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29.janvier.202029.1.2020 // Les Crises

L’acier vert – Par Charlotte King

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Source : Consortium News, Charlotte King, 09-12-2019

Le rôle de la construction en bambou n’a jamais été aussi important, car environ 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de la construction et de l’exploitation des infrastructures, explique Charlotte King.

IBUKU a contribué à la création de bâtiments pionniers en bambou tels que le « Cœur de l’école » de la Green School. (INBAR) [International Bamboo and Rattan Organisation : Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin – NdT]

Il est à croissance rapide, flexible et solide. Sous un auvent de bambou, il est facile de comprendre pourquoi les gens utilisent cette plante depuis des années dans la construction de maisons, de ponts et d’échafaudages.

Le bambou présente plusieurs atouts dans la construction, notamment sa grande taille, son faible poids, son excellente résistance à la traction et sa flexibilité. De plus, le bambou est disponible en abondance et à faible coût, ce qui en fait un matériau de construction traditionnel pour de nombreuses communautés pauvres.

Malgré ses nombreux avantages, le bambou est considéré depuis des années comme le « bois du pauvre » : un type de matériau de construction moins cher et moins résistant. Selon Orin Hardy, fondateur du cours de formation sur le bambou Bamboo U, « Il fut un temps où personne ne voulait être vu en train de vivre dans une maison en bambou. »

Une entreprise de design à base de bambou déploie des efforts considérables pour changer cette perception. Au cœur de la jungle balinaise, le siège digne d’un conte de fées d’IBUKU offre une fenêtre sur l’avenir de la construction en bambou : des logements à plusieurs étages, en plein air, avec électricité, eau et équipements modernes.

Une autre vue du « Cœur de l’école » de la Green School. (INBAR)

Fondée en 2010, l’équipe d’IBUKU, composée de designers, d’architectes et d’artisans du bambou balinais, a créé des centaines de structures, dont beaucoup sont maintenant célèbres comme faisant partie de l’emblématique Green School et Green Village.

Depuis quelques années, IBUKU s’est associé à Bamboo U, pour offrir des formations sur la construction en bambou. Bamboo U est basé à côté du siège social d’IBUKU, et propose des stages de plusieurs jours sur la construction et le design. Les participants à ces cours travaillent avec un grand nombre d’architectes, de designers et d’ingénieurs pour en apprendre davantage sur les propriétés et le potentiel du bambou et pour les aider à construire leurs propres structures en bambou. IBUKU dispose d’un certain nombre d’experts pour chaque module et invite tous les stagiaires à visiter leur siège social et leur entrepôt de bambou.

Les participants de Bamboo U apprennent beaucoup de l’équipe IBUKU sur les aspects techniques du bambou. Bien que le solide et robuste dendrocalamus asper soit le bambou de choix pour de nombreuses constructions à Bali, IBUKU utilise également d’autres variétés pour les structures secondaires ou pour la décoration : le bambusa blumeana, ondulé et irrégulier, par exemple, constitue un complément agréable aux balustrades des balcons. C’est cette volonté de travailler avec la nature qu’Orin espère susciter dans Bamboo U : « Il s’agit de susciter une compréhension de l’endroit où vous vous trouvez… L’environnement bâti est devenu si important. Nous avons besoin que la nature soit intégrée dans l’environnement bâti. Nous avons sacrifié toute cette spontanéité et cette créativité au nom de la fonctionnalité.

Une initiation à la menuiserie traditionnelle en bambou avec les artisans d’IBUKU. (INBAR)

Comme pour toutes les activités d’IBUKU, les menuisiers balinais ont un rôle central à jouer dans le choix des matériaux en bambou : ils savent quels poteaux choisir et comment les utiliser. Dans le cadre des formations de Bamboo U, ces artisans enseignent également aux participants les méthodes traditionnelles de menuiserie et d’assemblage du bambou, en utilisant des outils et des techniques manuelles qu’ils utilisent depuis leur plus jeune âge. Pour Orin, ce sont ces menuisiers du bambou qui « font vraiment opérer la magie », et leur interaction avec les participants aux formations « est une partie essentielle de notre éthique Bamboo U ».

