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22.avril.201922.4.2019 // Les Crises

Crise des opiacés aux Etats-Unis : les Sackler, des philanthropes accusés d’être des empoisonneurs

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Source : Envoyé Spécial, France info, 22-02-2019

Derrière l’un des antalgiques opioïdes qui plongent les Etats-Unis dans une grave crise sanitaire, avec 72 000 morts d’overdose en 2017, se cache une dynastie parmi les plus puissantes du pays. Plus riche que les Rockefeller… et très discrète. Pour retracer la saga des Sackler, la famille propriétaire des laboratoires Purdue Pharma, les journalistes d'”Envoyé spécial” ont épluché les archives.

Massivement prescrits contre les douleurs, les médicaments opioïdes sont accusés d’être responsables d’une véritable hécatombe aux Etats-Unis. La crise des opiacés a été décrétée “urgence de santé publique” par le président Trump en 2016. Derrière l’un de ces antidouleurs, l’OxyContin, se cache une dynastie parmi les plus puissantes du pays. Plus riche que les Rockefeller… et très discrète. Il n’existe que très peu de photos de la famille Sackler, aucune vidéo publique. Pour retracer son histoire, les journalistes d'”Envoyé spécial” ont dû éplucher soixante-dix ans d’archives.

Chez les Sackler, il y a d’abord Arthur, le patriarche. Il est à la fois médecin et publicitaire – c’est le secret de sa réussite. Son génie du marketing a permis, dans les années 60, au Valium des laboratoires Roche d’atteindre 100 millions de dollars de ventes, du jamais vu. Avec ses frères Raymond et Mortimer, il développe le premier succès “maison” des laboratoires Purdue Pharma, son premier opioïde à base de morphine : MS Contin.

L’OxyContin assure la fortune de la dynastie

Le brevet arrive à expiration lorsque l’héritier, Richard Sackler, prend les rênes du groupe. C’est lui remplace la morphine par l’oxycodone, un analgésique stupéfiant deux fois plus fort. L’OxyContin est né, et cet antidouleur responsable de milliers de morts par overdose va assurer la fortune de la dynastie : 13 milliards de dollars aujourd’hui. Huit membres des Sackler siégeaient encore au comité de direction jusqu’à l’été 2018. Pourtant, leurs noms n’apparaissent nulle part dans les documents publics de Purdue.

Leur nom s’affiche sur les plus grands musées du monde

Mais voici le plus étonnant : le nom “Sackler” s’affiche sur les plus grands musées du monde. Au Metropolitan, à New York, où ils ont financé l’immense temple de Dendour, au Guggenheim, au Louvre… A Londres, Washington, Tel Aviv ou Pékin, les Sackler apposent leur nom sur des bibliothèques, des universités, et même… un astéroïde. A des années-lumière de l’OxyContin.

“Il faut qu’ils paient les désintoxications”

Cette belle image vole aujourd’hui en éclats. Sous des banderoles clamant “Shame on Sackler” (“Honte aux Sackler”), des activistes multiplient les actions coup de poing. “Les Sackler ont menti, des milliers de personnes sont mortes. Les Sackler savaient que leurs pilules tueraient”, scandent les manifestants.

Selon eux, les prétendus philanthropes sont des empoisonneurs. “Il faut qu’ils paient les désintoxications, réclame la photographe Nan Goldin. Des centaines de personnes meurent chaque jour. Des milliers sont mortes à travers le pays. Et maintenant, ils s’implantent en Europe. Et ils vont tuer, là-bas aussi.” Nan Goldin a elle-même souffert d’addiction à l’OxyContin pendant trois ans, suite à une prescription pour soulager une tendinite. Souhaitant aujourd’hui responsabiliser la famille Sackler, elle a participé au lancement de la campagne PAIN (Prescription Addiction Intervention Now) et a lancé le hashtag #ShameOnSackler sur Twitter.

Extrait de “Antidouleurs : l’Amérique dévastée”, un reportage à voir dans “Envoyé spécial” le 21 février 2019.

Source : Envoyé Spécial, France info, 22-02-2019

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Jean // 22.04.2019 à 07h58

“Nan Goldin a elle-même souffert d’addiction à l’OxyContin pendant trois ans, suite à une prescription pour soulager une tendinite.”

C’est une des conséquences inévitables de la privatisation du systèmes de santé qui permet la corruption des praticiens et des instances publiques de contrôles.
Qui est responsable de la mort des poules, le renard qui est entré dans le poulailler ou le berger qui lui à ouvert la porte ?

