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4.février.20204.2.2020 // Les Crises

Décolonisations : l’apprentissage – 1857 à 1926 | Arte

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Source : Arte, Youtube, 08-01-2020

À contre-courant de l’histoire officielle des colonisateurs, cette fresque percutante inverse le regard pour raconter, du point de vue des colonisés, cent cinquante ans de combat contre la domination, et faire résonner au présent un déni qui perdure.

1. L’apprentissage

De la révolte des cipayes de 1857 à l’étonnante République du Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par Abdelkrim el-Khattabi avant d’être écrasée par la France, ce premier épisode montre que la résistance, autrement dit la décolonisation, a débuté avec la conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’Afrique à Berlin, comment les Allemands commettent le premier génocide du XXe siècle en Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge Léopold II au Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien Anténor Firmin, de la Kényane Mary Nyanjiru, de la missionnaire anglaise Alice Seeley Harris ou de Lamine Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu militant communiste et anticolonialiste.

Une série documentaire en 3 épisodes

Réalisée par Karim Miské et Marc Ball

Ecrite par Karim Miské, Pierre Singaravélou et Marc Ball Avec la voix de Reda Kateb

Source : Arte, Youtube, 08-01-2020

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Commentaire recommandé

Renard // 04.02.2020 à 09h55

L’émigration (ou immigration) entre l’Afrique et la France et l’Angleterre résulte d’un calcul d’intérêts d’Etat. À partir des années 60/70, les Etats européens souhaitaient une immigration afin de casser la dynamique de hausse des salaires ouvriers : les gens qui arrivent pour travailler dans un pays étranger prennent le salaire qu’on leur donne et ne demandent pas d’augmentation (polis et en quelque sorte intimidés). Intéressant pour un patron..
Autre raison : politique. Plus importante en fait. Avoir une immigration crée une diversion politique car le débat va se focaliser sur l’immigration et non plus sur la question économique et sociale.
Les Etats africains ont vu dans l’émigration deux avantages :
1) Une source de revenu via l’argent que les gens partis en France vont renvoyer au pays.
2) Pouvoir se débarrasser d’une partie du trop-plein de travailleurs (dans des pays au chômage très élevé) , susceptibles de créer des émeutes.
Une fois que les deux gouvernements sont d’accord, ils mettent en place en place les mécanismes d’incitation pour parvenir à l’objectif.

Une fois ceci fait, des gens émigrent. Vous savez tout le monde n’est pas intellectualisé. Les gens normaux ils voient une opportunité ils la saisissent ; l’histoire et la colonisation importe peu.

19 réactions et commentaires

  • Kaki // 04.02.2020 à 06h56

    Y en aura toujours pour dire que malgré les centaines de milliers de morts et les traumatismes, l Europe et particulièrement les gouvernements ont amenés les infrastructures et le developpement, ce sont les mêmes salades aujourd hui avec l apport de démocratie à coup de missile air sol, par contre y a un truc que je comprends pas, pourquoi nos parents sont ils venus travailler en France après la colonisation de celle ci ( forme de réparation, coût bas, distinction entre français et France)

      +6

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    • Anouchka // 04.02.2020 à 08h03

      Ils sont venus travailler en France parce qu’ils sont comme tout le monde: ils avaient envie de grimper sur l’échelle sociale dans l’espoir de se « distinguer »… Ainsi va le capitalisme et c’est pour ça qu’il tient.

        +11

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      • Bruno // 04.02.2020 à 08h32

        … parce que le capitalisme, ce n’est pas juste 100% de la m…. peut-être.

        Les africains post-coloniaux subissaient la misère, des sociétés corrompues en profondeur, des dictatures sanguinaires et des religions moyenâgeuses, tandis que les européens gagnaient 50% d’espérance de vie, votaient pour élire leurs représentants, pouvaient écrire et penser sans être torturés et mettaient leurs religieux très loin des décisions politiques.

        Est-ce que ce sont des raisons suffisantes pour vouloir immigrer ? Le mystère est vraiment très, très épais.

          +13

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        • Précis // 04.02.2020 à 09h43

          Vous citez des exemples qui ne sont pas illustratifs du capitalisme, e.g. la séparation de l’église et de l’état, et vous ne semblez pas comprendre que la prospérité d’un côté et la misère de l’autre sont les deux faces de cette pièce qu’est le capitalisme appliqué : piller et exploiter les uns pour que les autres puissent se constituer un capital.

