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30.juillet.201930.7.2019 // Les Crises

Multilatéralisme en danger… Par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-07-2019

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » nous rappelle fort justement le prix Nobel de littérature, Albert Camus. Depuis plus d’un demi-siècle, les choses ont bien évolué mais dans le mauvais sens. À l’heure de la confusion des genres et des mots, il est de bon ton d’utiliser à satiété quelques mots valise (ceux qui veulent tout et ne rien dire à la fois) pour éviter d’aborder frontalement les véritables débats qui conditionnent la paix et la guerre au XXIe siècle. Parmi ces derniers, deux reviennent de manière pavlovienne dans les conversations des experts autoproclamés, des « toutologues » et dans les dîners en ville : « communauté internationale » et, surtout, « multilatéralisme ». Après avoir posé la problématique de la confusion des termes, nous prendrons deux exemples tirés d’une actualité récente : le G20 d’Osaka et le dernier Conseil européen de Bruxelles.

LA CONFUSION DES TERMES

Le moins que l’on puisse dire est que plus le monde est dangereux1, plus nous vivons dans la confusion des termes couvrant le champ des relations internationales. Arrêtons-nous à deux exemples, ceux de communauté internationale et de multilatéralisme !

La trop fameuse communauté internationale

Le premier terme désigne tous ceux qui partagent votre point de vue. Traditionnellement, les Occidentaux s’assimilent à la « communauté internationale » lorsqu’ils sont confrontés à l’opposition (sous forme de droit de veto des Chinois et des Russes au Conseil de sécurité de l’ONU, à titre d’exemple). Le terme ne possède aucune définition juridique agréée, relevant de la morale à géométrie variable. Son utilisation s’avère bien commode pour discréditer l’adversaire lorsque l’on se trouve à bout d’arguments rationnels. Quand nos folliculaires, membres du clergé médiatique, cesseront-ils, une bonne fois pour toutes, de cesser d’utiliser ce terme sans contenu autre que médiatique ?

Le non moins fameux multilatéralisme

Le second terme peut se définir comme l’attitude politique qui privilégie le règlement multilatéral des problèmes mondiaux. On l’oppose traditionnellement à l’unilatéralisme que l’on associe à la pratique américaine. Dans une attitude impériale, Washington estime être au-dessus du droit, étant par essence le peuple à la destinée manifeste. A contrario, les Américains considèrent que leur droit s’applique à l’extérieur de ses frontières. À titre d’exemples récents, les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le climat, sur le nucléaire iranien, sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI)2et bien d’autres mais aussi d’organisations internationales représentant le diable et s’opposant aux intérêts bien compris de l’Oncle Sam, comme l’UNESCO. Alors que le multilatéralisme subit une crise sans précédent, quelques naïfs européens n’ont de cesse de vanter ses mérites incommensurables. Le président de la République française, Emmanuel Macron excelle dans cet exercice de diplomatie déclamatoire et inefficace. Tous les prétextes sont bons pour s’en prévaloir dans les mots tout en s’en exonérant dans la pratique. Dans un contexte de paralysie de l’ONU, les principaux dirigeants sont contraints de mettre en exergue les vertus du dialogue et de la coopération dans des clubs ou des organisations régionales. Prenons deux exemples récents.

LE G20 D’OSAKA (28-29 JUIN 2019) : LIMITER LES DÉGÂTS

Le G20 d’Osaka, en dépit des superbes photos sur papier glacé restera dans l’Histoire comme celui d’une réunion surréaliste mais aussi inutile en tant qu’instrument informel de régulation des relations internationales.

