Je partage avec vous aujourd’hui la vision du “GlobalEurope Anticipation Bulletin”, qui est pour moi de loin une des meilleures sources d’information sur la Crise.

Aujourd’hui, une tonalité très pro-Euroland et anti-USA. Cela change un peu des discours ambiants… Nous verrons en 2012 le résultat des courses…

Communiqué public GEAB N°61 (15 janvier 2012)

Crise systémique globale – 2012 : L’année du grand basculement géopolitique mondial

Avec ce GEAB N°61, cela fera six ans que chaque mois l’équipe de LEAP/E2020 partage avec ses abonnés et les lecteurs de son communiqué public mensuel ses anticipations sur l’évolution de la crise systémique globale. Et pour la première fois, à l’occasion du numéro de Janvier qui présente une synthèse de nos anticipations pour l’année à venir, notre équipe anticipe une année qui ne se traduira pas uniquement par une aggravation de la crise mondiale mais qui sera aussi caractérisée par l’émergence des premiers éléments constructifs du « monde d’après la crise » pour reprendre l’expression de Franck Biancheri dans son livre « Crise mondiale : En route pour le monde d’après ».

Selon LEAP/E2020, 2012 sera en effet l’année du grand basculement géopolitique mondial : un phénomène qui sera sans aucun doute porteur de graves difficultés pour une grande partie de la planète mais qui permettra également l’émergence des conditions géopolitiques propices à une amélioration de la situation dans les années à venir. Contrairement aux années précédentes, 2012 ne sera pas une année « gâchée », enlisée dans le « monde d’avant la crise », faute d’audace, d’initiative et d’imagination de la part des dirigeants mondiaux et du fait de la grande passivité des peuples depuis le début de la crise.

Nous avions qualifié l’année 2011 d’année impitoyable car elle allait faire voler en éclats les illusions de tous ceux qui pensaient que la crise était sous contrôle et qu’ils allaient pouvoir reprendre leurs « petites affaires » comme par le passé. Et 2011 fut impitoyable pour nombre de dirigeants politiques, pour le secteur financier, pour les investisseurs, pour les dettes occidentales, pour la croissance mondiale, pour l’économie US et pour l’absence de gouvernance de l’Euroland. Ceux qui se croyaient intouchables ou inamovibles ont découvert brutalement que la crise n’épargnait rien ni personne. Cette tendance va bien entendu se poursuivre en 2012 car la crise ne respecte pas non plus le découpage du calendrier grégorien. Les derniers « intouchables » vont en faire l’expérience : Etats-Unis, Royaume-Uni, Dollar, T-Bonds, dirigeants russes et chinois, etc… (1) Mais 2012 va également voir s’affirmer, surtout dans sa seconde moitié, les forces et acteurs qui vont permettre en 2013 et les années suivantes de commencer à rebâtir un système international neuf, reflétant attentes et rapports de force du XXI° siècle et non plus ceux du milieu du XX° siècle. En cela, 2012 va bien être l’année du grand basculement entre le monde d’hier et celui de demain. Année de transition, elle mêlera le pire (2) et le meilleur. Mais, ce faisant, selon notre équipe, elle constitue quand même la première année constructive depuis 2006 (3).

Nous présentons d’ailleurs dans ce GEAB N°61 les 35 thèmes/événements, qui sont autant de recommandations, dont nous anticipons qu’ils marqueront l’année 2012 : 20 thèmes en hausse et 15 thèmes en baisse. Cette liste peut ainsi aider très concrètement le lecteur du GEAB à se préparer à l’année à venir. Réduire le temps perdu à lire des articles sur des sujets qui sont déjà secondaires en terme d’impact sur le cours des événements, ou au contraire prendre le temps d’approfondir des thèmes qui demain seront au cœur des évolutions à venir, ne pas se faire prendre par surprise par les évolutions majeures de l’année qui vient, voilà ce à quoi souhaite servir cette liste des 35 « Up and Down » de 2012. Avec depuis six ans, des taux de réussite variant entre 75% et 85%, cette anticipation annuelle est donc une aide à la décision particulièrement concrète pour les douze mois à venir.

Par ailleurs dans ce GEAB N°61, notre équipe analyse en profondeur la nature et les conséquences d’un possible QE3 que lancerait la Réserve fédérale US en 2012 (4). Espéré par les uns, redouté par les autres, QE3 est généralement présenté comme l’arme ultime pour sauver l’économie et le système financier US qui, contrairement au discours dominant de ces dernières semaines, continuent à se dégrader (5). Que la FED se lance dans QE3 ou non, QE3 sera sans aucun doute l’événement financier majeur de 2012 dont les conséquences marqueront définitivement le système financier et monétaire mondial. Ce GEAB N°61 vous permettra de vous faire une idée précise sur la question.

 

Evolution des bons du Trésor détenus par les Primary Dealers classés par maturité (12/2010 – 10/2011) (en gris : Bills -moins d’un an / en rouge : moins de 3 ans / en vert : de 3 à 6 ans / en mauve : de 6 à 11 ans / en bleu : 11 ans et plus) – Source : Zerohedge, 10/2011

 

Et QE3 jouera un rôle déterminant dans le grand basculement géopolitique mondial de 2012 car cette année verra notamment les dernières tentatives des puissances dominantes du monde-d’avant-la-crise de maintenir leur pouvoir global, que ce soit en matière stratégique, économique ou financière. Quand nous utilisons le terme « dernières », nous voulons souligner qu’après 2012 leur puissance sera trop affaiblie pour pouvoir encore prétendre maintenir cette situation privilégiée. La récente dégradation de la plupart des pays de l’Euroland par S&P est un exemple typique de ces tentatives de la dernière chance : poussés par Wall Street et la City, et du fait de leurs besoins insatiables de financement (6), les Etats-Unis et le Royaume-Uni en sont arrivés au point d’engager une guerre financière ouverte avec leurs derniers alliés, les Européens. C’est du suicide géopolitique car cette attitude oblige l’Euroland à se renforcer en s’intégrant toujours plus et en se dissociant des Etats-Unis et du Royaume-Uni ; tandis que l’immense majorité des dirigeants et des populations de la zone Euro ont enfin compris qu’il y avait bien une guerre transatlantique et transmanche conduite contre eux (7). LEAP/E2020 présentera à ce sujet ses anticipations « Europe 2012-2016 » dans le GEAB N°62 qui paraîtra le 15 Février 2012.

