Dans cet article de 2010 de Marianne, le secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Claude Nicolet, présidé par Jean-Pierre Chevènement, se souvient de quelques perles prononcées au sujet du traité de Maastricht. Un rappel que l’élu a jugé pertinent à quelques mois de la Présidentielle.

Claude Nicolet : Je ne résiste pas au rappel d’un certain nombre d’arguments utilisés par les partisans du Traité de Maastricht en 1992. Tout d’abord parce qu’il est toujours utile de se souvenir de ce qui a été dit. Cela permet des mises en perspectives étonnantes. Ces citations proviennent du livre Maastricht, le bêtisier.
Au regard de l’actualité de ces derniers jours et au delà de celle que nous vivons depuis des années au niveau économique et social, ces affirmations laissent bien souvent un goût très amer, voire un vrai trouble. On ne peut se défaire du sentiment complètement justifié « qu’on s’est bien fait avoir ». Et que ça continue.

« Au-delà des considérations techniques, la création d’une monnaie unique en Europe a une signification plus profonde. C’est la naissance d’un langage commun.» (Jean Boissonnat, L’Expansion, 3 septembre 1992). Il est vrai que désormais nous parlons tous d’une seule et même voix.

 « Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe. » (Julien Dray, Assemblée nationale, 6 mai 1992). La pression sur les salaires, sur les retraites, les délocalisations, les privatisations…ça doit être ça le progrès social aujourd’hui ?

« Mon raisonnement est profondément social-démocrate. À vrai dire, je n’ai pas encore compris pourquoi les libéraux veulent de cette Europe-là » (Michel Rocard, Libération, 3 août 1992). Moi je n’ai pas été Premier ministre mais j’ai compris pourquoi les libéraux ont voulu et veulent toujours plus de cette Europe là…

« Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. » (Alain Madelin à Chalon-sur-Saône, 4 septembre 1992). Lui aussi il a compris et il est toujours libéral…
« Un NON au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19 septembre 1992). Le 29 mai 2005 après cette magnifique victoire du NON, je n’ai pas vu déferler dans nos rues de hordes hitlériennes. Et vous? En revanche le OUI l’a emporté à Maastricht, on nous a imposé le traité de Lisbonne et partout l’extrême droite fait des « cartons ».

BHL envisage que le NON l’emporte :
« M. De Villiers, donc s’installa à l’Élysée. […]Le NON français à Maastricht fut interprété, de fait, comme un encouragement aux nationalismes. Il relança la guerre dans les Balkans .[…] Si bien que, sans aller, comme certains, jusqu’à imputer à ce maudit NON le soulèvement transylvain, la nouvelle guerre de Trente ans, entre Grèce et Macédoine, les affrontements entre Ossètes du Nord et du Sud, puis entre Russes et Biélorusses, bref, sans aller jusqu’à lui attribuer toutes les guerres tribales, ou para-tribales, qui enflammèrent l’Europe de l’Est, on ne peut pas ne pas songer que c’est lui, et lui seul, qui offrit à Berlin l’occasion de son nouveau Reich. » (Bernard Henri Lévy, Le Figaro, 18 septembre 1992). Sauf que le OUI l’a emporté, que ça n’a pas n’empêché l’Allemagne de jouer son jeu en Europe centrale, d’imposer ses vues dans le fonctionnement des institutions européennes, d’interdire toute réforme de la BCE, de réclamer des abandons de souveraineté et que BHL ait obtenu « sa » guerre contre Kadhafi en Lybie…

« Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest-France, 27 août 1992). Oui Michel, trois grandes réussites…

« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing,RTL, 30 1992). Mais ils ont fait quoi comme écoles pour dire des choses pareilles ?

« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin, ministre des finances, Le Figaro, 20 août 1992). Celle là n’est pas mal non plus.

« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12 septembre 1992). Ah Martine…

« Si vous voulez que la Bourse se reprenne, votez OUI à Maastricht ! » (Michel Sapin, université d’été du PS à Avignon, 31 août 1992). J’espère que Michel Sapin a obtenu le prix de l’humour en politique cette année là… En ce qui me concerne je ne savais pas que la bourse défendait les intérêts des salariés. Et vous ?

« Pour pouvoir dîner à la table de l’Europe [monétaire], encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts. […] Si la monnaie unique a un mérite, et un seul, c’est d’obliger les pays à se conduire correctement. » (Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 18 septembre 1992). Ah les vilains pays !

« Ce n’est pas un hasard si la construction européenne doit plus aux raisonnements des élites qu’aux impulsions des peuples. Elle est le fruit d’une longue méditation sur l’Histoire. C’est un produit culturel. Non un élan irréfléchi, un hoquet des masses, arraché dans un mouvement de foule ou une improvisation d’éloquence. » (Jean Boissonnat, L’Expansion, 3 1992). Vive les élites qui nous ont conduit jusqu’au paradis européen, contre les méchants peuples débiles, néo-fascisants, hoquetant voire avinés. Ah que Monsieur Boissonnat aime ce peuple qui lui permet d’être ce qu’il est.

« Tout le contenu du nouveau traité est depuis plus de vingt ans inscrit en lettres d’or dans nos stratégies industrielles. » (Antoine Riboud, PDG de Danone, Libération, 7 mai 1992). Les délocalisations ? La désinflation compétitive ? La pression sur les salaires ? La dictature de l’actionnariat ? Tout ça déjà prévu ? Non, je ne peux pas le croire!

« La création de cette monnaie européenne n’aura rien d’automatique […]. En outre, chaque Etat conservera la maîtrise de sa politique budgétaire et fiscale, dans des limites qui ne seront pas plus étroites que celles d’aujourd’hui. » (Edouard Balladur 29 avril 1992, Le Monde). J’ai gardé la meilleure pour la fin. Cet Edouard! Quel joyeux compagnon. Je vous le recommande pour animer vos banquets. Toujours le mot pour rire, plein de subtilité, de légèreté. Surtout quand il raconte ces blagues sur la Grèce, ou le Portugal, ou l’Espagne, ou l’Irlande, ou la Belgique….

77 réponses à [Article] Souvenons-nous des «promesses» formulées lors du traité Maastricht, par Claude Nicolet

  1. pyrrhogaster Le 05 octobre 2013 à 03h33
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    « La création de cette monnaie européenne n’aura rien d’automatique […]. En outre, chaque État conservera la maîtrise de sa politique budgétaire et fiscale, dans des limites qui ne seront pas plus étroites que celles d’aujourd’hui. » (Edouard Balladur 29 avril 1992, Le Monde).

