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27.octobre.201927.10.2019 // Les Crises

Patrick Lawrence : Accélération du déclin impérial

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Source : Consortium News, Patrick Lawrence

La politique étrangère de Washington à l’égard de l’Iran est dictée par le désespoir plutôt que par une compréhension raisonnée d’un monde en pleine mutation historique. Cela ne peut conduire qu’à une succession continue d’échecs.

Les événements cinétiques de la semaine dernière à Washington, à Téhéran et dans le golfe Persique ont été révélateurs. Le président Donald Trump a prouvé qu’il était le gardien de la paix, entouré qu’il est de bellicistes, lorsqu’il a avorté une attaque aéroportée contre l’Iran jeudi soir. Les Iraniens continuent d’agir avec une retenue admirable face aux provocations incessantes.

D’autres provocations de ce genre ne manqueront pas d’arriver. Trump a annoncé ce week-end qu’il imposera une série de « nouvelles sanctions majeures » contre l’Iran lundi. Après une cyber-attaque mineure contre une agence de renseignement iranienne la semaine dernière, le Pentagone a dressé une liste d’entités iraniennes qu’il envisage d’inclure dans une campagne plus vaste contre la cyberguerre.

Trump : De nouvelles sanctions et d’autres provocations à venir. (La Maison Blanche/Shealah Craighead)

Mais il y a des vérités plus fondamentales à tirer de l’escalade rapide des hostilités de Washington contre Téhéran. Elles sont au nombre de quatre. Prises ensemble, elles offrent un instantané d’une puissance impériale dont le déclin s’accélère.

Élites paralysées

Premièrement, la détermination de Trump à éviter de nouvelles guerres aventureuses inutiles a divisé Washington dans une mesure sans précédent, au moins depuis la débâcle du Vietnam. Outre les factions bellicistes au sein de l’administration et de l’appareil de sécurité nationale, une majorité apparente au Capitole – tant libérale que républicaine – est favorable à la guerre comme principal instrument de la politique étrangère américaine au Proche-Orient.

Cela suggère fortement que les élites de la politique étrangère de Washington sont effectivement paralysées, c’est-à-dire incapables de faire face aux réalités d’un nouveau siècle avec de nouvelles idées. L’autorisation de Trump de la cyberattaque de la semaine dernière et sa promesse subséquente de nouvelles sanctions semblent être des tentatives pour apaiser les rangs de plus en plus nombreux de bellicistes qui le pressent d’approuver une confrontation militaire avec l’Iran. C’est au crédit de Trump qu’il a jusqu’à présent tenu tête à ceux qui s’opposent à lui. On ne sait pas exactement pour combien de temps il pourra le faire. Il y a des spéculations éclairées que Trump n’a jamais approuvé l’attaque qu’il a annulée à la dernière minute jeudi soir.

Crédibilité en chute libre

Deuxièmement, la capacité de Washington d’imposer une narration égoïste aux événements mondiaux en est aux derniers stades de l’effondrement. L’acceptation générale des comptes rendus officiellement approuvés des actions et des intentions des États-Unis a été essentielle à l’exécution efficace de la politique étrangère américaine, du moins depuis le début de la guerre froide, à la fin des années 1940. Il s’agit d’un atout de moins en moins précieux, comme en témoignent les cas de l’Ukraine, de la Syrie et maintenant de l’Iran.

Le compte rendu de Washington sur les événements survenus dans le golfe Persique depuis l’attaque de deux cargos il y a deux semaines s’est heurté à une résistance ouverte en 24 heures, notamment de l’Allemagne, de l’Union européenne et du Japon – tous des alliés de longue date de l’Amérique. On ne saurait trop insister sur l’importance de cette question. Si les États-Unis ne peuvent plus contrôler les discours acceptés, leurs alliances mondiales s’affaibliront progressivement. Ce processus est déjà évident, notamment dans la tension croissante entre Washington et ses alliés transatlantiques.