 

Répartition des dettes occidentales (2011) (en bleu clair : dette du secteur non financier / en vert : dette du secteur financier / en orange : dette publique / en bleu foncé : dette des ménages) – Sources : Haver analytics / Morgan Stanley, 01/2012

 

Dans un autre registre, les tentatives de créer une « petite guerre froide » avec la Chine ou de tendre un piège à l’Iran sur la question de la libre-circulation dans le détroit d’Ormuz ressortent du même réflexe (8). Nous y revenons plus en détail dans ce GEAB N°61.

Le grand basculement de 2012, c’est aussi celui des peuples. Car 2012 sera aussi l’année de la colère des peuples. C’est l’année où ils vont entrer massivement sur la scène de la crise systémique globale. 2011 aura été un « tour de chauffe » où des pionniers auront testé méthodes et stratégies. En 2012, les peuples vont s’affirmer comme les forces à l’origine des basculements majeurs qui vont marquer cette année-charnière. Ils le feront de manière pro-active parce qu’ils créeront les conditions de changements politiques décisifs via des élections (comme ce sera le cas en France avec l’éviction de Nicolas Sarkozy (9)) ou via des manifestations massives (Etats-Unis, Monde Arabe, Royaume-Uni, Russie). Et ils le feront aussi de manière plus passive en générant la crainte chez leurs dirigeants, obligeant ces derniers à une attitude « pré-emptive » pour éviter un choc politique majeur (comme ce sera le cas en Chine (10) ou dans plusieurs pays européens). Dans les deux cas, quoiqu’en pensent les élites des pays concernés, c’est un phénomène constructif car rien d’important ni de durable ne peut émerger de cette crise si les peuples ne s’impliquent pas (11).

Le grand basculement de 2012, c’est encore l’effondrement accéléré du pouvoir des banques et institutions financières occidentales, une réalité que nous décrivons dans ce GEAB contrairement au discours populiste actuel qui oublie que le ciel étoilé que nous contemplons est une image d’une réalité disparue depuis longtemps. La crise est une telle accélération de l’Histoire que beaucoup n’ont pas encore compris que le pouvoir des banques dont ils s’inquiètent est celui qu’elles avaient avant 2008. C’est un sujet que nous détaillons dans ce numéro du GEAB. Dans le même temps, on continue à voir les investisseurs fuir les bourses et les actifs financiers notamment aux USA (12).

 

Evolution comparée des PIB des pays industrialisés et de leur dette publique (1991-2011) (en gris : PIB / en rouge : dette publique) – Source : Spiegel, 01/2012

 

Et le grand basculement, c’est aussi l’arrivée à maturité des BRICS qui, après cinq années à se chercher et à prendre leurs marques, vont en 2012 commencer à peser fortement et pro-activement sur les décisions internationales (13). Or, ils constituent sans aucun doute possible l’un des acteurs essentiels pour l’émergence du monde d’après la crise ; et un acteur qui, au contraire des Etats-Unis et du Royaume-Uni, sait que son intérêt est d’aider l’Euroland à traverser cette crise (14).

Avec un Euroland stabilisé et doté d’une gouvernance solide, la fin 2012 se présentera donc comme une première opportunité de fonder les bases d’un monde dont les racines ne plongeront plus dans l’après Seconde Guerre Mondiale. Ironiquement, c’est probablement le sommet du G20 de Moscou en 2013, le premier à se tenir hors du camp occidental, qui concrétisera les promesses de la seconde moitié de 2012.

 

———
Notes:
(1) Et le feuilleton de la crise des dettes européennes jusqu’à la fin du premier semestre 2012. L’année sera très difficile aussi pour l’Euroland comme le montrent les scénarios préparés par l’OFCE. Mais elle s’avérera nettement moins difficile qu’anticipé aujourd’hui par les experts et médias financiers car ils sous-estiment, d’une part, les progrès faits en matière de gouvernance de l’Euroland qui vont porter leurs fruits dans la seconde moitié de 2012 ; et, d’autre part, le changement de contexte psychologique une fois que l’attention du monde se reportera sur les problèmes américains et britanniques. A ce propos, voici un nouvel exemple de désinformation sur l’Euro publié par MarketWatch le 09/01/2012 : l’éditorialiste David Marsh tente d’accréditer l’idée que l’élection présidentielle française du printemps 2012 sera une autre mauvaise nouvelle pour l’Euro, affirmant explicitement que François Hollande est un eurosceptique ! Comme tout le monde le sait en France, François Hollande est au contraire un pro-Européen et pro-Euro farouche, ce qui ne laisse que deux options concernant MarketWatch/Marsh : soit ils ne savent pas de quoi ils parlent, soit ils mentent délibérément. Dans les deux cas, cela éclaire la valeur des opinions de la grande presse financière US sur l’Euro et son avenir. Ceux qui les suivent perdront beaucoup d’argent ! Toujours en ce qui concerne l’Euroland, le Spiegeldu 03/01/2012 offre une plongée intéressante dans le fonctionnement du Merkozysme qui montre combien les deux pays sont en train de lier définitivement leurs destins : une évolution qui s’accélérera après l’élection de François Hollande qui n’aura pas, comme Sarkozy, un pied dans l’Euroland et un pied à Washington.(2) En particulier une poursuite de la montée généralisée du chômage. Source :Tribune, 31/10/2011(3) Une touche poétique permet d’illustrer notre approche en la matière, qui suit sur le fond la méthodologie d’anticipation politique décrite dans le « Manuel d’Anticipation Politique » de Marie-Hélène Caillol, présidente de LEAP. Que faut-il retenir du solstice d’hiver ? Qu’il marque le cœur de l’hiver parce que les jours y sont les plus courts ? Ou qu’il annonce le printemps parce qu’à partir de cette date les jours rallongent ? Les deux réponses sont justes. Mais la première ne dit pas grand-chose sur l’avenir sinon qu’il va continuer à faire sombre et probablement froid un certain temps ; c’est une photographie, une analyse statique. La seconde réponse en revanche conduit le regard sur un avenir plus lointain et souligne l’existence d’un processus en cours qui va conduire à des changements en terme de durée du jour et peut-être de température ; c’est une vision dynamique des événements. La méthodologie d’anticipation politique a d’ailleurs désormais sa place dans le débat scientifique puisque Marie-Hélène Caillol a été invitée à contribuer à un numéro spécialement dédié à l’Anticipation(Volume 41, Issue 1, 2012) (coordonné par le professeur Mihai Nadin) de la revue scientifique américaine “the International Journal of General Systems” (Francis & Taylor), un périodique multidisciplinaire consacré à la publication de travaux de recherche originaux en sciences des systèmes, fondamentales et appliquées. L’article qui a résulté de cette collaboration s’intitule : “Anticipation politique: observer et comprendre les tendances socio-économiques globales dans le but de guider les processus de prise de de décision”.

