L’impact sur la santé

AirParif nous montre ici les filtres de collecte de particules PM10 présents dans les appareils de mesure de la qualité de l’air, dans le centre de Paris, lors du pic de décembre 2016. Plus le filtre est foncé, plus il est chargé en particules fines :

filtres-de-collecte-pm10-paris-centre-decembre-2016

2016-03

Filtre de mesure de la pollution aux particules après 24 heures de filtrage durant le pic de pollution du 7/12/2016 à Paris

On imagine ce qu’il se trouve dans nos poumons – vu qu’environ 15 000 litres d’air transitent chaque jour par nos voies respiratoires.

nuage_pollution_paris_14_mars_14-2

1952 : Londres a testé pour vous…

Le grand smog de Londres (en anglais, The Great Smog, mot-valise formé à partir des mots anglais smoke [fumée] et fog [brouillard] – ou Big Smoke : « la grande fumée ») de décembre 1952 est le smog particulièrement dense qui recouvrit Londres durant la période allant du vendredi 5 au mardi 9 décembre 1952, considéré comme la pire pollution atmosphérique de toute l’histoire du Royaume-Uni.

La froide météo qui précéda et accompagna le smog eut pour effet que les Londoniens brûlèrent plus de charbon que de coutume pour lutter contre le froid, charbon de qualité médiocre durant l’après-guerre.

Il y avait également de nombreuses centrales électriques alimentées au charbon qui contribuaient à augmenter le niveau de pollution.

À tout ceci s’ajoutaient la pollution et la fumée produites par l’échappement des voitures — tout particulièrement celles qui venaient des autobus fonctionnant au diesel, qui venaient de remplacer le système de tramways récemment mis à la ferraille — ainsi que par d’autres sources industrielles.

Le jeudi 4 décembre 1952, un anticyclone s’installa sur la ville de Londres sans un souffle de vent, provoquant une inversion de température, avec de l’air très froid pris au piège sous un « couvercle » d’air chaud. Le brouillard résultant, mêlé à la fumée des cheminées, aux particules (par exemple celles émises par l’échappement des voitures) et à d’autres produits polluants (en particulier le dioxyde de soufre), se traduisit par l’apparition d’un smog persistant, qui recouvrit la capitale d’une épaisse couverture, dont la couleur jaune-noire (provoquée par la présence de particules de suie riches en goudron) lui valut son nom de « soupe de pois ». L’absence de vent empêcha qu’il se disperse et permit une concentration d’agents polluants sans précédent, d’autant que, juste avant cette épisode, des vents d’est avaient amené sur Londres de la pollution du continent.

great-smog-1952-london-01

Le dioxyde de soufre émis par la combustion du charbon a joué un rôle clé dans l’origine du smog ; sa concentration était 7 fois supérieure à celle de l’année précédente à la même époque. Des travaux de 2016 indiquent que ce seraient les dioxydes de soufre et d’azote qui se seraient mêlés à des vapeurs d’eau, formant ainsi des particules d’acides sulfuriques et nitriques, qui auraient provoqué une intoxication massive ; il s’agirait donc d’une brume acide de grande envergure, concluent les scientifiques.

Bien que Londres ait été habituée aux brouillards épais, celui-ci était plus épais et dura plus longtemps qu’aucun autre avant lui : la visibilité était réduite à quelques mètres, et le smog dura du vendredi 5 au mardi 9 décembre.

great-smog-1952-london-02

Dans les semaines qui suivirent, les statistiques élaborées par les services médicaux firent apparaître que le brouillard avait rendu 100 000 personnes malades, et tué 4 000 londoniens. La plupart des victimes étaient très jeunes, âgées, ou avaient des problèmes respiratoires préexistants. Dans la plupart des cas, la mort était provoquée par une infection des voies respiratoires due à une hypoxie ainsi qu’à l’obstruction mécanique du passage de l’air par le pus provenant de l’infection des poumons causée par le smog.

great-smog-1952-london-04

londres-1952-smog

Cependant, des recherches plus récentes ont montré que le nombre de morts liées au smog était largement sous-estimé : il serait nettement plus élevé, de l’ordre de 12 000 morts (source). Environ 8 000 décès d’origine cardiaque ou respiratoire se produisirent en effet dans les mois suivants et furent attribués au smog.

mortalite-pollution-5

great-smog-1952-london-05

Le pire est que ce bilan semble n’être pas encore clos : selon une étude de la Columbia University, son effet s’est fait sentir bien après chez les enfants alors âgés de 0 à 1 an (20 % d’asthme en plus dans l’enfance), et ce jusqu’à nos jours, soit plus de 60 ans plus tard (10 % asthmatiques en plus dans cette tranche d’âge). Ce qui confirme l’impact, observé lors d’autres études, d’une exposition précoce à la pollution de l’air, alors que les poumons se développent, sur le risque ultérieur d’asthme.

great-smog-1952-london-03

La mortalité dramatique provoquée par le smog donna un élan important au mouvement moderne en faveur de l’environnement, et amena à repenser les phénomènes de pollution atmosphérique, car le smog avait fait la démonstration de son potentiel mortifère. Il constitua une impulsion majeure à l’adoption des lois de 1956 et 1968 sur la qualité de l’air au Royaume-Uni, qui restreignirent l’utilisation de combustibles polluant par l’industrie et proscrivant la fumée noire. Cela déclencha un mouvement planétaire, les États-Unis adoptant leur loi sur l’air en 1963

Cependant, si le mix de pollution observé lors du grand smog n’est plus le même sévissant actuellement dans les grandes villes occidentales, où le Dioxyde de soufre a très fortement diminué, il frappe encore les grandes métropoles asiatiques, notamment Pékin.

