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24.mai.202124.5.2021 // Les Crises

Quand les djihadistes étaient nos amis – par Denis Souchon

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Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des États-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent — ou font croire — que Moscou a lancé une grande offensive mondiale. En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

Une magnifique archive du Monde Diplo à lire et à relire !

Lire l’article complet sur Le Monde Diplomatique

L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs. Le combat des moudjahidines (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique. Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

« Afghanistan : à cheval contre les tanks russes ! », par Cyril le Tourneur d’Ison, Le Figaro Magazine, 16 janvier 1988.

Peu importe que la quasi-totalité de ces combattants héroïsés soient des musulmans traditionalistes, intégristes, même. A cette époque, la religion n’est pas nécessairement perçue comme un facteur de régression, à moins qu’elle s’oppose, comme en Iran au même moment, aux intérêts stratégiques occidentaux. Mais ce n’est le cas ni dans la Pologne catholique couvée par le pape Jean Paul II, ancien évêque de Cracovie, ni, bien sûr, en Afghanistan. Par conséquent, puisque la priorité géopolitique est que ce pays devienne pour l’Union soviétique ce que le Vietnam a été pour les Etats-Unis, un récit médiatique quasi unique va, pendant des années, exalter les moudjahidins, présentant leur révolte comme une chouannerie sympathique, attachée à sa foi. Il dépeindra en particulier la place et la vie des femmes afghanes à travers le prisme essentialiste, naïf (et parfois enchanté) des traditions populaires.

Revenir trente-cinq ans plus tard sur ce discours général et sur ses images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge. A partir de la décennie suivante, leurs cousins idéologiques en Algérie (Groupe islamique armé, GIA), puis en Afghanistan (talibans), et plus récemment au Proche-Orient avec Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), ont été dépeints sous les traits de « fanatiques », de « fous de Dieu », de « barbares ».

Assurément, les moudjahidins des années 1980, qui ne commettaient pas d’attentats à l’étranger, se distinguent par plusieurs aspects importants des militants du GIA algérien ou des membres de l’OEI. Il n’en est pas moins vrai que l’Afghanistan a souvent servi de creuset et d’incubateur à leurs successeurs. Le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, considéré comme le « père » de l’OEI, y a débarqué au moment où l’Armée rouge s’en retirait et y est demeuré jusqu’en 1993. Oussama Ben Laden, fondateur d’Al-Qaida, a été dépêché par les services secrets saoudiens à Peshawar, au Pakistan, afin d’appuyer la lutte des moudjahidins.

L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dont le groupe, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), vient de revendiquer l’attaque contre l’hôtel Le Splendid à Ouagadougou, au Burkina Faso, est parti lui aussi pourchasser les alliés afghans de l’Union soviétique à la fin des années 1980 ; il est ensuite revenu en Algérie pendant la guerre civile et a combattu avec le GIA (les Algériens ayant le même parcours étaient appelés les « Afghans ») avant de rejoindre Al-Qaida. Ceux-là, et beaucoup d’autres, ont été accueillis favorablement par l’Occident tant qu’ils servaient ses desseins stratégiques. Puis ils se sont retournés contre lui. L’image que la presse européenne ou américaine donna de leurs motivations, de leur extrémisme religieux, de leur férocité changea alors du tout au tout…

1. Alliés stratégiques de l’Occident

Le 3 février 1980, quelques semaines après l’intervention militaire de l’Union soviétique en Afghanistan (1), M. Zbigniew Brzezinski, conseiller pour les affaires de sécurité du président américain James Carter, se rend au Pakistan. S’adressant aux moudjahidins réfugiés de l’autre côté de la frontière, il leur promet : « Cette terre, là-bas, est la vôtre. Vous y retournerez un jour parce que votre combat va triompher. Vous retrouverez alors vos maisons et vos mosquées. Votre cause est juste. Dieu est à vos côtés. »

Le discours médiatique français relatif à l’Afghanistan va alors favoriser l’objectif géopolitique américain.