Phase de désespoir

Troisièmement, au crépuscule de sa longue prééminence, les États-Unis sont entrés dans ce que l’on pourrait qualifier de phase désespérée. N’ayant pas eu besoin de pensée imaginative ou d’innovation politique pendant plus de sept décennies, Washington se trouve dans l’incapacité d’y parvenir. Au lieu de cela, il adopte une posture de résistance perpétuelle à mesure qu’un nouvel ordre mondial multipolaire et historiquement inévitable émerge. En un mot, l’Amérique agit maintenant comme un saboteur partout où ce nouvel ordre est émergent.

Cela est évident dans une variété de contextes. Au premier rang de ceux-ci figurent l’interdépendance très dense de l’Europe occidentale avec la Russie, qui ne cesse de s’approfondir malgré les objections des États-Unis, et le désir universellement partagé d’instaurer une paix durable en Asie du Nord-Est. Dans le cas de l’Iran, Washington refuse la place indéniable de la République islamique d’Iran en tant que puissance régionale, dépeignant sans cesse une nation qui se consacre à la sécurité régionale comme un promoteur de la terreur qui a l’intention – pour des raisons jamais expliquées – de déstabiliser ses pays voisins.

Le président russe Vladimir Poutine en visite à Versailles avec le président français Emmanuel Macron, 2017. (Kremlin.ru, CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

Une politique étrangère qui repose sur le désespoir plutôt que sur une compréhension raisonnée d’un monde en évolution historiquement significative ne peut conduire qu’à une succession continue d’échecs. Si les nombreux adversaires de Trump à Washington l’emportent et déclenchent une confrontation militaire avec l’Iran, la crise actuelle dans le Golfe Persique s’inscrira parmi ces échecs. Le résultat pourrait être évident dans quelques semaines, sinon plus tôt.

Isolement

Enfin, il y a la question de l’isolement croissant de Washington. Pendant les décennies de l’après-guerre, les États-Unis étaient « seuls au monde » – comme le disait le journaliste italien Luigi Barzini – en raison de leur domination incontestée. Pour le meilleur ou pour le pire, l’Amérique a dirigé. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la situation s’est inversée : les États-Unis sont de plus en plus seuls parce qu’ils rechignent sans cesse à s’adapter au XXIe siècle, refusant d’accepter le fait que le XXe siècle est passé.

Il n’y a pas encore eu de brèche ouverte entre les États-Unis et leurs alliés de l’après-guerre. Mais il n’est pas difficile d’imaginer que l’on se trouve à mi-chemin – une éventualité qui était impensable il y a une dizaine d’années encore. Le fossé transatlantique s’est progressivement creusé après que l’administration Obama eut contraint l’Europe à se conformer aux sanctions qu’elle avait imposées à la Russie après le coup d’État provoqué par les États-Unis en Ukraine il y a cinq ans. Trump l’a considérablement élargi lorsqu’il s’est retiré l’an dernier de l’accord de 2015 régissant les programmes nucléaires de l’Iran.

Personne en Europe ne perd de vue que la crise actuelle dans le golfe Persique est le résultat direct – et peut-être le résultat escompté – de cette décision imprudente. Si les factions bellicistes de Washington persistent dans leurs efforts transparents pour provoquer un conflit militaire avec l’Iran, le risque d’une rupture en plein milieu de l’alliance occidentale sera d’autant plus grand.

Les États-Unis demeurent incontestablement la nation la plus puissante du monde, comme on le fait souvent remarquer. Mais le hard power est en train de perdre son influence : c’est l’une des principales caractéristiques de notre nouveau siècle. Il importe maintenant de faire la distinction entre les nations fortes et les nations simplement puissantes. La plupart de ce que les États-Unis font à l’étranger en est venu à démontrer le contraire de leur intention. L’Amérique émerge comme une nation puissante mais faible, ses dirigeants divisés et incapables de repenser sa position mondiale. Et une perte de puissance est l’essence même d’une nation en déclin.

Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger depuis de nombreuses années, principalement pour l’International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, auteur et conférencier. Son livre le plus récent est « Time No Longer : Americans After the American Century » (Yale). Suivez-le sur Twitter @thefloutist. Son site web est Patrick Lawrence. Soutenir son travail via son site Patreon.

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 23-06-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Je me marre // 27.10.2019 à 06h52

” L’hégémonie de la terreur américaine est morte et enterrée.”

Rien n’est plus dangereux qu’un animal blessé dont le pouvoir de destruction reste immense.

