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Documents déclassifiés : En 1983, un exercice de l’OTAN a bien failli déclencher une guerre nucléaire

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Source : Washington Post, Nate Jones et David E. Hoffman

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Les missiles de croisière sont vus après leur arrivée à la base aérienne de Greenham Common. (Sahm Doherty / Life / Getty Images)

L’Union soviétique a placé des chasseurs-bombardiers chargés de bombes nucléaires en alerte 24 heures sur 24 en Allemagne de l’Est lors d’un exercice de commandement des armes nucléaires de l’OTAN en novembre 1983, et l’alerte comprenait des « préparatifs pour l’utilisation immédiate d’armes nucléaires » selon les dossiers des services de renseignement américains récemment publiés qui confirment une « alerte de guerre » pendant certains des mois les plus tendus de la Guerre froide.

Il a été révélé précédemment que l’exercice de l’OTAN, nommé Able Archer 83, a suscité des inquiétudes au Kremlin. Mais les nouveaux documents fournissent pour la première fois des détails précis sur la réponse militaire soviétique à l’exercice de l’OTAN, un événement annuel qui a permis de simuler une attaque nucléaire contre les forces de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie.

Selon ces documents, l’alerte soviétique renforcée a été déclenchée dans les divisions de chasseurs-bombardiers des forces soviétiques stationnées en Allemagne de l’Est. Tous les postes de commandement ont reçu l’ordre d’être opérationnels 24 heures sur 24 par des équipes renforcées. En parallèle, le chef des forces aériennes soviétiques, le maréchal Pavel Koutakhov, a ordonné que toutes les unités de la 4e armée de l’Air soviétique en Pologne soient concernées par l’alerte.

Les divisions de chasseurs-bombardiers ont reçu l’ordre d’installer des bombes nucléaires sur un escadron d’avions de chaque régiment. Ces avions devaient être armés et placés en « réactivité niveau 3 » ce qui signifie une intervention en 30 minutes pour « détruire les cibles ennemies de première ligne » selon les documents.

L’Europe a été le théâtre d’une impasse qui a duré des décennies durant la Guerre froide, les deux superpuissances se préparant à des conflits sur terre et dans les airs, y compris avec l’utilisation éventuelle d’armes nucléaires. Une étude précédente de la peur de la guerre a noté que la doctrine militaire soviétique avait appelé à prévenir une attaque de l’OTAN en frappant en premier, et les forces du Pacte de Varsovie ont longtemps supposé qu’une offensive de l’OTAN pourrait commencer sous le couvert d’un exercice tel que Able Archer. L’Occident était également prêt à utiliser des armes nucléaires en réponse à une attaque conventionnelle des forces plus importantes du Pacte de Varsovie.

En 1983, par peur de la guerre, les dirigeants soviétiques craignaient une attaque nucléaire surprise par les États-Unis.

L’Union soviétique a déployé des chasseurs-bombardiers Su-17 à capacité nucléaire en Allemagne de l’Est, avec six à huit points d’emport pour les bombes. L’un des signes les plus inquiétants de l’alerte soviétique de 1983 est apparu dans un rapport de renseignement sur un escadron à Neuruppin, en Allemagne de l’Est. L’avion en alerte devait être chargé d’une nacelle de brouillage électronique pour sa protection. Cependant, un rapport de l’Agence nationale de Sécurité révéla que l’escadron avait demandé à se passer de l’électronique à cause d’un « problème inattendu de poids et de centrage de l’appareil ».

Les analystes du renseignement militaire américain ont conclu que « ce message signifiait qu’au moins cet escadron particulier était chargé d’une configuration de munitions qu’ils n’avaient jamais réellement utilisée auparavant, c’est-à-dire une charge de guerre. »

Un haut responsable du renseignement américain, présent sur les lieux pendant l’opération Able Archer, le lieutenant général Leonard H. Perroots, a contacté ses supérieurs au plus fort des tensions. Il s’est entretenu avec le commandant en chef des forces aériennes américaines en Europe, le général Billy Minter. Lorsque Minter a demandé si les États-Unis devaient réagir à ce qui se passait en Allemagne de l’Est, Perroots a répondu qu’il n’y avait « pas assez de preuves pour justifier une augmentation de notre posture d’alerte réelle. » Mais Perroots devint de plus en plus inquiet lorsque des informations lui parvinrent plus tard montrant la nervosité soviétique à propos d’Able Archer. « Si j’avais su à l’époque ce que j’ai découvert plus tard, je ne suis pas sûr du conseil que j’aurais donné », écrivit-il plus tard.

