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28.mai.202028.5.2020 // Les Crises

Amnesty International : La situation en matière de droits humains en Russie a continué de se dégrader

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Source : Amnesty International

Voici un triste tour d’horizon de la situation des libertés publiques dans les 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’Onu : France, Royaume-Uni, États-Unis, Russie et Chine.

Rappel de nos articles précédents :

États-Unis : Développement des politiques et des pratiques discriminatoires

France : les autorités ont restreint de manière disproportionnée le droit à la liberté de réunion pacifique

Royaume-Uni : La législation antiterroriste restreignait encore certains droits

RUSSIE 2019

La situation en matière de droits humains en Russie a continué de se dégrader. Les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique étaient régulièrement réprimés, dans les textes comme dans la pratique. Les personnes qui tentaient d’exercer ces droits se heurtaient à des représailles, allant du harcèlement aux brutalités policières, en passant par l’arrestation arbitraire, de lourdes amendes, voire, dans certains cas, des poursuites pénales et l’emprisonnement.

Les défenseur·e·s des droits humains et les ONG étaient tout particulièrement visés, par le biais des lois relatives aux « agents de l’étranger » et aux « organisations indésirables ». Des centaines de témoins de Jéhovah étaient persécutés en raison de leur religion. D’autres minorités vulnérables étaient également confrontées à la discrimination et aux persécutions. Les dispositions destinées à lutter contre le terrorisme étaient largement utilisées contre les dissident·e·s dans l’ensemble du pays, ainsi qu’en Crimée. La torture restait une pratique très répandue. Les tortionnaires pouvaient généralement agir en toute impunité.

Les violences faites aux femmes et aux filles demeuraient très fréquentes, sans que des mesures satisfaisantes soient prises pour lutter contre ce fléau. Une proposition de loi sur la violence domestique présentée devant le Parlement a suscité une vive opposition de la part de groupes conservateurs et ses promoteurs ont fait l’objet de menaces. Des personnes réfugiées ont été renvoyées de force dans des pays où elles risquaient d’être soumises à la torture.

CONTEXTE

L’année, marquée par le 20e anniversaire de l’arrivée au sommet de l’État de Vladimir Poutine, s’est déroulée sur fond de tensions politiques et de mécontentement social, dans un contexte de dégradation générale des conditions de vie et de défiance croissante de la population à l’égard de Russie unie, le parti au pouvoir. La corruption endémique, les problèmes environnementaux, une urbanisation mal pensée et à la dérive, et une aggravation de la situation en matière de droits humains ont entraîné des protestations aux quatre coins du pays. À Moscou, le refus des autorités d’enregistrer des candidats issus de l’opposition pour les élections à la douma municipale a déclenché des manifestations d’une ampleur rarement vue ces dernières années.

Cinq ans après la suspension de son droit de vote, qui faisait suite à l’annexion de la Crimée, la Russie a réintégré l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) à la faveur d’un compromis diplomatique. Un certain nombre de défenseur·e·s des droits humains russes ont considéré qu’il s’agissait là d’une trahison des valeurs fondamentales du Conseil, tandis que d’autres estimaient que cette mesure permettait de conserver la Russie dans l’orbite de l’organisation et de préserver la possibilité pour les Russes de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. La Russie a poursuivi l’intégration de la Crimée occupée. Sa présence militaire, affichée ou clandestine, en Géorgie, en Syrie, en Ukraine et ailleurs continuait d’alimenter des atteintes aux droits humains.

LIBERTÉ DE RÉUNION

Face à la déconnexion grandissante des autorités d’avec la population, les manifestations se sont multipliées. Les revendications des manifestant·e·s étaient non seulement politiques, mais portaient également, de plus en plus souvent, sur des questions économiques, sociales ou environnementales locales, telles que la gestion des déchets. Les pouvoirs publics ont souvent réagi en refusant d’autoriser les rassemblements publics (l’obtention d’une autorisation étant obligatoire avant toute manifestation), en dispersant des réunions pacifiques et en engageant des poursuites administratives ou pénales contre les organisateurs ou organisatrices et les participant·e·s. La manière dont étaient traités les manifestant·e·s a en retour suscité un élan de solidarité sans précédent en leur faveur de la part de la population.

Plus de 2 600 personnes ont été arrêtées lors des manifestations qui ont eu lieu en juillet et en août à Moscou et qui se sont déroulées pacifiquement jusqu’à l’intervention musclée de la police et de la Garde nationale. Malgré les très nombreuses allégations d’arrestations arbitraires, de recours à une force excessive et aveugle et de mauvais traitements infligés à des manifestant·e·s par des responsables de l’application des lois, aucune enquête n’a semble-t-il été ouverte sur ces agissements. De simples passant·e·s ont également été victimes des violences policières, comme Konstantin Konovalov, qui faisait son jogging lorsqu’il a été arrêté de façon arbitraire, le 27 juillet, avant même que la manifestation prévue ce jour-là ait commencé, et jeté à terre sur la chaussée. Un policier lui aurait violemment marché sur la jambe, lui occasionnant une fracture. De très nombreuses personnes interpellées, à Moscou et ailleurs, ont été placées en détention et soumises à de fortes amendes. Plusieurs personnes ont été mises en examen dans le cadre d’une enquête sur de prétendues « émeutes ». Au moins 28 personnes ont été poursuivies à la suite de manifestations, la plupart pour « violences contre personne dépositaire de l’autorité publique ». Seize d’entre elles ont été reconnues coupables et 10 ont été condamnées à des peines d’emprisonnement à l’issue de procès totalement inéquitables[1].

Dans le cadre de la répression des mouvements de protestation, le pouvoir a de nouveau invoqué l’article 212.1 du Code pénal (« violations répétées de la réglementation sur la tenue de rassemblements publics ») pour justifier son action. Trois manifestants non violents – Viatcheslav Egorov, Andreï Borovikov et Konstantin Kotov – ont été poursuivis au titre de cet article. Konstantin Kotov a été condamné à quatre ans d’emprisonnement et Andreï Borovikov à 400 heures de travail obligatoire. Viatcheslav Egorov attendait toujours d’être jugé à la fin de l’année[2].

Deux militants pacifiques, Ian Sidorov et Viatcheslav Mordassov, ont chacun été condamnés en octobre à plus de six ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire à régime strict pour avoir brièvement manifesté, sans violence, en 2017 à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie. Leurs peines ont été confirmées en appel en décembre. Viatcheslav Chachmine, également accusé dans la même affaire, a quant à lui été condamné à trois ans de mise à l’épreuve[3].

