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11.mai.202011.5.2020 // Les Crises

Un appel de Vincent Lindon : « Comment ce pays si riche… »

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Source : Mediapart

Le comédien a confié à Mediapart une longue réflexion, lue face caméra chez lui, sur ce que la pandémie révèle du pays qui est le nôtre, la France, sixième puissance mondiale empêtrée dans le dénuement (sanitaire), puis le mensonge (gouvernemental) et désormais la colère (citoyenne). Un texte puissamment politique, avec un objectif: ne pas en rester là.

« Spécialiste en rien, intéressé par tout », comme il se définit lui-même, Vincent Lindon cultive une parole publique rare que la crise insensée que nous vivons a libérée. Radicalement absent des réseaux sociaux – il n’est ni sur Facebook, ni sur Twitter, ni Instagram, ni nulle part de ce genre –, le comédien a décidé de confier à Mediapart une longue réflexion, lue face caméra chez lui, sur ce que la pandémie révèle du pays qui est le nôtre, la France, sixième puissance mondiale empêtrée dans le dénuement (sanitaire), puis le mensonge (gouvernemental) et désormais la colère (citoyenne).

Ce n’est pas un comédien qui s’exprime ici, et encore moins un artiste coincé dans son écosystème, celui de la culture ; le mot est d’ailleurs absent de son texte. Non pas que le sujet ne lui soit pas d’une importance cruciale – il l’est, vu le péril qui guette (voir nos articles ici, ici, ou ) –, mais c’est au-delà de cet horizon que regarde le comédien.

Vincent Lindon parle à hauteur de citoyen. Un citoyen qui, d’où il est – et qui sait d’où il vient et où il est –, regarde la cité tétanisée par une crise sanitaire agissant au fil des semaines comme le puissant bain révélateur d’autres crises (sociale, politique et morale) qui sourdent dans le pays depuis si longtemps.

L’homme qui, probablement comme peu d’acteurs avant lui, a su incarner les voix indignées et les corps fourbus que le néolibéralisme détruit le temps d’une vie, livre ici un texte puissamment politique, au plus beau sens du terme. Il y est évidemment question de la crise de l’hôpital, mais aussi des institutions de la Ve République, du présidentialisme, de répression policière, de justice fiscale ou de corruption. En creux, de cette « décence commune » chère à Orwell qui semble tant manquer à notre époque.

Pour écrire son texte, Vincent Lindon s’est fait un peu journaliste – il a interrogé des spécialistes de médecine ou d’économie avant de prendre la plume. Il est aussi un peu politique – il ne fait pas que s’indigner, il propose.

C’est, en d’autres termes, un citoyen total, qui veut apprendre pour comprendre, comprendre pour juger, juger pour proposer, avec un objectif : ne pas en rester là. Afin que le monde d’après ne soit pas celui des idées d’avant qui ont concouru à cette perte que la pandémie fait ressentir à chacun de nous, bien sûr à des degrés divers, jusque dans son intimité confinée.

Ci-dessous la retranscription du texte de Vincent Lindon :

Comment ce pays si riche…

Traversé par le flot incessant des commentaires, désorienté par l’addition d’analyses souvent contradictoires, j’ai tenté de réfléchir à la question la plus banale : mais comment avons-nous pu en arriver là ? À cette situation inédite, littéralement stupéfiante.

Spécialiste en rien, intéressé par tout, il m’a paru pourtant utile de contribuer en faisant entendre une voix simplement citoyenne. Suis-je légitime pour interpeller nos dirigeants, tous professionnels de la chose publique, tous diplômés des meilleures écoles ? Pas plus qu’un autre sans doute, mais pas moins non plus, ayant pris soin de consulter nombre d’avis autorisés, notamment dans le domaine de la santé, où André Grimaldi [professeur émérite de diabétologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière – ndlr] m’a apporté son éclairage.

Comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu’à devoir, pour éviter l’engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculé à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement ? Nous qui, au début des années 2000 encore, pouvions nous enorgueillir d’avoir le meilleur système de santé du monde.

C’était avant.

Avant que s’impose la folle idée que la santé devait être rentable, puisque tout désormais devait être marchandise, jusqu’à la vie des hommes.

Un espoir s’était pourtant levé avec le nouveau chef de l’État Emmanuel Macron, et son programme promettant un « investissement massif dans le système de santé ». Hélas, l’élection acquise, il préféra poursuivre l’action de ses prédécesseurs. S’il n’est donc que le dernier avatar d’une même politique, il porte pourtant une responsabilité particulière, pour avoir ignoré tous les signaux d’alerte.

Douze mois de grève des urgences ? Les patients patienteront.

1 200 chefs de service démissionnent de leurs fonctions administratives ? Moins de paperasse.

Présence massive des soignants dans toutes les manifestations ? Sortez les LBD et les grenades de désencerclement…

Au-delà de la santé, c’est l’ensemble du secteur public qui subit depuis des décennies les coups de boutoir des présidents qui se succèdent avec toujours la même obsession : réduire la place de l’État dans l’économie. La recette est simple : privations pour ce qui coûte (l’éducation, la justice, la police, l’armée, la santé…) et privatisations pour ce qui rapporte.

Tandis que les budgets des ministères régaliens sont comprimés et les salaires de leurs fonctionnaires bloqués, la grande braderie est ouverte. Villepin solde les autoroutes, Nicolas Sarkozy fait absorber Gaz de France par un groupe privé, Suez, et enfin François Hollande, sous la férule de Macron, démembre Alstom pour le plus grand profit de l’américain General Electric.

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, la fête continue. Deux entreprises publiques, la Française des jeux (FDJ) et Aéroports de Paris (AdP), sont très rentables ? Vendez-les !

Pour comprendre l’attachement aveugle de notre président à cette ligne idéologique, il est nécessaire de revenir sur trois années d’exercice de son pouvoir, que notre Constitution a voulu absolu.

Qu’en retenir ?

Dès les premiers jours, une évidence : le goût du nouveau président pour la pompe et les rites de la monarchie, se mettant régulièrement en scène dans les décors de la royauté ; ainsi a-t-il choisi le palais du Louvre pour son intronisation, marchant seul devant la pyramide, le château de Versailles pour recevoir Vladimir Poutine, l’empereur du Japon ou 150 millionnaires high-tech et, enfin, celui de Chambord pour célébrer son 40e anniversaire.

Une prédilection annoncée par des déclarations antérieures – en 2015, il affirmait déjà : « Dans la politique française, l’absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort » – et confirmée jusque dans son programme, qui prévoyait de rétablir les chasses présidentielles. Ce qui n’a rien d’un détail.

L’ego comblé, le jeune homme allait pouvoir s’attaquer à son grand œuvre : bâtir cette « start-up nation » où les « premiers de cordée » allaient tirer vers les cimes ces « Gaulois réfractaires ». Au pas de charge : suppression de l’ISF et allègement de l’impôt sur les profits financiers pour les uns, réformes restrictives du droit du travail ou des allocations chômage et baisse des APL pour les autres. Cinq euros en moins sur les APL ! Mais qu’est-ce qui peut bien passer par la tête d’un dirigeant pour accoucher d’une aussi mauvaise idée ? La brume des sommets obscurcit-elle le jugement au point de lui faire oublier le poids des symboles ? C’était donc ça le « en même temps » macronien, des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacrifices pour ceux qui ont besoin de tout ?

Mais c’est le premier été du quinquennat, et tout semble encore permis au conquérant de l’Élysée. Malgré quelques protestations, le nouveau monde impose ses lois grâce au soutien de sa majorité obéissante et reconnaissante.

Premier grain de sable à l’été 2018, l’affaire Benalla et son traitement rocambolesque, qui jette une lumière crue sur la conception et les pratiques du pouvoir.

Avec l’automne, un vent se lève, une révolte inattendue et pourtant évidente : des femmes et des hommes en jaune envahissent les ronds-points et les Champs-Élysées, naturellement accompagnés par une très faible minorité qui prétexte le port de la chasuble pour casser plutôt que pour revendiquer, une revendication légitime qui emporte l’adhésion de l’opinion, contraignant le gouvernement à un repli tactique : 10 milliards jetés à la hâte pour tenter d’éteindre la colère sociale.

Trop tard. Les sacrifiés de la mondialisation ultralibérale veulent plus. Plus de moyens, certes, mais aussi plus de pouvoirs, notamment celui de contrôler ceux dont la mission est de les représenter.

Après la carotte, vient le temps du bâton. Une répression brutale, policière, avec mains arrachées et manifestants éborgnés, mais aussi judiciaire, avec une distribution massive de condamnations fermes. Pendant que les pouvoirs exécutif et judiciaire répriment, les législateurs ferraillent pour imposer une réforme des retraites dont une majorité des Français ne veut pas.

Occupés à bâtir leur nouveau monde, les responsables n’accordent qu’une attention distraite à un virus agressif qui, parti de Chine, va très vite ravager la planète et envahir la totalité de l’espace politique, donnant à nos gouvernants l’occasion de montrer l’étendue de leur compétence.

Dans les hôpitaux, la situation est dramatique. On manque de tout, de masques, de gel, de tests, de respirateurs, de lits et de personnels en réanimation. Le 29 février, après que le Covid-19 a fait ses premières victimes en France, Édouard Philippe convoque un conseil des ministres extraordinaire consacré au virus. Une grande décision en ressort : utiliser le 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites !

Alors que l’épidémie progresse, se faisant pandémie, le pouvoir s’affole, s’agite comme un poulet sans tête. Sur quoi s’interroge l’exécutif aux premiers jours de mars ? Mais sur le maintien des municipales, bien sûr ! La veille du premier tour, le premier ministre joue les contorsionnistes, invitant les Français à rester chez eux, mais, en même temps, à aller voter. Chapeau l’artiste !

Pendant que nos voisins allemands se mettent en ordre de bataille, le gouvernement français peaufine sa communication.

Une seule stratégie, mentir.

Relayant le discours présidentiel, l’équipe gouvernementale multiplie les déclarations absurdes et contradictoires. Ainsi affirme-t-on successivement qu’il ne s’agit que d’une « grippette », que l’épidémie, comme le nuage de Tchernobyl, ne touchera pas la France – alors même qu’à notre frontière sud, l’Italie est frappée –, puis qu’elle est « sous contrôle », avant de devoir avouer la gravité de la situation.

Sur la question cruciale des masques de protection, la parole officielle est schizophrène : aux premiers temps, leur utilité est affirmée. D’ailleurs, il y en a des millions en stock, prêts à être distribués à la population en cas de besoin. La menace virale se précisant, les masques sont soudain déclarés inutiles, voire dangereux puisqu’on ne sait pas s’en servir. Ce qui est fort opportun, puisque les stocks se sont volatilisés.

Pschitt…

Plus de masques.

Pas même de quoi équiper tous les soignants qui doivent monter au front armés de leur seul courage. Bon, d’accord, pas de masques, mais ils arrivent. Quand ? Mais demain, bien sûr ! Hélas, les jours et les semaines passent, la pénurie persiste. Ignorés, méprisés et matraqués quelques semaines plus tôt, les soignants sont désormais portés aux nues.

