Un magnifique texte…

Source : Robert Parry, 17-08-2016

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Au cours des dernières décennies, les grands médias des États-Unis ont trahi le peuple américain d’une manière historique en diffusant de fausses informations ou des narratives trompeuses sur pratiquement tous les sujets internationaux importants, et continuent à ce jour à mener le pays dans des conflits destructeurs et inutiles.

Pour moi, un tournant majeur fut lorsque les principaux organes d’information ont refusé se pencher sur les tenants et aboutissants du scandale Iran-Contra, y compris sur ses origines dans les contacts illicites entre les Républicains et les Iraniens au cours de la campagne de 1980 et la collaboration de l’administration Reagan avec des trafiquants de drogue pour soutenir la guerre des Contras au Nicaragua. (Au lieu de cela, les grands médias ont dénigré les reportages sur ces véritables scandales.)

Si ces histoires peu recommandables avaient été pleinement expliquées au peuple américain, leur opinion sur Ronald Reagan et George H.W. Bush serait beaucoup moins favorable et la montée des sous-fifres néocons de Reagan aurait pu être stoppée. Au contraire, les néo-conservateurs ont consolidé leur domination sur la politique étrangère officielle de Washington et le fils inepte de Bush fut autorisé à s’emparer de la Maison Blanche en 2001.

Ensuite, on aurait pu penser que l’invasion désastreuse de l’Irak en 2003 – justifiée par une cohorte de mensonges – aurait finalement condamné les néocons, mais, à l’époque ils avaient déjà profondément pénétré les médias nationaux et les grands groupes de réflexion, et leur influence s’étendait au-delà du Parti républicain jusque dans les profondeurs du Parti démocratique.

Ainsi, malgré la catastrophe en Irak, presque rien n’a changé. Les néo-conservateurs et leurs copains les interventionnistes libéraux ont continué à fabriquer des récits qui ont conduit les Etats-Unis dans un bourbier après l’autre, à la recherche de plus en plus de « changements de régime » tout en écartant les recommandations pour une résolution pacifique des crises internationales.

Dissonance cognitive

Dans le cadre de ce phénomène, il existe une profonde dissonance cognitive tandis que les logiques évoluent en fonction des nécessités tactiques des néocons. D’un cas à l’autre, il n’y a aucune cohérence logique ou morale, et les principales agences de presse suivent, se refusant encore et toujours d’exposer ces hypocrisies flagrantes.

Le gouvernement des États-Unis défend un monde « fondé sur des règles » lorsque cela sert ses intérêts mais viole allégrement le droit international lorsqu’il a décidé qu’une « guerre humanitaire » l’emportait sur la souveraineté nationale et la Charte des Nations Unies. Ce dernier est particulièrement facile après qu’un dirigeant étranger a été diabolisé dans la presse, mais la souveraineté devient inviolable dans d’autres circonstances, lorsque les régimes criminels sont amis de Washington.

L’administration de George W. Bush et les médias traditionnels justifièrent en partie l’invasion de l’Irak en accusant Saddam Hussein de violations des droits de l’homme. L’illégalité évidente de l’invasion fut ignorée ou rejetée comme de simples chicaneries de la part des « apologistes de Saddam ». De même, l’administration Obama et les médias ont justifié l’invasion de la Libye en 2011 sous l’accusation mensongère que Mouammar Kadhafi s’apprêtait à massacrer des civils (il avait dit qu’il s’en prenait aux terroristes islamiques).

Mais les mêmes médias regardent ailleurs ou trouvent des excuses lorsque le massacre de civils est l’oeuvre d’« alliés », comme Israël contre les Palestiniens ou l’Arabie saoudite contre les Yéménites. Ensuite, le gouvernement des Etats-Unis se précipite pour livrer encore plus d’armes pour que les bombardements puissent se poursuivre.

La vision du terrorisme est sélective aussi. Israël, l’Arabie Saoudite et d’autres « alliés » américains dans le Golfe Persique ont aidé et encouragé des groupes terroristes, y compris le front al-Nosra d’Al-Qaïda, dans une guerre contre le gouvernement en grande partie laïque de la Syrie. Ce soutien à la subversion violente a suivi la diabolisation du président syrien Bachar al-Assad par les médias.

Ainsi, en essayant d’éviter un autre bourbier à l’irakienne, le président Obama fait face à de vives critiques à Washington dominée par les néocons parce qu’il n’en fait pas assez pour imposer un « changement de régime » en Syrie, bien qu’il ait effectivement autorisé la livraison d’armes sophistiquées US à la soi-disant opposition « modérée » , qui opère souvent sous la structure de commandement d’al-Nosra.

En d’autres termes, il est acceptable d’intervenir ouvertement et clandestinement lorsque c’est Washington qui le décide, indépendamment du droit international et même si cela implique une complicité avec les terroristes. Mais le refrain change lorsque la balle est dans l’autre camp.

Dans le cas de l’Ukraine, toute aide russe aux rebelles russes ethniques sous l’agression d’une armée ukrainienne qui comprend des bataillons néo-nazis, tels que la brigade Azov, est inadmissible. Le droit international et une structure « fondée sur des règles » doivent être défendus en punissant la Russie.

Les médias ont encore trahi leurs lecteurs avec une couverture unilatérale du coup datage de 2014 qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovitch, qui avait subi lui aussi une campagne de diabolisation de la part des fonctionnaires américains et de la presse grand public. Ainsi, les principaux organes de presse ont applaudi le coup d’Etat et ne voyaient rien de mal lorsque le nouveau régime soutenu par les Etats-Unis a annoncé une ’Opération de lutte contre le terrorisme’ – contre les Ukrainiens ethniques russes qui avaient voté pour Ianoukovitch et qui considéraient le régime putschiste comme illégitime.

Dans les médias occidentaux, le régime putschiste ’tout de blanc vêtu’ à Kiev ne pouvait pas faire de mal, même lorsque ses troupes d’assaut néo-nazis ont brûlé des dizaines de Russes ethniques vivants à Odessa et furent le fer de lance de « l’Opération de lutte contre le terrorisme » à l’est. Tout était de la faute de la Russie, même s’il n’y avait aucune preuve que le président Vladimir Poutine avait joué un rôle dans la déstabilisation de l’Ukraine.