Les nouveaux documents ont été inclus dans une édition des Relations extérieures des États-Unis publiée mardi. La nouvelle édition couvre les relations des États-Unis avec l’Union soviétique de janvier 1983 à mars 1985, une période qui inclut la description par le président Ronald Reagan de l’URSS comme un « empire du mal », le lancement de l’Initiative de défense stratégique de Reagan [la Guerre des étoiles, NdT] pour construire une défense antimissile implantée dans l’espace, et la destruction en vol, en septembre 1983, d’un avion de ligne civil coréen [par la chasse soviétique, NdT].

En outre, cette période a été marquée par des démonstrations antinucléaires massives alors que les États-Unis se préparaient à stationner des missiles Pershing II et des missiles de croisière lancés par voie terrestre en Europe occidentale pour contrer les missiles soviétiques. Les dirigeants soviétiques ont été plongés dans l’incertitude lorsque trois d’entre eux sont morts entre 1982 et 1985.

Dans le nouveau volume, les historiens du Département d’État ont inclus une longue note de l’éditeur sur la peur de la guerre. Cette note reproduit un mémorandum de Perroots de janvier 1989, intitulé « Addendum au rapport de fin de tournée ». Perroots avait été chef d’état-major adjoint pour le renseignement, US Air Forces Europe, pendant l’exercice Able Archer, puis directeur de la Defense Intelligence Agency de 1985 à 1989. À la fin de sa tournée, il a écrit ce mémo pour faire part de « son inquiétude quant au traitement inadéquat de la peur de la guerre soviétique » selon le récit historique du Département d’État.

Perroots, décédé en 2017, pensait avoir pris la bonne décision de ne pas intensifier la force américaine contre les Soviétiques, mais qu’il ne disposait pas de tous les renseignements sur l’alerte soviétique. À l’époque, il pensait que l’alerte soviétique était préoccupante, mais pas trop. Ce point de vue a changé lorsqu’il a vu des renseignements supplémentaires rapportés seulement après la fin de l’exercice. Cette « vision beaucoup plus inquiétante » comprenait une « mise en veille » de toutes les forces aériennes soviétiques dans la région.

Une telle mise en veille signifiait une pause dans les activités aériennes de routine – et des préparatifs pour autre chose – mais elle n’a pas été immédiatement prise en compte par les services de renseignement occidentaux, ce qui a inquiété Perroots par la suite.

Il a écrit « qu’une véritable suspension des vols a été secrètement ordonnée au moins dans les unités des forces aériennes soviétiques qui font face à la région centrale, et cet arrêt n’a pas été détecté, par l’Ouest. L’alerte soviétique en réponse à Able Archer a commencé après la tombée de la nuit, le mercredi soir, il n’y a pas eu de vol les deux jours suivants, ce qui a conduit au week-end, puis au lundi suivant qui était le 7 novembre, jour férié de la révolution. »

« L’absence de vol pouvait toujours s’expliquer » a écrit Perroots, mais ensuite de nouveaux éléments sont arrivés qui étaient alarmants, et ont produit une alerte des services de renseignement. Le 9 novembre, « une photographie aérienne a montré un avion Flogger entièrement armé en alerte de défense aérienne sur une base en Allemagne de l’Est. Lorsque ce seul indicateur a été relevé, l’immobilisation était en cours depuis une semaine. » Flogger est le code OTAN pour le chasseur soviétique MiG-23.

En 2015, le gouvernement américain a déclassifié un rapport de 109 pages du Comité consultatif du renseignement extérieur du Président (PFIAB), daté du 15 février 1990, et intitulé « The Soviet War Scare. » Il a été communiqué à la National Security Archive, une organisation non gouvernementale affiliée à l’université George Washington qui recherche des documents gouvernementaux par le biais de la loi sur la liberté d’information.

L’étude du PFIAB concluait : « En 1983, nous avons peut-être par inadvertance dégradé de manière explosive nos relations avec l’Union soviétique ». Le mémorandum Perroots a été cité dans l’étude du PFIAB, mais n’a pas été rendu public à l’époque. La National Security Archive avait poursuivi la DIA pour le dossier en 2019. Le procès est toujours en cours.

