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24.juillet.201824.7.2018 // Les Crises

[Vidéo] La chute de l’État islamique marque-t-elle la fin du phénomène djihadiste ? Par Edouard Vuiart

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Source : IRIS, Edouard Vuiart, 30.04.2018

Edouard Vuiart, analyste en stratégie internationale et ancien étudiant d’IRIS Sup’, répond à nos questions à l’occasion de la parution de son ouvrage “Après Daech : la guerre idéologique continue” (VA Éditions, 2017) :
– L’assise territoriale de l’État islamique a disparu et pourtant, les djihadistes semblent loin de s’avouer vaincus. Comment expliquez-vous cette situation ?
– Vous affirmez que la propagande djihadiste cherche à tout prix à démontrer la légitimité doctrinale de son projet : comment s’y prend-t-elle exactement ?
– Selon vous, quelles pourraient être les pistes à suivre pour diminuer l’influence de l’idéologie djihadiste ?

Source : IRIS, Edouard Vuiart, 30.04.2018

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Commentaire recommandé

RGT // 24.07.2018 à 08h04

“Les djihadistes revendiquent d’accompagner l’humanité dans les meilleures conditions jusqu’à la fin des temps, ceci impliquant l’élimination des mécréants et des apostats”

C’est étrange, quand on remplace “djihadistes” par “libéraux”, “mécréants” par “communistes” et “apostats” par “alter-mondialistes” il n’es pas nécessaire de changer une seule virgule dans tout le texte.

Je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent.

44 réactions et commentaires

  • RGT // 24.07.2018 à 08h04

    “Les djihadistes revendiquent d’accompagner l’humanité dans les meilleures conditions jusqu’à la fin des temps, ceci impliquant l’élimination des mécréants et des apostats”

    C’est étrange, quand on remplace “djihadistes” par “libéraux”, “mécréants” par “communistes” et “apostats” par “alter-mondialistes” il n’es pas nécessaire de changer une seule virgule dans tout le texte.

    Je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent.

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    • Ives // 24.07.2018 à 08h12

      On peut dire la même chose en remplaçant libéraux par communistes, alter-mondialistes, … bref toutes personnes qui ” revendiquent d’accompagner l’humanité dans les meilleures conditions jusqu’à la fin des temps” sans comprendre/admettre que l’humanité soit plurielle.

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      • miluz // 30.07.2018 à 08h06

        Oui, il suffit de vouloir “accompagner l’humanité dans les meilleurs conditions jusqu’à la fin des temps” pour devenir fasciste. L’un n’excluant pas l’autre. Le fascisme étant un régime politique qui nait dans le totalitarisme comme la “tempête dans le désert” disait Hannah Arendt.
        Ce qui peut résoudre l’équation, c’est de considérer le désert. De démonter l’idéologie principale. Le totalitarisme, qu’est le capitalisme. De voir que les jihadistes utilisent ses moyens : armes, pétrole, voitures, téléphones, ordinateurs.. et donc ses 4 cavaliers de l’apocalypse (argent/travail/marchandises/valeur). Que ce ne sont que de purs capitalistes; Que leur idéologie n’est fondée sur rien d’autre que celle qui nous entraîne tranquillement vers la fin des temps. L'”anthropocène” se réduit à la “capitalocène”, mais qui peut le dire, quand il suffit de faire passer cette radicalité pour une idéologie politique?

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    • Pinouille // 24.07.2018 à 08h51

      Cela marche aussi en remplaçant “djihadistes” par “communistes”, “mécréants” par “contre révolutionnaires” et “apostats” par “capitalistes”.

      Du coup, je ne suis pas sûr qu’une quelconque conclusion puisse s’imposer d’elle même: on est dans l’idéologie quoi…

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      • RGT // 24.07.2018 à 18h00

        @Ives et Pinouille :

        Je suis tout à fait d’accord avec vos commentaires.

        J’ai par contre mentionné le libéralisme décomplexé car c’est actuellement l’idéologie morbide qui a le plus le vent en poupe actuellement.

        Dans un autre contexte j’aurais choisi une autre référence.

        Je ne suis politiquement RIEN.
        Sauf peut-être un peu anarchiste, mais au sens originel du terme, c’est à dire aucun pouvoir centralisé, les décisions se prenant de manière collégiale entre TOUS les citoyens afin de trouver un COMPROMIS qui ne lèse personne (au moins dans l’équité).
        On peut toujours rêver, ça ne coûte rien.