En fait, toutes les preuves indiquent que c’était bien le gouvernement des États-Unis qui cherchait un « changement de régime ». Par exemple, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, lors d’une conversation téléphonique interceptée, fut surprise en train de conspirer avec l’ambassadeur US Geoffrey Pyatt au sujet de qui devait prendre le pouvoir – « C’est Yats » a-t-elle dit à propos d’Arseniy Iatseniouk – et de discuter sur comment « faire aboutir » le projet. Le coup d’Etat se déroula quelques semaines plus tard, et Iatseniouk émergea comme le nouveau premier ministre.

L’exceptionnalisme des États-Unis

Les médias des États-Unis agissent comme si le gouvernement US avait un droit incontestable à intervenir dans les affaires intérieures des pays partout dans le monde – que ce soit par la subversion ou l’invasion militaire – mais les mêmes médias s’indignent si quelqu’un ose résister aux édits de Washington ou tente d’imiter les Etats-Unis.

Donc, en ce qui concerne l’Ukraine, alors que la Russie voisine est intervenue pour empêcher les massacres dans l’est et laisser le peuple de Crimée voter un référendum sur la sécession, le gouvernement américain et les médias ont accusé Poutine d’avoir violé le droit international. Les frontières nationales, même dans le contexte d’un violent coup d’état réalisé en partie par des néo-nazis, devaient être respecté, a pieusement annoncé Washington. Même les 96 % des électeurs de Crimée qui votèrent pour rejoindre la Russie furent ignorés en vertu du principe de la souveraineté des Etats.

En d’autres termes, si Poutine protège ces Russes ethniques de la répression violente par les ultra-nationalistes ukrainiens, il est coupable d ’ « agression » et son pays doit être puni par des sanctions sévères. Les néocons américains ont aussitôt commencé à rêver de déstabiliser la Russie et de réussir un autre « changement de régime » à Moscou.

Pendant ce temps, le régime ukrainien soutenu par les EtatsUnis a poursuivi son « Opération de lutte contre le terrorisme », en utilisant des armes lourdes contre les dissidents ukrainiens de l’est dans un conflit qui a coûté quelque 10.000 vies, dont de nombreux civils. Le conflit ukrainien est l’une des pires saignées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais les néocons et leurs copains libéraux-faucons appellent à armer l’armée ukrainienne de sorte qu’elle puisse – une bonne fois pour toutes – écraser la résistance.

Au début de la crise, Nicholas D. Kristof, éditorialiste du New York Times, qui s’était construite une image d’humanitaire bienveillant, voulait livrer plus d’armes au régime de Kiev et aux Ukrainiens de l’est (dont les membres de la famille de son père), de sorte qu’ils puissent tuer leurs voisins ethniques russes – ou « aller à la chasse à l’ours », comme l’a dit Kristof. En appelant les Russes des ’ours’, Kristof assimilait leur massacre à l’abattage d’animaux.

Pourtant, dans une récente chronique, Kristof prend une position très différente en ce qui concerne la Syrie, qu’il veut voir envahir par l’armée US et pour y créer de soi-disant « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne » pour empêcher l’armée et les forces aériennes syriennes d’attaquer les positions rebelles.

La souveraineté signifie une chose en Ukraine, même après un coup d’Etat qui a renversé le président élu. Là-bas, les frontières nationales doivent être respectées (du moins après l’installation d’un régime pro-U.S.) et le régime a tous les droits de tuer des dissidents pour faire valoir son autorité. Après tout, ce n’est qu’une partie de chasse.

Mais la souveraineté signifie autre chose en Syrie, où le gouvernement des Etats-Unis est appelé à intervenir en faveur d’une des parties dans une guerre civile brutale pour empêcher que le gouvernement ne reprenne le contrôle du pays ou pour éviter un règlement négocié du conflit. En Syrie, le « changement de régime » l’emporte sur tout.

Outrage sélectif

Dans son article, Kristof a noté d’autres conflits où les États-Unis sont censés faire plus, en qualifiant la non-invasion de la Syrie de « tâche sur notre conscience à tous, similaire… aux yeux détournés de la Bosnie et du Rwanda dans les années 1990, du Darfour, dans les années 2000 ».

Notez encore l’indignation sélective de Kristof. Il n’appelle pas à une invasion américaine d’Israël / Palestine pour protéger les Palestiniens des opérations de « ratonnade » périodiques d’Israël. Il ne suggère pas non plus de bombarder les aérodromes saoudiens pour empêcher le bombardement continu du royaume des Yéménites. Et il ne proteste pas contre le massacre en Irak instiguée par les Etats-Unis, où des centaines de milliers de personnes ont péri, et il ne mentionne pas la guerre apparemment sans fin des Etats-Unis en Afghanistan.

Comme beaucoup d’autres experts traditionnels, Kristof adapte son humanitarisme à la cause de la domination mondiale des Etats-Unis. Après tout, combien de temps pensez-vous que Kristof garderait son poste de chroniqueur bien payé s’il plaidait pour une « zone d’exclusion aérienne » en Israël ou pour une intervention militaire contre l’Arabie Saoudite ?

Autrement dit, combien de courage professionnel faut-il avoir pour rejoindre la meute contre les « ennemis » des Etats-Unis une fois qu’ils ont été diabolisés ? Ce fut pourtant bien une telle « pensée grégaire » qui ouvrit la voie à l’invasion américaine de l’Irak pour renverser Saddam Hussein, une décision adoptée par les « faucons libéraux » aussi bien que les néo-conservateurs et qui marqua le début d’une souffrance massive à travers le Moyen-Orient et maintenant l’Europe. Selon certaines estimations, les morts irakiens s’élèvent à plus d’un million.

Donc, il faut se rappeler comment The New Yorker, The New York Times et d’autres soi-disant publications « progressistes » ont sauté sur le train en marche pour la guerre en Irak de George W. Bush. Ils sont devenus ce que l’ancien patron de Kristof, Bill Keller, a surnommé « le club des regarde-maman-je-suis-un-faucon » (Keller, soi-dit en passant, a été nommé rédacteur en chef lorsque les mensonges sur les armes de destruction massive en Irak furent démasqués. Comme beaucoup de ses collègues faucons, il n’ont au aucun compte à rendre pour leur crédulité ou carriérisme.)

Kristof n’a pas rejoint le club à ce moment-là, mais a signé plus tard, exhortant une campagne de bombardements massif en Syrie après que l’administration Obama ait fait des déclarations maintenant largement discréditées accusant le gouvernement de Bachar al-Assad d’avoir lancé une attaque au gaz sarin dans les environs de Damas, le 21 août 2013.