(4) Les récentes publications des minutes des débats de la FED en 2006 illustrent parfaitement l’une de nos hypothèses de travail : les responsables d’un système complexe sont généralement incapables de percevoir le moment où il va basculer dans la crise ou le chaos. C’était le cas d’Alan Greenspan, Thimothy Geithner et consors en 2006. C’est le cas des maîtres de la City, de Wall Street ou de Washington en 2012. D’ailleurs, ce sont les mêmes pour nombre d’entre eux. Source : New York Times, 12/01/2012

(5) La dégradation de la situation US se produit malgré la volonté de la cacher par les médias dominants et les agences de notation ; tandis que dans l’Euroland la situation ne se dégrade pas autant que voudraient le faire croire ces mêmes médias et agences. En laissant un peu de temps au temps, l’issue ne fait donc aucun doute. Pour ce qui est de la dégradation économique US, il suffit de constater l’effondrement des profits bancaires, de la consommation US (les annonces tonitruantes sur les fêtes ont ainsi fait place à des chiffres bien médiocres), la fermeture ou la faillite continue de réseaux de détaillants, le maintien du chômage à des taux historiques, le problème croissant du paiement des retraites, l’effondrement des budgets des grandes universités publiques, … Sources : YahooNews, 12/01/201 ; Bloomberg, 12/01/2012 ; USAToday, 12/01/2012 ; CNBC, 28/12/2011 ; Washington Post, 27/12/2011

(6) Comme le montre le tableau ci-dessous, avec 900% du PIB d’endettement, le Royaume-Uni est comme un animal pris au piège de la dette. Et du fait du poids gigantesque de la dette du secteur financier britannique, il est condamné à tenter par tous les moyens d’obliger l’Euroland à payer les dettes de la Grèce, etc… La décote des dettes publiques occidentales est un bazooka pointé sur le cœur du Royaume, la City. Source : Guardian, 01/01/2012

(7) Tant mieux car il n’y a rien de pire que d’être en guerre sans le savoir comme l’écrit à ce sujet Franck Biancheri sur son compte Twitter qui commente la campagne présidentielle française twitter.com/Fbiancheri2012.

(8) La Russie a déjà fait son choix en développant son commerce avec l’Iran en Rouble et Rial, éliminant le Dollar US des transactions entre les deux pays. Quant à l’Europe, elle gesticule sous pression US, mais in fine ne fera pas grand-chose en matière d’embargo car d’ici Juin (nouvelle date pour prendre une décision), la carte politique aura bien changé. Sources : Bloomberg, 07/01/2012 ;Le Monde, 09/01/2012

(9) Ce qui au passage remettra la France dans sa logique historique « gaullo-européenne » au lieu de l’ancrage occidentaliste qu’aura incarné la parenthèse Sarkozy. Source : Le Monde, 11/01/2012

(10) En Chine, selon LEAP/E2020, le risque d’explosion populaire majeure se trouve à la croisée d’une situation économique tendue (ce sera le cas en 2012 – voir dans ce GEAB N°61) et d’un accident majeur de santé publique ; beaucoup plus que dans un contexte de remise en cause directement politique.

(11) L’annonce par les Frères musulmans égyptiens qu’ils soumettront à référendum le traité de paix avec Israël appartient à cette même tendance. Source : Haaretz, 02/01/2012

(12) Source : CNBC, 06/01/2012

(13) Les dirigeants chinois par exemple semblent plus déterminés que jamais à suivre le chemin qu’ils estiment le meilleur (y compris pour la conquête spatiale, symbole par excellence du leadership), rejetant les pressions extérieures. Source : Caixin, 04/01/2012 ; ChinaDaily, 30/12/2011 ; NewYorkTimes, 29/12/2012

(14) Source : 20Minutes/Suisse, 08/01/2012

 

Dimanche 15 Janvier 2012

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Abonnement : pour ceux qui en ont les moyens, en particulier en entreprise, je ne peux que vous recommander l’abonnement à cette excellente revue de prospective sur la Crise, qui avait annoncé dès 2006 la crise actuelle.

Je rappelle que LEAP ne reçoit aucune subvention ni publique, ni privée, ni européenne, ni nationale et que ses ressources proviennent uniquement des abonnements au GEAB.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

36 réponses à GEAB N°61 : 2012 : L’année du grand basculement géopolitique mondial

  1. Milou Le 15 janvier 2012 à 18h08
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    Bonjour Olivier.
    Merci pour ce conseil. Je le conseille également vivement. 150€, je crois pour l’année (10 N°).


    • yoananda Le 15 janvier 2012 à 18h46
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      sans dévoiler les secrets des dieux, pouvez vous nous en dire plus sur les 35 points Up&Down présentés dans cette édition ?
      Je crains qu’ils ne planent de plus en plus au GEAB et du coup, ca me semble être le meilleur moyen de diagnostique que d’examiner cette liste.


      • obregon Le 15 janvier 2012 à 20h01
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        Complètement d’accord avec vous, moi aussi j’ai suivi le GEAB attentivement depuis longtemps: il ne s’agit, in finé, que d’une publication “lobbyiste” proeurope dans sa mouture actuelle, c’est à dire: pas du tout démocratique.