48 réactions et commentaires

  • Owen // 22.04.2019 à 06h57

    Le reportage est ici: https://www.youtube.com/watch?v=Kp6Y5rMhuVQ

    C’est étonnant comment une simple famille, avec quelques salariés et surtout des vendeurs mobiles, fabriquant un produit qui tue rapidement, peut prendre en otage tout un pays incapable d’en arrêter la production.

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    • Touriste // 22.04.2019 à 12h04

      Bonjour,
      Non, ce n’est pas étonnant. Il suffit de naître dans la bonne catégorie socio-professionnelle, d’être un peu malin et de connaître les “bonnes personnes” pour que sa famille ne soit pas rebaptisée “cartel” ou “mafia” et ne pas être inquiétée par la DEA du coin.

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  • Jean // 22.04.2019 à 07h58

    “Nan Goldin a elle-même souffert d’addiction à l’OxyContin pendant trois ans, suite à une prescription pour soulager une tendinite.”

    C’est une des conséquences inévitables de la privatisation du systèmes de santé qui permet la corruption des praticiens et des instances publiques de contrôles.
    Qui est responsable de la mort des poules, le renard qui est entré dans le poulailler ou le berger qui lui à ouvert la porte ?

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    • Bèbert le Fou // 22.04.2019 à 08h45

      Le fermier est coupable bien entendu. Les poules font confiance au système de santé. Mais il est vérolé parce que nous sommes dans le pays du libéralisme et on y a le droit de fabriquer et vendre ce que l’on veut. LA FDA ne s’est pas opposé à la vente des opioides. Elle préfère interdire le roquefort. Cherchez l’erreur.
      Évidemment, les Français vont faire la même chose. C’est couru d’avance : http://sante.lefigaro.fr/article/la-consommation-d-opioides-en-hausse-en-france/

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    • calal // 22.04.2019 à 08h57

      Qui est responsable de la mort des poules?
      nous ne sommes pas tous des poules et si nous l’avons etes,nous pouvons cesser de l’etre en faisant des efforts.
      Faut arreter de gober tout ce qui vient “d’en haut”: arretons de prendre ce que disent les experts,la tele,les journaux pour parole d’evangile. “les conseilleurs ne sont pas les payeurs”

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      • cover // 22.04.2019 à 09h58

        Le problème est que ces substances sont prescrites par le médecin et sont donc prises en toute confiance.
        Pour ma part, pas d’antibiotique, pas d’antalgique. Je les refuse chaque fois que mon médecin m’en propose. J’ai eu une collègue dont l’époux, professeur de pharmacologie dans un CHU, n’autorisait dans sa propre maison que l’aspirine …
        C’est justement pour avoir trop fait d’efforts, sans relâche, dans le cadre du travail ou même familial que certains vont au delà de ce que leur corps peut supporter. Et qu’ils prennent ces produits licites, pour continuer (“accept no limit” des slogans publicitaires) ou illicites, comme la cocaïne qui se répand dans nombre de milieux professionnels, non à titre festif, mais pour tenir le coup .
        Rien ne vaut le repos pour que l’organisme se répare. Il y a les vacances, les congés maladie pour cela. Mais il y a ceux qui pensent ne pas pouvoir ou ne pas devoir les prendre et des héros du quotidien plein les cimetières.

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        • Louis Robert // 22.04.2019 à 13h10

          « Pour que l’organisme se répare », rien ne vaut le sommeil qui, toute la vie durant, contribue merveilleusement au maintien, à tous égards, d’une excellente santé physique et mentale. L’utilisation massive de somnifères par une population est, du reste, un signe incontournable de la généralisation d’un mode de vie malsain, donc insoutenable.

          Je recommande l’étude attentive du livre exceptionnel publié récemment par le grand spécialiste du sommeil Matthew Walker, « Why We Sleep: Unlocking the Power of Sleep and Dreams », octobre 2017. « Matthew Paul Walker est un scientifique britannique et professeur de neurosciences et de psychologie à l’Université de Californie à Berkeley. Ses recherches portent sur l’impact du sommeil sur la santé et la maladie humaines. Il était auparavant professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School. »

          https://www.amazon.com/Why-We-Sleep-Unlocking-Dreams-ebook/dp/B06ZZ1YGJ5

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    • L’aieul // 23.04.2019 à 04h43

      Exactement, il faut que les médecins arrêtent de prescrire des trucs dangereux comme des M&M’s.
      Aux USA c’est les opioïdes mais en France c’est les benzodiazépines.