Nous savons maintenant que le président Obama n’a pas mis en oeuvre les plans de bombardement en partie parce que les analystes du renseignement US avaient dit qu’ils doutaient de la culpabilité d’Assad. Les preuves semblent désormais indiquer une provocation par les rebelles proches d’Al-Qaïda pour attirer les Etats-Unis dans une intervention à leurs côtés, mais le courant dominant des médias US persiste à dire qu’Obama n’a pas réussi à imposer sa « ligne rouge » contre Assad et l’utilisation d’armes chimiques, comme s’il s’agissait d’un « fait établi ».

Bien que la campagne de bombardement approuvé par Kristof en 2013 aurait pu jouer en faveur d’Al-Qaïda (ou de l’Etat islamique) et donc déclencher une tragédie encore pire pour le peuple syrien, le chroniqueur persiste à préconiser une invasion US de la Syrie, bien enveloppée dans un joli langage « humanitaire ». Mais il devrait être clair que les termes à consonance agréable comme « zones de sécurité » ne sont que des euphémismes pour « changement de régime », comme nous l’avons vu en Libye en 2011.

Oublier la réalité

Les médias « oublient » souvent qu’Obama a autorisé la formation et l’armement des soi-disant rebelles syriens « modérés » dont beaucoup se sont placés sous le commandement militaire du Front al-Nosra d’Al-Qaïda avec des armes américaines sophistiquées, telles que des missiles antichars TOW, qu’on retrouve dans les arsenaux d’al-Nosra et ses alliés djihadistes.

En d’autres termes, au-delà de l’indignation sélective sur la morale et le droit international, nous assistons à un journaliste sélectif. En effet, à travers toute la profession, on constate un abandon presque complet de l’objectivité en matière de reportages sur la politique étrangère des Etats-Unis. Même les publications libérales et de gauche s’en prennent maintenant à ceux qui ne rejoignent pas la dernière version de club des « « regarde-maman-je-suis-un-faucon ».

Tandis que de la politique étrangère dominée par le néo-conservatisme continue à pousser le monde vers toujours plus de catastrophes, nous voici désormais avec des plans de déstabilisation de la Russie qui possède l’arme nucléaire (hum… comment cela pourrait-il tourner mal ?), Les médias refusent de donner au peuple les informations objectives nécessaires pour freiner ces excès.

Pratiquement rien n’a été appris de la guerre catastrophique en Irak lorsque le gouvernement des Etats-Unis a rejeté les négociations et les inspections (ainsi que toute appréciation de la réalité complexe sur le terrain) pour adopter une posture de dur-à-cuire. À quelques exceptions près, les médias ont tout simplement suivi.

Aujourd’hui, la posture pro-guerre est profondément répandue au sein du Parti démocrate et même parmi certains gauchistes bellicistes qui se joignent à la fête pour insulter les quelques dissidents anti-guerre avec des méthodes McCarthyistes en accusant quiconque qui conteste la « pensée grégaire » sur la Syrie ou la Russie d’être un « apologiste d’Assad » ou un « larbin de Poutine ».

À la Convention nationale démocratique, certains des délégués de Hillary Clinton ont même scandé « USA, USA » pour étouffer les cris des délégués de Bernie Sanders qui criaient « assez de guerres ». D’une façon plus large, le médias dominants ont principalement ignoré ou réduit au silence tous ceux qui dévient de la sagesse conventionnelle dominée par le néo-conservatisme.

Robert Parry

Source : Robert Parry, 17-08-2016

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54 réponses à Journalisme hypocrite, par Robert Parry

Commentaires recommandés

Nerouiev Le 31 août 2016 à 06h13

Les journalistes se rendent-ils compte que ce suivisme Occidental dicté par les USA en Europe et ailleurs nous amène tranquillement vers un conflit mondial que l’homme de la rue ne pourra pas contrer. Poutine les a averti solennellement mais rien n’y fait, un simple fait divers. On peut aussi compléter le texte ci-dessus par celui de Pilger également très intéressant :
hthttp://arretsurinfo.ch/la-provocation-dune-guerre-nucleaire-par-les-medias/tp://arretsurinfo.ch/la-provocation-dune-guerre-nucleaire-par-les-medias/

  1. Nerouiev Le 31 août 2016 à 06h13
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    Les journalistes se rendent-ils compte que ce suivisme Occidental dicté par les USA en Europe et ailleurs nous amène tranquillement vers un conflit mondial que l’homme de la rue ne pourra pas contrer. Poutine les a averti solennellement mais rien n’y fait, un simple fait divers. On peut aussi compléter le texte ci-dessus par celui de Pilger également très intéressant :
    hthttp://arretsurinfo.ch/la-provocation-dune-guerre-nucleaire-par-les-medias/tp://arretsurinfo.ch/la-provocation-dune-guerre-nucleaire-par-les-medias/


    • stephp Le 31 août 2016 à 14h28
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      Mais parce que ces gens-là soit sont des crétins victimes de la pensée de groupe (comment alors ont-ils pu devenir journaliste, mystère) soit n’ignorent pas la réalité mais pensent obtenir (en récompense de leur attitude de larbin dévoué) un strapontin sur le radeau que prépare leurs maître lorsque la catastrophe arrivera.


      • RGT Le 31 août 2016 à 19h32
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        Je dirais que ces “gens là“, comme chez les les faucons et autres politicards professionnels, le font simplement parce que c’est un boulot bien payé et sans risque

        Ne vous en faites pas, en cas de changement de situation, ils ont la solution : https://www.youtube.com/watch?v=qbhU_KIpySU

        Et il n’y a pas que les journalistes, une grande majorité de la population le fait, à force d’être matraquée par le fait qu’il s’agit de quelque chose de “normal“.


    • Prométhée Enchaîné Le 31 août 2016 à 18h58
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      Dicté ? Je ne savais pas que le président des États-Unis d’Amérique dictait aux médias occidentaux ce qu’il fallait dire… pas même aux médias Américains…

      En attendant, Robert Parry croyait à une époque (aujourd’hui encore ?) à un complot d’Israël pour changer le régime à Damas (c’était aussi la thèse d’Assad qui ratissait plus large : un complot étranger et intérieur, ce qui est assez comique dans un pays en état d’urgence depuis 1963, et où les services de renseignement gouverneraient). Voilà qui a entamé sa crédibilité à mes yeux, aveuglés par le label “Prix Pullitzer”/”Iran-Contra”.
      Aujourd’hui, on ne peut même plus rejeter totalement l’hypothèse de l’usage des armes chimiques dans la Ghouta par Assad, contrairement à la thèse de Parry.

