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19.octobre.201819.10.2018 // Les Crises

[ONU 2018] Débat général de la 73e session (2) Moyen-Orient

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Suite de notre série du vendredi. Aujourd’hui, le Moyen-Orient

Source : ONU, 25-09-2018

Iran (République islamique d’)

S.E. M. Hassan Rouhani, Président

25 septembre 2018

M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, a dénoncé le mépris de certains États pour les règles internationales. La préservation de la sécurité de tous, qui soit la moins onéreuse possible, n’est possible que grâce à la coordination internationale, a-t-il dit. Il est regrettable de voir des dirigeants internationaux encourager les tendances extrémistes, racistes et xénophobes, de manière guère éloignée du nazisme, et fouler aux pieds le droit international, a-t-il accusé, en qualifiant « d’acte immoral » la convocation demain d’une séance de haut niveau du Conseil de sécurité. M. Rouhani a appelé à dissiper l’illusion selon laquelle il est possible d’accéder à plus de sécurité aux dépens de celle des autres. Loin de faire montre de force, ceux qui défient le multilatéralisme font, au contraire, preuve de faiblesse et d’une incapacité à comprendre un monde interconnecté et complexe, a-t-il analysé. « Ceux qui recherchent l’hégémonie sont des fauteurs de guerre et des ennemis de la paix. »

Les États-Unis, « tout du moins l’administration actuelle », semblent déterminés à ce que les institutions internationales soient frappées de paralysie, a déclaré le Président. Il a déploré le récent retrait des États-Unis du Plan d’action global commun, au mépris du droit international et des obligations contractées par le prédécesseur du Président américain actuel. Les États-Unis ne se cachent pas de vouloir renverser le Gouvernement iranien qui l’invite pourtant à des pourparlers, a-t-il observé. Il a indiqué que le respect par son pays du Traité de non-prolifération et les négociations ayant abouti au Plan d’action global commun précité attestent du respect de l’Iran pour le multilatéralisme. Le Président iranien a ensuite loué « la position unie et catégorique » de la communauté internationale vis-à-vis du retrait américain et rappelé que le Plan d’action a été entériné par le Conseil de sécurité à l’unanimité de ses membres dans la résolution 2231 (2015).

L’Iran a respecté ses engagements dans le cadre de ce Plan d’action, comme l’ont montré 12 rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), alors que les États-Unis n’ont pas respecté les leurs, sous des motifs fallacieux, a tranché M. Rouhani. Il a exhorté l’ONU à faire en sorte qu’aucun État ne puisse se dérober à l’exécution de ses engagements internationaux, avant de dénoncer les menaces américaines contre les pays qui appliquent la résolution précitée. C’est la première fois qu’un pays encourage des violations du droit international, a-t-il déclaré, en dénonçant également la position des États-Unis vis-à-vis de la CPI. M. Rouhani a appelé les autres parties signataires du Plan d’action à continuer d’appuyer la mise en œuvre de cet instrument, qui constitue selon lui un « succès très important de la diplomatie ».

Les sanctions unilatérales s’apparentent à du terrorisme économique, a asséné le Président iranien. Les nouvelles sanctions américaines portent préjudice non seulement au peuple iranien, mais aussi aux peuples des autres pays, a noté M. Rouhani tout en disant que l’Iran a montré qu’il a pu surmonter ce défi. L’Iran et les Iraniens n’ont jamais rompu, ils n’ont même pas ployé face à ces sanctions, a-t-il insisté, ajoutant, « sans ambigüité », que la politique des États-Unis vis-à-vis de l’Iran est injuste depuis le début.

Déclarant que l’Iran, par sa longue histoire, sa position géographique exceptionnelle notamment, est « une réalité indéniable », il a dénoncé l’autoritarisme et le harcèlement des États-Unis, ainsi que leur position, selon laquelle la loi du plus fort fait foi. Aucune nation ne peut être amenée à négocier par la force, sous peine de faire mûrir les raisins de la colère, a-t-il mis en garde. Pour lui, il n’y a rien de préférable au dialogue, pourvu qu’il ait lieu dans les deux sens; la résolution 2231 (2015) n’est pas qu’une simple « feuille de papier. »

« Nous vous invitons à revenir à la table de négociations que vous avez quittée. Si vous n’aimez pas ce Plan d’action car il est le fruit de vos opposants politiques, alors revenez à la résolution, revenez au sein des organisations internationales, n’imposez pas de sanctions », a-t-il prié, ajoutant que « sanctions et extrémisme sont les deux faces d’une même médaille ».

Le Président a indiqué que les deux parties peuvent encore s’écouter, sans qu’il soit nécessaire de prendre des photographies. « J’entame le dialogue ici même », a-t-il dit, tout en déclarant que l’ONU ne fait pas partie de l’Administration américaine. « Le dialogue peut être repris au même point et par la même personne qui a quitté la table des négociations », a-t-il estimé en précisant qu’il faudrait d’abord cesser les menaces.

« Notre position est claire, c’est engagement pour engagement, menace pour menace, violation pour violation et œil pour œil ». Ce que dit l’Iran est clair, pas de menace, pas de guerre, a-t-il déclaré, en soulignant l’engagement de l’Iran pour la paix et la position de son pays aux avant-postes de la lutte contre le terrorisme. « Nous pleurons le martyre des dizaines d’innocents assassinés samedi dernier par des terroristes. »

M. Rouhani a noté que l’Iran continuera de condamner tous les actes de terrorisme, avant de s’étonner que des dirigeants d’organisations terroristes puissent opérer librement dans les pays occidentaux et même recevoir des financements de leur part.

« En Syrie, nous avons constamment souligné que la crise ne pourra être réglée que par un dialogue intrasyrien. » Il a ajouté que la présence de conseillers militaires iraniens en Syrie s’est faite à la demande de la Syrie et dans le respect du droit international. L’Iran, la Russie et la Turquie ont, par le biais du processus d’Astana, empêché une escalade sanglante à Edleb, a-t-il fait remarquer. Il a ensuite dénoncé les crimes et destructions commises au Yémen, des « crimes contre l’humanité », et appelé à des pourparlers interyéménites, sans ingérence, pour régler la situation dans ce pays.

La crise la plus urgente au Moyen-Orient est la question de la Palestine, a poursuivi M. Rouhani, en fustigeant les « crimes innombrables commis par Israël » avec le soutien des États-Unis. Israël pose la plus grave menace à la paix, a-t-il estimé, en qualifiant de « consternante » la décision des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem et de « raciste, digne de l’apartheid » la récente loi israélienne sur l’État nation. Il a marqué son attachement à une coopération avec tous les pays du Golfe persique, selon le même modèle qui a permis la signature récente, avec quatre autres pays, d’une convention sur le statut juridique de la mer Caspienne. « Nous ne recherchons pas la guerre avec qui que ce soit. »

« L’Iran n’a pas besoin d’un empire, il est un empire par sa culture et sa civilisation, non pas par la domination politique. » Gardien scrupuleux de l’ordre international, l’Iran, a poursuivi son Président, avait décelé la nature fasciste du régime bassiste en Iraq avant même l’invasion du Koweït. L’Iran a lutté contre les Taliban et Al-Qaida avant même les attaques terroristes de New York, et l’Iran a combattu Daech et son interprétation fallacieuse de l’Islam avant même les attentats de Londres, de Paris et de Bruxelles, a-t-il rappelé. « Cessez d’imposer des sanctions, mettez un terme à l’extrémisme », a déclaré le Président iranien, ajoutant, en conclusion, que le monde n’aura pas de meilleur allié que l’Iran « si c’est bien la paix que vous recherchez ».

