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11.janvier.202011.1.2020 // Les Crises

Burn out aux urgences : immersion à l’hôpital

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Source : Arte, Youtube, 19-03-2019

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le “burn out” menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, “déborde, déborde, déborde”, comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir “optimiser”. Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. “Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader.” Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des “process” et de leur “efficience”…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées… –, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, Global burn-out.

Dans le ventre de l’hôpital

Documentaire de Jérôme le Maire (France, 2015, 1h23mn)

Source : Arte, Youtube, 19-03-2019

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Commentaire recommandé

Julien // 11.01.2020 à 13h24

Je suis professionnel de santé, et je peux vous dire que si la situation ne s’améliore pas rapidement, la qualité des soins en France sera au niveau de l’Inde, c’est à dire un carnage !! Déjà la, les prises en charges sont honteuses, les soins sont très mal ou pas du tout prodigués. Les gens sortent de l’hôpital (je travaille dans le privé et parfois on doit faire hospitaliser certains patients) dans un état pire qu’à leur entrée. Escarre, accentuation des troubles, désorientation, dénutrition … la plupart des prescripteurs sont désormais des médecins étrangers qui n’en on rien à secouer du résultat et qui sont mauvais, ou par des internes qui n’y connaissent pour certains que dalle. Pas plus tard que la semaine dernière dans ma région, un bébé de 2 mois est mort car l’interne l’a renvoyé chez lui avec ses parents prétextant qu’il n’y avait pas d’urgence. Dernièrement une amie qui vient d’accoucher constate que son fils fait des apnées et devient cyanosé … l’interne prend en charge le bébé et lui dit : vous êtes sûr que ce n’est pas quand il pousse pour faire caca ? … et hop renvoyée chez elle. Des exemples j’en ai à la pelle!!! l’hôpital public est mort rien ne le sauvera, surtout pas Buzin qui n’en a strictement rien à carrer, qui tient son poste encore 2 ans et se barrera avec toutes les indemnités qui vont bien. Voilà où en est ce pays aujourd’hui. Une honte internationale. Je pourrai écrire un bouquin sur les non sens et les débilités de la fonction publique hospitalière. a l’image du pays, absence totale de bon sens.

37 réactions et commentaires

  • Malbrough // 11.01.2020 à 08h29

    Documentaire extraordinaire .
    Tout y est .
    Mais parfois il faut suivre avec beaucoup d’attention car la vérité émerge souvent sur une ou deux courtes phrases , parfois sur quelques mots qui semblent échappés …

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  • Arcousan09 // 11.01.2020 à 09h17

    Le but ultime de la destruction de notre système de santé engagée depuis 30 années est de privatiser, tout privatiser hôpitaux, Sécurité sociale et retraite afin de copier le modèle si génial américain …
    La France est devenue un pays sous médicalisé 5 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, “ON” ferme les maternités au prétexte de la sécurité … la seule et unique réponse pour tout ce sont les urgences
    L’ARS du département quand elle est interrogée dirige systématiquement sur les urgences en … implosion
    Tout cela va se payer au prix fort à terme

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    • BOURDEAUX // 11.01.2020 à 16h52

      Pourquoi donc parlez-vous d’un “but” ? Si la dégénérescence des hôpitaux publiques était le résultat d’un complot ministériel, nous pourrions au moins y voir le signe d’une forme d’intelligence politique – machiavélique, certes, mais réelle -, mais elle n’a pas d’autre cause que celle de notre école : un jacobinisme borné et prétentieux, et une inaptitude complète de notre haute fonction publique à la bonne gestion des hommes. Ce qui tue nos services publiques, ce n’est pas le manque d’argent, mais notre haute fonction publique. Les poissons pourrissent par la tête.

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      • herve_02 // 12.01.2020 à 22h57

        C’est tellement faux. La haute fonction publique n’est pas incapable. elle suit juste ce qu’on lui impose. Qui peut penser qu’un fonctionnaire (fut-il haut) veuille détruire la fonction publique ? Non ils exécutent les plans des politiques : ils obéissent. On leur demanderait de socialiser la totalité de la santé, ils pourraient le faire en 1 an, sans morts. On leur demande de faire plus avec moins, ils font ce qu’ils peuvent. On leur donne des tableaux remplis : ils s’en servent pour prendre des décisions. Si les tableaux sont faux ou trompeurs ils ne sont pas responsables. si on leur demande de fermer 3000 lits, ils sabrent comme ils peuvent.