Une série de manifestations essentiellement pacifiques contre un compromis territorial conclu avec la république voisine de Tchétchénie ont eu lieu à Magas, capitale de l’Ingouchie, dans le nord du Caucase, fin 2018 et début 2019. Après avoir toléré le mouvement de protestation, les autorités ont dispersé les manifestant·e·s pacifiques le 27 mars, provoquant des actes de violence isolés de la part de protestataires. Plus d’une trentaine d’individus ont ensuite été poursuivis pour « violences contre personne dépositaire de l’autorité publique ». Parmi eux, six militants étaient accusés d’être les organisateurs de ces « violences ».

DÉFENSEUR·E·S DES DROITS HUMAINS ET LIBERTÉ D’ASSOCIATION

Les auteurs de violences commises ces dernières années sur la personne de défenseur·e·s des droits humains jouissaient toujours d’une totale impunité. La législation répressive concernant les « agents de l’étranger » et les « organisations indésirables » était régulièrement invoquée contre les ONG, notamment les ONG de défense des droits humains, et leurs membres, qui faisaient également l’objet de poursuites pénales et de campagnes de dénigrement de la part des médias contrôlés par l’État[4].

Dix ans après l’enlèvement et la mort de Natalia Estemirova, membre en vue de l’ONG Mémorial à Grozny, ses assassins présumés n’avaient pas encore été traduits en justice[5]. De même, les auteurs de la sauvage agression dont a été victime le militant écologiste Andreï Roudomakha en décembre 2017, dans la région de Krasnodar (sud de la Russie), n’avaient toujours pas été identifiés, pas plus que les individus qui ont enlevé Oleg Kozlovski, chercheur d’Amnesty International, en octobre 2018 en Ingouchie, avant de lui faire subir un simulacre d’exécution. Les enquêtes sur certains de ces faits restaient officiellement ouvertes.

En mars, le tribunal municipal de Chali a condamné Oyoub Titiev, responsable du bureau de Grozny de l’organisation Mémorial, à quatre ans d’emprisonnement pour détention de stupéfiants. Les charges étaient de toute évidence forgées de toutes pièces. Oyoub Titiev a été remis en liberté conditionnelle en juin, après avoir passé le tiers de sa peine derrière les barreaux (il avait été arrêté en janvier 2018[6]).

Cinq militant·e·s faisaient l’objet de poursuites pénales pour « coopération » avec des organisations « indésirables ». Anastasia Chevtchenko, de Rostov-sur-le-Don, a été arrêtée le 21 janvier. Elle a passé deux jours en détention, puis le reste de l’année en résidence surveillée, dans l’attente de son procès[7]. Le procès de Iana Antonova, de Krasnodar, s’est ouvert au mois de novembre[8]. Toutes deux accusées d’être proches du mouvement d’opposition Russie ouverte, elles encouraient une peine pouvant aller jusqu’à six ans d’emprisonnement.

En octobre, un tribunal de Krasnodar a reconnu Mikhaïl Beniach, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, coupable de « violences contre personne dépositaire de l’autorité publique » et lui a infligé une amende de 60 000 roubles (969 dollars des États-Unis), réduite de moitié au vu des deux mois qu’il avait passés en détention provisoire. Les charges retenues contre lui avaient été forgées de toutes pièces après qu’il eut été arrêté et frappé par des policiers en civil, en septembre 2018. Ses propres accusations ont toutefois été systématiquement ignorées par le tribunal.

Le ministère de la Justice a ouvert des procédures administratives contre plusieurs organisations accusées d’avoir enfreint la législation relative aux « agents de l’étranger ». Plusieurs organisations, dont le Centre russe « Mémorial » de défense des droits humains et la Société internationale d’histoire et de défense des droits de l’homme « Mémorial » (Mémorial international), ont en conséquence été condamnées à de fortes amendes. Les tribunaux ont par ailleurs prononcé la dissolution du Mouvement pour les droits humains. Visée par pas moins de cinq procédures pénales, la responsable de l’organisation Écodéfense, Alexandra Koroleva, a été contrainte de quitter la Russie pour solliciter une protection internationale.

En août, le Comité d’enquête de la Fédération de Russie a ouvert une information contre la Fondation anticorruption (FBK) d’Alexeï Navalny, accusée de blanchiment d’argent. Sous ce prétexte, les domiciles de centaines de sympathisant·e·s de l’organisation et d’autres militant·e·s d’opposition ont été perquisitionnés aux quatre coins du pays, et les comptes en banque personnels des employé·e·s de la FBK, ainsi que de plusieurs militant·e·s, ont été gelés. Les autorités ont classé en octobre la FBK dans la catégorie des « agents de l’étranger ». La Fondation constituait alors l’une des initiatives de financement participatif les plus populaires de Russie[9].

Quatre nouvelles organisations étrangères, dont l’ONG Les Gens dans le besoin, basée à Prague, ont été déclarées « indésirables », ce qui portait à 19 le nombre de groupes classés dans cette catégorie et donc interdits en Russie. Tout contact avec ces groupes était considéré comme une infraction. Plusieurs ONG russes ont dû acquitter de fortes amendes sous prétexte qu’elles auraient eu des liens avec des « organisations indésirables ». L’organisation Veille écologique pour le Caucase du Nord, dont le siège se trouve dans la région de Krasnodar, a été condamnée en avril par un tribunal de la ville de Maïkop pour avoir partagé des liens vers des blogs publiés auparavant sur le site du mouvement « indésirable » Russie ouverte. Un tribunal de la ville de Barnaoul, dans l’ouest de la Sibérie, a condamné à une amende l’association Jeunes Journalistes de l’Altaï parce qu’elle avait laissé sur son site un lien hypertexte inactif vers une autre organisation « indésirable », l’Open Society Institute.

LIBERTÉ D’EXPRESSION

Les conditions de l’exercice du droit à la liberté d’expression ont été encore réduites, dans les textes comme dans la pratique, notamment par l’adoption de nouvelles restrictions sur l’usage d’Internet et par de nouvelles représailles contre les personnes exprimant des opinions dissidentes en ligne. On notait une différence toujours croissante entre la manière dont la législation sur la liberté d’expression était appliquée aux médias officiels et aux représentants des pouvoirs publics et celle dont elle était utilisée contre les citoyen·ne·s qui formulaient des avis critiques ou dissidents.