Les effets sur la santé

Les effets des aérosols sur la santé ont fait l’objet de nombreuses études et il est aujourd’hui admis que les particules jouent un rôle important dans les effets sanitaires engendrés par la pollution atmosphérique. Comme nous l’avons vu, la pollution de l’air tue des centaines de milliers d’européens tous les ans.

pollution air particules

Les principaux effets mis en évidence sont des troubles respiratoires mais aussi cardiologiques qui peuvent survenir à court terme (dans les quelques jours à quelques semaines suivant l’exposition) ou bien à long terme (suite à une exposition chronique sur plusieurs années). Les particules atmosphériques peuvent déclencher des réactions inflammatoires, une amplification des réactions allergiques, des maladies respiratoires obstructives chroniques (asthme, bronchiolites, rhino-pharyngites, excès de toux, hypersécrétion bronchique, des irritations oculaires…), un stress oxydant, mais aussi un remodelage irréversible des tissus pulmonaires et une modulation de l’expression des gênes pouvant conduire à l’apparition de cancers – les matières particulaires dans leur ensemble sont désormais classées cancérogènes pour l’homme. On constate à la fois une aggravation des affections respiratoires et une augmentation de l’incidence de ces maladies. Par ailleurs, les particules peuvent engendrer des effets néfastes sur le système cardiovasculaire. Ces différents effets peuvent se traduire notamment en termes de consultations médicales, d’hospitalisations ou de décès anticipés.

À ce jour, il n’a pas été mis en évidence de seuil en-dessous duquel les particules seraient inoffensives. En revanche, les concentrations accrues de particules augmentent les risques d’effets délétères (symptômes, hospitalisations, décès…). Les autres facteurs déterminants dans les effets sur la santé sont la taille, la morphologie et la composition chimique.

Les études expérimentales ont mis en évidence que les particules se déposent différemment dans les poumons en fonction de leur taille. Récemment, il a été démontré que les plus petites nanoparticules s’arrêtent pour la plupart aux niveaux supérieurs, tout comme les particules grossières.

pollution air interieur

fraction-deposee

penetration

pollution air particules

Cette figure correspond à la situation moyenne chez des personnes en bonne santé. Les dépôts sont beaucoup plus importants chez les personnes souffrant d’asthme ou de bronchite chronique.

image-concept-particules-v3

pollution air

pollution air interieur

Les particules fines “plus grandes” sont capables de se répartir dans l’ensemble des voies respiratoires jusqu’aux alvéoles (en particulier les particules de type diesel) par lesquelles s’effectuent les échanges gazeux entre l’air et le sang, et persistent longtemps dans l’organisme, car elles résistent en partie aux processus d’élimination (mucus dans les bronches, macrophages dans les alvéoles). De plus, les très petites particules peuvent être en nombre très important, et elles offrent de ce fait une surface de contact plus importante que les grosses.

pm-1

pollution-air-61

Une particule de suie issue du diesel (par agrégation)

poumons

pollution air particules

sang

(Notez qu’un globule rouge fait environ 7 µm – comme une grosse PM10…)

lungs_1024x1024

À gauche : poumon de fumeur ; à droite, poumon d’un habitant non-fumeur de Sydney

Voici un comparatif éloquent entre un poumon d’un habitant d’une ville saine (Vancouver) et des habitants de la très polluée Mexico :

pollution air

En résumé, la plupart des particules qui font :

  • plus de 1 000 nm (=1 µm) ou moins de 50 nm se déposent dans les voies respiratoires. En revanche, les particules qui font entre 100 et 600 nm ont une faible probabilité de se déposer ;
  • les particules de plus de 1 000 nm (ex : les bactéries) se déposent principalement dans la région extra-thoracique (nez, bouche, larynx). C’est aussi le cas des particules d’environ 1 nm ;
  • les nanoparticules de 10 à 100 nm (ex : les virus) pénètrent jusqu’aux alvéoles, là où se font les échanges gazeux avec le sang.

pollution air particules

Néanmoins la taille n’est pas le seul facteur, la morphologie des particules joue également un grand rôle. Par exemple, les particules d’amiante peuvent avoir une longueur de plusieurs microns, mais leur morphologie en forme de fibre leur permet de pénétrer très profondément dans les alvéoles pulmonaires.

 

Les particules peuvent ainsi passer des voies respiratoires au reste du corps : certaines nanoparticules qui se déposent sur la muqueuse nasale peuvent passer dans le nerf olfactif et de là au cerveau. C’est le cas par exemple du virus de la poliomyélite et des particules métalliques d’une dizaine de nanomètres. Comme on l’a vu, les nanoparticules peuvent aussi passer dans le sang au niveau des alvéoles pulmonaires. Dans certains cas, ce sont les composés chimiques présents dans la particule qui pénètrent après avoir été dissous et pas la particule elle-même.

pollution air particules

Passage de particules vers le cerveau

La nocivité des particules dépend de leur taille et de leur composition chimique. Pour une composition chimique donnée, l’inflammation pulmonaire déclenchée par l’inhalation de particules est fonction de la surface des particules et pas de leur volume. La nocivité des particules dépend aussi de leur composition chimique. Elles peuvent être constituées de nombreuses espèces chimiques (métaux lourds, dioxines, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques …), dont certaines sont toxiques voire cancérigènes. La fraction carbonée (noir de carbone et composés organiques) est probablement la plus nocive mais les données actuelles ne permettent pas de faire un lien avec des composés spécifiques. Les spécialistes soupçonnent aussi les métaux présents dans les particules, mais il y a trop peu d’études pour conclure.