Pour Defit Wijaya, architecte senior chez IBUKU, le travail de Bamboo U est une prolongation des propres objectifs d’IBUKU : montrer que l’habitat en bambou est possible. Il reconnaît que beaucoup de gens sont sceptiques quant à la sécurité des structures en bambou, et que seul un petit nombre de pays ont des normes de construction en bambou. « Nous devons prendre plus de risques pour montrer ce que le bambou est capable de faire. Ici [à Bali] nous avons le luxe d’essayer cela. »

L’équipe de Bamboo U n’est pas la seule à inciter les gens à construire en bambou. L’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBAR), une organisation intergouvernementale, coordonne des projets de recherche et de démonstration pour promouvoir les logements en bambou parmi ses États membres.

Les étudiants sont encouragés à construire leurs propres designs en partant de zéro. (INBAR)

Ces dernières années, leur travail a contribué à faire tomber certaines des barrières auxquelles se heurte la construction en bambou : INBAR a aidé à créer de nouvelles normes internationales pour la conception et les essais de construction en bambou, et a formé un groupe de travail sur la construction composé d’experts du monde entier. Plus important encore, INBAR a contribué à briser les préjugés sur la construction en bambou dans son réseau d’États membres : l’année dernière, l’Équateur a confirmé qu’il intégrerait le bambou dans son énorme programme « Une maison pour tous », et en 2017, le gouvernement du Népal a approuvé la première conception d’une école en bambou résistante aux tremblements de terre.

Le rôle de la construction en bambou n’a jamais été aussi important. Nous savons qu’environ 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de la construction et de l’exploitation des infrastructures. Le développement futur risque d’enfermer le monde dans une voie à forte émission de carbone pour des centaines d’années. Alors que le bambou pousse dans les tropiques en Afrique, en Asie et dans les Amériques, il pourrait nous fournir un matériau naturel et renouvelable pour les infrastructures des pays en développement.

Les étudiants acquièrent une expérience pratique de la conception et de la construction. (INBAR)

Pour en savoir plus sur les possibilités de formation de Bamboo U, cliquez ici, et sur le travail d’IBUKU, cliquez ici.

Créée en 1997, l’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBAR) est une organisation intergouvernementale de développement qui promeut le développement durable en utilisant le bambou et le rotin. Elle est actuellement composée de 45 États membres. En plus de son siège social en Chine, INBAR a cinq bureaux régionaux au Cameroun, en Équateur, en Éthiopie, au Ghana et en Inde. Pour en savoir plus sur INBAR, cliquez ici.

Charlotte King est une spécialiste des communications en matière de changement climatique et de développement durable. Elle travaille à l’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBAR).

Source : Consortium News, Charlotte King, 09-12-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

step // 29.01.2020 à 08h10

Tiens on fait dans le publi-rédactionnel (et consortium news aussi) ? Non que je dénonce l’action de cette société, mais ceci n’est pas un article de presse, sinon a minima le journaliste aurait cherché à vérifier les assertions sur l’aspect écologique du cycle de vie d’une construction en bambou, et à étudier les forces et faiblesses de ce matériau. En lieu et place on a visiblement une réécriture du discours de cette société. C’est d’ailleurs le principal intérêt du texte, que d’apprendre pour nous (occidentaux qui n’avons pas cette plante sous le nez courament) qu’elle est utilisée en construction.

37 réactions et commentaires

  • calal // 29.01.2020 à 07h57

    Merci aux crises de nous remonter le moral de temps en temps.

      +9

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    • jules Vallés // 29.01.2020 à 10h37

      Dans la même veine (remonter le moral), de l’ultra positif:
      « The biggest little farm »-tout est possible (en français)…un documentaire sur l’avenir En Marche !