Si « l’incitation à la haine et à l’inimitié » (article 282 du Code pénal) a été partiellement dépénalisée en janvier, d’autres dispositions, telles que celles de l’article 280 (diffusion de « l’extrémisme »), continuaient d’être invoquées de manière sélective contre les dissident·e·s. Aux termes d’une nouvelle loi adoptée en mars, le fait de « répandre de fausses nouvelles » et d’« insulter » sur Internet l’État, ses symboles et ses institutions constituait désormais une infraction administrative passible d’une lourde amende. Les poursuites au titre de cette nouvelle loi n’ont pas tardé. Plus d’une vingtaine de personnes avaient ainsi été condamnées fin décembre, essentiellement pour avoir critiqué le président. En revanche, la diffamation des personnes critiques à l’égard des autorités et les « fausses nouvelles » les concernant étaient monnaie courante dans les médias contrôlés par le gouvernement. Ramzan Kadyrov, le président de la République tchétchène, a menacé publiquement et en toute impunité de « tuer, emprisonner et intimider » les blogueurs qui se rendraient coupables « de semer la discorde et de propager des ragots ».

Des poursuites pénales ont été entamées en février contre la journaliste Svetlana Prokopieva, de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie. Celle-ci était accusée d’avoir « justifié le terrorisme » dans un article paru en octobre 2018 qui critiquait l’attitude des autorités dans le cadre d’une affaire d’attentat suicide commis contre une antenne du Service fédéral de sécurité (FSB). Abdoulmoumine Gadjiev, journaliste au Tchernovik, un journal indépendant publié au Daghestan, a été arrêté en juin pour financement du terrorisme – une accusation sans le moindre fondement – et a passé le reste de l’année en détention provisoire[10]. Le même mois, la police de Moscou a monté de toutes pièces une affaire d’infraction à la législation sur les stupéfiants contre le journaliste d’investigation Ivan Golounov. Les autorités, qui ne s’attendaient pas à l’ampleur de la réaction de la profession et de l’opinion publique, ont finalement été contraintes de reconnaître que les éléments à charge avaient été falsifiés et ont dû remettre le journaliste en liberté sans l’avoir inculpé. Les policiers qui l’avaient arrêté ont été démis de leurs fonctions, mais les avocats d’Ivan Golounov n’ont été informés de l’ouverture d’une enquête judiciaire les concernant qu’à la fin de l’année[11].

La loi sur un « RuNet souverain », censée permettre aux autorités russes de contrôler le routage sur Internet en situation d’urgence, est entrée en vigueur au mois de novembre. En décembre, Vladimir Poutine a promulgué une nouvelle loi aux termes de laquelle les personnes désirant diffuser des informations en provenance de la presse étrangère ou « d’agents » non russes et recevant des fonds de l’étranger pourraient se voir obligées de se faire enregistrer et tomberaient alors sous le coup de la réglementation relative aux « agents de l’étranger » [12]. Tout·e contrevenant·e s’exposait à une amende pouvant atteindre cinq millions de roubles (80 000 dollars des États-Unis).

LIBERTÉ DE RELIGION ET DE CONVICTION

Des centaines de témoins de Jéhovah faisaient l’objet de poursuites dans toute la Russie en raison de leurs convictions religieuses, leur organisation ayant été décrétée « extrémiste » et, à ce titre, interdite en 2017. En février, Dennis Christensen, membre du groupe local des témoins de Jéhovah d’Orel, dans le centre de la Russie, a été condamné à six ans d’emprisonnement pour avoir « organisé les activités d’une organisation extrémiste ». Ce ressortissant danois avait été la première personne arrêtée après l’interdiction du mouvement[13]. Après avoir perdu son procès en appel en mai, il a été envoyé à quelque 200 kilomètres, dans la région de Koursk, pour y purger sa peine. Au moins 17 autres témoins de Jéhovah ont été condamnés en 2019, dont sept à des peines d’emprisonnement. De nombreux autres ont été victimes d’actes de harcèlement, et notamment de perquisitions très intrusives[14]. Certains membres du mouvement ont affirmé avoir été maltraités, voire torturés, pendant leur interrogatoire.

DROITS DES LESBIENNES, DES GAYS ET DES PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXES

La discrimination et le harcèlement à l’encontre des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes (LGBTI) restaient omniprésents. La « loi sur la propagande gay », de nature homophobe, a été à plusieurs reprises invoquée pour réprimer la liberté d’expression des membres de cette communauté. Les militant·e·s des droits des personnes LGBTI étaient fréquemment la cible de menaces, dont les auteurs jouissaient d’une totale impunité.

Le pouvoir fédéral fermait systématiquement les yeux sur les éléments de plus en plus accablants tendant à prouver que les autorités tchétchènes avaient organisé ces dernières années une campagne d’enlèvements, de torture et de meurtres d’hommes gays. N’étant pas parvenu à obtenir justice en Russie, Maxime Lapounov, lui-même rescapé de cette campagne, a porté plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui a accepté d’examiner sa requête et a donné quatre mois à la Russie pour y répondre. Ioulia Tsvetkova, militante LGBTI originaire de Komsomolsk-sur-l’Amour, en extrême-orient russe, a été inculpée en novembre de « production et diffusion de matériel pornographique » et placée en résidence surveillée pour avoir publié en ligne des dessins purement figuratifs d’organes génitaux féminins qu’elle avait elle-même réalisés. Elle encourt six années d’emprisonnement[15].

LUTTE CONTRE LE TERRORISME

La lutte contre le terrorisme servait très souvent de prétexte à des poursuites judiciaires obéissant à des motivations politiques. Les procès de plusieurs hommes accusés d’avoir mis en place une organisation « terroriste » baptisée « Set » (le Réseau), ou d’en avoir fait partie, se sont ouverts en mars et en mai, à Saint-Pétersbourg et à Penza. Le parquet de Penza a requis en décembre des peines allant de six à 18 ans d’emprisonnement. Des allégations crédibles de torture formulées par plusieurs des prévenus, dont Victor Filinkov et Dmitri Ptchelintsev, ont été systématiquement ignorées par le tribunal. L’affaire en elle-même, qui concernait essentiellement des opposants et des militants politiques et s’appuyait sur des « aveux » obtenus sous la contrainte, a suscité des doutes quant à la réalité des charges retenues contre les accusés. D’autres affaires en cours, dont celle de Novoe Velitchie, à Moscou, suscitaient le même genre de préoccupations.

