Suite de 36.15 mon-nombril…
Le 27 juin, j’étais invité sur la radio Ici & Maintenant RIM (sur la bande FM à Paris) pour une très longue interview par Lisandre (il a un vrai talent d’interviewer). C’est celle dont je suis le plus satisfait à ce jour.
Je trouve le résultat très intéressant – l’espace de discussion permettant d’aborder de nombreux sujets en profondeur, et d’exposer une pensée.
Je vous livre donc la vidéo (3h30…) – à voir sans doute en plusieurs fois pour éviter l’indigestion
P.S. il y un très léger bug de son les premières secondes, rien de grave, ça passe tout seul en 5 secondes…
P.P.S. N’hésitez pas à faire suivre cette vidéo
Le lien : http://youtu.be/79EkhUunieU
L’intégration :
<iframe src=”http://www.youtube.com/embed/79EkhUunieU” frameborder=”0″ width=”590″ height=”332″></iframe>
Bonjour Olivier,
Merci pour cette interview très intéressante.
J’ai une question à vous poser sur la loi de 1973 qui fait très grand bruit sur le net comme vous le disiez: Il me semblait que lorsqu’un Etat s’endette auprès d’une banque de second rang (achat de bons du Trésor) cette banque utilise elle-même de la monnaie issue de la création monétaire (celle de la multiplication du crédit).
Pour l’Etat, par-rapport à un circuit d’emprunt où la banque de second rang serait absente, on a l’impression que l’intermédiaire (la banque de second rang) ne sert à rien si ce n’est à capter la rente qu’est le différentiel de taux d’intérêt entre un emprunt à zéro ou quasi-zéro envers la banque de France et un emprunt passant par le marché.
Pouvez-vous m’expliquer pourquoi dans le premier cas l’emprunt de l’Etat est considéré “inflationniste” et pas dans le second?
Merci d’avance
Frank
Tres interessant, et pas du tout indigeste.
J’ai juste une question : Vous demontez le mythe qu’on trouve un peu partout sur la monétisation / loi 73 etc…
Ou peut-on trouver une source digne de renom sur le sujet ?
ici, dans 5 mois
Vous dites que jamais la Banque centrale n´a preté directement a l´état, mais n est ce pas la base du plan de relance keynésien?
Non, un tel plan de relance c’est juste l’Etat qui dépense plus… En pratique en empruntant aux épargnants.
Ah très très bien (j’arrive à la fin de la première heure pouf, pouf). Ça nous change du plateau de BFM business ! Je viens de tweeté l’émission avec le texte suivant : “Une itv d’Olivier Berruyer où le néolibéralisme est assimilé à une néoféodalité et où un petit gros défie Usain Bolt”. Bon, je vous laisse, encore deux heures…
C’est vrai que ça change des excités de BFM. Je crois qu’on devrait envoyer des tee-shirts batman à Nico et à son pote “l’anglais le cocker”
Blague à part : interview très intéressante, passionnante. Réalisons à quel point nous sommes saturés par la pensée unique que relaient tous les médias mainstream sans exception.
(une remarque hs : la personne qui a monté le sujet aurait dû éviter de coller partout ce @@##??@#&!!!! d’effet de transition “j’te pousse vers le haut”)
lol, masochiste, le Yéti apparemment
J’ai volé mot “néoféodalisme”, qui résumé tout, à Benjamin Franklin sur ce blog
Interview passionnante qui résume à peu près tout de façon efficace et juste.
Par contre je pense que le problème des paradis fiscaux est sous-estimé et que l’on devrait beaucoup plus les dénoncer.
On parle de 0,1% de français qui partent dans les paradis fiscaux chaque année depuis une dizaine d’années, ça fait environ 1%. Or ces 1% sont on s’en doute bien parmi les plus riches et lorsqu’on sait la part extrêmement importante des richesses détenues par les 1% les plus riches, le problème de l’évasion fiscale et des paradis fiscaux apparaît comme un élément crucial expliquant une partie des déficits chroniques dans le budget de l’état.
Par ailleurs je suis moins optimiste que vous sur les pertes qui concerneraient surtout les 10% les plus riches. On mon avis, il y aura une dose de défaut souverain et une dose de création monétaire et d’inflation. Mais bon, c’est difficile de dire comment tout ça va terminer…
Merci pour tout votre travail et votre lucidité ainsi que votre défense de l’intérêt public.
je partage pour les paradis fiscaux
mais bon, honnêtement, j’essaie d’avoir une grille (efficacité de la mesure x probabilité de pouvoir la mettre en place) pour choisir les 5 ou 6 mesures que j’essaie de porter dans les médias. Mais il y en a 60 dans le bouquin
J’ai lu les 60 mesures de votre livre que j’ai acheté en 2 exemplaires. Je suis complètement d’accord avec vos diagnostiques et j’apprécie énormément d’avoir des informations nombreuses et chiffrées sur l’économie et la répartition des richesses.
Par contre j’ai plus de mal à être d’accord avec vos propositions car je pense que dans une concurrence internationale il faut certes exiger une réciprocité des règles (et pas rester dans cette concurrence libre mais complètement faussée), mais il faut aussi rester compétitif à jeu égal vis-à-vis des autres pays.
Pour moi, le salut ne peut venir que d’une coopération internationale pour limiter la concurrence fiscale et la spéculation et encadrer la finance. Mais ça pétera avant…
J’hésite à acquérir d’autres exemplaires de vos livres pour les partager ou à vous faire un petit don pour soutenir vos travaux. Que préférez vous ?
“mais il faut aussi rester compétitif à jeu égal vis-à-vis des autres pays.”
On peut certes réfléchir à la compétitivité avec l’Allemagne, mais être compétitif avec la Chine, c’est sans moi…
Je pense que les chose changeront quand Airbus et Boeing dégraisseront face à un concurrent chinois…
Pour la question, un don serait bienvenu… merci !
Oui, comme vous dîtes, la Chine manipule sa monnaie et n’a pas les mêmes exigences sociales. Je pensais à l’Allemagne, l’Angleterre et autres…
Don effectué !