        +2

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  • Genuflex // 29.01.2020 à 08h02

    A chaque biotope son materiau de predilection : aux climats tropicaux le bambou, materiau genial s’il en est, aux climats temperes comme le notre, la paille, materiau d’aujourd’hui et de demain.
    Voir en France le fibra award, le terra award et d’autres ressources sur le renouveau du BTP en France : BTP comme Bois Terre Paille

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    • Téji // 29.01.2020 à 08h19

      BTP comme Bois-Terre-Paille, oui, mais allez faire un tour à la bambouseraie d’Anduze, Gard, et vous verrez que le bambou pousse très bien aussi chez nous, y compris en plus de 10m !

        +21

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      • François Marquet // 29.01.2020 à 09h34

        Et même près de 30 mètres pour le phyllostachys pubescens Mazel, à Anduze justement https://www.bambouseraie.fr/

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        • Genuflex // 29.01.2020 à 15h13

          Oui, alors, précisément…

          Je suis ingénieur structure de formation, je vis dans les Cévennes, j’ai visité la bambouseraie d’Anduze et en ai rapporté des plants de bambou dédié à la structure, j’en coupe en ce moment même (pour faire une cabane à ma fille), IL31 Bamboo d’Otto Frei (l’ouvrage de référence sur le sujet, qui date de 1985) est sur ma table de chevet, et dans mon précédent bureau d’étude, nous avions déjà travaillé ce matériau en Asie pour un projet d’hôtel.
          C’est un matériau sensationnel, la plante pousse très bien en France, même si bien plus lentement qu’en milieu tropical. Cela résiste assez bien aux éléments (comme les chaumes sont hydrophobes) et les champignons ne s’y intéressent pas beaucoup, non plus, donc ça se décompose très lentement. Tout ça c’est très bien.
          Non, ce qu’il y a, c’est qu’un bâtiment en climat tempéré et un bâtiment en climat tropical n’ont juste rien à voir. En France, on a des hivers, il faut une enveloppe fermée à l’air et à l’eau, et dans la plupart des situations, chauffer. Donc le bambou, c’est très bien, mais à priori, son usage en France doit être limité à des ouvrages secondaires (casquettes, ombrières, abris…) et non étanches à l’eau.
          Enfin, je dis ça, si vous avez un projet à faire en France en bambou, moi, je vous suis sans problème.

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        • Genuflex // 29.01.2020 à 15h20

          Bois + terre + paille, c’est le torchis. On construit avec sous nos climats depuis des siècles.

          L’avancée décisive, c’est la botte de paille compressée, suite à l’invention de la botteleuse (qui était à l’origine tirée par des chevaux) fin XIXème siècle. C’est un matériau quasi gratuit, très isolant, porteur, résistant aux insectes, produit en abondance, durable (les bottes de paille de la maison du CNCP à Montargis ont un siècle !), résistant au feu une fois enduit, avec un cycle de vie excellent (quand tu démonte la construction, tu jette la paille au sol, elle se décompose en humus en nourrissant le sol)…

          On pourrait peut-être songer à faire de la construction en bambou avec remplissage botte de paille… C’est à étudier…

            +8

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    • zozefine // 29.01.2020 à 08h49

      ici sur mon île grecque beaucoup de roseaux : matériau absolument génial pour plein de bricolages auxquels on ne demande pas de durer autant qu’un temple à athéna. idem les fleurs d’agave, dont les troncs font des étais très solides. matériaux gratuits, renouvelables, recyclables.

        +14

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  • Osmium // 29.01.2020 à 08h05

    Construit un gratte-ciel en bambou et on en reparle.

      +3

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    • Téji // 29.01.2020 à 08h15

      certes… mais pourquoi construire un gratte-ciel, là serait plutôt la question 😀
      le bambou est le meilleur des matériaux bois tout en étant léger, les fibres étant continues et en agencement circulaire.

