Beaucoup d’entre vous m’ont écrit pour me demander ma vision des derniers évènements. Il est vrai que je manque de temps pour réaliser à la fois les études des billets et pour réagir quasi en direct pour commenter. Je prends le temps ce soir. Cet article a été revu et publié sur le site du Nouvel Obs

Enfumage, c’est le terme qui m’est venu spontanément hier matin sur BFM pour commenter l’accord européen qui venait à peine d’être signé.

Il est vrai que ce terme me trottait dans la tête après les dernières semaines de « bourrage de crâne » que nous avons subies.

La première étape a été le « SO-LI-DA-RI-TÉ avec la Grèce » et le « ne laissons pas tomber le peuple grec ». Bien entendu, le fait que ces propos soient généralement tenus par les mêmes gouvernements qui ont tendance à raboter les systèmes nationaux de solidarité doit alerter notre attention, et aiguiser notre esprit critique…

La deuxième a été la façon d’imposer à nos esprits l’association « Pas “d’aide à la Grèce” = Fin de l’euro = Fin de l’Europe » – ne manquait plus que le « = chute de vos cheveux ».

La dernière étape se joue devant nos yeux : le « nous avons sauvé l’euro, l’Europe, le monde, l’univers » (et vos cheveux…).

Avant de détailler cette savoureuse étape, je vais rappeler simplement le contexte.

La plupart des pays occidentaux ont vécu à crédit depuis des décennies. Un pays dans cette situation connaît des difficultés croissantes à contenir sa dette. Le retour à une situation saine exige donc de pénibles efforts, somme d’augmentation des recettes et de compression des dépenses, qui ont une influence récessive de plus en plus grande suivant leur importance.

C’est exactement ce qu’il faut faire en France pour retrouver des finances saines. MAIS, il y a une condition : c’est qu’il faut faire ceci en 1990, quand la dette est encore limitée. En 2010, c’est mort – c’est en tous cas mon analyse que je développe dans mon livre.

Illustrons la situation de la France (je développerai bientôt dans un billet) :

  • dette publique = 50 % du patrimoine financier des ménages (= comptes courants + livrets A + assurance vie + actions + obligations…) ;
  • dette de l’Etat = 8 années de recettes de l’Etat ;
  • intérêts de la dette = 25 % des recettes de l’Etat ;
  • (intérêts de la dette + amortissement de la dette) = 200 % des recettes de l’Etat (pour mémoire, votre banquier exige que ce chiffre soit inférieur à 30 %…).

Dans ces conditions, la spirale mortifère du surendettement est en route, et il n’y a plus rien à faire, si ce n’est restructurer la dette via un défaut partiel. C’est malheureux, mais c’est ainsi : c’est la conséquence de près de 40 ans de laxisme budgétaire, la facture arrive toujours un jour ou l’autre.

De plus, une règle simple, confirmée par des siècles d’Histoire, est que « moyennant suffisamment de temps, tout État finit par faire défaut » (1ère loi dite de Berruyer :) ). Depuis 1975, en 35 ans, 70 États ont fait défaut – 2 tous les ans en moyenne. La France fait défaut environ 2 fois par siècle – le dernier date de 1943… Arrêtons de dire que cela n’arrive jamais, c’est du rêve.

Or, qu’est-ce qu’une opération de crédit ? Imaginons que A prête 100 à B. Au terme du prêt, 2 hypothèses :

  • soit B rend 100 à A, et dans ce cas là, l’opération a été totalement neutre et n’a enrichi ni appauvri personne (oublions les intérêts) ; les patrimoines sont inchangés.
  • soit B ne rembourse pas, et dans ce cas là, A a perdu 100 et d’une façon ou d’une autre B a gagné 100. Cette fois, le prêt s’analyse simplement comme un don de A à B (don évidemment non volontaire…)

Ainsi, si B rembourse, tant mieux pour tout le monde, sinon, tant pis pour A – c’était de sa responsabilité de s’assurer que B pourrait le rembourser. Il a pris un risque (en réalité, il a même perçu un intérêt pour couvrir ce risque !), il est normal qu’il perde parfois… C’est le risque du crédit, personne n’oblige à prêter son argent.

Un défaut public entraîne simplement une réaffectation des patrimoines au bénéfice des plus pauvres, rien de plus. C’est évidemment une mauvaise solution (je ne dis nullement que c’est bien ou juste dans l’absolu, je ne me place pas vraiment sur un terrain moral à ce stade), mais c’est souvent la seule disponible, comme dans toute faillite…

Ainsi, en mai 2010, la Grèce devait 350 Md€ à des investisseurs privés : banques, fonds d’investissements, particuliers… Si elle rembourse, tant mieux, sinon, tant pis pour eux – c’est ça le « libéralisme », à chacun d’être responsable…

Bien évidement, le défaut grec risquant de ruiner les gros possesseurs mondiaux d’épargne, les États se sont empressés de promettre « d’aider la Grèce » sous entendu « à payer ses créanciers pour ne pas les ruiner ». Car quand on donne de l’argent à la Grèce, l’argent n’est pas utilisé pour aider vraiment des grecs. Il repart immédiatement aux possesseurs d’épargne pour les rembourser. L’argent, les grecs l’on en fait perçu au moment du prêt initial, évidemment.

En caricaturant (ce que je n’aime pas trop, mais on nous abreuve de caricatures contraires), on peut dire qu’on nous promet 30 ans de souffrances pour rembourser l’épargne de Liliane Bettencourt et des autres grandes fortunes du pays. 70 % de la dette publique est in fine détenue par seulement 10 % de la population…

Ils ont donc, avec la complicité de la BCE, racheté de la dette grecque aux investisseurs. Ainsi, les pertes d’un futur défaut ne seront plus qu’en partie supportées par les investisseurs privés, le contribuable prenant à sa charge le solde des pertes. Ce qui est proprement scandaleux.

Il n’y a aucune raison de protéger l’investisseur obligataire, alors qu’on n’aide jamais l’investisseur en actions ou en immobilier face à des pertes – et c’est normal.

Et bien évidemment, si la Grèce fait défaut, ses prêteurs perdent leur argent, mais il n’y a aucun lien avec la “survie de l’euro”. Au pire, il fluctuera un peu à la baisse, mais aucune raison qu’il explose – c’est un autre sujet, sans lien direct. Cela revient à dire que si la Californie faisait défaut, le dollar exploserait – qui défendrait sérieusement ceci ? Robert Mundell, prix Nobel d’économie qui a créé la théorie des unions monétaires et est surnommé le “père de l’euro” a d’ailleurs dit en mai 2010 :

“Il faudra peut-être restructurer la dette publique d’un ou deux pays de l’euro affaiblis. Dans cinq ans, cela pourrait être inévitable, mais cela ne signifie pas l’éclatement de l’euro, cela signifie simplement une restructuration de dette.” [Robert Mundell, mai 2010]

De même, un éclatement de l’euro ou sa disparition serait un échec, mais ne signifierait en rien la fin de l’Europe – rappelons quand même que 10 pays sur 27 n’ont pas l’euro et qu’ils semblent survivre… Rien n’empêcherait d’ailleurs de relancer une union monétaire mieux construite.

Mais revenons à l’accord de cette nuit.

Qu’avons-nous lu et entendu, à part l’autosatisfaction de nos dirigeants quant à leur incroyable talent ? Au fait qu’ils nous ont sauvé d ela “catastrophe” – sans rien changer dans le fond permettant de bâtir un système sans catastrophes…

1/ que les banques « acceptaient librement » une décote de 50 % de leurs titres grecs. C’est exact, ce qui est faux est de dire qu’on efface 50 % de la dette grecque, car sur les 350 Md€ de dette :

  • les 70 Md€ prêtés par la troïka ne sont pas concernés ;
  • les 75 Md€ prêtés par la BCE ne sont pas concernés ;
  • les investisseurs privés individuels non bancaires ne sont pas concernés.

Au passage, vous avez noté qu’on a expliqué que “la Grèce ne faisait pas défaut”, les créanciers acceptaient juste le sourire aux lèvres, “volontairement”, d’abandonner la moitié de leur créance, ce qui n’a évidemment RIEN À VOIR….

Restent donc environ 200 Md€ de cette grecque décotés de 50 %, soit 100 M€. Rapportés aux 350 Md€, la décote pour la Grèce n’est bien que de 28 %. Les banques et fonds de pensions grecs représentent une part importante de la perte ; comme ils vont devoir être nationalisés et recapitalisés, le défaut ne porte donc que sur environ 20 % de la dette. Insignifiant.

2/ la recapitalisation des banques. Estimée à 110 Md€, elle atteindra probablement le double. Ce qui pourrait sembler être une bonne mesure de sécurité va surtout provoquer très logiquement une contraction du crédit.

En effet, on va augmenter le ratio « Fonds Propres / Crédits » exigé des banques. Comme les banques n’ont ni l’envie ni les moyens d’augmenter leurs fonds propres, elles vont tout faire pour diminuer le total des crédits… Effroyable vu les conséquences sur l’économie, mais logique.

C’est pour cela que je propose la dé-privatisation du secteur bancaire : l’État, mais également les acteurs de l’économie réelle (Medef, syndicats, chambres de commerce, élus locaux) doivent avoir leur mot à dire sur la gestion des banques, qui irriguent toute l’économie. Il faut être un idéologique pathologique pour ne pas voir qu’une banque n’est pas une entreprise comme les autres :

  • d’elle dépendent toutes les autres entreprises ; c’est le cœur de l’économie pompant l’argent dans le pays ;
  • on ne peut pas la laisser faire faillite, car elle emporterait les autres banques avec elle ;
  • le contribuable garantit du coup son bilan.

Les États vont devoir aider les banques, ce qui va faire sauter des notes AAA.

3/ la BCE va continuer à acheter des dettes des pays GIPSI (je me refuse déontologiquement à les appeler PIIGS par respect, et je trouve cet acronyme plus joli).

En fait, elle va continuer à pourrir son bilan en créant de la monnaie, risquant d’alimenter la défiance contre l’euro et de relancer l’inflation.

C’est ce comportement irresponsable, interdit pourtant par les traités, qui met réellement en danger l’euro.

Ma positon est contraire à celle de l’extrême gauche sur ce point, mais je considère que la monnaie (en général, pas forcément l’euro) est un bien commun à protéger, c’est le ciment social. Je refuse que les irresponsables qui ont réussi l’exploit de mettre en faillite à la fois le système bancaire et les finances des États touchent à la monnaie et la détruisent.

J’aimerais qu’il reste quelque chose de solide dans cette histoire, afin que nous ne revenions pas complètement à la préhistoire en cas de gros pépin…

4/ le fameux fonds FESF dont on a porté la « force de frappe » (notez l’apparition ahurissante de ce terme sorti d’on ne sait où…) à 1 000 Md€. Ce chiffre gigantesque n’est toutefois qu’une petite partie des dettes.

Rappelons que le FESF est un fonds qui se finance sur les marchés pour prêter aux pays en difficultés, avec la garantie des autres. Il y avait 17 pays en garantie fin 2010, mais comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal ont demandé l’aide du FESF, ils ne sont plus 14 à garantir. Plus cela va, moins il y d’États garants et plus d’États bénéficiaires…

Les dirigeants ont décidé hier qu’au lieu d’acheter 100 de dette publique avec 100 de fonds, le FESF allait se transformer en espèce « d’assureur », garantissant 20 % du montant des futures émissions. Ainsi, avec les mêmes 100, il garantira à cette hauteur un investisseur prêtant 500 – d’où le passage des 200 Md€ restant au FESF aux soi-disant 1 000 Md€.

On prend évidement les marchés pour des lobotomisés, puisque évidemment il n’y a pas un euro en plus de fonds publics en garantie suite à cet accord. C’est d’ailleurs ce qu’a voté le parlement allemand hier unanimement : « pas 1 € de plus pour le FESF » ce que les journalistes ont traduit par « unanimité au parlement allemand pour soutenir Merckel et le FESF » – on croit rêver…

Ah oui, cerise sur le gâteau. Réfléchissons :

  • en 2007, François Fillon a dit que l’État était en faillite ;
  • en bon gestionnaire, il a logiquement augmenté la dette de 50 % en 5 ans ;
  • le même Etat garantit le FESF.

Question du bac : « Que vaut la garantie d’un État en faillite avancée ?». Réponse : rien.

Ainsi, les 100 de garantie du FESF sont virtuels, les États ne pourront jamais les verser – puisqu’alors, cet argent ne pourrait venir que de nouveaux prêts souscrits sur les marchés, qui par hypothèse ne voudraient plus prêter aux États…

Enfin, on ne connaît pas les détails. Car le besoin serait que ces « 1 000 Md€ » soient utilisés en partie pour soutenir l’Italie. Or, s’ils l’étaient, l’Italie devrait donc passer du côté « État garant » à celui d’ « État bénéficiaire », ce qui chargerait la barque de la France et de l’Allemagne de 80 Md€ de plus à garantir…

Vous ne comprenez pas tout ? Normal, c’est du délire, nécessitant presque la camisole de force : les marchés hésitent à prêter à des États surendettés ; ceux-ci décident alors de créer un fonds à qui ils donnent leur garantie, fonds va emprunter à leur place sur les marchés permettant de continuer à faire grossir leur dette. Kafkaïen.

Tout va bien, il est parfaitement logique de combattre le surendettement avec plus de dettes encore…

Je souligne au passage le bourrage de crane « il faut plus d’intégration européenne ». C’est un débat d’enfumage. Intéressant, mais sans aucun lien avec la situation. On a 17 Etats surendettés, imaginer qu’en les fusionnant on a autre chose qu’un gros État surendetté est un doux rêve… Exemple : France déficit de 80 Md€, Allemagne déficit de 50 Md€, nouvel « État franco-allemand » déficit de 130 Md€ – en quoi a-t-on avancé dans la résolution du problème ?

Je ne parle même pas du petit détail qui est que les peuples sont contre… À vouloir faire l’Europe sans les peuples, on va finir par faire le fascisme avec les peuples…

Dernier point : l’appel à la Chine. Quelle belle idée que de chercher le soutien financier d’une dictature communiste revancharde sachant qu’on ne pourra pas la rembourser – cela confine au pur génie géostratégique… Il va être simple de négocier avec elle dans le futur…

« La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit. » [Napoléon Bonaparte]

Le Brésil a d’ailleurs fait savoir qu’il ne voyait pas pourquoi il « aiderait » l’Europe – sans doute un égoïste. À moins que cela ne soit lié au fait que 50 % de sa population vit dans des favelas, et qu’il veut peut-être garder son maigre argent pour sa population plutôt que de nous permettre d’acheter de nouvelles télés plasma…

© Tartrais

Attendre des pauvres qu’ils aident les riches, c’est cela la nouvelle « solidarité » promue par le financiarisme. C’est pour moi une source de révoltes et des graines de haine semées dans le monde entier…

Bref, dans 1 semaine, 1 mois ou 1 trimestre, le réveil va être douloureux, mais nous avons l’habitude de ces « sommets palliatifs 100 % propagande » qui ne résolvent pas les problèmes de base – et pour cause…

 

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185 commentaires on Enfumage (s)

  1. Nono dit :

    Bonjour Olivier,
    Tout d’abord, Merci pour votre blog et toutes ces informations communiquées chaque jour.
    Pour revenir sur un point développé dans cet article.
    Vous dîtes qu’en fusionnant les dettes de tous les pays Européens, le résultat sera le même. Fr 50 + All 80 = 130M de déficit…etc tout le monde comprend l’idée développée, à savoir empiler les dettes ne résoudra pas le problème. N’est-ce pas un peu réducteur de voir la chose de manière aussi simple.
    L’euro est une monnaie internationale de référence (2eme monnaie la plus désirée après le dollar qui poursuit sa descente de jour en jour). Le fait de réunir toutes les dettes en une et donc d’émettre les eurobonds fera descendre les taux d’intérêt des emprunts. Pourquoi? Les investisseurs n’auront plus le choix de choisir telle ou telle dette de pays libellée en euro. S’ils veulent faire l’acquisition de dette en euro, ils n’auront qu’un type d’émission de dette, les eurobonds ! (et non la dette de l’Espagne ou Irlande ou Grèce ou …). Ainsi, l’ensemble des demandes de souscriptions de dette sera réunie et concentrée uniquement sur les eurobonds. Le rapport de force se trouvera inversé. 1 émetteur de dette (USE = United States of Europe) pour de multiples investisseurs = diminution des taux d’intérêts.
    Qu’en pensez-vous?
    PS : Ceci n’est qu’un point de vue venant d’un étudiant en économie :)

    • non, non, bien raisonné, bravo mais

      1/ = diminution des taux d’intérêt DES PLUS FRAGILES, = augmentation des taux de la France et de l’Allemagne, ce qui nous conduira encore plus vite au défaut

      2/ = diminution des taux d’intérêt PENDANT UN COURT MOMENT. Combien de temps les prêteurs prêteront ils quand ils verront que le gros ensemble reste déficitaire, et qu’on leur demande de financer une structure en grave cavalerie financière…

      • 1Direct dit :

        3) avec 2 000 Md€ de dettes les allemands, via la BCE, se trouveront de facto avec 1 voire 2% de taux d’intérêts en plus; à moins que la BCE ne trouve plus de prêteur. Génant.

        Je pense que dans les 2 cas il y aura obligation, comme aux USA, de faire marcher la planche à billet d’où une inflation, d’où une baisse du cours de l’Euro.

        Conséquence:
        Les députés allemands seront, à priori dés le début de l’amorce d’un tel scénario, totalement opposé et le/la Chancelier/ère ne pourra rien faire contre (Ils n’ont un roi/reine, eux).
        Donc … cela ne se fera pas. A moins que, fatigué par des coûts trop élevés, l’Allemagne, unilatéralement, décide de sortir non PAS DE L’Union Européenne, mais JUSTE DE LA ZONE EURO.

        Je pense qu’il est (serait?) raisonnable de penser qu’à partir d’un seuil de coût financier, mais aussi humain, pour le(s) pays et son(ses) peuple(s) il faut savoir dire stop.
        Ou alors cela devient pathologique tel le joueur addicte à sa fameuse martingale infaillible alors qu’il est ruiné depuis bien longtemps.

  2. Nono dit :

    Bien entendu, cette proposition ne permettra pas de résoudre la dette mais allégera tout de même la charge des intérêts de la dette.
    De plus, concernant l’explication sur la Chine, c’est vrai qu’un non remboursement de la dette souscrite pourrait provoquer des tensions géopolitiques importantes (en partant de l’hypothèse qu’ils investissent dans le FESF). Néanmoins, en cas de prochain défaut, ne peut-on pas “faire le tri” entre les pays et/ou institutions que l’on souhaite rembourser? Ne peut-on pas porter ce défaut et ses conséquences sur des pays de moindre importance ayant souscrit des dettes? Et privilégier en priorité les pays d’importance cruciale, même si les échéances sont différentes. Dans ce cas, l’argument des tensions politiques disparaitrait.
    Enfin, je vous trouve très pessimiste concernant la situation de l’endettement. Votre raisonnement consiste à affirmer que la rigueur imposée par les gouvernements dans les prochaines années entraînera des récessions du fait d’une baisse de la demande, baisse des recettes fiscales, baisses des profits…etc entrainant un cercle vicieux qui conduira forcément les Etats vers le défaut de paiement. Pour affirmer ceci, il faudrait faire des études économétriques d’une telle difficulté que cela me paraît tout bonnement impossible. Prévoir des milliers de critères sur les 5 prochaines années, en pleine période de crise, donc d’incertitude et en essayant d’insérer la psychologie de tous les acteurs me paraît impossible. A partir de ce constat, votre argumentation repose (selon mon humble avis d’étudiant d’économie) que sur des pré-sentiments.
    Faisant ce constant, on peut tout à fait produire la démonstration inverse en affirmant que les politiques de rigueur baisseront le niveau de croissance des PIB sans entacher leur capacité de désendettement. Les baisses de dépenses publiques pourront se faire de manière progressive sur des dépenses de fonctionnement (et non sur des dépenses salariales touchant directement la demande intérieure). Une augmentation des cotisations sociales, la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu et une augmentation de la taxation du capital ne provoquera pas une baisse de la consommation du fait de l’effet cliquet et d’une épargne française à 15% dans laquelle les français pourront puiser. Une inflation légèrement supérieure à 2% avec un début de monétisation directe de la part de la BCE et une réduction des taux d’intérêts grâce aux eurobonds (explications ci-dessus) permettront de se désendetter progressivement sans pour autant “casser la croissance” de manière trop brutale, entrainant une récession.
    Donc voila, affirmer “avec autant de passion” le prochain déclin de l’Europe et le non remboursement à venir de leurs dettes me parait un peu “poussé”.
     