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  • Brigitte // 22.04.2019 à 08h36

    Toute substance bénéfique a sa contre-partie toxique quand elle est utilisée de façon abusive et incontrôlée. Le problème des antibiotiques est encore plus grave. Venir à bout des infections bactériennes et des douleurs invalidantes a constitué un progrès majeur de la médecine mais hélas, l’excès en tout nuit. La privatisation totale du système de santé avec les médecins et pharmaciens “dealers” abouti forcément a des excès mais même avec des contrôles stricts, trouver la juste limite d’utilisation de ces substances est quasi impossible sur le long terme. La dépendance biologique aux opioides augmente le problème car le sevrage crée des douleurs réactives que le patient doit atténuer avec une dose plus forte etc. Idem avec les antibiotiques bien que par des mécanismes biologiques différents mais le résultat est le même.
    Notre monde crève que la dépendance à tout niveau.
    La vrai révolution sera de réapprendre aux gens à devenir indépendants. Bien sur pas comme autrefois, bien que nous ayons de grands enseignements à tirer du passé: les jardins étaient non seulement des supermarchés mais aussi des pharmacies. Mais comment faire avec des technologies qui relient les gens de plus en plus et les rendent interdépendants? Je n’ai pas la réponse mais il faudra la trouver si l’on veut non seulement survivre mais vivre BIEN.

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    • Bibendum // 22.04.2019 à 09h56

      Bonjour Brigitte.

      Je rejoins votre réflexion avec cependant un bémol. Une société “idéale” n’est pas l’indépendance des un vis à vis des autres, mais précisément l’inverse; la collaboration.

      Survivre, vivre mieux et bien, c’est aussi concevoir ne plus vivre. Nous sommes mortel. Et le mal de nos sociétés post-modernes est une sur-infantilisation de masse. C’est le b-a-ba du système libéral où chacun est libre de ses choix et cela en fonction des informations dont il dispose.

      Du lien que nous donne cover plus haut j’ai extrait ceci:
      “lorsque cela est possible, la proposition d’alternatives pour diminuer les doses prescrites avec des pratiques telles que la psychothérapie, la kinésithérapie, l’hypnothérapie, l’acupuncture ou encore la sophrologie…”

      Il y a des alternatives qui sont vielles pour certaines de plusieurs siècles, mais sont elles viables dans la société du spectacle, de l’immédiat, du virtuel ou tout est et se doit d’être “fast” et clé en main ?

      Si le peuple veut être libre, l’individu doit faire sa révolution puis son évolution personnelle et partager par la suite ses acquis avec qui veut bien faire l’effort d’emprunter le même chemin pas toujours facile.

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      • Brigitte // 22.04.2019 à 21h44

        L’indépendance n’est pas opposée à l’entraide ni à la collaboration. L’indépendance est le garant de la justice, de la souveraineté, de la démocratie. Au niveau individuel, c’est pareil. C’est pouvoir choisir ses liens, que ce soit familiaux, professionnel ou politiques. Bien sur, rien d’est parfait mais il me parait évident que nous sommes de plus en plus dans une liberté illusoire du fait que nos liens sont cachés ou distendus. De fausses unions géopolitiques nous gouvernent, des multinationales organisent nos vies, et de plus en plus des algorithmes pensent et agissent à notre place.

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        • Bibendum // 22.04.2019 à 23h22

          Finalement, vous semblez l’avoir la réponse à votre question en fin de votre premier commentaire: nous vivons dans une société où nous sommes sur-connectés par des relations faussement interdépendantes mais déconnectés de toute coopération réellement profitable à tous.

          Enfin, je crois 🙂

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    • Haricophile // 23.04.2019 à 10h27

      Le plus gros problème des antibiotiques, ce n’est même pas la consommation excessive par les patients (ce qui est absurde et dangereux), mais les tonnes et les tonnes d’antibiotiques servant dans l’élevage industriel pour compenser(?) des pratiques ignobles et désastreuses pour les animaux, voire pire : Uniquement pour faire prendre du poids plus vite aux bêtes de boucherie !

      Aux USA, au moins 80% des points de vente de viande vendent de la viande contenant des “super-bugs” c’est a dire des bactéries résistantes à TOUS les antibiotiques !

      Je ne sais pas si on a des chiffres publics en Europe.

