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16.mars.202116.3.2021 // Les Crises

L’affaire de la Ciclosporine

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Source : France Inter

L’histoire d’un raté politico-scientifique : l’affaire de la ciclosporine.

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En octobre 1985, alors que l’on vient à peine de mettre un nom sur cette étrange maladie qu’est le sida, le ministère de la Santé et trois professeurs de médecine organisent une conférence de presse pour alerter le monde : ils tiennent une piste sérieuse de traitement de la maladie.

L’affaire de la ciclosporine, c’est l’histoire d’un emballement général qui raconte les tensions d’une époque entre deux pays, la France et les États-Unis, dont les chercheurs se livrent une bataille sans merci dans la course au remède et au vaccin… L’affaire de la ciclosporine, c’est aussi l’histoire de deux visions de la science qui s’affrontent. D’un côté les partisans de « l’urgence scientifique » qui estiment légitime de s’affranchir des codes et des protocoles en cas d’urgence sanitaire. De l’autre côté, les tenants d’une démarche scientifique stricte en toutes circonstances, basée sur un protocole qui garantit le respect au patient, dans le recueil de son consentement et pour ne pas donner de faux espoirs. Deux visions de la science, une bataille et, en 1985, le politique qui s’en mêle… ce cocktail détonnant laissera des traces dans les milieux scientifique. En a-t-on vraiment tiré toutes les leçons ? Rien n’est moins sûr.

Un récit documentaire de Marjolaine Koch

Invité : Christian Lehmann, médecin, romancier et chroniqueur à Libération.

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Source : France Inter – 24/02/2021

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Fabrice // 16.03.2021 à 07h12

la réponse est non on le voit désormais avec les vaccins on a tenu à s’affranchir de certains stades de la conception, à les réduire sans avoir tout le recule nécessaire souvent pour s’assurer un pactole fabuleux quitte à détruire la confiance dans les vaccins pour n’avoir pas voulu ou prit le temps de répondre aux questions ou inquiétudes.

Certes l’urgence était importante mais si c’est pour nuire au principe même de précaution et d’atteindre un niveau qui fait basculer la balance bénéfice/risque du mauvais côté cela est inquiétant et cet aléa supplémentaire laissera des traces encore dans la confiance du publique dans les laboratoires (voir la science) de répondre aux menaces sans faire passer des intérêts privés avant l’intérêt commun.

la défiance s’installera désormais comme prix de cette crise qui démontre jour après jour l’incompétence de nos gouvernements, éminence scientifique et technocratie européenne d’autant que nous sommes soumis au bon vouloir internationale vu que nous avons perdu toute autonomie sanitaire et scientifique.

17 réactions et commentaires

  • Fabrice // 16.03.2021 à 07h12

    la réponse est non on le voit désormais avec les vaccins on a tenu à s’affranchir de certains stades de la conception, à les réduire sans avoir tout le recule nécessaire souvent pour s’assurer un pactole fabuleux quitte à détruire la confiance dans les vaccins pour n’avoir pas voulu ou prit le temps de répondre aux questions ou inquiétudes.

    Certes l’urgence était importante mais si c’est pour nuire au principe même de précaution et d’atteindre un niveau qui fait basculer la balance bénéfice/risque du mauvais côté cela est inquiétant et cet aléa supplémentaire laissera des traces encore dans la confiance du publique dans les laboratoires (voir la science) de répondre aux menaces sans faire passer des intérêts privés avant l’intérêt commun.

    la défiance s’installera désormais comme prix de cette crise qui démontre jour après jour l’incompétence de nos gouvernements, éminence scientifique et technocratie européenne d’autant que nous sommes soumis au bon vouloir internationale vu que nous avons perdu toute autonomie sanitaire et scientifique.

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    • Fabrice // 16.03.2021 à 08h12

      J’ajoute cette vide de Ruffin sur les manœuvres qui ont entouré la vaccination, bien sûr il faudrait enquêter plus avant mais j’ai plutôt confiance dans son passé dans le journalisme que dans la politique : https://youtu.be/kmP4xESuEUg

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    • Kasper // 16.03.2021 à 09h33

      C’est une chose d’être incompétents, s’en est une autre de mentir en parfaite connaissance de cause pour faire croire qu’on a tout bien fait alors qu’on s’est planté sur tout.