    Qu’en pensez-vous?

    • Vous avez l’exemple en Grèce : hausse de la TVA, -15 % du salaire des fonctionnaires, -20 % sur les retraites, etc.

      Bilan : le déficit est plus important qu’avant, lié aux 7% de récession, et le pays sombre…

      De toute façons, c’est les prêteurs qui décideront, pas nous…

    • Bruno Lemaire dit :

      A Nono qui écrit:
      “on peut tout à fait produire la démonstration inverse en affirmant que les politiques de rigueur baisseront le niveau de croissance des PIB sans entacher leur capacité de désendettement”
       
      diminuer la consommation, en privilégiant le remboursement des dettes, comme pour un ménage surendetté, pourrait avoir un sens.
       
      Mais ce que l’on voit, en fait, c’est que l’on nous demande de diminuer la production, pour rembourser plus – comme pour la Grèce.
       
      dit autrement, c’est produire moins, pour payer plus.
       
      Nul besoin de recourir à des analyses économétriques sophistiquées: le simple bon sens nous dit que c’est stupide – à mon avis.

      B.L. Professeur Emérite HEC

      • Certes ! Mais je n’ai rien d’un irresponsable. La question est la diminution de consommation nécessaire permet elle de rembourser ou va t elle si sévère qu’elle augmentera les déficits… Réponse la semaine prochaine ;)

        • Bruno Lemaire dit :

          Cher Olivier,

          loin de moi l’idée que vous puissiez être un irresponsable.

          Je pense, comme vous je crois, que l’on ne peut s’en prendre à la consommation sans diminuer par là-même la production, donc la capacité à rembourser la dette.
          A moins, bien sûr, de postuler que la “consommation” que l’on veut diminuer est uniquement la consommation publique, et que cette “consommation publique” soit totalement inutile.

          Ce postulat n’est pas le mien, en tout cas, ni sans doute le vôtre.

          La crise de la dette est trop profonde pour qu’une crise d’austérité puisse reposer uniquement sur le fait de raboter des consommations inutiles. A partir du moment où le fait de rembourser les créanciers conduit à appauvrir un pays, il faut se demander si le remboursement de cette dette est la priorité.

          Ce que je ne crois pas, ( cf.  http://www.nationspresse.info/?p=148518)

          Très cordialement, Bruno Lemaire.

          • indigné dit :

            M. Lemaire,
            Dans l’article joint, vos analyses économiques sont pertinantes. C’est d’autant plus dommage que vous choisissiez alors le camp de ceux qui basent leur idéologie sur la recherche de boucs émissaires… les financiers d’aujourd’hui, c’est un peu vos juifs d’hier, hein…

          • N’exagérez pas trop quand même…

            Personnellement, je ne jette la pierre à personne. Les comportements actuels sont en général irresponsables, mais légaux. Cela ne sert à rien de s’en plaindre ou de s’en indigner, il faut changer la loi pour les interdire, c’est tout. .

            Pas besoin en effet de montrer du doigt ceux qui jouent le jeu actuel : s’enrichir le plus possible le plus vite possible.

          • Bruno Lemaire dit :

            @ indigné et @ Olivier.
             
            La recherche de bouc(s) émissaire(s), si elle est vieille comme le monde, n’est pas vraiment ma façon de faire.
             
            Je pense que ce que j’essaye de faire, c’est de comprendre la crise actuelle, essayer d’analyser pourquoi on en est arrivé là, les pesanteurs qui font qu’il semble difficile d’en sortir, et enfin à qui profite éventuellement le crime.
             
            Ce que je pense maintenant, donc, après avoir passé 3 ou 4 ans à essayer d’analyser tout cela – après mes premiers papiers dans contre-feux en 2008-2009 – c’est relativement simple, en espérant que ce ne soit pas simpliste.
             
            Le système banco-financier actuel est mauvais, et aucune grande réforme ne peut être faite à l’intérieur de ce système.
             
            Il faut aller vers le “100% monnaie”, avec une dose de Crédit Social (cf. Douglas et Louis Even), tout en venant aussi en aide aux plus démunis, par ce que j’appelle depuis 1996 (cf “de Karl Marx à Bill Gates”) le Revenu Minimum de Dignité, en recherchant de plus une réciprocité commerciale entre les différents pays du globe (cf. les accords de la Havane de 1946-47)
             
            Il se trouve que le seul personnage politique d’envergure qui promeut l’essentiel de ces idées (en particulier l’abandon de la loi de 1973 de Pompidou-Giscard  et un “protectionnisme raisonnable” à la Allais) est … Marine Le Pen, qui a la force de ses convictions.

            Je pense que le capitalisme financier doit être combattu alors que, bien évidemment, en tant qu’ancien professeur à HEC, je suis pour un assez grand libéralisme ‘éthique’ et pour un véritable ‘entrepreneuriat’ à l’intérieur de nos frontières, mâtiné d’une certaine dos d’état stratège – ce qui est aussi le cas, pour diverses raisons de Marine Le Pen. C’est donc pour ces raisons que je lui ai proposé il y a quelques mois de faire partie de son équipe, ce qu’elle a fait l’honneur d’accepter.
             
            Cela n’a strictement rien à voir avec d’éventuelles haines partisanes ou sectaires. Il est vrai que, bien souvent, lorsque l’on n’a pas d’arguments raisonnables à opposer à la démarche économique de Marine Le Pen, on préfère l’attaquer sur d’autres points,  peu vérifiables mais qui sont glauques dès qu’on en parle, et qui jettent immédiatement la suspicion et le discrédit sur la “cible”, que ces attaques soient vraies ou non. Je n’ai jamais supporté cette pensée unique, et inique, syndrome d’une censure totalitaire qui ne veut pas dire son nom.
             
            A suivre sans doute,

            Bien cordialement, Bruno Lemaire.

      • Nono dit :

        Bonjour Bruno Lemaire,

        Je n’ai jamais dit que l’on pouvait diminuer la consommation/production tout en pouvant rembourser la dette. J’ai affirme que l’on pouvait reduire la dette avec un ralentissement de l’augmentation de la D et du PIB , ce qui est different de la recession (symbolisee par un ” – “).

        Et dans toutes les argumentations demontrant que la dette FR est irremboursable, le cas Grec ressort de partout. La France est-elle la Grece? non. La France a-t-elle des similitudes avec la Grece? oui mais pas aussi evidentes qu’ils n’en parait et permettant d’affirmer qu’au final, on ne pourra rembourser la dette.

        Expliquez moi (je prononce ces mots d’un ton modeste pas acharne ;) pourquoi s’il y a une stabilisation de la masse salariale de l’Etat (ce qui sera le cas pour la 1ere fois en 2012), une reduction des niches fiscales improductives, un commencement de monetisation directe de la dette (creant une inflation a 3%) , un effet cliquet assurant une conso privee tjrs aussi forte maintenant la demande privee, on court a la catastrophe de maniere aussi evidente?
        L’argument du “bon sens” est un peu trop facile a mon sens et repose sur un pressentiment encore une fois face a la situation grave dans laquelle nous sommes. La Belgique a su reduire sa dette dans les annes 90 alors qu’elle etait plus importante que la notre. La Suede egalement au debut des annes 90 (au prix de 3 ans de recession certes ms le remboursement etait non progressif).

        Je n’affirme pas qu’on pourra rembourser a coup sur, pas du tout. Je dis simplement que d’un point de vue economique et en etant realiste, c’est possible.
        Le probleme vient plus selon moi des gouvernants et politiques qui n’auront pas le courage de prendre les bonnes decisions le moment venu et de dire qu’il faut faire + pour avoir autant. Si les bonnes decisions economiques st prises, la dette est remboursable, donc pourquoi s’acharner a marteler que le probleme est economiquement-mathematiquement non resolvable? Alors que les solutions existent que ce soit a CT (court terme), MT ou LT…

        Un etudiant qui passera les concours d’HEC en 2012 :)

        • Bravo Nono.

          Tu viens de démontrer qu’un État ne fait jamais faillite.

          Comme c’était jusque là démenti par 1000 ans d’Histoire, cela te vaudra sans doute le prix Nobel – mais passe HEC d’abord ;)

          Blague à part, j’ai expliqué longuement tout ça dans mon livre, et j’essaierai d’en faire une synthèse la semaine prochaine…

          La question n’est d’ailleurs nullement “on pourra rembourser a coup sur” ou pas, c’est “les prêteurs continueront-ils à nous faire confiance et à nous prêter”. Tu passes ainsi de “l’économie” à la psychologie de masse…

          Car comme dirait la Palisse : “Tant qu’on nous prête de l’argent, nous ne ferons pas défaut”.

          Moins ils nous feront confiance, plus les taux monteront, plus la charge montera, moins nous pourrons rembourse,r moins ils nous feront confiance…

          Nous verrons bien ! :)

        • Bruno Lemaire dit :

          Bonjour NONO
           
          Je vous souhaite évidemment la pleine réussite pour votre concours de juin prochain, et ce d’autant plus que n’y officiant plus, je ne peux être taxé de favoritisme.
           
          Je ne dis pas qu’il est totalement impossible de rembourser les dettes publiques, je dis:
          1) que c’est très difficile (et que les sangs et les larmes viendront, dans ce cas des CSP moins et des plus fragiles)
           
          2) que ce n’est peut être pas la priorité, la priorité étant, pour moi, d’obtenir une diminution drastique des intérêts payés sur ces dettes (pour moi, le taux d’intérêt ‘maximal’ devrait être le taux de croissance de l’économie globale, éventuellement corrigé de l’inflation, seule façon d’obtenir que les “rentiers” ne s’enrichissent pas aux dépens des “travailleurs” – entrepreneurs et salariés) ainsi qu’un moratoire de 1 ou 2 ans sur le remboursement de ces dettes.
           
          3)que je milite pour un changement complet du système de financement de l’économie réelle.
           
          Là encore, à suivre sans doute
           
          Très cordialement,
           
          Bruno Lemaire.

          • Nono dit :

            Bruno Lemaire,

            Vous dites dans un commentaire que vous faites parti de l’equipe de Marine Le Pen. Me concernant et par rapport a d’autres commentaires, j’ai tjrs considere que cela ne servait a rien de l’attaquer sur le racisme, homophobie, antisemitisme car cela est totalement contre-productif. Les 10% de gens correspondant a ces criteres en France voteront tjrs extreme droite quelque soit l’argumentation en face. DONC je m’en tiendrais a son programme economique. Car c’est, a mon sens, la partie la plus dangereuse, dans la mesure ou (contrairement a son pere) elle a des arguments concrets, des explications et des propositions economiques qui pourraient seduire 15 autres % de la population…

            MA QUESTION est la suivante : Etes-vous favorable a la sortie de l’euro (comme elle le preconise)? A une sortie des marches financiers (comme elle le declare)?

            Car lorsque j’entends de telles mesures, je vois que le raisonnement suivant:
            Sortie de l’euro = devaluation de 30% du franc = la dette etant libelle en euro, elle fait marcher la planche a billet de la Banque de France (car elle sort des marches financiers) = SURINFLATION. De plus, les produits importes qui representent 25% de notre PIB, la mm chose, creant une augmentation supplementaire des prix de 8% (en + de l asurinflation par la planche a billet excessive). Ruine totale des epargnants et de la consommation. Perte totale de confiance des investisseurs etrangers.
            Et le fameux argument du surplus des exportations, qui est reel certes mais surestime. Nos exportations sont portes par des entreprises qui ont une competitivite-produit et non prix, cad “peu importe le prix”, la superiorite technologique ou marketing fera que le consommateur achetera (Airbus, luxe, pharmaceutique…). Avec cette massive devaluation, leurs profits diminueront a vitesse grand V (car profits realises a l’international). Le surplus d’exportation attendu, s’il se fait, sera apres plusieurs annees et ne pourra concerner que l’industrie “bas de gamme”. En a t-on? NON, nous avons bcp de moyenne gamme pour qui le prix n’est pas aussi fondamentale que Marine Le Pen l’affirme. Seule une montee en gamme, assortie de R&D massive peut redonner de la vigueur a notre economie, le tout soutenu par un abaissement des charges et un remodelage de l’IS (assiette et taux) sur les PME, afin qu’elles deviennent capable d’exporter (les PME FR ne produisent pas des jouets en plastique…mais du moyenne gamme, donc le produit moins cher n’aura pas le “boom”espere). Sans parler de la baisse de consommation du fait de la surinflation, des risques geopolitiques enormes que cela provoquerait, et du cout de la mise en place du franc…etc

            DONC, si vous pouvez m’expliquer l’avantage de la sortie de l’euro et des marches financiers proposee par Marine Le Pen (que vs soutenez)? (autre que par des arguments de “bon sens” svp).

            Un etudiant qui va passer les concours EM LYON en 2012 (dedicace a Olivier ;) )

          • Je rappelle juste pour la suite (simple information) que ma règle de modération est de ne pas garder de commentaires d’échanges politiques, donc merci d’en rester, comme c’est le cas, au terrain économique….

          • Bruno Lemaire dit :

            Cher Nono, je vais tenter de répondre point par point.

            Vous dites dans un commentaire que vous faites partie de équipe de Marine Le Pen.

            B.L. Ce n’est pas un secret, depuis le 6 octobre 2011 (jour de la Saint Bruno …), je suis l’un des deux conseillers économiques officiels de Madame Le Pen. Mais dans l’équipe il y a beaucoup d’autres compétences, et elle n’avait sans doute pas besoin de moi pour défendre et promouvoir ses idées.

            Me concernant et par rapport a d’autres commentaires, j’ai tjrs considéré que cela ne servait a rien de l’attaquer sur le racisme, homophobie, antisémitisme car cela est totalement contre-productif.

            B.L. : D’autant plus qu’il n’y a aucun argument pour cela, il suffit de regarder la composition de son bureau de campagne.

            Les 10% de gens correspondant a ces critères en France voteront tjrs extrême droite quelque soit l’argumentation en face. DONC je m’en tiendrais a son programme économique.

            B.L. C’est une bonne idée, et c’est donc sur ce point qu’il convient d’échanger.

            Car c’est, a mon sens, la partie la plus dangereuse, dans la mesure ou (contrairement a son pere) elle a des arguments concrets, des explications et des propositions économiques qui pourraient seduire 15 autres % de la population…

            B.L. Pourquoi est-ce dangereux? Si elle a raison, c’est bien qu’elle en parle, je pense. Seriez vous ennuyé qu’une femme politique puisse avoir raison ?

            MA QUESTION est la suivante : Etes-vous favorable a la sortie de l’euro (comme elle le préconise)? A une sortie des marchés financiers (comme elle le déclare)?

            B.L. Maurice Allais, il y a déjà une douzaine d’années – d’autres prix Nobel l’ont aussi dit depuis – avait dit que la création de la zone euro, vu les pays qui la constituaient, n’était pas une bonne idée, du fait d’une trop grande hétérogénéité économique et sociale. L’Allemagne, les Pays Bas et dans une moindre mesure, la Belgique ont profité de cela, mais les 14 autres pays sont dans une situation moins favorable, et de loin, qu’en 2002. C’est un fait.

            B.L. Je pense que la zone euro n’est donc pas viable dans sa composition actuelle, et d’autres économistes français le disent aussi, même s’ils sont très minoritaires il est vrai. Quant aux marchés financiers, dont je n’ignore pas plus que Marine Le Pen, son poids dans le contexte économique actuel, je pense qu’il faut diminuer progressivement – le plus rapidement possible – son influence. Et ceci n’est possible qu’à l’occasion d’une profonde réforme du système financier et monétaire actuel, associé à un rééquilibrage de la puissance commerciale de la France, à la fois en Europe et dans le monde.

            Car lorsque j’entends de telles mesures, je vois que le raisonnement suivant:
            Sortie de l’euro = devaluation de 30% du franc = la dette etant libelle en euro, elle fait marcher la planche a billet de la Banque de France (car elle sort des marches financiers) = SURINFLATION. De plus, les produits importes qui representent 25% de notre PIB, la mm chose, creant une augmentation supplementaire des prix de 8% (en + de l asurinflation par la planche a billet excessive). Ruine totale des epargnants et de la consommation. Perte totale de confiance des investisseurs etrangers.

            B.L. Sur ce point, cher NONO, je suis en profond désaccord avec vos arguments, même si on les entend à longueur de journée sur les principaux medias.

            B.L. Supposons donc que l’euro – monnaie nationale actuellement – soit remplacée par une nouvelle monnaie nationale, disons l’euro français, ou le franc ‘national’.

            B.L. Si la parité initiale est de 1 franc – prenons ce nom – pour un euro, cela ne changera rien. Si le franc est dévalué de 50% (allons-y exagérons, pour ma part je crois assez peu à une quelconque dévaluation, mais peu importe) les dettes, qui seront évidemment évaluées dans la monnaie nationale, comme ce fut le cas lors du passage du franc en euro, seront moindres (d’un point de vue externe), et absolument pas plus grandes.

            B.L. Les marchés financiers ne seront peut être pas contents, mais c’est un fait. Une éventuelle dévaluation du franc par rapport à l’euro ne changera rien pour les créanciers ‘nationaux’, et diminuera la valeur des créances pour les créanciers ‘étrangers’. Ce n’est pas une si mauvaise nouvelle, n’est-ce pas ? Comme le dit Olivier, les créanciers ne gagnent pas à tous les coups ! Mais, encore une fois, il n’est pas évident qu’il y ait une forte dévaluation du franc, ce qui devrait rassurer ces malheureux créanciers.

            B.L. En ce qui concerne maintenant la question des importations, je conviens volontiers que c’est une question fort délicate. C’est bien pour cela que Marine Le Pen, là encore dans le droit fil de la pensée de Maurice Allais, s’efforcera de mettre en place des « écluses commerciales » permettant de rééquilibrer les échanges de biens et services, afin que les 3,5% de déficit commercial soient réduits à zéro. J’en ai parlé dans l’un de mes billets intitulés « ne dites pas à mère que je suis protectionniste … »

            Et le fameux argument du surplus des exportations, qui est reel certes mais surestime. Nos exportations sont portes par des entreprises qui ont une competitivite-produit et non prix, cad “peu importe le prix”, la superiorite technologique ou marketing fera que le consommateur achetera (Airbus, luxe, pharmaceutique…). Avec cette massive devaluation, leurs profits diminueront a vitesse grand V (car profits realises a l’international). Le surplus d’exportation attendu, s’il se fait, sera apres plusieurs annees et ne pourra concerner que l’industrie “bas de gamme”. En a t-on? NON, nous avons bcp de moyenne gamme pour qui le prix n’est pas aussi fondamentale que Marine Le Pen l’affirme. Seule une montee en gamme, assortie de R&D massive peut redonner de la vigueur a notre economie, le tout soutenu par un abaissement des charges et un remodelage de l’IS (assiette et taux) sur les PME, afin qu’elles deviennent capable d’exporter (les PME FR ne produisent pas des jouets en plastique…mais du moyenne gamme, donc le produit moins cher n’aura pas le “boom”espere). Sans parler de la baisse de consommation du fait de la surinflation, des risques geopolitiques enormes que cela provoquerait, et du cout de la mise en place du franc…etc
             
            B.L. En ce qui concerne les exportations, je ne suis pas sûr de suivre votre raisonnement. Ce qui est sûr, et conforme au bon sens, c’est qu’aucun pays ne peut accepter d’avoir des déficits commerciaux sur longue période – à l’exception peut être, hélas, des USA du fait de la prééminence du dollar (et sans doute aussi pour d’autres raisons).