    • Hbazaine Le 31 janvier 2012 à 10h04
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      Bonjour Olivier,
      Il semble en effet que LEAP a encore eu raison contre l’opinion dominante. L’Euroland est bien en train de s’établir solidement sous nos yeux; l’Euro ne s’effondrera pas; et le Dollar US repart à la baisse.
      J’espère que tous ceux qui ont contribué à l’hystérie sur l’Euro feront leur mea-culpa. Mais j’en doute. -)
      Keep on the good work!
      HB


      • Patrick-Louis Vincent Le 31 janvier 2012 à 11h06
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        “L’Euroland est bien en train de s’établir solidement sous nos yeux”

        Ah bon ! Certes l’Euroland , ou plutôt ceux qui le dirige, appuye sur le champignon. Cela signifie plus de rachats de dettes souveraines pourries par la Banque Centrale, et moins de légitimité démocratique. LEAP avait parlé d’un coup d’état de l’Euroland, en le soutenant. Comme si un coup d’état était de nature à régler le problème de la dette.

        En dehors du bilan de la BCE qui pourrit chaque jour davantage, l’on voit mal comment les états, déjà fortement déficitaires, vont trouver les 500 milliards pour nourrir le fonds de secours du MES d’ici le mois de juillet. Cette annonce ressemble fort à de la propagande, seule arme effective des auteurs de coups d’état.

        Ne vous réjouissez pas trop vite. Nous verrons, au printemps, comment les états vont faire pour renouveler leurs emprunts et jusqu’où la BCE devra aller dans ses rachats de dettes souveraines pour permettre à ceux-ci de continuer à vivre à crédit.

        Avant le tsunami, tout est calme.


        • Hbazaine Le 01 février 2012 à 19h27
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          Taratata ….! comme prévu, pas de mea culpa des eurosceptiques donc! -) C’est inévitable avec les idéologues : pour eux c’est la réalité qui est coupable … de ne pas rentrer dans leurs théories.
          Le sommet du 30 Janvier confirme les bases structurelles de l’Euroland (MES, sommets réguliers des dirigeants de l’Euroland – bravo Sarko!). Il y a donc intégration accrue de la zone Euro et non pas éclatement comme asséné par le discours dominant jusqu’à la fin 2011. C’est une réalité, qu’elle vous plaise ou pas. Et l’Euro remonte tranquillement par rapport au Dollar … comme avait prévenu LEAP. Ceux qui ont parié sur l’effondrement de l’Euro ou une parité €/$ ont encore une fois perdu beaucoup d’argent.
          Je passe sur l'”embellie de l’économie US” qui aura duré le temps de la trêve des confiseurs.
          Et pour ce qui est de la question démocratique, LEAP l’a soulevé depuis 2007 quand ils ont indiqué que la crise allait renforcé l’intégration de l’Euroland mais qu’elle allait ensuite exiger une démocratisation réelle de la nouvelle entité, faute de perdre le soutien des peuples. Soutien qui existe aujourd’hui car c’est aux dirigeants nationaux que les peuples ne font pas confiance; mais qui ne durera pas plus de deux ou trois ans sans démocratisation sérieuse si j’ai bien compris l’analyse de LEAP. Et souvenons nous que le seul pays où il y a eu des morts et des immeubles brûlés à cause de la crise, c’est au Royaume-Uni ..; pas en Grèce, en Espagne, ni ailleurs dans l’Euroland. C’est également un fait.
          Si vous voulez démocratiser l’Euroland, battez vous pour le faire au lieu de tempêter contre son édification. A ce que je sache, la France s’est construite bien avant de se démocratiser, non? Et sa démocratisation a résulté d’un combat pour la démocratie, et non pas d’une lutte contre la France!
          Bonne soirée.
          HB
           


          • Patrick-Louis Vincent Le 02 février 2012 à 11h42
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            “Le sommet du 30 Janvier confirme les bases structurelles de l’Euroland (MES…)”

            Le MES est une structure totalitaire puisqu’elle aura des pouvoirs que personnes n’aura le droit de contester, qu’aucun contre-pouvoir ne pourra lui être opposé, et que leurs dirigeants auront l’immunité judiciaire.

            C’est donc la dictature oligarchique qui progresse et non la démocratie. Mais vous êtes libre de préférer la dictature oligarchique à la démocratie.

            Toujours concernant le MES, rien est réglé. Il a été décidé de le mettre en place en juillet 2012 au lieu de janvier 2013. La belle affaire ! elle devrait être dotée d’un fond de 500 milliards d’euros. Où les trouver ? La France devra apporter environ 100 milliards. Où va-t-elle les trouver ? En empruntant 100 milliards de plus. Qui va payer les intérêts ? Les contribuables Français. 100 milliards d’euros à 3,5%, cela fait 3,5 milliards de dépenses supplémentaires qu’il va falloir trouver en augmentant les impôts d’autant. C’est curieux, aucun candidat, ni Hollande, ni Sarkozy, ni Bayrou n’en parlent.

            Ceci s’ajoute aux 180 milliards d’emprunts à renouveler en 2012. Tout cela à 3,5% avec une inflation à 2,5% et une croissance de 0,5%.
            Et ces politiques ont tous le culot de nous dire, qu’avec une telle augmentation des intérêts d’emprunts, nous serons en équilibre en 2017.
            Et pas un journaliste pour leur mettre le nez dans le caca quand ils les interrogent. A croire que, ni les uns, ni les autres, n’ont appris l’arythmétique à l’école primaire.