    Je voudrais opposer cette phrase à celle que j’ai entendue 6 ans plus tard dans la bouche de M. Trichet lors d’un colloque à New York. Il s’agissait alors de convaincre Wall Street que l’euro qui entrerait en service le 1er Janvier suivant serait une bonne monnaie, et les américains s’étonnaient (les naïfs!) qu’on puisse lancer une monnaie et donc une politique monétaire commune en laissant les États membres maîtres de leur politiques budgétaires. Évoquant les traités, M. Trichet a déclaré que la Commission influencerait les budgets nationaux et “Aurait plus de pouvoir sur les budgets nationaux que n’en avait l’état fédéral américain sur le budget d’un état de l’union, fut-ce la Californie” (Celle ci est le plus puissant des états fédérés).

    Je n’avais jamais entendu cette affirmation dans les nombreuses conférences auxquelles j’avais participé en France sur le même sujet. De l’art de dire à chaque interlocuteur ce qu’il a envie d’entendre……

    De la même façon, M. Hollande, l’année dernière à Londres, a “oublié” que son ennemi était la finance.


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 09h21
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      Ces deux citations sont en effet très intéressantes. Peux-tu communiquer les sources ?


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 15h06
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      Je ne sais qui est ce Lucien Pons, mais cet article ainsi que ton seul commentaire y sont déjà reproduits : link to lucien-pons.over-blog.com

      SInon, pas trouvé sur le web (francophone) cette citation que tu attribues à JCTrichet. Help me !


      • Pong Le 09 octobre 2013 à 14h05
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        Moi non plus, rien trouvé, pourtant j’aimerais bien. Je suis sceptique.


  2. BA Le 05 octobre 2013 à 04h37
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    1940.

    Nous sommes en 1940.

    La dernière fois que nous avons assisté à l’effondrement des élites politiques, des élites médiatiques, des élites économiques, des élites patronales, des élites financières, des élites intellectuelles, des enseignants de nos grandes écoles, etc, etc, c’était en 1940.

    Quand nous relisons les prévisions et les “analyses” des élites françaises en 1992, nous sommes obligés d’utiliser cette comparaison :

    un tel effondrement des élites françaises ne s’était vu qu’en 1940.

    Dans les années qui viennent, après le chaos, il faudra changer les élites françaises.

    Il faudra virer toutes ces élites aveugles et incompétentes, et en installer de nouvelles.

    Vaste programme.


    • Julian Le 05 octobre 2013 à 10h15
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      Les élites ne “s’effondrent” qu’à l’occasion d’un cataclysme politique, économique, social, guerrier.

      C’est bien ce qui nourrit notre angoisse :

      nous “savons”, en conscience, que la séquence historique que nous vivons FINIRA MAL.

      Philippe Séguin est mort dans le tourment de cette
      certitude.

      Lui qui avait dénoncé avec justesse, en 1992, le fait que le funeste Traité accomplissait ” UN REDOUTABLE CHANGEMENT DE RÉGIME”.


    • cording Le 05 octobre 2013 à 10h28
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      Ce n’est pas l’effondrement mais la trahison des élites pour une Europe au service du capitalisme financier dérégulé, tout puissant et apatride. La négation de la démocratie puisque quand les peuples “votent mal” on les fait revoter jusqu’à ce qu’ils votent bien, ou alors on bafoue leur vote comme en France par le traité de Lisbonne, clone de celui rejeté par le peuple français le 29 mai 2005 et néerlandais le 1er juin2005.


      • Pcadille Le 05 octobre 2013 à 15h02
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        C’est pour cela que l’ accusation de Haute Trahison a été “toilettée “ de la constitution française par nos parlementaires : voir conférence François Asselineau sur site u-p-r.fr
        Comme c’est opportun …
        Bien à vous


  3. fabrice Le 05 octobre 2013 à 07h33
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    Etant européen (oui j’y crois encore mais pas en l’Europe actuelle) on nous a tenu un double langage, fait des promesses qui n’ont jamais été tenu voir pire fait l’inverse des promesses comme le prouve le post et comme les textes étaient complexes, l’européen standard a fait confiance à ses politiciens voulant croire à une Europe des citoyens alors que l’on préparait l’Europe des marchés.

    Vu que la tromperie est manifeste, tenant plus de l’escroquerie, juridiquement je me demande si on ne peut pas considéré les traités comme nuls.


    • Julian Le 05 octobre 2013 à 10h31
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      Pour cela il faudrait que les Rocard, Jospin, Aubry, Hollande, Fabius, Balladur, Chirac, Juppé etc etc fassent leur autocritique.
      Nous rêvons cher ami…


  4. olivier69 Le 05 octobre 2013 à 07h47
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    « Comme le dit un jour un homme d’esprit, le cannibalisme fit place au capitalisme lorsque l’homme se rendit compte qu’il était plus rentable d’exploiter son prochain que de le manger. »
    de Lytle W. Robinson

    “Aussi me revient-il que quelques-uns de nos cannibales parlementaires trouvent bien rigoureuse (car ils n’osent pas se servir d’un autre mot) la punition que Votre Majesté a faite de ces magistrats prévaricateurs.”
    Lettre au roi de Prusse, 29 février 1780
    Citations de Jean le Rond d’ Alembert
    Références de Jean le Rond d’ Alembert

    “L’économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes. Elle fait profit de tout.”
    Fin de conversation (1996)
    Citations de Pierre Drachline
    Références de Pierre Drachline


    • Pipiou83 Le 05 octobre 2013 à 09h17
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      Je ne connaissais pas ces citations. Excellent, je vais creuser !!
      Merci pour ce partage !!


  5. Magyare Le 05 octobre 2013 à 07h56
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    Bonjour,
    Effectivement,
    Si tu donnes à l’électricien le devoir de faire du pain, ben….T’es pas prêt de manger…..
    Si tu donnes au boulanger le devoir d’installer l’électricité, t’es pas prêt d’y voir clair….
    Ces gens-là ne font pas partie du peuple qu’ils sont censés gouverner.Ils se masturbent le bocal vainement, cherchant à qui mieux mieux à être celui qui aura le dernier mot.Au final, c’est le peuple qui a les dernier maux parce qu’eux, les beaux parleurs, quoiqu’il advienne ne sauront jamais ce qu’est de se dire:comment vais-je me soigner?comment vais-je manger?Où vais-je me loger.
    Nous avons besoin de gens qui vivent la vie vraie pour être nos chefs, pas de ces gus qui paradent en costards-trois-pièces, cette racaille en col blanc qui bouffe à la cour Européenne des non-droits de l’homme.


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 09h25
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      Magyare a écrit (consciemment ou non) : ” c’est le peuple qui a les derniers maux “

      J’adore ce jeu de mots sur le mot mot ou maux !


      • Magyare Le 05 octobre 2013 à 12h11
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        @Christophe Vieren
        c’est exprès, bien-sûr!!merci d’avoir corrigé, j’avais zappé le “s” à dernier.
        ;O)


        • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 13h16
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          Alors bravo ! L’humour permet de faire de passer des messages même sur de graves sujets. Ne serait-ce que, comme les paroles d’une chanson, on peut passer les bons mots en boucles sans s’en lasser. Même principe que la pub , mais de manière utile.


