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29.octobre.201729.10.2017 // Les Crises

[GEAB] Crise systémique occidentale 2017-2019 – Le Dieu-dollar contre la Grande Tentation du PétroYuan

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Source : Global European Anticipation Bulletin, pour le LEAP, Septembre 2017.

Qatar, Corée du Nord, Mer baltique, risques de 3ème guerre mondiale… les rodomontades militaires dont nous affligent l’information depuis cet été vont de pair avec l’arrivée désormais programmée, imminente et inéluctable du scenario-catastrophe pour le dollar comme monnaie unique de référence internationale : le PetroYuan sera en place à la fin de l’année… plus qu’une pétro-monnaie, c’est une pétro-gazo-auro-monnaie ! L’Occident s’apprête donc à basculer dans l’anachronisme complet avec cet acte fondateur du monde multipolaire du XXIème siècle. 2014-2017, nous voici donc au terme de trois ans d’exacerbation des tensions sur toutes les lignes de front Occident-reste du monde, face à la perspective de la fin du règne du dollar sur le monde et de tous les systèmes financiers et économiques connexes. Sanctions, blocus, proxy-guerres, menaces militaires directes… toute la question est de savoir si l’actuel fracas des armes est réellement annonciateur d’un nième suicide de l’Occident dans le vain espoir d’arrêter le temps ou si le pouvoir attractif des solutions d’avenir est sur le point d’emporter toutes les résistances.

L’effet-aimant du PétroYuan nouveau !

La Chine, qui est le premier importateur mondial de pétrole, se prépare à lancer des contrats à terme pour le pétrole brut libellés en yuan chinois et convertibles en or, créant potentiellement la plus importante référence asiatique dans le domaine pétrolier et permettant aux exportateurs de pétrole de contourner les standards libellés en dollars américains, par des transactions en yuan1 Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017 . Pour rendre le contrat libellé en yuan plus attrayant, la Chine prévoit que le yuan sera entièrement convertible en or sur le marché de changes de Shanghai et de Hong Kong. Le mois dernier, la Shanghai Futures Exchange et sa filiale Shanghai International Energy Exchange, INE, ont terminé avec succès quatre tests d’environnement de production pour les contrats à terme de pétrole brut, et l’échange se poursuit avec les travaux préparatoires pour la liste des contrats à terme de pétrole brut visant à lancer les opérations à la fin de cette année. La tarification chinoise des actifs en yuans – conjuguée au plan de Hong Kong Stock Exchange visant à vendre des contrats d’or physique évalués dans cette monnaie – créera un système grâce auquel les pays peuvent contourner le système bancaire américain.

Les pays qui vont profiter immédiatement de cette révolution sont bien entendu les pays sous sanctions occidentales : Russie, Iran, Venezuela pour commencer… qui au passage sont assis sur les plus grosses réserves mondiales de gaz et de pétrole au monde, raison pour laquelle nous parlons de pétrogazoYuans – sachant que le gaz est l’énergie d’avenir plus que le pétrole.

Figure 1 – Localisation des réserves de gaz dans le monde – Source : EIA, 2015

Figure 2 – Localisation des réserves de pétrole dans le monde – Wikimedia Commons, 2014

L’Iran et le Venezuela en particulier ont beaucoup souffert de leur mise au ban du système international qui les a empêchés d’investir significativement dans les infrastructures de production, laissant leur potentiel largement inexploité ; ces deux pays s’engouffreront donc dans l’opportunité ouverte par les pétroyuans.

L’Iran2 Source : BBC, 08/05/2012 et la Russie3 Source : Financial Times, 01/06/2015 en particulier, mais aussi d’autres plus petits producteurs comme l’Angola4 En 2015, l’Angola a adopté le Yuan comme seconde devise officielle du pays… et sa première devise, le Kwanza, est acceptée par la Chine comme devise de paiement. Source : MacauHub, 05/08/2015 et le Nigeria5 Le Nigéria a ouvert ses réserves de change au Yuan dès 2011. Source : CSMonitor, 06/09/2011 , vendent déjà leur pétrole et leur gaz à la Chine en yuans. Mais l’inconvertibilité du yuan aboutissait au développement d’une zone-yuan en dehors du système international, sans existence officielle donc, avec toutes les incertitudes pour les producteurs concernés sur l’avenir de cette part de réserves monétaires.
Tout va changer avec ces nouveaux contrats à terme qui s’assortissent désormais d’une consigne claire de la part de la Chine, qui sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà tourmenté du règne du roi dollar : « Nous favoriserons désormais les producteurs acceptant de nous vendre leur énergie en yuans ! »