      Ce que je constate dans cet argumentaire aussi, c’est la volonté de tout mettre sur le même plan. La Syrie, c’est depuis 2011, et les occidentaux ont mis beaucoup de temps à se positionner au moment de la répression par Assad. L’Ukraine, en 2014, lors des violences, les européens ont tenté de calmer le jeu avec Ianoukovitch, débouchant sur un accord mort-né, à cause du renversement du président. Les décisions qui ont suivies étaient le fait d’un gouvernement provisoire qui a commis de graves erreurs, et dont la répression dans l’est a fait l’objet de négociations pour mettre fin au conflit, toujours avec cette même inertie…


      • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 07h25
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        “Assad ratissait plus large: un complot étranger et intérieur”

        Quel paranoïaque !

        C’est sûr qu’avec une logistique rebelle installée en Jordanie dès les premiers troubles de mars 2011, les opposants qui deviendront l’ASL et qui passeront la frontière pour attaquer Deraa, il aurait du reprendre la doxa occidentale: une révolte spontanée car le peuple syrien n’en pouvait plus d”habiter dans un pays en paix.

        Les syriens étaient sans doute jaloux de leurs voisins irakiens qui s’étaient débarrassés de leur affreux dictateur baassiste et qui, depuis, vivent dans le bonheur et l’opulence !


        • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 12h09
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          Information intéressante que je ne connais pas : pouvez-vous me proposer un lien au sujet de cette logistique rebelle ?

          Êtes-vous néanmoins au courant que la Jordanie était également en proie à des manifestations populaires ?

          Pour votre thèse d’un pays en paix et stable, ne considérez-vous pas que la sécheresse, la hausse des prix de base, le taux de chômage, un système politique autoritaire et l’exemple des révoltes alentours puissent susciter des manifestations ? Manifestations pacifiques au départ, que les autorités cherchaient à décourager par des moyens de plus en plus agressifs. Il ne faut pas perdre de vue l’escalade de la colère.


          • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 12h17
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            Voici déjà quelques éléments qui démontrent que l’ASL a la Jordanie comme base arrière et cela dès le début des événements:

            https://espacepolitique.revues.org/3658


            • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 13h57
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              Votre conception de “base arrière et cela dès le début des événements” est pour le moins large !!

              “Le soutien aux rebelles depuis la Jordanie débute ainsi à l’automne 2012” peut-on ainsi lire dans votre document : c’est plutôt clair comme de l’eau de roche. Entre février 2011 et l’automne 2012, il s’est passé énormément de choses 1/ en Syrie, 2/ dans la région 3/ au niveau de la diplomatie internationale.
              Touts les documents que vous présentez et qui datent d’après 2011 font fi de l’évolution des événements qui les précèdent, où Assad n’a cessé de s’isoler et de jeter de l’huile sur le feu, mais ses services de sécurité/renseignements sont à placer au même niveau de responsabilité.


          • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 12h24
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            Quant à France 24 et au Los Angeles Times, ils parlent de bases d’entraînement des rebelles en Jordanie et en Turquie.

            http://m.france24.com/fr/20130622-syrie-opposition-etats-unis-formation-cia-forces-speciales-americaines-entrainement-rebelles-jordanie-armes-usa

            Mais Assad est paranoïaque de voir un complot ourdi de l’étranger…


          • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 12h39
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            Il y a aussi la présence parmi les chefs de l’ASL de l’irlando-lybien Al Harati, déjà présent lors de la chute de Tripoli.

            http://www.infosyrie.fr/actualite/double-attentat-de-damas-encore-un-scenario-a-lirakienne/

            Ce type louche fut victime plus tard d’un cambriolage à Dublin où il déclara à la police avoir été volé de 200 000 euros en espèces que lui avait remis la CIA !

            http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/11/09/2633308_libye-l-histoire-rocambolesque-d-un-rebelle-flouee.html


          • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 14h37
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            Relisez le point 8 du document. Il est bien question de logistique en Jordanie dès mars 2011.


            • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 15h22
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              C’est relu ! Vous devez assimiler le terme “rebelles” à “rebelles financés par des puissances extérieures”, ce qui est une faute. Ces camps sont des camps humanitaires, pas des camps d’entraînement.

              Mais au risque de me répéter, la phrase “Le soutien aux rebelles depuis la Jordanie débute ainsi à l’automne 2012” est on ne peut plus claire, et n’est pas en contradiction avec le paragraphe que vous mentionnez.

              [Modération : les points de vue étant clairement exposés, merci de bien vouloir mettre un terme à la polémique]


          • subotai Le 01 septembre 2016 à 23h08
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            La géographie toujours, la géographie…!
            Il est tout de même remarquable que les manifestations et les violences aient commencé dans des villes dont on ignoraient l’existence, genre Souran, Rastan, Hama, en suivant une ligne partant de la Turquie au Liban, de Idlib à Homs, et coupant l’accès de la Syrie à la mer.
            Et pas à Damas.
            Vous parlez d’un hasard!


      • ango, Le 01 septembre 2016 à 19h17
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      • pierre Le 01 septembre 2016 à 22h22
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        A propos d’un complot venant de l’étranger, Bachar el Assad n’a peut être pas tout à fait
        tord, voir cette vidéo de Roland Dumas : “cette opération vient de très loin…”, dans laquelle il incrimine les Anglais et les Israéliens.
        (Roland Dumas: les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011)

        le lien Youtube: https://youtu.be/eswnzEv0Nz8


      • bluetonga Le 02 septembre 2016 à 00h19
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        Quelques liens utiles, traitant de la fabrication de la révolte syrienne en provenance de l’extérieur:

        http://arretsurinfo.ch/le-jour-avant-deraa-comment-la-guerre-a-eclate-en-syrie-la-veritable-histoire/

        Avec la participation de l’ambassadeur américain en personne (je pense qu’à l’époque, un représentant de l’ambassade de France avait effectué une démarche similaire, mais j’ai la flemme de chercher) :

        http://iipdigital.usembassy.gov/st/english/article/2011/07/20110707151232nehpets0.2211573.html

        Et un article de RT sur la réaction russe au rapport de l’ONU sur les gaz de combat en Syrie :

        https://www.rt.com/news/357712-syria-chemical-report-evidence/

        qu’auraient balancé ces gros ballots de gouvernementaux sur leur propre population la veille de la visite de la commission d’enquête, faut être manche quand même…

        Bref, évitons les assertions trop assertives…


    • Prométhée Enchaîné Le 31 août 2016 à 19h11
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      On pourrait dire qu’ici le deux poids/deux mesures ne vient pas du camp que l’on croit. En Syrie, Poutine défend la souveraineté malgré la répression meurtrière. En Ukraine, Poutine défend le peuple opprimé et viole la souveraineté.

