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1.juin.20181.6.2018 // Les Crises

[Vidéo] Comment vaincre Daech ? Les bases, par Tatiana Ventôse (et Edouard Vuiart)

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Source : Tatiana Ventôse, Youtube, 04-04-2018

Le livre dont je parle – APRÈS DAECH LA GUERRE IDÉOLOGIQUE CONTINUE par EDOUARD VUIART : Amazon : https://amzn.to/2H7SzlE

Source : Tatiana Ventôse, Youtube, 04-04-2018


La chute de l’État islamique marque-t-elle la fin du phénomène djihadiste ?

 

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Commentaire recommandé

Christian Gedeon // 01.06.2018 à 07h33

Attention, Daech est un train qui en cache d’autres. Et permet de camoufler plutôt mal que bien la radicalisation de plus en plus évidente de géants asiatiques comme l’Indonesie,la Malaisie,la Pakistan(depuis un moment pour celui la) et la poussée vers le sud et l’ouest des mouvements islamistes africains. Sans compter un phénomène decidemment occulté,l’islamisation de plus en plus patente de la Bosnie,du Kosovo et d’une partie de l’Albanie. Et en Europe dite occidentale la progression en tache d’huile de la communautarisation évidente de nombre de quartiers accompagnée ” d’accommodements “plus ou moins électoraux ou tout simplement qui montrent la faiblesse de nos institutions. Daech est uniquement la partie émergée de l’iceberg.

66 réactions et commentaires

  • Charles Michael // 01.06.2018 à 06h59

    Bonjour,

    Très honnétement,
    Parler de la capacité de Daesh à s’appuyer sur la force d’un discours cohérent, pour continuer sa lutte et renaitre, c’est oublié un peu vite que ses succès initiaux ont été liés à 3 facteurs principaux:
    – bien sur fondamentalement la destructuration de l’Irak et la volonté euro-us de changer le régime en Syrie
    – les financements Saoudiens et Quataris,
    – le laisser faire (au minimum) des USA et leurs coalisés avec la complicité active de la Turquie.

    Résultat au bout de 400.000 morts, 250 milliards de $ de destruction en 7 ans de guerre, les forces de la coalition Obamesques et leurs alliés objectifs Daesh et les terroristes dits modérés ont été battus militairement, l’Iran et le Hezbollah se sont renforcés, la Turquie s’est éloignée de l’Otan, des US et de l’UE
    et la Russie est devenu incontournable au Proche et Moyen Orient.

    (Daesh serait en train d’être redéployée en Afghanistan)

    Daesh continuera hélas à encourager des actions sanglantes en Europe; mais on est passé de commandos armés de kalsh et explosifs à voitures béliers et couteaux.

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    • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 10h41

      Mais il n’est pas question d’oublier quoi que ce soit. Bien évidemment tous ces prémices étaient présents et ont permis la naissance et le développement de l’organisation [marginalisation des sunnites et des cadres de l’armée post-Saddam ; financements des monarchies du Golfe ; intuition des services US vis-à-vis d’une éventuelle utilité d’un “Etat islamique” pour faciliter le régime change syrien (cf. docs déclassifiés)].

      Mais l’objectif de cet ouvrage n’est pas de faire une n-ième histoire de Daech, mais de comprendre comment l’idée peut survivre à la réalité ; comment l’utopie peut demeurer malgré l’échec et comment la rage peut persister face à l’évidence de la faiblesse. Et là, nous nous retrouvons non pas face à un “lavage de cerveau”, mais face à véritable édifice idéologique dont les argumentations théologiques constituent le soubassement justificatif de son recours à la violence. On s’aperçoit que le problème n’est pas que le djihadiste perde le sens moral ou le sens commun dans la folle poursuite de son utopie, mais c’est qu’il y trouve du sens !

      Il est donc indispensable de comprendre la part de rationalité qui pousse ces individus à passer à l’acter, et ce afin de mieux pouvoir emprunter le chemin de la délégitimation. Dans le cas contraire, les groupes djihadistes risquent fortement de perpétuer le paradoxe de la violence terroriste contemporaine, à savoir « proliférer partout, triompher nulle part et partout renaître ».

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  • Christian Gedeon // 01.06.2018 à 07h33

    Attention, Daech est un train qui en cache d’autres. Et permet de camoufler plutôt mal que bien la radicalisation de plus en plus évidente de géants asiatiques comme l’Indonesie,la Malaisie,la Pakistan(depuis un moment pour celui la) et la poussée vers le sud et l’ouest des mouvements islamistes africains. Sans compter un phénomène decidemment occulté,l’islamisation de plus en plus patente de la Bosnie,du Kosovo et d’une partie de l’Albanie. Et en Europe dite occidentale la progression en tache d’huile de la communautarisation évidente de nombre de quartiers accompagnée ” d’accommodements “plus ou moins électoraux ou tout simplement qui montrent la faiblesse de nos institutions. Daech est uniquement la partie émergée de l’iceberg.

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    • Alfred // 01.06.2018 à 10h04

      Vous avez parfaitement raison, en particulier pour ce qui concerne les balkans. Nous n’avons pas fini de payer la s…operie opérée par l’Allemagne et les yankees en 1991. En particulier nous n’avons pas fini de payer l’utilisation subséquente des ressources saoudiennes, financières et humaines en Bosnie.

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    • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 10h05

      D’autres trains qui, dans la majorité des cas, ont prêté allégeance à Daech (ou à Al-Qaïda pour la zone saharo-sahélienne). L’organnisation Etat islamique dispose ainsi de « wilayas » extérieures en Libye, au Sahel, au Nigeria, en Somalie, au Sinaï, au Yémen, en Extrême-Orient, ou encore dans le Caucase. La stratégie de Daech se veut expansive à l’échelle mondiale ! Des dizaines de groupes terroristes ont prêté allégeance à Daech, et ces derniers poursuivront le combat militaire et idéologique même après que le califat soit tombé. C’est notamment l’objectif des groupes djihadistes du sud des Philippines qui combattent sous le drapeau de l’État islamique ; une stratégie qui chercherait à démontrer que le territoire du califat ne connaît pas de frontières.