“le salut ne peut venir que d’une coopération internationale”
Il n’ y donc point de salut ! Poser la condition d’une coopération internationale (ou seulement européenne), c’est se condamner à l’immobilisme, c’est s’en remettre à la volonté du plus fort ou du plus sournois du moment. Comme vous dite si bien, “ça pètera avant”.
Suite de 36.15 mon-nombril…
Faire un travail de fourmi, prendre de votre temps/argent pour ne pas flatter nos envies (ce qui est déjà, en général, assez cruel comme démarche), vulgariser plutôt que de conforter votre position social en s’adressant uniquement aux élites…
y à de la marge avant que votre nombril soit à un soucis
Bon, trop bien ! En ligne sur mon blog.
Et maintenant sur Rue89
Longue émission en effet, une fois nécessaire mais à écouter par petites bribes! Bravo donc pour cette performance, j’apprécie particulièrement : les dénonciations de la course sans fin à l’endettement // l’aberration d’avoir mis la finance au début du processus Européen en oubliant tout le reste // la dilapidation des dépenses et des subventions des Etats. Ceci dit, Olivier, il y a tout de même quelques points ou je n’arrive toujours pas à être d’accord avec toi, je me permets de les rappeler, aussi pour faire une synthèse générale.
A1° Tout le monde ne travaille pas au SMIC (pour moi reste une mauvaise comparaison) car les salaires minimums sont définis par branche et par région. Le SMIC est quelque chose de spécial, appliqué seulement dans certains cas particuliers et dans certains pays. Si l’on veut donner une équité aux pouvoirs d’achats (ce qui serait évidemment une bonne chose), il faut mener les débats sur l’ensemble des données => Taux de change + salaires + conditions sociales + conditions fiscales.
A2° Un pays (et d’autant plus une fédération de pays) peut très bien avoir des disparités importantes entre chaque région, autant salariales que fiscales que des primes d’assurances différentes etc. L’important est d’arriver (comme tu le souligne très bien plus loin) à des mesures d’équilibrage, soit par un système de rééquilibrage fiscal, soit par un système de redistribution des richesses (ce qui revient au même).
A3° Les différentes langues ne sont vraiment pas un problème … (réf Suisse).
A4° Une fédération de pays n’est pas la même chose qu’un pays unique, même si certains aspects doivent être unifiés, chaque pays peut garder une partie de sa souveraineté.
A5° A mon avis tu sous-estime le système financier à imiter les USA, soit faire durer encore quelques décennies le creusage d’un abysse de dettes … si les investisseurs ne suivent plus, pas grave, c’est jute la banque centrale (ou un système équivalent) qui prend en charge (hem…) la monétisation, en espérant fortement que la confiance continuera, donc en misant tout (avec raison ou non ?) sur le fait que personne ne veut voir un gros crash et donc que la cavalerie puisse continue indéfiniment (business as usual), encore un petit peu pour le moment …
Pour moi la ligne de conduite générale n’est pas la même selon les options choisies, on ne peut pas tirer des généralités mais il faut une étude approfondie de l’ensemble des paramètres. Deux exemples.
B1° Dans un monde ou l’on veut libéraliser les marchés, il faut que les mesures automatiques d’ajustement puissent fonctionner (les zones économiques qui s’appauvrissent réduisent leurs capacités à enrichir les zones fortes économiques et redeviennent ainsi compétitives) et donc combattre tous les artifices qui empêches les marchés de s’autoréguler, par exemple les réserves de change monétaires ou les différences d’application des normes environnementales et sociales.
B2° Dans une monde qui remettrait en place une régulation des marchés (remise en place de frontières non seulement aux personnes mais surtout à l’économie et à la finance) et donc dans un monde ou chaque région redeviendrait indépendante (alimentaire + économie), les disparités financières prendront moins d’importance, ce qui ne serait pas sans intérêts, car cela éviterais les importantes dérives actuelles et permettrait plus de cohésion sociale.
Enfin dans tous les cas, je me demande si l’on ne se trompe pas généralement de cible, car ce sont finalement et simplement, tous les excès de captation des richesses qu’il faudrait combattre, et donc le côté élitiste et lobbyiste de nos dirigeants qui semblent vouloir mettre tout en œuvre, pour maintenir en place et coût que coût, un système propice au maximum de captation de richesse. Cela ne peut pas fonctionner à long terme, car quand une entité prend plus que de raison, elle prend évidemment à une autre entité. Tout le monde ne peut pas avoir le maximum de part d’un même et seul panier (c’est une évidence). Le seul mode possible de fonctionnement durable est celui qui prend soin de soit & qui prend soin des autres ou je préfère encore dire : Le respect de soit conduit au respect des autres.
On peut finalement simplifier toutes ses problématiques avec une seule priorité => il faut remettre de l’éthique dans tous les domaines !
A3 : pour avoir travaillé un peu dans la zone, et avoir partagé un peu de temps avec des suisses, tu enlève l’argent présent dans la zone et tu as la belgique, je peux te le garantir. Un peu d’auto-illusion Patrick ? L’argent est un formidable moyen de diminuer les tensions, mais il ne règle rien…
Bof, on peut aussi dire que la richesse est souvent mère de toutes les tensions et des guerres …
les 2 mon général, l’argent quand il y en a peut acheter la paix sociale, et quand il manque déclencher des guerres. C’est pour cela que notre avenir est dangereux. L’impression que je te livre est lié à des discussions avec des collègues suisses de mon passé professionnel. Il y a des forces centrifuges sociales (ceux là sont des assistés, ceux-ci nous volent notre travail…) en suisse, qui ne manqueront pas de s’amplifier une fois l’argent manquant.
François Leclerc écrit cette analyse remarquable :
“Selon eux, c’est à ce même MES, c’est-à-dire aux États, qu’il revient de stabiliser le marché obligataire en achetant des titres sur le marché secondaire, la BCE ne voulant plus poursuivre et ayant arrêté.”
link to pauljorion.com
François Leclerc montre la folie suicidaire du système de la zone euro :
1- Le bilan de la BCE est déjà surchargé d’obligations d’Etats pourries. La BCE est au bord de l’implosion.
