Suite de notre série de reprises sur l’Ukraine

6 février 2014 : Écoutes téléphoniques : l’arroseur arrosé…

Amusant, il n’y a pas que la NSA qui intercepte les communications, évidemment…

Victoria Nuland est la sous-secrétaire d’État pour l’Europe et l’Eurasie d’Obama (sous-ministre des affaires étrangères, donc).

Elle a été la conseillère principale de politique étrangère du républicain Dick Cheney. Elle est également l’épouse du néo-conservateur Robert Kagan, instigateur du projet impérial pour un Nouveau siècle américain. Pour Kagan, l’UE est impuissante car sous l’emprise de Vénus, déesse de la paix, mais fort contente que les Etats-Unis fassent le sale boulot de Mars (dieu de la guerre). Ambassadrice américaine à l’OTAN, Mme Nuland avait exigé, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l’application de l’article 5 de la Charte atlantique obligeant les États membres de l’OTAN à partir en guerre avec George Bush junior contre le terrorisme mondial. C’est dans ce but qu’elle a plaidé auprès de Nicolas Sarkozy pour accélérer le retour de la France dans l’OTAN.

Elle avait déjà indiqué le 13 décembre 2013 dans une réunion “Ukraine in Washington 2013” que les États-Unis dépensaient beaucoup d’argent pour l’Ukraine – 5 milliards de dollars ! :

“Since Ukraine’s independence in 1991 the United States has supported Ukrainians as they built democratic skills and institutions, as they promoted civic participation and good governance,” Nuland said. “We’ve invested over five billion dollars to assist Ukraine’s in needs and other goals”.

Voici ici l’enregistrement de l’interception d’une conversation téléphonique autour du 25 janvier 2014 entre l’ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt et Victoria Nuland, très probablement réalisé par la NSA russe :

NB. réaction américaine – euh – hallucinante ! : les États-Unis accusent la Russie d’espionnage par le biais du porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, pour qui le fait que la conversation ait été “diffusée sur Twitter par le gouvernement russe est significatif du rôle de la Russie”. Le département d’Etat a pour sa part été plus direct, estimant que les méthodes de la Russie étaient “tombées bien bas“…

Cet enregistrement audio révèle donc comment celle-ci a tenté, en coordination avec l’ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt, d’imposer au gouvernement ukrainien les candidats de l’opposition de leur choix.

Tout comme Catherine Ashton et le sénateur John McCain, Mme Nuland n’hésite pas à se rendre régulièrement en Ukraine pour y distribuer des petits pains et des gâteaux aux manifestants de l’opposition.

Dans sa conversation téléphonique avec l’ambassadeur américain, Nuland s’exprime au passage en termes très peu diplomatiques sur l’incapacité de l’Union européenne, pourtant une puissance alliée des Etats-Unis, à s’imposer, où elle lance le désormais fameux : “Fuck the EU” ! (que l’UE aille se faire foutre !), des propos pour lesquels elle a dû présenter des excuses (à l’UE…).

Nuland informe Pyatt qu’elle a évoqué son plan avec le sous-secrétaire des Nations unies pour les Affaires politiques Jeffrey Feltman, un ancien du département d’État américain, qui devait nommer un représentant de l’ONU pour promouvoir l’accord envisagé par elle. Le vice-président américain Joe Biden devait également être mobilisé pour promouvoir son choix.

L’intervention de Nuland a lieu peu après la proposition formulée le 25 janvier par le gouvernement ukrainien offrant des postes ministériels à deux figures de l’opposition : le boxeur Vitali Klitschko de l’Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme (UDAR) (mis de l’avant par les Britanniques et les Européens) et Arseni Iatseniouk du Front pour le changement, qui est en alliance avec Ioulia Tymochenko, emprisonnée depuis 2011.

Nuland prétend que si l’on permettait à Klitschko de devenir vice-Premier ministre, comme le lui avait proposé le président ukrainien Ianoukovitch, les choses se passeraient mal avec Iatseniouk, son choix préféré comme chef du nouveau gouvernement :

Je ne pense pas que Klitsch [le surnom qu’elle donne à Klitschko] devrait entrer au gouvernement. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. (…) Je pense que Yats [surnom de Iatseniouk] est le gars qui a l’expérience en économie, l’expérience de gouvernement (…) Ce dont on a besoin, c’est que Kiltsch et Tiahnybok [Oleh Tiahnybok est le chef du parti néo-nazi Svoboda] soient à l’extérieur ; Iatseniouk a besoin de leur parler quatre fois par semaine, tu sais. Je pense que si Klitsch entre au gouvernement, il sera au même niveau opérationnel que Iatseniouk, ça ne marchera tout simplement pas.

L’ambassadeur Pyatt demande ensuite : « Voulez-vous qu’on arrange un appel téléphonique avec lui ? » A quoi répond Nuland : « J’avais compris que Yats allait offrir dans ce contexte une conversation 3+1 ou 2+1 avec toi. C’est bien cela que tu avais compris ?

Voici donc les trois soi-disant chefs des trois soi-disant partis de l’opposition « ukrainienne » en train de coordonner directement leur coup d’Etat via des appels-conférence avec la représentante personnelle de Barack Obama et l’ambassadeur américain en Ukraine !

Juste avant que n’éclate au grand jour ces manœuvres impériales, Sergeï Glaziev, le conseiller du président russe Vladimir Poutine pour les affaires eurasiatiques, révélait dans le journal russe Kommersant que les Etats-Unis financent et entraînent l’opposition armée en Ukraine et que ceci contrevient à l’accord de 1994 entre la Russie et les Etats-Unis sur le respect de la souveraineté ukrainienne.

Nous devons rappeler le Mémorandum de Budapest de 1994 sur les garanties en matière de sécurité, adopté dans le cadre de l’adhésion de l’Ukraine au Traité de non prolifération nucléaire. Toutes les parties se sont engagées à protéger l’intégrité territoriale de l’Ukraine. En vertu de cet accord, la Russie et les Etats-Unis sont les garants de la souveraineté de l’Ukraine ainsi que de son intégrité territoriale et, à franchement parler, sont obligés d’intervenir [de manière conjointe, ndlr] lorsque ce type de conflit émerge. Ce que les Américains sont cependant en train de faire, de manière unilatérale et en s’ingérant cruellement dans les affaires intérieures de l’Ukraine, est une violation claire de ce traité. L’accord vise des garanties collectives et une action collective.

Glaziev ajoute que selon ses informations, « des sources américaines dépensent quelque 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les insurgés. »

Quant aux propos de l’ambassadeur américain en Ukraine Jeffrey Pyatt, qui se dit à « 100 % certain » que l’Ukraine signerait l’Accord d’Association avec l’UE, Glaziev fait remarquer qu’il est assez étrange de constater qu’un ambassadeur d’un pays étranger puisse « déclarer avec certitude que l’Ukraine va signer l’accord, comme s’il pouvait, mieux que les dirigeants ukrainiens, décider de la question. Mais les dirigeants ukrainiens ont décidé de ne pas signer cet accord contre nature car ce document est une feuille de route vers la catastrophe. »

Voici la transcription (si quelqu’un a la gentillesse de traduire les commentaires, ce serait génial – merci) 

 

Here is a transcript, with analysis by BBC diplomatic correspondent Jonathan Marcus:

Warning: This transcript contains swearing.

Voice thought to be Nuland’s: What do you think?

  • Jonathan Marcus: At the outset it should be clear that this is a fragment of what may well be a larger phone conversation. But the US has not denied its veracity and has been quick to point a finger at the Russian authorities for being behind its interception and leak.

Voice thought to be Pyatt’s: I think we’re in play. The Klitschko [Vitaly Klitschko, one of three main opposition leaders] piece is obviously the complicated electron here. Especially the announcement of him as deputy prime minister and you’ve seen some of my notes on the troubles in the marriage right now so we’re trying to get a read really fast on where he is on this stuff. But I think your argument to him, which you’ll need to make, I think that’s the next phone call you want to set up, is exactly the one you made to Yats [Arseniy Yatseniuk, another opposition leader]. And I’m glad you sort of put him on the spot on where he fits in this scenario. And I’m very glad that he said what he said in response.

  • Jonathan Marcus: The US says that it is working with all sides in the crisis to reach a peaceful solution, noting that “ultimately it is up to the Ukrainian people to decide their future”. However this transcript suggests that the US has very clear ideas about what the outcome should be and is striving to achieve these goals. Russian spokesmen have insisted that the US is meddling in Ukraine’s affairs – no more than Moscow, the cynic might say – but Washington clearly has its own game-plan. The clear purpose in leaking this conversation is to embarrass Washington and for audiences susceptible to Moscow’s message to portray the US as interfering in Ukraine’s domestic affairs.

Nuland: Good. I don’t think Klitsch should go into the government. I don’t think it’s necessary, I don’t think it’s a good idea.

Pyatt: Yeah. I guess… in terms of him not going into the government, just let him stay out and do his political homework and stuff. I’m just thinking in terms of sort of the process moving ahead we want to keep the moderate democrats together. The problem is going to be Tyahnybok [Oleh Tyahnybok, the other opposition leader] and his guys and I’m sure that’s part of what [President Viktor] Yanukovych is calculating on all this.

Nuland: [Breaks in] I think Yats is the guy who’s got the economic experience, the governing experience. He’s the… what he needs is Klitsch and Tyahnybok on the outside. He needs to be talking to them four times a week, you know. I just think Klitsch going in… he’s going to be at that level working for Yatseniuk, it’s just not going to work.

Pyatt: Yeah, no, I think that’s right. OK. Good. Do you want us to set up a call with him as the next step?

Nuland: My understanding from that call – but you tell me – was that the big three were going into their own meeting and that Yats was going to offer in that context a… three-plus-one conversation or three-plus-two with you. Is that not how you understood it?

Pyatt: No. I think… I mean that’s what he proposed but I think, just knowing the dynamic that’s been with them where Klitschko has been the top dog, he’s going to take a while to show up for whatever meeting they’ve got and he’s probably talking to his guys at this point, so I think you reaching out directly to him helps with the personality management among the three and it gives you also a chance to move fast on all this stuff and put us behind it before they all sit down and he explains why he doesn’t like it.

Nuland: OK, good. I’m happy. Why don’t you reach out to him and see if he wants to talk before or after.

Pyatt: OK, will do. Thanks.