        Nous vivons dans un monde de post vérité. Plus rien ne peut être suivi sans risques. Les campagnes de v*ccination, dépistages en tout genre, les traitements se basent sur des mensonges véhiculés par l’industrie… qui finance les campagnes politiques et accueillent les politiques déclassées.

        La tête ce n’est pas la haute fonction publique, mais les crétins psychopathes qui gouvernent.

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      • Véro // 15.01.2020 à 12h46

        C’est pourtant bien l’objectif poursuivi. Et derrière lui bien sûr, l’objectif est de pouvoir faire véritablement naître un marché de la santé (parce que c’est tout ce qui compte, les marchés).
        j’avais lu un document il y a quelques temps, malheureusement je n’ai pas conservé le lien ni les références), une étude très sérieuse pour une conférence sur l’école, qui montrait comment s’y prendre pour privatiser l’école. En gros ça disait qu’il ne fallait pas fermer les écoles publiques, mais qu’il fallait les rendre imbuvables, de façon à ce que les parents voient l’école privée comme désirable.
        C’est ce qui se passe déjà dans l’enseignement, mais aussi à la sncf, et à l’hôpital. Dans le CHU près de chez moi on ne peut plus prendre RV que par courrier papier. Les parkings payants sont devenus fréquents. Depuis longtemps on ferme les maternités. Rien que ces éléments contribuent déjà à la dépréciation de l’hôpital par rapport à la clinique privée.

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  • Xavier D. // 11.01.2020 à 10h01

    Dans le bouddhisme, on dit que toute souffrance a une cause. Quelle est la cause de ce burn out collectif ? Selon moi, il y a démembrement de tout esprit de solidarité dans les équipes. Pour soulager la souffrance humaine telle qu’elle s’exprime actuellement, il est très difficile d’agir seul. Un soignant ne peut agir efficacement en se sentant seul et non soutenu par ses collègues. A l’époque, en Alsace, nous avions mis en place des espaces de dialogues confidentiels pour les travailleurs sociaux des structures d’insertion. Cela a beaucoup aidé un personnel en sollicitation continue.

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    • Wakizashi // 11.01.2020 à 13h19

      En parlant de la cause de la souffrance (dukkha), le Bouddha faisait référence à une cause unique qui n’a évidemment rien à voir avec les hôpitaux et le service public, mais qui est de nature spirituelle et que l’on peut résumer au mot “inconscience”.

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      • Xavier D. // 12.01.2020 à 09h43

        La souffrance bouddhique doit elle être vue sur un plan uniquement spirituel? N’existe-t-elle pas à l’état très concret dans nos sociétés ?

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        • Wakizashi // 12.01.2020 à 15h58

          La souffrance n’est ni bouddhique, ni laïque, ni rien de ce genre. Et elle est très concrète bien-sûr. Ce dont je parle, et dont vous parliez vous-mêmes me semble-t-il, c’est de sa cause.

          99% des gens placent la cause de leur souffrance dans les situations, ici en l’occurrence dans le massacre de l’hôpital public. Or ce n’est jamais la situation qui nous fait souffrir, mais uniquement notre regard sur la situation, le jugement que l’on y porte sur le mode “j’aime / je n’aime pas”.

          Tant que l’on reste dans cette croyance que les situations ont le pouvoir de nous rendre heureux ou malheureux, alors nous sommes ballotés au gré des situations, sans la moindre liberté par rapport à notre état intérieur. Et nous expérimentons la souffrance, dukkha, jusqu’à ce que nous réalisions qu’il y a un moyen tout simple d’en sortir, à savoir arrêter de porter un jugement sur ce qui Est.

          Quand on pense que c’est l’univers entier qui a engendré chaque situation qui se présente, la forme que prend l’instant présent, qui sommes-nous pour juger cela ?… Un sage disait : “lorsque vous réalisez l’inéluctabilité de ce qui Est, alors voyez la folie qu’il y a à y résister”.