Pour le commun des Français, le confinement est la règle, chômage technique pour les uns, télétravail pour les autres. Tous les Français ? Non. Pour les caissières, les livreurs, les éboueurs, les policiers ou les pompiers, l’activité doit se poursuivre, quels que soient les périls. Eux qui formaient le gros des bataillons en gilet jaune, naguère vilipendés, sont désormais officiellement essentiels. Exit les premiers de cordée, place aux premiers de corvée.

Le 23 avril, dans une adresse solennelle à la nation, le président Macron annonce enfin le déconfinement pour le 11 mai. Pourquoi le 11 plutôt que le 5 ? Pourquoi mai plutôt que juin ? Parce que.

Deux semaines plus tard, le premier ministre en dévoile les conditions. Acte 1 : réouverture des crèches et des écoles primaires. Curieux puisqu’elles avaient été les premières à être fermées, avant même le début du confinement, au motif qu’elles étaient un lieu hautement favorable à la propagation du virus… Évidemment économique – il s’agit bien sûr de libérer les parents de l’obligation de garder leurs jeunes enfants, pour leur permettre de reprendre le travail –, la véritable raison de ce choix sera passée sous silence, voire niée, alors même qu’elle est audible : vouloir éviter l’effondrement total de l’activité et son cortège de drames est après tout une motivation hautement respectable.

Empêtré dans ses mensonges et ses omissions, le pourvoir tergiverse. Très vite, le discours s’infléchit : l’obligation de retourner en classe ne s’appliquera pas systématiquement. Les maires, les préfets pourront décider, ou non, de s’y conformer.

Mieux, les parents seront libres de garder leurs enfants à la maison. Dans les milieux favorisés, on n’hésitera guère. Mais dans les milieux plus modestes, le dilemme est cornélien. Alors que le chômage enfle, dois-je exposer mon enfant au risque de tomber malade, ou accepter l’éventualité de perdre mon emploi ? Et si les parents sont d’avis contraires, le couple pourra-t-il résister, notamment si les choses tournent mal ? Questions sans réponses…

Une bonne nouvelle, pourtant : les masques arrivent. Des masques en tissu, lavables et réutilisables. Efficaces ? « Oui, dit le Pr Grimaldi, contre la transmission du virus. Mais comme ils n’empêchent pas le porteur d’être infecté lui-même, la mesure ne vaut que si elle s’impose à tous, dans l’espace public au moins. » Prisonnier de son discours récent, le gouvernement ne peut se résoudre à rendre obligatoires partout ces masques qu’hier encore il déclarait inutiles. « Pourtant, ajoute le Pr Grimaldi, on a le droit de se tromper, mais le devoir de reconnaître ses erreurs. »

Au rythme où s’enchaînent les événements, ce droit à l’erreur pourrait bien m’être utile, mes propos risquant de devenir rapidement caducs, tant les stratégies gouvernementales oscillent, sinon à la vitesse de la lumière, au moins à celle où se propage le virus.

En termes de gestion et de communication de crise, je ne sais pas qui aurait pu faire mieux, mais je ne vois pas qui aurait pu faire pire.

En mettant au jour ses insuffisances, cette crise pourrait-elle être l’occasion d’une refonte radicale de notre démocratie ? Dans un discours célèbre, Churchill affirmait que c’était là « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». Mais, ajoutait-il aussitôt, « la démocratie n’est pas un lieu où on obtient un mandat déterminé sur des promesses, puis où on en fait ce qu’on veut ».

Si l’on s’accorde pour ne pas changer de système, alors il faut changer LE système.

Mais l’urgence est ailleurs. Déjà insupportables, les inégalités ont explosé avec la pandémie. Confinés dans des logements exigus ou contraints d’affronter les périls, les plus fragiles vivent des jours terriblement difficiles. Et leurs lendemains ne chantent pas. Après la crise sanitaire, ils seront sûrement les premières victimes de l’inévitable catastrophe économique et sociale.

Que faire ?

L’État ne pouvant pas tout, il me paraît impératif d’innover. Comment ? En demandant aux plus grosses fortunes une solidarité envers les plus démunis. Cette idée, juste et légitime, pourrait prendre la forme d’une contribution exceptionnelle, baptisée « Jean Valjean », conçue comme une forme d’assistance à personnes en danger, financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d’euros, sans acrobaties, à travers une taxe progressive de 1 % à 5 %, avec une franchise pour les premiers 10 millions d’euros.

À période exceptionnelle, contribution exceptionnelle. Même si j’applaudirais évidemment tout amendement visant à pérenniser cet effort de réduction des inégalités. Après tout, une fois peut devenir coutume.

D’après les économistes que j’ai pris soin de consulter, cette contribution devrait représenter environ 36 à 37 milliards d’euros, qui seront distribués aux quelque 21,4 millions de foyers trop pauvres pour être assujettis à l’impôt sur le revenu.

Compte tenu de l’urgence, l’État assurerait la trésorerie et abonderait marginalement la collecte, leur distribuant sans délai et sans prélèvement, la somme de 2 000 €, à charge pour lui de recouvrer ultérieurement le produit de la contribution « Jean Valjean ».

Même si je ne doute pas un instant que les plus riches de nos concitoyens se réjouiront de l’occasion ainsi offerte de montrer leur patriotisme et leur générosité, il me paraît prudent que les législateurs mettent en place des sanctions suffisamment dissuasives pour décourager les improbables mauvaises volontés. Je pense ici, surtout, à nos compatriotes domiciliés fiscalement à l’étranger, évidemment conviés à manifester leur solidarité.

Mon rôle n’est évidemment pas d’entrer dans le détail de ces sanctions. Je voudrais néanmoins en proposer une, essentiellement symbolique – car je crois, moi, à la force du symbole : alléger les réfractaires de leurs pesantes décorations (Ordre du mérite ou Légion d’honneur, par exemple) pour leur permettre de gambader librement dans les couloirs des hôpitaux étrangers, voire français, où ils seraient évidemment les bienvenus après avoir refusé de financer notre système de santé national et plus généralement notre service public. En un mot, leur pays.

Bien sûr, je sais que ces précautions seront sans nul doute inutiles, tous ces privilégiés étant bien conscients de ce qu’ils doivent au pays qui les a formés et souvent enrichis. Mais la confiance n’excluant pas la prudence, de telles dispositions ne sauraient nuire.

Après cette mesure d’urgence, il sera temps de nous pencher sur les moyens de réparer notre démocratie. Comment ? On pourra s’étonner que je me pose la question et plus encore que j’essaie d’y répondre. Alors, sans prétendre détenir des solutions – j’ai gardé le sens du ridicule –, je me risque à évoquer quelques pistes de réflexion.

Instituer des contre-pouvoirs. La Constitution de la Ve République avait été taillée sur mesure pour le général de Gaulle. Un costume bien trop grand pour ses récents successeurs. D’autant que, depuis l’instauration du quinquennat, le président dispose toujours, et pendant toute la durée de son mandat, d’une franche majorité au Parlement. Élue en même temps que lui, grâce à lui et sur son programme, l’Assemblée nationale a logiquement la même couleur que l’Élysée et le législatif n’a donc pas vocation à s’opposer à l’exécutif.

Quant au pouvoir judiciaire, son indépendance n’est que théorique, tant il est simple de le contrôler par le jeu des nominations et des promotions. Depuis Montesquieu, qui a théorisé la séparation des pouvoirs (il n’en connaissait que trois, lui), un quatrième s’est imposé : la presse. Problème : neuf milliardaires en possèdent l’immense majorité, on ne s’étonnera donc pas que l’intérêt des puissants soit ménagé dans le traitement de l’information. Impuissante politiquement, la contestation s’exprime là où elle le peut encore, dans la rue et dans les sondages d’opinion.

Responsabiliser les élus. Les élus devront être comptables de leur action devant le peuple dont ils ont obtenu la confiance. Une élection, c’est quoi ? C’est l’histoire d’un mec qui arrive et qui dit : « Faites-moi confiance, voilà ce que je vais faire », et qui, une fois élu, ne le fait pas. À la place, il fait autre chose ou rien. Eh bien non, ça ne peut plus marcher comme ça. En cas de défaillance, il est nécessaire qu’ils puissent être démis de leur fonctions, démocratiquement, c’est-à-dire si une fraction de citoyens le propose et si une majorité d’électeurs l’exige.

Insistons : cette mesure doit s’appliquer à tous les élus, jusqu’au président de la République, qui, en France, ne peut être démis par personne en cours de mandat, ni même être jugé depuis la scandaleuse décision du Conseil constitutionnel sous la présidence du douteux Roland Dumas.

Sanctionner sévèrement les dérives, pour interdire l’alliance mortifère entre les copains et les coquins. Depuis des décennies, aucun élu, même le plus corrompu, ne craint les rigueurs de la loi. Il y a à cela une excellente raison : la prison, c’est pour les autres. Eux pourront toujours solliciter les meilleurs avocats et multiplier les procédures des décennies durant, jusqu’au moment où les juger n’aura plus aucun sens.

D’où une proposition en trois points :

  1. Rendre passible de longues années de prison ferme tout acte de corruption avérée d’un élu. Parce qu’elle menace dangereusement la démocratie, en décourageant le vote notamment, la corruption politique me paraît un crime plus grave qu’un braquage de banque. Excessif ? Je ne pense pas. Enfant, je me souviens que, sur les billets de banque, il était inscrit que « la fabrication de fausse monnaie [était] passible des travaux forcés à perpétuité ». Pas une goutte de sang versée, pourtant, mais une atteinte criminelle au bien commun.
  2. Définir des couloirs judiciaires dédiés, pour éviter qu’on ne juge que des cadavres. L’ensemble des procédures, appel et cassation compris, devra être bouclé dans les 12 mois suivant l’ouverture de l’instruction.
  3. Augmenter fortement la rémunération des hommes et des femmes qui choisiront de servir la collectivité avec compétence, zèle et intégrité. Pourquoi ? Pour avoir les meilleurs. Pour leur éviter la tentation. Et pour rendre inexcusable qu’ils y cèdent.

Constitutionnelles, électorales ou judiciaires, ces propositions de réforme peuvent apparaître éloignées des préoccupations immédiates, en ces temps troublés surtout.

Je les crois pourtant essentielles. Même si elles ne résolvent pas l’ensemble des problèmes auxquels notre époque est confrontée, elles m’apparaissent nécessaires pour rétablir l’indispensable confiance du peuple en ses représentants, enfin comptables de leurs promesses comme de leur action, et responsables de leurs erreurs.

Source : Mediapart

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calal // 11.05.2020 à 07h44

« Un espoir s’était pourtant levé avec le nouveau chef de l’État Emmanuel Macron, »

Quand quelqu’un a autant de discernement que cela,j’arrete d’ecouter…

108 réactions et commentaires

  • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 07h26

    Brave homme issu du cercle des éditions de Minuit, un nanti doublé d’un anti, c’est sympa. Il dit bien le bégaiement de la démocratie. Contribution des plus fortunés. Sanctions et Mesures antiCorruption, oui bien sûr. Sortir les planqués du confortement de leur confinement paradisiaque !