Selon le rapport du PFIAB, les renseignements américains et britanniques ont montré que la réaction des Soviétiques et du Pacte de Varsovie à Able Archer était « sans précédent » et qu’il s’agissait d’une « activité observée uniquement en période de crise par le passé. » Ces actions constituaient un effort de reconnaissance qui comprenait 36 vols de renseignement, « nettement plus » que les années précédentes où l’Able Archer avait été réalisé, et l’arrêt de toutes les opérations de vols militaires entre le 4 et le 10 novembre, à l’exception des vols de renseignement, « probablement pour disposer d’autant d’avions que possible pour le combat. »

La publication du mémorandum Perroots ajoute à la conclusion du PFIAB que la peur de la guerre était réelle. Mais l’événement a été un casse-tête de la Guerre froide pendant de nombreuses années, et la nature des discussions de haut niveau au Kremlin à ce sujet est encore largement inconnue.

Au lendemain de l’affaire Able Archer, la communauté du renseignement américain a commandé deux autopsies en mai et août 1984, pour faire le point sur ces événements. Les deux estimations des services de renseignement déclaraient : « Nous croyons fermement que les actions soviétiques ne sont pas inspirées par un danger réel de conflit ou de confrontation imminente avec les États-Unis et que les dirigeants soviétiques ne le perçoivent pas ainsi. » Cette conclusion se fondait sur le fait que les États-Unis ne voyaient pas de mobilisation générale pour la guerre à l’époque. Mais l’étude du PFIAB a critiqué ces estimations, en déclarant que la communauté du renseignement « n’a pas, à l’époque, et pendant plusieurs années par la suite, accordé suffisamment de poids à la possibilité que la peur de la guerre soit réelle. »

Source : Washington Post, Nate Jones et David E. Hoffman, 18-02-2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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Jean-Do // 20.03.2021 à 07h40

Ce qui est significatif dans l’article est sa date de sortie et son média : après l’avènement de Biden et dans un organe du parti démocrate, ce qu’hélas le WashPo est devenu et que la presse européenne est prête à reprendre en cœur.

Quel message veut-on nous faire croire avec cette propagande sinon qu’il faut se méfier des méchants Russes prêts à la guerre nucléaire en Europe ? C’est absurde : « une guerre nucléaire limitée », surtout si des forces US sont détruites, ça n’existe pas et les Russes le savent bien. Non, cela fait simplement partie d’un mensonge que l’appareil militaro-industriel va répétant dans l’espoir qu’il devienne une vérité dans l’esprit des citoyens de l’OTANie.

La propagande de guerre est bien en marche. Attendons-nous bientôt à une accusation d’élections truquées et peut-être à l’une ou l’autre imputation tout aussi imaginaire de génocide ou simplement d’utilisation de gaz de combat contre des gens que nous qualifierions ici de « terroristes » mais que nous appelons « combattants de la liberté » quand ils réalisent leurs exactions chez nos ennemis.

31 réactions et commentaires

  • Jean-Do // 20.03.2021 à 07h40

    Ce qui est significatif dans l’article est sa date de sortie et son média : après l’avènement de Biden et dans un organe du parti démocrate, ce qu’hélas le WashPo est devenu et que la presse européenne est prête à reprendre en cœur.

    Quel message veut-on nous faire croire avec cette propagande sinon qu’il faut se méfier des méchants Russes prêts à la guerre nucléaire en Europe ? C’est absurde : « une guerre nucléaire limitée », surtout si des forces US sont détruites, ça n’existe pas et les Russes le savent bien. Non, cela fait simplement partie d’un mensonge que l’appareil militaro-industriel va répétant dans l’espoir qu’il devienne une vérité dans l’esprit des citoyens de l’OTANie.

    La propagande de guerre est bien en marche. Attendons-nous bientôt à une accusation d’élections truquées et peut-être à l’une ou l’autre imputation tout aussi imaginaire de génocide ou simplement d’utilisation de gaz de combat contre des gens que nous qualifierions ici de « terroristes » mais que nous appelons « combattants de la liberté » quand ils réalisent leurs exactions chez nos ennemis.

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    • Jean // 20.03.2021 à 15h26

      @Jean-Do,

      Les terroristes se donnent pour objectif de terroriser les populations civiles et les prennent pour cible. Pourtant les nazis, durant la seconde guerre mondiale, qualifiaient les résistants français de terroristes alors que leurs attentats ne visaient que des cibles combattantes ennemis. Il faut donc distinguer le véritable terroriste de celui qu’un gouvernement corrompu nome ainsi et, comme on juge un arbre à ses fruits, il n’y a rien de plus déterminant que la cible des actes de guerre.

        +5

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      • Subotai // 23.03.2021 à 18h26

        «  »Les terroristes se donnent pour objectif de terroriser les populations civiles et les prennent pour cible. «  »
        1 – C’est un peu court.
        2 – La comparaison avec la Résistance française est dangereuse pour votre propre interprétation 🙂

        1) Il manque l’indispensable 2e terme de la proposition, c’est à dire la revendication POLITIQUE, cause de l’activité désigné comme « terroriste ».
        Terroriser les populations n’est jamais un objectif en soi – c’est un MOYEN.

