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18.février.202018.2.2020 // Les Crises

Sahel : Partir ou périr ? Par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 23-12-2019

« Le réel, c’est quand on se cogne », nous rappelle fort justement Jacques Lacan. Et, c’est bien ce qui advient à nos dirigeants successifs – François Hollande, puis Emmanuel Macron – confrontés à ce qui tourne désormais au casse-tête africain. Les cercueils de militaires français tués au combat au Mali se succèdent à un rythme soutenu dans la Cour des Invalides pour un dernier hommage de la Nation. Les derniers étaient au nombre de treize. Que de morts pour rien !1 Pathétique… Quelques jours plus tard, ce sont plus de soixante-dix militaires nigériens qui sont abattus à In-Ates, attaque la plus meurtrière de l’Histoire du Niger revendiquée par l’EI. Trois jours de deuil national sont décrétés dans le pays. Les présidents Kaboré, Issoufou, Keïta et Déby Itno se sont inclinés le 15 décembre 2019 à Niamey sur les tombes des 71 soldats morts dans l’attaque d’In-Ates, en prélude un sommet extraordinaire du G5 Sahel auquel a également participé M. Ould Ghazouani. Ces derniers et tragiques développements de l’opération « Barkhane » interpellent au moins à deux titres : les aléas d’un cavalier seul et le mépris du réel de la part de nos dirigeants.

FAIRE CAVALIER SEUL : UN PARI RISQUÉ

Au fil du temps, le fardeau de l’opération française dans le Sahel est de plus en plus insupportable. Et cela d’autant plus que l’action de la France se résume en une diplomatie du chien crevé au fil de l’eau.

Un fardeau insupportable

Emmanuel Macron, qui avait caressé un temps, le projet de réunir les cinq chefs d’État du G5 Sahel, à Pau pour poser les questions qui fâchent, est conduit à reporter son projet au mois de janvier 20202. Les évènements en ont décidé autrement3. Faute de disposer de moyens suffisants pour contrôler un territoire plus vaste que la France, Emmanuel Macron en appelle à ses partenaires européens afin qu’ils donnent un coup de main allant au-delà de l’opération de formation EUTM. Il saisit l’occasion du dernier sommet de l’OTAN à Londres pour secouer le cocotier4. Du côté de la MINUSMA, c’est l’électroencéphalogramme plat et il n’y a rien à espérer tant elle est limitée dans ses conditions d’emploi en dépit d’un important budget. Le G5 Sahel relève de la diplomatie du gadget inefficace, de la diplomatie des apparences. Mais rien n’y fait ! La France se trouve seule, bien seule pour conduire son noble combat contre des islamistes – de plus en plus nombreux et aguerris dans le Sahel – qui se transforme en Afghanistan pour elle5. Au fil des années, l’opération « Barkhane » se transforme en véritable calvaire pour nos femmes et hommes, cibles privilégiées pour les « terroristes » de tout poil. Comment se transformer en gendarme d’une zone aussi vaste que l’Europe avec 4 000 hommes, si expérimentés, si motivés soient-ils ? Rappelons que cette opération d’une ampleur inédite a succédé à une autre plus limitée dans le temps et dans l’espace, « Serval » dont l’objet était, en 2013, de prévenir un renversement du régime malien par des hordes de terroristes descendant vers Bamako6.

Une diplomatie du chien crevé au fil de l’eau

Comme souvent dans notre République monarchique, le prince décide seul, sous la pression de l’émotion, d’une opération militaire sur un théâtre extérieur sans se livrer à une étude sérieuse du problème : objectifs précis, moyens, soutiens, porte de sortie… ? C’est ce que l’on appelle pratiquer la politique du somnambule. Nos dirigeants semblent déboussolés, pris de court par une évolution catastrophique de la situation sur le terrain qui était des plus prévisibles. À l’heure où s’imposerait une réflexion à froid et de grande ampleur sur notre présence dans la zone, dans les milieux bien informés, on évoque un « moment dinflexion majeur, un moment charnière »7. Ce qui signifie un cautère sur une jambe de bois. On nous sert les mêmes raisonnements éculés (avec le temps et la patience, les choses vont évoluer dans la bonne direction) qui ont amplement démontré leur « pertinence » sur d’autres théâtres d’opération, comme l’Afghanistan8. Ne parlons pas du risque que courent certains militaires français d’épouser la cause de l’adversaire9. L’expérience démontre amplement qu’il est dangereux de faire l’impasse sur le réel dans des situations aussi paroxystiques.