        +23

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      • Morne Butor // 29.01.2020 à 10h02

        « pourquoi construire un gratte-ciel » ? pour montrer qu’on a la plus grosse, non ?
        Un temps, seules les constructions dédiées à Dieu, les cathédrales, avaient droit à la démesure.
        Aujourd’hui, on peut se dire que les gratte-ciel sont les temples du capitalisme.
        J’espère que l’humanité grandira un peu plus, changera d’objectif et verra ses gratte-ciel comme des vestiges d’un passé glorieux, éphémère et désastreux.
        Quant à dire ce que sera demain, je ne sais pas, mais il sera nécessairement très différent. Les crises multiples que nous vivons nous y obligeront.

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        • Kita // 29.01.2020 à 11h32

          Merci de me faire rêver, plutôt que pleurer Monsieur .

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          • RV // 31.01.2020 à 11h13

            Savoir qu’il y a tout à reconstruire ne vous fait pas rêver ?
            Je trouve ça exaltant.

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      • UnKnown // 29.01.2020 à 10h45

        Pour gagner de l’espace dans une zone déjà encombrée?
        Les seules Twin Towers regroupaient plus ou moins l’équivalent de la totalité du quartier de La Défense dans deux bâtiments.
        Mais il y a effectivement un aspect hubris à la construction de gratte-ciels (Burj Khalifa, mégalopoles Chinoises…).
        Mais le bambou est effectivement une piste très intéressante pour des immeubles de « taille humaine ».

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        • Lole // 30.01.2020 à 07h25

          Quand on voit comment elles ont fini, peut être qu’il vaut mieux construire a plat….

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          • RV // 31.01.2020 à 11h16

            Construire à plat = artificialisation des terres = dépendance aux transports
            Il nous faut sans doute trouver un juste milieu !

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            • azuki // 02.02.2020 à 11h57

              Le juste milieu est facile a trouver, il suffit d’interroger les gens dans les rues et d’observer leur comportement. Les gens se promènent-t-ils plus détendus dans le «quartier Gaudi» de Barcelonne ou au pieds des immeubles dans le quartier de la Défense ? La «taille humaine» n’est pas qu’un concept !

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        • Christophe Vieren // 31.01.2020 à 17h32

          Et pourquoi ne pas aller occuper les espaces non encombrés : combien de villes et villages français se dépeuplent ? Et paradoxalement à une époque où les nouvelles télécommunications permettent de limiter les transports de l’information, mais aussi de livraison si l’on dissuade au maximum le 24h chrono, c’est à dire le transport routier longue distance !

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    • Philippe, le Belge // 29.01.2020 à 23h14

      Peut-être pas avec du bambou uniquement mais on pourrait très bien imaginer des structures mixtes où le bambou prendrait une part importante, ce serait toujours ça de gagné en termes écologiques!

        +1

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  • step // 29.01.2020 à 08h10

    Tiens on fait dans le publi-rédactionnel (et consortium news aussi) ? Non que je dénonce l’action de cette société, mais ceci n’est pas un article de presse, sinon a minima le journaliste aurait cherché à vérifier les assertions sur l’aspect écologique du cycle de vie d’une construction en bambou, et à étudier les forces et faiblesses de ce matériau. En lieu et place on a visiblement une réécriture du discours de cette société. C’est d’ailleurs le principal intérêt du texte, que d’apprendre pour nous (occidentaux qui n’avons pas cette plante sous le nez courament) qu’elle est utilisée en construction.

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    • Alligator427 // 29.01.2020 à 12h07

      Votre commentaire a dû vous prendre quelques dizaines de secondes, il me semble que ce temps aurait été mieux employé – plutôt qu’à critiquer le choix d’une publication dont vous profitez gratuitement et à faire la démonstration de votre pseudo-lucidité – à vous renseigner sur « le bambou chez les Occidentaux »

      https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/la-percee-du-bambou-geant-en-france-217-150279.html

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      • step // 31.01.2020 à 09h25

        ma pseudo-lucidité va même jusqu’à vous remercier de cet intéressant article sur cette filière émergente. Quand à savoir si cette plante pousse partout, je suis effectivement au courant, n’habitant pas très loin du marais poitevin, où il est considéré comme invasif sur certains secteurs de ses berges. Le bambou est une plante qui pousse très bien en France, et dont il est parfois difficile de se débarrasser aux endroits où l’on souhaite qu’il ne s’installe pas.