34 réactions et commentaires

  • martin // 27.10.2019 à 06h22

    Il faut lire Martyanov (2019). Les Etats-Unis sont totalement dépassés par la “révolution dans les affaires militaires” accomplie par Pékin et surtout par Moscou. Hier, Washington pouvait frapper en restant à l’abri, aujourd’hui le retour de flamme est garanti. Et à quelle échelle! Cette révolution (majeure) les paralyse littéralement tandis que les puissances secondaires deviennent elles-mêmes inattaquables. C’est le cas de l’Iran par exemple. L’oligarchie politique US, que son exceptionnalisme rendait jusqu’ici aveugle, est aujourd’hui contrainte de l’admettre à son tour. Il demeure possible de menacer, mais il n’est plus possible d’agir, sinon de façon détournée. L’hégémonie de la terreur américaine est morte et enterrée. Le nouveau monde est là. Enfin.

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    • Je me marre // 27.10.2019 à 06h52

      ” L’hégémonie de la terreur américaine est morte et enterrée.”

      Rien n’est plus dangereux qu’un animal blessé dont le pouvoir de destruction reste immense.

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      • martin // 27.10.2019 à 07h08

        La métaphore de l’animal blessé repose sur l’idée que le fauve affaibli possède encore ses griffes et ses dents pour attaquer, mais la Navy n’a plus ni dents ni griffes, elle est désarmée face aux nouvelles technologies russes. C’est cela, précisément, qui constitue la “révolution dans les affaires militaires” dont le meilleur descripteur est Martyanov (2019).

        Rapportées à ce fait, les considérations économiques, diplomatiques, énergétiques et autres, sont complètement secondaires. La variable centrale est la force militaire. Macron l’a bien compris, qui lorgne vers Moscou.

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        • Nakor le cavalier bleu // 27.10.2019 à 10h43

          Ils ont encore, dans leur antique arsenal, une arme dangereuse. Le feux. Non pas grégeois, mais nucléaire. Soyons prudents donc.
          Même sur le déclin, l’Empire garde tout de même en stock assez de matériel pour se lancer dans un baroud d’honneur destructeur. Sans compter de nombreuses forces dans le monde, certes pas de première forme, mais nombreuses et mieux armées, entraînées et expérimentées que la plupart des armées, le tout avec une capacité de projection sérieuse.
          Ils sont encore, sur le plan qualitatif, “meilleurs” que l’armée italienne, turque, ou maltaise. A prendre au sérieux donc.

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          • martin // 27.10.2019 à 11h25

            Cette sage réponse est cependant incomplète en ce qu’elle ne prend pas en compte l’ensemble du processus de déconfliction planétaire. Un seul exemple: certains états africains, toujours contraints de confier leur défense à d’autres avec tous les dangers et toutes les dépendances associés, sont en train de discuter l’acquisition de systèmes antiaériens sûrs et d’avions d’interdiction avec les russes. Leur regard se porte sur le Mig 35, un chasseur moyen très bon marché capable d’affronter victorieusement tout ce qui vole, y compris les avions furtifs US. Souveraineté africaine à l’horizon? Ce n’est là qu’un exemple.

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            • Grd-mère Michelle // 27.10.2019 à 19h33

              “…processus de déconfliction planétaire.” ???
              “souveraineté africaine…”?
              Hélas, je vois surtout un processus de néo-colonisation de la malheureuse (aux sols si riches!) Afrique par les russes et les chinois(je parle bien sûr ici de leurs dirigeants, pas des pauvres peuples durement opprimés et exploités).

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            • Logique // 27.10.2019 à 19h47

              “Hélas, je vois surtout un processus de néo-colonisation”

              Il faudrait étayer votre affirmation. Car – à ce que j’ai compris – la Russie et la Chine veulent conclure des échanges gagnant-gagnant, contrairement aux vieux et nouveaux colonisateurs qui n’ont cherché qu’à piller l’Afrique à bon compte et tout récemment qu’à semer le chaos (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, etc.).

              A votre bon coeur:

              https://fr.sputniknews.com/search/?query=Afrique

              Il semblerait que certains Africains sont demandeurs.