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      • Pierre C // 23.04.2019 à 13h31

        Dans les écoles de vétérinaire, l’antibioresistance est qualifiée de “problème numéro 1 de santé public à moyen terme”. Le problème est connu et enseigné. Les slogans “les antibiotiques c’est pas automatique” et les suivants dans les campagnes de pub visaient à sensibiliser le grand public, tandis que cahin cahan une législation sur le zéro antibio en élevage (sauf besoin réel et prouvé comme dans les élevages bio) pointe le bout de son nez avec le plan Ecoantibio. En Europe il y a(vait?) une bonne dynamique. Je n’ai pas les chiffres, mais il me semble avoir vu en cours que la progression de l’antibioresistance a subi une inflexion et s’est ralentie (au moins chez nous).

        Si notre (faible) démocratie réussit à résister encore face aux lobbies du libre échange de viande avec les usa par exemple, on peut espérer ne pas avoir ce problème là chez nous. Tant mieux on en a beaucoup d’autres !

        Edit: après quelques recherches, la situation semble avoir évolué en bien un temps en France mais se réaggrave. Aucun chiffre mais la principale source des problèmes actuels serait l’automédication, car elle impacte directement l’efficacité des antibiotiques chez l’homme. Côté élevage, on en est au deuxième plan Ecoantibio et c’est mieux qu’aux usa. Mais la tendance lourde est que les bactéries s’adaptent plus vite aux médicaments qu’ils ne sont créés (1eres résistance aux antibios 3eme génération). Source : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/resistance-antibiotiques

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  • Joséphine // 22.04.2019 à 09h55

    Qui prescrit ce genre d’anti douleurs en France et piur quelle douleur? Peut être notre seuil de tolérance à la douleur est fortement affaiblie, et la nécessité de tenir le coup pour continuer à travailler rentre en ligne de compte dans l’acceptation de ce genre de prescription. Personnellement l’hopital ne m’a jamais prescrit que du doliprane ou dafalgan.

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    • Haricophile // 23.04.2019 à 11h01

      Tant mieux pour vous, et je vous souhaite de ne jamais avoir besoin de plus que ça, mais sachez que tout le monde n’a pas cette “chance”…

      Mais de toute manière je ne pense pas que les hôpitaux soient le problème, la pharmacie est stricte et très encadrée. Sauf peut-être sur un point qui ne risque pas de s’améliorer avec la Mafia au pouvoir qui sabote volontairement les services publics, et malgré des initiatives en ce sens : C’est la prise en charge humaine des patients, ce qui va beaucoup plus loin que soigner des maladies, et des symptômes avec des médicaments !

      La force des médecines “traditionnelles” et “alternatives”, quand il ne s’agit pas d’escroquerie pure et quand bien même elles seraient “totalement inefficaces” d’un point de vue “mécaniste”, est de prendre en charge des patients. Et cette et écoute et cette prise en charge améliore à elle seule les condition de vie des patients, ce qui n’est pas accessoire mais l’objectif essentiel trop souvent oublié par la médecine “classique”, par philosophie ou simplement par manque de temps et de moyens. De fait, on peut réduire ou éliminer pas mal de substances médicamenteuses qui ont forcément des effets secondaires pour être actifs, sans pour autant négliger la nécessité de soigner la maladie.

      Pour le médecin de ville, c’est un fait que je choisis un médecin qui ne me propose que des médicaments utiles et qui ne me dit jamais “c’est le stress” au lieu de dire “je ne sais pas” ou “on n’a pas de réponse a l’heure actuelle” APRÈS avoir consulté sa doc.

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  • Myrkur34 // 22.04.2019 à 09h58

    Comment se représenter l’effet de ce type de produit qui selon les intervenants est 50 à 100 fois plus “fort” que la morphine? Et bien c’est impossible. De toute façon , détourner un produit de son usage de base (soins pour les cancéreux en phase terminale) pour en faire un anti-douleur de base est criminel. Pas besoin d’avoir fait des études médicales pour comprendre çà.

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  • danload // 22.04.2019 à 10h04

    Bon, dénoncer et faire la morale est très bien mais …

    Ma compagne, à cause d’une hernie discale + crise de sciatique hyperalgique en résultant, a été obligée d’utiliser l’oxycontin pendant 3 mois. Pas le choix, ses douleurs étaient proprement insupportables et c’était ça ou se tirer une balle dans la tête… Après s’être fait opérer, elle a pu se sortir de l’addiction inévitable en, dans un premier temps, diminuant progressivement les doses énormes qu’elle prenait puis en terminant son sevrage en clinique spécialisée grâce à l’utilisation d’autres produits (non addictifs) qui lui ont fait passer le cap de l’abstinence totale.

    Il faut donc relativiser les choses. Il n’y a pour l’instant pas d’antalgiques aussi puissants que les opiacés et on peut ne pas avoir le choix de ne pas les utiliser dans certains cas et il n’est de toute façon pas impossible, même si c’est pas une partie de plaisir, de s’en débarasser.