      Quel est le prétexte ? des révolutions colorées, des complots quoi. Faut-il vraiment argumenter pour défaire cette théorie en ce qui concerne la Syrie ? sans doute le faudra-t-il.
      Mais pour l’Ukraine, où les Etats-Unis ont effectivement investi (comme en Russie dans des proportions incomparables !), et où les techniques sont les mêmes que pour la promotion du Mouvement Européen, en plus transparentes, on peut déjà faire remarquer qu’il y a un précédent : la Révolution Orange en 2004. Et pourtant… Ianoukovitch (qui est arrivé un peu plus tard) était-il un pantin des Etats-Unis, et son gouvernement manipulé par la CIA ??


      • Catalina Le 01 septembre 2016 à 00h34
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        “Aujourd’hui, on ne peut même plus rejeter totalement l’hypothèse de l’usage des armes chimiques dans la Ghouta par Assad, contrairement à la thèse de Parry.”
        des liens ?
        🙂


        • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 01h18
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          • Catalina Le 01 septembre 2016 à 09h54
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            merci, il n’y est pas question de gaz sarin ni de Ghouta…..
            et : “Par ailleurs, les enquêteurs n’ont pas pu exiger que des informations ou des documents leur soient fournis. Ils se sont donc appuyés sur les renseignements que leur ont communiqués à titre volontaire par des sources en possession d’informations pertinentes. ”
            Donc, ils jugent les infos pertinentes et c’est tout parce qu’ils n’ont pas de preuves tangibles. oui, en effet, il semble judicieux de douter du sarin avec une telle absence de preuves……euh, les infos pertinentes venant de qui, des usa ? lol c’est pas eux qui ont menti déjà sur les adm en Irak, les couveuses au koweit, etc ,etc , lol


            • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 12h22
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              Non, pas de sarin ni de Ghouta. Juste de l’usage d’armes chimiques par l’armée Syrienne qui prétendait n’en avoir pas besoin et n’y avoir aucun intérêt, puisque menacés par les EU. Donc tout ce que je dis, c’est que l’hypothèse n’est pas absurde.

              A force de douter de tout, à quoi croyez-vous ? à RT ?
              Cette enquête est celle de l’ONU, pas des Etats-Unis. Le Conseil de Sécurité a validé sa mise en place. Elle n’a pas tirée de conclusion dans les cas où elle estimait qu’il n’était pas prudent de le faire.
              L’ONU n’a jamais validé l’intervention en Irak. Hans Blix, qui enquêtait sur les ADM a dit à l’époque que rien ne justifiait une intervention en Irak, et a conclu plus tard que le stock d’ADM avait dû être détruit en 1991.


      • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 07h57
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        “Faut il vraiment argumenter pour défaire cette théorie en ce qui concerne la Syrie ? Sans doute le faudra t’il ?”

        Ptet bien qu’oui !!!

        D’ailleurs, vous pourriez aussi mettre la destruction de la Lybie sur la liste

        Là aussi, des paranoïaques ont vu des influences françaises, anglaises et américaines voire qataries… Mais on compte sur vous pour argumenter “pour défaire ces théories”, comme vous dites !


        • Prométhée Enchaîné Le 01 septembre 2016 à 12h43
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          En fait je me suis un peu avancé. Car la charge de la preuve incombe à ceux qui prétendent que quelque chose existe. Je me contenterai de montrer les incohérences. Mais après tout, je n’exclue rien, c’est juste que je trouve la thèse du complot alambiquée, jamais précisément étayée, qu’il y a des explications bien plus simples et cohérentes, et en passant beaucoup de temps à consulter énormément d’articles sur la question de la Syrie, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite sur l’Orient Le Jour (journal Libanais), il devient difficile de voir une main invisible sur le chaos du Moyent-Orient à cette époque. Certains faits émergent : la sécheresse au Moyen-Orient, les répercussions sur le prix des éléments de base, le chômage en moyenne très élevé dans la région, et encore plus chez les jeunes, l’immobilisme politique, et dans certains cas, des dirigeants qui s’accrochent à leur système et répriment, jetant ainsi de l’huile sur le feu. Qui avait intérêt à l’instabilité de la région ? Car les répercussions se faisait sentir pour le commerce, dans les bourses du Golfe, dans une crise du pétrole, et surtout dans la stabilité de chacun des états, Israël et pays du Golfe compris.


          • Homère d'Allore Le 01 septembre 2016 à 13h42
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            “Qui avait intérêt à l’instabilité de la région ?”

            Le Qatar. (le complot extérieur)

            http://information.tv5monde.com/info/syrie-le-gaz-du-qatar-influence-t-il-le-conflit-4510

            Et ses affidés les Frères Musulmans (le complot intérieur) qui raflent la mise, à l’époque, en Egypte et en Tunis.

            Et quand on parle du Qatar, la France n’est jamais très loin.

            Même les paranoïaques peuvent avoir des ennemis…

            [Modération : les points de vue étant clairement exposés, merci de bien vouloir mettre un terme à la polémique]


      • step Le 01 septembre 2016 à 11h36
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        “Et pourtant… Ianoukovitch (qui est arrivé un peu plus tard) était-il un pantin des Etats-Unis, et son gouvernement manipulé par la CIA ??”. On a beau être un pantin US, on est aussi un pays avec une looongue frontière avec la Russie. Il y a la géopolitique… et la géographie! La première varie plus vite que la seconde. On peut donc très bien arriver grâce à la première et tenter d’assurer sa “prolongation” via la seconde.

        Cependant dans toute cette histoire d’affrontements de blocs, il y a quelques perdants : Quelques millions d’ukrainiens de tout bords qui n’ont pas leur mot à dire.