Un sommet surréaliste

La meilleure formule que nous ayons trouvée pour caractériser cet inutile sommet du G20 d’Osaka est la suivante : un G20 de « lieux communs » plus que de « valeurs communes ». Un G20 marqué par une exacerbation des tensions sur le commerce et le climat bien que les Américains repoussent leurs sanctions contre Pékin3. Donald Trump annonce qu’il veut serrer la main à Kim Jong-un à la frontière entre les deux Corée, c’est ce qu’il fait dès le lendemain. 19 des 20 membres confirment leur engagement d’une « mise en œuvre complète » de l’accord de Paris sur le climat de 2015. Donald Trump fait l’éloge de l’Arabie saoudite du prince MBS. Emmanuel Macron déclare qu’il n’est « pas en froid » avec Donald Trump, qu’il se rendra en Chine en novembre et rencontrera Vladimir Poutine prochainement. Une fois de plus, il fait la leçon à Vladimir Poutine sur la question des valeurs. Force est de constater que plus personne ne croit à ce format, ce barnum du G20.

Un sommet inutile

Dès lors, on peut se demander quel est l’intérêt d’un G20 qui réunit des grandes puissances aussi opposées les unes aux autres que sont les Etats-Unis d’une part, la Russie et la Chine d’autre part, la France tentant de jouer un rôle modérateur mais sans aucune chance sérieuse de se faire écouter vu les faibles moyens dont elle dispose ?4 Quel est l’intérêt d’une structure multilatérale dont le seul objet est de permettre des rencontres bilatérales5 et de limiter les dégâts face à Donald Trump ?6 Drôle d’image d’un multilatéralisme efficace !7

Dans ces conditions, on comprend que le multilatéralisme des clubs est bien mal en point. Faute d’un remède de cheval, le projet du G20 risque de mourir de sa belle mort. Il est vrai que l’union européenne n’est pas au mieux de sa forme dans ce contexte post-élections au Parlement européen. Le dernier Conseil européen à rallonges en fournit un exemple éclairant.

LE CONSEIL EUROPÉEN EXTRAORDINAIRE (30 JUIN-2 JUILLET 2019) : RIEN NE VA PLUS OU PRESQUE

Nous venons d’assister à un spectacle de grand guignol valant son pesant d’or avec Pinocchio dans le rôle du jeune premier confrontée aux tremblements de sœur Angela. L’ivrogne du Grand-Duché est parti sur un coup d’éclat antidémocratique avec son cadeau empoisonné qui a pour nom accord UE-Mercosur. Tout ceci donne une piteuse image de l’Union européenne dans le reste de la planète. Avant cela, Emmanuel Macron avait subi un camouflet dans cette bonne ville de Marseille en dépit du décorum de circonstance.

Un énième psychodrame qui ne résout rien

Alors que l’Union européenne évolue au gré de crises qui sont de plus en plus graves, le machin est paralysé de manière durable. Il ne traite que des questions de procédure et de cuisine interne. Les seules qui présentent un quelconque intérêt pour les États et la bureaucratie omnipotente. Depuis plus de deux mois, la seule question importante qui mobilise ses énergies est celle de la désignation des hauts responsables de la structure8. Ni plus, ni moins. Négociation qui prend l’allure d’une vulgaire bataille de chiffonniers en raison de la politique de la mouche du coche de Jupiter9. Surtout les critères qui président à ces désignations sont surréalistes (équilibres géographiques, équilibres politiques et parité10). Qu’en est-il du critère de compétence ? Comment croire à une Europe du nivellement par le bas alors que les défis auxquels elle est confrontée supposerait de sortir par le haut ? Comment croire à une Europe démocratique respectant la décision souveraine des peuples ?11 Un accord est enfin trouvé le 2 juillet 2019 autour de quatre noms (Ursula von der Leyen12 qui revient de loin13, Christine Lagarde dont la compétence est déjà mise en cause14 et qui apparait très clairement comme une femme sous allégeance15, Charles Michel16 et Josep Borrell17). Nous verrons bien à l’avenir si cela change le fonctionnement de l’Union ou si tout change pour que rien ne change. Quoi qu’en disent nos pseudo-experts, le couple franco-allemand sort particulièrement fragilisé de cette joute inhabituelle et sans merci18. Ce qui est certain, c’est qu’à la fin du compte, c’est Berlin qui gagne la partie19.