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    • LibEgaFra // 11.05.2020 à 08h14

      Tiens, certains font déjà la fine bouche. C’est vrai ça, peu importe ce qu’il dit puisque c’est un nanti, un aristocrate. Alors à la lanterne! C’est vrai que l’opposition – chacun dans son coin – est tellement, tellement forte qu’on ne va pas s’intéresser à ce qu’il dit, comme de faire payer les riches.

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      • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 08h32

        Bonjour LEF, sainte Trinité, eh oui il y a intérêt à distinguer qui et qui; n’empêche, que si vous lisez mon commentaire, j’approuve ses propositions; j’aurais pu comme Calal plus bas, arrêter l’écoute dès lors que le très jeune dindon avoue un peu avoir été séduit par EM ! Maintenant que cette singularité du petit et grand écran s’exprime et fasse entendre une voie un peu dissonante tant mieux, mais on ne va pas en faire un fromage comme pour A.Mnouchkine en émoi qui balance de sa chasse gardée de la Cartoucherie ! Des élevés et des moins élevés s’égosillent depuis parfois des décennies à dire ces choses sensées! Un peu de décence donc!

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      • Barachin // 11.05.2020 à 08h40

        « certains font déjà la fine bouche »

        C’est une loi du genre sur les forums, la tendance à exprimer des avis tranchés. Le fait de s’opposer à une publication ne signifie pas forcément que l’intervenant exprime un avis sur le contenu, il est souvent l’expression d’une frustration. Celle de devoir au quotidien policer ses propos pour rester dans une certaine norme sociale.

        Être outrancier ou caricatural sur un forum est une sorte de « libération », en langage fleuri on peut dire que certains, profitant de l’anonymat (très précieux par ailleurs) « se déboutonnent » sans vergogne.

        En l’occurrence il s’agit ici de rager assez grossièrement contre les nantis, comme si un individu était nécessairement prisonnier de ses origines ou de son milieu social. Le racisme « anti-riche » en guise de radicalité. Cela nous promet des lendemains pleins de bonne intelligence.

          +14

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        • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 08h50

          Vous vous méprenez ! C’est vous qui tombez dans le facile « on est tous égaux, d’où qu’on soit blabla ». Personnellement je suis moi-même un nanti, oh certes un cran ou deux en-dessous, mais quand même! En revanche, je côtoie suffisamment des gens moins en vue, moins en finasseries buccales, et je connais leur défiance, et je la comprends. Criez si ça vous chante que les beaufs égorgeront les veaux bourgeois bien comme il faut, mais commencez 5mn à vous mettre à la place des gens d’en bas, pas juste philosophiquement, en universaliste égalitaire libertaire gauchiste, non en allant les voir, en vivant avec eux, en bossant avec, en apprenant à les connaître. Alors les Vincent Lindon après on s’en bat l’aile! Mais encore une fois j’ai apprécié ses propositions et c’est clairement écrit !

            +19

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        • yack2 // 11.05.2020 à 09h43

          Une pensée quelque peu synthétique….https://www.lemondemoderne.media/inconsequence-du-showbiz/

            +4

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        • Pascalcs // 11.05.2020 à 12h16

          Permettez-moi de “rager” sur le point suivant:

          Cette vidéo recueille 3 millions de vues en quelques heures pour 20 minutes de visonage et d’écoute du texte de M. Lindon. A peine 1 million de signatures pour bloquer la privatisation d’ADP (par une démarche qui prenait moins de 5 minutes sur internet) en 6 mois. C’est ça le cœur du problème français. Gueuler (rager) – même élégamment – oui, agir….non.

            +17

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          • Casimir Ioulianov // 11.05.2020 à 13h38

            Vous n’avez jamais eut de vidéo pour vous inciter à aller signer contre la privatisation d’ADP dans vos recommandations Youtube non plus.
            Youtube a un intérêt commercial a engranger des vues , le gouvernement à un désintérêt commercial à engranger des signatures.
            Partant de là … ne vous étonnez pas que l’une fonctionne et pas l’autre : c’est étudié pour et tous les moyens sont mis en œuvre pour que tout se passe comme prévu. Vous vous souvenez la tronche du premier formulaire à remplir pour le référendum ADP ?
            Bon …

              +7

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            • geedorah // 11.05.2020 à 16h25

              vous vous fourvoyez complétement… adp ils s’en battent tous les coui…. ils ont pas d’avis dessus la plupart des gens (faut dire que personne leur a dit quoi penser à ce sujet dans le tube cathodique)
              écouter qq’un ça demande moins d’efforts que de réfléchir sur un sujet dont on ne sait quoi penser et qui pour le coup va demander qq efforts de recherche et de réflexion.

              parler d’espoir avec un banquier d’affaire qui fini président d’un pays socialiste (j’ose) faut quand même être un sacré débile (mais bon c’est pas le seul et pour le coup les médias leur avait dit qu’il était génial. on les a trompé c’est pas de bol didonc)

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            • Patrick // 11.05.2020 à 16h59

              Finalement , la privatisation d’ADP aurait été une bonne chose.
              Je m’étais tenu le raisonnement suivant :
              Le trafic aérien va battre de l’aile ( sans jeux de mots ) dans les années à venir ( crise économique , pb de pétrole , normes … ) , donc ADP est une société condamnée , c’est préférable de la vendre , de toucher le pognon et de laisser les acquéreurs gérer la faillite dans 10 ou 15 ans.
              Et là !! qu’est-ce qui se passe ?? crise sanitaire qui sera suivie d’une crise économique , le trafic aérien au sol et qui ne s’en remettre sans doute jamais.
              On a raté une belle occasion de faire du fric.

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            • Barachin // 12.05.2020 à 01h27

              Patrick croit encore que la Main invisible du Marché va régler les problèmes …

              Ben non c’est pas une bonne chose de privatiser ses frontières (problème de souveraineté). Et ce n’est pas non plus une bonne chose de confier à la stricte logique de la concurrence un secteur polluant qu’il va falloir taxer (dans un premier temps) puis faire bifurquer (dans un second temps).

              A moins que vous vous foutiez de mettre sur le carreau des dizaines de milliers de salariés. Cela fait partie de la destruction créatrice, hein ?

              Les néolibéraux sont des extrémistes, ils n’en ont jamais assez de massacrer le vivant sur l’autel du dieu PIB.

              « On a raté une belle occasion de faire du fric. » … quelle pitié.

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            • Patrick // 12.05.2020 à 10h00

              explication complémentaire :
              ADP a déjà acheté et gère d’autres aéroports dans le monde , à priori cette horrible « privatisation » n’a fait couiner personne et à priori chaque pays a continué à gérer ses propres frontières sans trop de problèmes.
              Le dernier en date est celui d’Almaty au Kazakhstan ( c’est avec un montage de type consortium .. encore un truc d’affreux néolibéraux ), pas sur que ce soit vraiment une bonne affaire , surtout dans la situation actuelle. Mais tant pis ,les contribuables français pourront toujours renflouer tout le bazar.

              Comme vous le dites , ce secteur sera taxé puis « bifurqué  » ( ?? ) , tout ça en plus de la crise du secteur devrait finir de l’achever.
              « Faire du fric » aurait permis d’investir dans d’autres secteurs relevant des missions régaliennes qui sont si mal en point.

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            • step // 12.05.2020 à 23h43

              ou … non, si on écoute notre bien aimé président, cette vente va fabriquer des licornes privées, alias carotte 4.0, pas du régalien…Faudrait pas que les gens s’habituent à un service public qui marchent, ils pourraient se mettre à mal raisonner.

              https://www.facebook.com/HeyOuiPlay/videos/346185309380478/

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      • Crapaud Rouge // 11.05.2020 à 08h58

        @LibEgaFra : vous, vous faites la fine bouche devant les propos tout à fait pertinents de Mona Redmoor. Lindon fait partie de cette « intelligentsia » qui ne sort du bois que pour sonner le tocsin dans quelques circonstances rarissimes, quand l’un des leurs lance un « appel », toujours vibrant et retentissant bien sûr. Le reste du temps, on ne les entend pas, car ils se satisfont du statu quo. Un exemple entre mille : où étaient-ils quand Sarko a lancé en 2007 son slogan de campagne, « travailler plus pour gagner plus », qui remettait en cause les 35 heures et signait l’abrutissement des travailleurs au lieu du partage du travail ?

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        • Subotai // 12.05.2020 à 00h37

          J’ai une question, mais je vais d’abord poser la situation.
          Nous avons donc une profession: comédien, un groupe social : artiste.
          Dans ce groupe social et cette profession, il y a des millions de gens qui font leur métier, ne s’occupe de pas spécialement de politique, pas plus que n’importe quel citoyen travailleur, qui votent ou qui ne votent pas comme tout monde. Certains, plutôt une minorité, sont plus fortunés que d’autres voire carrément riches.
          La dedans, il y a certains qui prennent plus ou moins des positions politiques visibles, comme n’importe quel citoyens. Certains sont plus concernés et agissent visiblement ou discrètement suivant leur choix, ou non.
          Bien, ma question.
          Si on prends les maçons et les métiers du bâtiments pose-t-on l’investissement la gestion de la Cité de ces personnes dans les même termes?
          Effectivement, suis-je bête!
          Artiste c’est pas un métier. Ça ne mérite pas salaire à la mesure du rendu de son travail, l’indemnité d’intérimaire devrait suffire. Et encore.
          Parce que le fond, c’est ça.

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    • Alligator427 // 11.05.2020 à 08h23

      Mona fait des phrases. Vincent aussi, mais lui au moins sait se faire comprendre et avance à visage découvert. Merci à lui.

      C’est aussi une adresse à ceux qui ne disent rien, qui se planquent comme en 40 en attendant que ça passe. Comme si on pouvait se remettre d’un effondrement.

      Ne pas choisir, c’est encore choisir.

      —-

      Merci au site Les Crises pour la retranscription.

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  • Crapaud Rouge // 11.05.2020 à 07h41

    C’est gentil de sa part de nous faire part de ses idées, ça occupe un p’tit moment, mais bon, ce n’est pas demain la veille que des idées de changements suffiront à changer quoi que ce soit dans ce système structuré par le néolibéralisme. Les capitalistes aussi ont des idées, eux aussi ne restent pas les bras croisés, et ils ont des intérêts à défendre. L’on devine de quel côté la balance va continuer de pencher…

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  • calal // 11.05.2020 à 07h44

    « Un espoir s’était pourtant levé avec le nouveau chef de l’État Emmanuel Macron, »

    Quand quelqu’un a autant de discernement que cela,j’arrete d’ecouter…

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    • Treir // 11.05.2020 à 08h11

      aussi choque que vous néanmoins cela veut la peine d’aller jusqu’au bout ( il fait référence à la promesse d’investir dans les hôpitaux de Manu micron)

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    • Barachin // 11.05.2020 à 09h34

      Sectarisme bien regrettable de mon point de vue.

