L’excellent site Numerama publie aujourd’hui la lettre ouverte du créateur d’Islamic-News.info, censuré par le gouvernement.

Ceci n’implique évidemment aucun soutien de fond aux propos du site, mais seulement à un principe de forme : la liberté d’expression (Charlie toutçatoutça) ne peut être limitée que par la loi, et seul un juge peut déterminer si la loi a été respectée ou non.

Cette affaire montre donc les problèmes soulevés par la loi de 2014, largement dénoncée à l’époque, en particulier sur ce site.

Depuis le début de semaine et l’annonce du blocage du site Islamic-News sur ordre du ministère de l’intérieur, Numerama s’interroge sur la réalité de l’accusation qui vaut au média d’être bloqué pour apologie du terrorisme. Même la presse la mieux informée ne fournit pas d’explication à ce qui pourrait bien être un abus de pouvoir portant atteinte à la liberté d’expression. Un sentiment renforcé par la longue lettre ouverte communiquée en exclusivité à Numerama par le créateur d’Islamic-News.info, et que nous avons choisie de publier telle qu’elle, sans en changer une virgule.

Quelle réponse donner au blocage administratif décidé par le gouvernement français ? Dois-je me lancer dans une diatribe stérile contre cet Etat qui se veut le défenseur de la liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’insulter le christianisme et l’islam mais place les verrous lorsqu’il s’agit de s’opposer à sa politique extérieure ? Le choix a été vite fait : je laisse tomber un combat perdu d’avance tout en contestant fermement les accusations. Mais je n’abandonne pas pour autant mon esprit critique.

Pour que mon message soit le plus clair possible, je vais l’articuler en plusieurs points. D’abord lever le voile sur islamic-news.info, ensuite expliquer en quoi la censure est politique.

Le projet Islamic-News

Le site islamic-news.info a été fondé en mai 2013. Je l’ai créé quelques mois après ma sortie de l’université, mon diplôme de droit international public, diplomatique et consulaire en poche. Si j’utilise la première personne pour écrire, ce n’est pas pour rien. Islamic-News.info repose depuis le tout début sur une seule personne. J’ai écrit moi-même la totalité des articles, du premier jusqu’au dernier. Je suis donc le seul responsable et le seul à qui parler pour évoquer islamic-news.info. Aucun groupe, aucune organisation, aucun mouvement n’est derrière le site. Cette précision a toute son importance car elle démontre le mensonge de Bernard Cazeneuve.

En effet, dans un article de FranceTVinfo, Bernard Cazeneuse revenait sur les censures mises en place et déclarait : « Les cinq premiers sites (dont Islamic-news.info – c’est moi qui cite) sont tous animés par des groupes répertoriés par les services de renseignement et font tous l’apologie du terrorisme. »

Et non monsieur Cazeneuve, aucun groupe n’animait le site islamic-news.info. Aucun groupe ni organisation proche de l’Etat islamique ou d’Al-Qaïda ne l’animait, ni ne le finançait. Le site était dirigé par un seul homme, qui vit en Europe et qui est inscrit légalement sur les registres d’OVH et qui paie avec son propre compte en banque le serveur qu’il loue auprès du numéro 1 français. Aucun cryptage de données n’est utilisé, aucune combine, absolument rien, tout est transparent car il n y a rien à cacher. Je n’avais besoin que de 50 euros par mois pour faire tourner le site et lui donner une allure professionnelle, avec un certain succès d’ailleurs. Des journalistes professionnels m’ont même contacté pour me proposer des articles. Un photojournaliste palestinien de Gaza m’avait offert ses services lors de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, durant l’été 2014. Le nouvel Observateur a cité l’un de mes articles comme source dans la rédaction de l’un de ses billets sur la Syrie. Wikipedia a indexé plusieurs de mes articles comme « références sérieuses ». Bref, pendant près de 2 années, il n y a avait rien à redire. Personne ne trouvait le moindre argument pour démontrer notre illégalité. En 2 ans, j’ai attiré près d’un million de visiteurs uniques. Aucun n’a jamais trouvé élément à contester.