        2) Reconnaitre que l’activité armée de la Résistance était justifié, c’est aussi reconnaitre que l’activité armée de ceux que nous appelons confortablement terroristes ou jihadistes est justifiée, puisqu’il s’agit de rébellions armées contre un envahisseur et/ou un gouvernement contesté bref, de ce qu’il est commun d’appeler une guerre civile.
        La 2e GM n’aurait pas mobilisé des moyens gigantesques pour défaire les Nazis – c’est à dire ça n’aurait été qu’une guerre limitée Allemagne/France – c’est ce que nous aurions eut au final en l’occurrence.

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    • Gérard // 22.03.2021 à 19h36

      @Jean-Do vous obtenez beaucoup de likes avec votre interprétation qui caresse le lectorat dans le sens du poil mais j’interprète de manière complètement différente l’article (et à mon avis c’est la raison pour laquelle il a été relayé par OB et son équipe): il suggère qu’on a pu passer à deux doigts du désastre à force de tensions inutiles, de revolver armé le doigt sur la détente, le tout dans l’ignorance de ce que pensait ou préparait l’adversaire, de comment il percevait lui-même la situation. Vous remarquerez que ma phrase peut s’appliquer indifféremment aux soviétiques comme aux américains. Ceci est un rappel que nous ne devons pas jouer aux c*** dans la provoc et la défiance réciproques entre les deux blocs capables d’annihiler l’humanité avec leurs arsenaux.

        +8

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      • Brian64 // 23.03.2021 à 00h17

        Bonjour @Gérard,
        J’ai la même interprétation que vous à cet article. Comment on est passé à deux doigts de la catastrophe, et je rajouterai que la plupart des civils n’en étaient probablement pas conscients.

          +1

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  • calal // 20.03.2021 à 07h44

    ca se passe toujours comme ca. Actuellement,les us continuent de titiller les russes et les chinois en envoyant des avions pres des zones frontieres. Et les russes font la meme chose en survolant de tres pres l’alaska.
    de meme l’aviation turque survole de tres pres les frontieres grecques tous les jours ou presque.
    a chaque « exercice », l’autre camp est oblige de se mettre en alerte,des fois que l’exercice se transformerai en offensive reelle.

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    • James Whitney // 20.03.2021 à 08h23

      Et Israël survole ses voisins assez souvent, et parfois lâche des cochonneries qui tuent des gens, ce qui fait plaisir à certains crétins qui dirigent les États-Unis. Normal.

        +20

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      • James Whitney // 20.03.2021 à 08h29

        Et la France fait pareil dans certain régions de l’Afrique.

          +9

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  • Paul // 20.03.2021 à 09h05

    la guerre s’est-elle arrêté une fois ?
    A chaque exercice de l’otan ou d’une balade en chine ou dans le fameux détroit, la guerre totale est proche.
    on le voit bien sur les infos standardisées depuis quelques semaines par des caricatures sur le méchant russe ou le vilain bachar.

      +13

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  • www.libvert.fr // 20.03.2021 à 10h02

    Un peu d’utopie ne fait pas de mal :

    Et si l’éducation à la prévention des conflits parvenait un jour à réduire l’influence du CMI ?
    (complexe m industriel)

    => Et si les films ou jeux vidéos violents étaient taxés ?

      +2

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  • RGT // 20.03.2021 à 10h29

    Pendant ce temps, les « vilains russes » avaient des officiers qui étaient totalement opposés à la guerre et qui par leurs actes sont parvenus à éviter le pire.

    Rappelons-nous entre autres de Vassili Arkhipov qui a évité que le conflit de Cuba ne dégénère en 1962 en interdisant d’envoyer une torpille nucléaire contre un navire de guerre US, ou encore de Stanislav Petrov qui a décidé de ne pas lancer l’alerte en 1983 quand les systèmes de détection satellites ont signalé qu’un missile avait été lancé vers l’URSS…
    En fait, il semble bien que la détection de 1983 était bien réelle, les USA ayant lancé un missile « à blanc » (sans charge nucléaire et qui est tombé ensuite avant de survoler le territoire de l’URSS) juste pour « tester » les systèmes de détections de leur « ennemi ». De toutes façons ils ne s’en vanteront surtout pas, étant les « gentils » dans l’histoire.