Nuland: OK… one more wrinkle for you Geoff. [A click can be heard] I can’t remember if I told you this, or if I only told Washington this, that when I talked to Jeff Feltman [United Nations Under-Secretary-General for Political Affairs] this morning, he had a new name for the UN guy Robert Serry did I write you that this morning?

  • Jonathan Marcus: An intriguing insight into the foreign policy process with work going on at a number of levels: Various officials attempting to marshal the Ukrainian opposition; efforts to get the UN to play an active role in bolstering a deal; and (as you can see below) the big guns waiting in the wings – US Vice-President Joe Biden clearly being lined up to give private words of encouragement at the appropriate moment.

Pyatt: Yeah I saw that.

Nuland: OK. He’s now gotten both Serry and [UN Secretary General] Ban Ki-moon to agree that Serry could come in Monday or Tuesday. So that would be great, I think, to help glue this thing and to have the UN help glue it and, you know, Fuck the EU.

  • Jonathan Marcus: Not for the first time in an international crisis, the US expresses frustration at the EU’s efforts. Washington and Brussels have not been completely in step during the Ukraine crisis. The EU is divided and to some extent hesitant about picking a fight with Moscow. It certainly cannot win a short-term battle for Ukraine’s affections with Moscow – it just does not have the cash inducements available. The EU has sought to play a longer game; banking on its attraction over time. But the US clearly is determined to take a much more activist role.

Pyatt: No, exactly. And I think we’ve got to do something to make it stick together because you can be pretty sure that if it does start to gain altitude, that the Russians will be working behind the scenes to try to torpedo it. And again the fact that this is out there right now, I’m still trying to figure out in my mind why Yanukovych (garbled) that. In the meantime there’s a Party of Regions faction meeting going on right now and I’m sure there’s a lively argument going on in that group at this point. But anyway we could land jelly side up on this one if we move fast. So let me work on Klitschko and if you can just keep… we want to try to get somebody with an international personality to come out here and help to midwife this thing. The other issue is some kind of outreach to Yanukovych but we probably regroup on that tomorrow as we see how things start to fall into place.

Nuland: So on that piece Geoff, when I wrote the note [US vice-president’s national security adviser Jake] Sullivan’s come back to me VFR [direct to me], saying you need [US Vice-President Joe] Biden and I said probably tomorrow for an atta-boy and to get the deets [details] to stick. So Biden’s willing.

Pyatt: OK. Great. Thanks.

  • Jonathan Marcus: Overall this is a damaging episode between Washington and Moscow. Nobody really emerges with any credit. The US is clearly much more involved in trying to broker a deal in Ukraine than it publicly lets on. There is some embarrassment too for the Americans given the ease with which their communications were hacked. But is the interception and leaking of communications really the way Russia wants to conduct its foreign policy ? Goodness – after Wikileaks, Edward Snowden and the like could the Russian government be joining the radical apostles of open government? I doubt it. Though given some of the comments from Vladimir Putin’s adviser on Ukraine Sergei Glazyev – for example his interview with the Kommersant-Ukraine newspaper the other day – you don’t need your own listening station to be clear about Russia’s intentions. Russia he said “must interfere in Ukraine” and the authorities there should use force against the demonstrators.

En VF :

Dans cette conversation, elle donne, dans un anglais trivial, instruction pour répondre à la proposition faite par le président Ianoukovytch de laisser l’opposition constituer un gouvernement. Il faut, selon elle, placer Arseni Iatseniouk, maintenir Wladimir Klitschko hors jeu, et écarter le leader nazi Oleh Tyahnybok qui devient encombrant.

Au passage, on apprend que l’ancien diplomate états-unien, Jeffrey Feltman, aujourd’hui secrétaire général adjoint des Nations Unies, nomme qui il veut à l’Onu et utilise cette organisation pour donner un vernis légal aux actions secrètes des USA. En l’occurrence, il a pu nommer comme représentant de l’Onu, le Néerlandais Robert Serry, ancien responsable des « opérations » de l’Otan.

En définitive, les choses ne sont pas passées comme prévues et l’opposition n’a pas formé de gouvernement.

Victoria Nuland : Que pensez-vous ?

Geoffrey R. Pyatt : Je pense que nous jouons. La pièce Klitchko est évidemment l’électron le plus compliqué ici, en particulier le fait qu’on l’ait annoncé comme vice-Premier ministre. Vous avez vu mes notes sur la difficulté du mariage en ce moment, nous essayons d’obtenir une lecture très rapide pour savoir s’il fait partie de l’équipe. Mais je pense que votre raisonnement à son sujet, que vous aurez besoin de lui dire —je pense que c’est le prochain coup de téléphone que vous souhaitez organiser— est exactement celui que vous avez fait à Yats [surnom de Iatseniouk]. Je suis heureux que vous l’ayez mis sur la sellette (…) Il s’inscrit dans ce scénario. Et je suis très heureux qu’il a dit ce qu’il a dit.

Victoria Nuland : Bon. Je ne pense pas que Klitsch [surnom de Klitschko] devrait être dans le gouvernement. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire, je ne pense pas que ce soit une bonne idée .

Geoffrey R. Pyatt : Oui, je veux dire… je suppose… Pour ce qui est de sa non-participation au gouvernement, je serais d’avis de le laisser en dehors pour qu’il se consacre à ses obligations politiques. Je ne fais que réfléchir, pour trier les options pour avancer, nous voulons garder ensemble les démocrates modérés. Le problème sera avec Tyahnybok et ses gars. Et, vous savez, je suis sûr que cela fait partie du calcul de Ianoukovytch.

Victoria Nuland : Je pense Yats, c’est le gars. Il a de l’expérience économique et de l’expérience de gouverner. C’est le gars. Vous savez, ce qu’il a besoin, c’est que Klitsch et Tyahnybok restent à l’extérieur. Nous aurons besoin de leur parler quatre fois par semaine. Vous savez, je pense juste que si Klitchko entre, il va devoir travailler à ce niveau avec Iatseniouk, c’est juste que ça ne va pas marcher…

Geoffrey R. Pyatt : Ouais, ouais , je pense que c’est vrai. Ok , bon. Souhaitez-vous que nous organisions un appel avec lui comme prochaine étape ?

Victoria Nuland : Ma conception de l’appel dont vous parlez, c’est que les trois grands participent à leur propre réunion et que Yats leur propose dans ce contexte. Vous le savez, une conversation « trois plus un » ou « trois plus deux » si vous participez. C’est ainsi que vous le comprenez ?

Geoffrey R. Pyatt : Non, je pense que c’est ce qu’il a proposé, mais connaissant leur dynamique interne lorsque Klitchko était le chien dominant, il va prendre son temps avant de se pointer à une de leurs réunions et doit déjà être en train de parler à ses gars. Donc je pense que si vous vous adressiez directement à lui, cela aiderait à faire de la gestion de personnalités parmi les trois. Cela vous donne également une chance d’agir vite sur tout cela et nous permettra d’être derrière avant qu’ils s’assoient et qu’il explique pourquoi il n’est pas d’accord.

Victoria Nuland : Ok. Bon. Je suis heureuse. Pourquoi ne le contacteriez-vous pas pour voir si il veut parler avant ou après.

Geoffrey R. Pyatt : Ok, je vais le faire. Merci.

Victoria Nuland : Je ne me souviens pas si je vous ai dit ou si je n’en ai parlé qu’à Washington : quand j’ai parlé à Jeff Feltman ce matin, il avait un nouveau nom pour le type de l’ONU : Robert Serry. Je vous ai écrit à ce sujet ce matin.

Geoffrey R. Pyatt : Oui, j’ai vu cela.

Victoria Nuland : Ok. Il a obtenu aujourd’hui, à la fois de Serry et de Ban Ki-moon, que Serry vienne lundi ou mardi. Ce serait formidable, je pense, ça aiderait à souder ce projet et d’avoir l’aide de l’ONU pour le souder et, vous savez quoi, de baiser l’Union européenne.

Geoffrey R. Pyatt : Non, exactement. Et je pense que nous devons faire quelque chose pour le faire coller à nous, parce que vous pouvez être sûre que s’il commence à prendre de l’altitude, les Russes vont travailler dans les coulisses pour essayer de torpiller. Et encore une fois le fait que c’est sur la place publique en ce moment, dans ma tête, je suis encore à essayer de comprendre pourquoi Ianoukovytch (…) ça. En attendant, il y a actuellement une réunion d’un courant du Parti des Régions et je suis sûr qu’il y a un débat très animé dans ce groupe à ce sujet. Mais de toute façon , nous pourrions faire tomber la crêpe du bon côté si nous nous agissons rapidement. Alors laissez- moi travailler sur Klitschko et si vous pouvez juste conserver… Je pense que nous devrions juste chercher à trouver quelqu’un avec une personnalité internationale pour accoucher de notre projet. L’autre question concerne Ianoukovytch, mais nous en reparlerons demain, nous verrons comment les choses commencent à se mettre en place.

Victoria Nuland : Donc, sur ce point, Jeff, quand j’ai écrit la note, Sullivan [1] m’a répondu d’une manière très formelle en disant que j’avais besoin de Biden et j’ai dit probablement demain pour les bravos et pour réussir à faire coller les détails. Donc, Biden est prêt.

Geoffrey R. Pyatt : Ok. Très bien, merci.

N.B. La réaction de “l’Europe la Puissance” a été à la hauteur de l’affront : « Fuck Europe » : les Vingt-Huit ne répondront pas à Victoria Nuland

« Ce ne sont pas ces deux mots qui nous gênent mais l’idée que l’Union européenne n’est capable de rien et devrait laisser tous les pouvoirs aux Etats-Unis et à la Russie pour Tracer une voie à ce pays », confiait toutefois, lundi, l’un des ministres des Affaires étrangères.

La secrétaire d’État-adjoint américain pour les Affaires européennes et eurasiennes, Victoria Nuland à Kiev le décembre 2013, offrant un panier repas à un vigile chargé de protéger un bâtiment officiel
N.B. : vous avez déjà vu un ministre russe dans une manifestation au Mexique ou en France ?