La pertinence des accusations de l’Etat français :

1. Site qui provoque au terrorisme :

Dois-je rire ou pleurer ! Imaginez-vous deux secondes. Un site internet créé en Europe, hébergé en Europe, financé en utilisant mes coordonnées bancaires officielles, avec ma carte d’identité à disposition de l’hébergeur, bref un site totalement transparent qui inciterait ou provoquerait à des actes de terrorisme. Je ne suis pas spécialiste du droit français, mais je sais ce qu’est la provocation au terrorisme, même s’il est difficile de déterminer les limites juridiques du concept. L’incitation ou la provocation au terrorisme n’a aucun sens pour moi, aucun intérêt. Je suis convaincu que mille mots sont plus efficaces que tout acte de violence. C’est ma conviction personnelle. Je n’ai pas étudié 5 années dans l’une des meilleures universitaires européennes pour en sortir « radicalisé » et « assoiffé de sang ». La meilleure manière de prouver cela est de citer un article que j’ai écrit début 2014. J’avais vivement dénoncé les propos d’un combattant en Syrie qui encourageait à commettre des attentats en Europe. J’avais souligné le danger de ce genre de message et ses conséquences néfastes sur la population musulmane en Europe, qui n’a vraiment pas besoin de ça en ces moments. Et cet article je l’ai écrit par conviction personnelle. Bref, appeler les lecteurs à commettre des attentats est impensable, cela dépasse tout bon sens.

2. Le site fait l’apologie du terrorisme :

L’apologie du terrorisme c’est d’abord et avant tout la volonté de montrer « sous un jour favorable » des actes de terrorisme, de les présenter comme « légitimes », voire « nécessaires ». En résumé, c’est défendre les actes de terrorisme commis et se féliciter de leur survenance. Rien, absolument rien, dans ce que j’ai écrit ne fait passer les actes terroristes sous un jour favorable ni ne les légitime. Et puis de quels actes de terrorisme parle-t-on ? Je n’ai pas écrit un mot sur la tuerie de Charlie Hebdo, pas un mot sur les décapitations de l’Etat islamique, pas un mot sur le jordanien brûlé vivant, pas un mot sur les soldats alaouites et chiites massacrés. Bref, j’ai sciemment évité les sujets polémiques qui pourraient être mal interprétés.

En outre, et contrairement à ce qu’avance le ministre de l’intérieur, je n’ai jamais diffusé la moindre vidéo de l’Etat islamique sur mon site. Je ne suis pas idiot. Si je publiai leurs vidéos officielles, je me ferai complice de sa diffusion. Serais-je inconscient à ce point ? Je sais distinguer le légal de l’illégal et je sais où s’arrête la liberté d’expression.

J’aimerai également attirer votre attention sur l’un des articles les plus influents que j’ai écrit. J’avais abordé la question des jeunes européens qui s’engageaient en Syrie pour mener le djihad. J’avais fait un appel public pour qu’ils n’aillent pas se faire tuer pour rien en Syrie dans une guerre qu’ils ne comprennent pas. Mais je ne leur ai pas conseillé d’oublier la Syrie. Au contraire, je leur ai rappelé que 10 millions de réfugiés syriens crèvent de faim et qu’ils feraient mieux d’aider ces réfugiés en récoltant des dons, par exemple, car ce sont eux qui ont le plus besoin de leur aide et non pas les militants de l’Etat islamique. Je crois fermement que les jeunes européens n’ont pas à s’engager militairement en Syrie. Je l’ai écrit, non pas pour faire plaisir aux autorités, mais simplement parce que c’est ma conviction profonde.