  6. wuwei Le 05 octobre 2013 à 08h41
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    De temps à autre il est bon de rappeler aux “euro-béats” ce qu’ils promettaient. Mais je suis certain que si un journaliste (s’il en reste encore dans les médias eux-mêmes eurolâtres) les questionnaient sur leurs errements ils diraient naturellement que sans l’Europe se serait pire. Un peu comme certains idolâtres du capitalisme (ce sont les mêmes d’ailleurs) qui s’échinent à dire qu’il n’y a pas d’autre solution, alors que l’humanité fonce vers le désastre.


    • jducac Le 05 octobre 2013 à 11h15
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      @ wuwei Le 05 octobre 2013 à 08h41

      Un peu comme certains idolâtres du capitalisme (ce sont les mêmes d’ailleurs) qui s’échinent à dire qu’il n’y a pas d’autre solution, alors que l’humanité fonce vers le désastre.

      Quand vous aurez compris que le capitalisme n’est pas en cause, vous conviendrez peut-être que le fait de reprendre les slogans socialo-communistes, qui poussent à monter les uns contre les autres, est tout aussi malfaisant pour l’avenir de l’humanité. Ce qui importe, c’est de comprendre comment fonctionne le monde et de finir par constater que tous nous exploitons un capital pour vivre et faire survivre notre espèce.

      A cause de cela et à des degrés divers, nous sommes tous des capitalistes. Hélas seuls certains plus que d’autres, s’emploient à entretenir, préserver, et renouveler le capital qui nous fait tous vivre. Ils veillent à consommer moins de richesse qu’ils n’en retirent de leur travail. Pour le capitaliste ce travail consiste à constituer et à gérer le capital indispensable pour vivre et faire vivre en procurant du travail et des richesses.

      Si les humains n’avaient plus les moyens, par l’intermédiaire du capital et du travail, d’extraire de la terre et du soleil la richesse qui les fait vivre, ils seraient condamnés à disparaître par manque d’énergie nécessaire pour alimenter leur vie.
      Alors, ce désastre serait imputable aux anticapitalistes qui semblent n’avoir rien compris en ne vivant que pour consommer. Ils vont même jusqu’ à consommer ce qu’ils n’ont pas produit en ayant recours au crédit, non pour investir mais pour consommer toujours plus, quitte à laisser le règlement des dettes à leurs descendants. Ils auto détruisent l’humanité.


      • Bigtof Le 05 octobre 2013 à 11h36
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        Beurk…
        C’est vraiment confondre la cause et l’effet. Le crédit a été rendu nécessaire parce que les “capitalistes” refusent de payer pour le travail, et donc, diminuent la demande.
        Par ailleurs, parler de capitalisme dans un monde aux ressources finies et de plus en plus rares en pensant que les “capitalistes” sont pour la préservation de ces ressources, c’est vraiment ne pas avoir vu ce qui s’est fait jusqu’ici…
        Libre à vous de donner une sens qui vous est propre au mot capitaliste, mais de grâce, épargnez-nous…
        Enfin, le simple fait de parler de Capital à propos de nos ressources est s’extraire de notre monde pour l’envisager comme un moyen, sans comprendre que nous ne sommes qu’une partie d’un tout, et certainement rien de plus.


      • Magyare Le 05 octobre 2013 à 11h51
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        @Jducac
        Bonjour,
        C’est vrai, alléluia!!heureusement que Goldman et scie sont là!!Mais que va t-on devenir sans J-P Morgan????on est foutus!….
        Eux, ils vont s’en sortir vu qu’ils savent cultiver des papates mais nous autres????


      • michel lambotte Le 05 octobre 2013 à 12h39
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        Permettez moi de vous conseiller une bonne lecture

        link to pauljorion.com

        ////Qu’est-ce que le capitalisme ? Cette question, l’histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalant au grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage d’une actualité brûlante. Personne ne niera que le capitalisme a permis à l’humanité d’accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd’hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu’au prix d’une détérioration des conditions de vie d’une multitude d’individus et d’une dégradation de l’environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n’est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l’on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis : les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, Ellen Meiksins Wood propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.////

        link to amazon.fr


        • jducac Le 05 octobre 2013 à 20h50
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          Bonjour et merci Michel!

          Hélas en me renvoyant aux travaux et écrits d’Ellen Meiksins Wood, vous m’aiguillez vers le discours de quelqu’un qui est rangé dans la catégorie des érudits et historiens marxistes, d’après Wikipédia.

          Autrement dit quelqu’un qui analyse les fonctions mises en jeu dans l’évolution du monde au travers d’un prisme marxiste, lequel inévitablement en arrive toujours à opposer le travail au capital et par voie de conséquence, le travailleur au capitaliste.

          Alors que, reconnaissez-le, le travailleur qui n’a pas la possibilité de s’appuyer sur un capital matériel et immatériel suffisamment évolué et maintenu au top niveau par suite des actions et des préoccupations de type capitaliste, finit par ne plus pouvoir conserver son emploi. Il se retrouve vite éliminé du fait de ses moindres performances face à d’autres travailleurs qui, d’une manière ou d’une autre, ont mieux intégré les nouvelles donnes économiques procurant l’avantage aux activités présentant les meilleures performances énergétiques globales.

          Désolé, mais Ellen Meiksins Wood, qui est Docteur en sciences politiques, n’est pas, selon moi, une adepte des sciences dures et implacables telles que la physique et la biophysique qui gouvernent tout dans la marche du monde.

          Elle utilise « son propre capital de connaissances » à élaborer des stratégies à caractère politique, pour en vivre en vendant des livres à ceux qu’elle sait faciles à séduire en leur disant ce qu’ils souhaitent entendre. C’est ce qu’a fait Marx et cela a conduit aux désastres que l’on sait, notamment en ex URSS, dans les pays de l’Europe de l’Est et ailleurs, en entraînant des centaines de millions de morts ainsi qu’un considérable retard de développement. A tel point que les peuples ont d’eux mêmes fait basculer le système socialo-communiste de leurs pays, vers des systèmes de type capitaliste.

          Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis : les campagnes anglaises du XVIIe siècle.

          Il faut être complètement aveugle ou refuser de voir objectivement comment le monde a évolué depuis l’origine de l’humanité, pour aller jusqu’à écrire cela. Vous pensez que les hommes sont passés du stade des chasseurs cueilleurs au stade d’éleveurs et d’agriculteurs sans avoir recours au processus du capitalisme ? Vous croyez qu’ils y sont arrivés, sans se livrer à un prélèvement sur la production courante pour « capitaliser » « sans faire des économies, des réserves et des stocks» de façon à alimenter le processus d’investissement qui demande du temps et de l’énergie alors que dans un premier temps,rien ne rapporte en retour. Pendant qu’ils s’employaient à défricher les sols, à domestiquer les animaux et à en dresser certains pour en faire des animaux de trait, nos lointains ancêtres s’appuyaient et s’alimentaient sur des stocks, « du capital » préalablement constitué et entretenus sous forme réserves dans des silos à grains. On a retrouvé des vestiges de silos datant de l’époque gauloise en Picardie qui étaient en mesure de nourrir une communauté agricole durant 5 ans. On était bien plus capitaliste et bien moins vulnérables qu’aujourd’hui.