      Les djihadistes de l’EI cherchent à démontrer l’aspect global de leur combat. La géopolitique de Daech est globale et son front s’étend à l’échelle mondiale. Et l’enjeu de cet ouvrage est justement de montrer que la disparition du proto-État de l’organisation ne s’exercera pas au détriment de ses nombreuses filiales d’Afghanistan, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.

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    • Ardéchoix // 01.06.2018 à 10h18

      @Christian Gedeon
      Vous savez ce que l’on dit quand il est écrit “Attention un train peut en cacher un autre” ? C’est qu’il y en a un qui n’a pas la conscience tranquille. 🙂

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  • WASTERLAIN // 01.06.2018 à 09h12

    Deux vidéos très intéressantes qui font comprendre à ceux qui l’ignoraient que le terrorisme islamiste n’est pas près de s’arrêter chez nous et ailleurs dans le monde.
    Il y a cependant une question que je me pose et qui n’a pas de réponse, ou alors celle-ci m’a échappée : Comment en est-on arrivé là !
    Par exemple, la création d’Al Qaïda par les USA, certes qui ne s’est pas faite ex nihilo, est-elle à l’origine ou pas ?
    Ou chez-nous, l’interdiction du voile à l’école, les polémiques sur les musulmanes portant le voile, ou encore les tentatives d’interdire le burkini, l’intervention de la France dans le conflit syrien ou au Mali, la déclaration malheureuse de Fabius comme quoi Al Qaïda fait du bon boulot (je sais qu’il ne l’a pas dit comme ça, mais c’est ce qu’il voulait dire) interprété probablement comme si pas un soutien la neutralité de l’État vis-à-vis des français qui partaient faire le djihad en Syrie, etc… tout ça fait-il que la France est plus ciblée que la plupart des pays occidentaux ? Parce qu’à défaut de pouvoir éradiquer le terrorisme islamique, il est temps de s’interroger pour s’en prémunir le plus possible !

    Mieux comprendre les origines du phénomène nous permettra de mieux le combattre, y compris en rectifiant certaines de nos décisions vis-à-vis de l’islam !

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    • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 10h30

      Historiquement, le terrorisme s’est toujours développé grâce à la présence d’un terreau propice que sont les zones de fractures. En Irlande, la fracture entre protestants et catholiques, entre l’Angleterre et l’Irlande, fut ainsi propice à la montée de l’IRA. Il en va de même pour le terrorisme djihadiste. Dès la fin du XIXe siècle, en Afghanistan, l’héritage empoisonné de la ligne Durand institua une zone de fracture au sein de laquelle se développèrent le recrutement religieux ultra-conservateur ainsi que les réseaux terroristes. Par la suite, l’influence wahhabite dans la région fut exacerbée à la suite de l’intervention américaine en Afghanistan. La nomination du gouvernement Karzaï, à 95% tadjik, institua une véritable politique d’ostracisme vis-à-vis de la population pachtoune, qui représentait alors 45% de la population du pays. Cette nouvelle fracture permit aux Talibans de revenir sur le devant de la scène en tant que fer de lance de la reconquête par l’islam wahhabite.

      La même erreur fut ensuite commise au cours de la guerre d’Irak, favorisant alors la naissance de Daech. Après avoir renversé Saddam Hussein, les Américains marginalisèrent les sunnites et choisirent de porter les chiites au pouvoir. De la même manière qu’en Afghanistan, on marginalisa complètement les sunnites (20% de la population irakienne de l’époque) en refusant de les intégrer à la société post-Saddam. Les Américains ont ainsi créé les conditions de fracture propices au développement du terrorisme. Les cadres sunnites de l’armée irakienne rejoignirent progressivement des groupes rebelles – milices, djihadistes, tendance Al-Qaïda – et notamment Jama’at al-Tawhid (Al-Qaïda en Irak) qui, à force de coopter un certain nombre de chefs de tribus, se fondit dans « l’État islamique en Irak et au Levant ».

      De nos jours, force est de constater que cette fracture est présente au sein même d’un monde occidental en prise avec de multiples crises. Et le projet djihadiste prétend venir en réponse aux autres modèles globalisants que sont le capitalisme, le socialisme et la démocratie libérale. Un horizon “internationaliste” et “fraternel” qu’aucune vision émancipatrice ne parvient pour le moment à concurrencer…

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      • Krystyna Hawrot // 01.06.2018 à 14h33

        D’ailleurs contre l’islamisation des Balkans, je préconise la reconstruction de la Yougoslavie – soutenir les jeunes organisations de jeunes qui y travaillent (Front de Gauche, Forum des Balkans, Festival Subversif…) et coopératives de femmes du Kosovo. D”ailleurs l’idée ethno-religieuse a fortement regressé dans les Balkans. Les gens ne sont pas fous, ils ont bien vu ce que l’interventionnisme occidental a donné: les guerres, la pauvreté, le chômage et l’émigration vers un Occident qui en retour vous méprise! Les soulèvements sociaux en Bosnie ont bien montré les limites du modèles ethno-racial proné par Soros et réalisé par les USA et l’UE.

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  • Nerouiev // 01.06.2018 à 09h21

    C’est un peu le discours tenu par Bachar el-Assad lors de la libération d’Alep et de la Ghouta.
    Sans argent et sans moyens militaires extérieurs l’EIL n’a pas la possibilité d’instaurer un califat indépendant de l’Occident. L’Arabie Saoudite en est l’exemple vivant où les ressources énergétiques, le sang de l’Occident, sert des intérêts réciproques. Quand deux hégémonies se rencontrent, soit elles se combattent, soit elles s’entendent, le but premier étant de vaincre la concurrence laïque sur place. A voir comment Israël a toujours été évité, on peut penser que l’hégémonie américaine est la racine dominante face à une Russie qui n’en veut pas.