10 février 2014 : Le général russe Ivashov : Je présume que le ministère des Affaires étrangères russe sait que nous sommes en guerre

Dans un entretien publié le 10 février sur km.ru, le général russe Leonid Ivashov, ancien chef du bureau des affaires étrangères du ministère russe de la Défense et actuellement président de l’Académie des études géopolitiques, lance une mise en garde claire et précise les conséquences dramatiques pouvant découler de la crise ukrainienne :

Il semble qu’ils [des responsables clé au sein de l’Union européenne ainsi que le secrétaire d’Etat américain John Kerry] se soient consacrés à l’étude de la doctrine du Dr Goebbels, et continuent à le faire. (…) Ils présentent tout dans un sens contraire à la réalité. C’est là une des formules que la propagande nazie avait employée avec le plus de succès : (…) Ils accusent d’agression, le parti qui cherche à se défendre. Ce que nous voyons en Ukraine et en Syrie est un projet occidental, une guerre d’un genre nouveau : dans les deux cas nous voyons une approche clairement anti-russe, et il est bien connu que les guerres commencent avec des opérations de guerre psychologique et de manipulation de l’information. (…)

Je présume que le ministère des Affaires étrangères comprend que nous sommes en guerre, et que les guerres ont leurs lois. (…) Après la guerre de l’information, ils préparent [une opération] terrestre et navale en Ukraine. Kerry et Obama encouragent à Kiev ce qu’ils répriment durement dans leur pays. Les dirigeants européens combattent les manifestations non autorisées avec des tuyeaux d’arrosage et jettent les manifestants en prison, tandis que dans le cas ukrainien ils font exactement l’inverse et, en plus de cela, ils menacent la Russie. En toute logique, cela fait partie de la guerre de l’information.

Gardez à l’esprit que la commotion provoquée par l’information, cache le fait que des navires américains entrent dans la mer Noire, près de l’Ukraine. Ils envoient leurs “Marines”, et il ont également commencé à déployer plus de chars armés en Europe. (…) Après la guerre de l’information, ils préparent une opération terrestre et navale. Peut-être aussi aérienne.

Le scénario pourrait se dérouler comme suit : conduire l’Ukraine au bord de la rupture, blâmer Ianoukovitch et la Russie pour tout cela, pour ensuite pouvoir dire que l’OTAN ne peut pas en rester là, à ne rien faire, et se doit par conséquent d’envoyer ses troupes pour rétablir l’ordre. Un gouvernement de transition serait ensuite formé, comme en Irak et au Kosovo, et l’OTAN prendrait le contrôle des choses. L’histoire nous a montré des situations similaires.

7 février 2014 : L’Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la guerre tiède

Jean Géronimo, un des meilleurs experts de l’économie et de la géostratégie russes, publiée dans le quotidien l’Humanité.

En se rendant à Kiev pour soutenir les opposants y compris d’extrême droite au régime ukrainien, Catherine Ashton assume un acte hostile à la Russie, qui avait demandé à l’UE de ne pas intervenir. Ce soutien des puissances occidentales à la troublante « révolution » ukrainienne vise-t-il à faire entrer ce pays dans le giron de l’UE et de l’OTAN, et aussi à empêcher le retour de la Russie comme grande puissance en cherchant son affaiblissement régional ?

A travers le soutien occidental à une troublante « révolution » ukrainienne et sa volonté d’ingérence, c’est l’idée d’empêcher le retour de la Russie comme grande puissance, via son affaiblissement régional, qui revient sur le devant de la scène.

Dans le cadre d’une stratégie de reflux (roll back) de la puissance russe, menée depuis la fin de la Guerre froide, les puissances occidentales affichent une méfiance endémique à l’égard d’un État désespérément perçu comme l’héritier de l’axe (communiste) du mal. Cette stratégie « anti-russe » est attestée par les tentatives régulières de cooptation des anciennes républiques de l’URSS, au moyen d’innovations politiquement orientées telles que le « Partenariat oriental » (via l’UE) ou le « Partenariat pour la paix » (via l’OTAN) et, plus récemment, « l’accord d’association » de l’UE avec l’Ukraine.

De manière plus ou moins explicite, ces « innovations » politiques développent l’idée d’un « voisinage partagé » et de valeurs communes, exprimant un droit d’ingérence occidental en périphérie post-soviétique, y compris en Ukraine. A l’échelle de la CEI, ces prérogatives politiques ne relèveraient donc plus du seul monopole russe et, en ce sens, menaceraient sa zone d’intérêts historique. Ce que Moscou ne pourra jamais accepter.

L’Ukraine, au cœur d’une lutte d’influence

Dans une large mesure, cette configuration explique l’enjeu géopolitique sous-jacent à la crise ukrainienne, qui loin d’être une « révolution », se retrouve en réalité au cœur d’une lutte d’influence entre les deux grands ennemis historiques. Depuis la transition post-communiste, cette lutte se poursuit dans le cadre de la guerre « tiède »(1), forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, recentrée sur le contrôle des espaces et des « nœuds » stratégiques.

Dans ce contexte, tout rapprochement de l’Ukraine avec l’UE (via l’accord d’association) peut être considéré comme l’étape préalable et « naturelle » à sa future intégration à l’OTAN, comme cela a été confirmé par Washington – véritable gifle et provocation stratégique à l’égard de la Russie. Sur un plan structurel, ces deux objectifs restent des priorités implicites de la nouvelle diplomatie américaine, verrouillée par l’administration Obama. Or, tendanciellement, la puissance russe est désireuse de sanctuariser son étranger proche, contre les velléités expansives occidentales. Dans cette optique, l’OTAN reste, pour elle, un levier offensif et injustifié de la vieille lutte contre le communisme. Incroyable acharnement.

Tout en s’inscrivant dans la stratégie anti-russe préconisée sous la Guerre froide par l’ancien conseiller du président américain J. Carter, Z. Brzezinski (2), ce double objectif de la politique étrangère américaine justifie l’énorme investissement médiatique de l’Occident dans l’actualité ukrainienne en vue de déstabiliser le gouvernement pro-russe et obtenir la démission du président (pourtant) légitime, Viktor Ianoukovitch. Le plus inquiétant est que l’évolution ukrainienne s’inscrit dans le prolongement des « révolutions » libérales « de couleur » en Géorgie (2003), en Ukraine (2004) et au Kirghizstan (2005) encouragées et financées en partie par l’administration américaine, selon une technique éprouvée et politiquement correcte.

Une « révolution » manipulée

Cette configuration explique l’existence de manipulations occidentales via les ONG (au nom des « droits de l’homme ») et leur soutien à l’opposition ukrainienne, la désinformation et le conditionnement de l’opinion publique, ainsi que l’ingérence troublante de dirigeants étrangers, dont américains et européens – et, naturellement, l’accusation de la « main de Moscou ». Aujourd’hui, l’Europe brille par son absence en Afrique et au Moyen-Orient, mais par contre, n’hésite pas à s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de la souveraine Ukraine, en place de Kiev, par l’intermédiaire de Catherine Ashton, soutenue par son mentor américain, John Kerry. On croit rêver…

Désormais, comme le souligne fort justement J.M. Chauvier, on assiste à une dérive extrémiste de nature néo-nazi de manifestations surfant sur un nationalisme anti-russe et échappant, de plus en plus, au contrôle des leaders de l’opposition pourtant aiguillés par l’Occident. Là est sans doute la plus grave erreur et le plus grand danger pour une Europe maladroite, dont la politique inconsciente contribue à réveiller les « vieux démons » dans l’espace post-soviétique, notamment dans les pays baltes et l’Ukraine. Or cette information est totalement occultée par la pensée unique, allégrement relayée par nos médias.

Un accord dangereux pour l’Ukraine

Pour les dirigeants occidentaux il s’agit de faire pression sur le président Ianoukovitch pour l’obliger à faire le « choix de l’Europe et de la liberté », selon le slogan redondant de l’opposition sous influence occidentale et ainsi, protéger le « bon peuple ukrainien » d’un éventuel retour de l’impérialisme russe –, au risque de heurter les susceptibilités de l’administration Poutine. Dans ce contexte, on comprend mieux le recul du président ukrainien, désireux de défendre ses intérêts nationaux et dans ce but, adoucir les contraintes drastiques (et irresponsables) imposées par l’accord d’association et de libre-échange. Contrairement à la rumeur médiatique, il ne s’agit donc pas d’un rejet de l’Europe mais d’une demande de reformulation de cet accord, politiquement non neutre et économiquement suicidaire pour l’Ukraine. Un rappel, aujourd’hui nécessaire.

Face à cette instrumentalisation politique, la Russie ne pouvait rester sans réactions. D’autant plus que l’intégration de l’Ukraine à l’espace économique européen (objectif déclaré de l’UE) transformera ce pays en plateforme de réexportation des produits occidentaux – via les firmes multinationales – vers la Russie, dont l’économie serait ainsi attaquée et déstabilisée. Très vite, V. Poutine a su trouver une réponse adéquate, correspondant aux intérêts économiques de l’Ukraine mais respectant les intérêts politiques de la Russie, encline à protéger sa zone d’influence contre les convoitises de plus en plus pressantes de l’UE. Moscou ne l’a jamais caché et montre même une certaine transparence dans ce domaine, contrairement au jeu obscur de l’Europe, guidée par la « main » de Washington et navigant dans les eaux troubles de « sa » prude démocratie – imposée au monde globalisé, comme une vérité suprême. Curieux messianisme.

Le retour russe, malgré tout…

De manière explicite, cet accord vise à imposer l’idéologie néolibérale du « libre-marché », à partir d’une dérégulation économique et financière exprimant une vision anti-étatique désastreuse et, sur le moyen terme, considérablement appauvrissante pour la société ukrainienne – avec le risque de fabriquer une « nouvelle Grèce ». Le « peuple » qui manifeste ne le sait, sans doute, pas. Et il ne sait plus vraiment pourquoi il manifeste, emporté par la vague enthousiaste et mobilisatrice d’une révolution manipulée, comme la précédente de 2004. Encouragé par la bienveillance occidentale, il n’hésite plus à investir les bâtiments officiels, par la force et à « casser du flic ». Inquiétante redondance.

Contrairement à ses homologues occidentales, la Russie est respectueuse des règles de droit internationales, dont celles sur la souveraineté des États. Suite à sa double initiative d’assistance financière (prêt de 15 milliards de dollars) et de réduction (d’un tiers) du prix du gaz acheminé en Ukraine, ainsi qu’à sa volonté de développer une véritable coopération économique et technologique avec cette dernière, Moscou a fait preuve, une fois de plus, d’une redoutable efficacité en matière de diplomatie – inversement à l’UE. Alors que d’autres États, d’une manière insidieuse, n’hésitent pas à instrumentaliser les « révolutions ». Mais, à quel prix ?

