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Hiroshima : la décision de bombarder le Japon et la genèse de la Guerre froide

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Source : Consortium News, Scott Ritter

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Le chef du projet Manhattan a déclaré : « Le but de tout le projet était de soumettre les Russes » écrit Scott Ritter dans cet extrait de son livre « Scorpion King ».

(Ce qui suit est extrait de « Le roi Scorpion : L’adoption suicidaire des armes nucléaires de l’Amérique de Roosevelt à Trump » écrit par Scott Ritter et publié par Clarity Press).

Même si une capitale connaît des niveaux d’encadrement réhaussés en temps de guerre, la brochette de généraux, d’amiraux et de hauts fonctionnaires présents dans la salle du cabinet de la Maison Blanche, l’après-midi du lundi 18 juin 1945, était impressionnante. Un seul, cependant, pouvait prétendre au statut de résident, le tout nouveau président des États-Unis, Harry S. Truman.

Ancien combattant de la Première Guerre mondiale et sénateur démocrate de longue date de l’État du Missouri, Truman était un candidat improbable pour le poste qu’il occupait désormais. Candidat de compromis pour le poste de vice-président en 1944, Truman n’était pas un confident proche du président Franklin D. Roosevelt. De fait, il n’avait que peu d’idées sur la façon dont Roosevelt envisageait les relations d’après-guerre avec l’Union soviétique et ne connaissait pas l’existence d’un programme majeur – le projet Manhattan – visant à produire une bombe atomique.

Au cours d’une série de réunions organisées peu après sa prestation de serment, Truman a surmonté ce déficit, en maintenant son engagement de se conformer le plus étroitement possible aux orientations politiques définies par le président Roosevelt. Mais certaines décisions devaient être prises par le nouveau président, raison pour laquelle il avait convoqué la réunion du Cabinet Room. [Procès-verbal]

Réunion du cabinet Truman à la Maison Blanche, le 10 août 1945, au lendemain du bombardement atomique de Nagasaki. (Abbie Rowe/Bibliothèque Truman)

Le général George Catlett Marshall, chef d’état-major distingué de l’armée américaine âgé de 64 ans, avait rejoint Truman. En plus de gérer les problèmes liés à l’évolution de la guerre mondiale, le général Marshall était également membre d’un comité de haut niveau (le « Top Policy Group », formé en octobre 1941) qui supervisait les efforts des États-Unis pour construire une bombe atomique.

Marshall avait laissé la plupart des décisions quotidiennes concernant le programme de la bombe atomique aux mains du général Leslie Groves et avait limité son propre rôle à celui de s’assurer que le Congrès continuait à soutenir financièrement le projet et, dans une moindre mesure, à prendre des décisions politiques concernant l’utilisation d’une arme atomique.

Pas plus tard que le 31 mai 1945, Marshall avait déclaré à un groupe de scientifiques spécialisés dans la bombe atomique, d’administrateurs et de décideurs politiques qu’il pensait que les États-Unis seraient en meilleure position dans le contexte d’après-guerre s’ils évitaient d’utiliser une bombe atomique contre les Japonais. Il a également recommandé que les États-Unis invitent l’Union soviétique à assister aux essais de la bombe atomique.

La majorité des participants à cette réunion se sont prononcés contre Marshall, y compris le futur secrétaire d’État James Byrnes, qui craignait que les États-Unis ne perdent leur avance sur les Soviétiques en matière d’armes nucléaires si les Russes devenaient un partenaire de facto grâce à cette coopération. En tout état de cause, Marshall considérait que toute décision d’utiliser ou non une bombe atomique, compte tenu de ses horribles ramifications, était une question purement politique, hors de la portée des militaires.

« Barbare »

Deux officiers supérieurs de la Marine, l’amiral Ernest J. King, commandant de la flotte américaine et chef des opérations navales (le seul à avoir jamais détenu un tel commandement conjoint), et l’amiral William Leahy, 70 ans, chef d’état-major du commandant en chef de l’armée et de la Marine américaines, accompagnaient Marshall. L’amiral King était un homme abrupt et alcoolique qui dédaignait ouvertement toute utilisation des ressources américaines à d’autres fins que la destruction totale des Japonais.

Contrairement à King, l’amiral Leahy était partisan d’éviter un bain de sang en combattant les Japonais et était favorable à l’idée de parvenir à une reddition négociée sous la pression combinée d’un blocus économique des îles japonaises et d’un bombardement aérien conventionnel. Leahy était contre toute utilisation de la bombe atomique contre des cibles civiles, un concept qu’il considérait comme « barbare ».

L’armée de l’Air était représentée par le lieutenant général Ira C. Eaker. Le général Eaker avait presque à lui seul fait du bombardement stratégique une pratique acceptée lorsqu’en tant que commandant de la 8e Force aérienne en Europe, il convainquit le Premier ministre britannique Winston Churchill de poursuivre cette stratégie controversée, notant que « le bombardement 24 heures sur 24 affaiblirait les Huns pour l’invasion terrestre et la mise à mort ».

Ira Eaker remplaçait le flamboyant chef d’état-major de l’armée de l’Air américaine, le général Henry Harley « Hap » Arnold. Mis à l’écart pour des raisons de santé, le général Arnold était un partisan inconditionnel des bombardements stratégiques et avait, par pure force de volonté, mis l’armée de l’Air en position de mener des campagnes de bombardement aérien massives à la fois contre l’Allemagne et le Japon.

Comme Arnold, le général Eaker partageait l’information secrète selon laquelle ce serait la 20e armée de l’Air, équipée du bombardier B-29 « Superfortress », qui délivrerait la bombe atomique sur une cible japonaise si le président décidait de l’utiliser.

Un trio de civils complétait les participants à la réunion. A 78 ans, le secrétaire à la Guerre Henry L. Stimson était de loin le plus âgé des participants. Comme le général Marshall, Stimson était membre du Top Policy Group qui supervisait le projet de bombe atomique. Stimson avait été le premier fonctionnaire à informer le président Truman de l’existence de la bombe atomique, le 25 avril 1945.

Lors de cette réunion, Stimson avertit Truman que « concernant cette arme, la question du partage avec d’autres nations et, le cas échéant, sous quelles conditions, devient une question primordiale de nos relations étrangères. En outre, notre leadership dans la guerre et dans le développement de cette arme nous a imposé une certaine responsabilité morale à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire sans assumer une très grave responsabilité pour tout désastre pour la civilisation qu’elle engendrerait ».

À partir de cette réunion, le secrétaire Stimson, à la demande de Truman, a formé le « Comité intérimaire », dont le but était de conseiller le Président sur l’utilité de l’usage de la bombe atomique. Le rapport du Comité intérimaire, remis le 1er juin 1945, préconisait fortement l’utilisation de la bombe atomique contre les Japonais. Contrairement au général Marshall, qui assistait également aux réunions du comité intérimaire, Stimson soutenait cette décision.