              Question subsidiaire: qui sait combien la France avait formé d’ingénieurs agronomes algériens au moment de l’indépendance? La réponse ne court pas les rue. Je ne suis pas sûr qu’elle se trouve sur internet.

              Je vous donnerai la réponse demain soir. Avis aux amateurs qui auraient une idée.

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      • Ando // 27.10.2019 à 11h28

        Militairement, le regime étasunien ne declenche une attaque que lorsque le rapport de force est très massivement en sa faveur. Contrairement aux nations européennes, autrefois, qui ont eu un long passé de nations guerrières, on ne trouve pas dans la pratique étasunienne cette idée qu’une confrontation militaire reste jouable à égalité ou même en position d’infériorité. Les qualités combattantes des troupes étasuniennes sont faibles. A défaut d’un avantage technologique, qu’ils n’ont plus aujourd’hui, les États-Unis sont simplement incapables d’affronter n’importe quel adversaire vraiment significatif.

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        • Bruno Kord // 27.10.2019 à 16h35

          Bonjour Ando,
          Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en lisant votre commentaire sur le fait que “les qualités combattantes des troupes étasuniennes sont faibles”.
          Je vous invite à lire les avis des militaires japonais sur les qualités américaines avant Pearl Harbor. Exactement ce que vous écrivez. Cet avis était aussi partagé par la plupart des Nazis .
          En remontant dans le passé, les Espagnols avaient aussi une piètre opinion des qualités combattantes des “Gringos”.
          Enfin, lors de la guerre de Sécession, les Sudistes disaient aussi cela des Yankees.
          Tous, à l’expérience, ont déchanté.
          Les Etats-Unis sont ce qu’ils sont . Mais croire qu’ils seraient de piètres combattants parce qu’ils privilégient l’établissement d’un rapport de force avant de déclencher les hostilités est une erreur.

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          • Logique // 27.10.2019 à 20h11

            Le problème, c’est que le public américain ne supporte plus de voir les cercueils de ses enfants revenir alors qu’il ne comprend pas – pour la majorité – ce que son pays fout si loin de ses frontières. D’où le recours à des proxies, islamistes (Syrie, Libye, Irak) ou néo-nazis (Ukraine) ou à des Latinos à qui on promet la nationalité US s’ils s’engagent. Toujours besoin de chair à canon pour faire le sale boulot. Ou alors on balance des missiles comme en Syrie suite à une attaque chimique sous faux drapeau. Vous remarquerez que pour ça, il y a toujours un pognon de dingue.

            Ils sont tellement vaillants que maintenant certains pilotent des drones depuis le Nevada pour assassiner des ennemis aussi bien que des civils. Imaginons qu’une des cibles aient les moyens de faire de même…

            Ils sont tellement vaillants qu’ils avaient élaboré un projet de frappes nucléaires contre l’URSS et les pays de l’Est en visant les capitales et pas ou pas seulement les centres de commandement. Comme au Japon où ils ont visé des villes sans intérêt stratégique, mais dans le but de terroriser.

            Pas sûr qu’un nouveau projet ne soit pas déjà prêt.

            Maintenant si on prend la WW2, les ricains ont quand même pris une déculottée dans les Ardennes, et auraient été sans doute rejetés à la mer si ce n’était le front russe où plus des 3/4 des forces les plus aguerries étaient stationnées. Ce sont les Soviétiques qui ont été sous-estimés par les Allemands. D’ailleurs qui a permis l’entrée en guerre de l’Allemagne si ce ne sont des compagnies comme Standard Oil, Ford, des banques US, etc.

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          • Ando // 28.10.2019 à 08h43

            Je pensais en particulier aux commentaires des officiers généraux de ce qu’il restait de la Wehrmacht en 1944, des Français de l’armée d’Afrique qui firent la campagne d’Italie et qui libererent le pays après le débarquement de Toulon. Ils disent la même chose sur l’infanterie étasunienne en action : peu fiable au combat, peu mordante, prend la fuite facilement.Bien sur, il y a forcément des exceptions.

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  • Je me marre // 27.10.2019 à 06h26

    La photo:
    “Le président russe Vladimir Poutine en visite à Versailles avec le président français Emmanuel Macron, 2017.”

