Source : John Pilger, 27-06-2016

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La décision de quitter l’Europe votée par la majorité des Britanniques est un acte parfaitement démocratique. Des millions de gens ordinaires ont refusé de se laisser impressionner, intimider et mépriser par les analystes des principaux partis, le monde des affaires, l’oligarchie financière et les grands médias.

Ce fut en grande partie le vote de ceux qui étaient déçus et démoralisés par l’arrogance des défenseurs d’une politique de maintien dans l’UE associée à la déconstruction d’une politique sociale équitable en Grande Bretagne. Le service National de Santé, dernier bastion des réformes historiques de 1945, a été à ce point démantelé par les Conservateurs et les Travaillistes partisans des privatisations qu’il en est réduit à devoir se battre pour sa survie.

L’alarme a été déclenchée quand George Osborne, secrétaire au trésor, incarnation de l’ancien régime britannique et de la mafia bancaire en Europe, a menacé d’amputer de 30 milliards de £ le budget des services publics si la population faisait le mauvais choix. Ce chantage était scandaleux.

Le problème de l’immigration a été exploité au cours de la campagne avec un cynisme achevé non seulement par les populistes délirants d’extrême droite mais aussi par les travaillistes traînant avec eux une vieille tradition de racisme, symptôme de corruption du sommet plutôt que de la base du parti. On connaît pourtant les raisons de la présence de ces millions de réfugiés qui ont fui le Proche et le Moyen Orient – d’abord l’Iraq, maintenant la Syrie – suite aux invasions et aux agressions lancées par la Grande Bretagne, les Etats-Unis, la France, l’Union Européenne et l’OTAN. Avant cela, il y eut la destruction délibérée de la Yougoslavie ; plus loin encore la confiscation de la Palestine et l’imposition de l’Etat d’Israël.

Les casques à plumes ont disparu mais le sang n’a jamais séché. Ce mépris du dix-neuvième siècle pour les pays et les peuples, selon l’importance de leur utilité coloniale, demeure une pièce maîtresse de la « globalisation » avec son socialisme pervers pour les riches et son capitalisme débridé pour les pauvres : liberté pour le capital, déni de liberté pour le travail, politiciens perfides et agents civils politisés.

Tout cela a maintenant atterri en Europe, enrichissant Tony Blair et ses semblables en appauvrissant et asservissant des millions de personnes. Ce 23 juin, les Britanniques n’ont rien vu d’autre.

Les promoteurs les plus efficaces de « l’idéal européen » n’ont pas été l’extrême droite mais une insupportable classe patricienne dirigeante pour laquelle Londres représente le Royaume Uni. Ses membres dirigeants se voient comme instruits, libéraux, élite éclairée du vingt et unième siècle et même un peu cool. Ils ne sont en réalité qu’une bourgeoisie aux goûts consuméristes insatiables, porteuse de sentiments de supériorité dépassés.

Dans leur quotidien, le Guardian, ils ont aboyé jour après jour sur ceux qui osaient considérer l’Union Européenne comme profondément anti-démocratique, à la source d’injustices sociales et d’un extrémisme virulent connu sous le nom de néolibéralisme.

L’objectif de cet extrémisme est d’installer une théocratie capitaliste figée qui conforte une société à trois classes : une majorité divisée et endettée dirigée par une classe structurée stable et une classe permanente de travailleurs pauvres. Aujourd’hui, en Grande Bretagne, 63% des enfants pauvres vivent dans une famille dont un seul membre travaille. Pour eux, la trappe est déjà fermée. Une étude rapporte que 600.000 habitants du Grand Manchester, la seconde ville britannique, découvrent les effets de la grande pauvreté tandis que 1.6 millions de Britanniques s’enfoncent dans la précarité.

Cette situation catastrophique a été trop peu évoquée par les médias contrôlés par la bourgeoisie, notamment par la BBC dominée par Oxbridge. Pendant la campagne du referendum, aucune analyse en profondeur n’a pu éclipser le cliché hystérique d’une sortie de l’Europe, comme si la Grande Bretagne allait subitement dériver vers les courants hostiles quelque part au nord de l’Islande.

Au matin après le vote, un reporter de la BBC accueillait les politiciens dans son studio comme de vieux copains en disant, notamment à Lord Peterson, architecte déconsidéré du Blairisme : « Pourquoi ces gens rejettent-ils l’Europe à ce point ? ». « Ces gens » sont la majorité des Britanniques.