Mais alors sur quoi le gouvernement français a-t-il fondé son blocage ? Je pense que la raison est politique. Ma position peut choquer à partir du moment où je vise davantage les opposants de l’Etat islamique plutôt que lui-même. Le fait que je ne critique pas ce groupe constitue pour certain un indice de soutien. Mais cela reste une supposition. D’abord parce que l’Etat islamique n’a certainement pas besoin de moi pour leur propagande. Qu’il se débrouille tout seul, je ne suis pas prêt à me sacrifier pour lui. Et puis je considère que le principal danger en Syrie et en Irak ce n’est pas cette organisation mais c’est l’ingérence iranienne chiite qui profite du chaos pour répandre son influence. Les dirigeants occidentaux sont complices de cette ingérence mais elle les arrange volontiers puisque les Iraniens sont les seuls à accepter d’envoyer des soldats affronter au sol les hommes de l’EI. Que l’on se comprenne bien. L’Etat islamique constitue une menace certaine pour l’occident mais, selon moi, elle n’est rien comparée à l’Iran. En ressort de mes articles une charge sévère contre les chiites iraniens, contre les Kurdes, mais également contre la coalition occidentale en Syrie et en Irak. Autrement dit, je suis davantage « anti » que « pro ». Pour l’Etat français, « les ennemis de mes amis sont mes ennemis », visiblement.

Le journaliste David Thompson m’accuse d’être favorable aux djihadistes qui combattent en Syrie et en Irak. En fait, ma position de départ est simple : je suis radicalement opposé à Bachar al-Assad. Et comme dit plus haut, je suis davantage « anti » que « pro ». Mon opposition viscérale anti-Bachar laisse entendre un soutien à ses opposants, ce qui n’est pas nécessairement vrai. Je m’attaque uniquement à Bachar, et non pas à ses opposants.

Je pense donc que j’ai payé mon engagement politique à la fois contre l’interventionnisme militaire arabo-occidental et chiite dans la région et contre les groupes armés soutenus par les acteurs précités. Ce qui a fait dire au Monde que je suis contre la « propagande chiito-occidentale ». Absolument, je me décris comme un opposant de la propagande chiito-occidentale et il me semble que cela est mon droit de l’être, quitte à ulcérer certains. Être contre cette propagande n’est pas illégal. C’est même la règle du jeu. Cela ne signifie pas non plus un anti-occidentalisme primaire. Les va-t’en guerre aux commandes des Etats occidentaux ne représentent pas l’occident dans sa globalité.

Je suis parfaitement conscients que mes articles ont pu déranger voire même choquer mais il y a une exagération dans ce blocage. Savez-vous qu’il existe des sites qui diffusent du contenu de l’Etat islamique et qui sont toujours libre d’accès en France ? On dira qu’ils sont maintenus ouverts pour les surveiller. Mais je pense que cela cache surtout une autre réalité : l’Etat français ne peut pas s’attaquer aux gros sites par un simple blocage administratif. Il sera pointé du doigt par tout le monde et sera attaqué en justice par les hébergeurs. Mais en revanche bloquer un petit site comme le mien, il l’a fait directement car il savait pertinemment que personne ne s’en rendra vraiment compte et que je n’aurai pas les moyens de leur tenir tête. De plus, personne ne s’indignera. Il a eu raison.

Comme dit en préambule, islamic-news.info c’est fini. Le mal est déjà fait. L’étiquette du « terrorisme » a été déposée et personne ne pourra l’enlever même pas la décision d’un juge. La page Facebook a été supprimée sans aucune raison. Mon compte Facebook personnel est vide, je n’ai jamais rien publié et pourtant il a été supprimé. J’ai fait un appel auprès de Facebook. J’attends leur réponse.

Pour finir, un aspect technique. Le site n’est pas supprimé. Le serveur est simplement down car je n’ai pas réglé à temps la facture. Aussi simple que cela.

Source : Numérama

Quand Le Monde explique pourquoi 5 sites sont bloqués

Ah, Le Monde, toute une histoire…

Le Monde constate que 5 sites ont été bloqués, mais n’a obtenu des explications que pour quatre d’entre eux. Le cinquième est-il censuré uniquement parce qu’il est un “média de contre-information anti-kurde”, selon les termes du quotidien ?