On connaît mal les mécanismes d’élimination des particules qui se déposent dans les poumons. En première approximation, on considère que :

  • les particules solubles sont dissoutes et absorbées ;
  • les particules insolubles qui se sont déposées dans la région trachéo-bronchique sont mises en mouvement par les cils des cellules qui tapissent la surface des bronches et repoussées dans le tube digestif (99 % des particules sont éliminées au bout de 48 heures). Une couche de mucus facilite le transport jusqu’au tube digestif. Ce mécanisme marche cependant mal pour les très jeunes enfants, surtout les bébés, ainsi que pour les personnes atteintes de pathologies telles que l’asthme ou la mucoviscidose ;
    pollution air particules
  • les particules insolubles qui se sont déposées dans les alvéoles sont phagocytées par les globules blancs macrophages puis éliminées. Les nanoparticules fibreuses qui sont trop longues pour être phagocytées forment des points d’inflammation chronique (ex : amiante, grands nanotubes de carbone).
    pollution air particules

pollution air particules

Macrophage

pollution air particules

pollution air particules

pollution air particules

Macrophages avec du carbone inhalé (en noir)

pollution air particules

 

pollution air particules

pollution air particules

pollution air particules

pollution air particules

pollution air particules

Par ailleurs, le système qui élimine les particules dans les poumons devient inefficace si la concentration de particules est excessive (il est surchargé). On constate alors que des particules habituellement sans effet sur la santé déclenchent une inflammation pulmonaire chronique.

mortalite-pollution-3

Impacts des particules

pollution air particules

Schéma de diffusion des particules dans le corps

pollution air particules

Schéma de diffusion de nanoparticules (NP) dans le corps vers le cerveau, le coeur, le foie et les reins

pollution air metro rer

Voici la réponse à une exposition à du talc dans le poumon, le foie et les reins :

pollution air particules

Je renvoie les passionnés à cette étude par exemple.

 

Concluons sur le fait que le lien avec la mortalité est désormais très bien établi :

mortalite-pollution

Ainsi, dans cette étude, 10 µg de particules en plus, c’est environ 2 % de mortalité en plus. Cependant, une étude de l’American Cancer Society de 2002 parle de 4 % de mortalité en plus tous les 10 µg de PM2,5 (lié à +6 % de causes cardiovasculaires en plus, et +8 % de cancers du poumon ; Source)

 

De même pour les effets moins graves :

mortalite-pollution-2

Bref, il y a encore beaucoup à faire pour sauver de nombreuses vies :

mortalite-pollution-4

 

48 réponses à Les graves effets des particules sur la santé

Commentaires recommandés

Macarel Le 25 janvier 2017 à 08h36

Tout cela pour dire que le “progrès” au seul service de la cupidité de quelques uns tue tous les autres, le tout autre.

Ce “progrès” se réclame aujourd’hui d’une idéologie : le néolibéralisme. Le néolibéralisme et plus généralement le productivisme à tout crin, conduit l’humanité sur un chemin sans issue, au bout duquel elle risque tout bonnement de disparaître (y compris les cupides et les rapaces)
Mais est-ce si grave ? Notre espèce vaut-elle mieux que celle des mastodontes qui ont peuplé la Terre il y a quelques millions d’années et que l’on nomme dinosaures ?

Nous ne le saurons pas, tant le silence de espaces infinis dans lequel flotte notre pauvre “orange bleue” est assourdissant !

“Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.” écrivait en son temps Blaise Pascal

L’homme livré à lui-même, n’arrive pas à accéder à la sagesse qui seule pourrait le sauver de sa propre disparition.

  1. PatrickLuder Le 25 janvier 2017 à 04h56
    Afficher/Masquer

    Pouuarccc … quels cochons que nous sommes de polluer ainsi :
    et l’atmosphère que nous respirons
    et l’eau que nous buvons
    et la terre qui nous nourrit
    sans parler de la destruction de la vie de notre biosphère => de vrais irresponsables !!!
    … comme si nous ne devions rendre aucun compte de la création au Créateur.


    • pythos Le 25 janvier 2017 à 10h19
      Afficher/Masquer

      Cela est vrai pour tout. Nous n’avons qu’une vision très court terme des choses.
      Cette pollution, nous la sentons physiquement (problèmes respiratoires, fatigue) et il n’y a rien à faire que se déplacer, ce qui n’est pas toujours possible compte tenu des contraintes.
      Tout le monde est touché et personne ne fait rien !


      • Adrien Le 25 janvier 2017 à 13h09
        Afficher/Masquer

        Sisi il y a des gens qui agissent ! Par exemple ceux qui tous les jours font 10/20km en vélo pour aller au boulot alors qu’ils pourraient prendre une voiture, ceux qui consomment moins alors qu’ils pourraient importer d’Asie de nombreux objets inutiles, ceux qui construisent des maisons passives alors qu’ils pourraient avoir un chauffage électrique…

        Certes, il y a toujours une palanqué d’abruit, mais n’oublions pas ceux qui agissent pour notre santé, parce que ça leur coûte, en argent, en temps, en moquerie, parfois en santé.


  2. christophe Le 25 janvier 2017 à 07h24
    Afficher/Masquer

    Eh bien, grâce aux particules fines notamment, on peut un moment relativiser l’importance de la polémique liée au réchauffement climatique. C’est quand même évident : d’une façon ou d’une autre, la croissance du pib nuit gravement à la santé.


  3. Vincent Le 25 janvier 2017 à 07h37
    Afficher/Masquer

    Très bonne série d’articles!
    Le blog retrouve ses fondamentaux : des analyses creusées et fouillées de problèmes habituellement survolés.
    Il manque juste quelques liens / références.
    Et aussi, à mon avis, des éléments de comparaison pour mieux appréhender les risques .
    Du genre : À telle concentration, équivalent risque de cancer de X cigarettes , y consommation de viande rouge, ou je sais pas quoi !


