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23.janvier.202123.1.2021 // Les Crises

La Chine veut renforcer sa coordination militaire avec la Russie

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Source : Indian Punchline, M. K. Bhadrakumar

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et son homologue chinois Xi Jinping

La mission aérienne stratégique conjointe des forces russes et chinoises du 22 décembre dernier au-dessus des mers du Japon et de Chine orientale constitue une grande première dans la géopolitique de la région Asie-Pacifique. Les experts chinois ont laissé entendre que de telles actions pourraient être de la « routine » à l’avenir.

Les ministères de la Défense chinois et russe ont fait une annonce commune à cette occasion. La Chine a envoyé quatre bombardiers stratégiques H-6K à capacité nucléaire « pour constituer une formation conjointe » avec deux des célèbres bombardiers russes Tu-95 (codification OTAN : « Bear ») pour mener la mission conjointe dans le cadre d’un « plan annuel de coopération militaire » entre les deux pays.

Selon cette annonce, la mission conjointe « vise à développer davantage le partenariat stratégique global de coordination entre la Chine et la Russie dans la nouvelle ère, et à améliorer le niveau de coordination stratégique et la capacité opérationnelle conjointe des deux armées pour sauvegarder collectivement la stabilité stratégique mondiale. »

Curieusement, le 6 novembre dernier, deux bombardiers Tupolev Tu-95MS de la Force aérospatiale russe, porteurs de missiles stratégiques avaient effectué un vol programmé de 8 heures au-dessus des eaux neutres de la mer du Japon et du Pacifique nord-ouest. Le ministère russe de la Défense a déclaré : « Lors de certaines parties du vol, les bombardiers porteurs de missiles stratégiques étaient escortés par des chasseurs Su-35S. »

Un bombardier stratégique russe Tu-95MS (Photo d’archives)

Il est clair que la mission conjointe avec la Chine n’était pas d’une nécessité absolue du point de vue de la défense nationale de la Russie. Mais tant l’image que le message étaient importants. Cela a tout à voir avec le cadre régional, les États-Unis et ses partenaires engagés.

Le 19 décembre, le USS Mustin a transité par le détroit de Taïwan ; le 20 décembre, Taïwan a effectué un exercice à tir réel dans les îles Pratas (à environ 300 km de la Chine continentale). Les îles Pratas sont stratégiquement situées près de la porte d’entrée de la mer de Chine méridionale et constituent un point de passage pour les pétroliers et les navires chinois en route vers l’océan Pacifique.

Début décembre, Taïwan a lancé sa première corvette lance-missiles, qualifiée par la presse taïwanaise de « tueuse de porte-avions », alors même que le premier porte-avions chinois de la marine de l’Armée Populaire de Libération, le Shandong, effectuait sa troisième sortie en mer, un essai en 23 jours dans la mer de Bohai.

En décembre également, un groupe de préparation amphibie (en anglais ARG) de la marine américaine, composé de l’USS Makin Island et de l’USS Somerset (LPD 25), a patrouillé en mer de Chine méridionale et a effectué des exercices à tir réel « non prévus ». Le journal d’État chinois Global Times, furieux, a qualifié l’ARG « d’étalage de force américain » qui « pourraient nuire à la stabilité régionale » et a déclaré que « la Chine devait être prête à affronter les États-Unis en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taiwan, quel que soit l’occupant de la Maison-Blanche. »

Le Japon s’est efforcé ces derniers temps d’inviter les pays occidentaux partageant cette position à envoyer des unités militaires en Extrême-Orient, soulignant ainsi qu’ils sont solidaires dans la recherche d’une région indo-pacifique libre et ouverte. Les marines américaine, française et japonaise ont mené des exercices intégrés dans la mer des Philippines en décembre, se concentrant sur la lutte anti-sous-marine ; un autre exercice militaire conjoint est prévu en mai sur une île japonaise éloignée ; le Royaume-Uni prévoit d’envoyer un porte-avions et des avions d’attaque pour mener des exercices conjoints avec la marine américaine et la force d’autodéfense maritime japonaise (en anglais JMSDF) prochainement.

Le ministre japonais de la Défense, Nobuo Kishi, s’est entretenu début décembre avec son homologue allemande Annegret Kramp-Karrenbauer. Il a « exprimé le souhait qu’un navire allemand » se joigne aux exercices de la JMSDF en 2021 et « a indiqué que cela aiderait les efforts de la communauté internationale pour assurer le droit de passage des navires dans la mer de Chine méridionale si le navire de guerre allemand naviguait dans les eaux » sur lesquelles Pékin affirme sa souveraineté.

Tuo Jiang, première corvette furtive « tueuse de porte-avions » de la marine taïwanaise

Au milieu de tout cela, le service naval américain a publié une stratégie maritime intégrée conçue pour « se montrer plus ferme (approche) afin de l’emporter dans la compétition quotidienne (avec la Chine) alors que nous maintenons l’ordre fondé sur les règles et dissuadons nos adversaires de poursuivre une agression armée ». Par ailleurs, le secrétaire américain à la Marine a appelé au rétablissement de la 1ère Flotte de la Marine [En 1973, elle a été dissoute et ses fonctions ont été transférées à la Troisième flotte,NdT], « au carrefour des océans Indien et Pacifique. »

Le 18 décembre, les États-Unis ont commencé à tirer parti de la deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères du « Quad » tenue en octobre, en organisant une réunion virtuelle réunissant des hauts fonctionnaires diplomatiques des États-Unis, de l’Australie, de l’Inde et du Japon. Selon la déclaration du Département d’État américain, les quatre pays ont discuté des « moyens concrets … pour coordonner leurs efforts afin de soutenir les pays vulnérables aux actions économiques malveillantes et coercitives dans la région indo-pacifique ».

Il y a beaucoup de spéculations quant à la façon dont l’administration Biden va aborder la question de la région indo-pacifique. Jusqu’à présent, Biden n’a pas mentionné le Quad, mais il utilise l’expression « Indo-Pacifique ». Mais au lieu de parler d’une région Indo-Pacifique « libre et ouverte » (comme le fait Trump), Biden utilise l’expression « sûre et prospère. »

Il est certain qu’étant donné les enjeux élevés, la Chine et la Russie ne prendront pas de risques. Leur mission aérienne commune de mardi montre une inquiétude partagée concernant la stabilité stratégique de la région. Les deux pays ont conscience de l’ingérence croissante de puissances extra régionales qui provoquent des frictions, ce qui pourrait constituer une menace majeure pour la paix dans la région. Pendant ce temps, les États-Unis déploient des systèmes anti-missiles et continuent de parler d’une alliance militaire de type OTAN en Asie.

En résumé, la mission commune indique que la Chine et la Russie sont « les piliers de la paix et de la stabilité dans la région Asie-Pacifique et en Eurasie. Elles n’ont pas l’intention de remettre en cause l’ordre régional. Elles sont incitées à répondre aux puissances extérieures qui menacent la sécurité régionale », comme l’a déclaré Yang Jin, un éminent chercheur de l’Institut d’études sur la Russie, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale de l’Académie chinoise de sciences sociales.

Les experts chinois ont discuté des avantages et des inconvénients d’une alliance militaire sino-russe, l’opinion générale étant que dans le contexte actuel de stabilité , le format actuel de partenariat stratégique permet de relever les défis communs tout en offrant la flexibilité nécessaire pour servir les intérêts de chaque partie. Cela dit, l’alliance militaire reste également « une dernière option pour la pire des situations – celle où les États-Unis ou un autre pays déclenchent une guerre qui oblige la Chine et la Russie à se battre côte à côte » – pour citer Yang.

Un éditorial du quotidien du parti communiste chinois Global Times a précisé que « la Chine et la Russie n’ont aucune intention de former une alliance militaire parce que celle-ci ne peut pas résoudre les défis globaux auxquels les deux pays doivent faire face », mais la pression des États-Unis et de ses alliés a « insufflé, de l’extérieur, un puissant dynamisme » en faveur d’un renforcement de la coopération stratégique globale en tant que telle, y compris la coopération militaire.

« Tant qu’ils coopèrent stratégiquement et s’attaquent conjointement aux défis, ils peuvent générer une dissuasion efficace, former une force commune pour traiter des problèmes spécifiques, résister aux tentatives de neutralisation des deux pays et endiguer la mauvaise conduite internationale des États-Unis », a déclaré l’éditorial.

Le triangle États-Unis-Russie-Chine va certainement se transformer sous la présidence de Biden si Washington considère Moscou comme la plus grande menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Sans surprise, Pékin signale que le partenariat stratégique entre la Chine et la Russie devrait rester solide et continuer d’être renforcé pour faire face à la pression croissante des États-Unis, et cela, même si Biden est susceptible d’apaiser les tensions avec Pékin.

Cet axe stratégique est le leitmotiv d’un reportage exceptionnellement long de Xinhua dans le Quotidien du Peuple concernant la conversation téléphonique entre le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue russe Sergey Lavrov, le 22 décembre dernier.

Source : Indian Punchline, M. K. Bhadrakumar, 24-12-2020

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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LibEgaFra // 23.01.2021 à 08h51

« si Washington considère Moscou comme la plus grande menace pour la sécurité nationale des États-Unis. »

La plus grande menace pour la paix du monde est la soi-disante « sécurité des USA », autrement dit leur volonté d’être la plus grande puissance militaire et économique qui impose ses règles et sa volonté à tous les autres.

Malheureusement certains pays occidentaux qui n’ont aucune volonté propre, ni souveraineté, ni amour-propre se complaisent dans un rôle de forces supplétives à cet impérialisme hégémonique. Avec les navires qui vont faire des ronds dans l’eau à l’approche des côtes chinoises, on se retrouve en plein 19e siècle avec la politique de la canonnière. Hélas pour les colonialistes, la Chine n’est plus ce qu’elle était.

21 réactions et commentaires

  • sergeat // 23.01.2021 à 08h33

    il est évident que la région indo-pacifique est sous tension pour plusieurs raisons:1) les US veulent continuer à contrôler tous les autoroutes de la mondialisation:les mers et les océans.2)les définitions des plateaux continentaux (richesses marines)ne sont pas encore bien définies d’où des revendications de plusieurs pays.3)La Russie et la Chine étant définies par les US(suivi par leurs protectorats)comme ennemis il est normal que ces 2 ennemis s’allient pour contrecarrer cette puissance.4)La Chine a contrairement à la propagande un retard assez considérable dans sa défense (il faudra encore une vingtaine d’années avant qu’elle rattrape le retard occidental ou russe) d’où son rapprochement avec la Russie.5)……Mais cette alliance me semble passagère et de circonstance car le danger pour la Russie est la Chine au niveau territorial la Sibérie(et la Mongolie) étant vide face à un pays de près de 2 milliards d’habitants qui aura besoin d’un espace vital supérieur.

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    • Eugeniegrandet // 23.01.2021 à 10h21

      Absolument d’accord avec vous. La Russie a une peur bleue que le trop plein de la Chine se déverse chez elle. D’autant qu’une (petite) partie de la Russie orientale a déjà été occupée par la Chine.

      Par contre, il faut ajouter dans l’équation au partage d’un adversaire commun (les E.U.), le besoin alimentaire de la Chine face aux plaines fertiles de la Russie.

      Autrement dit, cette alliance (depuis 5-6 ans) est de circonstance le temps pour la Chine de retrouver sa place de première puissance mondiale.

      Et la Russie (qui est Européenne pour l’essentiel, de mémoire 2 millions d’habitants à l’est de l’Oural) sera rétrogradée comme un voisin avec lequel on ne veut pas se fâcher. Et qui a un siège au Conseil de Sécurité (et l’arme nucléaire qui va avec.)

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      • Bouddha Vert // 23.01.2021 à 21h30

        Occuper la taïga russe n’apportera pas beaucoup d’activité agricole vivrière supplémentaire, il faudrait que les Chinois se déploient beaucoup plus à l’ouest pour espérer subvenir à un plus en terme d’alimentation… à moins que le changement climatique n’intervienne beaucoup plus rapidement que prévu!

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      • LibEgaFra // 24.01.2021 à 08h46

        Arrêtez votre désinformation:

        https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/moscou-prevoit-une-recolte-de-cereales-proche-du-record-de-2017-1395-174515.html

        « En 2017, la Russie avait battu un record datant de l’Union soviétique avec 135,5 millions de tonnes de céréales, dont 86 millions de tonnes de blé. La récolte avait piqué du nez en 2018 (112,9 millions de tonnes) avant de remonter à 121,2 millions de tonnes en 2019. Si les chiffres avancés pour cette année sont confirmés, il s’agirait du deuxième record depuis la fin de l’URSS, après celui de 2017. »

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        • LibEgaFra // 24.01.2021 à 08h58

          Précision (de la même source):

          « La Russie est le premier exportateur mondial de blé et l’un des principaux producteurs et exportateurs de céréales au monde. »

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      • LibEgaFra // 24.01.2021 à 08h51

        « Absolument d’accord avec vous. La Russie a une peur bleue que le trop plein de la Chine se déverse chez elle. »

        Arrêtez la désinformation. Il n’y a aucune revendication chinoise sur la Sibérie. Consultez les cartes et vous verrez que les revendications concernent l’Inde (et notamment le Tibet du sud) et le Bhoutan.

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        • eugeniegrandet // 25.01.2021 à 07h17

          @libegafra
          vous me lisez mal.
          où avez vous lu que je parlais de revendication de territoire?
          J’ai parlé d’un passé qui a existé. Et qui est dans la mémoire russe.

          @bouddha vert:
          Pour l’agriculture c’est bien sûr plus à l’ouest mais je suis plus globale. D’ailleurs de nombreux chinois ont déjà passé la frontière le long de l’Amur mais en très grand nombre, bien sûr.

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          • LibEgaFra // 26.01.2021 à 07h14

            « vous me lisez mal.
            où avez vous lu que je parlais de revendication de territoire? »

            « Mais cette alliance me semble passagère et de circonstance car le danger pour la Russie est la Chine au niveau territorial la Sibérie(et la Mongolie) étant vide face à un pays de près de 2 milliards d’habitants qui aura besoin d’un espace vital supérieur. »
            Votre réponse:
            « Absolument d’accord avec vous. La Russie a une peur bleue que le trop plein de la Chine se déverse chez elle. »
            Simple déduction. Je vous ai très bien comprise.

            « Je complète en vous signalant que le pont ferroviaire au dessus de l’Amur »
            Anecdotique. Problèmes d’investissements du côté de la région autonome juive. Le pont se fera.

            « Quel enthousiasme côté russe ! »
            Sophisme. Vous savez donc ce que pense « le côté russe ». Bravo.

             » de mémoire 2 millions d’habitants à l’est de l’Oural »

            De mémoire ou du haut de votre préjugé?

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Sib%C3%A9rie

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            • LibEgaFra // 26.01.2021 à 07h30

              « que le trop plein de la Chine se déverse chez elle. »

              Et apparemment vous ignorez totalement les lois russes qui président à l’établissement de citoyens étrangers sur son territoire. La Russie n’est pas la France.

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        • eugeniegrandet // 25.01.2021 à 07h41

          Je complète en vous signalant que le pont ferroviaire au dessus de l’Amur de Nizhneleninskoe-Tongjiang pour lequel il fallait construire plusieurs km côté chinois (terminés 2 ans après la signature de 2014) et 300m seulement côté russe (terminé côté structure en 2019 côté russe) n’est toujours pas ouvert.
          Peut-être fin 2021.
          Quel enthousiasme côté russe !

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      • LibEgaFra // 26.01.2021 à 07h26

         » La Russie a une peur bleue que le trop plein de la Chine se déverse chez elle. »

        Je vous admire. Vous savez ce que craint la Russie. C’est vrai que la Sibérie est très accueillante. Les Chinois pourront s’y nourrir de pommes de pin.

        « trop plein », quel trop plein quand la Chine à une politique de contrôle des naissances?

        Ah, oui, j’allais oublier, le péril jaune… mais c’est bien sûr!

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    • Kriss34 // 23.01.2021 à 13h03

      Des détails sur la diplomatie en mer de Chine sur les Chroniques du grand jeu
      https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2021/01/un-pacifique-pas-si-paisible.html

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    • Oliivier73 // 23.01.2021 à 21h47

      « 100 millions d’hommes de plus que de femmes »

      Vous êtes sûr?

      https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_la_Chine

      Résultat: 40.602.407 d’hommes en plus.

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  • LibEgaFra // 23.01.2021 à 08h51

    « si Washington considère Moscou comme la plus grande menace pour la sécurité nationale des États-Unis. »

    La plus grande menace pour la paix du monde est la soi-disante « sécurité des USA », autrement dit leur volonté d’être la plus grande puissance militaire et économique qui impose ses règles et sa volonté à tous les autres.

    Malheureusement certains pays occidentaux qui n’ont aucune volonté propre, ni souveraineté, ni amour-propre se complaisent dans un rôle de forces supplétives à cet impérialisme hégémonique. Avec les navires qui vont faire des ronds dans l’eau à l’approche des côtes chinoises, on se retrouve en plein 19e siècle avec la politique de la canonnière. Hélas pour les colonialistes, la Chine n’est plus ce qu’elle était.

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    • Bouddha Vert // 23.01.2021 à 21h54

      « La plus grande menace pour la paix du monde est le mode de vie capitaliste », au risque de me répéter le capitalisme a pour moyen le productivisme et la prédation mais le productivisme suffit à tout foutre en l’air.
      Le plus difficile, sans doute, est le passage d’une société d’abondance à celle, traditionnelle, de subsistance qui, elle aussi, apporte satisfaction pour peu que l’on ait oublié la précédente.