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        • Pinouille // 25.07.2018 à 14h22

          @RGT
          “J’ai par contre mentionné le libéralisme décomplexé car c’est actuellement l’idéologie morbide qui a le plus le vent en poupe actuellement.”
          On parle beaucoup d’idéologie sur ce site. Amha à tort et à travers: on se trompe souvent de cible.
          Tout communiste contemporain (j’ai en tête Alain Badiou) avancera que les échecs passés du communisme ne remettent pas en question la beauté et la pureté de l’idéologie: c’était une question de mise en oeuvre organisationnelle/politique. La prochaine fois peut-être…
          De même, les difficultés/aberrations actuelles de notre système libéral/capitaliste n’échappent à personne en occident. Pas même aux libéraux dont on peut supposer que certains (ok, pas tous) se sentent concernés par les inégalités mortifères, ne serait-ce que par instinct de conservation. Il n’empêche que l’idéologie libérale est emprunte de belles valeurs: liberté, droits fondamentaux de l’individu, etc…
          Je ne serais pas étonné qu’une bonne partie de ceux qui dénoncent l’idéologie libérale ne renonceraient pour rien au monde à leur liberté individuelle, et autres avantages directement issus de cette idéologie (j’ai même cru le déceler chez Alain Badiou… C’est dire) . Ce qui me fait soupçonner que le problème est ailleurs, et complexe.

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  • J // 24.07.2018 à 08h11

    Le principe du djihad, guerre offensive pour étendre l’influence de l’Islam et à terme soumettre le monde à sa loi, est inscrit dans le Coran (8:39, 9:29, etc.). Ceux qui s’y font tuer ont la promesse des meilleures places au Paradis (Coran 4:95). Des dizaines de millions de gens y adhèrent fanatiquement dans le monde. Ce n’est plus à une déconvenue près.

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    • Pegaz // 24.07.2018 à 13h38

      Éviter la confusion entre djihad et djihadisme:

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Djihad

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Djihadisme

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    • pinaute // 24.07.2018 à 14h53

      “Le paradis ” quelle rigolade ? La plus énorme vérité imaginée dans l’histoire et l’évolution du Sapien. Elle nous asservie à ceux qui détiennent le pouvoir car ils manipulent cette croyance pour le maintenir. Une inepsie qui se nourrit de la foi aveugle.

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      • Pierre // 26.07.2018 à 18h05

        On remarquera que la foi est l’acte volontaire de croire vrai une assertion ni confirmable, ni infirmable.

        En tant que telles, ni la notion de paradis, ni la foi n’asservissent personne. Les taxer de “rigolade” c’est manquer de respect au gens qui croient et aux gens qui croient au paradis. Ca fait beaucoup de monde.

        Cependant la manipulation de ces notions par les puissants est réelle et a mené à bien des guerres. C’est donc bien cette cause qu’il faut combattre, et non cette “rigolade” de paradis. Comme disait je ne sais plus qui “Je suis croyant car si Dieu existe j’irai au paradis ; s’il n’existe pas, ça ne m’aura pas fait de mal” (citation de mémoire, donc fausse évidemment, mais l’idée est là).

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    • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 08h30

      Une petite précision : Si tous les musulmans se reconnaissent effectivement dans le Coran, tous n’en ont pas la même interprétation. Il en va de même pour les hadiths du Prophète. Et dès lors qu’on agrège aux différentes écoles coraniques les diverses traditions de classification des hadiths, on découvre une multitude de nuances d’interprétation des textes sacrés. Ceci se manifeste notamment autour des définitions possibles du mot “djihad” :

      Un djihadiste de Daech vous dira que c’est une obligation individuelle et que chacun doit aller tuer au plus vite tous les mécréants et les faux musulmans. Un juriste classique vous dira qu’il s’agit d’une obligation collective défensive et qu’elle ne peut être accomplie que par l’autorité politique légitime. Enfin, un soufi vous expliquera que le véritable djihad, c’est la guerre contre le péché, contre nos passions mauvaises, et qu’il s’agit donc d’ascèse et de travail sur soi.

      L’islam comme concept arrêté ou essence invariable, n’existe donc pas. Ceci explique qu’en général, les islamologues parlent non pas de l’islam mais des islams, en refusant de faire prévaloir – dans cette multitude d’interprétations – un « islam de référence » à partir duquel ils jugeraient tous les autres.