2- Donc la BCE ne veut plus acheter d’obligations d’Etats pourries.
3- Donc la BCE demande au MES d’acheter des obligations d’Etats sur le marché secondaire.
4- Problème : le MES est une coquille vide. Le MES n’a pas d’argent.
5- DONC les Etats européens qui sont déjà surendettés vont devoir emprunter des milliards d’euros sur les marchés internationaux.
6- Avec cet argent, les Etats européens surendettés vont pouvoir capitaliser le MES.
7- Ensuite, le MES pourra lever des fonds sur les marchés financiers pour un montant allant jusqu’à 500 milliards d’euros.
8- Avec cet argent, le MES pourra acheter des obligations d’Etats sur le marché secondaire.
9- Exemple : l’Espagne va se surendetter encore plus pour pouvoir fournir des milliards d’euros au MES, qui va ensuite pouvoir emprunter des miliards d’euros, et qui va enfin pouvoir acheter des obligations de l’Etat espagnol.
10- Conclusion : on va empiler des montagnes de dettes par-dessus les montagnes de dettes qui existent déjà. La zone euro fonce vers un effondrement systémique.
BA, les Etats ne veulent pas acheter des obligations pourries,
Les Etats veulent juste les vendre … (ce n’est pas la même chose).
Mais qui sont les couillons qui achètent encore des obligations sur les marchés ?
Ce n’est pas tout-un-chacun par les investissements des caisses de pensions ?
En conclusion => nous sommes donc tous des …
Patrick Luder dit :
A3° Les différentes langues ne sont vraiment pas un problème … (réf Suisse).
Pas d’accord, je suis Belge et le problème linguistique en Belgique perdure depuis plus d’un siècle et n’est toujours pas réglé.
Pratiquement tous les Suisses parlent au moins deux des langues nationales, ce qui impliquerai en europe que chaque européen parle au moins trois à quatre des langues utilisées dans l’UE.
Pas tout à fait exacte, en Suisse il y a des villes (ou des régions) billingues avec beaucoup de personnes qui ne parlent qu’une seule langue (dont je fais partie) => Nous avons simplement pris habitude de cohabiter avec des personnes que l’on ne comprend pas …
Quand vous parlez de région ou ville bilingue cela veut-il dire que toutes les administrations sont bilingues ?
Les administrations et les services publics sont sensés parler les deux langues (français et allemand) mais en pratique on voit que l’allemand est plus utilisé. Voir link to biel-bienne.ch en page 3 à Bienne, ~ 40% de la population ne parle qu’une seule langue (60% allemand et 40% français) et seulement 33% sont bilingues dont 20% sont trilingues …
En Suisse le gros problème est que le bon allemand (d’Allemagne) est appris à l’école obligatoire alors que seul le suisse-allemand est utilisé. Et celui qui à appris le bon allemand (Hoch-Deutch) ne comprend pas du tout le suisse-allemand (Guten-Tag contre Grüetzi ou pire, Grüessech), et les Suisses-allemands de Bâle ne comprennent pas les Suisses-Allemands du Valais … mais pour commander une bière ou un café, les mots sont internationaux, tout le monde se comprend, même en italiens ou en anglais …
Regardez la vidéo en haut de la page link to biel-bienne.ch … c’est typique del’administration, chacun parle dans sa propre langue avec un petit commentaire dans l’autzrelangue, ça suffit … Bienne à même son hebdomadaire bilingue ou presque tous les articles sont dans les deux langues, voir link to bielbienne.com // très typique aussi (même si je trouve dommage), certains Portuguais qui sont en Suisse depuis 30 ans ne parlent toujours que leur langue …
le problème en Belgique est que les administration sont unilingues (langue en fonction de la région soit flamande soit francophone). Seule la région de Bruxelles est bilingue.
D’où les problèmes de séparatisme.
Merci pour les infos sur la Suisse.
Combien parie-t-on que si la Suisse perd (enfin) son statut de paradis fiscal, la cohabitation multilinguiste s’effondre comme en Belgique ?
La langue a bon dos, en Belgique aussi bien qu’ailleurs.
En Italie, la Lega Nord veut aussi l’indépendance de la Padanie et, jusqu’à preuve du contraire, à Milan ou à Turin, on parle la même langue qu’à Agrigente ou qu’à Potenza.
C’est une question de fric et puis c’est tout. Peut-être même plus en Belgique qu’ailleurs. On rappellera aussi la « grande solidarité » qui unit, dans la vraie vie, Wallons et Bruxellois francophones…
superbe intervention… par contre il y a une chose qui m’étonne : Olivier, vous dites, de mémoire, (si nos dirigeants ne sont pas trop stupides) qu’il y aura un défaut sur la dette (comme tous les 80 ans) et ça repartira comme en 40 (pour tout ceux qui n’ont pas un gros patrimoine…) et vous précisez sans guerre sans gros krash… Comme si ceux qui allaient tout perdre (et qui n’allaient pas se battre bec et ongle pour préserver leur privilège ? Ils allaient se laisser dépouiller de leur pouvoir financier…
Et surtout comment la prospérité pourrait revenir, sur quoi s’appuierait-elle ?
Je comprends et je suis ok avec l’ensemble de l’intervention, mais ce passage me semble vraiment un peu léger. Est-ce que ça pourrait être aussi simple et si indolore… ? En gros : on continue comme avant (sauf pour ce qui est du système financier qui régi notre société), mais “en mieux” ? Voilà, j’ai eu l’impression de rater un passage…
Il faut quand même avouer que tirer un trait sur toutes les dettes, offre tout de même quelques avantages! Mais oui, il y a une grosse différence avec le passé :
Auparavant les pauvres s’en fichaient royalement (ils n’avaient rien à perdre) et les riches recommenceront leurs bisness (ils auront bien 3eu l’intelligence d’avoir mis quelques lingots de côté).