FAIRE FI DU RÉEL : LA TÊTE CONTRE LES MURS

Nous interroger calmement sur les raisons de notre étrange défaite dans le Sahel doit nous conduire à nous interroger sur les raisons de l’effondrement des États sahéliens. Elle implique une incontournable réaction salutaire qui tienne compte du discrédit africain de la présence militaire française sur le terrain.

Une crise plurifactorielle

Les causes de la dégradation de la situation dans les pays du Sahel sont connues, documentées par les experts de la chose politique et de l’Afrique depuis bien longtemps. Nous sommes en présence d’États qui risquent de se transformer rapidement en États faillis. À titre d’exemple, le Quai d’Orsay vient d’interdire aux ressortissants français de se rendre au Burkina Faso. Mauvaise gouvernance ; corruption ; népotisme ; clientélisme ; paupérisation croissante ; problèmes économiques, financiers, sociaux, juridiques, religieux, ethniques, culturels, sanitaires insolubles à court terme ; armées inconsistantes, inapplicabilité de l’accord de paix d’Alger de 2015, insignifiance des solutions proposées au récent Forum de la paix de Dakar … constituent les principaux ingrédients du cocktail explosif qui minent durablement la région du Sahel.

Force est de constater que, si une réponse sécuritaire peut être nécessaire pour endiguer un effondrement momentané de ces États, elle ne saurait être suffisante pour régler durablement ces problèmes structurels bien connus en Afrique, plus d’un demi-siècle après la vague d’indépendance des années 1960. Cela se saurait en dépit de milliards engloutis en pure perte par la communauté internationale pour aider les pays en développement à s’en sortir. Or, rares sont ceux qui, aussi bien en Afrique qu’ailleurs, veulent prendre le problème à bras-le-corps pour dégager quelques axes de solutions efficaces pour redonner de l’espoir à une jeunesse africaine qui n’a qu’un choix, partir ou rejoindre les rangs des trafiquants et autres islamistes pour survivre.

Que voulons-nous ou pouvons-nous faire pour tenter d’enrayer la spirale infernale autrement que par le recours aux armes ?

Une réponse uniquement sécuritaire

Les causes de notre enlisement dans le Sahel – n’hésitons pas à employer les mots qui fâchent – sont connues, documentées par les experts de la chose militaire et de l’Afrique depuis bien longtemps. Comme le souligne régulièrement, l’ex-CEMA, Pierre de Villiers, si nous savons gagner la guerre, nous ne savons pas gagner la paix. Pourquoi ? Nous sommes victimes du syndrome de la médiatisation des conflits : l’urgence remplace les priorités, le temps s’écrase pendant que l’espace s’élargit ; le comment (la tactique) l’emporte sur le pourquoi (la stratégie) … La combinaison de toutes ces dérives explique en partie nos déconvenues dans le Sahel. En des termes diplomatiques, le CEMA, le général François Lecointre souligne justement : « Je crois que nous n’atteindrons jamais une victoire définitive. Contrairement aux grands conflits du XXe siècle, jamais les armées françaises ne défileront en vainqueur sous l’Arc de Triomphe ». Les faits sont têtus. Sans aller jusque-là, la victoire risque d’avoir le goût amer d’une débandade inéluctable dans le cas d’une guerre asymétrique. L’absence de clarté dans nos objectifs de crise et de sortie de crise dans le temps long est flagrante. Il ne suffit pas de se gargariser en martelant que le pire a été évité. Le pire est peut-être à venir. Mais, nous ne pourrons nous contenter encore longtemps de faire abstraction des brutales évidences du réel.

Une incontournable réaction salutaire

Mais, nos élites s’obstinent à ne pas vouloir porter le bon diagnostic sur le mal qui ronge « Barkhane ».

