Un intéressant regard engagé sur le Venezuela – à prendre, comme toujours, avec recul

Source : Venezuela infos, Thierry Deronne, 16-10-2017

Ce dimanche 15 octobre, plus de 18 millions de vénézuéliens étaient invités à élire les 23 gouverneurs de 23 états parmi 226 candidats de droite ou bolivariens (= chavistes) – sauf à Caracas qui n’est pas un État. À cet effet le Centre National Électoral avait installé dans tout le pays 13.559 centres de vote et 30.274 tables électorales. Le taux de participation a été de 61,4 %, un taux très élevé pour un scrutin régional.

Les bolivariens remportent une large victoire avec 17 états contre 5 pour l’opposition. Celle-ci gagne notamment dans les états stratégiques de Mérida, Táchira, Zulia, proches de la Colombie, foyers de violence paramilitaire. Les bolivariens récupèrent trois états historiquement gouvernés par la droite : les états d’Amazonas, de Lara et – victoire hautement symbolique – celle du jeune candidat chaviste Hector Rodriguez dans l’État de Miranda, longtemps gouverné par le milliardaire et ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles Radonsky.

Pour mieux comprendre le ressort vivant du chavisme, il suffit de comparer deux images. En haut : une droite machiste, blanche, liée à l’entreprise privée, adoubée par Donald Trump, l’Union Européenne, Emmanuel Macron, Mariano Rajoy, Angela Merkel et les grands médias internationaux, pour « rétablir la démocratie ». En bas, les secteurs populaires – une population métissée, majoritaire, mais invisibilisée par les médias – font la fête à Petare, un des plus grands « barrios » d’Amérique Latine, après la victoire du candidat bolivarien Hector Rodriguez. (1)

Le candidat bolivarien Hector Rodriguez a gagné son pari de reprendre l’état de Miranda à la droite.

C’est le 22ème scrutin depuis que le chavisme est arrivé au gouvernement, et le deuxième de l’année (on peut y ajouter plusieurs consultations – organisées en interne et sans cadre légal – par les partis de droite en 2017). Cette élection des gouverneurs sera suivie par celle des maires puis, en 2018, par les élections présidentielles.

Ces résultats qui donnent au chavisme 54 % des votes nationaux contre 45 % à la droite sont d’autant plus intéressants que ces élections ont lieu dans un contexte difficile. Il y a deux mois et demi encore, une insurrection armée dirigée par l’extrême droite cherchait à renverser le gouvernement élu, avec un bilan de près de 200 morts (2). Cette déstabilisation prit fin le 30 juillet, lorsque la population jusque-là restée en marge de ces violences s’est mobilisée pour élire une Assemblée Constituante. Désavouée, la droite s’est alors déchirée entre un secteur radical maintenant l’objectif de revenir au pouvoir sans passer par les urnes et un secteur acceptant de revenir à la voie électorale. Pour tenter d’infléchir le scrutin en sa faveur, la droite, le secteur privé (80 % de l’économie) et les Etats-Unis ont remis toute la pression dans la guerre économique, avec l’envol astronomique des prix de certains de produits de base afin d’augmenter le mécontentement populaire. Comme d’habitude, soucieuse d’alimenter le storytelling international, la droite a contesté les résultats, évoquant une « fraude ». Le président Maduro a répondu en demandant un recomptage de 100 % des votes.

Les experts du Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (CEELA) ont suivi l’ensemble du processus électoral.

Parmi les observateurs internationaux dont 50 experts électoraux, le colombien Guillermo Reyes, porte-parole du respecté Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (formé d’ex-présidents de centres nationaux électoraux de nombreux pays) a rappelé que le système électronique du Venezuela est le plus moderne du continent et que plusieurs jours avant l’élection, l’ensemble des partis de droite et de gauche ont participé aux essais techniques du vote, signant le rapport concluant à sa fiabilité. En 2012 déjà, le système électoral automatisé du Venezuela a été qualifié par le Centre Carter de « meilleur du monde ». (3)

Avec 22 scrutins en 18 ans de processus bolivarien, le Venezuela continue donc à battre tous les records en nombre d’élections et même si les secteurs radicaux de la droite crient à la fraude quand les résultats ne les favorisent pas, celle-ci en a remporté plusieurs, comme les législatives de 2015.