Devoir d’ingérence

« Il faut penser, il faut accepter de penser que, comme tous les résistants du monde entier, les Afghans ne peuvent vaincre que s’ils ont des armes, ils ne pourront vaincre des chars qu’avec des fusils-mitrailleurs, ils ne pourront vaincre les hélicoptères qu’avec des Sam-7, ils ne pourront vaincre l’armée soviétique que s’ils ont d’autres armes (…) que celles qu’ils parviennent à ravir à l’Armée rouge, bref, si l’Occident, là encore, accepte de les aider. (…) Je vois que nous sommes aujourd’hui dans une situation qui n’est pas très différente de celle de l’époque de la guerre d’Espagne. (…) En Espagne, il y avait un devoir d’intervention, un devoir d’ingérence. (…) Je crois qu’aujourd’hui les Afghans n’ont de chances de triompher que si nous acceptons de nous ingérer dans les affaires intérieures afghanes. »Bernard-Henri Lévy, journal télévisé de la nuit de TF1, 29 décembre 1981

Bernard-Henri Lévy appuiera avec la même ferveur l’intervention occidentale en Afghanistan consécutive aux attentats du 11 septembre 2001.

Comme au temps de la Résistance en France

« Pour permettre aux Afghans de parler aux Afghans, comme, pendant l’occupation en France, les Français parlaient aux Français, le Comité droits de l’homme a décidé d’aider la résistance afghane à construire une radio sur son territoire : Radio-Kaboul libre. Il y a un an et demi, le 27 décembre 1979 (…), l’une des premières puissances du globe venait d’envahir un pays voisin, faible et sans défense. (…) Les vieux fusils sortent des coffres, les pistolets de dessous les bottes de paille. Mal armée, la résistance se lève. »Marek Halter, Le Monde, 30 juin 1981

Ici, Marek Halter renvoie à un vers connu du Chant des partisans, hymne de la Résistance française : « Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. »

Le combat de toutes les victimes du totalitarisme

« Le combat des Afghans est celui de toutes les victimes des totalitarismes communistes et fascistes. »Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 16 juin 1980

« Comme à Berlin, comme à Budapest, l’Armée rouge a tiré »

« “Allah o Akbar” (“Dieu est le plus grand”), “Shuravi [les Russes] dehors” : musulmans et non communistes, les Kaboulis n’ont pas oublié. Le vendredi 22 février, ils entendaient manifester, drapeau vert de l’islam en tête, contre la présence de l’armée soviétique, jugée insupportable. Ce matin-là, comme jadis à Berlin-Est et à Budapest, l’Armée rouge a tiré. (…) Entre Marx et Allah, le dialogue apparaît impossible. »Jean-François Le Mounier, Le Point, 3 mars 1980

Se débarrasser de l’occupant soviétique, préserver une société d’hommes libres

« Un regard d’une fierté inouïe qu’on aurait du mal à rencontrer ailleurs dans le monde et qui donne une exacte mesure de la farouche volonté des Afghans de se débarrasser de l’occupant soviétique, même si leurs moyens peuvent paraître dérisoires. »Patrick Poivre d’Arvor, journal d’Antenne 2, 8 juillet 1980

« Ce qui meurt à Kaboul, sous la botte soviétique, c’est une société d’hommes nobles et libres. »Patrice de Plunkett, Le Figaro Magazine, 13 septembre 1980

Comme les Brigades internationales, les « Afghans » de l’Hexagone

Dans Le Monde du 19 décembre 1984, Danielle Tramard évoque quelques-uns des Français qui « travaillent avec les résistants afghans ». Nulle crainte à l’époque que ces combattants étrangers reviennent dans leur pays « radicalisés » par l’expérience de la guerre.

« C’est cela, l’amitié franco-afghane : un ami qui aide son ami. (…) François a appris le persan, comme Isabelle. Cet été, la frontière franchie, il a marché à pied pendant six jours, de jour et de nuit, parfois dans la boue, à un rythme assez soutenu. »

Claude Corse consacre à son tour un reportage du Figaro Magazine, le 19 décembre 1987, aux médecins, agronomes et ingénieurs français qui aident les Afghans. Avec une référence à la Résistance française.