La farce de l’accord UE-Mercosur

Surréaliste, c’est bien le mot qui convient alors que le président sortant de la Commission, l’ivrogne luxembourgeois, Jean-Claude Juncker se félicite de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, présenté par ses négociateurs comme « historique »20 et défendu par le secrétaire d’état aux Affaires étrangères21 ; par des détracteurs comme dangereux22. Accord dont son rares ceux qui en connaissent le contenu !23N’aurait-il pas été opportun que la question soit renvoyée à la nouvelle équipe et non accaparée par l’ancienne dont le rôle devrait se borner à expédier les affaires courantes en cette période de transition. Et, l’on s’étonnera de la défiance des citoyens à l’endroit d’une structure apatride qui fait ce qu’elle veut dans son coin. Le mandat, qui lui a été confié par les gouvernements, ne lui donne pas tous les droits surtout lorsque les experts sont dubitatifs sur son contenu24. Les citoyens sont traités comme quantité négligeable.

Une piteuse image de l’Union européenne

Dans ces conditions, on comprend que le multilatéralisme à l’échelon régional est bien mal en point. Faute d’un remède de cheval, le projet européen risque de mourir de sa belle mort. Il aura fallu deux ans à Emmanuel Macron pour découvrir que « nous donnons une image de l’Europe qui n’est pas sérieuse » et que l’organisation était victime des égoïsmes nationaux en raison de l’échec des négociations sur l’attribution des postes clés. Que dire des députés européens du Brexit Party de Nigel Farage qui ont tourné le dos, le 2 juillet 2019, pendant que retentissait l’hymne européen dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, lors de sa session inaugurale !

Un nouveau camouflet pour Jupiter-Pinocchio

Pour mémoire, rappelons qu’Emmanuel Macron est le seul chef d’État à participer au « Sommet des deux Rives » à Marseille (24-25 juin 2019)25. Encore un bel exemple de multilatéralisme qui ne fonctionne pas ! Mais, par chance, à défaut d’intelligence humaine, l’intelligence artificielle (ia) trouvera la solution idoine à tous ces problèmes de gouvernance internationale si tant est qu’elle ait un réel contenu26.

« La diplomatie a du mal à exister là où le rapport de forces est trop déséquilibré, ou au contraire lorsqu’un trop grand équilibre assure la perpétuation du statu quo. On peut soutenir qu’elle se déploie vraiment que dans les périodes d’entre-deux, d’équilibre imparfait ou même d’équilibre des déséquilibres »27. Et, nous pourrions ajouter après le terme de « diplomatie » celui de « multilatérale » pour caractériser ce moment de bascule du monde28.

C’est une évidence qui crève les yeux, nous sommes confrontés à une grave crise du multilatéralisme29. Cet affaissement du multilatéralisme doit être appréhendé dans un contexte de retour de la puissance et de la force. Cet affaissement du multilatéralisme doit être appréhendé dans un contexte de retour des nations.

Cet affaissement du multilatéralisme doit être appréhendé dans un contexte de rapport malsain du pouvoir à la vérité. « Oyez, oyez, braves gens ! Les seules Fake News qui soient tolérées sont celles approuvées par le pouvoir. Contre les autres, on va faire une loi »30. Cessons de nous payer des mots à propos du multilatéralisme comme le font « experts » français31 ou anglo-saxons32 comme s’ils voulaient conjurer le sort ! À trop reculer l’échéance de l’administration d’un remède lourd, le malade « multilatéralisme » risque de passer de vie à trépas. Telles sont quelques-unes des considérations que l’on peut s’autoriser à propos d’un multilatéralisme aujourd’hui inefficace pour relever les défis du XXIe siècle !