      L’islam est « une diversité qui aspire à l’unité ». Et c’est précisément cela qui est en partie à l’origine des deux grandes crises actuelles de cette religion : l’affrontement sunnites/chiites et la rivalité pour la définition de l’orthodoxie sunnite (objet de mon ouvrage).

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      • Jaaz // 26.07.2018 à 15h18

        Vous avez rencontré un jihadiste de DAECH?

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        • Pierre // 26.07.2018 à 18h09

          Certainement que non. Mais le message du jihadiste de Daech se retrouve dans la propagande de Daech. Qui elle est assez facilement accessible.

          Je trouve que votre petite phrase humoristique, centrée sur un seul point et qui semble avoir pour but de décrédibiliser tout l’avis de Edouard Vuiart, est navrante (mon avis perso).

          Bien cordialement.

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          • Jaaz // 27.07.2018 à 00h58

            Cela relevait davantage de la curiosité que de l’humour, à vrai dire.
            Il me semble assez naturel d’interroger un “jihadiste de daech” avant d’écrire : “un jihadiste de daech vous dira…” On fait dire, à mon goût, bcp de choses à des daechiens, sans même les avoir vu ou interroger. Je trouve juste cela un peu trop curieux. Bien cordialement.

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      • Seraphim // 28.07.2018 à 06h57

        Une autre “petite précision”: l’islam est, comme le judaïsme une religion du livre, c’est à dire d’office ouvrant sur des interprétations, et d’office aussi ramenant toujours à une vérité intrinsèque supposément contenue dans le livre. Les protestants ont ramené le christianisme dans cette sphère ‘livre vrai/lecture juste’. Mais ni le christianisme originel, ni le bouddhisme par ex. ne sont au même titre des “religions du livre”, avec des conséquences historiques considérables. Ni le catholicisme ni l’orthodoxie ne sont des religions du livre. Elles posent bien sûr la question de l’autorité, mais autrement, sans la radicalité de la lettre, sans la divinisation de l’écrit!

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  • olivier // 24.07.2018 à 09h06

    Ce jeune homme est brillant. Son raisonnement est juste logique. Et la conclusion qui en découle est dramatique…Rien ne s’arrêtera dans la mesure ou l’instrumentalisation politique perverse du terrorisme est une aubaine pour les gouvernements ultra-libéraux des pays occidentaux pour poursuivre le démantèlement des systèmes de protections sociales.

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    • RGT // 24.07.2018 à 18h07

      “pour poursuivre le démantèlement des systèmes de protections sociales”…

      La première victime de l’instrumentalisation politique du terrorisme est surtout la liberté d’expression et de pensée dont le seul objectif est de verrouiller l’accès au pouvoir afin d’empêcher toute alternative politique.

      Le démantèlement des systèmes de protection sociale, c’est un autre projet qui n’a pour seul objectif que l’optimisation des profits pour les “généreux mécènes” des partis politiques qui votent TOUTES les lois, en se foutant totalement de l’opinion des peuples.

      Oh pardon ! Nous sommes en “Démocratie”.

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  • Stanislas Robert // 24.07.2018 à 09h08

    Ne soyez pas ridicule en avançant dans un domaine où les gens pensent différemment de vous.
    Les djihadistes ou l’Ei ou les Tartempions , n’ont RIEN de l’Islam et vous devez , pour combattre ces énergumènes , ne plus utiliser le mot ISLAMISTES parce que vous faites leur affaire et vous leur faites de la propagande sans vous rendre compte.
    Ces sanguinaires utilise la 3°religion révélée pour entraîner dans leur folie meurtrière des centaines et des centaines de naïfs qui pensent , en se sacrifiant , bénéficier de la clémence de Dieu alors que : dans le Libre q’ils sont sensés représenter et défendre , il est expressément INTERDIT d’arracher la vie ou de mépriser son semblable.
    [modéré]
    On dit que l’EI est en voix d’extinction ? La même chose a été dite sur la Qaïda et son chef BenLaden offert aux requins pour emporter des tonnes de secrets sur ses commanditaires. La Qaïda est la suite de l’EI. Et avec la disparition de l’EI , ILS vont nous sortir une autre organisation..

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    • J // 24.07.2018 à 10h25

      “Interdit d’arracher la vie”, c’est le verset 32 de la sourate 5, inspiré du Talmud. Sauf qu’il y a deux exceptions, les fauteurs de “nafsin aw fasadin”, soit les meurtriers, et les coupables de “fasad”, qu’on traduit par “désordre”, “corruption”, “sédition” et qui est encore plus vague. Le verset suivant nous apprend seulement qu’il y en avait beaucoup en ce temps. Donc selon le sens plus ou moins large qu’on donne au mot “fasad” on peut tuer à peu près qui on veut.