            DONC, si vous pouvez m’expliquer l’avantage de la sortie de l’euro et des marches financiers proposee par Marine Le Pen (que vs soutenez)? (autre que par des arguments de “bon sens” svp).

            (B.L. Je ne sais pas pourquoi vous condamnez, cher NONO, les arguments qui font appel au bons sens, ils ne me semblent pas si mauvais, mais peu importe ici)

            B.L. En conclusion, la zone euro me semble condamnée, dans sa structure et son fonctionnement actuel. (Cela ne signifie nullement la fin de l’Europe, mais cela demande sans doute de faire le choix entre une Europe fédérale et une Europe confédérale, moins bureaucratique et plus coopérative). Plusieurs pistes peuvent être évoquées, dont effectivement la création d’une monnaie nationale pour la France, quitte à se mettre d’accord sur une monnaie commune, et non unique, pour certains échanges. Mais quelle que soit cette piste, l’abandon de la loi de janvier 1973 (loi dite Pompidou-Giscard)  – qui a donné lieu aux articles 104 du traité de Maastricht, et 123 du traité de Lisbonne – doit être effectif.

            B.L ; En espérant que ces quelques commentaires vous auront éclairé, sinon convaincu …

            Bien cordialement, Bruno Lemaire.

          • step dit :

            J’ai aussi entendu Mme le pen, elle est, sur l’analyse économique, au moins réaliste. (ce qui est déjà mieux que “tout va bien madame la marquise”). Il est toutefois désolant que quand on lui demande ou elle va chercher l’argent ce soit (encore) sur le dos des immigrés “récents”  (suppression du minimum retraite pour ceux qui ne soit arrivé trop tard dans notre pays et autres joyeusetés du même tonneau.
            Il me semble que l’argent n’est pas sur ces pauvres gens (comme l’a démontré olivier) et qu’il s’agirait de le sortir d’autres poches. Puisque vous nous faites la confidence de votre participation à son programme, il y a encore du progrès à faire à mon goût dès qu’il s’agit d’identifier des vrais sources de financement !

          • Petrus dit :

            @Step
            Votre naïveté est confondante, même si vos bons sentiments vous honorent. Vous ignorez sans doute les coûts financiers gigantesques que l´immigration fait peser sur l´Etat (calculés à une trentaine de milliards d´euros par an par Gourévitch : solde négatif de 26 milliards + 10 milliards pour l´intégration des enfants, cf Google) et les coûts sociaux effroyables qu´elle fait peser sur les salariés français qui ne semblent hélas pas vraiment bénéficier de votre générosité spontanée, sans parler d´une multitude de problèmes autre que strictement économiques mais qui n´en plombent pas moins notre pays : vous devriez vous renseigner un petit peu plus.
            En supprimant les aides pour les clandestins ou non, il s´agit de tarir un appel d´air gigantesque en faisant en sorte que ces gens restent chez eux et contribuent plutôt à la richesse de leur pays plutôt qu´à contribuer à ruiner le nôtre : permettez-moi d´appeler ça une vision économique non seulement saine mais encore humaniste…

          • Que devez vous penser alors des 55 milliards que coûtent tous les ans des intérêts de la dette, et de ses 1 700 milliards à rembourser, pfiouuu….

            Quoiqu’il en soit, je clos ici le débat sur l’immigration, ce n’est pas le sujet du billet. Merci.

          • step dit :

            La c’est toi qui m’ôte les mots de la bouche olivier. C’est un probable (petit) coût et un gros problème sociologique, (au moins pour certains), mais ce n’est pas le sujet du blog.
            Ceci dit cela pose quand même la question de l’enfumage du front national qui se cache derrière le problème économique pour régler un problème d’intégration.
            Nb: les salariés ont (et auront d’autant plus dans les années qui viennent) tout mon respect car ils sont les vrais producteurs de richesse ici bas, c’est nous (j’ai l’honneur d’en faire partie) qui trimerons, et ceci quelque soit notre origine ethnique.

  3. Brueghel dit :

    Remarquable analyse que je viens de lire à la suite de votre intervention sur BFM jeudi matin. Je suis d’ailleurs étonné que que cette radio si conformiste ouvre ses studios à  des esprits indépendants comme le vôtre, Monsieur Berruyer. Mais cela démontre que l’inquiétude grandit et que les modèles jusqu’alors utilisés ne rassurent plus.
    Bref, les lignes bougent.
    Vous parlez dans votre article de “dé-privatiser le secteur bancaire”, vous pourriez m’en dire plus?

  4. yann dit :

    on achète du temps à grand frais. à l’époque, je me moquais de l’urss, je me disais “ce n’est pas possible d’être aussi optus, ils font creuver leur peuple mais seul, leur idéologie compte” et moi je me sentais du bon côté de la barrière. Aujourd’hui, pour moi c’est l’inverse, je me sens prisonnier d’un système ou les dirigeants ne voient pas que leur système nous mènes droit à la catastrophe (économique, sociale et financière). seule compte pour eux, leur réélection avec comme politique économique depuis 40 ans le clientellisme (traduction : on fait du déficit). je ne sais pas si il faut souhaiter l’écroulement de ce système, mais c’est sans doute la seule façon dans sortir. le courage de réformer et de voir la réalité en face ne fait malheureusement pas partie de l’élite dirigeante de ce monde (pays occidentaux).

  5. Eddie Constantine dit :

    Olivier, pour info:

     http://www.lepost.fr/post/?id=2624363&ok

  6. JPS1827 dit :

    “Attendre des pauvres qu’ils aident les riches, c’est cela la nouvelle « solidarité » promue par le financiarisme. C’est pour moi une source de révoltes et des graines de haine semées dans le monde entier…”

    Très très bien ; à dire chez Nicolas Doze ! 

  7. Mitch dit :

    Excellent billet, comme d’habitude !
    Hier soir mon fils de 9 ans m’a dit (devant le journal de 20H) : “Papa, pourquoi ils nous aident les chinois, je croyais qu’ils étaient pauvres??”
    Si un enfant de 9 ans l’a compris, que dire de plus …..
     
     

  8. sylroll dit :

    Très bon billet merci
    Ne serait il pas possible de demander aux banques de rapatrier l’argent expatrié, et demander aux grands acteurs, à une partie de l’épargne française, etc et de prendre en charge tout ou partie de la dette à des taux de 0.25% ? (c’est naif je sais :) )
    Sinon comment envisageriez vous un défaut de la France ?

  9. AlexHanin dit :

    Très intéressant, ça change en effet du discours habituel !
    Une question me turlupine pourtant : Que pensez-vous des dettes publiques à la fin de la deuxième guerre mondiale ? Il me semble qu’on aurait pu dire en ce temps-là ce que vous dites aujourd’hui : les États son insolvables, ils ne rembourseront jamais, la confiance va s’évaporer et on court à la catastrophe. Je sais que les deux époques sont très différentes, mais quelle est la différence fondamentale ?
    GIPSI = gitan. Rien à voir avec “porc” évidemment, mais je reste dubitatif.

    • Le bubar dit :

      dubitatif ? et la guitare ? t’en fais quoi de la guitare ?hein ?

    • Bahut02 dit :

       

      Bonjour,
      Un indice pour trouver la réponse à votre question à propos de la dette publique après 1945: http://www.minefi.gouv.fr/note...../infla.htm
      Le défaut a donc bien eu lieu.

       

      • AlexHanin dit :

        Merci bcp pour le lien !
        On remarque tout de même que cette inflation n’a pas été mortelle. Sûrement dure à avaler pour certains, mais pas mortelle.
        La différence avec la période actuelle, c’est que cette inflation aurait essentiellement été causée par une pénurie, donc une demande plus importante que l’offre. Aujourd’hui, on est plutôt dans un contexte déflationniste. Même si on voulait recourir à l’inflation (OB s’étrangle de rage), je crois qu’on aurait bcp de mal à la déclencher (cf Japon il y a une dizaine d’année, USA (et GB) à  l’heure actuelle). Il ne suffit pas d’augmenter la base monétaire pour créer de l’inflation.

        • Bahut02 dit :

          Mais je pense que tout le monde ici sera d’accord avec vous – “OB” en tête – pour considérer qu’un défaut n’est pas mortel… pour l’emprunteur en tout cas.
          La différence avec la période actuelle, c’est surtout que l’inflation était accompagnée d’une forte croissance économique (cf: http://www.insee.fr/fr/themes/.....038;id=159).
          Quant à provoquer une inflation maîtrisée dans ce contexte, ça n’est ni souhaitable (ça c’est mon opinion), ni surtout possible (ça c’est de l’histoire). 

        • peu de risque d’inflation à mon sens, en effte, juste un risque d’hyperinflation par fuite devant la monnaie…

          Laissez juste la monnaie tranquille, vous ne créerez jamais de richesse avec une planche à billets, c’est du rêve, cela s’est toujours mal terminé dans l’histoire…

          • AlexHanin dit :

            Il ne s’agit pas de créer de la richesse. Si la BCE assumait son rôle (ou plutôt acceptait d’assumer ce rôle) de prêteur en dernier ressort, les marchés se calmeraient probablement et ça permettrait d’envisager la suite avec un peu plus de sérénité.
            Paul De Grauwe :
            “When [the ECB] announced its programme of government bond buying it made it known to the financial markets (the enemy) that it thoroughly dislikes it and that it will discontinue it as soon as possible. Some members of the Governing Council of the ECB resigned in disgust at the prospect of having to buy bad bonds. Like the army, the ECB has overwhelming (in fact unlimited) firepower but it made it clear that it is not prepared to use the full strength of its money-creating capacity. What is the likely outcome of such a programme? You guessed it. Defeat by the financial markets.”
            Évidemment, si on part du principe que tout va péter et que de toute façon tant mieux parce que ce sera mieux après, ce n’est pas la peine.

          • ” Si la BCE assumait son rôle de prêteur en dernier ressort” : mai soù diable avez vous-vu qu’une banque centrale prête en dernier ressort aux Etats en faillite ??? Elle prête en dernier ressort aux banques, point final !!!

            Ca m’épate toujours qu’on préfère prendre le risque de foutre la monnaie en l’aire, plutôt que de mettre les riches prêteurs face à leurs responsabilités et risques pris…

          • AlexHanin dit :

            Je ne comprends pas bien ce qu’est un “État en faillite”. Tous les États peuvent être considérés en faillite si on gratte un peu. Vous utilisez le même argument que Fillon.
            Je ne suis ni pour les riches prêteurs ni contre la monnaie, je me demande simplement quelle est la meilleure solution à l’heure actuelle (sachant qu’on ne peut plus revenir en arrière pour corriger les erreurs). S’il vaut mieux laisser tomber les prêteurs, laissons-les tomber, mais j’ai l’impression que vous préférez que le système complet explose plutôt que de risquer de souiller la monnaie. Ça nous fera une belle jambe, d’avoir des euros non rognés, quand l’Europe sera en miettes.

          • c’est la fragilisation de la BCE qui risque fort de mettre l’Europe sera en miettes.

            Pouvez-vous m’expliquer en quoi et par quel biais la disparation de 50 % d e l’épargne en obligations de Liliane Bettencourt mettrait l’Europe en miettes, cela m’intéresse…

            L”État n’est pas “en faillitte”, mais il sera en cessation de paiement comme tous les 50 ans depuis 5 siècles, rien de nouveau sous le soleil…

          • AlexHanin dit :

            Si 50 % (pourquoi 50, d’ailleurs ?) de l’épargne investie dans les obligations grecques, et tant qu’on y est italiennes, espagnoles, belges et irlandaises, plus tout compte fait (puisque tout le monde est en faillite) françaises, allemandes, etc., partent en fumée, ça va être la cata, non ? Peut-être pas après tout, j’avoue que j’ai du mal à imaginer.
            Si ça consiste juste à casser des tablettes d’argile comme en Mésopotamie pour repartir du bon pied après, pourquoi pas.

          • Ah oui, c’est la cata pour les possesseurs d’épargne, mais qu’y puis-je ? Si vous dépensez 30 % de plus que ce que vous gagnez pendant 30 ans, cela ne finit pas bien pour quelqu’un à la fin…

            Si vous pensez qu’il existe un remède miracle pour que personne ne perde d’épargne alors qu’on dépensé le même argent 2 fois depuis 30 ans, vous essayez d’avoir raison contre la Comptabilité, et je crains que vous ne gagniez pas…

            Nous allons en effet jouer à “Qui veut perdre des millions”.

            • Réponse A : les 10 % plus riches qui ont imprudemment prêté par cupidité à des État alors que des siècles d’Histoire montrent qu’ils finissent TOUJOURS par faire défaut un jour ou l’autre
            • Réponse B : tout le monde
            • .

            Je préfère la A, c’est tout… Et pour le coup, je ne caricature pas, ce n’est vraiment pas plus compliqué que ça ce qui se joue actuellement.

          • AlexHanin dit :

            Des obligations, je n’en ai pas, et je suis tout à fait d’accord quand vous dites qu’il est idiot de se faire prêter par les plus fortunés des sommes qu’on aurait mieux fait de prendre par l’impôt. Je n’essaie donc pas de défendre les créanciers ; simplement, je me demande quelle solution au problème fera le moins mal.

            Je ne prétends pas nier les règles de la comptabilité, mais l’endettement des États est également une question de confiance : tant que les investisseurs ne voient pas d’inconvénient à continuer de prêter à un État manifestement endetté jusqu’au cou, tout va bien. Regardez les USA et le Japon (ou même l’Allemagne), qui sont incroyablement endettés : les investisseurs se pressent.

            Forcément, si les dettes souveraines continuent d’enfler, les investisseurs finiront “un jour ou l’autre” par se détourner des obligations. Il faut donc évidemment réformer le système pour réduire les dettes à moyen terme, tout en essayant de bricoler ce qui peut l’être à court terme (éventuellement en employant des expédients qui vous font horreur). Comme l’écrit R. Skidelsky : « Recovery and reform sometimes point in different directions ».

            Mais si comme vous le dites il est moins douloureux de purger le système de façon radicale, tant mieux.

          • Je ne dis pas totu à fait ça. Je dis qu’on en pourra plus réduire les dettes désormais, et donc que les investisseurs fuiront – nuance… ;)

  10. marie dit :

    “Bref, dans 1 semaine, 1 mois ou 1 trimestre, le réveil va être douloureux, mais nous avons l’habitude de ces « sommets palliatifs 100 % communication » qui ne résolvent pas les problèmes de base – et pour cause…” allez vous en ce cas ajouter dans la liste de droite, un nouveau paragraphe “crise de nerfs ? :-D

    • Yann dit :

      Cortisol : une hormone. parfois nommée ‘hormone du stress’. Celle qui ramènerait notre cerveau du XXI à un cerveau animal. Une poignée de neurones tout juste bonne à s’organiser pour fuir un danger…..
      Peut-être les labo fournissent le G8,20 l’Europe des 9, 15, 24 ou  17 etc..
      elle aurait aussi sa part de responsabilité des situations  dépressives. voila pour la rubrique crises de nerfs.

      moi, je bosse pour ne pas trop regarder cette fuite en avant. Peut-être est-ce l’age, les “responsabilités de père” qui me sensibilisent au monde qui m’entoure….

      Mes souvenirs de classes primaires : le moyen age obscur, la taille , la dîme & la gabelle. La faim, les guerres-tortures.
      moi, je bosse  pour ne pas trop regarder la distance avec ces souvenirs, distance que je croyais grande mais que je vois bien diminuer chaque jour.
      alors d’un coté une fuite en avant, puis de l’autre une distance avec ‘le connu’ qui diminue, je tourne en rond en fait …
      je stresse à mort, cortisol….animal, fuyons, chacun pour soi…
       
       
       
       

    • marie dit :

      …j’avais oublié “crise de nerfs” avec aussi le “busiris éco” !

  11. Banquier Paris dit :

    “Enfumage” , je partage tout à fait ton avis et ton analyse!
    Merci encore pour ces analyses très pédagogiques qui devraient  permettre aux personnes non initiées aux mécanismes financiers d’y voir un peu plus clair.
     En tant que banquier de marché et devant autant de réponses stupides de la part des politiques, j’en suis arrivé à penser que la seule issue sera l’application des idées du front de gauche ,même si pendant un temps limité la BCE doit acheter directement aux pays emprunteurs leur dettes à des taux “privilégiés” en évitant de financer les banques pour quelles refinancement   ensuite aux Etats avec des taux bien plus élevés.
    D’ailleurs, ils suffit de voir comment se passent les adjudication de dette souveraine actuellement. Pendant les quelques jours précédents l’émission de dette, la tension montent , les marchés font monter la pression menacent de ne pas acheter de dette, font monter les taux et l’ émission est bien évidemment sursouscrite avec des taux élevés qui pèseront ensuite pendant des années sur le montant des remboursement à effectuer auprès des créanciers.
     Il y a effectivement un risque d’inflation, mais le niveau de mondialisation est peu être protecteur pour une fois! De plus la baisse de l ‘euro sera limité et favoriserait nos entreprises exportatrices hors zone euro!
    Comme  toujours, il n’y a pas de réponse unique et miraculeuse aux crises économiques, mais avec un peu de  bon sens , on peut envisager :

    - de réduire certainement les dépenses  
       Mais sans rentrer dans une phase récessive.
    - de travailler surtout au niveaux des recettes
       Rabotage immédiat et large des niches fiscales tant sur le particuliers que sur les           grosses entreprises 
     -Monétisation de la dette pour une période déterminée
      la BCE finance directement les déficits de Etats et dev ra mettre en place des critère de montant maximum , coordination au niveau européen des politiques budgétaires.
    -  responsabilisation des politiques 
      *70% des députés ne savent même lire un compte d’exploitation ou un bilan!!!! et ils         ont la main sur des budgets qui se comptent en milliards. 
        Pouvoir de contrôle accru pour la Cour des Comptes dont les magistrats souvent               compétents et professionnels  font un très bon travail mais qui reste sans suite !!!
      *moralisation de la vie politique ( ex , mise en examen = démission ;conflits d’intérêts) 
       
     Enfin, il faut doter l ‘Europe ( ou déjà la France) d’un projet Européen de croissance qui seule pourra nous redonner des bases budgétaires saines ( j’ ai n ‘ai  pas la réponse aux stocks de dettes actuellement accumulées ).
     
    Et pour finir, je ne commente pas l’ idée de faire intervenir les pays en développement pour soutenir l’ Europe !!!  tellement cela  paraît incongru .

    Merci encore pour tes billets !!
     

  12. François78 dit :

    J’ai toujours en mémoire un ”discours de Toulon”.

    Est ce que j’ai halluciné ce jour là car plus personne (ou presque), en particulier aucun journaliste ne semble vouloir rappeler à qui de droit son contenu pourtant mémorable.