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    • Haricophile // 23.04.2019 à 11h08

      En cas général j’ai cru comprendre qu’il y a une proportion douleur-antidouleur qui fait qu’il y a peu de création de dépendance. Mais ça justifie un protocole très strict et un suivi rapproché, c’est plus facile pour un hôpital que pour un médecin de ville…

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  • danload // 22.04.2019 à 10h04

    Suite :

    Je me trompe peut-être mais je pense que la persistence de l’addiction aux opiacés pourrait bien être due à autre chose que le seul pouvoir addictif “physique” aux produits. Les USA et l’Europe, avec un décalage, sont en train de devenir des sociétés tellement sauvages et sans perspectives que le refuge dans la “drogue” peut sembler être une solution (illusoire) à bon nombre de gens une fois ceux-ci mis en contact avec elle dans un contexte médical accidentel.

    D’autre part, je ne sais pas à quel point l’info est exacte, mais il semblerait que parmi le lot d’overdoses dénombrées, nombre seraient dues non pas aux suites de traitements antalgiques mais à de l’héroine coupée avec du fantanyl, opiacé 50 fois plus puissant que l’oxycontin et coutant bien moins cher que l’hero. Les habitués de cette drogue, consommant une dose habituelle, en absorberaient beaucoup plus que ce qu’ils pensent…

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    • Kiwixar // 22.04.2019 à 12h51

      A propos du fentanyl, il me semble qu’une grande partie du marché noir vient de Chine. Ce serait une ironie volontaire ou involontaire que les pouvoirs politiques chinois laissent faire ces exportations, voire les encouragent, ou bien les utilisent comme arme de négociation commerciale avec les US.

      Une sorte de retour à l’envoyeur des guerres de l’opium dont ils ont tant souffert (humiliations, colonies, guerre contre les nationalistes, contre les Japonais, etc).

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      • Bibendum // 22.04.2019 à 13h23

        Ou plus que de l’ironie, du cynisme: les mêmes étant à la manœuvre, se sont déplacés à l’est et recommence l’opération pour dégraisser les peuples occidentaux devenus bien trop gras. Chacun son tour, y en aura pour tous le monde…

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        • Sandrine // 22.04.2019 à 15h40

          Pas les « peuples occidentaux » en général, mais les pauvres parmi ces peuples occidentaux.
          Le problème de l’opium pendant les guerres de l’opium touchait toutes les catégories sociales.
          La crises des opiacés aux US touche, si j’ai bien compris, principalement des catégories sociales pauvres, qui cherchent à se conformer à « l’injonction au bonheur » qui fait partie intégrante de la culture américaine (c’est en tout cas cette corde qui était utilisée pour la publicité de ces produits)

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          • Bibendum // 22.04.2019 à 16h20

            J’ai bien peur que vous vous trompiez, tant sur les guerres de l’opium que sur le délitement des sociétés occidentales.

            Allez jeter un oeil sur la page wiki de Nan Goldin, plutôt édifiant:

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Nan_Goldin

            Vous verrez que Nancy s’est elle même pas mal perdue sur les chemins sinueux de l’amarican way of life. Et malheureusement, beaucoup de personnes de la classe moyenne et moyenne supérieure vont aussi se prendre les pieds dans le tapis européen ces prochaines années. Jouir sans entraves dans un univers anxiogène ne promet pas de passer toute sa vie à pique-niquer sur l’herbe verte.

            Ou comment prendre l’ombre pour la proie…

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            • Sandrine // 22.04.2019 à 17h01

              Pas trop compris le rapport de Nan Goldin avec le chmilblik. Pourriez-vous expliciter?
              En ce qui concerne l’opium en Chine, il a commencé à toucher les mandarins avant le peuple (d’où en grande partie l’humiliation ressentie par la Chine a l’époque)
              Les morts par overdose aux US touchent d’avantage les zones desindustrialisées en déshérence sociale (celles qui on voté Trump). Parmi les personnes dépendantes ont trouve une très large majorité de personnes sorties depuis des années du marché du travail (celle qui ne sont même pas comptabilisés dans les stat. du chômage.). Bien souvent, les gens après un licenciement tombent malade et on leur prescrit ces médicaments pour les aider à retrouver « la pêche », les aider a sortir du cercle vicieux des douleurs chroniques et du chômage…
              Les médecins ont, paraît-il, été incités depuis les années 90 à être plus à l’ecoute de la douleur de leur patients, à traiter la douleur « en soi ». Ils ont probablement été induits en erreur par les laboratoires qui avaient intérêt à placer leurs produits et ont largement menti sur les effets secondaires. Mais on peut aussi incriminer le « droit au bonheur » qui au USA fait parti des droits fondamentaux et est inscrit dans la constitution.