Doit-on considérer comme un fait acquis que les cinq sites internet dont le ministère de l’intérieur a ordonné le blocage sont effectivement des sites “dont le contenu provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme“, comme l’affirme la page officielle vers laquelle sont redirigés leurs visiteurs ? En l’absence d’ordonnance publique ou de jugement sur lequel apparaîtraient les motifs de la décision, l’internaute en est réduit soit à faire confiance aux services de police sur la qualité de leur jugement, soit à vérifier par eux-mêmes en contournant le blocage. Soit à faire confiance aux médias qui tentent de comprendre pourquoi un site de presse est censuré sur ordre de la police française, fut-ce un média islamique engagé.

Par souci d’exercer le rôle de contre-pouvoir reconnu à la presse en démocratie, Numerama a tenté de comprendre pourquoi Islamic-News.info figurait parmi les sites censurés. Mais nous n’avons rien trouvé de probant sur la prétendue apologie d’actes de terrorisme, ni dans les archives publiques du site internet, ni sur la page Facebook censurée à son tour.

Hélas, et à notre grand étonnement, il semble que nous soyons à peu près les seuls à nous préoccuper d’une éventuelle censure abusive, qui confirmerait nos craintes sur les dérives du dispositif placé dans les mains de l’administration au mépris de la séparation des pouvoirs, et en l’absence de toute validation par le Conseil constitutionnel.

Ce mardi, Le Monde apporte des bribes d’explication sur le blocage des cinq sites internet (jihadmin.com, mujahida89.wordpress.com, is0lamnation.blogspot.fr, alhayatmedia.wordpress.com et islamic-news.info). Mais il le fait d’une bien étrange manière. Ainsi le quotidien rapporte que les cinq sites sont “deux portails d’audience nationale et internationale (qui) côtoient deux blogs amateurs, dont un déclaré inactif par son auteur depuis début mars, et un média de contre-information anti-kurde“. Ce dernier est bien Islamic-News.info. Mais à la question “que leur reproche le ministère de l’intérieur”, voici la réponse du Monde : “Essentiellement d’héberger du contenu djihadiste. L’un de ces sites publie la traduction d’un discours d’Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique. Deux autres sites permettent de télécharger le magazine d’Al-Qaida, Inspire. Le quatrième relaie des vidéos de propagande de l’EI“. Aucune explication n’est fournie sur le cinquième site censuré.

Il faut espérer que ce ne soit pas uniquement parce qu’il s’agit d’un “média de contre-information anti-kurde“, ce qui serait un cas flagrant de censure politique. Mais hélas, personne à notre connaissance n’a su pour le moment présenter la moindre preuve de ce que Islamic-News.info diffusait effectivement du contenu qui “provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme”.

Faut-il donc fermer les yeux et accepter cette accusation comme un fait établi ?

Voir l'image sur Twitter

Source : Numérama

Islamic-News perd aussi sa page Facebook. Mais pourquoi ?

Ayant été classé par le ministère de l’intérieur parmi une première liste de sites faisant l’apologie du terrorisme, Islamic-News.info a été bloqué par les FAI, sans décision de justice. Mais le média islamique a également perdu son hébergeur OVH, son compte Twitter et sa page Facebook. Sans qu’aucune preuve des accusations ne soit apportée. Un site polémique ? Oui. Choquant ? Probablement. Illégal ? C’est moins sûr.

Il aura donc suffi d’un ordre de la police française, sans passer par l’avis d’un juge indépendant, pour faire disparaître tous les moyens de communication en ligne du site Islamic-News.info, qui disait publier “l’essentiel de l’actualité dans le monde musulman“. Selon nos constatations, la page Facebook du site qui avait réuni plus de 40.000 “j’aime” a été supprimée mardi, alors qu’elle était toujours ouverte (mais inactive) après la décision du ministère de l’intérieur d’exiger le blocage du site d’information islamique, accusé de faire l’apologie d’actes de terrorisme ou de provoquer à des actes de terrorisme (une accusation grave que nous n’avons pas réussi à confirmer).

