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23.novembre.201223.11.2012
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Pollution de l’air : Le trou de la couche d’ozone (1/3)

La couche d’ozone désigne la partie de la stratosphère (de 20 à 30 km d’altitude) contenant une quantité relativement importante d’ozone (concentration de l’ordre de un pour cent mille). Son existence a été démontrée en 1913 par les français Henri Buisson et Charles Fabry. Composition L’ozone est composé de 3 atomes d’oxygène, et est naturellement […]
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La couche d’ozone désigne la partie de la stratosphère (de 20 à 30 km d’altitude) contenant une quantité relativement importante d’ozone (concentration de l’ordre de un pour cent mille). Son existence a été démontrée en 1913 par les français Henri Buisson et Charles Fabry.

Couche d'ozone

Couche d'ozone

Composition

Molécule d'ozone O3L’ozone est composé de 3 atomes d’oxygène, et est naturellement produit à partir de l’oxygène « habituel » (le dioxygène, comprenant 2 atomes d’oxygène).

La couche d’ozone existe grâce à un équilibre dynamique :

  • entre la production d’ozone par photodissociation d’oxygène (surtout autour de l’équateur), grâce à l’action des rayons ultraviolets (UV) les plus énergétiques : O2 + rayonnement solaire → O + O et ensuite O + O2 → O3
  • et sa destruction (surtout aux pôles), favorisée par le rayonnement solaire et des éléments catalyseurs (brome, chlore, oxydes d’azote…) dans le froid : O3 + rayonnement → O2 + O et O3 + O → 2 O2.

Le processus est très rapide : la masse d’ozone produite tous les jours est d’environ 400 millions de tonnes, pour un stock total de 3 milliards de tonnes ; 13 % de la couche d’ozone se renouvelle donc tous les jours grâce au soleil.

Pour les chimistes en herbe (les autres peuvent sauter 😉 ):

Cycle de l'ozone chapman

Cycle de l'ozone chapman

Le cycle de l’ozone (Source : IPSL)

 

Destruction de l'ozone

La formation du trou de la couche d’ozone (Source : IPSL)

 

On distingue, suivant le lieu et non la composition :

  • le « bon ozone » présent dans la couche stratosphérique (objet de ce billet), « bon » car il nous protège des rayons ultraviolets ;
  • le « mauvais ozone » présent dès la couche basse de l’atmosphère (troposphère : du sol jusqu’à environ 20 km d’altitude), produit par la circulation automobile, « mauvais » car c’est celui que nous respirons et qui présente selon sa concentration une certaine toxicité, irritant notamment les yeux et les voies respiratoires.

Utilité

À cette haute altitude, la couche d’ozone a pour effet d’absorber la plus grande partie du rayonnement solaire ultraviolet, qui se trouve être dangereux pour les organismes vivants. En l’absence de cette couche d’ozone, la vie n’aurait été possible que dans les océans, à une profondeur suffisante, l’eau arrêtant les UV.


La couche d’ozone

Couche d'ozone et ultraviolets

On note sur le graphique précédent que l’ozone stoppe tous les UV-C (les plus dangereux), une bonne partie des UV-B (dangereux, ils entraînent les cancers de la peau), et presque pas les UV-A (moins dangereux, ce sont eux qui nous font bronzer).

Le trou de la couche d’ozone

En 1974, deux scientifiques américains, Frank Sherwood-Rowland et Mario Molina formulent pour la première fois l’hypothèse de l’appauvrissement de la couche d’ozone sous l’impact des Chloro-Fluoro-Carbures (CFC), composés chimiques utilisés comme réfrigérants depuis les années 1930.

Joseph Farman du British Antarctica Survey (BAS) démontre ensuite en 1985 qu’un « trou » temporaire mais important (jusqu’à 50% de pertes) apparait chaque printemps dans la couche d’ozone au dessus de l’Antarctique depuis 1979 et se résorbe au début de l’automne (ils ont reçu le prix Nobel de chimie en 1995). En réalité, on avait déjà mesuré cet appauvrissement quelques années plus tôt grâce à des satellites dédiés à l’ozone. Mais les données paraissaient tellement délirantes que les scientifiques avaient préféré ignorer ces résultats, pensant qu’il s’agissait d’une erreur technique. Les proportions du trou deviennent alors gigantesques.