        Cela ne change pas mon commentaire de quelques seconde et la « gratuité » des crises (je mets des guillemets car participants aux collectes de fond, il n’est donc pas gratuit pour moi), le site peut comme il sait bien faire un petit encart d’avertissement. Où alors c’est un petit test comme sait si bien le faire l’équipe du site en mettant certains articles biaisés histoire de voire si cela réagit dans les commentaire. Dans ce cas là, ils auraient été déçus de ne pas avoir une remarque « pseudo-lucide » sur le sujet…

        A ce titre l’article que vous nous avez fourni, même si pour le coup fait avec la collaboration de la société OnlyMoso, est plus intéressant car il parle des avantages (rentabilité, traitements…) et limites (type de sol, éviter la prolifération..) et des techniques de culture.
        Merci à vous donc, y compris de ne pas oublier que si l’on vient sur le site des crises, c’est pour exercer sa lucidité, fut -elle « pseudo ». C’est déjà un point de départ…

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        Alerter
    • Patrick // 29.01.2020 à 12h44

      Le bambou pousse très bien dans le Finistère
      https://www.youtube.com/watch?v=a8yFg-YHURY

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      • Chris // 29.01.2020 à 14h17

        Le bambou pousse extrêmement bien quasi partout. Selon l’usage, il faut choisir la bonne espèce.
        C’est un matériau aux propriétés époustouflantes, nettement moins sensibles que nos bois quand exposés aux champignons et intempéries.
        Si vous voulez déloger des bambous dans votre jardin vous allez souffrir… Il fixe les sols d’où son utilité reconnue le long des canaux d’irrigation.

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        • Philippe, le Belge // 29.01.2020 à 23h57

          Qu’en est-il de sa consommation en eau et en sels minéraux?
          Il ne faudrait en effet pas reproduire la situation que l’on retrouve dans les nombreuses plantations d’eucalyptus du nord Portugal où l’appauvrissement des sols est catastrophique.

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          • Yuri G. // 30.01.2020 à 08h31

            La consommation en eau n’est pas un problème. Comme évoqué plus haut, le bambou peut même être utilisé pour ses propriétés drainantes dans des zones hydromorphes. Comme toujours, le problème ce n’est pas la plante, c’est le mode de production de celle-ci. Dans le cas de l’eucalyptus, c’est l’itinéraire et le lieu d’implantation qui sont souvent à l’origine de déconvenues écologiques : comme cet arbre ne supporte que très peu la compétition de l’herbe à son implantation, les parcelles sont désherbées en plein, créant par la suite des problèmes d’érosion. En fait il ne faudrait pas planter cet arbre sous des latitudes avec un régime hydrique de moins de 750mm / an, ni les installer sur des sols en pente (raté pour le Portugal donc). Dans son biotope primaire (fortes précipitations, chaleur) il n’y a pas de compétition avec les plantes environnantes qui poussent sans problème sous sa canopée.

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            Alerter
  • Renaud // 29.01.2020 à 09h19

    Cet intérêt pour le bambou ne m’étonne absolument pas.
    Cela fait partie des transformations positives actuelles, en maintes domaines, dans des endroits du monde qui, vaille que vaille, se font jour (car nous sommes assez saturés des « transformations négatives »…)
    Détail à connaître, le bambou n’est pas un arbre mais une herbe. Donc classé parmi les herbes. D’ailleurs quand on observe la croissance du bambou, l’on voit très bien, partant du centre, l’entrelacement par couches des fibres, ce qui est un facteur de grande solidité avec peu de matière.
    En France (en Savoie), dans un jardin de quelqu’un de ma famille, proche d’un fossé remplis d’eau, j’ai constaté avec d’autres personnes une tige de bambou croître de 10 centimètre en une nuit. Ça promet !

