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20.décembre.201920.12.2019 // Les Crises

Interdit d’interdire : Jérôme Sainte-Marie – André Sénik : La lutte des classes est-elle de retour ?

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Source : Russia Today France, Interdit d’Interdire, 18-12-2019

Frédéric Taddeï reçoit :

– André Sénik, philosophe

– Jérôme Sainte-Marie, politologue

Source : Russia Today France, Interdit d’Interdire, 18-12-2019

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Commentaire recommandé

medmed // 20.12.2019 à 07h50

André Sénik est totalement à côté de ses pompes. Son analyse de la société est totalement délirante. Cet ex-communiste a sauté la barrière comme Robert Hue.

34 réactions et commentaires

  • medmed // 20.12.2019 à 07h50

    André Sénik est totalement à côté de ses pompes. Son analyse de la société est totalement délirante. Cet ex-communiste a sauté la barrière comme Robert Hue.

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    • Larousse // 20.12.2019 à 09h20

      Excusez encore du peu, mais mon collègue diplômé vient de me dire :  » quand on a en face de soi ou que l’on entend un ancien communiste « convaincu », mon oreille traduit un « communiste retourné » donc soucieux de trouver toutes les arguties pour justifier sa ré-orientation, sa trahison, sa collaboration à l’ordre établi… Et ne vous inquiétez pas, si de nouveaux Bolchéviks arrivaient au pouvoir, ils retourneraient leurs vestes aussitôt… Ce type « d’anciens » (d’une idéologie quelle qu’elle soit) devrait se passer en boucle la chanson de Jacques Dutronc , l’opportuniste, pour se soigner et disparaître de toute agora publique… »
      Bonne journée à tous

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      • Pinouille // 20.12.2019 à 11h40

        « on entend un ancien communiste “convaincu”, mon oreille traduit un “communiste retourné” donc soucieux de trouver toutes les arguties pour justifier sa ré-orientation, sa trahison, sa collaboration à l’ordre établi… »

        C’est être rude envers 89% des personnes qui ont voté PC en 1969 car ils ne l’ont plus fait en 2019:
        https://www.france-politique.fr/elections-pcf.htm

        « Et ne vous inquiétez pas, si de nouveaux Bolchéviks arrivaient au pouvoir, ils retourneraient leurs vestes aussitôt… »
        Si vous sous-entendez qu’ils le feraient de peur de finir dans un camp de travail, on ne peut que leur donner raison. Et si c’est bien le cas, ce genre de réflexion est le symptôme que certains communistes refusent sciemment de tirer les leçons du passé. Ca les regarde. Mais la conséquence mécanique, c’est que plus personne ne vote pour eux.

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        • Larousse // 20.12.2019 à 13h06

          Pinouille , ça me fait dire
          Humour… humour, les camps ça a du bon…
          Mon oncle yougoslave est un ancien « titiste » et il n’a jamais eu l’impression de vivre dans un immense camp de travail…
          Point barre aux simplificateurs occidentalistes !!!

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          • Pinouille // 20.12.2019 à 14h05

            Voici une petit documentaire très instructif sur cette période:
            https://www.publicsenat.fr/emission/documentaires/roumanie-d-une-dictature-a-l-autre-147055

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            • Larousse // 20.12.2019 à 14h37

              Quand on donne des leçons ou des conseils dits avisés aux personnes , on vérifie ses sources et ses bases. Titiste veut dire membre du parti communiste yougoslave, de Josef Broz Tito… Belgrade n’a rien à voir avec Bucarest, le serbe est une langue slave. La Yougoslavie avait un système communiste à part, hors du Pacte de Varsovie, « les Non-Alignés »… « très permissif » pour attirer le tourisme, etc… etc…
              Donc je confirme le Point barre aux simplificateurs occidentalistes !!!
              Et c’est en simplifiant et en caricaturant l’Histoire que vous aurez un retour des Bolcheviks que je n’apprécie pas forcément, mais au moins pour des raisons mieux argumentées que les vôtres… ou ceux de Sénik.
              En respect pour mon oncle yougoslave, effectivement je n’apprécie pas les « retournés » et j’aime Jacques Dutronc…