Le secrétaire de la Marine James Forrestal était également membre du Comité intérimaire. Contrairement à Stimson, cependant, le secrétaire à la Marine pensait que les États-Unis devaient épuiser toutes les alternatives au largage de la bombe atomique pour obtenir la reddition du Japon. Les opinions de Forrestal étaient davantage influencées par sa forte position anticommuniste que par des scrupules moraux concernant l’utilisation de la bombe atomique. Il croyait fermement que si un mécanisme permettant de sauver la face pouvait être trouvé pour inciter le Japon à se rendre, la situation géopolitique dans le Pacifique pourrait être stabilisée avant que l’Union soviétique ne puisse déplacer ses moyens de l’Europe.

La suggestion de McCloy

John J. McCloy, secrétaire adjoint à la Guerre, arrive à l’aéroport de Gatow à Berlin, en Allemagne, pour assister à la conférence de Potsdam, le 15 juillet 1945. (Archives nationales des États-Unis)

Un jeune civil, le secrétaire adjoint à la Guerre, John J. McCloy, accompagnait Stimson et Forrestal,. McCloy était un individu complexe. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, McCloy avait été conseiller juridique de la société chimique allemande I. G. Farben. Ses liens avec l’Allemagne l’avaient amené à être quelque peu favorable à l’ascension d’Adolf Hitler, avec lequel McCloy avait été photographié assis aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Cependant, son statut d’avocat et de dirigeant l’a conduit à être nommé en 1941 secrétaire adjoint à la Guerre.

Pendant la majeure partie de la réunion, le président Truman et ses chefs militaires ont lutté contre la décision d’envahir le Japon. La bataille pour Okinawa faisait toujours rage, et les forces américaines y subissaient plus de 35 % de pertes. Si cette statistique restait vraie pour l’invasion du Japon, commençant par un assaut sur l’île méridionale de Kyushu, alors les États-Unis pouvaient s’attendre à perdre quelque 268 000 des 766 000 soldats prévus pour cette opération. Ces statistiques ont trouvé un écho auprès du président, qui avait approuvé l’invasion du Japon d’un cœur lourd.

McCloy avait gardé le silence pendant les délibérations sur l’invasion du Japon. Truman, qui connaissait McCloy par son travail au Sénat sur le gaspillage économique en temps de guerre, se tourna vers le conseiller silencieux et lui demanda de donner son avis sur ces questions, surtout si McCloy voyait une alternative à l’invasion du Japon. McCloy a répondu en faisant remarquer que les personnes présentes à la réunion « devraient se faire examiner le cerveau » si elles n’étudiaient pas une alternative autre qu’une énième attaque d’île pour mettre fin à la guerre avec le Japon.

Truman a demandé à McCloy de s’expliquer, ce que McCloy a fait, en mettant l’accent sur une solution diplomatique plutôt que sur le classique jeu militaire de la « reddition inconditionnelle ». « Une communication au gouvernement japonais qui préciserait les conditions que nous accepterions », a déclaré McCloy au président, « il y aurait une reddition. Je n’utiliserais pas à nouveau le terme « reddition inconditionnelle », mais ce serait une reddition qui signifierait que nous obtiendrions toutes les choses importantes pour lesquelles nous nous battons si nous pouvions atteindre nos objectifs sans autre effusion de sang, il n’y a aucune raison de ne pas tenter de le faire ».

McCloy a imploré le président de trouver un moyen de rappeler aux Japonais l’écrasante supériorité de l’Amérique en matière d’armement. Il a également suggéré que les États-Unis fassent preuve d’une certaine souplesse pour permettre aux Japonais de conserver leur forme traditionnelle de gouvernement, y compris l’institution de l’empereur.

Ensuite, John McCloy a dit quelque chose qui a stupéfié tout le monde dans la salle : pourquoi ne pas dire aux Japonais que l’Amérique avait la bombe atomique ? Si le Japon ne capitulait pas face à une supériorité militaire écrasante et à une concession diplomatique sur la question de l’empereur, alors ils capituleraient sûrement en sachant que les États-Unis avaient les moyens et la volonté de détruire leurs villes avec cette nouvelle et horrible arme.

Les commentaires de McCloy ont incité le président Truman à demander au secrétaire d’État adjoint à la Guerre de soumettre ses concepts diplomatiques au département d’État pour qu’ils soient examinés par le secrétaire d’État désigné, James Byrnes. L’intention de McCloy était d’éviter d’envahir le Japon et d’y larguer la bombe atomique. Mais Byrnes avait d’autres préoccupations que le Japon. En mai 1945, en attendant sa nomination officielle au poste de secrétaire d’État, Byrnes a rencontré l’un des physiciens du Projet Manhattan, le Hongrois d’origine Leo Szilard.

Impressionner la Russie

De gauche à droite : Le général Harry H. Vaughan, Joseph Staline, le président Harry S. Truman, Andrei Gromyko, le secrétaire de presse Charles G. Ross, le secrétaire d’État James F. Byrnes et Vacheslav Molotov. Ils se trouvent à la Petite Maison Blanche, la résidence du président Truman pendant la conférence de Potsdam. (Bibliothèque Truman)

Selon Szilard, Byrnes était très préoccupé par le rôle de l’Union soviétique dans l’après-guerre. Les armées massives des Soviétiques avaient déjà déferlé sur l’Europe de l’Est, et l’Amérique était confrontée à la tâche difficile de trouver comment les faire sortir de ces nations après la défaite d’Hitler. Byrnes a dit à Szilard « que la Russie pourrait être plus facile à gérer si elle était impressionnée par la puissance militaire américaine, et qu’une démonstration de la bombe pourrait impressionner la Russie ».

Plus soucieux de contenir l’Union soviétique que de vaincre le Japon, Byrnes a rejeté les propositions de McCloy sur la meilleure façon de procéder concernant la bombe atomique. L’Allemagne avait capitulé, et le Japon était sur le point de faire de même. Le problème imminent de l’Amérique était la Russie, et Byrnes voulait avoir la bombe atomique dans sa manche lorsqu’il conseillerait le président sur cette question.

James Byrnes avait été nommé secrétaire d’État le 3 juillet 1945. Sa première grande tâche fut de préparer le président Truman au sommet de Potsdam. Le Japon n’était pas la première question à laquelle il pensait. C’est la Russie qui l’était. La décision fondamentale de savoir si une bombe atomique devait être larguée sur le Japon avait déjà été prise au début du mois de juillet 1945, avant que Byrnes ne prête serment en tant que secrétaire d’État.

McCloy n’avait pas réussi à dissuader le président de cette ligne de conduite. Lors d’une réunion du Comité intérimaire tenue le 6 juillet 1945, il fut noté que la question de la discussion de l’existence d’une bombe atomique lors de la prochaine réunion des « Big 3 » était particulièrement urgente, étant donné le court délai entre cette réunion et l’utilisation effective de l’arme. Dans l’esprit des Américains, la bombe atomique jouait un rôle essentiel dans le monde de l’après-guerre tel qu’il se façonnait à Potsdam.