      +14

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  • Brigitte // 29.01.2020 à 09h44

    Beaucoup de matériaux naturels ont été délaissés au profit des dérivés du pétrole et de la métallurgie pour des raisons économiques alors qu’ils ont des vertus fonctionnelles intéressantes en plus bien sur de leurs vertus écologiques (non polluants, recyclables et locaux). L’aspect local est important car il est aussi le garant de la diversité des biomatériaux.
    Le bambou en est un exemple parmi d’autres, très bien adapté à l’Asie. En Europe, son bilan carbone n’est pas terrible du fait de son importation lointaine mais nous avons nous aussi de bon matériaux pour l’habitat, l’artisanat et l’agriculture:
    -bois (pin, sapin, chêne, robinier, coudrier, saule, peuplier)
    -liège
    -paille, torchis
    -roseaux
    Dans ma région, la viticulture s’est peu à peu métallisée et carbonisée à partir des années 1960 alors qu’avant, elle était naturelle. Chevaux, piquets en robinier, liens végétaux, fumage, foulage du raisin manuel, levures naturelles, etc…
    Peu à peu on y revient et c’est encourageant.

      +13

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    • Yuri G. // 30.01.2020 à 12h13

      Je lis plusieurs commentaires qui laisseraient croire que le bambou ne pousse pas sous nos latitudes. Je peux vous dire que chez moi, ça pousse très bien (plus de 4m de haut, Ø7cm pour les plus gros) et que je m’en sers en permanence pour faire des structures tuteurantes en maraîchage.
      Juste pour relativiser l’aspect « imputrescible », le bambou est effectivement très résistant aux champignons mais souffre beaucoup d’être exposé au soleil et au vent. Mes structures en bambou durent à peu près 3 ans, après ça se désagrège
      tellement qu’il faut les changer.

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  • BORG // 29.01.2020 à 12h44

    En 1983, j’ai vu à Maurice, un échafaudage (3 étages), en bambou.

    Mais il y a mieux :

    http://cathahk.blogspot.com/2015/05/echafaudages-en-bambou.html

    C’est de la pub

      +0

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  • catherine // 29.01.2020 à 15h09

    Notre première nuit à Bali nous l’avions passée dans une maison typique de l’île, en bambou, avec un étage, le tout formant une structure en pointe vers le haut, toit en feuille de palmier. Première nuit : un déluge, un bruit infernal mais pas une goutte à l’intérieur.
    Nous avions été absolument fascinés par cette construction et la beauté de ce matériau dont tout est utilisé de différentes manières.
    Je me souviens encore du nom: « one natural expérience ».

      +2

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  • christian BERNARD // 29.01.2020 à 16h13

    Oui, mais si on fait pousser tout le bambou nécessaire, ne crée-t-on pas un déficit de zones agricoles affectées à d’autres fonctions ?
    En quelque sorte le même problème que pour les agro-carburants..

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    • Nakor le cavalier bleu // 31.01.2020 à 16h59

      Hélas – ou dieu merci, c’est vous qui voyez – cette saloperie pousse comme de la chiendent partout où on en met (sauf dans la taiga russe mais là c’est autre chose ^^ ) y compris en Bretagne. Donc vous pouvez très bien en construire dans des zones que vous n’utilisez pas pour l’agriculture. Je sais pas…. Les monts d’Arrée par exemple ?
      Puis je suis certain que si l’on avait une dizaine de scientifique et autres à bosser sur la question et en y mettant les moyens, on aurait vite fait, en quelques années, de développer ce qu’il faut pour que le secteur du BTP – Bambou explose en France. ^^
      Après il faut résoudre les soucis concernant la neige, le vent et le soleil…. Mais ça n’est pas notre rôle (ou alors vous êtes passionné de la question, là où je n’ai qu’un vif intérêt pour celle ci).