Scènes de la campagne et de l’élection régionale du 15 octobre 2017.

Contrairement à ce que les médias veulent faire croire au monde entier, la droite vénézuélienne dispose de tous les moyens pour s’exprimer. La majorité des médias, privés, et des réseaux sociaux (bots y compris…) lui est largement favorable sur les plans local, régional, national et international (4). On comprend le silence des médias internationaux sur ce scrutin qui contredit, une fois de plus, le plus grand fake news de l’histoire contemporaine : « la dictature au Venezuela ». Les urnes répondent aux « journalistes » qu’il ne faut jamais oublier l’existence d’un peuple, et encore moins sous-estimer sa conscience.

Thierry Deronne, Caracas, le 15 octobre 2017

Pour Rafael Correa, « le Venezuela vient de vivre une fête démocratique (..) Avec ces résultats le peuple vénézuélien dénude la manipulation médiatique ». Evo Morales félicite le Venezuela parce que la démocratie a vaincu l’intervention et la conspiration. Le peuple défend sa souveraineté, sa dignité, ses ressources naturelles. La paix a triomphé face à la violence, le peuple face à l’Empire. Luis Almagro (secrétaire général de l’OEA, NdT) et son chef Trump ont perdu. »

Notes

  1. Lire « On n’a encore rien dit du Venezuela », https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/25/on-na-encore-rien-dit-du-venezuela-le-journal-de-linsoumission/
  2. Pour un graphique et un tableau précis et complet des victimes, des secteurs sociaux, des responsables et des personnes condamnées, voir https://venezuelanalysis.com/analysis/13081; Sur les assassinats racistes de la droite : Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique – 27 juillet 2017 ; Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out) – 24 juillet 2017
  3. « Former US President Carter: Venezuelan Electoral System “Best in the World” », https://venezuelanalysis.com/news/7272
  4. Au Venezuela la majorité des médias, comme l’économie en général, sont privés et s’opposent aux politiques sociales du gouvernement bolivarien. Voir Mensonges médiatiques contre France insoumise, partie I : « Maduro a fermé 49 médias ».On peut lire aussi, sur ce thème : Thomas Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France Culture, http://wp.me/p2ahp2-1M7

Source : Venezuela infos, Thierry Deronne, 16-10-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous "soutenons" le Président Maduro. Par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète. [Lire plus]Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits. Au final, notre vision est que le peuple vénézuelien puisse choisir librement et démocratiquement son avenir, sans ingérences extérieures, et nous condamnons toutes les atteintes aux Droits de l'Homme des deux camps...

39 réponses à Elections régionales au Venezuela : Large victoire du chavisme et … nouvelle défaite de la droite et des médias, par Venezuela infos

Commentaires recommandés

astap66 Le 25 octobre 2017 à 07h15

Qu’a écrit Le Monde sur ces élections ? Curieusement, il semble ne plus en parler du tout !
Un peu comme après la libération d’Alep : histérie anti-régime puis…silence radio

  1. astap66 Le 25 octobre 2017 à 07h15
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    Qu’a écrit Le Monde sur ces élections ? Curieusement, il semble ne plus en parler du tout !
    Un peu comme après la libération d’Alep : histérie anti-régime puis…silence radio


    • karl_vincent Le 25 octobre 2017 à 08h32
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      la réallité de ce que vous dites la est affligeante…
      mais ici il y a encore assez de bien lotis pour voter pour un “Macron”….


    • Tanguy Le 25 octobre 2017 à 12h04
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      Les “ruptures narratives” sont d’excellents indicateurs de propagande (ou manipulation?). Voir ce bon article de V. Dedaj :

      https://www.legrandsoir.info/medias-et-information-il-est-temps-de-tourner-la-page.html


    • commentaire Le 25 octobre 2017 à 12h06
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      Ils en parlent, voilà ce qu’a écrit le monde sur ces élections. Le journaliste est, une fois n’est pas coutume, Paolo Paranagua, et le ton n’est pas moins neutre que l’article partagé ci-dessus !

      http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/10/16/elections-regionales-venezueliennes-nicolas-maduro-revendique-une-nette-victoire_5201346_3222.html