Lire la déclaration en anglais


Israël

S.E. M. Benjamin Netanyahu, Premier Ministre

27 septembre 2018

Quand j’ai pris la parole ici-même il y a trois ans, s’est remémoré M. BENYAMIN NETANYAHU, Premier Ministre d’Israël, mon pays se tenait seul parmi les autres nations. Sur près de 200 États rassemblés dans cette enceinte, a-t-il poursuivi, seul Israël s’était opposé à l’accord nucléaire iranien, parce qu’il menaçait notre avenir et notre survie même et ouvrait la voie à un véritable arsenal. Cet accord, a-t-il ajouté, alimentait également la « campagne de carnage » de l’Iran au Moyen-Orient, le tout sur la base d’un « mensonge », à savoir que l’Iran ne cherchait pas à mettre au point l’arme nucléaire.

L’an dernier, a rappelé M. Netanyahu, Israël a mené une attaque contre les archives nucléaires secrètes iraniennes. Nous avons été en mesure de mettre la main sur de très nombreux documents et vidéos enfouis dans un bâtiment souterrain au cœur de Téhéran. Au mois de mai dernier, a poursuivi le Premier Ministre, Israël a donné à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) les preuves des plans de l’Iran pour mettre au point l’arme nucléaire. Des mois se sont écoulés, a-t-il dit, et l’AIEA n’a toujours pas pris de mesures, n’a posé aucune question à l’Iran et n’a pas demandé d’inspecter un seul des nouveaux sites découverts dans ces archives secrètes.

Face à cette inaction, a déclaré M. Netanyahu, j’ai décidé de vous révéler aujourd’hui une information qui n’a jamais été rendue publique. Je divulgue pour la première fois que l’Iran dispose d’un entrepôt atomique secret à Téhéran, a-t-il dit, entrepôt qui sert à stocker des matériaux destinés à son programme nucléaire. Cette information, le Premier Ministre affirme l’avoir déjà communiquée à l’AIEA en mai dernier. Or, a-t-il ajouté, je souhaite également révéler aujourd’hui une nouvelle information que nous n’avions pas encore communiquée à l’AIEA: l’existence d’une seconde installation de ce type dans un autre quartier de Téhéran. Permettez-moi de vous montrer exactement à quoi ressemble cet entrepôt secret, a déclaré M. Netanyahu, brandissant une photo de l’extérieur du site. Ce bâtiment n’a l’air de rien, a-t-il commenté, ajoutant que, sur Google Earth, on peut constater qu’il est situé à 100 mètres à peine d’une usine de nettoyage de tapis. Cette usine fait d’ailleurs un travail extraordinaire, a ajouté le Premier ministre. « Mais maintenant, les tapis sont peut-être radioactifs. »

Depuis l’attaque israélienne sur les archives nucléaires secrètes de l’Iran, M. Netanyahu affirme que les autorités iraniennes n’ont eu de cesse de faire des allées et venues pour évacuer ce site. Le mois dernier, a-t-il affirmé, 30 kg de matières radioactives ont ainsi été évacués et, selon lui, répandus un peu partout dans Téhéran pour essayer de cacher les preuves. Les résidents de Téhéran sont en danger, a affirmé le dirigeant israélien, conseillant à ces derniers de faire l’acquisition, « pour quelques dollars sur Amazon », d’un appareil de mesure de la radioactivité. Par ailleurs, les autorités iraniennes ont encore beaucoup de travail pour évacuer intégralement le site, a affirmé le Premier Ministre, car il contient au moins 300 tonnes de matériels et matériaux nucléaires.

Pourquoi l’Iran a-t-il conservé des archives atomiques et un entrepôt atomique secret? s’est interrogé M. Netanyahu, ajoutant que, lorsque la Libye et l’Afrique du Sud avaient renoncé à leur programme nucléaire, ils avaient commencé par détruire les archives. L’Iran ne l’a pas fait et c’est bien la preuve qu’il n’a pas renoncé à son ambition de se doter de la bombe atomique. « Ça n’arrivera pas, Israël ne les laissera pas faire », a-t-il mis en garde.

Le Premier Ministre a appelé le Directeur général de l’AIEA à inspecter ce nouvel entrepôt secret sans plus tarder, avant que les Iraniens n’aient fait place nette. Tant que vous y êtes, a-t-il dit, en direction du Directeur général, allez également inspecter les autres sites dont nous vous avons parlé et dites-nous, une bonne fois pour toutes, la vérité sur l’Iran.

Il y a trois ans, a poursuivi le Premier ministre, j’ai posé une question depuis cette même tribune: croyez-vous vraiment que couvrir la théocratie iranienne d’armes et de liquidités mettra fin à leurs ambitions? Nombreux étaient pourtant, selon lui, ceux qui croyaient à l’époque que l’ouverture allait inciter le régime iranien à devenir plus modéré. En réalité, a affirmé M. Netanyahu, l’Iran a utilisé cet argent pour alimenter son « énorme machine de guerre » en Iraq, à Gaza, en Syrie, au Liban et en Arabie saoudite. « Est-ce cela la modération? Est-ce cela la paix? » a-t-il demandé, avant d’ajouter que l’entreprise de déstabilisation iranienne s’étendait aussi en dehors du Moyen-Orient. Le mois dernier, a affirmé M. Netanyahu, des agents iraniens ont été arrêtés pour avoir comploté des attentats terroristes aux États-Unis et en Europe.

Face à cela, a-t-il regretté, l’Europe continue de soutenir l’accord sur le nucléaire iranien. La même semaine où l’Iran a été pris la main dans le sac, en train d’essayer de tuer des citoyens européens, a-t-il dit, les dirigeants européens ont proposé d’ouvrir leur portefeuille. En tant qu’enfant d’historien, a-t-il déclaré, je dois poser la question: les dirigeants européens n’ont-ils rien appris de l’histoire?

M. Netanyahu a ensuite accusé l’Iran d’armer les terroristes à Gaza. Au Liban, a-t-il ajouté, l’Iran ordonne au Hezbollah de construire des sites cachés pour transformer des projectiles rudimentaires en missiles précis, capables selon lui d’atteindre des cibles au cœur d’Israël avec une précision de 10 mètres. Trois de ces sites de conversion de missiles, a-t-il affirmé photo à l’appui, sont placés le long de l’aéroport international de Beyrouth. J’ai un message à faire passer au Hezbollah, a déclaré le Premier Ministre: « Israël sait aussi ce que vous êtes en train de faire et où vous le faites. Nous exigerons que vous rendiez des comptes. »

Le dirigeant israélien a ensuite démenti ceux qui pensaient que les nouvelles sanctions américaines imposées à l’Iran n’auraient qu’un impact limité. Il y a un an, a-t-il dit, l’économie iranienne était en pleine expansion. Désormais, selon lui, l’économie iranienne et sa monnaie s’effondrent. Imaginez ce qui va se produire avec les nouvelles sanctions américaines en novembre prochain? s’est interrogé M. Netanyahu, avant d’ajouter que le peuple iranien, bien loin de soutenir leurs dirigeants, se retournait désormais contre le régime des ayatollahs.