« Barbes, turbans et même l’œil farouche : ces Afghans typiques sont des Français. Parmi eux, un marin breton spécialiste des vents de Polynésie, qui s’est fait agronome montagnard par goût pour un peuple qui vit vent debout ! (…) Précieuse ressource vivrière, cet arbre de vie [un châtaigner] symbolise l’espérance d’un peuple d’irrédentistes uni contre l’envahisseur communiste, comme les bergers corses de la Castagniccia le furent jadis contre les armées d’occupation. »

2. Exotisme et jolis paysages

Vaincre le communisme soviétique ne constituait pas un objectif universellement populaire en France. Pour que la cause des Afghans, patriotique mais aussi traditionaliste, dispose d’appuis plus nombreux, les grands médias l’associent à un désir d’aventure, à un paradis perdu. C’est d’autant plus facile que le combat afghan se déroule dans un cadre géographique enchanteur, avec des lacs purs qui accrochent le regard. Le pittoresque des paysages (et des traditions) de l’Afghanistan renvoie toute une génération occidentale devenue adulte dans les années 1960 au pays dont ont rêvé les routards et qu’ils ont parfois traversé pour se rendre à Katmandou. Retour à la nature, aux vraies valeurs, aux « montagnes cruelles et belles ». L’Afghanistan comme antithèse de la civilisation moderne, matérialiste et marchande.

Lire l’article complet sur Le Monde Diplomatique

Source : Le Monde Diplomatique – Février 2016

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Commentaire recommandé

James Whitney // 24.05.2021 à 08h23

Dans l’article du Monde Diplomatique les mots de Brzezinski « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

La libération de l’Europe centrale : aujourd’hui les pays libérés sont les pays de l’Europe où les salaires sont très bas donc un bon nombre de grandes entreprises suppriment des postes en France pour les délocaliser dans ces pays « libérés. » Et la « guerre froide » avec la Russie redevient plutôt chaude (pareil pour la Chine). On appelle ça le progrès.

21 réactions et commentaires

  • James Whitney // 24.05.2021 à 08h23

    Dans l’article du Monde Diplomatique les mots de Brzezinski « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

    La libération de l’Europe centrale : aujourd’hui les pays libérés sont les pays de l’Europe où les salaires sont très bas donc un bon nombre de grandes entreprises suppriment des postes en France pour les délocaliser dans ces pays « libérés. » Et la « guerre froide » avec la Russie redevient plutôt chaude (pareil pour la Chine). On appelle ça le progrès.

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  • Denis Monod-Broca // 24.05.2021 à 08h28

    Bel article !
    C’est consternant d’aveuglement…
    Le sentiment primaire, enfantin, qu’il y a « eux » et « nous », eux les méchants, nous les bons, quoi que nous fassions, continue ses ravages. Est-il si difficile d’admettre que les hommes sont tous les mêmes, nous compris, semblables, frères, capables du meilleur comme du pire ? En-dehors de cette hypothèse, nulle objectivité n’est possible, nulle civilisation véritable n’est possible.

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    • Francois Marquet // 25.05.2021 à 13h17

      L’ennemi est con : il croit que l’ennemi c’est nous alors que c’est lui (Desproges)

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  • Anfer // 24.05.2021 à 09h03

    Une extrême droite « internationale », des contras au Nicaragua, aux islamistes du moyen Orient.

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  • Marire // 24.05.2021 à 09h49

    Malheureusement les BHL et compagnie n’ont pas honte du soutien qu’ils ont apporté à ces mouvements islamistes et des retombées partout y compris dans notre pays. Ils vivent dans une caste en vase clos et se confortent eux-mêmes dans leurs erreurs. Je pense qu’ils n’aiment ni la France ni les Français.

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  • LibEgaFra // 24.05.2021 à 10h09

    Depuis 2001, la prétendue guerre contre les terroristes est en fait une guerre AVEC les terroristes comme forces mercenaires. Au besoin on liquide ensuite ceux qui pourraient témoigner.

    Et qu’a fait la France pour empêcher le départ des terroristes français pour la Syrie? Rien ou pas grand chose.