Indéniablement, la Russie post-communiste revient de loin et, peu à peu, elle rejoue dans la cours des « grands », pour y défendre une certaine éthique et, si nécessaire, s’opposer aux fausses révolutions.

La partie d’échecs américano-russe continue donc, au cœur de l’Eurasie, en Ukraine.

(1) Geronimo J. (2012) « La Pensée stratégique russe – Guerre tiède sur l’Échiquier eurasien : les révolutions arabes, et après ? », préface de J. Sapir, éd. Sigest.

(2) Z. Brzezinski est connu pour avoir provoqué l’intervention de l’armée rouge en Afghanistan, fin décembre 1979, dans l’optique de l’enliser dans un conflit périphérique, économiquement épuisant et politiquement destructeur pour l’URSS. Cette initiative stratégique a précipité la chute du régime soviétique, fin décembre 1991.

On trouve de tout…

Cette photo a été publiée vendredi 28 février 2014 par le journaliste de l’Agence Télégraphique Juive (JTA, Jewish Telegraphic Agency) Canaan Lipshiz, envoyé spécial à Kiev, en Ukraine.

Elle lui a été offerte par l’homme masqué lui-même, qui répond au pseudonyme de « Delta », indique Lipshiz.

Mais qui est ce « Delta » ? Tout simplement, un ancien soldat de l’armée israélienne, qui a entrepris de former un commando de 40 hommes et femmes engagés dans les émeutes ayant conduit au renversement du président Viktor Ianoukovitch (allié de la Russie), et à l’instauration d’un gouvernement salué par l’OTAN (USA, France, etc..)

Ancien de la brigade israélienne Givati, Monsieur « Delta », sous ses dehors belliqueux, n’en serait pas moins un juif orthodoxe, n’oubliant pas de porter sa kippa sous le casque. Il s’exprime « en hébreu, mâtiné de jargon militaire », précise Lipshiz.

Voilà pour la partie tragi-comique de l’affaire, si l’on peut dire, qui cache une réalité plus grave encore.

En réponse aux questions du journaliste, « Delta » confesse en effet qu’il « travaille » sous les ordres du parti néo-nazi Svoboda « (« Liberté »)…

Des voix juives, notamment rabbiniques, lancent des cris d’alarmes sur les développements de la situation en Ukraine. Mais pas le gouvernement israélien, même s’il n’y pas d’éléments permettant de soupçonner que « Delta » et les cinq anciens de l’armée israélienne qu’il aurait recrutés à Kiev, selon ses propres dires, agissent sur instructions de l’Etat israélien.

 

12 février 2014 : le très influent Club Izborsk russe établit un parallèle avec la crise des missiles de Cuba

 

Un mémorandum intitulé « Sauver l’Ukraine », rédigé par des experts du Club Izborsk, est paru dans l’hebdomadaire russe Zavtra de cette semaine. Il dénonce comme une menace aux intérêts stratégiques russes, le « coup d’État fasciste rampant » qui a lieu contre l’Ukraine. Le Club Izborsk est un groupe d’intellectuels influents promu par le président Vladimir Poutine depuis quelques temps.

« Sauver l’Ukraine », qui accuse les États-Unis et l’Union européenne d’être à l’origine de la tentative de changement de régime en cours en Ukraine, somme les États-Unis de participer à des consultations de crise, sous l’égide du Mémorandum de Budapest de 1994 sur la souveraineté ukrainienne. Ce mémorandum de 1994, garantissant la souveraineté nationale de l’Ukraine, avait été signé par les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Ukraine et la Russie. Si l’Ukraine ou la Grande Bretagne venaient à refuser une telle conférence, alors la diplomatie russo-américaine devrait entreprendre des négociations de toute urgence, en s’appuyant sur le précédent de la crise des missiles de 1962.

Certaines des évaluations et des idées promues par le mémorandum du Club Izborsk vont dans le sens des prises de position récentes de Sergueï Glaziev, conseiller spécial du président russe, et du général à la retraite Léonid Ivachov, ancien chef du Département de politique étrangère du ministère russe de la Défense. Glaziev et Ivachov participent tous deux au Club Izborsk et ont été parmi les co-auteurs du Livre blanc sur la stratégie militaire publié par ce groupe en 2013. En janvier de la même année, le groupe avait publié « Réforme de la défense, partie intégrante d’une conception de la sécurité pour la Fédération de Russie », où il auscultait le nouveau projet américain visant à anéantir, grâce à des armes nucléaires miniaturisées et de très grande précision, la riposte d’un ennemi à une première frappe nucléaire. (Voir « US Moves Towards a Nuclear First Strike Capability », EIR, March 15th, 2013.)

Le mémorandum « Sauver l’Ukraine » rapporte que la situation du pays « approche rapidement de la limite au-delà de laquelle l’Ukraine pourrait devenir fasciste ». L’Ukraine, un État non-aligné, neutre et non nucléaire, deviendrait ainsi un « point chaud » en Europe et dans le monde, « une zone d’instabilité et de chaos aux frontières de la Russie ».

La déstabilisation en cours en Ukraine est en train de créer « les conditions de la prise de pouvoir par une coalition de forces politiques qui ne représente pas les intérêts de la majorité du peuple ukrainien ». Selon ce mémorandum, le groupe américain en charge de l’opération « Ukraine » est composé d’intellectuels et de diplomates de haut niveau. Washington « s’inquiète que Moscou, dont les réserves en capital sympathie au sein de la population ukrainienne sont énormes, puisse soudainement se réveiller, devenir plus actif et saborder le projet presque finalisé d’établir un gouvernement totalement anti-russe en Ukraine, allant même jusqu’à largement recourir aux héritiers fascistes du collaborateur nazi Stepan Bandera ».

Le rapport énumère les scénarios possibles d’un changement de régime en Ukraine : expulsion abrupte de Ianoukovitch, ou lancement d’un processus de « gouvernement de coalition » qui aboutirait en définitive à son éjection du pouvoir. Un nouveau dirigeant, peut-être même Ioulia Timochenko, libérée de prison, pourrait alors « prendre la direction de l’Ukraine, au sein de la plate-forme radicale nationaliste d’Oleg Tiagnybok et d’autres groupes fascistes d’extrême droite. Une telle tournure idéologique des événements (…) pourrait aboutir à la formation d’un Etat anti-russe aux frontières de la Fédération de Russie et perturber toute tentative d’intégration dans l’ancienne région soviétique ».

Conséquences pour les intérêts stratégiques de la Russie

Dans ce chapitre, le mémorandum développe ce qu’un tel régime pourrait « décider qui affecte directement les intérêts stratégiques de la Fédération de Russie » :

« – Rejet de la présence des forces armées russes en Crimée, y compris l’utilisation de Sébastopol comme base de la flotte russe en mer Noire. Le délai d’expulsion pourrait être fixé à 6 voire 10 mois, un délai insuffisant pour une relocalisation ordonnée des installations militaires sur le territoire russe, aux environs de Novorossiisk.

« – Purges des éléments pro-russes dans l’est et le sud de l’Ukraine, conduisant à un exode en masse de réfugiés vers la Fédération russe.

« – Destruction des capacités manufacturières à Kiev, Dnepropetrovsk, Kharkov et d’autres villes ukrainiennes, qui travaillent pour le complexe militaro-industriel russe.

« – Ukrainisation forcée des populations vivant à l’est du Dniepr [où vivent des populations ethniquement russes ou russophones importantes].

« – Partenariat renforcé entre l’Ukraine et l’OTAN et établissement de bases américaines et de l’OTAN dans le pays, y compris en Crimée.

« – Établissement en Ukraine orientale de bases d’entraînement de terroristes pouvant opérer aussi bien dans le Caucase que dans le bassin de la Volga et éventuellement en Sibérie.

« – Extension du recours aux techniques de l’Euromaidan dans de grandes villes en territoire russe, définies par leur majorité ethnique.

« – Expulsion de l’Église orthodoxe russe hors d’Ukraine, suivie par la saisie des églises et monastères, résultant dans l’affaiblissement de l’autorité aussi bien de l’Église orthodoxe russe que du gouvernement central au sein de la société russe.

« – Ouverture de poursuites contre Gazprom, Rosneft et leurs cadres dirigeants, ainsi que d’actions en justice contre la Russie dans les Cours de justice internationales soutenues par les occidentaux, sous différents prétextes. »

Que faire ?

Dans leur conclusion, les auteurs déclarent : « Nous considérons la situation qui émerge en Ukraine comme catastrophique pour le futur de la Russie et de tout l’espace post-soviétique. » Parmi les mesures qu’ils proposent, dans « le cadre du droit international » :

« – une évaluation idéologique officielle du coup d’État fasciste en cours, contre les droits des peuples et des groupes ethniques vivant en Ukraine.

« – un appel aux peuples russe et ukrainien à résister, de toute leur force, à la plaie fasciste qui prend le pouvoir à Kiev, et à faire entrer des couches plus vastes du public dans le processus politique.

« – apporter une aide sociale et économique à toutes les régions du sud et de l’est de l’Ukraine, via des programmes bilatéraux et par la baisse des prix du gaz pour les consommateurs ukrainiens, tout en retirant tout crédit supplémentaire au gouvernement d’Ukraine.

« – appel à tous les citoyens russes pour qu’ils contactent leurs parents et amis en Ukraine, afin de les mobiliser pour rejoindre un processus politique ouvert contre ce Maidan qui nous conduit à une lutte fratricide future.

« – un appel du gouvernement de la Fédération de Russie, aux gouvernements d’Ukraine, des États-Unis et de Grande Bretagne, invoquant le Mémorandum de Budapest sur la souveraineté de l’Ukraine (5 décembre 1994 (Article 6)), toujours en vigueur, pour protester contre l’ingérence des États-Unis dans les affaires internes de l’Ukraine et demander à toutes les parties du Mémorandum de convoquer une conférence sur l’agression politique et les mesures de « coercition économique destinées à soumettre à leur propre intérêt [celui des États-Unis] l’exercice par l’Ukraine des droits inhérents à sa souveraineté ».

« – En cas de refus de l’une des parties de participer à cette conférence, le Mémorandum de Budapest devra être invalidé temporairement. La Russie entrera alors en pourparlers directs avec Washington, en citant la crise des Caraïbes (crise des missiles de Cuba) de 1962 comme précédent aux événements actuels en Ukraine, et lui proposera d’ouvrir des négociations pour une surveillance conjointe des processus politiques et électoraux en Ukraine, ainsi qu’une médiation conjointe pour la résolution de la crise politique en cours.