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  • Bobby // 01.06.2018 à 09h55

    A 4:18 Tatiana Ventôse dit “le discours amalgamiste qui oublie que les terroristes s’appuient sur des choses qui ne font pas l’unanimité au sein de l’Islam”.

    Si. Tout le “Saint Coran” fait l’unanimité au sein de l’Islam. Mais certains vont jusqu’au bout là où certains laissent simplement faire les autres passivement, sans même les condamner moralement (cf. la fameuse Arlésienne de la grande manifestation des musulmans pacifiques contre le terrorisme).

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    • bhhell // 01.06.2018 à 10h17

      Et les guerres “chrétiennes” de l’Amérique depuis des décennies contre l’axe du mal définissent elles le christianisme ou une lecture du christianisme? Le fondamentalisme existe potentiellement dans n’importe quelle idéologie. Cessons la recherche de boucs émissaires. Le terrorisme des pays riches est bien présent, ses frappes autrement plus mortelles (moyen orient renvoyé à l’âge de pierre), sans pour autant susciter de condamnation morale de la part de leurs citoyens. Mais les oppresseurs n’admettent jamais leur rôle d’oppresseur. Le terroriste, c’est l’autre.

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      • Bobby // 01.06.2018 à 10h47

        Les guerres de l’Amérique ne s’inspirent pas de la Bible. Un fondamentaliste chrétien ne ferait pas peur à une vieille dame.

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        • Ellilou // 01.06.2018 à 11h22

          Et bien vous irez expliquer qu’un “fondamentaliste chrétien ne ferait pas peur à une vieille dame” aux proches des médecins assassinés aux USA (car osant pratiquer des avortements) par ces militants doux comme des agneaux …

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          • Bobby // 01.06.2018 à 11h51

            C’est vrai, malgré tout ce sont des assassinats très ciblés, pas de la violence gratuite au hasard. Et on parle de 8 cas, pas de milliers (évidemment, 8 c’est déjà trop). Mais la vieille dame n’aura toujours pas peur.

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        • bhhell // 01.06.2018 à 11h59

          L’instrumentalisation du christianisme par les républicains (sans nullement dédouaner le rôle crucial des démocrates dans le renforcement de l’Etat militaire américain) à des fins de politiques néolibérales et policières sauvages à l’intérieur, et militaristes à l’extérieur, est amplement développé par le livre de Chris Hedges, notamment. L’évangélisme américain s’est mu, depuis Reagan, en une idéologie fasciste, axée sur la réussite personnelle (l’argent défini votre valeur morale), la haine des pauvres et la détestation de tout ce qui est étranger. Les principes chrétiens traditionnels ont été littéralement vidés de leur substance. La vieille dame au moyen orient a toutes les raison de se faire du souci. Comme le souligne Chomsky, le plus grand terrorisme jamais orchestré est celui du réchauffement climatique, crime contre l’espèce et les espèces. Sachons hiérarchiser les périls qui sont devant nous.

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        • Monique // 01.06.2018 à 12h31

          Ma mère qui est une vieille dame, au demeurant bien éduquée, ayant obtenu avec mention un diplôme d’ingénieur vers 1956, a aujourd’hui peur de ceux dont la télé lui rabâche qu’elle doit avoir peur… Elle ne cherche pas plus loin, si on le dit dans le poste…
          “Les guerres de l’Amérique ne s’inspirent pas de la Bible”, c’est un peu vite oublier le rôle de la religion, déjà dans les colonisations, la référence à Dieu dans tous leurs discours politiques, sur leurs billets de banque. Oublier que Jésus s’est déplacé pour parler à “Busch le Petit” , ce qui lui a donné une crédibilité indéniable dans sa mission de libération du monde, enfin, pour ceux qui étaient rassurés de le croire car vu les résultats, si ce n’était Jésus qui donc cela pouvait-il être???
          Pour ma part, tous les fondamentalismes me foutent la trouille, ceux des trois religions monothéistes, les bouddhistes ou autres, surtout s’ils sont soutenus par la CIA, les lobbys militaro-pétroléo-industriels, le Mossad, les pays de Golfe Persique, etc, etc….
          Et ne jamais oublier que quand on veut se débarrasser de son chien, il est facile de l’accuser d’avoir la rage et qu’avant d’avaler des couleuvres, se demander à qui profite le crime…

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          • Bobby // 01.06.2018 à 15h41

            OK pour les références à Dieu, mais tout le monde peut s’y référer. Pour le reste, non rien à voir avec la religion chrétienne, soyons sérieux un instant…

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        • AbuDuck // 01.06.2018 à 13h21

          Pardon mais allez dire ça à tous les peuples “païens” (d’amérique du sud notament) massacrés persécutés pour leur culture quand elle n’a pas été tout bonnement effacée de la surface de la Terre. Pensez aussi aux femmes, aux prêtres païens, aux savants torturés pour hérésie, aux livres de savoirs antiques et ancestraux sur tous les continents brulés et perdus à jamais. Ce n’est pas de la terreur ça ? Elle a duré des siècles, des siècles de persécution dans le monde entier justifiés par la religion de l’amour qu’est pourtant le christianisme. Je ne fais évidement pas le procès aux croyants pout qui j’ai du respect. Mais chercher dans les religions les germes de la violence c’est prendre le problème à l’envers. La religion à toujours servi de prétexte aux plus cinglés pour justifier la violence et on trouvera toujours une ligne dans les textes pour leur donner un caractère divin.