    • Manu Le 25 janvier 2017 à 10h18
      Afficher/Masquer

      Je valide et je soutiens sans vouloir rentrer dans les points polémiques qui ne sont malheureusement pas acceptés.

      Et MERCI pour cette série extrêmement bien décrite et extrêmement claire.


  4. Chris Le 25 janvier 2017 à 08h22
    Afficher/Masquer

    Silence complet sur les nanoparticules introduites dans la nourriture à l’insu de notre plein gré depuis une quinzaine d’années. Là, c’est absorption directe.
    Une connaissance spécialisée dans le dépollution des affluents d’une station d’épuration d’une agglomération suisse de 400’000 habitants me dit que les moyens sont quasi inexistants alors que la part des nanoparticules rejetées dans l’eau devient industrielle.
    J’ai l’intuition que nous nous dirigeons vers un désastre sanitaire…


    • madake Le 27 janvier 2017 à 07h40
      Afficher/Masquer

      Attention, ne négligeons pas la puissance et l’inventivité des lobbies industriels, vous vous demandez la cause de ce silence assourdissant sur les nanoparticules?
      Voici quelques éléments qui l’expliquent
      1) Une grande part tient au classement des ces particules, qui, aussi incroyable que ça paraisse, ne sont pas classées dans les risques chimiques, mais relèvent de la physique quantique!! Et la toxicologie quantique n’est que balbutiante, sans parler des tests qui sont à inventer!!
      2) L’étiquetage des produits contenant des nanoparticules n’est pas obligatoire car les législations ne sont pas harmonisées.
      3) Le seuil du classement nano de ce qui est inférieur à 100 nm est arbitraire, les propriétés nano étant observées au dessus de cette taille.

      …/…


      • madake Le 27 janvier 2017 à 08h34
        Afficher/Masquer


        4) Si 90% de l’exposition environnementale est d’origine naturelle, on peut raisonnablement supposer que notre organisme s’y est plus ou moins adapté au cours de notre évolution.
        Mais les nanoparticules industrielles sont nouvelles et inconnues de nos organismes et sont diffusées sans contrôle ni estimation des risques toxicologiques, car les tests n’existent pas car ils restent à inventer…
        Les plus courantes, comme les oxydes de titane ou de zinc, ces molécules omniprésentes dans les cosmétiques, et très réactives, pour la première fois dans notre histoire biologique passent les barrières encéphaliques et placentaires…
        Les études les plus récentes ajoutent les adjectifs suivants, cytotoxicité, génotoxicité, cancérogène probables.

        http://www.bastamag.net/Nanoparticules-du-dioxyde-de-titane-dans-plus-de-cent-sucreries

        Pour dire les choses clairement :
        elles pénètrent dans nos reins, foies, cerveaux, et exposent nos enfants, avant même leur naissance, à des risques inconnus, donc impossibles à évaluer.

        C’est cher payé pour éviter des coups de soleil, ou faire luire des bonbons…

        Voir le rapport
        http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/af86f9684f0e2810a7cf1d5b0cefb0d5.pdf


  5. Macarel Le 25 janvier 2017 à 08h36
    Afficher/Masquer

    Tout cela pour dire que le “progrès” au seul service de la cupidité de quelques uns tue tous les autres, le tout autre.

    Ce “progrès” se réclame aujourd’hui d’une idéologie : le néolibéralisme. Le néolibéralisme et plus généralement le productivisme à tout crin, conduit l’humanité sur un chemin sans issue, au bout duquel elle risque tout bonnement de disparaître (y compris les cupides et les rapaces)
    Mais est-ce si grave ? Notre espèce vaut-elle mieux que celle des mastodontes qui ont peuplé la Terre il y a quelques millions d’années et que l’on nomme dinosaures ?

    Nous ne le saurons pas, tant le silence de espaces infinis dans lequel flotte notre pauvre “orange bleue” est assourdissant !

    “Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.” écrivait en son temps Blaise Pascal

    L’homme livré à lui-même, n’arrive pas à accéder à la sagesse qui seule pourrait le sauver de sa propre disparition.


  6. Pascalcs Le 25 janvier 2017 à 08h55
    Afficher/Masquer

    Trois commentaires:

    1. les photos du smog de Londres rappellent celles que l’on voit de la Nouvelle-Delhi ou Peking. Elle correspondent à des probables indices de pollution (agrégés suivant les normes internationales en vigueur) excédant les 500. De telles valeurs ne sont et n’ont, à ma connaissance, jamais été atteintes ni Paris, ni dans une ville française, dans un passé récent. Tout au plus 150 et pour quelques heures à peine. Rien à voir avec ce qu’endurent les Indiens ou Chinois pendant des semaines ou des mois durant. Cela dit, ce n’est pas une excuse pour ne rien faire mais le caractère anxiogène des communications sur le sujet en France est parfois excessif.

    2. Malgré l’ampleur du défi sur l’environnement crée par le développement explosif de l’activité humaine, et jusqu’alors, l’espérance de vie continue de monter. Quelque part, il faut rester pragmatique dans l’évaluation des situations

    3. De nombreuse études montrent que l’air intérieur des maisons et appartements est souvent plus chargés en particules que l’air exterieur.


    • Tine Le 25 janvier 2017 à 09h33
      Afficher/Masquer

      Bonjour,
      Concernant le petit 3, il semblerait que l’espérance de vie augmente effectivement mais que les conditions de vie, elles, suivent la courbe inverse. Je m’explique, nous vivons plus longtemps mais en moins bonne santé.


    • Raoul Le 25 janvier 2017 à 10h05
      Afficher/Masquer

      L’espérance de vie commence à diminuer dans certains pays, notamment en France.

      Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1906668?sommaire=1906743

      Selon l’INSEE, cette augmentation est due à la hausse de la mortalité après 65 ans. C’est donc le signe de la dégradation de la santé des plus âgés.