      Il faut aussi porter une certaine attention aux commentaires du ministère des affaires étrangères en fin d’article (« La France déplore cette situation et se concerte avec ses partenaires de l’Union européenne afin d’examiner les mesures appropriées pour contribuer à une solution à la grave crise que traverse le pays ») …à comparer avec le traitement d’autres questions internationales (par exemple ici avec la première question concernant l’Egypte : http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-doc/EPJ00759601.pdf). Il y a les Etats avec lesquels nous avons des relations “de confiance” et ceux que nous menaçons (on se demande ce que sont les “mesures appropriées” que vont imaginer la France et ses partenaires pour compenser les tracas de l’opposition vénézuélienne).


    • vasyfrancky Le 25 octobre 2017 à 23h02
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      la presse qui ne moufte pas un mot ? what else ?


    • Jean Paul B. Le 26 octobre 2017 à 12h51
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      En effet qu’ont écrit les auto-proclamées “vigies des droits de l’homme” sur ces élections régionales vénézuéliennes (Le Monde, Libé,L’Express,Le Point, etc…enfin toute la presse des 9 milliardaires!).
      Souvenons nous qu’ils nous ont menti tout l’été, en affirmant que les victimes de la situation insurrectionnelle de ce pauvre pays n’étaient que de “gentils” opposants au Pouvoir du “méchant” Président Maduro!
      Aujourd’hui le Venezuela n’est plus d’actualité pour ces propagandistes et le choix démocratique de son peuple doit être passé sous silence sinon leurs lecteurs crédules ne comprendraient plus rien (si un jour ils ont compris quelque chose!).
      Je souhaite que l’étude approfondie de la Charte de Munich soit enfin effectuée dans ces rédactions afin que leurs personnels apprennent comment doit travailler un véritable journaliste.
      Mais je crains qu’il ne s’agisse que d’un voeu pieux, au vu de la suffisance ont ils font toujours preuve.


      • lvzor Le 27 octobre 2017 à 11h37
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        Il faut juste comprendre un truc : pour les “démocrates”, la démocratie c’est quand les “démocrates” sont au pouvoir, même s’ils ne représentent que 10 ou 15% de l’électorat.


  2. bolivarien Le 25 octobre 2017 à 07h57
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    joli lapsus de frappe dans le titre !

    Chavisme , ( pas charisme … )
    Quoique… Chavez n’en manquait pas .


  3. TC Le 25 octobre 2017 à 08h02
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    Ça c’est bon ! Le silence des médias occidentaux reflètent la rage de ceux qui pensaient pouvoir renverser le gouvernement chaviste. Vive le peuple Vénézuélien qui malgré les difficultés ont compris pour quoi ils se battaient réellement.


  4. yack2 Le 25 octobre 2017 à 09h11
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    S’il n’y avait que le silence!

    4 gouverneurs de l’opposition ( de l’AC) ont prêté serment devant l’assemblée constituante,reconnaissant de fait sa légitimité ,ainsi que celle des élections régionales.
    Seule la partie la plus extrême de la MUD reste en rébellion…..c’est évidemment cette partie que soutient la communauté internationale autoproclammée(USA et ses laquais….Macron qui ne trouve rien à redire sur le boucher Sissi….)
    Cette presse ne nous doit-elle pas une petite explication sur le sujet,et de redéfinir ce qu’est pour eux la démocratie?


    • Pegaz Le 25 octobre 2017 à 12h32
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      Effectivement une presse presque silencieuse mais !
      En exemple et titré « Venezuela Maduro renforcé face à une opposition divisée »
      https://www.lematin.ch/monde/maduro-renforce-face-opposition-divisee/story/18317997

      Une pincée de Capriles et de Lopez millésimé 2002, saupoudré de menace et «Action de trahison et de tromperie», avec en cuisine un expert en questions électorales, Eugenio Martinez, un politologue Luis Salamanca et l’analyste Luis Vicente Leon. Le tout supervisé par afp/nxp.


