas moins de 59% des Slovaques voient le rôle des États-Unis en Europe et dans le monde négativement »
        Au total, 56% des Tchèques, 55% des Slovaques et 34% des Hongrois sont contre la construction de bases alliées sur leur territoire.
        mars 2016 : http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/elections-en-slovaquie-comment-bruxelles-a-favorise-l-euro-scepticisme-555715.html


      • Larousse Le 11 juin 2017 à 20h00
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        Je vous suis tout à fait. J’ai un ami là-bas en Slovaquie orientale, plutôt crypto-ex-communiste et francophone. Les autorités “post-sov” ont tout fait pour “salir le régime communiste”. Des Slovaques qui maintenaient des liens proches avec des Russes ou l’Ambassade de Russie furent même parfois interrogés dans les années 2003-2006 (sous prétexte de sécurité) par des organes de sécurité. Banska Bystrica fut le foyer de l’insurrection antifasciste en 1944 (il y a un musée de la Résistance). …
        Maintenant, la voix est laissée aux fascistes. Le gouvernement a mené une course forcenée à l’intégration dans l’euro. Que dire de plus ? Les Slovaques sont des gens calmes en général, sympathiques… mais ils ne veulent pas de migrants (“vos problèmes coloniaux on n’en veut pas…” je résume… “Vous avez eu l’Algérie, l’Afrique pour vous c’est normal… qu’est-ce que vous nous embêtez avec votre “solidarité”… Débrouillez-vous !”. Une répartition des richesses calmera les tendances vers le fascisme. Mais je doute que l’UE s’en soucie. Et c’est vrai, les Allemands ont installé leurs collaborateurs d’où la justesse de l’expression -oligarchie germano-slovaque.
        Enfin, l’UE fera tout pour se maintenir dans ce pays, car si la Slovaquie se détache -c’est tout son système contre la Russie qui s’effondrera (d’où l’euro d’ailleurs).


  5. Louis Robert Le 11 juin 2017 à 13h02
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    Nihilisme post-moderne.

    Oh qu’ils sont beaux au début, en uniforme, et défilant déjà au pas en vainqueurs über alles! Ah qu’elles sont bellement admiratives devant ces fiers guerriers, ces “princes charmants” über alles, ces héros de demain!

    Il faut regarder aussi, bien examiner et se rappeler les photos de la défaite, au lendemain de Stalingrad, de Koursk, puis en 1945 et après.

    Lao Tse (“Tao Teh Ching”):

    “La guerre n’est que funérailles.
    Même la victoire est cérémonie funèbre.”

    Thanatos, ultime refuge du nihilisme post-moderne. Effondrement d’un monde révolu.


  6. Grégory Le 11 juin 2017 à 14h12
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    La photo est… magnifique… je pense que je vais la regarder encore une minute ou deux.


    • Chris Le 11 juin 2017 à 15h51
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      La trouvez-vous différente des photos des pontes du Pengatone et de leurs alliés disséminés dans toutes les pays du monde pour faire régner l’ordre impérial de la prédation ?
      Micro-guerres des perdants contre macro-guerre des gagnants ?!


  7. Garibaldi2 Le 12 juin 2017 à 01h00
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    Franchement, vous trouvez cet article clair ? Que dire de : ”Du point de vue des algorithmes de moteurs de recherche et des réseaux sociaux qui segmentent le contenu pour les utilisateurs finaux, il n’y a pas de différences réelles entre ces deux types d’info-divertissement.”? Bien alambiquée comme phrase non ? Et le reste me semble du même tonneau. J’ai quand même réussi à comprendre, qu’en Slovaquie, comme ailleurs dans les pays de l’ex bloc soviétique, le fascisme relève la tête et qu’une génération de crétins est prête à défiler au pas de l’oie, ou presque, ou du moins à applaudir ceux qui le feront. Mais ne vous faites pas de souci, car l’U-E c’est la paix !!!


  8. Chris Le 12 juin 2017 à 03h18
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    En réalité, le néolibéralisme global (mondialisation) sous la houlette des Etats-Unis et de leurs vassaux aura ressuscité le néo-fascisme du pauvre et produit le terrorisme islamique : les deux résulte de la violence idéologique et économique faite aux populations.
    A moyen terme, la stratégie du choc qui se met en place en Europe peut très bien aboutir à du terrorisme populaire, quand une certaine fraction de la population estimera qu’elle n’a plus rien à perdre.


  9. Alain Le 12 juin 2017 à 07h00
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    Il est étonnant de voir que l’UE se braque sur la Hongrie et la Pologne mais que les pays où le vrai fascisme a le vent en poupe – ici la Slovaquie mais la Croatie et les pays baltes qui célèbrent leurs SS comme des héros nationaux, sans compter l’Ukraine soutenue à bout de bras, … – sont laissés totalement tranquille.