Guillaume Berlat
8 juillet 2019

1 Maurin Picard, François Delattre : « Dans ce monde dangereux, la France parle à tous », Le Figaro, 27 juin 2019, p. 16.
2 Jacques-Hubert Rodier/Nicolas Rauline, Nucléaire : Washington et Moscou se rapprochent d’une nouvelle guerre froide, Les Echos, 4 février 2019, p. 6.
3 Anne Cheyvialle/Fabrice Nodé-Langlois, Le duel entre Trump et Xi éclipse la réunion du G20, Le Figaro économie, 27 juin 2019, pp. 18-19.
4 Jean-Paul Baquiast, Réunion du G20 à Osaka les 28 et 29 juin 2019, Blog : pour une Europe puissance, www.mediapart.fr , 30 juin 2019.
5 Brice Pedroletti/Arnaud Leparmentier, Trump en position de force face à Xi au G20, Le Monde, 28 juin 2019, p. 2.
6 Philippe Mesmer/Brice Pedroletti, Le G20 limite les dégâts face à Donald Trump, Le Monde, 30 juin-1er juillet 2019, pp. 2-3.
7 Martine Orange, Au G20, le visage grimaçant du monde, www.mediapart.fr , 1er juillet 2019.
8 Anne Rovan, UE : les postes clés au cœur du nouveau sommet, Le Figaro, 29-30 juin 2019, p. 7.
9 Cécile Ducourtieux/Cédric Piétralunga/Jean-Pierre Stroobants, À Bruxelles, des nominations au forceps, Le Monde, 2 juillet 2019, p. 2.
10 Cécile Ducourtieux/Jean-Pierre Stroobants, Deux femmes de pouvoir à la tête de l’Europe, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 2.
11 Ludovic Lamant/Amélie Poinssot, Au Parlement européen, chaque groupe a ses incohérences, www.mediapart.fr , 1er juillet 2019.
12 Thomas Wieder, Ursula von der Leyen, la fidèle d’Angela Merkel, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 2.
13 Thomas Schnee, Commission européenne : von der Leyen, la candidate que l’on croyait plombée, www.mediapart.fr , 3 juillet 2019.
14 Éric Albert, Christine Lagarde, un choix controversé pour la Banque centrale européenne, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 5.
15 Martine Orange, Christine Lagarde à la BCE : une femme sous allégeance, www.mediapart.fr , 3 juillet 2019.
16 Charles Michel, Profil, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 4.
17 Sandrine Morel, Le socialiste espagnol Borell à la tête de la diplomatie, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 4.
18 Jean-Pierre Stroobants/Cédric Pietralunga/Thomas Wieder, Le duo Paris-Berlin à la manœuvre malgré tout, Le Monde, 4 juillet 2019, p. 3.
19 Ludovic Lamant, Mercato des dirigeants de l’UE : à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne, www.mediapat.fr , 3 juillet 2019.
20 Cécile Ducourtieux, Commerce : un accord Mercosur-UE historique, Le Monde, Économie & Entreprise, 30 juin-1er juillet 2019, p. 16.
21 Rémi Barroux/Olivier Faye (propos recueillis par), Jean-Baptiste Lemoyne : « Les accords doivent promouvoir le libre-échange », Le Monde, 3 juillet 2019, p. 7.
22 Léonor Hubaut, L’accord EU-Mercosur suscite déjà la polémique, Le Figaro économie, 1er juillet 2019, p. 25.
23 J.-L. P., UE-Mercosur : volaille aïe aïe aïe !, Le Canard enchaîné, 3 juillet 2019, p. 8.
24 Nicolas Hulot, « Il y a des textes que l’on ne peut plus signer », Le Monde, 2 juillet 2019, p. 8.
25 Arthur Berdah, Méditerranée : Macron seul au sommet, Le Figaro, 25 juin 2019, p. 8.
26 Luc Julia, L’intelligence artificielle n’existe pas, First éditions, 2019.
27 Michel Duclos, La longue nuit syrienne, éditions de l’Observatoire, p. 192.
28 Laure Mandeville, Dans un monde qui bascule, penser le grand retour des nations, Le Figaro, 28 juin 2019, p. 14.
29 Guy Rider (directeur général de l’OIT), « Des menaces pèsent sur le multilatéralisme », Le Monde, Économie & Entreprise, 4 juillet 2019, p. 14.
30 Pierre Sassier, Le rapport malsain du pouvoir à la vérité, Le Blog de Pierre Sassier, www.mediapart.fr , 30 juin 2019.
31 Franck Petiteville, Le multilatéralisme survivra à Trump, Le Monde, 27 juin 2019, p. 21.
32 Gayle Smith, « Préserver le multilatéralisme est devenu un défi », Le Monde, 30 juin-1er juillet 2019, p. 23.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-07-2019

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Commentaire recommandé

Shock // 30.07.2019 à 07h58

“Dans une attitude impériale, Washington estime être au-dessus du droit, étant par essence le peuple à la destinée manifeste.”

