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21.septembre.202021.9.2020 // Les Crises

Alexandra Elbakyan, la pirate des publications scientifiques

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Source : Sound of Science, Martin Clavey

En 2011, quand Alexandra Elbakyan crée Sci-Hub, une bibliothèque scientifique clandestine en ligne, elle veut juste accéder à la coûteuse littérature scientifique afin de pouvoir travailler. L’université d’Astana, au Kazakhstan, où elle étudie les neurosciences, n’a pas les moyens de lui fournir l’accès à tous les articles scientifiques dont elle a besoin pour élaborer, comme tout chercheur, une bibliographie décrivant l’état de l’art de sa problématique. La jeune étudiante invente alors un moyen de télécharger très rapidement les articles scientifiques sans les payer. Aujourd’hui, des milliers d’internautes, en majorité des chercheurs, l’utilisent quotidiennement.

Les chercheurs pratiquaient déjà depuis longtemps, par courrier puis par e-mail ou sur forum internet, l’échange d’articles scientifiques. Mais, après avoir récupéré un certain nombre de publications pour elle ou pour ses collègues, la jeune étudiante décide d’automatiser la procédure.

164 000 téléchargements par jour

Alexandra Elbakyan conçoit alors un système utilisant un réseau d’ordinateurs ayant accès à certains abonnements de revues et qui stocke, petit à petit, les articles demandés sur un serveur.

Sci-Hub est né. Cette nouvelle plateforme bouscule et questionne le marché de l’édition scientifique. Encore récemment, le site Sci-Hub ne disait rien à personne, même aux chercheurs à qui il s’adresse. Guillaume Cabanac, maître de conférences à l’université de Toulouse et l’un des premiers chercheurs à s’être penchés sur le phénomène, estime qu’« en 2014 Sci-Hub était encore underground. Quelques doctorants n’ayant accès qu’à très peu d’articles avaient trouvé ce “système de survie”. » Mais, depuis, Sci-Hub s’est popularisé dans la communauté scientifique.

Début 2016, 164 000 articles par jour y étaient téléchargés. Guillaume Cabanac explique ce succès croissant : « Sci-Hub, dans le monde de l’information scientifique et technique, c’est la disruption totale, l’outsider qui arrive et la plateforme qui donne accès aux documents bien plus vite que les plateformes légales. Même certains chercheurs ayant accès, grâce à leur bibliothèque universitaire, aux plateformes légales passent par Sci-Hub, qui est plus simple d’accès et plus rapide. » Et le site stocke maintenant plus de 95 % de la bibliographie scientifique mondiale. Rapidement, d’autres chercheurs ont commencé à utiliser son système. Et les gros éditeurs scientifiques n’ont pas manqué de réagir juridiquement. L’un d’entre eux, Elsevier, a gagné l’été dernier devant la justice américaine un premier procès contre Sci-Hub, Alexandra Elbakyan et d’autres projets du même genre.

Une pratique illégale sanctionnée par la justice

Tous ont été condamnés à lui verser 15 millions de dollars. En novembre 2017, les tribunaux ont également donné raison à l’American Chemical Society, enjoignant à la chercheuse de verser 4,8 millions de dollars. Mais ces sommes resteront sans doute encore longtemps virtuelles, car la justice américaine n’a que peu de prise sur la chercheuse kazakhe. Celle-ci fait profil bas et se contente de gérer Sci-Hub dans une République de l’ancienne Union soviétique, dont elle tient le nom secret pour se protéger des autorités américaine. Parallèlement à cette activité, elle poursuit ses travaux sur l’histoire des sciences. Aux États-Unis, la justice a demandé aux fournisseurs d’accès à internet américains de bloquer le site et aux moteurs de recherche de ne plus l’afficher dans leurs résultats. Pour l’instant, Alexandra Elbakyan réussit à les contourner et à maintenir sa plateforme accessible aux chercheurs.

Dans un entretien donné au site web Vox, début 2016, Alexandra Elbakyan citait Robert K. Merton, l’un des premiers sociologues des sciences. Selon elle, il estimait que « la propriété commune intellectuelle (c’est-à-dire le communisme) est l’un des principes essentiels sur lesquels repose la science. Il pensait que le concept de propriété intellectuelle était contradictoire en lui-même. » Elle s’y décrit comme une « fervente pirate » qui demande sinon la fin du droit d’auteur, au moins une modification des lois pour permettre le partage
gratuit des connaissances scientifiques.

