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28.avril.201828.4.2018 // Les Crises

En politique comme dans les entreprises, “les médiocres ont pris le pouvoir”, par Alain Deneault

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Source : Télérama, Alain Deneault, Michel Abescat, 07/12/2015

Propos recueillis par Michel Abescat

Sous le règne de la médiocratie, la moyenne devient une norme, le compromis domine : idées et hommes deviennent interchangeables. Il faut résister à la révolution anesthésiante, alerte le philosophe Alain Deneault.

C’est d’une « révolution anesthésiante » qu’il s’agit. Celle qui nous invite à nous situer toujours au centre, à penser mou, à mettre nos convictions dans notre poche de manière à devenir des êtres interchangeables, faciles à ranger dans des cases. Surtout ne rien déranger, surtout ne rien inventer qui pourrait remettre en cause l’ordre économique et social.

« Il n’y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l’incendie du Reichstag, et l’Aurore n’a encore tiré aucun coup de feu, écrit le philosophe Alain Deneault qui enseigne la pensée critique en science politique à l’Université de Montréal. Pourtant, l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »Explications.

Qu’entendez-vous par « médiocratie » ?

En français, il n’existe pas d’autre mot que celui de « médiocrité » pour désigner ce qui est « moyen ». « Supériorité » renvoie à ce qui est supérieur, « infériorité » à ce qui est inférieur, mais « moyenneté » ne se dit pas. Il y a pourtant une distinction sémantique entre la moyenne et la médiocrité, car la moyenne relève le plus souvent d’une abstraction : revenu moyen, compétence moyenne, c’est-à-dire une place au milieu d’une échelle de valeurs. La médiocrité, en revanche, est la moyenne en acte.

La médiocratie désigne ainsi un régime où la moyenne devient une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. C’est l’ordre médiocre érigé en modèle. Il ne s’agit donc pas pour moi de stigmatiser qui que ce soit, mais plutôt de comprendre la nature de cette injonction à être médiocre qui pèse aujourd’hui sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l’être.

Quelle est cette injonction ? D’où vient-elle ?

La médiocratie vient d’abord de la division et de l’industrialisation du travail qui ont transformé les métiers en emplois. Marx l’a décrit dès 1849. En réduisant le travail à une force puis à un coût, le capitalisme l’a dévitalisé, le taylorisme en a poussé la standardisation jusqu’à ses dernières logiques. Les métiers se sont ainsi progressivement perdus, le travail est devenu une prestation moyenne désincarnée.

Aux yeux d’un grand nombre de salariés, qui passent de manière indifférente d’un travail à un autre, celui-ci se réduit à un moyen de subsistance. Prestation moyenne, résultat moyen, l’objectif est de rendre les gens interchangeables au sein de grands ensembles de production qui échappent à la conscience d’à peu près tout le monde, à l’exception de ceux qui en sont les architectes et les bénéficiaires.

A l’origine de la médiocratie, vous insistez également sur la montée en puissance de la « gouvernance »…

C’est le versant politique de la genèse de la médiocratie. D’apparence inoffensive, le terme de gouvernance a été introduit par Margaret Thatcher et ses collaborateurs dans les années 80. Sous couvert de saine gestion des institutions publiques, il s’agissait d’appliquer à l’Etat […]

 

Suite à lire sur : Télérama, Alain Deneault, Michel Abescat, 07/12/2015

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Fabrice // 28.04.2018 à 06h55

On peut voir une bonne illustration de cette médiocratie dans cet article de Marianne qui signalait que même le jury de l’ENA s’inquiétait du niveau des candidats (bon cela a commencé avant vu que cette école est une boîte à formater) mais pour que l’on franchisse le stade du constat alarmiste cela signifie beaucoup :

https://www.marianne.net/societe/le-jury-de-l-ena-decrit-des-candidats-moutonniers-incapables-de-penser-par-eux-memes

Ce qui m’inquiète c’est que nous avons promu comme dirigeants réels de l’Europe les rois de la médiocratie à la commission européenne, qui promeuvent ce système décrit dans ce texte et dans cette intervention :

https://youtu.be/Kus6n75VbAk

ces médiocrates on transformé en cauchemar une belle idée, rendant impossible en Europe l’émergence d’une nouvelle société qui aurait pu servir de modèle en une technocratie qui se vend au plus offrant.

Le pire c’est que l’on est poussé à être médiocre pour être accepté, je suis convaincu que la perte de sens qui pousse bon nombre à quitter de bons postes ou une bonne part des burn out sont liés à ce syndrôme.

106 réactions et commentaires

  • Fabrice // 28.04.2018 à 06h55

    On peut voir une bonne illustration de cette médiocratie dans cet article de Marianne qui signalait que même le jury de l’ENA s’inquiétait du niveau des candidats (bon cela a commencé avant vu que cette école est une boîte à formater) mais pour que l’on franchisse le stade du constat alarmiste cela signifie beaucoup :

    https://www.marianne.net/societe/le-jury-de-l-ena-decrit-des-candidats-moutonniers-incapables-de-penser-par-eux-memes

    Ce qui m’inquiète c’est que nous avons promu comme dirigeants réels de l’Europe les rois de la médiocratie à la commission européenne, qui promeuvent ce système décrit dans ce texte et dans cette intervention :

    https://youtu.be/Kus6n75VbAk

    ces médiocrates on transformé en cauchemar une belle idée, rendant impossible en Europe l’émergence d’une nouvelle société qui aurait pu servir de modèle en une technocratie qui se vend au plus offrant.

    Le pire c’est que l’on est poussé à être médiocre pour être accepté, je suis convaincu que la perte de sens qui pousse bon nombre à quitter de bons postes ou une bonne part des burn out sont liés à ce syndrôme.

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    • Brigitte // 28.04.2018 à 08h20

      Mais quelle était donc, Fabrice, cette belle idée européenne qui aurait été entachée entre les mains des médiocrates? Et quelle était donc cette nouvelle société qui y aurait pris sa source? Une société sans nations avec pour seul bréviaire le catalogue des normes et des décréts? je crains que vous vous raccrochiez à une illusion entretenue par les pouvoirs en place (politiques et médiatiques), cad une propagande, comme quoi l’union sacrée allait nous apporter la paix, la prospérité et nous débarrasser en prime de tous nos maux nationaux, d’origine latine pour la plupart, incarnant le paganisme vu du nord.
      J’avoue ne pas avoir lu le livre mais le concept m’interpèle.
      Médiocratie et technocratie, sont-elles les deux mamelles de l’oligarchie et/ou de la démocratie représentative? les deux mon président!
      Diviser pour mieux régner, pantoufler pour mieux servir, les talents sont un peu bridés dans un système fermé comme l’est celui de l’UE, ayant pour mission de réguler plutôt que de créer.
      Il me parait évident que tout cela était déjà dans l’oeuf, l’UE n’ayant pour objectif que de faire rempart au communisme et d’être la courroie de transmission du libéralisme anglo-saxon salvateur vers les pays de l’est.
      Il me parait évident aussi que la lutte contre le nazisme n’était pas la priorité des américains mais s’ils n’étaient pas intervenus, probablement les soviétiques auraient gagné la guerre à leur place et le communisme avec.
      Mission accomplie donc.

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      • Fabrice // 28.04.2018 à 14h21

        Une Europe de coopération qui permettait des grands projets impossible à faire qu’au niveau international genre airbus (étrangement plus rien de ce genre), coopération environnementale, lutte contre les mafias ,… Tout en respectant les spécificités si si c’était possible mais ce n’est pas cette optique qui a gagné le “projet européen “.

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        • K // 28.04.2018 à 18h36

          Je suis d’accord avec votre commentaire initial. Mais pour enfoncer le clou, je ferais remarquer qu’Airbus etait a la base un consortium d’avioneurs, francais pour la plupart. Tout comme le programme Ariane. D’ailleur, aucun de ces 2 fleurons n’a ete enfante par l’UE, d’ou leur reussite. Aucun projet de cooperation international ne necessite un niveau d’integration qui justifierait l’existance de l’UE : il suffit de constater que tous les projets internationaux qui marchent sont etrangers a l’UE : Airbus, Ariane, Station spatiale internationale, CERN, ITER…

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          • ledufakademy // 29.04.2018 à 01h12

            ITER ? renseignes toi.
            z-machine Lockheed Martin

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          • RORO // 01.05.2018 à 19h54

            il suffit de constater que tous les projets internationaux qui marchent sont etrangers a l’UE : Airbus, Ariane, Station spatiale internationale, CERN, ITER…
            Tous sauf ITER qui fait suite au JET à Culham (GB) et TORE SUPRA (CEA Fontenay aux Roses)

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        • Brigitte // 29.04.2018 à 19h49

          Les pays puissants sont ceux qui ont de l’espace et une population importante car cela créé un marché intérieur qui dynamise l’économie. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante. Il faut aussi un tissu social bien structuré pour faire tourner l’économie.
          L’idée du marché commun européen était sensé apporter de la croissance. Pourquoi cela n’a pas marché?
          D’abord car l’Europe est un ensemble de nations millénaires qui ont leur propre culture et qui ne peuvent être nivelées sur une base économique. Cette interdépendance de nations qui se sont construites de haute lutte sur l’idée d’indépendance nationale est un contre sens historique.
          Ensuite car l’UE nie la dimension européenne, ce que nous avons en commun, un voisinage, un cousinage parfois, pour ne garder que celle d’un espace apatride sans frontière alimenté par le seul objectif de se faire une place dans la mondialisation.