        La politique russe a surtout une constante que seuls ceux qui ne veulent pas voir ne voient pas : On peut effectivement très bien dire qu’ils ont des actions aussi contradictoires que les US entre Ukraine et Syrie, mais on peut aussi bien constater que dans les 2 cas, ils évitent le massacre de minorités (russes, alaouites; chrétiens, yézidis, zoroastres ) par une majorité fanatisée (ethniquement ou religieusement) par les occidentaux et/ou leurs “”alliés””. A ce titre là, même si c’est un “hasard de l’histoire”, il est utile.


      • Nicolas D. Le 01 septembre 2016 à 13h44
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        [Modéré]. Le président pro occidental issu de la révolution orange était si mauvais qu’il s’est fait massacré aux présidentielles de 2010. Il était même pas au second tour. Ianoukovitch a gagné et son parti à été confirmé par les législatives de 2012.

        Concernant l’accord avec Fabius et l’Europe, il est intervenu quand l’assaut avait déjà été donné. Comme avait dit Nuland, Fuck the EU. Le coup d’état avec l’aide US était déjà trop engagé.


      • RiFiFi Le 02 septembre 2016 à 07h34
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        La différence de l’Ukraine est qu’après un putsch, la légitimité est à reconstruire, y compris ce qui fait peuple. Les jeux sont ouverts, tout peut arriver. Mais il n’y a plus d’état avec obligations de le respecter. C’est une situation critique.


    • gil Le 01 septembre 2016 à 11h36
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  2. Xavier Le 31 août 2016 à 06h18
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    Je pense que quasiment tout le monde est aujourd’hui conscient de ce fonctionnement des médias et de leur complicité avec le pouvoir.
    L’important est de comprendre le lien entre le système économique capitaliste et expansionnisme.
    Le système capitaliste prend sa source au niveau comportemental dans l’habituation du système nerveux à des gratifications, et donc le besoin de gratifications toujours plus importantes, de stimuli de plus en plus forts.

    Avant que les dominants du système actuel n’organisent la sortie de l’expansionnisme matériel (impossibilité de consommer plus de matières premières) il faut que nous réfléchissions à ses solutions.

    Sans cela, la virtualisation qu’ils mettent en place se traduira par un asservissement total de nos cerveaux dans un monde purement informatif, sans repères concrets et donc sans possibilité pour nous de distinguer le faux du vrai et de pouvoir choisir notre futur.


    • DUGUESCLIN Le 31 août 2016 à 07h43
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      C’est un peu ce que les dompteurs de zoo pratiquent. Stimuli, gratifications, comme moyen de conditionnement pour soumettre les animaux. Mais celui qui se rebelle, griffe ou mord, est considéré comme dangereux pour son maître et il est abattu. Nous subissons ce “dressage”.
      La récompense est une illusion de liberté aliénante, du “j’ai droit à”.


    • jp Le 31 août 2016 à 08h36
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      “tout le monde est aujourd’hui conscient de ce fonctionnement des médias et de leur complicité avec le pouvoir”

      je ne suis pas si optimiste que vous, il y a encore des gens pour qui les JT et la PQR dispensent LA VÉRITÉ et sont accro aux “faits divers qui font diversion” (Bourdieu), ceux qui s’en fichent, ceux préfèrent se distraire et courir après des Pokemachin virtuels et enfin ceux qui n’ont pas le temps car sont trop crevés, pris dans la course boulot ou paperasserie pole emploi/RSA, transport, gamins à élever etc…

      Les plus conscients ont aussi peur de s’exprimer depuis 2 ou 3 ans :
      “Une étude montre que la surveillance de masse réduit au silence les opinions minoritaires” https://www.laquadrature.net/fr/node/9849


    • Favouille Le 31 août 2016 à 09h04
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      “quasiment tout le monde est aujourd’hui conscient de ce fonctionnement des médias et de leur complicité avec le pouvoir…”
      Il me semble, Xavier, que vous tes bien optimiste. La plupart de nos concitoyens sont informés par une presse qui ne relaie jamais les arguments tels que ceux que produit Robert Parry. On n’entendra jamais ces propos aux 20h00 de France 2 ou de TF1. Et je ne parle pas des émissions politiques d’Arte ou de France 5, qui sont de véritables machines de propagande atlantiste et anti-russe.
      Cette propagande politique est également diffusée de manière insidieuse par des idiots utiles dans des émissions d’infotainement. Laurent Ruquier, par exemple, peut annoncer tranquillement dans son ‘Flop Ten” que Poutine “truque les élections” et “a fait assassiner Nemtsov”.
      Quant aux médias réputés “alternatifs” tels que Mediapart et Arrêt sur images, on attend toujours qu’ils dénoncent ces mensonges et cette propagande, ce qui est pourtant l’une des missions qu’ils se sont assignées.


      • Ghislaine ROUDIL Le 31 août 2016 à 12h16
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        n’oublions pas que les médias français et leurs journalistes sont subventionnés par l’état – je n’y mettrai pas de majuscule – F2 n’est que propagande et Ruquier un bonimenteur qui fat joujou avec ses invités et son public accro et tout cela est bien triste !


    • TuYolPol Le 31 août 2016 à 11h44
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      – Tout le monde est loin d’en être conscient. Ce n’est pas parce qu’on se moque du proviseur du bahut du fond de la cour de récré qu’on est conscient. Presque tout le monde critique et râle, mais tellement peu de façon autonome et réfléchie. Pas grand chose de nouveau.
      – Le coup de la virtualisation pour échapper aux limites matérielles, ça fait un peu Matrix ? Je n’y crois pas du tout, bien avant cela on aurait un effondrement technologique. La boucle technologique est loin de pouvoir se passer du maillon humain, et celui-ci a des nécessités biologiques, reproductives, mentales, ontologiques, et pourquoi pas, spirituelles.
      – Sans compter tout ce qu’on ne “sait” pas, que l’arrogance scientifique (dans un sens dégradé du mot) s’applique à contrecarrer (ne pas savoir => ne pas envisager), et que d’autres savoirs nous portent à la conscience. Il y a là un gouffre fatal, car la science pourrait, sans se renier, respecter ce qu’elle n’explique, ne voit ou ne sait pas, sinon cela appelle l’arrogance, la toute-puissance, l’aveuglement, la maladie et la mort.


