Les Crises Les Crises
17.avril.202017.4.2020 // Les Crises

COVID-19 : lancement d’une étude clinique pour un test salivaire de dépistage rapide

Merci 85
J'envoie

Source : CNRS – 10-04-2020

Un consortium français composé de scientifiques du CNRS travaillant au laboratoire Sys2Diag, de la société de biotechnologie SkillCell, de la société Vogo et du CHU de Montpellier annonce le lancement d’une étude clinique pour tester la performance du nouveau test de dépistage EasyCov à partir du 11 avril 2020. Parallèlement, la chaîne de développement, de production et de distribution s’organise pour un déploiement rapide et massif du test aux personnels de santé dès le mois de mai.

L’objectif du consortium est de mettre sur le marché un test salivaire de diagnostic du virus SARS-CoV-2 simple d’utilisation et ne nécessitant pas l’emploi de matériel lourd. Le test salivaire EasyCov (brevet EP20166524) a été développé dans ce but. Il a déjà été testé et validé avec de l’ARN viral isolé au laboratoire Sys2Diag (CNRS/Alcen) et avec du virus actif au Centre d’études des maladies infectieuses et pharmacologie anti-infectieuse (CNRS/Université de Montpellier). L’étude clinique pilotée par les équipes de Sys2Diag et du CHU de Montpellier permettra de confirmer ou infirmer ses performances en conditions réelles.

Pour ce faire, 180 personnes seront recrutées par les équipes COVID du CHU de Montpellier à partir du 11 avril. Cette étude clinique en double aveugle sera effectuée auprès de patients testés positifs au COVID-19 ainsi qu’auprès du personnel soignant hospitalier supposé négatif. Les analyses de présence d’ARN viral spécifique du SARS-CoV-2 seront faites en parallèle avec une méthode conventionnelle. La sensibilité et la spécificité d’EasyCov pourront aussi être optimisées grâce aux résultats de l’étude qui sont attendus pour la fin avril.

Le test EasyCov est réalisable simplement, sans laboratoire. Il suffit de prélever de la salive, l’un des principaux vecteurs du virus, et de la placer avec les réactifs à 65°C pendant 30 minutes. Le personnel soignant peut alors lire le résultat à l’œil nu. A la différence de la méthode de test de référence qui demande plusieurs heures de traitement en laboratoire et nécessite des équipements et réactifs importants.

Si les résultats de cette étude clinique s’avèrent concluants, la mise en place rapide d’une chaîne de production efficace et fiable sera indispensable à la mise à disposition massive du test EasyCov en France. SkillCell, filiale du groupe industriel français Alcen, assurera l’identification et la sécurisation des fournisseurs de réactifs, et des partenaires français disposant de capacités de production et de distribution importantes. Tout ceci sera facilité par les besoins très faibles en réactifs d’EasyCov. Cette chaîne pourrait être prête pour un déploiement auprès des personnels soignants dès le mois de mai.

Enfin, le consortium ambitionne le développement d’une version grand public d’Easycov. Dans le cas où le test nécessiterait toujours une incubation à 65°C, le développement et l’industrialisation d’un dispositif nomade de chauffe sont déjà en cours. La société française Vogo, experte dans les systèmes de communication audio et vidéo à haute valeur ajoutée, est en charge du développement et du lancement de l’outil technologique qui permettra d’automatiser l’analyse des résultats par la lecture colorimétrique du test EasyCov, nécessaire pour le dépistage massif de la population.

Visuel du test salivaire de diagnostic du SARS-CoV-2 EasyCov. Il se présente sous la forme d’un tube fermé de 0,5 mL contenant l’ensemble des réactifs nécessaires à une révélation colorimétrique spécifique de la présence du virus.
© SkillCell

Source : CNRS

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

12 réactions et commentaires

  • MS // 17.04.2020 à 07h18

    Le problème est qu’à l’heure actuelle rien n’est arrivé à terme… donc en ce qui concerne cette épidémie, le site n’aurait rien à dire…

      +8

    Alerter
  • Jeanne L // 17.04.2020 à 07h44

    Je voudrais poser une question naïve : à quoi sert d’avoir des tests, si il n’y a pas derrière une politique claire, déterminée de santé publique ?
    Si ce sont des tests pour savoir si vous êtes porteur actuel du virus. Saurez-vous si vous êtes porteur sain depuis quelque temps? Saurez-vous si la maladie va se développer pour vous dans les jours à venir?
    Dans le premier cas il faudrait tracer avec rigueur les gens que vous avez pu contaminer, dans le second cas vous isoler pour vous donner toutes les possibilités de résister à la maladie qui s’installe en fonction de votre état préalable de santé.
    Si le test est un test sérologique pour savoir si vous avez auparavant rencontré le virus, pourra-t-on au regard du résultat savoir que vous n’êtes plus porteur actuel du virus ? que vous n’êtes plus contagieux ni à risque de développer la maladie ? Faudra-t-il de toutes les façons s’isoler deux semaines pour en être certain ?
    Donc des tests cela sert-il à quelque chose si il n’y a aucune structure collective, sociale, universelle pour pouvoir se sortir de cette épidémie? Tout comme un « grand renfermement » sert-il à quelque chose sans tests précis?
    Ceci dit tant mieux si il y a des tests aisés et faciles fabriqués en France, mais comment les utiliser judicieusement? C’est pas fait avec la politique de gribouille du gouvernement.