Plutôt que de « cajoler les dictateurs iraniens », le Premier Ministre a appelé l’Europe à rejoindre Israël et les États-Unis dans leur lutte contre l’Iran. Il a dans le même temps remercié le Président américain, M. Donald Trump, et son pays pour leur soutien indéfectible à Israël, comme en témoigne, selon lui, notamment la dénonciation américaine du manque d’impartialité de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU vis-à-vis d’Israël.

« Je me dois de vous faire un aveu », a ensuite déclaré le Premier Ministre. Cela va peut-être vous surprendre, a-t-il dit, mais je dois reconnaître que l’accord iranien a eu une conséquence positive: Israël et de nombreuses nations arabes ont pu se rapprocher et nouer « des liens d’amitié et de complicité » qui auraient été « inimaginables » il y a quelques années, contre la menace d’un ennemi commun. Il a dit se réjouir à l’avance d’étendre la paix au-delà de l’Égypte et de la Jordanie, à d’autres nations arabes voisines, y compris les Palestiniens. « Je me réjouis de travailler avec Donal Trump pour y parvenir », a-t-il dit.

M. Netanyahu s’en est ensuite pris aux Nations Unies, qui accusent selon lui régulièrement Israël de racisme, d’apartheid et d’épuration ethnique. « C’est toujours le même vieil antisémitisme, qui a simplement un nouveau visage et rien de plus », a-t-il affirmé. Jadis, c’était les Juifs qui étaient persécutés, a-t-il affirmé. « Aujourd’hui, c’est l’État juif qui est traîné dans la boue ». À ses yeux, l’ONU taxe Israël de racisme pour avoir fait de l’hébreu sa langue nationale et pour avoir fait de l’étoile de David son drapeau. « C’est une aberration », a-t-il lancé, ajoutant que, dans cette même enceinte, près de 100 pays n’ont qu’une seule langue officielle, alors même que de nombreuses minorités ethniques résident sur leur territoire. « Nombreux sont ceux qui s’opposent encore à ce qu’Israël ait un État nation », a tranché le Premier Ministre.

S’agissant des Palestiniens, M. Netanyahu a accusé le Président Mahmoud Abbas de financer des terroristes qui assassinent des Juifs. « Et après ça, vous nous traitez de racistes? Ce n’est pas comme cela qu’on fait la paix », a-t-il mis en garde. Le Premier Ministre a réaffirmé qu’Israël était un État juif, doublé d’une démocratie garantissant l’égalité des droits individuels de tous ses citoyens, qu’ils soient juifs ou musulmans. Dans le reste du Moyen-Orient, où, selon le Premier Ministre, les minorités sont persécutées et les femmes sont maltraitées, « cela ne va pas de soi ».

Lire la déclaration en anglais


République arabe syrienne

S.E. M. Walid Al-Moualem, Vice-Premier Ministre

29 septembre 2018

M. WALID AL-MOUALEM, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et des expatriés de la République arabe syrienne, a déclaré qu’au cours des sept dernières années, les Syriens ont refusé de se compromettre, malgré leurs souffrances face au terrorisme et aux soutiens extérieurs. « N’en déplaise à certains, a-t-il avancé, la situation sur le terrain est plus sûre et plus stable, et la guerre contre le terrorisme est presque terminée. » Mais, a-t-il averti, la lutte se poursuivra jusqu’à ce que tout le territoire syrien soit « épuré de groupes terroristes » -quels que soient leurs noms- et de toute présence étrangère illégale.

Le Vice-Premier Ministre a indiqué que certains pays ont dénié le droit de la Syrie, en vertu du droit international et du devoir national, de combattre le terrorisme et de protéger sa population, à l’intérieur même de ses frontières. Et dans le même temps, « ces gouvernements ont formé une coalition internationale illégitime, menée par les États-Unis, sous le prétexte de combattre le terrorisme en Syrie ». « La soi-disant coalition n’a pas du tout lutté contre le terrorisme », a-t-il affirmé, ajoutant que les objectifs de la coalition étaient même parfaitement alignés sur ceux des groupes terroristes. Il a aussi accusé la coalition d’avoir détruit des infrastructures civiles, notamment à Raqqa, ce qui est constitutif de crime de guerre, a-t-il estimé en imputant également à la coalition l’appui militaire direct offert aux terroristes, à de multiples occasions, et alors que ces derniers combattaient le Gouvernement syrien. Ces constats lui ont fait dire qu’il aurait été plus juste de parler de « coalition en soutien aux terroristes et aux crimes de guerre ».

M. Al-Moualem a expliqué que « la situation en Syrie ne peut être dissociée de la bataille qui fait rage sur la scène internationale entre deux camps ». Un camp promeut la paix, la stabilité et la prospérité à travers le monde, promeut le dialogue, la compréhension mutuelle, le respect du droit international et s’aligne derrière le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États. L’autre camp, cependant, essaye de créer le chaos dans les relations internationales et emploie la colonisation et l’hégémonie comme outils pour rechercher ses intérêts égoïstes, selon le Vice-Premier Ministre syrien. Il a dénoncé les « méthodes de corruption » de ce dernier camp, comme « le soutien au terrorisme et l’imposition d’embargo économique pour soumettre les peuples et gouvernements qui rejettent les diktats extérieurs et veulent prendre eux-mêmes leurs décisions ». Devant ce constat, le Vice-Premier Ministre a demandé à la communauté internationale de faire un choix clair et sans équivoque: « défendre le droit international et la Charte des Nations Unies et se tenir du côté de la justice; ou alors se soumettre aux tendances hégémoniques et à la loi de la jungle que certains essayent d’imposer à l’ONU et au monde ».

Il a en outre souligné que, sur le terrain en Syrie, le Gouvernement continue de réhabiliter les zones détruites par les terroristes. Toutes les conditions sont désormais réunies pour un retour volontaire de réfugiés syriens dans leur pays, a—t-il affirmé. Des milliers de Syriens ont même déjà commencé à rentrer, s’est-il félicité. « Le retour de chaque Syrien est la priorité pour l’État syrien », a-t-il annoncé en soulignant que la porte leur est ouverte pour un retour volontaire et sûr. Il a accusé certains pays occidentaux de faire peur aux réfugiés et de subordonner leur retour à l’avancée du processus politique. Le Vice-Premier Ministre a dit que son pays est ouvert à l’assistance internationale pour sa reconstruction, avec les États qui n’ont pas pris part à l’agression contre la Syrie. A contrario, les pays ayant soutenu le terrorisme en Syrie ne sont ni conviés ni les bienvenus, a-t-il prévenu.

Il a promis que son gouvernement restait engagé pour un processus politique sans compromission des principes nationaux. Il a rappelé que la tâche du futur comité constitutionnel sera uniquement de revoir les articles de la Constitution actuelle de la Syrie, à travers un processus mené par les Syriens eux-mêmes et qui peut être facilité par l’Envoyé spécial du Secrétaire général. Il a souligné que ce comité devra être indépendant, puisque « la Constitution est une question syrienne qui doit être traitée par le Syriens eux-mêmes ». De ce fait, « le peuple syrien doit avoir le dernier mot sur la Constitution ou sur toute autre question de souveraineté nationale », a-t-il insisté.