      Après les mêmes viendront pleurnicher sur le populisme, le conspirationisme et la défiance du peuple envers ses « élites »…

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    • Havoc // 18.03.2021 à 23h38

      Pouvez-vous préciser quel est le vaccin qui vous inspire ces réflexions ?

      Savez-vous que les vaccins comme les traitements sont évalués bien au-delà de leur mise sur le marché ?

      Les vaccins contre la Covid sont donc évalué en ce moment même et continueront à l’être encore durant plusieurs années.

      A aucun moment la balance bénéfice/risque n’a été oubliée et quant au pactole que vous évoquez, vous verrez qu’il sera bien moins considérable que ce que vous envisagez. Il y a certes de l’argent à gagner avec ces vaccins, mais seulement s’ils s’installent sur le long terme. Et comme vous avez pu le constater, le marché est déjà occupé par de nombreux concurrents.

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    • RGT // 16.03.2021 à 09h28

      De nombreux virologues et épidémiologistes s’accordent pour prédire (en espérant se tromper) que le SARS Covid V2 s’installera pour toujours dans la population.

      Et que comme pour les autres coronavirus il finira par ne devenir qu’un « simple rhume » une fois les personnes génétiquement sensibles victimes de la sélection naturelle.

      Comme l’immunité aux coronavirus est de courte durée, ces virus peuvent sans problème ré-infecter chaque année la même personne, avec des effets qui s’atténuent au fil des nombreuses infections (mais qui ne disparaissent jamais totalement).

      En fait, cette « faible sensibilité » s’acquiert quand de petits enfants (dans leurs premières années d’existence) se retrouvent infectées par un coronavirus alors qu’ils sont dans leur immense majorité PEU SENSIBLES aux effets dangereux du virus.
      Ceux qui sont sensibles meurent immédiatement et ne propageront pas leur sensibilité à leurs descendants (Darwinisme).
      Et comme chaque année ils seront à nouveau infectés par la (les) même(s) souche(s) ils finiront à l’âge adulte par n’être que victime de problèmes bénins (rhume, gastro – qui ne mettent pas en danger le pronostic vital).

      Comme pour le cas de nouvel agent pathogène, au début s’est l’hécatombe, l’espèce en surpopulation se retrouve « rappelée à l’ordre » avec une baisse de sa population (pas très importante dans le cas du Covid si on se réfère aux pandémies précédentes), puis l’espèce « évolue » en sélectionnant naturellement les individus capables de résister au « nouvel envahisseur ».

      Ça s’appelle le « cycle de la vie » et l’homme malgré son sentiment de supériorité ne pourra rien changer.

      C’est bien triste pour toutes les victimes et pour leurs proches mais à moins de vivre SEUL dans une petite bulle stérile et à l’abri de tout risque extérieur (température, pollution, « colères divines », etc, etc.) un être vivant est destiné à devoir s’éteindre, ne serait-ce que pour permettre a ses descendants (« mutés ») de pouvoir exister et à la vie de se perpétrer.

      Si ce n’était pas le cas, nous serions encore au stade « LUCA » (Last Universal Common Ancestor), sorte de pré-bactérie qui n’aurait jamais évolué et la biodiversité n’aurait jamais existé, ni les humains d’ailleurs.

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      • Fabrice // 16.03.2021 à 13h52

        Il y a aussi le fait d’avoir fait de la vaccination l’alpha et l’oméga de la lutte contre le covid et repousser certains traitements comme non prioritaire : https://www.20minutes.fr/lille/2974879-20210211-coronavirus-lille-ministere-retarde-essais-cliniques-medicament-anti-covid-prometteur et surtout ne pas financer ces pistes plus qu’avancer pour encore ralentir le développement malgré les coût peu important par rapport aux montant annoncés pour la vaccination.

        nous réveillerons nous quand un pays tiers s’attribuera la priorité du traitement en les finançant à notre place ?