      Et le djihad au sens de guerre pour étendre l’Islam est bien ordonné par le Coran, c’est le devoir islamique le plus important si on est en mesure de le faire, selon les quatre écoles sunnites.

      Le hadith qui parle de “djihad al akbar”, “plus grand djihad”, contre ses propres défauts, n’a aucune validité ni historique ni canonique ni doctrinale.

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    • J // 24.07.2018 à 10h31

      Et puis enfin la toute première génération de musulmans, celle qui a connu le Prophète et sous son impulsion inscrite dans le Coran, a conquis par les armes un territoire allant du Maghreb à l’Afghanistan. Ca s’appelait déjà “djihad”. Les djihadistes actuels s’en réclament expressément.

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      • Jaaz // 24.07.2018 à 13h11

        Vous avez sans doute raison sur ces éléments historiques intra-islam.
        Mais depuis, il y a eu quelques évolutions.
        Par exemple, après plus d’un millénaire sans “jihadistes”, ceux-ci ont subitement fait leur “réapparition”… en Afghanistan contre les soviétiques. C’était les débuts du jihad version CIA, les ben Laden copinant avec les Bush.
        Tout ça pour dire qu’il faut vraiment arrêter de citer des Hadith pour expliquer le mercenariat dit islamique mis en place par les US et leurs vassaux.
        Songez plutôt que ces mercenaires ne se sont JAMAIS attaqués (ni meme n’ont inquiete) à Israël. Cela suffit à couper court à toute référence religieuse. Si dans nos contrées on a encore ce genre de “débats”, dans les pays ravagés par ces mercenaires, personne n’a de doute sur leur identité et leur agenda.

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        • J // 24.07.2018 à 17h22

          Comment ça, plus d’un millénaire sans djihadistes ? Les conquêtes seldjoukides puis ottomanes en Europe, celles des Ghaznévides puis des Mogols en Inde, les Almohades, etc. etc. c’était avec des fleurs ? Le coup d’arrêt le plus décisif a été l’échec du siège de Vienne en 1683, après quoi le monde musulman s’est trouvé durablement sur la défensive. Il reprend sous nos yeux du poil de la bête, et le djihad avec lui, sous forme de guerre asymétrique en attendant mieux.

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          • Christian Gedeon // 24.07.2018 à 22h05

            Je n’aurais su dire mieux…[modéré]…vous avez juste oublié que jusqu’a La conquête de « l’Algerie » création purement française,les pirates barbaresques terrorisaient jusqu’en Italie ,en Espagne encore, sans parler des îles de Méditerranée…en vérité le jamais le Johan de conquête n’a cessé,sous des formes différentes. L’islamisation a marches forcées de la Bosnie,du Kosovo et d’une grande partie de l’Alabanie en est une preuve flagrante.

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          • Jaaz // 24.07.2018 à 23h18

            Ah oui… Vous considérez donc que les conquêtes mogols, seldjoukides ou ottomanes étaient le fait de jihadistes..c’est une manière de voir l’histoire. Moi j’y vois surtout des conquêtes politiques, et donc économiques. La conquête ottomane en Europe n’avait pas pour but de faire régner l’islam en Europe, mais l’état ottoman. Un Etat très structuré et organisé.

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        • Pinouille // 24.07.2018 à 19h39

          “Par exemple, après plus d’un millénaire sans “jihadistes”…”
          Ce n’est pas ce que disent certains: http://fr.danielpipes.org/2665/le-djihad-a-travers-lhistoire
          On peut grossièrement résumer: quand un pays à forte composante musulmane a un combat à mener (défensif ou offensif), il a toujours eu intérêt à jouer la corde sensible du jihad pour motiver/fanatiser sa population. Propagande 1.0.

          “Tout ça pour dire qu’il faut vraiment arrêter de citer des Hadith pour expliquer le mercenariat dit islamique mis en place par les US et leurs vassaux.”
          Il est amha trompeur de réduire l’EI, ou Al Qaida, ou d’autres, à des mercenaires. Non pas que ces derniers n’existent pas. Mais ils n’effacent pas la masse de personnes fanatisées qui affluent d’un peu partout dans le monde pour donner leur vie dans un combat qui s’appuie sur le Coran pour le légitimer (quoi qu’on pense individuellement sur la pertinence de cette légitimation).

