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11.mars.201511.3.2015 // Les Crises

Interview avec Y. Varoufakis : « Nous n’envisagerons jamais une sortie de l’euro »

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Bon, j’attends quand même la fin des courses pour me prononcer, mais enfin, pour un gars qu’on nous a vendu « spécialiste de la théorie des jeux », c’est pas malin du tout de dire ça en termes de capacité de négociation…

Si tu n’envisages absolument pas une sortie de l’euro, tu es tout nu ; fais alors ton plan d’austérité bruxelloise et nous fatigue plus, amigo…

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a accepté de répondre aux questions de Paris Match après une polémique à propos d’un référendum sur une éventuelle sortie de l’euro.

Paris Match. Vous avez évoqué dans la presse un référendum grec sur l’Euro. Voulez-vous que les Grecs décident eux-mêmes de sortir de la zone euro?
Yanis Varoufakis. C’est le résultat d’un travail abominable du journaliste du «Corriere della Serra». Il a assisté à une conférence que je donnais à Venise dans laquelle j’ai longuement expliqué que notre gouvernement n’envisagerait jamais de «Grexit», que nous n’en discuterons jamais. Pour nous, il est même toxique d’y penser. J’ai ensuite donné une interview à ce journaliste, qui m’a demandé à plusieurs reprises ce que notre gouvernement ferait si, à l’issue des négociations, tous nos partenaires européens rejetaient nos propositions. J’ai répondu que cela ne se produirait pas, que nous discutons avec l’Eurogroupe dans un esprit très collégial. Il a insisté. J’ai fini par dire que dans l’hypothèse improbable où il y aurait une impasse, comme nous ne sommes pas collés à nos sièges, nous pourrions démissionner, organiser une élection, un référendum sur les réformes. On en est restés là. Le titre de l’interview est devenu : « Varoufakis demande un référendum sur l’euro ». Soit l’inverse de mon propos! J’ai fait une longue déclaration pour démentir.

« LE ‘REMÈDE’ NE RÉSOUT RIEN. LA CRISE N’EN FINIT PAS »

Financièrement, où en est votre pays?
La Grèce a perdu l’accès aux marchés en 2010. Malheureusement, l’Europe et le gouvernement grec d’alors ont décidé de répondre à cette faillite en accordant à la Grèce le prêt le plus important jamais octroyé! L’arithmétique prouve que cela ne peut pas fonctionner. Je le répète depuis cinq ans. Ce «remède» ne résout rien. Voilà où nous en sommes. Voilà pourquoi la crise n’en finit pas, malgré les efforts énormes consentis par les Grecs. Ils ont subi des restrictions, des coupes dans leurs retraites, dans leurs salaires, dans les dépenses publiques… En même temps, leurs impôts ont augmenté, ceux des faibles, pas ceux des riches.

Vos pairs de l’Eurogroupe ne vous ont accordé qu’un répit de quelques semaines…
Nous voulons que tout le monde comprenne que le statu quo ne peut pas se poursuivre, ce qui occasionne parfois des tensions. Les techniciens de l’Eurogroupe à Bruxelles ont ce que j’appelle une «inertie institutionnelle» naturelle. Aucune institution n’aime changer. En défendant notre cas avec force, nous avons réussi à les faire bouger. Ce succès est bien sûr temporaire. Il faut encore définir le nouveau processus. C’est une longue route. Tout ne peut pas se résoudre en un jour.

Source : Anne-Sophie Lechevallier, pour Paris Match, le 9 mars 2015.

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Commentaire recommandé

Bruno // 11.03.2015 à 05h24

En voilà un qui se sera hollandisé en 1 mois et demi.

Et comme tous les socio-démocrates de la planète, il s’étonnera (ou fera semblant de s’étonner) dans 1 ou 2 ans d’une extrême droite à 30%…

146 réactions et commentaires - Page 2

  • dvd // 11.03.2015 à 17h50

    En fait personne n’a l’air de se rendre compte que nous sommes riches et ceci aux dépend du reste du monde exploité.
    Dans la gigantesque pyramide de Ponzi qu’est l’économie mondiale, nous avons jusqu’ici fait partie de ceux qui organisent et tirent profit de l’expansionnisme occidental.