    Et non: “le président français avec le président russe”, tout est dit aussi bien dans leur attitude respective que dans la légende!

    Mais comment a-t-il pu être élu?

    https://duckduckgo.com/?q=macron+cri&t=ffsb&iax=images&ia=images

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    • Louis Robert // 27.10.2019 à 06h44

      Comment a-t-on pu l’élire? Voter pour ça?

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    • GérardB // 27.10.2019 à 10h35

      Il n’a pas été élu. Ceux qui sont allés aux urnes au second tour ont voté dans leur immense majorité contre Le Pen et pas pour lui.

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      • Fritz // 27.10.2019 à 10h42

        J’ai déjà entendu cette excuse de la part de ceux qui ont voté Macron le 7 mai 2017.
        Textuellement : « je n’ai pas voté Macron, j’ai voté contre… »
        Je rejette cette excuse jésuite : les citoyens sont responsables de leur vote.
        Et grâce à leur vote, le fondé de pouvoir du Medef est à l’Élysée.

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        • koui // 27.10.2019 à 11h26

          J’ai préféré Macron a Le Pen. Sans regret. Entre Schiappa et Zemmour, j’ai fait mon choix.

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        • Chris // 27.10.2019 à 11h54

          Perso, j’ai voté contre le yuppie Macron et non pas pour Le Pen.
          Vu sa carrière et son réseau, je savais ce qui nous attendait, encore pire que Sarkollande, car il a la hargne et l’irresponsabilité de la génération Y (lorsque la virtualité s’emparait de la vie quotidienne) bourgeoise hyper gâtée du “tout pour ma gueule”, “z’ont qu’à” de cette caste française qui a déjà vendu son peuple plusieurs fois lors des guerres du 20e siècle, voire avant !

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          • Logique // 27.10.2019 à 19h35

            Voter Le Pen au second tour et aux troisième et quatrième on choisit tout sauf le RN. Cohabitation, c’est le premier ministre non-RN qui gouverne. La Constitution est enfin respectée, parce qu’autrement le premier ministre n’est que le collaborateur, au mépris de la loi fondamentale.

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  • Louis Robert // 27.10.2019 à 06h40

    Sur cette pente abrupte et glissante, l’Empire tente désespérément de s’accrocher, de s’empêcher d’être emporté, impitoyablement, dans le courant impétueux du nouveau monde qui rugit, poursuivant sa course irresistible vers le large. Cette chute fatale marque la fin d’une courte époque détestable, bientôt oubliée… sans même se retourner.

      +7

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    • Chris // 27.10.2019 à 12h21

      Quand Trumps a fait campagne, j’ai compris qu’il voulait se débarrasser de l’empire qui engloutissait la nation américaine : le Moloch deep state contre lequel le président républicain Dwight Eisenhower avait mis garde les Américains dans son discours d’adieu en janvier 1961.
      Seul un profil psychologique comme le sien, quasi révolutionnaire et profondément anticonformiste est capable de mener à bien cette tâche.
      Comme le souligne cet article, malgré une obstruction totale de la part de ses adversaires et l’hyperactivité de la CIA & Cie et les médias aboyeurs de guerre, les USA ne se sont pas engagés dans d’autres guerres, même si cette prudence est dictée par la technologie militaire avancée sino-russe.

        +9

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      • Louis Robert // 27.10.2019 à 18h58

        Je n’ai aucune confiance en un Trump ni en son dérisoire et fluctuant «aréopage». Je le crois être, à tort ou à raison, l’incarnation même de l’Empire. Sans envergure, inculte et grossier personnage, Trump m’apparaît être tout sauf un «révolutionnaire » et n’avoir rien d’un chef d’état.

        Je partage en cela l’opinion de l’auteur, Patrick Lawrence: vide et obstruction ne font pas une politique, n’ayant intrinsèquement, donc naturellement et nécessairement, aucun avenir. Manque l’essentiel: la vision, la créativité et le savoir-faire. Bref, tout ce qui est mondial, planétaire, dépasse de bien trop loin les capacités de ces créatures. Elles n’ont rien de valable à contribuer à la Cité, seulement tout le poids de leur abyssale médiocrité.