M. Al-Moualem a par ailleurs affirmé que son gouvernement est opposé à tout usage d’armes chimiques; c’est pourquoi le pays a éliminé entièrement son programme chimique, comme cela a été confirmé par des rapports de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Il a accusé les États-Unis, la France et le Royaume-Uni de politiser le travail de l’OIAC et de faire fi d’informations dignes de confiance que la Syrie transmet sur les armes chimiques aux mains des groupes terroristes qui les ont utilisées à plusieurs reprises. Il a en outre accusé les Casques blancs de prêter le flanc à la fabrication d’accusations sur l’usage d’armes chimiques en Syrie.

Le Vice-Premier Ministre a ensuite rappelé qu’Israël continue d’occuper le Golan syrien. Comme le sud de la Syrie a été libéré des terroristes, le Gouvernement est déterminé désormais à libérer tout le Golan syrien occupé jusqu’aux positions du 4 juin 1967, a-t-il indiqué. Il a, à cet égard, invité la communauté internationale à forcer Israël au respect des résolutions de l’ONU, notamment la 497 sur le Golan syrien occupé. De même, il a invité la communauté internationale à aider les Palestiniens à établir un État indépendant et à faciliter le retour des réfugiés palestiniens chez eux.

Lire la déclaration en anglais


Turquie

S.E. M. Recep Tayyip Erdoğan, Président

25 septembre 2018

M. RECEP TAYYIP ERDOGAN, Président de la Turquie, a rappelé que les Nations Unies avaient beaucoup fait et beaucoup réussi au long des 73 années de leur existence, pour aussitôt ajouter qu’elles s’étaient au fil du temps éloignées des attentes de l’humanité en matière de paix et de bien-être. Il s’en est pris au Conseil de sécurité, l’accusant de ne plus servir que les intérêts de ses cinq membres permanents dotés du droit de veto « en ignorant l’oppression dans le reste du monde », comme l’ont montré les massacres commis sous ses yeux en Bosnie, au Rwanda, en Somalie dans le passé, au Myanmar récemment et en Palestine aujourd’hui. Face à ceux qui ne haussent pas la voix, « voire qui réduisent leur aide, encourageant ainsi le courage de leurs oppresseurs », la Turquie continuera de se placer aux côté des Palestiniens, a promis M. Erdoğan, qui a souligné une nouvelle fois la nécessité de réformer la structure et le fonctionnement du Conseil de sécurité: « le monde est plus grand que les Cinq », a-t-il lancé, affirmant en outre qu’il fallait rendre l’ONU plus efficace, mais ne pas limiter la réforme à celle de son budget.

Citant ensuite le poète mystique Djalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhi, dit Rûmî, M. Erdoğan a insisté sur la nécessité pour les Nations Unies de promouvoir la justice, « qui apporte ordre et bonheur » dans le monde. Parlant d’un « cercle de justice » aujourd’hui brisé, il a illustré ses propos en opposant l’égale richesse des 62 personnes les plus riches du monde et celle des 3,6 milliards les plus pauvres, mais aussi les 821 millions qui souffrent de la faim aux 672 millions d’obèses, ou encore en soulignant que la mortalité infantile en Afrique est neuf fois supérieure à celle de New York.

La Turquie apporte sa contribution à cette quête de justice par sa politique humanitaire mondiale, a ensuite expliqué M. Erdoğan, qui a cité l’accueil par son pays de « 4 millions de réfugiés, dont 3,5 millions de Syriens », et les services « sans comparaison dans le monde » qui leur sont apportés, pour un montant de 32 milliards de dollars, qu’il a comparés au 1,7 milliard d’euros et aux 600 millions de dollars reçus à ce jour par son pays de la part de l’Union européenne et d’organisations internationales. Il a donc demandé un soutien « plus abondant et plus souple ».

Le Président a également mentionné l’assistance apportée dans la zone de désescalade d’Edleb en Syrie, ainsi que les efforts diplomatiques de la Turquie dans le conflit syrien, mentionnant les processus de Genève et d’Astana, la lutte contre Daech et contre le terrorisme. Appelant à la coopération pour résoudre les conflits dans de multiples régions de monde, M. Erdoğan a également mis en avant les efforts de son pays, « devenu cette année le premier donateur d’assistance humanitaire dans le monde, et le sixième pour l’aide au développement ».

M. Erdoğan a aussi décrit les efforts de son pays en faveur de la médiation, notamment au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ou de l’Alliance des civilisations, ainsi que pour lutter contre le racisme ou l’islamophobie, « notamment en Europe ». Il s’est ensuite lancé dans une longue diatribe contre le terrorisme et en particulier l’organisation « FETÖ » (le mouvement Gülen), qu’il a rendu responsable de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, avant de reprocher aux États-Unis et à l’Europe de « n’avoir pas compris le danger » et de les inviter à cesser de soutenir ce mouvement.

M. Erdoğan a fait part de son inquiétude face au risque de guerre commerciale, rappelant que de telles guerres avaient toujours, en tout temps, nui à l’humanité. Alors que nous devrons travailler ensemble à réaliser les objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030, « personne ne veut voir le monde subir une nouvelle rupture économique », a-t-il affirmé, avant de dénoncer « certains pays qui cherchent de manière persistance à créer le chaos ». Favorable à la libre circulation des biens et des personnes, la Turquie souhaite que les difficultés soient résolues par le biais du dialogue constructif, sur une base d’égalité, a plaidé le président.

Enfin, M. Erdoğan a appelé à la mise en place d’une « Organisation des Nations Unies de la jeunesse », en proposant qu’elle établisse son siège à Istanbul. Il a conclu en rappelant que la troisième Assemblée mondiale des personnes âgées s’y tiendra le 10 décembre prochain.

 


Iraq

S.E. M. Ibrahim Abdulkarim Al-Jafari, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2018

Il y a quatre ans, depuis cette tribune, je vous ai dressé un tableau sombre de l’Iraq, alors qu’un tiers de mon pays était aux mains de l’organisation terroriste Daech, une catastrophe historique qui a failli nous conduire à l’abîme, a rappelé M. IBRAHIM ABDULKARIM AL-JAFARI, Ministre des affaires étrangères d’Iraq. Aujourd’hui, et grâce à la détermination de l’ensemble des Iraquiens, qui ont livré une bataille historique avec le soutien de l’ONU, notre territoire a été libéré. Il a qualifié ce combat de charnière, « au moment où le monde était menacé ». L’Iraq n’oubliera guère ceux qui se sont mis de son côté, a-t-il dit. « Nous avons détruit l’ennemi et mis fin à sa présence en Iraq. Et le voilà en train de rendre son dernier souffle dans les derniers bastions syriens. »

Aujourd’hui, s’est-il félicité, « mon pays est en train d’inaugurer sa phase de reconstruction et rentre de plain-pied dans le club des États démocratiques, conformément aux aspirations de son peuple ». Il a notamment cité le déroulement des élections législatives ainsi que le processus électoral mené actuellement « dans la province du Kurdistan ». Il a ensuite appelé la communauté internationale à tenir ses engagements envers son pays, pris lors de la Conférences du Koweït. La victoire militaire contre le terrorisme ne signifie pas pour autant sa fin, car pour assurer son élimination totale, il faut traiter de ses causes profondes, a-t-il souligné. Le Ministre a ensuite appelé à l’élaboration d’une stratégie holistique commune afin de prémunir les sociétés de ce fléau. Il a aussi jugé impératif de réserver des perspectives prometteuses aux jeunes et aux femmes et de mettre au point des programmes d’autonomisation à leur intention dans le cadre des objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

Maintenant l’Iraq est en train de passer à la phase de la réconciliation nationale, et au renforcement des institutions participatives, a poursuivi M. Al-Jafari. Il a fait part de la volonté de son pays de mettre en œuvre la résolution 2379 (2017) du Conseil de sécurité visant l’indemnisation et le retour des déplacés et la collecte des informations sur les crimes perpétrés par Daech. Pour l’Iraq, la paix et la sécurité internationales sont une responsabilité commune, a-t-il souligné, avant d’appeler à un monde exempt d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive.