  13. Alain34 dit :

    Très bon post, comme d’habitude, et avec un titre très bien choisi.
    Gagner du temps pour tenir jusqu’aux diverses échéances électorales en continuant à alimenter la pyramide de Ponsi de la finance mondiale en prenant les gens pour des abrutis.
    Par contre, ensuite, ça fera mal, très mal… si ça tient jusque là, ce dont je doute fortement. Et plus on attend, plus ce sera rude, d’autant qu’il est déjà trop tard pour redresser la barre en douceur. Plus ça va, moins je vois comment en sortir dans la paix ! :(
    Et je ne sais plus du tout qu’elle est la moins pire des solutions : le fédéralisme ou la fin de l’€ pour mieux le reconstruire. A la limite, peu importe, les deux doivent être jouables, ce qui compte, c’est d’en finir avec ce système qui ne fonctionne pas. Mais cela demanderai à la fois un courage politique que nos dirigeants n’ont pas, obnubilé qu’ils sont par leur réélection, leur partit, leur dogmes… mais aussi une volonté des peuples d’aller dans le bon sens (démocratie oblige) et ça, c’est vraiment pas gagné tout le monde se repliant sur soit…
     
    @François78 : le discourt de Toulon ? du blabla comme tout le reste. De l’enfumage.
     
    Allez, sur cette note d’optimisme, je fais aller finir d’affuter la lame de ma guillotine…

  14. william dit :

    Bonjour à tous !
    Super billet. Quelle clarté ! Il est en forme Olivier ! Il y a eu France-Nouvelle Zélande en finale de la Coupe du Monde de Rugby et cela fait un vrai pic d’audience. Il va y avoir Madelin-Berruyer dans peu de temps, … cela va être du sport. Il s’entraîne Olivier et il a l’air plutôt en forme.
    Tous devant vos écrans Mardi .. ou à l’écoute. Peu importe. A mon avis : une belle émission qui s’annonce.
    Super Olivier !

  15. Olivier dit :

    Bonjour ,
    Je vous remercie pour cet article très clair sur un sujet compliqué.
    J’ai noté une coquille dans le passage concernant la recapitalisation des banques ou vous avez écrit “idéologique pathologique “, je suppose que vous vouliez écrire idéologue pathologique.
    Quel est votre avis sur la loi 1973 dite Pompidou qui impose au Trésor Public de passer par un tiers pour se financer ?

  16. Raim dit :

    Merci pour ce blog qui éclaire des néophytes comme moi.
    Enfumage était le mot qui me venait aussi après ce sommet. On nage en plein virtuel, C’est comme vous le dites évidemment c’est au peuple de contrôler ces banques et sa monnaie .Dans le monde actuel. Ce qui me fait rire (jaune) c’est la disparition du devant de la scène des entreprises des innovations et des découvertes scientifiques au profit des ces arrogants, auto satisfaits qui sont le nez dans la répétition des mêmes mots et actions..sans voir que le réel de notre quotidien est profondément modifié par les méthodes de production, et les avancées scientifiques. L’économie actuelle est d’un archaïsme pendable.

  17. finouq dit :

    Merci pour ce décryptage.
    Je me demandais juste si un appel au CDS allait être fait par les banques… ou bien le cas d’une radiation partielle de la dette consentie ne peut pas être couvert?  
     

  18. Raymond Lut dit :

    Bonjour, un petit commentaire simplement pour vous (lecteurs et M. Berruyer) présenter cet analyste financier US. J’ai fait la même intervention sur le blog de P.Jorion mais sans grande réaction, ils sont moins “techniques” là-bas… Moi? je suis cruche en finance et ne suis que physicien…8-) 

    voici un extrait de son long billet sur le dernier accord européen:

    Despite the fact that the only way out of this is a true default and destruction of the debt capital proffered during profligate times, TPTB will try their best to find a workaround, because what’s best for the people of Greece, Portugal, Ireland and as we have already seen – Iceland, is absolute anathema to the bankers that binged on this stuff at 40x leverage and sitting on 50% devaluations as we speak. You simply do the math: 40 x (-50%) = what kind of returns? Insolvency, first and foremost!

    http://boombustblog.com/BoomBu.....Event.html

     

    • Moui, mais c’est exagéré, il pointe 2 problèmes, amis le lien n’est pas direct. La décote ne s’applique évidemment pas à la base directe du levier (les fonds propres) mais au résultat (les crédits). Mais si la perte est trop grosse, cela atteindra en effet les fonds propres, mais la perte n’est pas de 40 x (-50 %) du coup…

  19. seb dit :

    dites moi si je me trompe mais…

    total de la dette française : 1692,7 milliards d’euros
    http://www.insee.fr/fr/themes/......asp?id=40

    recettes de l’etat en 2011 : 271,3 milliards
    http://fr.wikipedia.org/wiki/B.....is_en_2011

    1692,7 / 271,3 =  6 années donc de recette d’état

    pour le reste, faut que je vois ^^ 
     

    • Si, petite erreur d’analyse classique. Vous prenez toutes les recettes, or une partie est un simple prélèvement au profit des collectivités locales et de l’union Europénne, à déduire (et à leur réaffecter).

      http://www.assemblee-nationale.....pl3713.asp

      Montant net des recettes du budget général, y compris les fonds de concours [(I) = (h) + (b)] : 200 659 M€ – cela change bien les ratios ;)

      Ne vosu fatiguez pas, je vais travailler cette partie ce week end :)

      • seb dit :

        Rhaaa, oui, nididiou !

        si vous pouviez dans votre dossier à venir nous faire les petites explications de cet acabit, ça serait génial et permettrait au commun des mortels d’y comprendre quelque chose (et surtout nous permettre de pouvoir dispenser ces informations sans passer pour des neuneu)

        en tout cas, un grand merci pour ce blog, l’un des plus instructifs que je connaisse

  20. indigné dit :

    Olivier, il va falloir réagir à cette sympathique attaque frontale

    • step dit :

      alors là moi j’en suis à 260 Milliards d’euro environ de recettes et 1600 milliards de dettes environ soit un peu plus de 6 ans de recettes d’état en dettes (sans compter les collectivités/europe):
       
      source :
       
      http://fr.wikipedia.org/wiki/B.....n%C3%A7ais
      Enfumage enfumeur enfumé ? Tout ceci n’est pas très clair en tout cas même si l’ordre de grandeur me parait plus cohérent avec celui d’olivier.
       
      Temps de calcul 30 secondes aussi. Par contre moi je me méfie de mes propres calculs, surtout quand ils paraissent simples dans le monde merveilleux de la finance créative et je demande éventuellement des précisions.
      L’attaque frontale c’est craignos, surtout si on est ridicule (ce que je ne vous souhaite pas, ce serait une bonne nouvelle pour tout le monde) derrière. Ce blog ne s’est en tout cas pas construit sur l’altercation (même si il y eut des débats vifs auquel j’ai participé à ma modeste mesure).

      • step dit :

        je pense que vous êtes abusé par la notion de “recettes publiques” en % du pib. je ne sais pas ce que recouvre cette notion, mais elle est loin au dessus de ce que j’ai pu lire des recettes dans le budget de l’état (49% du pib c’est 900 Milliards d’euro) or plusieurs sources font tourner cela autour de 300 M euros comme la référence :
        http://www.insee.fr/fr/themes/.....8;reg_id=0
        Une hypothèse, n’y aurait t’il pas dans les recettes, des emprunts, les recettes des collectivités (sans les dettes…) euh, bref des recettes qui ne peuvent pas être dépensées par l’état ?

        • Incognito dit :

          Ce document de l’INSEE clarifie les choses:
          http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1348/ip1348.pdf
           
          Le tableau 2 est particulièrement éclairant:
          - Les recettes de l’état central sont de 332.4 MM
          - Les recettes des autorités locales sont de 227.0 MM
          - Les recettes de la sécurité sociale sont de 490.8 MM
          - Après élimination des transferts entre administrations publiques, le total des recettes publiques est de 957.6 MM, ce qui correspond à 49.5% du PIB.
           
          Les charges d’intérêts, 50.5 MM, représentent 2.5% du PIB et 5.3% des recettes publiques.

          Les 1591.2 MM de dette publique (au sens de Maastricht) représentent 82% du PIB et 1.66 fois les recettes publiques.

          • Le sujet n’est pas les autres administrations publiques, c’est l’Etat… La Sécu va plutot bien en regard, merci – mais ça ne résout en rien le problème…

            Autant dire que Paul, surendetté, ne va pas si mal, car son voisin Jacques n’a pas de dette…

            Pour la solvabilité d’une structure, vous rapportez la dette à ses recettes, point barre. Les autres structures, et le PIB n’entrent pas en question.

            Regardez la Grèce : si je rapporte sa dette au PIB européen, c’est vrai que ce n’est pas grand chose… Et au PIB mondial, pfff, c’est que dalle…

            Tout ceci participe à l’enfumage décrit plus haut, pour endormir en disant “toooooooout vaaaaaaaaaa bieeeeeeeeen”…

          • step dit :

            dans les chiffres d’incognito, il y a des transferts internes (europe<->etat<->collectivités). Ce ne sont pas du vrai argent surtout si ils sont comptés 2 fois (sinon etat + collectivité=360 ME max(la dotation globale)). Alors les ressources de la sécu je suis sur le cul, c’est des cotisations niveau employeur ?
            Par contre olivier, il ne faut quand même pas s’imaginer que l’état ne va pas piocher dans la caisse de la sécu si il a besoin de sous. Personnellement état+sécu+collectivités c’est la même poche, le reste c’est de la comm pour dire que nonnon on tape pas dans la caisse.

          • step dit :

            olivier va falloir nous expliquer comment calculer les recettes de la “puissance publique” france pour la mettre en face de la dette maastrich. Avec leurs vases communiquant, c’est d’un opaque…

      • vous êtes mignons avec Wikipédia, je viens de vous donner le lien de la loi de finance rectificative 2011 votée il y a un mois, sur le site de l’Assemblée…

        C’est 200 les recettes nettes ! – vous comptez les recettes de l’Europe là… ;)

        • step dit :

          on fait ce qu’on peut  et j’avais commencé à écrire le post avant votre lien (j’avoue les 30 s de calcul s’étalent depuis des heures) ! Non c’est surtout un calcul d’ordre de grandeur, je savais bien que j’avais faux.
          Par contre si j’ai bien compris les 1600 milliards il n’ y a pas que l’état qui les doivent (collectivités…(dette au sens de maastrich) = hors les 200 milliards ce n’est que les recettes de l’état français, il faudrait rajouter la somme des recettes (impots et taxes) des collectivités locales non ?
           

        • step dit :

          ce qui donne (hors dotation globale car la c’est que du vase communicant) environ 350 milliards de dollars de recette tout compris, d’où mon calcul (héhé) mais bon je pinaille, car 6 an de 100 % de recette, cela reviens si on limite a 33% (pour permettre un fonctionnement à minima de l’état) sachant qu’à 3% on paye plus de 50 milliards d’intérêts ce qui permet de rembourser 50M par an de capital cela fait en gros plus de 30 ans de rigueur (sans compter d’effet recessif). Hum… miamiam. Je sens le nervous breakdown alllez vaux mieux aller dormir.

  21. seb dit :

    intérêts de la dette : environ 50 milliards/an
    recette de l’etat par an : 271,3 milliards/an

     en % : (50*100)/271,3 = 18% des recettes de l’etat

  22. RAT dit :

    Monsieur BERRUYER,
    Entièrement d’accord avec vous. Mais, je crois que l’euro va disparaître. La monnaie étant un bien très précieux qui comme un territoire ne peut être défendu que par le Peuple. Un Peuple = une monnaie. L’euro étant trop artificiel pour survivre. La seule question qui vaille aujourd’hui est le mode de dissolution, mode URSS ou mode Yougoslavie ?

    Bien cordialement

    JP RAT
     

  23. step dit :

    ah voilà une explication qu’elle est claire, car honnêtement j’ai trouvé qu’on vous avait mangé votre temps de parole à la radio. j’espère que cela ne se reproduira pas.

  24. Incognito dit :

    La référence pour l’analyse des finances publiques, ce ne sont pas les chiffres de l’état central uniquement, comme certains l’affirment ici. Ce sont les chiffres pour l’ensemble des pouvoir publics, càd:
    - L’état central
    - La sécurité sociale (qui pèse très lourd en France, mais est quasiment inexistante au Danemark par exemple car les allocations sociales y sont financées par l’impôt)
    - Les régions (insignifiantes en France, mais qui pèsent lourd dans des états fédéraux tels l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique)
    - Les autres autorités locales

    Pour les pays européens, on peut trouver énormément de données sur le site Eurostat:
    http://epp.eurostat.ec.europa......troduction

    Ceux qui sont trop paresseux pour apprendre à utiliser ces bases de données, trouveront une bonne synthèse pour chaque pays dans ce document-ci:
    http://epp.eurostat.ec.europa......001-EN.PDF
    Page 15 pour la France.

    Au passage, j’admets avoir fait une petite erreur: les charges d’intérêt de la France ne sont pas de 4% du PIB, mais de 2.5%.

  25. Julien dit :

    Le FESF, ça me rapelle une blague de mon enfance.
    C’est l’histoire d’un banquier qui appelle un de ses clients dont le découvert est au-delà du quota autorisé.
    Le gars de répondre : ” attendez, je passe à la banque pour vous faire un chèque!”

    • je crois que je l’ai mise dans mon bouquin ;) C’est EXACTEMENT ce qui se passe.

      • FrédéricLN dit :

        Elle est excellente et bien dans le ton du billet, tout aussi simple et clair.

        Si nous étions sur un chemin crédible de retour à l’équilibre annuel, je comprendrais un replâtrage de transition pour quelques mois (qui aurait dû avoir lieu il y a des années, mais bon).

        Mais notre Président nous explique à la télé qu’il a tout bon depuis 2007, peut-être à 3 pour 1000 du PIB près (6 milliards). Embrassons-nous, Folleville ! 

  26. henry38 dit :

    au cours des années 70-80, l’inflation était telle (près de 10 % l’an) qu’il était rentable de s’endetter auprès de n’importe quelle banque. J’en ai d’ailleurs profité en achetant une vieille maison que j’ai restauré. Quelques années plus tard, j’ai vendu ce bien en réalisant une plus-value non négligeable. 
    Cet exemple prouve que la planche à billets a aussi un bon côté.
    L’autre bon côté de l’inflation dirigée par la création monétaire est l’appauvrissement des rentiers (dont je fais partie maintenant puisque retraité) qui voient leur rente ou leur capital fondre. Mécaniquement les dettes souveraines voient alors leur valeur nominale diminuer, si j’ai bien compris mais vous me contredirez si j’écris des non-sens n’étant pas un économiste.
     Les dirigeants de la zone euro n’ont à mon avis plus trop d’autre choix que de faire des QE comme l’administration américaine et faire fonctionner la planche à billets.
    Le retour de l’inflation (disons 5 à 6 % l’an) résoudra en partie la crise de la dette souveraine en un temps relativement court. 
    Cette création monétaire de novo, donc artificielle, ne sera pas du goût des marchés mais aura aussi pour effet de créer une dévaluation de l’euro qui ne sera que bénéfique pour les économies européennes.
    Qu’en pensez-vous ? 

    • A l’époque :
      1/ les salaires augmentaient, nous n’étions en régime de mondialisation
      2/ l’Etat n’avait pas de dette, donc l’inflation ne l’a pas mis en défaut… En effet, ils vont devoir s’endetter pour rouler la dette à des taux de plus en plus élevés, largement supérieur à l’inflation – avant que les investisseurs ne prêtent plus du tout… La dette de l’Etat a une durée moyenne d’à peine 6 ans, pas 30…
      3/ la source de l’inflation n’était pas une utilisation à outrance de la planche à billets…

      Cela n’est plus vrai…

      • step dit :

        il n’y a guère que la Belgique et quelques pays qui ont l’indexation des salaires sur l’inflation (et on leur recommande vivement de lâcher cette idée). Hé oui le droit social est bien mort pendant que tout le monde roupillait !
        Actuellement si inflation c’est la mort et du rentier et du consommateur et de l’état.
        D’ailleurs avec l’indexation à grand coup d’écran plasma qu’ils nous calculent, je suis pas sûr de l’intérêt de batailler pour une ré indexation…

  27. ab dit :

    Incroyable simplicité de compréhension de l’article… Franchement, merci et continuez ! J’aimerais pouvoir donner un coup de main mais le temps me manque en ce moment :(
    Et je comprends mieux le coup du 100 milliards sur 350 = 50% . Là je me suis vraiment posé des questions en lisant le communiqué…
    Question : J’ai lu que les créanciers pourront échanger leurs obligations pourries contre des obligations de valeur diminuée par deux à partir de janvier 2012 et jusqu’en 2020. En tant que créancier (je ne le suis pas, je me mets à leur place), n’ai je pas intérêt à les échanger le plus tardivement possible (afin d’assurer mes arrières) ?? Dans ce cas, la dette grecque ne bougerai pas d’un poil jusqu’en 2020 ??
    C’est pas fini pour la Grèce en tout cas !

  28. Anastasia dit :

    Quand vous dites :
    “Il n’y a aucune raison de protéger l’investisseur obligataire, alors qu’on n’aide jamais l’investisseur en actions ou en immobilier face à des pertes – et c’est normal.”
    Il y a un maillon manquant dans la démonstration, c’est le quidam qui a pris une assurance vie avec — bien sûr — capital garanti, et je ne parle pas des intérêts promis. Ce quidam n’est pas sensé savoir que c’est adossé à des obligations, et n’a pas demandé à prendre des risque. Est-il normal qu’il perde sa mise, car dans ce que vous recommandez c’est le dernier maillon qui perd, et donc c’est ce pauvre quidam, et pas nécessairement si “riche” que ça…
     
     

    • 1/ le défaut sera évidemment partiel, et ne concernera aucunement 90 % de la population qui ne possède même pas 30 % des obligations de dette publique…

      Pour les autres, ma foi, on a le droit de ne pas être naïf et de veiller à ce qui est fait de votre épargne…

    • Incognito dit :

      Pourquoi vous limitez-vous donc aux quidam qui investit dans des assurances-vie?
      Si l’état français fait défaut, toutes les banques française font faillite. Toutes. Et comme l’état français aura fait faillite, il n’y aura plus de garantie des dépôts bancaires. Donc les dépôts bancaires: bye bye! Les livrets A: bye bye! Bonjour les bank runs!
      Suivront les entreprises, dont la plupart comptent sur un refinancement régulier de leurs emprunts quand ils arrivent à échéance. C’est pas compliqué: plus de banques, plus de refinancement. Les entreprises (à l’exception des plus grandes ayant accès aux marchés financiers internationaux): bye bye!
      C’est à peu près le programme suivi par les Etats-Unis entre 1929 et 1933: 11.000 banques américaines sur 25.000 ont fait faillite à cet époque. Mais je suis sûr que Mr. Berruyer va nous expliquer que cela a fait le bonheur des travailleurs.

      • Bruno Lemaire dit :

        Petite question.
         
        D’un côté vous avez un tas d’argent ou d’or (cf. MIDAS)
         
        De l’autre côté, vous avez un tas de machines, d’usines, de ‘travailleurs’.
         
        Vous avez le choix entre faire disparaître l’un des deux tas. Que choisissez vous.
         
        Si vous hésitez, je vous conseille vivement d’aller lire “l’île des naufragés”, de Louis Even, cela vous aider à choisir.
         
        A suivre sans doute, cordialement, Bruno Lemaire.