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      • Sandrine // 28.04.2018 à 16h50

        L’idée européenne au départ était basée sur la volonté d’éviter l’affrontement entre impérialismes européens. Mais sans remettre en cause le principe capitaliste… donc l’imperialisme… et son sacro-saint principe de guerre pour gagner les marchés et exploiter les ressources (étant entendu que les travailleurs sont une partie des ressources).
        L’Europeisme ne vaut pas mieux que le nationalisme : l’un et l’autrès ont la guerre pour principe. Mais l’Europeisme est moins démocratique que le nationalisme car il est fondé sur la segmentation et la mise en concurrence des peuples et des communautés.

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    • thecis // 28.04.2018 à 08h38

      C’est surtout qu’aujourd’hui on cherche à former des consommateur pour soutenir la sacro-sainte croissance. L’esprit critique développé contrecarrererai ce dessein. Du coup on coupe tout ce qui dépasse.

      Au final, on se dirige doucement mais sûrement dans un monde orwellien. Preuve en est les simplifications de vocabulaire qui ne permettent plus aux individus de penser car ils ne peuvent plus matérialiser les concepts. À ça, on saupoudre un peu de divertissement à la Huxley pour noyer le poisson.

      Par ailleurs, ça explique en partie la décadence du système scolaire.

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      • V_Parlier // 28.04.2018 à 17h36

        Pas faux, mais former des consommateurs ne suffit pas car on ne peut pas tous les subventionner. Il faut que certains travaillent encore dans la mesure du possible. Depuis 30 ans j’ai constaté une mise en place très progressive (avec accélération durant les dix dernières années) de la médiocratie dans le domaine de l’industrie et de la R&D. Bureaucratisation extrême, processus standards à suivre laissant peu d’initiatives, de sorte à ce que les gens soient interchangeables et soient juste assez passables, tant que le diplôme correspond au poste. Le phénomène que j’appelle la “pyramide inversée” (d’abord venu des USA et de l’Allemagne) a consisté ensuite à inverser les proportions responsables/collaborateurs, de sorte à ce qu’on trouve un grouillot seul en guise d’équipe rapportant à trois responsables pas foutus de se mettre d’accord, et passés à ce poste au plus vite pour masquer leur incompétence. Même si ce phénomène est abondant dans les sociétés capitalistes il faut cependant reconnaître que ce dernier n’en a pas l’exclusivité. Beaucoup de pratiques en vigueur aujourd’hui dans les grosses boites privées ont existé dans les pays soviétiques (les plans d’objectifs personnels bidons, l’hyper-bureaucratisation, la dilution des responsabilités, la politique du “Entre A,B et C je ne me mouille pas pour choisir, alors fais les 3 à la fois, grouillot”, mais peut-être moins la pyramide inversée, phénomène lié aussi à la délocalisation). Je trouve donc que l’article est excellent.

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  • Evariste // 28.04.2018 à 07h03

    Article remarquablement clair sur ce qu’est la “gouvernance”. En particulier il éclaire sous un angle très pertinent les objectifs de la politique actuelle de l’éducation en France (et dans l’UE)…
    Merci OB de l’avoir déniché!

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    • Bordron Georges // 28.04.2018 à 16h45

      Cette théorie se rapproche beaucoup de celle de Roland Gori sur l’Imposture. Elle d’ailleurs, moins claire et moins complète que celle de Roland Gori.

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    • V_Parlier // 28.04.2018 à 17h41

      Il faut reconnaitre qu’avec des gouvernements étant déjà le résultat de cette politique d’éducation, on ne pouvait espérer autre chose.

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  • Christian Gedeon // 28.04.2018 à 07h13

    Telerama,Montréal, et bien entendu des banalités dites et redites. Juste une question: si effectivement il n’y a que des médiocres au sommet,on est fondé à se demander pourquoi les “supérieurs” ont disparu ou sont tombés aussi bas. Quant à classer le monde en trois catégories,les supérieurs,les médiocres et les inférieurs ,ça laisse rêveur…mais que vient faire Telerama sur les Crises?

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    • Catalina // 28.04.2018 à 09h25

      Christian,

      Peut-être parce que les autres médias ne se risqueraient pas à publier du Alain Deneault ?
      Leur médiocrité les en empêche aini que leurs commanditaires ou propriétaires.

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      • christian gedeon // 28.04.2018 à 09h40

        Oser publier? Il est largement publié et a même eu droit à son émission sur Arte,chaîne officielle du libéralisme européen. Et on ne l’entend pas s’attaquer aux accommodements raisonnables ,devenus communautaires et archi libéraux de Trudeau,probablement refroidi par l’affaire Braco. Alors s’attaquer à l’extrême -centre de Macron ,OK,pourquoi pas? Mais bon,c’est un peu enfoncer des protes ouvertes,non?

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        • Ben // 28.04.2018 à 10h13

          Il n’a pas eu l’occasion de s’exprimer sérieusement sur Arte, l’atmosphère de badinage pseudo culturel entretenu par les professionnels de la distraction qui le recevaient neutralise tout propos dissident. Pour ce qui est de son opinion sur Trudeau, vous êtes mal renseigné.
          Si on veut écouter Deneault avant de le lire, je recommande un excellent entretien dont j’ai souvenir avec Aude Lancelin. Ça doit encore se trouver sur youtube.

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          • Ben // 30.04.2018 à 22h37

            Coïncidence, je trouve aujourd’hui lundi 30 un autre entretien avec Aude Lancelin diffusé aujourd’hui sur la chaîne Le Media. Très recommandé par conséquent.

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        • TuYolPol // 28.04.2018 à 11h55

          Je vous comprends, néanmoins ce qui est intéressant c’est justement qu’il émerge. Extrême centre, médiocratie et totalitarisme pervers sont des concepts pertinents. De plus ses enquêtes sur Total sont solides.

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      • Alfred // 28.04.2018 à 10h11

        Ce qui est interpellant c’est que c’est le discours à la mode du moment de cette même mediocracie (enfin sa fraction avant gardiste). Ainsi Marianne et Télérama s’accordent sur l’émergence du règne des médiocres (qu’ils ont contribué à faire advenir). Ils ont au moins un talent d’écoute et ils retransmettent les préoccupations du lectorat dont forcément depuis Sarkozy au moins une portion se demande (à tour de rôle avec les autres): “sont ils si pourris où sont ils si nuls?” À ” l’avant garde” bien pensante de la révolution de l’immobilisme il fait bien rendre compte de cela. Maintenant c’est surtout pour n’en rien faire. Bientôt ce sera un “même” désarmé et desarmant. Le prochain titre de Télérama : “Idiocy us the new black”. Etc….

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    • caliban // 28.04.2018 à 21h10

      @Christian Gedeon

      Je vous rejoins sur la banalité du propos. Et même sur ce qui peut apparaître comme une erreur d’analyse des phénomènes qu’on observe aujourd’hui dans le monde du travail.

      Pour citer un cas. L’auteur parle du taylorisme comme le processus de standardisation initié au début du XXe siècle (jusque là tout va bien) et qui aurait abouti aujourd’hui à cette exigence de “médiocratie”. Et c’est là qu’il semble avoir loupé un épisode :
      • certes le taylorisme existe encore, mais il est loin de concerner la majorité des salariés
      • la plus grande part des salariés est tertiaire et à ce titre soumise aux techniques managériales (made in US)

      Pour résumer celles-ci font sortir l’employé de son statut de simple exécutant d’ordres hiérarchiques à celui d’acteur responsable (= qui doit rendre des comptes) des résultats de l’entreprise. Le paradigme pour reprendre la comparaison d’Alain Supiot n’est plus l’engrenage de Charlot mais celui de la mise en réseau des salariés. Dans les deux cas l’employé est un pion éjectable, mais désormais il est considéré comme responsable de son échec (d’où l’apparition des “burn out” etc.)

      S’il y a donc bien un phénomène de “médiocratie”, entendu comme un ensemble où aucune tête ne doit dépasser, c’est parce qu’on a réussi à imposer aux salariés – via le management – leur auto-contrôle.

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      • Bouddha Vert // 28.04.2018 à 23h54

        Cela ne s’est pas imposé qu’aux salariés, il me semble qu’il existe une réalité sous-jacente, c’est que les politiques n’ont plus rien sous la pédale de la croissance, on est a fond et, de toute manière, cela provoque pollutions et déplétion accélérée sur nos ressources…
        Depuis que nous sommes sous les 5% de croissance annuelle, ça se dégrade…
        Parce que le modèle est fondé sur la satisfaction du désir et l’infantilisation dans l’acte de consommation.

        En fait, nous disposons de plein de personnages qui nous indiquent d’autres voies, mais ils n’ont pas le micro.
        Ou leur discours, par manque de culture sur le sujet, apparait comme trop énorme pour être réfléchi.
        Si on éclaire des médiocres, c’est parce que la lumière va vraiment nous faire mal, nous la fuyons, et ce n’est pas une parabole.