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          • Jaaz // 24.07.2018 à 23h24

            Quelles sont vos références pour dire que des masses sincèrement fanatisées se rendent dans de lointaines contrées pour massacrer et se faire massacrer? Vous savez pourquoi les tunisiens sont le premier contingent en nombre de combattants? Des sources sûres m’ont indiqués que bon nombre de jeunes de régions reculées se sont engagés pour les centaines d’euros mensuels de solde. L’info a tellement circulé que les tunisiens se sont retrouvés en nombre sur place.
            Non mais sérieusement… Faut arrêter avec l’image romantique du jihadiste se battant pour l’islam et les 70 vierges. Les choses sont bien plus banales que cela

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            • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 09h06

              Pas “Sincèrement fanatisées”, mais idéologiquement convaincus ! La force de la propagande djihadiste (notamment à travers ses revues [Dabiq, Dar-al-islam, Al Rumiyah] et ses vidéos) est de parvenir à convaincre des individus (de confession musulmane mais aussi convertis) situés à divers endroits du monde, de rejoindre une communauté combattante et d’adopter un système de valeurs et de croyances radicalement différent, qui ne se limite pas à encourager des « attentats-suicides » mais défend une vision géopolitique basée sur la promesse d’une victoire eschatologique des « vrais croyants »…Des pages et des pages de légitimation théologico-politique de leur violence, avec mention des théoriciens auxquels ils se réfèrent (Abu Bakr Nadji, Muhammad Abd-el-Wahhab, Ibn Taymiyya, Abu Moussab al-Souri etc…).

              Les sources ? Disons la très majorité des travaux sérieux sur le sujet : David Thomson, Wassim Nasr, Action Resilience, Lemine Ould M.Salem, Historioblog(4), et j’en passe…

              C’est bien le prisme idéologique qui permet de comprendre comment l’idée peut survivre à la réalité ; comment l’utopie peut demeurer malgré l’échec et comment la rage peut persister face à l’évidence de la faiblesse. Et là, nous nous retrouvons non pas face à du mercenariat, ou à du “lavage de cerveau”, mais bien face à un véritable édifice idéologique dont les argumentations théologiques constituent le soubassement justificatif de son recours à la violence. On s’aperçoit que le problème n’est pas que le djihadiste perde le sens moral ou le sens commun dans la folle poursuite de son utopie, mais c’est qu’il y trouve du sens !

              Il est donc indispensable de comprendre la part de rationalité qui pousse ces individus à passer à l’acter, et ce afin de mieux pouvoir emprunter le chemin de la délégitimation. C’est tout l’objet de mon ouvrage.

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        • Jaaz // 27.07.2018 à 17h31

          En complément de mon commentaire:
          https://www.youtube.com/watch?v=Hjd8nnZpd30

          Il fallait avoir une sacrée paire pour affirmer cela dans le pays de l’Etat profond le plus impitoyable, sans doute parce que personne n’accordait tant de crédit à ce personnage.

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      • Jessim // 25.07.2018 à 08h50

        Il a conquis par des armes oui mais face à des armées non pas face à des civils désarmés c’est cela la différence. Une guerre, c’est une armee face à une autre et cela s’est toujours passé comme cela. Ce sont les organisations récentes qui ont inventés les tueries massives de civils.

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    • Owen // 24.07.2018 à 16h02

      La fabrique idéologique du terrorisme, depuis Al Qaïda, est le wahhabisme. Auquel cas, si on reprend vos propos, il faudrait déclarer que l’Arabie Saoudite pratique une religion qui n’a rien à voir avec l’Islam.

      Il faudrait absolument que toutes les relations économiques et diplomatiques soient rompues avec ce pays, si on veut lutter contre le salafisme en France.[modéré]

      Médine et la Mecque sont en Arabie Saoudite. Le hajj fournit la deuxième ressource financière de l’Arabie Saoudite. Les pèlerins, malgré eux, financent la radicalisation de tout le monde musulman. Et une bonne partie de la construction des mosquées françaises.

      Rien n’est simple, tout est liée. Ou si, c’est peut-être aussi simple que cela, mais très difficile à admettre.