Tony Blair, opulent criminel de guerre, reste un héros de la classe « européenne » Mandelson, ce que l’on n’ose plus guère dire aujourd’hui. Le Guardian a décrit Blair en son temps comme un mystique fidèle à son projet de guerre prédatrice. Après le scrutin, l’éditorialiste Martin Kettle a apporté une réponse Brechtienne au mauvais usage de la démocratie par les masses. « Aujourd’hui, nous pouvons nous accorder sur le fait que les referendums sont mauvais pour la Grande Bretagne. » titrait-il sur sa page. Le « nous » n’était pas explicité mais bien compris, tout comme l’était « ces gens » à la BBC. « Le referendum a conféré moins de légitimité aux politiques, rien de plus, » écrivait Kettle…Le verdict au sujet des referendums devrait être brutal : plus jamais ça.

Ce genre de brutalité à laquelle aspire Kettle est illustré par le spectacle de la Grèce, un pays passé à l’aspirateur. Là, il y a eu un referendum dont on n’a pas tenu compte. Comme pour le parti travailliste en Grande Bretagne, les dirigeants du gouvernement Syriza à Athènes sont issus de milieux aisés, privilégiés, éduqués, frottés à l’hypocrisie et aux trahisons postmodernistes. Le peuple grec a utilisé courageusement le referendum pour demander à son gouvernement de négocier de meilleurs termes pour l’accord conclu à Bruxelles qui broyait la vie de leur pays. Ils ont été trahis comme les Britanniques l’auraient été.

Vendredi, la BBC a demandé à Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, s’il rendrait hommage à son partenaire, le démissionnaire Cameron, dans leur combat pour le « oui » et il a alors, jusqu’à provoquer la nausée, rendu hommage à la dignité de Cameron, rappelé son soutien au mariage gay et ses excuses aux familles irlandaises pour les victimes du « bloody Sunday ». Il n’a rien dit des germes de division semés dans le pays par Cameron, de ses politiques d’austérité brutales, de ses mensonges au sujet des garanties apportées au Service National de Santé. Il n’a pas non plus rappelé la folie guerrière du gouvernement Cameron : l’envoi de forces spéciales en Libye, la fourniture de lanceurs et de munitions à l’Arabie Saoudite et, par-dessus tout, sa disponibilité pour une troisième guerre mondiale.

Au cours de la semaine précédant le referendum, aucun politicien ni, à ma connaissance, aucun journaliste britannique n’a fait mention du discours de Vladimir Poutine à Saint Pétersbourg commémorant le septante-cinquième anniversaire de l’invasion de l’Union Soviétique par les Nazis le 22 juin 41. La victoire des Soviétiques au prix de 27 millions de vies soviétiques et de la majorité des forces armées allemandes nous a permis de l’emporter dans cette seconde guerre mondiale.

Poutine a associé l’actuel renforcement fébrile des troupes de l’OTAN ainsi que la consolidation des bases militaires aux frontières occidentales de la Russie à l’opération Barbarossa du troisième Reich. Les exercices de l’OTAN en Pologne ont été les plus importants depuis l’invasion nazie ; l’opération Anaconda a simulé une attaque de la Russie, vraisemblablement avec des armes nucléaires. A la veille du referendum, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a sournoisement prévenu les Britanniques de ce qu’ils mettraient en danger la paix et la sécurité en votant pour la sortie de l’Union Européenne. Ces millions-là l’ont ignoré, comme ils ont ignoré Cameron, Osborne, Corbyn, Obama et celui qui dirige la banque d’Angleterre ; en votant ainsi ils ont peut-être, et seulement peut-être, rendu un espoir de paix réelle et de démocratie en Europe.

John PILGER

Source : John Pilger, 27-06-2016

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Pour approfondir : Anaconda contre “Union des Rouges”: grosses manoeuvres occidentales face à la Russie

 

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23 réponses à Pourquoi les Britanniques ont dit non à l’Europe, par John Pilger

Commentaires recommandés

Macarel Le 28 juin 2016 à 07h39

Tous les scrutins récents, ceux à venir (en France en 2017), montrent un divorce de plus en plus évident entre la classe des “compradores” globalisée, les serviteurs qui gravitent autour d’elle, et un bonne moitié de la population qui est laissée pour compte dans ce terrain le jeu mondial.
La globalisation néolibérale, est une formidable machine de désintégration des Etats historiques, une formidable force de chaos.