      L’espérance de vie en bonne santé diminue aussi en France.

      Source  : http://www.actualitix.com/esperance-de-vie-en-bonne-sante.html

      Je n’ai pas trouvé de données plus récentes, mais on voit une baisse surtout pour les femmes.

      Il faut remarquer enfin que l’espérance de vie est très inégale selon les catégories socioprofessionnelles.

      Il faudra voir si la tendance à la baisse se confirme, mais je ne vois pas comment notre laxisme sur la qualité de notre air, de notre eau et de notre nourriture pourraient continuer sans que les effets finissent par se voir dans les statistiques globales.


      • Luc Le 25 janvier 2017 à 15h30
        Afficher/Masquer

        @ Raoul,

        Vous avez remarqué comment l’INSEE à zappé Cuba ?
        Dommage on aurait vu qu’un pays, même pauvre (embargo oblige), mais avec une politique de santé publique volontaire et exemplaire, fait mieux que beaucoup de pays riches dont les USA… (malgré un embargo qui frappe aussi les médicaments… voir par exemple ce documentaire de France-Cuba)
        https://www.youtube.com/watch?v=ChESkBcXDEQ


    • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 15h59
      Afficher/Masquer

      1/ “mais le caractère anxiogène des communications sur le sujet en France est parfois excessif.”

      50 000 morts par an, 3e cause de mortalité en France. Trouvez-vus ceci aussi excessif ?

      2/ “l’espérance de vie continue de monter.” OUI. Car on prend justement de plus en plus de mesures contre la pollution, ça ne tombe pas du ciel…

      3/ oui, mais la principale source de particules dans l’air intérieur, c’est l’air extérieur (à moins de faire tourner votre voiture diesel dans votre salon) 🙂


      • leonard Le 26 janvier 2017 à 13h28
        Afficher/Masquer

        Oui mais c’est un peu tard pour se préoccuper de la pollution. Elle diminue chaque année pour TOUS les indicateurs (Nox, SO2, PM2.5, PM10, etc) SAUF l’Ozone.

        C’est dans les années 1990-2000 que la pollution était alarmante. Aujourd’hui c’est que dal, on a passé le pire !

        https://www.airparif.asso.fr/_pdf/echantillon-evolutif-stations-urbaines.pdf

        Et il n’y a pas besoin de s’alarmer, la pollution va baisser avec le nouveau cycle de test de voiture, la norme euro 6 c, et euro 7… la baisse de consommation de carburant, etc…
        De plus, les foyers s’équipent de système à bois et gaz de plus en plus performant, donc ça diminue encore la pollution.

        C’est pour ça que ça baisse “tout seul” chaque année.

        Pour l’Ozone ça va baisser avec la baisse de la dieselisation du parc auto.


    • Dominique Le 25 janvier 2017 à 18h17
      Afficher/Masquer

      @Pascalcs
      « les photos du smog de Londres rappellent celles que l’on voit de la Nouvelle-Delhi ou Peking. Elle correspondent à des probables indices de pollution (agrégés suivant les normes internationales en vigueur) excédant les 500. »

      Ces photos datent de 1952. A l’époque, les émissions de particules étaient des particules assez grosses. Il n’en fallait pas tant que ça pour qu’elles filtrent la lumière. De nos jours, la plupart des particules sont beaucoup plus petites (et bien plus dangereuses). Elles se voient moins mais ont un impact sur la santé supérieur. C’est pourquoi un filtre à particule est devenu vraiment indispensable.


      • Pascalcs Le 26 janvier 2017 à 02h49
        Afficher/Masquer

        Je ne peux hélas pas poster des photos que j’ai prises des villes chinoises ou je me rends régulièrement. Il y en a des tonnes sur internet. Vous verriez qu’elles sont similaires à ce que vous voyez de Londres. Ce matin les PM10 à Xian centre-nord Chine sont à 604 µm/m3 et le 2.5 à 360 µm/m3. Ces valeurs sont dans le haut de la fourchette des estimés de Londres. L’indice agrégé est à 500 (c’est a dire à saturation). Elle proviennent essentiellement des mêmes types de source que le smog Londonien. Centrales thermiques et trafic routier. Dans d’autres parties de la Chine les vents de sable rajoutent à la problématique, particulièrement dans l’Ouest du pays peu peuplé et peu industrialisé ou l’indice atteint fréquemment les 500 aussi.


        • Dominique Le 26 janvier 2017 à 15h03
          Afficher/Masquer

          @Pascals
          « Vous verriez qu’elles sont similaires à ce que vous voyez de Londres. »
          Je n’ai pas dû bien m’exprimer. Je ne nie pas du tout cette réalité. Je dis que pour un même effet « visuel », nous avons en fait une situation bien plus dangereuse pour la santé.


  7. vieux machin Le 25 janvier 2017 à 09h12
    Afficher/Masquer

    Force est de constater que ces vagues de pollution arrivent lorsqu’un anticyclone est bien centré sur notre territoire. Or, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, ils rapportent des particules par le nord est. La frontière n’arrête pas le nuage de particules issue des centrales à charbon d’outre Rhin!
    – le charbon pollue,
    – le diesel aussi (même avec un filtre à particule qui ira rejeter ses déchets un peu plus loin),
    quant au chauffage au bois en ville, l’argument est fallacieux.
    – le nucléaire pollue à sa manière
    – en l’état, la capacité de production des énergies renouvelables est incapable de couvrir les besoins
    on peut reprocher à nos amis allemands d’utiliser temporairement une mauvaise solution mais les féliciter de développer en parallèle des alternatives qui feront long feu….et qui n’en sont qu’aux balbutiements chez nous.
    Pourquoi n’entendons nous pas parler des discrètes démarches locales sur le développement de l’hydrogène (Paris, Valence-Romans et probablement bientôt Rouen)?
    Subir ou réagir?