La situation est tout à fait hors de contrôle : « Les inquiétudes étaient déjà vives, mais l’attaque d’Inates au Niger le 10 décembre les ont brusquement confirmées : le Sahel plonge inexorablement dans un chaos orchestré par les groupes jihadistes, face auquel ni les Etats locaux ni l’intervention française ne trouvent de réponse à la hauteur des enjeux… Ça va très mal et cela va continuer d’empirer », craint Michael Shurkin, politologue à l’institut de recherche RAND, résumant une pensée largement partagée dans la communauté des experts de la zone… « Il n’est pas possible de régler la situation en tuant tout le monde. La situation est hors de contrôle », estime un responsable du département américain de la Défense sous couvert de l’an onymat. « Les Etats sont désorganisés, je pense qu’ils sont justes dépassés. Le G5-Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie), dont les membres sont censés s’unir face à un ennemi chaque semaine plusmenaçant, demeure selon lui une idée plus qu’une force. Avec plus de soutien international, ils pourraient devenir un acteur mais aucun signal n’indique que ce soit en train de se produire » 10.

Formons le vœu que la visite d’Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire à la veille de Noël lui ouvrira les yeux sur cette situation inextricable !11 Il en sortirait grandi pour l’Histoire et pour la France tant un geste fort s’impose. Fini le temps des belles paroles, des discours creux qui font la une des gazettes mais qui ne résolvent rien.

Un discrédit africain croissant de la présence française sur le terrain

De plus, et pour compliquer le tableau, que les troupes françaises héroïques sont de plus en plus considérées – qu’on le veuille ou non – comme de vulgaires armées d’occupation venues défendre les intérêts économiques de l’Hexagone (lesquelles ?) et non défendre la sécurité des États du Sahel (ce qui est un comble !) alors que nos courageux principaux alliés sont aux abonnés absents. On croit rêver à entendre de telles sornettes de la part de dirigeants qui accueillaient, il y a peu encore, les armées françaises en libératrices. On croit également rêver à entendre d’autres sornettes dans la bouche de notre inculte ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Chouchen : « Au Sahel, il faut lever les malentendus et se remobiliser »12. Parfait exemple de la diplomatie de l’improvisation13 ou l’art de repousser à demain ce que l’on ne peut ou veut faire aujourd’hui. Il est plus que temps de nous extraire du piège de l’immobilisme qui est la plaie de la société française dans le contexte de « guerres ingagnables »14.

« Le macronisme est une politique de l’insensible » juge la philosophe, Myriam Revault d’Allonnes15. Ce à quoi nous pourrions ajouter, au moment où nous entrons dans l’acte II du quinquennat, que nous sommes face à une politique qui manque du plus élémentaire bon sens tant sur la scène intérieure que sur la scène internationale. Que signifie un « réveil des consciences », un « passage à un étage politique dans la résolution de la crise » qu’Emmanuel Macon appelle de ses vœux de la part des membres du G5 Sahel pour en finir avec cette guerre sans fin16 ? Ceci relève de l’évidence, à crise globale, réponse globale. Mais, nous n’en sommes pas encore là. Alors que la stratégie militaire est dans l’impasse (plus de 40 militaires français tués conte 90 en Afghanistan), Emmanuel Macron aurait sollicité de nouvelles options pour sortir de ce bourbier17 tant au Quai d’Orsay qu’au ministère des Armées tant il est évident qu’il « n’y aura pas de solution militaire au Sahel » (ce que déclarait naguère devant les commissions de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat, le général François Lecointre)18. À quelle échéance ? Avec une liberté de parole totale ? Toutes ces questions restent encore sans réponse. Un retrait en bon ordre ne vaut-il pas mieux qu’une débandade honteuse ? Aujourd’hui, la seule question qui vaille de poser est la suivante, au Sahel, périr ou partir ?

À MÉDITER : « Le discours politique est conçu de manière à faire apparaître les mensonges véridiques et le meurtre respectable » (George Orwell).