Sur le volet intérieur, le Ministre a fait savoir que l’Iraq œuvre à l’utilisation optimale des ressources et à l’édification de partenariats économiques ainsi qu’à la mise en place d’un environnement propice à l’investissement en vue de la réalisation d’un développement économique durable. Sur le plan régional, l’Iraq réaffirme sa position inchangée sur la question de la Palestine, a-t-il poursuivi, soulignant que la paix dans la région est tributaire du retrait israélien total de tous les territoires palestinien et arabe occupés et de l’édification d’un État palestinien indépendant avec pour capital Al-Qods Al-Sharif. Il a aussi dénoncé la politique de colonisation de la Puissance occupante, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et l’imposition du blocus.

M. Al-Jafari a également appelé au rétablissement de la stabilité et de la sécurité en Syrie et au respect de son intégrité territoriale, encourageant toutes les initiatives visant à trouver une solution politique au conflit, « afin de mettre un terme au bain de sang ». Le Ministre a également appelé à promouvoir un dialogue pacifique au Yémen et à arrêter les ingérences externes étrangères. Tout en réitérant l’attachement de son pays à des relations de bons voisinages avec la Turquie, il a appelé Ankara à clarifier sa position concernant les multiples incursions à Bashiqa et violations de la souveraineté iraquienne et à y mettre un terme. M. Al-Jafari a par, ailleurs, rejeté de façon catégorique les allégations du « Premier Ministre de l’entité sioniste » sur la supposée présence de forces iraniennes en territoire iraquien pour justifier son agression de la souveraineté iraquienne.

 


Égypte

S.E. M. Abdel Fattah al-Sisi, Président

25 septembre 2018

Comment peut-on, s’est demandé M. ABDEL FATTAH AL SISI, Président de l’Égypte, blâmer un Arabe qui doute de la crédibilité des Nations Unies et des valeurs qu’elles prétendent défendre alors que sa région est menacée par la désintégration et l’effondrement de l’État-nation, ouvrant la voie au terrorisme et au sectarisme? Comment peut-on, a poursuivi le Président, blâmer un Arabe qui s’étonne que le peuple palestinien soit privé de son droit légitime de vivre dans la paix et la dignité dans un État indépendant qui reflète son identité nationale, ses espoirs et ses aspirations? Comment peut-on, a-t-il encore demandé, minimiser les plaintes d’un Africain devant l’inefficacité de l’ordre mondial quand son continent souffre d’un ordre économique qui perpétue la pauvreté et les inégalités, alimente les crises sociales et politiques et n’offre aucune perspective de progrès et de développement?

Ces questions, le Chef de l’État a dit les poser en sa qualité de Président du Groupe des 77 et de la Chine « lequel représente la majorité de la population de la planète » et qui a donc un intérêt tout particulier à renforcer le rôle des Nations Unies. Le Président a résumé la vision de son pays en trois principes, le premier étant que l’on ne peut progresser dans l’édification d’un ordre international efficace si son principal élément constitutif, l’État-nation, risque la désintégration. La désintégration des nations, qu’elle soit provoquée par un conflit civil ou une régression vers des intérêts sectaires, mène aux phénomènes les plus dangereux de l’heure: conflits armés, traite des êtres humains, migration irrégulière, criminalité organisée, commerce illicite d’armes et de drogues.

La seule sortie des crises, en Syrie et au Yémen, a, par exemple, estimé le Président, c’est le rétablissement de l’État-nation et la protection de la souveraineté et des institutions publiques. L’Égypte, a prévenu le Président, rejette toute exploitation de ces crises pour laisser la voie à des interventions régionales ou créer un environnement propice au terrorisme, à l’extrémisme et au sectarisme. Le même principe s’applique à la Libye.

Le deuxième principe, a poursuivi le Président, c’est l’engagement de tous en faveur de solutions pacifiques et durables aux conflits, « raison d’être de l’ONU ». Le Président est donc revenu sur la cause palestinienne, « l’exemple parfait », selon lui, de l’échec du système international. À ce propos, il a souligné que les Arabes tendent toujours la main de la paix.

Le troisième principe, c’est l’engagement à réaliser le développement durable et à cet égard, le Président a estimé que la réforme de l’architecture économique et financière mondiale ne saurait plus tarder.

La préservation de l’État-nation, le règlement pacifique des différends et le renforcement de la coopération exigent, a conclu le Président, des partenariats véritables entre les Nations Unies et les organisations régionales. Il a d’ailleurs salué le succès du partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine, « un modèle de partage des fardeaux et d’optimisation des avantages comparatifs ». L’Égypte assumera la présidence de l’Union africaine en 2019, a rappelé le Président Al Sisi, qui a, une nouvelle fois, défendu son idée de créer un cadre international pour développer des politiques et renforcer la coopération contre le terrorisme et la propagande terroriste.

Ayant lancé au début de l’année, l’opération « Sinaï 2018 », l’Égypte peut dire aujourd’hui que le niveau de financement, de sophistication des armes et de la formation et des moyens de communication des groupes terroristes, sans oublier la facilité avec laquelle se déplacent les combattants terroristes étrangers, pointent vers la nécessité « inévitable » d’un système mondial. Enfin, le Président a jugé important de corriger les graves lacunes en matière de droits de l’homme, sans manquer de dénoncer ceux qui se livrent à des campagnes de diffamation médiatiques et à la politisation des mécanismes existants, tout en refusant de mettre tous les droits de l’homme sur un pied d’égalité dont les droits économiques, sociaux et culturels.

Lire la déclaration en anglais


Arabie saoudite

S.E. M. Adel Ahmed Al-Jubeir, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2018

M. ADEL AHMED AL-JUBEIR, Ministre des affaires étrangères de l’Arabie saoudite, a affirmé que l’accord de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée, conclu plus tôt ce mois-ci dans la ville de Djedda, et le parrainage saoudien en faveur de la reprise du dialogue entre l’Érythrée et Djibouti témoignent du « rôle responsable » joué par l’Arabie saoudite pour renforcer la paix dans le monde.

Passant ensuite à la question palestinienne, le Ministre a réaffirmé le droit des Palestiniens à jouir d’un État indépendant, à l’intérieur des frontières d’avant 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale.