    On peut voir que l’Europe de l’Est qu’on a “intégré” à un rythme d’enfer vire globalement vers le fascisme ou la gouvernance mafieuse. Un fruit pourri contamine tout le panier – et ici il y en a plus d’un – on verra ce que sera l’UE dans une décennie


  10. Thierry Le 12 juin 2017 à 13h12
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    Je me m’exprime que peu sur les réseaux sociaux, mais comme je rentre juste de plus d’un an passé en Slovaquie et que je connais un peu ce pays et ces habitants, je pense que je peux m’exprimer un peu sur le sujet. Le premier point qui m’a interpellé est la situation de Bratislava. Oui, c’est une ville “riche” mais il faut garder à l’esprit que, même à Bratislava, 90% des habitants sont dans la galère, car il restent sous-payés et la ville devient de plus en plus chère. Pour info, un studio coûte 400 € et un ingénieur qui à la “chance” dans travailler chez Volkswagen gagne entre 800 et 900 euros par mois. Et là, on est dans le haut du panier !!
    Alors oui, la répartition entre riches et galériens est à Bratislava de 10/90 où dans le reste du pays, on est plus dans une proportion de 1/99 !
    Ce n’est pas pour ça que c’est un eldorado. Sauf dans certains quartiers de Bratislava, où vous allez voir plus de voiture de luxe (Bentley, Maybach, etc..) que dans les quartiers les plus riches de Paris !!
    Pour ce qui est de la complexe situation des Roms dans le pays, il faut quand même rappeler qu’ils disposent de prestations sociales plus avantageuses que le Slovaque moyen. Je peux donc comprendre les tensions que cela engendre.
    Enfin, pour ne pas être trop long, je ne peux que vous encourager à visiter ce Pays.


    • Larousse Le 12 juin 2017 à 17h48
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      Je confirme vos informations. Enfin plus âgé, mon ami Slovaque m’a dit ceci : du temps des communistes, les Roms devaient travailler (on leur trouvait des emplois dans les coopératives surtout) et s’ils refusaient: c’était direct la prison. Mais selon lui, ils avaient alors une dignité. Maintenant l’UE a imposé des normes d’aide sociale, ou dans l’enseignement il n’y a plus de classe de “niveau faible” et la conséquence les enfants Roms apprennent moins bien parce qu’ils sont moins aidés (sous le slogan de la “non stigmatisation”…). Il en conclut : c’était rude mais mieux du temps des communistes pour les Roms. Mais ça – verboten ! sur Arte.


  11. step Le 12 juin 2017 à 15h04
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    si il n’y avait qu’en slovaquie, ce ne serait pas en France qu’on verrait ça !


  12. williamoff Le 12 juin 2017 à 20h25
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    Ce que ne dit pas l’article c’est que les programmes scolaires sont ouvertement révisionnistes et farouchement anticommunistes. Ainsi l’on ne présente plus à la jeunesse slovaque l’armée Rouge comme libératrice en 1945. Cela conduit donc forcement à relativiser les méfaits du régime fasciste cléricale et pronazi de Monseigneur Jozef Tiso, réhabilitant de cette manière le seul gouvernement en Europe ayant déporté sa population juive sans même la présence de l’occupant nazi sur son territoire! Dans le même temps la période de la Démocratie Populaire est présentée comme exogène aux slovaques et que les Tchèques et les Russes sont dès lors présentés comme de véritables colonisateurs exploitant le pays à leur profit. A cela il faut ajouter le renouveau de l’influence politique du clergé et le retour de l’enseignement religieux. Toute cette confusion pédagogique a nécessairement des conséquences sur le positionnement idéologique de la jeunesse de ce pays.


    • de passage Le 13 juin 2017 à 15h51
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      Que les tchèques soient considérés comme des colonisateurs en Slovaquie m’étonne un peu (les Russes par contre ca n’aurait rien d’étonnant); à titre personnel j’ai vécu une année à Prague et les relations entre Tchèques et Slovaques étaient très cordiales, à l’époque je me demandais meme pourquoi les deux pays s’étaient séparés (mais peut-etre que mes propos ne s’appliquent que aux étudiants slovaques et pas au reste de la population..).


  13. Haricophile Le 18 juin 2017 à 01h25
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    J’ai entendu ça à propos de nos “djihadiste de banlieues” , à savoir : “doit-on se poser la question de savoir comment le djihadisme peut-il être séduisant pour ces jeunes ? Ou celle de savoir comment on a pu arriver à rendre le même le djihadisme séduisant à côté des perspectives qu’on leur donne ?”


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