    Entendre, lire autant de gens de tous bords penser (à raison) à la traitrise des politique sans penser à leur coupable naïveté m’interpelle.

    Seule une décroissance nous remettra à notre « juste » place dans le système mondial, celle cohérente avec la thermodynamique (matière, énergie).

    Si on prend le temps d’écouter avec cette grille de lecture, il y a :
    – ceux qui veulent que ça continue avec les mêmes gouvernants car ils sont du bon côté, ils gagnent toujours plus,
    – ceux qui veulent que ça change mais ne se rendent pas compte que c’est pour des mauvaises raisons (juste parce que certains tirent mieux leur épingle du jeu que d’autre ici, en occident). Ceux là (nombreux ici, désolé) ne se rendent pas compte que 80% des habitants de la planète peuvent ressentir la même amertume envers nous…
    – ceux qui veulent une décroissance mais sans changer le système, sachant qu’ils seront toujours dans les dominants dans le système décroissant.

    Dans ces 3 catégories, on ne trouve pas le mix raison + équité qui est le seul durable en termes de rapports entre les peuples et à l’intérieur des sociétés…

    Tant qu’un mouvement ne se fixera pas ces 2 objectifs, on ne fera que repousser un peu l’échéance d’un conflit, qu’il soit interne ou externe au système pays/groupe de pays.

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    • FifiBrind_acier // 11.03.2015 à 18h37

      Il y a un moment que les Grecs sont dans la décroissance…, ils meurent même comme des mouches à force de décroissance.
      Vous avez regardé la situation en Grèce?
      Voici les chiffres de la décroissance grecque:

      http://www.okeanews.fr/20140507-austerite-en-grece-tous-les-chiffres

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      • dvd // 11.03.2015 à 19h52

        Fifi, je suis d’accord, la Grèce en prend « pour cher », mais si vous comparez aux richesses qu’ont les pays africains et à leurs niveaux de vie, ou la quantité de travail effectuée dans certains pays d’Asie et pareil le niveau de vie… il y a encore pas mal de marge.

        Quant à nous, on est très très au dessus de ce que nos ressources naturelles et la quantité de travail devrait nous permettre.

        Tous les désordres sont strictement liés à ces déséquilibres. Le nier, c’est redistribuer les cartes avec les mêmes règles et donc très vite arriver aux mêmes problèmes.

        Je souhaiterais qu’on sache accepter cela et commencer la décroissance car la régulation alternative sera forcément radicale.

        Investir dans l’immatériel serait intelligent, développer la capacité de trouver du bonheur par l’imaginaire, utiliser les déterminismes du cerveau pour cela devient urgent.

        Sinon, la virtualisation est le plan B de ceux qui veulent décroitre mais toujours dans la dominance de qq uns.

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        • dvd // 11.03.2015 à 20h37

          Je n’ai pas compris la disparition du dernier post…

          L’expression « gradient de concentration » pour parler de l’inégale répartition des richesses ?
          L’analogie me semble pourtant exacte et pas problématique.

          Le fait qu’on investisse dans l’armement pour préserver nos approvisionnements en matières premières dans les pays pauvres ?

          Dites-moi, là je suis sec.

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  • FabriceM // 11.03.2015 à 18h03

    Sur le cas Grec, j’ai noté qu’un levier caché des policiens Grecs pourrait nous surprendre.
    Le président de la cours de justice de l’UE qui doit juger la légalité du programme OMT de la BCE est Grec, et avec un curriculum qui lui permettrait d’être parachuté à n’importe quelle fonction de retour au pays.
    Ce type a surement les moyens de faire sauter la BCE à lui tout seul. S’il est un tant soit peu patriote, il ne va pas rester à regarder cet affrontement les bras croisés.