      Comment comptez-vous évoluer dans votre réflexion si à la moindre contrariété vous vous mettez sur off ? Vous croyez à la « génération spontanée » des idées plutôt qu’à l’enrichissement mutuel ? Vous ne craignez pas de vivre dans une bulle cognitive, un biais de confirmation permanent ?

      L’étrangeté / l’altérité est la source de la réflexion, elle permet de savoir qui on est et pourquoi on pense ce que l’on pense.

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      • Alfred // 11.05.2020 à 10h11

        Il ne s’agit pas de contrariété mais d’un indice presque quantifiable de bêtise et d’ineptie. (Macron n’a jamais avancé masqué; il a été tel qu’il est dès le début).
        Je l’ai écouté jusqu’au bout le môssieur (bien sympathique au demeurant) mais c’est terminé: Ce n’est plus à ces gens d’apporter « leur petite pierre », leur réflexion etc… c’est à eux qui se sont toujours trompés (et qui continuent de le faire) d’écouter maintenant.
        Ce môssieur dans dix ans nous dira que finalement il s’est encore trompé. Cabri européen, solidaire (solidaire de tout donc de rien), etc… Notre prrez est un « pov typ »e sans coeur. Celui la un « pov type » avec un coeur. Bien gentil mais pas suffisant.

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        • kelkun // 11.05.2020 à 10h40

          En fait, dans le milieu formaté et assez stérile et couché de la kulture et du showbizz, français, ceux qui mériteraient de siéger avec le peuple non autorisé pour inventer autre chose, prendre des décisions, je n’en vois pas des masses.
          D’ailleurs ils ont montré avec l’affaire des gilets jaunes qui ils étaient, le Lindon très prudent et somme toute très vulgate y compris.
          Ah si, il y a Bigard « le si grossier » parmi la poignée respectable et homme debout.

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      • Santerre // 11.05.2020 à 10h34

        Oui et l’eau mouille et la neige est froide.

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      • Patrick // 11.05.2020 à 10h34

        « Bien gentil mais pas suffisant. »

        Façon de voir le verre à moitié vide.

        Personnellement je préfère me réjouir de voir dans cette prise de parole une évolution positive :
        • pour M. Lindon (mais à la limite on s’en fout, tant mieux pour lui s’il s’aperçoit que ses choix politiques précédents n’étaient pas les bons)
        • pour la tendance qu’elle révèle : il n’est plus honteux de demander plus d’Etat et de réclamer une plus juste répartition de l’effort / aller chercher l’argent chez les riches avec une taxe spéciale

        Encore un petit effort dans ce sens et vous verrez qu’il ne sera bientôt plus honteux pour des personnalités et des intellectuels d’avouer qu’elles sont sur la même longueur d’onde que la France insoumise 🙂

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        • Incognitototo // 11.05.2020 à 14h25

          Absolument d’accord, encore un peu de Covid et, entre bien d’autres, la nationalisation des banques et des moyens de production stratégiques, la relocalisation des industries, l’autosuffisance, le protectionnisme intelligent, la gestion par plan, le développement des services publics, et cetera… ne seront plus des gros mots. Et si le Covid éradiquait aussi l’idéologie néo-libérale et ceux qui la soutiennent depuis 50 ans, ça nous ferait des vacances.

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      • Véro // 17.05.2020 à 10h43

        La moindre contrariété ?
        Un espoir qui se lève avec Macron, c’est tellement absurde que d’entendre ça n’est pas juste une moindre contrariété.
        Cela signifie que Lindon est totalement à côté de la plaque, qu’il n’a rien compris. Macron n’est pas un nouveau venu en 2017, loin de là.
        On ne peut pas en 2017, si on a un peu de jugeotte, voir en Macron un espoir.
        Je suis allée jusqu’au bout de la video (justement pour voir s’il n’y avait pas tout de même quelque chose qui vaille la peine). J’aurais pu m’arrêter avant.

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    • Incognitototo // 11.05.2020 à 14h14

      C’est dommage d’avoir ce rejet… C’est, entre autres, le fait qu’une personne comme lui ait soutenu Macron (même s’il aurait préféré Bayrou) qui est intéressant. D’ailleurs, on sent bien dans ses propos des déceptions de l’amoureux déçu.

      Si quelqu’un comme lui fait des constats aussi lucides sur les politiques menées par Macron et fait des propositions aussi radicales, où en sont tous les autres ?… S’il est représentatif de l’évolution des opinions, alors nous avons un vrai espoir que quelque chose change enfin dans ce pays.

      Bref, si vous n’écoutez et occupez que de ceux qui pensent comme vous, vous ratez quelque chose pour comprendre le monde, mais aussi de vous enrichir de la réelle humanité que dégage cet homme.

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      • Véro // 17.05.2020 à 11h01

        les propositions qu’il fait sont pourtant très loin de pouvoir régler les problèmes. Je les rappelle à tout hasard :

        Pour faire face à l’urgence :
        Demander aux grosses fortunes de faire preuve de solidarité par une contribution exceptionnelle, qui doit permettre de verser 2000 euros aux foyers non imposables.
        La sanction pour décourager ceux qui placent leurs capitaux dans les paradis fiscaux : retirer les médailles reçues.

        Et pour réparer la démocratie :
        Créer des contre-pouvoirs.
        Responsabiliser les élus en les rendant révocables.
        Sanctionner dérives par de la prison ferme en cas de corruption, et pour compenser la sévérité de ces mesures, augmenter leur rémunération.

        Tout ceci est très loin de constituer le début d’un début de changement de système… il n’y a dans tout ceci aucune proposition radicale.

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    • rolland // 11.05.2020 à 14h43

      Ce n’ai pas l’envie d’arrêter de l’écouter qui m’a manqué mais je suis allé jusqu’au bout histoire d’être sûr qu’il ne nommerait pas les causes.
      Pendant ce temps les français ici plus studieux que vous mais dénués de sens critique et/ou de libre arbitre, sont mitigés entre continuer avec ou sans Macron croyant ou voulant croire que cela changerait quoi que ce soit.
      Quel dilemme cornélien pour en arriver quoi qu’il arrive aux mêmes résultats.

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    • ryo // 16.05.2020 à 22h49

      Bien d’accord. Un bobo du show bizz qui a validé toutes les trahisons. Une fois encore ce n’est pas sérieux.
      Rien de toute cette histoire est sérieux, car rien est sérieux dans ce pays depuis 60 ans.
      Mettons de côté la dimension sanitaire de cette crise, tout le reste sans exception est une mascarade.
      Nous sombrons ce n’est pas nouveau, à bien des égards tout ceci est mérité, voulu et validé par la quasi totalité de la population française, gilets jaunes compris. Nous nous divisons sous les coups de boutoir du techno-libéralisme. Je ne crois pas que les personnes, occupant le territoire appelé historiquement France, aient les outils moraux, intellectuels, philosophiques et surtout les couilles pour changer quoi que ce soit. Nous ne produisons plus rien depuis longtemps et je ne parle pas de produits manufacturés vendus une blinde qui ne servent à rien.
      Ce monde n’est pas sérieux.

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  • Fabrice // 11.05.2020 à 08h09

    Je trouve que l’on commente souvent avoir bien compris le message sans des à priori réflexes plutôt que réfléchis.

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    • Fabrice // 11.05.2020 à 09h58

      j’ajouterais un passage de Rudyard Kipling pour essayer de faire comprendre que la critique pour la critique sans recul ni être constructif, n’apporte rien que la satisfaction de l’égo pour se convaincre de sa supériorité sur les autres humains qui essayent d’agir et trouver une excuse à sa propre inaction.

      Ces quelques vers sont parfaitement adaptés au message de Vincent Lindon qui devra subir les bouches folles pour avoir tenté un tant soit peu d’éveiller ceux qui sont assommés par des messages sans fin des chaînes d’information en continu :

      Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
      Travesties par des gueux pour exciter des sots,
      Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
      Sans mentir toi-même d’un mot ;

      https://legissa.github.io/tu-seras-un-homme-mon-fils.html

        +11

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      • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 10h19

        Personnellement pas tv ni media mainstream depuis des années; lire, lire, et encore lire (Lasch, Postman, Michéa, Canetti, Arendt …) et puis parler à son prochain, aller au devant des autres, même et surtout les plus éloignés de soi, dans un rapport de proximité, d’immédiateté, de ciel partagé.
        Yack2 nous relaie le texte de L. Vincent https://www.lemondemoderne.media/inconsequence-du-showbiz/, et votre psittacisme littéraire – avec toute la limite qu’il y a à citer un passage par un auteur d’un autre temps – s’en trouve quelque peu malmené.
        La question n’est pas d’être finebouche en tant que commentateur, ou coupable de racisme anti-riche, la question à se poser est pourquoi Les Crises et O.B. sélectionnent parmi le magma informationnel cet item? Doit-on applaudir parce qu’un acteur de Merci Patron, qu’un soutien marqué de Bayrou et de tous ceux qui ont suivis jusqu’au dernier EM se compresse de bonne conscience ! Comme dit L.Vincent, non même cela n’est pas un très bon signe: « …très mauvais signe. Je n’ai aucune confiance dans ces hommes. Qu’un animateur de télé et un comédien aient été les seules voix de quelque portée, dans ce moment épouvantable de notre existence, est pour moi l’indice que quelque chose cloche sérieusement dans mon pays. Je refuse pour ma part la dépolitisation des affaires publiques, comme le rappelait à la hache à petit bois, mon ami Alexis Poulin.
        C’est le souhait, et le projet, de ceux qui nous tourmentent aujourd’hui : éliminer l’opposition politique, au profit d’une comédie du plaidoyer qu’on a beau jeu, ensuite, d’avoir simplement entendu. »

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      • Jean-Do // 11.05.2020 à 12h44

        La citation est beaucoup plus du traducteur, Mauriac, qui s’est permis de lourdes licences poétiques dans son interprétation romantique du texte, que de Kipling qui était sensiblement plus matérialiste. Même si vous ne lisez pas l’anglais, Deepl peut vous donner une meilleure approximation du sens réel du texte originel. Cela n’enlève rien à la qualité de l’œuvre recrée par Mauriac, juste qu’il ne faut pas confondre.

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        • Fabrice // 11.05.2020 à 14h37

          Pour Mauriac (là traduction de A. Maurois) oui mais si l’on doit rentrer dans le détail sur la forme plutôt que sur le fond, les commentaires vont être très long et se disperser ;-).

          Personnellement je n’ai jamais connu personne qui soit parfait à 100% et qui mérite que le bébé soit jeté avec l’eau du bain, que le premier qui n’a jamais fauté lui jette la première pierre certains le fond sans voir leur passé tant ils sont parfait.

          Là c’est un discours qui a le mérite d’être clair et si il a fait des erreurs de choix de par le passé cela n’enlève rien à son intervention actuelle, qui a le mérite de faire entendre à ceux qui ne sont pas encore éveillé une vision hétérodoxe que celle vendue par nos médias, d’avoir une voix qu’ils reconnaissent qui porte ce que nous connaissons sur le site.