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        • moshedayan // 16.03.2021 à 14h49

          Fabrice et RGT je vous soutiens totalement, vous rejoignez l’avis de médecins de Kosice qui communique dans nos médias locaux. Il est impératif de développer vaccins et traitements, de laisser aussi le choix des vaccins, c’est ce qu’a pensé notre gouvernement ( et pas notre présidente tant vantée comme démocrate par l’UE heureusement qu’elle n’a pas autant de pouvoirs…ça en dit long sur ce qu’est l’UE -officine d’ingérence et de soumission). Chaque personne a par sa génétique une réponse potentiellement différente aux vaccins….et aux traitements

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  • Mimipaille // 16.03.2021 à 09h19

    De tout temps les virus ont été facteur d’évolution. Pour passer d’ovipare à mammifère c’c’est un virus qui a permis que le fœtus soit accepté par l’organisme femelle.
    Et aujourd’hui? Il est fort probable que nous soyons convoqués à instaurer un tout autre mode de vie. Qui ne sera pas décidé d’en haut, c’c’est le virus qui est maître du temps à nous de vivre au plus près de ce nouveau temps.
    Avec les bonnes réponses, c’est à dire les plus adaptées nous y gagneront une vie plus performante. Et je ne pense pas que cela se traduise par un PIB en croissance. .. À moins d’y intégrer d’autres valeurs.
    Serions-nous devant de nouvelles frontières à conquérir ?

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    • SVT // 20.03.2021 à 09h22

      On n’est pas passé d’ovipare à mammifère : lrs premiers mammifères (protheriens) étaient ovipares. D’ailleurs, la viviparite existe chez bien d’autres groupes : poissons (requin marteau), reptiles (serpent caméléon), insectes (mouche tsé tsé), etc, etc

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  • mikatypa // 16.03.2021 à 09h32

    Il est intéressant de se rappeler que Pasteur lui même avait violé la déontologie médicale lors de l’administration de son vaccin contre la rage au petit garçon. Non seulement il n’avait aucune certitude sur l’innocuité de son vaccin, mais il n’avait aucune certitude sur son efficacité. Pour s’en assurer, il inocula la rage au petit garçon vacciné pour s’ en assurer !!!
    Oui, l’urgence médicale peut nécessiter des prises de risque, mais cela doit toujours être fait avec l’assentiment des malades.

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    • Garibaldi2 // 17.03.2021 à 02h55

      Petite erreur historique : Pasteur n’a rien injecté du tout, puisque n’étant pas médecin mais chimiste, il ne pouvait pas le faire. C’est son collaborateur, médecin, qui a fait les injections. À vous de trouver son nom … (!)

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  • LS // 16.03.2021 à 11h23

    Il n’y a pas deux visions de la science. Parler de LA science, c’est comme parler de LA mathématique, c’est douteux.
    Même en laissant les sciences humaines de coté, on confond science(s) et technologie(s). Pour la première, il n’y a pas de fonction, pour la deuxième, si. La première contemple, la deuxième agit. Pour les deux, la rationalité est de rigueur mais la première veut tendre vers la vérité (sans l’atteindre) là ou la deuxième doit arbitrer entre prise de risque de l’action, efficience économique de la recherche et bénéfices (sociaux) tirés de la fonction.

    Hors, si l’étude du corps humain ou de n’importe quel organisme est de la science, la santé est clairement une technologie dont l’arbitrage coûts/bénéfices est un arbitrage principalement politique dont le processus de choix ne peut être entièrement rationnel mais est entaché de valeurs arbitraires.
    L’aveuglement face aux risques est tout aussi débile (au sens premier) que leur refus de principe.
    On peut s’indigner de l’arbitrage qui a été fait et en démonter les fondements idéologiques ou sociaux, certes, mais il serait mensonger de laisser entendre qu’il existerait un processus universel qui amènerait un choix satisfaisant en toute circonstance.
    Bref, si « laisser des traces dans le milieu scientifique » consiste à abandonner les illusions d’une identité science et technologie, alors tant mieux ! enfin !

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    • Ron mccarty // 17.03.2021 à 01h19

      Il y a quand meme plusieurs façons de faire de la science. La science est une méthode non rigide… ce n est pas une discipline. Le terme n est il faut le dire pas hyper précis et est employé souvent de façon impropre dans le language commun..
      Plusieurs méthodes existent pour faire de la science selon les disciplines mais il y a des principes qui ne bougent pas
      –> elaborer un modèle théorique (hypothése) pour expliquer nos observations du reel, pouvoir reproduire l experience et en prevoir le resultat.