S’agissant de la crise yéménite, M. Al-Jubeir a dénoncé le fait que des milices houthistes, pilotées par l’Iran, continuent de lancer, depuis le Yémen, des missiles de provenance iranienne en direction de l’Arabie saoudite. Ces mêmes milices, a-t-il affirmé, s’emploient à déstabiliser la navigation dans la mer Rouge. Malgré cela, le Ministre saoudien s’est dit fermement engagé en faveur d’une solution politique au Yémen. Dans l’intervalle, il a affirmé que son pays continuerait de faire tout son possible pour fournir et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers le Yémen. M. Al-Jubeir a également souligné que son pays s’employait à soutenir activement l’économie du Yémen, comme en témoigne le fonds de 2 milliards de dollars récemment constitué à cette fin par le Roi Salman d’Arabie saoudite.

Le Ministre a par ailleurs appelé à redoubler d’efforts internationaux pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Il a loué les efforts saoudiens en la matière, rappelant que le pays était à l’origine de la création du Centre international pour la lutte contre le terrorisme et de l’Alliance militaire islamique pour combattre le terrorisme. L’Arabie saoudite, a-t-il ajouté, a également financé le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme à hauteur de 110 millions de dollars.

M. Al-Jubeir a ensuite fustigé l’Iran, qui poursuit selon lui ses activités de déstabilisation et de soutien du terrorisme au Moyen-Orient, le tout en continuant de développer son programme de missiles balistiques. À ses yeux, la paix et la stabilité de la région exigent de prendre des mesures de coercition à l’encontre de l’Iran, qui, a-t-il accusé, forme des milices armées dans les pays voisins et leur fournit des missiles balistiques. Dans la mesure où l’Iran n’a de cesse de violer, selon lui, le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité, le Ministre a appelé à le punir en adoptant des sanctions internationales.

M. Al-Jubeir a par ailleurs rappelé que son pays et la coalition dont il fait partie se livrent depuis maintenant 15 mois à un boycott contre le Qatar. Cette mesure, a-t-il précisé, a été décidée car le Qatar soutient selon lui le terrorisme, accueille sur son sol des extrémistes, encourage des discours haineux et ne respecte pas ses engagements découlant de l’Accord de Riyad de 2013. Tant que le Qatar continuera d’agir de la sorte, a-t-il prévenu, l’Arabie saoudite maintiendra le boycott.

S’agissant de la crise syrienne, M. Al-Jubeir a appelé les parties à trouver une solution politique basée sur la déclaration de Genève. En Libye, le Ministre a indiqué que l’Arabie saoudite continuait de soutenir l’Accord politique de Skhirat. Il a en outre appelé à préserver l’unité et l’intégrité territoriale du pays.

« La souveraineté est une ligne rouge que l’on ne saurait franchir », a enfin mis en garde M. al-Jubeir, précisant que l’Arabie saoudite refuserait toujours de se plier à des dictats extérieurs et aux tentatives d’ingérence dans les affaires saoudiennes.

 


Qatar

S.M. Tamim bin Hamad Al-Thani, Amir

25 septembre 2018

CHEIKH TAMIM BIN HAMAD AL-THANI, Émir du Qatar, a rappelé la dimension transnationale des crises contemporaines, qui exigent des solutions multilatérales. Un an après l’imposition du blocus à l’encontre de son pays, de nombreux faits ont été rendus publics sur la campagne de désinformation lancée contre le Qatar pour justifier des mesures préméditées, a affirmé le dirigeant. « En dépit de toutes les mesures prises pour porter préjudice à la sécurité et à la stabilité du Qatar et accabler son peuple, notre pays est parvenu à renforcer son rôle de partenaire actif dans les arènes régionale et internationale, tandis que son économie poursuit sa croissance », s’est enorgueilli M. Al-Thani.

En outre, l’État qatari a réussi à se maintenir parmi les pays les plus avancés de la région, notamment à l’aune des critères de sécurité humaine et de développement humain, a poursuivi l’Émir. Pour lui, il n’est pas raisonnable que les divergences de vues sur la meilleure manière de résoudre les crises régionales puissent paralyser l’efficacité d’une organisation régionale aussi importante que le Conseil de coopération du Golfe. « Le blocus du Qatar a porté atteinte à la réputation de ses États membres, et la paralysie qui en résulte affaiblit le rôle auquel aspire le Conseil sur les plans régional et global », a ajouté le Chef d’État.

C’est d’autant plus vrai que peu de progrès ont été accomplis en ce qui concerne les questions en suspens au Moyen-Orient, en particulier la cause palestinienne, « l’un des derniers vestiges du monde colonial » dans le monde, a déploré le Cheickh. Après avoir réaffirmé l’importance de négociations entre les parties au conflit à l’appui de la solution des deux États, il a regretté qu’Israël « rejette » cette option juste. L’Émir du Qatar a également estimé que l’échec à dissuader le régime syrien de commettre des crimes dans le cadre de « la guerre qu’il mène contre son propre peuple », comme à établir ses responsabilités, est de nature à faire perdre « tout sens » au droit international et aux droits de l’homme.

Il a ensuite confirmé la position ferme de son pays à propos du conflit au Yémen, rappelant que les parties doivent œuvrer à la réconciliation nationale et à la fin du conflit sur la base de la résolution 2216 du Conseil de sécurité, de l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe, et des résultats du dialogue national. Le Cheikh a saisi l’occasion pour annoncer l’accord passé par son pays et l’ONU pour lutter contre le choléra au Yémen en soutenant des projets visant à éradiquer les causes de la maladie et à endiguer l’épidémie.

Au sujet de la crise libyenne, il a noté que l’intervention étrangère dans ce pays ne fait que compliquer la situation et empêche de parvenir à un consensus national. Il a réitéré le soutien du Qatar à l’Accord politique de Skhirat signé en décembre 2015. Rejetant toutes les formes de terrorisme, l’Émir a rappelé en conclusion que la guerre que mène la communauté internationale contre ce fléau ne pourra être remportée que sur la base d’une coopération sans faille des États Membres, de l’harmonisation des normes existantes dans le domaine de la lutte antiterroriste, à commencer par une définition commune de la notion de terrorisme, et d’une prise en considération des causes profondes du phénomène.

Lire la déclaration en anglais


Liban

S.E. M. Michel Aoun, Président

26 septembre 2018

Selon M. MICHEL AOUN, Président du Liban, « la réalité nécessite que l’ONU s’améliore » et qu’elle devienne « une force mondiale fondée sur des responsabilités partagées ». Il a constaté qu’à de nombreuses occasions le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure d’adopter des résolutions importantes pour certains États à cause du droit de veto. « Certains États ne mettent pas en œuvre les résolutions du Conseil et cela se fait en toute impunité », a-t-il encore regretté, en évoquant notamment la résolution 425 (1978) sur le retrait d’Israël du Liban. M. Aoun a également jugé important que l’Assemblée générale reflète les tendances de la communauté internationale.

Le Liban a énormément contribué à la Déclaration universelle des droits de l’homme, a rappelé ensuite le Président. Aujourd’hui, le pays favorise les droits de la personne aux niveaux exécutif et législatif et parachève un plan d’action national sur la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité.

« Nous essayons d’atténuer les impacts des conflits autour de nous », a poursuivi M. Aoun en indiquant qu’au niveau sécuritaire, des cellules terroristes dormantes ont été éliminées. Au niveau politique, il a mentionné la tenue d’élections parlementaires qui reflètent toutes les composantes de la société civile, et la formation en cours d’un cabinet conforme aux résultats de ces élections. En outre, des réformes économiques sont en cours.