          +3

        Alerter
    • astap66 // 29.04.2018 à 08h49

      Non, le livre vaut vraiment la peine d’être lu.
      Médiocre ne veut pas dire “mauvais” mais “moyen”.
      Marx a déjà décrit ce processus dans la division manufacturière du travail.
      Et ce qui est décrit, je l’ai vu mettre en oeuvre dans la grande distribution.
      Ainsi, dans ce secteur, ils ont massivement, dès le début des années 2000, licencié ou cessé d’embaucher des vendeurs qualifiés pour les remplacer par des ELS (employé libre service) multitâche, multifonctions, aisément remplaçables les uns par les autres.
      Les anciens “vrais” VRP, aux commissions confortables, excellents vendeurs mais presque totalement autonomes ont été remplacés par des agents commerciaux peu payés, moins bons individuellement mais aisément interchangeables.
      C’est le mode de production qui veut cela.
      Le capital a besoin de contrôler et la main d’oeuvre doit être maitrisée.

        +7

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  • Nerouiev // 28.04.2018 à 07h28

    Et pour couronner cette mediocratie, un ensemble de diplômes pour augmenter l’interchangeabilité dans la série des ISO 9000, 14000 etc. pour faire croire à la compétence.

      +17

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  • DUGUESCLIN // 28.04.2018 à 07h35

    Les médiocres au pouvoir sont facile à reconnaître. Ils se prennent pour des gens importants et méprisent ceux “qui ne sont rien” ou “sans dents”.
    Ils font tout pour empêcher de parler ceux qui réfléchissent et risquent de dévoiler leur médiocrité. Quant à ceux qui ont un vrai projet pour la France, ils sont réduits au silence ou trainés dans la boue, accusés notamment de “complotisme” et de toutes sortes de “phobismes”.
    Les médiocres sont intellectuellement paresseux et sont soumis au pouvoir mondialiste de la finance dont ils espèrent quelques récompenses. Les médiocres renoncent aux projets constructifs et à la lutte, ils ne font que mettre en application la vision du monde de leurs maîtres. Ils confondent combat et agressivité. Faute d’autorité ils sont autoritaristes. Ils n’aiment qu’eux-mêmes et l’image qu’ils en ont ou croient avoir. Ils sont tout dans une réussite éphémère, égoïste et narcissique, et les autres ne sont rien.

      +108

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    • dak // 28.04.2018 à 10h38

      Plus que vrai,
      Voir http://www.biospherepourdemain.org
      depuis 1989 impossible de franchir le mur du … son.
      malgré des actions et démarches incessantes.
      Parfois même des publicités payantes refusées … sans raison évidemment.

        +1

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    • Touriste // 28.04.2018 à 13h19

      Bonjour,
      On parie que le sens du mot “médiocre” sera dévoyé par quelques mercenaires de la publicité au profit du besoin d’appartenance ? “Je suis médiocre donc je suis citoyen” qui deviendra au final “Je suis médiocre donc je suis”
      Mais il y a une apparente contradiction : les “médiocres” arrivant aux plus hautes fonctions des entreprises et des états, excellent dans l’art du léchage du sillon fessier (dans le sens du poil) et dans l’écrasement d’autrui. C’est tout un art, un savoir-faire, un métier débouchant sur toute une carrière très rémunératrice pour les plus doués.
      Comment des “médiocres” aussi compétents dans le domaine de l’escroquerie (intellectuelle ou non), de la fausseté et du parasitisme seraient-ils médiocres ?

        +4

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  • Denis Monod-Broca // 28.04.2018 à 08h23

    Bravo !
    Bien pensé et bien dit !
    « […] si on réinjecte du sens là où il n’y en a plus, quitte à être marginal, on avance politiquement. Ce n’est pas un hasard si le langage lui même est aujourd’hui attaqué. Rétablissons-le. »
    Que c’est juste !
    Rétablissons le langage, ressuscitons le sens ! Tout en découle…

    Je ne m’étais pas fait cette réflexion de l’omniprésence de la médiocrité. Pourtant tous ces appels, aussi automatiques que ridicules, à « l’excellence » auraient dû résonner comme une alarme, nous mettre la puce à l´oreille : ils sont des appels cachés, mais au fond limpides, à la docilité, au conformisme, en un mot à la médiocrité… évidemment !

      +12

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    • Catalina // 28.04.2018 à 09h02

      Bonjour,
      Et comme pendant inéluctable à cette médiocrité, les lêches-bottes, pour rester polie, sont sans cesse mis en avant tandis que ceux qui critiquent sont ostratisés.

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      Alerter
  • Ben // 28.04.2018 à 08h24

    Sur le sujet, voir également “La fabrique des imposteurs” de Roland Gori. Cela dit, Deneault est un type tout à fait excellent dont il faut suivre le travail.

      +12

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    • fanfan // 28.04.2018 à 11h53

      J’en profite pour vous renvoyer à “De quoi Total est-elle la somme? Multinationales et perversion du droit” d’Alain Deneault :
      “En se penchant sur le cas d’école de la multinationale Total, active dans plus de 130 pays, Alain Deneault montre comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l’Afrique à des fins d’exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et des représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d’interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques en tirant profit de dettes odieuses, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques pourtant souverains en théorie, de nier des assertions de façon à épuiser des adversaires judiciaires, d’asservir des populations et de régir des processus de consultation…
      http://ecosociete.org/livres/de-quoi-total-est-elle-la-somme

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    • fanfan // 28.04.2018 à 12h04

      Ses livres : http://ecosociete.org/livres?author=12

      Ruth Stégassy, émission “Terre à terre” :
      – “L’industrie minière mondiale” avec William Sacher et Alain Denault, auteurs de “Paradis sous terre : comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale”. Lien : http://terreaterre.ww7.be/l-industrie-miniere-mondiale.html
      Effrayant au regard du TAFTA !
      – “Noir Canada” avec Alain Deneault auteur de « Noir Canada, corruption et criminalité en Afrique » (Ecosociété, 2008). Lien : http://terreaterre.ww7.be/noir-canada.html

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  • Sam // 28.04.2018 à 08h30

    C’est la verticalité de cette médiocrité qui est intéressante : il ne s’agit pas de nos dirigeants perchés à Bruxelles ou Paris, mais de tous nos dirigeants jusqu’à l’échelle locale. Commerces, entreprises, administrations médiocres sont les piliers de l’Etat médiocre.

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  • schuss // 28.04.2018 à 08h43

    sans avoir lu l’article je plussois a 100%. les Mediocres connaissent intuitivement leur faiblesse et font tout ce qui est necessaire pour la cacher aux yeux des autres. Au contraire, les justes connaissent parfaitement leur faiblesse et font tout pour s’améliorer sans se preoccuper de savoir si le reste du
    monde les observe. j’en connais un qui n’arrete pas de se regarder dans le miroir des medias et annonce a tous qu’il est jupiter alors qu’il grime hermes, le protecteurs des camelots…

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    • marie // 28.04.2018 à 09h58

      “les Médiocres connaissent intuitivement leur faiblesse et font tout ce qui est nécessaire pour la cacher aux yeux des autres”
      Exactement: et pour la cacher toute leur stratégie notamment dans les entreprises consiste à promouvoir tous ceux qui ne seront pas susceptibles de leur faire de l’ombre.C’est la base du système de promotion de la médiocrité .

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    • Paul // 28.04.2018 à 10h03

      Moi je préfère ÉOLE ; mignon courant d’air de lieux d’aisance.

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    • Vjan // 28.04.2018 à 21h10

      “sans avoir lu l’article je plussoie a 100%”

      @schuss, je ne voudrais pas être désagréable mais la médiocrité commence avec la paresse intellectuelle.
      Les-Crises sont un site sérieux et le niveau des commentaires est généralement élevé. Cela me paraît le minimum que de lire intégralement les articles que l’on commente.

        +7

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  • BernArd retraité insoumis // 28.04.2018 à 08h58

    Pour les d’jeunes, souvenez-vous d’avant 1998…
    le monde allait se renverser !

    Ce que nous n’avions pas compris, c’est que ce n’était pas le monde, mais les “gens” !

    Ce philosophe prend la mesure de ce que beaucoup, comme mi 😉 , avaient “déduit”, depuis quelques décennies, et pas seulement les derniers zozos… que nous sommes dirigés par des incompétents…

    il doit y avoir des entreprises qui sont dirigées par des compétents, mais elles doivent surement se cacher…
    surtout pas se retrouver dans le collimateur de ces zozos…

    niveler par la moyenne… 🙁

    cela se retrouve même dans la santé ;
    “ah… vous n’avez pas la moyenne dans votre analyse sanguine… faut prendre ces s@@@rie de médocs… !”

    Alors, soit, nous nous laissons faire, soit nous faisons de la “résistance”…
    mi, “j’résiste” du mieux que je peux…

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  • Araok // 28.04.2018 à 09h06

    La bonne gouvernance des experts…une illustration : la réorganisation de la SNCF par la ministre précédemment en charge, pendant 10 ans, de la vision stratégique de cette même SNCF. De qui se moque-t-on?
    Et puisque je suis sur cette société, n’oublions pas que sa désorganisation date du temps où Louis Gallois, grand donneur de leçons, en était le PDG.

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  • LBSSO // 28.04.2018 à 09h16

    « Les singes ,l’énarque et le caïd », Michel Audiard.

    – « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire » , semble nous enseigner les trois petits singes de la sagesse.
    – « P.D.V.M.V.P.D.V » : pas de vagues, mon vieux, pas de vagues , telle est l’étrange devise de l’ENA rapportée par Adeline Baldacchino .
    – « Jouer le jeu » : devise d’origine mafieuse comme le rappelle A Deneault.

    Retour de manivelle : l’explosion des inégalités , par l’insécurité sociale qu’elle engendre, pousse à l’immobilisme du conformisme et non à la prise de risque. Un comble pour un libéral !

    « Quand tu dis “midi”, elle a faim. Quand tu dis “j’ai soif”, elle a la gorge sèche. Il suffira que tu dises “j’ai chaud”, pour qu’elle retire sa chemise. »
    Dans le film « Retour de manivelle » ( Michel Audiard).

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  • TC // 28.04.2018 à 09h24

    Ah, la médiocrité ! Notre société moderne transpire la médiocrité, non seulement dans la pensée critique qui ne l’est plus, dans la politique qui n’en fait plus, dans l’éducation qui ne produit que des illettrés ou presque mais aussi dans ce qu’elle produit de consommable, un comble dans une société vouée entièrement à la consommation. Les arts, si on peut encore les appeler ainsi, les produits qu’on nous vend, les services qu’on nous offrent, tout est infesté, contaminé par la médiocrité.

    Il vaut mieux relire un bon livre, revoir un bon film, réparer sa vieux frigo ou sa vieille voiture, cultiver ses légumes plutôt que de subir les navets prolifères, l’obsolescence programmée et la bouffe industrielle.

    Le plus terrible, c’est que les gens d’un certain âge se rendent compte de tout ça mais les jeunes….

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  • Maxhno // 28.04.2018 à 09h45

    La médiocrité n’est qu’un symptôme parmi d’autres du déficit chronique de l’homme moderne dans la revendication de son individualité, nous avons peut-être séparé l’église de l’état mais nous n’avons pas pu empêcher l’état de devenir l’église.
    Le terme gouvernance n’est telle pas le début d’une construction mystique ou le divin serait présent au sein même de nos institutions, cela pourrait expliquer le manque d’esprit critique face à la montée en puissance des petits et grands inquisiteurs que la pauvreté de l’enseignement a fini par produire.

      +5

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    • Sam // 28.04.2018 à 10h01

      La médiocrité est peut être l’acte fondateur de la pensée bourgeoise : des roturiers, vulgaires et cupides, qui renversent les rois mais garderont un complexe d’infériorité. Ils ont fait le monde à leur image : petit, froid et mesquin. Et sans rien de plus que la corruption pour justifier leur domination, ils tremblent de peur à la moindre alerte, unanimes pour défendre les “valeurs” d’une société qu’ils confondent avec les valeurs de leurs portefeuilles.

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    • Madudu // 28.04.2018 à 10h39

      Le starets Zosime, dans “Les frères Karamazov”, dit que ce n’est pas à l’Église de devenir un état mais à l’état de devenir une église. “Une” église et non l’Église, et une église terrestre (le pouvoir temporel).

      Ce que nous n’avons pas empêché c’est qu’une idéologie qui fait appel à la transcendance, qui donc n’est pas terrestre, s’est emparée de l’état. Cette idéologie aujourd’hui c’est le néolibéralisme, qui entend soumettre les peuples contre leur gré à ce qui doit faire leur bonheur contre leur gré, par le mensonge, la manipulation et l’usurpation.

      À ce propos, relire les chapitres où Ivan et Aliocha se découvrent. C’est au moment où Ivan se prépare à partir et où Aliocha se prépare à quitter le monastère, le starets étant sur le point de mourir. Dans ces chapitres Ivan fait une descriptions étonnante de lucidité sur l’état d’esprit actuel de l’oligarchie occidentale.

      Ce n’est pas une idéologie adoptée par un état au service de ses fonctions, qui sont terrestres, mais une idéologie qui s’est emparée des moyens de l’état : nous n’avons pas empêché qu’une certaine église soit devenue un état.

      Au contraire des russes, qui en maintenant vivant l’héritage de l’église orthodoxe de Russie maintiennent également l’état dans ses fonctions terrestres. Chez eux l’état est au service des choses terrestres, l’église au service des choses supra-terrestre, et les vaches sont bien gardées.

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  • CHLéO // 28.04.2018 à 10h35

    Cette médiocrité a été parfaitement illustrée par les politiciens, PS et LREM surtout, présents lors de l’émission “Dans la gueule du loup” de Jacques Cotta, sur le Média, consacrée à la Syrie et aux bombardements récents commis par Etats-Unis, France et GB.

    Leurs discours confus et leur rabâchage sans nuance aucune de la propagande atlantiste (à l’exception du représentant de Debout la France) ont démontré une fois de plus la chute vertigineuse du monde “politique” français, dans sa majorité actuelle, dans une sorte de trou noir dont on peut se demander s’il sera encore possible d’en sortir un jour. J’avoue que le vide sidéral qui s’exprime à travers ces gens me fait peur pour mon pays. C’est gravissime.

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    • Ben // 28.04.2018 à 12h22

      Je viens de regarder l’émission et c’est effectivement inquiétant. La bêtise crasse de ces gens est largement supérieure à leur malhonnêteté intellectuelle.

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      • TuYolPol // 29.04.2018 à 00h01

        C’est extrêmement frustrant et même violent d’entendre ces politiciens s’obstinant à esquiver les doutes les plus évidents, et continuant à tenir des discours moraux qui s’effondrent et se retournent par leurs prémisses fausses.

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        • CHLéO // 29.04.2018 à 13h29

          Surtout de prétendre, contre toute évidence, à la position centrale de la France à la suite de ces bombardements, alors que nous sommes, tant sur le plan militaire que diplomatique, complètement décrédibilisés ! Et la visite de Macron à Washington n’a pas arrangé les choses.

          Nous sommes confrontés,il me semble, à un déni complet de la réalité de la part du monde “politique” qui obéit en cela aux méthodes des USA dont on ne sait que trop bien ce que valent les narrative (cf Irak, Libye, Syrie, Afghanistan, etc… etc…).

          Et dire que tous ces médiocres risquent de nous mener à une confrontation frontale avec la Russie par incompétence, ignorance et bêtise crasse…

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  • max // 28.04.2018 à 10h50

    Dans le groupe automobiliste ou je travail, j’ai l’opportunité de côtoyer nombre de ces médiocres ayant du pouvoir.
    Ils tiennent leurs pouvoirs par délégations du conseil d’administration et des actionnaires majoritaires.
    Leur obéissance tiens lieu de compétences, ils sont entourés de salariés compétents dans leurs domaines spécifiques et les traitent comme des cabots.
    C’est irréaliste de voir ces clampins, qui passent de boites en boites, donner des ordres a des ingénieurs.
    Ils ont fait de leurs ignorances un art de gouverner.
    J’ai vu comment pour de simples raisons d’obéissances, ils ont ruiné les capacités industrielles du groupe ou je travail.
    Ils ont a un moment donné reçus l’ordre non plus de faire en interne les composants des véhicules (Ponts, essieux, châssis, boites de vitesses, moteurs) mais d’y acheter a l’étranger, en Chine.
    Ces cons, ils l’ont fait, on a perdu, les ingénieurs, les techniciens, les ouvriers hautement qualifiés d’une manière irréversible.
    Les arguments des médiocres étaient que les brevets étaient en France et pas en Chine, sauf que les chinois avaient déjà contourné les brevets.
    Les usines ont fermé, le nombre de salariés divisé par quatre, les chinois contrôlent les pièces de rechanges, seul la partie finale, c’est-à-dire le montage, est faite en France bénéficiant ainsi du label made in France.

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  • Marc // 28.04.2018 à 11h32

    Ce constat est tres juste et il s’illustre selon moi parfaitement dans le fiasco récent des frappes occidentales en Syrie : la médiocrité imposée dans les universités freine la recherche scientifique… (on constate que “la communauté scientifique” =occidentale, est partagée sur la validité des fondements de la mecanique quantique cf Wikipedia, résultat de la philosophie materialiste incontournable chez nous… on evoque en fac de medecine en 2 heures l’effet placebo, alors que les médecines traditionnelles sont incontournables dans les programmes en russie chine inde et iran… médecines enseignant que l’état d’esprit et le rayonnement magnétique du corps humain sont fondamentaux, concepts quasi inconnus chez nous… etc)

    On rajoute l’inertie des programmes d’armements qui ne se remettent pas en question alors que les brouillages électroniques russes sont constatés depuis 3 ans et l’arrivée des russes en Syrie… les responsables de notre armements etant corrompus par la finance..

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  • fanfan // 28.04.2018 à 12h14

    Une tyrannie…

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  • Phil du sud // 28.04.2018 à 12h15

    Merci ‘Les crises’ pour m’avoir présenté ce texte et fait connaître son auteur que je vais m’empresser de lire in extenso.
    C’est toujours un moment de joie quand je lis sous les mots d’un autre, parfaitement exprimées, les idées qui trainent confusément dans mon cerveau depuis longtemps mais que faute de connaissances, de compétences, de temps, je suis incapable de formuler clairement.
    Que c’est agréable de lire des phrases, qui ont vraiment un sens et qui ne sont pas dites juste pour faire du bruit, pour occuper des minutes de cerveaux disponibles. L’autre jour, j’ai entendu Comte-Sponville dire que le bonheur c’est quand la joie est possible, alors aujourd’hui je suis heureux.