“Les casques à plumes ont disparu mais le sang n’a jamais séché. Ce mépris du dix-neuvième siècle pour les pays et les peuples, selon l’importance de leur utilité coloniale, demeure une pièce maîtresse de la « globalisation » avec son socialisme pervers pour les riches et son capitalisme débridé pour les pauvres : liberté pour le capital, déni de liberté pour le travail, politiciens perfides et agents civils politisés.;

La lutte des classes existe toujours bel et bien, contrairement à ce que prétendent les thuriféraires du système, et elle devient de plus en plus âpre. La contestation de la loi travail en France en est une expression indiscutable et la répression qui va avec, les scores faits par un Sanders ou un Trump lors des primaires aux USA, en sont un autre.

  1. Emmanuel Le 28 juin 2016 à 05h00
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    Apparemment le lien sous la photo du souriant conférencier de la middle class (hum, ça fait combien 200000 £ en € depuis le 24 juin ??) ne fonctionne pas, j’ai essayé avec deux navigateurs.


    • Serge Bellemain Le 28 juin 2016 à 06h19
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      Si on tape “Anaconda contre union des rouges” sur google, on a un tas de liens sur l’opération OTANesque en cours en Pologne…Plutôt que celui de l’Express, hebdo que je n’utilise même pas pour envelopper mon poisson, celui de la Tribune de Genève, qui est sensé “faire preuve de neutralité” (je rigole!)…

      http://www.tdg.ch/monde/otan-deploie-loperation-anaconda-pologne/story/19843705


      • Grognard Le 28 juin 2016 à 16h26
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        Petit collé de l’article:
        “Selon les Américains, il n’a fallu que vingt-quatre heures pour que plus de 500 parachutistes de la 82e division aéroportée gagnent la Pologne depuis Fort Bragg, dans l’Etat de Caroline du Nord. «Cela montre la réponse stratégique» que nous apportons à la situation globale, a déclaré le général Richard D. Clarke, qui commande cette célèbre unité.”

        Il faut le lire pour le croire.

        Nous ne sommes plus en 1945.
        Un largué de paras sans la maitrise aérienne….
        Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer le résultat.

        C’est cela que le poireau appelle une réponse stratégique?
        Ils on du bien rigoler du côté de l’état major russe.


  2. John V. Doe Le 28 juin 2016 à 07h14
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    Petite erreur involontaire d’attribution : ce texte n’est pas de LGS mais est traduit de l’anglais par Oscar GROSJEAN pour Investig’Action comme le dit d’ailleurs LGS qui le précise en fin d’article avec le lien http://www.investigaction.net/pourquoi-les-britanniques-ont-dit-non-a-leurope/


  3. Schuss Le 28 juin 2016 à 07h16
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    Bonjour,
    Le Brexit est important pour nous car il montre a quel point les “eurocrates” font partis de l’elite mondialisee qui se considere comme le nombril du monde. Allons nous nous reveiller et nous rebeller contre la dictature des eurocrates ? Quelques intellectuels nous eclairent de leurs pensees et demontrent le projet d’une l’europe qui deviendrait une zone libre de droit ou les puissants regneront sans partage. Cela parait incroyable mais ” le paquet ” est bien emballé et fait encore illusion aupres d’une petite majorite de la population anesthésiée. Que faire de plus pour ouvrir encore plus les consciences sur nos conditions de peuples asservis ?


    • Grognard Le 28 juin 2016 à 16h31
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      Il y a un moment ou les intellectuels doivent soit se lever et agir ou se taire.
      Peut-être avez vous connu le PSU.
      Terre de débats s’il en était.
      Dès qu’il fallait distribuer un tract sur un marché ou vendre l’hebdomadaire Tribune Socialiste ; ne parlons même pas de faire grève.
      Tout ce joli monde s’éparpillait comme une volée de moineaux.
      Que reste-t-il de tout cela aujourd’hui?
      Rien.
      L’histoire a tout balayé.

      Il commence à être plus que temps de rentrer dans l’agir.