  5. DUGUESCLIN Le 25 octobre 2017 à 09h15
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    Le peuple aura-t-il le dernier mot?
    Une chose m’interpelle néanmoins. On associe couramment la droite et les forces de l’argent.
    Pourtant la révolution française a permis la victoire de la bourgeoisie et des financiers contre l’aristocratie. Le peuple campagnard, à très forte majorité, n’a pas accepté cette révolution. L’ouest la Normandie le Languedoc la Picardie le Lyonnais et d’autres ont constitué des armées populaires pour lutter contre le coup d’état parisien. Ils étaient les populistes de l’époque. Pourtant ils ont été classés à droite, et les financiers bourgeois à gauche à l’assemblée nationale.Cette nouvelle assemblée était nationaliste et portait la cocarde celle qu’on appelle la droite aujourd’hui.


  6. Zevengeur Le 25 octobre 2017 à 09h28
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    Les vénézuéliens sont moins stupides que les français devant les urnes !


    • Catalina Le 25 octobre 2017 à 10h23
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      ils ont peut-être plus de choix !!! le seul candidat réellement souverainiste ayant été “omerté” par les chiens aux ordres.


      • Zevengeur Le 25 octobre 2017 à 14h23
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        SI l’on pousse un peu l’analyse on peut noter que la stratégie gagnante fut basée sur les points suivants :
        1) Diviser pour régner
        2) Pousser en avant le FN, stratégie habituelle
        3) Omerta sur le véritable candidat ayant un programme construit et argumenté (*)
        4) Prosélytisme outrancier du candidat de l’oligarchie (*)
        -> Notons toutefois que le marcheur fut loin d’obtenir un plébiscite, mais la cinquième étant ce qu’elle est !…

        (*) Qui contrôle les médias, contrôle les cerveaux…et les bulletins de vote !
        https://zevengeur.wordpress.com/2017/08/07/qui-controle-les-medias-controle-les-cerveaux-et-les-bulletins-de-vote/


  7. Owen Le 25 octobre 2017 à 09h45
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    La France importe d’Arabie Saoudite 18,6 % du pétrole, alors qu’il n’en importe que 7,9 % de Russie, parmi des fournisseurs diversifiés.
    https://lc.cx/Nxbr
    La dépendance au pétrole Saoudien est toute relative.
    On sait que la Russie de Poutine et même d’Elstine a toujours eu la volonté de fournir l’Europe en ressources et a la capacité de le faire, maintenant que ce pays est le premier fournisseur mondial.

    Notre pays n’est pas dépendant du pacte du Quincy, on sait depuis Ben Laden et septembre 2001 qu’il fournit le terrorisme mondial. L’Arabie Saoudite est peut-être le pire pays au monde en matières des droits de l’homme, notre relation avec eux met en porte à faux les musulmans de France et ne facilite pas cohésion nationale.
    La Russie est depuis longtemps demandeuse de co-économie, il y a là de quoi faire cette Europe si difficile à construire.

    Donc quoi ? Mais quel gâchis…


  8. DocteurGroDois Le 25 octobre 2017 à 09h53
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    Pourrait-on trouver d’autres sources sur le Venezuela? J’ai l’impression de lire la Pravda.

    Par exemple, le Venezuela a apparemment “meilleur système électoral du monde” selon Jimmy Carter (… en 2012), mais rien sur les bureaux de votes retirés des zones où l’opposition domine pour les relocaliser dans des endroits plus amicaux, et des distributions d’aliments qui augmentaient à mesure que le vote approchait.
    Sans parler des observateurs internationaux membres d’un organisme fondé par Chavez (CEELA), dont le “très respecté” Guillermo Reyes qui a été attrapé plusieurs fois pour avoir plagié ses thèses juridiques..


    • yack2 Le 25 octobre 2017 à 13h11
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      Bureaux de votes déplacés??? Rien? On entend que ça!
      Alors pour plus de précisions 200 à 250 bureaux déplacés sur 13500….moins de 2%….Qui représenteraient donc 1million de votants soit 6 % de l’électorat total…..Ce devaient être de gros gros bureaux de votes….
      D’autre part ,ces bureaux de votes ont été déplacés pour des raisons de sécurité suite aux incidents pour les élections de l’AC……Chez nous on appelle cela le découpage électoral,sport national de chaque majorité ,sans que personne ne nous soupçonne de dictature!