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          • Bobby // 01.06.2018 à 15h43

            L’Islam n’est pas une religion, c’est une idéologie. Pour les morts prêtés à l’Eglise, précisez et chiffrez SVP.

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            • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 16h00

              L’islam est une religion. Le salafisme djihadiste d’obédience takfiri, lui, est une idéologie (théologico-politique).

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            • Sandrine // 01.06.2018 à 16h48

              Je ne comprends pas bien la distinction que vous faites entre religion et idéologie dans ce cas là.
              Pourquoi ne pas dire que le salafisme est une secte (sachant que toutes les « grandes » religions ont commencé par être des sectes)

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            • Bobby // 01.06.2018 à 22h20

              Aucune autre religion ne vous dit si vous devez marcher d’abord avec le pied gauche puis le droit ou l’inverse. L’Islam déborde largement des simples croyances spirituelles, il régit chaque instant de votre vie. C’est une idéologie, et accessoirement une religion.

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            • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 23h12

              Une idéologie est un ensemble d’idées, de pensées philosophiques, sociales, politiques, morales, religieuses, propre à un groupe, à une classe sociale ou à une époque. C’est un système d’idées, d’opinions et de croyances qui forme une doctrine pouvant influencer les comportements individuels ou collectifs.

              Alors que la religion est un ensemble de rites, croyances généralement théistes, composé de règles (éthiques ou pratiques), de récits, de symboles ou de dogmes adoptés comme conviction par une société, un groupe ou une personne.

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            • Sandrine // 02.06.2018 à 10h41

              Je ne suis pas trop convaincue par cette distinction. La religion intervient toujours comme soubassement du politique.
              Le Christianisme est de ce point de vue un peu à part «(« mon royaume n’est pas de ce monde » réponse de Jesus aux autorités romaines)
              Mais j’ai du mal à croire que l’Islam puisse se contenter d’etre confinée dans la sphère privée

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            • lvzor // 04.06.2018 à 22h35

              “L’Islam n’est pas une religion, c’est une idéologie. ”

              Toutes les religions sont des idéologies, non? Il y en a des spéciales avec des vraies divinités? (La vôtre, je parie)

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          • Christian Gedeon // 01.06.2018 à 18h37

            Faut arrêter de lire Da Vinci code…et allez donc faire un tour en Amérique du Sud et centrale….vous pourrez constater sans lunettes de vue que les descendants des ” indiens” y sont fort nombreux et maintiennent haut et fort leurs traditions. Faites un tour au Chiapas ou en Bolivie,et vous arrêterez de dire des âneries.

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            • TZ // 01.06.2018 à 21h28

              Vous avez tout de même une idée du dialogue plutôt unilatérale.

              L’utilisation de la religion dans nos guerres, avant que l’on sépare les pouvoirs, est un fait avéré par tous les historiens.

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      • booster // 01.06.2018 à 20h49

        blablabla, donc comme certains de nos ancêtres ont conquis d’autres territoires, vous vous laissez envahir et conquérir sans rien faire. Je vous rappelle que dans notre histoire le caucasien européen n’a pas été que bourreau, mais aussi victime, tellement victime que notre ancêtre Néanderthal a carrément disparu. Des gens aussi peu concerné par ses plus proches semblables, me sidèrent.

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    • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 10h19

      Si tous les musulmans se reconnaissent effectivement dans le Coran, qu’ils considèrent comme la parole même de Dieu, tous n’en ont pas la même interprétation. Il en va de même pour les hadiths du Prophète. Et dès lors qu’on agrège aux différentes écoles coraniques les diverses traditions de classification des hadiths, on découvre une multitude de nuances d’interprétation des textes sacrés. Ceci se manifeste notamment autour des définitions possible du mot “djihad” :

      Un djihadiste de Daech vous dira que c’est une obligation individuelle et que chacun doit aller tuer au plus vite tous les mécréants et les faux musulmans. Un juriste classique vous dira qu’il s’agit d’une obligation collective défensive et qu’elle ne peut être accomplie que par l’autorité politique légitime. Enfin, un soufi vous expliquera que le véritable djihad, c’est la guerre contre le péché, contre nos passions mauvaises, et qu’il s’agit donc d’ascèse et de travail sur soi.

      L’islam comme concept arrêté ou essence invariable, n’existe donc pas. Toute adhésion à un quelconque courant de l’islam nécessite la pratique d’une herméneutique que chaque croyant se doit d’exercer à partir de la tradition religieuse qui est la sienne. Ceci explique qu’en général, les islamologues parlent non pas de l’islam mais des islams, en refusant de faire prévaloir – dans cette multitude d’interprétations – un « islam de référence » à partir duquel ils jugeraient tous les autres.

      L’islam est « une diversité qui aspire à l’unité ». Et c’est précisément cela qui est en partie à l’origine des deux grandes crises actuelles de cette religion : l’affrontement sunnites/chiites et la rivalité pour la définition de l’orthodoxie sunnite (objet de mon ouvrage).

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      • Jaaz // 01.06.2018 à 10h54

        Je dirais plutôt que: “un jihadiste de Daech ne fera qu’obeir à ceux qui le paie”.
        En l’occurence, les victimes des jihadistes, à 99,9999999% sont eux-mêmes des musulmans, preuve que la religion n’est qu’une mascarade dans le contexte des guerres du moyen-orient.

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        • Bobby // 01.06.2018 à 11h02

          Vous oubliez que ces 99,9999999% de musulmans victimes sont visées en tant que “mauvais musulmans” !!! Ca prouve surtout que l’Islam est une idéologie folle car elle vise même ses propres adeptes !