Auparavant, le compte Twitter et l’hébergement du site sur OVH avaient également été suspendus, les plateformes et intermédiaires techniques craignant certainement d’être accusés de complicité d’apologie du terrorisme s’ils continuaient à fournir à Islamic News les moyens de s’exprimer. Personne ne répond par ailleurs ce mardi à l’adresse e-mail hébergée par Outlook (donc Microsoft), peut-être à son tour désactivée.

Dans les publications que nous avons pu consulter sur la page Facebook d’Islamic News, encore visibles en cache au moment où nous écrivons ces lignes, aucun message ne fait explicitement l’apologie du terrorisme ou appelle les lecteurs à commettre des attentats.

Dans leurs commentaires des conflits arabes, les animateurs du site se montrent sans ambiguïté d’une grande véhémence contre ce qu’ils appellent les “terroristes kurdes” du YPG (Unités de Protection du peuple kurde), qui combattent les forces de l’Etat Islamique, et ils dénoncent “la barbarie de ces criminels racistes envers les civils arabes sunnites“. Le site affiche aussi ses positions pro-palestiniennes et s’en prend donc à Israël, qu’il appelle “l’entité sioniste”, reprenant ainsi une terminologie employée par l’Iran.

CENSURE LÉGALE OU ACTE DE GUERRE ?

Mais même s’il ne condamne pas leurs exactions, jamais dans ce que nous avons pu lire Islamic News n’appelle quiconque à tuer les forces opposées à l’Etat Islamique, et encore moins à abattre des civils. La frontière qui sépare l’opinion politique choquante mais légale, et l’apologie illicite du terrorisme, a-t-elle réellement été franchie par Islamic News ? A cet instant, à notre connaissance, rien ne nous permet de le confirmer.

Or si réellement Islamic News est accusé à tort et ne bénéficie pas de la protection d’un juge (procédure administrative oblige), nous serions là en présence d’une forme moderne de censure politique ordonnée par intérêt stratégique et patriote, et non d’une censure légitime fondée sur l’état de droit. C’est exactement ce que nous avions redouté en écoutant l’ouverture des débats parlementaires sur la loi anti-terrorisme de 2014, où les mots “nous sommes en guerre” avaient été répétés à l’envi pour justifier des mesures d’exception.

Il n’est pas de guerre sans propagande de guerre, où chaque camp défend sa conviction d’être dans celui du bien et de combattre le camp du mal. Il faut mobiliser ses troupes et faire accepter à son peuple les efforts de guerre. Les pertes de libertés en font partie“, avions-nous prévenu. “Il n’est pas non plus de propagande de guerre sans contre-propagande. Il faut répondre avec force à la propagande de l’adversaire. Or au 21ème siècle, cela consiste notamment à contrôler les réseaux sociaux que peut utiliser l’ennemi, et à bloquer l’accès aux sites web qui leur permettent de faire connaître non seulement leurs actes de guerre les plus atroces, mais aussi leurs motivations qui peuvent apporter des nuances que le manichéisme d’une guerre ne saurait tolérer.”

Source : Numérama

10 problèmes posés par la censure d’Islamic-News.info

En ordonnant la censure d’Islam-News.info sur simple décision administrative, le Gouvernement a donné raison à ceux qui craignaient que le dispositif introduit par la loi anti-terrorisme de 2014 soit utilisée abusivement.