Guillaume Berlat
23 décembre 2019

1 Guillaume Berlat, un(e) mort de trop, un(e) mort pour rien, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 novembre 2019.
2 Claude Angeli, Macron veut mettre au pas les chefs du Sahel, Le Canard enchaîné, 11 décembre 2019, p. 3.
3 Isabelle Lasserre, Après l’attaque au Niger, l’Élysée annule le sommet du G5 Sahel à Pau, Le Figaro, 13 décembre 2019, p. 9.
4 Jean-Michel Demetz, Quand de Gaulle quitte l’OTAN, Valeurs actuelles, 19 décembre 2019, pp. 70-71-72.
5 Renaud Girard, Le Sahel, un Afghanistan français ?, Le Figaro, 10 décembre 2019, p. 17.
6 Christian Makarian, Mali : l’intérêt du monde, le sacrifice de la France, L’Express, 4 décembre 2019, p. 18.
7 Nicolas Barotte, Sahel : « Barkhane » à l’heure de réflexion, Le Figaro, 16 décembre 2019, p. 8.
8 Jean Daspry, La victoire en perdant, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 décembre 2019.
9 Jean Chichizola, Légionnaires, commandos, parachutistes, ces militaires français devenus djihadistes, Le Figaro, 18 décembre 2019, p. 14.
10 Sahel : la situation est « hors de contrôle », selon des experts à Washington, https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/burkina-faso/sahel-la-situation-est-hors-de-controle-selon-des-experts-a-washington_3742919.html
11 Cyril Bensimon/Olivier Faye, La sécurité du Sahel, toile de fond de la visite de Macron à Abidjan, Le Monde, 21 décembre 2019, p. 5.
12 Cyril Bensimon/Christophe Châtelot/Piotr Smolar (propos recueillis par), Jean-Yves Le Drian : « Au Sahel, il faut lever les malentendus et se remobiliser ». Pour le chef de la diplomatie, le combat antidjihadiste sera « très long », Le Monde, 12 décembre 2019.
13 Jean Daspry, Des limites de la diplomatie de l’improvisation, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 décembre 2019.
14 Sylvie Kauffmann, Le syndrome des guerres ingagnables, Le Monde, 19 décembre 2019, p. 29.
15 Nicolas Truong (propos recueillis par), Myriam Revault d’Allonnes : « Le macronisme est une politique de l’insensible », Le Monde, 17 décembre 2019, p. 32.
16 Romain Rosso, Sahel. La guerre sans fin, L’Express, 4 décembre 2019, pp. 56 à 60.
17 Alain Gentil, Sahel : soubassement d’un désastre, Politique étrangère, automne 2019, pp. 89 à 98.
18 Claude Angeli, L’alliance des tueurs en série au Sahel, Le Canard enchainé, 18 décembre 2019, p. 3.

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wuwei // 18.02.2020 à 09h12

L’adulescent raëllien a oublié que la guerre réelle n’est pas un jeu vidéo et qu’en face de nos militaires ce ne sont pas de gentils gilets jaunes ou de pacifiques manifestants qu’il peut faire matraquer sans risques par une milice de psychopathes. Il découvre ébahi qu’en dehors de l’hexagone il ne peut être autre chose qu’une baudruche qui ne se soutiendrait pas elle-même si elle n’était pas gonflée à l’hélium médiatique. Lui et sa secte se croyaient gouverner le monde et en tirer les ficelles, ils se rendent compte qu’ils ne sont eux-mêmes que d’absurdes et chétives marionnettes, les figurants d’une vaste escroquerie, d’une insigne entreprise de brigandage. Combien de temps cela durera-t-il encore ?

16 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 18.02.2020 à 08h25

    « Comme souvent dans notre République monarchique »

    Monarchie ou dictature élective serait plus juste, tellement il ne reste presque plus rien de la chose publique, le dernier bradage en date étant les retraites.

      +14

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  • Kokoba // 18.02.2020 à 09h01

    L’auteur part d’un principe qui est faux :
    L’idée que la France est au Sahel pour remporter une victoire définitive.

    L’armée Française peut remporter une victoire militaire mais ce n’est certainement pas çà qui va résoudre les problèmes profonds du Mali.

    Problèmes économiques, structurels, sociaux, religieux, politiques…
    Tout çà, c’est le problème du Mali.
    Ce n’est pas à la France de s’en occuper (sinon, çà s’appelle du colonialisme)

    Que la France aide un pays à sa demande, aucun problème.
    Même quand çà nous coute de l’argent et des vies (dans des limites raisonnables).

    Mais la France n’a pas vocation à être une force d’occupation à l’Américaine.
    Si le gouvernement du Mali n’a pas la force de se maintenir au pouvoir, c’est peut être qu’il n’est pas légitime.