Pourtant, a insisté le Président, le Liban souffre aujourd’hui encore des conséquences de la situation en Syrie, notamment du flux de réfugiés. Le pays a essayé de les secourir, mais leur nombre va croissant ce qui affecte les communautés locales, avec une augmentation de la criminalité, du chômage et de la densité démographique sur l’ensemble du territoire libanais. « Nous ne pourrons plus nous acquitter de cette lourde tâche », a-t-il averti, lançant un appel pour le retour des déplacés syriens chez eux dans des conditions sûres. Ces Syriens
-plus de 1,5 million- ne sont « pas des demandeurs d’asile au Liban », a-t-il rappelé en soulignant qu’« ils ont quitté leur pays pour les raisons que l’on sait ».

« L’histoire nous a appris que l’injustice entraîne la guerre », a poursuivi M. Aoun. Malheureusement, les approches internationales sur la question du Moyen-Orient sont toujours fondées sur le « deux-poids, deux-mesures », comme le montre la situation des Palestiniens, a-t-il constaté. Il a vivement déploré la décision de ne plus fournir une assistance financière à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). « S’agit-il d’une tentative d’élimination de l’identité palestinienne, afin d’imposer une naturalisation ? »

« Le monde souffre de l’extrémisme et de la radicalisation », s’est lamenté le chef de l’État libanais. « Nous sommes face au refus de l’autre. » Faisant remarquer que la diaspora libanaise est présente partout dans le monde, il a avancé que le Liban serait « le pays idoine », « une plateforme régionale », pour mettre sur pied un institut qui œuvrerait à la promotion du dialogue et de la paix entre races, religions et cultures.

Lire la déclaration en français


État de Palestine

S.E. M. Mahmoud Abbas, Président

27 septembre 2018

« Jérusalem n’est pas à vendre », c’est en ces termes que M. MAHMOUD ABBAS, Président de l’État de Palestine, a commencé son bref tour d’horizon des développements politiques récents dans son pays. Il a indiqué que le Parlement palestinien lui avait demandé de suspendre la reconnaissance d’Israël, jusqu’à ce que ce dernier reconnaisse formellement l’État de Palestine, d’après le tracé des frontières d’avant le 4 juin 1967. Le Parlement palestinien, a-t-il poursuivi, lui a également demandé de saisir les différents tribunaux internationaux, dont la Cour pénale internationale (CPI), afin qu’ils ouvrent des enquêtes sur « les violations par Israël des traités, les agressions des forces d’occupation israéliennes et la terreur semée par les colons à l’encontre de notre peuple, de nos terres et de nos lieux saints ». Ces décisions, a expliqué M. Abbas, l’obligent à reconsidérer aussi bien les accords préalablement conclus avec Israël que le futur de l’Autorité palestinienne, « désormais dépourvue d’autorité ».

Passant ensuite à la question des négociations de paix, M. Abbas a d’emblée exhorté le Président des États-Unis, M. Donal Trump, à revenir sur un certain nombre de ses décisions, dont la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le transfert des locaux de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, la suppression de la question des réfugiés palestiniens et des colonies de peuplement de l’agenda des négociations et, enfin, la classification de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) comme organisation terroriste, alors même que la plupart des pays du monde, y compris Israël, considèrent l’OLP comme la « seule représentante légitime du peuple palestinien ».

Le Président palestinien a appelé les pays qui ne l’ont toujours pas fait de reconnaître l’État de Palestine, dont le Royaume-Uni et les États-Unis. « Je ne vois plus aucune raison valable au report de cette reconnaissance », a-t-il insisté. En 2019, a poursuivi M. Abbas, il est prévu que l’État de Palestine préside le Groupe des 77 et la Chine, qui représente 134 États. Dans ce contexte, il a exhorté les États Membres à étendre le statut de la Palestine à l’ONU –jusqu’ici considérée comme un État observateur– pour la durée de son mandat de présidente, afin de lui permettre d’exercer ses pleines responsabilités au nom du Groupe des 77.

Revenant sur la question des accords internationaux signés par l’État de Palestine, M. Abbas a estimé qu’Israël avait rompu l’intégralité des arrangements conclus. « Soit Israël se conforme à ces accords, soit nous y renoncerons nous-mêmes », a-t-il mis en garde. Il en va de même pour les États-Unis, a déclaré M. Abbas, pour qui l’administration américaine est également revenue sur l’ensemble des accords conclus. Partant de ce constat, le Président palestinien a déclaré qu’il n’accepterait plus une médiation américaine unique dans le cadre du processus de paix. À ses yeux, l’administration américaine « a perdu sa légitimité » en raison de ses décisions récentes.

M. Abbas a fait preuve de la même fermeté s’agissant des accords conclus entre l’Autorité palestinienne et le Hamas. Soit le Hamas décide de les mettre pleinement en œuvre, a-t-il mis en garde, soit nous prendrons nos distances avec tout accord ou mesure conclu sans notre approbation et refuserons d’en assumer la responsabilité.

Sur la question des réfugiés palestiniens, le Président a appelé l’Assemblée générale à garantir son soutien continu, notamment financier, à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Concernant l’avenir des négociations de paix, M. Abbas a indiqué qu’il avait fait figurer en annexe de sa déclaration écrite d’aujourd’hui, à l’attention des États Membres, le texte intégral de l’Initiative politique palestinienne qu’il a lui-même présentée au Conseil de sécurité en février dernier.

Cette Initiative propose l’organisation d’une conférence internationale de la paix, basée sur le principe du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies. La conférence se ferait avec la participation des deux parties, des acteurs régionaux, des membres permanents du Conseil de sécurité, du Quatuor pour le Moyen-Orient et de nombreux autres pays.

Les résultats attendus de la conférence seraient les suivants: un accord sur la reconnaissance de l’État de Palestine en tant que Membre de plein droit des Nations Unies; la reconnaissance mutuelle de l’État de Palestine et de l’État d’Israël sur la base des frontières d’avant 1967; et la création d’un mécanisme international multilatéral pour aider les deux parties à résoudre les questions en suspens liées au statut final défini dans les Accords d’Oslo (Jérusalem, les frontières, la sécurité, les colonies, les réfugiés, l’eau et les prisonniers) et à mettre en œuvre les décisions prises selon un calendrier précis.

En second lieu, l’Initiative politique palestinienne propose que, durant la durée des négociations, toutes les parties s’abstiennent de prendre des mesures de nature à remettre en cause le résultat final. Cela suppose, selon la proposition, la cessation de toutes les activités de colonisation, la suspension de toute décision liée à Jérusalem et le gel du transfert de l’ambassade américain dans la ville sainte.

Enfin, la proposition palestinienne demande la mise en œuvre de l’Initiative de paix arabe et la conclusion d’un accord régional pour donner suite à la signature d’un accord de paix entre Palestiniens et Israéliens. Le cadre des négociations de ces accords serait également basé sur le principe de la solution des deux États, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine. M. Abbas a tenu à préciser qu’il est question de tout Jérusalem-Est et non pas d’une « sous-partie ».