        • Incognito dit :

          Etats-Unis, 1929-1933
          11.000 banque en faillite sur 25.000
          Destruction d’une bonne part de l’épargne des ménage.
          Bank runs à répétition.
          Credit Crunch massif.
          Effondrement des investissements des entreprises (quasiment zéro en 1932)
          25% de chômage (et quasiment pas d’allocation de chômage à l’époque)

          Politique monétaire restrictive. Refus de la part de la Fed d’assumer son rôle de prêteur en dernier ressort envers les banques confrontées à des problème de liquidité. Politique budgétaire restrictive. Super programme.

      • Du tout, cela va être très dur. Maintenant, à vous de croire que l’inéluctable n’arriver pas…

        Je précise que les banques n’ont pas nécessairement à faire faillite – il faudra même l’éviter. Les pertes obligataires seront in fine refacturées aux détenteurs de l’épargne investie en obligations publiques – le Livret A n’est nullement concerné, évidemment.

        Relisez l’interview de Roberto Lavagna sur le blog, il explique comment cela s’est passé en Argentine.

        Si vous pensez que la destruction de la monnaie est mieux pour les travailleurs, libre à vous…

      • Jean-Paul dit :

        @Incognito
        Les dépots, hors livrets A et Bleu, représentent 1205 Mia € à fin juillet et le Fonds de Garantie des Dépots dispose de 2 Mia € pour garantir les 1205 Mia € de dépots … Vous ne pensez pas que c’est déjà cuit …
         
        Les grandes entreprises ne savent plus comment sécuriser leurs liquidités et Siemens a non seulement retiré 500 Mio € de la SG mais au total prés de 6 Mia € pour les mettre dans une banque avec moins de risque de faillite …

        • Incognito dit :

          @Jean-Paul
          Ce n’est pas moi qui affirme que l’état français est en faillite (et je suppose que Mr Berruyer part du principe que quasiment tous les états sont en faillite). Donc, rien “n’est cuit”. Dans le cas très peu probable où la garantie des dépôts s’avérerait nécessaire, l’état français emprunterait un peu plus pour la financer. Aux taux d’intérêts actuels, cela n’aurait rien de dramatique.

          • Jean-Paul dit :

            Si on considère nos 3 principales banques CA+BNP+SG alors elles disposent d’environ 590 Mia € de dépots et occupent 49% du marché. Si le CA tombe avec la Grèce (28 Mia d’exposition) alors on pourrait imaginer que 30% des 350 Mia de dépots seraient à risque soit 75 Mia €. Il est impossible pour la France de les emprunter pour honorer sa garantie, et ce sera un effet boulle de neige.
            Par ailleurs, les corporates sont très inquietes pour leurs liquidités ce qui conforte le fait que nous sommes bien dans une situation où la moindre étincelle nous fera sombrer.
            Il faut donc agir rapidement, et de mon avis les banques devraient être recapitalisées par une prise de controle de l’Etat puis par une séparation forcée des acitivités de dépots et de BFI. Ainsi nous pourrions enfin espérer que les dépots ne soient plus en risque et qu’à la moindre étincelle il n’y ait pas de bank run …
            Au travers de vos commentaires, je ne percois pas bien votre volontarisme, ou non, à mettre enfin de l’ordre dans le système bancaire et faire cesser le casino permanent. Le système bancaire est la clé de toute notre économie, il ne doit plus être laissé dans des mains dont l’objectif est la cupidité absolue, et doit plutot être remis au service de notre société et avec une gestion de bon père de famille.
            Tout ceci pour dire que l’on peut avoir la meilleure approche possible pour notre économie, mais cela ne restera que théorie si nous ne disposons pas d’un controle fort sur les instruments (banques) pour la mettre en place. Hors ce point, sauf erreur de ma part, n’est pas abordé et est pourtant la clé.

          • Vous avez juste un léger présupposé : c’est que vous continuez à trouver des gogos pour prêter de l’argent. Tant que vous en trouvez, il n’y a pas de problèmes, en effet…

            N’hésitez donc pas, Incognito, à prêter votre épargne à Silvio Berlusconi. Je m’en garde pour ma part…

          • Incognito dit :

            @Jean-Paul
            C’est une crise très complexe qui met en lumière tous les manquements de l’Euro. Une solution possible est d’abandonner l’Euro. L’autre solution est de rémédier aux manquements de l’Euro.
             
            Vous avez raison de parler du secteur bancaire. Mais je ne crois pas que vos solutions soient les bonnes. Dans une union monétaire, des déséquilibres économiques persistants vont se traduire par des problèmes de sur- et sous-endettement (public ou privé) d’une part, et des problèmes de compétitivité d’autre part.
             
            Première axe: éliminer les interactions malsaines entre états et banques
            Les problèmes de sur- et sous-endettement passe inévitablement par le secteur bancaire, qui est un des principaux intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Ce qui pose énormément de problèmes au sein de la zone Euro, c’est qu’il y a une interaction extrêmement malsaine entre la situation financière des états et celle des banques. Il faut mettre fin à cette interaction malsaine. Un papier du FMI qui explique cela très bien:
            http://www.imf.org/external/np.....101511.htm
             
            Pour mettre fin à cette interaction malsaine, il faut:
            - Instaurer une garantie des dépôts commune à la zone Euro. Il s’agit de protéger les épargnants en cas de crise d’en seul état. Il y a un bank run silencieux en cours en Grèce parce que les gens n’y croit plus en la garantie des dépôts de l’état grec. Ce ne serait pas le cas avec une garantie commune.
            - Exiger que les banques aient un portefeuille d’obligations étatique bien diversifié. Cela protègerait les banques d’une faillite de leur propre état. Cela aurait eu de très bon effets en Grèce.
            - Mutualiser toutes les interventions dans le secteur bancaire, qu’il s’agisse de recapitalisations, financements, ou mise en faillites bancaire. C’est parce que l’état irlandais a essayé de sauver ses banques insolvables qu’il a lui même eu des problèmes. L’Irlande aurait dû laisser ses banques faire faillite. Si les autres pays européens avaient alors considéré que cela posait un problème systémique pour toute la zone Euro, c’est eux qui auraient dû intervenir. C’est le même style de dynamique qui est en cours au Portugal. Mais si l’état portugais doit assumer le sur-endettement du secteur privé, il est probable qu’il sera insolvable. Si l’état portugais ne doit assumer que sont propre sur-endettement, il devrait pouvoir s’en tirer.
            - Tout cela mène logiquement à ce que la régulation et la supervision des banques se fasse au niveau de la zone Euro.
            - Et il faut une entité qui ait les moyens financiers et le mandat politique de faire de telles interventions. En d’autres mots, un Ministère des Finances.
             
            Deuxième axe: la compétitivité.
            - En gros on a des pays qui ont trop soutenu la demande intérieure et d’autres pas assez. Résultat: ceux qui ont trop soutenu la demande intérieure sont trop endettés et pas assez compétitifs. Et vice versa.
            - Il faut donc que les pays qui ont trop soutenu fasse l’inverse de ce qu’ils ont fait précédemment. MAIS AUSSI LES PAYS QUI N’ONT PAS SOUTENU LEUR DEMANDE INTERIEURE, comme l’Allemagne.
            - Il faut donc coordonner les ajustements macro-économiques nécessaires. Et non pas comme l’Allemagne le demande, faire peser tout le poids de l’ajustement sur les pays en difficulté. Si cela se produit, on aura très rapidement une dépression.
            - On a 2 grandes variables d’ajustement à court terme: les déficits budgétaires et les salaires.
            - Pour faire simple, les pays qui ont des déficits budgétaires trop importants doivent les diminuer, mais pas trop brutalement. C’est en cours. L’Espagne en est un bon exemple. En théorie, les pays en bonne santé comme l’Allemagne devraient augmenter leur déficit budgétaire. Mais ils ne veulent pas pour 36 bonnes et mauvaises raisons.
            - Donc la principale variable d’ajustement passe par les salaires. Il faut respecter deux contraintes. Un, il faut que les salaires ne baissent pas en nominal dans les pays en difficulté. Pourquoi? Parce que cela ne ferait qu’aggraver les problèmes d’endettement, puisque la dette reste fixe en nominal. Deux, il faut que les salaires des pays en bonne santé augmentent clairement par rapport à ceux des pays en difficulté. Le couple Espagne-Allemagne en est un bon exemple: 2% de croissance des salaires en Espagne, 5% en Allemagne. 3 ans à ce rythme et l’Espagne aura retrouvé sa compétitivité par rapport à l’Allemagne, sans trop aggraver ses problèmes de sur-endettement privé.
             
            Troisième axe: la confiance mutuelle
            - Une des causes de la crise des dettes étatiques, c’est que l’Allemagne et la BCE émettent en permanence des doutes quant à la solvabilité de pays tels l’Italie. Et puis on est surpris que les investisseurs privés en tiennent compte.
            - En terme macro-économique, c’est un non-sens. Je n’ai pas envie de détailler ici, mais la Belgique avait en 1993 une dette publique de 140% du PIB. Elle n’a eu aucune difficulté à la réduire jusque 84% du PIB en 2007. Petite remontée depuis jusque 97% à cause de la crise.
            - La dette publique peut monter très haut si l’économie ne souffre pas de gros déséquilibres macro-économiques et si la population est capable de financer cette dette par sa propre épargne. C’est le cas de la Belgique. C’est le cas de l’Italie. Ce n’est pas le cas de la Grèce.
            - Si les pays européens en bonne santé continuent de miner la confiance dans les pays en difficulté, il provoqueront une phénomène d’insolvabilité auto-réalisatrice. C’est complètement débile. Voir un papier clé de De Grauwe:
            http://www.econ.kuleuven.be/ew.....zone_s.pdf
             
            Quatrième axe: le rôle de la BCE
            Toute économie a besoin d’un prêteur en dernier ressort. Normalement c’est la banque centrale qui fait cela, puisqu’elle a une capacité d’intervention sans limite. Mais la BCE se refuse à assumer ce rôle clé d’une banque centrale. Parce que les traités limitent son champs d’action. Parce que les membres du comité monétaire n’ont pas le mandat politique nécessaire.
            Il faut probablement repolitiser la BCE pour lui donner un mandat de prêteur en dernier ressort. Probablement en combinaison avec la création d’un Ministère des Finances de la zone Euro. Il ne s’agit pas de demander à la BCE de faire de la monétisation à outrance. Plusieurs configuration institutionnelle sont possible, mais la BCE doit y jouer un rôle.

          • “Toute économie a besoin d’un prêteur en dernier ressort. Normalement c’est la banque centrale qui fait cela, puisqu’elle a une capacité d’intervention sans limite. Mais la BCE se refuse à assumer ce rôle clé d’une banque centrale. ”

            Cela participe au bourrage de crane qu’on subit depuis des mois. Ou diable avez vous que la banque centrale est le préteur en dernier ressort DES ETATS ?

            Une BC est “le préteur en dernier ressort” des BANQUES, ce qu’elle fait parfaitement. Pourquoi aussi le prêteur en dernier ressort de tout le monde aussi, surtotu les endettés ne surendettement.

            Votre entreprise est en faillite ? Pas de souci, allez à la BCE, elle vous imprimera10 M€, c’est le nouveau “prêteur en dernier ressort”…

            Enfin, le peuple Allemand n’acceptera jamais que la BCE utilise fortement la planche à billets. Ils ont connu 1923 et son hyperinflation. J’approuve cette vision. Je comprends que vous ne l’approuviez pas. Mais c’est comme cela. Il ne faut pas faire une monnaie unique avec eux si vous ne partagez pas cette vision… (validée par référendum en France pour mémoire)

      • Bruno Lemaire dit :

        Bonjour
         
        Autre petite question (j’espère qu’elle soulèvera plus d’intérêt et de curiosité que la précédente)
         
        Supposons que les 4 ou 5000 milliards de dettes privées françaises (peu importe ici le chiffre, c’est juste pour illustrer), au lieu d’être détenues par les banques commerciales de second rang, soient détenues par la banque centrale.
         
        Est-ce que cela changerait quelque chose pour les débiteurs, et donc (?) pour vous?
        (je ne pose pas la question aux créanciers ;) )
         
        Si oui, pourquoi?
         
        si non, pourquoi?
         
        Oui, il y a 3 questions, c’est vrai ;)
         
        Cordialement,
         
        Bruno Lemaire

        • Oui, car les fonds ne sont majoritairement pas possédés par des banques commerciales de second rang, mais par des fonds de gestion collectant l’épargne des français.

          Avec la banque centrale, il y aurait création monétaire, avec les investisseurs, non . 5 000 Md€ de monnaie en plus serait une folie…

          S’imaginer qu’on peut créer de la richesse avec une planche à billets est certes aussi vieux que la monnaie scripturale (4 siècles), mais l’Histoire montre que ça finit à) peu près toujours mal – c’est pourquoi a d’ailleurs été créé l’étalon-or.

          Je rappelle que je suis POUR la loi de 1973 interdisant le concours de la banque de France à l’Etat, c’est sain, MAIS qu’il a manqué une chose ESSENTIELLE ayant causé nos difficultés : une RÈGLE D’OR interdisant les déficits (hors récession) et obligeant à une dette nulle sur 5 ou 10 ans glissants. Que l’Etat fixe à son bon vouloir le niveau des dépenses (et tout est possible), à lui de simplement collecter les recettes avec cet outil magique inventé il y a plusieurs millénaires : l’impôt.

          Mais bon, cela demande il est vrai une chose rare : du courage politique – c’est plus simple de faire croire aux gens qu’ils auront des prestations sans que cela ne leur coûte rien….

          Bruno : allez au bout du raisonnement : supprimez l’impôt, et financez 100 % de l’Etat par création monétaire ! ;) Ca marchera d’ailleurs – un temps…

  29. Sovanna Sek dit :

    Bonsoir, votre billet est intéressant.

    Nous sommes dans le déni en essayant de gagner du temps. A force d’aider les maillons faibles de la zone euro, cela coûtera de plus en plus cher et ça se terminera mal avec une possible éclatement de la zone euro entraînant la chute du système bancaire européen et des révoltes sociales.

    Tout d’abord, la zone euro est une zone hétérogène car les 17 pays qui ont adopté la monnaie unique, ont des modèles économiques différentes. Prenons deux exemples :

    Allemagne et Pays-Bas : économie basée sur la réduction des coûts de travail pour développer leur industrie et favoriser les exportations
    Espagne et Irlande: économie basée sur la construction du parc immobilier et l’endettement des ménages

    Résultat jusqu’aujourd’hui : L’Espagne et l’Irlande connaissent des difficultés depuis le déclenchement de la crise des subprimes tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas arrivent à se redresser.

    Deuxièmement, l’euro ne peut pas être dévalué (dommage pour les exportations) du fait que les 17 naïfs ont laissé à la BCE la fixation du taux de change et d’intérêts. De plus, cela s’est fait sans gouvernance économique.
    Enfin, je pourrais ajouter que les 17 naïfs ne parlent pas tous la même langue, n’ont ni la même mentalité et cela ne favorise pas la mobilité des travailleurs européens. Deux raisons en plus qui montrent que la zone euro est une zone hétérogène.

    Etant passionné des marchés financiers avec un horizon d’investissement à long terme, vous avez constaté ce jeudi 28 octobre 2011 que les marchés étaient euphoriques dans le but de ramener de la confiance auprès des clients des différents de sociétés de gestion. Cependant, je pense que cette hausse spectaculaire a été orchestré par une minorité de spéculateurs sans états d’âme car les vrais investisseurs ne sont pas encore revenus sur les marchés. Ainsi, dans les jours, les semaines ou les mois à venir, on peut craindre le pire. Espérons que nous passerons de bonnes fêtes de fin d’année !!
     
     

  30. Incognito dit :

    Aux Etats-Unis, la Fed a massivement injecté des liquidités dans l’économie avec ses programme de QE1 et QE2. Voici le résultat en terme d’attentes d’inflation: 1.4% d’inflation par an pour les 10 prochaines années!
    http://www.clevelandfed.org/re......nav=Local
    Oh mon dieu, c’est horrible!
     
    L’économie américaine tourne loin en-dessous de ses capacités. Par conséquent, les salaires stagnent. Sans inflation salariale, pourquoi y aurait-il beaucoup d’inflation? Juste un peu sur les produits importés et les matières premières.
     
    Injecter des liquidités à bon escient n’est pas inflationniste. Et si nécessaire, la BCE peut parfaitement stériliser ses rachats obligataires. Ce que la BCE fait d’ailleurs déjà.  En particulier auprès des banques du nord de l’Europe qui ne savent quoi faire de leurs liquidités puisqu’elles refusent de prêter aux banques du sud de l’Europe.
     
    L’Europe était dans une situation plus favorable que les Etats-Unis et n’avait pas besoin de QE. Mais avec la crise de l’Euro, on se dirige droit vers la même situation. Sauf qu’avec une banque centrale qui refuse d’injecter des liquidités à bon escient, la situation va rapidement devenir bien plus grave qu’aux Etats-Unis.

    • Le retour des faux monnayeurs… :(

      Ils sont officiellement à 4 % :

      http://research.stlouisfed.org.....mation=ch1

      Les vrais chiffres non truqués sont pire :

      http://www.shadowstats.com/alt.....ion-charts

      L’angleterre est à 5 %, avec une énorme baisse du pouvoir d’achat, du coup…

      Au delà de la création monétaire, vous transformez la BCE en bad bank, bourrée d’actifs pourris…

      Mettez le doigt la-dedans, “à bon escient” (en théorie, je susi d’accord avec vous) et on vous imprimera bientôt des centaines de milliards pour sauver l’épargne fictive des ploutocrates… Vous verrez – ils en sont déjà à mendier aux chinois…

      • Incognito dit :

        Premièrement, vous semblez ne pas savoir faire de distinction entre l’inflation actuelle et les attentes d’inflation. J’ai parlé des attentes d’inflation.

        L’inflation actuelle aux Etats-Unis réflète principalement la hausse de 30% des prix du pétrole sur les 12 derniers mois, et dans une moindre mesure la dépréciation du dollar. Pour que le pétrole ait le même impact inflationniste dans le futur, il faut qu’il augmente de 30% tous les 12 mois. Cela impliquerait un baril à plus de 140 $ dans 12 mois, et à plus de 180 $ dans 24 mois. Rien n’est impossible, mais bon …

        Phénomène similaire au Royaume Uni, quelque peu amplifié par la dépréciation plus forte de la livre sterling. Il y a aussi un peu plus d’inflation salariale (2%) qu’aux Etats-Unis. Assez logique que l’inflation y soit un peu plus élevée.

        Dans les 2 cas, cette poussée de l’inflation sera temporaire tant qu’elle n’est pas relayée par de l’inflation salariale forte. Et vu la faiblesse de l’économie, il y peu de chance que cela se produise pour un bon bout de temps. La plupart des économistes pensent que l’inflation est à son pic aux Etats-Unis, et qu’elle va bientôt retomber vers les 2%. Cette analyse me paraît tout à fait logique. 
         
        Deuxièmement, vous n’êtes visiblement pas capable de faire la distinction entre injections ciblées de liquidité par la banque centrale et création monétaire. Ce n’est pas la même chose.

        Dans le cas de la BCE par exemple, les 169MM de rachats d’obligation étatiques (inclus dans le 7.1 à l’actif http://www.ecb.int/press/pr/wf.....25.fr.html) sont compensés par des retraits de liquidités (point 2.3 au passif). Création monétaire: quasiment zéro.

        Racheter des obligations étatiques, cela peut être de la création monétaire. Mais cela ne l’est pas nécessairement. Et cela ne l’est certainement pas dans le cas de la BCE.
         