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  • calal // 11.01.2020 à 11h54

    Les medecins n’ont que ce qu’ils meritent.
    Numerus clausus trop bas depuis des decennies pour se partager un gateau en moins de part.
    Quand le rapport benefice/cout devient defavorable,le client se barre et trouve une autre solution: les medecins vont l’apprendre a leur depens comme bien d’autre professions.
    On achetera des medicaments par internet,on teleconsultera avec un ordinateur et un programme informatique de l’autre cote de la fibre ou on fera plus d’enfants et on mourra plus jeune, mais on se passera de vous et vous serez remplacés comme tout le monde…

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    • petitjean // 11.01.2020 à 13h20

      @calal
      la réduction du numerus clausus a été décidé et mis en œuvre sous Chirac afin de , je cite, “réduire l’offre pour faire des économies”
      on en mesure les résultats aujourd’hui . Evidemment ceux qui ont pris cette décision trouveront toujours le meilleur établissement de santé et n’attendront pas six mois pour consulter un ophtalmologue ou un dermatologue par exemple.

      J’aimerais aussi savoir si le secteur privé de santé est aussi accablé par ces maux ? C’est curieux, jamais on en parle……

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      • charles // 11.01.2020 à 18h31

        6 mois ? non maintenant on est a 1 an, sans rire.

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      • Berrio // 12.01.2020 à 06h46

        Le numerus clausus a été institué en1971 se pus Pompidou t dans la foulée des lois Faure sur l’accès à l’université

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        • petitjean // 12.01.2020 à 18h39

          @Berrio
          et ce numérus clausus peut être modifié par tout gouvernement. C’est de ça que je parle.
          ils agissent sur ce levier pour ouvrir ou fermer l’offre
          ce qui explique la pénurie actuelle. Et jamais il n’est dit que un chef de gouvernement est responsable de cette pénurie
          Il faut 7 ans pour faire un généraliste……………

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    • Valentin // 11.01.2020 à 15h10

      @calal
      Difficile d’intervenir sur une appendicite ou un infarctus du myocarde par télémédecine. Vous ne trouvez pas?

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  • Julien // 11.01.2020 à 13h24

    Je suis professionnel de santé, et je peux vous dire que si la situation ne s’améliore pas rapidement, la qualité des soins en France sera au niveau de l’Inde, c’est à dire un carnage !! Déjà la, les prises en charges sont honteuses, les soins sont très mal ou pas du tout prodigués. Les gens sortent de l’hôpital (je travaille dans le privé et parfois on doit faire hospitaliser certains patients) dans un état pire qu’à leur entrée. Escarre, accentuation des troubles, désorientation, dénutrition … la plupart des prescripteurs sont désormais des médecins étrangers qui n’en on rien à secouer du résultat et qui sont mauvais, ou par des internes qui n’y connaissent pour certains que dalle. Pas plus tard que la semaine dernière dans ma région, un bébé de 2 mois est mort car l’interne l’a renvoyé chez lui avec ses parents prétextant qu’il n’y avait pas d’urgence. Dernièrement une amie qui vient d’accoucher constate que son fils fait des apnées et devient cyanosé … l’interne prend en charge le bébé et lui dit : vous êtes sûr que ce n’est pas quand il pousse pour faire caca ? … et hop renvoyée chez elle. Des exemples j’en ai à la pelle!!! l’hôpital public est mort rien ne le sauvera, surtout pas Buzin qui n’en a strictement rien à carrer, qui tient son poste encore 2 ans et se barrera avec toutes les indemnités qui vont bien. Voilà où en est ce pays aujourd’hui. Une honte internationale. Je pourrai écrire un bouquin sur les non sens et les débilités de la fonction publique hospitalière. a l’image du pays, absence totale de bon sens.