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  • Bertrand // 24.07.2018 à 09h35

    Si les Casques Blancs sont bien une innocente organisation de secouristes comme le prétendent les médias, pourquoi s’enfuir de Syrie alors que la guerre se termine ?
    Qu’ont-ils donc à craindre puisqu’ils sont censés être de simples sauveteurs pacifiques ?
    CASQUES BLANCS : 800 terroristes déguisés en humanitaires vont être accueillis en Europe et au Canada https://gaideclin.blogspot.com/2018/07/casques-blancs-800-terroristes-deguises.html

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  • Mr K. // 24.07.2018 à 11h47

    “– Selon vous, quelles pourraient être les pistes à suivre pour diminuer l’influence de l’idéologie djihadiste ?”

    1- “… l’instrumentalisation des djihadistes par le wahhabisme pragmatique est avérée depuis deux siècles. …”

    Traduction pour les profanes :
    L’idéologie wahhabite à été le prétexte d’exactions dans la péninsule arabique depuis deux siècles.
    Depuis presque cinquante ans elle connaît un essor extraordinaire à travers le monde grâce à son financement par l’Arabie Saoudite à coup de milliards de dollars.

    2- “…pour certains il est préférable de regarder ailleurs pour des raisons diplomatiques et économiques…”

    Traduction pour les profanes :
    Les pays occidentaux dont la France condamnent hypocritement le wahhabisme en général ou l’état islamique en particulier, alors qu’ils s’en servent comme bras armé géopolitique quand cela les arrange.
    L’occident condamne de la main droite le wahhabisme et accepte de la main gauche les milliards de dollars d’investissements ou de contrats d’armement de la part de son principal promoteur : l’Arabie Saoudite.

    Cette vidéo, qui a par ailleurs des qualités indéniables, aurait pu servir à informer un public très large grâce à son format très court.
    Malheureusement le politiquement correct d’une partie de la présentation obscurcit singulièrement le message, sauf pour ceux déjà suffisamment informés sur le sujet qui sont à même de “lire entre les lignes”.

    Dommage.

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    • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 10h34

      Merci pour votre commentaire. Défendre l’idée que les djihadistes sont convaincus d’agir pour le Bien et qu’ils sont loin d’être de simples “malades mentaux” ne me semble pas correspondre à la définition de “politiquement correct”…

      Qui aujourd’hui n’est pas un minimum au courant de l’existence de réseaux financiers entre le wahhabisme saoudien et la sphère djihadiste ou encore de la schizophrénie diplomatique occidentale et plus particulièrement française ? Ce sujet a été traité et retraité aussi bien par des spécialistes que par certains médias (y compris mainstream), et il aurait été complètement inutile de répéter ce que disent bien mieux que moi les excellents Pierre Conesa (“Dr. Saoud et Mr. Djihad”) et Richard Labévière (“Terrorisme, face cachée de la mondialisation” et “Les Dollars de la Terreur”).

      L’objectif de mon ouvrage n’est pas de faire une n-ième histoire de Daech, mais de comprendre comment l’idée peut survivre à la réalité ; comment l’utopie peut demeurer malgré l’échec et comment la rage peut persister face à l’évidence de la faiblesse. Et là, on s’aperçoit que le problème n’est pas que le djihadiste perde le sens moral ou le sens commun dans la folle poursuite de son utopie, mais c’est qu’il y trouve du sens ! Il apparaît donc aujourd’hui plus que nécessaire de parvenir, non seulement à comprendre le discours djihadiste, mais surtout à se détacher des interprétations psychotiques du terrorisme – sorte d’épidémie mondiale de folie – pour déceler la part de rationalité qui pousse ces individus à passer à l’acte.

      Bien cordialement.

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      • Mr K. // 27.07.2018 à 01h26

        Merci beaucoup de prendre le temps de répondre aux commentaires.

        C’est en prenant comme point de départ le format de votre intervention, vidéo assez courte de 8min 43s, que j’ai fait mon commentaire.
        C’est sous cet angle particulier que mon commentaire doit plutôt être vu.
        Je crois malgré tout qu’une très grande majorité de français, plus accessible par une vidéo, ne connait pas du tout les circuits de financement du terrorisme.

        Pour ce que vous exprimez par ailleurs, je suis tout à fait convaincu de l’utilité de votre ouvrage.
        Mieux on comprendra le phénomène Daech et les ressorts idéologiques de ses métamorphoses, en association avec un financement sans lequel il ne pourrait survivre, mieux on pourra s’en défendre.

        Bien cordialement aussi.

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  • Denis Monod-Broca // 24.07.2018 à 13h00

    Excellente vidéo.