Les tarifs des éditeurs montrés du doigt

Aujourd’hui, le succès du site ne faiblit pas. Car, même si les institutions pour lesquelles travaillent les chercheurs les poussent de plus en plus à publier dans des revues accessibles gratuitement, la plupart des articles sont encore payants. Les plus gros éditeurs se sont rendus incontournables. Tous les chercheurs ont besoin d’y publier pour faire avancer leur carrière. C’est en partie ce qui explique le prix très élevé des articles, approchant souvent les 30 dollars (environ 25 euros).

Depuis les années 2000, les cinq principaux éditeurs scientifiques augmentent régulièrement les prix, ce qui a porté leurs marges opérationnelles à plus de 32 % en 2014 1 . Une charge de plus en plus lourde pour les bibliothèques universitaires, abonnées aux différentes revues pour en offrir la consultation à leurs chercheurs.

L’université Clermont Auvergne a vu, par exemple, sa facture auprès du principal éditeur scientifique, Elsevier, passer de 382 000 euros en 2011 à 580 000 euros en 2016. L’université de Clermont-Ferrand n’est pas la seule à en souffrir. Les universités des pays pauvres sont les premières pénalisées. Même la prestigieuse Harvard déclarait, dès 2012, ne plus être en mesure de payer « des prix devenus exorbitants ». De l’aveu de la revue Science, qui a publié en 2016 une grande enquête sur l’utilisation de Sci-Hub, le monde académique est devenu « un monde Sci-Hub ».

Source : Sound of Science, Martin Clavey, 25-05-2020


Aaron Swartz, « enfant d’Internet » sacrifié pour l’exemple

Un documentaire retrace le parcours de ce hacker de génie, militant de la connaissance en accès libre, suicidé à 26 ans en 2013. Pour avoir téléchargé des articles scientifiques depuis les serveurs du MIT, il risquait 35 ans de prison.

Jaquette du film The Internet’s own boy : the story of Aaron Swartz DR

Jaquette du film The Internet’s own boy : the story of Aaron Swartz DR

PIÈGE. Hacker brillant, il s’est pourtant fait avoir comme un débutant. En quelques semaines, entre fin 2010 et début 2011, Aaron Swartz télécharge illégalement des millions d’articles scientifiques de l’éditeur JSTOR sur les bases de données du MIT (Massachussetts Institute of Technology).

Déjouant une à une les tentatives de JSTOR et du MIT pour lui barrer la route, Aaron Swartz se fait épingler lors d’une ultime bravade. Il ose et parvient à s’introduire au sein même des locaux techniques du MIT pour connecter un disque dur directement aux serveurs de l’institution.

La manœuvre est découverte mais le MIT laisse l’ordinateur pirate et cache… une caméra. Au bout de quelques jours, Aaron Swartz est filmé comme un voleur en train de récupérer son matériel. Le 6 janvier 2011, il est arrêté. Et c’est le début du calvaire.

Un film en accès libre

Le documentaire de Brain Knappenberger Aaron Swartz, l’enfant d’Internet (The Internet’s own boy : the story of Aaron Swartz) retrace l’histoire de celui qui est devenu une véritable icône du Net, depuis ses jeux d’enfant avec ses deux frères sur les vidéos familiales à son suicide à 26 ans le 11 janvier 2013, dans son appartement de Brooklyn.

Ce film d’1h45, en partie financé par les internautes via Kickstarter, est disponible en ligne depuis juin dernier, en accès libre sur Archive.org en VO ou sur YouTube en VO sous-titrée en français. La moindre des choses quand il s’agit d’évoquer un militant d’un Internet libre, pour qui l’accès à la connaissance, aux idées, aux savoirs scientifiques devait être accessible sans entrave au plus grand nombre.

Car plus qu’un geek « bouffant du code » (bien qu’il en ait eu tous les attributs : le premier programme informatique qu’il développe est un quiz sur La guerre des étoiles et pour Halloween, il se déguise en ordinateur…), Aaron Swartz endosse rapidement la tenue de l’activiste animé par une « vision » de l’Internet.

Encore à l’école, il développe une encyclopédie participative, des années avant Wikipedia ; plus tard, il travaille avec Lawrence Lessig à la création des Creative Commons, les licences libres alternatives au droit d’auteur ; il invente les flux RSS ; il se lance dans une rocambolesque entreprise de téléchargement de textes juridiques fédéraux (censés, d’après la loi, être accessible à tout le monde) depuis des bibliothèques. Et il enrage contre les éditeurs scientifiques qui, selon lui, exploitent le travail des chercheurs. D’où l’opération au MIT.