Ce qui nous amène au Qatar

Depuis deux ans, le Qatar a mené plus de 86 milliards de dollars de transactions en yuans6 Source : Reuters, 26/04/2017 . Il s’est en outre réconcilié cet été avec le pays avec lequel il partage le plus grand gisement de gaz naturel au monde, l’Iran7 Source : The Independent, 24/08/2017 , ce qui lui permet de ne pas reconduire le moratoire de 12 ans qu’il s’était lui-même imposé dans l’exploitation de cette gigantesque réserve qui fait de lui la troisième puissance gazière du monde. Bref, le Qatar sunnite et pro-occidental, bascule du côté de l’Iran et de la Chine, risquant d’entraîner dans son sillage l’Arabie Saoudite, ce qui signerait bien évidemment la mort définitive du pétrodollar. D’où l’agitation fébrile qui s’est emparé de la région à la fin du printemps dernier. Mais les politiques de sanction et de boycott n’ont désormais plus qu’un effet : jeter des pays entiers dans les bras de l’ « Autre Monde » devenu force irrésistible d’attraction.

L’Arabie Saoudite basculera-t-elle de l’autre côté ?

Dans un contexte où le gaz commence à détrôner le pétrole – obligeant l’Arabie Saoudite à investir dans des infrastructures spécifiques à l’extraction de gaz, où les Etats-Unis sont désormais un concurrent majeur de leur allié stratégique saoudien en termes de production de gaz (et ont réduit leurs importations de 14 millions de barils par jour en 2007 à 8 millions en 2017), et où les Russes ont diminué leurs importations de pétrole saoudien, perdre le client chinois et risquer de se retrouver avec de vastes excédents de production qui feront s’effondrer les prix, n’est pas une décision facile pour une Arabie Saoudite qui a déjà souffert de la crise des prix des dernières années8 Source : South China Morning Post, 04/09/2017 . Sans compter que l’ « Autre Monde » apporte des garanties de fermeté et de stabilité des prix (via son système OPEP rénové en OPEP+NOPEP) que n’apporte plus l’Occident (puisque les Etats-Unis n’y participent pas). Pas étonnant dans ces circonstances que le roi Salman d’Arabie Saoudite9 Le Roi Salman a 81 ans et serait en mauvaise santé. vienne d’écarter de la succession le Prince Ben Nayef en faveur du Prince Ben Salman connu pour ses sympathies russes et chinoises10 Source : Sputnik, 21/06/2017 .

Bien sûr, en acceptant de se faire payer en yuans, l’Arabie Saoudite risque de perdre la protection militaire américaine. Les Chinois ont conscience du dilemme épineux dans lequel ils mettent le pays et ont pour cela d’autres atouts dans leurs manches : une autorisation d’émission de bons en yuans par l’Arabie Saoudite, la création d’un fond d’investissement saoudo-chinois, ou encore acquisition d’une partie des 5% de la Saudi Aramco (compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures) qui doivent bientôt être introduits en bourse sur les marchés internationaux11 Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017 .

Basculera ? Basculera pas ? C’est le dossier iranien, et donc l’appareil militaire de l’Arabie Saoudite, qui peut bloquer l’évolution via une guerre Iran-Arabie Saoudite. Mais là encore, le choix de Ben Salman comme prince héritier peut jouer en faveur de la bascule. Ben Salman est en effet un acteur majeur de la campagne militaire au Yemen et, à ce titre, il est proche de l’appareil militaire de son pays dont il a probablement la confiance.

Autre argument en faveur d’un retournement de l’Arabie Saoudite : la région. Nous avons vu que le Qatar avait déjà pris parti. Le Koweït et le Sultanat d’Oman, fidèles aux principes d’une politique étrangère neutre tournée vers la médiation (notamment dans le conflit autour du Yémen12 Source : AlMonitor, 14/11/2012 ), ont refusé de prendre position et de fait se retrouvent plutôt dans le camp d’en face – la proximité historique du Koweït et de la Russie étant bien connue et le Sultanat d’Oman devenant à sa plus grande joie le hub aérien des Qataris en lieu et place de Dubaï13 Source : ArabianIndustry, 13/06/2017 . La Turquie, comme nos lecteurs l’ont su avant tout le monde, est « passée à l’Est ». Et même parmi les 4 boycotteurs – Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis – l’un des sept émirats de l’EAU, l’Emirat de Sharjah, prévoit déjà de lancer des bons en yuans et devenir ainsi le premier émetteur du Marché des Bons Interbancaires Chinois du Moyen-Orient14 Source : Reuters, 31/08/2017 . Déclencher une guerre contre l’Iran comme préalable à l’exécution du plan Vision 203015 Source : Les Echos, 21/06/2017 dont le Prince Ben Salman est à l’origine et qui positionne l’Arabie Saoudite en puissance régionale, ne serait donc pas un très bon point de départ.