          Souvenez-vous aussi de cette robinsonnade :

          link to pauljorion.com

          De grâce Michel, si vous souhaitez progresser et ne pas vous laisser asservir aux idées des autres, efforcez-vous d’observer, de réfléchir et d’analyser les processus mis en jeu pour vivre et évoluer, en tirant les conclusions par vous-même au lieu de vous en remettre aux écrits des autres. Ces écrivains ne font, bien souvent, qu’exploiter un filon, « un capital », pour en vivre. Lorsque vous tombez sur un contradicteur, argumentez vous-même, justifiez et explicitez vos déclarations, au lieu de renvoyez aux écrits des autres.

          Bien cordialement.


          • olivier69 Le 06 octobre 2013 à 01h32
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            Bonsoir jducac,
            “Ces écrivains ne font, bien souvent, qu’exploiter un filon, « un capital », pour en vivre.”, seriez-vous devenu marxisme ? Ou c’est un double discours….Car avouez que votre message pourrait être interprété de plusieurs façons.
            Regardez, je ne fais que modifier vos propos. A moins que vous êtes le créateur du libéralisme : de grâce jducac, si vous souhaitez progresser et ne pas vous laisser asservir aux idées des autres, efforcez-vous d’observer, de réfléchir et d’analyser les processus mis en jeu pour vivre et évoluer, en tirant les conclusions par vous-même au lieu de vous en remettre aux idées des autres. Ce n’est pas d’après Wikipédia…..

            Vous ne comprenez pas que ce sont les formes d’échange que michel conteste. Seriez-vous pour la censure ? Que pensez-vous par exemple du reportage “the corporation” ? Question concrète….
            Michel dit “les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu’au prix d’une détérioration des conditions de vie d’une multitude d’individus et d’une dégradation de l’environnement partout dans le monde.”, que pensez-vous de ses propos ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit…..
            ps : je suis certain que vous êtes de bonne volonté pourtant !


          • olivier69 Le 06 octobre 2013 à 01h49
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            Là où je vous rejoins, c’est que vous faites bien la distinction entre capitaliser (capitalisme) et de l’autre côté : libéralisme ou communisme. Ce sont les deux formes extrêmes de propriété dans le cadre du capitalisme : l’une collective et l’autre individuelle. Nous savons que ces deux formes sont malheureusement à l’origine de nombreux maux. Une forme nouvelle de capitalisation serait plus appropriée…


            • Christophe Vieren Le 06 octobre 2013 à 11h43
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              Olivier semble également avoir une définition de “capitalisme” qui n’est pas celle couramment admise : capitaliser n’induit pas obligatoirement capitalisme. Un artisan qui n’a pas d’employé a capitalisé les moyens de productions qui lui permette de vivre de son travail. Il n’est pas un capitaliste au sens où il n’exploite que sa propre force de travail. Le seul profit qu’il fait est celui de son propre travail. D’un point de vue moral, et de mon point de vue, rien à dire.

              Il n’en va pas de même pour un Martin Bouygues, d’une Liliane Bettencourt, …


            • Incognitototo Le 06 octobre 2013 à 14h06
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              Oui, c’est parce qu’il y a confusion entre capitaliste et rentier… C’est ce dernier qui pose problème…
              Et même à l’intérieur de la catégorie des rentiers, il y a encore des différences entre ceux qui souhaitent 15 % de rendement et ceux qui veulent juste que le capital accumulé ne perde pas sa valeur (par l’inflation) et produise raisonnablement un tout petit plus.

              Il est d’ailleurs à noter que tous les intermédiaires qui de par leur situation perçoivent des commissions (traders, agents immobiliers, notaires, et cetera), sans rien produire en terme de plus-value économique (et/ou sociale), sont pour moi aussi nocifs que les rentiers rapaces.

              “Nul ne peut s’enrichir sans cause”, un des fondamentaux que notre société a malheureusement totalement oublié.


          • Christophe Vieren Le 06 octobre 2013 à 11h39
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            A partir du moment ou JDucac n’a pas la définition marxiste et comunément adminse de “capitaliste”, subsiste de dialogue de sourd. Voici la définition de capitaliste :: “est dite capitaliste une personne qui tire des revenus de l’exploitation du travail d’autrui”. Ainsi le propriétaire terrien, qui dispose donc d’un capital terre arable, tire profit de l’exploitation de l’agriculteur. Il est évident que le “capital” n’induit pas forcément “capitalisme”.


          • michel lambotte Le 06 octobre 2013 à 19h20
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            [ Modérateur – Le sujet est “Les promesses de Maastricht”, tâchons de ne pas trop nous en éloigner. ]


        • olivier69 Le 06 octobre 2013 à 02h07
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          Bonsoir michel,
          ce que jducac veut vous expliquer c’est qu’il existe nécessairement et physiquement une désynchronisation entre les recettes et les dépenses (en micro ou en macro). Que l’on soit dans un modèle communiste ou libéral. Il y a donc forcément une forme de capitalisation. C’est pourquoi, il a raison d’insister souvent sur cet état de fait….


          • michel lambotte Le 06 octobre 2013 à 20h11
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            Bonsoir Olivier, merci de m’avoir répondu et soutenu.

            Je suppose que vous voulez parler de l’équivalent entrepreneuriat comme le fond de roulement.
            Je penserais plutôt à un tampon nécessaire qui représenterait un certain pourcentage de la valeur des richesses qui sont en circulation, je ne pense pas que ce soit une capitalisation comme je l’ai expliqué sur mon commentaire à jducac


      • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 13h13
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        @JDucac qui écrit “Pour le capitaliste ce travail consiste à constituer et à gérer le capital indispensable pour vivre et faire vivre en procurant du travail et des richesses.”

        J’adore le second degré. J’en ai mal aux commissures des lèvres. Encore, J, encore !


      • wuwei Le 05 octobre 2013 à 15h30
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        @ j.ducac

        “Quand vous aurez compris que le capitalisme n’est pas en cause…”

        Non il est LA cause, et ce n’est pas en le niant ou en recyclant les arguties éculées de ses apôtres que cela change quoi que ce soit. Vouloir la fin du capitalisme ne prédispose pas obligatoirement à être socialiste ou le communiste (encore une vieille lune de ses “chiens de garde”) puisque l’un comme l’autre ne sont en rien opposés au pillage des ressources de la planète, au scientisme et à la croissance sans fin. Alors désolé mais il va vous falloir trouver d’autres subterfuges pour essayer de rendre présentable la façade décati d’un système mortifère.