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            • Pinouille // 20.12.2019 à 16h30

              Je n’ai jamais prétendu que la Roumanie équivalait à la Yougoslavie.
              Je prétends que la quasi totalité des régimes communistes a été constituée de dictatures aliénant la population au bon vouloir de leur caste dirigeante. Regardez ce documentaire, il est édifiant.
              Cela ressemble étrangement à ce qui est très souvent dénoncé ici et maintenant… mais en pire.
              Rien ne vous empêche d’avoir une inclination pour de tels régimes. Mais rien ne m’empêche non plus de ne pas vous suivre.

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            • Anouchka // 20.12.2019 à 19h39

              Ah ben oui, c’est sûr qu’aux États-Unis tout va beaucoup mieux. https://m.alterinfo.net/AUX-ETATS-UNIS-DE-PLUS-EN-PLUS-DE-PERSONNES-AGEES-SE-DECLARENT-EN-FAILLITE-PERSONNELLE_a23420.html
              C’est bien normal, eux ne se traînent pas d’atavisme communiste. Il savent ce que c’est que la liberté d’entreprendre!
              Vite, de la rééducation pour les Roumains !
              Enfin, je veux dire de la formation! Heureusement qu’on a Google, Facebook et l’IA pour faire de la pédagogie auprès de ces êtres dépravés.

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            • Dominique Gagnot // 20.12.2019 à 23h23

              « Communisme » ne se résume pas à des systèmes ignobles. D’ailleurs, si le communisme est si nul, pour quoi toutes les entreprises adoptent elles ce régime en interne ?

              Les ressources des plus grandes entreprises sont administrées par un conseil d’administration, et pire, un CA dans lequel les employés ne sont généralement pas représentés !
              Comme quoi le communisme est le meilleur des système de gouvernance puisque adopté par 100 % des grandes entreprises… capitalistes.
              (je ne connais pas d’entreprises ou les employés peuvent entreprendre ce qu’ils veulent…)
              http://bit.ly/capitalisme

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        • ouvrierpcf // 20.12.2019 à 15h14

          •en 2018 25 millions de salariés en France Français mais aussi etrangers non electeurs pour pour env 39 millions delecteurs inscrits dont env 16 millions de salariés
          en 1969 19 millions de salariés pour 14 millions d inscrits .
          Depuis 1968, le taux de chômage a été multiplié par cinq

          nota il ny a pas de personnes qui votent mais des électeurs inscrits abstentionnistes ou votants

          16 millions de salariés inscrits en 69 16 millions en 2018 bien à vous pinouille

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          • Pinouille // 20.12.2019 à 16h39

            Je ne vois pas où vous voulez en venir avec cette série de chiffres.

            « Depuis 1968, le taux de chômage a été multiplié par cinq »
            Et donc comment expliquez-vous que malgré cette évolution, le PC n’a pas réussi à inverser la baisse de ses scores électoraux?

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            • Dominique Gagnot // 20.12.2019 à 23h36

              Trahison et incompétence de Mitterand, et des ministres y compris communistes, qui n’ont pas su :
              1 – nationaliser la BdF,
              2 – sélectionner les compétences adéquates pour diriger les grandes entreprises nationalisées. (ils ont gardés les même, ou pris des clones ! ). C’est une chance que certaines aient résisté…

              Le système politique est totalement naze, du fait de la méthode de sélection des politiques : tous présélectionnés pour leur grande gueule, et non leurs compétences. (ce qui fait les affaires de ceux du dessus qui tirent les ficelles de ces marionnettes.)
              http://bit.ly/capitalisme

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            • Jérôme // 21.12.2019 à 05h59

              Nationaliser la Banque de France en 1981 ?

              Mais elle était déjà nationalisée depuis 1945 ! Et elle alors n’était pas indépendante du pouvoir politique (l’indépendance ne lui a été octroyée qu’en 1994).

              Les causes de la baisse des scores électoraux du PCF dans les années 1980-1990 sont assez évidentes :

              – la hausse du niveau de vie qui a conduit une partie des catégories populaires à rejoindre le PS,

              – la désindustrialisation et la robotisation (baisse du nombre d’ouvriers) et le développement des emplois de service ou administratifs, favorisant une culture plus individualiste.