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  1. Ce blocage, que nous voulons ciblé et limité au strict nécessaire“, avait promis Bernard Cazeneuve lors de l’ouverture des débats parlementaires le 15 septembre 2014. Mais est-ce vraiment “ciblé et strictement nécessaire” que de bloquer sans jugement contradictoire l’accès à un site internet de presse ainsi accusé de faire l’apologie du terrorisme, ce qu’il dément ? Nos quelques recherches dans le cache de Google ou sur la page Facebook du site n’ont pas permis de trouver de contenus mis en en ligne par Islamic-News qui appelleraient à commettre des actes terroristes ou se féliciteraient d’attentats commis ou projetés.
  2. Cela ne veut pas dire que des contenus illicites n’existent pas, mais la démocratie ne devrait pas imposer de faire confiance à la police sur la qualité de ses propres jugements. La démocratie impose la transparence. Chaque citoyen doit pouvoir vérifier le bien-fondé des décisions prises en son nom, or en l’espèce le blocage n’est pas motivé par la moindre décision publique. Il est affirmé sur la page de redirection que le contenu d’Islamic-News “provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme“, mais sans que le moindre début de preuve soit apporté. Or l’internaute ne peut pas lui-même vérifier, sauf à contourner le blocage qui l’empêche de vérifier le bien-fondé de l’accusation.
  3. Lors des débats parlementaires, le ministre avait affirmé que les sites bloqués seraient des sites dont l’illégalité ne ferait aucun doute. Or l’illégalité de Islamic News ne semble pas être de la première des évidences. C’est bien pour cela que le rôle du juge est primordial, et que l’on craint que ce soit aussi pour cela que le juge est contourné. Garant des libertés, il aurait peut-être jugé que le site exerçait son droit à la liberté d’expression, fut-ce pour proférer des opinions choquantes qui déplaisent au Gouvernement, ou qui sont contraires à ses intérêts stratégiques.
  4. Pour justifier le recours aux ordres de police plutôt qu’à la justice, le Gouvernement avait argué de la nécessité d’aller vite pour contrer la propagande lorsqu’elle apparaissait sur Internet, sans subir la lenteur judiciaire. Mais Islamic News était en ligne depuis 2013. Où était l’urgence de faire fermer ce site en particulier, en se passant y compris d’une procédure de référé, accomplie en quelques jours à peine ?
  5. Rappelons que la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) estime que “l’essence de la démocratie tient à sa capacité à résoudre des problèmes par un débat ouvert” et que “des mesures radicales de nature préventive visant à supprimer la liberté de réunion et d’expression en dehors des cas d’incitation à la violence ou de rejet des principes démocratiques – aussi choquants et inacceptables que peuvent sembler certains points de vue ou termes utilisés aux yeux des autorités, et aussi illégitimes les exigences en question puissent-elles être – desservent la démocratie, voire, souvent, la mettent en péril“. Tout le problème est de savoir si Islamic News incitait effectivement à la violence, ce qui n’est pas publiquement démontré.
  6. Dans son étude d’impact, le Gouvernement justifiait la nécessité d’un blocage administratif par le fait que “la grande majorité des sites faisant l’apologie du terrorisme et provocant à une radicalisation, à l’instar des sites pédopornographiques, sont hébergés à l’étranger“. En l’espèce, Islamic-News était hébergé en France par OVH. L’hébergeur n’a pas été sollicité, faute pour Islamic-News d’avoir signalé publiquement dans des mentions légales qu’il était hébergé chez ce prestataire (ce qui pouvait néanmoins se vérifier très facilement, le ministère de l’intérieur ayant préféré ne pas diligenter la moindre enquête).
  7. Le recours gracieux ou le recours hiérarchique seront réputés rejetés en l’absence de réponse dans les deux mois. Il suffira donc que les services du ministère de l’intérieur gardent le silence pour conserver le blocage sans avoir à s’en expliquer. La seule possibilité pour le site en cause sera d’attendre l’expiration des deux mois pour introduire un recours au fond devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, ou de tenter une procédure de référé-liberté.
  8. Le blocage administratif des sites d’apologie du terrorisme a été imposé dans la loi sans vérification par le Conseil constitutionnel, alors que l’examen de sa jurisprudence ne permet absolument pas de prédire son approbation. S’il a validé le blocage des sites d’images pédophiles sur ordre policier, c’est sur la base d’un constat objectif : la présence d’images pornographiques impliquant des enfants. L’apologie du terrorisme est en revanche un sujet beaucoup plus subjectif, qui impose certainement l’examen judiciaire.
  9. Sur le fond, le blocage du site est un signe de faiblesse de la part de la France, qui n’a pas suffisamment foi dans la force de conviction de ses propres arguments, et se sent obligée à la fois de payer Google pour faire connaître ses arguments, et de censurer les sites de ses adversaires. Or ce n’est certainement pas en démontrant ainsi sa faiblesse que l’on combat le mieux le terrorisme, qui puisera de la force dans cette censure.
  10. En redirigeant les internautes vers une page d’accueil sous son contrôle, le ministère de l’intérieur se donne les moyens de connaître les adresses IP de tous les internautes qui demandent à visiter ces sites, potentiellement au mépris de la liberté d’opinion. Nous attendons des précisions du Gouvernement sur la politique de conservation des données de connexion, et leur éventuelle exploitation.