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  • calal // 27.10.2019 à 07h41

    Peut etre que trump et les americains derriere lui sont en train de reagir face a ce changement de paradigme.Ils tirent les lecons du passé et particulierement des pieges ou l’empire romain s’est perdu: hubris et incompetence des dirigeants, dissolution des moeurs au sein des familles romaines,extension totalement incontrolee et improductive de l’empire et de sa monnaie. Derriere trump,il y aurait donc des gens issus du capitalisme entreprenarial et du monde de la production “reelle”,de la manosphere ( reaction face au feminisme et a l’etat providence) et des amoureux de la liberte et de la paix ( pax americana comme pax romana imposée certes par la force mais pas si la majorite d’un peuple “delivré” ne le veut pas d’ou le debut d’un retour d’un isolationnisme us) .

      +3

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  • weilan // 27.10.2019 à 08h01

    Donc, Trump apparaît tel l’unique et fragile rempart contre la horde des bellicistes hélas largement majoritaires à Washington. Fragile pour deux raisons: tentative d’impeachment et réélection douteuse en 2020.
    Ces mêmes deux raisons me font prévoir l’apocalypse pour 2021 ou 2022 au plus tard, car je ne doute pas un instant que le parti des bellicistes finisse par l’emporter.

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    • Chris // 27.10.2019 à 12h24

      Non, Trump, sauf mort d’homme à la JFK, sera ré-élu. Les bellicistes sont tellement désespérés, inaptes… et ineptes, qu’ils se tirent des balles dans les pieds avec un entrain surprenant.

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  • Fritz // 27.10.2019 à 08h21

    Cet article de Patrick Lawrence date de quatre mois déjà. Il me semble toujours juste même s’il passe sous silence la dimension militaire rappelée par @martin. Espérons qu’un(e) belliciste ne sera pas à la Maison Blanche après 2020. Mieux vaut un homme réaliste et prudent pour gérer le déclin de l’empire américain.

    Le choix de nos médias est prévisible : ils vont tout faire pour passer sous silence les candidats pacifistes, comme avec Ron Paul en 2008 et 2012 ; ou ils vont les discréditer, comme avec Tulsi Gabbard. Ne doutons pas de leur inventivité pour nous vendre les pires candidats. En 2016, France Inter présentait Hillary Clinton comme « une femme de gauche ».

      +30

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  • Sloughi // 27.10.2019 à 08h35

    Enfin un commentaire objectif sur les Usa et leur politique incendiaire.
    Il faudrait compléter par la montée de la Russie partout avec une politique coopérative qui lui réussi aux côtés de la Chine qu’elle emmène partout.

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    • martin // 27.10.2019 à 11h01

      En effet, la Russie contemporaine renoue avec la tradition qu’elle avait initiiée, à l’initiative de Nicolas II, avec la Conférence Internationale pour la Paix de La Haye, en 1899, et dont le Comte Mouraviov était le coeur vibrant.
      Bienvenue à la diplomatie russe enfin de retour après un siècle de barbarie. Bienvenue aux relations internationales fondées sur le droit. Et pour faire bonne mesure, bienvenue à la Vierge Sainte! A la fin de sa vie, Léon Bloy n’attendait plus que les “cosaques et le Saint-Esprit”. Bingo Léon, voici les deux.

      PS: en prime, l’ultra-libéralisme à la benne!

        +11

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    • Grd-mère Michelle // 27.10.2019 à 19h01

      Dans la semaine qui a suivi les sanctions contre la Russie, Poutine s’est rendu en Chine pour conclure des accords commerciaux au sujet du GAZ(une des principales richesses du sol russe, qui me chauffe en ce moment, et dont les bénéfices parviennent, tant bien que mal, à faire VIVRE l’immense peuple russe).
      Dès la seconde guerre mondiale, les USA ont très bien compris qu’une alliance forte entre l’est et l’ouest du continent européen(de l’Atlantique à l’Oural-qui fut aussi l’idée de Gorbatchev) serait fatale à leur projet expansionniste(d’où la guerre froide, puis l’invasion commerciale des “satellites” de l’ex-URSS, jusqu’aux révolutions “oranges”).
      Au-delà des supputations qu’on peut faire à propos du bellicisme des dirigeants des “grandes puissances”(toutes nucléaires), ne pas oublier que, quel que soit leur âge, ils seront bientôt tous morts(comme vous et moi…car une vie humaine est courte, au regard de l’histoire des civilisations).