      C est exactement ces principes que n ont pas respectés les 3 types.. pas de methode scientifique : c est du niveau de l anecdote, mais qui vaut cher ici
      Et il y a une autre dimension necessaire quand on fait de la recherche en « science humaine » comme ici en médecine c est l ethique médicale, il n y en avait pas non plus.
      Je ne parle meme pas de déontologie médicale sur laquelle ces 3 types ayant prononcé le serment d hippocrate s asseoient…

      Donc : les avancées scientifiques (domaine de la connaissance) permettent les « progrès » technologiques (application pratique des connaissance du réel).
      Mais la technologie peut egalement permettre de faire de la science de façon plus efficace.. et c est tout (ex : stockage de données permis par l informatique) en tout cas tant que l IA du futur n est pas encore la..

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  • Hippocampe // 16.03.2021 à 15h22

    Cet article/émission tente, par allusion, une analogie entre l’affaire de la ciclosporine et celle, supposée, de l’HCQ actuellement. Cette méthode d’amalgame par insinuation repose sur une ardente mauvaise foi: ni la situation (100% de mortalité chez les atteints du sida d’alors), ni le timing (juste quelques semaines entre l’administration de la ciclosporine et le décès inévitable des patients), ni la biochimie en cause (immunosuppression) ne peuvent prêter à la moindre comparaison avec la situation Covid. Personne n’a été véritablement trompé, ni les pauvres 3 patients concernés, ni le corps médical et de recherche. Oui, c’était une victoire clamée trop rapidement, la belle affaire! L’espoir aveugle, et, sur une durée courte et dans des cas tragiques, c’est tant mieux! C’est une preuve de vitalité. N’empêche qu’on voyait effectivement une augmentation des lymphotyces T4 et que la ciclosporine s’est révélée utile par la suite pour certaines maladies auto immunes.
    Comparer une tempête dans un verre d’eau d’alors -créée de plus par une vertu- au tsunami actuel de propagandes croisées, c’est, que dire, d’un point de vue moral ou journalistique, complètement non-éthique!

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    • Ron mccarty // 17.03.2021 à 00h58

      Merci a jeanmichel obscurantiste de nous donner a lire ce magnifique point de vue.
      J ai perdu du temps a vous répondre sur le fil des commentaires de l article « planete malade » de lafforgue, votre dernier post ou vous disiez que « la médecine n est pas une science » a été retiré avant que je réponde.
      Je viens de lire ce magnifique post, et je comprend que de votre point de vue la medecine n ait pas de base scientifique (ce que vous vouliez dire je pense)
      c est pas scientifique pour le coup mais très drole, c est tellement confus dans l utilisation des termes qu on ne comprend meme pas ou est le complot et ce qu il faut plutot croire cette fois! Mon préféré : « l espoire aveugle, et sur une durée courte et dans des cas tragiques c est tant mieux! c est une preuve de vitalité »

      Bravo

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      • Hippocampe // 17.03.2021 à 10h26

        Si je comprends bien, vous écumez les posts à la recherche du dernier mot de rage à planter. Hélas dernier mot ne fait ni vérité ni pertinence, per se. Je ne comprends pas bien, dans votre post confus, où vous voulez en venir, si ce n’est qu’en sus de montrer des défaillances en connaissances scientifiques de base, vous enfoncez le clou d’une défaillance morale assez triste. Oui bien des médecins disent la vérité aux patients, mais ni tous, ni toujours.
        Si l’espoir vain est une illusion, toute illusion n’est pas à bannir (elles sont quand même à l’origine de la littérature, la poésie, la peinture, l’art en général, l’essence même du cinéma). Et si vous aviez de fait rencontré des situations tragiques où tout espoir est illusion, vous comprendriez. Et vous seriez moins caustique…Pour la dernière semaine, les derniers jours, un espoir même ténu, partagé de plus par les médecins, c’est une bonne chose, oui, une bonne chose. Tout est question de durée. Ce qui est vrai sur 3 semaines peut être faux et nuisible sur 3 ans.
        Là-dessus vous pouvez rétorquer, selon votre passe-temps. C’est bien égal!

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