En novembre, le tribunal militaire de Rostov-sur-le-Don a condamné six prisonniers d’opinion originaires de la Crimée occupée, dont le défenseur des droits humains Emir-Ousseïn Koukou, à des peines allant de sept à 19 ans d’emprisonnement. Ces six hommes étaient accusés d’appartenance à l’organisation politique Hizb ut-Tahrir (considérée comme « terroriste » en Russie depuis 2003, mais légale en Ukraine) [16]. De telles accusations sont fréquemment formulées par le pouvoir en place dans la péninsule comme prétexte à des représailles motivées par des considérations politiques contre des membres de la communauté des Tatars de Crimée. Une quinzaine d’autres membres présumés d’Hizb ut-Tahrir au moins ont été condamnés à de lourdes peines similaires en Russie au cours de l’année.

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Dans les lieux de détention, la torture et, plus généralement, les mauvais traitements étaient monnaie courante. Les tortionnaires jouissaient d’une impunité quasi totale. D’innombrables allégations de torture ont été signalées, en provenance de toute la Russie. En décembre, le fonds caritatif Noujna Pomochtch a obtenu du Comité d’enquête russe des statistiques sur la torture dans les lieux de détention. Selon cet organisme, sur la période allant de 2015 à 2018, entre 1 590 et 1 881 plaintes pour « abus de pouvoir » de la part d’agents des services pénitentiaires auraient été enregistrées chaque année. De 1,7 à 3,2 % d’entre elles seulement auraient donné lieu à une enquête.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

Plusieurs affaires ayant eu un grand retentissement étaient emblématiques des violences faites aux femmes, et en particulier de la violence domestique. Des manifestations et des rassemblements express ont eu lieu pendant tout l’été, à Moscou et ailleurs, en soutien aux sœurs Angelina, Krestina et Maria Khatchatourian. Arrêtées en juillet 2018 et âgées respectivement de 17, 18 et 19 ans au moment des faits, celles-ci ont reconnu avoir tué leur père après des années de sévices physiques, sexuels et psychologiques systématiques. Pour celles et ceux qui les soutiennent, ces trois jeunes filles symbolisent la situation d’innombrables autres victimes et l’attitude de l’État, absent lorsqu’il faudrait protéger, mais prompt à sanctionner sévèrement les actes de désespoir. Le chef d’inculpation initial a été remplacé en juin par un autre, plus grave (homicide volontaire en réunion avec préméditation), passible de 20 ans d’emprisonnement.

En juillet, dans son tout premier jugement concernant des violences domestiques en Russie, la Cour européenne des droits de l’homme a statué en faveur de la requérante (affaire Volodina c. Russie), estimant que la Russie avait de manière persistante manqué à son obligation d’adopter une législation contre la violence domestique et que les dispositions existantes étaient insuffisantes pour assurer la protection des victimes. Un deuxième arrêt de la Cour européenne sur cette question (affaire Barsova c. Russie) a été rendu au mois d’octobre. Selon un magistrat de cette même Cour, une centaine de requêtes analogues émanant de Russie étaient actuellement en attente d’examen. Dans une communication officielle transmise en octobre à la Cour européenne, le ministère de la Justice s’efforçait de minimiser l’importance et l’ampleur du problème en Russie, ainsi que son impact disproportionné sur les femmes, affirmant que la discrimination était plus forte envers les hommes.

Une proposition de loi attendue depuis des années sur la violence domestique a été déposée devant le Parlement au mois de novembre. Les dispositions de ce texte étaient loin de constituer des mesures efficaces de protection des personnes en danger et des victimes. Il s’est pourtant heurté à une vive opposition de la part de groupes conservateurs, et notamment de l’Église orthodoxe russe, qui y ont vu une menace pour les « valeurs traditionnelles » de la Russie et pour la « famille ». Certaines personnes favorables à l’adoption d’une loi sur la violence domestique, comme la parlementaire de la Douma d’État Oxana Pouchkina et l’avocate Mari Davtian, ont indiqué avoir reçu des menaces de la part des opposant·e·s au projet.

PERSONNES RÉFUGIÉES OU MIGRANTES

La Russie a cette année encore renvoyé des personnes ayant besoin d’une protection internationale vers des pays où elles risquaient d’être victimes d’actes de torture et d’autres atteintes à leurs droits fondamentaux. Elle s’est notamment livrée à des pratiques constituant de fait des « restitutions secrètes ».

Fakhraddine Abbasov (Aboszoda), immigré politique originaire d’Azerbaïdjan résidant en Russie depuis 2008, était en détention depuis septembre 2018, à la suite d’une demande d’extradition émanant des autorités azerbaïdjanaises, qui l’accusaient d’avoir commis des crimes contre l’État. Sa demande d’asile a été rejetée par le ministère de l’Intérieur en octobre 2018, au motif qu’il détenait déjà un permis de séjour russe, valable jusqu’en février 2019. Il a fait appel de cette décision et devait comparaître devant un tribunal à ce sujet le 28 février. Or, il a été extrait de sa cellule le 27 février par des responsables de l’application des lois non identifiés, qui l’ont emmené vers une destination inconnue. L’audience a été reportée. Le 1er mars, le Service de la sécurité nationale d’Azerbaïdjan a annoncé avoir arrêté Fakhraddine Abbasov à son arrivée à l’aéroport international de Bakou, le 28 février[17].

 

Notes

[1] Russie. La course aux élections locales à Moscou est marquée par des attaques sans précédent contre les droits fondamentaux (nouvelle, 6 septembre)

[2] Russie. Un militant écologiste arrêté risque la prison pour avoir manifesté pacifiquement (EUR 46/0240/2019)

[3] Russie. Deux jeunes militants emprisonnés injustement (nouvelle, 4 octobre)

[4] Unfair game: Persecution of human rights defenders in Russia intensifies (EUR 46/0950/2019)

[5] Russie. Dix ans depuis le meurtre de la défenseure des droits humains tchétchène Natalia Estemirova, et toujours aucune perspective de justice (nouvelle, 15 juillet)

[6] Russie. La libération conditionnelle d’Oyoub Titiev est une bonne nouvelle mais ne suffit pas à lui rendre justice (nouvelle, 10 juin)

[7] Russie. La première procédure pénale au titre de la loi sur les « organisations indésirables » marque un nouveau palier dans la répression (nouvelle, 21 janvier)

[8] Russie. Les charges qui pèsent sur une militante doivent être abandonnées (EUR 46/1376/2019)

[9] Russie. L’inscription de la Fondation anticorruption sur une liste d’« agents de l’étranger » est une nouvelle attaque contre la liberté d’association (nouvelle, 9 octobre)

[10] Russian Federation: Stop unfounded prosecution of Dagestani journalist and reprisals against Chernovik(EUR 46/1236/2019)