Trou de la couche d'ozone
Trou de la couche d'ozone
Trou de la couche d'ozone
En effet, l’ozone stratosphérique qui s’étend entre 20 et 50 km d’altitude, est en réalité très dilué dans l’atmosphère locale. En fait si cet ozone était regroupé, concentré à l’état pur, il aurait une épaisseur de seulement 3 mm – ce qui correspond par définition à une concentration de 300 Unités Dobson (DU).

On considère qu’il y a un trou quand la concentration est inférieure à 220 DU, car des valeurs d’ozone de moins de 220 unités Dobson n’ont pas été relevées avant 1979 dans les observations historiques au-dessus de l’Antarctique. Il se forme au printemps dans l’Antarctique (à la fin de la nuit polaire) et s’agrandit pendant plusieurs mois avant de se réduire.


Cycle du trou d’ozone en 2010

En Antarctique, le « trou d’ozone » (qui correspond donc à une destruction de plus de la moitié du contenu total d’ozone au printemps) est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses dans la stratosphère chaque hiver. En Arctique en revanche, les températures hivernales sont en moyenne plus élevées qu’au pôle Sud et les conditions météorologiques varient beaucoup d’une année à l’autre. Les conditions ne sont donc pas toujours réunies pour qu’une diminution importante d’ozone y soit observée (contrairement à 2011, cf. plus loin).

Destruction de l'ozone

Concentration typique en ozone aux pôles (pas d’historique ancien pour le pôle Nord)

 

En conséquence, le rayonnement moyen mondial des UV-B au niveau de la surface terrestre s’est élevé de 10 % entre 1986 et 1996. Ainsi, à Punta Arenas, au sud du Chili, la quantité d’ozone diminue de 30 à 50 % durant le printemps austral (notre automne au pôle Nord), ce qui oblige les habitants à se protéger la peau.

En 2008, l’Agence Spatiale de l’Équateur a publié un rapport nommé Hypérion, qui démontre que les le rayonnement UV au niveau de l’équateur était bien plus important que prévu, atteignant parfois 24 UVI dans certaines villes dont Quito, la capitale, alors qu’on considère que 11 est déjà un niveau extrêmement dangereux pour la santé. Ceci se comprend en regardant la carte mondiale de l’ozone pour 2009 :

Trou de la couche de l'ozone monde

La situation à l’équateur est en effet préoccupante…

28 réactions et commentaires

  • Patrick Luder // 23.11.2012 à 06h50

    La vie sur terre tiens de multiples miracles, d’équilibres fragiles !
    Qu’un seul viendrait à rompre et … pfffuiiittttt …

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  • odeur_de_sapin // 23.11.2012 à 08h21

    13% de la couche d’ozone est renouvelé chaque jour, impressionant. Le mot que je retiens surtout de ce billet tout en couleur et en pédagogie, (merci Olivier), est …équilibre. On a l’impression d’une mécanique de précision divine, des milliers de mécanismes, d’équilibres qui rendent la Vie possible.

    Si on réalisait vraiment le coté miraculeux de la Vie, de la Terre, le destin de l’Humanité serait nettement plus prometteur. Seulement, voilà en général nous ne pouvons évoluer qu’à travers la souffrance, rare sont les êtres qui réalisent à chaque instant le coté précieux, tellement précieux de la Vie et qui sont réellement dans le courant de la Vie., pour cela il n’y a pas 36 solutions, il faut mourir à soi-même et naitre vraiment, la naissance biologique n’est que la première naissance.

    En Inde, on les nomme, les jivan-mukti, les « libérés-vivants », sous une autre forme, mais le même esprit Saint Thérèse de Lisieux a pu dire « Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie ».

    Longue Vie à la Terre.