« – Proposer à la République populaire de Chine et à d’autres pays du BRICS de développer une assistance économique en faveur de l’Ukraine et un travail conjoint sur toute la zone post soviétique, afin d’empêcher toute tentative d’hégémonie unilatérale des États-Unis. »

En guise de conclusion, ils écrivent : « Seul ce type d’initiative par l’Etat Russe et d’autres forces saines dans la communauté russe ou internationale, avec les organismes exécutifs de nos deux pays, peut stabiliser la situation économique et sociale en Ukraine et empêcher une catastrophe politique et sociale dans ce pays. »

 

Qui donc veut la guerre ? (…) On commence à se demander tout bas, si à force de se menacer pour se faire peur, les gouvernements ne seront pas entraînés dans des conflits qu’ils ne veulent pas. On se demande s’il n’y a pas un peu partout, des minorités résolues à tout et qui parviendront à précipiter dans la guerre une Europe incertaine, sans lumière et sans volonté. Que signifient, en France, ces articles des journaux officieux par lesquels on tente de préparer l’opinion à l’accepter ?” [Jean Jaurès, « Une guerre insensée », La Dépêche de Toulouse, 15 novembre 1912]

À suivre…

Sources diverses.

 

49 réponses à [Ukraine : on a oublié de vous dire… 4] Quand Washington s’emmêle…

  1. BA Le 10 mars 2014 à 06h11
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    Dimanche 9 mars 2014 :

    Ukraine : 10.000 pro-russes dans la rue à Donetsk, Klitschko annule son meeting.

    Près de 10.000 manifestants pro-russes se sont rassemblés dimanche à Donetsk, fief russophone de l’Est de l’Ukraine, signant une nouvelle démonstration de force et contraignant le leader pro-européen Vitali Klitschko à annuler un meeting.

    La fronde n’est pas restée limitée à Donetsk puisqu’à Lougansk, autre grande ville de l’Est, les manifestants pro-russes ont occupé le siège de l’administration régionale et demandé au gouverneur de démissionner, ont rapporté des médias locaux.

    link to romandie.com


  2. jmeransaigne Le 10 mars 2014 à 08h02
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    Derrière les rideaux, il y a toujours cette racaille du libre-échange, du gouvernement par les multinationales en lieu et place des élus.Le voyou reste tapi dans l’ombre, l’industrie de l’armement comme présidence mondiale.
    Les USA ont une fois de plus tout plannifié, la seule chose qu’ils ne peuvent pas maitriser est les mouvements populaires, du coup, pour être sûrs de parvenir à leur fin, ils pourrissent les mouvements populaires, la peur s’installe..
    Normal, si je savais que des nazis vivent en majoritié dans mon quartier, j’aurai bien du mal à défendre mes idées, sans cautionner les leurs, je me tairai par ridsque de représailles.
    Ce que font les USA ici, identiique avec ce qu’ils ont fait et referont si on les laisse faire.Ils ont le m^me plan en France car leur seul but est le traité-transatlantique, voyez déjà comme les français se jettent les uns contre les autres pour n’importe quel prétexte.
    J’espère que le peuple français ne se laissera pas faire!s’il savait qu’il est juste manipulé pour créer une guerre civile afin de mettre au pouvoir, un gus aux ordres des USA, Hollande, vu ce qu’il fait, pourquoi pas?le champion du monde, notre “hollande”.


    • jducac Le 10 mars 2014 à 11h32
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      @ jmeransaigne Le 10 mars 2014 à 08h02

      J’espère que le peuple français ne se laissera pas faire!

      Pour cela il faudrait que le peuple français et ses dirigeants prennent mieux conscience du fait que ces gesticulations et escarmouches à portées géostratégiques, préparent le monde de demain. Le partage de ce monde se fera nécessairement en tenant compte des ressources du secteur primaire attachées à chacune des grandes zones présentant de l’attractivité en tant qu’espace de replis pour le futur. Entre l’Occident et l’Orient il y a l’Europe centrale et de l’Est, et le Moyen Orient dans l’hémisphère Nord. Dans l’hémisphère Sud, il y a l’Afrique.

      L’Europe Occidentale, particulièrement du Sud, qui a épuisé l’essentiel de ses ressources relevant du secteur primaire, ne compte plus pour beaucoup dans ce partage mondial. Elle a plus à perdre qu’à gagner dans ce qui se prépare pour demain.

      La France et les Français, ne pèsent pas lourd avec leurs arguments diplomatiques et militaires, dans ce qui est en train de se jouer en Afrique, en Syrie, en Ukraine.
      L’Allemagne me semble jouer avec plus de subtilité et de prudence en adoptant des positions qui préservent mieux son futur avec la Russie.

      link to lefigaro.fr


      • jmeransaigne Le 10 mars 2014 à 12h29
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        ce qui se joue en Syrie, en Ukraine est la déstabilisation des états par les USA.Ce sera notre tour juste après!
        C’est sûr que l’Allemagne s’en sort mieux [modéré], c’est une bonne petite élève de l’ultra-libéralisme!
        J’espère que nous, citoyens éveillés d’Europe, sauront nous garder de ces manipulations qui ont dejà détruit la Grèce, qui détruisent l’Ukraine.
        Sans me faire défenseur de Poutine, quand on parle de lui, on parle d’un chef d’état, ce qui n’est plus le cas en France depuis De Gaulle!
        De plus, nos dirigeants n’ont pas dù avoir des cours de géopolitique car Poutine est un fameux stratège, et un habile diplomate, contrairement aux clowns de l’Europe et des USA!c’est le seul qui n’a pas l’air “shooté” par des rêves de pouvoir mondial, ce qui dans un sens, fait de lui la seule personne saine de tout ce bordel!


  3. fabien775 Le 10 mars 2014 à 08h42
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    Jusqu’où va aller cette escalade ? Encore une fois et l’histoire se répète, on assiste à un conflit au coeur de l’ Europe continentale sauf que la puissance des armes est sans commune mesure avec les conflits du passé et que la folie des hommes est restée intacte.


  4. caroline porteu Le 10 mars 2014 à 08h52
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    En tout cas le dépeçage a bel et bien commencé :
    Après l’Or Ukrainien qui a pris l’avion pour les USA ,

    les conduits de transport de gaz sont désormais sous la coupe de Chevron et le charbon Ukrainien sous celui de la Ruhr ..

    link to french.ruvr.ru


  5. yt75 Le 10 mars 2014 à 09h16
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    Cette conversation est vraiment écœurante, (on sent aussi bien la déférence du sous fifre Pyatt envers Nuland), mais ne pas oublier non plus qu’avec la FranceAfrique par exemple, il doit y en avoir une collection de similaires …


  6. Maque Le 10 mars 2014 à 09h55
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    ” Indéniablement, la Russie post-communiste revient de loin et, peu à peu, elle rejoue dans la cours des « grands », pour y défendre une certaine éthique et, si nécessaire, s’opposer aux fausses révolutions. ” dix it Jean Géronimo.
    Monsieur Olivier Berruyer, croyez-vous véritablement ce que vous publiez ?


    • Gibbus Le 10 mars 2014 à 12h38
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      Mon cher Armand,
      Sans prendre la défense d’Olivier, je peux quand même affirmer que les mensonges russes valent les mensonges occidentaux, que l’hégémonie russe vaut l’hégémonie américaine!!!

      C’est le peuple ukrainien qui se fait voler sa colère!!! La grande majorité des ukrainiens voulait juste virer des dirigeants corrompus… Il se retrouve avec un gouvernement marionnette non élu… Ils voulaient la liberté et se retrouve a devoir choisir entre 2 maîtres (l’occident ou les Russes). Où est la liberté??? Quid des ukrainiens???
      Encore une fois les élites occidentales s’assoient sur la souveraineté des peuples!!! Ni plus, ni moins que Poutine!!!


      • Olivier Berruyer Le 10 mars 2014 à 16h23
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        Moi, je demande juste que les ukrainiens votent pour choisir leur avenir – mon coté “fasciste” surement…


      • Bill Smouth Le 12 mars 2014 à 12h38
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        “Encore une fois les élites occidentales s’assoient sur la souveraineté des peuples!!! Ni plus, ni moins que Poutine!!!”
        .
        Poutine n’a agressé personne, n’a fomenté de coup d’Etat dans con coin.
        Cette manie proprement collaborationniste de mettre tout le monde au niveau de médiocrité moral de l’occident, américain et israélien en tete, est stupéfiante venant de gens supposé intelligent.
        .
        Si l’intelligence a pour but de toute foutre au même niveau sans discernement, vous pouvez tout foutre à la benne.


    • jmeransaigne Le 10 mars 2014 à 12h49
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      à Armand,
      Bonjour,
      ben oui, Armand, y en a encore qui s’autorisent à penser, c’est navrant n’est-ce pas?
      y en a même dis donc qui sont capables de “critiquer” le système, non, pas possible!!
      Y en a même qui sont capables de lier entre eux les conflits économiques, politiques, c’est dingue, hein, je suis sûr que vous ne vous en seriez jamais douté!allez j’arrête, je ne veux pas vous effrayer.
      Et oui, il y a des gens qui sont contre la pensée unique, mais c’est vrai que ça n’arrange pas le pouvoir, ça n’arrange pas non plus ceux qui se limitent à l’information-prostituée de notre gouvernement(enfin, je dis ça, je dis rien, il n’y a pas de gouvernement, il y a les pantins de l’UE et des USA)


    • raloul Le 10 mars 2014 à 13h18
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      Bonjour!

      Vous avez déjà publié récemment un commentaire insinuant qu’Olivier Berruyer était du côté de M. Assad dans sa vision de la crise syrienne. Je me permets de douter de votre bonne foi, car je n’ai rien trouvé sur ce blog qui fasse l’apologie de M. Assad ou de son régime…

      La vision présentée sur ce blog, et cette lecture du conflit ukrainien (que vous pouvez allègrement qualifier de défense de l’impérialisme russe si ça vous chante) a au moins le mérite de poser des questions qui ont tendance à rester dans l’angle mort du traitement médiatique “mainstream”. Personnellement, trouvez-vous bon, juste ou adéquat de soutenir des néo-nazis dans le but de renverser un gouvernement dans un pays étranger? Personnellement, donneriez-vous de l’argent à un parti comme Svoboda? Personnellement, trouvez-vous inappropriée la réponse russe à la crise de son voisin, et si oui, pourquoi, en quoi, etc…? donnez peut-être plutôt votre avis sur cela, ça pourrait intéresser pas mal de lecteurs… Le débat contradictoire est pour moi toujours intéressant, les accusations non fondées beaucoup moins.