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    • Dominique65 // 24.05.2021 à 10h57

      Bien pire, Fabius expliquait que la branche locale d’Al Quaida faisait du bon boulot

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  • LibEgaFra // 24.05.2021 à 10h16

    Excellent commentaire lu sur un site US sur comment on a vendu la guerre.

    Raison 3: pour les masses: on va établir partout la liberté et la démocratie.

    Raison 2: pour les milieux d’affaires: c’est pour le pétrole.

    Raison 1, celle qu’il ne faut surtout pas que les gens comprennent, d’où les deux précédentes raisons: détruire tous les États laïques et opposés à Israël.

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  • Petrov // 24.05.2021 à 11h16

    Pour faire écho à l’article, j’invite les lecteurs à rechercher l’ouvrage suivant :

    Peter Dale Scott : La route vers le nouveau désordre mondial Editeur Demi-Lune
    publié en 2006, traduit en français en 2011.

    Ouvrage très dense et très sourcé qui montre combien une partie des élites américaines ont eu une peur vertigineuse de la révolution culturelle et sociétale initiée aux USA dans les années 60′ (68 en Europe) et les dégats occasionnés parallèlement à l’avancée des pions soviétiques dans les années 60-70 et sa montée en puissance nucléaire et militaire (avec le développement de son espionnage). Où comment ces élites US ont pris fait et cause de ces mouvements les plus radicaux de ces pays pour lutter contre les tentatives d’implantations soviétiques : mais certains de ces mouvements créés leur ont échappé partiellement pour se retourner contre leurs apprentis sorciers tout en continuant de leurs rendre des services de temps en temps…
    La peur est mauvaise conseillère, et l’on voit alors combien les USA ont eu peur de l’URSS jusqu’en 1983 (où l’on eu 2 crises cette année là aussi graves que la crise de Cuba de 1962). Les décisions américaines des années 1970 se sont révélées catastrophiques et nous continuons à en payer les conséquences aujourd’hui…. Le tout en parallèle du business.

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  • RGT // 25.05.2021 à 10h59

    N’oublions jamais que ce sont les communistes afghans eux-mêmes, avec la désapprobation de Moscou (qui souhaitait un pays neutre à ses frontières) qui on pris le pouvoir et qui ont accompli un bond social monumental dans ce pays, particulièrement au niveau de la condition des femmes et de leur statut social (avec entre autres une scolarisation totale de tous les enfants – particulièrement des filles).

    Régime « communiste » qui a fortement irrité les USA et la réponse immédiate a été de lancer des meutes de salafistes (surtout saoudiens) pour aller foutre le bordel dans ce pays désormais PACIFIQUE en terrorisant la population.

    Et bien sûr, suite à la demande de la population, le gouvernement a demandé l’aide de l’URSS qui ne VOULAIT PAS S’EMBARQUER DANS CE MERDIER.
    Pour ce faire, les USA ont fait passer l’URSS pour des « couilles molles » auprès de leurs alliés jusqu’à ce que l’Armée Rouge ait (enfin pour les USA) l’ordre de rétablir l’ordre et de PROTÉGER LA POPULATION des djihadistes envoyés par l’Oncle Sam.

    Ensuite ce fût un conflit sanglant entre le gouvernement légal et ces « défenseurs de la liberté », puis un conflit tout aussi sanglant entre les djihadistes et les combattants qui ne voulaient pas de régime théocratique – souvenez-vous de Massoud tué (par hasard – tiens tiens) le 10 septembre 2001 alors qu’il luttait contre les talibans adoubés par les USA en échange de la promesse (non tenue) de faire passer un gazoduc à travers l’Afghanistan…

    Sans parler de tous les excités diffusant par la violence le wahhabisme dans les pays « ennemis » des USA mais qui deviennent des « ennemis » quand ils mordent la main de leur maître…

    De toutes façons, qu’attendez-vous de la part d’un pays qui vante les mérites de « Dieu » dans tous les discours officiels et dans lequel la « liberté de respect du culte » passe avant le simple respect des individus.