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  • JBB // 28.04.2018 à 12h49

    Sans oublier la médiocrité des pseudos intellectuels de gauche qui idéalisent le communisme alors que l’histoire a démontré sa complète inefficacité. Qui pensent que la France est une dictature mais la Chine une démocratie, que le Canada ou la Suisse sont des enfers ultralibéraux, mais Cuba un paradis socialiste. Que nos dirigeants dont des crétins finis contrairement à Bachar ou Poutine. Qui prônent en même temps l’augmentation du pouvoir d’achat et la décroissance…

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    • Ellilou // 29.04.2018 à 15h18

      Quelques noms de pseudo-intellectuels de gauche prônant les idées que vous avancez? Parce que là votre commentaire est peu clair…Merci! Et quant à Cuba, où je viens de passer quelque temps, ça n’est certes pas un “paradis” mais tenant compte du blocus (ou embargo, choisissez…) qu’ils subissent de la part de leur encombrant et violent voisin, ce qu’ils arrivent à faire (population alphabétisée et éduquée, qualité des soins médicaux, j’en passe et des meilleures) est tout simplement admirable.

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      • JBB // 30.04.2018 à 00h02

        C’est quand même étonnant le nombre de Cubains qui cherchent à se barrer de la-bas .
        http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/01/15/hausse-continue-du-nombre-de-cubains-tentant-de-gagner-les-etats-unis-par-la-mer_4847713_3222.html
        Si j’en crois le lien ci-dessous environ 10% des Cubain se sont barrés aux USA.
        https://www.populationpyramid.net/migrants/fr/cuba/2013/

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        • riton // 30.04.2018 à 17h00

          Idéaliser le communisme ? Quelle idée ! En France, en 1946, ils ont créé la sécu, le régime général de retraite, le statut de la fonction publique avec les services qui vont avec … Pas de quoi casser trois pattes à un canard !

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          • TuYolPol // 01.05.2018 à 18h08

            Non, ça c’est la dette écologique qui sera payée par ceux qui viennent. Tout ce qui est déterioré et qui ne se reconstitue pas ou lentement. À l’inverse, les services de santé et de solidarité intergénérationnelle sont des flux de travail humain qui se reconstituent à volonté. La notion de dette n’est ici qu’un effet d’appropriation par le secteur financier, une fabrication comptable largement arbitraire. L’effacement d’une dette financière est parfaitement négociable, l’effacement d’une dette écologique est impossible.
            Lorsqu’on parle de retraite par capitalisation, par exemple, on tombe dans le panneau : alors que la liquidation de toute retraite revient toujours à répartir la valeur ajoutée contemporaine de cette liquidation entre actifs et inactifs, avec les mêmes effets de masse et les mêmes contraintes que la répartittion négociée, on nous fait gober des tours de magie rassurants comme si on mettait du pain frais au coffre-fort pour nos vieux jours. Dans l’intervalle, le pouvoir est passé dans les mains des fonds de pension, la négociation nationale a du plomb dans l’aile, et plus personne n’est responsable puisque c’est la vie de la finance. Pauvres cloches crédules que nous sommes après 30 ans à désapprendre la solidarité. Bien fait pour nos gueules, on n’avait qu’à résister aux racketteurs.

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  • Emmanuel // 28.04.2018 à 13h45

    L’article offre des vraisemblances en guise de démonstration, une manière de procéder bien légère pour un philosophe. Espérons que le livre est plus probant.
    En attendant, l’idée de ” médiocratie ” me paraît discutable car selon le point de vue adopté elle n’est pas si fondamentablement empreinte de médiocrité que ça. Gouvernance, mise à l’écart des citoyens en politique au profit notamment des ” experts “, accroissement astronomique des richesses détenues par très peu de gens, affaiblissement des Etats au profit des entreprises transnationales, etc., toutes ces conquêtes – du point de vue de leurs bénéficiaires – ne sont pas advenues uniquement par médiocrité ou lâcheté à tous les étages. Non, il a fallu de puissants cerveaux et une opiniâtreté de longue haleine pour y parvenir.
    On a beau blâmer Hollande, Macron et compagnie, les dire incompétents ou médiocres, malgré tout le rouleau compresseur qui étend à dessein la médiocratie – à supposer qu’elle existe – n’a fait qu’avancer durant leurs présidences.
    Du point de vue des grands dominants, pas du sous-chef servile et bas de plafond, c’est le contraire de l’inefficacité qui advient, la médiocratie étant un procédé systémique d’accomplissement des fins dont jouissent puissamment quelques-uns. A ce titre, le mot ” médiocratie ” est trop péjoratif pour rendre compte honnêtement de l’efficacité supérieure de ce système, voilà ce qui me gêne.
    On objectera que ce système pourrait s’écrouler dans un avenir plus ou moins proche, mais il s’agira seulement pour les puissants d’y survivre avant de replonger de plus belle dans l’hubris.
    Pour finir l’article de Télérama me rappelle qu’une enquête d’opinion avait fait ressortir la loyauté comme qualité préférée des chefs d’entreprise. Quant à moi, je l’appelle volontiers soumission (cf. les propos d’Alain Deneault), cela me paraît plus proche de la vérité.

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    • Marc // 28.04.2018 à 19h57

      Tu as mal compris le propos, il ne ne parle pas des dirigeants…

      c’est la masse qui est médiocre, elle est soumise et bâillonnée, et en plus elle trouve ça plutôt pas mal, et de toutes façons logique et inévitable

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      • Vjan // 28.04.2018 à 21h29

        Merci de votre commentaire Marc ! En effet, Deneault ne parle pas “que” des dirigeants.
        Les commentaires critiquent beaucoup – et avec raison – la médiocrité des dirigeants d’États ou d’entreprises mais l’article de Deneault dénonce la médiocrité généralisée, ce qui est bien plus grave.
        Cette sorte d’autocensure à laquelle se soumettent la plupart des employés, des citoyens, pour “ne rien déranger”, étouffe dans l’oeuf toute possibilité de changement et tout ce qui “pourrait remettre en cause l’ordre économique et social”.
        Pourtant, Deneault l’énonce clairement, il s’agit d’une “injonction à être médiocre sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l’être.” La valeur, l’intelligence n’ont pas disparu mais le sens que l’on donne à son travail, que l’on trouve à sa vie, en revanche, nous a été volé.

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  • Ando // 28.04.2018 à 13h57

    La nécessité fait loi. La gestion des affaires courantes ne demande pas des surhommes, la médiocrité suffit. Moins il y a d’enjeux plus la moyenne convient. Par contre, quand l’enjeu devient vital il faut de la compétence, du supérieur. Combien de bons capitaines sortis du rang ont été promus par nécessité en période de guerre ? Et puis dans des pays qui ont sans doute perdu une partie de leur souveraineté la médiocrité suffit comme horizon transcendant. Enfin je soupçonne cet essayiste de flatter son lecteur car qui ira admettre qu’il appartient au troupeau des médiocres ?

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    • Narm // 28.04.2018 à 22h18

      moi et j’assume. 😉
      Il ne flate en rien, il desepère juste un peu plus.
      Chacun fait ce qu’il peut à son nouveau, le principal, quand on y réflechi, ne pas sombrer dans le desepoir ou le ridicule.
      La vie est courte. Profiter de chaque instant et faire ce qu’on peut à son niveau. Passer pour un con ou se faire “utiliser” , je m’en contrefiche. Chacun fait et oeuvre à son niveau.

      J’ai ma conscience !

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  • Ando // 28.04.2018 à 14h20

    Plus que le concept de médiocrité, difficile à utiliser l’auteur aurait peut-être eu l’avantage de le remplacer par celui de bêtise.

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    • Ben // 28.04.2018 à 17h54

      Non, contresens. La médiocrité selon Deneault demande des aptitudes actives. C’est un point capital. Ce n’est pas le cas de la bêtise ordinaire, passive et sans rapport avec ce qui nous préoccupe.

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      • Ben // 28.04.2018 à 18h33

        Cela dit, l’un abonde l’autre. La médiocrité comme mode opératoire idéologique favorise la paresse intellectuelle et consent à la bêtise, disons même qu’elle s’y vautre avec profit de manière collatérale. Ce qui provoque à terme l’affaissement général de notre civilisation libérale occidentale, sous l’œil interloqué de types comme Lavrov ou Poutine.

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      • Ando // 29.04.2018 à 19h41

        Les concepts doivent avoir une utilité pour être efficaces. Je ne comprends pas en quoi celui de médiocrité est différenciant de quelque chose. Cette notion ne relève que du jugement de valeur et n’appartient pas au vocabulaire de l’économie, de la sociologie et de la politique de la psychologie, etc… Chacun d’entre nous recèle une part de médiocrité plus ou moins développée et en ce sens toute l’espèce humaine est médiocre. Si l’auteur veut s’interroger sur les facteurs qui encourageraient selon lui cette médiocrité alors il faut plutôt mettre l’accent sur ces facteurs et non sur leur résultante. Enfin, il serait éclairant que l’auteur cite des exemples de régimes politiques ou de sociétés d’aujourd’hui ou d’hier qui n’aient pas été marques par des traits de médiocrité particulièrement prononcés. Bonne chance.

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        • Ben // 30.04.2018 à 08h29

          L’essentiel est explicité dans son livre. Je ne peux que vous conseiller de lire son propos. Deneault est philosophe de formation.