    N’oublions jamais que même si le régime politique de l’URSS était loin d’être parfait, ce n’était pas lui qui entourait son « ennemi » et qui « s’amusait » à faire des provocations et des actions qui entretenaient la croissance de « l’horloge de l’apocalypse » afin qu’elle atteigne minuit.

    Les russes ne sont pas particulièrement belliqueux.
    Tout ce qu’ils souhaitent, c’est qu’on leur foute la paix et qu’on ne tente pas de les envahir pour leur imposer un mode de vie qui ne leur correspond pas.
    Particulièrement si l’envahisseur a pour objectif éradiquer la population russe afin de coloniser leur territoire pour son propre profit.
    Ce qui ne correspond pas du tout aux intentions du « camp du Bien » obsédé par le profit.

      +45

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    • CanluCat // 20.03.2021 à 23h07

      Rappelons également que les États-Unis ont envahi et occupé pendant plus de quatre ans une partie de l’URSS (1919 à 1924), alors que ni l’URSS ni la Russie n’ont jamais envahis ni occupés une partie des USA !

        +7

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  • Darras // 20.03.2021 à 10h38

    Imaginez, et c’était une époque où les dirigeants US étaient encore sains d’esprit, ne traitant pas les présidents soviétiques de « tueurs » et leur promettant publiquement de les punir, et l’OTAN, en Europe, était à 1600 km de Moscou. Hélas, la Russie a déplacé ses frontières vers l’OTAN au point que les systèmes missiles US, transformables sans préavis en lanceurs, sont maintenant à 800 km de Moscou et 500 de Saint Petersbourg… Moins de 20 minutes pour réagir.
    Les néoconservateurs sont persuadés que les Russes et surtout Poutine sont des « pussy » et qu’ils se degonfleront en cas de première frappe. Et les chefs d’etat-major, de parader de salons en plateaux TV en claironnant que le principe de la frappe  » préventive » nucléaire n’est désormais plus tabou.
    Et les dirigeants Russes, s’endorment le soir en sachant qu’ils ont affaire à ce genre de fous furieux.
    Dans les années 60, le fou criminel Lemay était assez seul dans son délire et contrôle par des gens comme Ike, Kennedy ou Johnson. Aujourd’hui, l’esprit Lemay est la norme.
    Dieu merci, il reste de vrais officiers généraux US, surtout dans la marine pour calmer cet asile de dingue.
    Ike revient, ils sont devenus fous.

      +22

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  • jp // 20.03.2021 à 12h55

    Si on parle de la même chose, cette histoire a été publiée et à l’époque Ronald Reagan avait été le premier étonné de savoir qu’on était passé à deux doigts d’une III° guerre mondiale cette fois atomique. Il parait qu’un agent double avait été essentiel pour informer les Russes que ce n’était vraiment qu’un exercice OTAN de plus.
    La situation actuelle est une fois de plus dangereuse si Biden a effectivement des problèmes de sénilité.
    Un pays aussi immense que la Russie qui regorge d’immenses richesses alors qu’il est si peu peuplé ne peut qu’entrainer d’énormes convoitises et au besoin une nouvelle Guerre Mondiale pour le démanteler et le piller. Mais le hic c’est l’énorme arsenal atomique des Russes qui a priori ne se laisseront pas faire. Alors le Monde entier trouverait la facture exorbitante.

      +17

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  • velay43 // 20.03.2021 à 13h12

    Les États-Unis sont confrontés actuellement à un problème complexe voire insoluble : arrêter la montée en puissance de la Chine pour conserver leur leadership. Fondamentalement la Chine est en passe de retrouver la 1ere place qu’elle avait avant l’ère industrielle, avec 25% du PIB mondial.
    En parité de pouvoir d’achat le PIB Chinois dépasse déjà celui des US et de L’UE. Rien de plus normal puisque leur population fait 4 fois celle des US et 3 fois celle de l’UE. L’Inde suivra un chemin plus ou moins comparable, elle a d’ailleurs la même population que la Chine.

    Le 2e problème est que toute guerre directe est impossible, à cause du nucléaire. Il ne reste plus qu’aux US à monter des opérations pour retarder cette émergence. Actuellement nous avons donc :
    – les Ouïghours (ils ont remplacé le Tibet)
    – Hongkong
    – Taïwan, les US aimeraient bien le voir envahi
    – La Birmanie, la Chine soutien le régime (corridor commercial),
    – L’Inde (Pb de frontière),
    etc… je n’évoque ici que les conflits ouverts, on peut penser qu’il y a en bien d’autres dans le cyberespace, les bio-technologies (le Covid ?).
    Mais la Chine a signé des accords avec toute l’Asie du Sud-Est (dont le Japon) c’est le RCEP fin 2020, c’est la plus vaste zone éco 30% du PIB mondial. Ces pays veulent travailler ensemble et même s’ils conservent le parapluie américain, ils feront des affaires avec la Chine.
    La Chine poursuivra donc sa montée en puissance sans entrer dans un conflit et comme le dit Sun-Tzu (dans l’Art de la Guerre : “Parvenir à battre son adversaire sans l’avoir affronté est la meilleure conduite.”