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    • petitjean // 11.01.2020 à 17h10

      @Julien
      “professionnel de santé” c’est à dire ? Médecin, infirmier, aide soignant ??
      svp, expliquez nous pourquoi tous ces problèmes à l’hôpital et pourquoi on ne parle jamais de ces maux dans le secteur privé
      et, au risque de me répéter, quel a été l’impact des 35 heures sur le fonctionnement de l’hôpital

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      • step // 12.01.2020 à 10h09

        “quel a été l’impact des 35 heures sur le fonctionnement de l’hôpital” ? Comme dans toute la fonction publique et je pense de nombreux secteurs du privé sous “tension” concurrentielle : Ben vous faisiez ce travail en 40h, vous ferez le même voir plus en 35, et au passage blocage des salaire sans compensation par des postes supplémentaires depuis plus de 10 ans, voir l’arrivée de spécialistes de l’organisation qui viennent relayer sans âme des politiques de réduction des couts en sabrant les effectifs… tout en se payant grassement pour ce “travail”.

        A partir de là il y a 2 manières de voir l’escroquerie qu’a été les 35h (et l’escroquerie suivante qui se pointe, c.a.d le retour à 40h au tarif de 35h) : Soit on acte un monde de concurrence illimitée (entre entreprises, entre pays) et cela n’est que malfaisance, soit on remet en cause ce dogme de cette époque et cela a un sens. C’est toute l’impasse du “socialisme” bon teint de ces 3 dernières décennie qui s’imagine changer le monde sans rien remettre en cause.

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      • Pandemonium // 12.01.2020 à 10h24

        Ha, ha, pourquoi tous ces problèmes à l’hôpital et pas dans le privé ?
        Quand vous serez bien vieux et que vos soins coûteront bien cher , vous aurez la réponse.
        C’est tellement facile de rapporter du fric avec des patients triés sur le volet comme le fait le secteur privé.
        Les maladies rares, les greffes d’organes, les vieux débris polypathologiques ,etc. tous ces soins hors de prix ne sont jamais pris en charge dans le privé.
        Médecin, infirmier, aide soignant ? mais qu’importe ?
        Nous sommes des soignants, on choisit ce métier pour aider les gens mais c’est un concept sans doute “has been”.

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      • Julien // 12.01.2020 à 10h39

        @petitjean pour avoir fait les deux privé et publique, je peux vous dire que la différence est énorme dans la façon de fonctionner et surtout dans les moyens mis à disposition des équipes. Je ne dis pas que le privé c’est génial partout, je dis juste que l’hôpital public se meurt car : l’état l’a achevé avec des prêts toxique, car le personnel dans la fonction publique sont des bons petits soldats qui se plaignent en pause et qui n’osent jamais prendre des mesures pour emmerder vraiment leur hiérarchie (comme faire une grève administrative totale) les cadres sont formés pour diviser (il existe des exceptions j’en ai connu et heureusement) il y a un an environ ils ont obligé les infirmiers de réanimation à tourner sur des postes jour nuit donc la plupart se sont barrés, ils étaient tous là depuis des années et experts dans leurs domaine, résultat on embauche en masse des nouveaux diplômés ou des soignants non compétents dans ce domaine et donc la qualité des soins se dégrade. C’est comme ça partout et je ne parle pas de l’ARS qui vient mettre la pression dans des services qui en ont déjà assez, désolé mais quand un col blanc débarque pour venir donner des leçons à des gens épuisés à qui on impose des protocoles bidons, des tâches administratives répétitives qui n’ont aucun sens forcément ça énerve !! donc j’estime effectivement que l’hôpital est déjà mort car tenu par des gens qui ne sont absolument pas confrontés aux problèmes du quotidien et qui décident à la place des soignants qui eux font tourner la boutique. Je vous jure que je pourrai écrire des pages

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        • Julien // 12.01.2020 à 10h50