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  • Jeanne L // 28.04.2018 à 16h29

    Je pense qu’effectivement quand on rend en retard son bouquin emprunté dans une bibliothèque publique on ne mérite que du : “Mon cher client”. Quand on l’emprunte à un ami c’est autre chose.
    Ce petit exemple anodin échappé de sa plume, marque peut-être une intégration de l’auteur dans ce “milieu”, ce marais de l’individualisme possessif qui respecte moins la “propriété collective”, du moins les choses qui appartiennent à tous, que les “supérieurs” qui ont pour fonction de s’approprier ou de permettre à un groupe (osons) …une classe de s’approprier une partie de la valeur produite par le travail des autres … les “inférieurs” (je dirais les “exploités”)

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  • Duracuir // 28.04.2018 à 16h56

    eu égard à la notion de cycles historiques, il serait interessant de savoir s’il y a des précédents connus.
    Je pense par exemple à la prise du pouvoir par les eunuques dans les empires chinois et turcs agonisants, ou encore au phénomène de court à partir de la Régence en France ou encore à la période de Charle VI en France.
    Mais je ne suis pas certain de mes connaissances sur le sujet.

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    • Sandrine // 28.04.2018 à 19h35

      La médiocratie comme autre nom de la décadence ?
      Peut-être que la civilisation issue de ce qu’on appelle la modernité occidentale est entré dans une forme de décadence.

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      • Kapimo // 29.04.2018 à 00h45

        La médiocratie, c’est le post-modernisme, c’est à dire la fin des systèmes de pensée et le règne des faux-semblants.

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  • Un_passant // 28.04.2018 à 17h43

    Quand on considère tout ce qui relève du goût l’effort comme un concept bourgeois et discriminatoire et/ou raciste, il ne faut pas s’étonner du résultat.
    Si on fait le bilan de la gauche depuis quarante ans, soit Marx s’est planté et ils suivent une idéologie complètement à côté de la plaque, soit ils sont complètement à côté de la plaque parce qu’ils n’ont pas compris Marx (en fait, la plupart des gens qui se réclament de la gauche ne l’ont pas lu, c’est d’ailleurs pour ça que je m’intéresse plus à la synthèse qui ressort au travers du réel/ceux qui s’en réclament ou s’y opposent qu’aux écrits eux-mêmes).
    Mais je doute un peu que ce soit volontaire, dans le sens où l’entend l’auteur, ça me fait plutôt l’effet d’être la conséquence de l’égalitarisme forcené réclamé bien plus par la gauche que par la droite. On se retrouve avec un paradoxe où ce sont ceux qui croient défendre le bien commun qui contribuent le plus à construire le contraire. On en vient à la Boetie : Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.
    La Chine cultive le goût de l’effort, ne lutte que de manière ambiguë contre les inégalités mais elle est partie pour tailler des croupières à tous ses rivaux, USA y compris.
    L’avenir se construit sur le goût de l’effort et du travail soigné, pas sur le dénigrement des métiers manuels et la recherche aveugle du BAC+5 pour tous. En faisant de l’ouvrier un “exploité”, la gauche a oublié les vertus de l’excellence, de l’effort, du travail soigné que défendent les compagnons du devoir.
    C’est comme les taxes : plus on taxe, plus les prix montent mais comme les salaires ne suivent pas (la demande étrangère n’est pas prête à accepter cette hausse des prix), il y a perte du pouvoir d’achat, le cercle vicieux est amorcé…

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    • Sandrine // 28.04.2018 à 18h32

      « La Chine cultive le goût de l’effort et ne lutte que de manière ambiguë contre les inégalités »… Allez-y réhabilitez le fascisme pendant que vous y êtes!!!
      Mais vous êtes excusable, car votre remarque participe de cette espèce de fascination malsaine en Occident (dans les médias notamment) pour les succès économiques de la Chine. Ce faisant tous s’ingenient à passer totalement sous silence les atrocités dont se rend coupable le régime chinois : par exemple ces camps de concentration ou l’on torture (« rééduque « ) les opposants et où l’on commercialise (à destination de l’occident notamment) les organes de ces malheureux.. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Persécution_du_Falun_Gong
      Mais l’occident ferme les yeux devant cette nouvelle forme de barbarie fasciste car il est trop compromis économiquement avec la Chine… Il préfère soulager sa mauvaise conscience en pleurant sur les souffrances (très relatives) de la communauté gay au pays de l’« autoritarisme poutinien »..,

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      • Un_passant // 28.04.2018 à 20h13

        Je comprends ce qui vous révolte, mais entre les aspects non enviables de la Chine et les aspects non enviables de l’Occident, il me semble qu’il existe un équilibre raisonnable dont s’éloigne l’Occident, à vitesse grand V, pour un “n’importe quoi” que j’hésite à qualifier.
        Soyons clair, à mes yeux, il n’y a aucune pays idéal, mais la multiplication des SJW’s, en Occident, qui défendent tout et n’importe quoi, en faisant des non sens historiques, des anachronismes, en usant de mensonge quant à de prétendues vérités scientifiques me semble orienter l’Occident dans une direction qui est très simple à définir : auto-destruction.
        Et plus prosaïquement, de manière, cruelle, crue et triviale, je la leur laisse leur auto-destruction. Ils ne veulent pas comprendre que leur “universel” n’en est pas un, que ce qu’ils croient partagé par tous est en fait un biais mal digéré d’auto-flagellation, de démagogie, de caution de la revanche (vengeance) de “l’autre” posé en éternelle victime et d’idéalisme gauchiste rousseauiste (combien même Rousseau est battu en brèche par l’anthropologie récente) teinté de bons sentiments hippies.
        On est tous différents et on pense tous différemment et le problème, c’est que aveuglés par l’existence d’un ennemi commun, ils oublient que leur soi-disant solidarité n’est qu’un aveuglement temporaire quant à leurs désaccords fondamentaux.
        Alors, oui, il y a à redire sur la Chine mais la “grandeur humaniste” de l’Occident devient quelque chose d’insensé, contradictoire jusqu’à en être indigeste. J’ai du mal à comprendre comment certains assument et comprennent leur “cuisine” quand le deux poids de mesures est roi et la malhonnêteté intellectuelle tellement chronique qu’ils ne la voient même plus.

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      • Un_passant // 28.04.2018 à 20h28

        Petite précision, ce que je souhaitais mettre en avant, c’est le goût de l’effort plutôt que l’égalitarisme façon Bac+5 pour tous. L’excellence c’est valorisant quand on l’atteint et plutôt que le bac pour tous, on devrait promouvoir le goût du travail soigné, de la patience. L’enfant roi et le bac pour tous, on voit le résultat.
        Que les politiciens ou les multinationales défendent le con-sommateur béat, je peux comprendre, mais quand la gauche et les syndicats le défendent aussi et rajoutent, en France, les pratiques d’endettement (via les promesses démagogiques) quand c’est se livrer pieds et poings liés à la finance, j’ai du mal à pardonner. Je comprends l’idéal, la pratique, la mise en oeuvre, le réel corporatiste et clientéliste de tous, me donnent la nausée.

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        • Sandrine // 29.04.2018 à 09h31

          Je ne suis pas sure que le goût pour la distinction ait disparu de notre pays. Elle est peut-être être simplement beaucoup moins démocratique qu’avant (cf. L’obsession des parents pour mettre leurs enfants dans les lycées favorisés).
          L’absence de goût pour l’effort (qui existe dans nos sociétés, vous avez raison) n’est à mon avis pas à mettre en relation avec la passion pour l’egalité mais plutôt avec le consumérisme et la promotion de l’hédonisme qui est son corollaire.
          En outre est-ce qu’une société hyper-répressive et culpabilisante comme la Chine est mieux à même de favoriser l’émergence de génie que notre société hédoniste ? Je n’en suis pas si sure. Et puis après-tout les génies sont-ils vraiment nécessaires au bonheur de l’humanité?

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          • Un_passant // 29.04.2018 à 12h02

            On ne le crie pas sur les toits, mais un chercheur en Chine peut maintenant gagner le double comparativement aux USA. On parle de salaires qui peuvent être de l’ordre du million de dollar annuel, pour des chercheurs! Vous imaginez? Même aux USA, c’est rare de dépasser les 300 000 dollars annuels, en France, on n’en parle même pas. Si vous n’imaginez pas ce genre de salaire comme une stimulation… quand les chinois sont, comme les coréens, les singapouriens ou les japonais adeptes des cours du soir dès lors qu’ils ont les moyens de le payer à leur progéniture. On se retrouve à des échelles que l’on ne conçoit même pas en France tellement on se représente la Chine comme on la voyait il y a trente ans.
            Il y a beaucoup à redire sur la démocratie (ça reste un régime communiste donc d’une certaine manière, une dictature), mais question recherche de qualité, les chinois affichent clairement l’ambition de dépasser les standards occidentaux les plus élevés. Pour avoir acheté un produit chinois concurrent (tout en étant quatre fois moins cher) de son équivalent américain, question finition, j’ai été stupéfait. Ne parlons même pas du niveau en France, on ferait bas de gamme pour ne pas dire négligent.
            Pour ce qui est du bonheur, je suis tenant d’Aristote : c’est de notre propre responsabilité, la société ne peut pas faire notre bonheur, c’est à nous de le construire.