              En tout état de cause, le résultat c’est que des centaines de milliers de pauvres et/ ou inaptes au travail sont tués par overdose et/ ou totalement incapables de se révolter . On aurait voulu faire un genocide social « soft »qu’on ne s’y serait pas pris autrement…

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            • Bibendum // 22.04.2019 à 17h18

              Sandrine, je cite Nan Goldin parce qu’elle est cité dans l’article, qu’elle monte au front contre les pharmas, qu’elle n’est pas issue des pauvres mais plutôt classe moyenne supérieure et qu’elle a été elle même dépendante à ces produits.

              Lisez donc sa bio pour mettre cela en contexte, enfin, si vous voulez.

              Pour ce qui est des pauvres aux US, ils sont ceux de la classe moyenne d’hier remplacés par une classe moyenne en…. Chine. Et les pauvres de demain, ici aussi en Europe, seront ceux de la classe moyenne d’aujourd’hui.

              Oui, ces produits hautement toxiques sans précaution d’usage, sont un moyen d’anesthésier ceux qui au plus bas de l’échelle pourraient se révolter n’ayant plus rien à perdre.

              Mais je réitère, le système dégraisse les classes moyennes. Des pauvres ils n’ont plus rien à gagner, leur ayant déjà tout pris. D’où là aussi l’anesthésie pour leurs faire les poches sans qu’ils se rebiffent. Ils comprendront mais trop tard, lorsque pauvres à leur tour et rejoignant la cohorte des gueux.

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  • Tonton Poupou. // 22.04.2019 à 10h56

    Encore plus fort que Pablo Escobar. Amasser une fortune de 13 milliards de dollars en dealant et en toute légalité !
    Sont vraiment trop fort ces américains ! …………. chapeau bas !

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    • calal // 22.04.2019 à 12h05

      l’etat ne supporte pas la concurrence…

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  • Kaki // 22.04.2019 à 11h06

    Skenan ixprim, dafalgan codeiné, etc… Sont des produits extrêmement addictif ( d ou la légalisation du cannabis qui parait maintenant un moindre mal face à l héroïne) même le doliprane qui d apparence n est pas nocif, cause des dommages graves et irrémédiables au foie. Au final, pour un mal de tête, je conseille d acheter un baume à la menthe à appliquer sur les tempes, le résultat est efficace, pour les douleurs de dos (c est le cheval de Troie de ce genre de prescriptions) je souhaiterais savoir si vous avez des compositions maison. ( mon père tamponnait son dos avec des graines de cumins chauffés à l huile d olive.

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    • Chris // 22.04.2019 à 12h52

      HE de gaulthérie mélangée à une huile à l’arnica ou autre (aussi eau pure, ce que j’ai fait par accident, mais en ce cas bien agiter dans un vaporisateur avant emploi) soulage bien les douleurs musculaires et articulaires. Et du repos entre quelques marches douces pour activer la circulation et aérer l’esprit…
      Maux de tête, migraines : pas encore trouvé de parades au bout de 60 ans !

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    • Pierre C // 23.04.2019 à 13h39

      Massage du dos avec un mélange HE de gaulthérie dans de la vodka (alcool 40° pas cher). Effet rafraîchissant et apaisant.

      Maux de tête : HE de menthe poivrée, 1 goutte sur chaque tempe, et on masse doucement. Attention, les yeux peuvent piquer.
      Sinon, diffusion d’HE de lavande, ou de citron (ça dépend de chacun, pour certains ça les calme, d’autres ça les met en forme).

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  • pie vert // 22.04.2019 à 11h52