Une idée qui se propageait rapidement dans l’état d’esprit de toute la nation au cours de l’été 1945, passée inaperçu aux yeux de nombreux observateurs modernes, était celle de l’épuisement national. La pression exercée par le Congrès au lendemain de la capitulation de l’Allemagne en mai 1945 a non seulement entraîné la démobilisation de 450 000 soldats sur le théâtre européen alors que la guerre faisait rage dans le Pacifique, mais aussi celle de 30 000 autres soldats dans le Pacifique. L’Amérique avait du mal à maintenir le cap contre le Japon, sans parler de se positionner pour contenir et contrôler l’Union soviétique dans un monde d’après-guerre.

Seul le secret de la bombe atomique a changé le calcul de la diplomatie de puissance mondiale.

McCloy et les personnes réunies à la Maison Blanche le 18 juin 1945 n’étaient pas les seuls en Amérique à se préoccuper du projet de bombe atomique et de son impact sur un monde en guerre. À Los Alamos, le lieu de naissance de la bombe atomique, de nombreux scientifiques du projet Manhattan étaient également de plus en plus alarmés par la terrible arme qu’ils s’apprêtaient à lancer sur un peuple qui ne se doutait de rien.

La calotte de l’arme Fat Man est peinte au pistolet devant le bâtiment d’assemblage numéro 2 sur l’île de Tinian. (Archives nationales des États-Unis)

Dès mars 1944, ces scientifiques se réunissaient dans des réunions informelles tenues dans leur base d’opérations secrètes, où la question de la meilleure utilisation de cette nouvelle et terrible technologie était discutée. Le chef militaire du projet Manhattan, le général Groves, a participé à l’une de ces réunions.

Le rapport Franck

Après un dîner avec le chef de la mission britannique à Los Alamos, James Chadwick et avec Joseph Rotblat, un jeune physicien britannique (et futur fondateur des conférences Pugwash sur le désarmement, travail qui lui a valu le prix Nobel de la Paix en 1995), M. Groves a présenté sa vision de l’Europe de l’après-guerre. Comme le rappelle Rotblat, Groves a informé les deux Britanniques que « l’unique but du projet était de soumettre les Russes ».

Rotblat n’était pas le seul scientifique impliqué dans le projet Manhattan à se préoccuper de la réalité d’une bombe atomique. À l’université de Chicago, où Enrico Fermi a d’abord réalisé une réaction de fission, les « scientiques de Chicago » ont formé plusieurs comités pour étudier les implications d’une bombe atomique.

L’un d’eux, le Comité sur les implications sociales et politiques, dirigé par James Franck, un juif allemand se méfiant du contrôle du gouvernement sur la science, a publié en juin 1945 un rapport connu sous le nom de « Rapport Franck », qui détaillait les conséquences d’une politique qui conduirait à une course aux armements nucléaires.

Le rapport Franck mettait en garde contre le fait de considérer la bombe atomique comme un moyen de pression possible contre l’Union soviétique, en soulignant que les États-Unis ne pouvaient pas « espérer éviter une course aux armements nucléaires, soit en cachant aux nations concurrentes les faits scientifiques de base de l’énergie nucléaire, soit en accaparant les matières premières nécessaires à une telle course – si aucun accord international efficace n’est conclu, la course aux armements nucléaires sera engagée sérieusement au plus tard le matin suivant notre première démonstration de l’existence des armes nucléaires ».

Malheureusement pour les scientifiques de Chicago , les dés étaient déjà jetés. Le 16 juillet 1945, à 5h45 du matin, dans un site désertique isolé près d’Alamogordo, au Nouveau-Mexique, la première explosion atomique au monde se produisit. « Trinity », comme fut dénommé l’essai du dispositif d’implosion du noyau de plutonium, avait prouvé la viabilité du concept de la bombe atomique et, ce faisant, changé le monde à jamais.

Une plaque sur le site de l’essai nucléaire de Trinity, le 16 juillet 1945.

Le président Truman était déjà à Potsdam au moment du test Trinity, en attendant le sommet avec Joseph Staline et les Britanniques (Winston Churchill était initialement présent à Potsdam, mais étant donné la victoire de Clement Atlee aux élections législatives britanniques de juillet, il avait été remplacé par ce dernier le 27 juillet 1945). La conférence de Potsdam était principalement destinée à aborder la question de l’Europe d’après-guerre, en particulier la meilleure façon de traiter une Allemagne vaincue et de guider le redressement de l’Europe dans son ensemble.

Le 17 juillet, lors de leur première rencontre, Staline et Truman ont exposé leurs positions respectives. Truman n’était pas satisfait de la position dure du dirigeant soviétique sur la Pologne et les autres pays d’Europe de l’Est, mais il se réjouissait en privé de ce qu’il appelait son propre secret de « dynamite » – la bombe atomique (Truman avait été informé de Trinity le 16 juillet). Truman a d’abord accepté la décision de la Russie d’entrer en guerre contre le Japon le 15 août, mais à la fin de la conférence, le président espérait que l’utilisation de la bombe atomique contre le Japon pourrait contraindre les Japonais à se rendre avant que les Russes puissent lancer une offensive terrestre en Asie qui rivaliserait avec celle en cours en Europe.

Le 24 juillet, Truman a mentionné à Staline, de manière très désinvolte, que les États-Unis « disposaient d’une nouvelle arme d’une force destructrice inhabituelle ». Selon Truman, « le Premier ministre russe n’a montré aucun intérêt particulier. Tout ce qu’il a dit, c’est qu’il était heureux de l’entendre et qu’il espérait que nous en ferions « bon usage contre les Japonais » ». Pour Truman et ceux qui ont observé cet échange depuis les États-Unis et la Grande-Bretagne, il semblait que Staline ne comprenait pas l’énormité de ce que Truman lui avait dit.

Le projet de bombe soviétique

Kurchatov, employé de l’Institut du Radium en 1939. (Wikipédia)

Rien n’aurait pu être plus éloigné de la vérité. Indépendamment des désirs des États-Unis et de la Grande-Bretagne de cacher le secret de la bombe atomique à Staline et aux Russes pendant la Seconde Guerre mondiale, le fait est que les Soviétiques n’étaient que trop conscients de ce qui se passait dans les usines d’armement secrètes des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

Dès 1942, le système de renseignement soviétique avait pris conscience de l’existence du programme américain d’armes nucléaires. Armé de ces renseignements, Levrenti Beria, l’impitoyable chef du renseignement et de la sécurité de Staline, avait réussi à convaincre ce dernier que la Russie devait s’engager sur sa propre voie pour acquérir la bombe atomique.

En septembre 1942, Staline avait donné son accord, et une équipe de physiciens soviétiques triés sur le volet, dirigée par Igor Kurchatov, avait entrepris de construire l’équivalent russe de Los Alamos dans un monastère abandonné à l’extérieur de la ville de Sarov, qui ne serait connu que par son code postal, Arzamas-16.

Dès son retour dans ses quartiers après sa conversation avec Truman, Staline convoqua le ministre des Affaires étrangères Viatcheslav Molotov et le maréchal Georgi Joukov, et les informa de ce que Truman avait dit. Loin de se méprendre sur Truman, Staline parla de la bombe atomique et envoya des instructions à Kurchatov pour « accélérer les choses ». Grâce au travail des services secrets soviétiques, Staline savait que les États-Unis n’avaient qu’une ou deux bombes atomiques en leur possession. Mais même cet arsenal limité était une raison pour le dirigeant soviétique de s’inquiéter.