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            • Sandrine // 29.04.2018 à 13h12

              La Chine, communiste ? On ne doit pas avoir la même définition du communisme…
              Mais pour en revenir au sujet que vous souleviez dans votre premier message: la victimisation des pauvres et des dominés dans notre société qui ferait le lit de la décadence et du déclin de l’occident comparativement a l’essor de dictatures orientales…
              Dans les années 30, le même type de raisonnement avait cours, opposant les réussites économiques des régimes fascistes (hautement productivistes) au prétendu goût pour le plaisir et la vie facile de la 3e république, incarné par la réussite du front populaire…
              D’autre part, si certains ingénieurs et bio techniciens en Chine sont payés à coup de millions de yuan, d’autres croupissent dans des camps de concentration et meurent des organes qu’on leur arrache pour que le travail des premiers continue à générer des profits… sur cette base il me semble difficile d’invoquer la conception du bonheur chez Aristote…

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            • Un_passant // 29.04.2018 à 16h07

              Vos objections sont sans rapport, il n’y a pas de relation de cause à effet entre le fait de réaliser son potentiel intellectuel, d’avoir le goût de l’effort et d’être considéré comme un opposant, ou “déviant”, pour des raisons politiques ou autres.

              De toute façon, je sais très bien que nos points de vue, quelles que soient les précisions et les nuances que l’on pourrait apporter, sont incompatibles et inconciliables. En tant que cynique, il me semble bien être votre “ennemi naturel”, on ne sera jamais d’accord.

              Enfin si, il y a au moins un point d’accord (enfin j’espère, dans le cas contraire, je serais déçu et effrayé), restons en désaccord, mais en gens civilisés.

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            • Sandrine // 29.04.2018 à 18h12

              « Vos objections sont sans rapport «  ah bon!
              Vous vous extasiez sur « le goût de l’effort » et les succès économiques de la Chine, valorisant le fait que les chinois sauraient valoriser l’excellence et ne s’embarrasseraient pas trop de nos préjugés égalitaristes et humanitaires (eux ne voient pas comme nous des victimes partout, avez-vous même ajouté!).
              Nous serions donc victimes de notre idéologie de la « réussite pour tous » au lieu d’accepter que les forts gagnent et que les faibles soient dominés (ce qui se passe en Chine).
              Je vous dis simplement que l’idéologie Chinoise qui permet les succès économiques à un revers- un terrible revers.
              Si vous voulez vous aveugler et ne pas voir la réalité en face – tant pis pour vous. Mais sans moi.

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            • Sandrine // 29.04.2018 à 18h42

              Ce qui vous ne voulez pas voir, non plus, c’est que ce « goût de l’effort » dont vous créditez les Chinois est le cache-sexe d’une pression psychologique gigantesque qui s’exerce sur les enfants pour les pousser à étudier jusqu’à l’épuisement.
              Mais rassurez-vous, l’occident a aussi son « éthique du capitalisme «, d’origine protestante,  et le salaire mensuel de Yann LeCun, patron de l’intelligence Artificielle chez FB dépasse le million de dollars.
              Les bas salaires et l’éducation au rabais, ce n’est fait que pour les faibles et les médiocres .

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            • Un_passant // 29.04.2018 à 19h02

              C’est bien ce que je dis, on n’est pas sur le même rapport. Le goût de l’effort dont je parle n’a pas besoin d’aller jusqu’à la pression énorme que l’on met sur les enfants en Chine, ou à Singapour, ou encore au Japon. Je sais très bien comment ça se passe, je ne sis pas le dupe que vous imaginez. Mais entre ça et l’enfant-roi, l’enfant qui doit construire son savoir, l’enfant sans cadre et sans discipline dont on a fait la promotion pendant les quarante dernières années, il y a un monde.
              Quand je vois la catastrophe que constitue l’école pour les enfants “haut potentiel” que l’on jette, que l’on emprisonne dans la médiocrité au nom d’un égalitarisme débile, je suis littéralement furieux. Que des adultes doivent attendre la quarantaine ou d’avoir eux-même des enfants détectés comme hauts potentiels pour découvrir que l’égalitarisme débile, le nivellement vers le bas complètement cré*** a foutu leur vie en l’air, bien loin d’une responsabilité des riches ou des politiciens, mais bien celle des égalitaristes *** de la gauche et de leurs soi-disant méthodes égalitaires, ça me donne envie de vomir!

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            • Un_passant // 29.04.2018 à 19h30

              La faute des seuls capitalistes? Vous vous foutez de moi? La gauche a été leur pire complice! Pire que leur idiot utile, elle est allée au delà de ce que n’importe quel capitaliste pourrait espérer. Plutôt que privatiser l’école, on a démoli l’enseignement public, au nom d’idéologues de gauche, avec les méthodes prônées par la gauche! On ne parle pas des moyens financiers, mais bien des méthodes d’enseignement!

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            • Sandrine // 29.04.2018 à 22h00

              Je pense que je comprends ce que vous voulez dire – sur le constat de la faillite de notre système scolaire je suis d’accord.
              Par contre, je ne crois pas que ce soit la « la faute «  à l’égalitarisme. Le discours égalitariste (obsessionnel sur les médias j’en conviens) est à mon avis un masque pour faire passer la pilule de l’ultra-libéralisme (« égalité des chances », concurrence pure et parfaite entre les individus, bla, bla-bla) et cacher le fait qu’on investit de moins en moins dans l’ecole publique (les profs sont ridiculement mal payés, quasiment pas formés donc très mal considérés… comment voulez vous attirer des cadors dans un contexte pareil). Et surtout, il n’y a aucun investissement d’avenir sur le long terme. Ce qui a mon avis est la grande force de la Chine, c’est sa capacité à faire des plans a 20-30 ans… sans doute est-ce plus facile dans un contexte de dictature; mais nous le faisions aussi avant, quand les politiques faisaient réellement de la politique et ne se contentaient pas de gérer les affaires publiques à court terme.
              Concernant votre diatribe sur la gauche, je n’ai pas vraiment d’avis. Pour moi la gauche de gouvernement (le parti de Mitterand) a usurpé la référence au socialisme et ne se distingue pas de la droite de gouvernement (ceci dit, vous peut-être raison, c’est peut-être pire encore que la droite)

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  • jc // 28.04.2018 à 21h55

    Si vous avez aimé ce thème de la moyennocratie, lisez le brûlot de Gilles Châtelet, philosophe-mathématicien:
    “Vivre et penser comme des porcs” publié en 1998 (GC s’est suicidé peu après).

    Pour vous mettre dans l’ambiance, vous pouvez commencer par la tirade de Lucky en réponse à l’injonction de son maître Pozzo: “Pense! Porc! (“En attendant Godot”, Samuel Beckett).

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  • Narm // 28.04.2018 à 22h30

    merci d’avoir sorti un article de 2015, toujours tellement d’actualité

    Mais il faut se rendre à l’évidence, ça commence à l’école. donner le bac à tout le monde par soucis d’égalité
    la parité , comme critère d’égalité … l’age, comme critère de compétence ….
    niveller …. normer …
    travail de sape !

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  • Laurent // 28.04.2018 à 23h02

    “Médiocres ! Restez médiocres ! L’avenir est aux médiocres !” Gustave Flaubert.
    Un siècle après le conseil n’a pas pris une ride …

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  • astap66 // 29.04.2018 à 02h06

    Livre passionnant et de très bonne facture intellectuelle; Beaucoup de points communs (filiation marxistes sans doutes) avec le travail de Bernard Friot
    Un extrait de son intervention à CSOJ en 2016 : https://www.dailymotion.com/video/x3w0d93
    Ou, encore chez Taddeï :
    https://www.youtube.com/watch?v=Kus6n75VbAk

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  • phychi // 29.04.2018 à 08h16

    Je pensais exactement à cela en écoutant, la semaine passée sur Rance Info (!) un certain Jérome Collombin expliquer très sérieusement, à propos de l’accident d’avion où une pale de réacteur avait cassé un hublot : « comme tout le monde le sait car Einstein nous l’a appris, l’énergie est alors énorme avec E=mc^2… » !!!
    Ce type, désigné comme étant ‘expert’ par le présentateur des nouvelles (que je ne peux qualifier de ‘journaliste’ sur cette radio inique), ne connaît même pas les bases de la physique et confond énergie nucléaire et énergie cinétique !!

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    • Arnould // 29.04.2018 à 11h00

      J’y crois pas, c’est pas possible!!! Il y a un enregistrement quelque part?

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      • phychi // 29.04.2018 à 11h58

        C’était durant les infos de midi de France Info le 18 avril 2018. Je ne sais pas s’ils gardent un podcast des journaux radios.

        Et correction, je viens de revérifier, il ne s’agissait pas de Jéröme colombin pour “l’expert” mais de Michel Pollaco !

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  • AerosolKid // 29.04.2018 à 09h45

    Bien entendu que les médiocres ont pris le pouvoir.
    Nous avons le système de gouvernement que nous méritons , càd ” un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle.”

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  • Milsabord // 29.04.2018 à 09h47

    Une des sources de la médiocratie tient à la place qu’occupent les mathématiques dans la pensée libérale et l’économie de marché. Le modèle de la performance est représenté par la mentalité du trader : Kerviel plutôt que Keynes. C’est ainsi que le profit à court terme peut s’alimenter de la destruction de l’outil industriel par les actionnaires vampires. N’est-ce pas ce que notre Jupiter est en train d’opérer sur la France par ses “réformes au pas de charge”?