      Parlons des observateurs internationaux….En avons -nous….? Je me suis même laisser dire qu’à Evry ,avec Valls ,il y eut quelques petits problèmes….Que la république EM n’a pas fourni suffisamment d’assesseurs etc etc…..en bref il a manqué d’observateurs locaux en France.Somme nous taxés de dictature et d’élections frauduleuses?
      Admettons donc que nous acceptions des observateurs internationaux….Pensez-vous qu’aux USA des observateurs russes, iraniens,Nord coréens soient autorisés…de même pour la France?

      Et on joue la surprise que le Venezuela refuse les observateurs d’Almagro qui appelle à une invasion militaire dans le pays….

      Mais de qui se fout-on avec des arguments comme cela!!!!


    • mégalo Le 26 octobre 2017 à 23h40
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      Commentaire digne des pires ignominies d’un Paulo Paranagua de L’ImMonde !

      Les quelques bureaux de vote dont vous faites allusion n’ont pas été « retirés des zones où l’opposition domine », mais déplacés de tout au plus 2 à 3 km pour des raisons de sécurité et de respect de la démocratie vénézuélienne, pour tenter de contrer les épisodes de violence des partis d’opposition de droite et d’extrême droite qui avaient empêché l’ouverture de ces bureaux lors de l’élection de l’Assemblée constituante.

      Quant à la CEELA, en quoi cet outil de renforcement démocratique que se sont offert les pays latino-américains vous dérange ? Lui préféreriez-vous une autre de ces organisations de façade sous contrôle de l’oncle Sam ? Si Hugo Chavez est à l’origine de sa création, c’est tout à son honneur et je doute fortement que, de là où il se trouve, il ait le bras assez long pour la tenir sous son contrôle… Et je vous ferai remarquer que, dans leurs pays respectifs, les membres de la CEELA sont majoritairement de courant politique de droite, just sayin’.

      Le reste de vos élucubrations ne valent pas la peine de s’y arrêter !


  9. mûr Le 25 octobre 2017 à 09h56
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    Le taux de participation a été de 61,4 %, un taux très élevé
    Comparaison : 53,94 % en 2012, 54,4 % en 1998, 46,2% en 1995, 49,3% en 1992
    ( http://www.celag.org/informe-elecciones-regionales-venezuela-2017/ )

    une large victoire avec 17 états
    Après décompte final, 18 états (l’état de Bolivar) (49,03% contre 48,83% à l’opposant, 1 471 voix d’écart)
    ( https://tn.com.ar/internacional/elecciones-en-venezuela-el-chavismo-gano-la-gobernacion-en-disputa-tras-los-comicios_828341 )

    la droite a contesté les résultats, évoquant une « fraude »
    Voir un résumé des accusations sur Wikipedia (en espagnol)
    ( https://es.wikipedia.org/wiki/Elecciones_regionales_de_Venezuela_de_2017#Irregularidades )

    Cependant les représentants des partis politiques d’opposition Primero Justicia, Un Nuevo Tiempo et Voluntad Popular déclarent par écrit (21 octobre) avaliser les résultats des élections.
    ( https://www.telesurtv.net/news/Venezuela-Oposicion-avala-resultados-de-elecciones-regionales-20171021-0037.html )

    Maduro a répondu en demandant un recomptage de 100 % des votes.
    « Maduro a dit avoir chargé l’Assemblée Constituante de cette tâche »
    (Mais on sait que la légitimité de cette assemblée est contestée par l’opposition)
    ( http://www.elperiodico.com/es/internacional/20171016/resultados-elecciones-venezuela-6355475 )


  10. Fritz Le 25 octobre 2017 à 12h24
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    Tiens, on dirait que la “révolution de couleur” a échoué… A propos de couleur, je trouve déplacé le commentaire de la première photo par Thierry Deronne : “une droite machiste, blanche…”.
    Est-ce une tare que d’être “blanc” ? Et quand des hommes sont réunis, pourquoi les appeler des “machos” ? Imaginez l’usage d’un mot désobligeant pour désigner des femmes réunies !

    Bon, à part ce détail, cet article m’a fait grand plaisir. Je me demandais pourquoi nos médias ne parlaient plus du Venezuela… J’ai maintenant la réponse.