    • Daniel Menuet Le 25 janvier 2017 à 13h37
      Afficher/Masquer

      Pour aller au delà de l’hydrogène et des PAC (piles à combustibles), le sujet de fond sur la Fusion nucléaire avance par plusieurs chemins en parralèle :
      – ITER (les 1ers plasmas fond leur apparition)
      http://www.rtl.fr/culture/futur/en-france-une-nouvelle-etape-franchie-pour-la-recherche-en-fusion-nucleaire-7786804819
      – Z machine aux USA
      – et différents procédés similaires ou pas (en Chine et ailleurs).
      la vraie question derrière ces recherches est la volonté politique de voir réalisé ces projets sur 1 ou plusieurs génération.
      Et bien sûr la question connexe : Quel est le financement et qui le fait ?


      • Toff de Aix Le 26 janvier 2017 à 08h34
        Afficher/Masquer

        Je vous conseille la lecture de Mathieu auzanneau (blog et livre) vous verrez qu’il est déjà trop tard pour toutes ces illusions


    • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 15h57
      Afficher/Masquer

      Vous verrez que les Allemands émettent beaucoup moins de particules que nous… Et qu’on les pollue probablement plus que le contraire.


      • UltraLucide Le 25 janvier 2017 à 17h00
        Afficher/Masquer

        Certes, par vent de sud-ouest, l’Allemagne est toujours gravement polluée par la France….:)


  8. Jacques Le 25 janvier 2017 à 09h14
    Afficher/Masquer

    Une version PDF de ces superbes articles est-elle accessible ? Ce serait super car tout ceci mérite d’être conservé et relu de temps en temps.

    Merci pour ce beau travail.


  9. Guillaume Darras Le 25 janvier 2017 à 09h14
    Afficher/Masquer

    Intéressant mais j’aurai bien aimé que quelqu’un se penche sur une corrélation (si il y en a une) entre cette vague de froid venant de Scandinavie et l’accroissement de la production d’électricité par usines à charbon en Pologne et en Allemagne.


    • UltraLucide Le 25 janvier 2017 à 12h02
      Afficher/Masquer

      Je suis de votre avis. Examiner les conséquences au niveau d’une thèse de doctorat, c’est bien. Arriver à en discerner les véritables causes ce serait mieux. Qu’il existe désormais un niveau élevé et permanent de pollution dans nos grandes villes, et en grande partie dû à la circulation automobile c’est vrai.
      Mais que penser de ces pics hivernaux de smog de particules fines, extrêmement denses, et qui ne se produisent qu’en hiver, et par flux atmosphérique de nord-est?
      Comment expliquer que cela nait spontanément non seulement à Paris mais aussi dans les campagnes et les petites villes, et sur un front large de 300 km? Alors que nous nous chauffons essentiellement au gaz et à l’électricité? Que nous n’avons désormais que peu d’industries, et que la voiture n’entre qu’en partie dans le bilan?
      Nos spécialistes savent-ils lire une carte? Le nuage vient d’Allemagne quand elle fait marcher à fond ses centrales à charbon pour se chauffer en hiver par flux de nord-est anticyclonique.


      • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 15h54
        Afficher/Masquer

        ” Le nuage vient d’Allemagne quand elle fait marcher à fond ses centrales à charbon pour se chauffer en hiver par flux de nord-est anticyclonique.”

        C’est faux ; et si vous aviez lu le billet d’hier, vous auriez une réponse à votre première question.

        Pour la seconde, vous aurez le détail dans les prochains jours, c’est une longue série.


    • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 15h56
      Afficher/Masquer

      arrêtez avec ces histoires de charbon, vous verrez bientôt que c’est marginal…


      • UltraLucide Le 25 janvier 2017 à 16h48
        Afficher/Masquer

        Si le smog venait de la circulation automobile des grandes villes de la moitié est de la France, on en aurait aussi en été et également par vents d’ouest ou de sud. Ce n’est jamais le cas.
        Comment expliquez-vous la présence du phénomène seulement en hiver, seulement par flux de nord-est, et qu’il soit présent sur les côtes de la Manche ou dans les campagnes dépourvues de grandes villes à 200km de Paris, dans toutes les directions?
        Et qu’il soit systématiquement étendu sur un front continu de 300 km à nos frontières du nord-est.
        Quant à notre chauffage il est essentiellement électrique et au gaz. Il y a quinze jours, considérant la météo avec ce grand flux froid nord-est, je me suis fait la réflexion que lorsque le vent allait faiblir, le smog (encore absent) allait s’installer sur Paris. Bingo!
        Alors?


        • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 17h11
          Afficher/Masquer

          Si je fais des séries de billets, ce n’est pas pour devoir répondre en commentaires à des points traités dans les suivants. Qu’est/ce qui n’est pas clair dans “Les effets sur la santé” ? Avez-vous lu “l’origine des particules ?” 🙂 (Indice : c’est par exemple en automne et en hiver que vous avez des inversions de températures faisant un effet de cloche bloquant la pollution. Le 1/12, jour du record, le vent était de sud-ouest, mais attendez…)


      • Pascalcs Le 26 janvier 2017 à 03h51
        Afficher/Masquer

        Certainement pas en Chine…C’est une source majeure de pollution atmosphérique particules/NOx, SOx, etc.


  10. Duracuir Le 25 janvier 2017 à 09h45
    Afficher/Masquer

    Quel boulot! …
    Je suis estomaqué, pantois, admiratif.
    Bravo Olivier.
    Mais il y a combien d’heures de travail sur ce dossier? En comptant les tiennes et celles des volontaires?