Enfin, l’opinion publique internationale ne sera pas facilement acquise au soutien de l’Arabie Saoudite dans un conflit direct entre cette dernière et l’Iran. Sa réaction au boycott du Qatar en fournit un indice précurseur clair.

Notre équipe ne voit pas vraiment comment la péninsule arabique pourrait résister à de telles sirènes.

Les armées du Dieu-Dollar à la rescousse du système d’endettement-financement US

L’avènement du pétroyuan, c’est bien évidemment la fin du dollar comme pilier du système monétaire international et donc la fin de l’incontournabilité du dollar, une monnaie nationale que les aléas de l’Histoire ont amenée à supporter l’économie mondiale, aujourd’hui trop lourde pour elle.

Dès lors qu’il n’y a plus obligation à passer par le dollar US dans les transactions internationales, la perception de la valeur de la devise américaine va changer radicalement, pour se porter davantage sur la réalité de la solidité de l’économie US, de sa production, de ses exportations… autant d’indicateurs actuellement dans le rouge.

Figure 3 – Balance commerciale américaine (août 2016 – juillet 2017) – Source : US Census Bureau, 2017

Certes, le dollar ne va pas disparaître à la fin de l’année. Mais tout est affaire de tendance. Or plusieurs gros pays vont se ruer sur les pétroYuans : Russie, Iran, Venezuela pour commencer, en plus de la Chine bien sûr. Mécaniquement, le dollar va perdre de la valeur et enclencher une fuite hors d’un dollar que tout le monde sait appuyé sur des fondamentaux faibles. Le retour probablement massif des dollars vers les Etats-Unis va provoquer de l’inflation16 Depuis août 2016, l’inflation US a considérablement augmenté, passant de 1 à 2,7 en février dernier ( !) pour rebaisser à 1,6 en juin et remonter depuis (1,9 en août). Source : USInflation Calculator, 14/09/2017 . Et nous entrons là dans le territoire miné du débat sur les vertus et/ou des dangers de l’inflation sur la dette US, débat dans lequel cet article n’a pas vocation à entrer mais dont l’existence permet tout de même d’entrevoir le fait que certains morceaux du système de gouvernance américaine (à commencer par l’actuel président) peuvent être en faveur d’une baisse du dollar.

En très résumé, il y a les tenants de la perpétuation du système d’endettement qui permet de continuer à se financer même si on n’en a plus les moyens (dont l’armée, sous perfusion de deniers publics, fait probablement partie) et ceux qui privilégient la réduction du poids de la dette (économie réelle). Si l’inflation est un moyen de réduire la dette ce qui satisfait les seconds, elle discrédite en même temps le mécanisme d’endettement ce qui ne sied pas aux premiers.

La supériorité de l’armement US en question

Le secteur disproportionné appuyé sur le système d’endettement permis par l’incontournabilité du dollar, c’est bien sûr l’armée américaine et tous ses avatars de par le monde, à commercer par l’OTAN mais aussi les systèmes de défense au Japon, en Corée du Nord, en Arabie Saoudite, etc…

Cet appareil militaro-industriel est aussi un business qui rapporte énormément d’argent aux Etats-Unis. Mais ce business, comme tous les autres, subit de plein fouet la concurrence des nouvelles puissances (Russie, Chine, Inde, etc…). Si le pays n’a plus les moyens d’investir dans son absolue supériorité technologique, les concurrents sont nombreux pour récupérer les parts de marché. Or la course à la supériorité technologique dans ce domaine est bien entamée et les concurrents sont dans un mouchoir de poche désormais17 Depuis longtemps, DeDefensa tente d’attirer l’attention du public sur cette évolution avec des articles très documentés sur les échec du F-35, sur le limites de la domination aérienne US, etc… Source : DeDefensa, 16/09/2015. Lire également à ce sujet l’article « L’Armée US est en mauvais état ». Source : NationalInterest, 14/02/2017 .