      • jducac Le 10 mars 2014 à 17h17
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        @ raloul Le 10 mars 2014 à 13h18

        Le débat contradictoire est pour moi toujours intéressant, les accusations non fondées beaucoup moins.

        C’est un avis que je partage. Olivier s’interroge et, ce faisant, invite chacun à s’interroger, à réfléchir et à formuler des hypothèses. Elles sont nombreuses

        link to institutdeslibertes.org


      • reneegate Le 11 mars 2014 à 21h42
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        et concernant la Syrie, vous pouvez vous poser les mêmes questions, cela ne fait pas de mal au contraire. Un petit coup d’oeil à l’ouest du côté du Venezuela, les accords de “paix” en Colombie avec les FARC (à Cuba) et évidemment en Palestine. C’est tout cela l’atlantisme de M. Hollande et Fabius, à faire rougir un pauvre bougre avec un bérêt sur la tête, une baguette sous le bras et un litron dans la poche droite.Chienne de vie!
        Enfin le seul point rassurant, c’est la patience et la pertinence de Poutine ici link to t.co


  7. Olposoch Le 10 mars 2014 à 10h59
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    Merci pour les retranscriptions, malheureusement cela ne rend pas optimiste, la vision-unique des évènements carbure plein-pot…
    Quand on a lu les analyses de Sapir, les revues de presse de ce blog, d’autres sources, quand on n’est ni pro, ni anti, on a un peu du mal avec ce que les médias privés/publics achetés et/ou nommés nous racontent comme la réalité…
    Sur France Inter on a eu le “profiling” de Poutine (sous-entendu le criminel…qu’il est sûrement mais pas plus que ceux qui l’attaquent), sur RFI on dissèque les provocations de… Poutine, sur BBC4 on parle du gouvernement désigné après le renversement du gouvernement élu comme du “gouvernement démocratique”…
    La Saddamisation à changé de braquet, et curieusement la Russie n’est pas accusée de détenir des ADM, ce qui serait paradoxalement plus vrai…
    Et pour ce qui est de l’intangibilité des frontières, le respect des frontières, l’Europe se pose un peu, là…link to youtube.com


  8. Seti Le 10 mars 2014 à 11h02
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    Ce qui est effarant, c’est que les Etats-Unis comme l’UE se sont attaqués à l’Ukraine en sachant pertinemment que la Russie ne laisserait pas faire car menacée stratégiquement.
    Le déploiement d’armes balistiques en Ukraine permettrait de toucher le coeur de la Russie sans que cette dernière ne puisse réagir. C’est vraiment la crise des missiles de Cuba qui se reproduit.
    Cela signifie donc que l’occident a intégré une possible escalade, une tension militaire évidente, dans son plan de renversement du gouvernement ukrainien. Et si c’est intégré, cela veut dire que l’OTAN a mis en ordre une marche à suivre opérationnelle. Et cette marche à suivre, c’est quoi sinon des attaques préventives ?


    • Theoltd Le 10 mars 2014 à 11h38
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      Oui. On peut penser que la première agression en Georgie lors de 2004 (pendant les JO deja…) était une façon de tester la réaction russe pour construire le plan actuel. Tout ce qui se produit en ce moment était probablement anticipé par l’Otan.

      1/ Soit Poutine se couche ce qui est possible. Peut être toute cette opération est elle destinée a le faire céder sur un autre point, que nous ne connaissons pas. (Selon le proverbe: Ce que j’ignore explique ce que je ne comprends pas, car la Crimée, pour l’Otan, ne mérite pas la guerre nucléaire! Il y a donc autre chose)

      2/ Soit nous allons au devant de désordres majeurs. En tous cas, la détermination occidentale est complete: le curseur de la désinformation est au max. Probablement parce qu’ils n’ont pas le choix. Rien d’étonnant a ce que le Peak Oil soit nié par les officiels: Il est le mobile suprême! Mais pas sur que l’opinion publique suive, si cela doit aller très loin.

      Dans ce cas, suite selon moi, ce sont des troubles en Crimée, de nouvelles victimes, (comme Ianoukovitch, Poutine n’aura aucun intérêt a ce qu’il y ait le moindre mort, alors attendons nous a des manifestants flingués dans le dos…) et une escalade (Poutine accusé d’épuration ethnique, ça sonne bien pour un “Homophobe” de son espèce, deja comparé a Hitler par la Clinton, ….plus attaques successives des marchés financier sur la bourse de Moscou, le point faible.
      Le fait que l’Or ait été evacué d’Ukraine pourrait laisser a penser que certains s’attendent a ce que le conflit degenere sur tout le territoire Ukrainien…(Entre nous, comment les Ukrainiens meme les plus patriotes, peuvent ils accepter que leur OR parte aux USA, n’est ce pas de la pire traitrise?)

      On peut penser a une attaque des marchés conjointe sur la Chine (rappelez vous la crise de 98 en Russie, avait été également accompagnée d’une crise en Asie, et le Baril était tombé a 10$!) de manière a assécher financièrement la Russie. Mais pas sur que cela fonctionne. Beaucoup de choses ont changé depuis. La Chine plus la Russie, ça fait beaucoup de reserves en dollars……
      Qui vivra verra.


      • Seti Le 10 mars 2014 à 18h09
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        Effectivement, Clinton est trop sensée pour penser vraiment que Poutine = Hitler donc elle hystérise à dessein de façon à préparer des solutions non négociables avec Poutine si ce dernier cherchait à sortir pacifiquement du conflit. Parce qu’on ne négocie pas avec Hitler…on le défait. On l’écrase.
        Rappelez-vous que Kerry lui aussi (décidément) avait comparé Assad à Hitler au plus fort de la guerre civile.
        Un emploi aussi grossier (au sens propre et figuré) de cette comparaison ne vise qu’à la surenchère, à formater les consciences pour qu’elles acceptent par la suite l’escalade militaire.


  9. Jean Le 10 mars 2014 à 11h52
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    Il doit y avoir une erreur de lien sur la première vidéo qui est similaire à la deuxième.

    Pour la vidéo de Victoria Nuland déclarant lors de “USA-Ukraine Fondation” à Washington le 13 décembre 2013, que les USA ont dépensés 5 milliards de dollars pour renverser l’Ukraine, c’est là :
    youtube.com/watch?v=eaR1_an9CnQ


    • yt75 Le 10 mars 2014 à 13h08
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      Effectivement, je ne comprenais pas trop …
      Et merci pour le lien.
      Impressionnant le gros logo Chevron sur la video du 13 décembre quand même.
      C’est aussi Chevron qui a obtenu des concessions pour le gaz de schiste en Ukraine, voir par exemple :
      link to platts.com
      Ou :
      link to reuters.com
      (“Ukraine signs $10 billion shale gas deal with Chevron”)


      • Jean Le 11 mars 2014 à 02h23
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        La politique aux USA c’est comme le sport ou le cinéma, ils affichent les sponsors derrière les sportifs, les “peoples”, les acteurs,…

        Ça tombe bien puisque les politiciens battent de plus en plus des records d’impopularité, font passer leur vie privée avant le bien commun et jouent la comédie…


  10. Nanker Le 10 mars 2014 à 12h28
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    “Après l’Or Ukrainien qui a pris l’avion pour les USA”

    Bah c’est tout de même une bonne nouvelle… pour Market qui va ainsi récupérer un peu du métal jaune que lui doit Obama.

    Il est sidérant de voir que les USA ne sont plus qu’une kleptocratie qui retarde le moment de sa mort à coups de rapines minables, telle celle-ci (le QE en étant une autre).

    En ce sens il est capital de faire capoter la signature de l’accord transatlantique : ne lions pas notre sort à celui d’un cadavre…


  11. Macarel Le 10 mars 2014 à 12h34
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    1914 – 2014 Un siècle après, vont-ils assassiner Jaurès une deuxième fois ???

    link to humanite.fr

    “Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée l’orage.”

    Jean Jaurès

    S’il le font, cette fois-ci, ce sera bien la “Der des Ders”, car un conflit nucléaire rayera l’humanité de la surface de cette planète. Et la seule espèce “intelligente”, connue à ce jour dans le Cosmos, aura disparu. Mais une espèce capable de s’autodétruire comme la notre, alors qu’elle vit sur une planète exceptionnelle, planète miracle même -dans une oasis cosmique unique jusqu’à plus ample informée-, une telle espèce, qui sans même faire la guerre, s’emploie depuis deux à trois siècles à empoisonner, et à ravager cette oasis, parce qu’elle est incapable de maîtriser sa cupidité, et sa rapacité ; une telle espèce est-elle vraiment intelligente ?
    Je crois que se poser la question c’est y répondre.
    Notre espèce est composée de plein de gens brillants individuellement, mais prise dans son ensemble, elle est plus abrutie que le plus abruti des dinosaure du Jurassique ou du Crétacé.
    Le problème, c’est que l’intelligence individuelle, la rationalité des comportement individuels, ou de groupes d’individus, produisent de l’irrationalité lorsque l’on appréhende les choses globalement.
    En effet, ce type d’intelligence ne nous pousse pas à une appréhension globale des problèmes. Pire, des groupes dominateurs, plus rapaces et cupides que leurs congénères, font tout, pour que ces derniers voient le monde avec des oeillères ; ceci bien évidemment pour arriver à leurs fins en terme de prédation. Leur domination s’alimente du faible champ de vision de ceux qu’ils dominent.
    Face aux défis inédits auxquels est confrontée aujourd’hui l’humanité, seule une intelligence collective peut nous sauver. Certainement pas les “pseudo-intelligences” d’individus ou de groupes principalement mus par un instinct démesurément prédateur, et un désir de puissance pathologique.
    Le combat est inégal, très inégal, mais il se joue entre cette intelligence collective, qui s’essaye à exister -comme sur ce blog-, et les forces brutales de “l’intelligence prédatrice”, qui voudraient empêcher l’émergence de cette intelligence collective, pour préserver leurs intérêts particuliers, et les avantages de leur domination, sur les individus, et les groupes d’individus – malheureusement facilement manipulables.
    Nous n’avons d’autre issue, en tant qu’espèce, en ce début de 21ième siècle, que de devenir collectivement intelligents, d’une intelligence empathique, ou nous disparaîtrons.
    Et c’est notre problème, celui de l’espèce humaine ; car la planète, la nature nous survivront quoiqu’il arrive. Et elle ne nous pleureront pas, vu tous les sévices qu’on leur aura fait subir, sévices, qui s’appliquent aussi, à notre misérable espèce, car in-fine nous sommes inclus dans la nature ; chose que trois siècles de “progrès prométhéen” semblent nous avoir fait oublier.