          (Suite)
          Quand vous appelez dans un service de médecine pour prendre des nouvelles d’un de vos patients et que le médecin qui répond ne sait même pas parler correctement français …. ou sommes nous déjà ?? quand on envoi des gens pour soigner une infection aiguë et qu’ils reviennent avec les cheveux gras, de la barbe, un ou des escarres et ne savent même plus qui ils sont … que se passe t’il dans les services ? Quand on fait des contrats pour les nouveau diplômés infirmier (donc novices) et qu’on les fait tourner sur tous les services pour boucher les trous (causés par la mauvaise gestion des cadres, et la violence institutionnelle sur les soignants…) alors qu’ils ne connaissent pas les patients, les pathologies rencontrées, le service, où se trouve tels produits dans quel tiroir et que ce novice se retrouve seul à gérer 25 lits que se passe t’il à votre avis ? Quand j’envoie mon fils au urgence pédiatrique pour une dyspnée et que le médecin (roumain) qui parle français comme une vache espagnole et qui ne prend même pas la peine d’ausculter mon fils avant de prescrire un traitement (elle n’a même pas vu son visage), quand la fille d’un amie se fait mordre à la tête par un chien, que la plaie s’infecte, que la gamine somnole depuis des jours et que l’interne dit « oh ça doit être l’école qui l’a fatigué » alors que la gamine avait un abcès qui lui comprime le cerveau et qu’ils n’ont pas jugés nécessaires de faire un scanner …. mon dieu ou va t’on ? Voila … je m’arrête là ! Mais pour moi c’est déjà foutu. Ou alors va falloir tout reformer et bien !

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          • petitjean // 12.01.2020 à 15h51

            @Julien
            je suis effaré par la description que vous faites ! Je vous crois !!
            les gouvernements successifs sont responsables de cette situation. L’aspect comptable prime-t-il sur tout le reste, alors qu’il est question de santé, de vie humaine ??
            Il faudrait exiger du politique les réformes qui s’imposent
            Mais quel mode d’action ?……………

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    • Martin // 12.01.2020 à 14h26

      Julien, travaillant moi-même aux urgences et ayant des liens directs avec mes collègues spécialistes, je partage votre désarroi. Néanmoins, l’Hôpital public n’est pas encore mort, car si tel était le cas, vous feriez face non pas à des évènements indésirables graves à répétition, mais à une crise sanitaire terrible. Le système tient (et coule doucement) grâce à la bonne volonté des personnels depuis 10 ans. Actuellement, le moral craque partout et il y a urgence à agir.
      Il n’y a qu’une seule cause véritable à cet échec : Globalement, au cours de la dernière décennie, les paramètres de capacité et de ressources humaines ont stagné alors que l’activité et les dépenses ont augmenté conjointement, stimulées par le vieillissement démographique et surtout l’essor des maladies chroniques (+50% d’ALD en 10 ans, et c’est pas fini à cause du baby-boom qui arrive actuellement à 70 ans). Autrement dit, un gouffre se crée entre offre et demande de soins. Il n’y a aussi qu’une seule solution pérenne, une évolution de l’ONDAM vers 4% (au lieu de 2,3% actuellement) avec une refonte globale de l’offre de soins (des vraies maisons de santé pluridisciplinaires en ville, des lits supplémentaires de médecine, des personnels médicaux et paramédicaux en plus).
      On y viendra, les anglais qui avaient 2-3 ans d’avance sur nous dans le sous financement de leur National Health Service ont enfin exigé du politique qu’il y remettent les moyens nécessaires : ils (May puis Johnson) partent sur une croissance du budget d’au moins 3,4% annuel pour les prochaines années avec priorité sur la construction d’hôpitaux et le recrutement/formation de personnels.

        +2

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    • Arcousan09 // 12.01.2020 à 15h45

      Moi, je suis médecin, en retraite mais médecin
      Impliqué pendant 35 ans en médecine rurale. Syndiqué CSMF, conseiller ordinal 12 ans, administrateur d’une association contre la désertification dans mon département …
      Outré et scandalisé par l’évolution de notre système détruit par des équipes d’incompétents notoires depuis les lois si géniales du non moins génial Juppé
      J’ai fait en 2004 la une de Ouest France sur le thème de la désertification qui s’annonçait au moment de ma retraite …
      Pendant 15 ans la situation ne cesse d’empirer fermeture de lits avec une population qui vieillit … dfélais importants pour un RV ou une IRM du temps perdu qui se répercute sur les coûts et surtout sur la santé des patients …
      A Die dans la Drome: fermeture de la maternité pour la “sécurité”
      Bilan: un décès et 3 ou 4 parturientes évacuées en urgence par hélicoptère …
      Comme “économie” ça se pose là messieurs les si géniaux et inspirés énarques Quand “ON” n’expédie pas un nouveau né en détresse à 200 km de ses parents !!!!!!!!!!