  2. yoananda Le 15 janvier 2012 à 18h41
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    Pour ma part, je lisais les bulletins du GEAB presque comme la parole divine il y a 2 ans, mais je me suis de plus en plus distancié d’eux au fil du temps.
    Trop eurobéats d’une part, et trop en surface d’autre part. Ils ignorent les forces tectoniques a l’oeuvre en dessous des couches de surface. Les “révolutions” arabes n’ont plus rien de populaire depuis un moment par exemple…
    La problématique du pic pétrolier est totalement ignorée, alors que pourtant, elle est une des causes principales.
    Quand a leur nouveau monde prophétisé ou l’Europe sera le leader, le phare du nouveau monde avec les BRIC qui suivent tranquillement derrière … c’est juste LOOL ! La on frise le ridicule.
    L’Europe, passé moi l’expression, est à la ramasse dans tous les domaines. Au niveau science fondamentales, au niveau universitaire, au niveau social, au niveau économique, au niveau militaire, au niveau politqiue. On a de beaux restes c’est vrai mais on s’enfonce.
    Bon il est vrai que l’Europe du nord elle continue d’avancer, tandis que l’Europe du sud s’enfonce inexorablement (dont la France pour qui il est trop tard maintenant après toutes ces années de Sarkozysme désastreux).
    Bref, j’avoue que j’aimerais connaître cette liste des 35 thèmes Up&Down pour me faire une idée plus précise, mais pour ce que j’en lis dans ce communiqué, on est dans l’incantatoire, pas dans la réalité.


    • Marcus Le 15 janvier 2012 à 19h41
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      Complètement d’accord avec toi yoananda !
      Bonne semaine à tous.
      Marc


    • sylvain Le 16 janvier 2012 à 09h07
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      Je ne peux qu’être en désaccord avec les propos de Yoananda, et j’avoue être un peu fatigué des déclinistes, si il ne faut pas tomber dans de l’eurobéatitude, ce type de constat me laisse perplexe, l’Europe traverse actuellement une grave crise politique, conséquence d’un déficit de réflexion collective et d’un réajustement a de nouvelles données, les structures sociales, politique et économique sont celles du monde d’hier, nous sommes en train de tirer des leçons du progrès techniques et de l’obligatoire restructuration sociale et économique qu’il impose, c’est cet intermède que nous vivons.
      Désolé mais je ne vois aucune décadence européenne, si décadence il y a eu c’est celle des 30 dernières années où les élites européenne ont crues à l’arnaque néolibérale comme organisation optimale de nos sociétés. Durant cette époque les facilités induites par le progrès technique ont rencontrées une philosophie prônant l’individualisme comme seule échelle de valeur. Le mariage des deux ne pouvait que dégénérer.
      Je vous engage à voyager, à discuter avec des non européens à voir ces sociétés évoluer, l’ouverture d’esprit, la multiplicité des visions, l’éducation moyenne, le respect des individus, la structuration même de la société, les rapports au travail, à la famille, à l’autorité, etc… sont unique aux monde, et quoi que l’on puisse penser ce ne sont pas les chiffres qui font société mais les individus qui la compose et le tissus relationnel qui la structure.
      L’Europe est à la croisée des chemins elle peut glisser comme elle peut s’élever, mais une chose la sépare du monde actuellement c’est que son questionnement est ouvert et qu’elles à toutes les cartes en mains.


    • automn Le 16 janvier 2012 à 09h54
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      Plutôt d’accord. Ce think-tank s’autocongratule de ses (rares) prédictions tombées justes. Sous un vernis scientifique ils font juste de la prédiction au doigt mouillé.
      C’est assez étonnant qu’ils soient cités partout avec autant de respect.


  3. Joanna Le 15 janvier 2012 à 18h46
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    Ils prédisent l’éviction de Nicolas Sarkozy sans préciser qui va lui succéder. Sauf que pour eux la réponse est évidente. Et selon eux l’élection présidentielle évitera chez nous des manifestations massives. Ce qui ne me parait pas évident. Le peuple anesthésié par les grands medias finira peut-être bien par se réveiller.
    A ce propos je signale le film « les nouveaux chiens de garde » sorti le 11 janvier qui dénonce avec humour les journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social.


  4. stefan19 Le 15 janvier 2012 à 19h37
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    je partage l’avis de yoananda sur l’eurobeatitude des experts du GEAB. C’est dommage.
    Concernant le MerkHolMont….. Quelle candeur.
    L’economie allemande va encore ralentir car la zone euro ou l allemagne exporte 70% de ses produits est en crise et les investissements industriels vont baisser. Par ailleurs des banques allemandes ne sont pas saines et un defaut de ces dernieres risque de se produire en 2012. Le GEAB n’aborde pas ses difficultes et se contente de justifier ses previsions par l effondrement US.
    En ce qui concerne l ecosse, ce n est que de la propagande de technocrates. 


    • postille Le 17 janvier 2012 à 09h56
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      Moi aussi j’ai décroché, après la prédiction du successeur de J.C Trichet qui ne pouvait pas être autre qu’un Allemand , ils ne donnaient aucune chance à Mario Draghi .
      et par conséquent ne prenaient pas en compte l’aspect tentaculaire des banques américaines sur le système politique et financier européen. Une lacune de taille qui s’est confirmé en Grèce et en Italie …


  5. Alain-Marie Carron Le 15 janvier 2012 à 19h58
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    Passionnant. Je me permets d’attirer l’attention sur ce qui me semble être un petit dérapage quand les auteurs écrivent “ou via des manifestations massives (Etats-Unis, Monde Arabe, Royaume-Uni, Russie)”. Des “manifestations massives” aux États-Unis, il me semble que le Monde Diplomatique en annonce chaque mois depuis 30 ans sans qu’elles se produisent jamais. C’était déjà le cas en 1974, quand je faisais pour le Diplo et Le Monde des reportages aux États-Unis.

    Sur ce point, je trouve plus intéressant l’article du Financial Times d’aujourd’hui, initutlé Caught between apathy and anger, qui montre que les contradictions qui se durcissent aux États-Unis mettent en jeu les “têtes grises” , qui sont les babyboomers cherchant à protéger leur retraite et leur couverture social (Obama étant soupçonné de vouloir leur enlever leur couverture sociale pour la donner aux méchants pauvres qui ne sont en plus même pas vieux), contre les “têtes brunes”, dont les cheveux sont bruns non seulement parce qu’ils sont plus jeunes mais de plus en plus souvent d’origine “ethnique” (en 2040, 46% des américains de moins de 18 ans ne seront ps “blancs”).