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  • TC // 11.03.2015 à 18h37

    « En défendant notre cas avec force, nous avons réussi à les faire bouger. Ce succès est bien sûr temporaire. Il faut encore définir le nouveau processus. C’est une longue route. Tout ne peut pas se résoudre en un jour ».

    Que fait-on quand on veut faire avancer un âne et que les coups de bâton n’y parviennent plus seuls ? On lui met devant le nez une belle carotte ! C’est sûrement de cela dont il se félicite avec son sourire cynique sur la photo !

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  • Léa // 11.03.2015 à 21h48

    « Pour la France sortir de l’euro, ce serait 25% de dévaluation = 1 à 2 millions d’emplois créés sur 2 ans, 3,4% de croissance, retour à des politiques d’investissements, remise à flot des comptes sociaux etc »

    L ‘Euro vient de passer de 1,39 à 1,10, ça fait 26 % de dévaluation. On est pas morts ! enfin, si presque, mais c’est pas à cause de cette dévaluation.

    Dévaluation qui n’a aucune influence positive sur nos échanges intra-européens.

    Par contre, l’électronique chinoise s’est pris une augmentation de 26 % en €, on y regarde à deux fois….

    Alors pourquoi une dévaluation du franc de 25 % si on était sortis de l’ € aurait été une catastrophe ? ( tourisme, exportations viticoles et agroalimentaires seraient parties en flèche )

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    • pascale // 11.03.2015 à 22h05

      Non seulement cun effet positif sur nos échanges européens, mais aussi aucun avantage par rapport à l’Allemagne (ou l’iItalie) dans nos exportations, qu’elles soient intra ou extra européennes..

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    • Wilmotte Karim // 14.03.2015 à 11h32

      L’essentiel du commerce des pays de la zone euro étant un commerce soit national soit intra-zone, la dévaluation de l’euro (couplée à une baisse du pétrole) ne peut pas être ni une catastrophe, ni le sauvetage de l’économie.

      Par contre, la dévaluation dans la zone euro aura des effets, en ce compris négatif, bien plus important. Quand votre production est intégrée dans un système productif et que du jour au lendemain apparaissent des variations qui n’existaient pas (taux de change avec des dévaluations/réévaluations importantes), c’est autre chose.

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  • Lage // 12.03.2015 à 00h57

    En tout cas, une chose est sûre. Si la Grèce sort de l’euro un mardi, Tsypras jurera sur la Bible le lundi de la veille qu’il restera toujours dans l’euro. Si elle fait défaut un jeudi, le mercredi elle cajolera tous les créanciers de mielleuses paroles assurant de ses remboursements les plus dévoués…

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  • Alain // 12.03.2015 à 06h16

    Il n’a en fait pas d’opinion alternative, il est parfaitement dans le moule et refuse d’admettre que l’euro EST le problème, et pas seulement celui de la Grèce.

    Et quand on se trompe lourdement sur le diagnostique, le malade n’a aucune chance d’en réchapper !

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  • BA // 12.03.2015 à 08h44

    Toute l’économie mondiale est en lévitation.

    Toute l’économie mondiale repose sur des bulles :
    des bulles de dette publique
    des bulles de dette privée
    des bulles boursières
    des bulles immobilières
    des bulles d’extraction pétrolière
    etc.

    Mais tout ça, ce n’est pas solide.

    Tout ça, ce n’est que de l’illusion.

    Bientôt, les bulles éclateront.

    Bientôt, l’économie mondiale retombera dans le monde réel.

    Préparez-vous à subir l’éclatement des bulles.

    Préparez-vous au grand « Plop ! »

    Jeudi 12 mars 2015 :

    L’illusion de la prospérité.

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204218587349-lillusion-de-la-prosperite-1101335.php

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  • BA // 12.03.2015 à 20h30

    La Grèce ne veut pas sortir.

    L’Islande ne veut pas rentrer.

    Jeudi 12 mars 2015 :

    L’Islande annonce le retrait de sa candidature à l’UE.

    L’Islande a annoncé jeudi avoir retiré sa candidature à l’Union européenne, deux ans après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique de centre droit qui promettait de mettre un terme au processus lancé en 2009.