              – la montée en puissance de l’immigration maghrébine et africaine, concentrée dans les quartiers populaires des grandes zones urbaines, qui a conduit une partie des catégories populaires ou intermédiaires à quitter ces quartiers et à voter FN. Souvenez-vous de la campagne de Georges Marchais sur ce sujet, lors de l’élection présidentielle de 1981.

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            • Dominique Gagnot // 21.12.2019 à 08h16

              Oui, j’aurais du dire reprise du contrôle de la Finance par l’état. Or c’est à cette époque que la Finance est devenue un casino.

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  • LibEgaFra // 20.12.2019 à 09h39

    On atteint le degré zéro de l’analyse politique. La crise des gilets jaunes est finie!? Bloc élitaire?! Bloc populaire?!

    « Il n’y a pas de société démocratique possible pour Marx. »

    A-t-il seulement lu Marx? Pas étonnant que nous devions compter sur les gilets jaunes quand on entend de pareilles démissions de la pensée.

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  • Ellilou // 20.12.2019 à 13h44

    Et quand il nous sort sa tirade sur Macron « suscitant la jalousie car trop beau, trop parfait, trop intelligent, tout lui réussit,etc… » (je n’ai plus les mots exactes mais c’est l’idée générale) j’en suis restée baba! Le degré zéro de l’analyse, qu’elle soit politique ou philosophique. Consternant!

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    • Nicole de Nicomaque // 20.12.2019 à 23h48

      M.Senik ( ex-PC ) est à Emmanuel Macron ce que fut Max Gallo ( Ex-PS ) à Nicolas Sarkozy.

      Lui aussi disait que l’ancien président était  » extraordinaire « ,  » fantastique « ,  » Inouï  » et que s’il était rejeté en masse après son élection par les françaises et les français, ce n’était pas du fait de sa sale politique mais parce que ce peuple selon Max Gallo était incurablement antisémite (!) …

      Regardons aujourd’hui où se trouve sieur Nicolas Sarkozy : à un trottoir de la cellule de Patrick Balkany pour corruption et détournement de fonds publics !

      En attendant j’ose l’espèrer qu’il passe un jour devant la Cour Pénale Internationale pour son invasion de la Libye et l’assassinat de 50 000 personnes civiles, hommes, femmes, enfants.

      Méfions-nous au vu de la réalité présente des transfuges et des nouveaux flagorneurs qui ont changé de crémeries politiques pour assurer leur fin du mois ou leur fin de vie confortablement assis sur leur postérieur.

      Les forces productives, c’est nous toutes et nous tous !

      Sachons garder raison et ne nous laissons pas intimider par la nouvelle aristocratie qui n’est sur les plateaux de télévision que pour s’auto-proclamer et s’auto-légitimer. Ad nauseam.

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      • Narm // 21.12.2019 à 22h42

        oui
        sauf qu’il n’ira jamais à la cour pénale, l’honneur de la france est en jeu (celle avec un petit f)
        sarko missionné par macron pour représenter la france plusieurs fois
        politique de théatre financée sur le dos des français par et pour des bernard arnaud, bettancourt etc…

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  • Jérôme // 20.12.2019 à 14h16

    Je ne crois pas à de la jobardise de la part de M. Senik. J’opte plutôt pour une vieille habitude de venir débagouler sur un plateau de télévision. D’ailleurs, si je lisais la presse subventionnée ou si j’avais pour déviance de regarder la télévision, j’aurais su qui était M. Senik. Après avoir lu cet article à son sujet (https://www.liberation.fr/grand-angle/2006/05/09/les-meilleurs-amis-de-l-amerique_38664), je sais que je passerai mon chemin à l’évocation de son nom sauf s’il s’agit de faire un dîner de C… Là, ma porte est grande ouverte.
    Concernant M. Sainte-Marie, j’ai pris des notes mais je vais acheter son livre.