    L’Amérique s’approcherait donc plutôt d’un conflit générationnel et racial que d’une remise en cause du capitalisme. Globalement, il me semble, vu de Montréal où j’habite, que les Nord Américains dans leur ensemble n’ont même aucune idée de ce que veut dire “remise en cause du capitalisme”. Au contraire des commentateurs du FT – comme  Marin Wolf – qui voient trés bien les difficultés mais se demandent comment faire pour le statu quo persiste.
    (NB: difficile de se relire quand on écrit dans un champ aussi étroit et où les lignes de texte se superposent. Excusez-moi pour les fautes de frappe) 


  6. Fabrice Le 15 janvier 2012 à 20h22
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    le point à espérer qu’il se réalise c’est bien la judiciarisation des responsables financiers ou de “contrôle” pour les dégâts qu’ils ont causé à l’économie réelle ainsi qu’aux peuples qui eux payent tous les jours un peu plus un lourd prix.


  7. BA Le 15 janvier 2012 à 20h28
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    En zone euro, quatre Etats sont notés AAA. 
     
    Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l’Europe : l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.
     
    Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils de payer davantage pour aider les autres Etats de la zone euro ?
     
    Dimanche 15 janvier 2012 :
     
    Un grand patron allemand évoque une sortie de l’Allemagne de l’euro.
     
    Le patron du géant allemand des gaz industriels Linde, Wolfgang Reitzle, a pris position pour une sortie de l’Allemagne de la zone euro au cas où l’on ne parviendrait « pas à discipliner les pays en crise », dans une interview au magazine Spiegel, à paraître lundi 16 janvier. « Si on ne parvient pas à discipliner les pays en crise, l’Allemagne doit se retirer », déclare M. Reitzle, ajoutant « ne pas croire personnellement qu’il faille sauver l’euro à tout prix ». 
     
    Selon l’hebdomadaire, M. Reitzle est le premier patron d’une entreprise cotée à l’indice Dax des 30 valeurs vedettes de la Bourse de Francfort à prendre une telle position. 
     
    « Ce scénario n’est à mes yeux pas souhaitable, mais il ne doit pas non plus être considéré comme tabou », a souligné le chef d’entreprise, qui considère qu’après le choc des premières années lié à sa sortie de l’euro, l’économie allemande pourrait retrouver toute sa compétitivité.
     
    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-grand-patron-allemand-evoque-une-sortie-de-l-Allemagne-de-l-euro_6346-2032422-fils-tous_filDMA.Htm


    • Marcus Le 15 janvier 2012 à 21h26
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      Je ne crois pas du tout que les dirigeants américains souhaitent la fin de l’euro. Je pense au contraire qu’ils ont une vraie trouille que l’euro s’effondre.
      J’ai lu, je ne sais plus où, mais je m’en souviens car après réflexion cela m’a semblé juste, que si Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, était venu aux deux derniers sommets européens c’était certes pour encourager les européens à monétiser la dette, que la BCE fasse comme la FED, mais surtout pour empêcher l’Allemagne de sortir de l’euro.
      Si cela est exact cela supposerait que les dirigeants allemands ont dû y penser tellement fort que c’est parvenu aux oreilles américaines.
      A suivre …


      • Geoff Le 16 janvier 2012 à 15h44
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        François Asselineau le confirme d’après des sources à la BCE.
        L’Allemagne veux sortir de l’Euro.
        http://www.youtube.com/watch?v=AlXHl6j731E&feature=related


        • Fabrice Le 17 janvier 2012 à 20h27
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          j’aime bien les gens qui citent leurs sources j’ai une vague connaissance de monsieur Asselineau mais je commence à en avoir assez du fameux :

          http://youtu.be/eExHp56S32k

          la conclusion étant tout à fait d’actualité pour ce cas
           


  8. Brainbug Le 16 janvier 2012 à 01h02
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    Je ne supporte plus le GEAB, cette euro-béatitude appelant à plus de fusion européenne soit disant pour contrer le clan anglo-américain [modéré]
    Que ce soit les gouvernements de tutelle de la grêce de la troïka, le gouvernement Italien, de la banque centrale, qui je le rappelle est garantie par les états, qui les états sont garantis par les population, sont petit à petit occupé par des ex-banquiers de goldman étant dans le secret des dieux du gouvernement américain.
    De plus la vision européenne actuelle, d’Europe fédérale, a été poussée dans sa construction par les américains.
    Enfin, on voit bien que la commission de bruxelles, les traités et accords sont en permanence voté contre l’intérêt général des citoyens que ce soit dans l’industrie, l’emploi, la sécurité sociale, les services publics et la finance.
    Franchement, ce GEAB a eu de l’écho uniquement grâce à sa prévision de la crise des subprimes mais aprés ça.. rien d’intéressant juste le même discours habituel qui trainent depuis 20 ans et qui nous à mené petit à petit non pas à une perte de souveraineté mais à une domination et privation de notre destinée de citoyen.
    Quand on sait que 80% des lois françaises qui sont votées viennent de bruxelles, que la France ne contrôle plus ses frontières économiques, comment cela peut il bien se terminer.
    Le GEAB se plante sur sa vision européenne. L’Europe telle qu’elle a été construite jusqu’à aujourd’hui, a semé en elle les futures graines de discorde menace de paix sur notre continent.
    Quand on sait que les grandes guerres européennes avaient pour 90% des cas des raisons économiques, et qu’on a volontairement créer une ultra concurrence entre les nations, un choc des nations, on peut se dire que cela à terme ne ménera pas à un monde apaisé.
    Il faut sortir de l’Europe actuelle et de l’euro pour fonder une société nouvelle, de culture universaliste et entièrement indépendante, n’empêchant nullement des projets internationaux à être ménés entre pays européens sur la base du volontariat.
    Bref, GEAB, c’est plus pour moi.


    • yoananda Le 16 janvier 2012 à 03h37
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      D’autant plus que cette Europe a été grosso modo entièrement “made in USA” … ce qui démolit tout leur argumentaire.
      C’est vraiment une ignorance des coulisses historique dramatique dans ce cas précis.