    • PierreH Le 26 octobre 2017 à 11h06
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      Je pense que l’auteur base ce commentaire sur une observation plus large qui n’est pas présentée dans l’article, à prendre avec des pincettes donc puisqu’on n’a pas d’infos chiffrées ici mais pas forcément déplacé: si dans un pays avec une population aussi variée que le Vénézuela on vous présente toujours des représentants “hommes blancs”, on peut finir par se questionner sur l’idéologie du parti en question ou a minima sur le pourquoi seul ce type de personnes accède à la représentation…
      En bref, ça n’est pas le fait d’être blanc qui est un problème, c’est peut-être le fait qu’on met systématiquement les autres de côté. Alors je ne suis pas a priori un grand fan des quotas mais si ça fait des décennies qu’ils ne trouvent même pas UNE femme ou UNE personne non blanche compétente, moi ça m’interroge (après ils l’ont peut-être fait, encore une fois il faut voir les chiffres).


  11. Opps' Le 25 octobre 2017 à 13h19
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    Comme quoi la population vénézuélienne a été insensible à la pression extérieure et c’est une bonne chose. Et qu’ elle ne se reconnait pas dans l’expression droitière qui existe. Reste que 54/46 pourrait augurer delendemains assez différents.

    Car les problèmes de fond demeurent . La pression extérieure en est une des raisons , en même temps qu’elle permet aussi à ce gouvernement de se maintenir , de la même façon que les sanctions économiques en général soudent les populations autour de leur régime si mauvais soit-il.
    L’autre raison des problème est que la détermination de la ‘valeur’ ne peut pas se déterminer de façon verticale . Bien sûr il y a pire que le Vénézuéla , mais le problème est justement que les régimes totalitaires , eux, peuvent arriver à fonctionner lorsqu’ils ont complètement décervelé et endoctriné leur population. Fort heureusement ce n’est pas le cas de ce pays et donc l’alternance aura lieu soit par les urnes soit par modification interne de la ligne actuelle.


  12. Opps' Le 25 octobre 2017 à 13h23
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    Pal mal la comparaison des deux photos pour nous inciter à comprendre le “ressort vivant du chavisme” …
    Bon d’accord ce n’est qu’un détail


  13. medmed Le 25 octobre 2017 à 13h27
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    On peut parler de fakes news ou pas quand nos gentils médias titrent à l’unisson ” Aucun observateur international n’avait été accepté par les autorités pour le vote de dimanche” ?

    https://www.google.fr/search?q=Aucun+observateur+international+n%27avait+%C3%A9t%C3%A9+accept%C3%A9+par+les+autorit%C3%A9s+pour+le+vote+de+dimanche&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&dcr=0&ei=gXPwWbDzHsbU8gfC6YmQAg

    Pourtant Deronne dit tout le contraire :

    “Parmi les observateurs internationaux dont 50 experts électoraux, le colombien Guillermo Reyes, porte-parole du respecté Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (formé d’ex-présidents de centres nationaux électoraux de nombreux pays) ”

    Ainsi que telesur :
    https://www.telesurtv.net/news/Acompanantes-internacionales-garantizan-confianza-del-sistema-electoral-de-Venezuela-20171014-0023.html

    Elle est ou la désinformation ?


    • Fritz Le 25 octobre 2017 à 13h49
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      Cerise sur le gâteau : les journaux qui reprennent ces mensonges (j’ai cliqué sur vos deux premiers liens) sont considérés par Wikipédia comme des “sources fiables”, contrairement à RT par exemple. Telesur serait aussi considéré comme une source “complotiste” et donc inadmissible. Voilà comment on verrouille un système de désinformation.


      • yack2 Le 25 octobre 2017 à 14h54
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        Cependant dans le cas qui nous occupe,la réalité des faits ,victoire électorale et explosion de l’opposition,ne peut être niée.
        On aura beau crier au complot,les faits resteront les faits…Les vénézuéliens ne veulent pas des “démocrates” version Trump et Macron.Ils ne veulent pas de ces zozos vendus par Libe,le Monde ,Mediapart et tous les autres.
        Il s’agit bien d’une défaite des médias,qu’ils le veuillent ou non.