Source : Numérama

“Nous sommes en guerre”, ou comment légitimer la censure de l’ennemi

Lundi soir lors de l’ouverture des débats sur le projet de loi de lutte contre le terrorisme, qui prévoit notamment la censure sur ordre de l’Etat des sites faisant l’apologie du terrorisme, les députés ont justifié la mesure par l’état de “guerre” dans laquelle la France serait plongée. Ou comment le blocage doit servir à la contre-propagande de guerre.

Nous sommes en guerre“. Lors de la discussion générale à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi de lutte contre le terrorisme présenté par Bernard Cazeneuve, l’expression est revenue lundi soir à de nombreuses reprises, pour justifier les mesures d’atteintes aux libertés prévues par le texte. Si la formule a surtout été prononcée par la droite de l’hémicycle, le gouvernement et la majorité ne l’ont pas contestée, loin s’en faut. Les débats doivent donc reprendre ce mardi soir, dans une inquiétante ambiance belliqueuse de renoncement à nos propres valeurs, signe ultime de la victoire du terrorisme qui, par la peur, parvient à faire reculer les libertés.

Monsieur le ministre, notre pays est en guerre“, entama ainsi le député UMP Eric Ciotti. “Notre pays est en guerre contre le terrorisme et contre l’expression qu’il revêt aujourd’hui : celle du fanatisme religieux et de l’extrémisme, celle qui arbore le visage de l’État islamique. (…) Face à cette situation de guerre, nous devons manifester notre unité“.

Pierre Lellouche (UMP) jugeait en effet la situation similaire à la première guerre mondiale. “Seule s’impose, comme ici même il y a un siècle, l’union sacrée de toute la représentation nationale, de tous les républicains, face à ce qu’il faut bien appeler une guerre. Cette guerre nous est imposée par une frange fanatique du monde musulman“. “Il nous faut prendre conscience que nous n’en sommes qu’au début de cette guerre“, a-t-il même ajouté.

On vient de nous déclarer la guerre. La France, unie autour de son président et de son gouvernement, unie autour de son assemblée, saura y répondre“, promettait à son tour Alain Tourret, député radical du Calvados.

Des formules similaires ont été prononcées par les députés UMP Guillaume Larrivé (“Un ennemi nous a déclaré la guerre. Cet ennemi, il faut le nommer, il faut le regarder pour ce qu’il est, il faut le combattre : c’est l’islamisme radical armé, le djihadisme, qui veut détruire, par la terreur la plus barbare, nos sociétés démocratiques“), Jacques Myard (“La réalité est simple et tragique, comme l’Histoire : nous sommes en guerre“), Thierry Mariani (“La France peut considérer qu’elle est en guerre contre le terrorisme“), ou encore Xavier Bertrand (“Nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, nous sommes en guerre contre le terrorisme djihadiste“).

“SAVOIR SUSPENDRE LES LIBERTES DEMOCRATIQUES”

Ainsi les choses sont claires. Il n’est pas de guerre sans propagande de guerre, où chaque camp défend sa conviction d’être dans celui du bien et de combattre le camp du mal. Il faut mobiliser ses troupes et faire accepter à son peuple les efforts de guerre. Les pertes de libertés en font partie.