    L’idéologie djihadiste se veut cohérente, jusqu’à un certain point elle l’est, plus que l’idéologie occidentale.
    Dans le miroir qu’il nous tend nos incohérences sautent aux yeux : nous défendons la vie humaine, nous tuons aveuglement ; nous nous prétendons civilisés, nous couvrons les pires barbaries ; nous nous voulons fraternels, nous séparons les hommes en deux camps, “eux” et “nous” ; nous vantons la non-violence, nous croyons pouvoir vaincre la violence par la violence…

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    • Jaaz // 24.07.2018 à 13h17

      Votre commentaire est d’autant plus pertinent que, en réalité, “eux” ne sont que “nous”.

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    • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 11h01

      @Denis Monod-Broca / Merci pour votre commentaire. Et c’est d’ailleurs à partir de ces contradictions que l’EI parvient à exploiter les fractures pour se développer. Le projet djihadiste prétend ainsi venir en réponse aux autres modèles globalisants que sont le capitalisme, le socialisme et la démocratie libérale. Un horizon “internationaliste” et “fraternel” qu’aucune vision émancipatrice ne parvient pour le moment à concurrencer…

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  • Pegaz // 24.07.2018 à 13h44

    Et dire que le djihadisme (forme du djihad qui utilise la violence), tel qu’on le connait prend une bonne part de ses racine le 3 juillet 1979 au travers du « programme afghan » lancé par le président Jimmy Carter. Soutiens aux moudjahidines pour faire tomber le gouvernement socialiste afghan.
    « Toute la logistique et l’entraînement de moudjahidines au Pakistan serait fait par l’ISI, la CIA se contentant d’être le payeur et le superviseur de l’opération, et d’entraîner les instructeurs de l’ISI. »
    (A part égale, l’Arabie saoudite était un autre important contributeur au programme.) Dans le même temps une branche religieuse et politique, les Talibans, est éduqué dans les madrasas de la zone tribale pakistanaise.

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    • J // 24.07.2018 à 17h24

      Il faudrait peut-être se rappeler ce qu’était alors la menace soviétique, dans la foulée du Vietnam.

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    • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 11h05

      @Pegaz Et ne pas oublier la présence d’un terreau propice que sont les zones de fractures. Dès la fin du XIXe siècle, en Afghanistan, l’héritage empoisonné de la ligne Durand institua une zone de fracture au sein de laquelle se développèrent le recrutement religieux ultra-conservateur ainsi que les réseaux terroristes. Par la suite, l’influence wahhabite dans la région fut exacerbée à la suite de l’intervention américaine en Afghanistan. La nomination du gouvernement Karzaï, à 95% tadjik, institua une véritable politique d’ostracisme vis-à-vis de la population pachtoune, qui représentait alors 45% de la population du pays. Cette nouvelle fracture permit aux Talibans de revenir sur le devant de la scène en tant que fer de lance de la reconquête par l’islam wahhabite.

      La même erreur fut ensuite commise au cours de la guerre d’Irak, favorisant alors la naissance de Daech. Après avoir renversé Saddam Hussein, les Américains marginalisèrent les sunnites et choisirent de porter les chiites au pouvoir. De la même manière qu’en Afghanistan, on marginalisa complètement les sunnites (20% de la population irakienne de l’époque) en refusant de les intégrer à la société post-Saddam. Les Américains ont ainsi créé les conditions de fracture propices au développement du terrorisme. Les cadres sunnites de l’armée irakienne rejoignirent progressivement des groupes rebelles – milices, djihadistes, tendance Al-Qaïda – et notamment Jama’at al-Tawhid (Al-Qaïda en Irak) qui, à force de coopter un certain nombre de chefs de tribus, se fondit dans « l’État islamique en Irak et au Levant ».

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  • Arthur Lepic // 24.07.2018 à 20h34