Notre équipe estime qu’il est temps de questionner les discours d’absolue supériorité du système militaire américain, discours bien trop sonores pour ne pas évoquer des effets de communication. Si nous sommes bien entendu dans l’impossibilité d’affirmer quoi que ce soit dans ce domaine, nous pensons qu’il est utile aujourd’hui de questionner ce prédicat car ce questionnement fournit des pistes de compréhension du monde assez pertinente. Voici quelques indices qui justifient ce questionnement…

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Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Notes   [ + ]

1, 11. Source : Nikkei Asian Review, 01/09/2017
2. Source : BBC, 08/05/2012
3. Source : Financial Times, 01/06/2015
4. En 2015, l’Angola a adopté le Yuan comme seconde devise officielle du pays… et sa première devise, le Kwanza, est acceptée par la Chine comme devise de paiement. Source : MacauHub, 05/08/2015
5. Le Nigéria a ouvert ses réserves de change au Yuan dès 2011. Source : CSMonitor, 06/09/2011
6. Source : Reuters, 26/04/2017
7. Source : The Independent, 24/08/2017
8. Source : South China Morning Post, 04/09/2017
9. Le Roi Salman a 81 ans et serait en mauvaise santé.
10. Source : Sputnik, 21/06/2017
12. Source : AlMonitor, 14/11/2012
13. Source : ArabianIndustry, 13/06/2017
14. Source : Reuters, 31/08/2017
15. Source : Les Echos, 21/06/2017
16. Depuis août 2016, l’inflation US a considérablement augmenté, passant de 1 à 2,7 en février dernier ( !) pour rebaisser à 1,6 en juin et remonter depuis (1,9 en août). Source : USInflation Calculator, 14/09/2017
17. Depuis longtemps, DeDefensa tente d’attirer l’attention du public sur cette évolution avec des articles très documentés sur les échec du F-35, sur le limites de la domination aérienne US, etc… Source : DeDefensa, 16/09/2015. Lire également à ce sujet l’article « L’Armée US est en mauvais état ». Source : NationalInterest, 14/02/2017

Commentaire recommandé

Louis Robert // 29.10.2017 à 14h01

Je crois que la tendance générale est claire: la mise à nu de l’imposture impériale se poursuit, chaque jour plus féroce sous des dehors encore officiellement aussi « courtois » que possible à l’Est où, manifestement, on n’est ni enclin à la servitude volontaire, ni masochiste, encore moins suicidaire. Le déclin accéléré de l’Empire (dont l’Europe est une partie intégrante) se fait jour sans cesse plus clairement: perte de prestige, d’influence et de leadership, désintégration sociale et politique dont le spectacle insupportable fait pitié à voir, perte de moral et nihilisme des populations, orientation sociale et politique toujours plus à droite… et la menace fasciste qui se précise en s’accentuant, avec de folles menaces de guerre totale, peut-être nucléaire à la clé.

Or tout cela peut en outre être documenté par le menu détail et observé sur place.

Mais enfin, que nous faut-il de plus pour comprendre? À l’Est, on a compris et l’on agit en conséquence.

36 réactions et commentaires

  • Gilles // 29.10.2017 à 05h10

    Personne ne conteste plus le fait que l’oligarchie a perdu la manche de l’unipolaire.
    Le boulot de Trump consiste a faire Un “soft landing”, avec l’aide de la Russie et de la Chine pour eviter le cataclysme.
    Evidemment, les adversaires de Trump, eux sont prets a tout foutre en l’air et a jouer a quitte ou double.
    Tout l’enjeu est la maintenant: Trump Montre les crocs et fait bcp de theatre pour Donner le change a ses adversaires, mais dans le fond, IL n’a encore rien fait de reel qui va dans le sens de la confrontation… IL braise, IL braise…

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    • Gilles // 29.10.2017 à 05h44

      Merci de lire: “il biaise, IL biaise” (IL Bluff Comme au poker)

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      • Jean Marc // 30.10.2017 à 17h29

        En fait heureusement que le “r”était là 😉

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    • Chris // 29.10.2017 à 13h39

      “Cet appareil militaro-industriel est aussi un business qui rapporte énormément d’argent aux Etats-Unis. Mais ce business, comme tous les autres, subit de plein fouet la concurrence des nouvelles puissances (Russie, Chine, Inde, etc…)”

      D’où ces nouvelles sanctions décidées par un Congrès composé de lobbyistes du CMI ? :
      https://www.romandie.com/news/Washington-designe-39-societes-russes-a-eviter-sous-peine-de-sanctions/857531.rom
      27 oct. 2017 – Parmi ces sociétés liées à l’armée et aux agences de renseignement de Russie figurent des grands groupes exportateurs comme le marchand d’armes et de véhicules militaires Rosoboronexport et le célèbre fabriquant d’armes Kalachnikov, a annoncé le département d’Etat.
      les sanctions doivent entrer en vigueur fin janvier 2018.