      Regardez donc ce que raconte une table démographique

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      • Arcousan09 // 12.01.2020 à 15h49

        Et que l’on cesse de me parler de médecine dite LIBERALE quand ces mêmes LIBERAUX acceptent des subventions comme le RSOP à l’image des agriculteurs …

        Vous avez dit “libérale” ????????

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  • fox23 // 11.01.2020 à 18h14

    Serait-il possible qu’en France, pays doté d’une langue très riche, on cesse ces anglicismes imbéciles créés par des bobos ne l’étant pas moins ?
    S’ils savaient ce que veut dire “burn out” chez les Étasuniens, ils se voileraient la face !
    Burn out est une expression venant d’une activité fort répandue de l’autre côté de la mare aux harengs, s’appelant le dragster. Ces machins faisant la course sur 400 m, à l’issue desquels un parachute doit les freiner l’ont inventé.

    Le burn out est la séquence précédant la mise sur la ligne de départ. Sur une courte zone mouillée le pilote fait chauffer ses pneus afin de les mettre en température.
    Assez loin de ce qui s’appelle chez nous une dépression, n’est il pas ?
    C’est comme lobbying pour trafic d’influence et tant d’autres qui nous détruisent notre identité !

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  • charles // 12.01.2020 à 01h41

    le doc me laisse un sentiment d’une désorientation du personnel face aux difficultés rencontrés quotidiennement. Une incapacité à gérer la complexification de leurs métier induite par la réduction des moyens financier (donc humain et matériels), mais aussi peut être par les procédures additionnelles requises.
    J’ai aussi cru percevoir que l’administratif, responsable de cette complexification, était incapable d’en assumer sérieusement les conséquences car déconnecté des réalités opérationnelles.
    Enfin, la remarque du chirurgien, celui qui a poussé une gueulante sur une anesthésiste (? doute sur sa qualification), pointe peut être aussi une déconnexion entre les formations et le besoin sur le terrain. A ce sujet un autre chirurgien dénonce l’interchangeabilité des intervenants au détriment de la coopération intuitive d’une équipe soudée.
    Tous ces écueils, il me semble, n’existe pas qu’a l’hôpital et se retrouve dans de nombreux domaines.

    Pour revenir au nerf de la guerre, je propose de ne jamais oublier que les dettes et autres montages financier ne sont jamais autre chose que des construction sociale qui n’ont d’indépassable que l’importance qu’on leur accorde…

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    • Bats0 // 12.01.2020 à 03h29

      “Pour revenir au nerf de la guerre, je propose de ne jamais oublier que les dettes et autres montages financier ne sont jamais autre chose que des construction sociale qui n’ont d’indépassable que l’importance qu’on leur accorde…”
      La France s’est auto-proclamée comme leader de l’industrie du service (banques, assurances, même combat). La résultante, ce sont les citoyens qui devront payer des conséquences de ces actes irresponsables vis-à-vis de la population.

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  • Bats0 // 12.01.2020 à 03h16

    29:24 Résultat d’un traumatisme post-coloniale mal géré par nos politiciens; c’est d’eux d’où proviennent les décisions arbitraires des employés administratifs de nos sociétés.

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  • un sans dent // 12.01.2020 à 11h24

    cela est le triste constat de la réalité !
    mai il faut parler des causes :
    dans ce monde financiarisé a l extréme
    ce ne sont que les conséquences de la politique de tous ces gouvernements successifs
    a savoir dérèguler les services afin de décourager les praticiens afin qu’ ils partent dans le privé ,
    de sorte que l hopital public disfonctionne et que les gens l’ abandonnent
    pour le privé
    la logique financière installèe lentement mais surement dans trop de domaines
    par ces technos ; soit disant des sachants formatés qui nous gouvernent donc l équipe gouvernementale d’aujourd’hui est le meilleur exemple
    leur reves mais il ne realisera pas:
    retour de l hospice et des ateliers nationaux de sinistre mémoire pour le peuple

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  • Valentin // 12.01.2020 à 15h04