        “La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.”
        André Gorz, le 17/09/2007.
        Une dernière chose, vouloir que cesse le détournement de richesse commune pour le profit exclusif de quelques-uns de richesses au profit de quelques-uns ce n’est pas être socialiste ou communiste car ni les uns ni les autres ne veulent réellement la fin de cette tumeur, tout démontre qu’il le recycle d’une autre manière.


        • jducac Le 05 octobre 2013 à 21h50
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          @ wuwei Le 05 octobre 2013 à 15h30

          Je crains que nous ne nous soyons pas bien compris.

          Peut-être que ma réponse à Michel Lambotte, ci dessus, vous aidera à mieux me comprendre et que cela nous permettra lors d’un prochain échange de progresser dans la description et l’interprétation des phénomènes que nous percevons de nos points de vue respectifs.


  7. Magyare Le 05 octobre 2013 à 08h42
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    Ce qui m’inquiètes le plus, c’est de DEJA entendre parler des élections en 2017.Cela veut dire que nous sommes incapables d’envisager autre chose.Malgré ce constat qu’il n’y ait plus de partis politiques(ils bossent tous dans leur propre direction), on va remettre ça?recommencer la mascarade?
    On tourne en rond, ce système d’élection ne marche pas, il faut trouver autre chose pour le remplacer.Je suis persuadée, que parmi les Français, il y a un intelligence vive qui ne demande qu’à s’exprimer.Bon, je constate aussi, malheureusement, que les petits font comme les grands:je pense ceci; tu as tort, etc…..parce que j’ai tel argument, oui mais moi, j’en ai d’autres……
    Je comprends, de fait, que les gens du commun aient décrochés et se laissent faire…..parce qu’il est difficile de faire la synthèse de ce merdier, parce qu’on en arrive à se sentir complètement inculte et inutile….et impuissant….
    Parce que le sentiment que notre vie ne nous appartient pas prévaut, alors, on se jette les uns contre les autres……parce qu’on a que ça pour se sentir acteur.
    C’est grave.


    • Le Kaiser Le 05 octobre 2013 à 08h59
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      “On” parle de 2017. Enfin, surtout les merdias. Histoire d’organiser “l’opposition” (factice bien sûr) à ce pouvoir. De canaliser toutes ces émotions qui nous habitent devant la déroute de ce modèle de société. Vous n’aimiez pas N.S. Pas de souci, FH arrive. Lui va changer. Comment, vous n’aimez pas FH ? Pas de problème, N.S ou JFC ou un autre F saura relever le challenge et répondre à vos attentes etc…
      En attendant, les municipales : Le FN fait PEUR. Houhouhou, attention à toi qui t’apprête à voter, FN= extrême droite = peur. Vote bien, empêche ce parti qui fait 20% des voix d’exister démocratiquement, juste un épouvantail qu’on agite pour faire “trembler” le système.
      Ah, qu’est ce que c’est beau!


      • Magyare Le 05 octobre 2013 à 12h35
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        @le Kaiser(quel horrible pseudo),
        “empêche ce parti(le front national) d’exister démocratiquement,
        EUH………………………………
        Y a pas un souci là?l’extrême droite est tout sauf démocratique!!!


        • step Le 09 octobre 2013 à 14h15
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          l’extrême droite peut très bien arriver au pouvoir démocratiquement, c’est même ce qui tend les bras à la france si la liste des anneries citées dans l’article continue à s’allonger. Par contre il est moins fréquent qu’elle rende le pouvoir démocratiquement. Un mouvement politique est démocratique car il a fait perdurer les instances démocratiques pendant ses périodes de gouvernance. C’est un label qui est toujours à prouver et toujours à postériori. Sinon c’est ce fier à des promesses politiques mouhahaha….


        • bizbee Le 09 octobre 2013 à 14h28
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          “l’extrême droite est tout sauf démocratique!!!”

          Qu’est ce que ça veut dire ça?

          – En quoi elle serait moins démocratique que les autres partis actuels?
          – Le possible choix des citoyens sympathisant d’extrême droite ne serait pas démocratique?


          • Christophe Vieren Le 09 octobre 2013 à 16h05
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            Si leur choix PEUT être démocratique, mais pour le coup, il ne l’est pas. Cela nécessite de creuser un peu plus sur ce qu’est le FN.
            N’oublions pas qu’Hitler (oui, oui, je sais un point Godwin) est arrivé au pouvoir démocratiquement. Combien de ses électeurs avaient-ils lu Mein Kampf ? Et pour les rares qui l’avaient lu, avaient-ils conscience de faire un choix très hasardeux ?


    • Grrr Le 05 octobre 2013 à 13h16
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  8. Magyare Le 05 octobre 2013 à 09h00
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    Changeons de point de vue:ces gens-là ne sont-ils pas nos employés, rémunérés par nous?qui garderait un ouvrier incapable de satisfaire à son travail?


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 09h33
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      Tout à fait. Le problème est que leur contrat est renouvelé à chaque élection !
      Eduquons, éduquons, faisons suivre et résumons auprès de nos proches (avec un carnet d’adresse électronique, c’est facile) toutes les informations diffusées ici et ailleurs (mediapart, politis, alter eco, monde diplo, courrier international, roosevelt 2012, Attac, Copernic, rue89, …).
      Nous ne toucherons jamais les 5 millions d’auditeurs quotidiens de TF1 mais pas grave, ceux-ci votent peu et c’est toujours une minorité averti qui a fait bouger les lignes

      “Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé.”, Margaret Mead, anthropologue étasunienne, 1901-1978.


      • Magyare Le 05 octobre 2013 à 12h18
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        @Christophe Vieren
        Je partage complètement votre point de vue:seule la transmission nous sauvera peut-être, je crains que le temps nous manque, malheureusement…..


        • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 13h17
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          Nous n’avons, hélas, pas d’autres choix pour éviter le pire.


      • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 13h34
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        Cherche “créer ou gérer vos listes de diffusion”, quelque chose comme cela, dans ton application de courriel (messagerie électronique). Si tu n’y arrives pas contactes moi via mon blog pour ne pas encombrer ce blog avec des hors-sujet.


  9. Lisztfr Le 05 octobre 2013 à 10h12
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    Balzac, Louis Lambert 1832, dans les mémoires de Mauriac p 911 :

    .. Balzac portait sur la France de Louis-Philippe ce jugement certes trop amer et dont il faut rabattre : ” Un pays exclusivement occupé d’intérêts matériels, sans patriotisme, sans conscience, dont le pouvoir est sans force, où l’élection n’élève que les médiocrités, ou la force brutale est devenue nécessaire contre les violences populaires et ou la discussion, étendue aux moindres choses, étouffe toute action du corps politique, où l’argent domine toutes les questions… “


    • Marcus Le 05 octobre 2013 à 14h44
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      Très belle citation Lisztfr. Merci !