      Mettent-elles aussi à mal, les S-400 promis au membre de l’OTAN, la Turquie ?

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    • Jean // 29.10.2017 à 14h02

      Trump en guerre contre l’oligarchie(Deep state) qui donne le change par ses rodomontades, c’est la théorie, que je partage, d’un journaliste dont on ne peut pas citer le nom ici.

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  • Gordion // 29.10.2017 à 05h32

    Passionnant !

    Verra-t-on une transaction graduelle vers ce nouveau système de référence mondial ? Les nouveaux créanciers vont-ils continuer à acheter de la dette américaine, vont-ils émettre de la dette ?

    Quels faits générateurs vont-ils faire basculer le système ? Les États-Unis, après avoir tenté d’entrer à la AIIB, vont-ils laisser leur hégémonie se déliter.?

    Toutes les options sont sur la table, comme il est dit en langage diplomatique

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    • Gilles // 29.10.2017 à 05h45

      Vous avec la reponse sous les yeux :les Chinois viennent de vous le dire, la reference, c’est l’or.

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      • Jean Marc // 30.10.2017 à 17h33

        C’est LA référence de tout temps depuis l’antiquité.

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  • Christian Gedeon // 29.10.2017 à 08h22

    Ouf…waw. Comme la nuée porte l’orage,le GEAB porte des contradictions et des recontradictions. Toute sa demonstration part d’un postulat que le pétrole va devenir le maître étalon du pétrographe yuan. Ah bon? Et ´c’est écrit sur quel parchemin? Au moment où émergent de plus en plus vite des énergies alternatives de plus en plus efficaces? Autre postulat,le pétrole yuan va s’opposer au dollar.Ah bon? Et c’est écrit où que le magique pétrole yuan va s’opposer au dollar? Ne va-t-il pas plutôt rentrer,s’il grandit, dans la gigantesque foire aux instruments financiers? Autre postulat. L’économie américaine est quasi moribonde. Diantre.Si l.economie américaine est moribonde,alors nous nous sommes déjà morts,n’est ce pas?Autre postulat,la puissance militaire américaine dominante ne serait bientôt qu’un souvenir. Aucun commentaire,pas besoin. Et je passe sur l’étrange absence de la première puissance économique du monde qu’est l’Europe des nations. Et ne mentionne même pas la délirante analyse des rapports entre AS et Qatar…les monarchies ne se boufferont pas entre elles,sauf pour ceux qui ne connaissent rien au MO…

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    • Chris // 29.10.2017 à 13h48

      Vous parlez de l’ancien monde du XIX et XXe siècle.
      Là, GEAB esquisse ce qui est en train de se construire sous nos yeux : les glissements tectoniques sont bien là.
      Par contre, je retiens s’agissant du PetroYuan: “Ne va-t-il pas plutôt rentrer, s’il grandit, dans la gigantesque foire aux instruments financiers ?” Oui, il y a ce risque. La Chine parviendra -t-elle à rétablir l’équilibre ? C’est moins sûr.
      Ce qui me faisait dire dans un post précédent : “les oligarchies (la finance) changeront de camp, quand il n’y aura plus rien à écrémer du système actuel”

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    • Osmium // 30.10.2017 à 08h09

      Les énergies alternatives sont moins efficaces que le nucléaire. Pour des raisons de physique, le solaire ne sera jamais, jamais, plus rentable énergétiquement que le nucléaire (le solaire ne peut pas dépasser 30-32% de rentabilité, mais comme il faut produire massivement des cellules solaires, le rendement des cellules est à 25% max. Une fois les coûts énergétiques décomptés, on tombe entre 15 et 20. Alors que le nucléaire est à 30).