C’est même pis que ça, ils estiment qu’ils SONT LE DROIT.

“A contrario, les Américains considèrent que leur droit s’applique à l’extérieur de ses frontières.”

Pourquoi “a contrario”? Le propre de l’impérialisme est d’appliquer “leur droit” à tout l’empire et à agresser tout pays qui ose s’opposer à leur messianisme. Ne jamais oublier la dimension religieuse de cette folie.

13 réactions et commentaires

  • Shock // 30.07.2019 à 07h58

    “Dans une attitude impériale, Washington estime être au-dessus du droit, étant par essence le peuple à la destinée manifeste.”

    C’est même pis que ça, ils estiment qu’ils SONT LE DROIT.

    “A contrario, les Américains considèrent que leur droit s’applique à l’extérieur de ses frontières.”

    Pourquoi “a contrario”? Le propre de l’impérialisme est d’appliquer “leur droit” à tout l’empire et à agresser tout pays qui ose s’opposer à leur messianisme. Ne jamais oublier la dimension religieuse de cette folie.

      +24

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  • Calal // 30.07.2019 à 08h35

    De nombreux chefs d’États “importants” se rencontrent actuellement. Dans le contexte de crise actuelle avec l’iran, cette multiplication de rencontres réelles,sans intermédiaire “deep state”, sans possibilité s d’espionnage électronique des conversations directes de dirigeant a dirigeant, sont un symptôme de la nouvelle guerre froide aka ” le multipolarisme”

    Merci a poutine et aux chinois d’avoir mis un terme a la dérivé impérialiste de la finance occidentale.

      +8

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  • Daniel // 30.07.2019 à 08h41

    D’accord avec l’article mais uniquement pour la partie occidentale du monde (Royaume Uni, USA et UE).
    Dans le reste du monde, il y a un réel contexte de Multilatéralisme (mené en premier par la Chine et la Russie, puis suivi par les BRICS de fait et par ce qui s’appelait auparavant les pays non alignés.)

    Pour renouer avec le multilatéralisme, il faut des projets partagés : les Nouvelles Routes de la Soie fixe un cadre pour cela et déjà plus de 100 pays sont dans cette dynamique (dont Italie, Luxembourg, Suisse pour ne parler que des voisins de la France), et comme autre type de projet, il pourrait y avoir le spatial (au vu des 50 ans du petit pas sur la Lune), qui est par nature “au dessus” des Nations ?

      +9

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  • Duracuir // 30.07.2019 à 08h50

    Multilateralisme ???? Jamais vu mon général. J’ai connu le bilateralisme jusqu’à1991 puis l’unilateralisme impérial US depuis. Rien d’autre. La Russie rue dans les brancards depuis Poutine et ruera jusqu’à la fin de Poutine( Sam sait être patient). La Chine joue des coudes. Comme disait Vian:” faut qu’ça saiiiiiigneux”.

      +6

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    • Kokoba // 30.07.2019 à 09h24

      Exact.
      Ce fameux multilatéralisme n’a jamais existé.

      Par contre, lorsque Poutine ne sera plus là, je ne suis pas sur que cela sera obligatoirement une bonne nouvelle pour les US.
      N’oublions pas que Poutine est un modéré (malgré ce que hurlent nos médias).
      En fonction de son remplaçant, il pourrait y avoir beaucoup de dégats.