Sacrifié pour l’exemple

Aaron Swartz n’avait « que » téléchargé des publications scientifiques. Il ne les a pas revendues, ne les a pas distribuées, n’a endommagé aucun systèmes informatiques pour y accéder et personne ne sait ce qu’il comptait faire de ces documents. JSTOR avait même annoncé abandonner les poursuites. L’affaire aurait dû en rester là. Mais le gouvernement a voulu faire un exemple.

MACHINE. Le film décrit alors comment la machine s’emballe, étouffant Swartz sous les chefs d’accusation (en vertu d’une loi créée en 1986 en réaction au célèbre film de cinéma WarGames !) pour le menacer de 35 ans de prison et un million de dollars d’amende, faisant pression sur ses proches, le plaçant sous surveillance du FBI.

Dans un autre registre, le documentaire est aussi passionnant quand il aborde les opérations de hacking de cet « enfant d’Internet. Il manque toutefois de contrepoints, à la notable exception du commentaire du Pr. Orin Kerr (le MIT et JSTOR ont été approchés, mais ont refusé de répondre).

Dommage, enfin, que les séquences finales versent dans un pathos un peu lourd. Reste cette phrase du chercheur en informatique Christopher Soghoian, résumant la stature de cet « enfant » sacrifié : « Je n’avais jamais eu l’occasion de voir des gens pleurer sur Twitter ».

Source : Arnaud Devillard, pour Sciences et Avenir, le 15 septembre 2015

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Commentaire recommandé

X // 21.09.2020 à 08h52

Saint Augustin raconte que  Alexandre ayant capturé un pirate lui demanda « pourquoi infestes-tu les mers? » et le pirate lui répondis « mais toi et moi faisons la même chose, la différence c’est que toi tu as plus de bateaux »
St Augustin explique ensuite que tout les royaumes commencent par être un territoire contrôlé par une bande de brigands plus violents que les autres, mais qu’ensuite ils se transforment en états protecteurs par l’action bénéfique du droit.
Dans le cas des USA, le droit renforce le pouvoir maléfique de la bande de brigands.

21 réactions et commentaires

  • John // 21.09.2020 à 07h44

    Vidéo de Data Gueule sur le sujet

    https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE

      +13

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  • Le Belge // 21.09.2020 à 08h40

    La connaissance ne devrait pas faire l’objet d’un commerce et devrait être mise gratuitement à la disposition de l’humanité. Hélas, des « universités » américaines (mais, aussi, malheureusement, de plus en plus européennes) se font un plaisir de se financer en faisant payer très très cher le savoir qu’elles recèlent.

      +8

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    • Cédric A // 21.09.2020 à 08h57

      Excusez moi, mais travaillant dans une université française, et surtout dans les « archives ouvertes », c’est plutôt l’inverse elles se font piller par les éditeurs privées ou sociétés soit disant savantes ; Elsevier, Springer, ACS IEEE etc… Des abonnements dépassant 400000 € pour une école d’ingé avec 6000 étudiants. On paye aux nombres d’utilisateurs..
      Sachez que c’est société ne connaissent pas la crise. une croissance hallucinante de 10 à 15 %, paradis des boursicoteurs. Un marché captif, jusqu’où ? Le problème vient des états qui ne pensent qu’en terme d’indicateur : il faut publier dans des revues à fort impact. Et elles sont chères très chères. Aujourd’hui c’est même éditeur ont inventé les revues où les laboratoires ou BU payent pour être publiées, le lecteur à l’accès libre.
      En sciences « dures » beaucoup de chercheurs sont pro Archicves OUvertes, héritages des physiciens avec arXiv ! En sciences molles ( et là pas de guillemets ils sont vraiment proches du néant en conscience politique) pas grand chose. Le pires c’est en droit mais cela ne vous étonnera pas.

      Des universités se désabonnent faute de finances : pas des africaines, mais aux US ou Canada !
      Donc même si cela est interdit dans mes formations à la recherche documentaire auprès d’étudiants ou de profs, je fait la pub de https://scihub.to/.
      Elsevier fut un temps était détenu par des vendeurs d’armes ! Dans le milieu on les appelle les men in black. Des vrais capitalistes protestants de la pire espèce
      Cordialement

        +24

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      • LibEgaFra // 21.09.2020 à 14h06

        « je fait la pub de https://scihub.to/. »

        Très bien.
        Attention, le nom du lien change souvent pour cause de traque par les éditeurs cupides. Certains pays bloquent l’accès. Généralement on trouve le dernier lien valide sous wikipedia. Surprenant, non?! On peut aussi passer par tor.