    • Gibbus Le 05 octobre 2013 à 22h51
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      Citation de Karl Marx : « En lisant Balzac, j’en ai plus appris sur les questions économiques et politiques de notre temps qu’en étudiant de savants ouvrages. »
      Et merci pour le lien d’hier!! Les vidéo H. Guillemin devraient être diffusées partout et par tous!!!


  10. Esope Le 05 octobre 2013 à 10h56
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    Un statut politique donne droit à la parole et à être écouté. Pour quoi dire ? Cela, c’est juste une question secondaire, le principal, c’est de parler.


  11. jacqueline Le 05 octobre 2013 à 12h19
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    Magyar a dit : Ce qui m’inquiètes le plus, c’est de DEJA entendre parler des élections en 2017.Cela veut dire que nous sommes incapables d’envisager autre chose.

    2017 sera une autre étape, mais pour l’ Europe c’est l’échéance de 2014.

    On a peu de choix comme parti anti européen :

    – un parti qu’on ne cesse de diaboliser, mais qui rivalise avec l’ UMP et le PS dans les sondages.

    – deux micros partis : DLR et UPR qui peinent à a attirer des électeurs.

    Les prochaines élections européennes, c’est l’occasion de refaire “l’attaque de la diligence”, la diligence folle de la Commission Européenne, suivie par celle de l’UMPS.

    L ‘urgence est de les arrêter ! Sans cela rien est possible.

    Le reste on en discutera après.

    Les vrais fachos anti démocrates sont dans ces diligences.

    Merci d’avoir rappelé ces perles de élites auto proclamées.


    • Julian Le 05 octobre 2013 à 21h48
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      Jacqueline,

      N’oublions pas le projet ( fou) de Traité Transatlantique, point d’orgue de la volonté dominatrice et du leadership des USA depuis 1945.

      Rien ne transpire des négociations … Barroso veille.

      Dormez bien, braves gens.


  12. Magyare Le 05 octobre 2013 à 12h27
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    Bonjour,Jacqueline,
    pour les ignares comme moi, auriez-vous un lien concernant ces partis et c’est quoi DLR et UPR?juste par curiosité.
    Excusez-moi du peu, je suis effectivement ignare, repulsée par tout ce qui ressemble à un parti…..
    Bien que je comprenne qu’il en faille au moins un pour contrer les autres.Je ne suis pas anti-européenne, (je n’ai pas assez de connaissance pour être pro-européenne, désolée si je prends quand même le droit de m’exprimer)je suis anti-tous-ceux qui amassent sans besoin et qui du coup affament les peuples, et comme je l’ai dit et le répète, voter est un non-sens, je suis pour un tirage au sort.


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 15h09
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      Debout La République (NDA*) et Union Populaire Républicaine (Asselineau)
      Je préfère nettement le second au premier.
      _____________
      * Nicolas Dupont Aignan 😉


      • Magyare Le 05 octobre 2013 à 15h17
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        Merci Christophe,
        C’est vrai que le seul en qui j’aurai pu mettre ma confiance était Asselineau, mais….les Français sont très arriérés, du type:l’élite ça s’hérite comme dans Romain GARY, ils sont résignés, malheureusement.C’est presque normal, puisqu’on n’a rien fait pour les rendre acteurs…..mais qu’ils n’ont pas fait grand chose non plus……à part se donner bonne conscience en allant voter……


        • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 15h33
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          Non, les français ne sont pas arriérés. En tout cas pas plus que les autres peuples. Nombre de grandes conquêtes sociales ont été initiées par le peuple français : 1789, 1793, 1905 (laïcité), 1936 (congé payés, 40 h), 1945 (la Sécu, ….), . . . Rappelons aussi que la frane n’a pas connu de dicature au 20e siècle. Nous avons certes, sur certains points été en retard sur nombre de pays (droit de vote des femmes, …), voisins en particulier et cela date.

          Mais bon, de là à nous trouver arriérés, c’est peut-être un peu fort, non ?

          Et n’en oublions pas la cause : à qui appartiennent les mass merdias ? Pourtant en 1945, le CNR avait mis de barrières pour que la liberté d’expression restes, dans les faits, au min du peuple et non pas de monopoles militaroindustriels (Bouygues, Bolloré, Lagardère, Dassault, …). Alors certes on peut dire que le peuple français a laissé faire. Ne désespérons pas, laissons infuser. Le peuple se réveillera peut-être mais peut-être faudra-t-il attendre qu’il n’ait plus ni pains, ni jeux !


          • Magyare Le 05 octobre 2013 à 15h55
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            à Christophe:
            Vous avez raison, j’y vais trop fort quand je dis que les Français, sont arriérés, passifs conviendrait mieux.
            D’ailleurs, je suis bien triste de voir qu’en matière d’évolution sociale, ils ont été les précurseurs d’une société où il fait bon vivre, ce qui ressemble le plus à une démocratie, à un pays ou la voix a été donnée au peuple, manquait juste plus de référendum….et qu’aujourd’hui, ça n’est plus qu’un souvenir…


            • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 16h44
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              En effet. Passif convient mieux. Comme les étatsuniens, les italiens, les grand-bretons, les teutons, les espagnols, … Enfin bref tous les peuples qui ont abandonné le terrain au profit des capitalistes, suite à l’effondrement de cette belle idée mal aplliquée que fût le “soviétisme”*, capitaliste qui en ont profité pour une régression sociale de plusieurs décennies, en ayant le génie de nous vendre la mondialisation (ou l’Euro) comme une 3e voie.
              Il faut absolument se remuer et trouver une vraie 3e voie, qui ne saurait bien sûr être un modèle à copier (comme a pu l’être le soviétisme) sur quiconque.

              * même si l’économie était socialiste au sens marxien “propriété collective des moyens de productions”, sans démocratie et la présence de Poutine montre que la Russie, capitaliste ou siocialiste, a encore un long chemin vers la démocratie)


          • casper Le 06 octobre 2013 à 02h13
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            “Rappelons aussi que la frane n’a pas connu de dicature au 20e siècle”

            Vichy? C’est court, et dans un contexte particulier, mais pas folichonement républicain.


            • Christophe Vieren Le 06 octobre 2013 à 11h47
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              Certes, il ne faut pas oublier l’épisode Vichy. Cependant il s’agit plutôt d’une capitulation en pays vaincu. Ce ne fût pas ce contexte pour nos plus proches voisins hors zone soviétique (Allemagne, Italie, Grèce Espagne, Portugal. Et j’en oublie sûrement).