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    • Alain34 // 23.11.2012 à 12h08

      « On a l’impression d’une mécanique de précision divine, des milliers de mécanismes, d’équilibres qui rendent la Vie possible. »

      Oui, mais il faut rajouter « la vie comme on la connait »
      Peut etre que sans la couche d’ozone il y aurait de la vie sur terre, mais différente de celle que l’on connait… pareil pour tout un tas de paramètres.
      Des choses intéressantes là dessus dans « Y a-t-il un grand architecte dans l’univers » de S. Hawking

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      • WhereIsMyMind // 23.11.2012 à 15h50

        Exact. On nous vend si souvent que la vie ne peut exister que parce qu’on a une température idéale sur terre,…. On a finit par trouver de la vie dans le fond des océans (450°C, très haute pression, pas de lumière, et milieu acide), ou dans les lacs souterrain glacé (0°C, pas de lumière).

        La vie est adaptée à un équilibre et non l’inverse.

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  • OB is a farce // 23.11.2012 à 12h48

    Cher Olivier,

    Je ne doute pas de votre intérêt ni de vos préoccupations en ce qui concerne l’avenir de notre planète.

    Je doute cependant de votre propre capacité à établir, en tant qu’actuaire, du bien fondé de telle théorie ou autre allégation concernant des sujets plutôt controversés que vous ne pouvez maîtriser de par votre formation. Vous devez forcément en ce cas vous fier à des sources diverses pour proposer vos papiers. Je tiens à rappeler que vous avez-vous-même érigé les limites de ce genre de débat : tout ce qui ne va pas dans le sens « scientifiquement reconnu » n’aura aucun droit de cité sur votre site. Dont acte.

    Mes questions sont simples :
    – Vos propos sur ce site, vos articles, vos paroles lors de vos interventions télévisuelles vont totalement à l’encontre du dogme établi (en ce qui concerne le domaine de la finance en général). Il nous semble à tous que vous êtes dans un domaine que vous semblez maîtriser.
    Pourquoi seriez-vous plus crédible en tant que détracteur d’une idéologie établie (vous jouez à 1 contre 100) dans le domaine économique alors que vous seriez un benêt dans une matière où vous n’avez pas plus de connaissance que le péquin moyen qui en saura autant que vous en 2 heures de recherches ?
    – Pourquoi est-il impossible ici de poster des avis contradictoires et étayés en ce qui concerne la recherche du climat par des spécialistes reconnus au niveau mondial ?
    – Accessoirement, à propos de votre association récemment crée, où nous membres, pouvons-nous avoir accès à l’ensemble des documents constitutifs de ladite association ?

    Aucune haine, pas d’à priori. Juste des questions.

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    • Extra Ball // 23.11.2012 à 13h07

      Salut OB

      Olivier répondra sans problème sur le sujet.
      Vos questions sont légitimes et trouveront une réponse, n’en doutez pas.
      J’ai moi-même une question : est-ce que le sujet de la fraude sur le LIBOR qui a un impact planétaire pourrait être évoqué ici ?
      Dans le genre crise qui impacte tout le monde, ça me semble pas mal !
      J’aimerais qu’Olivier mette ça en avant !

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  • Delphin // 23.11.2012 à 13h44

    Quand « Le Figaro » commence à penser à s’inquiéter :

    (Le Figaro.fr, ce vendredi, extrait)

    « Est-il déjà trop tard ?
    Mais après tout, si l’objectif des 2°C est quasi hors d’atteinte, si le réchauffement est inéluctable, ne vaut-il mieux pas concentrer les ressources sur l’adaptation au changement climatique? D’ailleurs, le réchauffement n’est pas forcément signe de catastrophe pour tout le monde. De l’avis d’un voyageur qui a passé du temps avec eux, les jeunes Inuits du Nunavut par exemple, moins attachés que leurs aînés au mode de vie traditionnel, sont ravis de la fonte des glaces dans leur contrée isolée par les grands froids. Idem pour l’industrie pétrolière et gazière et le commerce maritime qui pourraient bénéficier de la fonte de la calotte polaire.