            +12

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          • Anouchka // 04.02.2020 à 10h19

            D’où l’intérêt d’émigrer pour se rapprocher un peu plus près du capital (supposément)

              +4

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    • Renard // 04.02.2020 à 09h55

      L’émigration (ou immigration) entre l’Afrique et la France et l’Angleterre résulte d’un calcul d’intérêts d’Etat. À partir des années 60/70, les Etats européens souhaitaient une immigration afin de casser la dynamique de hausse des salaires ouvriers : les gens qui arrivent pour travailler dans un pays étranger prennent le salaire qu’on leur donne et ne demandent pas d’augmentation (polis et en quelque sorte intimidés). Intéressant pour un patron..
      Autre raison : politique. Plus importante en fait. Avoir une immigration crée une diversion politique car le débat va se focaliser sur l’immigration et non plus sur la question économique et sociale.
      Les Etats africains ont vu dans l’émigration deux avantages :
      1) Une source de revenu via l’argent que les gens partis en France vont renvoyer au pays.
      2) Pouvoir se débarrasser d’une partie du trop-plein de travailleurs (dans des pays au chômage très élevé) , susceptibles de créer des émeutes.
      Une fois que les deux gouvernements sont d’accord, ils mettent en place en place les mécanismes d’incitation pour parvenir à l’objectif.

      Une fois ceci fait, des gens émigrent. Vous savez tout le monde n’est pas intellectualisé. Les gens normaux ils voient une opportunité ils la saisissent ; l’histoire et la colonisation importe peu.

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    • Patrick // 05.02.2020 à 16h02

      et oui … des infrastructures , des hôpitaux, des écoles …
      et malgré les milliards de morts , on ne peut que constater la très forte augmentation de la population pendant le temps de la colonisation.
      Alors, pourquoi sont-ils venus travailler en France ? peut-être parce que ceux qui ont pris le pouvoir n’ont jamais été capables de faire fonctionner leurs pays malgré les infrastructures et les équipements laissés sur place par les méchants colonisateurs.
      L’histoire se répète , le Zimbabwe ( en ruine ) essaie de faire revenir les fermiers blancs , vous savez !! ceux qui avaient été massacrés ..
      Les états européens auraient mieux fait de dépenser tout ce pognon en métropole plutôt que d’aller le gaspiller ailleurs.

        +2

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  • Urko // 04.02.2020 à 08h17

    Les populations n’ont jamais aimé que d’autres peuples s’installent chez elles, sur leurs terres, les terres de leurs parents, sans demander la permission. Elles détestent davantage que ces peuples tentent d’y imposer une forme de domination politique subreptice ou officielle, quels que soient les prétextes, souvent moraux, qu’ils trouvent pour justifier ce qui ne constitue qu’un viol et qui tourne toujours mal, même quand les intentions du colonisateur lui paraissaient pures à ses propres yeux (relire Karen Blixen). Encore faudrait il distinguer entre les divers types de colonisation, car en Afrique par exemple, continent alors vide (trois à quatre fois moins peuplé que l’Europe au XIXeme), Portugais, Français, Anglais, Allemands etc se firent assez peu nombreux à s’installer sur place et la loi des colons demeurait circonscrite à certaines parties des territoires officiellement tenus, tandis qu’en Amérique du Nord ou en Algérie, la colonisation politique s’accompagnait d’une colonisation de peuplement. Or, si la colonisation politique peut finalement se défaire assez aisément, ce qui advint souvent d’ailleurs, la colonisation de peuplement ne se défait que très difficilement, voire pas, et le sang coule forcément. La colonisation, souvent menée au nom de grands principes, s’avère toujours une horreur.

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    • Patrick // 05.02.2020 à 16h05

      il y a même eu des endroits d’Afrique où les blancs se sont installés avant les Africains … il n’y avait personne quand ils sont arrivés.

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  • M.Smith // 04.02.2020 à 10h01

    Quelle horreur ! Colonialisme mais aussi esclavage, mutilations, meurtres, y compris des femmes et des enfants, afin que le roi des Belges ait son quota de caoutchouc pour fabriquer des chambres à air de vélos ! Tous les moyens sont bons pour “ceux qui sont tout”. Le pouvoir rend fou.

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    • Madudu // 04.02.2020 à 11h09

      Ailleurs, ce sont les colonisateurs qui ont aboli l’esclavage, introduit l’écriture, la médecine moderne, l’accès aux eaux de forages profonds, l’interdiction de l’excision, …

      Le cas belge a ceci de particulier qu’il s’est moins agit de colonisation que d’exploitation barbare et systématique des populations, par des entreprises privées dotées de privilèges octroyés par le roi.

      Lorsque la colonisation fut véritable colonisation, les conditions de vie pour les populations se sont améliorées. Dans l’Afrique française du moins.

      Je ne dis pas ça pour justifier les colonisations, mais pour montrer que les colonisateurs de l’époque n’étaient pas nécessairement mal intentionnés et qu’ils ne se sont pas nécessairement montré nuisibles pour les africains.