  4. FifiBrind_acier Le 28 juin 2016 à 07h30
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    Pourquoi se gêner? L’UE est le porte-avion de l’ OTAN, bien utile pour se coller aux frontières russes. A part quelques militaires français à la retraite, comme l’amiral Debray, personne ne semble choqué d’avoir une armée d’occupation en temps de paix sur le sol européen…
    https://francais.rt.com/entretiens/22811-entretien-amiral-debray

    Mais ce n’est pas suffisant, encore faut-il que les européens ne soient pas ingrats, ils doivent mettre la main au portefeuille, pour le service de protection rapprochée que leur offre l’ OTAN contre le menaçant ours russe…

    Alors que les restrictions budgétaires laminent les services publics, y compris l’armée, “Amis européens, payez-nous pour qu’on vous protège de la Russie !”
    https://fr.sputniknews.com/international/201606271026196004-breedlove-europe-menace-russe/


  5. Macarel Le 28 juin 2016 à 07h39
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    Tous les scrutins récents, ceux à venir (en France en 2017), montrent un divorce de plus en plus évident entre la classe des “compradores” globalisée, les serviteurs qui gravitent autour d’elle, et un bonne moitié de la population qui est laissée pour compte dans ce terrain le jeu mondial.
    La globalisation néolibérale, est une formidable machine de désintégration des Etats historiques, une formidable force de chaos.

    “Les casques à plumes ont disparu mais le sang n’a jamais séché. Ce mépris du dix-neuvième siècle pour les pays et les peuples, selon l’importance de leur utilité coloniale, demeure une pièce maîtresse de la « globalisation » avec son socialisme pervers pour les riches et son capitalisme débridé pour les pauvres : liberté pour le capital, déni de liberté pour le travail, politiciens perfides et agents civils politisés.;

    La lutte des classes existe toujours bel et bien, contrairement à ce que prétendent les thuriféraires du système, et elle devient de plus en plus âpre. La contestation de la loi travail en France en est une expression indiscutable et la répression qui va avec, les scores faits par un Sanders ou un Trump lors des primaires aux USA, en sont un autre.


  6. Macarel Le 28 juin 2016 à 07h49
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    Tous les scrutins récents, ceux à venir (en France en 2017), montrent un divorce de plus en plus évident entre la classe des “compradores” globalisée, les serviteurs qui gravitent autour d’elle, et un bonne moitié de la population qui est laissée pour compte dans ce terrain le jeu mondial.
    La globalisation néolibérale, est une formidable machine de désintégration des Etats historiques, une formidable force de chaos.

    “Les casques à plumes ont disparu mais le sang n’a jamais séché. Ce mépris du dix-neuvième siècle pour les pays et les peuples, selon l’importance de leur utilité coloniale, demeure une pièce maîtresse de la « globalisation » avec son socialisme pervers pour les riches et son capitalisme débridé pour les pauvres : liberté pour le capital, déni de liberté pour le travail, politiciens perfides et agents civils politisés.>/em>

    La lutte des classes existe bien, contrairement à ce que prétendent les thuriféraires du système, et elle devient de plus en plus âpre. La contestation de la loi travail en France en est une expression indiscutable (et la répression qui va avec), les scores faits par un Sanders ou un Trump lors des primaires aux USA, en sont une autre.


  7. clomani Le 28 juin 2016 à 07h58
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    Je viens de voir, sur CNN, un certain “Voraczicz” (?), de Princeton, déclarer qu’il y a eu, en UE, 5 décisions populaires de quitter l’UE et que, 5 fois, les chefs d’états concernés ont fait en sorte de ne pas tenir compte de ces référendums, et sont restés dans l’UE… A la suite de quoi il a appelé de ses voeux la même chose pour éviter que la G.B. ne sorte de l’UE !!! Phrase de fin :” il faudrait organiser un second référendum et, maintenant, je suis sûr que le REMAIN l’emporterait “.
    Je ne sais pas de quoi ce type est spécialiste à Princeton mais en tout cas, pas du tout en matière de démocratie. Le peuple t’emmerde, voraczicz ;o)


  8. Homère d'Allore Le 28 juin 2016 à 08h40
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    Au vu de l’impopularité de Tony Blair depuis que le Daily Mail a révélé son “pacte de sang” avec W, il y a fort à parier que son soutien au Remain fut contre-productif.

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/le-pacte-de-sang-de-tony-blair-et-george-bush-sur-la-guerre-d-irak_1727442.html


  9. Eric83 Le 28 juin 2016 à 08h50
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    Que se passe-t-il donc en Angleterre depuis 2015 ? Depuis quelques mois, les évènements ne se déroulent pas comme prévus.