  9. Patrick-Louis Vincent Le 16 janvier 2012 à 10h05
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    “les Etats-Unis et le Royaume-Uni en sont arrivés au point d’engager une guerre financière ouverte avec leurs derniers alliés, les Européens”

    C’est vrai ; c’est même devenu patent depuis la dégradation de la France, et surtout de l’Italie, les agences anglo-saxones ne prenant nullement en compte les efforts considérables de l’Italie pour réduire ses dépenses.

    “l’immense majorité des dirigeants et des populations de la zone Euro ont enfin compris qu’il y avait bien une guerre transatlantique et transmanche conduite contre eux”

    Affirmation non fondée. Les dirigeants semblent encore aux ordres de la finance internationale et les populations, dans leur immense majorité, étant désinformés par les médias pro-système, n’ont pas du tout conscience de ce phénomène de guerre monétaire. Ils ont cependant conscience de l’importance de la dette et sont inquiets pour leur pouvoir d’achat. Quant bien même les populations prendraient conscience de cette guerre financière, il n’y a pas d’unité sur les moyens d’y mettre un terme. Pour les uns il faut renforcer l’intégration, pour les autres, il faut reprendre les rennes en quittant la zone euro et même l’UE.

    Le consensus général n’existe pas. La crise financière et économique va glisser sur le terrain politique, et personne, aujourd’hui, ne peut affirmer, et encore moins démontrer, quel camp sera vainqueur.

    Le GEAB a affirmé, dans un numéro précédant, que 10% des banques européennes vont faire faillite. Parmi ces banques, 1 ou 2 banques françaises. Qui peut prévoir comment les peuples réagiront après un tel cataclysme. Si les choses vont très mal, le réflexe sera, non pas de nouer des alliances, mais de chercher un bouc émissaire. La fincance internationale et Wall Sreet peut en être un, mais il est trop éloigné et trop insaisissable. La construction européenne et l’euro seront les grands boucs émissaires, principalement en France, où la population était divisée pour Maastricht, et opposée à la Constitution Européenne. Si les choses vont très mal, la tentation de jeter le bébé avec l’eau du bain sera grande, et celle d’un repli sur des fondamentaux identitaires et nationaux (pays réel)  apparaîtra comme une réponse à la construction européenne et de l’euro (pays fictif et monnaie virtuelle). 


  10. Marcel Le 16 janvier 2012 à 12h06
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    Mr Berruyer : mes compliments pour ces articles de très haut niveau d’analyse et de synthèse. Il est dommage que ces informations ne soient pas publiées dans la presse ou présentées sur les chaînes de TV nationales.


  11. yoananda Le 16 janvier 2012 à 13h28
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    Oui mais les USA ont le dollar, et pas nous. Ils ont encore une armée qui fait (de moins en moins c’est vrai) peur.
    Quand à nous, l’Europe, ca n’existe que pour les multinationales … ca n’existe pas au niveau peuple (un peu niveau étudiant mais sans plus). Et surtout il y a 2 Europes (au minimum) et pas juste une, la nord et la sud : pas du tout les même cultures.
    Oui l’Euro a un coté pratique, mais au pire, on le gardera en restaurant les monnaies nationales et puis voila, quelque chose dans le genre. On est pas “doomed” a supporter l’Euro jusqu’a la fin des temps …
    De toute manière l’unification forcée de l’Europe par les financiers en mal de profit n’est pas une chose nouvelle. Elle a échouée a chaque fois.


    • bizbee Le 16 janvier 2012 à 13h32
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      Vous disiez aller souvent sur le blog à lupus. En ce cas je vous conseille de relire cette analyse de Bruno Bertez qui lui, comme le répète le GEAB, n’enterre pas la construction européenne si vite…
      http://leblogalupus.com/2012/01/15/ledito-du-samedi-14-janvier-rating-le-concours-des-beautes-est-biaise-par-bruno-bertez/


      • yoananda Le 16 janvier 2012 à 20h40
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        Je n’ai pas encore eu le temps de lire … Je m’y attelle de ce pas.


      • yoananda Le 16 janvier 2012 à 20h53
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        Et ????
        tout ce que dit ce post c’est que les USA ont de gros avantages sur l’Europe et qu’ils vont en profiter jusqu’au bout ! lol
        Après la WWII l’Europe était directement sous gestion USA jusque dans les années 60, a cause de la reconstruction. Ensuite les USA ont continué a gérer l’Europe mais de manière plus discrète. Jusqu’a l’année dernières ou les hommes de Goldman Sachs ont du venir sur le devant de la scène.
        Donc l’Europe est une construction des USA. Et vous pensez sérieusement qu’ils se sont tiré une balle dans le pieds ?
        Moi je crois plutôt qu’on est le vassaux et qu’on sera sacrifié pour sauver le coeur de l’empire, c’est tout; d’autant plus si l’Euro semble menacer le dollar.
        Le GEAB si situe dans la perspective réelle d’une guerre transatlantique. Une guerre feutrée, monétaire et économique, mais une guerre meurtrière. Une guerre ou nous sommes beaucoup moins bien armée que l’adversaire, et surtout, beaucoup moins bien unis qu’eux.
        Traitez moi de pessimiste ou de défaitiste, mais je ne donne pas cher de notre peau. Je comprends que le GEAB veuille rétablir une certaine “vérité” et “équilibre” et aussi … le pire, c’est qu’ils n’ont pas tort : si on les écoutais, on pourrait s’en sortir (enfin presque). Mais la réalité du terrain c’est que les peuples sont ignare de tous ces mouvements de fonds, et qu’on ne peut pas les retirer de l’équation. Ce qui fausse la donne du GEAB, selon moi.
        Ceci dit, on verra bien … mais pour ma part l’Europe marchande ne fait pas rêver. Les USA eux ils rêvent (ou du moins ils ont rêvé longtemps) aux pays de la liberté. Nous on a quoi comme projet ? l’Europe sociale est morte. Notre projet commun c’est quoi au juste ? ha oui … notre projet communs ce sont des maisons de retraites avec des écrans plats en bord de mer.
        C’est sur la, on a des raisons de se battre …


  12. hema Le 16 janvier 2012 à 18h11
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    Entre la vision du GEAB euro-béate et la vision de yoananda, the winner is…. “Berruryer”.