  13. Magyare Le 05 octobre 2013 à 12h50
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    link to collectif-roosevelt.fr
    Une réflexion, des solutions qui en valent une autre mais que me semblent les plus intéressantes……
    Je suis persuadée que le temps urge…..
    C’est pas demain qu’il faut agir, c’est aujourd’hui……..
    Quand j’entends qu’on réfléchira, par exemple, aux mesures à mettre en oeuvre pour le climat en 2015 et patatietpatata je me réveille la nuit….


    • Magyare Le 05 octobre 2013 à 15h34
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      J’avoue que je suis saturée de tout ce qui me semble un baratin, difficile de croire en quelque chose, je suis fille de réfugiés politiques Hongrois, haissant le communisme et pourtant(mes parents), mes idées sont plus dirigées vers le partage(sale gauchiste!).Ce que je pourrai aujourd’hui reprocher à tous, de tous partis, c’est qu’il ne fassent pas d’effort pour se mettre à la portée du commun, comme moi, je n’ai pas fais l’ENA, ouf, je n’ai pas croisé ces sombres gugusses, mais, franchement, je ne pense ne pas être tout à fait débile, en revanche, après toutes ces embrouilles, je ne peux plus les écouter, je suis pour ce que nous pratiquions dans l’antiquité, le tirage au sort, seul garde-fou à la recherche de pouvoir.Mon père disait, lui qui a vécu en Hongrie:la seule différence qu’il y a entre communisme et capitalisme, dans l’un, les bénéfices profitent à 10, dans l’autre, il profite à 100!les mass-merdias, oui, mais personne a un flingue sur la tempe pour cautionner….


      • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 16h58
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        OUI la stochocratie est une bonne piste. Mais pour l’installer il faut d’abord déboulonner ceux en place. Lorsque l’on voit la résistance, y compris dans les rangs du parti de la majorité, le PS pour ne pas le nommer, pour conserver le cumul des mandats, je doute qu’il proposeront la stochocratie qui passe, je pense par une modification de la constitution (à vérifier). Il faut donc d’abord exiger la possibilité de faire des referendums d’inititative populaire. Ou alors une révolution ou un coup d’état ! Mhouais, pas glop !
        Sinon, je pense que certains partis, tel l’UPR (ce n’est pas mon favori) font des efforts pour faire de l’éducation populaire. Egalement des collectifs tel Roosevelt2012, Attac, … qui ne se présentant pas aux scrutins électoraux, n’ont ni besoin de faire de promesses intenables, ni de pratiquer la langue de bois.


  14. In Vino Veritas Le 05 octobre 2013 à 13h57
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    Autres citations, tirées link to observatoiredeleurope.com

    Assez drôles, après coup, au vu de l’aveuglement généralisé de l’époque. Je n’ai pas fait le tri entre celles de cet article et celles sur le site….

    “On a soigneusement oublié d’écrire l’article qui permet de sortir ; c’était peut-être pas très démocratique évidemment…mais c’était une garantie” (Jacques Attali, 24/01/11) – 14/10/2011

    «Avec Maastricht, on rira beaucoup plus» (Bernard Kouchner, Tours, 8.9.92) – 07/10/2011

    « Si vous voulez que la Bourse se reprenne, votez “oui” à Maastricht ! » (Michel Sapin, université d’été du PS à Avignon, 31.8.92) – 05/10/2011

    « L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92) – 05/10/2011

    Les partisans du “non”] sont des apprentis sorciers. […] Moi je leur ferai un seul conseil : Messieurs, ou vous changez d’attitude, ou vous abandonnez la politique. Il n’y a pas de place pour un tel discours, de tels comportements… – 05/10/2011

    « Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de l’ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels. » (Élisabeth Badinter, Vu de Gauche, septembre 1992) – 05/10/2011

    « M. De Villiers , donc s’installa à l’Elysée. […] Le “non” français à Maastricht fut interprété, de fait, comme un encouragement aux nationalismes. Il relança la guerre dans les Balkans… – 05/10/2011

    « Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d’humanisme et de Lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Monde, 6.5.92) – 05/10/2011

    « Interrogez les peuples de Bosnie, de l’ex-Yougoslavie, de Pologne et des autres pays. Ils nous disent : “ chers amis français, entendez-nous. Apportez-nous votre soutien et votre oui. Ce sera un oui à la française, à l’amitié, à la paix… – 05/10/2011

    « Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe. » ( Julien Dray , Assemblée nationale, 6.5.92) – 05/10/2011

    « Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. » (Alain Madelin à Chalon-sur-Saône, 4.9.92) – 05/10/2011

    « Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19.9.92) – 05/10/2011

    « En votant “non”, nous donnerions un magnifique cadeau, sinon à Hitler, à Bismarck. » (Alain-Gérard Slama, Le Figaro , 18.9.92) – 05/10/2011

    « Moi aussi, j’ai peur de l’Allemagne. […] Il ne faut pas prendre l’Allemagne pour un gros chien dressé parce qu’elle a été irréprochablement démocratique depuis quarante-cinq ans. » (Françoise Giroud, Le Nouvel Observateur, 3.9.92) – 05/10/2011

    « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucrat – 05/10/2011

    « Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30.7.92) – 05/10/2011

    « Le traité d’ union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Figaro , 20.8.92) – 05/10/2011

    « La France est une locomotive. Elle n’a pas le droit d’être dans le wagon de queue. […] Le train de l’espoir ne passe pas deux fois. » ( Jack Lang, RTL, 23.8.92) – 05/10/2011

    Appel à Hitler, à l’émotion, à “l’humanisme”, tout y passe… Propagande, quand tu nous tiens


    • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 16h50
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      J’aime bien aussi celle-ci de M. Barnier pour les 20 ans du marché Unique (source : Discours du Comissaire européen Michel Barnier sur l’Union Bancaire et le Marché Unique après le Conseil européen , La Haye, le 19 octobre 2012)

      “Je passerai donc rapidement sur les réussites du marché unique, même s’il est vrai que beaucoup a été accompli ces 20 dernières années.
      Pour les consommateurs, le marché unique a représenté plus de choix entre des produits de meilleure qualité et moins chers ? le prix des billets d’avion a par exemple baissé de 40%.
      Grâce au marché unique, de nombreux Européens ont pu voyager, étudier ou travailler dans un autre Etat membre. Près de 3 millions d’Européens ont déjà étudié à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus. “
      .

      Pas trop dur M. Barnier de passer rapidement sur les réussites du marché unique ?


      • bellini Le 09 octobre 2013 à 18h42
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        “Cette révolution capitaliste…exige des hommes dépourvus de liens avec le passé ( qui comportait l’épargne et le moralisme). Elle exige que ces hommes vivent dans un état d’impondérabilité – ce qui leur permet de privilégier, comme seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes.” Pasolini
        Le consommateur gavé et obèse n’aime plus rien que son auge. Le capitalisme crée une société de porcs. Maastricht c’était l’abandon de l’humanité libre(la citoyenneté pour les anciens grecs) pour un devenir européen porcin.