    L’homme a toujours su s’adapter à son environnement changeant. Mais l’ouragan Sandy, quelles qu’en soient les causes, vient de démonter que les événements climatiques extrêmes et la montée des océans peuvent coûter cher en vies humaines et en dégâts matériels, à nos sociétés modernes sans même parler des pays pauvres. Les climatologues prévoient qu’une augmentation de 4°C de la température d’ici la fin du siècle – qui correspond aux prévisions, pessimistes, de la Banque mondiale – entraînerait des déplacements de populations se chiffrant en dizaines de millions d’être humains, avec toutes les conséquences sociales, économiques et politiques que cela suppose. De quoi justifier la poursuite des efforts pour la transition énergétique, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux lors des grand messes onusiennes. »
    (Copie Delphin)
    ——————————–
    Quand le monde des affaires, aliéné aliénant à l’hypermatérialisme, émerge fugacement de son monde Utopia affairiste.

    Delphin

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  • Valérie // 23.11.2012 à 14h48

    Parlant de couche d’ozone, ce mercredi 21/11 au 13h de France 2, Elise Lucet nous a fait une belle bourde:

    http://www.france2.fr/jt/13h/

    vers la minute 23 à peu près. « Trou dans la couche d’ozone: vaches mises en cause et éleveurs responsables »:

    « On est tous persuadé que le trou de la couche d’ozone est dû aux rejets automobiles ou industriels mais il y a une autre cause beaucoup plus naturelle et très inattendue : les flatulences des vaches qui contiennent beaucoup de méthane. Alors certains éleveurs soucieux de la nature ont décidé d’agir et grâce à eux l’air est plus pur »

    S’ensuivait un beau reportage sur des éleveurs nourrissant leur bétail avec du lin et de la luzerne, pour diminuer les flatulences. Ils calculaient même l’équivalent CO2 que cela permettait d’éviter de rejeter.

    Oh, le beau rapport avec la couche d’ozone ! Le reportage était correct et ne parlait pas de trou dans la couche d’ozone, mais son lancement par Elise Lucet était très…approximatif. Des millions de personnes comme audience, Elise Lucet, c’est « Cash Investigation », une émission d’enquête qui se veut sérieuse…

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  • Super Sex // 23.11.2012 à 15h12

    M. Berruyer,

    le trou de la couche d’ozone est effectivement un problème inquiétant.

    Le trou de vos finances personnelles en est un autre. L’état des finances de l’association que vous avez révélée, plus d’un an après sa création, est inquiétante.

    Sur votre propre site, vous nous donnez à nous, adhérents de l’association Diacrisis, 3 chiffres différents :

    – « Merci à vous tous, pour votre soutien tant au niveau des dons que des adhésions à Diacrisis…
    Il manque encore 2 000 € pour atteindre l’équilibre au 31/12 – je compte sur vous… »
    Présent sur la page de garde du site

    – « Les finances de l’association : le cochon 🙂 -5344€ » même page de garde du site, un peu plus bas que le message précédent. Plus c’est bas, plus c’est cher ?

    – suivant le lien de l’association depuis la page d’accueil (lien situé en haut libellé « L’association DiaCrisis ») nous pouvons lire « Toutefois, sa gestion génère des coûts. Sa situation financière actuelle est de : -15 992€ »

    En tant que membre de l’association, pourrais-je savoir ce qu’il en est exactement ?
    Pourriez-vous nous communiquer qui, à part vous M. Berruyer, gère cette association ? Vous nous dites qu’elle inclut maintenant plus de 700 membres (plus que SOS Racisme).

    Merci de commencer à être ouvert sur ce thème

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    • Alain34 // 23.11.2012 à 17h02

      C’est vraiment curieux ce besoin qu’ont certains de vouloir chercher la petite bête chez ceux qui font des choses bénévolement. Qui plus sans même réfléchir un peu ou chercher par eux même des infos déjà données et des documents déjà publiés…

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    • Vénus-Etoile du Berger // 23.11.2012 à 17h47

      salut Sex Friend

      le trou de votre couche est en effet très inquiétant

      Super Sex en tiens une couche!

      vous avez la mémoire qui flanche, vous ne vous souvenez plus très bien….

      on récapépète de pile début

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  • Alemic // 23.11.2012 à 22h31

    Allez courage OB, la force est avec toi!