Le 25 juillet, au lendemain de sa conversation avec Staline, le président Truman signa la décision finale de larguer la bombe atomique sur le Japon. Le 6 août 1945, le B-29 Superfortress, baptisé « Enola Gay », livra sa cargaison mortelle au-dessus de la ville japonaise d’Hiroshima, tuant immédiatement des dizaines de milliers de Japonais, pour la plupart des civils, et inaugurant l’ère de l’anéantissement atomique.

Staline, craignant que les Etats-Unis ne cherchent à utiliser leur monopole atomique pour limiter les options soviétiques dans l’Asie de l’après-guerre, avança immédiatement la date de la déclaration de guerre soviétique au Japon au 8 août. La décision américaine de bombarder une seconde fois le Japon, également le 8 août, entraînant l’anéantissement de la ville de Nagasaki et des dizaines de milliers de ses citoyens, renforça la paranoïa soviétique de sorte que le maréchal Joukov nota, « le gouvernement américain avait l’intention d’utiliser l’arme atomique pour atteindre ses objectifs impérialistes en position de force pendant la Guerre froide ».

En réponse, le 20 août 1945, Staline ordonna à Lavrenti Beria de diriger un « Comité spécial sur la bombe atomique » afin de construire un contrepoids russe à la bombe américaine. Les préoccupations de Staline concernant l’utilisation abusive de la bombe atomique par les Américains n »étaient sont pas nées de la seule paranoïa.

Le 30 août 1945, à peine vingt-deux jours après que la ville japonaise d’Hiroshima ait subi un holocauste nucléaire, et dix jours après que Staline ait ordonné l’accélération du projet de bombe soviétique, le général Leslie Groves reçut un document qui énumérait les villes et les installations industrielles soviétiques, ainsi qu’un calcul du nombre de bombes atomiques nécessaires pour détruire chaque zone ciblée (Moscou et Leningrad ont chacune étaient « créditées » de six bombes atomiques).

La bombe atomique avait créé l’illusion d’une « guerre rendue facile », alors même que certains des architectes de l’attaque nucléaire contre le Japon avaient pu constater de visu les destructions qu’ils avaient opérées.

Scott Ritter est un ancien officier de renseignement du corps des Marines qui a servi dans l’ex-Union soviétique pour mettre en œuvre les traités de contrôle des armements, dans le golfe Persique pendant l’opération Tempête du désert, et en Irak pour superviser le désarmement des ADM.

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Source : Consortium News, Scott Ritter, 05-08-2020

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RGT // 25.09.2020 à 09h52

Autre fait concernant la « bombinette » : Roosevelt, qui avait pris la décision de lancer le projet suite à des renseignements alarmants concernant son développement par les nazis, était en fait totalement opposé à l’utilisation de ce « jouet » qu’il souhaitait uniquement conserver si et seulement si les nazis risquaient d’en faire usage, surtout à des fins de dissuasion.
Et quand il s’est avéré que les nazis avaient abandonné le projet, il était encore plus opposé à son utilisation car il trouvait cette arme de destruction aveugle totalement ignoble.
Et son « dauphin », Henry Wallace, qui devait prendre sa succession était lui aussi farouchement opposé à l’utilisation de cette « bombinette ».

Le lobby militaro-industriel, sentant qu’il voyait « son » projet lui échapper, a manœuvré en coulisses pour que Wallace soit écarté et a fait en sorte qu’un idiot facilement manipulable, Harry Truman, prenne sa place.

Ce qui a entraîné ce désastre pour l’humanité et bonheur absolu pour le lobby militaire et les hauts gradés avides de « montrer leurs muscles » qui en recueillent encore aujourd’hui les fruits avec leurs intrigues menant à une course à « celui qui a la plus grosse » et des dépenses en armement qui ont depuis atteint des sommets stratosphériques.

Avant même la capitulation du japon les dés étaient jetés et l’entrée de l’URSS dans le conflit japonais avait totalement changé la donne. Si les USA se montraient timorés à poser le pied sur le sol japonais les russes quant à eux avaient déjà lancé leur rouleau compresseur à pleine vitesse et risquaient d’envahir AU SOL une grosse partie du Japon, ce qui aurait totalement anéanti les projets US concernant leur occupation du Japon.

Encore de nos jours, le statut actuel des îles Kouriles en est le meilleur exemple : Ces îles qui passaient de la Russie au japon depuis le XIXè siècle et ont été « annexées » par l’URSS peu de temps avant la capitulation du japon dans un accord bipartite.

Il est à noter que les Aïnous, peuple d’origine caucasienne (passés par le nord – la Russie il y a des millénaires) et qui était les premiers habitants du japon, ont subi de la part des japonais le même sort que les amérindiens et ont été victimes d’un génocide puis ont été refoulés dans les îles Kouriles, les japonais attendant patiemment qu’ils « crèvent » dans ces îles désolées comme les amérindiens dans leurs « réserves ».

Ce dont personne ne parle, c’est que les Aïnous sont farouchement opposés au retour de ces îles dans le giron japonais, leur statut ayant été largement amélioré depuis qu’ils sont « russes », même sous l’infâme Staline.

En 2004, cette communauté a écrit à l’ignoble Poutine pour que ces îles restent rattachées à la Russie à tout jamais.

Et bien sûr personne n’en a jamais parlé dans « la communauté internationale bienveillante ».

34 réactions et commentaires

  • degorde // 25.09.2020 à 06h52

    Tout à fait exact à quelques petits détails près qui ne changent rien. Cette stratégie aurait dû être initiée quelques mois plus tôt durant la conférence de Yalta; le bombardement de Dresde devait coïncider pour impressionner les russes. La météo l’a rendu impossible. Truman est parti à Potsdam avec l’arme atomique « à la ceinture » déterminé à imposer ses vues aux russes et les faire renoncer à tout gain territorial et toute réparation sur l’Allemagne. Pour plus de détail lire le journal de Stimson, secrétaire à la guerre publié dans les années 60 et le très important « Atomic Strategy » de Gar Alperowicz. Ils complètent le livre de W. A. Williams « the tragedy of American Diplomacy ».

      +15

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  • LibEgaFra // 25.09.2020 à 07h13

    « Le chef du projet Manhattan a déclaré : « Le but de tout le projet était de soumettre les Russes » »

    Aussi pour pouvoir écarter les Soviétiques de la capitulation du Japon. Il fallait absolument que le Japon capitule avant que les Soviétiques débarquent sur Hokkaido. Les Japonais n’ont pas capitulé à cause des deux bombes atomiques, mais à cause de l’offensive éclair des Soviétique en Mandchourie.

      +16

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    • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 05h10

      HIROSHIMA VS. TEMPETE D’AOUT (1/2) :

      « Les Japonais n’ont pas capitulé à cause des deux bombes atomiques, mais à cause de l’offensive éclair des Soviétique en Mandchourie ».