          +3

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  • X // 21.09.2020 à 08h52

    Saint Augustin raconte que  Alexandre ayant capturé un pirate lui demanda « pourquoi infestes-tu les mers? » et le pirate lui répondis « mais toi et moi faisons la même chose, la différence c’est que toi tu as plus de bateaux »
    St Augustin explique ensuite que tout les royaumes commencent par être un territoire contrôlé par une bande de brigands plus violents que les autres, mais qu’ensuite ils se transforment en états protecteurs par l’action bénéfique du droit.
    Dans le cas des USA, le droit renforce le pouvoir maléfique de la bande de brigands.

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    • Madudu // 21.09.2020 à 09h55

      Dans « La guerre du Péloponnèse », Thucydide décrit la manière dont les grecs ont peu à peu délégué la violence privée et le port d’arme à leurs sociétés qui s’organisaient peu à peu.

      Les états-unis, quand à eux, vivent dans le culte de la violence privée, des armes -et dans la haine des sociétés qui s’organisent.

        +14

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    • LibEgaFra // 21.09.2020 à 10h40

      « Dans le cas des USA, le droit renforce le pouvoir maléfique de la bande de brigands. »

      Dans le cas des USA, le « droit » s’appelle le droit du plus fort.

        +13

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  • antoniob // 21.09.2020 à 10h05

    Le cas Elbakyan est significatif de l’esprit de partage et du niveau d’ouverture que le net a conservé dans le monde russophone depuis les années 90. Contrairement à l’idée préconcue, la liberté en ligne y est plus vivace, en Europe de l’Ouest les verrouillages juridiques ont été plus précoces et énormes pour des raisons commerciales et dans la foulée la surveillance étatique.

      +15

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  • RGT // 21.09.2020 à 12h17

    Le business des publications scientifiques est non seulement scandaleux mais de plus il s’agir d’une escroquerie en bande organisée bien rodée et qui est soutenue par ses principales victimes : Les états.

    États qui financent la recherche publique et qui permettent ainsi de faire croître les connaissances, mais dont les salariés (les chercheurs) sont obligés de passer par le racket organisé D’Elsevier et de ses comparses pour que le fruit de leur travail soit reconnu par leurs pairs.

    Ce racket bien verrouillé est encore pire que celui pratiqué par toutes les mafias du monde confondues car sans publication par ce circuit auto-légitimé il est impossible de faire connaître le fruit de son travail et de le porter à la connaissance des autres.

    Et si par malheur une solution alternative parvenait à émerger, de nombreux recours en justice (assorties de pressions concernant les prix des abonnements « concédés » aux établissements publics connaîtraient une telle inflation que l’état « rebelle » totalement étranglé se verrait contraint à ne plus avoir accès à ces publications.
    Ses propres chercheurs étant quant à eux obligés de continuer à DONNER le fruit de leur travail à ces rapaces avides qui ne débourseront pas le moindre centime pour profiter de la « manne céleste ».

    Sans compter les scientifiques soutenant ce projet qui seraient simplement bannis du circuit permettant de faire reconnaître leurs découvertes à la communauté.

    Le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière ET le sourire contraint du crémier sous peine de sanctions totalement ignobles.

    D’un autre côté, comme dans toutes ces « niches » profitables, les actionnaires et les dirigeants cupides de ces « bienfaiteurs de la connaissance » auraient tort de s’en priver car c’est bien la défaillance des états qui leur permet, comme de nombreux autres « secteurs d’activité » (banques, finance et autres) de pouvoir prospérer en toute « légalité » et sans concurrence « déloyale » qui ferait disparaître leurs business juteux.

      +10

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    • LibEgaFra // 21.09.2020 à 13h55

      1) Nombre d’articles sont mis en libre accès par leur(s) auteur(s) sur researchgate.com. Comme lecteur pas besoin d’inscription.

      2) De plus en plus de revues sont en libre accès, souvent disponibles uniquement au format PDF pour limiter les coûts de publication.

      3) Il est toujours possible d’adresser une demande à l’auteur pour obtenir une copie de l’article; rare sont les refus.

      PS: certaines revues font même payer les auteurs.

        +5

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    • vert-de-taire // 21.09.2020 à 14h19

      « D’un autre côté, comme dans toutes ces « niches » profitables, les actionnaires et les dirigeants cupides de ces « bienfaiteurs de la connaissance » auraient tort de s’en priver car c’est bien la défaillance des états .. »

      États dominés par des ultra-riches .. dont les valets, en France, sont les fils de familles énarques.
      La ploutocratie EN MARCHE explique cela.
      Une vielle histoire qui date des premières consultations des gueux.
      Lesquels ne pensent pas et obéissent aux seigneurs tout couverts de dentelles …

      Car nous VOTONS encore pour cette classe sociale prédatrice.