    • Les-crises Le 25 janvier 2017 à 15h55
      Afficher/Masquer

      Beaucoup trop – il y aura une quinzaine de billets… 🙂


      • Duracuir Le 26 janvier 2017 à 13h24
        Afficher/Masquer

        Quand je pense que j’ai passé 4 heures juste pour mettre en forme un semestre d’indicateur de pollution du métro, je n’ose penser à centaines(milliers?) d’heure de boulot de ce travail colossal.


  11. L'illustre inconnu Le 25 janvier 2017 à 10h29
    Afficher/Masquer

    Et ces particules fines finissent pour partie plaqué au sol par la pluie: Absorbés par les animaux qui broutent l’herbe, les légumes et fruits qui poussent et l’eau dans les nappes phréatiques, bon appétit…

    Il y aussi un mystère que je n’explique pas: Une industrie qui disparait au fil des ans, une consommation électrique qui stagne, pareil pour la consommation en carburant depuis quelques années. En rajoutant que les véhicules sont sensé être moins polluant qu’avant et pourtant il y a de plus en plus de gens souffrant des voies respiratoires, y’a pas un soucis là??

    Est-ce qu’une des explications ne pourrait pas être la course aux normes anti pollution qui ne fait que masquer le problème?
    Les injections modernes des moteurs produisent d’autres polluants et réduisent la tailles des particules et donc sont plus nocives.
    Les métaux lourds des pots catalytiques sont retrouvés dans les alvéoles pulmonaires(voir google de très “jolie” photos)
    Les filtres à particules retiennent surtout les plus grosses mais quand le filtre est plein il y a une combustion pour vider le filtre. C’est très bien mais les particules qui en découle sont telement fines que non mesurables, sont-elles inoffensives pour autant ou bien est-ce le contraire?


  12. Catherine Le 25 janvier 2017 à 14h54
    Afficher/Masquer

    Avec l’adoption du système capitaliste en Chine j’ai toujours pensé qu’il était dommage que ce pays dans lequel tout le monde roulait à vélo, n’ait pas imaginé, ex nihilo, un autre modèle de développement favorisant les déplacements doux, le collectif, le non polluant au lieu de se ruer sur la consommation sur le mode occidental. Ils ont raté le coche.

    Pour nous, changer de mode de vie et de consommation est plus ardu, mais pas impossible. Ce devra être au peuple de l’imposer car aujourd’hui tout ne dépend pas de lui, même s’il doit aussi fournir son propre effort.

    Le pétrole dans tout ça aura eu une grosse part de responsabilité. Ah ! Tesla si on t’avait donné les moyens ….


    • Pascalcs Le 26 janvier 2017 à 07h01
      Afficher/Masquer

      Je ne sais pas pourquoi dire que Tesla qui bénéficie de milliards de subventions attribuées par le contribuable US mérite censure et retrait du post.
      A Tesla sont accordés des moyens gigantesques.


  13. PaleFace Le 25 janvier 2017 à 18h29
    Afficher/Masquer

    Et en attendant, Alun est votre ami ! : https://www.youtube.com/watch?v=Hy8rKDv9uSg

    C’est tellement naturel l’aluminium, qu’il serait dommage de ne pas en faire un argument marketing et de ne pas prendre du plaisir en rose avec une jolie musique de bobo moderne avant de s’en injecter plein les veines !

    Vive le marketing rassurant et décomplexé, qui veut notre bien à tous et certainement pas celui des actionnaires (moi en tout cas je les crois sincères, je les crois sincères, je les………).


  14. Bourdeaux Le 25 janvier 2017 à 20h25
    Afficher/Masquer

    Bravo et merci pour cette série de billets. Pour être personnellement confronté aux conséquences concrètement angoissantes sur la santé, c’est un sujet que je vais tenter d’éclaircir en lisant cette série.


  15. Pas expert Le 25 janvier 2017 à 21h49
    Afficher/Masquer

    Bonjour,

    Habitant Grenoble, et ayant habité Paris, je suis assez bien placer pour ressentir les problèmes de pollution atmosphérique. Effectivement l’inversion de température est un phénomène contre intuitif et impressionnent. Il a 2 effets :
    – stabilisation la stratification de l’atmosphère, en gros, plus rien ne bouge et surtout les fumées ne montent plus et sont plaquées au sol.
    – refroidissement des couches les plus basses : présence d’humidité et condensation.
    Une journée en montagne et un retour en ville dans ces conditions suffit à ne plus pouvoir nier le problème.
    Donc, sans vouloir nier le problème, je m’interroge. Dès qu’il y a un emballement/rabâchage médiatique je ne peux pas m’empêcher d’être suspicieux… Parfois, certains phénomènes sont mis en avant, pas toujours pour de bonne raison, mais surtout, pour prendre de la place médiatique et éviter de parler d’autre chose. Parfois c’est un bidonnage complet. Parfois se sont 2 lobbies concurrents qui s’affrontent. Ici, je n’ai pas de certitude, mais je me pose quelques questions…

    Ce serait trop long pour le forum, et certainement un peu compliqué simplement avec du texte, pour faire état de mes interrogations ici. Mais j’invite chaleureusement chacun à éviter l’excès émotionnel et à garder son doute scientifique et modeste.

    Amicalement.


  16. Fabrice Le 25 janvier 2017 à 22h07
    Afficher/Masquer

    Je dois avouer que j’ai vu en Chine les dégâts de la pollution et quand je vois le brouillard sur Paris je frémis.

    Personnellement j’ai choisi de ne pas polluer en prenant les transports en commun (plus de 2 heures par jour) mais je n’arrive pas à comprendre que la région et Paris font du répressif de ceux qui n’ont pas les moyens et repoussent la pollution à l’extérieur du périphérique en se fichant comme d’une guigne de l’impact sur les villes limitrophes.