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  • Duracuir // 29.10.2017 à 09h59

    La question c’est “les mouches ont elles changé d’âne?.
    Les profiteurs ultimes du système dollar depuis les années 70, véritables initiateurs de la révocation de Bretton-Woods et de la création du pétrodollar, et qui sont massivement anglo-saxons, ont-ils déjà pris des parts dans cet avènement du yuan, ont-ils déjà mis des oeufs dans ce panier là, auquel cas on peut rêver à une transition en douceur où sont-ils définitivement arque-boutés sur une position dieu-dollar et son corollaire impérialiste militaire anglo-saxon auquel cas, une lutte à mort s’engage et, comme on dit en mer, ça va aller beaucoup plus mal avant d’aller mieux.

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    • Christian Gedeon // 29.10.2017 à 12h25

      Mon cher ami,votre pressentiment est à mon sens juste. Il est vain de voir dans les nouve autres chinoises un changement de paradigme. Les Chinois vont tout simplement prendre leur place au banquet de la finance internationale ,une place à la hauteur de leur évolution,et rien d’autre. Ils. Seront les nouvelles mouches,qui viennent s’ajouter aux autres. mais l’âne reste le même Buridan.

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  • max // 29.10.2017 à 11h31

    Comme dans le film Matrix, il y a deux mondes, celui de la pilule Rouge et celui de la pilule Bleue.
    https://rutube.ru/video/58783ff2838f0730c012d9db03c2b069/?ref=search
    Les pays sous sanctions des USA prennent de plus en plus la pilule Rouge, les autres continuent à prendre la pilule bleue et restent avec les USA.
    L’Arabie Saoudite est devant des choix ou elle risque d’être perdante quelque soit son choix
    Soit elle continue à prendre la pilule bleue et risque de perdre le marché des hydrocarbures de l’autre monde (Chine).
    Soit l’Arabie Saoudite prends la pilule Rouge et ses avoirs en $ risquent la saisie par les autorités des USA a cause de son rôle présupposé dans l’attentat du 11 septembre 2001.
    Contrairement à d’autres pays qui ont prit la pilule Rouge et donc l’autre monde, l’Arabie Saoudite préfère laisser ses réserves financières dans les banques occidentales et acheter de l’armement des USA.
    A titre personnel je pense que l’Arabie Saoudite continuera à prendre la pilule bleue.

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    • Chris // 29.10.2017 à 13h56

      Et la pilule violette dans tous ces dégradés ?
      Que peuvent des USA édentés contre l’AS 9/11 ? Rien. Parce qu’ils ont tellement de génocides et pillages à leur compte, qu’ils aggraveraient leur cas.

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  • BASLE // 29.10.2017 à 12h21

    La crise des subprimes a démontré que le dollar était la valeur refuge par excellence. Sa valeur baissera-t-elle dans le futur ? Très probablement. Mais alors le yuan s’appréciera. L’économie chinoise reposant sur l’exportation, la valeur du yuanne peut monter au-delà d’un certain seuil à moins d’un accroissement important de la compétitivité chinoise que rien ne laisse présager. Américains et Chinois sont en fait sur le même bateau. Si une baisse du dollar crée une inflation désastreuse pour l’économie américaine, une hausse du yuan étouffe l’économie chinoise.
    Le yuan-or peut-il être la nouvelle monnaie de réserve mondiale ? Non. La Chine n’a pas les réserves d’or suffisantes.

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    • Jeanne L // 29.10.2017 à 18h23

      Les Chinois viennent de passer un accord avec la Russie pour l’exploitation de mines d’or en Sibérie orientale, les réserves ne se feront plus seulement par “achat” mais “directement” par résultat d’une exploitation gigantesque en raison des accords économiques et politiques signés (cet automne).

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  • Crapez // 29.10.2017 à 12h56

    «l’armée américaine […] les systèmes de défense au Japon, en Corée du Nord, » : comprendre plus certainement Corée du Sud.

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  • martin // 29.10.2017 à 13h20

    Pendant que le Nouveau Siècle Américain se prenait les pieds dans le tapis de la cybernétique aérospatiale russe, en gros entre 2013 et 2016 ( Alep a signé la fin), le tripode Or-Dollar (Chine-Russie-Iran) posait tranquillement ses pierres, bien à l’abri du chaos militaire programmé en grande partie contre lui. L’année 2014 a fait date, qui a vu la signature d’un contrat Yuan-Pétrole de 400 Milliards de Dollars entre Chine et Russie. Aujourd’hui l’Inde et l’Europe (Allemagne-France), commencent à lorgner vers une monnaie-or internationale qui apparaît à tous (Wall-Street exceptée!), comme LE remède aux pathologies monétaires du monde, pendant que les pauvres petits saoudiens se voient sommés de choisir entre le marché chinois et le pétrodollar.