Lire la déclaration en anglais



Yemen

S.E. M. Abdrabuh Mansour Hadi Mansour, Président

26 septembre 2018

M. ABDRABUH MANSOUR HADI MANSOUR, Président du Yémen, a dit lutter contre la guerre imposée au peuple yéménite par « des milices soutenues par l’Iran et le Liban ». Il a accusé celles-ci de recruter des enfants par la force, de semer le chaos dans les institutions nationales et de recueillir les fonds envoyés par les organisations internationales et les donateurs, avant d’assurer que son gouvernement cherche à créer un état civil fédéré dans lequel les droits de la personne sont respectés, une société dans laquelle l’équité et l’égalité prévalent. Les difficultés au Yémen ne sont pas simplement liées à un coup d’État mais plutôt à une série de tentatives pour saper les fondements même de la coexistence entre Yéménites et des principes nationaux, a estimé le Président Mansour. Il a dénoncé « ces groupes religieux qui croient en leur droit divin de régner » et qui se considèrent comme « une race unique » que les autres doivent glorifier, avant d’accuser ces milices d’être des « marionnettes de l’Iran et du Hezbollah ».

Le Président en a appelé à la communauté internationale pour qu’elle exerce une pression sur l’Iran, afin que ce pays cesse d’appuyer les milices houthistes. « L’Iran se livre à une intervention manifeste au Yémen où il finance et arme les milices houthistes, met en péril les voies maritimes et soutient le terrorisme du côté des houthistes mais également d’Al-Qaida et de Daech », a précisé M. Mansour. Le Gouvernement yéménite n’a eu de cesse de rechercher la paix, « cycle après cycle de négociations », le dernier en date à Genève, a-t-il assuré avant d’accuser l’intransigeance des houthistes qui déçoit les espoirs yéménites quant à tout progrès possible même sur le plan humanitaire.

« Nous voulons la paix et ne plaidons pas pour la vengeance », a déclaré le Président Mansour qui souhaite une paix durable et la fin du monopole des armes. Pour lui, il n’y aura pas de paix « en essayant de faire ami-ami avec les milices », mais plutôt par l’application des résolutions pertinentes qui appellent les houthistes à se retirer des villes et à déposer leurs armes. Quant aux efforts de son gouvernement pour protéger les civils, il a réaffirmé son engagement en ce sens et a dit tout faire pour éviter toute cible civile comme les écoles et les hôpitaux. D’ailleurs, une commission a été mise en place pour enquêter sur toute violation potentielle, et le recrutement d’enfants a été interdit, a-t-il précisé.

Quant aux difficultés économiques du Yémen, il a expliqué qu’elles sont liées au fait que les milices ont épuisé les ressources du pays. Pour y remédier, la commission économique a été autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la dévaluation de la monnaie nationale et pour relancer l’économie nationale, notamment en permettant les exportations de pétrole et de gaz et mettant fin à la fuite des capitaux. « Les dépôts saoudiens ont permis d’atténuer la crise économique » a indiqué le Président Mansour mais son pays a toujours grand besoin du soutien de la communauté internationale.

Abordant également la question du terrorisme, il a reconnu qu’il reste une menace qui pèse sur la paix, la sécurité et le développement du pays. Il s’est dit déterminé à lutter contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent par un ensemble de mesures et l’échange d’information avec les parties prenantes régionales et internationales.

« Au XXIe siècle, nous ne pouvons plus accepter le règne des Mullahs », a conclu le Président Mansour qui se sent responsable devant Dieu et son peuple de mettre fin à « cette guerre qui a été imposée à mon pays ». Il a remercié l’Arabie saoudite pour son soutien en vue de la reconstruction et du développement du Yémen, ainsi que les organisations humanitaires, les donateurs et pays amis pour leurs efforts exceptionnels sur le plan humanitaire.

Source : ONU, 25-09-2018

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Commentaire recommandé

Nanie // 19.10.2018 à 08h23

Ce focus sur les problemes du Moyen Orient, problèmes suscités et entretenus par l’Occident dont l’Europe, nous donne une vision globale de la crise des relations internationales. Aucune issue en perspective, si les guerres alimentées de part et d’autre ne cessent d’exister.

4 réactions et commentaires

  • Nanie // 19.10.2018 à 08h23

    Ce focus sur les problemes du Moyen Orient, problèmes suscités et entretenus par l’Occident dont l’Europe, nous donne une vision globale de la crise des relations internationales. Aucune issue en perspective, si les guerres alimentées de part et d’autre ne cessent d’exister.

      +7

    Alerter
  • Amora // 19.10.2018 à 12h46

    Quand on les écoute, presque tous ont fait un discours de propagande bien formaté et huilé. Sans nullement tenir compte des autres discours. Chacun dans sa bulle.

      +2

    Alerter
    • RGT // 19.10.2018 à 21h59

      Et ça vous étonne ?

      Les “grands discours” de l’ONU, de même que les “grandes allocutions” des dirigeants de tous les pays de cette planète sont uniquement destinés à démontrer leur grande détermination à préserver les intérêts de la Paix , les intérêts de leur peuple , leur postérieur dodu de tout shoot qui les enverrait directement sur orbite…

      Un dirigeant pense d’abord à son propre intérêt, puis à celui de ses “amis”, puis à celui de son “peuple” (du moins ceux qui sont fréquentables), puis au reste de “sa” population (les gueux), et enfin à la paix avec ses voisins.

      Sauf si ledit voisin fait partie de ses “amis”, dans ce cas il se retrouve en seconde position..

      Aucun dirigeant ne tient un discours s’il n’y voit pas un intérêt particulier pour sa propre carrière.

      Ensuite, dans le cas de certains pays, c’est simplement pour demander aux autres pays d’arrêter de foutre le bordel sur “ses” terres, ce qui est justifié pour sa propre population (qui lui foutra la paix en retour).

      Par contre, le dirigeant qui harangue les foules pour justifier ses guerres réelles ou sournoises (par “libérateurs” interposés) et s’octroyer l’accord de la population suite à une campagne de propagande bien menée le fait pour des raisons purement lucratives. Soit pour profiter du fruit des rapines, soit pour bénéficier de la “gratitude” de ceux qui en profitent.
      Ne vous en faites pas, ce n’est pas nouveau. Depuis que les humains se sont “civilisés” c’est la règle car aucun dirigeant ne pourrait aller dépouiller ses voisins sans un minimum d’accord de “sa” population.

      Ce qui me sidère chaque jour, c’est que des personnes “censées” être intelligentes, éduquées, cultivées et informées se laissent manipuler avec une telle aisance et ne s’indignent pas du comportement des dirigeants qui ensuite feront porter le chapeau de leurs ignominies à la population qui n’a rien demandé.
      Il suffit de contempler la contrition de notre “Grand Gourou” au sujet de la colonisation pour en être convaincu.
      Aucun mea-culpa concernant les dirigeants qui ont organisé cette horreur.
      Par contre, la population se retrouve culpabilisée pour des faits sur lesquels elle n’avait aucune influence.
      Et les profiteurs continuent à se vautrer dans le luxe des fortunes acquises par leurs ancêtres sans le moindre complexe ni le moindre remord.

        +4

      Alerter
  • Fritz // 20.10.2018 à 06h25

    Vice-Premier ministre syrien, Walid al-Mouallem « a dit que son pays est ouvert à l’assistance internationale pour sa reconstruction, avec les États qui n’ont pas pris part à l’agression contre la Syrie. A contrario, les pays ayant soutenu le terrorisme en Syrie ne sont ni conviés ni les bienvenus, a-t-il prévenu ».

    Fabius, pourquoi tu tousses ?

      +2

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