      +13

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    • LibEgaFra // 20.03.2021 à 13h48

      Excellente analyse de la situation actuelle. La Chine dépasse déjà les USA sur le plan économique et la Russie les dépasse sur le plan militaire. Il ne reste aux USA que leur capacité de nuire qui est immense, hélas.

        +12

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  • vert-de-taire // 20.03.2021 à 14h04

    ***Les États-Unis sont confrontés actuellement à un problème complexe voire insoluble : arrêter la montée en puissance de la Chine pour conserver leur leadership. Fondamentalement la Chine est en passe de retrouver la 1ere place qu’elle avait avant l’ère industrielle, avec 25% du PIB mondial.***

    C’est un sujet délicat : d’un coté la Chine capable d’acheter bcp – des ressources, des pays et leurs esclaves, des entreprises, des individus cupides, .. – donc de dominer légalement et économiquement et de l’autre les méchants de la Russie et leurs ressources peu exploitées versus les potentiels. Les Etats-Unis devraient logiquement se rapprocher de la Russie contre la Chine donc pour affaiblir la Chine mais non. La Russie reste un grand méchant quand bien même son régime, avatar capitaliste, s’est substitué à l’horreur du communisme soviétique et ses idées perverses. Pourquoi les russes dérangent les Etats-Unis ? Pas l’idéologie perverse ?
    Pourquoi la Chine était-elle un si grand ennemi ? pas l’idéologie perverse ? Les grandes entreprises américaines y font des affaires en grande liberté et c’est une importante source de profits.

    Donc où est le probléme ?
    Conserver leur leadership.
    Un désir de gamin, de cours d’école …
    Ou simplement exister PAR la domination ? Par la terreur ?
    N’est-ce pas le sujet de cet article : comment terroriser l’ennemi ?

      +7

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    • Dominique65 // 20.03.2021 à 18h14

      « Conserver leur leadership [..] Ou simplement exister PAR la domination »
      c’est exactement la même chose. « Leadership » est seulement un euphémisme de substitution à « domination ». Ça passe mieux dans les discours.

        +3

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    • Koui // 20.03.2021 à 18h30

      Trump avait ce projet enfantin de se rapprocher des russes pour mieux affronter les chinois. Je dis enfantin car russes et chinois étaient parfaitement consciente de cette stratégie de division et que leur intérêt était de rester unis. Les démocrates ont d’ailleurs fait échouer le rapprochement avec les russes tout en adoptant la posture antichinoise et antiirannienne de Trump. Ils misent sur la grande Alliance des démocraties face aux « dictatures ». Le but n’est pas la guerre mais de resserrer leurs alliés autour d’eux et d’epuiser leurs adversaires dans une nouvelle course aux armements. Mais les conflits se déclenchent parfois de façon imprévue dans les périodes de tension comme le rappelle l’épisode able Archer. Ainsi, l’Autriche ne mesurait les risques d’une nouvelle guerre balkanique en 1914.

        +1

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      • RGT // 23.03.2021 à 09h51

        « d’epuiser leurs adversaires dans une nouvelle course aux armements »

        Le problème de cette stratégie, c’est que leurs opposants ont bien compris la leçon de l’URSS et qu’ils sont devenus maîtres dans l’art de la « guerre asymétrique » qui permet, avec des moyens limités et peu chers de mettre une belle pâtée à leur adversaire.

        Il suffit simplement de se contenter de regarder les progrès dans les dispositifs de brouillage électronique des Russes pour en être convaincus.
        Actuellement ils sont capables « d’éteindre » tous les dispositifs de détection et ce communication US afin de rendre leur adversaire sourd et aveugle.
        Et ensuite, juste quelques spetsnaz bien entraînés (et pas gavés de MacDo et vivant dans des salles climatisées) peuvent faire quelques milliers de prisonniers sans même avoir besoin de tirer un seul coup de feu.