    • Magyare Le 05 octobre 2013 à 18h21
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      Quel genre d’outil pourrions-nous mettre en place afin de proposer aux gens ce tirage au sort?
      En commençant maintenant, il y a fort à parier que cette idée s’enrichirait et serait peut-être arrivée à maturité avant 2017?


      • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 19h16
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        Je pense qu’Etienne Chouard a déjà bien approfondi la question. Sur son blog ou dans quelques video on doit pouvoir trouver des propositions. Mais j’imagine que l’on doit retrouver a peu près le cahier de charges de la constitution des jurys populaires d’assises. Outre le RIP, La conférence ou consensus de citoyens (cf. pays scandinaves) est aussi une piste.


    • Magyare Le 05 octobre 2013 à 18h32
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      @In Vino Veritas,
      Ben, quand on lit ce qu’ils ont dit, ben, ça craint, sont vraiment malades ces gens-là, et Sapin, Ministre des Finances, ben faut pas s’étonner que le bateau coule….
      Mais comment est-ce donc possible que des crétins pareils accèdent à ces fonctions?
      Le principe de Peter, sans doute!!


      • Christophe Vieren Le 05 octobre 2013 à 19h13
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        Je ne pense pas qu’il s’agisse d’incompétence mais plutôt de convergence d’intérêts : le PS est l’idiot utile du néolibéralisme. De toutes façons seront jamais concernés pas le chômage et avec 5.000 € a minima de retraite (probablement plus près du double), devraient pas trop devoir pointer leur nez au restau du coeur (ou dormir dans leur combi VW !).


        • Magyare Le 05 octobre 2013 à 20h18
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          Merci Christophe, quel bonheur, j’ai toujours été moquée par mes contemporains, ben, là, je sais que j’avais raison de persévérer.
          link to dailymotion.com


          • Magyare Le 05 octobre 2013 à 20h26
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            secure.avaaz.org/fr/petition/Une_Assemblee_Constituante_tiree_au_sort/


          • Christophe Vieren Le 06 octobre 2013 à 11h58
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            Y a pas de quoi, il s’agit de notre avenir commun à nous gens du peuple, pas de celui de l’aristocratie qui nous gouverne. D’autres liens sur la stochocratie ICI. Et ce site qui lui est dédié link to stochocratie.free.fr (il s’agit du lien sur la page “videos et liens”).


  15. Magyare Le 05 octobre 2013 à 14h11
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    Pablo Néruda:
    Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
    de l’orage, l’arbre du peuple
    Ses héros montent de la terre
    comme les feuilles par la sève,
    et le vent casse les feuillages
    de la multitude grondante,
    alors la semence du pain
    retombe enfin dans le sillon.

    Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
    nourri par des cadavres nus,
    des morts fouettés et estropiés,
    des morts aux visages troublants,
    empalés au bout d’une lance,
    recroquevillés dans les flammes,
    décapités à coups de hache,
    écartelés par les chevaux
    ou crucifiés dans les églises.

    Voici venir l’arbre, c’est l’arbre
    dont les racines sont vivantes,
    il a pris l’engrais du martyre,
    ses racines ont bu du sang,
    au sol il a puisé des larmes
    qui par ses branches sont montées
    parsemant son architecture.
    Elles furent fleurs, quelquefois
    invisibles, fleurs enterrées,
    d’autres fois elles allumèrent
    leurs pétales, comme des planètes.
    Et l’homme cueillit sur les branches
    les corolles aux parois durcies,
    il les tendit de main en main
    tels des magnolias, des grenades,
    et brusquement, ouvrant la terre,
    elles grandirent jusqu’au ciel.

    C’est lui, l’arbre des hommes libres;
    L’arbre terre, l’arbre nuage.
    L’arbre pain, l’arbre sarbacane,
    l’arbre poing, l’arbre feu ardent.
    Inondé par l’eau tempétueuse
    de notre époque des ténèbres,
    son mât décrit dans le roulis
    les arènes de sa puissance.

    D’autres fois la colère brise
    les branches qui tombent à nouveau
    et une cendre menaçante
    couvre sa vieille majesté :
    ainsi franchit-il d’autres temps
    et sort-il de l’agonie,
    jusqu’au moment où une main
    secrète, des bras innombrables,
    le peuple, en garda les fragments
    et cacha des troncs immuables.
    Ses lèvres étaient alors les feuilles
    de l’immense arbre réparti,
    disséminé de tous côtés,
    qui marchait avec ses racines.
    Voici venir l’arbre, c’est lui
    l’arbre du peuple, tous les peuples
    de la liberté, de la lutte.

    Montre-toi dans sa chevelure :
    palpe ses rayons restitués :
    plonge la main dans les usines,
    là même où son fruit palpitant
    chaque jour répand sa lumière
    Lève dans tes mains cette terre,
    unis-toi à cette splendeur,
    emporte ton pain et ta pomme,
    ton coeur aussi et ton cheval
    et monte la garde aux frontières,
    aux confins de sa frondaison.

    Défends le but de ses corolles,
    partage les nuits ennemies
    veillant au cycle de l’aurore,
    respire la cime étoilée,
    en protégeant l’arbre, cet arbre
    qui pousse au milieu de la terre.


    • Marcus Le 05 octobre 2013 à 14h48
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      Merci pour ce poème du grand Pablo Néruda !


  16. Marcus Le 05 octobre 2013 à 17h19
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    Complainte de Pablo Neruda, par Jean Ferrat : (j’aime la variété française)

    link to youtube.com

    Qu’il me soit permis aussi de rendre hommage au héros de l’indépendance du Viêt Nam, le Général Giap qui vient de mourir à l’âge de 102 ans.

    Quand on pense à tout ce que les américains ont pu déverser de produits chimiques, le napalm, le tristement célèbre “agent orange” et tout le reste, ces criminels n’ont vraiment aucune leçon à donner au monde.

    Le peuple viêtnamien leur a pardonné et c’est bien, et maintenant ce pays se développe vite.

    Vive le Viêt Nam et le peuple viêtnamien !


  17. bigglop Le 05 octobre 2013 à 19h31
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    Merci Olivier pour ce magnifique collier de ”perles” de l’inculture politique.
    J’aimerais y rajouter l’ITW de Nicolas Doisy du Cabinet Chevreux/Crédit Agricole Corporate sur le rapport qu’il a co-écrit, juste avant les présidentielles, sur la future politique de Hollande :
    ”Le plan de bataille des financiers”
    link to voie-militante.com


  18. olivier69 Le 05 octobre 2013 à 19h45
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    Les européens, c’est comme les comptes en banque; s’ils n’ont pas trop d’argent, ils n’ont pas beaucoup d’intérêts.
    link to youtube.com


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