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          • Jaaz // 01.06.2018 à 11h12

            Ok… je crois qu’il faut changer de logiciel (j’imagine que c’est vraiment pas facile avec tout ce qu’on ingurgité): ces terroristes sont des mercenaires, payés pour obéir aveuglément aux ordres. Leur but, en l’occurence, n’est pas de savoir si un musulman est bon ou mauvais. Ou si un chrétien ou un adepte de la Pachamama doit mourir ou non. Leur seul et unique but était de renverser Assad, désigné comme étant l’ennemi par l’empire US. Si vous partez du principe qu’il s’agit d’une guerre de religion, vous avez sans doute raison. Mais le logiciel n’est pas le bon.

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            • Bobby // 01.06.2018 à 11h20

              Vous oubliez les “radicalisés express”, qui ne sont payés par personne, qui font allégeance à Daech, qui les reconnaît comme ses soldats. Rouler sur un enfant blanc n’aide en rien à renverser Assad.

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          • booster // 01.06.2018 à 20h58

            Et alors, qu’ils règlent leur problèmes entre eux, comme catho et protestants, il y a bien bien longtemps. Nous sommes déjà passés par là, et je n’ai aucune raison de vouloir recommencer ce qui est derrière le développement de mon peuple. Nous n’avons pas l’agressivité à fleur de peau ni l’irrespect envers les autres comme seconde nature. Nous en sommes au stade des questions, j’espère que cela ne veut pas dire de l’agneau.

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        • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 11h30

          Il faudrait surtout prendre le temps de les LIRE, avant de dire ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas. Le fait que la majorité des victimes du terrorisme djihadiste soit de confession musulamne, constitue la meilleure preuve de l’existence d’une actuelle guerre idéologique au sein de l’islam : une guerre pour la prétention à représenter l’orthodoxie sunnite et visant à éradiquer tous ceux désignés comme “apostats” (les mauvais musulmans) et donc traitres à la cause (= remettre la foi à sa “juste” place).

          Il ne s’agit pas d’un simple « lavage de cerveau » qui engendrerait des êtres barbares, mais bien d’une vision de l’Histoire, d’une « mission » à l’échelle mondiale et d’une interprétation des textes sacrés, conçues par une « avant-garde » autoproclamée dont l’objectif est, dans l’intérêt de leur vision du « Bien commun », d’imposer la « véritable » orthodoxie sunnite et de purger l’humanité de ses éléments « impurs » afin d’affronter la Fin des Temps dans les meilleures conditions.

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          • Jaaz // 01.06.2018 à 17h54

            Quelles sont vos références de lecture sur l’idéologie jihadiste? qui sont les cadres, les théoriciens? Où se trouvent-ils? Quels sont leurs backgrounds? Quelle est la chaine de commandement de Isis-Daesh-Califat-Etat islamique? Quel est l’etat-major de cette “force”?
            Il me semble que, si c’était une chose aussi basique que: “moi-musulman-authentique-détenteur-de la-vérité-islamique-éternelle-jure-a-dieu-que-j’éliminerai-les-mécréants-jusqu’à-ma-mort”, le monde serait à feu et à sang, et que toutes les troupes de la multinationale se dirigerait vers Jéerusalem pour bouter les juifs et les trumpistes hors de la terre sainte.

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            • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 20h54

              Il n’y a rien de “basique” à convaincre des individus (musulmans mais aussi convertis) situés à divers endroits du monde, de rejoindre une communauté combattante et d’adopter un système de valeurs et de croyances radicalement différent, qui ne se limite pas à encourager des « attentats-suicides » mais défend une vision géopolitique basée sur la promesse d’une victoire eschatologique des « vrais croyants »…

              Quelques références :

              – Revues de propagande francophones et anglophones de l’EI (Dabiq, Dar-al-Islam, Al Rumiyah) – Plusieurs dizaines de numéros contenant des pages et des pages de légitimation théologico-politique de leur violence, ainsi que tous les théoriciens auxquels ils se réfèrent. J’en citerai quelques-uns :
              – Abu Bakr Nadji, et “La Gestion de la Barbarie”
              – Muhammad Abd-el-Wahhab
              – Ibn Taymiyya
              – Abu Moussab al-Souri et toute sa théorie du Troisième djihad
              – et tant d’autres…

              Bien Cordialement.

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      • Pinouille // 01.06.2018 à 14h45

        Merci pour votre explication très éclairante. Et merci de votre présence sur ce site.

        “les diverses traditions de classification des hadiths”
        Doit on comprendre (comme on me l’a déjà dit), qu’il existe une hiérarchisation des écrits du Coran? Voire plusieurs, qui participent à distinguer les courants religieux islamiques?
        Cela semble naturel pour créer du sens, sachant que certains hadiths vont parfois dans des sens opposés.

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        • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 15h21

          Ravi d’avoir pu vous aider. Attention, pas une hiérarchie des écrits du Coran mais des HADITHS !

          Le Coran (parole de Dieu) est un texte d’une grande complexité qui ne parvient à trouver son unité de lecture – son sens – que par l’interprétation, dont le cadre est fixé par les écoles coraniques (hanafisme, malékisme, shaféisme et hanbalisme). Les Hadiths, quant à eux, (paroles rapportées du Prophète) sont des « outils de décryptage » des prescriptions coraniques et possèdent une classification (référence, fiabilité, étendue) qui est loin de faire l’unanimité. Aussi, dès lors que nous renonçons à croire en cette fausse idée d’un islam uniforme et unifié, nous parvenons à ouvrir les yeux sur l’incroyable diversité des manières de vivre cette religion. Et c’est ce qui permet de comprendre l’origine du combat des djihadistes, qui refusent toute diversité dans la pratique de leur foi et combattent ceux qu’ils désignent comme “apostats” (faux-musulmans).