    En écoutant l’intervention et en lisant seulement le post mis en exergue, le niveau est déjà affligeant :
    Qu’en est-il de la dimension économique ? Sans pétrodollars du Golfe, le wahabisme aurait-il pu se propager de telle sorte ?
    De plus, l’essentiel des efforts terroristes/militaires des wahabites n’est-il pas tourné contre les chiites, donc d’autres musulmans ? Pourquoi ?
    Serait-ce parce qu’ils (les musulmans de tous bords) se partagent 80 % des réserves de pétrole et gaz commercialement viables (pouvant être produites et exportées commercialement) de la planète ?
    Des forces extérieures n’essaient-elles pas de diviser ces deux principales branches de l’Islam pour les affaiblir dans leur ensemble et prévenir leur émergence comme puissance régionale unie ?
    L'”Etat islamique” ne fut q’un épiphénomène de cette confrontation.
    Irak, Syrie, Yemen, Iran, autant de pays stratégiques, sous influence chiite et victimes d’agressions injustifiées…
    Or quel serait le résultat d’une union des musulmans de tous bords ? La domination pour longtemps des pays du Golfe sur l’ensemble de la planète, surtout lorsque les hydrocarbures atteindront un seuil de prix critique en raison de la déplétion (à partir de 100 USD/baril ? qui sait ?).
    L’illusion d’un pétrole conventionnel inépuisable ne tiendra guère plus longtemps : chacun place ses pions en vue de la confrontation finale.
    Toujours est-il que ce charmant Edouard Vuiart esquive soigneusement les questions fondamentales : le fric, l’énergie
    et les armes (d’où viennent-ils, à quoi sont-ils employés, etc.).
    Bon lecteur du blog depuis longtemps, j’en attends personnellement davantage.

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    • Edouard Vuiart // 26.07.2018 à 12h48

      @Arthur Lepic / Merci pour votre commentaire. Il n’est pas question “d’esquiver” quoi que ce soit. La dimension économique est évidemment fondamentale dans le développement du wahhabisme (et d’autre part de l’EI) mais… ce n’est pas le sujet de mes travaux. Par ailleurs qui aujourd’hui n’est pas un minimum au courant de l’enjeu énergétique au Moyen-Orient, de l’existence de réseaux financiers entre le wahhabisme saoudien et la sphère djihadiste ou encore de la schizophrénie diplomatique occidentale ? Quant à l’instrumentalisation du conflit sunnite/chiite pour contrer l’arc chiite iranien, celle-ci est avérée depuis “Le Grand Echiquier” de Brzezinski publié il y a déjà plus de 20 ans…

      Tous ces sujets ont été traités et retraités, et il aurait été complètement inutile de répéter ce que disent bien mieux que moi les excellents Pierre Conesa (“Dr. Saoud et Mr. Djihad”) et Richard Labévière (“Terrorisme, face cachée de la mondialisation” et “Les Dollars de la Terreur”)…

      L’objectif de mon livre n’est pas de faire une N-ième histoire de Daech ou du wahhabisme (les ouvrages sont légions sur ces sujets), mais de comprendre comment l’utopie proposée par l’EI peut persister malgré son échec et comment les convictions de ses soldats peuvent demeurer face à l’évidence de la faiblesse. Il s’agit d’analyser le véritable édifice idéologique mis en place par l’EI ; de comprendre le discours djihadiste, mais surtout de le détacher des interprétations psychotiques du terrorisme – soit-disant épidémie mondiale de folie – pour déceler la part de rationalité qui pousse ces individus à passer à l’acte.

      Si, au-delà des questions économiques, la dimension proprement idéologique du salafisme djihadiste vous intéresse également, voici la recension que François-Bernard Huyghe (préfacier) fait de mon ouvrage : http://huyghe.fr/actu_1519.htm

      Bien cordialement.

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  • Jean-Luc // 25.07.2018 à 04h51

    Nous allons bien voir la suite avec, en particulier les conséquences de l’exportation, par le gouvernement d’Israël, de leurs alliés “casques blancs” vers l’Europe.
    Il est possible qu’une fois de plus, ils ne se contentent pas des matériels vidéo dont leurs sponsors occidentaux se servent pour “instruire” les grands médias.

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  • jujutdx // 27.07.2018 à 00h08

    je recommande a tous le visionnage de https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/sur-lislam-les-medias-choisissent-langle-pour-ou-contre et surtout la lecture du livre du frère Dominicain Adrian Candiard “Comprendre l’islam ou pourquoi on n’y comprend rien” … un petit bijou de pédagogie et d’humanisme … et sur la vidéo j’adooore quand il recadre Schneiderman (de mémoire) :” mais quand même , certains fanatiques musulmans avouent suivre plutot le coran que les lois de la république”
    réponse (grosso-modo) : “ben !! oui !! mais a moi aussi si vous me demandez de devoir choisir entre deux textes contradictoires je choisirai probablement ce que me dictera ma conscience et la bible … mais dans 98% des cas il n’y a pas de contradictions !!!
    réaction de DS : “………!!!!!”

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