Mais aujourd’hui ce sera un peu plus grave, car toutes les retraites individuelles (capitalisées) seront perdues, irremplaçable. Avant il n’y avait simplement pas de système de retraite obligatoire sous forme pécuniaire, chacun s’organisait tant bien que mal, par de l’immobilier et par une continuité des affaires familiales.
“Comme si ceux qui allaient tout perdre (et qui n’allaient pas se battre bec et ongle pour préserver leur privilège ? Ils allaient se laisser dépouiller de leur pouvoir financier…”
Il n’y a personne à dépouiller “volontairement”, cela sera la conséquence d’une restructuration massive suite à la fuite des prêteurs…
Je n’ai jamais dit que cela serait une promenade de santé.
“Et surtout comment la prospérité pourrait revenir, sur quoi s’appuierait-elle ?”
Ben sur les vrais gens et l’économie réelle…
Le Conseil des experts économiques allemands regroupe les cinq économistes les plus respectés d’Allemagne : Wolfgang Franz, Wolfgang Wiegard, Peter Bofinger, Claudia-Maria Buch, Christoph M. Schmidt.
Sa mission est de publier des rapports pour conseiller le gouvernement allemand.
Vendredi 6 juillet 2012, le Conseil des experts économiques allemands publie son rapport sur la zone euro.
C’est une bombe.
“L’union monétaire européenne est confrontée à une crise systémique, qui menace la survie de la monnaie unique comme la stabilité économique de l’Allemagne.”
“Die europäische Währungsunion befindet sich in einer systemischen Krise, die den Fortbestand der gemeinsamen Währung und die ökonomische Stabilität Deutschlands gleichermaßen gefährdet.”
link to sachverstaendigenrat-wirtschaft.de
Eux-aussi, ils parlent de la “crise systémique” en zone euro.
Pour éviter cette “crise systémique”, je propose de réunir ce week-end un sommet européen de la dernière chance.
Après tout, le dernier “sommet européen de la dernière chance” a eu lieu il y a une semaine.
Une émission dans laquelle :
- on prend son temps
- on dit les choses
- on fume sur le plateau
Mais, c’est une vidéo des années 70 !!!
Je me suis faite la même remarque dans mon fort intérieur, du coup je me suis donnée la peine de regarder uniquement le début. Le mec allume une cigarette, il regarde à droite et écoute à peine,pas sûr qu’il comprenne ou bien qu’il se donne la peine de comprendre(hallucinant!).
Après certes, cela permet à Olivier d’exprimer et de développer ses pensées.
Pour ma part, je préfère de loin les interventions d’Olivier sur BFM les experts, bien plus utiles et pertinentes avec Nicolas Doze fort talentueux.
Conclusion : mieux vaut 10 mn d’intervention pertinente, utile sur BFM que plus de 3h de monologue.
Je n’en suis qu’à la premiére 1/2 heure mais je ne peux m’empecher de m’arreter une minute pour vous dire, dors et déja, MERCI.
Au fait, je vous ai dit que vous etes brillant….
Bravo
Merci
Mais j’ai quand même l’impression de n’enchaîner que des évidences… Mais qu’on entend rarement, je vous l’accorde…
Tout d’abord bravo pour cette superbe vidéo !
J’en profite pour rebondir sur votre “Mais qu’on entend rarement”. Nous sommes tous les deux signataires du collectif Roosevelt 2012 ; êtes-vous toujours en phase avec ce collectif, et l’aidez-vous à se faire entendre ? Si oui comment ?
Y-a-t-il moyen d’avoir une version audio ? Sur le site de la radio peut-être ?
Brillante intervention. 3h30 super intéressantes. grand nombre de démystifications. Cela change des quelques minutes chez BFM.
J’ai fait des pieds et des mains pour qu’elle soit mise en ligne auprès de radio ici et maintenant qui a elle-même mise en ligne la video sur Youtube. D’habitude cette radio fait supprimer les vidéos de radio ici et maintenant.
Quelques questions :
Vous semblez relativiser l’activité de Kerviel. Auriez pu prendre sa défense lors de son procès ?
Je vous trouve un peu optimiste sur l’après Crash. En deux trois ans tout irait mieux. cela tranche avec Delamarche (dont les points de vue sont proches des autres) qui nous prédit dix ans de grave récession après la faillite des Etats / banques. De plus le scénario 1 : on paye la dette des Etats en lessivant l’épargne des 20% les plus riches semble le moins probable quand on vous écoute à d’autres moments. Il semble que le scénario de l’hyperinflation soit plus probable.
“Vous semblez relativiser l’activité de Kerviel. Auriez pu prendre sa défense lors de son procès ?”
Non, mais il est juste autant coupable que la banque, qui devrait être poursuivie par la société pour mise en danger de la vie du système économique par incompétence…
Encore merci pour cette superbe analyse – En plus des grandes fortunes, n’y aurait-il pas aussi tous les détenteurs des assurances vie avec obligations d’états qui perdraient de l’argent ?
Possible, mais une chance : à l’heure qu’il est, vous pouvez toujours clôturer votre contrat et récupérer votre mise.
Imaginez l’imbécile que je suis, qui a investi dans un PERP (plus exactement PREFON, en l’occurrence)
Souscrire ce genre de produit était loin d’être une imbécilité il y a encore peu … Le changement de paradigme s’accélère de plus en plus, et il n’est pas facilement prédictible, comme vous le soulignez justement en début d’analyse.
1 heure maintenand…..Suis d’accord sur “l’evidence” (relative tout de même ce qui explique les guillemets) mais la citation d’Asimov m’a achevé…c’est tellement agréable d’etre d’accord!
Pour ceux que cela intéressent, il est possible de télécharger l’audio sur l’adresse :
link to rimcast2.fr
LISANDRU-OLIVIER BERRUYER ECONOMIE
Cout 3.5€
Ecoute, gentillesse, anti-langue de bois, au service d’une belle démonstration.
Bravo, je fais un don.
Mais je crains que l’avenir soit moins facile que vous ne le pensez, car la complexité globale du système lui interdit toute évolution; il ne peut que s’écrouler radicalement.