    Oh La belle gifle! Donnée dans un si beau ralenti!

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    • martin // 29.10.2017 à 21h35

      Il faut lire bien sur “le tripode Or-Pétrole” à la place de “Or-Dollar”. L’inconscient parle-t-il?

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    • Christian Gedeon // 30.10.2017 à 10h39

      Or,pétrole ça fait un bipode pas un tripode….et un des deux éléments est sérieusement bancal,le pétrole. Quant à l’or,les réserves Us sont tellement importantes,n’est ce pas?

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      • martin // 30.10.2017 à 12h18

        C’est vrai, mais Russie + Chine + Iran, ça fait trois. C’est cela le tripode, et il gigotte rudement bien!

        Quant aux réserves d’or US, 8000 Tonnes, j’ai des doutes. De même quand la Chine annonce 1600 Tonnes en 2015 (moins que la France), mais en sens inverse.

        Ca sent la dissimulation, tout ça.

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  • condamy // 29.10.2017 à 13h47

    sur l’aspect de la supériorité de l’armée us des éléments intéressants en particulier sur l’aviation militaire us et le fameux F 35 aussi ruineux qu’inutilisable sur le site De Defensa .

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    • martin // 29.10.2017 à 21h08

      La lecture régulière de National Interest (par exemple) convaincra toute personne simplement attentive que la supériorité militaire américaine n’est plus qu’un souvenir. A supposer que les ingénieurs US se voient confier la mission de combler le retard sur les russes (il y a des frémissements, en effet), il leur faudra (au moins), 10 ans.

      C’est parfaitement documenté. Voir par exemple les sueurs froides de Breedlove lorsqu’il a saisi la VRAIE nature des bulle A2/DA russes. (cf.pour les curieux: Khalibr, su 35,T50, Sarmat, S500 Etc.)

      La guerre (cette guerre) est finie. Mais tout reste à construire entre les peuples.

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  • Louis Robert // 29.10.2017 à 14h01

    Je crois que la tendance générale est claire: la mise à nu de l’imposture impériale se poursuit, chaque jour plus féroce sous des dehors encore officiellement aussi « courtois » que possible à l’Est où, manifestement, on n’est ni enclin à la servitude volontaire, ni masochiste, encore moins suicidaire. Le déclin accéléré de l’Empire (dont l’Europe est une partie intégrante) se fait jour sans cesse plus clairement: perte de prestige, d’influence et de leadership, désintégration sociale et politique dont le spectacle insupportable fait pitié à voir, perte de moral et nihilisme des populations, orientation sociale et politique toujours plus à droite… et la menace fasciste qui se précise en s’accentuant, avec de folles menaces de guerre totale, peut-être nucléaire à la clé.

    Or tout cela peut en outre être documenté par le menu détail et observé sur place.

    Mais enfin, que nous faut-il de plus pour comprendre? À l’Est, on a compris et l’on agit en conséquence.

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  • Jean // 29.10.2017 à 14h11

    => “L’avènement du pétroyuan, c’est bien évidemment la fin du dollar comme pilier du système monétaire international et donc la fin de l’incontournabilité du dollar, une monnaie nationale que les aléas de l’Histoire ont amenée à supporter l’économie mondiale, aujourd’hui trop lourde pour elle.“

    N’est-ce pas plutôt l’économie mondiale qui a supportée et supporte la monnaie nationale de ce pays qui se voudrait exceptionnel et indispensable ?

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    • Louis Robert // 29.10.2017 à 14h45

      Oui, conséquence de l’impérialisme, qui consiste à vivre aux dépens de tous les autres, parasitaire absolument.

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  • krystyna hawrot // 29.10.2017 à 15h16

    La question a poser est: et nous dans tout ca? Le peuple? D’une certaine facon les peuples europee sont deja morts avec le chomage, la declassation et la baisse du niveau de competences. Mais les multinationales qui nous exploitent se portent tres bien. Quel vont elles faire? L’article ne pose pas la question.