[11] Russie. Un éminent journaliste d’investigation détenu et, semble-t-il, roué de coups (nouvelle, 7 juin)

[12] Russie. Le projet de loi sur les « agents de l’étranger » menace les journalistes (EUR 46/1420/2019)

[13] Fédération de Russie. Un témoin de Jéhovah danois emprisonné en raison de sa foi (EUR 46/9846/2019)

[14] Russian Federation: Effectively investigate allegations of torture against and persecution of Jehovah’s Witnesses (EUR 46/9922/2019)

[15] Russie. Une militante féministe condamnée à une amende pour « propagande gay » et visée par des poursuites pénales pour « pornographie » (nouvelle, 11 décembre)

[16] Russie. Emir-Ousseïn Koukou et cinq coaccusés de Crimée occupée condamnés à de lourdes peines (nouvelle, 12 novembre)

[17] Amnesty International’s submission to the Council of Europe Committee of Ministers (EUR 04/9985/2019)

Source : Amnesty International

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Sharivan // 28.05.2020 à 08h05

Bon moi aussi j’ai du mal avec l’écriture inclusive et les prises de positions d’Amnesty International, mais faut il vraiment rejeter cet article en bloc et ne pas critiquer la Russie ?
Je remarque sur le site de plus en plus de membres qui critiquent les articles sur leur forme et qui, sur ce constat, invalide le fond… Je trouve ça bien dommage.

45 réactions et commentaires

  • François // 28.05.2020 à 07h11

    Qui finance Amnesty ? Quelqu’un a des infos ?

    Ce pays est le moins endetté du monde, chaque russe ne sera pas esclave aux banques. Pour moi, c’est une liberté de base. Est ce qu’amnesty parle de l’endettement ?

      +36

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    • fanfan // 28.05.2020 à 10h35

      Amnesty couvre des questions qui sont cruciales pour la politique étrangère des États-Unis (on se souvient que Suzanne Nossel, anciennement du ministère des affaires étrangères US a été ensuite directrice exécutive d’Amnesty International USA)

      Les gentils donateurs…

      Financial Reports and Accounts : https://www.amnesty.org/en/about-us/how-were-run/finances-and-pay/
      Qui sont les donateurs ? Cf. Amnesty International Limited – Income Report :
      2014 : https://www.amnesty.org/download/Documents/FIN4027612015ENGLISH.pdf
      2015 : https://www.amnesty.org/download/Documents/FIN4050462016ENGLISH.pdf
      2016 : https://www.amnesty.org/download/Documents/FIN4076912017ENGLISH.PDF

        +14

      Alerter
    • Barachin // 28.05.2020 à 18h47

      « Qui finance … »

      Vous nous faites le coup systématiquement : https://www.les-crises.fr/sars-cov-2-le-cidrap-propose-trois-scenarios-pour-la-suite-de-la-pandemie/#comment-648293

      Il faudrait peut-être penser à lire les articles
      • avant de poster un commentaire
      • consistant à jeter le soupçon sur l’auteur de l’article
      • afin de paraître plus sagace que la moyenne

      Car entre le titre de l’article et le nom de son signataire il ne vous aura pas échappé qu’il y a … du contenu 🙂

        +0

      Alerter
      • LowCost // 29.05.2020 à 12h37

        C’est plutôt une bonne chose le « coup » de se demander qui finance quelle(s) organisation(s).
        Savoir d’où s’exprime une opinion est une des base de la bonne compréhension des choses.

        Qui paye commande, ou tout le moins influence. Sauf peut être chez quelques bisounours ou autre aveugles volontaires.

          +9

        Alerter
    • K // 30.05.2020 à 07h08

      L’endetement n’a rien à voir avec les droits humains. L’Arabie Saoudite n’a pas de dette et ce n’est pas le paradis des droits de l’Homme pour autant.
      De toutes façon un pays peut décider de racheter sa dette par l’intermediaire de sa banque centrale. Et surtout les Etats ne remboursent ni les intérêts (taux zero voir négatifs) et ne remboursent pas non plus le principal (dette roulée ad vitam eternam).

      Donc l’argument du servage par la dette n’est qu’un contre-feu pour éviter de regarder la situation des droits de l’Homme en Russie.

        +1

      Alerter
    • Bolk // 31.05.2020 à 08h28

      Amnesty est financé par Georges Soros.

      Bel article de propagande : occultation, déformation et grossissement.

      La Russie est placée dans l’axe du mal parce qu’elle refuse le projet de Soros : destruction de la nation, mise en coupe réglée de l’économie par les financiers mondiaux, endoctrinement dès le plus jeune âge aux théories mortifères LGBT et sans-frontieristes.

      Inutile de présenter ici les ravages de ce projet dans notre pauvre France.

      La Russie est aujourd’hui le dernier bastion de la civilisation européenne, malgré 70 ans de ravages soviétiques. Espoir des peuples européens et cauchemar des démons sorossiens.

        +2

      Alerter
  • Santerre // 28.05.2020 à 07h12

    J’aime vraiment beaucoup mais alors beaucoup les Crises.
    Mais c’est difficile parfois.

      +35

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    • Favouille // 28.05.2020 à 10h08

      Nous devons faire un effort supporter ce genre d’articles qui permettent à la rédaction de Les Crises de ne pas être soupçonnée d’anti-américanisme primaire et d’adoration inconditionnelle de la Russie..
      Un fois par an me parait la dose raisonnable. N’oublions pas que l’accès à ce site est gratuit.

        +19

      Alerter
      • Logique // 28.05.2020 à 22h59

        Euh, la Russie a agressé combien d’autres pays depuis 20 ans?

        Voyons, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine, Yémen, Vénézuéla, ah zut, j’ai tout faux, ceux-là ce sont les USA qui les ont agressés avec leurs « alliés » dont la France, directement ou indirectement (par des opérations sous faux-drapeau, par des ventes d’armes, par des conseillers militaires, par un soutien des terroristes…).

          +15

        Alerter
    • Les-crises // 28.05.2020 à 17h30

      Venant après 3 articles :

      États-Unis : Développement des politiques et des pratiques discriminatoires

      France : Les autorités ont restreint de manière disproportionnée le droit à la liberté de réunion pacifique

      Royaume-Uni : La législation antiterroriste restreignait encore certains droits

      cela permet d’avoir un tour d’horizon de la situation des droits humain dans ces pays, qui est bien triste partout.