    En octobre 2015, l’équipe d’Angleterre de rugby favorite de l’hémisphère nord pour gagner “sa” coupe du monde de rugby sur ses terres se fait éliminer lors des phases de poule…provoquant un “séisme” sportif.

    Le 23 juin 2016, le Brexit est voté défiant tous les pronostics et provocant un séisme politique, géopolitique…

    Le 27 juin 2016, l’équipe d’Angleterre de football est éliminée en 8ème de finale de l’Euro 2016 par le “petit poucet” du football européen : l’Islande, 300 000 habitants et dont c’est la 1ère participation à cette compétition européenne…nouveau “séisme” sportif à venir en Angleterre.

    Petit conseil aux “z’élites” : penchez-vous sérieusement et humblement – oui, je sais, c’est beaucoup demander – sur les causes profondes de ces défaites.


  10. judith Le 28 juin 2016 à 10h46
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    je vous conseille la lecture de l’article de Greekcrisis, c’est éloquent.

    EXIT
    http://www.greekcrisis.fr/2016/06/Fr0521.html#deb


    • triari Le 28 juin 2016 à 13h35
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      Ce site vous mettra un grand coup au moral, mais sa consultation est hélas nécessaire. Un grec qui vit en Grèce et qui parle de ce qui s’y passe…jamais vous ne le verrez sur BFM TV.


  11. Naz Le 28 juin 2016 à 11h51
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    Ils vantent et vendent la Démocratie, mais s’assoient sur les votes; ils cherchent la guerre des classes et je crois bien qu’il nous faudra les satisfaire.
    Il n’y a pas d’autres issues à ces abus de pouvoir, ces impunités répétées; si les peuples veulent se libérer, un clic de souris ou un papier dans l’urne ne suffiront plus. Il nous faut être vigilants, et nous encourager.
    Notre vigilance doit être tout entière dans notre méfiance à l’égard de notre ” liberté d’expression”, ce no man’s land jamais entendu et qui nous sert de soupape.


  12. Phil Defair Le 28 juin 2016 à 11h58
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    Je crois qu’il serait intéressant de s’instruire sur les motifs réels de l’Islande et de la Norvège, lorsque ces pays ont retiré leur candidature à l’U.E. au lendemain de la crise Grècque. Je crois que nous avons loupé là les prémices d’une prise de conscience de certains peuples quant à la nature même de ce qu’est devenue l’U.E.

    Compte tenu de la brutalité dont l’U.E. a fait preuve lors du traitement du dossier Grec, je crains pour nos amis Anglais. Rien ne leur sera facilité, bien au contraire. Heureusement, la Grande-Bretagne est d’un poids économique conséquent, abrite la City, et peut s’appuyer sur les restes du Commonwealth.

    Juste comme ça, pour rigoler : l’Anglais est la “langue officielle” des instances U.E. Déjà surprenant alors que la GB ne faisait ni partie de la zone Euro ni de Shengen, maintenant, ça va vraiment faire bizarre !


  13. Fabrice Le 28 juin 2016 à 14h25
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    Ce que j’ai noté dans les réactions des expatriés au Royaume-Uni ce n’est pas leur attachement au pays qui leur a offert tant d’opportunité mais bien la fin de la fête et qu’ils cherchaient où ils pourraient aller pour continuer d’avoir des salaires intéressant sans avoir les contraintes d’un habitant du pays.

    quand je vois ce genre de commentaire “L’Union Jack désormais l’emblème du nationalisme plouc”

    Nous avons là une catégorie, qui a plus une mentalité de profiteur opportuniste, qui à la première difficulté agissent instinctivement et de manière ingrate je trouve, après devant de telles attitudes je comprends mieux une réaction négative des britanniques désignés comme des “ploucs”.