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        • Sandrine // 01.06.2018 à 15h24

          Le Coran se distingue des hadiths (ce sont des bouquins différents)la même chose existe dans le judaïsme vous avez la Bible et puis des bouquins à côté qui sont le commentaire de la bible (Talmud, etc.)
          Toucher aux hadith c’est possible – au Coran non.
          Cependant, il y a des musulmans qui osent contester un peu cet ordre sacro-saint en disant que, vu que ce sont les premiers califes qui ont fait procéder à la mise par écrit du Coran… ils ont introduit des éléments qui n’auraient pas du s’y trouver…

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  • Jaaz // 01.06.2018 à 10h29

    Attendez, je suis un peu perdu là: parle t-on de DAECH, DAESH, ISIS, ETAT ISLAMIQUE, GRAND CALIFAT? Il me semblait que DAECH à ses débuts était appelé ISIS, il y a visiblement eu un changement de dénomination sociale entre-temps. Est-ce à cause du fait que, compte tenu de l’existence de nombreuses sociétés commerciales occidentales , en particulier US, on a contraint les barbus à changer de dénomination et de passer d’ISIS à DAECH, histoire éviter une atteinte à leur image de marque?
    Plus sérieusement, qui peut croire que, de nos jours, ces troupes de mercenaires aient pris naissance spontanément?
    Plusieurs facteurs sont déterminants:
    – apparition dans le contexte d’une guerre planifiée depuis longtemps contre certains Etats dont la Syrie
    – simulation d’une prétendue guerre de la “grande coalition internationale” contre ces mercenaires: curieux que les bombardements des coalisés contre le régime syrien a bien plus été mis en scène, que ceux contre nos ‘ennemis absolus”
    – éradication de ces ennemis par la seule Russie…
    – participation active de la Turquie, membre de l’OTAN, qui n’a pu avoir lieu sans la concertation et la supervision du grand manitou: ne pas oublier que les bases américaines en Turquie (en particulier Incirlik) sont très proches de la frontière syrienne. Clairement, il y a eu sous traitance.
    – présence continue des forces spéciales US, FRA, GB, TR auprès des zones occupées par nos “ennemis absolus”…
    Je vous laisse le soin de compléter ces facteurs.
    Je terminerai juste par ceci: la première internationale jihadiste a été conçue, montée, manipulée par les US, en sous-traitance directe par les services saoudiens, pakistanais, égyptiens, israéliens… contre les soviétiques en Afghanistan. En la matière, disons que le “camps de la liberté, des droits humains et de la démocratie”, a une expérience certaine en a matière.

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    • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 15h51

      Quelques éléments de réponse :

      Le groupe terroriste se nomme Etat Islamique. Daech est un acronyme francophone dérivé de la dénomination utilisée par les adversaires régionaux des djihadistes. ISIS n’est que la version anglophone de Daech. Le Califat désigne le nom que l’organisation avait donné à son proto-Etat aujourd’hui disparu.

      Un Mercenaire cherche à s’enrichir par la guerre et s’allie toujours au plus offrant sans se soucier des idées à défendre. Un djihadiste cherche à mourir en martyr en combattant ceux qu’il désigne comme “mécréants” ou “apostats”. Il se bat avant tout pour des idées.

      L’EI n’a en effet pas pris naissance spontanément. Leur naissance est en revanche bien antérieure au contexte syrien puisque tout commence en Irak. Après avoir renversé Saddam Hussein, les Américains marginalisèrent les sunnites et choisirent de porter les chiites au pouvoir. De la même manière qu’en Afghanistan, on marginalisa complètement les sunnites (20% de la population irakienne de l’époque) en refusant de les intégrer à la société post-Saddam. Les Américains ont ainsi créé les conditions de fracture propices au développement du terrorisme. Les cadres sunnites de l’armée irakienne rejoignirent progressivement des groupes rebelles – milices, djihadistes, tendance Al-Qaïda – et notamment Jama’at al-Tawhid (Al-Qaïda en Irak) qui, à force de coopter un certain nombre de chefs de tribus, se fondit dans « l’État islamique en Irak et au Levant ».

      Dernier point : le djihadisme n’a pas attendu les Etats-Unis et la guerre d’Afghanistan pour voir le jour. C’est un concept qui date des origines de l’islam et dont la vision “moderne” (hanbalo-wahhabite) dont s’inspire le salafisme djihadiste, date de la fin du XVIIIe siècle avec le Pacte de Nadjd de Muhammad Abd-el-Wahhab.

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      • Jaaz // 01.06.2018 à 17h20

        Oui on peut très bien remonter à l’époque du Coran, pour trouver les “premières traces” d’un jihad. De même que l’on peut s’intéresser au jihad version “croisés”. Personne ne le nie. Disons juste que le jihad des débuts diffère un tantinet de la version jihadistes “combattants de la liberté” de l’époque Reagan. On peut penser, sans se tromper, que les enjeux géopolitiques et stratégiques sont définis au Pentagone plutôt que dans des grottes en Afghanistan, ou des cachettes en Irak ou Syrie, par quelques imams et prédicateurs dont on ne sait rien, si ce n’est qu’ils ne sont pas trop inquiétés par les drones.
        De même, curieux que certains jihadistes aient été hospitalisés en Israel, près du Golan, et qu’ils n’aient pas cru devoir tuer les mécréants qui les soignaient.

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      • JMD // 01.06.2018 à 19h08

        J’apprécie vos commentaires éclairés, mais factuellement vous ne pouvez pas écrire que la naissance de EI est antérieure au contexte syrien. Au départ c’est bien Al-Qaïda en Irak puis, avec la guerre en Syrie, Al-Qaïda en Irak et au Levant. L’EI est né de la scission de ce groupe; l’EI prônant le califat ici et maintenant alors qu’Al-Qaïda s’y oppose.

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        • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 19h25

          Je maintiens et précise : la création de “l’Etat islamique” remonte à 2006, lorsqu’Al-Qaïda en Irak, via le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak, proclame l’État islamique d’Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État irakien.