      +8

    Alerter
  • Berrio // 17.04.2020 à 08h34

    L’armée teste semble-t-il . À retardement semble-t-il.
    Il y a des tests pour quelques uns ?
    Mais ceci n’est qu’un mensonge de plus.

      +1

    Alerter
  • Farinet // 17.04.2020 à 08h53

    Dans l’urgence faisons « des études », au moins la science progresse et il y aura des retombées économiques à la clé, même dans la com pour Vogo « experte dans les systèmes de communication audio et vidéo à haute valeur ajoutée » ça ne s’invente pas !
    Sinon nous aurions d’ores et déjà les moyens d’agir à grande échelle, si j’en crois cet article des crises
    https://www.les-crises.fr/comment-la-france-se-prive-de-150-000-a-300-000-tests-par-semaine/
    Il y a les moyens techniques et humains, une volonté de ces acteurs pour faire, mais bon à priori, cela ne conviendrai pas pour des raisons, qui nous échappent…

      +7

    Alerter
    • NulH // 17.04.2020 à 21h49

      Ma calculette me dit que, avec :
      60 000 000 d’habitants
      300 000 tests par semaine
      ça ferait :
      60 000 000 divisé par 300 000 =
      200 semaines
      soit presque 4 ans !!!
      Et des commentaires ici, disent que les tests ne peuvent rien détecter passé un temps « d’incubation ».

      Concrètement ; reste le confinement, et les recherches pour s’en sortir…
      le tout organisé… au mieux…. systématiquement re-pensé

      Mais là on parle sérieux, R&D en organisation

      Peut être qu’ici l’on se comprend ?

        +0

      Alerter
  • Ben // 17.04.2020 à 09h46

    Cet article semble clair sur le fait qu’il passe en test d’essai (en double aveugle, bref sérieux)

    Le gros intérêt est que ce test est SALIVAIRE et non nasal.

    C’est un des premiers qui semble tenir la route :
    Les tests par écouvillon sont majoritairement négatifs après 9 jours sur les COVID+ qui restent malades et contagieux jusqu’à plus de 20 jours, alors que la salive reste elle active souvent jusqu’au bout.
    La réalisation ne se fait pas forcement en Laboratoire avec du matériel complexe.
    Le résultat est rapide.
    Le test fonctionne sur ARN et Virus Actif.
    Le CNRS est généralement sérieux

    Je pense que le site les-crises, habituellement dépressif et ayant détruit les espoirs de pas mal, se doit de montrer un peu de positif de temps en temps.

      +10

    Alerter
  • Narm // 17.04.2020 à 12h17

    question ici, pourquoi après 4 semaines la courbe ne baisse pas vraiment significativement
    LCi : https://www.youtube.com/watch?v=2wtvdc3Dx4I

    sinon, bla bla bla bla….
    comme dirait lui, il n’y a pas de nostradamus
    https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/matinale-de-radio-classique/linvite-de-guillaume-durand/

    A écouter
    « ces gens qui n’ont pas de malade, ne savent pas de quoi il s’agit …
    Vous devriez reflechir comment on est arrivé à penser qu’un médicament qui n’est pas manufacturé, le Msevir, qui n’est pas évalué, allait être la solution d’une maladie qui aura peut être disparu avant qu’on ait les resultats des essais virals ?
    comment peut-il répondre à une épidemie dont la durée n’est pas connue et qui s’arretera peut être avant même qu’on ait l’essai discoveri ça montrera un problème de reflexion et de méthode qui lui n’est pas trivial
    services de traumato, vides, moins d’accident de la route »
    on finira par penser que cette année l’espérance de vie a augmenté… les statistiques sont désavouées

      +2

    Alerter
  • Pegaz // 17.04.2020 à 12h49
  • Pegaz // 17.04.2020 à 12h53

    Spécialiste de l’impression 3D, Volumic a obtenu la validation des laboratoires Cerballiance pour l’impression d’éprouvettes utilisées pour les tests du Covid-19. Un consommable qui fait actuellement défaut pour faire tourner les machines d’analyse à plein régime.
    https://www.industrie-techno.com/article/volumic-imprime-un-millier-d-eprouvettes-d-analyses-du-covid-19-pour-le-laboratoire-cerballiance.59726

      +1

    Alerter
  • Rots // 17.04.2020 à 16h47

    Bof.

    Il y a tests et tests (comme les chasseurs).

    Les tests PCR sur le marché ont 60% de sensibilité, donc 40 % de faux négatifs (à l’inverse 98% de spécificité, donc très peu de faux positifs).

    Il y a pas mal de tests qui sont encore plus mauvais que ça (je parle de la PCR).

    Pour les données des tests maison (CHU etc), on connaît peu leurs performances.

    Pour les sérologies, c’est pire et il faut être très prudents avt de généraliser leur emploi.

    C’est THE problème actuel: on est partiellement aveugle, on ne sait rien ou pas grand chose du % de sujets contacts/guéris/malades ds la population: on a une estimation vague de 5% de la population française qui a été en contact avec le virus. Si c’est vrai, c’est très, très peu. Le nombre de nouveaux cas ne diminue pas suffisamment malgré le confinement donc oui, il faut absolument trouver des tests faciles d’emploi et fiables pour la prochaine hypothétique vague.

    Mais entre il faut et la réalité…

      +1

    Alerter
  • Lucrèce Mace // 22.04.2020 à 14h01

    Je me demande quel effet peuvent donner les tests de dépistage de Covid-19 tels que https://buycovidtest.com/ ou tout autre test express certifié. Si je comprends bien tout le monde peut se les acheter et les utiliser.

      +0

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications