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23.juillet.202023.7.2020 // Les Crises

Privés de savoir ? – par #DataGueule

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Source : DataGueule – YouTube

Dans le monde de la recherche scientifique, publier ses travaux est un passage obligé. Cela permet aux chercheuses et chercheurs de faire connaître leur travail mais aussi d’être identifié par leurs pairs et pourquoi pas d’obtenir un poste, à condition d’être publié dans les bonnes revues. Sauf que cette mécanique de publication – qui permettait à la base de faire circuler le savoir – est devenue une vraie chasse gardée économique : celle des éditeurs scientifiques.

Quelques grands noms comme le neerlandais Elsevier ou le groupe Springer/Nature se partagent un marché juteux et privatisent au passage des travaux scientifiques la plupart du temps financés par des fonds publics.

Avec Marin Dacos, chercheur au CNRS et directeur d’Open Editions : https://is.gd/GaDBDf

Retrouvez toutes les sources de l’épisode 63, “Privés de savoir ?” sur https://wiki.datagueule.tv/ : https://is.gd/wikiDTG_63

Source : DataGueule – YouTube

Commentaire recommandé

Guadet // 23.07.2020 à 07h47

J’étais chercheur en sciences humaines et je pourrais raconter bien d’autres monstruosités. On se dit que ce ne serait pas difficile de corriger ça. Erreur : ce serait attaquer les dogmes libéraux selon lesquels le privé est plus efficace que le public ou que la concurrence est meilleure que la collaboration, donc c’est impossible tant qu’on n’abat pas l’idéologie dominante.

15 réactions et commentaires

  • Guadet // 23.07.2020 à 07h47

    J’étais chercheur en sciences humaines et je pourrais raconter bien d’autres monstruosités. On se dit que ce ne serait pas difficile de corriger ça. Erreur : ce serait attaquer les dogmes libéraux selon lesquels le privé est plus efficace que le public ou que la concurrence est meilleure que la collaboration, donc c’est impossible tant qu’on n’abat pas l’idéologie dominante.

      +48

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    • Francois Marquet // 23.07.2020 à 09h55

      On a vu récemment avec The Lancet et le NEJM ce que le privé et la logique capitaliste apportent à l’honnêteté des choix de publication, et ce que vaut alors un comité de lecture!

        +18

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      • MS // 23.07.2020 à 18h49

        en l’occurence pour l’étude du Lancet, l’article auquel vous faites allusion n’avait pas été relu par un comité de lecture si je me souviens bien.
        Ceci dit, il n’aurait donc pas du être mis en ligne

          +3

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        • daniel // 23.07.2020 à 22h13

          « n’avait pas été relu par un comité de lecture  » et
          « n’aurait donc pas du être mis en ligne »

          Donc 2 impossibilités.
          Mais il l’a été. Pourquoi?

          Je ne connais naturellement pas les raisons détaillées.
          Cependant « tant qu’on n’abat pas l’idéologie dominante » de Guadet laisse penser que cette idéologie religieuse est une cause agissante.
          On notera qu’un minimum d’ honnêteté intellectuelle et donc le respect des lecteurs devrait suffire.

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    • LibEgaFra // 23.07.2020 à 10h29

      « je pourrais raconter bien d’autres monstruosités. »

      Il ne faut surtout pas vous priver du plaisir de nous les raconter, pour notre plaisir à les lire et à mieux comprendre ce qui se passe derrière ce business.

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      • Toursite // 23.07.2020 à 12h19

        Bonjour,
        Je plussoie : faites donc péter les anecdotes ! Merci ! 🙂

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    • christian gedeon // 24.07.2020 à 09h10

      Ne le prenez pas mal, mais chercheur en sciences humaines, c’est quoi exactement? Le domaine est vaste .

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  • Henni // 23.07.2020 à 09h09

    Quelques commentaires: il existe des sites d’archivage où l’on peut poster ses articles publiés par des revues, sous forme de prépublications ou « preprints » accessibles gratuitement à toutes et à tous; le contenu scientifique est en principe le même que celui publié par les revues payantes. Le site le plus connu est arXiv, spécialisé en sciences physiques/mathématiques/informatique mais d’autres sites ont vu le jour: ChemRxiv, medRxiv, etc. Un preprint dont le contenu n’est pas publié dans une revue n’a pas le même « statut » de validité qu’un article publié par une revue établie, car il n’est pas validé par un comité de lecture ou « referees ». Remarque: il existe aussi des journaux en ligne gratuits (pour les auteurs ET pour les lecteurs) tels que SciPost qui donne l’accès libre aux articles qu’il publie après validation par les referees. Si pour une raison ou une autre, on ne trouve pas le preprint d’un papier, il est toujours possible d’envoyer un email à l’un des auteurs qui en principe se fera une joie de partager son papier car cela augmente la visibilité de ses travaux.