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      • Urko // 04.02.2020 à 12h11

        C’est d’ailleurs à partir de la colonisation européenne et de ses apports en matière de technique sanitaire que la démographie de l’Afrique, le “continent vide”, va pouvoir exploser. Environ cent millions d’habitants en 1900. 250 millions en 1960. 600 millions en 1990. 1,3 milliard aujourd’hui. 2,5 milliards en 2050 d’après l’ONU. Quatre milliards en 2100, toujours d’après l’ONU. En cent ans, l’Afrique est passée de zone trois fois moins peuplée que l’Europe à zone de deux à trois fois plus peuplée, ce malgré les émigrations massives… vers l’Europe surtout

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        • d’Aubrac // 05.02.2020 à 17h44

          Oui, Il y a un paradoxe de la statistique qui donne le vertige !
          Compte tenu de l’effroyable mortalité infantile et post-infantile qui sévissait dans les populations dont il s’agit, avant l’occupation coloniale, la plupart des descendants qui mettent aujourd’hui en accusation le colonialisme (avec de fortes et légitimes raisons) ne pourraient pas le faire, faute d’être venus au monde, sans l’apport civilisationnel précisément lié à la colonisation.

          Cela n’exonère pas l’entreprise coloniale de ses vices. Mais cela devrait nous faire méditer sur la grande complexité des situations et de l’histoire humaines. Et nous épargner un excès de manichéisme. Comme hélas, dans les documentaires diffusés sur Arte.

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        • fanfan // 07.02.2020 à 22h51

          Vous oubliez que l’Afrique a été vidée de ses forces vives avec les traites négrières sur plusieurs siècles.
          Olivier Pétré-Grenouilleau, l’historien qui met le plus l’accent sur la traite orientale, a estimé, en 2004, à 42 millions le total de victimes pour trois traites négrières.

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  • ALM // 04.02.2020 à 10h25

    Et certains peuples se sont ralliés aux envahisseurs-colonisateurs parce qu’ils préféraient un conquérant à un autre. La réaction à la colonisation n’a pas été la même partout, pour tout le monde, en tout temps.
    Nous n’aurions jamais du y aller de toute façon, mais cette course à la culpabilisation de l’Européen est de plus en plus grotesque.

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    • Anouchka // 04.02.2020 à 11h03

      De la même façon que le patronat allemand a jugé utile dans les années 20 de détourner la colère des travailleurs vers le bouc émissaire juifs, « on » détourne actuellement la frustration des dominés vers des adversaires de substitution : le male patriarcal pour les uns (détourne la colère des femmes ET des hommes « beta+ »), l’ancien peuple colonisateur de la patrie fantasmée…

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  • guzy // 04.02.2020 à 11h02

    C’est vrai que nos amis belges, que l’on voit comme des gens débonnaires et inoffensifs, y sont allés fort au Congo. Bon certes, à cette époque, le Congo était la propriété personnelle du Roi, qui contractait avec des entreprises privées, le pays ne relevait pas directement du gouvernement, mais enfin, il a bien fallu que l’Etat belge installe quelques éléments policiers et administratifs pour couvrir les exactions de leur souverain. C’est à la suite des scandales que l’Etat Belge a repris la main sur la colonie. Stanley, l’explorateur qui était payé par la Couronne pour ouvrir de nouveaux territoires , était lui-même choqué par la cupidité de Léopold.

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    • Anouchka // 04.02.2020 à 11h59

      Il n’y a pas de peuples bons ou mauvais, il n’y a que des structures sociales qui rendent possibles certains comportements à certains moments de l’histoire et des terreaux culturels qui les favorisent.
      La Belgique nous parait débonnaire parce que nous croyons que les Belges sont un petit peuple avec peu de spécificités culturelles propres (parlent français…) pas spécialement menaçant pour nous.

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    • Interimlover // 05.02.2020 à 23h49

      “il a bien fallu que l’Etat belge installe quelques éléments policiers et administratifs pour couvrir les exactions de leur souverain. C’est à la suite des scandales que l’Etat Belge a repris la main sur la colonie.”

      Ces deux phrases sont largement contradictoires, et pour cause : Léopold II s’appuya surtout sur des mercenaires de tous horizons ; les patronymes suédois m’avaient ainsi paru majoritaires au cimetière dit “des pionniers”…

      Quant à sa cupidité : l’aventure l’avait criblé de dettes (que d’ailleurs l’Etat belge répugna à couvrir). Il avait misé sur l’ivoire…et c’est l’improbable caoutchouc qui le sauva. Mais il fallait du rendement, les créanciers étaient pressants…

      De la cupidité, surtout : ces mêmes Anglo-Saxons qui lancèrent la légende noire des “mains coupées”, et désormais du “génocide” (pur fantasme), perpétuèrent souvent, et très précisément, le système d’exploitation léopoldien qu’ils s’étaient tant employés à condamner, voire salir (l’œuvre de Morel fut ni plus ni moins une campagne de dénigrement menée par l’impérialisme britannique). Je pense notamment à Unilever, à Lusanga, qui égala dans ses méthodes les pires heures du Congo léopoldien…et ce des décennies après ce roi belge…et l’Etat belge n’y pouvait rien objecter!

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