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    • Galvan // 30.04.2018 à 00h54

      Quand on voit que la majorité des économistes “néolibéraux” ne comprennent pas les mathématiques qu’ils utilisent, j’ai comme un doute … Ceux qui les comprennent, ne sont pas “néolibéraux”. Lisez Steve Keene (L’imposture économique), il illustre cela très bien.

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  • ledufakademy // 29.04.2018 à 11h02

    Moi je ne dirai pas que sont les médiocres qui ont pris le pouvoir mais plutôt les “satanistes”.
    “Satanistes” au sens inverse des personnes qui suivent la voie du partage , du bien commun, de la tolérance, de la franchise, du respect de l’autre … de l’amour.
    Certains disent adeptes de l’ante-christ.

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  • plockchain // 29.04.2018 à 13h24

    La question de fond est celle de la liberté.
    Dans un environnement ouvert et libre, les êtres sont nécessairement fort car c’est la condition de leur survie.
    Quand tout est fermé et contraint, les choses s’inversent.
    Nous sommes dans ce contexte où nous nous réjouissons de nos tonnes de lois et de normes dont le seul effet est de produire un environnement de conformité extrême avec les êtres soumis qui lui convient.
    Par construction ceux-là sont aussi les moins créatifs, courageux, etc., les plus médiocres.
    Le malheur est que rien ne peut inverser la tendance : la valeur des lois et des normes est auto justifiée.

      +1

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  • Frichouille // 29.04.2018 à 13h54

    Lorsqu’il dit à propos des experts : “Il affirmera que les variations climatiques ne sont pas liées à l’activité industrielle parce que Exxon Mobil subventionne ses recherches.”

    Il se contredit à bloc. Ce sont bien les experts de la médiocratie qui forment le soi-disant “consensus” sur la question et tous les climatosceptiques ne sont pas payés par l’industrie pétrolière, loin s’en faut.

    Enfin, il cite Marx, très bien, mais oublie Nietzsche, particulièrement Zarathoustra qui découvre en descendant de sa montagne après dix ans d’isolement “le règne de l’homme médiocre”. Mais je suis certain que M. Deneault en parle dans son livre qui m’a l’air intéressant.
    Merci les-crises d’avoir attiré notre attention dessus.

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    • astap66 // 30.04.2018 à 00h12

      Il en parle (p.55), dans le chapitre sur l’université (de marché) en disant qu’aucun universitaire ne voudrait l’éditer s’il était notre contemporain

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  • lephil // 29.04.2018 à 14h56

    Les médiocres se complaisent dans des responsabilités bien rémunérées tout en évitant d’ assumer leurs actes . “responsable mais pas coupable” à partir de ce postulat n’importe quel crétin mais cireur de pompes pourra être promu dans de hautes fonctions……

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  • Chabert // 29.04.2018 à 16h32

    J’emprunte ces quelques lignes à M.N paru dans un excellent article sur un site de PHILosophie et de LITtérature:
    L’homme médiocre, écrivait Ernest Hello, incarne l’entre-deux, le milieu (entre l’imbécile et le génie) sans le savoir et sans le vouloir: il est médiocre par nature et non par opinion; par caractère et non par accident. Qu’il soit violent, emporté, extrême; qu’il s’éloigne autant que possible des opinions du juste-milieu, il sera médiocre.

    A (re)lire la description de l’homme-masse de José Ortega Y Gasset,
    celui qui appartient à la masse, c’est-à-dire à l’homme-moyen opposé à l’élite (non pas celle des pouvoirs) minoritaire: celui qui exige beaucoup de lui-même face à celui qui n’exige rien de spécial de lui-même, ne s’efforçant à aucune perfection, telle une bouée à la dérive.
    L’homme médiocre ne goûte pas la culture qui demande un effort constant.
    Ne désirant que son bien-être, se nourrissant de son contentement paresseux.

      +2

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    • Frichouille // 29.04.2018 à 21h25

      Franchement, qui mieux que Nietzsche a écrit sur la médiocrité humaine ? OK, Schopenhauer était bon aussi.

      Mais ne pas prendre en compte la réflexion du premier sur ce sujet serait une injure à la culture philosophique et à l’intellect.

      Or le faire peut être taxé de “fascisme”.

      Voilà pourquoi l’auteur ne mentionne pas Nietzsche, paraît-il inspirateur des nazis mais n’ayant jamais fait de politique.

      En vérité, cet article plein de bon sens mais qui ne fait pas aboutir sa pensée, est à mon avis une tentative préliminaire de supprimer Nietzsche des pages de l’histoire philosophique. Lorsque j’ai passé mon BAC L il y a plus de 20 ans, ma prof de philo avait déjà décidé arbitrairement de rayer les chapitres traitant de Nietzsche et de la passion amoureuse du programme.

      Nous faisons face à une vraie tentative d’abrutissement collectif.

      La force de la volonté existe, comme la force des peuples. C’est évident sous nos yeux.

        +2

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  • Galvan // 30.04.2018 à 00h49

    Mouais … Ce discours philosophique a du mal à me convaincre. J’ai l’impression qu’il est plus dogmatique que le résultat d’observations réelles. Dire que la médiocratie / médiocrité vient de la division et l’industrialisation du travail c’est avoir une position théorique sur ce qui se passe dans les entreprise. Les ouvriers, techniciens ne sont pas des robots, mais on leur demande justement de penser (sinon le travail serait fait à 100% par des robots).
    Il me semble que cette façon de voir les situations est justement représentatif de la position d’une personne en difficulté, car pas assez compétente dans son travail (entendons nous bien, je ne dis pas que l’auteur est incompétent, je dis qu’il se place du point de vue d’un employé qui n’est pas à l’aise dans son travail, par manque de compétences).
    Les jeunes (DUT, BTS) que j’ai eu l’occasion de croiser dans des services de production ne tiennent pas ce discours.Ils n’ont pas l’impression de faire du travail médiocre, et la plupart possèdent une compétence que leurs ainés (moins diplômés) n’ont pas.

    A contrario, cette thèse arrange bien les privilégiés qui gouvernent et qui peuvent ainsi faire passer leurs actions délibérées (et murement réfléchies) pour de l’incompétence ou de la médiocrité. Cela permet au “peuple” de se défouler en traitant ces personnes d’incompétentes, et empêche de mettre le doigt sur ce qui se passe réellement, à savoir un appauvrissement / asservissement voulu pour l’immense majorité des gens au bénéfice d’une caste d’oligarques privilégiés.

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    • Un_passant // 30.04.2018 à 12h58

      Mûrement réfléchie? En fait, il n’y a pas besoin que ce soit réfléchi. Tout ce qui se passe est concomitant avec la transition qui s’est produite à partir des années 90 vers le “tout financier”. Les financiers sont formés à se baser sur des indicateurs, des cases, des tableurs, des notions “macro”, ce qui oriente assez naturellement vers le court terme. On fait parfois l’erreur de confondre les financiers et les économistes alors qu’ils n’ont ni la même approche, ni le même rôle, ni les mêmes formations.
      Une chose qui me frappe particulièrement, c’est que l’on se focalise sur les multinationales industrielles quand les véritables donneurs d’ordre sont, à niveau comparable : les banques, les fonds de pensions et les compagnies d’assurance. Et en fait, il n’a pas besoin de plan, c’est purement rationnel et mécanique :
      les banques veulent vendre des produits bancaires et assurentiels.
      les fonds de pensions doivent offrir les rendements financiers les plus élevés possibles à leurs cotisants (combien même cela abouti à des interactions contradictoires jusqu’à être destructrices)
      et les compagnies d’assurance, tout tourne autour des primes de risque et des équilibres entre indemnisations, primes et rendements des primes réinvesties en produits financiers.
      Si on ajoute les QE qui alimentent un cercle vicieux (les USA n’ont jamais voulu faire payer au peuple américain le véritable coût de l’ “american way of life”, d’où le pétro-dollar pour éviter le rééquilibrage qu’imposait dès les années 70 le dollar convertible) tout s’explique sans le moindre complot. C’est bête, c’est mécanique, pire c’est prévisible, mais les expériences de psychologie sociale montrent que les gens auraient refusé tout sacrifice, toute concession (suffit de voir la menace que fait peser le réchauffement climatique et pourtant, tout continu, “comme d’habitude”).
      Et les politiciens sont contraints par tout cela, d’autant plus qu’ils ont renoncé à faire de la véritable politique (le peuple contemporain étant trop versatile, les grandes idéologies n’ayant plus prise, il faut se garder une porte de sortie dans le privé et quoi de mieux que la banque?).

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  • Pinouille // 30.04.2018 à 16h36

    Le comble de la médiocrité est de la déceler partout, sauf chez soi.

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  • fanfan // 01.05.2018 à 14h29

    30 avril, L’ENTRETIEN LIBRE #11 : AUDE LANCELIN / ALAIN DENEAULT
    https://www.youtube.com/watch?v=Zq9cqddCm24

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  • fanfan // 05.05.2018 à 12h41

    4 mai, Thinkerview : Le langage au service des puissants ? Alain Deneault
    https://www.youtube.com/watch?v=IBdj4Z0FtZU

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