          Il faut attendre 2012 pour que l’EII commence à s’étendre en Syrie et 2013 pour qu’il devienne État islamique en Irak et au Levant (ISIS/Daech). Et il faut attendre le 29 juin 2014 pour que l’EIIL annonce le « rétablissement du califat » dans les territoires sous son contrôle et proclame son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, calife. C’est à ce moment précis que Daech rompt son allégeance à Al-Qaïda (car prônant le califat ici et maintenant).

          L’organisation “Etat islamique” s’appelait donc déjà “Etat islamique” dès 2006 lorsqu’affiliée à Al-Qaïda. La scission avec Al-Qaïda n’a pas de lien avec le terme “Etat islamique” mais uniquement avec la volonté de créer un Califat ici et maintenant.

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          • Sandrine // 01.06.2018 à 19h56

            Pourquoi, Al Quaida voulait créer un califat ailleurs et plus tard??!

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            • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 20h58

              Tout à fait. Si les deux groupes souhaitent que la Charia soit, à long terme, un système de gouvernement répandu sur l’ensemble de la planète, leurs priorités pour y parvenir divergent radicalement. Pour Al-Qaïda, la priorité doit être donnée au djihad global, dont seuls les succès permettront à terme de fonder un califat. Cette fondation ne peut se faire qu’après la conquête progressive de la région et constitue donc l’ultime phase de son projet ; la dernière étape qui succédera à la conquête des pays « mécréants » (Dar Al-Harb ou Dar Al-Kufr) et à la libération des terres d’islam (Dar Al-Islam) du joug de leurs dirigeants « corrompus ».

              Pour Daech, la proclamation du califat est considérée comme un précédent indispensable à l’exportation du djihad global. Pour le dire autrement, Daech a préféré établir une base permettant d’exporter la guerre, tandis qu’Al-Qaïda souhaite mener la guerre afin d’établir une base.

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  • Bobby // 01.06.2018 à 11h00

    Il y a une autre opposition : les musulmans “culturels” qui ne posent pas forcément de problèmes et parmi lesquels on trouve nombre de gens tout à fait recommandables, et les musulmans qui se veulent “religieux” qui sont devant un dilemme : appliquer les textes sacrés qui sont simplement barbares (et deviennent djihadistes), ou se réfugier derrière des interprétations minimisant cette barbarie pour ne pas avoir à l’appliquer (et pratiquent la takiya). Notre principal problème est que les premiers sont un immense réservoir pour les seconds.

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    • Jaaz // 01.06.2018 à 18h04

      “les musulmans “culturels” qui ne posent pas forcément de problèmes et parmi lesquels on trouve nombre de gens tout à fait recommandables”
      J’adore votre formulation.
      En vous lisant, je me dis que, quand même, les propagandistes ont fait un excellent boulot: la création d’un ennemi désigné pour le camp occidental (mais bon, on va pas tous les mettre dans le même sac, ce serait pas bien quand même).
      Vraiment, ces ennemis, c’est pas bien, on aurait pu, depuis 2001, consacrer la totalité de notre budget militaire, le coût de toutes ces guerres et interventions extérieures, à nos services publics d’éducation, de justice, nos infrastructures, nos industries, mais non, à cause d’eux, on est obligé de payer ce prix faramineux pour protéger nos valeurs et nos démocraties face à leur barbarie…

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      • Bobby // 02.06.2018 à 09h57

        Vous me prêtez (au second degré) la pensée de votre dernier paragraphe. Mais ce n’est pas ma pensée. Quant au “camp occidental”, je ne connais pas. Je connais l’empire américain et ses vassaux contraints par la force et la corruption à le suivre dans ses délires agressifs dont les premières victimes sont en effet les pays musulmans (enfin surtout les pays laïcs en terre musulmane à vrai dire, comme par hasard… Hitler déjà voyait en l’Islam un allié !). Refuser de cautionner l’agression américaine n’exclut pas de se défendre sur son propre sol.

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  • Grand-père // 01.06.2018 à 11h01

    En France l’islam est victime, comme la religion chrétienne, du laïcisme. Prenons l’exemple de la Russie : bien qu’état laïque, la religion chrétienne (orthodoxe) y est encouragée, ce qui n’empêche pas de cohabiter avec un islam très implanté ; la Russie est membre de l’OCI, à Moscou une des plus grandes mosquée du monde, pas de prières de rue etc.
    Le laïcisme fait religion d’état produit des réactions négatives, comme le “droitdelhommisme” produit des guerres.
    Si la France; bien qu’état laïque, assumait sa culture chrétienne, si elle assumait son histoire avec ses motifs de fierté et pas seulement les mauvais, les musulmans s’y sentiraient mieux. L;homme n’est pas qu’un estomac.

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    • Sandrine // 01.06.2018 à 12h02

      Je ne pense pas que ce soit la « Laicité à la française » qui pose problème, mais plutôt la désorientation culturelle dont souffre notre pays.
      La situation de la Russie est très différente de celle de la France : d’une part, l’Islam pratiqué est de type soufi, si l’on excepte le Caucase (qui pose problème, justement ; et comment !).
      D’autre part, l’implantation de l’Islam sur le territoire russe est quasiment aussi ancien que l’Orthodoxie ( la horde d’Or s’est convertie à l’islam au XIIIe siècle et l’on date le « baptême de la Rus’ de Kiev » du Xe siecle). Les musulmans russes disposent ainsi de « territoires historiques » qui leur sont propres ( Kazan est le plus connu) et ils n’ont pas lieu d’être considérés comme des « invités » en Russie, meme si V. Poutine répète rappelle régulièrement que la construction de l’Etat russe a été faite, historiquement par des Orthodoxes.
      Rien de tout cela en France, mais au contraire : un islam issu d’un contexte de colonisation puis d’exploitation de la main d’œuvre immigré, et plus généralement une américanisation de la société qui a promu des valeurs post-modernes exaltant le relativisme culturel et le mépris pour toutes les formes de tradition (en particulier religieuses)