        +1

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  • clauzip12 // 29.01.2020 à 23h38

    Actuellement des batiments de plus de 20 étages sont construits avec la partie inferiuere en durs divers et les étages supérieurs en bambou.
    Néanmoins,dans la zone asiatique les échafaudages d’immeubles de grande hauteur sont réalisés en bambou ,montage et démontage sans grue ,avec des techniques de liaison spécifique,rapide,légère et sans machine.
    Ces échafaudages seraient préférés à l’acier ,maintenant!

      +1

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  • Damien // 30.01.2020 à 11h45

    Parfois, on cherche midi à quatorze heures. On oublie des matériaux très simples qui ont fait leurs preuves: la pierre et l’argile. On a construit des édifices énormes majoritairement construits en terre crue. Dans ce dernier cas, le bilan carbone me semble plutôt intéressant, car c’est le soleil qui fait le travail… Sinon, les vertus du bambou ne sont plus à prouver. Sous nos latitudes, le bouleau a aussi des propriétés intéressantes, l’artisanat russe traditionnel se basait sur ce matériau pour fabriquer toutes sortes de choses (y compris pour se chausser).

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  • RGT // 01.02.2020 à 09h56

    Je me souviens des déplacements que je faisais en Chine il y a quelques années…

    À Shanghai, les gratte-ciels ultra-modernes poussaient comme des champignons… Et les échafaudages étaient entièrement constitués de bambous !!!

    J’avais demandé à un chinois la cause de cet anachronisme et il m’avait simplement répondu : Le bambou est peu coûteux, très solide, léger et SURTOUT il résiste très bien à l’air marin chargé de sel qui ronge totalement les échafaudages en acier très rapidement.

    Renseignez-vous…

    Par contre, ces biologistes ont aussi tiré la sonnette d’alarme concernant le bambou : Cette plante croit par bouturage, ce qui fait que tous les bambous actuellement cultivés dans le monde sont en fait des « repiquages » du MÊME BAMBOU.

    Et, autre fait intéressant, tous les descendants du même plan de bambou originel ont strictement la même durée de vie que ce dernier, étant en fait le même organisme et possédant la même horloge biologique. Tic-tac, tic-tac…

    Et quand un bambou meurt de vieillesse, TOUS ses « clones » meurent exactement en même temps, leur horloge biologique ayant sonné la fin de son (leur) existence.

    Ce qui fait que lorsque la fin arrivera, TOUS les bambous de culture cesseront TOUS d’exister au même instant et l’humanité entière se retrouvera « à poil ».
    Certes un bambou vit plusieurs siècles, mais on ne sait pas exactement combien. et comme on ne connaît pas non plus sa « date de naissance »…

    Heureusement un bambou vit très longtemps, mais rien n’est éternel.
    Ce scientifique invitait donc TOUS les « éleveurs » à trouver en urgence des bambous

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  • Yuri G. // 01.02.2020 à 19h57

    « Et quand un bambou meurt de vieillesse, TOUS ses “clones” meurent exactement en même temps, leur horloge biologique ayant sonné la fin de son (leur) existence. »

    Je suis quand même assez étonné par cette affirmation, je dois dire. Parmi les nombreuses plantes que l’on multiplie par bouturage de rhizomes – donc clonage (pommes de terre, aromatiques, fraises, framboises, patates douces, etc.), aucune ne meurt en même temps que le pied mère, les plantes meurent à la fin de leur cycle, dans le cas du bambou après floraison, ce qui peut effectivement prendre des centaines d’années pour certaines espèces.
    Je suis d’accord avec vous qu’il faudrait privilégier quand c’est possible la multiplication par graines, qui offre plus de diversité génétique mais pas convaincu par l’idée que tous les « clones » meurent en même temps que le pied mère.
    Une source, peut-être?

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