    Le ministre des Affaires étrangères, Gunnar Bragi Sveinsson, a indiqué dans un communiqué avoir fait part de cette décision à la Lettonie, qui préside l’UE et qui en a informé la Commission européenne.

    « Les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne », a écrit le ministère sur son site internet.

    http://www.romandie.com/news/LIslande-annonce-le-retrait-de-sa-candidature-a-lUE/574430.rom

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  • BA // 13.03.2015 à 13h52

    Pour éviter une faillite totale, la Grèce se finance en émettant des obligations à trois mois et des obligations à six mois.

    Mais il y a un tout petit problème : personne au monde ne veut acheter ces obligations pourries !

    Du coup, il ne reste plus que les banques grecques qui achètent ces obligations pourries !

    Ensuite, les banques grecques refourguent ces obligations pourries à la Banque de Grèce.

    La Banque de Grèce accepte ces obligations pourries comme collatéral, et elle prête en février 2015 la somme de 65,64 milliards d’euros aux banques grecques. La Banque de Grèce prête en mars 2015 la somme de 69,4 milliards d’euros aux banques grecques.

    C’est le mécanisme ELA, Emergency Liquidity Assistance, en français « Prêt de liquidités en urgence ».

    Mais il y a encore un tout petit problème : les banques grecques ne rembourseront jamais !

    En clair :

    1- La Grèce est en faillite.
    2- Les banques grecques sont en faillite.
    3- Mais tout le monde s’en fout …

    … sauf Jens Weidmann, le président de la Banque centrale allemande, qui voit venir l’effondrement total du système bancaire grec !

    (Rappel :
    « Les prêts ELA de la Banque de Grèce, plus chers que les financements BCE, ont représenté 65,64 milliards d’euros en février, contre 5,2 milliards en janvier. Au total, les refinancements des banques grecques auprès de la BCE et de la Banque de Grèce ont atteint 104,3 milliards d’euros en février, soit l’équivalent de 57% environ du PIB. »

    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20150312.REU4003/grece-chute-des-financements-bce-en-fevrier-bond-des-ela.html

    Vendredi 13 mars 2015 :

    La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de relever de 600 millions d’euros le plafond de son financement d’urgence (ELA) des banques grecques, a-t-on appris de source bancaire grecque. Cela amène ce plafond à 69,4 milliards d’euros.

    La Grèce se finance en vendant des bons du Trésor à trois et six mois, achetés presque exclusivement désormais par les banques grecques.

    Présentant le rapport annuel de son institution, le président de la Bundesbank allemande Jens Weidmann a émis jeudi de sérieuses réserves sur le maintien à flot du système bancaire grec par les biais des ELA.

    « Des banques qui utilisent des crédits d’urgence devraient tout faire pour améliorer leur situation de liquidité », a-t-il dit, mais « avec les achats de bons du Trésor pour lesquels il n’y pas de marché, c’est exactement le contraire qui se passe ».

    http://www.romandie.com/news/Zone-euro-la-BCE-releve-de-600-mio-ses-prets-durgence-aux-banques-grecques/574320.rom

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  • Merle // 13.03.2015 à 16h42

    Un Euro pour les gouverner tous. Un Euro pour les trouver. Un Euro pour les amener tous et dans les ténèbres les lier.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Anneau_unique

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  • Sam // 13.03.2015 à 20h06

    En 2017, les français voteront pour leur partie anti-europe, vous savez celui dont ses membres sont députés Européens depuis des années à 30.000€ par mois.

    Une chose est sur, le cas de l’élection Grècque n’intéressent pas les français, sinon ils réfléchiraient un petit peu plus.

    Personnellement ce que j’en pense pour 2017 : http://s2.postimg.org/qqftbtsc9/vote02.jpg

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  • Wilmotte Karim // 14.03.2015 à 11h35

    http://alencontre.org/europe/grece-une-economie-dependante-et-rentiere.html

    Article très intéressant sur l’économie grecque.

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