Et l’accouchement du suivant ne sera pas une partie de plaisir, au vu de l’état du monde qu’on nous laisse. Je suis donc moins optimiste.
j’ai une interrogation quand vous dites que les petits épargnants -100.000€ non pas grand à craindre car les dépôts sont garantis par l’état, en Belgique il y a environ 250 milliards d’euros(beaucoup plus en France je suppose) sur les carnets de dépôts des épargnants comment l’état pourra rembouser un tel montant sans passer de nouveau par l’emprunt ou par une augmentation dragstique des impôts ?
“car les dépôts sont garantis par l’état”. Ce n’est pas cela qui doit vous rassurer. Cette garantie des dépôts est fantoche. Il faut bien comprendre que pour le “pauvre” il possède au mieux sa maison, au pire je crois quelques milliers d’euros sur son compte en banque. Il est possible pour l’état de conserver un fond de roulement de quelques milliers d’euros pour tous par création monétaire pure sur le compte de chacun, une fois le pole public créé. Il va sans dire que si vous avez 8000 euros qu’on vous en laisse 4000 pour continuer à tourner vous êtes bien moins malheureux que celui qui en à 8ME qui se retrouve avec 8000 !
Donc si je comprends bien ceux qui ont une petite cagnotte, ils ont intérêt à la transformer en or ou en argent et laisser passer l’orage.
l’or et l’argent que tu “achetes” ce sont des titres papiers, l’or physique en vente est rarissime. Ils sont donc totalement liés à la confiance à l’établissement qui t’ont proposé ces titres. De plus l’or est à un niveau très spéculatif, il est donc risqué de parier dessus. Delamarche exclus plus de 10% d’or dans un portefeuille par exemple. Je ne suis pas un stratège économique, je veux dire que j’ai plus d’intuition que de savoir. Après c’est une question de vécu, à titre personnel, j’essaye de ne pas avoir trop de liquidité, j’ai un achat immobilier sur une durée <10ans pour ma résidence personnelle (pas dans l’optique de gagner de l’argent, je suis parfaitement conscient d’en perdre, mais afin de pouvoir à terme subir une baisse de revenu sans finir à la rue), et je me suis rapproché autant que faire ce peut des associations locales (amap,associations d’entraide,association de quartier,épicerie sociale) en tant que fournisseur d’aide pour le moment, mais rien ne garantit que je n’en aurai pas besoin un jour. Dans tous les cas, mieux que posséder de l’or papier, des relations dans le tissus associatif local, sera indispensable pour la période à venir. Pour parodier le philosophe, je pense que le 21eme siècle sera solidaire, ou ne sera pas.
Je ne parlais pas d’or ni d’argent papier, mais plutôt de pièces d’investissement.
Tout d’abord, précisons qu’il n’est pas sûr qu’il y ait une perte de valeur totale des monnaies que l’on connaît actuellement, il ya d’autres possibilités, par exemple : Emergence d’un nouveau type de monnaie et donc transfert de l’une à l’autre ? // Reprise en main des monnaies Nationales avec transfert pendant un temps de l’une à l’autre // On peut imaginer d’autres scénarios, mais ce ne sont que des suppositions. Pour ton exemple, supposons donc que la valeur des monnaies actuelle tombe soudainement à zéro sans préparation et donc dans une gabegie totale sans rien pour remplacer. L’or et l’argent physique (lingots) baisseraient de prix pendant et juste après la tempête, car tout le monde voudra faire comme toi, vendre ce qu’il avait mis de côté. L’or et l’argent physique (lingots) ne pourraient donc qu’être une sauvegarde de patrimoine pour reconstruire après la crise, donc après que l’économie ait redémarré. Les pièces d’or et d’argent pourront par contre être une bonne alternative au moment ou le papier ne vaudra plus rien, pour des échanges monnayables. Dans tous les cas, je me rallie au post de Step ”mieux que posséder de l’or, des relations dans le tissus sociale et sociétés locals, sera indispensable” (clique sur mon nom pour prendre connaissance de ma feuille de route) …
Le problème est que vous donnez dans une théorie des cycles (comme les keynésiens d’ailleurs) or ça n’est pas exact, parce que :
1) Vous n’avez pas assez de recul, depuis 1850, cela ferait 2 cycles seulement, comme vous le dites dans la vidéo.
2) Il n’y a pas de cycles économie, parce que la technologie évolue ce qui se traduit en termes de productivité, ce qui est capital. Et il faut cesser de voir le monde avec des yeux d’économiste et comprendre ce qu’est un boulon, et ce que signifie un clef anglaise; Car c’est la clef anglaise ou plate qui va gripper votre cycle infernal. Il n’est pas possible de négliger le fait que tout évolue et puis de considérer que le système économique va suivre des cycles comme ça sans lien avec des paramètres déterminants comme la productivité.
C’est pourquoi je suis moins optimiste que vous, car lorsque ce système sera par terre, il ne pourra pas repartir comme avant, pour des raisons d’outillage, ou d’appareil de production comme on dit. Et le problème c’est qu’il va falloir inventer une autre civilisation avec d’autres valeurs aussi fondamentales que celles que nous perdrons, qui dit valeur dit aussi asservissement. Le problème est qu’il va falloir donner au pouvoir une autre forme que celle fondée sur un large consensus économique, et ceci laisse une entré béante à l’arbitraire. Nous n’avons aucune idée de la suite, mais j’espère qu’elle sera démocratique.
je suis d’accord avec lizst et c’est d’ailleurs un des seuls points de désaccord que j’ai. Vous pariez beaucoup sur la génération qui vient dont nous sommes deux représentant, nous avons sensiblement le même âge, vous savez spéculer… on se retrouve souvent bien embarrassés. Notre génération possède des qualités, une volonté de comprendre, une puissance d’action, mais est aussi très individualiste. Je sais que des claques peuvent remettre des idées en place, ou les déranger complètement. Vous êtes un optimiste olivier. C’est agréable à entendre, mais se produira-t’il ce changement de valeur ?