        +11

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      • Narm // 29.05.2020 à 22h53

        Bonsoir,
        vous auriez aussi pu dire, « on a fait une bourde en ne titrant pas de manière égalitaire les titres des articles et nous avons rectifié », non ?
        plutôt que de manipuler les commentaires en faisant le ménage, taire les râleurs et mettre un com particulier en com les mieux notés alors qu’il ne l’est pas
        les crises ressemble de plus en plus au décodex et au « politiquement correct », il est bien logique que des commentateurs s’interrogent ouvertement. voir Santerre // 28.05.2020 à 07h12
        La meilleur réponse serait de respecter tout le monde, de la même manière et ne pas agir à la hache, encore pire que ceux que vous critiquez d’ailleurs
        Cordialement

          +13

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      • Alfred // 30.05.2020 à 11h01

        Vous avez vraiment mis en exergue un commentaire parmi les moins appréciés à la place du commentaire le plus aprécié (cinq fois plus)? Les règles changent.
        Vous sucrerez sans doutes celui-ci de commentaire: Vous bénéficiez d’une position dominante à la manière de google pour les mêmes raisons: Vous êtes le primo-arrivant borgne au royaume des aveugles. Dans un paysage médiatique ravagé et un paysage internet indigent vous avez fait (un peu) avant d’autres du travail de qualité en prolongeant l’effort sur (beaucoup) plus longtemps que d’autres. En particulier l’effort de laisser les commentaires relativement libres. Dans le champ de cadavres ce site est resté le dernier mur de la dernière ruine debout.
        Ce pan de mur s’érode et se fragilise. Comme rien ne pousse autour on a l’impression que rien ne se passe. Et pourtant.
        Google est quasi indispensable mais tout le monde rêve de la fin de google car google est dangeureux et relativement malfaisant (ses intentions ne sont pas claires et ses actions ont un caractère totalitaire).
        Depuis combien de temps le trafic de ce site part il à la dérive déjà? Depuis quel moment?

          +7

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      • Sibtigr // 02.06.2020 à 21h49

        Cet article n’est que mensonges, semi vérités, inversions partiales des faits, propagande crassement antirusse, et ce pour des sujets qui ne concernent quasiment personne en Russie, des faits divers n’intéressant que des ragoteurs et dignes de FranceDimanche.
        Mais où est tombé Les Crises ??

          +0

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  • Merlin // 28.05.2020 à 07h22

    Superbe article, entre le glissement sémantique, l’écriture inclusive, la généralisation depuis des exemple isolés et les approximations à tout vent j’ai comme l’impression qu’il s’agit d’une baudruche pour effrayer les petits oiseaux.
    Notes:
    -les témoins de Jéhovah sont bien une secte qui détruit des vies chaque année
    -la « Crimée occupée » n’existe pas
    -le virage autoritaire sur fond de lutte contre le terrorisme est moins important qu’en France ces dernières années
    Bref, je trouve dommage d’inclure ce genre de travaux(ou la croisade anti Raoult) au blog d’habitude très sérieux, vivement le retour d’un contenu plus pertinent et économique.

      +84

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    • TEROUINARD // 28.05.2020 à 08h57

      Je suis en accord, globalement, avec vous.
      Et je vais insisté sur un point particulier : « les témoins de Jéhovah sont bien une secte qui détruit des vies chaque année ».
      Oui, et c’est pour ceci qu’ils ont été parmi les premiers à « essuyer les plâtres » des « camps de concentration » fin des années 1930 en Allemagne.
      Tout est « secte » en ce Monde; mais l’autre (les autres) est horrible, pas la mienne.

        +6

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      • Fritz // 28.05.2020 à 09h25

        En tout cas, beaucoup d’entre eux ont été internés dans les camps, avec le triangle violet cousu sur leur pyjama rayé. En 1947, Léon Blum a exprimé dans une lettre son admiration pour leur fermeté de conviction, et recommandé leur autorisation à la préfecture de police.

          +2

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  • Perret // 28.05.2020 à 07h33

    En gros, la répression russe approcherait de la répression française, sauf qu’on n’y crève pas les yeux et qu’on n’y arrache pas les mains. En France cependant, les ONG reliées à des services étrangers sont protégées voire financées et c’est tout le contraire en Russie. Les rares terroristes Tatars, soutenus par les Ukronazis, sont injustement réprimés. Enfin, l’antisémite Navalny subit une méchante répression, ce qui chagrine Amnesty… Il y a bien des problèmes en Russie, ça aiderait les Russes qu’on en traite sérieusement.

      +55

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    • andrea naz // 28.05.2020 à 09h27

      À vous et à Merlin, je dis un grand merci! Je n’ai pas pu tout lire, l’odeur était trop forte! Faut-il que la haine soit grande pour faire un tel pâté!

        +19

      Alerter
      • V_Parlier // 28.05.2020 à 18h25

        J’ajouterais que même si le site veut rester neutre et critiquer ce qui est critiquable dans chaque pays (comme par exemple les mesures actuelles anti-covid de Sobianine à Moscou) il faudrait au moins que les articles choisis soient honnêtes. Là on fait pire que le Washington Post en matière de mauvaise foi et de soutien à des pourritures! Amnesty International me dégoûte vraiment de plus en plus.

          +13

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    • Sibtigr // 02.06.2020 à 21h52

      Toute la Russie se fout de Navalny comme de sa première chaussette

        +0

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  • Sharivan // 28.05.2020 à 08h05

    Bon moi aussi j’ai du mal avec l’écriture inclusive et les prises de positions d’Amnesty International, mais faut il vraiment rejeter cet article en bloc et ne pas critiquer la Russie ?
    Je remarque sur le site de plus en plus de membres qui critiquent les articles sur leur forme et qui, sur ce constat, invalide le fond… Je trouve ça bien dommage.

      +14

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    • Eric // 28.05.2020 à 08h36

      Ce que vous dites revient a dire que c’est la queue qui remue le chien…

      Ce site est critiqué car il glisse petit a petit vers la presse mainstream

      de plus en plus d’articles publié ici pourrait très bien l’être dans libé

      Interet?

        +41

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      • Morne Butor // 28.05.2020 à 14h57

        Très utile pour des gens comme moi qui n’ont pas ouvert un Libé depuis une décennie et ne consulte plus Amnesty depuis un lustre.

        Si le sujet ne vous plaît pas, rien ne vous force à le lire et le commenter.