    Excellente enquête dans laquelle on sent très bien que les praticiens ont peur de critiquer l’employeur. En effet c’est l’APHP qui, suivant des ordres venus de plus haut, pourrit la vie des professionnels. Qu’est ce que l”administration vient faire dans l’organisation des blocs opératoires alors qu’elle n’y connaît strictement rien? C’est le meilleur moyen de tout mettre en l’air. Car non, les professionnels ne sont pas interchangeables, comment peut on penser une pareille ânerie? Il s’agit d’être rentable? C’est réussi !! Le résultat est que les professionnels sont stressés, malades, et donc, les patients en danger. Voilà où mènent les préconisations d’économie à tout prix. L'”efficience” comme disent nos brillants technocrates.
    C’est peut être mieux dans le privé, pour l’instant, parce que ce secteur sait mieux se défendre grâce à de règlements plus souples et des réorganisations plus rapides et ce, malgré des prix d’actes médicaux inférieurs à ceux pratiqués dans le secteur public.
    Je précise que je suis un ancien médecin de l’APHP et que je sais donc parfaitement de quoi je parle.

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    • petitjean // 12.01.2020 à 15h42

      @Valentin
      “malgré des prix d’actes médicaux inférieurs à ceux pratiqués dans le secteur public” ?????
      le privé débauche des médecins, notamment des radiologues dans ma région, avec 30% d’augmentation de salaire ! Certains sont payés plus 15 000 euros par mois !!!
      comment fait-il, le privé, pour facturer des actes à un prix inférieur au public ?????

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      • Malbrough // 13.01.2020 à 06h57

        Ben oui, le privé est rentable parce qu’il s’occupe de la médecine lucrative ,des actes précis , codifiés cad triée sur le volet .
        Le public c’est , c’était , autre chose : des cas lourds , du matériel coûteux , la formation médicale etc …
        La connerie a été mise en oeuvre quand , sous la poussée des politiques et des technos , issus d’écoles de gestion , il s’est agit de rentabiliser l’H.P .
        Déjà il y avait pas mal de scandales : par exemple des praticiens mixtes , ayant une activité privée à l’hôpital ,ce qui était le deal pour qu’ils restent , siphonnant la clientèle “intéressante”.
        Aujourd’hui le pas a été franchi : privatiser ce qui reste du service public . Des hôpitaux avec leur matériel sont bradés à des organismes financiers qui ont pour objectif le marché de la santé .
        Comme il existe un marché de la vieillesse ….
        Un des aspects des urgences c’est le surencombrement à l’accueil puisque nos chers médecins libéraux n’assurent plus les gardes de nuit .
        Et comme il sont de moins en moins nombreux ça ne risque pas de s’arranger : au contraire il faut les soutenir , les “aider” financièrement et matériellement à s’installer .

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      • Valentin // 16.01.2020 à 13h34

        @petitjean
        Donc vous ne semblez pas savoir que le prix des actes, publics comme privés, sont fixés par le gouvernement. Une appendicite est facturée, par exemple, à un tarif supérieur dans le public. Quant aux radiologues que vous évoquez il semble plutôt s’agir d’honoraires, ce n’est pas un salaire.

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  • Gaby // 13.01.2020 à 10h39

    Je crois que le jour est venu de cesser de résumer toutes nos revendications à la demande de “Plus de moyens” comme si cette société d’opulence perdurera indéfiniment.
    Est-ce que la société consacre globalement beaucoup d’argent à la santé ? Oui. Est-il mal réparti ? Aussi. J’inclus ici toutes les dépenses et donc tous les profits : industrie pharmaceutique, revenus des médecins vs des aides soignants…
    Que devons nous préserver ? Une médecine de proximité, accessible à tous et qu’on pourra se payer demain. Le contraire de la logique de privatisation en marche qu’évoque de nombreux commentateurs .
    Par ailleurs je trouve que parler de soins qui “rapportent plus que d’autres” est un contresens. La santé ne rapporte pas, c’est un coût pour la société. Ce qu’elle apporte, si l’on veut raisonner en terme purement financier, ce sont des travailleurs – ou futurs travailleurs – en bonne santé. A nous de définir ce que l’on en attend, sachant qu’aujourd’hui de nombreux faits de vie (la naissance, la vieillesse et la mort notamment) ont été exagérément médicalisés.

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