    Que de manichéisme ! il y a le méchant laboratoire et les gentils patients toxicomanes, la réalité est plus complexe :
    – Dés qu’un patient franchi la porte d’une structure de soins avec des douleurs cette dernière doit cesser immédiatement sinon le soignant subi la foudre du client et de son entourage. Résultat on prescrit à tour de bras des paliers 3 morphinique, le client est roi. Effectivement les laboratoires se frottent les mains, mais ils ne font qu’accompagner une tendance lourde.
    – L’oxicontin est efficace pour les douleurs aigues post-traumatique ou post-opératoire et oncologique, dans les autres cas sa prescription devrait être sérieusement encadrée .Cependant beaucoup de douleur chronique sont la conséquence de trouble du comportement induit par notre société, avec des troubles addictifs : addiction alimentaire (obésite, surcharge pondérale…douleurs articulaires, tendinites, lombalgie), addiction aux sports (pathologie de surmenage, articulaire, dopage…), addiction à la performance (stress, céphalée, insomnie…) alors si vous donnez un opiacée à un individu qui a déjà un trouble addictif faudra pas s’étonner de dépendance après…
    Mais soyons optimiste, la médecine comportementale commence à être utilisé dans la décision thérapeutique qu’elle soit chirurgicale ou médicale, on commence à prendre en charge ces troubles comportementaux avant la mise en route d’un arsenal thérapeutique plus lourd.
    Cela demande une remise en cause du mode de vie et des habitudes du patient, ce qui n’est pas simple, il est parfois plus facile de prendre un cachet.

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    • Bibendum // 22.04.2019 à 13h10

      Merci pour ce commentaire qui rehausse un peu le niveau de réflexion. Cela étant, tout est à l’avenant. Pour une masse critique de personnes, le coupable est “l’autre” sans jamais faire l’effort de s’instruire d’un dossier, de s’impliquer dans son traitement et surtout de réviser son-ses points de vues en regard de ceux de l’adversité-opposition.

      Ensuite cela revendique du RIC à tout va sans avoir la moindre idée de la rigueur et du sérieux que réclame une concertation avec consensus à la clé.

      De vrais démocrates je vous dis…

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    • Sandrine // 22.04.2019 à 15h26

      « Sinon le soignant reçoit les foudres du clients »
      Rassurez-vous, les « soignants » savent très bien remballer les patients quand ils le veulent.
      On est là face à une dynamique toute autre : celle de médicaments qui ne devraient jamais être prescrits dans le cadre de maladies chroniques du fait de leurs effets secondaires (l’addiction) mais qui pourtant l’ont été. Les médecins ont beau jeu ensuite de dire que les patients n’ont pas respecté la posologie prescrite qu’ils ont ensuite continué à consommer en dépit de leur avis…
      Plus généralement : votre critique est typique de cette perversion du libéralisme qui fait reposer la responsabilité entièrement sur l’individu consommateur, l’industriel ne faisant selon cette logique, que proposer une daube que tout un chacun est libre ou non de consommer.
      C’est faire bien peu de cas, des lobbys, de la publicité déguisée façon E Bernays qui imposa jadis la « mode » de la cigarette aux femmes américaines, de tous ces « sachants » en position d’autorité (les médecins) qui par souci de profit personnel se foutent bien pas mal de la santé de leurs clients sur le long terme…

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  • Fred // 22.04.2019 à 12h14

    Les plus grands escrocs sont tous des “philanthropes”, cela fait parti du package marketing de l’escroquerie de grande échelle, on peut parler de “philantrope-washing”. Ça fonctionne.

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  • nulnestpropheteensonpays // 22.04.2019 à 12h52

    si mes vaches avaient les moyens de me payer l’aliment que je leurs file je serais milliardaire….

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  • Sandrine // 22.04.2019 à 13h17

    Moi je m’interroge quand même sur ces médecins qui ont prescrit des substances qu’ils savaient rendre les gens dépendants en partie pour ne pas faire baisser leur note sur internet.
    En effet, les médecins sont notés aux US, à l’instar des chambres d’hôtes, et les médecins qui refusent de prescrire ce que les patients leur demandent sont mal notés par ces derniers…
    Cherchez l’erreur.

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    • Bibendum // 22.04.2019 à 13h45

      Bonjour Sandrine.

      Je ne vois pas d’erreur. De la pure logique libérale-libertaire. Le patient est roi et le médecin-fournisseur, entre deux conseils plus ou moins avisés, délivre la marchandise qui est à la base de son fond de commerce. La patient consomme ce qu’il a exigé et peut, si il lui reste 3 neurones à la fin du traitement, méditer ses choix et leurs conséquences.

      Libre arbitre, choix et conséquences sont un triptyque, ou trinité, qui régissent ce monde.

      Il est urgent de remettre sur le devant de la scène l’idée de principe, dont les principes universels. C’est un travail de chacun et de tous pour discerner puis cerner les écueils du vaste monde.