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  • Bertier // 11.05.2020 à 08h14

    Merci Vincent Lindon. Nous avons besoin de plus d’interventions de personnes connues pour entrainer les autres, faire réfléchir et contrebalancer la propagande médiatique. Profitons de la confiance que les personnes mettent dans les gens connus pour faire douter les indécis, mobilisons les énergies, créons des initiatives. Merci encore !

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  • Francois Marquet // 11.05.2020 à 08h31

    Je trouve Vincent Lindon pertinent, son intervention bien écrite et bien dite. Si le talent peut aider à faire passer certains messages, à entraîner d’autres réactions, ne nous en privons pas. Tirer sur le messager (forcément imparfait) est un sport national, mais c’est le message qui compte.

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    • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 08h42

      « Sport national etc » pas tout confondre !
      eh oui il y a intérêt à distinguer qui et qui, d’où on parle; n’empêche, que si vous lisez mon commentaire, j’approuve ses propositions; j’aurais pu comme Calal plus bas, arrêter l’écoute dès lors que le très jeune dindon avoue un peu avoir été séduit par EM ! Maintenant que cette singularité du petit et grand écran s’exprime et fasse entendre une voie un peu dissonante tant mieux, mais on ne va pas en faire un fromage comme pour A.Mnouchkine en émoi qui balance de sa chasse gardée de la Cartoucherie ! Des élevés et des moins élevés s’égosillent depuis parfois des décennies à dire ces choses sensées! Un peu de décence donc!
      Héroïser tout un chacun pour des choses normales parce que ce normal devient si rare, ou justement parce que des actes qui coûtent il y en a peu, c’est un peu soûlant. Vraiment Vincent Lindon a pris un risque. Des risques comme ça j’en prends tous les jours et depuis 30 ans. si je voulais y voir du cynisme je dirais qu’il peaufine son image, mais je m’abstiens et j’accueille sa bonne parole. C’est tout.

        +13

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  • .Josy // 11.05.2020 à 08h34

    Bon article qui reprend ce que beaucoup reprochent à ces trente années de démolition du patrimoine public , de la prospérité qui va avec , au profit de tiques déjà repues qu’il faudra peut être envisager de traduire devant la justice pour rackett et violences et conflits d’intérêts , crimes contre le peuple ,et complicité de terrorisme et association de malfaiteurs.
    Bravo à l’auteur qui pense au delà de son origine. C’est une excellente démarche .L’important étant la pensée honnête et non les reflexes pavloviens.

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  • yack2 // 11.05.2020 à 08h49

    Ne pas bouder ce plaisir…..Une révélation divine d’un bourgeois, soutien (passé?)de tout ce qui nous a mis dans la merde….Mais peut-on avoir des doutes? D’autres prêchent dans le désert le même catéchisme depuis des lustres, des ères interminables et n’ont subi que quolibets …..Venezuela, bolchéviques, Cuba, staliniens etc etc…..Qu’en sera t-il de notre vedette du jour? Qu’est ce que cela veut dire?….Une infusion des idées progressistes qui arrivent à maturité ou une énième diversion pour rattraper le basculement prévisible des idées dans des mains plus douces au système???????
    En tous cas…Il l’a dit….Mais d’autres avant, aussi,  » mon ennemi c’est la finance »….par exemple… et on connait le résultat: Macron…. Aussi… j’ai tendance à regarder derrière moi, des fois qu’un autre petite pièce à glisser se profilerait.

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    • Barachin // 11.05.2020 à 09h28

      « Une révélation divine d’un bourgeois, »

      Revoyez sa filmographie (et pas seulement ses origines). Cela vous renseignera utilement sur la trajectoire « citoyenne » de Vincent Lindon.

      Son engagement politique ne date pas d’aujourd’hui et les propos tenus dans cette vidéos ont été précédés de pas mal de choix en tant que comédien. Bref, c’est visiblement quelqu’un de cohérent et réflechi 🙂

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      • Santerre // 11.05.2020 à 10h36

        Choix cohérent en effet: Sarkozy, Bayrou, Macron. Merci pour le rire du jour

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      • Barachin // 11.05.2020 à 10h38

        Super, tirez sur le messager si cela soulage votre instinct de sniper de la rectitude politique.

        Restera le message, et espérons que la taxe Jean Valjean aura une destinée meilleure que les sentences à la Javert.

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        • Santerre // 11.05.2020 à 15h46

          Le messager de quoi? Arrêtez un peu vous allez éclater. 🙂

            +4

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        • Barachin // 12.05.2020 à 01h19

          « Le messager de quoi »

          De la taxe Jean Valjean… à croire que vous n’avez même pas pris la peine de visionner la vidéo. Tirer sur le messager, voila à quoi se résume votre propos.

          Dommage car le texte lu par Vincent Lindon est non seulement très juste mais en rappelant Victor Hugo, il envoie aussi balader tous ces petits boutiquiers qui n’ont pas d’autre horizon que le PIB.

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      • ellilou // 11.05.2020 à 14h31

        Sans vouloir faire ma maline, puis-je me permettre de vous rappeler le texte du Diderot  » Le paradoxe sur le comédien »? Représenter n’est pas être… 😉

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        • Barachin // 12.05.2020 à 01h20

          Vi, et avoir n’est pas être. C’est un peu le fond du message de Vincent Lindon quand il nous parle de Jean Valjean. Ou alors j’ai mal lu Hugo.

            +0

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  • 0dernaabul // 11.05.2020 à 09h13

    Merci monsieur Vincent Lindon,je me sens moins seul et je sais que le moment venu,nous nous retrouverons.

      +4

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  • TEROUINARD // 11.05.2020 à 09h14

    Un peu, beaucoup, long cet exposé !
    Quand le bateau (capitalisme financier) coule, une planche de salut (taxer les riches) est une arnaque.
    Les bonnes intentions de V. Lindon ne suffisent plus; c’est trop tard.
    Tellement tard, que ceci en est douteux.
    Pourquoi douteux ?
    Parce que les médias sont au service du « système » ; et qu’avoir une tribune en ces médias (et pas censuré sur YouTube) signifie que ceci ne dérange pas du tout le « système ». Ceci rend les bonnes intentions complice de ce qui est plus ou moins dénoncé.
    Avoir de bonnes intentions et des actes humanitaires, c’est très bien, louable; mais toujours avoir en esprit : Suis je, présentement, un « idiot utile » à la finance internationale ?

      +6

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  • Brigitte // 11.05.2020 à 09h26

    La politique ce n’est pas de la pensée mais de l’émotion. Texte émouvant, c’est vrai, où l’on voit les gros plans du visage, avec ses tics. Lindon est un bon acteur, ça aide.
    A l’écoute de cet exercice de sincérité, j’ai du mal à croire qu’il ait pu être séduit par Macron. Quel manque de discernement en effet…
    Manque qu’il réitère dans ce discours, où, sauf erreur de ma part, à aucun moment il ne fait allusion à l’UE et à l’euro. Il parle de la France comme si nous étions encore dans les années 80, avec le franc et la fameuse pub « en France, on a pas de pétrole mais on a des idées » . Maintenant on a même plus d’idées et hélas, ce n’est pas celles de Lindon qui vont nous sauver. Le souverainisme n’est pas dans son discours et c’est bien dommage. Mais bon, je ne crache pas sur son initiative, si tous les gens du spectacle en faisaient autant, on arriverait peut-être à un programme politique.
    En France, on a pas de souveraineté mais on a des acteurs….avec quelques idées.

      +26

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  • guiz // 11.05.2020 à 09h32

    C’est sûr que ce n’est pas le « sauveur », mais si son texte peut permettre d’ouvrir qq yeux, et d’instiller des réflexions, c’est toujours ça de pris !

      +11

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  • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 10h09

    Personnellement pas tv ni media mainstream depuis des années; lire, lire, et encore lire (Christopher Lasch, Neil Postman, JC Michéa, Elias Canetti, Arendt …) et puis parler à son prochain, aller au devant des autres, même et surtout les plus éloignés de soi, dans un rapport de proximité, d’immédiateté, de ciel partagé.
    Yack2 nous relaie le texte de Léonard Vincent https://www.lemondemoderne.media/inconsequence-du-showbiz/, et votre psittacisme littéraire Fabrice – avec toute la limite qu’il y a à citer un passage par un auteur d’un autre temps – s’en trouve quelque peu malmené.
    La question n’est pas d’être finebouche en tant que commentateur, ou coupable de racisme anti-riche etc, la question à se poser est pourquoi Les Crises et O.Berruyer sélectionnent parmi le magma informationnel cet item? Doit-on applaudir parce qu’un acteur de Merci Patron, qu’un soutien marqué de Bayrou et de tous ceux qui ont suivis jusqu’au dernier EM se compresse de bonne conscience ! Comme dit L.Vincent, non même cela n’est pas un très bon signe: « …très mauvais signe. Je n’ai aucune confiance dans ces hommes. Qu’un animateur de télé et un comédien aient été les seules voix de quelque portée, dans ce moment épouvantable de notre existence, est pour moi l’indice que quelque chose cloche sérieusement dans mon pays. Je refuse pour ma part la dépolitisation des affaires publiques, comme le rappelait à la hache à petit bois, mon ami Alexis Poulin.
    C’est le souhait, et le projet, de ceux qui nous tourmentent aujourd’hui : éliminer l’opposition politique, au profit d’une comédie du plaidoyer qu’on a beau jeu, ensuite, d’avoir simplement entendu. »

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  • Patapon // 11.05.2020 à 10h21

    Ce qui est remarquable, c’est le succès fulgurant de cette tirade. Elle ne couvre évidemment pas tout, mais son succès offre une opportunité, une plate-forme. C’est peut-être rare. Plutôt que de faire la fine bouche, il faut s’en saisir.

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    • Suzanne // 11.05.2020 à 11h27

      Absolument. Je ne comprends pas ce succès inédit !! Mais ne pas le saisir, ne pas s’en saisir, c’est tout simplement être un troll et désirer que rien ne change : un monde d’exploiteurs en face et des râleurs à deux balles. Je vois que tous ceux qui ne veulent rien changer sont nombreux ici, incapables qu’ils sont de réaliser que c’est extraordinaire, cet événement. Ou alors bien conscients que c’est en effet extraordinaire, et tous souhaitant qu’on l’oublie le plus vite possible.

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      • Santerre // 11.05.2020 à 15h47

        Si vous aviez besoin de cette bluette pour ouvrir les yeux, en 2020…. C’est pas gagné. 🙂

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        • Suzanne // 11.05.2020 à 16h50

          Là, vous vous trahissez, vous n’êtes ici que pour troller, et depuis pas longtemps, parce que sinon, vous sauriez quelles sont mes idées, que je développe depuis une bonne dizaine d’années sur ce blog.
          Mais permettez-moi de penser que les millions de vues ont seulement alerté les gens dans votre genre, et que ces gens sont présents uniquement pour dénigrer et rapetisser tout ce qui pourrait, on ne sait jamais, prendre de l’ampleur.