      Cette hypothèse est certes alimentée par des éléments crédibles :

      1) LA CAMPAGNE DU XXIst BOMBER COMMAND LAISSE TOKYO DE MARBRE

      Depuis février 1945 (raid du 25 contre Tokyo), les villes japonaises sont la cibles de raids aériens stratégiques incendiaires terroristes (au sens technique du terme) menés par les bombardiers lourds stratégiques B-29 « Superfortress » du XXIst Bomber Command du général Curtiss LEMAY. Ces raids sont appuyés sur le principe britannique du « firestorm ». Dans la nuit du 9 au 10 mars, le XXIst Bomber Command tue, en quelques heures, entre 80.000 et 100.000 habitants de Tokyo. Les habitants qui plongent dans les canaux pour échapper à la température y sont ébouillantés vivants et un million de survivants sont sans-abri. Or, malgré ce carnage pire que ceux qui surviendront à Hiroshima et Nagasaki, la capitulation japonaise n’est pas à l’ordre du jour : le 11 mars, trente-six heures après Tokyo, le Japon jette certes le gant de la bataille d’Iwo Jima, dans le Pacifique, mais ce n’est que pour remettre le couvert à Okimawa trois semaines plus tard, avec in fine un « tableau de chasse » d’environ 45.000 soldats américains perdus pour une île de 80 km de long et de… 8 de large.

      En 1945, les Japonais sont imperméables aux bombardement stratégiques, même pires que les bombardements nucléaires.

      (…/…)

        +1

      Alerter
    • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 05h27

      HIROSHIMA VS. TEMPETE D’AOUT (1/2) :

      « Les Japonais n’ont pas capitulé à cause des deux bombes atomiques, mais à cause de l’offensive éclair des Soviétique en Mandchourie ».

      Cette hypothèse est certes alimentée par des éléments crédibles :

      […]

      2) TEMPETE D’AOUT CHANGE (?) LA DONNE

      Le 9 août 1945 (six jours après Hiroshima qui n’a pas ébranlé Tokyo, et le jour même de Nagasaki), l’Armée rouge lance en Mandchourie l’une des offensives les plus démesurées de l’histoire : l’opération TEMPETE D’AOUT, menée par trois groupes d’armées soviétiques sur un front de mille six cents kilomètres de large (la distance qui sépare Londres de Tunis), contre l' »armée du Kwantung », le plus prestigieux des groupes d’armées japonais (dix armées), qu’elle anéantit en huit jours dans une campagne au vrai très difficile. L’avant-veille de la fin de TEMPETE D’AOUT, le 15, l’empereur du Japon parle à son peuple pour la première fois de sa vie pour évoquer un armistice avec les Etats-Unis.

        +1

      Alerter
    • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 05h42

      HIROSHIMA VS. TEMPETE D’AOUT (conclusions) :

      « Les Japonais n’ont pas capitulé à cause des deux bombes atomiques, mais à cause de l’offensive éclair des Soviétique en Mandchourie ».

      1) Effectivement, AUCUN élément avéré ne permet d’affirmer que l’armistice du 15 août est la conséquence des bombardements nucléaires.

      2) Néanmoins, je n’ai (pour ma part) encore découvert AUCUNE analyse permettant, à l’inverse, d’affirmer que l’armistice est la conséquence directe de TEMPETE D’AOUT. Je précise d’emblée que je n’ai ***PAS*** pris connaissance des travaux de Tsuyoshi HASEGAWA (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tsuyoshi_Hasegawa), réputés les plus complets sur ce sujet.

      Vues de ma petite porte, les raisons réelles de la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, et donc de la fin de la Seconde Guerre mondiale, me sont toujours inconnues à l’heure qu’il est, et toute lumière sera la bienvenue.

      En vous remerciant d’avance,

      Bien cordialement,

      Pierre Bacara (contact@high-flight.org)

        +1

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      • Vincent // 29.09.2020 à 10h49

        [Vues de ma petite porte, les raisons réelles de la capitulation du Japon (…) me sont toujours inconnues à l’heure qu’il est, et toute lumière sera la bienvenue.]

        Selon moi, les Japonais souhaitaient, jusque fin Juillet, échapper à une capitulation, et obtenir un armistice avec les USA.
        Et ils avaient 2 raisons d’y croire :
        1°) La conquête terrestre du Japon, avec l’ile du Sud qui était fortifiée, armée, préparée… aurait été trop coûteuse en vies humaines pour les USA. Les japonais le savaient.
        2°) Vu la rivalité avec l’URSS, des diplomates japonais voulaient menacer les USA d’une alliance avec Staline en cas d’absence d’armistice.

        [suite au prochain message]

          +2

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      • Vincent // 29.09.2020 à 10h51

        [suite du message précédent]

        L’offensive soviétique a eu 2 conséquences :
        1°) L’ile Nord était sous la menace des soviétiques, qui pouvaient l’occuper en quelques semaines (ile quasiment pas défendue, armée qui accepter les pertes). Et cela aurait voulu dire un Japon coupé en 2. Inacceptable pour l’Empereur.
        2°) Une fois en guerre contre l’URSS, l’option 2 (menace d’alliance) était devenue inopérante.

        Bref, du fait de l’invasion soviétique, il n’y avait plus aucune option permettant aux Japonais d’espérer une issue plus favorable d’une capitulation aux USA. Au contraire, continuer la guerre risquait d’amener à une occupation soviétique, (pire qu’une capitulation auprès des USA pour les japonais).

        Restait un problème : celui de ne pas perdre la face pour l’Empereur. Et grâce aux bombes atomiques, les USA ont fourni un parfait prétexte pour capituler la tête haute : les japonais n’avaient pas failli dans leur courage, mais étaient obligés de céder face à des armes surnaturelles…

        Au final, aussi bien les Japonais que les USA avaient intérêt à justifier la capitulation par les bombes atomiques. Même si la réalité est un peu plus complexe…

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    • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 05h58

      HIROSHIMA VS. TEMPETE D’AOUT (suggestions de sources) :

      Hiroshima/Nagasaki ayant été médiatisés en long, en large et en travers, je ne suggérerai que des sources relatives à TEMPETE D’AOUT, beaucoup moins connue en Occident :

      En français : « La Mandchourie oubliée, grandeur et démesure de l’art de la guerre soviétique », Jacques SAPIR, éditions du Rocher, Monaco, 1996.