  13. hema Le 16 janvier 2012 à 18h16
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    Mes excuses Olivier, l’écorchage de ton nom est du à un excès de Santonionite il y a longtemps, je le ferai plus, promis.


  14. MBO CH Le 16 janvier 2012 à 19h38
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    Certes les dernières analyses du GEAB sont très surprenantes de par leur “optimisme” européen particulièrement décalé compte tenu de l’actualité et de la situation effective.

    D’un autre coté la chute de l’Euroland est tellement annoncée, martelée dans la presse (anglo-saxonne mais pas seulement), la chute semble tellement évidente, tellement inéluctable … que cela en devient suspect.

    Les choses vont rarement dans le sens ou on les attend le plus alors comme le dit Olivier, on verra bien 😉

    Pendant ce temps le plafond de la dette américaine va augmenter de 1200 Md$ dans une indifférence quasi totale. Hallucinant non ?!

    http://www.romandie.com/news/n/USArelevement_du_plafond_de_la_dette_demande_formelle_d_Obama_au_Congres130120120601.asp


    • MBO CH Le 17 janvier 2012 à 19h43
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      Ha ben finalement ça va peut-être bouger un tout petit peu …
      http://www.romandie.com/news/n/_USA_de_retour_mercredi_la_Chambre_reprend_la_bagarre_contre_Obama170120121701.asp

      Quoi qu’il en soit on peut noter qu’il leur aura fallu moins de 6 mois pour griller 900 Md$ de dettes supplémentaires. Combien leur en faudra-t-il pour liquider 1200 Md$ ?!

      Mon cher Olivier, tout ça augure bien (ou mal) de vos prochaines courbes sur l’évolution de la dette US.

      Ils sont quand même forts ces américains : annoncer l’augmentation du plafond de la dette le même jour qu’une dégradation de l’Eurozone ! Non vraiment chapeau, bien joué 😉      

       

       


  15. olivier Le 16 janvier 2012 à 20h29
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    Bonsoir,
    L’Europe est la dernière roue du carrosse de l’économie mondiale : on n’a pas de matières premières et on n’a pas plus d’idées – 1975/2012 : 37 années pour rechercher et développer une énergie autre que l’atome ou le fossile, mais non, rien n’a été fait – on reparlera de la croissance éternelle quand le litre d’essence sera à 2 ou 3 euros – c’est de la décroissance qui s’imposera d’elle-même, alors autant la préparer dans le calme, une utopie …


    • sylvain Le 17 janvier 2012 à 09h33
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      Je suis vraiment surpris des commentaires déclinistes, de leur teneur et du manque de confiance qui s’en dégage
      @Olivier, L’Europe n’est certainement pas la dernière roue du carrosse du monde bien au contraire elle est le point d’équilibre (ou du moins de ce monde, pour demain c’est une autre question) et la France le point d’équilibre de l’Europe. Contrairement a ce que l’on veux croire on est véritablement a la croisé des chemins et la France si elle cessait de se dévalorisé sans cesse et à chercher toujours à s’accrocher à des “modèles” qui s’effondrent les uns après les autres.
       
      @Yoananda : Là non plus je ne partage pas le déclinisme, la vision d’une Europe créé par les américains et la place du Dollar
      Si l’Europe a été sous influence US dans sa construction c’est par l’entremise de la GB, dans sa volonté de l’étendre a 27, de la noyer dans des économies trop différenciée pour pouvoir converger et prendre forme politiquement, cette Europe là est morte et c’est ce que l’on voit aujourd’hui, cette stratégie a payée comme on le voit avec la Grèce, mais il n’est pas sur qu’elle payera demain. L’écartement du royaume unis en est un signe fort.
      La place du dollar n’est pas un avantage c’est un cache sexe, si cet possibilité de créer de la monnaie est un atout c’est surtout qu’il permet de faire reposer sur le reste du monde des dysfonctionnements internes aux US, mais il ne les règle en rien, la monnaie n’est qu’une valeur faciale, ce qui est important c’est la structuration de la société, de son économie, de ses infrastructures, de l’éducation de sa population de la capacité à s’organiser de manière efficace, c’est là que se trouve la richesse des nations, en jouant avec le dollar les US reportent sans cesse les problèmes.
      Quant à l’explosion de la zone Euro, il ne faut quand même pas oublier que pour prendre ce type de décisions il faut être en situation ou l’incertitude de demain sera nettement plus rassurante que le cataclysme actuel, je ne dit pas que cela n’arrivera pas mais il faudrait une dégradation spectaculaire avant d’en arriver là, l’Europe est encore largement assez riche, les élites, les classes aisées et moyennes auraient trop à perdre.
      Nous sortons juste du règne de la facilité et de la croissance de rentes, ça nous fait bizarre et il va nous falloir réajuster notre vision du monde. Mais on a de la marge, bien plus qu’on ne le pense et les vérités d’un jour ne sont pas éternelles.
      Hier les modèles étaient irlandais, espagnols, islandais, puis en 2008 il fut un temps Français (hé oui) puis il est maintenant Allemand, nordique ou Chinois, que sera il demain, Argentin ? Cubain ? Américain ? Français ?
      Face à tant de girouettes je préfère m’en tenir à des fondamentaux de cycles longs, et là je ne vois pas l’Europe en pire position que le reste du monde et peut-être moins.
       
       


  16. SEBLEB Le 18 janvier 2012 à 12h02
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    Yoananda a dit : “Il ne faut pas confondre l’unité de façade qui consiste à aller boire une bière avec son voisin et l’unité profonde qui consiste à partager “la galère” avec d’autres personnes, a se soutenir mutuellement.”
    D’une part, si unité profonde il y a elle n’est pas née ex-nihilo, la bière partagée fut probablement à l’origine 😉
    D’autre part, à notre époque, l’individualisme s’exprime jusqu’au sein même de la famille, où peuvent se côtoyer un bénéficiaire de logement social et un propriétaire bailleur … L’unité profonde ne naît même plus via utero pour ainsi dire.
    A contrario, c’est bien dans les fameux pays du sud que le partage des galères existe encore … le million d’Athéniens qui est retourné vivre dans leur famille restée à la campagne en sait surement quelque chose …


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