    • Krystyna Hawrot Le 28 juin 2016 à 22h59
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      Exact, même rengaine haineuse du côté des médias polonais… Mes compatriotes polonais émigrés en Angleterre découvrent que l’Angleterre est une île! On leur a tellement vendu que l’Angleterre est un pays fondateur de l’UE, la preuve, on parle Anglais dans l’UE, qu’ils sont tout étourdis qu’ils leur faudra des cartes de séjour, horreur, payer des impots, et qui sait, se montrer fidèle au pays ou ils vivent! Réponse de cette “golden London émigration” – “mais on ira ailleurs”! Je commence à comprendre de plus en plus le peuple anglais!
      Quand à “l’élite” mondialisé (genre Tusk, j’hésite à employer le mot tellement le personnage est inculte), elle sait très bien que si ne serait-ce que 500 000 émigrés polonais devrait rentrer au pays, ca ne serait pas la fête, mais un sérieux “printemps polonais” qui attendrait le régime, étant donné que tout ce beau monde se retrouvera au chômage!


  14. Spiridon Le 28 juin 2016 à 16h17
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    John Pilger, un grand monsieur! Qui replace la question Brexit dans un contexte beaucoup plus international, jusqu’à la Russie. Peut-on souhaiter que les Anglais, qui, de fait, ont posé la première pierre de l’émancipation de l’empire en votant ‘Non’ à la guerre en Syrie en septembre 2013, contribuant avec l’option Poutine, à obliger Obama à y renoncer, aillent désormais plus loin, reniant tout à fait l’héritage Blair, et soient le nouveau fer de lance d’un rapprochement avec la Russie, d’une suppression des sanctions etc..? Cameron a poussé plus fort que les autres des cris anti-Poutine, aussi leur camp défait s’est-il aussitôt exclamé au Brexit: “c’est Poutine qui va être content!” Mais peu importe, l’histoire est en marche, et pour aujourd’hui ce sont les Anglais qui conduisent


  15. J Le 28 juin 2016 à 18h35
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    Est-il permis, oui ou non, de relever et contester l’idée, simpliste et dangereuse, défendue subrepticement (malhonnêtement) par l’article, que les problèmes posés par l’Islam ne serait que le contre-coup de ceux posé par l’oligarchie libérale ?


    • luc Le 28 juin 2016 à 22h30
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      il ne parle pas des “problèmes posés par l’islam”

      mais je trouve qu’il a exagéré en passant sous silence le fait que les millions de réfugiés qui sont maintenant en europe n’auraient pas pu y venir sans la politique de la porte ouverte décidée par les allemands

      et il minimise lui aussi cette xénophobie qui a pourtant été la raison principale des votes brexit selon de nombreux sondages

      moi au contraire, je trouve compréhensible de refuser cette vague d’immigration organisée pour maintenir la force de l’industrie allemande, au prix logique de plus d’austérité, c’est juste scandaleux

      et bien sur, je suis aussi pour que les européens arrêtent de financer daesh


      • J Le 29 juin 2016 à 03h31
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        Il ne s’agit pas essentiellement de xénophobie, encore moins de racisme (même si ça existe aussi et n’arrange rien, et on ne luttera pas contre en amalgamant), mais d’une religion pas comme les autres qui pose problème (et les premiers à la dénoncer sont ceux qui en sont sortis, parce qu’ils savent que les discours “modérés” sont souvent de l’enfumage, cela devrait suffire à éliminer l’aspect “raciste”), aussi bien par ses convertis de souche, alors que les immigrés d’autres origines, nombreux, n’en posent pas et ne font pas parler d’eux, en tout cas pas à ce niveau.

        Je sais, on va dire que c’est une minorité, et qu’elle n’est pas exclusive. Mais si on ne veut pas tomber dans un relativisme débilitant il faut calculer un minimum, et cette religion-là en produit plus que toutes les autres réunies et depuis le début, et ça s’explique. C’est comme ça.


  16. samirsvet Le 29 juin 2016 à 06h08
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    Une chose est sur et certaine , l’empire est en train de vaciller , avec le retrait de l’Angleterre de l’UE est un très grand trou dans l’alliance et ses conséquences son énormes , ajoutant à cela les énormes problèmes aux usa ( faillites des entreprises, chômage galopant , dette insupportable , vol de denier publique , escroquerie etc..) L’Angleterre a accéléré l’effondrement de l’empire , il ne pourrait plus supporter les dépenses pour le maintient de ses bases à l’extérieur des usa , en outre , un grand débat aux usa , pour chasser tous les lobbys pro-guerre , donc un changement irrévocable va être opérer ces derniers mois. Le monde et en train de changer et même très vite , L’oncle Sam est devenu ” l’homme malade ” Donc , un changement géopolitique est inévitable.


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