        Quand on voit les résultats « miraculeux » des troupes US en Afghanistan contre des combattants motivés et largement moins bien entraînés on comprend que la seule « force » des USA consiste à montrer ses muscles en exhibant ses « briques volantes » (F35 et autres) mais qu’au sol c’est le désastre (sauf au niveau « collatéral » ou ils sont très fort pour exterminer des civils et des journalistes désarmés et sans défense).

        Les russes ont bien compris qu’il suffisait de neutraliser leur armement « high tech » très très coûteux avec des moyens peu chers pour que l’aigle se retrouve déplumé.

        Et concernant les « fers de lance » de la domination US, les grands porte-avions, il suffit désormais d’une petite torpille hypersonique pas chère lancée par un sous-marin furtif pour l’envoyer par le fond.

        L’empire en est actuellement à la phase « chant du cygne » (c’est toujours un oiseau) et la seule alternative désormais consiste à admettre sa défaite ou de faire un « baroud d’honneur » qui pourrait entraîner la planète entière dans le chaos.

        Connaissant la bêtise des dirigeants de ce pays (et la propagande qui gave la population depuis la naissance), j’ai a certitude que la première option ne sera jamais retenue et qu’ils préféreront tout casser plutôt que d’admettre la réalité.

          +1

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        • toto // 24.03.2021 à 15h33

          Bonjour,
          Il faut arrêter avec la propagande,
          Si la Russie a investie dans les missiles hypersonique et le brouillage c’est parce que cela coute moins cher que le reste mais permet une pression stratégique.
          Quand on voit que la plus grosse commande de Su57 c’est 70 et c’est pas pour demain, le system Armata etc.. les Russes ont compris qu’il y a un plafond de verre technologique pour tout les pays y compris US et que cela ne sert a rien de dépenser des sommes folles car au final le nucleaires reduit toute les options.
          Les dernières guerres sont toutes asymetrique et avec les drones les US ont un certains savoir faire
          Les forces spécial US n’ont rien a envier à leurs homoloques Russes, UK ou Francaise
          Les US ont la plus grandes force de projection 10 portes avion et 10 portes helico /F35 + logistique 100 C5 et des avions ravitalleurs + satellite etc..

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    • riton // 23.03.2021 à 14h04

      Et des  » idées perverses » du capitalisme, on en parle ?

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    • Grd-mère Michelle // 23.03.2021 à 16h23

      « … Pourquoi les russes dérangent les États-Unis?… »
      Dès la première guerre mondiale, les USA ont réalisé quel énorme marché constituait le continent européen. Bien évidemment, l’esprit communiste qui gagnait en Russie était un obstacle majeur à leur projet expansionniste (à savoir que les russes n’utilisent le verbe « avoir » que comme auxiliaire de conjugaison, et on peut traduire en français le sens « posséder »: j’ai [quoi que ce soit] par : il est chez moi- U MINA EST).

      Par ailleurs, les divisions de la religion chrétienne (orthodoxe en pays slaves, catholique en pays latins, protestante en pays anglo-saxons) n’ont jamais cessé d’alimenter les ambitions des pouvoirs qu’elles soutenaient: le pape François a rencontré le chef de la hiérarchie de l’église orthodoxe de Russie (archi-évêque, oublié son nom) à l’aéroport de Cuba en 2016 POUR LA PREMIÈRE FOIS DE L’HISTOIRE (il semble avoir repris la crosse œcuménique de Jean XXIII-voir son récent voyage en Irak).
      Et, à présent, que ce soit en Pologne, dans les pays baltes, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie(pour ce que j’en sais), les églises « évangéliques » poussent comme des champignons (tout comme en Afrique, d’ailleurs, en tout cas en RDCongo).
      Pour les « mécréants » que sont, me semble-t-il, la plupart des visiteurs-teuses de ce site(dont moi-même), ces histoires de religions ne comptent pas. Mais ce serait une profonde erreur de négliger leur influence sur la géo-politique en général… (vu l’énorme influence qu’elles ont sur leurs croyants respectif-ves, tou-te-s citoyen-ne-s/électeurs-trices).

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    • Grd-mère Michelle // 23.03.2021 à 17h07

      Suite: pour tout qui s’intéresse un tant soit peu à l’environnement (notre biotope menacé), il est évident qu’une plus grande alliance européenne (de l’Atlantique à l’Oural) permettrait au continent de se passer définitivement de ces deux « blocs » qui se disputent notre marché: l’Asie et les Amériques*, tout en ré-organisant une société de partage des ressources, et de préservation de la biodiversité de nos contrées tempérées si riches de leur diversité, et paisible, en plus!
      Ce qui encouragerait peut-être la Russie à abandonner ses velléités de domination en Afrique et au Moyen-Orient(ainsi que spatiale) et à s’occuper enfin de son pauvre peuple…

      *le Portugal est en train d’essayer de forcer la main de l’UE pour lui faire accepter le « MERCOSUR », alors que le « CETA », entré en vigueur bien qu’il ne soit pas encore ratifié par tous les pays/membres, produit déjà ses effets pernicieux de « cheval de Troie » des entreprises nord-américaines.