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  • Bouddha vert // 23.11.2012 à 23h53

    Merci pour ce nouveau billet,

    Fort instructif, petit cours qui refamiliarise l’esprit à la chimie, et qui permettra certainement d’aborder les GES et leur principe d’action.

    Les cartes « Ozone » du monde en 2009 m’interrogent:
    Le fait que traditionnellement le trou se fasse au dessus de l’antarctique est lié au très grand froid de l’hiver austral (Peut de terres dans l’hémisphère sud pour rayonner dans l’atmosphère, les océans absorbent plus d’énergie que les continents).
    Ce grand froid empêche la masse d’air du pôle à se mélanger avec le reste de l’atmosphère terrestre.
    Elle tourne autour du pôle dans la nuit austral ce qui permet l’accumulation gigantesque de cristaux de glace contenant des acides, qui seront massivement libérés au moment du printemps austral, septembre, et du retours du soleil.
    Ces acides agissent avec les CFC et autorisent les atomes de chlore à se libérer et agir ensuite comme vous l’avez expliqué.

    On voit nettement que c’est effectivement le pôle sud, certes peut fréquenté, qui subit le plus.
    Pour la ceinture de l’équateur subissant une baisse du gradient d’ozone, c’est peut être le fait d’une autre chimie?
    Une question reste en suspend, comme l’indique le tableau, on parle de « l’Ozone total », ce qui veut dire que la carte comptabilise le bon et le mauvais ozone?

    Si oui, alors c’est nous qui avons du soucis à nous faire avec beaucoup de mauvais ozone.

    Bon vent

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  • BA // 25.11.2012 à 19h07

    Dimanche 25 novembre 2012 :

    Acidification des océans : l’inquiétant battement d’aile du papillon des mers

    C’est une sorte d’escargot marin connu sous le nom de papillon des mers : des chercheurs viennent de montrer que sa coquille est dissoute par l’acidification des océans, un constat qui pourrait avoir de grandes conséquences, car ce petit mollusque est une espèce clé de l’écosystème.

    Le gaz carbonique (CO2) émis par les activités humaines influe non seulement sur le changement climatique, mais aussi sur la chimie des océans. Les océans absorbent plus du quart du CO2 rejeté par l’homme et ce C02 se dissout dans l’eau pour former de l’acide carbonique, abaissant son pH. Un processus appelé acidification des océans.

    Depuis le début de l’ère industrielle, les océans de la planète sont devenus 30% plus acides. Le phénomène alarme les scientifiques, un certain nombre d’expériences en laboratoire ayant démontré son effet potentiel sur les organismes marins.

    Une étude coordonnée par le centre de recherche britannique sur l’Antarctique (British Antarctic Survey), publiée dimanche dans Nature Geoscience, vient confirmer ces craintes, avec des effets constatés sur une espèce d’escargot de mer de la famille des ptéropodes (Limacina helicina antarctica).

    Ce petit mollusque est doté de deux appendices en forme d’ailes, d’où son surnom de papillon des mers.

    Lors d’une campagne d’exploration scientifique en 2008 dans l’Océan Austral, les chercheurs ont réalisé des prélèvements dans la mer de Scotia, une région caractérisée par des remontées d’eau froide depuis les profondeurs.

    Ces eaux sont naturellement plus corrosives pour un minéral de la famille des carbonates de calcium, l’aragonite, utilisé par les ptéropodes pour fabriquer leur coquille.

    Effet papillon ?

    Normalement, l’eau de mer devient plus corrosive pour l’aragonite à une certaine profondeur, environ 1.000 m. Cependant, sur l’un des sites d’échantillonnage, les chercheurs ont montré que, sous l’influence supplémentaire de l’acidification des océans, ce seuil était atteint dès 200 m de profondeur, là où vivent les escargots des mers.