      • TuYolPol Le 31 août 2016 à 12h19
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        Pour compléter cette dernière idée, il y a une dépendance entre la toute-puissance excluante de la rationalité scientifique et les fondements du néo-libéralisme, même si celui-ci se montre compatible avec l’obscurantisme. Ils cohabitent pour le pire.


      • Xavier Le 31 août 2016 à 14h06
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        Dans Matrix c’est assez tarabiscoté car ils imaginent tirer l’énergie des corps humains, ce qui est assez impossible en terme de rendement énergétique (sans parler même du reste).

        Je pense que la décroissance passe actuellement par la dématérialisation ou virtualisation.

        Au lieu d’aller en vacances on regarde un film, au lieu d’aller voir des amis on se connecte, etc. Sans parler de l’induction plus simple des comportements.

        Je pense que certains y voient un futur possible, nous “protégeant” de la barbarie et où des robots travailleraient pour nous…
        Ah, le mythe de la robotisation et du travailler moins grâce à la technologie… Amusant car à mon avis il n’y a jamais eu autant d’esclaves en valeur absolue qu’à notre époque.
        Combien de petites mains en Asie pour fabriquer des objets sans valeur (ni intérêt mais très addictifs et rentables), combien de personnes pseudo-esclaves à domicile dans le SAP ou autre dans les pays plus riches…


        • TuYolPol Le 31 août 2016 à 14h38
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          En poussant l’hypothèse jusqu’à l’absurde, au lieu de goûter, sentir, voir, entendre, toucher, on se plonge des électrodes dans le cerveau pour se masser les centres cérébraux. La télé en est déjà une sorte de métaphore. À quoi bon.
          Je suis d’accord je crois avec votre message subliminal.


        • Chris Le 31 août 2016 à 15h14
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          La virtualisation concourt à la globalisation.
          Pourquoi aller ailleurs, qui sera une réplique de ce que l’on quitte ?

          La mort de la bio-diversité et de la diversité ethnique signe aussi la mort du tourisme.

          Pour pousser le raisonnement plus loin, pourquoi s’attacher/s’intéresser à un être virtuel (Facebook ou similaire), s’il n’a pas d’existence réelle, où n’importe qui peut raconter n’importe quoi ?
          Les psymachins devraient plus s’intéresser aux troubles de la personnalité déclenchés et encouragés par le développement de la virtualité.


          • Xavier Le 31 août 2016 à 16h41
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            On est d’accord, le prof que je suis s’étonne (en fait pas du tout ;)) de voir beaucoup de plans de prévention toujours sur des sujets polarisants et enchanteurs de l’électorat de gauche (même si la stratégie commence à s’user) : harcèlement, égalité H-F (ou F-H, je fais gaffe ;)), mais jamais rien sur l’addiction au numérique (et aux réseaux sociaux) qui engendre perte de concentration, isolement, incapacité d’intégrer un groupe, etc.

            Ça devient très préoccupant, mais nos entreprises et donc nos politiques adorent (…) Le numérique salvateur est la religion de nos édiles et pseudo-élites.
            C’est un vrai scandale sanitaire dont on reparlera un jour, mais comme d’habitude, ils auront au pire été responsables, mais on connait la suite.


  3. pascalcs Le 31 août 2016 à 06h28
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    Triste mais oh combien proche de la réalité ! Tout pour mes amis et ma seule loi pour mes ennemis.
    Et dire qu’aucun de ces brillants leaders politiques ou intellectuels soutenus a bouts de bras par une presse corrompue et opportuniste, ne répondra devant un quelconque tribunal des millions de morts et dévastations causées par leur imperturbable soif de domination et leur hubris démesuré.
    Le journalisme hypocrite et les médias dominants ne sont rien d’autre que Matrix concrétisé et quand on voit qu’avant peu on aura la psychopathe Hillary dans le bureau ovale, on mesure la dimension du travail qu’il reste a faire pour sortir le monde de sa torpeur.


  4. TuYolPol Le 31 août 2016 à 08h30
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    En essayant d’imaginer les équilibres et les différents signaux, agents, amplificateurs, atténuateurs, forces spontanées, etc, comme dans une sorte de grand processeur, compte tenu au départ des caractéristiques des couches sous-jacentes, ce qui est donné, par exemple des constantes anthropologiques ou physiques, je me dis qu’il est évident que toute la maladie vient tout simplement de l’erreur fondamentale et gravissime de croire que le doux commerce, en fait le marché, en fait la finance, puisse tenir lieu de référence généralisée, au point d’avoir laissé, en surface du moins, tous les critères du commerce — gestion, valeur, profit, vitesse, efficacité, échange, richesse, envie — griller les autres régulateurs et limites, d’où le blanc-seing donné de fait aux vecteurs qui stérilisent la sphère politique et morale, en font une salle de squash toute propre où tous les coups, toutes les triches, tous les mensonges, tous les abus sont permis.
    Là-dedans, les journalistes ne deviennent que ce à quoi ils peuvent servir : des agents de com, rémunérés en fonction de leur capacité à être de bons mercenaires ou des idiots utiles.


    • Renaud 2 Le 31 août 2016 à 16h07
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      “La finance comme référence généralisée”. Oui, le pouvoir de l’argent. D’où la question de la création monétaire. Le seul moyen possible de changer réellement le monde est de retirer ce pouvoir de création monétaire au monde privé (et à trouver un moyen efficace pour le peuple de contrôler tout cela, oui c’est pas évident…). Il fut une époque où l’usure était punie de mort, désormais, le fondement même de notre système est le crédit avec intérêts (à force de cumuler les intérêts, on en arrive à l’usure). Sans financement bancaire, on ne peut rien faire. D’où la sensation d’être d’esclaves ou de monde à la Matrix.


  5. Theo Van Creyers Le 31 août 2016 à 09h25
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    Tiens, On redécouvre l’obscurantisme…Le Quichote de la Manche au Siècle 16 croyait que les livres disaient vrai et que les mots devaient être proches des faits; il a subi les plus cruelles avanies…bien semblables aux notres. Rien ne sert de lutter contre,il faut contourner nos directeurs de conscience( enfants de l’inceste clergé de gauche /marchands du Temple)par la multiplication de sites agnostiques et encore un peu Voltairiens(Chomskyste ?). Merci Olivier Berruyer.


  6. Renard Le 31 août 2016 à 11h25
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    Très bon texte qui résume bien les plus gros enjeux de la situation internationale et de la guerre froide 2.0

    Toutefois je tiens à être plus rassurant quant à la possibilité d’une guerre nucléaire que je pense impossible.