    Les intégristes « chrétiens » US sont sans aucun doute largement PIRES que les salafistes qu’ils soutiennent.

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  • Petrov // 25.05.2021 à 14h17

    Le député US Charlie Wilson (libéral au sens USA) a joué un rôle non négligeable (via Israël, l’Egypte, les Séoudiens et le Pakistan) dans la décision du soutien américain en Afghanistan (voir le film : la guerre selon Charlie Wilson sorti il y a quelques années). L’ancien directeur du SDECE en France avait pourtant averti en vain, le premier, l’administration Carter 9 mois avant l’intervention soviétique, puis directement Ronald Reagan quelques mois après son élection. Ce sont surtout des branches du Deep State qui sont intervenues matinées de business-politiques non pratiquants travestis en religieux conservateurs… Le reste, vous connaissez.

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  • Fernet-Branca // 25.05.2021 à 22h39

    Denis Souchon n’est plus journaliste au monde diplomatique . Sinon j’ai bien recherché il travaille maintenant pour Acrimed ou Fakir. Vu les positions il est facile de comprendre qu’il ne pouvait faire de vieux os au monde diplomatique qui est rentré dans les rangs.La vieille pratique militaire « Je ne veux voir qu’une tête « a encore de beaux jours.
    [modéré]

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    • Nico // 26.05.2021 à 04h59

      Le monde diplo n’à pas changé de ligne là-dessus, Denis souchon écrit pour olusieurs titres, on est pas forcément salarié du diplo. Villepin, Rafael Correa, Yanis Varoufakis ont signé dans le diplo, ils n’étaient pas salariés. Pareil pour d’autres.

      Tous ce qui est dit dans l’article est confirmé par Ahmed Rashid dans son livre « L’ombre des talibans ». C’est journaliste pakistanais actif sur l’asie centrale depuis 40 ans

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      • Fernet-Branca // 26.05.2021 à 13h32

        Il semble que cela a bien changé.
        J’ai regardé ce qui se dit hier car s’il était encore sur l’orientation de l’article j’aurais été tenté par un abonnement d’essai.
        Je mets ci-dessous ce qui s’en dit sur Wikipedia.
        Désaccords au sein de la rédaction

        Fin 2005, des désaccords apparaissent au sein de l’association ATTAC, recoupant ceux au sein du Monde diplomatique. Les divergences entre Bernard Cassen, Jacques Nikonoff, Ignacio Ramonet et Maurice Lemoine d’une part, Dominique Vidal et Alain Gresh d’autre part, amènent ces derniers à démissionner en janvier 2006 de leur poste de directeurs de rédaction du Monde diplomatique, restant membres de la rédaction comme journalistes.

        Le quotidien Libération estime que : « Alain Gresh et Dominique Vidal se situent dans un courant de « gauche internationaliste » qui s’oppose à une mouvance chevènementiste ou « nationale-républicaine », où l’on retrouve, avec des nuances, Bernard Cassen et le nouveau rédacteur en chef, Maurice Lemoine ». Selon le même journal, les tensions viennent notamment : de divergences sur la question de la laïcité et du voile, la position de Ignacio Ramonet au sujet du régime cubain ; et de désaccords au sujet des FARC colombiens[.

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        • Nico // 26.05.2021 à 17h13

          Wikipedia n’est pas très fiable au sujet du diplo ; étant abonné je suis sûr de mon coup

          Après personnellement je serais plutôt raccord avec la ligne de Bernard Cassen, c’est bien le ton du journal mais c’est aussi raccord avec cet article je trouve

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  • José // 26.05.2021 à 09h52

    On pourrait aussi dire « pousse toi de là que je m’y mette » La présence de l’armée soviétique a été remplacée par l’armée US. C’est flagrant de vérité.
    En son temps, la guerre d’Afghanistan, comme le dénonce cet article du monde Diplo était unanimement dénoncée chez nous, sauf que mes lectures de l’époque à contre courant de cette offensive de l’occident inféodé comme toujours aux USA me disaient « non » il se passe autre chose.
    Ce qui est gênant c’est que l’histoire passe – cet article est de 2016 – et on nous dit après coup : bé non, il y avait ça aussi. Mais l’empire US est arrivé à ses fins (la fiole et la Photos aériennes pour l’Irak les bébés dans les couveuses débranchées … ). Oui tout et joué et on ne reviendra pas en arrière quoi qu’on dise. On attend le prochain coup, ça peut être les Ouïghours, enfin au choix. A tous les coups on est les dindons.