        +21

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      • Duracuir // 30.07.2019 à 09h50

        Poutine est certes un modéré, mais les “occidentalistes” au sein du gouvernement Russe de l’appareil d’état et de l’oligarchie sont très nombreux et puissants. Ils seront soutenus par toute la puissance de la finance internationale et des puissances occidentales. ça fait beaucoup. Comme dans les années 90, les récalcitrants seront soit achetés soit, au mieux, marginalisés, ringardisés, au pire, emprisonnés pour “corruption” selon un schéma désormais connu ou carrément abattus par des “maffieux”.
        Le peuple? Déjà qu’en occident on s’en fout de l’avis du peuple, alors en Russie… l’Histoire démontre que dans ce pays, l’avis du peuple…. Tsars, révolution, putsch bolchévique(moins de 10% aux élections précédent le coup d’état d’Octobre) , re-putsch stalinien, déstalinisation autoritaire, destruction de l’URSS par des apparatchiks vendus, abominable “thérapie” ultra-libérale, vente du pays à l’encan. La parenthèse poutinienne, comme celle de de Gaulle en France se refermera. Les rats, les chacals et les vautours attendent leur heure.
        Il n’y aura pas de guerre avec les Russes. La pression se maintiendra jusqu’à la fin de Poutine pour offrir la “détente” et la “paix” aux usurpateurs qui suivront.
        Raison pour laquelle la Chine ne s’investit pas à 100% dans une alliance stratégique avec la Russie. Elle sait trop bien les risques de renversement d’une telle alliance dés que Poutine ne sera plus là.

          +8

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        • Kokoba // 30.07.2019 à 14h55

          Le scénario que vous décrivez est malheureusement très possible.
          On en a eu un aperçu avec l’ère Eltsine.

          Mais ce n’est pas la seule possibilité.
          Après tout, l’histoire n’est pas écrite.

          D’abord, je suis sur que Poutine est très conscient de tout cela.
          Il va donc préparer son “après” avec beaucoup de soin.
          Est-ce que cela peut aller jusqu’à une candidature à vie ?
          Je ne pense pas, çà n’a pas l’air d’être le caractère de Poutine.
          Il cherchera plutot une solution à la Medvedev.

          Ensuite, les US ont recommencé à considérer la Russie comme le grand ennemi.
          Comment réussir une révolution colorée en Russie maintenant ?
          Il ne doit plus rester grand monde pour vouloir un rattachement de la Russie à l’occident.
          Et est-qu’un politique pro-occidental est capable de conquérir le pouvoir ?

          De l’autre coté, il y a les partisans d’une ligne beaucoup plus dure.
          Est-ce qu’ils sont en mesure de récupérer le pouvoir ?

          Au final, je manque vraiment d’information sur la vie politique intérieure en Russie.
          J’aimerai bien un article de Sapir là-dessus.

            +4

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          • Catalina // 30.07.2019 à 18h52

            Bonjour,
            Un essai vient d’être renouvelé en Russie en vue d’une révolution de couleur, dans cette horrible dictature, aucune personne n’a été éborgnée ni mutilée ni tuée…
            Apparemment, la politique est de chercher l’orgine de cette “révolution colorée” en faisant des enquêtes sur les petits jeunots qui en sont à l’origine, quelques leaders-agitateurs, une partie des Russes pensent que Soros finance…
            Il est vrai qu’à Moscou, pendant mon séjour, quelques jeunes étaient trés pro-américains, certains médias appartiennent, comme chez nous à des apatrides qui n’ont pas digéré de ne plus pouvoir vendre le pays au plus offrant. J’ai vu une photo très rigolote où navalny, saisit par les forces de l’ordre disait “mais, nous ne sommes pas à Paris” alors même qu’il ne se faisait même pas matraquer.