        En ce qui me concerne, ces obligations étatiques ne sont en rien des actifs pourris, sauf dans le cas de la Grèce. Je remarque que vous êtes bien incapable de répondre à mon post du 28 17h17. Et pour cause …
         
        Vous me traité de faux-monnayeur. Que devrait-on penser d’un emprunteur qui refuserait de rembourser ses dettes alors qu’il en est parfaitement capable. Moi j’appelle cela du vol pur et simple. C’est en fait ce que vous proposez.
         

        • 70 défauts d’Etats dans les derniers 35 ans.

          Défauts de la France : 1943, 1915, 1870, 1815, 1797, 1715, 1661…

          enfin, ‘”l’argument de la malhonnêteté”. Un Etat est en effet toujours capable de rembourser, il lui suffit de saisir le patrimoine de la population. Allez savoir pourquoi, en général, il préfère ruiner ses créanciers…

          C’est ça la différence entre un Etat et un ménage. L’Etat peut choisir de ne pas rembourser. La question n’est pas “peut il rembourser” mais “veut il rembourser – en prenant les mesures difficiles nécessaires” ? Et généralement, ça s’arrête, comme des siècles d’Histoire le montrent.

          Vous verrez ce qui va se passer avec la Grèce, un jour d’émeute ou d ‘élection…

          Et c’est tellement simple à comprendre : si l’Etat ne PEUT pas lever des impôt cette année pour équilibrer le budget, quelle naïveté de croire qu’il arrivera à le faire demain, avec des intérêts en plus à verser…

          Car je vais vous dire un secret : un Etat n’est pas toujours honnête, mais chuuuut. N’hésitez pas à maintenir la cavalerie en prêtant votre argent, pas de souci. C’est pour cela que je prône l’interdiction de la dette d’Etat, cela évite de ruiner les créanciers (car je suis honnête, mais aussi lucide, malheureusement).

          Vous attendez que 90 % de la population se saigne pour rembourser 10 % de la population la plus riche. C’est une vision. Acceptez-vous simplement en bon démocrate que nous la validions par réferendum ? (je voterai non)

          Un défaut d’Etat n’est nullement du vol, c’est juste un perception d’impôts (qui auraient dû être prélevés par le passé).

          Mais bon, si ça vous défrise trop, pas de souci. Il suffira de prélever 50 % de l’épargne financière (comptes courants, actions,obligations, livrets…) des français pour rembourser (c’est le montant exact). Comme elle est détenue surtout par les 10 % les plus riches, cela revient au même. Cela vous plait plus ?

          P.S. il ne vous a pas échappé que la base monétaire M0 augmente quand même ?
          P.P.S. je ne parle que de l’Etat, pas des comptes de la Sécu et des administrations locales. Car le problème concerne surtout les Etats
          P.P.P.S. si vous ne changez pas de ton, je ne passe plus vos billets. Je répondrai au fond dans des billets la semaine prochaine.

  31. yope dit :

    Bonjour Olivier,

    Tout d’abord merci pour ton travail. Je pense qu’il est important de rappeller la masse de travail que tu produis via ton blog mais aussi via (ce que l’on peut appeller) les mass media.

    Je poste ici mon premier commentaire, tout simplement pour soulever quelques points qui me semblent importants pour la compréhension de l’actualité en général. Je ne souhaite pas m’étaler sur la crise de la grèce, la situation sur les dettes souveraines occidentales ou encore la montée des pays émergents sur la scène internationale… et bien d’autres sujets tout aussi intéressants. Je souhaite simplement conduire les lecteurs à la réflexion.

    Tout d’abord je souhaite rappeller que l’économie (en général) est ce qu’il y a de plus simple à comprendre.

    L’économie est à mon sens régie par la notion d’équilibre, par exemple si je pers 1 € mon voisin gagne 1 € (celui que j’ai perdu). Ce principe de base peut soulever bien des questions sur l’histoire et l’actualité économique. Où est passé l’argent qui pèse sur les dettes publiques, par exemple ??

    Dans toute situation, il y a toujours des gagnants et des perdants. Encore faut il pouvoir déterminer qui a gagné et qui a perdu. 
      
    Je pense que pour réfléchir à un sujet, pour analyser un sujet, il est nécessaire de prendre de la hauteur, d’effectuer une lecture d’ensemble pour enfin arriver à une lecture locale. (Comme un entonoir).

    Enfin je terminerai par une interrogation. Dans n’importe quelle situation, le plus important est de savoir à qui profite la situation ?????   

    Parfois pour comprendre, n’est il pas plus réaliste et responsable d’aller à l’essentiel ?   

       

        

  32. Eddie Constantine dit :

    C’est bizarre cette crainte de l’inflation. Nous vivons dans un monde de faux monnayeurs dont seuls les Etats européens sont exclus.
    Compte tenu de la situation économique et financière mondiale, le seul moyen de s’en sortir est de passer  par la consommation intérieure. J. Sapir propose même au bénéfice d’une dévaluation de 25/30 % d’augmenter les bas salaires de 5 %.  Mais il faut contrôler la destination et l’usage de cette nouvelle masse monétaire (planche à billets). Il faut donc rétablir les frontières et les droits de douane pour ne pas engraisser les Etats voyous au sens de “la Havane” et particulièrement les Allemands et les Chinois. On a vu ce qui s’est passé quand on a voulu favoriser le solaire.
    Actuellement les sacrifices demandés au Français ne servent qu’à alimenter l’évasion des capitaux privés, le remboursement de la dette et le déficit de notre commerce extérieur. Nous payons pour engraisser les autres, et c’est inacceptable.

    L’inflation, ayant pour corollaire la dévaluation permettra le redémarrage de notre économie, l’amélioration de notre balance commerciale  et l’apurement de la dette. 
    Si l’hyper inflation peut être dans certains contextes internationaux prétexte de guerre, elle peut être aussi le meilleur moyen d’en soigner les plaies. Après guerre la dette de la France était de 230 % de son PIB. 
    A partir de là, et seulement, on pourra régler le solde des niches fiscales, continuer à réduire les dépenses inutiles de l’Etat, y compris les plus petites, relancer son rôle dans des secteurs clefs comme la santé, la sécurité etc.

    Notre dette: Depuis que Sarkozy nous a annoncé quelle serait doublée ou triplée, je tremble. Le plus important, c’est qu’il faut la geler. Sapir encore lui estime le surcout de la dévaluation à 80 milliards, probablement 100 de nos jours tant les choses évoluent rapidement. La belle affaire, dans pas longtemps ce sera le montant des intérêts annuels si on continue comme ça avec l’austérité promise et la récession probable.

    Un mot sur les banques dont le sort semble en inquiéter quelques-uns: on doit les laisser faire faillite (ils ont voulu le capitalisme et l’ultra libéralisme, non ?), les racheter à vil prix, les remettre en ordre par un Glass-Steagall, remettre dans le circuit les banques d’affaire et garder une main mise de contrôle sur les banques de dépôt que l’on aura remises à flot en garantissant les cc, les épargnes et les circuits de financement des entreprises. Il ne peut pas y avoir d’économie saine et sécurisée sans cela, je crois que nous en sommes tous convaincus.

    La France est une nation majeure dans le concert international: 5 eme puissance économique, siège permanent au conseil de sécurité, dotée de l’arme nucléaire. Il fut une époque où elle avait aussi une voix qui portait haut et fort. Il y en a marre de jouer petits bras, il est temps de reprendre notre destin en main. 
    Et moi je crois que selon le résultat de la présidentielle, on peut s’en sortir sans trop de bobos.

    Je suis sûr que la quasi totalité des intervenants sur ce blog connaissent le travail de Sapir “s’il faut vraiment sortir de l’euro”, mais aux autres je conseille de le trouver sur internet et de le lire attentivement. Il a tout décortiqué, et avec Wiki on arrive à bien comprendre  les quelques chapitres un tout petit peu difficiles.

    • Bruno Lemaire dit :

      Bonjour
      Sapir est effectivement fort intéressant, car il est l’un des rares économistes à avoir une vue cohérente de la situation. Sur certains points, il s’inscrit totalement dans le droit fil des pensées de Maurice Allais.

      Nous différons cependant sur un point essentiel, celui de la protection qu’il veut installer aux frontières de l’Europe, ou peut être aux frontières de l’actuelle zone euro, alors que le déséquilibre fait partie de cette zone euro, l’Allemagne et les Pays Bas tirant les marrons du feu.
       
      Un protectionnisme intelligent doit faire respecter les équilibres commerciaux aussi à l’intérieur de la zone euro, ce qui est très loin d’être le cas.
       
      A suivre peut être
       
      Cordialement
       
      Bruno Lemaire, professeur émérite HEC

  33. MAURIER Claude dit :

    Bonjour,

    Spécialiste des relations humaines, depuis deux années j’essaie de rentrer dans la compréhension des phénomènes financiers. Cela vient progressivement. Je m’appuie sur les échanges des ” experts ” tels que vous, et je m’interroge sur le point global suivant : que vont répondre les populations lésées, ponctionnées à la folie des spéculateurs ? Vont-elles réagir en violence ou en sagesse aux mensonges répétés, aux ” enfumages ” des politiques ? J’aimerais que vous fassiez entrer dans vos analyses le facteur humain. Pour envisager les solutions il faudra sortir des raisonnements qui sont faits ici dans le cadre du système actuel qui est potentiellement mort. Je crois personnellement à la montée d’un mouvement mondial pour imposer des changements profonds.

    • vous avez raison, je le garde toujours en tête. Ils vont évidemment mal réagir, et c’est dangereux.

      Mais 1€ de dette publique ne moins, c’est comptablement obligatoirement 1€ d’épargne privée en moins. C’est ainsi.

      C’est pour cela, entre autres, que je suis pour interdire la dette publique – cela finit toujours mal…

      • Bruno Lemaire dit :

        Je suis à la fois pour interdire le recours aux marchés financiers pour financer d’éventuelles dettes publiques (qui ne devraient plus exister s’il n’y a pas de déficit public, et si on finance ‘correctement’ les dépenses publiques – impôts ou création monétaire, là n’est pas le sujet, c’est le contrôle qui est important) et AUSSI tout faire pour éviter les déficits commerciaux, seule façon de se passer des marchés financiers internationaux.
         
        Très cordialement
         
        Bruno Lemaire.

  34. Choupinet dit :

    Ouf, merci pour cette lumineuse mise au jour. Ca fait vraiment du bien. Ca fait vraiment mal au c… aussi, mais ça, tu n’y es pour, rien et puis c’est tous les jours…

    Bizarrement, ça me rend optimiste, ce mensonge éhonté de nos dirigeants : c’est l’aveu mal caché de leur désespoir, et à part quelques éventuelles émeutes malheureuses à venir, ça va bien se passer, finalement. Il va y avoir un glissement vers les peuples.

     

  35. Bruno Lemaire dit :

    @ Olivier, qui sonde les reins et les cœurs (au moins des commentateurs, nombreux, de son billet, fort intéressant)
     
    Olivier écrit: “Bruno : allez au bout du raisonnement : supprimez l’impôt, et financez 100 % de l’Etat par création monétaire ! Ca marchera d’ailleurs – un temps…
     
    Cher ami, c’est presque ce que je dis – pas tout à fait cependant.
     
    Il y a deux possibilités, deux “solutions”.
    On peut effectivement supprimer tous les impôts et, en étant dans le “100% Allais” faire de la création monétaire (ex ante) plutôt que de la taxation (“ex post”).
    C’est la solution imaginée par Louis Even et le Major Douglas. Mais ceci EXIGE d’avoir une surveillance très stricte de cette émission monétaire, un Office National du Crédit, qui n’émettra cette éventuelle nouvelle monnaie qu’en fonction des besoins seuls de l’économie. Plus facile à dire qu’à faire.
    Pour moi, si l’on prend cette voie, cette surveillance doit être sous l’autorité de:
    1) la puissance publique
    2) les entreprises
    3) les salariés
    4) les consommateurs
    (Mais cela n’est pas impossible, voir en particulier mon blog monnaie publique
    http://monnaiepublique.blogspo.....revol.html)
     
    et sûrement pas les “marchés financiers”.
     
    Là encore, la difficulté n’est pas l’inflation, mais le commerce extérieur, dont il faut à tout pris réguler les excès.
     
    Une autre solution, proposée par Maurice Allais, serait de taxer uniquement le capital, ce qui remplacerait tous les autres impôts (à l’exception sans doute de la TVA)
     
    Cher Olivier, en espérant vous avoir ainsi montré que je ne suis pas aussi candide que vous le supposez peut être, très cordialement,
     
    Bruno Lemaire.

    • Oh j’imagine, Bruno, je provoquais un peu. ;)

      J’aime bien l’idée d’Allais de la taxation du seule capital, plutôt que du travail. Il faut prélever environ 1,5% du capital physique (immobilier) tous les ans, pour remplacer l’impot sur le revenu, l’ISF et l’impôt sur les sociétés.

      • Bruno Lemaire dit :

        Cher Olivier,
         
        rassurez vous, je n’ai pas pris cela pour une provocation, mais comme une demande astucieuse de me faire préciser mes éventuelles solutions.
         
        La situation est trop grave pour que l’on se contente d’approximations.
         
        Pour le moment, hélas, les idées fiscales de Maurice Allais ne sont pas à l’ordre du jour.
         
        Alors, une création monétaire rigoureusement contrôlée, faisant peut être partiellement intervenir une monnaie “spéciale” à la Gesell ou à la Holbecq-Derudder, pourrait peut être faire l’affaire.
        Au lieu de “bons du trésor”, des tickets de production et de consommation, en quelque sorte (là, je ne provoque pas, j’essaye de lancer des pistes de réflexion)
         
         
        A suivre j’espère
         
         
        Bruno Lemaire.

  36. José dit :

    Bonjour,
    de retour après un séjour sans Internet, ni téléphone, ni TV, avec un peu d’électricité solaire et l’eau du puits. Si si, on peut y suvivre…
    Sauvetage héroïque? Comme le rappelle un certain O. Berruyer dans son livre (lecture conseillée), le spread de taux entre, disons le rigoureux Teuton et le désinvolte Héllène est habituellement justifié par la différence de risque. Cet écart représente donc une cotisation d’assurance contre le défaut partiel ou total grec. Quoi de plus normal alors que celui qui a encaissé ces cotisations soit tenu de cracher au bassinet à la réalisation du risque? Qui parmi nous sans crainte du ridicule chante un Te Deum à son assureur qui a remboursé un sinistre?
    PS: d’autres lecteurs ont-ils des problèmes récurrents avec  les CAPTCHA codes ( erreur: could not read Captcha token file)?

    • Nihil dit :

      “d’autres lecteurs ont-ils des problèmes récurrents avec les CAPTCHA codes ( erreur: could not read Captcha token file)?”

      Oui, quand je me trompe et que je mets le code dans la case “Site web”… !
      Possible après l’abstinence Internet, non …??…
      :)

  37. MAURIER Claude dit :

    Bonjour,

    Je ne sais à quel moment les montages financiers totalement déraisonnables et les dérives qui nous ont conduit à cette situation dramatique vont s’effondrer, en fait peu importe.

    Ce qui devient déterminant, c’est ce que l’on fera ensuite, le lendemain du krach définitif et irréversible. C’est ce que j’ai entendu dans la bouche de Bernard Lietaer dans une conférence qu’il a donné il y a quelques jours à Paris.

    Vouloir reconstituer un appareillage du même ordre avec des paramètres différents, des controles sur les banques, l’arrêt des paradis fiscaux… etc et d’autres aménagements techniques, alors que les économies seront toujours fondées sur les mêmes principes de consommation et de ” business forcé ” sera trop limité et nous nous heurterons à encore à tous les autres problèmes.

    Nous sommes à la fin d’une civilisation, voilà le constat premier à faire parce qu’il faut aussi en compte des paramètres environnementaux. Il faut absolument en prendre conscience.

    Pour avancer dès le lendemain de l’effondrement, il faudra une vision globale et un projet mondial décliné à l’ensemble des pays, et qui prenne aussi en compte les volontés des populations.  

    Les politiques du monde entier ou presque auront perdu leur crédibilité, et là les populations auront leurs destins en mains. Il faudra qu’elles imposent calmement la recomposition des économies sur d’autres bases en intégrant notamment a dépollution de la planète, l’abandon du nucléaire, le développement d’autres énergies non polluantes, une agriculture orientée santé….Croyez m’en c’est possible….

    Cela passera – il me semble – par la mise en place de consensus locaux entre les détenteurs de richesses réelles et fictives, les entreprises et les employés et par une coordination internationale des mouvements populaires nationaux. Il n’est pas seulement question de considérer l’argent mais aussi la préservation de la vie, et le bien être des personnes.

    Il faudra envisager le nouveau système financier en fonction de ce projet global et trouver les moyens de bâtir un consensus général qui fasse participer aussi es investisseurs.

    Par conséquent il faudra trouver les hommes nouveaux et crédibles élaborer ce futur.

  38. Amusant, Christine Boutin se lâche…

    Je trouve intéressant pas tant le fond de la proposition (à débattre), mais qu’on puisse ENFIN avoir des idées nouvelles qui émergent dans le débat public et nous sortent du”Il n’y a pas d’alternative, on n’a pas le choix”, tellement anti-démocratique…

    « J’ai dit il y a plusieurs semaines déjà qu’il serait indispensable d’effacer une partie de la dette grecque. Il paraissait évident que ce pays serait dans l’incapacité de tout rembourser. L’accord signé à Bruxelles est donc, de ce point de vue, une bonne chose. Mais des mesures immédiates étaient nécessaires, elles sont loin d’être suffisantes. On ne peut pas continuer à vivre à crédit, comme on le fait depuis 30 ans. …

    Il faut sauver l’Europe, et sauver l’euro. L’euro fort doit rester notre monnaie pour les échanges internationaux, l’épargne ou les achats lourds comme l’immobilier par exemple. En revanche, je préconise la création de monnaies nationales complémentaires dans chaque état, en l’occurrence un euro-franc dans notre pays, qui serviraient aux échanges de proximité, pour nos achats quotidiens. … J’ai travaillé sur ce sujet avec de nombreux économistes : tous expliquent que l’euro-franc circulerait beaucoup plus vite et  permettrait ainsi de multiplier par quatre le pouvoir d’achat. Cette fluidité permettrait de relancer le dynamisme économique, en apportant une bouffée d’oxygène aux entreprises, avec une conséquence directe sur les salaires notamment. Augmenter le Smic pourrait se faire sans poser de problème. En Suisse il existe une monnaie d’échange entre les entreprises, et une monnaie complémentaire existe également à Toronto. … Il faut garder l’euro et créer cette monnaie nationale complémentaire, car le renflouement régulier des banques montre ses limites, et n’apporte aucun dynamisme économique. …  [Christine Boutin, octobre 2011]

  39. Bruno Lemaire dit :

    Cher Olivier, je ne sais si c’est C. Boutin ou vous qui écrivez:
     
    Il faut sauver l’Europe, et sauver l’euro. L’euro fort doit rester notre monnaie pour les échanges internationaux, l’épargne ou les achats lourds comme l’immobilier par exemple. En revanche, je préconise la création de monnaies nationales complémentaires dans chaque état, en l’occurrence un euro-franc dans notre pays, qui serviraient aux échanges de proximité, pour nos achats quotidiens. … J’ai travaillé sur ce sujet avec de nombreux économistes : tous expliquent que l’euro-franc circulerait beaucoup plus vite et  permettrait ainsi de multiplier par quatre le pouvoir d’achat. Cette fluidité permettrait de relancer le dynamisme économique, en apportant une bouffée d’oxygène aux entreprises, avec une conséquence directe sur les salaires notamment. Augmenter le Smic pourrait se faire sans poser de problème. En Suisse il existe une monnaie d’échange entre les entreprises, et une monnaie complémentaire existe également à Toronto. … Il faut garder l’euro et créer cette monnaie nationale complémentaire, car le renflouement régulier des banques montre ses limites, et n’apporte aucun dynamisme économique. … “
     
     
    mais je crois de plus en plus que nous avons besoin de cette monnaie complémentaire, qu’elle soit ou non à la Gesell, à la Derudder-Holbecq, à la M L P ou à toute autre sauce, seule façon de nous libérer du diktat des marchés financiers.
     