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    • Narm // 21.12.2019 à 23h49

      excellent lien, que des copains de p a r a s it e s

      André Glucksmann et Pierre-André Taguieff, l’essayiste Pascal Bruckner, Bernard Kouchner,

      et hier le fils glucksmann qui participait à l’achèvement final….

      ah oui, pascal bruckner sévi sur france culture
      https://www.franceculture.fr/conferences/fondation-edf/les-intellectuels-dans-un-monde-globalise-par-pascal-bruckner
      rappelez vous, delevoye membre du CA de la fondation edf ……..
      extrait
      « la Fondation EDF a invité le 31 mars 2014 Pascal Bruckner, romancier et essayiste. Il a eu pour délicate mission d’aborder le thème du rôle que jouent encore ou que ne jouent plus les intellectuels dans la société mondialisée qui est la nôtre. Pascal Bruckner a en effet fait partie du groupe des « nouveaux philosophes » dans les années 70 et s’est engagé dans de nombreux combats politiques et humanitaires. Plusieurs de ses essais font date comme « le Nouveau désordre amoureux » publié en collaboration avec Alain Finkelkraut, « le sanglot de l’homme blanc », ou plus récemment « le fanatisme de l’apocalypse ». Son roman « Lune de fiel » a été adapté à l’écran par Roman Polanski »

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  • Totote // 20.12.2019 à 18h02

    Sénik trouve que perdre un oeil ou une main ce n’est pas dangereux du tout, et que les policiers ont été attaqués de manière « mortifère », combien de morts chez les forces de l’ordre déjà ?

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    • Larousse // 20.12.2019 à 20h18

      Votre remarque est juste, mais vous savez entre des socialo- gauchistes en France qui rêvent d’un « merveilleux » sans jamais s’impliquer vraiment dans l’action et reculent toujours en jouant les « épouvantails utiles » du système et les « communistes retournés » la France est fort mal barrée… Et on peut se dire que l’AN 40 s’approchera dans un « délai raisonnable ». Mon collègue diplômé a eu la chance de suivre les cours de Mme Carrère d’Encausse et celle-ci disait : on peut détester Lénine, son régime, etc… mais on doit reconnaître que c’était un vrai révolutionnaire professionnel qui concentra toute son énergie à la chute du régime tsariste, avec une opiniâtreté effrayante et efficace (due à sa haine suite à la condamnation à mort de son frère…)… Autre temps autre moeurs… Loin de moi l’idée de vouloir un nouveau temps pareil… mais l’AN 40 n’est pas une perspective enviable…

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  • Anouchka // 20.12.2019 à 18h37

    Effectivement, revenir à la retraite à 60 ans n’est sans doute pas une bonne mesure.
    Il vaudrait mieux une réduction importante du temps de travail pour toutes les générations (avec un temps de travail en alternance obligatoire pour tous les jeunes étudiants, leur permettant de commencer à travailler tout en continuant leurs études). Permettre aux gens de travailler plus longtemps, jusqu’à 70 ans ou même plus mais à temps (très) réduit ne serait pas une mauvaise chose: cela éviterait ce « bloc rentier » que constitue les retraités et permettrait de faire en sorte que les retraités soient plus solidaires de ceux qui travaillent et arrêtent de voter pour le bloc élitaire qui leur fait miroiter (a tort !) la stabilité de leurs pensions.
    Il est d’autres part très délétère de mettre à la retraite des gens en pleine force de l’âge : ces gens se cherchent des occupations et ne sachant que faire de leur temps libre, se mettent à consommer frénétiquement des voyages et autres activités qui font exploser l’empreinte carbone de la société toute entière alors que des gens plus jeunes s’épuisent, par manque de temps, à en même temps, travailler, élever des enfants, construire des maisons, etc.
    Il est urgent de réduire la durée du temps de travail pour tous et d’obliger les employeurs à augmenter leur taux d’embauche des seniors.