      Ambitieux projet j’avoue…

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      • Sandrine // 22.04.2019 à 14h59

        « Consentement » et « libre-choix » sont aussi des principes

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    • alain maronani // 22.04.2019 à 19h46

      En effet, les médecins sont notés aux US, à l’instar des chambres d’hôtes, et les médecins qui refusent de prescrire ce que les patients leur demandent sont mal notés par ces derniers…

      Une histoire a dormir debout…C’est une pratique marginale surtout fréquente chez ceux qui veulent se bourrer le pif…Il y a des médecins véreux aux USA comme partout mais de toute façon ces produits sont disponibles en-dehors du système de santé…des pharmacies…et c’est bien là le problème…

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  • alain maronani // 22.04.2019 à 19h42

    Lächez-nous avec vos indignations de circonstance…Cette famille n’est pas plus responsable que les autres sociétés pharma aux USA (ou ailleurs). Le prix de l’insuline a été multiplié par 10 récemment..Les USA sont les champions du monde pour l’obésité chronique, le diabète, les morts par armes à feu, le taux de suicide pour les hommes de 45 à 55 ans, la plus grande disparité pour la répartition de la richesse, le pays avec le système de santé le plus cher au monde (avec la Suisse..).
    Les USA sont aussi le premier client mondial pour tout ce que l’on peut fumer, s’injecter ou se mettre dans le pif…de produits illégaux. Pour cette gamme de produits ici…les décès par overdose…sont des décès par overdose justement. Ces produits sont utilisés comme des substitutifs à la cocaïne. ou a l’héroïne, pas le crack. Comme ce sont des produits légaux si vous êtes arrêté par la police vous ne risquez pas d’être poursuivi pour détention et consommation de drogues (80 % des gens en prison aux USA le sont pour cette seule raison).
    Les USA sont aussi dans les fonds du classement pour les décès en neo-natalité par rapport au nombre de naissances, la même chose pour les taux de décès juvénile…aucune prévention, aucun suivi médical.

    Et lâchez-moi avec les pauvres consommateurs victimes du système…

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  • Haricophile // 23.04.2019 à 12h46

    (80 % des gens en prison aux USA le sont pour cette seule raison)

    c’est pour cette raison que 80% des gens en prison sont majoritairement noirs ou en seconde position latinos. Tous ces gens pauvres et pas blancs sont avant tout des délinquants avec des comportements autodestructeurs, rien d’autre…. c’est juste un problème de race…

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    • alain maronani // 24.04.2019 à 16h50

      [modéré] les pauvres dans des états comme la Virginie Occidentale, la Louisiane, le Texas, sont aussi des pauvres blancs, pas seulement des noirs et les consommateurs caucasiens de drogues en prison sont représentés très largement…

      La population noire en prison représente 40 % des prisonniers donc vos élucubrations sont dénuées de tout fondement.

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  • Nanker // 23.04.2019 à 16h14

    L’anesthésiste qui m’a fait aller au pays de Morphée à la mi-2018 m’a certifié que tous ces produits ne rendent PAS accros s’ils sont prescrits pour des douleurs intenses.
    Traduction : prendre des opiacés de synthèse pour une tendinite est une belle connerie et va vous conduire droit vers l’addiction.

    A ce niveau qui est responsable? Le médecin qui vous donne une bombe atomique pour éteindre un feu de broussailles? Le patient qui dans 99% des cas ne lira PAS la notice d’utilisation du médoc?
    Si je me suis tordu le genou et que je lis que l’anti-douleur qui m’est prescrit est habituellement réservé aux cancéreux en fin de vie (ce qui est le cas du Fentanyl) j’aurai tendance à me poser qques questions et à ne pas gober ces cachets comme des bonbons…

    Et sinon nous on fait quoi à notre niveau franco-français? Les Sackler sont de grands mécènes de nos musées… on leur rend l’argent et on leur dit “zut”?
    Chiche? Ou pas chiche… Ca me ferait rire qu’ils fassent un gros chèque pour la reconstruction de Notre-Dame.

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  • Sybillin // 23.04.2019 à 17h01

    Ces morphiniques sont délivrés avec la bénédiction de la société : non seulement pour traiter la douleur physique fréquente dans une population défavorisée, souvent atteinte de pathologies multiples en relation avec le surpoids ,pour ne pas dire l’obésité ,(douleurs articulaires notamment), mais aussi pour oublier un mal être que la télé ne parvient plus à rendre tolérable.
    Les vendeurs gagnent beaucoup d’argent (loi numéro 1 aux US) mais il faut se poser la question : pourquoi cette déréglementation criminelle?
    Par ailleurs les laboratoires courent le risque d’une Class Action des consommateurs qui peut leur coûter très cher comme cela s’est vu dans un passé proche!
    Ce sujet est sur la table depuis au moins deux ans car j’ai lu plusieurs articles sur le sujet…on ne semble pas beaucoup avancer.

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