    Faut-il encore bien la gérer. Sauver l’Europe – une autre Europe peut-être – est aussi une priorité. Sauver la zone euro actuelle, dans son fonctionnement actuel, ne me semble pas possible.

    A suivre sans doute, très cordialement

    Bruno Lemaire.

    • Fabrice dit :

      si je synthétise ce qui a été dit sur les monnaies :
       
      - une monnaie pour les transactions quotidienne (eurofranc, euromark, eurolire, …) valeur estimée sur le PIB (?) ou autre j’ai du mal à voir la méthode ?
      - une monnaie basée sur ce panier de monnaies euro (générique) pour les transactions européennes,
      - une monnaie internationale basée sur les principales monnaies (Euro, Yuan, Yen, Dollar, …)  pour toutes les transactions internationale ?
      ce qui assurerait une certaine stabilité, mais tiendrait compte des spécificités de chaque région ?

      • Bruno Lemaire dit :

        Cher Fabrice
         
        votre synthèse est intéressante, et pourrait même déboucher sur de bonnes propositions, cohérentes et ‘soutenables’..
         
        La difficulté, bien sûr c’est d’être cohérent à l’intérieur de chaque cercle monétaire, et en harmonie d’un cercle à l’autre, ce qui ne peut se faire si on néglige les échanges commerciaux, qui ne peuvent être déséquilibrés sur le moyen terme (C’est ce qu’avaient compris les rédacteurs de la charte de la Havane, et sans doute Keynes, contrairement à Ricardo, qui vivait en un autre temps, et qui n’avait pu percevoir que les entreprises seraient transnationales).

        Très cordialement,
         
        Bruno Lemaire.

  40. JPh75 dit :

    Bonjour Olivier,

    Bravo pour ce très joli blog que j’ai rejoint il y a peu et qui m’oblige à réactualiser mes connaissances en macro-économie … un effort !

    je comprends que le souci de modération des échanges pousse à écarter les débats trop politisés, mais peut-on vraiment en faire l’impasse ? Est-il encore possible de croire à une “sciences” économique dont les lois seraient universelles (comme les mathématiques), se plaçant comme des vérités en dehors de tout contexte ? je crois avoir lu que vous en alertez le public.

    Les sciences du vivant s’abordent aujourd’hui sous l’angle de la complexité et des systèmes en interrelation qui les déterminent. Henri Laborit parlait joliment de systèmes englobés et englobants et de la régulation qui s’opère entre ces niveaux.  Les systèmes complexes sont créés à partir de systèmes plus simples et proposent une nouvelle adaptation à l’environnement en garantissant la pérennité des structures qui les composent (comme les cellules s’agrégeant pour former un tissus).

    Dans mon esprit l’économie n’a de sens que si elle est au service des sociétés et des individus qui les composent ; et en ce sens la politique ne peut être bien loin des échanges d’idées en matière d’économie.

    D’ailleurs, pour continuer la métaphore, en biologie, quand un système prolifère de façon anarchique en s’accaparant toutes les ressources de son environnement, on appelle cela un cancer … et les moyens d’action actuels pour en contrecarrer les effets sont encore peu efficients et mettent en jeu la vie elle même (injection de molécules cytotoxiques limitant le développement de toutes les cellules et affaiblissant les système immunitaire … entre autres).

    A quand un débat (constructif) avec Frédéric Lordon ?

    Bien amicalement, 

  41. Yann dit :

    Quelque chose m’echappe…

    Sans la planche a billets, la masse monetaire est fixe. Or tout pret d’argent impliquant un versement d’interets, il me semble qu’il y a une inequation entre l’argent en circulation (principal) et l’argent du (principal et interet). Il est donc par construction inevitable qu’il y ait des defauts.

    Par ailleurs, l’utilisation de la planche a billet impliquant de l’inflation, comment est-il possible que le pret puisse etre encore rentable sachant qu’en plus il y aura des defauts.

    Bon, il sera clair pour tout le monde que je ne suis pas economiste, mais ca m’interesserait de comprendre ou sont les erreurs dans mon raisonnement.

    Merci!

    • Bruno Lemaire dit :

      Bonjour Yann
       
      c’est peut être parce que vous n’êtes pas économiste que vous avez parfaitement compris de qui clochait dans le principe des dettes avec intérêt.
       
      Si vous prêtez 100, en “vraie monnaie”, et si vous exigez un retour de 105, dans la “même monnaie”, il est évident que c’est impossible (ce que certaines vidéos sur l’argent-dette qui circulent sur le net ont clairement mis en valeur, en dépit de certaines imperfections)
      Par ailleurs, si vous prêtez 100, en réclamant 105, et que le taux de croissance de votre débiteur (assimilé à l’économie dans son ensemble) est de 102, en supposant qu’il puisse vous rembourser 105, il se sera endetté de 3 de plus, et c’est ainsi que les financiers s’enrichissent – jusqu’à la catastrophe finale annoncée par certains, dont Olivier – aux dépens et au détriment de l’économie réelle.
       
      Si je pouvais, je vous ferais donc économiste d’honneur, si ce n’était pas un gros mot d’être traité d’économiste ;)
       
      Très cordialement,
       
      Bruno Lemaire.

      • Yann dit :

        Bonjour Bruno,
        Merci pour ces explications!
        Juste une chose: comment passe-t’on de 100 a 102 sans emission de nouvelle monnaie?
        Cordialement,
        Yann 

        • Bruno Lemaire dit :

          Cher Yann
           
          On ne peut passer de 100 à 102 sans nouvelle monnaie, of course.
           
          Je vous décerne vraiment le diplôme d’économiste d’honneur ;) et d’horreur pour les banquiers
           
          En petit cadeau, lisez Louis Even et l’île des naufragés. Un joli conte à raconter le soir à la veillée, juste avant d’aller pendre 2 ou 3 banquiers.
           
          Très cordialement,
           
          Bruno.

  42. Bruno Lemaire dit :

    Cher Olivier.
     
    Votre serveur est déjà à l’heure d’hiver, et, qui plus est, à l’heure de la City. Oh le vilain banquier qui se cache à Londres …
     
    B.L.

  43. Jean-Paul dit :

    @Incognito
    Merci pour votre développement, mais il y a tellement d’hypothèses ultra-optimistes (c’est bien d’être positif) qu’un retour à la réalité s’impose. Nos amis teutons ne sont pas serre la ceinture avec l’Agenda 2010 de Schroeder pour maintenant laisser filer ce qu’ils ont gagné en compétitivité sur les autres …
    Ma conviction est que la seule solution est de sortir de l’euro, mais je suis franchement convaincu que nous devrions faire évoluer l’euro vers une monnaie commune (et non pas unique) tout en revenant aux devises nationales.
    L’euro, monnaie commune, nous permettrait de disposer d’une nouvelle devise internationale de référence tout en laissant la possibilité à cartains pays de ratrapper leur perte de compétitivité par une éventuelle dévaluation (négociée avec les autres pays) de sa monnaie nationale vis-à-vis de l’euro monnaie commune.
    Changer un système bancale ne donnera qu’un nouveau système bancal. Mundell l’a mis en lumière avec les critères de la zone monétaire optinale, et le premier sur la mobilité totale est déjà impossible à réaliser en raison de la barrière de la langue. Donc, il faut changer l’euro ou en sortir, mais pas continuer à imaginer pouvoir le sauver ou sinon il va falloir lancer de grands plans de formation linguistique accélérée (et sous hypnose) pour satisfaire le premier critère de la ZMO de Mundell.
    Merci encore pour avoir si bien détaillé votre raisonnement.

    • je suis assez d’accord, même si je pense qu’il faudrait revenir à seulement 3 sous-monnaies (euro-latin, euro-gemrain, euro-medditerranéen), avec des parités fixes mais révisables annuellement, non convertibles, qui constitueraient l’euro refondé – en tant que monnaie commune (monnaie de compte) mais pas unique. C’était la situation entre 1999 et 2001, avec les 12 monnaies physique – là, 3 suffiraient.

      • 1Direct dit :

        “… il faudrait revenir à seulement 3 sous-monnaies (euro-latin, euro-gemrain, euro-medditerranéen), avec des parités fixes mais révisables annuellement, non convertibles, qui constitueraient l’euro refondé – en tant que monnaie commune (monnaie de compte) mais pas unique. C’était la situation entre 1999 et 2001, avec les 12 monnaies physique – là, 3 suffiraient.”

         
        Bonjour Olivier,
        Vous proposez 3 “intra-monnaies” (monnaies constituantes de l’euro global, l’international). Soit.
        Si je pense comprendre la “cohérence” économique des pays composants l’euro-germain (économie semblable et volonté d’une monnaie forte), j’ai plus de mal sur l’Euro-Latin et plus du tout sur le dernier.
        Pour ces 2 derniers la nuance, Latin-méditerranéen, la “ligne de partage” m’échappe sérieusement, même totalement.
         
        D’autres points me grattent.
        I) La cotation de l’Euro:
        L’Euro-Global (Global-Euro pour les anglais ;) ), appelons le simplement l’Euro, serait soumis aux cotations des marchés des changes.
        Là se pose une autre question.
        Les Marchés l’évalueront (devrait l’évaluer) en fonction de ses composantes c’est-à-dire de leur propre évaluation de la santé des pays composants l’Euro. Donc à combien vont-ils coter l’Euro (Global) ? Même si dans la Zone Euro il y  a changement, cela changera t’il vraiment quelque chose ?
         
        II) Commerce extérieur à la Zone Euro:
        Ma deuxième interrogation est, au niveau du commerce international. Cela ne change rien à prix d’import des produits extérieures:
        Quelle sera le gain ou la perte?  Reste à faire la balance entre gain à l’export et surcoûts de nos importations.
        A quelle terme une “rentabilité”? A 1, 5 ou 10 ans ?
         
        III) L’Allemagne et les “Germains”
        De son coté, l’Allemagne continuera à se satisfaire de son Euro fort pour son commerce hors zone Euro  etc., etc. . 
        Cette même Allemagne faisant entre 70 à 80% de ses export dans les pays de l’U.E., dont 80% de ces 80% – :) – dans ceux de la zone Euro, cela va la pénaliser car elle perdra des parts de marché au profit, j’espère, de la France (si nous avons enfin les produits ad hoc et pas seulement des TGV ou équivalents) et/ou de l’Italie et les autres pays de “l’euro-méditerranéen”. 
        Politiquement, économiquement,l’Allemagne et les autres pays “Germains” comme les Pays-Bas ne l’accepteront jamais.
        Pour elle, ce serait accepter la fin du modèle économique allemand basé d’abord sur l’export intra Zone Euro. Un suicide … impensable.
        C’est obligatoirement une opération unilatérale de la France et de quelques autres pays mais aucunement un accord global.
         
        IV) La France et les Euro-Latin
        Quel est notre intérêt par rapport à la répartition des pays dans chaque intra-monnaie?
        L’Italie a un solde positif de 3% d’échange avec la France. Nos concurrents commerciaux et industriels est dans la même zone, l’euro-latin, que nous il n’est pas du tout certain que ce sera à notre avantage (si j’ai bien compris mes lectures).
        Important! Où mettons nous les pays faisant du dumping (sociale, fiscal …) et en premier lieu l’Irlande.
         
        VI) Les intra-monnaies
        Qui décide de la création de chaque intra-monnaie?
        Comment s’organise le finance en ses seins?
        Reste t’on sur le même système, le financement obligatoire via les banques qui prennent (c’est normal) leurs marges ou autorise t’on une “distribution” directe et autonome de chaque banque intra-monétaire, voire de chaque pays?
         
        Synthétiquement  il reste:
        1) Comment, sur quelle(s) base(s), seraient fixées les parités intra-monnaies ? La négociation?  :))
        Le résultat: Les Germains, c’est leur intérêt, voudront être au plus prés possible du 1=1 entre les intra-monnaies.
        La parité pourrait (devrait?) être quelque chose comme ça: 
        1 Euro (global)= 1 Germain-euro = 1,50 Latin-euro (soit -33.33% / € et -6% / $ ) = 1,75 Med-euro (soit -42.86% / € et -19,43% / $)  = 0,111 Yuan = 1,41$
        Ridicule, idiot ?
        2) Le problème provoqué par la surévaluation euros/dollars (et autres) et de la sous-évaluation du yuan restent entiers.
        3) Quelle nuance(s), critère(s), pays, mettez vous dans les  intra-monnaies respectives Euro-latin et Euro-Med?
        4) La différence de taux de change entrainera de facto un gain par rapport aux €-Germain ou une perte de compétitivité par rapport aux €-Med.
         
        Mon dieu, que de questions … pas simple ! :))
        Cordialement. Et continuez !

        • I) comme ils y arrivent aujourd’hui avec 17 pays, ils devraient y arriver avec 3 zones ;) rien en change La parité initiale est calculée pour annuler les excédents ou en Parité de Pouvoir d’Achat.

          III) Elle aura du mal à maintenir ses excédents commerciaux du coup – c’est le but… Pas de grands mots, la situation de 1998 avec 17 monnaies était bien pire, elle n’en est pas morte. Entre ça et la planche à billets à outrance qu’on veut nous vendre, je prends les paris sur son choix…

          IV) peu importe. Si on veut que le système tienne il faut impérativement punir les pays excédentaires comme les déficitaires. Oui aux commerce, non aux excédents/déficits… On en commerce pas avec comme règle de tondre en permanence son partenaire.

          VI) 3 BCE comme aujourd’hui – avec interdiction des déficits publics après la restructuration ;)

          1) au pif : 1 euro = 0,9 euro-germain = 1,1 euro-latin = 1,8 euro-méditerranée
          2/ oui, ok, désolé de ne pas résoudre tous les problèmes du’un coup .Cf mon livre avec les 60 propositions… ;)
          3) cf Méd = grece, portugal, malte, Irlande (oui, je sais, c’est la méd du nord…)
          4) oui, c’est le but – et la réalité actuelle !

  44. Bruno Lemaire dit :

    @Step qui écrit:
    J’ai aussi entendu Mme le pen, elle est, sur l’analyse économique, au moins réaliste. (ce qui est déjà mieux que “tout va bien madame la marquise”). Il est toutefois désolant que quand on lui demande ou elle va chercher l’argent ce soit (encore) sur le dos des immigrés “récents”  (suppression du minimum retraite pour ceux qui ne soit arrivé trop tard dans notre pays et autres joyeusetés du même tonneau.
    Il me semble que l’argent n’est pas sur ces pauvres gens (comme l’a démontré olivier) et qu’il s’agirait de le sortir d’autres poches. Puisque vous nous faites la confidence de votre participation à son programme, il y a encore du progrès à faire à mon goût dès qu’il s’agit d’identifier des vrais sources de financement !
     
    J’essaierai de vous répondre demain, après une bonne nuit de sommeil.
     
    Juste une remarque: les ressources à trouver sont sûrement dans une modification du système que dans la recherche d’éventuels boucs émissaires, même s’il peut exister des économies à faire dans certains domaines.
     
    Très cordialement,
     
    Bruno Lemaire.
     

    • step dit :

      je ne peux qu’ être d’accord, le bouc-émissairisme ne sert à rien et un état se doit de transférer de l’argent des riches vers les pauvres, pas de taper sur certains pauvres.
      (je connais un cas concret, un homme bien qui a essayer de s’opposer à la dictature en iran et qui a du refaire sa vie ici a plus de 40 ans). Il ne faut pas oublier le troisième mot de notre dicton national : fraternité.
       
       

    • indigné dit :

      “les ressources à trouver sont sûrement dans une modification du système que dans la recherche d’éventuels boucs émissaires”
      Ça fait plaisir d’entendre ça de la bouche d’un conseiller éco FN! Mais malheureusement, en démocratie vous devrez écouter vos électeurs (les autres sympathisants FN), et là d’un coup, je n’y crois plus du tout à cette belle volonté…dsl

      • Bruno Lemaire dit :

        @indigné
        Vous savez, aucun parti n’est monolithique: quoiqu’il en soit, je suis conseiller auprès de Marine Le Pen, je ne suis pas conseiller du FN. C’est un simple constat, ce n’est pas un jugement.
        Mais je crois au bon sens, surtout lorsque l’on tente d’informer sur les vrais enjeux.
         
        Le système actuel nous emmène tous vers le mur, mais il y a des solutions, si on adopte une attitude cohérente, [modéré] comprenant en particulier :
        1) une réforme complète du système monétaire et bancaire actuel (qui exigera de repenser le fonctionnement de la zone euro, et peut être d’en sortir)
        2) une réflexion sur le rééquilibrage et la réciprocité des flux internationaux, ces flux concernant les capitaux, les biens et services, et aussi les hommes. La question de l’immigration ne peut être gérée correctement que par une analyse cohérente de l’ensemble des flux. (Je n’adopte ici qu’un point de vue d’économiste)
        3) une réflexion sur le rôle de l’état et du service public.
         
        Bruno Lemaire.
         
         

  45. Eddie Constantine dit :

    Je ne comprends pas cette idée de monnaie commune. Si je ne trompe pas, on a connu l’Ecu, et on a vu qu’il ne servait à rien. Le fait de sortir d’un carcan très dur pour entrer dans un autre système qui serait un carcan adouci, mais carcan quand même, ne me séduit pas.
    Il y a un moment où il faut arrêter de tourner autour du pot. 

    @ BL.
    Effectivement J.S. souhaite des frontières européennes et non nationales. C’est un dernier pas intellectuel difficile à franchir pour cet homme de gauche, qui le mettrait définitivement dans le camp de Marine Le Pen, et ça, il a du mal.
     

  46. Bruno Lemaire dit :

    @Step, et à tous, sur la façon de financer certaines mesures de M L P (sur la question des “boucs émissaires”)

    Je reprends la question de Step sur ce sujet.
    Je pense que tout programme “de vérité” doit énoncer clairement les principes sur lesquels il repose.

    Parmi ces principes, il y a en a 2 que l’on oublie facilement, qui sont cohérence et réciprocité (en plus des trois mots qui forment la devise de la France)
    Je précise aussi que je ne suis ni spécialiste de l’immigration, ni chargé de réfléchir sur ce point, et donc ce que je vais dire si j’évoque ce sujet n’engage pas nécessairement M L P.
    Sur la cohérence tout d’abord :
    M L P considère que le système actuel ayant montré ses limites, il convient d’en changer. Un des piliers de ce système étant le fonctionnement des marchés financiers, monétaires et interbancaires, M L P pense – et je suis entièrement d’accord avec elle sur ce point – que la souveraineté monétaire de la France est une priorité. Cela exige d’abolir certaines lois et certains traités, ce qui peut demander du temps.
     
    Reprendre les rênes de l’émission monétaire, d’une émission monétaire qui soit consacrée au financement de l’économie réelle, et donc aux véritables besoins des entreprises, des ménages et des administrations – et non à la spéculation – demande aussi de réfléchir à certains garde-fous (comme ceux évoqués par les tenants du Crédit Social, ceci étant une simple illustration, d’autres indicateurs pouvant être évoqués). Cela peut demander de reconstruire un véritable commissariat plan, assurant équilibre et cohérence entre un état « stratège » et une liberté d’entreprendre : il n’y a pas de libertés sans contraintes, et il faut donc placer soigneusement le curseur entre l’Etat ‘garant’ de la solidarité et sécurité (économique, sociale, politique, éthique) de la communauté nationale et entre un libéralisme économique intérieur qui respecte aussi les capacités de création et d’innovation de nos entreprises, ainsi que la dignité de nos salariés et ‘travailleurs’ manuels et intellectuels. Cela aussi va prendre du temps.
     