          +3

        Alerter
      • Sharivan // 28.05.2020 à 20h43

        Je me demande si libé à parler de ça:
        ATTENTION !! VIDEO EXTREMEMENT VIOLENTE !!!
        Arrêtez-vous à l’article si vous avez l’âme sensible
        https://francais.rt.com/international/52646-torture-dans-une-prison-russe-les-autorites-enquetent-video-choc
        Remarquez la source « au dessus de tout soupçon » 😉

        A ceux que l’on estime, on ne doit pas éviter les critiques

          +1

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    • Logique // 28.05.2020 à 23h06

      Faudrait m’expliquer: ce commentaire à +11 et il est en tête des commentaires alors que je vois plusieurs autres commentaires (11 ! à 23h06) qui en ont bien plus dont celui d’Eric de 8h34 qui a +57.

        +8

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      • Narm // 29.05.2020 à 14h49

        y a plus rien à expliquer

        comme je le disais dans un commentaire effacé :
        y a pas d erreur
        la seule question est : doit-on y voir un assouvissement du site.
        sur d’autres articles, j’ai plus que des doutes, surtout sur la liberté d’expression

        le coup des pouce vient de m’achever.
        ça devient lamentable

          +5

        Alerter
      • Alfred // 30.05.2020 à 11h05

        C’est la démocratie en marche rapide. C’est un peu comme compter les députés morts parmi ceux qui ont voté une loi (avia en l’occurence). La démocratie c’est quand tout le monde est d’accord avec moi.

          +4

        Alerter
  • Fritz // 28.05.2020 à 08h15

    Ouaah ! C’est du lourd !
    Grande-Bretagne, États-Unis : mise en appétit. Russie : le plat de résistance !
    Contrairement aux lecteur·e·s mécontent·e·s ou insatisfait·e·s de ce rapport courageux, je vais prendre des notes pour mon prochain cours d’EMC (enseignement moral et civique), exclusivement consacré à la Russie !
    Et pour une fois, les inspecteur·e·s vont me féliciter, je le sens !

      +9

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  • Eric // 28.05.2020 à 08h34

    Alors je vis en russie depuis 3 ans

    Et ce genre d’article de la part de ce genre d’ONG (financement?) me fait doucement rigoler…

    Les femmes? Les violences domestiques sont un fléau mondial. Mais concernant la sécurité des femmes dans la rue, je peut vous garantir que les femmes peuvent se balader l’été en minijupe dans la rue seule, JAMAIS elle se feront embeter/aggréssée comme à Paris… Autre monde, autre mentalité (femme très respectée)

    Les LGBT? Il y a qqs boites LGBT très branchées dans le centre de Moscou. J’y suis allé plusieurs quand des ami(e)s homo viennent visiter la russie… Ben ca pose aucun probleme. Par ailleurs je vois souvent a moscou des hommes ou femmes homos se balader en se tenant la main. RAS ALors après, il y a pas de « Gay Pride », mais c’est donc ca, l’oppression? En revanche, Il me semble que les-crises avait relayé que dans lors d’un grande parade je ne sais plus pour quelle jour férié (marche des immortels?) il y avait un cortège « lgbt » (qui marchait derriere les communistes entre autres…)

    Quant au controle de ce qui est financé depuis l’étranger, petit rappel : la Russie est quand meme l’un des pays au monde les plus destabilisés depuis l’étranger (non?). Qu’elle essait de le controler n’est il pas légitime?

      +77

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    • LibEgaFra // 28.05.2020 à 08h55

      Merci de votre témoignage. « Couillon International » veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Cette organisation participe à la guerre idéologique contre les pays qui résistent à l’impérialisme.

      Pas un mot sur la peine de mort qui n’est plus pratiquée. Mais ça se dégrade…

        +20

      Alerter
    • petitjean // 28.05.2020 à 17h31

      @Eric
      les articles de ce site de géopolitique devraient nous aider à comprendre cette russophobie permanente :
      http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

        +6

      Alerter
      • lairderien // 28.05.2020 à 18h39

        Vous avez raison, s’il y a un site à recommander pour comprendre la géopolitique c’est bien celui là. Je n’y commente jamais, tant je crains de ne pas être à la hauteur y compris de pas mal de commentateurs, bien informés chacun dans leur domaine particulier.

          +3

        Alerter
  • LibEgaFra // 28.05.2020 à 08h46

    Chtite correction:

    « La situation en matière de droits humains en [France] a continué de se dégrader. Les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique étaient régulièrement réprimés, dans les textes comme dans la pratique. Les personnes qui tentaient d’exercer ces droits se heurtaient à des représailles, allant du harcèlement aux brutalités policières, en passant par l’arrestation arbitraire, de lourdes amendes, voire, dans certains cas, des poursuites pénales et l’emprisonnement. »

      +17

    Alerter
    • LibEgaFra // 28.05.2020 à 09h17

      Suite.

      [Cinquante-six] ans après l’[assassinat] de JFK membre en vue [du gouvernement] à [Washington], ses assassins présumés n’avaient pas encore été traduits en justice. De même, les auteurs de [l’assassinat] dont a été victime le militant [démocrate Seth Rich] en [juillet] 201[6], dans la région de [Bloomingdale] ([Wasington]), n’avaient toujours pas été identifiés, pas plus que les individus qui ont [été responsables de la Clinton Body Count]. Les enquêtes sur certains de ces faits restaient officiellement [closes].

      https://lasvegas.cbslocal.com/2016/08/10/the-list-of-clinton-associates-whove-died-mysteriously-check-it-out/

        +12

      Alerter
      • LibEgaFra // 28.05.2020 à 09h32

        Suite.

        [Israël} a poursuivi l’intégration de la [Palestine] occupée. [L]a présence militaire, affichée ou clandestine [des USA], en [Irak], en Syrie, en Ukraine et ailleurs continue d’alimenter des atteintes aux droits humains.

        NB: en Géorgie c’est un laboratoire militaire US qui est une atteinte aux droits à la vie.

          +9

        Alerter
  • Fabrice // 28.05.2020 à 08h57

    On reconnaîtra l’humour de Amnesty international, sur les liberté individuelles quand on vote partout dans les « démocraties » des lois d’exceptions devenir permanentes, et ne pas voir que le delta entre un pays comme la Russie (quoi qu’on en pense) se réduit chaque jour et encore je dirais que l’on tend plutôt vers les normes chinoises avec ses lois sur le contrôle systématique des citoyens.