              +4

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            • moshedayan // 31.07.2019 à 13h52

              Je suis russophone, mais pas russe, juste “russifié” comme me disent des amis. La Russie a connu une guerre civile de 1918 à 1921. Moscou n’étant pas toute la Russie, que dire ? A ce que vous dites, j’ajouterai cela : en Province, il y a maintenant de nombreux oligarques -petits et moyens qui s’en sortent très bien et plus calmement que sous Yeltsine. Ceux-là n’ont pas vraiment envie de “vendre leur pays” aux US. Ils préfèrent la stabilité et même certains sont liés au secteur d’Etat stabilisé et à l’Armée rouge. Dans le secteur agricole, les sanctions les font vraiment respirer (j’ai entendu de grosses inepties sur “l’aspect artificiel” de la croissance de l’agro-alimentaire en Russie, les Occidentaux se rassurent sur du vent…) La Slovaquie est intelligemment “chouchoutée” pour les sanctions de réciprocité dans l’agro-alimentaire et malgré ce ses exportations baissent sur plusieurs produits…http://russian-trade.com/reports-and-reviews/2019-02/torgovlya-mezhdu-rossiey-i-slovakiey-v-2018-g/
              Et les agriculteurs slovaques sont inquiets sur la possibilité de reprise avec la Russie ; ils misent sur des coopérations techniques.
              Pour le reste, vous êtes juges…

                +3

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      • RGT // 31.07.2019 à 20h17

        A mon avis (qui n’est que celui d’un humble spectateur), je pense que Poutine a déjà choisi son successeur en la personne de Sergueï Choigu.

        Modéré (mais attaché à son pays et à sa population), intelligent et tout à fait capable de prendre la succession de Poutine en maintenant le cap.

        Il est sans aucun doute le mieux placé pour défendre les intérêts de son pays et de le protéger, comme le fait actuellement Poutine, des charognards qui louchent sur le magnifique repas que représente la Russie.

        Il y a aussi Sergueï Glazyev, mais qui est plus jeune et qui est très proche de Poutine.
        Il est le conseiller économique de Poutine et il a grandement participé au redressement de la Russie.

        Ce sont là les deux principaux successeurs de Poutine que je connais et je pense qu’ils ont de grandes chances de lui succéder, mais pas à la “Staline” : Ils sont bien trop intelligents et surtout uniquement motivés par la sauvegarde de leur pays et de son peuple.

        A mon avis, la Russie ne retournera pas vers l’ère Eltsine car les russes, malgré ce que nous racontent nos “médias objectifs” et nos “élites omniscientes”, se souviennent très bien de ce qu’ils ont vécu et ne veulent SURTOUT pas que ça recommence.
        Ils préféreraient voter pour le parti communiste (principal parti d’opposition à Poutine il faut le rappeler, mais qui a mis beaucoup d’eau dans sa vodka et a beaucoup évolué) que pour un oligarque corrompu à la botte de le finance internationale.
        Sauf éventuellement un coup d’état, mais dans ce cas, l’armée et la population se révolteront et ça se terminera rapidement, dans un bain de sang ou pas.

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        • Henry la Braise // 02.08.2019 à 23h27

          Sergueï Choigu est un Mongol, comment pouvez-vous imaginer un seul instant qu’il présidera la Fédération de Russie ? Avez-vous seulement connaissance des relations extrêmement conflictuelles entre les peuples asiatiques des steppes et les Russes ?

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  • David510 // 30.07.2019 à 11h48

    Le multilateralisme est plus une notion economique que politique, a mes yeux. C’est l’essence meme de la mondialisation et de ses Traites a plusieurs, typiques de l’OMC ou de l’UE, impliquant une adhesion automatique a toutes les clauses, meme celles manifestement contre l’interet d’un pays, et deniant toute formalisation democratique telqu’un referendum populaire.

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    • Jean // 30.07.2019 à 15h34

      Le multilatéralisme c’est prendre en considération le point de vue de chacun afin de trouver un compromis acceptable par tous. L’UE pourrait prétendre au multilatéralisme si, dans les faits, toutes ses décisions n’étaient pas subordonnées aux intérêts de l’Allemagne. La France pourrait aussi prétendre au multilatéralisme si les journaux ne racontaient pas tous la même chose, si nous avions d’autres perspectives économiques que le néolibéralisme et sa croissance infini… car pour pouvoir prendre en compte un point de vue différent, encore faut-il en avoir eu connaissance.

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