Très intéressante contribution que ce long échange… On a tellement l’habitude de voir ces sujets évoqués en trop peu de temps. Mais je vais évoquer peut-être le seul point de divergence que nous avons.
Je ne comprend pas pourquoi vous évacuez le problème monétaire et les tenants d’un système monétaire différent de celui d’aujourd’hui. Le système monétaire semble dans ton analyse extérieur aux problématiques actuelles. Or et sauf incompréhension de ma part, la crise financière c’est essentiellement la crise de l’argent dette: comme tu l’expliques très bien les règles prudentielles ont été dévoyées pour créer toujours plus de monnaie, le système en demandant mécaniquement toujours plus pour continuer de subsister, entrainant en passant l’inflation d’à peu près tous les actifs (immobilier, matière première etc). Il me semble que c’est donc les mécaniques monétaires qui ont aussi crée les conditions de l’actuelle crise et de son emballement. Si la monnaie avait été gérée différemment, peut-être n’aurions nous pas atteint ces extrêmes. De la même manière, et nous sommes d’accord sur point, la monnaie unique a empêché le mécanisme naturel de régulation par les taux de change. Enfin pourquoi continuer dans un système où l’état est un agent privé comme les autres. Un état c’est aussi un risque systémique inabsorbable pour les agents privés. Pour moi l’état et sa dette devrait avoir un statut différent.
Sur le chapitre des solutions, comment sortir de la crise sans passer à court terme par des solutions monétaires quand les pays les plus fragiles sont contraints d’emprunter à des taux qui rendent insupportable la dette mathématiquement. Pour faire court, la France emprunte à 3% donc presque 3% de son PIB passe dans la charge de la dette. La Grèce ou l’Espagne avec des niveaux de dettes publiques du même ordre de grandeur (une fois le PIB annuel) ne peuvent redresser la barre quand les marchés leur demandent ne serait-ce que 4% supplémentaires (d’ailleurs aujourd’hui alors que l’Allemagne a un niveau de dette comparable à celui des autres pays, son avantage sur les marchés lui rendent la vie beaucoup plus facile). Pour moi le problème ce n’est pas que cette prime supplémentaire soit ou non justifiée par le risque de défaut, c’est que l’UE ne propose aucune solution à des pays coincés entre une monnaie unique et les marchés. Pourquoi des solutions monétaires ne seraient -elles pas possibles comme amortisseur et devrait-on attendre le défaut d’autres pays en Europe? Il y a quand même une voie monétaire qui ne serait pas forcément plus désastreuse que les autres solutions et qui ne serait prise que parce que la situation actuelle est insurmontable autrement et sans être un chèque en blanc donné aux Etats pour rajouter de la dette à la dette…
La crise de 2008 a été amortie par des solutions monétaires qui ont outrepassé tous les mandats des banques centrales. Pourquoi les Etats aujourd’hui ne pourraient pas jouir de ces mêmes moyens sans que l’on crie à l’irresponsabilité et au danger d’inflation? Les banques ont utilisé à fond leur pouvoir de création monétaire et d’une manière pas moins irresponsable que ne l’aurait fait notre gouvernement. Le système monétaire actuel me semble être le carcan rendant impossible aucun ajustement.
Pour prendre une image, l’Espagne me semble être le smicard qui s’endette à 18% pour payer ses charges quand le notable a emprunté à 3% pour acheter l’appartement qu’il lui loue.
amortir, comme vous le dites si bien n’est pas résoudre. Il n’y a rien de résolu de la crise de 2008. Depuis on a fait monétairement de la cavalerie. So what ? Certes on peut continuer à augmenter la hauteur de la chute en en reculant l’échéance. Est-ce un bon calcul ?
Merci pour cette longue interview pleine de banalités comme vous dites mais qui font tellement de bien à entendre. Je veux être sûr de bien comprendre votre position sur le système monétaire en tant que cause secondaire de la crise.
J’espère ne pas trahir votre pensée en résumant votre position de la façon suivante : oui, le système monétaire n’est pas parfait, oui on peut l’améliorer, mais avec l’énergie et le temps à y consacrer, on pourrait faire des avancées beaucoup plus spectaculaires dans d’autres domaines comme la démocratie, les limitations des inégalités… J’ai bon ?
Comme Laurent, je pense qu’au contraire le fonctionnement du système monétaire actuel est un élément clé de la création des inégalités que vous souhaitez réduire. Les crédits font les dépôts qui font l’épargne. Les remboursement des crédits détruit les dépôts à hauteur du principal du prêt et la banque encaisse les intérêts. Donc le système bancaire dans son ensemble, perçoit une sorte de loyer de 3-4-5-6-7% sur l’argent créé par ses soins, tous les ans. Comme les banques créent 80-85% de la masse monétaire mondiale, cela fait un joli pactole à se partager tous les ans qui contribue grandement à accroitre les fameuses inégalités à combattre.
Aussi, j’ai du mal à comprendre la relégation de ce problème au second plan. A moins que ma compréhension du système monétaire soit imparfaite et je serai heureux de mettre le doigt sur mon erreur.
En vous remerciant
amusant je lis souvent ça. Or, ce n’est pas la banque qui s’enrichit de la création monétaire, ce sont les clients, car la banque ne leur facture évidemment pas des frais qu’elle n’assume pas.