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      • RMM // 01.06.2018 à 13h56

        A propos de cette situation particulière de la Russie, une anectode intéressante:
        – Un rapport US (s’appuyant sur les déboires de Témoins de Jehovah): les minorités religieuses ne sont pas assez protégées en Russie.
        – Réponse de l’Eglise de Russie: La liberté de culte, la qualité des règles régissant les relations entre différentes communités religieuses, ne doivent pas se mesurer au seul critère des droits des cultes minoritaires: les cultes majoritaires ont eux aussi droit à la protection [de l’Etat] – au moins autant ques les minorités religieuses. http://www.interfax-religion.com/?act=dujour&div=33

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  • Owen // 01.06.2018 à 11h10

    En complément un C dans l’air où on y retrouve Eric Dénecé, sur les motivations des français à s’engager dans Daesh et l’ingénierie idéologique de cette organisation.
    Les analyses de l’anthropologue Dounia Bouzar sont intéressantes. Elle a conduite l’expérience de déradicalisation de Poutourny, qui n’a pas abouti.
    Elle a un bon ressenti des états d’âmes de ces gens, à qui l’Islam vigoureux apporte le sel qui manque à leur existence, en France, qui devient un pays fracturé comme un autre, pour reprendre le mot d’Edouard Vuiard.

    https://www.youtube.com/watch?v=PM1KIMlpsec

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    • Jaaz // 01.06.2018 à 18h18

      C dans l’air??? Sérieusement ?

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      • Owen // 01.06.2018 à 18h47

        Oui, sérieusement.

        On n’a pas de télé depuis longtemps. Je picore sur internet ou prends des liens qu’on me refile. Quand le contenu est intéressant, je me fiche du support qui l’a fourni. Mes schémas de pensées sont des outils, pas des casernes (du moins, j’essaye).

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        • Edouard Vuiart // 01.06.2018 à 19h28

          Excellente vidéo en effet. Eric Dénécé (et le CF2R de manière plus générale) produit des analyses vraiment intéressantes et pour le moins hétérodoxes.

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  • Grub // 01.06.2018 à 21h26

    Je suis étonné qu’une vidéo de cette charmante demoiselle pas très politiquement correct soit relayé ici. :).
    Félicitation

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  • Brian64 // 02.06.2018 à 11h36

    Je comprends tout à fait ce que dit Tatiana Ventose. Si j’étais né dans un de ces quartiers qui entourent nos villes, je me serais très certainement tourné vers l’islam, pour des raisons de sens à donner à la vie : dans une société qui chie sur les pauvres et qui les bannie d’une grande partie de ses activités, contre la frustration j’aurais choisi le groupe et l’amitié, la fraternité et la solidarité qui peut exister entre coreligionnaires.

    Qu’est ce qui aurait pu me faire pencher vers Daesh ? Ça ça dépend du degré de haine à l’égard de la société.

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  • corto // 03.06.2018 à 03h42

    Il y a désormais en Libye et en Syrie, des enfants qui ont été élevés dans l’idéologie Daesh, et qui pour certains d’entre eux vont finir par comprendre que, vases communicants aidant, le chaos a été commandité par les pays coalisés contre ceux qui les ont élevé et ont été payés par la coalition. L’épisode suivant c’est quoi le pitch ?

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  • METZGER // 04.06.2018 à 09h56

    Les nanalyses de Tatiana Ventôse sont l’expression d’une pensée café du commerce, ou longue de comptoir, jeunisme et encoprésie verbale en prime. Merci beaucoup, elle a beaucoup fait pour soigner mes insomnies. Au-delà des analyses pertinentes de tous ces explicateurs de lanterne, personne ne répond en fait à la question posée dans l’en-tête : comment vaincre Daesh ? Youtube est plein de ces : “je vais vous expliquer moi de quoi il retourne”, qui nous font regretter les Yajafaucons d’antant !
    Monsieur Vuiart, puisque vous nous faites l’honneur de suivre ce fil, donnez-nous vos solutions ! C’est de cela ( et de cela seulement) qu’il serait intéressant ( et urgent ) de débattre ! à moins que le débat des prolégomènes suffise à écarter la menace.

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  • METZGER // 04.06.2018 à 10h05

    Je précise qu’élevé sous le régime du concordat, j’ai commencé à lire le Coran ( édité pour la première fois à une époque quasi-contemporaine en Russie ) et connaître la vie du prophète par curiosité bien avant Daesh. Cette connaissance des religions m’a confirmé dans un athéisme modéré, mais argumenté, qui ne cherche pas à convaincre. L’homme aime les fables destructrices. Je me contente d’affirmer comme Galilée :”E pur si muove !”
    L’islam est d’abord un moyen de lutte des misérables ( au sens propre et figuré ). Je crois que la seule solution est de lutter contre la misère intellectuelle et matérielle.

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  • METZGER // 04.06.2018 à 10h20

    L’enseignement des religions à l’école par des historiens soucieux de réalité historique ( et non de religieux ) serait alors le meilleur barrage à l’endoctrinement. Mais l’éveil de la pensée critique des religions ( et de l’ethiologie des religions anciennes dans lesquelles les nôtres ont pris racine ) est difficile dans un pays qui présuppose, en majorité écrasante que Jésus ait existé, et n’ai pas été une création de l’ultime moyen de souder l’empire décadent. Toucher à des croyances est tabou. Sur le plan psychologique, car les psy estiment que mettre en cause les croyances est comme toucher “l’anima”, le plus profond, le plus précieux. Et c’est un crime social, comme si on violait l’intimité. Tout cela relève de l’absurdité et de l’irrationnel. Nous sommes seuls ( peut-être avec des extra-terrestres ) et cela devrait éveiller notre sens des responsabilités ( écologiques, humaines, etc.. ) Mais nous préférons des chimères, autant d’instruments de domination…

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