    Ce temps, les marchés financiers et nos ‘concurrents’ économiques ne vont pas nous les laisser de gaité de cœur. J’ai proposé certaines mesures de ‘protectionnisme intelligent’, des ‘écluses commerciales’, qui reposent toutes sur la réciprocité (déjà esquissée par les rédacteurs de la charte de la Havane). En ce qui concerne les marchés financiers, là encore il faut dès que possible pouvoir s’extraire de leur influence et de leur diktat. Parmi des suggestions à l’étude, il y a une renégociation et un éventuel moratoire portant sur les dettes publiques françaises, dettes qui peuvent être pour parties diminuées par la reprise en main de notre « puissance monétaire ». Là encore, cela prend du temps.
     
    [OB : Modéré, restons en à de la pure économie svp]

    Evitons donc toute ‘communautarisation’, qui ne peut que déboucher sur la création de bases pour des violences inter-communautaires, pouvant déboucher sur une guerre civile larvée. Evitons de multiplier les associations reposant clairement sur des origines ethniques. Passons aussi des accords de nations à nations sur le respect des droits de l’homme, en particulier sur les droits d’expression, d’opinion – y compris sur la liberté de culte. Cela fait aussi partie de la réciprocité que l’on est en droit d’attendre de toute nation qui se dit civilisée.
     
    Très cordialement,
     
    Bruno Lemaire, conseiller économique auprès de Marine Le Pen
     
    PS. J’ai par ailleurs écrit un billet sur “faut-il faire payer les pauvres” qui vous montrera que c’est à la haute (ou basse) finance et au capitalisme financier .

    [OB : merci pour cet éclairage, mais pas trop de prosélytisme svp]

    • Bruno Lemaire dit :

      Cher OB
       
      je ne faisais que répondre à une question de step, mais je suis complètement d’accord, ne faisons que de l’économie.
       
      By the way, les évaluations de ce que l’on gagne ou l’on perd en ponctionnant telle ou telle catégorie de contribuables n’est jamais évident, car cela impacte aussi les comportements.
       
      Raisonner “à l’équilibre” alors que l’on crée des déséquilibres m’a toujours semblé profondément stupide.
       
      Bruno Lemaire.

      • step dit :

        réponse vue (au moins en partie), même si je ne suis pas d’accord, en particulier sur le dernier paragraphe, mais ce ne serait plus de l’économie, donc hors sujet sur ce blog.
        Je suis d’accord pour la réciprocité en économie car l’argent n’achète rien, c’est autre chose sur des questions sociétales, ou il fait partie de notre identité d’éclairer le chemin pas de réfléchir l’état actuel du monde.
        En tout état de cause, on arrête cette discussion ici pour ne pas embarrasser olivier.
        En vous remerciant.

  47. Fabrice dit :

    Surtout que de mémoire le trou de la sécurité sociale est liée à des exemptions sur les cotisations faites à certaines grandes entreprises mais jamais compensé par l’état, il me semble qu’il avait été évoqué 7 milliards du trou ainsi provoqué (à vérifier) .
    Les chiffres sont froids et carré mais cachent souvent de sordides réalités et beaucoup d’hypocrisie.
     

  48. 1Direct dit :

    En résumé l’Allemagne, à valeur absolue de coût de production égale, serait 50% plus cher que nous uniquement grâce au taux de change ….
    Ce serait génial en terme d’opportunité d’un retour de l’industrialisation de tous types (nouvelle ou ancienne, pas de sectarisme ;)) ) dans notre pays.
    Mais … Vous/nous rêvez/rêvons debout.
    Les “Germains” n’accepterons jamais de perdre 50% de compétitivité hors zone euro (94$ contre 141$) face à une concurrence potentielle de son 1er client, la France. L’idée peut se tenir, mais la faisabilité politique …
     
    N.B.:
    En 2010, les pays de la Zone Euro clients de l’Allemagne représentent 30% de ses exportations parmi ses 20 premiers pays clients.
    Solde commercial en Zone Euro: + 85,5 Md€ sur un solde total général +153 Md€.
    La France !

    • non, birn moins, mais ouiil y aura un net écart (cf mon livre)

      • 1Direct dit :

        “non, birn moins, mais ouiil y aura un net écart “

        Pourquoi bien moins?
        En raison d’une baisse de l’”Euro-Global” par rapport au dollar?
         
        PS:
        Pénible les tableaux. J’ai fait ce que j’ai pu.N’y aurait il pas un add-in du wysiwyg y compris pour la correction? Désolé. Amitiés merci.

        • Bruno Lemaire dit :

          Pour les tableaux, si ce blog “supporte” les codes html classiques, il peut suffire de les fabriquer dans un éditeur html classique, et de faire du copié-collé.
           
          A vérifier bien sûr
           
          Bon courage,
           
          Bruno Lemaire.

          • 1Direct dit :

            “… Pour les tableaux, si ce blog “supporte” les codes html classiques …”

            C’est vrai. Je l’ai fait et le tableau copié est visible. Seulement, à l’envoi je pense qu’il y a filtrage des codes HTML car après l’édition il n’y a plus de tableau (idem pour un collé d’une image. J’ai tenté aussi la capture du tableau … filtré.
            De façon plus général, s’ajoute un petit problème de taille de largeur de colonne de la présentation du site. Elle me semble un peu “trop petite” (idem pour la fenêtre de correction toute riquiqui) et “non extensible”. Donc cela sera très vite un problème pour des tableaux.
            Mais cela vient du choix de la présentation su site à 4 colonnes fixes. Peut-être qu’un choix avec une colonne de moins serait à étudier car  je remarque que le coté droit ne sert pas.
            Bref … c’est à Olivier de voir les différentes présentations WordPress (c’est  ce qu’il utilise ;) )
            Merci pour le conseil Bruno.

          • Bruno Lemaire dit :

            Avec l’editeur de blogger.com (lié à google je pense), on n’a pas de souci:
             
            cf. http://eco-socio-techno.blogsp.....uhtml.html
             
            Je suppose qu’en insistant, Olivier devrait obtenir de son hébergeur les m^mes prestations.
             
             
            Libérez le code html, ou nous demanderons de le faire à nos “amis chinois” ;)
             
            Très cordialement,
             
            Bruno.

          • C’est un blocage wordpress, mais ou je regarde ça, ou je fais des billets, dans l’immédiat – je suis à flux très tendus… :(

          • 1Direct dit :

            @Bruno
            C’est ce que disait ;))
            Activation:filtrage HTLM l’empêche.
            Sur certaine administration de site ce n’est qu’un  paramètre à valider. Mais je ne sais pas (ni regardé) qui héberge ce site. J’ai juste vu dans le code de la page qu’il utilise WordPress.
            Maintenant je peux comprendre que, pour Olivier, cela puisse lui compliquer la vie si il y a des utilisateurs qui abusent.
            A l’occasion je regarderai cela de plus prêt pour faire des suggestions à Olivier … mais pas maintenant.
            Mais vous Bruno peut être avez vous déjà des propositions techniques que vous avez utilisé ou vu?
            J’arrête car Olivier va s’apercevoir que l’on parle de lui derrière son dos :))
            Cordialement.
            PS:
            Il y a un un petit bug au niveau du captcha. Lorsqu’on l’oublie et que l’on revient le message venant d’être tapé n’apparait plus. :(
            En cliquant à nouveau sur [répondre] le message réapparait. -?)-

          • 1Direct dit :

            @Olivier.
            Bonjour Olivier,
            Je vous comprends vu le rythme auquel vous écrivez. J’en suis baba. Il y aurait même de quoi faire des envieux. Les nuits doivent être courtes ;)
            Cela fais un bail que je ne me suis pas replongé la dedans mais dés que je le peux je regarde et vous ferai partager mes (re)découvertes.
            A moins que …
            parmi les intervenants, une âme charitable puisse donner une solution technique qu’elle maitrise. Cela pourrait aider Olivier ;)
             

  49. 1Direct dit :

     Pour faire suite à mon précédent message sur les 3 intra-monnaies que propose Olivier j’ai, avec mes petits moyens, tenté de créer un exemple chiffré que je vous livre:
                   € Latin   € Med.  € Germain  Euro   US$
    Euro-Latin 1€L     1,17€M   0,67€G     0,67€  0,94$ 
    En France 100€L 117,67€M  67,00€G 67,00€ 94,00$
     Euro-Med. 0,85€L  1€M 0,57€G 0,57€  0,54$
     En Grèce 85€L  100€M 57,00€G  57,00€ 54,00$
     Euro-Ger.  1,50€L   1,75€M    1€G     1€  1,41$
     En Allem. 150€L 175€M     100€G  100€   141$
     
     
    En résumé l’Allemagne, à valeur absolue de coût de production égale, serait 50% plus cher que nous uniquement grâce au taux de change ….
    Ce serait génial en terme d’opportunité d’un retour de l’industrialisation de tous types (nouvelle ou ancienne, pas de sectarisme ;)) ) dans notre pays.
    Mais … Vous/nous rêvez/rêvons debout.
    Les “Germains” n’accepterons jamais de perdre 50% de compétitivité hors zone euro (94$ contre 141$) face à une concurrence potentielle de son 1er client, la France. L’idée peut se tenir, mais la faisabilité politique …
     
    N.B.:
    En 2010, les pays de la Zone Euro clients de l’Allemagne représentent 30% de ses exportations parmi ses 20 premiers pays clients.
    Solde commercial en Zone Euro: + 85,5 Md€ sur un solde total général +153 Md€

  50. Bruno Lemaire dit :

    Olivier Berruyer dit :
    31 octobre 2011 à 2 h 11 min
    Que devez vous penser alors des 55 milliards que coûtent tous les ans des intérêts de la dette, et de ses 1 700 milliards à rembourser, pfiouuu….

    Cher Olivier,
     
    je pense, comme vous, et j’ai du écrire cela plusieurs fois sur internet depuis un an ou deux, que la question des intérêts payés sur les dettes publiques – du fait de la loi “scélérate” de 1973, reprise dns les traités de Maastricht et de Lisbonne – était à régler en priorité.
     
    J’ai même indiqué comment   ;)
     
    Très cordialement
     
    Bruno Lemaire.

  51. yannic philippe dit :

    Si je ne me trompe les engagements de l’etat concernant la fonction publique ne sont pas comptabilisés dans la dette et la  retraite des fonctionnaires est actuellement payés par l’emprunt, un défaut de l’état permettait il de maintenir ces retraites?
     pour l’épargnant voulant conserver sa retraite car il doit avoir compris depuis longtemps que ce système par répartition ne peut tenir faute d’un nombre suffisant de cotisants ne doit il pas quitter au plus vite l’assurance vie et placer ses économies dans un état non endetté ou solide tel luxembourg ,allemagne, hollande etc

    • 1/ le système de retraite par répartition, contrairement à celui en capitalisation, ne peut jamais faire faillite. Aucun souci pour le retraite des fonctionnaires.

      2/ quand vous parlez de l’Allemagne comme Etat solide ou non endetté, vous parlez bien de l’Allemagne avec ses 2 000 Md€ de dette et ses 200 000 habitants de moins tous les ans ?

  52. 1Direct dit :

    Juste une idée (idiote?) de béotien.
    Imaginons, je dis bien imaginons, que l’on fasse une obligation de prêt contre une rémunération sur 5, 10 ou 15 ans plus faible que sur les marchés (patriotisme oblige :) ), “des épargnes empruntées” aux plus aisés afin de rembourser les prêteurs extérieurs à la France.
    (Je sais, ça commence mal mais ne taper encore, merci ;) )
    Ce rapatriement des emprunts en France permettraient de rétablir l’équilibre budgétaire du pays et son indépendance des finances internationales.
    Bien sûr cela me semble ne valoir que, si à partir de cet instant, il n’y a plus que des budgets en équilibre.
    Maintenant vous pouvez crier sur cette idée @^$&#!
     

    • Jean-Paul dit :

      @1Direct
      Le rachat de la dette extérieure est une excellente approche, mais cela consiste, in fine, a utiliser des ressources internes pour faire face à nos charges au lieu de les utiliser pour notre développement.
      Personnellement, je serai plus en faveur de créer un forme d’obligations qui léveraient de l’épargne pour financer le développement d’infrastrutures lesquelles contribueraient à augmenter nos revenus et à réduire le chomage et donc permettre de limiter nos déficits et de dégager des excédents …

    • entre “ruiner” es français et ruiner les américains, j’hésite…

      • Jean-Paul dit :

        Ce choix ne s’impose pas, ce qu’il nous faut c’est rebondir … Les allemands et les belges ont décidé de sortir du nucléaire, ils vont donc avoir besoin d’électricité et il n’est pas sur qu’ils puissent construire suffisament d’unités de production alternative pour atteindre leurs objectifs. Nous pourrions donc en construire aussi chez nous, lesquelles pourraient dans un premier temps les fournir puis ensuite nous permettre de décommissionner quelques uns de nos réacteurs …
        Nous ne pouvons pas mener ce genre d’investissement par un financement extérieur car nous devons aussi refinancer notre dette. Par conséquent, il n’y a pas de choix quant à ruiner qui que ce soit, mais à relancer nos investissements porteurs de revenus …

  53. Bruno Lemaire dit :

    @ 1Direct qui écrit le  31 octobre 2011 à 17 h 18 min
    Imaginons, je dis bien imaginons, que l’on fasse une obligation de prêt contre une rémunération sur 5, 10 ou 15 ans plus faible que sur les marchés (patriotisme oblige ), “des épargnes empruntées” aux plus aisés afin de rembourser les prêteurs extérieurs à la France.
    (Je sais, ça commence mal mais ne me taper pas encore, merci )
    Ce rapatriement des emprunts en France permettraient de rétablir l’équilibre budgétaire du pays et son indépendance des finances internationales.
    Bien sûr cela me semble ne valoir que, si à partir de cet instant, il n’y a plus que des budgets en équilibre.
    Maintenant vous pouvez crier sur cette idée @^$&#!
     
    Si je comprends bien l’idée de 1direct, c’est de demander à nos riches rentiers français une épargne patriotique, à savoir de racheter à un taux d’intérêt de 4 %, pour reprêter à la France à 1% (c’est-à-dire de faire, en quelque sorte, l’opération inverse permise par la loi Giscard/Pompidou de 1973). Idée noble, utopique, certes, mais très noble.
     
    Comme je crois assez peu à la noblesse de nos ‘gros rentiers’ – de Bettencourt à DSK – je pense qu’il serait plus réaliste de réduire les intérêts à payer en utilisant carotte et bâtons contre les créanciers.
    Les intérêts actuels de la dette sont de l’ordre de 55 milliards de francs.
    Je propose de les réduire à 15 milliards, c’est-à-dire d’indexer le taux d’intérêt – avec une décote de 100 points (soit de 1%) sur le taux de croissance de l’économie française, corrigé éventuellement de l’inflation. Si le taux de croissance est de 1%, et l’inflation de 2%, le taux serait de 2%. Si le taux de croissance est nul, avec une inflation de 2%, on paierait 1% d’intérêts seulement.
    Si les créanciers refusent, on impose un moratoire, à la fois sur les intérêts et le principal. Si les marchés financiers ne veulent plus nous prêter, on fera comme l’Argentine, en rééquilibrant simultanément notre commerce international, seule raison pour laquelle on pourrait avoir besoin de rentrées de capitaux « étrangers ».
    C’est peut être radical, mais c’est moins utopique que de faire la manche auprès de nos gentils riches nationaux.
    Bruno Lemaire (suggestions toutes personnelles)

  54. txomin dit :

    Vous faite de lourdes erreurs factuelles, c’est dommage.
     
    - Le dernier défaut de la France est la banqueroute des deux tiers
    (partiellement et indirectement compensé par le “milliard des émigrés” versé en 1825)
    - La dette a été monétisée deux fois:
    *années 1920, -70 % en valeur réelle
    *1945-46-47, -90 % en valeur réelle
    - en 1871, la France a parfaitement assumé les 5 milliards d’indemnité à la Prusse (25 % du PIB) par l’émission des emprunts Thiers.

    • c’est à peu près ce que j’ai dit…

      on n’a nullement “monétisé la dette” dans les années 20 et 40, il y a eu défaut par hyperinflation… Bref, environ 1 défaut tous les 60 ans en moyenne, le dernier datant de 65 ans… ;)

    • Bruno Lemaire dit :

      @txomin qui écrit:
      - en 1871, la France a parfaitement assumé les 5 milliards d’indemnité à la Prusse (25 % du PIB) par l’émission des emprunts Thiers.
       
      Tout dépend ce que l’on veut dire par ‘parfaitement’.
       
      Certains historiens disent que ces ‘réparations’ ont été cause de la haine franco-allemande qui a débouché sur la guerre de 1914-1918, et que les réparations demandées à l’Allemagne par la France (souvenir peut être de 1871) ont amené Hitler au pouvoir.
       
      Alors, méfions nous des dettes, lorsqu’elles apparaissent illégitimes.
       
      Cordialement,
       
      Bruno Lemaire
       
      PS. pour vos autres remarques, je ne sais pas à quels commentaires, et à qui, vous faites allusion. Je laisse donc la personne mise en cause y répondre, si elle se reconnait.
       

  55. [...] Crise de la dette : pourquoi et comment on vous enfume (Olivier Berruyer) [...]

  56. Nihil dit :

    Un article d’Anselm Jappe sur les possibles jours “d’après”…

    http://www.lemonde.fr/idees/ar....._3232.html

  57. Bruno Lemaire dit :

    Bonjour,
     
    Pour ceux qui voudraient avoir une première approche du Crédit Social, je ne peux que conseiller la lecture de l’île des Naufragés, écrit par Louis Even:
    http://www.michaeljournal.org/ilenauf2.htm
     
    Pour ceux qui en voudraient avoir une lecture plus ‘technique’ des principes du Crédit Social, vous pouvez vous référer à 2 billets que j’ai écrits sur la question:
     
    http://monnaiepublique.blogspo.....redit.html
    ou
     
    http://monnaiepublique.blogspo.....catif.html
     
     
    Bonne lecture critique
     
    B.L.

  58. [...] (il n’en était rien puisque l’accord signé n’aurait permis de tenir que quelques mois). Pendant ce temps la bulle chinoise commence a exploser, les USA devraient bientôt refaire parler [...]

  59. Olivier dit :

    J’avoue n’avoir pas lu l’article intégralement, ni tous les commentaires, mais je voudrais dire que je suis surpris de lire que pour diminuer la dette il faut une meilleure gestion… Il faut surtout que la création monétaire ne se fasse pas par des emprunts qu’il faut rembourser avec intérêts ! Il est évident qu’il est totalement impossible de réduire ou même stabiliser la dette avec ce système. Les gens qui ont mis ça en place ne devaient vraiment pas être forts en maths…

    Cf ce qu’a écrit Bruno Lemaire: « l’abandon de la loi de janvier 1973 (loi dite Pompidou-Giscard) – qui a donné lieu aux articles 104 du traité de Maastricht, et 123 du traité de Lisbonne – doit être effectif. »

    (Quelque chose me dit que vous devez être au courant, mais…?)

  60. Eddie Constantine dit :

    “Quoiqu’il en soit, je clos ici le débat sur l’immigration, ce n’est pas le sujet du billet. Merci.”

    Cher Olivier, il y aurait sur ce blog aussi des sujets tabous ?
    Pourtant quelques graphiques de votre part m’ éclaireraient bien. 

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