    • Fraël Le 10 mars 2014 à 16h37
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      Il n’y aura pas de tirs nucléaires. En tout cas pas avec cette crise car la Russie elle-même a des armes nucléaires. Aucun pays ne prendra le risque de les attaquer, et surtout pas les Etats-unis.

      Pour le reste du commentaire, sur la pauvre humanité qui va s’autodétruire malgré les siècles de progrès car l’humanité bla bla bla.
      Cela peut avoir sa place dans un blogue de philosophie, mais ici vous faites juste doucement sourire (ou soupirer d’agacement/de dépit) une partie de ce blog.

      Ou alors j’ai nourri un troll, c’est possible aussi.


      • Un naïf Le 10 mars 2014 à 20h05
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        Détrompez-vous ! Personne aujourd’hui ne peut prédire ce qu’il va se passer et malgré votre solide argumentation, vous non-plus !! Quant à la philosophie, c’est évident que ça n’a pas sa place sur un blog d’économie, mais ce n’est pas un blog d’économie !! 😉


      • Dany Le 10 mars 2014 à 20h16
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        Franchement, je ne comprend pas votre agacement par rapport aux propos de Macarel!

        Ils sont pourtant particulièrement judicieux et ont tout à fait leurs places dans ce blog, car quoi de plus important aujourd’hui que de prendre collectivement conscience de la nécessité de se mobiliser pour tenter de sauver l’humanité. Nous devrions d’ailleurs y consacrer toutes nos forces vives et toute notre énergie. Hélas, c’est tout le contraire qui se passe!

        On détruit la planète avec une insouciance qui fait froid dans le dos.

        Je ne sais pas s’il y aura des tirs nucléaires cette fois-ci, et j’espère bien sûr que non. Mais c’est malheureusement une possibilité qui existe bel et bien depuis l’évolution de la physique des particules, début du vingtième siècle.

        Seule une grande sagesse collective pourra nous sauver mais croyez-vous vraiment que nous en prenons le chemin?


        • Macarel Le 10 mars 2014 à 23h26
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          @Fraël

          Bien sûr, personne ne souhaite que les choses en arrivent à de telles extrémités. Mais même sans tirs nucléaires, il ne faut pas oublier qu’une guerre civile en Ukraine, se déroulerait dans un pays qui a au moins 16 réacteurs nucléaires, dont le trop tristement fameux réacteur de Tchernobyl, qui n’a pas fini de produire, pour longtemps encore, des “nuisances”, sur un territoire qui s’étend sur une partie de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Russie. Réacteur dont le sarcophage se désagrège de plus en plus dangereusement, alors que le nouveau sarcophage “Bouyges” n’est pas encore fini et en place.
          Rien que pour cela, fomenter des troubles sociaux et ethniques, dans un tel pays, est pure folie pour tout le continent européen. A commencer par le peuple d’Ukraine.
          Même sans missiles nucléaires, c’est très dangereux.
          Et puis, pour ceux qui semblent agacés par mes propos, je précise qu’il faut envisager le pire pour tenter de provoquer les sursauts salvateurs qui peuvent seuls l’éviter.
          Malheureusement, il est des contextes historiques où cela ne suffit pas, le texte de Jean Jaurès pressentant le drame qui s’approchait en 1914, est là pour en témoigner. Personne, ne souhaitait vraiment la guerre, mais un enchaînement implacable d’événements, un jeu infernal d’alliances, de passion patriotique attisée par les va-t-en guerre, conduisit à la boucherie que l’on sait.
          Si c’est cela qui agace, je le comprends, l’on aurait, en effet, une autre idée du progrès, si les dirigeants de l’époque avaient eu l’intelligence d’éviter cette guerre industrielle particulièrement “moderne” et barbare. Qui se termina par un armistice et des conditions qui préparaient déjà la suivante.
          C’est vrai, c’est “agaçant”, vraiment “agaçant”, surtout pour ceux qui en sont revenus mutilés, ou ceux qui y laissèrent la vie, ce fut même beaucoup plus que “simplement agaçant”. Par respect pour leur mémoire, ce mot est vraiment déplacé.
          Quant à dire que l’économie n’a rien à voir avec la philosophie, je m’inscris en faux contre une telle affirmation, les écrits d’un libéral comme Adam Smith, avaient une portée philosophique, au delà de ses développements “purement économiques”.
          Le type de société qu’il défendait, implique un choix de valeurs particulières, pas n’importe lesquelles. Et le néolibéralisme contemporain, qui est bien pire, se présente comme une non idéologie, mais est fondé sur une vision particulière des rapports sociaux et avec l’environnement ; principalement sur une concurrence généralisée d’acteurs économiques réduits à la conditions d’atomes indifférents les uns aux autres. Une guerre de tous contre tous, et aussi contre la nature.


          • Fraël Le 11 mars 2014 à 02h41
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            Je réponds aux 3 réponses dans ce commentaire pour éviter de jouer aux poupées russes (hohoho) avec la page web.

            Le principe d’une arme nucléaire, c’est la dissuasion, on ne s’en sert pas, c’est une menace. Si un pays attaque la France, on lui rase plusieurs villes de la carte, avec la population qui va avec. Aucun pays ne prend de tels risques. Alors imaginons avec les missiles russes.
            Alors oui c’est paradoxale, vu qu’une arme de dissuasion est une arme qu’on utilise pas, donc qui fait pas de dégâts, c’est bizarre je vous l’accorde ; mais c’est le principe de la dissuasion. Et aucun ne veut tenter le diable, enfin je crois.

            —–

            Concernant le “ce n’est pas un blog d’économie”. Certes, en attendant ce n’est pas un blog de philosophie. Les 2 ont des liens, mais de là à faire un texte sur la condition humaine…..
            Ce que je veux dire, quand je viens ici, je cherche des info sur le monde qui ne sont pas le blabla habituel des médias. Et quand je lis les commentaires, je cherches des trucs qui peuvent me mener à d’autres pages, d’autres informations, d’autres points de vue, une nouvelle analyse etc
            Bon, il y a toujours les com’s war ou quote’s war qui sont sympa à regarder aussi. On peut en parler longtemps, alors je m’arrête là pour cette histoire.

            —–

            Marcarel : pour toute la partie guerre civile dans l’Ukraine. Avec les guerres d’influences occidentales/russes, c’est dangereux, je suis entièrement d’accord.

            Ensuite, tu lis, du verbe lier, mon mot “agacer” à la première guerre mondiale.
            Je répond : non, c’est le traité sur la condition humaine, la sagesse collective qui m’agace; pas le fait que tu cite Jean Jaurès, pas le fait que tu parles de la première guerre mondiale.
            Oui, Jean Jaurès a du en agacer certains avec son texte à l’époque, et on est arrivé à la première guerre mondiale, et les mutilés auraient bien aimé que l’on suive un peu plus Jean Jaurès.
            Mais je le répète, agacer c’est sur la partie “intelligence humaine” et “sagesse collective”.

            Cela dit, citer JJ pour le contexte ukrainien actuel, c’est très avisé, sincèrement je suis d’accord avec toi de ce point de vue là. La guerre, ce sont des morts, des familles brisées, des souffrances, et je préfère l’éviter.
            Mais tu parts de ça pour en arriver sur un autre sujet…

            Concernant les liens entre l’économie et la philosophie, oui il y en a.
            Mais encore une fois, pas sur la sagesse collective et l’intelligence humaine. Je vais pas chercher ça quand je vais sur ce blog.

            Si vous avez senti un ton agressif sur ce post, je m’en excuse, ce n’était pas voulu.

            Ce que je trouve un intéressant, Macarel, c’est que toi tu as vu la portée philosophique de l’affaire, alors que je vois cette crise d’un autre point de vue (j’arrive malheureusement pas à mettre un mot dessus : lutte d’influence, relation internationales; géopolitique ?).

            Au lieu de nous écharper (c’est moi qui ai commencé, c’est vrai) on devrait plutôt essayer d’échanger non ? Je te laisse ouvrir le bal, enjoy


            • Macarel Le 11 mars 2014 à 08h45
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              @Fraël

              Pas de problème, dommage, si ma réponse à paru relever d’une volonté de”s’écharper”.

              Ce que j’avais en tête c’est le fameux extrait de la Richesse des Nations de A. Smith qui dit :
              “Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage.”
              Et pour compléter, la résultante de tous les comportements égoïstes individuels, est supposée produire une harmonie globale de la société.
              C’est cette vision, qui ne me paraît plus adaptée, pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, tant sur les plans sociaux, qu’environnementaux.
              Je suis bien entendu attaché au libéralisme, si l’on entend défense des libertés et des droits individuels, mais les problèmes globaux et de long terme que nous avons devant nous, nécessitent une dose non négligeable de réflexion et d’action collective, si nous voulons éviter de trop gros désagrément pour nous et nos descendants.
              C’est tout, tout est question de mesure, et d’adaptation pragmatique aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Le marché a ses vertus, mais il est incapable de voir à long terme et à prendre en compte les aspects globaux, relevant de ce que l’on pourrait appeler l’intérêt général.
              Or, nous devons, aujourd’hui, tant pour des questions d’avenir de nos sociétés, de notre espèce, et de la biosphère, penser sur le long terme et avoir une appréhension globale des problématiques qui se posent à nous. Même, si bien souvent, nous ne pouvons en tant qu’individus, ou groupes d’individus, n’agir que localement et maintenant.
              Voilà, pour “finir”, je renvoie à un lien sur Adam Smith qui montre que son oeuvre ne se réduit pas la la petite phrase citée plus haut, mais qui montre que ses réflexions ont bien une portée philosophique indéniable. On compare en particulier son approche à celle de Hobbes, dont on connaît la fameuse phrase : “l’homme est un loup pour l’homme.”
              link to acrithene.net


  12. ril Le 10 mars 2014 à 17h33
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    Sondage élections, c’est quand même pas un tsunami :

    Oleg Tyagnibok : 3.6 %

    link to translate.google.com


    • Olivier Berruyer Le 10 mars 2014 à 18h56
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      Vous avez les votes 2012 sur le billet d’hier…


      • ril Le 10 mars 2014 à 20h27
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        Les votes d’hier ne sont pas ceux de demain ou d’aujourd’hui. Le temps passe… Les ukrainiens ne sont pas tous des imbéciles, et réfléchissent aussi selon le cours des évènements, l’histoire ne s’est pas figée en 2012.