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  • ouvrierpcf // 11.05.2020 à 10h25

    Qu’un animateur de télé et un comédien aient été les seules voix de quelque portée, dans ce moment épouvantable de notre existence, est pour moi l’indice que quelque chose cloche sérieusement dans mon pays. Je refuse pour ma part la dépolitisation des affaires publiques
    C’est le souhait, et le projet, de ceux qui nous tourmentent aujourd’hui : éliminer l’opposition politique, au profit d’une comédie du plaidoyer qu’on a beau jeu, ensuite, d’avoir simplement entendu. »
    Passons donc à la réaction puis à l’action Unir celles et ceux pour changer tout cela sortir de ces impasses

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    • Suzanne // 11.05.2020 à 11h29

      L’opposition politique existe, à droite et à gauche. Pour la gauche, on peut constater que toutes les propositions de Lindon sont présentes dans le programme Mélenchon de 2017. Mais l’opposition politique est particulièrement soignée par le pouvoir : à gauche, elle est ridiculisée pour qu’on ne l’écoute pas, à droite elle est soigneusement gardée pour servir de repoussoir en 2022.

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      • jean André // 12.05.2020 à 08h33

        Je maintiens, hélas, qu’une forte proportion de la classe moyenne n’est pas représenté et ne se reconnait pas dans ces partis qui dépendent souvent des mêmes patrons. Hors l’analyse de Monsieur Lindon est recevable comme celles d’autres personnalités : François Sureau, les de Villiers… Nous restons malades de notre révolution qui fut la victoire de la bourgeoisie sur la noblesse et si les privilèges furent abolis c’est pour voter un an plus tard la loi dite le Chapelier qui interdit les mouvements ouvriers.. Notre histoire est tragique mais c’est aussi un livre pour comprendre le présent.

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  • Suzanne // 11.05.2020 à 11h18

    Cet appel est magnifique. Moi aussi, quand il a commencé à dire qu’un « grand espoir s’était levé », j’ai arrêté la vidéo, exaspérée. Puis je me suis dit que pour qu’Emmanuel Macron soit élu, il avait bien fallu qu’une petite partie de la population, et pas forcément la plus malhonnête, ait cru un peu en lui. Ait cru en cet espoir, comme on avait cru en l’adversaire de la Finance, un petit moment (bien que, à ce moment-là, OK, j’aurais voté pour un pot de fleurs plutôt que pour Nicolas Sarkozy). Et donc que, s’il n’avait pas dit ça, Vincent Lindon, eh bien il aurait menti.
    Or ce qu’il semble vraiment vouloir faire ici, c’est ne pas mentir. ne pas faire ce qu’il reproche à ceux d’en face : « une seule stratégie, mentir ». Comment ne pas respecter cet intervenant qui dit les choses de manière si crue?
    Alors j’ai écouté jusqu’au bout.
    Et les reproches suivent, cinglants, précis, puissants, tout ce qu’on a reproché à ce gouvernement : la corruption avec Benalla, le cynisme et la violence extrême avec les Gilets Jaunes, le rapt scandaleux des retraites à ceux qui les gèrent et les payent aux retraités, c’est-à-dire nous-mêmes, la surdité encore et toujours à l’opinion publique, la non gestion de la crise sanitaire, les économies de bouts de chandelle sur ce qui aurait pu nous protéger. Bref.

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    • Suzanne // 11.05.2020 à 11h19

      2.
      Et puis viennent les suggestions. Oui, je sais, ces suggestions sont toutes dans l’avenir en commun, sont toutes dans le discours de Ruffin, sont toutes dans les conférences de Chouard. Et il ne les cite pas. Mais en fait, je m’en fous. Pour moi, il est capital que idées percolent, et là elles le font, parce que beaucoup de gens regardent la vidéo. Combien de gens regardent les vidéos de Ruffin?
      Rire, se moquer, mépriser ce que dit Lindon dans son appel revient juste à oeuvrer pour que ces idées ne se réalisent jamais.

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      • Santerre // 11.05.2020 à 16h22

        Je ne méprise pas chére Suzanne, je ne ricane pas. Je pense seulement que ce genre de truc n’est d’absolument aucune utilité. Vous voyez, ce que Lindon pense, on s’en fout. Il y ceux qui sont d’accord avec ce qu’il dit et ceux qui sont contre. Mais ça ne change strictement rien. S’il doublait son blabla d’un seul acte concret. Il en serait autrement. Imaginez par exemple qu’il dise :  » alors, je vais choisir un cas précis et urgent( exemple taxe Jean Valjean) et à partir de demain j’irai m’asseoir devant l’Assemblée et commencerait une grève de la faim jusqu’à satisfaction ou l’issue fatale. J’invite tous les révoltés comme moi à me rejoindre pacifiquement et faire avec moi la grève de la faim, nuit et jour, sous le soleil, la pluie, les coups s’il le faut. Je ne lacherai rien. Rejoignez moi. »
        Là j’applaudirai à tout rompre. Le reste n’est que paroles dans le vent.

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        • Santerre // 11.05.2020 à 16h27

          Comme pour les gilets jaunes. Plutôt que de partir dans tous les sens, bloquer les routes et terrifier le bourgeois avec l’inévitable retour de bâton. Ces gens là auraient choisi UN SEUL mot d’ordre clair, consensuel genre RIC et auraient invité à des grèves de la faim sérieuses publiques en des lieux visibles, je pense qu’ils auraient eu leur victoire. Inaugurant un mouvement solide au lieu de quoi on a eu une caricature de Commune suivie d’une caricature d’epouvantable répression de la Commune. Bien à vous.

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    • bruno49 // 12.05.2020 à 13h37

      Tout ce que vous dénoncez,à juste titre (comme Lindon)se fait au nom de l’Europe. Les notions de gauche et de droite n’ont plus grand sens aujourd’hui en France. Les dérives que nous constatons depuis + de 20 ans se font au nom de l’UE.
      Les représentations nationales sont symboliques,presque tout se décide à Bruxelles. ça fait 30 ans qu’on parle d’harmonie fiscale et sociale mais il ne se passe rien.
      C’est étonnant de la part de Lindon ,si proche du pouvoir depuis toujours (Chirac,Sarkozy,Bayrou,Hollande ,Macron ) de si peu critiquer ce qu’est l’europe aujourd’hui.
      Le seul clivage qui fonctionne est celui qui existe entre les souverainistes et ceux qui veulent toujours plus de cette Europe mortifère (à mon sens). Si on ne peut pas la réformer ,elle disparaitra sous la forme actuelle.
      L’euro est en grand danger aujourd’hui et il n’y a pas grand monde pour le défendre.Des tensions apparaissent entre Von der Leyen et Berlin.
      Nous verrons .

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  • lemoine001 // 11.05.2020 à 11h19

    Gentiment modéré dans un monde que les tigres déchirent à belles dents. Ils ne se donneront même pas la peine de l’écrabouiller. Il leur faut du gibier bien coriace (genre Gilets-Jaunes ou CGT). Pour les faire reculer il faut la convergence des luttes menée par une organisation de masse.

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    • Suzanne // 11.05.2020 à 11h44

      Mais l’organisation de masse n’existe pas, et la convergence des luttes est fortement empêchée justement par des propos comme ceux que vous tenez. On ne peut pas qualifier de modérés les propos de Lindon. Ils supposent une refonte totale de la constitution.

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      • Santerre // 11.05.2020 à 16h32

        Ces propos valent s’ils sont suivis d’actes. D’actes radicaux, Implacables…. Mais NON VIOLENT. Le genre d’acte qui ne nécessite pas des masses de gens, là où une célébrité est utile, qui n’effraie pas le bourgeois et qui agitent les consciences. Nous avons besoin des méthodes de Gandhi ou Luther King. Là, moins d’un millier de gens déterminés avec une paire de gens connus pourront faire des miracles. Le reste ne marche plus.

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        • Patapon // 11.05.2020 à 17h09

          Bon sang, on a ça, et son succès permet de mesurer un potentiel. Pour l’instant c’est juste un potentiel, quelque chose pourrait même se cristalliser autour, on ne sait pas, mais vous n’aidez pas.

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      • Véro // 17.05.2020 à 11h32

        Pourquoi une refonte totale ? Tout ce qu’il propose est compatible avec notre constitution. Quelques broutilles à changer et c’est tout.
        Il ne fait qu’égrener une réalité que la plupart des gens connaissent. Rien de nouveau. Les solutions qu’il propose n’ont rien de révolutionnaire. Taxer un peu plus les riches pour distribuer aux pauvres, pouvoir révoquer les élus mais en les rémunérant davantage. Les élus sont de toutes façons révocables actuellement, mais seulement au moment des élections. Imaginons qu’ils le soient n’importe quand. Est-ce que vraiment ça changerait quelque chose ? Il y aurait des campagnes électorales plus nombreuses, et c’est tout.
        Ce qui compte, ce ne sont pas les personnes, c’est la politique qu’elles mettent en place. Et ça ne se résume pas à la redistribution des richesses, comme si notre organisation était naturelle et parfaite et qu’on avait juste à veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de pauvres, ou à ce que les pauvres ne soient pas trop pauvres.

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  • RGT // 11.05.2020 à 11h23

    Je l’ai sous le coude depuis plus d’un mois mais je vous conseille, en ces jours d’analyse de conscience, de visionner cet essai philosophique (pas une simple vidéo, si nos « intellectuels » pouvaient en avoir de semblables ce serait une bouffée d’air frais).

    https://www.youtube.com/watch?v=vkJDZ9LaK_w

    Il n’ s’agit pas d’une vidéo « putaclique » mais d’une réflexion intense sur les causes qui nous ont amenés à notre situation actuelle, et surtout un avertissement sur ce qui pourrait nous arriver en tant qu’humains si nous ne prenons pas immédiatement des mesures drastiques pour changer notre « mode de vie » basé sur la surconsommation de biens jetables déjà obsolètes avant même d’être commercialisés, et dont l’effet ravageur sur notre environnement place une épée de Damoclès au dessus de la tête de chaque humain, même ceux qui ne sont pas invités à la grande fête.

    Et je vous conseille vivement d’aller vous abreuver de cette chaîne Youtube dont le contenu est d’une qualité remarquable : https://www.youtube.com/channel/UCS_7tplUgzJG4DhA16re5Yg/featured

    De même, je vous conseille vivement la chaîne Youtube de Léo Grasset, Dirtybiology, qui vous permettra de mieux comprendre les phénomènes biologiques et les risques encourus quand on joue avec le feu.
    https://www.youtube.com/channel/UCtqICqGbPSbTN09K1_7VZ3Q

    Si seulement ces « petits jeunes » pouvaient être un peu plus entendus et qu’ils initient, par leur engagement (non partisan, juste basé sur des acquis scientifiques prouvés) et leur réflexion (à l’opposé des miroirs qui nous « gouvernent ») nous pourrions enfin, en tant qu’espèce, commencer à ouvrir les yeux.