Le taux d’intérêt sert simplement à pallier au non remboursements, et surtout à payer les énormes frais des réseaux bancaires… Mais c’est moins connu – et tellement moins vendeur sur le web de dire ça
ok, ok, je ne suis pas allé au bout de mon raisonnement, je reprends. Les crédits font les dépôts qui font l’épargne. Les remboursement des crédits détruisent les dépôts à hauteur du principal du prêt et la banque encaisse les intérêts. Donc le système bancaire dans son ensemble, perçoit une sorte de loyer de 3-4-5-6-7% sur la masse monétaire mondiale créé par ses soins, tous les ans. Ces intérêts sont utilisés pour : * Payer les frais d’infrastructure. Certes ils sont importants, mais on ne me fera pas croire qu’ils sont supérieurs aux frais d’infrastructure des compagnies pétrolières qui perçoivent globalement des sommes de cet ordre de grandeur également. * Rémunérer les salariés de la banque. * Être transformé en fond propre pour satisfaire les contraintes comptables qu’une banque doit respecter. * Rémunérer l’épargne des clients de la banque * Rémunérer les actionnaires de la banque
Dans cette répartition, j’ai la sensation (dites moi si j’ai tort) que la grosse part de ces intérêts revient à l’épargne des clients et aux actionnaires, donc des gens qui possèdent déjà trop d’argent puisqu’ils peuvent l’épargner et acheter des actions. Ce sont donc les gens ayant pu accumuler de la monnaie qui sont récompensés par le système sous la forme d’encore plus de monnaie. Oui, ce n’est la banque qui s’enrichit, nous sommes d’accord. Mais le fonctionnement du système monétaire, par la création de la monnaie par le système bancaire contribue largement au phénomène d’accumulation qui tend à construire et amplifier les inégalités.
Comme vous, l’idée d’un système socialisé du crédit de F. Lordon me plait assez même si je ne comprends pas tout. Par contre, je ne mettrais pas d’emblée cette problématique au second plan. Maintenant, pourrait-on faire des avancées beaucoup plus spectaculaires dans d’autres domaines comme la démocratie, les limitations des inégalités avec l’énergie et le temps qu’on consacrerait à vouloir transformer le système monétaire, est peut-être une question pragmatique pertinente.
J’ai écouté attentivement votre long exposé avec lequel je suis d’accord pour l’essentiel , sauf peut-être vos convictions fédéralistes européennes que je ne partage pas, étant pour ma part résolument souverainiste. Je vous remercie d’avoir cité Maurice Allais, mon maître à penser, qui a tout dit voici une ou deux décennies.
Dans l”évocation du passé récent, il me semble qu’il faut insister sur l’aveuglement de la social-démocratie européenne qui n’a pas hésité à faire une politique libérale et à se lancer dans la dérégulation avec le même entrain que les libéraux. Il suffit de comparer sur longue période les politiques respectives des gouvernements libéraux-conservateurs et sociaux-démocrates en Europe.
Interview super enrichissante !
[Modéré]
Après le problème que soulève la ramdam autour de cette loi:
- la monnaie est un sujet opaque et très peu enseigné ou expliqué dans les médias de masse
- les personnes qui tentent de s’y intéresser n’ont pas l’énergie suffisante pour faire le tri et vont effectivement au plus facile (théorie complotiste qui s’emboîte parfaitement avec la fin des trente glorieuses et l’explosion des dettes)
ça souligne un besoin de pédagogie énorme (nécessaire en démocratie) mais malheureusement très complexe…
Cependant même si les gens (dont certains intervenants anonymes dans la vidéo) arrivent avec des théories fumeuses, mal comprises, et servent un grand blougi boula , je pense qu’il est important de ne pas disqualifier en bloc ceux qui cherchent des réponses de ce côté là car pour moi on vit quand même une crise monétaire et qu’il faudra poser de nouvelles bases institutionnelles pour éviter de tels dérèglements à l’avenir.
Pour terminer, il y a au fond de tous ça une révolte contre les élites (privés et publiques) qui n’ont pas été à la hauteur et qui sont pour moi les vrais responsables sans jamais en payer le prix. Le mec de la rue en a l’intuition et s’accroche donc à tout ce qui pourrait la soutenir.
Bonsoir Olivier, c’était intéressant sans doute parce que vous aviez le temps d’approfondir votre pensée (ce qui achève de me convaincre que les émissions format court/plein d’invités sont une calamité pour la réflexion).
Je ne détailles pas c’est inutile mais j’ai été ravis de vous avoir entendu développer des axes que je n’ai que rarement retrouvé dans vos posts/commentaires et encore de manière superficielle.
Bonne nuit
Une fois le livre lu, cet interview n’est pas une surprise.
Bravo Olivier
Je salue votre brillant exercice. Je vous félicite de pouvoir être clair, précis et pertinent pendant plus de trois heures d’interview sur des sujets ardus et fortement source à confusions de nos jours.
Dans la lignée des précédents commentaires, il est clair que cela change de la pensée unique. Cette dernière est maintenue et renforcée par la génération des baby boomers pour leur éviter à se confronter à leur bilan désastreux tout en l’imposant à leurs enfants, par les politiques pour leur préserver leur part de marche électorale fondé sur une pensée passéiste, par les acteurs financiers pour leur maintenir une confortable rente malgré certains business models douteux, et par cette oligarchie gloutonne des top worldwide 0.1% concentrant la richesse tout en aspirant à vivre hors sol pour se soustraire de toute contribution redistributrice.
Mais encore plus remarquable vous ne tombez pas dans la démagogie de conforter la notion du complot, d’instaurer le conflit intergénérationnel malgré une réelle tension inégalitaire, de valider les raccourcis mensongers et bien sur de la fumeuse tentation fasciste ou bien révolutionnaire de designer des bouc-émissaires.
Cette interview est d’autant plus remarquable quelle est suffisamment longue pour vous permettre enfin de détailler la pensée Berruyeriste dans son intégralité. Cela permet de renforcer votre crédibilité face aux acteurs du secteur financier qui entretiennent le déni général par intérêt particulier. En contraste je vous encourage à écouter l’émission du 5 juillet des Experts BFM Business (le lendemain de votre intervention) pendant laquelle on a pu y assister à une envolée lyrique pour affirmer que le France a toujours remboursé sa dette et continuera à le faire…
La où je suis plus circonspect, c’est comment vos idées et analyses vont pouvoir conquérir et susciter l’intérêt de nos concitoyens au delà des initiés de votre blog. J’ai tendance à croire que les lecteurs de votre blog (dont je fais partie bien sur) sont des individus qui sont déjà éveillés et sensibilisés aux thèmes que vous abordez. Pour être plus clair je veux bien croire qu’une personne de plus de 60 ans (génération baby boomer et antérieur) puisse être sensible en son for intérieur à vos idées mais je doute fortement que cette même personne puisse se ré-inventer dans un modèle différent de celui qu’elle a côtoyé durant les 40 dernières années et d’autant plus qu’individuellement elle n ‘y a pas intérêt. Par contre à l’opposé la génération Y (les 20-30 ans de nos jours) sont les premiers à souffrir des conséquences de la crise. Leur statut relativement précaire ne leur offre pas grand espoir et les réduits par défaut à être des consommateurs de gadgets et adeptes des communautés virtuelles. Mon point est que cette génération Y mérite plus que ça car c’est elle qui fera le monde de demain. Toutes les générations sont les bienvenues pour influer le changement dans le prolongement de vos idées et analyses (à 41 ans, je fais partie de la génération X et non pas Y), mais sans la dynamique de génération Y l’élan risque de se limiter à des principes ou bien encore à de la gesticulation intellectuelle.