      En anglais : « August Storm : The Soviet 1945 Strategic Offensive in Manchuria », David GLANTZ, Combat Studies Institute, U.S. Army Command and General Staff College, Fort Leaventworth, USA, 1983. Auparavant, ce dossier était à la bibliothqèue de Fort Leavenworth. Il n’y est plus mais il en existe des sauvegardes dont : http://www.kuriles-history.ru/up/lib/August%20storm%20%20the%20Soviet%201945%20strategic%20offensive%20in%20Manchuria.pdf

        +1

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      • moshedayan // 26.09.2020 à 18h32

        Des détails à prendre en compte, vers 1942, les renseignements soviétiques observent que les Anglo-Saxons ont réduit à presque rien les publications scientifiques sur le nucléaire… ils en déduisent que les Américains ont lancé leur programme – après quelques vérifications sur les domiciles de physiciens allemands ou d’Europe de l’Est… les lieux de recherche sont identifiés…Plus tard dans le cadre de la course aux armements, plusieurs physiciens pensent qu’il faut un « équilibre »… Niels Bohr physicien danois eut un entretien avec un physicien soviétique -ce dernier lui montra une formule sur la fission… Bohr lui fit quelques remarques « aidant » son collègue à confirmer ou à ne pas se tromper dans ses recherches… De retour en Union soviétique, le physicien en rendit compte à l’équipe de Kapitsa et Landau physiciens de renoms -Landau était dans le projet de la bombe soviétique et c’est celui-ci qui trouva la méthode pour calculer avec la meilleure précision possible la puissance d’une bombe atomique -ce que les Américains avaient du mal à faire (voie l’essai Bikini plus puissant que prévu je crois)….

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        • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 23h03

          Extrêmement intéressant, merci.

          Quelles sont vos sources ? Et à votre avis, qui a été les plus efficace dans le renseignement sur le projet MANHATTAN ? Le G.R.U. ou le N.K.V.D. ?

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          • moshedayan // 27.09.2020 à 13h31

            Divers articles russes sur Kourchatov, Fitin (GRU) à partir du moteur de recherches Yandex.ru et lu un ancien livre sur la CIA dont j’ai oublié le titre « les gens de la CIA » années 80 ???

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            • Pierre Bacara // 28.09.2020 à 23h02

              … Pavel Mikhaïlovitch FITINE, 1907-1971, département étranger du NKVD. C’est noté. Merci !

                +0

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  • Cyd // 25.09.2020 à 09h14

    http://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler

    « Ce n’est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler
    Le rôle de Staline est minimisé, celui de la destruction d’Hiroshima et Nagasaki grandi, parce que ça arrangeait Américains et Japonais. Soixante-dix années de politiques nucléaires seraient-elles fondées sur un mensonge? »

    PS : « livrerait » et non « délivrerait »

    ce serait la 20e armée de l’Air, équipée du bombardier B-29 « Superfortress », qui délivrerait la bombe atomique

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    • lois-economiques // 25.09.2020 à 15h50

      « Ce n’est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler »
      Ce fait est parfaitement connu des initiés, mais l’article qui le démontre est remarquable.

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  • Cyd // 25.09.2020 à 09h35

    http://www.slate.fr/story/91073/mokusatsu-erreur-traduction-seconde-guerre-mondiale

    «Mokusatsu», l’erreur de traduction qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale
    Il s’en est fallu d’un rien pour que la bombe atomique ne soit pas larguée sur Hiroshima, précipitant la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945. D’un mot, pour être précis. Souvent présentée par les linguistes comme la plus grave erreur de traduction de tous les temps, l’interprétation du terme «Mokusatsu» est au coeur d’un des pires carnages du XXe siècle.

    (…)
    Alors que Suzuki avait choisi le mot «mokusatsu» pour son ambiguïté, espérant ainsi calmer son armée tout en ménageant les Alliés, c’est une totale absence de nuance qui ressort finalement de ses propos en anglais. Interviewé des années plus tard, Truman semblait n’avoir toujours pas digéré ce vrai-faux hara-kiri:
    «Quand nous leur avons demandé de capituler à Potsdam, ils nous ont répondu d’un ton méprisant… C’est tout ce que j’ai obtenu. Ils m’ont dit d’aller me faire foutre […].»

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    • lois-economiques // 25.09.2020 à 16h38

      En revanche cet article c’est n’importe quoi.
      Comment une même personne peut poster un remarquable article et un article complétement ridicule qui vient en contradiction totale avec le premier ?
      Comme signalé dans le premier article les deux premières bombes atomiques sont considérés du point de vue japonais comme un énième destruction de ville comme il y en avait eu 67 avant. Ni plus ni moins.
      Alors parler de « carnage », « d’erreur de traduction qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale » et d’un ridicule sans nom.
      Il y a deux événements qui ont véritablement changés le cours de la seconde guerre mondiale.
      Le premier :
      « En août 1941 et avant la bataille de Moscou, Sorge (espion russe au japon) transmit une information cruciale pour la suite de la guerre, à savoir que les Japonais, alors occupés à préparer leur entrée en guerre, en particulier contre les États-Unis (attaque de Pearl Harbor), n’allaient pas attaquer les territoires orientaux de l’URSS.  » Source wikipedia
      Le second, c’est le démantèlement des usines de L’Ouest pour les réassembler à l’Est dès le début de l’opération Barbarossa.

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      • lois-economiques // 25.09.2020 à 16h58

        En complément :
        Fin septembre 1941, l’espion Richard Sorge, établi à Tokyo, indique que le Japon n’attaquera pas l’Union soviétique. Ceci permet à l’Armée rouge de tranférer à l’Ouest des divisions sibériennes qui garnissaient jusque-là la frontière face à l’armée du Guandong.
        L’Armée rouge a pu redéployer une trentaine de divisions lorsque l’offensive proposée par Joukov et Vassilievski est approuvée par Staline. Ces renforts ne font que mettre l’Armée rouge à égalité numérique avec la Wehrmacht. Cependant ces troupes sont parfaitement adaptées à l’hiver et, à certains endroits, elles vont livrer bataille à deux contre un.
        Le 5 décembre 1941, par des températures de −20 °C, les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent au nord et au sud de Moscou. Les armées soviétiques reprennent Krasnaïa Poliana (ru) et délivrent la proche banlieue de Moscou. Les lignes allemandes, déjà bloquées depuis quelques semaines, sont enfoncées.

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        • Pierre Bacara // 27.09.2020 à 23h05

          « […] Sorge […]permet à l’Armée rouge de tranférer à l’Ouest des divisions sibériennes qui garnissaient jusque-là la frontière face à l’armée du Guandong. L’Armée rouge a pu redéployer une trentaine de divisions […] ».

          Dans les faits, Staline, prudent, ne baisse pas sa garde face à l’empire du Soleil levant : le plus puissant de tous les groupes d’armées soviétiques reste toujours celui qui fait face aux Japonais.

          Les réserves engagées quelque trois plus tard après l’enterrement de BARBAROSSA sont la 1ère armée de choc, la 20e et la 10e armée, qui sont toutes trois tirées des réserves de la Stavka, constituées dans le cadre du processus de routine de maintien de réserves stratégiques.

          A cette échelle, les cinq divisions et les cinq brigades effectivement transférées de Sibérie ont certes le grand mérite d’exister, mais elles ne pèsent pas assez lourd pour faire pencher la balance.

          Le déferlement de hordes sibériennes provoqué par la trahison de SORGE fait partie du tsunami de bobards que les généraux de la Wehrmacht sortiront de leur chapeau après la chute du Reich.