      +9

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    • Barbe Noire // 23.07.2020 à 11h15

      Sans oublier le site sci-hub (dont on peut consulter la page wikipedia afin de déterminer son adresse actuelle, dans la rubrique « liens externes », cette dernière changeant régulièrement). Ce site offre un accès gratuit à de très nombreuses publications. Évidemment, c’est un site « pirate », mais les véritables pirates ici, ce sont plutôt les éditeurs !

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    • akira // 23.07.2020 à 17h48

      L’absence de Peer review est aussi un probleme sur ces site.
      On a vu l abondance de papiers completement moisis publlies sur medRxiv pendans la crise du Covid …

        +2

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    • MS // 23.07.2020 à 18h51

      Il y a aussi HAL archives ouvertes :

      https://hal.archives-ouvertes.fr/

        +1

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  • LibEgaFra // 23.07.2020 à 10h26

    Les comités de lecture, c’est parfois de la foutaise. Une connaissance avait reçu un article à relire. Il a refusé la relecture tellement c’était du n’importe quoi (il y avait tellement de choses à corriger qu’il aurait pu passer pour un co-auteur). En foi de quoi la revue à refuser l’article. Surprise: quelques mois plus tard, l’article a paru sans même un changement de virgule dans une autre revue. Un autre cas: un relecteur a démoli un article, non pas parce qu’il y avait qqch à changer, mais parce qu’il était en désaccord sur le fond. Une polémique s’en est suivi entre l’auteure et le relecteur anonyme. Les relecteurs ne sont pas payés ou alors en droits d’accès à la revue. Certaines revues font payer l’accès à un article (jusqu’à 40 Euro). C’est un business. Mais de plus en plus de revues voient le jour sur internet avec accès gratuit.

      +3

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  • chimiste // 23.07.2020 à 11h02

    Le problème en amont qui n’est pas abordé est le productivisme auquel la science se soumet elle-même: « publish or perish » est le lot quotidien des jeunes et moins jeunes chercheurs. L’excellence ne se mesure plus qu’à la capacité de communication. Pour rester dans le domaine que je connais, la chimie de synthèse, les grandes revues sont pleines d’articles n’apportant rien de nouveau sinon une collection de faits expérimentaux emballés dans une écriture vendeuse. La qualité même des données expérimentales est de plus en plus discutable; la rigueur est supbretissement délaissée au profit d’une échelle de valeur, superficielle et assez arbitraire (mode des sujets, course au scoop, etc…)

    Finalement on se retrouve avec un système assez similaire à celui des politiciens, des médias, et de de la plupart des classes sociales dominantes: Ce ne sont pas les modes de pensée les plus capables ou les plus originaux qui se retrouvent mis en avant, mais les plus gros égos qui ne souffrent aucune remise en question tant que leurs intérêts sont servis. Le plus drôle chez les scientifiques est le niveau d’inconscience où se situe ces problèmes: même les plus psychopathes d’entre nous sont honnêtement convaincus d’oeuvrer pour le bien commun (et d’être les meilleurs à ça!).

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    • chimiste // 23.07.2020 à 11h02

      Evidemment la grande majorité est intègre. Mais tout le monde, et moi le premier, se retrouve prisonnier de ce système inique et contre-productif: oui je préfère bosser sur un sujet futile mais publiable l’année prochaine dans « Science » ou « Angewandte Chemie » que sur une idée neuve originale mais nébuleuse pour laquelle il faudrait 10 ans pour que peut-être se précise quelque chose. De toute façon plus personne ne paiera pour ces 10 ans de recherche à moins que je ne les passe à justifier leur pertinence à coup de demandes de financement et d’hâtives et inconsistantes publications. Ca y est, je n’ai déjà plus le temps de penser.

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  • Oli // 23.07.2020 à 11h21

    Une video de dirty biology sur le même sujet
    https://m.youtube.com/watch?v=rcgxY__YXEc

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