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  • jp // 20.03.2021 à 15h30

    Le modèle américain semble vécu par la caste dirigeante, comme un nouvel Empire Romain au maximum de sa puissance dont le principe fondateur était la prédation par la Force: à cette époque les habitants de Rome en étaient d’ailleurs arrivés à 100j/an de travail effectif seulement, tant les rackets étaient fructueux. Le côté messianique, (dont les USA se targuent depuis 1945), est ensuite arrivé avec le christianisme devenu officiel dans l’Empire.
    Mais nous ne sommes plus à l’époque romaine !

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  • pascal // 20.03.2021 à 16h27

    rivalités imperialistes =guerres
    ….
    les Etats nucleaires…..par erreur…par peur des autres….vont nous amenés a l ‘apocalypse nucleaire……
    avant l’ effondrement climatique qui vient………

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  • Gérard // 22.03.2021 à 19h21

    Un vidéaste indien (?) s’est amusé il y a deux ans à produire une uchronie sur une guerre totale entre l’OTAN et le Pacte qui aurait débuté en 1983. C’est composé d’images d’archives et de scénarios de théâtres d’opération. Divulgachage : il y a utilisation de nukes. Le point de départ est une certaine opération Able Archer 83. C’est assez détendant.
    https://www.youtube.com/watch?v=lBLGhV1lbVU&t=555s

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  • Myrkur34 // 23.03.2021 à 11h06

    Je sais bien que je radote, mais quand on pense à toutes ces montagnes d’argent utilisées depuis 1950 jusqu’à aujourd’hui, toujours pour la même chose, le complexe militaro-industriel, le courtermisme et la domination, je reste éberlué par tous les autres problèmes terrestres qui auraient pu être « résolus » et fissa fissa avec ces fonds.
    Entendu dernièrement dans un reportage sur la mer Adriatique du coté des îles italiennes, deux fois plus aujourd’hui de micro particules de plastique que de plancton dans cette mer. Et si cela continue, cette zone sera considérée comme morte dans 20 ans.

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    • Hubert // 24.03.2021 à 00h32

      Parce que une minorité s’enrichit.
      Comme pendant la guerre du Golfe, et tant d’autres…

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    • Klurera // 25.03.2021 à 02h03

      Je pense tout comme vous . Et j’en suis dégoûté .
      L’espèce humaine ne vaut pas tripette et n’apprend décidément rien de l’Histoire … de son Histoire .
      J’ai 58 ans et suis catastrophé par le mal qu’elle fait à l’environnement qui la fait vivre …
      Je n’attend personnellement plus grand chose de ce mammifère à deux pattes .
      Notre époque a , pour moi , un parfum pré-apocalyptique … j’espère me tromper lourdement .

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      • Grd-mère Michelle // 25.03.2021 à 13h50

        « L’espèce humaine ne vaut pas tripette » Un peu de pitié, svp!
        L’espèce humaine est caractérisée par sa faiblesse de petit mammifère, naturellement peu armé pour se défendre des plus gros… ce qui l’a poussée à se grouper pour mieux résister à leur appétit et aux aléas de la vie.
        Malheureusement, au sein même des « sociétés » que ce réflexe de sécurité a formées, il existe des individus forts (ou riches, ce qui leur donne l’avantage d’acquérir des armes) qui en deviennent prédateurs, et d’autres plus faibles, qui sont obligés de se soumettre. Le seul moyen de renverser cet état des choses funeste, c’est, pour les faibles(qui sont une majorité, me semble-t-il) de se grouper, de s’organiser dans l’insoumission, afin d’établir un équilibre et d’empêcher toute forme de prédation, aussi à l’égard des autres espèces.
        Heureusement, à l’heure actuelle, les moyens de transmission des savoirs hyper-performants nous ont fait connaître l’inter-dépendance de tous les êtres vivants, et la nécessité du RESPECT de chacun-e, compte tenu de la dégradation de tous les milieux de vie que l’ignorance et l’arrogance humaines ont causée.
        À voir, sur Cyberacteurs.org, un exemple(parmi des milliers d’autres) des louables efforts déployés en ce moment-même.

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