    Pourquoi une telle politique axée que sur du répressif avec un sous investissement chronique des transports qui rebutent pourtant les plus motivés, ignorant même le problème de la pollution réelle constaté dans ceux-ci :

    http://www.francetvinfo.fr/meteo/particules-fines/pollution-aux-particules-l-air-du-rer-et-du-metro-parisiens-est-bien-pire-que-l-airexterieur_1833869.html.

    Sur le reste de la France quid des français qui n’ont pas de solution alternative et pas forcément les moyens d’avoir une voiture récente ?


  17. Krystyna Hawrot Le 25 janvier 2017 à 22h40
    Afficher/Masquer

    Ca serait bien si on pouvait éviter d’être 12 millions d’habitants stockés sur une seule région, l’Ile de France! En gros, si on arrêtait de désindustrialiser les petites villes et aussi les autres pays (Est, Sud), les gens travailleraient dans leur région et ne viendrait pas grossir les flots harassés dans les transports en commun, parce que plein de gens n’ont pas envie d’habiter à Paris!… Il faudrait abandonner la fameuse “métropolitisation” chère à Madame Hidalgo et la concurrence des métropoles mondiales entre elles. Donc en gros, sortir du néolibéralisme, refaire une DATAR (la planification de l’aménagement du territoire, pour ceux qui ne se souviennent pas) et tant qu’à faire, accepter un peu de protectionnisme de la part de chaque pays…Au moins la pollution liée au transport et au stockage de millions d’humains sur un territoire exigu va diminuer. On attaquera alors la question du chauffage…


  18. ceyal Le 26 janvier 2017 à 02h12
    Afficher/Masquer

    il faut mettre en perspective les éléments
    1/ La pollution a été divisée par 2 depuis 1995 cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollution_de_l'air
    2/ TOUT LE MONDE EST PERSUADE QUE LA POLLUTION AUGMENTE ALORS qu’elle DIMINUE en France de 4% par AN pour tous les polluants sauf l’Ozone. Pourquoi ?
    Avant 2006, il n’y avait pas de seuil d’information ni d’alerte aux particules donc forcément ZERO EPISODE de pollution mentionné dans les media.
    De 2006 à 2011, le seuil d’information a été fixé pour les particules à 80µg/m3 et le seuil d’alerte à 125µg/m3 ==> entre 2 et 4 informations par an et ZERO Alerte.
    Depuis 2011, les seuils ont été abaissé de 36% à 50µg/m3 (information) et 80µg/m3 (Alerte) ===> entre 10 et 30 jours d’informations par an et entre 2 et 4 jours d’Alerte par an
    Donc logiquement le français moyen voit le nombre de jours de pollution augmenter.
    Il en déduit que la pollution augmente car PERSONNE, AUCUN MEDIA ne lui dit que les seuils ont dans l’intervalle été abaissés considérablement de plus de 36%


    • Pascalcs Le 26 janvier 2017 à 04h09
      Afficher/Masquer

      Oui je vous rejoins sur ce propos. Le sous-jacent (tout du moins en France est à amélioration continue depuis des années et non à “l’empirement”). La disparition graduelle des industries polluantes en France y est aussi pour un peu.
      Cela dit, les progrès scientifiques permettent aussi de mieux mettre en évidence les méfaits, même à doses plus réduites, de certains éléments. Ne relâchons donc pas l’effort mais restons pragmatiques dans l’analyse et la comparaison. C’est ce que je faisais remarquer plus haut en parlant de réactions parfois un peu “excessives” (en France en particulier) sur le sujet. Cela dit, derrière le sujet gisent des opportunités énormes de développement de “nouveaux business”. Qu’on espère moins “nocif”.


  19. Toff de Aix Le 26 janvier 2017 à 08h29
    Afficher/Masquer

    Depuis que j’habite une grande agglomération intra muros (Marseille pour ne pas la nommer), j’ai constaté une nette tendance à l’essoufflement, à la tachycardie et à plus de bronchites, rhumes et autres rhinites. Je dors moins bien, j’ai souvent voire tout le temps le nez et la gorge encombrés… moi qui suis un sportif assez régulier je ne comprenais pas forcément la relation au début. Jusqu’à ce que je voie le périphérique aux heures de pointe, et le centre ville d’un point de vue plus élevé, et le couvercle de smog qui le recouvre en permanence. J’ai compris que l’homme ne s’arrêtera de vouloir remplir son coffre fort que quand il sera six pieds sous terre. Et que seul le changement individuel, personnel, pourra sauver ce qui reste de la nature. Pour les autres, il est déjà trop tard..


  20. anonyme Le 26 janvier 2017 à 18h21
    Afficher/Masquer

    perso, je suis la pollution de l’air sur ce site : http://aqicn.org/map/europe/fr/#@g/45.1469/15.0513/5z
    En Europe, c’est la Pologne qui présente l’air le plus pollué (Chauffage au charbon et … à tout et n’importe quoi + pollution automobile car le parc de voiture a doublé en 5 ans)


  21. L'illustre inconnu Le 27 janvier 2017 à 14h27
    Afficher/Masquer

    C’est très bien de s’intéresser aux particules mais il n’y a pas que la taille qui compte. La nature de ces particules joue aussi un rôle. Les effets des particules de sable sont différentes de celles du diesel par exemple.(Un virus est plus nocif qu’un globule rouge).
    Il y a peu d’études sur les métaux lourds que l’on retrouve dans le corps humain et leurs effets sur le long terme. Que dire de la dégradation des matériels qui sont sensé limiter la pollution: http://www.sciencesetavenir.fr/sante/des-nanotubes-de-carbone-plein-les-poumons_14792

    Rien n’est simple malheureusement.


Charte de modérations des commentaires