    Je crois que jamais dans l’histoire deux nations ne se sont autant haïs qu’à l’époque de l’affrontement URSS-USA, c’était une question de survie pour ces deux blocs car le communisme était susceptible de “manger” le capitalisme et inversement.

    Or, la guerre nucléaire n’a pas lieu à cette époque, les USA auraient très bien pu envoyer une bombe sur le Vietnam ou la Corée par exemple (ce qui a été envisagé par quelques généraux), mais ils ne l’ont pas fait.

    Cela me fait penser que de guerre nucléaire jamais il n’y aura.


  7. Macarel Le 31 août 2016 à 13h40
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    Les valeurs universalistes, ne sont que le cache sexe de la sourde lutte pour des intérêts bien concrets.


  8. Eric83 Le 31 août 2016 à 14h03
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    Les médias MSM, dont les chaînes de télévision, manipulent l’opinion publique pour faire croire et accepter la “narrative” gouvernementale particulièrement lorsqu’il s’agit d’engagements militaires à l’étranger.
    Dans ce contexte que se passe-t-il donc fin août 2016 pour que Arte, hier soir, ait diffusé le documentaire : “Du 11/9 au califat” ?
    Ce documentaire démontre très clairement la chronologie de l’avènement de l’EI, et si la réalité n’est pas déformée, que les US sont à l’origine du chaos en Irak et que ce chaos qu’ils ont créé est lui-même à l’origine de l’éclosion de l’organisation terroriste qui deviendra – après s’être d’abord rangée sous la bannière AQ et après la mort de son “fondateur” – quelques années plus tard l’EI.
    Les lecteurs de ce blog ne seront sans doute pas surpris par ces informations.

    En revanche, il pourrait bien éclairer nombre de citoyens, sous perfusion MSM, qui ont regardé ce documentaire, “quasi conspirationniste”, en prime-time.
    Faudrait-il préparer l’opinion publique à un changement de paradigme ?


    • Xavier Le 31 août 2016 à 17h08
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      Un peu comme Sorros qui est prêt à financer des actions pas forcément évidentes dans une logiques neocon mondialiste, il reste au pouvoir toujours la technique du contre-feu qui surprend mais dont l’objectif est de ralentir la prise de conscience en dérivant l’attention des gens sur des sujets plus ou moins mineurs. Cette tactique finit par devoir sortir des sujets de plus en plus proches de leurs intérêts à mesure que le feu se propage.

      On risque donc d’être surpris par certaines positions qu’ils seront obligés de prendre faute de quoi tout basculera assez vite.

      Ne pas sous-estimer la capacité du système par la censure et les trolls dans les forums MSM à donner l’impression qu’une grande majorité de gens pense qq chose alors que c’est faux.

      On est peut-être plus proche de ce basculement qu’on ne le perçoit/pense ?


  9. Ailleret Le 31 août 2016 à 15h52
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    L’impunité des néocons est surprenante et même scandaleuse, comme le souligne Robert Parry. C’est aussi le cas en France : Pascal Bruckner, André Glucksmann, Romain Goupil auraient dû être discrédités pour leur soutien bruyant à la guerre d’agression contre l’Irak, ils ne l’ont pas été ; le maire de Lyon, Gérard Collomb, a été quasiment félicité pour avoir approuvé cette guerre ; et en 2007, alors que la guerre d’Irak avait tué des centaines de milliers d’Irakiens et plus de 3000 soldats américains, Bernard Kouchner fut nommé ministre des affaires étrangères par Sarkozy.

    Et cela, alors même que le peuple français ainsi que le gouvernement français avaient manifesté leur opposition à la guerre d’Irak.
    Pas étonnant, dans ces conditions, que les médias qui fabriquent l’opinion aient gonflé la baudruche Macron…


  10. vincent Le 31 août 2016 à 18h34
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    Oui enfin tout cela est logique, c’est un pays qui fait ce qu’il veut depuis 2 siècle, alors sans une bonne rouste de la part du monde entier, il continuera à faire ce qu’il veut. Y a que cela pour les arrêter une invasion et totale et complète en bon et dut forme, et un partage entre nation victorieuse, type Allemagne 45. Puis après une trentaine d’année on leur rend leur indépendance, et je garantie qu’ils sauront se tenir.

    Les leçon d’humilité sont les plus difficile à prendre, mais elles sont nécessaire.

    Ou bien on peut les laisser continuer ainsi jusqu’à ce qu”‘une guerre nucléire soit déclenché


  11. Django Le 31 août 2016 à 20h32
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    Dommage que les exemples du texte parlent des USA (mais c’est normal, texte américain), car il n’y a pas beaucoup de résonnances de ces sujets en Francophonie. Les personnes et partis cités (conservateurs/démocrates, quelle blague) sont en dehors de la sphère traditionnelle de compréhension de nos esprits limités.


  12. ango, Le 01 septembre 2016 à 11h54
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    Django,

    Vous sentez que votre esprit est limité ? moi, non, pas du tout.
    Et je penses que les commentateurs ici et ailleurs font preuve au contraire d’un esprit très ouvert et pas limité du tout. Il n’est pas difficle de comprendre les usa, ils font ce qu’ils veulent partout sur la planète, ils massacrent, s’ingèrent, renversent des gouvernements, c’est un état voyou et terroriste, ça semble pourtant clair.
    🙂


  13. Piotr Le 01 septembre 2016 à 17h11
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    D’accord avec Nerouiev,
    quant à l’analyse de “Prométhée enchaîné” “les Européens ont tenté de calmer le jeu” en Ukraine. Une farce !! , lors du coup d’Etat, (plusieurs mois après oui parce que Merkel se mordait les doigts…) l’attitude irresponsable de Fabius était délibérée, de même “la diplomatie” allemande, polonaise et suédoise (comme l’a remarqué Emmanuel Todd dans une interview) ont oeuvré à asseoir ce coup d’Etat -alors qu’en 24 heures un avertissement clair de l’UE sur l’arrêt de toute aide en cas de violences et l’exigence d’un processus légitime électorale auraient peut-être suffit à arrêter les “enragés d’Euromaïdan”. L’UE n’aura aucun mal à emboiter le pas américain pour un conflit frontal, ouvert et général avec la Russie (-c’est le sens des préparatifs médiatiques)


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