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          • lois-economiques // 28.09.2020 à 16h18

            Je ne suis pas historien mais l’article de Wikipedia est clair :
            « Le 5 décembre 1941, par des températures de −20 °C, les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent au nord et au sud de Moscou.  »
            Sans ces troupes la contre offensive de Moscou n’aurait pas eut lieu.

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            • Pierre Bacara // 28.09.2020 à 23h52

              Plus exactement :

              La contre-offensive conçue par JOUKOV, bien qu’il ne soit alors « que » commandant du Front de l’Ouest, démarre effectivement le 5 décembre, mais pas par une contre-offensive de son Front : c’est le Front de Kalinine de KONIEV qui inaugure la contre-offensive, avec deux de ses trois armées (31e et 29e) qui comptent en tout vingt-six divisions.

              Le Front de l’Ouest de Joukov, effectivement (dix armées, quarante-six divisions plus quarante-deux unités indépendantes), attaque le lendemain, simultanément au Front du Sud-Ouest de KOSTENKO (six armées, quarante-quatre divisions), qui attaque avec deux de ses armées (quatorze divisions).

              L’ensemble des forces disponibles pour la contre-offensive totalise donc quinze armées qui comprennent, entre autres, quatre-vingt-six divisions.

              Les ordres de bataille sont (par exemple) ici : http://rkka.es/Estructura/asignacion_terrestre/BoevojSostavSA1941.pdf , voir « 1er décembre 1941 ».

              Durant son existence, le front de l’Est représente en moyenne, à lui seul, entre les deux tiers et 95 % des affrontements terrestres en Europe et en Méditerranée. Dans ce décor, des offensives avec une poignée de divisions n’ont pas cours.

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            • Pierre Bacara // 28.09.2020 à 23h56

              « Le 5 décembre 1941 […], les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent […] ».

              Plus exactement :

              La contre-offensive conçue par JOUKOV, bien qu’il ne soit alors « que » commandant du Front de l’Ouest, démarre effectivement le 5 décembre, mais pas par une contre-offensive de son Front : c’est le Front de Kalinine de KONIEV qui inaugure la contre-offensive, avec deux de ses trois armées (31e et 29e) qui comptent en tout vingt-six divisions.

              Le Front de l’Ouest de Joukov, effectivement (dix armées, quarante-six divisions plus quarante-deux unités indépendantes), attaque le lendemain, simultanément au Front du Sud-Ouest de KOSTENKO (six armées, quarante-quatre divisions), qui attaque avec deux de ses armées (quatorze divisions).

              L’ensemble des forces disponibles pour la contre-offensive totalise donc quinze armées qui comprennent, entre autres, quatre-vingt-six divisions.

              Les ordres de bataille sont (par exemple) ici : http://rkka.es/Estructura/asignacion_terrestre/BoevojSostavSA1941.pdf , voir « 1er décembre 1941 ».

              Durant son existence, le front de l’Est représente en moyenne, à lui seul, entre les deux tiers et 95 % des affrontements terrestres en Euro-Méditerranée. Dans ce décor-là, des offensives avec une poignée de divisions n’ont pas cours.

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            • Pierre Bacara // 29.09.2020 à 00h24

              « Le 5 décembre 1941, […] températures de −20 °C » […] »

              Effectivement, les trois premiers jours, il fait environ -20 °C, soit très froid pour la saison. Le 8, les température remontent brusquement à la moyenne, environ – 8 °C ; et le 9, elles remontent encore d’un niveau, au-dessus de la moyenne saisonnière cette fois, jusqu’à zéro degré, voire plus. Le températures resteront au-dessus de la moyenne pendant toute la contre-offensive (celle de décembre) avant une nouvelle rechute en-dessous de la moyenne en janvier lors de la contre-offensive Staline.

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  • RGT // 25.09.2020 à 09h52

    Autre fait concernant la « bombinette » : Roosevelt, qui avait pris la décision de lancer le projet suite à des renseignements alarmants concernant son développement par les nazis, était en fait totalement opposé à l’utilisation de ce « jouet » qu’il souhaitait uniquement conserver si et seulement si les nazis risquaient d’en faire usage, surtout à des fins de dissuasion.
    Et quand il s’est avéré que les nazis avaient abandonné le projet, il était encore plus opposé à son utilisation car il trouvait cette arme de destruction aveugle totalement ignoble.
    Et son « dauphin », Henry Wallace, qui devait prendre sa succession était lui aussi farouchement opposé à l’utilisation de cette « bombinette ».

    Le lobby militaro-industriel, sentant qu’il voyait « son » projet lui échapper, a manœuvré en coulisses pour que Wallace soit écarté et a fait en sorte qu’un idiot facilement manipulable, Harry Truman, prenne sa place.

    Ce qui a entraîné ce désastre pour l’humanité et bonheur absolu pour le lobby militaire et les hauts gradés avides de « montrer leurs muscles » qui en recueillent encore aujourd’hui les fruits avec leurs intrigues menant à une course à « celui qui a la plus grosse » et des dépenses en armement qui ont depuis atteint des sommets stratosphériques.

    Avant même la capitulation du japon les dés étaient jetés et l’entrée de l’URSS dans le conflit japonais avait totalement changé la donne. Si les USA se montraient timorés à poser le pied sur le sol japonais les russes quant à eux avaient déjà lancé leur rouleau compresseur à pleine vitesse et risquaient d’envahir AU SOL une grosse partie du Japon, ce qui aurait totalement anéanti les projets US concernant leur occupation du Japon.

    Encore de nos jours, le statut actuel des îles Kouriles en est le meilleur exemple : Ces îles qui passaient de la Russie au japon depuis le XIXè siècle et ont été « annexées » par l’URSS peu de temps avant la capitulation du japon dans un accord bipartite.

    Il est à noter que les Aïnous, peuple d’origine caucasienne (passés par le nord – la Russie il y a des millénaires) et qui était les premiers habitants du japon, ont subi de la part des japonais le même sort que les amérindiens et ont été victimes d’un génocide puis ont été refoulés dans les îles Kouriles, les japonais attendant patiemment qu’ils « crèvent » dans ces îles désolées comme les amérindiens dans leurs « réserves ».

    Ce dont personne ne parle, c’est que les Aïnous sont farouchement opposés au retour de ces îles dans le giron japonais, leur statut ayant été largement amélioré depuis qu’ils sont « russes », même sous l’infâme Staline.

    En 2004, cette communauté a écrit à l’ignoble Poutine pour que ces îles restent rattachées à la Russie à tout jamais.

    Et bien sûr personne n’en a jamais parlé dans « la communauté internationale bienveillante ».

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    • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 06h11

      Bonjour RGT,

      Merci pour les informations concernant les Aïnous, que je découvre avec un grand intérêt.

      Merci également pour votre cordiale réponse à l’appel de l’association High Flight (https://www.les-crises.fr/appel-aux-derniers-temoins-de-la-seconde-guerre-mondiale).

      Je vous en avais préparé une réponse mais les commentaires du fil avaient entre-temps été fermés automatiqument et M. BERRUYER m’avait alors indiqué qu’une réouverture des commentaires pour vous répondre eût été par trop fastidieuse relativement à l’intérêt somme toute protocolaire de ma requête.