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    • Omelette // 20.12.2019 à 20h57

      Tout à fait, sans parler de la désocialisation et des dégats sur la santé afférents à l’inactivité, et de la question du transferts des connaissances que les anciens devraient être les mieux à même d’assurer.
      Mais pour aller plus loin, je pense que mieux partager le temps de travail se heurte frontalement au salariat et à la concentration du capital : les employeurs ont plus intérêt à bien essorer la main d’oeuvre dans la force de l’âge que de faire dans le social et investir dans une ressource qui peut partir chez le voisin. Les y obliger certainement, et à ce compte là pourquoi ne pas faire de chaque employé son propre employeur (autogestion), on s’épargnerait bien des problèmes en amont et en aval.

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    • Nicole de Nicomaque // 20.12.2019 à 23h32

      @Anouchka

      Sachant que l’âge moyen en bonne santé est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes, n’oubliez pas de demander aussi au Medef d’embaucher les morts afin de parachever un monde à l’envers et ainsi couronner le chômage massif et voulu des jeunes populations peu averties de l’enfer que les élites économiques et politiques leur préparent.

      Lire à ce propos la Tribune ci-dessous publiée dans « Libération » intitulée :  » Les Retraites Amères des Classes Populaires « .

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      • Anouchka // 21.12.2019 à 09h56

        D’où l’intérêt de pouvoir profiter de la vie avant la retraite en travaillant moins d’heures hebdomadaires dès le plus jeune âge 😀.

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  • Guillaume81 // 20.12.2019 à 22h56

    Ouh là là, mais qu’il est nul cet André Senik…! Je le cite : « le mot élites désigne les forces productives »… Comment un prof de philo agrégé, ancien communiste de surcroît, peut-il prononcer une phrase aussi absurde ? Si-dé-rant…..

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h21

    Tribune/ Libération :

     » Retraites Amères pour les Classes Populaires  » :

     » Le projet de réforme ne permet pas de garantir une réduction des inégalités. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître.
    Bien sûr, il existe encore de nombreuses inconnues sur le fonctionnement du futur système de retraite liées à l’âge pivot à 64 ans, aux règles sur l’évolution de la valeur du point, aux conditions concrètes de prise en compte de la pénibilité, aux conditions de revalorisation des salaires des enseignants et des autres fonctionnaires, à l’avenir des pensions de réversion ou encore au devenir des 24 milliards d’euros de recettes annuelles de la Cades [Caisse d’amortissement de la dette sociale] à partir de 2024… Tous ces sujets sont encore sur la table après deux ans de concertation dont on peut se demander à quoi elle a servi pour en arriver à un tel gâchis : mis à part le Medef, plus aucun partenaire social n’a confiance en la parole du gouvernement. Mais pour celles et ceux qui sont attachés au système par répartition tout en considérant qu’il doit être unifié et amélioré, le cœur du sujet, c’est qu’un système universel par points n’est pas forcément juste, ni même plus juste que l’actuel.

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    • Narm // 21.12.2019 à 23h56

      https://www.latribune.fr/economie/france/le-projet-de-macron-est-de-casser-la-retraite-par-repartition-francois-hommeril-cfe-cgc-834568.html

      « Il veut également faire payer la convergence des systèmes pour transformer les retraites en une annexe du budget et le traiter comme le budget de la Sécurité sociale qui est géré de manière catastrophique.Il veut en faire un auxiliaire de gestion des deniers publics. Il veut s’approprier cet argent alors que ces sommes sont des cotisations prélevées sur les salaires, les revenus, l’activité. Il veut simplement mettre la main sur de l’argent qui n’est pas le sien. Il veut faire peser un risque énorme sur le niveau des pensions. Le projet est de casser définitivement cette partie du modèle social français qui est la retraite par répartition. »

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h22

    L’universalité est un moyen, pas un but. Les points ou les trimestres sont des outils, pas des formules magiques. Or, en l’espèce, le mantra « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous » pour séduisant qu’il puisse paraître dans sa simplicité conduit à des injustices difficilement justifiables.
    Tout d’abord parce qu’il ne tient aucun compte des différences d’espérances de vie suivant la trajectoire sociale, et en particulier des espérances de vie en bonne santé. Dans notre société où l’héritage social est celui qui est le mieux partagé, cette fausse égalité conduirait à ce que les classes moyennes et populaires continuent plus que jamais de payer massivement pour les retraites bien plus longues des plus aisés.
    La mise en place d’un âge pivot à 64 ans, comme le veut le gouvernement, aggraverait encore ce défaut.