Sur le ton de l’humour, j ai vraiment adoré votre image du Titanic. Toujours sur ce même ton et de taquinerie sympathique (et non pas la moquerie familière), j’ai aussi apprécié les deux minutes de 2h24 à 2h26 pendant lesquelles on peut assister à un joli moment de coquetterie et de gymnastique.
bonjour,
je ne connais pas les travaux de Maurice ALLAIS, mais quand j’en entends parler il est toujours dit: “le seul économiste français qui a obtenu le prix nobel”. (!!??)
oui et alors? est-ce que ça ajoute quelque chose à la qualité du bonhomme?
Milton FRIEDMAN a bien eu aussi le prix nobel d’économie, sûrement pour la mise en œuvre réussie de ses idées au CHILI ou en ARGENTINE par quelques généraux.
Super, bon boulot !
Une petite remarque en passant :
Je suis heureux de voir que le terme de néo-féodalisme refait son apparition. C’est ce terme / concept qui explique l’arrivée et le maintien au pouvoir des “nullards”. Vous en faite une question générationnelle (les soixante-huitards) et je ne suis pas certain que cette discrimination soit la plus pertinentes.
C’est la caractéristique du féodalisme que de maintenir au pouvoir les tocards, les inadaptés … cf l’épisode de la brioche (à mettre en relation avec les déclarations de Christine “boulette” Lagarde et autres). Dans tous les secteurs (arts, culture, politique, économie …) des fils et filles de … (NKM par exemple …)
Plus que le problème des inégalités de patrimoines et de revenu, c’est la question de la transmission des inégalités qui pose problème.
Nous trouvons avec cette grille d’analyse une piste de compréhension des écarts entre la France et l’Allemagne qui ont eu des systèmes de sélections des élites très différents (grandes écoles toussa toussa …)
Bon courage pour la suite
oui il y a un petit coté nain dans cette histoire de génération, vous savez olivier, les nullards font des enfants eux aussi, et même si on est pas à l’abri d’une surprise, ils sont souvent aussi très forts sur le sujet.
Il y a peut être (probablement) un coté 68 ard qui pose problème mais il y a un mécanisme que tu négliges dans ton analyse, c’est la faculté de reproduction des élites. C’est aussi contre cela qu’il va falloir férailler. Le tout n’est pas de renouveler la génération, mais par qui dans la nouvelle génération on renouvelle.
J’ai trouvé incohérent de dire que les “pauvres” n’ont rien à craindre parce qu’ils seront remboursés en dessous de 80 000€ car c’est l’état qui garantit, si la banque fait faillite, or l’état comme pour les retraite actuellement (discours de Xavier Bertrand) doit emprunté sur le marché pour payé les retraites donc il devra emprunté sur les marché pour rembourser les “pauvres”. Ça dépend donc du marché et comme le dit bien Olivier on peut avoir de l’argent tant que le créancier fait confiance, donc en cas de grave crise le créancier n’aura et n’a déjà plus trop confiance donc cette garantie de l’état n’est pas fiable et ça pourrait partir très vite en émeute tout ça non?
Bonjour,

Emission très intéressante sur le fond, mais aussi sur la forme ( 3h30) qui permet enfin d’avoir quelque chose d’agréable à suivre ; cela change des trucs de bfm où tout va à fond la caisse parce que la pub arrive toutes les 2mn,ce qui produit des émissions de mauvaise qualité finalement.(cela fait un peu un syndrome du trouble de déficit de l’attention ce format)
Bref j’ai une question.
J’ai des économies (un peu plus que 100k justement) que je destine à acheter un… 40m2 ( en résidence principale) ;
D’un côté je vois bien que le marché immobilier ultra bullesque va essuyer un -40% à moyen terme donc il vaut mieux attendre.
D’un autre côté il m’est impossible de prévoir comment les 15K milliards d’euros que vous évoquez vont être détruits(probablement des défauts se propageant d’entités économique en entités économique comme des dominos jusqu’à atteindre une entité assez solide pour encaisser la perte sans faire faillite).
Déjà il est certain qu’il faut rester hors des actions,obligations et assurances vie; mais même en ayant tout son argent en liquide sur son compte courant on est pas à l’abri ( il suffit que les défauts en dominos atteignent ma banque et plouf game over).
Alors quoi faire?
Acheter maintenant un appartement qui va prendre -40% d’ici 2ans ( mais s’assurer un toit )
Garder toute son épargne en liquide sur son compte courant, brûler un cierge et prier très fort en attendant la baisse de l’immobilier?
Acheter des obligations d’une entreprise norvégienne en dollars singapouriens dans une banque suisse ?
Parce que vous partez d’une hypothèse de garantie des dépôts de 100k, mais cela n’est pas assuré non plus. Cela pourrait très bien être 50k voire 25k…
Et mis à part l’achat d’or( taxes+commissions=-25%), il semble impossible de sécuriser soi même ses dépôts( je ne peux pas empêcher ma banque de prêter l’argent de mon compte courant par exemple).
Bref quoi faire pour limiter la casse ?
Acheter des obligations d’une entreprise norvégienne en dollars singapouriens dans une banque suisse ?
Delamarche sort de ce corps !!