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  • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 12h14

    Vous persistez dans vos raccourcis. Au fond Fabrice illusionnez-vous de l’épiphénomène Lindon, soyons oublieux de ses soutiens encore tout récemment, lui justement qui est issu d’un milieu intellectuel qui se veut le summum (Minuit) n’a vraiment aucune excuse. Alors si cela se transforme en mon procès, ma mise au pilori à votre guise! Et désolé pour l’usage des mots que dès lors qu’ils sont plus rares sont taxés de verbeux. Vous êtes des plus serviles, vaillant à attaquer un pair commentateur, mais laudateur pour un homme du sérail qui ne dit rien, ou si peu.

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    • Fabrice // 11.05.2020 à 16h54

      Pour vous répondre je faire appel à une image parlante qui n’est pas de moi « entre un filon qui produit peu d’or mais peu de boue et un filon qui produit beaucoup de boue mais beaucoup d’or, je préfère le deuxième car il est vivant et apporte plus que d’autres qui n’apportent rien à l’humanité mais comprendrez vous Mona ? J’ai un doute car vous serez pour le premier et donc choisirez ce qui n’apporte rien.

      les êtres humains ne sont pas des anges infaillibles vous cherchez ce qui n’est pas humain et n’apporte rien, n’évolue pas, personnellement je préfère l’humain faillible qui tombe 7 fois et se relève 8 fois, mais fait , avec lui, avancer l’humanité (faillible qui fait des erreurs mais évolue).

      J’espère que vous admettrez être faillible et que ce que vous demandez vous n’êtes pas apte, vous même, à obtenir ce niveau d’intransigeance, et que ceux qui vous connaissent sont capable de vous pardonner vos erreurs et leurs conséquences sur ceux-ci, du moment que vous êtes capable de redresser le tort causé réel ou supposé.

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  • BlueMan // 11.05.2020 à 13h09

    Un joli discours, et de bon sens, mais cachant hélas une naïveté, et surtout, un terrible aveuglement : lorsqu’il dit au début avoir cru aux promesses de Macron de restaurer les services de santé, quel manque de discernement ! Macron, bien avant d’être élu, a donné tous les signes de trahison des services publics et même des intérêts français qu’il a contribué à vendre à des puissances étrangères.

    Vincent Lindon est bien sympathique, mais comme tant d’autres de nos compatriotes aveugles, il a voté Macron sans hésiter. À un moment, il faut assumer ses erreurs et ses aveuglements, et ne pas venir se plaindre des conséquences de ce que l’on a décidé de faire et que l’on a fait. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». Jacques-Bénigne Bossuet.

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  • Narm // 11.05.2020 à 13h27

    Ce monde est tellement compliqué.

    J’approuve sa com. C’est rare, c’est très bien écrit / dit.

    rien de spécial mais comme certains le disent, on sent bien un soubresaut, mais ?
    on sent bien qu’il y a de nouvelles luttes au sein du « pouvoir ». serait-ce la revanche d’une branche ?
    Je ne croyais pas beaucoup à cet acteur people plébiscité presse papier qui se nourrie du système depuis toujours

    eh bien aujourd’hui, positivons, un être humain vient de s’exprimer de belle manière. Peut être qu’un Pierre Benichou a insuflé ce soufle de vie ?
    En tous cas il dénonce la mafia française, cette mafia que l’on a tan décriée pour d’autres pays que l’on dénigre sur ces points

    oui, il manque ce coup de balai que certains avaient vu en micron….
    par exemple, Anticor existe, et on a quoi ? ferrand à l’assemblée nationale…..
    y a du boulot car les serpents, mais surtout les charmeurs de serpent ont encore de beaux jours devant eux

      +7

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  • ceyal // 11.05.2020 à 13h39

    [modéré] il dit que quand Macron est arrivé au pouvoir il a supprimé l’ISF et s’est attaqué aux APL
    L’ISF a effectivement été remplacé par l’IFI donc perte de 2 à 3 Milliards d’Euros annuels
    Curieusement V Lindon oublie qu’en même temps la taxe d’habitation a été supprimée -10 milliards immédiatement, -20 à terme … annuels
    Bref pêcher par omission sur la taxe d’habitation pour un montant 5 fois plus important que l’ISF est le sport favori des politiques de gauche, V Lindon joue bien le jeu.
    Il fait référence à L’Allemagne ou à UK quand ça l’arrange par exemple « l’Allemagne se met en ordre de bataille pour affronter le COVID »
    Question : serait-il prêt à copier le système Allemand ou bien veut-il garder le modèle Français très « service public » qui pourtant échoue régulièrement ? Serait-il prêt à adopter les lois Hartz en matière de droit du travail ? l’organisation du système décentralisé de santé ? vraiment ? on parie ?
    Croyez vous vraiment qu’avec la même administration, un autre gouvernement Le Pen, Fillon, Bayrou, Hollande, Melenchon ou Tartenpion aurait fait mieux ? vraiment ?
    Quelle est la part de responsabilité de la technostructure administrative dans la crise ?

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    • step // 13.05.2020 à 00h49

      L’ISF comme la taxe d’habitation sont des impôts de « riches ». La première pour les « très riches », la deuxième pour conserver ce socle bourgeois de 20% dont 19% s’illusionne de faire partie des winners de la mondialisation (en bonne partie des retraités avec maison principale et secondaire, mais c’est son socle politique) . Si cette illusion se dissipe son « en marche » tombe à 3% des voix. En faisant cette réforme il sert toujours les même. Les Milliards « gilets jaunes » ne sont pas autre chose : Acheter à cout de « renflouements ponctuels » des gains législatifs pérennes pour les plus aisés. Des bouffées d’airs ponctuelles en échange d’une mise à sac.

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  • Narm // 11.05.2020 à 14h12

    parce qu’on vous élimine, qu’ou vous montre sur un autre jour ou qu’on vous sortira un nouveau micron .

    « comment en est-on arrivé là ? » (2017)
    https://youtu.be/X2M5kEm60Vc?t=2207

    un résumé
    https://www.youtube.com/watch?v=8U16bZcnDfY

      +2

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  • Angil // 11.05.2020 à 16h45

    Appréciables réflexion et témoignage d un nanti qui a gardé une bonne dose d humanité allant au-delà du paraître, par la profondeur et la justesse des analyses.
    Merci car ce message aura normalement une diffusion large.
    Fut il compris par une majorité de lecteurs ? … là est la question.

      +3

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  • kelkun // 11.05.2020 à 17h23

    En fait il y a sur ce fil deux sortes de personnes.
    .
    Celles qui prennent en compte les contradictions de ce mossieur, son passé politique, ses collaborations, ses silences, ses soutiens, sa parfaite adaptation à son milieu professionnel si « intéressant », eccetera. Ceux là qui pensent l’Ensemble ne font pas confiance à ce mossieur, le considèrent même comme partie du problème à régler par les Français, et ne se laissent pas attraper par quelques jolies paroles et slogans qui en feraient un guide qui sait.
    .
    Celles qui ne prennent pas en compte tout ce que je viens d’énumérer, les faits qui parlent au long cours et définissent un homme, qui se laissent berner par les Discours enjôleurs et ponctuels en contradiction avec bien des faits et comportements, sont toutes ravies de voir ce mossieur parler, et applaudissent comme une foule béate applaudit un orateur charmeur, un guide qui sait.
    .
    D’ailleurs, de mon point de vue, il y a aussi ceux qui applaudissent les mots de la baudruche contradictoire et louvoyante Ruffin & consorts (désolé si ça choque…) en oubliant les faits les faits les faits pour être happés par le verbe trompeur et si rassurant et si confortable et si promettant et sooo positive.
    Ceux qui se laissent avoir ainsi sont les éternels trompés et les éternels manipulés, les éternels soumis aux beaux parleurs et aux communiquants, et ils le seront évidemment en 2022 aussi.

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    • Suzanne // 12.05.2020 à 11h31

      Et il y a sur ce fil trois types de personnes. Ceux qui savent excellement troller : dans un message, on adopte des éléments du discours de l’autre, mais pour les corrompre, et à la fin ça fait une moquerie et une critique. Ils apparaissent pour casser toute velléité de dynamisme quand le message est dangereux, et je pense que c’est le cas ici.

      Il y a les militants sincères, radicaux et honnêtes, et ils se méfient de Lindon, et ils ont raison !! (Vous n’en faites pas partie)

      Et il y a les autres sincères, radicaux et honnêtes qui ont encore la force et l’envie d’y croire, peut-être parce qu’ils ont moins souffert ? je ne sais pas. Et qui regardent le phénomène se dérouler : le fait que les gens sont d’accord avec l’appel de Lindon. Et que cela peut porter quelque chose, enfin.

        +1

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      • Narm // 13.05.2020 à 09h06

        exacte

        je n’avais pas prêté attention
        le problème c’est qu’avec tout ça, on reconnaît comment un témoignage sincère ?
        Lindon y compris 😉

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  • .Josy // 11.05.2020 à 17h59

    Bel ensemble de gens d’une pureté doctrinale et originelle qui leur permet d’envoyer paitre un excellent comédien , auteur d’un très bon texte favorable à ce que souhaitent la majorité des commentateurs; Mais il a le défaut d’être un comédien célèbre et né sous une bonne étoile qui ne manque de rien mais s’associe aux revendications de justice sociale et fiscale.
    En outre il avoue avoir voté Macron contre Le Pen : il le dit !
    beaucoup de personnes qui ont agi de même, sommés par les bonnes âmes de voter pour Macron contre Le Pen l’ont fait mais peu le reconnaissent .Pourtant ce n’est ni logique, ni démocratique, ni sérieux de voter pour un zozo déjà mauvais sous Hollande pour éviter Le Pen dont avec le recul rien ne nous assure qu’elle aurait été plus nuisible .Qu’ y a t il de mal ou de défendu à ne pas choisir quand le choix n’est pas un choix?
    Vincent London est franc du collier et c’est une bonne chose que sa voix soit porteuse pour ceux que l’on n’écoute pas

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    • Mona Redmoor // 11.05.2020 à 18h42

      Il n’a pas juste dit avoir voté EM pour éviter LePen. Quant à continuellement devoir voter par conscience contre le repoussoir LePen – qui est placé là pour ça – basta! En 2022 second tour Macron-LePen vous irez contrevoter pour Macron? Voilà la nuisance de fond, cette bienpensance relativiste gauche libertaire qui roule depuis des décennies pour l’ultralibéralisme, avec la simple nuisance un peu religieuse de se dire ne pas avoir à affaire avec l’argent (même si c’est faux; enfin pas à la manière wallstreet ou agent immo), moins Défense plus Rive Gauche, moins superU plus vrac bio (ou tu raques deux fois plus mais toujours pour le même système). Porter aux nues ce brave Lindon donc c’est de ce rayon! Quelle misère!
      A l’estime de 100 visiteurs pouciers, la moitié pour calal qui a eu l’affront de dire qu’il avait stoppé (bien lui en a pris!), 50 laissant des commentaires, parmi lesquels 50 % plutôt de l’avis de Calal. Départage à 50cinquante pour la prouesse/sans intérêt de V.L. Bravo donc à la com, au Media qui se croit si rebelle, à Mediapart (avec qui ils se tire la bourre) bref à cette frange qui serait l’alternative !! ça commence à ressembler à France Inter ici!