    Les propriétés corrosives de l’eau provoquent une sérieuse dissolution de la coquille des ptéropodes vivants, démontrant combien ils sont vulnérables, indique l’auteur principale de l’étude, Nina Bednarsek.

    L’acidification des océans, résultant des rejets de dioxyde de carbone causés par l’homme, a contribué à cette dissolution, poursuit-elle.

    Les ptéropodes sont une source de nourriture importante pour les poissons et les oiseaux ainsi qu’un bon indicateur de la santé de l’écosystème, souligne un de ses collègues, Geraint Tarling. Si la dissolution de leur coquille ne va pas nécessairement provoquer leur mort, elle peut accroître leur vulnérabilité aux prédateurs et aux infections et par conséquent avoir un impact sur d’autres maillons de la chaîne alimentaire, ajoute-t-il.

    La coquille du ptéropode contribue en outre indirectement à freiner le changement climatique, car elle lui permet de couler quand il meurt, emportant avec lui le CO2 ingéré au cours de son existence et aidant ainsi les océans à absorber de nouvelles quantités de CO2 à leur surface.

    Dans un éditorial accompagnant l’étude, Justin Ries (Université de Caroline du Nord, Etats-Unis), jouant sur le nom familier du papillon des mers, évoque le célèbre effet papillon décrit par le météorologue Edward Lorenz. L’étude suggère que le double impact de l’acidification des océans et du réchauffement climatique rendent le battement d’aile plus inquiétant de jour en jour, dit-il.

    (©AFP / 25 novembre 2012 19h01)

    http://www.romandie.com/news/n/_Acidification_des_oceans_l_inquietant_battement_d_aile_du_papillon_des_mers43251120121903.asp

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  • BA // 27.11.2012 à 11h57

    Mardi 27 novembre 2012 :

    Réchauffement : la fonte du permafrost doit enfin être prise en compte.

    La fonte des sous-sols arctiques gelés, le permafrost, risque d’accentuer considérablement le réchauffement et doit être désormais prise en compte dans les modèles climatiques, a recommandé mardi à Doha le Programme des Nations-unies pour l’environnement (Pnue).

    A cause de la hausse rapide des températures dans les régions arctiques, le permafrost est déjà en train de fondre, a souligné Kevin Schaefer, chercheur à l’Université du Colorado et auteur principal d’un rapport sur le sujet pour le Pnue.

    Le permafrost est l’une des clefs de l’avenir de notre planète (…) Son impact potentiel sur le climat, les écosystèmes et les infrastructures a été négligé pendant trop longtemps, déclare dans un communiqué Achim Steiner, directeur général du Pnue.

    Aussi appelé pergélisol, le permafrost représente environ un quart de la surface des terres dans l’Hémisphère nord. Au niveau mondial, il renferme quelque 1.700 milliards de tonnes de carbone, soit environ le double du CO2 déjà présent dans l’atmosphère, a rappelé M. Schaefer lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre de la 18è conférence de l’ONU sur le changement climatique à Doha.

    Or si cette matière organique gelée fond, elle relâche lentement tout le carbone qui y a été accumulé et ainsi neutralisé au fil des siècles.

    Une fois que ça a commencé à fondre, le processus est irréversible. Il n’y aucun moyen d’y remettre le carbone qui s’en est dégagé. Et ce processus persiste durant des siècles car la matière organique reste très froide et se décompose lentement, a prévenu le scientifique.

    Problème : cet excès de CO2 rejeté dans l’atmosphère n’a jusqu’à présent pas été pris en compte dans les projections sur le réchauffement climatique qui font l’objet de négociations au niveau mondial.

    C’est d’autant plus préoccupant que la température des zones arctiques et alpines abritant ce permafrost devrait augmenter deux fois plus rapidement que sur l’ensemble du globe, insiste le rapport remis au PNUE. Une hausse mondiale de 3°C en moyenne aboutirait donc à une augmentation de 6°C dans l’Arctique, ce qui se traduirait par la disparition de 30% à 85% du permafrost proche de la surface.