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  • moshedayan // 27.10.2019 à 09h49

    “Comment a-t-on pu voter pour un tel président ?” vous vous posez cette question.
    Récemment j’ai regardé plusieurs vidéos : l’une avec Jirinovsky qui racontait devant Soloviev que les gens sont responsables de leurs actes et pas seulement une seule personnalité en parlant de Staline. Il n’était pas seul à agir et il a même pr’écisé que, dans sa famille, il y avait des aïeuls qui avaient participé à l’élimination des nationalistes ukrainiens dans l’ouest de l’Ukraine.
    Puis une vidéo de septembre 2019 sur votre chaîne LCi où Emmanuel Todd disait que votre président Macron a été sauvé grâce à son socle électoral de droite d’environ 37%, socle solide précisait-il.
    Je crois que vous avez la réponse. Il y a encore une part importante de votre peuple qui le voudra plus à un choix de Mme Le Pen.
    Enfin je terminerai sur une prudence à l’égard de la puissance de la Russie et du président Poutine, en invitant à regarder cette vidéo sur la catastrophe du Koursk sous-marin.
    https://zen.yandex.ru/media/redakciya/neudobnaia-pravda-o-gibeli-kurska-pochemu-ona-utonula-5d5fda7f5eb26800ac99cd28
    Cette vidéo montre le fait que Poutine n’a pas pu avoir tous les éclaircissements sur cette catastrophe et la capacité de limoger plusieurs hauts responsables de la Marine russe. Enfin je rappellerai de la voix même des militaires russes si le programme des missiles hypersoniques n’est que sur “de très bons rails” mais pas terminé.

      +3

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    • martin // 27.10.2019 à 10h17

      Exact. La seconde génération des missiles hypersoniques russes est déjà en préparation, en particulier le missile Monolith. Il s’agît d’un missile hypersonique de petite taille qui pourra être embarqué sur des avions et des hélicoptères afin de dominer le champ de bataille. Un véritable enfer pour l’ennemi potentiel. Et, comme aime à dire Poutine “ce n’est pas tout”.

      Rappelons cependant que le Khinzal est déjà opérationnel et que le Zyrcon le sera très bientôt.

      A ceux qui parlent d’une nouvelle course aux armements, il faut rappeler que la Russie n’y participe pas. Elle marche tranquillement loin devant tout le monde.

        +15

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  • Duracuir // 27.10.2019 à 12h08

    Mouai,
    comme on dit, quand une étoile commence à mourir, il y a le moment super-nova.
    Et ça fout les j’tons.
    Et comme ces gens là sont imprégnés de messianisme lincolniens, ils sont persuadés que les USA ne peuvent mourir que par un suicide.
    Et je vois bien cette nation se suicider en tuant toute la famille d’abord.

      +11

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  • Kiwixar // 27.10.2019 à 13h27

    J’espère que pour punir le ROW (reste du monde) de se moquer d’eux, ils interdiront bientôt à leurs meilleures entreprises d’exporter leurs “fleurons” (B737, Windows10, Google, Amazon, Facebook). Même en cherchant bien, je ne vois absolument aucun produit ou entreprise zunienne qui ne manquerait. Adobe Indesign?

      +7

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  • tchoo // 27.10.2019 à 20h57

    Ne mesestimer pas la capaci6US à déstabiliser n’importe quel pays. Leur capacité de nuisance reste intacte tant que le dollar reste prépondérant

      +4

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  • scc // 28.10.2019 à 20h09

    La capacité de nuisance des USA ne réside pas uniquement dans ses forces armées et ses opérations de déstabilisations et de régime change. Leur nuisance économique grâce aux sanctions économiques extraterritoriales n’ont rien à leur envier. Et ces sanctions ne se bornent pas aux états qu’ils considèrent voyous mais…au reste du monde. Le racket mafieux est érigé au rang de la diplomatie.
    Cela ne pourra pas non plus durer éternellement mais entretemps tout le monde courbe l’échine.

      +2

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