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    • jean André // 13.05.2020 à 09h36

      Ce système perdurera tant qu’un partie de la classe moyenne sera en déshérence des partis, ils ne votent pas pour mais contre une catastrophe supposée, en l’espèce cette construction renforcée par les primaires et le quinquennat fut un coup de maître..

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  • Michel Thiery // 11.05.2020 à 18h50

    C’est un beau texte, reflet d’une belle pensée. Il y a, sans doute, beaucoup à ajouter mais rien à retirer. Il est réconfortant de vous lire.
    La Nation (quel gros mot), notre France, a besoin de beaucoup de gens comme vous.
    Merci monsieur Lindon.

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  • Jb // 11.05.2020 à 23h08

    Résumé : « un problème : une taxe » . Vive le socialisme.

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    • Incognitototo // 12.05.2020 à 13h53

      Ce genre de jugement à l’emporte-pièce est tellement… je n’ai pas de mots… que je me demande si c’est bien nécessaire d’y répondre, ou si finalement comme il se discrédite par lui-même, c’est tout à fait inutile de perdre son temps. Mais, arg, difficile de résister, alors…

      Pour information, Vincent Lindon n’est pas socialiste. Il a clairement soutenu Bayrou, et Macron par défaut, en 2017.

      Si lui est socialiste, alors de Gaule était carrément communiste. À son époque le taux marginal d’IR était de 60 % et a même atteint 65 %. Il est aujourd’hui de 45 %. Il y a donc de la marge avant que les riches nous fassent pleurer.

      Cependant, rassurez-vous de toute façon tous les riches vraiment riches sont à l’abri à l’étranger depuis longtemps et rigolent toujours autant dès qu’on parle d’augmentation de la fiscalité sur leurs revenus, du moins jusqu’à ce qu’un gouvernement fasse vraiment ce qu’il faut pour qu’ils arrêtent leur comportement de psychopathe.

      Si avoir un peu d’humanité pour son prochain s’est être socialiste, alors votre monde doit être bien triste.

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  • JohnDifool // 12.05.2020 à 02h06

    « Un espoir s’était pourtant levé avec le nouveau chef de l’État Emmanuel Macron, »

    Comme dit Calal, ça révèle le degré de lucidité de Lindon…

    Il semble que les bourgeois bien pensanst aient envie que ça change…mais pas trop quand même: il faut que tout change pour que rien ne change.

    Si le sujet vous intéresse, j’ai trouvé cette vidéo assez pertinente sur le sujet sur youtube:

    https://www.youtube.com/watch?v=yDYj5CiDcJo

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    • Suzanne // 12.05.2020 à 11h38

      J’ai réfléchi à cette principale faiblesse du message que vous mettez en exergue. Rien, absolument rien dans le texte ne prouve qu’à ce moment il est en train de parler de son opinion. Il pourrait très bien parler de l’opinion générale.
      Mais, et c’est une autre faiblesse, le problème de ce texte est qu’il est redoutablement bien écrit et les gens n’ont plus l’habitude. Combien de commentaires se sont moqués cruellement du fait que Lindon proposait de demander gentiment aux plus grande fortunes de participer à l’impôt Jean Valjean? Je suis atterrée de constater qu’ils n’ont pas perçu l’ironie. C’est un grave problème : dans notre société, les gens ne perçoivent plus le second degré.
      En réalité, il y a, oui, maintenant que j’ai réécouté, un détail qu’on pourrait lui reprocher sérieusement. Pas extrêmement grave, mais que je n’aime pas. Mais si ça ne vous fait rien, je ne vais pas donner du grain à moudre aux chiens de garde.

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      • JohnDifool // 13.05.2020 à 07h45

        Désolé si je vous ai froissé, ça n’était pas mon but.

        Pour l’ironie, c’est très bien, j’en use moi-même mais avec parcimonie car mes interlocuteurs ne la perçoivent pas toujours (sans ironie 😉 ). Et quand on a un message politique, qui s’adresse au plus grand nombre, comme c’est le cas du message de Vincent Lindon, autant éviter les malentendus potentiels, donc l’ironie.

        La vidéo que j’ai mise en lien critique les « artistes engagés »(Cotillard, Paradis…) et autres figures médiatiques (comme Nicolas Hulot, qui a fait partie du gouvernement) et qui reviennent régulièrement devant nous pour faire des tribunes et présenter des programmes pour changer le monde. Le coronavirus n’est que l’énième occasion de dire « plus jamais ça », » y a qu’à faut qu’on ».

        Or sans enlever aux artistes le rôle politique qu’ils peuvent avoir dans la cité, force est de constater qu’ils sont en général plus sur l’émotion que la réflexion, la condamnation que la proposition. Par ailleurs, beaucoup de subtilités leur échappent car ils ne s’intéressent pas suffisamment à la politique (certains la traitent même avec mépris). Torreton ne comprenait pas ce qui empêchait Hamon et Mélenchon de faire candidature commune en 2017, oubliant la lutte entre la gauche révolutionnaire et la deuxième gauche (ou deuxième droite) et que leur rapprochement n’est souhaitable ni pour l’une, ni pour l’autre.

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        • Suzanne // 13.05.2020 à 21h09

          Ah, désolée, je ne vous mettais évidemment pas dans les « chiens de garde » !
          En réalité, je n’arrive pas à savoir pourquoi je mets cette tribune de Lindon dans un sac différent de tous les autres « mondes d’après » (que j’exècre moi aussi, prouvez d’abord, mesdames, messieurs que 1) vous êtes capables d’agir individuellement pour changer votre manière de vivre et 2) vous ne vous précipiterez pas pour voter pour le premier représentant d’une union nationale type macronien, après on verra).
          Je ne sais tout simplement pas. Il faut que j’y réfléchisse pour de bon. Peut-être parce que c’est un parfait résumé, non exhaustif cependant et qui ne va pas assez loin, de ce à quoi je crois?

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  • calahan // 12.05.2020 à 14h42

    Vincent Lindon, c’est un artiste engagé et ça fait du bien car c’est devenu une denrée rare l’artiste engagé.
    L’artiste engagé il représente des gens qui l’aiment pour ses choix artistiques et ses capacités, ici d’acteur (le film « en guerre » ça c’est un choix de film engagé par exemple), il peut aussi convaincre d’autres personnes qui le trouvent « sympathique ».

    L’artiste engagé ne dépend pas du système dans lequel il évolue car il met au dessus du reste ses engagements.
    C’est une forme de déontologie qui devient rare car il peut être très dur « de ne pas vendre son âme au diable » dans ce milieu où la marchandisation totale fait son œuvre (la production musicale de masse n’a jamais été aussi pauvre mélodiquement parlant que depuis son industrialisation totale et l’invasion des machines à la place des instruments par exemple), ça en devient bêtifiant.

    bref, il en faudrait bien plus des comme lui.

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  • jp // 12.05.2020 à 18h01

    une réponse à V. Lindon

    à propos de ses propositions notamment
     » Mais quelles humiliations devrons-nous encore subir pour que cette idée que les « premiers de cordée » puissent être sensibles au destin de millions d’autres et leur viennent en aide, disparaisse définitivement, et que l’on innove réellement en comptant sur d’autres forces, les nôtres ? Ces premiers de cordée qui se sont toujours essuyés les chaussures sur nos visages, nous ont amenés vers des précipices qui menacent l’espèce humaine dans son ensemble, devons-nous vraiment leur donner encore notre « confiance », notre foi, notre corde ?  »

    https://lundi.am/Votre-Jean-Valjean-est-une-humiliation-pour-Gavroche

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    • step // 13.05.2020 à 00h57

      il me semble que les 5 minutes qu’il passe à détailler les sanctions « inutiles tant le civisme de cette population est reconnue, et dont tous les membres se font un devoir de payer leurs impots en france (je paraphrase) » devrait signaler qu’une pointe d’ironie viens de se glisser dans le discours. Il n’y croit pas une seconde, bien entendu. A titre personnel, ce n’est pas (que) la perte de décoration que j’envisagerai aux non contributeurs (alors qu’ils le devraient) à la solidarité nationale, mais la perte… de la nationalité et la saisie de leurs biens sur le territoire. Qu’ils aillent se payer une nationalité ailleurs. Ce genre de premiers de cordées qui n’ont jamais tracté autre chose qu’eux même, il vaut mieux savoir s’en passer.

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    • Narm // 14.05.2020 à 00h19

      « Les inégalités, la destruction du service public pour en faire un marché profitable, la libre circulation de l’argent au détriment des humains, c’est LE projet.

      Ce n’était pas un complot, rien n’était prémédité secrètement.

      Chez ces gens-là, pour le dire avec Brel, on ne se cache plus.

      Il y a des actes, il faut les regarder en face, et en prendre toute la mesure.  »

      merci JP

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  • step // 13.05.2020 à 01h25

    Un texte imparfait, certes, mais intéressant, malgré ses lacunes et ses angles morts (l’Europe (et sa monnaie toxique), le libre échangisme (et son absence de résilience) et la liberté de circulation des biens (et des impôts qui rend évidemment impraticable toute taxe « valjean »..)). A défaut de propositions autres qu’ironiques le dossier à charge est exhaustif et la perception sociale que cette crise impacte différemment en fonction de la richesse est bien présentée, la tristesse n’est je pense pas feinte.
    Il est dommage que cette parole ne soit pas dans la bouche d’un ou de plusieurs hommes, dont Mélenchon ou tout substitutif, dont ce serait le rôle social et politique. Je ne parle pas du fond, (que l’on retrouve chez FI), mais bien de la forme : calme, posé, triste mais résolu, légèrement sarcastique. La grandeur en politique ce n’est pas forcément la colère et la fureur. Si c’est un mode de fonctionnement cela devient anecdotique, inutile, voir risible par des médias dociles et les gens qui attendent de savoir ce qu’ils sont censés penser.
    Le ton est intéressant, le texte est bien écrit et lu et, malgré le manque de fond, il peut provoquer un peu de débat. C’est en soit un premier pas dans ce monde où la conformité de pensée et la sélectivité des indignations est une qualité. Utile pour déciller des « satisfaits de leur sort, fiers d’avoir mis ce fossoyeur en lieu et place de la vilaine Le Pen », peut être (et encore, quand on est persuadé d’être le bien, on suinte de la connerie en pensant que c’est de l’ambroisie), pas aux grognons (avertis) du forum.

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  • Pascal // 13.05.2020 à 10h19

    Bonjour,
    Désolé, mais je n’accroche plus du tout à ce genre de discours. Les grandes déclarations, on en bouffe avec Macron…
    Il y a des milliers de personnes anonymes ou connues qui parlent avec des vrais actes de fraternité, qui donne tout sans faire de tribune. On a tapé sur la morale de l’Eglise et la revoilà qui revient dans la bouche de ces nouveaux grands prêtres du bien.

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