    La fonte du permafrost produirait ainsi l’équivalent de 43 à 135 milliards de tonne de CO2 supplémentaire d’ici à 2100, soit quelque 39% des émissions totales à cette date.

    Par conséquent, le Pnue recommande au Groupe d’experts sur l’évolution du climat (Giec) de prendre en compte spécifiquement l’impact croissant du permafrost dans le réchauffement.

    Il demande également la création de réseaux nationaux de surveillance du permafrost dans tous les pays concernés, en particulier la Russie, le Canada, les Etats-Unis et la Chine.

    La fonte du permafrost risque aussi de se traduire par des feux de forêts plus fréquents, des glissements de terrain et autres catastrophes comme l’effondrement de routes, de lignes électriques ou d’oléoducs, avertit le rapport.

    Rien qu’en Alaska, le réchauffement climatique pourrait alourdir la facture des infrastructures publiques de plus de 6 milliards de dollars d’ici 2030.

    (©AFP / 27 novembre 2012 11h39)

    http://www.romandie.com/news/n/_Rechauffement_la_fonte_du_permafrost_doit_enfin_etre_prise_en_compte_16271120121141.asp

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    Alerter
  • BA // 28.11.2012 à 12h51

    Mercredi 28 novembre 2012 :

    Climat : le niveau des mers monte bien plus vite que prévu.

    Les spécialistes de l’Onu avaient estimé à 2 mm par an en moyenne la montée des mers. Une nouvelle étude établit qu’il s’agirait plutôt de 3,2 mm.

    Les experts de l’Onu n’avaient pas vu juste. Le niveau des mers augmentent 60% plus vite que ce qu’ils avaient prévu en 2007. Le Giec, le groupe de spécialistes du réchauffement du globe des Nations Unies, avait en effet estimé, selon leur projection « la plus fiable » basée sur des données de 2003, que les mers monteraient de 2 mm par an d’ici 2010. Mais une étude réalisée par trois chercheurs spécialisés, publiée dans la revue britannique Environmental Research Letters, indique que la moyenne est plutôt de 3,2 mm…

    D’après le Giec, la hausse devait atteindre 18 à 59 cm d’ici la fin du siècle, en raison notamment de la dilatation de l’eau liée au réchauffement climatique. Avec les nouvelles mesures, de nombreuses études prévoient une élévation de plus d’un mètre.

    « Des zones de grande concentration de population vont disparaitre ».

    Quelles conséquences cette élévation plus brutale que prévu du niveau des mers aura-t-elle sur l’homme ? « Cela signifie que les zones situées à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer, où il y a une grande concentration de population comme au Bangladesh, vont disparaître », a expliqué Grant Foster, l’un des coauteurs de cette dernière étude. « Il va y avoir des centaines de millions de réfugiés climatiques, ainsi que de possibles guerres et toutes sortes de conflits pour l’accès aux ressources », a-t-il ajouté.

    « Pour les grandes villes côtières comme New York, les effets attendus sont probablement ce qu’on a vu pendant l’ouragan Sandy », a-t-il encore relevé.

    La large erreur des spécialistes du Giec s’explique. A l’époque où les spécialistes avaient rendu leurs conclusions, le phénomène de fonte de calottes glaciaires et des glaciers était moins connu. Qui plus est, les informations sur lesquelles ils se basaient avaient été obtenues entre 1993 et 2003. Ils manquaient encore de recul sur la fiabilité des mesures par satellite, qui étaient encore relativement nouvelles.

    http://lci.tf1.fr/science/environnement/niveau-des-mers-une-elevation-60-plus-rapide-que-prevu-7693403.html

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    Alerter
  • ssiichris // 12.04.2013 à 03h11

    serait il possible d’envisager d’utiliser des générateur d’ozone en certains endroit sur terre en fonction de l’efficacité de leur implantation,
    de vaste champs de générateur d’ozone tel il en a produit parfois dans l’industrie, mais cette fois des générateurs faits pour produire en vu de limiter la déperdition de couche d’ozone

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