    • jave Le 10 mars 2014 à 21h54
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      Oui, mais les sondages…
      Aux législatives 2012, svoboda était à 6% dans les sondages, et ils ont fait 10% aux élections…
      link to fr.wikipedia.org


      • Olivier Berruyer Le 11 mars 2014 à 02h30
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        Ils ne feront pas un bon score à la présidentielle je pense. Les ukrainiens votent généralement pour un candidat qui peut gagner (effet Jospin). Les bons scores, ce sont les législatives.


  13. Kiwixar Le 10 mars 2014 à 20h29
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    Est-ce que le but de la manœuvre ukrainienne ne serait pas de faire porter à quelqu’un d’autre (Poutine) la responsabilité d’un écroulement bancaire, financier, boursier occidental?

    Mme Michu risque de regarder le doigt (Poutine) plutôt que la lune (les banksters qui sont en train de faire exploser le système avec leurs fraudes et pillages, avec la complicité enthousiaste de nos politiciens épris de forfaiture).

    Aller faire la guerre à la Russie permettrait de remettre les compteurs de la Dette à zéro en ruinant les épargnants, tout en trouvant un bouc émissaire étranger à nos problèmes. Et ensuite (500 millions de morts plus tard), il y aurait beaucoup à reconstruire, c’est bon pour le business…


    • Wilmotte Karim Le 10 mars 2014 à 21h33
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      Si vous atteignez les 500 millions de mort, vous pouvez monter à 7 milliards + la quasi totalité des formes de vie sur terre.

      500 millions, c’est avec l’utilisation massive d’Armes de Destruction Massive. Donc, probablement, une guerre nucléaire.


      • Kiwixar Le 11 mars 2014 à 06h05
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        Pas forcément.
        Nos sociétés vivent à flux tendu et avec une dépendance totale à l’énergie. En cas de crise, les supermarchés sont totalement vidés en… 3 heures.
        En cas d’interruption de quelques années de l’approvisionnement en pétrole, il y a un sacré gros paquet de gens qui vont tout simplement crever de faim, ou se faire tuer en cherchant à manger ou à protéger leurs champs et leurs récoltes. Combien de pays au monde sont auto-suffisants au niveau alimentaire?


  14. jeandepannonie Le 10 mars 2014 à 21h29
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    Après avoir suivi un lien ici-même (merci à vous d’exister, et bravo pour le travail effectué), je suis retourné sur ce blog : link to dedefensa.org.
    Il y a un suivi quasi quotidien de la situation actuelle “de notre monde” et de l’état de crise accentué par les événements en Ukraine (une accentuation irréversible, semblerait-il). Une façon de voir vraiment intéressante, telle est mon opinion.
    Je partage donc ce lien, sans plus de commentaires. Bonne soirée.


  15. Louis Le 10 mars 2014 à 21h33
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    « Dans ce livre, Brzeziński décrit ce qu’il faut faire pour que les Etats-Unis restent les maîtres du monde au XXIe siècle. Il fait le constat que le centre du monde est le continent eurasiatique. Il dit : “Qui gouverne l’Europe de l’Est gouverne le continent eurasiatique.”

    … Les cinq pivots géostratégiques du continent eurasiatique, selon Brzeziński, sont l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, la Corée, la Turquie et l’Iran. Ukraine, Azerbaïdjan, n’est-ce pas là qu’il y a eu des révolutions orange ?

    Et à propos de l’Ukraine, que dit monsieur Brzeziński ? “L’indépendance de l’Ukraine modifie la nature même de l’Etat russe.”»

    Plus de précision ici :
    link to christroi.over-blog.com


    • Prague Le 11 mars 2014 à 01h59
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      Pas en Azerbaidjan en tout cas, c est un regime tres autocrate, famillial, idem Kazakhstan et Uzbekistan, tous musulmans, tous riches en gaz, fuel, or (UZ) etc.

      Pour les 5 pivots strategiques, c est assez evident, suffit de regarder sur une carte, ca saute aux yeux.

      Nazarbayev de Kazakhstan doit avoir les chocottes avec une grande population russophone au Nord de KZ, il a insiste sur l integrite de territoire en UA, lors de son telephone avec Putin.


  16. Jacques Le 10 mars 2014 à 22h05
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    Toujours aussi intéressante, cette desintoxication sur l’Ukraine. Bon recoupement avec le site américain “Counterpunch” link to counterpunch.org qui a publié depuis 3 semaines une série d’articles sur le coup d’état à Kiev .
    Les US ont besoin d’entretenir tensions et guerre pour apparaître indispensables et empêcher la coopération entre l’Europe, la Russie et la Chine, comme E. Todd l’explique dans “Après l’empire”. Mais mettre au pouvoir dans un pays d’Europe des néo-nazis est un saut dans l’inconnu. Il ne nous reste qu’à nous fier aux qualités de joueurs d’échecs des anciens du KGB.


    • Prague Le 11 mars 2014 à 02h11
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      …Il ne nous reste qu’à nous fier aux qualités de joueurs d’échecs des anciens du KGB….

      C est ca !

      Ils sont si bons joueurs d echecs qu ils vont avoir, tres bientot, des problemes chez eux.

      Premiers candidats murs a se separer de la Federation de Russie – Bashkiristan et Tatarstan !

      Regardez svp dans leur Federation le nombre des republiques, territoires autonomes etc.


  17. J'infuse ! Le 10 mars 2014 à 22h14
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    Les nouvelles fraiches corroborent les intervenants de ce blog. On propose aux ukrainiens de la monnaie de singe, fraichement sortie des rotatives de l’oncle Sam, en échange d’une prise de contrôle de leurs richesses bien réelles. Cette crise géopolitique me fait froid dans le dos.

    10/03/14 à 21:22 – Reuters :

    WASHINGTON, 10 mars (Reuters) – La Banque mondiale a annoncé lundi qu’elle comptait prêter jusqu’à trois milliards de dollars à l’Ukraine cette année pour soutenir le nouveau gouvernement dans un contexte de crise.

    L’organisme a déjà plusieurs projets en cours en Ukraine et deux milliards de dollars environ seront consacrés auxdits projets.

    Un milliard supplémentaire ira directement à l’Etat si le gouvernement met en oeuvre des réformes économiques pour remettre les finances publiques d’aplomb. (Anna Yukhananov, Wilfrid Exbrayat pour le service français)


  18. dupontg Le 11 mars 2014 à 00h08
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    il me semble que la base de sebastopol en crimée sert à la couverture de la syrie par la marine russe…
    Tout ceci n’est peut etre que la reponse au blocage de la situation par les sovietiques…
    Negociation d’une levée de veto à l’onu..??


  19. cording Le 11 mars 2014 à 00h22
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    Les US ont besoin des Russes dans des négociations et actions internationales comme la sortie d’Afghanistan, d’Irak, à propos de l’Iran et de son nucléaire, et du conflit syrien. Ce serait de la folie pour les US de déclencher une guerre contre la Russie à propos de l’Ukraine. Encore faudraient-ils qu’ils en aient les moyens financiers en plus du bourbier irakien. La flotte navale russe pourrait détruire facilement ces bâtiments de guerre US, l’armée russe s’en prendre directement à l’Ukraine par la nord en attaquant par Kiev et l’est par Kharkov


  20. cording Le 11 mars 2014 à 00h31
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    Autrement dit l’armée ukrainienne serait rapidement balayée, vaincue et donc une large partie du centre du pays occupé avec le consentement d’une partie plus ou moins de la population libérée d’un gouvernement néofasciste, oppresseur. J’espère que ce scénario n’est que de la pure politique fiction : personne n’y a intérêt, n’a les moyens économiques et financiers de cela. Je pense que la Russie de Poutine tel un joueur d’échecs attend son heure pour que l’Ukraine en arrive à la table des négociations. En effet la suppression de la réduction du prix du gaz et les dettes ukrainiennes envers la Russie pèseront tôt ou tard d’un grand poids quand la réalité s’imposera et il est souhaitable pour tous que ce soit le plus vite possible par des négociations bilatérales.


  21. yt75 Le 12 mars 2014 à 15h27
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    L’image résumant le mieux notre époque est sans doute l’emblème du CENTCOM (United states CENTRAL command) :
    link to upload.wikimedia.org
    CENTCOM initié par Carter et officialisé par Reagan suite aux deux premiers choc pétrolier.
    Et allant avec la doctrine Carter :
    link to en.wikipedia.org
    En gros la sécurité des réserves et routes pétrolières du Moyen Orient est assurée par l’Amérique, et le corollaire Reagan (les US assurent la sécurité de l’Arabie Saoudite).

    Et cela associé à :
    – l’omerta quasi complète actuelle sur le fait que l’on est ACTUELLEMENT au “pic”(maximum de flux) de production de pétrole
    – Histoire récente autour du pétrole quasi inconnue, et bourrée de mythes dans l'”imaginaire collectif”, le plus tenace étant sans doute :
    “le premier choc pétrolier c’était l’embargo Arabe, cad une histoire de géopolitique, rien à voir avec les contraintes géologiques”
    Alors que le premier choc était surtout la conséquence directe du pic US ayant eu lieu en 1970, DIX NEUF CENT SOIXANTE DIX, résumé fin de post :
    link to iiscn.wordpress.com
    (voir en particulier l’excellent documentaire “la face cachée du pétrole” partie 2)
    Un autre aspect majeur de cette histoire est le fait que le contre choc pétrolier (baisse du prix du barril des années 80), est du pour beaucoup au fait que l’administration Reagan (et Bush père en particulier) avait négocié avec les Saoudiens l’augmentation de leur prod, ceci afin de faire baisser (des 2/3) les revenus en devises de l’URSS d’alors.

    Aussi dans la face cachée du pétrole partie 2, ou par exemple :
    link to youtube.com


    • yt75 Le 12 mars 2014 à 15h34
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      Dernier lien manquant, ou par exemple :
      link to youtube.com
      les liens youtube ne passent plus ?
      youtube video ID : 02F-3l1EKsA


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