      Si toutefois vous étiez intéressé par la réponse que j’avais préparée à votre attention au sujet du lien entre guerre et idéologie, je vous propose de communiquer en me « bipant » à : contact@high-flight.org.

      Bien cordialement et en vous remerciant encore,

      P.B.

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  • Louis 29 // 25.09.2020 à 09h54

    L’histoire est affaire de circonstances et si les Russes, les Japonais, les Nazis avaient gagné la course à l’armement nucléaire, le monde serait comment?

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    • VVR // 26.09.2020 à 00h49

      Le monde serait identique: Pour les allemands, la guerre est irrémédiablement perdu depuis 1943. La situation du Japon est sans espoir dés le début.

      La bombe n’a rien changé, c’est une arme à l’époque purement stratégique, et le bombardement stratégique n’a jamais gagné la moindre guerre. Surtout que le nombre disponible a l’époque en fait une arme qu’on ne peut pas se permettre de perdre, utilisable uniquement quand l’ennemis est déjà à terre et incapable d’intercepter le bombardier.

      Qui gagne la course n’a donc aucune importance: à peine 4 ans plus tard le second rattrapais son retard. Il faudra encore pas mal d’années pour que l’un et l’autre aient de quoi détruire totalement l’adversaire.

        +1

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      • Pierre Bacara // 26.09.2020 à 06h21

        « Pour les allemands, la guerre est irrémédiablement perdue depuis 1943 ».

        Pour les allemands, la guerre est perdue depuis que leur seule chance de la gagner, c’est-à-dire de la gagner vite – leur armée étant la plus efficace mais leurs ressources naturelles, économiques et démographiques étant moindres que celles de leurs ennemis – s’est évanouie avec l’échec de l’opération BARBAROSSA en 1941, qui a métamorphosé la Seconde Guerre mondiale en une guerre longue, une guerre de ressources que le Reich ne peut que perdre ; et cela nonobstant la supériorité intellectuelle acquise par l’Armée rouge sur la Wehrmacht à partir, effectivement, de l’été 1943, comme vous l’indiquez.

        « La situation du Japon est sans espoir dés le début ».

        Certes.

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  • Tim // 25.09.2020 à 10h57

    Sur la capitulation du Japon et les rôles respectifs de l’URSS et de la bombe, cet article était plutôt bien ficelé (mais la traduction un peu poussive).

    https://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler

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  • Manu // 25.09.2020 à 11h15

    J’ai visité le mémorial d’Hiroshima qui met en avant explication à la fois plus simple et plus glaçante, et surtout qui explique également la double attaque : il fallait justifier un projet de 2 milliards de dollars.

    En résumé, ne pas utiliser la bombe aurait été du gâchis. Dans le même état d’esprit, le bombardement de Nagasaki a été justifié par le mécanisme d’amorçage différent qu’il fallait tester.

    Il faut avoir vu les rapports de préparation, digne de n’importe quel projet standard, sur la sélection des villes, du point d’impact, de l’heure pour se rendre compte qu’il n’y a rien de plus implacable qu’un projet capitaliste : une fois lancé, il existe par lui-même et cherchera à aboutir à tout prix.

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    • Castor // 25.09.2020 à 18h32

      « Il n’y a rien de plus implacable qu’un projet capitaliste » : en l’occurrence, il n’y a rien de plus implacable qu’un projet technicien.
      La sélection des objectifs a été réalisée par les militaires et la fabrication de la bombe a été placée dès le commencement sous la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis. Il n’y a pas eu de vente de la bombe au gouvernement. Il ne s’agit donc pas d’un projet « capitaliste », simplement de l’illustration de la formule : « si c’est possible alors il faut le faire ». Dès lors qu’une technique nouvelle permet de s’affranchir de certaines limites, les spécialistes n’envisagent rien d’autre que sa mise en œuvre, qu’elles que soient les conséquences globales. Ce qui corrobore le détail que vous donnez sur le mécanisme d’amorçage qu’il fallait tester.
      Vous pouvez consulter sur ce sujet l’œuvre de Jacques Ellul, irremplaçable (à commencer par LA TECHNIQUE ou l’enjeu du siècle).

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  • clauzip12 // 26.09.2020 à 01h01

    Je perçois à la lecture de ce billet que l’historiette inventée par les USA pour justifier le bombardement atomique de populations civiles continue à ce raconter dans les chaumières.Selon ce qui a été vérifié et que précise LOI-ECONOMIQUES dans son commentaire ci avant la situation du Japon au plan guerre était au plus bas niveau ,plus de 50 villes (67 selon loi-économique)avaient été bombardées et détruites de 20% à 90%,que les démarches diplomatiques avaient amené le Japon à une démarche diplomatique d’un vaincu,très avancées.

    .Dans le système capitaliste ,les investissements de cette envergure le sont en perspective de profits.
    Lors de bombardements de cette année 1945 ,deuxième trimestre le pays était à feu et à sang,ne subsistaient que deux villes en état,Hiroshima et Nagasaki à qui était réservé à titre de démonstration un soin particulier,sinon pourquoi s’arrêter.
    Je rapproche le bombardement du Japon du bombardement de Dresde début février 1945.Pourquoi Dresde?
    Cette ville,avait la particularité d’être dans la future zone soviétique telle que définie à YALTA ,de présenter un potentiel de combustibles comparable aux villes japonaises.
    L’expérimentation dans ce bombardement voulait vérifier l’efficacité et le moindre cout des bombardements mariant ,bombes à effet de souffle et bombes au phosphore déclenchant un incendie généralisé.

    (ouvrage CDT Etienne »tempête de feu »)

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  • jacqueshenry // 27.09.2020 à 11h51

    J’avais déjà inséré sur mon blog une traduction de cet article de John Pilger au début du mois de septembre. Le site Les Crises aurait du en être informé :
    https://jacqueshenry.wordpress.com/2020/09/05/chine-usa-un-nouvel-hiroshima/

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  • moshedayan // 27.09.2020 à 20h02

    Pour ceux qui suivent encore voici la source russe détaillée sur les rencontres à l’automne 1945 au Danemark entre Niels Bohr et le physicien russe Kapitsa – 2 rencontres au total, Kapitsa était en relation de collègues avec Bohr bien avant la guerre. Il était accompagné de deux agents du GRU. Bohr ne savait pas du tout que ses conversations allaient passer après dans les mains du GRU, mais Kapitsa eut le sentiment que Bohr comprenait bien le sens de l’enjeu des recherches nucléaires… A noter , Kapitsa était mal vu par Lavrenti Beria, parce que jugé trop indépendant…
    https://jew-observer.com/stranicy-istorii/nils-bor-i-sovetskaya-razvedka/
    l’article est en russe, mais on doit pouvoir trouver une version anglaise Bohr était aussi juif et avait fui l’Allemagne nazie…réfugié au Danemark

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    • Pierre Bacara // 30.09.2020 à 01h29

      Merci, téléchargé ! La trad automatique Yandex est exploitable.

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