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  • Vincent P. // 29.10.2017 à 16h45

    Pour moi, l’incohérence, c’est penser que le Dollar (ou l’Euro) puisse encore tenir ! Sa valeur intrinsèque doit être si proche de Zéro !
    Et comment croire qu’on envisage vraiment le remboursement de tels niveaux de dette ?!
    Je pense que l’Empire sait son déclin inévitable, et que les budgets ahurissants du Pentagone préparent les guerres que les E.U devront mener pour à tout le moins sauver la face, voire pour détourner l’attention en fait.
    On le voit : ils se repositionnent comme victimes de puissances étrangères (!) pour caresser leur opinion publique dans le sens du poil, et certainement aussi pour tenter de recréer un sentiment national d’appartenance et s’éviter une nouvelle guerre civile, elle aussi bien plausible, surtout si une nouvelle secousse économique se profile.
    Je crois que la brutalité de la chute étant admise, alors on se prépare à maîtriser cette brutalité, en ayant même jusqu’à l’arrogance de vouloir l’organiser.
    D’où la rhétorique guerrière, qui du coup devient parfaitement cohérente.
    Ordo ab Chaos.

      +4

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    • martin // 29.10.2017 à 21h59

      “D’où la rhétorique guerrière, qui du coup devient parfaitement cohérente.
      Ordo ab Chaos.”

      Exact, mais il est trop tard pour l’oncle Sam. Deux exemples:

      1> La Russie a fait savoir qu’elle serait solidaire de l’Iran si ce pays devait être agressé. Souvenons-nous des séjours multiples (et récents) de bombardiers russes sur les bases iraniennes, partant de là gaiement poudrer les rebelles modérés en Syrie. Quid de la flotte US du Golfe Persique dans un tel scénario? Chacun jugera.

      2> Les saoudiens négocient un contrat avec les russes pour la livraison des batteries S.400 qui assureront leur protection en cas de coup fourré US.
      Les turcs aussi d’ailleurs, tu m’étonnes!

      Que la suprématie militaire russe soit encore pour certains une hypothèse, voilà qui me laisse pantois.

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  • milou // 29.10.2017 à 21h28
  • martin // 29.10.2017 à 22h49

    A mon humble avis, Jansen a raison. La convertibilité du Yuan (et même du Rouble) en or a été annoncée plusieurs fois, mais elle est loin d’être effective. Cependant, d’un point de vue stratégique, ça n’a rien d’étonnant. Le jeu de Go distingue, en effet, la force de l’influence. Cristalliser la force tout de suite ferme le jeu et prive le joueur qui le fait de multiples options futures. Il peut être préférable ne pas réaliser la force en attendant que l’adversaire vienne dans la zone d’influence, auquel cas il sera temps de le faire “sur son dos”. L’or est une menace qui plane sur le jeu, il vise les nerfs américains.

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 29.10.2017 à 23h19

    Je lis : ” c’est bien sûr l’armée américaine et tous ses avatars de par le monde, à commercer par l’OTAN mais aussi les systèmes de défense au Japon, en Corée du Nord, en Arabie Saoudite, etc…”

    La Corée du Nord ? Vraiment ?
    Ne serait-ce pas là dans l’exemple proposé la Corée du Sud dont il s’agirait plutôt ?

    Une coquille ou j’ai mal compris ?

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  • DonetskiyVasya // 30.10.2017 à 18h19

    Pour avancer, les occidentaux ont besoin d’avoir peur de l’effondrement: “markets climb the wall of worry” Cette article, comme ceux de Pravda d’il y a 40-60 ans fait bien ce boulot. L’erreur de tous ces pronostics est qu’ils ignorent la formidable capacité de l’Occident de s’adapter aussi bien du point de vue de technologie que d’organisation sociale, alors que ceux qui se reposent sur les ressources naturelles perdent la vitesse et se retrouvent dépassés.

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  • Le marin // 02.11.2017 à 02h48

    Il ne faut pas oublier que la vente d’arme n’est qu’un drageon du complexe militaire , l’arbre c’est la menace de l’intervention et sur ce point les chinois ne font tout simplement pas le poids. C’est bien le président mao qui a dit : political power grows out of the barrel of a gun. C’est aussi pourquoi les neocons n’ont jamais décrocher de la Russie qui est pourtant , d’un point de vue économique , beaucoup moins menaçante que la Chine.

    Pour ce qui est de la monnaie qui s’appuie sur l’or j’aimerais attirer votre attention sur le fait que l’Utah , l’Arizona , l’Oklahoma acceptent déjà l’or et l’argent comme monnaie. Le Texas (état beaucoup plus important) et le Tennessee sont supposés passer des lois instaurant un système de storage pour l’or et l’argent permettant d’effectuer des virements. Pour faire une histoire courte les états américains risquent d’abandonner le dollar avant le gouvernement fédéral.

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