        • Fritz Le 25 octobre 2017 à 15h09
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          Exactement. Devant la résistance des faits, le système médiatique mourra de ses mensonges. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à s’amender.


          • lvzor Le 27 octobre 2017 à 11h48
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            “le système médiatique mourra de ses mensonges.”

            Très optimiste… D’autres systèmes médiatiques nous serinent depuis des milliers d’années que dieu veut ceci ou cela, et se portent apparemment très bien.


        • yack2 Le 27 octobre 2017 à 09h22
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          Autre précision…..Il semble que les zozos choisis par la ” communauté internationale”ne soient même pas désirés par l’électorat de l’opposition .
          En effet que dire de l’énorme abstention lors des primaires de la Mud et de la déculottée reçue par les candidats couronnés par le prix Sakharov lors de cette consultation.
          (Au fait à quand le prix Nobel pour Trump?)


  14. Seraphim Le 26 octobre 2017 à 10h25
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    Je ne comprends pas le prologue récurrent “à prendre, comme toujours, avec recul”. Les lecteurs seraient-ils, fussent-ils lecteurs de ce blog, à ce point supposés benêts? Méritant toute la liberté de penser qu’ils exercent, mais, mais…avec une piqûre de rappel. Qui est le médecin?


  15. alexander gam Le 26 octobre 2017 à 10h53
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    La situation nous montre juste une chose.. quand les gens sont pauvres… ils votent pour un parti bien définie sur leur priorités.
    En France nous ne somme pas encore assez nombreux dans la pauvretés.
    Pourtant depuis longtemps on nous a bien expliqué à quel point le peuple est remonté contre ce parti politique.. qu’il en a assez et qu’il mérite, ce peuple, un grand changement démocratique faisant venir les adversaires de la gauche…
    On nous aurai menti?


  16. yack2 Le 26 octobre 2017 à 17h52
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    Un bon résumé…..Maurice Lemoine toujours au top!
    https://venezuelainfos.wordpress.com/


  17. Brian64 Le 28 octobre 2017 à 04h27
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    Disons que il y avait le CEELA qui observait les élections, mais difficile de savoir ce qu’est le CEELA. On en a des bribes de ci de là, mais pas de site internet, pas de page wiki. Pas très transparent. Et les pro Maduro deviennent nerveux quand on pose des questions à ce sujet (voir commentaires ) :
    https://www.legrandsoir.info/elections-regionales-au-venezuela-large-victoire-du-chavisme-et-nouvelle-defaite-de-la-droite-et-des-medias.html

    Maintenant, le Monde, le NPA et la presse en général se décrédibilise lorsqu’elle n’évoque pas même le nom du CEELA. Pour décrédibiliser un groupe d’observateurs électoral encore faut-il en parler.


    • P.G. Le 31 octobre 2017 à 09h42
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      Les membres du Conseil des Experts Électoraux Latino-Américains présents tout au long du processus électorale étaient :

      Nicanor Moscoso Pezo Directeur de la Mission du CEELA

      Guillermo Francisco Reyes González Ancien Président de l’Organe électoral de la Colombie

      Gastón Soto Ancien Président du Tribunal électoral du Pérou

      Augusto Aguilar Ancien Président du Tribunal suprême électoral de la République du Honduras

      Walter Araujo Ancien Président du Tribunal électoral de la République du Salvador

      Salvador Ramos Ancien Président de la Chambre de contentieux de la Direction centrale électorale de la République dominicaine

      Alfredo Arevalo Ancien Vice-président du Tribunal suprême électoral de l’Équateur

      Eugenio Chicas Ancien Président du Tribunal électoral de la République du Salvador

      Silvia Cartagena Ancien Juge du Tribunal électoral du Salvador

      Les 1300 observateurs nationaux et internationaux qu’ils ont déployés dans le pays étaient composé d’une part à peu près égale de pro-coalition chaviste et de pro-opposition de droite et d’extrême droite.


  18. mégalo Le 29 octobre 2017 à 17h08
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    Rapport en français du conseil des experts électoraux d’Amérique latine (CEELA) sur les élections régionales 2017 : http://vivecuba.e-monsite.com/medias/files/rapport-du-conseil-des-experts-electoraux-d-amerique-latine-15-octobre-2017.pdf


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