    Dans ce genre de situation, il n’y a pas de bon choix.
    Si la France reste, elle sera accusée de colonialisme et de défendre un tyran.
    Si la France part, elle sera accusée d’abandonner la population et de permettre l’arrivée d’un tyran.

      +17

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    • Osmium // 26.02.2020 à 14h08

      Légitime ou non, la France a tout intérêt à ce que le gouvernement malien ne tombe pas. Le but derrière cela est de pacifier la région et de pouvoir continuer à y avoir une activité économique. Si, à long terme, la moitié du Sahel devient islamiste, il sera impossible de les déloger sans une intervention militaire majeure. De plus, les flux migratoires pourraient s’intensifier, ce qui n’est pas forcément très intéressant. A long terme, il y a un intérêt certain à intervenir régulièrement dans ces pays.

        +0

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  • wuwei // 18.02.2020 à 09h12

    L’adulescent raëllien a oublié que la guerre réelle n’est pas un jeu vidéo et qu’en face de nos militaires ce ne sont pas de gentils gilets jaunes ou de pacifiques manifestants qu’il peut faire matraquer sans risques par une milice de psychopathes. Il découvre ébahi qu’en dehors de l’hexagone il ne peut être autre chose qu’une baudruche qui ne se soutiendrait pas elle-même si elle n’était pas gonflée à l’hélium médiatique. Lui et sa secte se croyaient gouverner le monde et en tirer les ficelles, ils se rendent compte qu’ils ne sont eux-mêmes que d’absurdes et chétives marionnettes, les figurants d’une vaste escroquerie, d’une insigne entreprise de brigandage. Combien de temps cela durera-t-il encore ?

      +28

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  • Blabla // 18.02.2020 à 09h42

    Le Sahel est peuplé de nomades vivant depuis des siècles de commerce Nord-Sud, appelé traffic depuis que des états se sont partagés la zone, et de razzias. Ni les colonisateurs, ni les gouvernements corrompus qui leurs ont succédé ne peuvent en venir à bout. La pauvreté qu’ils répandent les conforte même dans leur lutte. L’islamisme est un alibi pratique pour les deux camps : il rend la lutte plus présentable pour les nomades et permet aux dictateurs de se poser en défenseurs de la liberté. Pourtant, l’indépendance, voire l’autonomie de cette zone (dont le simple nommage est un délit selon certains pays) résoudrait cela du jour au lendemain.

      +3

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  • Docteur Non // 18.02.2020 à 09h46

    Ne pas oublier, qu’en dépit du pourrissement de la situation, la France est intervenue à la demande des états concernés pour éviter de justesse l’installation d’un Etat Islamique bis, qui n’aurait pas manqué de se rappeler aux bons souvenirs des Européens tôt ou tard. Outre l’absence de solution évidente – peut être aurait il fallu se replier comme certains le suggéraient dés la fin de Serval, quitte à devoir revenir dans un second temps ? – on notera l’incurie criante de nos « amis » européens qui demandent le partage des armes atomiques ou du siège au CSONU mais refusent celui du sang versé pour la protection de leurs concitoyens …

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  • christian gedeon // 18.02.2020 à 09h58

    Si je suis d’accord factuellement avec cette analyse,je suis en opposition totale avec ses conclusions. Non seulement nous pouvons gagner cette guerre,même seuls,mais nous devons la gagner et ne pas nous laisser entraîner dans ce que j’appelle le complexe de Dien Bien Phu dont la conséquence serait notre remplacement par les américains,quoi qu’ils en disent. Pour cela,il faut désigner un objectif offensif clair et donner les ordres pour l’éxcuter,et on n’ a ni l’un ,ni l’autre. Si,pour utiliser une expression triviale, les armées françaises recevaient pour « de vrai »,l’ordre de lacher la meute,je ne doute pas un instant de notre victoire,quis erait aussi,faut il le rappeller,celle des états sahéliens.Mais cet ordre ne vient pas,et s’il ne vient pas….

      +4

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  • Myrkur34 // 18.02.2020 à 10h03

    On va en arriver exactement comme au Vietnam où les politiciens Us de l’époque savaient dès le départ que la guerre était ingagnable mais ont persévéré pour un pur calcul électoral genre , « cela va bien tenir jusqu’à ce que je parte du pouvoir »…La fameuse patate chaude….