      Quant à la distraction qui fascine tant et peut nous dégoutter, c’est oublier à quel point les travaux abrutissants et sans autres objets que ceux de nous promettre plus d’aménité sont le fait d’une absence d’éducation et d’ouverture à la spiritualité.
      Les classes sociales, à mon sens, existent en partie par le soucis de penser ou pas l’avenir, mais aussi d’accorder importance au pouvoir individuel.

      Ce n’est pas réjouissant mais cela évite de croire que nos soucis relèvent d’une idéologie unique, notre nature plurielle y est pour beaucoup.

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  • déraciné // 23.01.2021 à 10h31

    Pour ma part il est clair que je n’irai pas me battre pour ‘ nos hommes politiques ‘ ainsi que pour ‘ sauver notre société occidentale ‘ … je laisse le soin à toutes la ‘ cliques ‘ et les représentants de ‘ la caste ‘ qui sont au pouvoir d’aller mourir pour sauvegarder leurs ‘ privilèges ‘ … la situation actuelle ils en sont responsables , donc qu’ils soient les premiers à montrer l’exemple … mais comme ils n’assume pas c’est aux ‘ sans dents ‘ de mourir pour eux … qu’ils y envoie les ‘ flics ‘ qui massacrez les gilets jaunes … ils sont les ‘ pitbulls ‘ devant le peuple et ‘ caniche ‘ du pouvoir … ‘ que le sang impur abreuve nos sillons ‘ … politiques, flics, médias, industriels … ect ….

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    • Bouddha Vert // 23.01.2021 à 22h10

      Difficile de surseoir à l’enrégimentement sans passer par les armes, vive les fous.
      Difficile de résister à une société qui désire l’affrontement, subi ou orienté.
      Il reste les armes pour résister à ne pas en porter mais nous ne sommes pas à une contradiction près.
      Ou alors,
      « prévenez vos gendarmes, que je n’aurai pas d’arme et qu’ils pourrons tirer ».

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  • christian gedeon // 23.01.2021 à 11h41

    J’adore ce genre d’article.Ils me mettent de bonne humeur. Pendant ce temps là,les échanges commerciaux entre US et Chine populaire continuent à battre leur plein et les porte conteneurs se multiplient sur les oceans et les mers. Et les complexes militaro industriels des US de la Chine populaire et de la Russie se frottent les mains. Et préparent la prochaine reprtésentation theatrale de « guerre » pour engranger encore plus de commandes. Oulala,j’en frissonne de peur dis donc!

      +7

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  • Calvez // 23.01.2021 à 11h46

    En regardant une carte du monde, on s’aperçoit que la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale sont le pendant du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes. Imaginons un instant des navires et avions militaires chinois et russes dans ces eaux et ces espaces ! Le tigre américain montrerait ses dents. Le problème est que le tigre s’est transformé peu à peu en vieux chat de gouttière avec des dents pourries. Il ne fera bientôt plus peur à personne. Ce sera une autre époque. Espérons la meilleure.

      +12

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  • RGT // 23.01.2021 à 12h06

    Escalade classique de nos jours causée simplement parce que certains « intellectuels » considèrent que foutre la paix au autres est une hérésie.

    Un concentré à l’échelle planétaire de ce qui se passe chaque jour dans toutes les concentrations humaines quelle que soit leur échelle.

    Ensuite, si cette équation vous plaît, c’est votre problème.

    Mais ne vous étonnez pas si ensuite vous faites partie des « dommages collatéraux » à côté desquels l’implantation imposée d’une activité nuisible à côté de votre habitation (usine polluante et autres « bienfaits ») vous semblera insignifiante.

    Les « élites » foutent la merde chez les autres mais ne veulent surtout pas en subir les conséquences chez eux.
    Pourquoi ne pas implanter les activités nuisibles à proximité des habitations des « décideurs » qui font la pluie et le beau temps dans les « grandes nations » ?

    Vous n’y pensez pas, les « gueux » sont là pour ça et s’ils se rebellent on envoie la troupe pour tirer à vue.

    La Chine et la Russie se contentent simplement de dresser des barricades pour éviter que la violence ne se déverse chez eux.

    Ce qui ne veut pas dire que leurs dirigeants soient des « enfants de cœur » bien sûr.

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    • LibEgaFra // 24.01.2021 à 08h56

      « Ce qui ne veut pas dire que leurs dirigeants soient des « enfants de cœur » bien sûr. »

      Ce n’est pas avec un enfant de cœur (suivez mon regard) qu’un pays peut mener une politique souveraine.

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