      +13

    Alerter
  • Bruno Kord // 28.05.2020 à 09h35

    Cet exposé de la situation de la Russie vue par Amnesty International est assez typique de l’évolution qu’a suivie cette organisation depuis le début du 21ème siècle. Il mélange des cas avérés de violations de droits humains, sur lesquels AI a enquêté, et des allégations de violations pour lesquelles aucun travail sérieux d’investigation n’a été réalisé et qui ne font que reprendre les « analyses » présentées dans des média ou d’autres « ONG » qui reprennent la doxa des « élites » atlantistes sur certains pays. Surtout, il inclut des prises de position politiques implicites que la Charte originelle d’AI interdisait de prendre : typiquement, le citations sur la Crimée annexée ou occupée dans l’article . L’évolution d’Amnesty International a été telle qu’elle a ouvertement appuyé l’intervention militaire franco-anglo-américaine en Libye, sur la base de mensonges avérés (le risque de massacre des populations révoltés contre Khadafi) et qui a aboutit à la pire situation en matière de droits humains d’un pays africain des dix dernières années. Cette évolution a entrainé le départ de nombreux membres de l’organisation (dont moi) et, ce qui est plus dramatique, le suicide de plusieurs personnes (pour plus d’information sur ces suicicdes, allez voir l’article de Wikipedia sur AI).

      +26

    Alerter
  • Hans Holger // 28.05.2020 à 10h41

    Cet article sur la Russie, trop partial, me rappelle mon intention d’écrire un commentaire sur l’orientation du site depuis quelques mois. J’ai tant recommandé les-crises pendant des années, mais le traitement de la crise virale, m’a déçu.

    Quelques voix discordantes :
    Karen Mölling
    professor and director of the Institute of Medical Virology at the University of Zurich
    http://www.youtube.com/watch?v=3ThS_Rsr5B8
    Hendrik Streeck
    professor for virology and the director of the Institute of virology and HIV Research at the University Bonn
    http://www.youtube.com/watch?v=VP7La2bkOMo
    Sucharit Bhakdi
    Professor der Johannes Gutenberg-Universität Mainz, von 1991 bis 2012 Leiter des Instituts für Medizinische Mikrobiologie und Hygiene
    http://www.altersdiskriminierung.de/themen/artikel.php?id=11061
    Paul Robert Vogt
    Professor of Cardiovascular Surgery
    http://www.theeuropean.de/paul-robert-vogt/coronakrise-falsche-politik-hat-die-pandemie-nach-europa-gebracht/
    Wolfgang Wodarg
    German physician and politician (SPD).
    As chair of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe Health Committee Wodarg co-initiated an inquiry into alleged undue influence exerted by pharmaceutical companies on the World Health Organization’s global H1N1 flu campaign
    http://www.youtube.com/watch?v=bZcG_7k4LaM

    À revoir:
    Franck Lepage
    https://www.les-crises.fr/interdit-d-interdire-franck-lepage-sur-covid-19-l-ami-des-dominants/

    https://www.youtube.com/watch?v=1–c2SBYlMY
    Comme il s’agit d’une émission d’ARTE, elle existe sans doute également en version française.

      +9

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  • Nounours // 28.05.2020 à 11h20

    Bin, c’est comme en France quoi ?
    « FRANCE Les autorités ont restreint de manière disproportionnée le droit à la liberté de réunion pacifique. Plusieurs milliers de manifestants et manifestantes ont été blessés par la police ou arrêtés et poursuivis en justice pour de piètres motifs. » Et je n’ai pas tout lu, les e.ee.s ça me file la conjonctivite…

    Mais autant la Russie a quand même progressé par rapport à la l’URSS, imaginez-vous en mai 68 la police éborgner des dizaines de manifestants désarmés en leur tirant dessus au LBD ? Filer 4 mois ferme pour avoir jeté un pot de rillettes aux flics ? Se retrouver en gav pour un doigt au président ?
    Ou recevoir la visite des pardessus pour s’être exprimé politiquement ?
    https://www.ouest-france.fr/ile-de-france/val-doise/val-d-oise-un-gilet-jaune-ecrit-ses-doleances-les-agents-du-renseignement-l-interrogent-6179118

      +12

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  • Ribellu // 28.05.2020 à 11h53

    Il y a des années amnesty International à fait sortir de prison un Hongrois violeur, si c’est ça amnesty, par contre ils ne parlent jamais de ce qui se passe aux USA, ceux qui sont derrière ne sont que des propagandistes et disent ce qu’ils veulent, une vraie bande d’enfoirés et de FDP…

      +9

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  • D.R. // 28.05.2020 à 12h14

    Oui, la Russie a raison de surveiller de près les associations financées par les Etats- Unis, et nous ferions bien de faire de même !
    Les quelques personnalités présentées comme des « héros de la liberté » sont essentiellement des agents occidentaux. Ils ont un poids très faible dans l’opinion russe : deux à trois pour cents aux législatives. La principale opposition
    au gouvernement russe est le Parti Communiste de Russie qui, lui, affiche des scores de 30 %.
    La Crimée n’est ni annexée, ni occupée, car une majorité de sa population, de l’ordre de 90%, a choisit de rejoindre la mère patrie après le coup d’Etat occidental en Ukraine.

      +13

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  • 78 ans… // 28.05.2020 à 14h03

    Un jour c’est la Chine, le lendemain c’est la Russie, puis quotidiennement ça recommence… en toute bonne conscience, dans l’Empire du Bien: de la «démocratie », des « droits humains », de la « liberté », de l’ « égalité », de la «fraternité » et tout le saint-frusquin…

    À en devenir quelque peu lassant, non?

    Or il y a tant, tant à faire, là où nos pieds reposent. Immobiles, figés!

      +12

    Alerter
  • Logique // 28.05.2020 à 16h02

    « Indignation : George Floyd, Afro-Américain, est mort après une interpellation à #Minneapolis hier. Sa famille dénonce le #racisme de la #police et déplore « un usage excessif et inhumain de la force ». 4 #policiers ont été licenciés. (AP) #GeorgeFloyd »

    Source: https://www.les-crises.fr/actu-coronavirus-27-mai/

    Mais que fait amnesty international?

    Le flic a posé son genou sur le cou de M. Floyd, déjà menotté et à terre. Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

    Licenciés? Pas condamnés pour assassinat?

    Ah si cela s’était produit en Russie…

    Ah oui, aux USA, cela s’appelle une « bavure ». Pas grave donc. Pas de quoi alerter « aveugle internationlal ».

      +11

    Alerter
  • JEAN PHILIPPE REUTER // 29.05.2020 à 13h58

    on attend avec impatience le rapport d amnety sur les usa.israel .l arabie saoudite .et la france .

      +2

    Alerter
  • Patrice // 01.06.2020 à 22h19
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