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  • Nicole de NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h23

    On nous explique que ce serait un progrès de passer du système actuel qui prévoit la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans le public pour le calcul de la retraite, à un calcul sur la totalité de la carrière grâce au système par points. C’en serait indéniablement un pour celles et ceux qui ont travaillé longtemps moins de 150 heures par trimestre dont les cotisations ne leur donnent aucun droit aujourd’hui. Mais fallait-il absolument changer de système pour y parvenir ? Non, il suffirait de modifier cette règle.

    Qu’en sera-t-il pour les autres ? Si, pour les « carrières plates » en termes de rémunération, il n’y aura pas de pertes et que, au contraire, les grandes fulgurances de fin de carrière seront moins profitables, aucune simulation ne permet aujourd’hui de garantir une réduction des inégalités si on prend en compte l’ensemble des situations. Il existe au contraire de bonnes raisons de penser que celles-ci risquent de s’accroître.

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h24

    Les cadres sortis à 23 ou 24 ans d’une grande école, avec tout de suite un CDI bien payé en poche, n’auront plus à travailler jusqu’à 67 ans pour percevoir une retraite à taux plein et seront à coup sûr gagnants. Ainsi que les hauts fonctionnaires, de Bercy et d’ailleurs, qui reçoivent des primes conséquentes. Ils n’ont par nature jamais de trous dans leur carrière et pourront eux aussi s’arrêter de travailler plus tôt. Ce ne sera pas le cas pour les plus nombreux. Bien entendu pour les enseignants et toutes les autres catégories de fonctionnaires qui reçoivent peu de primes, sauf revalorisation improbable massive de leurs rémunérations. Mais aussi pour les ouvrier·e·s, les employé·e·s, les technicien·ne·s qui ont commencé à travailler à 20 ans en étant mal payés, qui ont connu le chômage à plusieurs reprises, avant de décrocher un CDI vers 30 ans et commencer alors une carrière un peu plus rémunératrice. Ce ne sera pas le cas non plus pour les employé·e·s sous statut privé pendant des années dans les services publics avant d’être titularisé·e·s. Ni pour les mères célibataires obligées de travailler moins pour éduquer plus. Tous verront leur retraite amputée du fait que la règle des meilleures années ne permettra plus d’effacer les années de galère pour le calcul du niveau de leurs pensions.

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h24

    Ceux-ci et celles-ci sont pour l’essentiel les enfants des classes populaires et moyennes. Ils vont, d’une génération à l’autre, devoir travailler au-delà de 64 ans pour glaner suffisamment de points afin de rendre leurs pensions tout juste acceptables. Il ne nous a pas échappé bien sûr que ce fonctionnement par points était déjà celui des régimes complémentaires actuels du secteur privé. Il n’en reste pas moins que sa généralisation dans le cadre du nouveau système universel renforcerait beaucoup les injustices qu’il engendre déjà.
    En prenant en compte de la même manière les rémunérations perçues à l’âge de 25 ans et à 60 ans, les systèmes par points dénaturent la fonction sociale fondamentale d’un système de retraite par répartition : offrir aux retraités une pension qui reflète leur niveau de vie en fin de carrière ou durant les meilleures années de celle-ci.

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  • NICOLE DE NICOMAQUE // 20.12.2019 à 23h25

    Au lieu de promouvoir une telle injustice à travers la retraite par capitalisation, la majorité actuelle réussit à le faire en prétendant défendre et améliorer la retraite par répartition. Tout en parachevant l’étatisation de la protection sociale et en dotant le pays d’un mécanisme qui permettrait, en jouant sur la valeur du point, de réduire peu à peu les retraites futures sans avoir besoin de changer les règles du jeu. C’est un exploit qu’il convient de saluer, mais à force de détourner de leur sens les valeurs de la République, cela conduit le pays dans une impasse.  »

    Rédaction : Guillaume Duval ( journaliste ) – Alternatives Économiques – Daniel Goldberg ( Ancien député )

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