        +1

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      • LibEgaFra // 21.09.2020 à 14h24

        Si vous voulez comprendre le mal qui gangrène nos sociétés, lire « Le vieillard et ses enfants » de Jean de la Fontaine ou visionner « Ran » de Kurosawa.

          +0

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        • vert-de-taire // 21.09.2020 à 15h19

          merci
          comprendre ne (me) suffit pas, je souhaite du monde pour y remédier le plus durablement possible.
          Car enfin l’intérêt comme critère de cette misère ne tient pas une seconde puisque précisément nous y perdons tout !

          Sauf à être mentalement très limité, il y a un qqchose de plus ou en moins pour nous maintenir dans ce régime de pourris dominants.
          J’ai lu bcp de romans du 19ème (car sans droits payants) et ces questions reviennent sans cesse.
          100-200 ans plus tard rien ne change, 10000 avant non plus ..

          Mais quel est cet homo-(pas)sapiens crétin qui se pourrit la vie en supportant l’inacceptable ?

          Et maintenant face à une impasse systémique, nous restons comme des lapins devant le serpent qui nous dévorera dans qqs instants …

            +3

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          • RGT // 22.09.2020 à 10h26

            La majorité des humains restent passifs devant les excès de leurs « dirigeants » car ces dirigeants ont bien compris qu’il était nécessaire, depuis leur plus tendre enfance, de leur « inculquer » (lavage de cerveau) à ne jamais se rebeller et à toujours courber l’échine devant les décisions « supérieures ».

            Que ce soit par des justifications « divines » – si c’est comme ça c’est parce que le(s) dieu(x) monarque(s) plus qu’absolu(s) l’ont voulu – parce que la « nation protectrice » nécessite de tous ses membres un soutien indéfectible car on ne « trahit pas sa propre mère » – ou parce que la structure de l’état, républicaine de nos jours, nécessite une obéissance absolue à ses « valeurs » pour ne pas sombrer dans le chaos.

            Bref, depuis leur naissance, les « petites têtes blondes » (du moins les « gueux ») sont « domestiqués » et ont moins de libre arbitre qu’un simple animal d’élevage qui finira son existence dans un abattoir.

            Dans le cas des humains, l’abattoir se nomme « guerre » (militaire, économique, d’intérêts entre « élites », d’influence entre « états » etc…) et au final tous ceux qui ne font pas partie de l’élite » se retrouvent laminés et crèvent SEULS en ne pouvant même pas bénéficier de la compassion de leurs « collègues » de la même caste sociale car « s’ils crèvent, ils l’ont bien mérité parce qu’ils ont pêché ».

            La première chose qu’il faudrait donner à TOUS les enfants consiste en des cours d’autodéfense intellectuelle contre les « bienfaits » de la propagande des « élites ».

            Mais avant de l’enseigner à nos propres enfants il serait sans doute nécessaire de se l’enseigner à nous-mêmes.

              +1

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  • vert-de-taire // 21.09.2020 à 14h32

    Aaron Swartz

    L’Empire a terrorisé ses enfants voulant s’émanciper de la prédation des ultra-riches.
    La méthode classique des non-démocrates, casser les initiatives qui réduisent la rente et son pouvoir de nuisance.
    Et quand l’URSS ou la Russie ou .. font de même, nos salauds se délectent pour dénoncer le Mal.
    Nos ‘amis’ américains CROUIC
    Adieu monde crr

      +1

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  • Onana // 21.09.2020 à 19h35

    Très bon article la frontière est en effet limite entre le piratage éhonté de revues scientifiques et l activité de cette dame en porte a faux avec un capitalisme editorial de plus en plus malthusianiste au niveau de l accès universel a la connaissance mais aussi de plus en plus autoritaire sous la forme d une monoculture épistémique des institutions capitalistiques dominantes. Le cas est même désespéré pour la recherche ds un tirrs monde deja ravage ces 3 dernières decennies par des decennies d asthénie universitaire en particulier ds les sciences sociales ou les formes de savoirs et de pret a penser mondialistes du nord anglosaxon et européen (fondations de toutes sortes)sont remplacées la pensee tiers mondiste radicale dévastée il faut le dire par ce torrent capitalistique. Triste realite ou c est une robin des bois qui vient retablir un equilibre longtemps souhaité
    Antoine ONANA
    UNIVERSITY OF BUEA CAMEROON FLPS

      +3

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