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  • Fernet-Branca // 26.05.2021 à 13h37

    Savez-vous qu’a cette époque les forces spéciales françaises ( 13ème Régiment de Dragons Parachutistes) étaient engagées en Afghanistan contre les Russes. C’est un ancien de ce régiment qui me l’a dit sans que je lui pose la question.

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  • Georges55310 // 26.05.2021 à 22h32

    Comment voulez vous rester historiquement neutre si vous employez des mots incongrus ?
    je lis « L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979 » Vous la voyez comment l’invasion? Vous reprenez les mots choisis par les propagandistes qui n’ont rien de journalistes. C’est le gouvernement Afghan qui a demandé l’aide de l’union soviétique pour se débarrasser des taliban qui venaient d’envahir le pays. Ce qui a provoqué une réaction américaine soucieuse de son hégémonie mondiale et qui a soutenu les mercenaires islamiques. (C’étaient les premiers mercenaires envoyés par l’oumma depuis la déclaration de guerre de mondialisation islamique ordonnée par les ayatollahs. La preuve est dans le nom même des taliban qui vient du mot taleb signifiant « étudiant » par ce que l’afghanistan a été choisi comme terre d’étude des procédures de guerre révolutionnaire par tous les moyens. Les Américains ont eux mêmes formés Ben Laden à la guérilla. Les américains et l’Europe auraient dû se joindre aux soviétiques pour briser dans l’oeuf l’invasion islamique mondiale. Ils ont fait l’inverse et nous en payons le prix.

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  • Georges55310 // 26.05.2021 à 23h17

    J’ai repris la lecture du texte et j’ai abandonné quand j’ai lu « Dans Le Monde du 19 décembre 1984, Danielle Tramard évoque quelques-uns des Français qui « travaillent avec les résistants afghans ». » C’est totalement hors des rails historiques. Dans un premier temps, les USA ont soutenu l’invasion islamique de l’Afghanistan. Il y a eu effectivement des résistants Afghans qui faisaient partie de la population Afghane et qui a été totalement abandonnée par les USA qui ont pris la place des soviétiques sortis du bourbier entretenu par l’occident. Le seul commandant de la résistance Afghane était le commandant Massoud trompé dans son combat par ce qu’il a cru à la propagande d’invasion soviétique. (Des radios occidentales étaient installées en Afghanistan pour la propagande anti soviétique) Les américains ne lui ont laissé aucune chance contre l’invasion islamiste et il a été assassiné par une bombe camouflée en caméra par des faux journalistes venus d’Allemagne. Qu’en reste il à part son nom donné à une allée des jardins bordant les Champs Élysées?

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    • Georges55310 // 26.05.2021 à 23h44

      Le pluriel de Taleb est taliban. Ce qui est intéressant c’est la fin de l’histoire. Les Américains retirent leurs troupes. Ils ont maintenant un autre jouet appelé la Chine. L’Afghanistan va se retrouver à assumer seul l’invasion islamiste. Est ce que l’occident a tiré les leçons de l’Afghanistan devenu terrain d’entrainement des mercenaires islamistes ? Pas du tout puisque l’occident à rejoué exactement le même scénario dans ce qui a été appelé le printemps arabe des frères musulmans nommé par la suite califat islamiste. Nous constatons qu’il n’y avait plus à ce moment là d’union soviétique à éliminer.

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  • pauo // 30.05.2021 à 10h04

    Et maintenant reste plus qu’à se pencher sur le cas infâme de la guerre en Yougoslavie et en particulier la Bosnie , qui a vu l’arrivée de jihadistes en soutien aux fondamentalistes bosniaques , qui se sont illustré par une cruauté sans égale pendant que BHL pérorait sur la liberté à Sarajevo …

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