    Quant à laisser assassiner un leader comme Thomas Sankara en 1987, voilà le résultat 33 ans plus tard.

      +13

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  • UnKnown // 18.02.2020 à 10h55

    C’est la même maladie qui gangrène la totalité des opérations extérieures depuis 30 ans, l’incapacité des gouvernants à donner un but POLITIQUE à une intervention armée, c’est à dire penser l’APRES de manière réaliste et surtout pragmatique.

      +3

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  • Santerre // 18.02.2020 à 12h28

    Oui, mais partir c’est périr un peu. Abandonner le Sahel, c’est permettre à tous les jihadistes de venir peser en Libye, et aussi sur Tunisie et Algérie.

      +2

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    • Gisele // 19.02.2020 à 12h27

      On me souffle dans l’oreillette que c’est déjà le cas ( pour la Lybie au moins ).

        +0

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  • Bouddha Vert // 18.02.2020 à 13h23

    Je dois avouer ne pas comprendre la stratégie qui assure notre présence dans la région du Sahel.
    On parle de l’uranium nigérien mais il ne représente que 30% de nos importations avec des mines désormais non rentables du fait de la pauvreté du minerais!
    Notre présence m’apparait d’autant moins compréhensible que la France passe à l’occasion pour un néocolon, ce qui est peut être vrai mais, là encore, je ne comprends pas notre intérêt.

    L’article n’éclaire pas grand chose, au contraire il semble conspuer la politique actuelle pour d’autres mais sans les expliquer!

      +5

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  • serge // 18.02.2020 à 17h16

    Mouais, même problème que nos interventions en Serbie et au Kosovo, en Lybie, en Afghanistan et bientôt en Syrie-Irak-Iran sur « demande pressante » des US. Voire nos pauvres militaires pris en sandwich dans le cadre de l’ONU comme au Liban. Entre nos soi-disants engagements auprès de pays faillis ex-colonies, dans l’OTAN, l’ONU ou par fait du prince (de Mitterand en passant par Sarkozy, Hollande et notre actuel président de précipauté), on sert de chair à canon sans aucune limite de fin. Une ruine financière, une perte lente de troupes aguerries, une obscurité d’objectifs… Tout cela parce que notre Vème république largement dévoyée laisse un seul et unique décideur, souvent fort nul en tout, se prendre pour César avec ses légions.

      +6

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  • Santerre // 18.02.2020 à 17h54

    L’histoire africaine post coloniale est tragique. Outre des frontières absurdes, lourdes de promesses de rivalité et de guerres ethniques et religieuses, outre la soudaine course à l’accaparement des biens dus au vide des colonisateurs, les rivalités des anciennes puissances coloniales doublées de la voracité des milieux d’affaires ont installé partout des régimes lamentables dédiés à la seule sauvegarde des intérêt de la puissance dominante( France, Angleterre, URSS essentiellement), au détriment du pays lu même. Et si une puissance tutélaire relâché la garde, le concurrent met son homme à lui et c’est le bain de sang : Congo, Rwanda, des millions de mort. Et si un leader veut s’affranchir : Lumumba, Sankara, Habré, Gbagbo, Kadhafi et tant d’autre. Tragique. Et là, on colmaté. Que faire? Je trouve l’auteur bien sévére. Quelles sont ses solutions? Parce que maintenant, dans le jeu, il y a les Russes, les Chinois, les Turcs, les Émiratis et Saoudiens, les USA. Pauvre Afrique.

      +6

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  • Tapia // 18.02.2020 à 22h26

    Ne pas oublier que le basculement du Sahel dans cette guerre a été permis par la destruction de la Libye grâce à la France.
    Nous ne jugeons souvent pas assez durement nos dirigeants sur leurs actions à l’extérieur pensant que cela ne nous concerne pas. Réduire la vitesse à 80 nous émeut plus que quelques bombes à quelques millions d’Euros larguées à la va-vite ailleurs tuant un nombre indéfini d’anonymes. A notre décharge, il est vrai que nous ne sommes pas consultés sur la politique étrangère. Elle a malgré tout un impact plus important que celui que nous percevons sur nos vies (immigration, terrorisme, guerres pour réparer ce que nous avons cassé, secteur militaire coûtant un « pognon de dingue », corruption active et passive, militaires morts au combat…).

      +9

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