Il n’est pas non plus de propagande de guerre sans contre-propagande. Il faut répondre avec force à la propagande de l’adversaire. Or au 21ème siècle, cela consiste notamment à contrôler les réseaux sociaux que peut utiliser l’ennemi, et à bloquer l’accès aux sites web qui leur permettent de faire connaître non seulement leurs actes de guerre les plus atroces, mais aussi leurs motivations qui peuvent apporter des nuances que le manichéisme d’une guerre ne saurait tolérer.

Alain Tourret l’expliquait très bien lundi soir, en convenant qu’il fallait “suspendre des libertés démocratiques” au nom de cette guerre contre les terroristes. “Je n’ai pas dit « supprimer », j’ai dit « suspendre » ! Nous avons su, dans notre histoire, suspendre à un moment donné les libertés démocratiques. Celles-ci, en effet, ne peuvent pas avoir le même contenu en temps de paix et en temps de guerre. Or la guerre nous a été déclarée.”

C’est aussi l’avis de Philippe Goujon (UMP). “Puisque la guerre a lieu aussi sur internet, la responsabilisation des hébergeurs de sites quant aux contenus publiés ainsi que la procédure de blocage prévue par ce projet de loi démontrent qu’internet ne saurait constituer une zone de non-droit (…) Ne laissons subsister aucune faille dans notre arsenal juridique pour gagner la guerre contre le terrorisme et la barbarie“.

C’est le député Alain Marsaud (UMP) qui laissa le plus éclater la franchise, dans un discours qui a gêné jusqu’à son propre camp. Il reprocha au ministre Bernard Cazeneuve d’avoir cherché à expliquer “que vous n’étiez pas en train de vous asseoir sur les libertés individuelles et les libertés publiques“, alors que “ce n’est pas là le procès que nous vous ferons, bien au contraire !“.

Vous m’invitez à m’asseoir sur les libertés pour faire en sorte que la sécurité soit assurée dans notre pays. Tant que ce gouvernement sera en situation de responsabilité et que je serai ministre de l’intérieur, ce ne sera jamais le cas“, lui répondit Bernard Cazeneuve. En ne convaincant que les quelques députés présents dans l’hémicycle.

Source : Numérama, 09/2014

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

49 réponses à “Moi, censuré par la France pour mes opinions politiques”

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 19 mars 2015 à 01h48

La dérive totalitaire de la France (et de l’UERSS) est assez évidente :
– une presse et des merdias désinformant à tours de bras, dans le plus pur style URSS
– surveillance généralisée
– pénaliser l’apologie du terrorisme et permettre le blocage administratif de sites webs “faisant l’apologie du terrorisme”
– appeler “terrorisme” toute forme de contestation : résistance, sortie de l’euro, sortie de l’UERSS, Blockupy, remise en cause de la BCE “indépendante” (des citoyens, pas des oligarques)
– destruction des forces de l’ordre et armées nationales, au profit d’une milice mercenaire Eurogendfor
– false flags réguliers pour entretenir la peur et s’assurer que les gueux demandent un “retour à l’ordre”
– boucs émissaires (Poutine, les musulmans)
– novlangue et inversion du sens des mots
– Vallsollini et ses tremblements de mains style Dr Folamour

  1. boduos Le 19 mars 2015 à 01h44
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    affirmer son autorité,c’est outrepasser la loi ,sinon les magistrats suffiraient à l’ordre social.
    évidemment ce raisonnement est un peu crétin et pourtant…
    .Islamic news est visiblement visé pour l”exemple” pour en intimider d’autres.
    il faut dire que sa main de fatma (qui symbolise l’empreinte sanglante laissée sur la porte de la cathédrale sainte Sophie à Constantinople après le massacre des chrétiens) peut rappeler le poing de la LDJ ou tout autre signe symbolique ostentatoire de combat.
    et dans son militantisme,le choix pour cible prioritaire de Bachar el Assad parmi les “al nostra”,”al quaida “et daesh a de quoi surprendre le démocrate que je suis….
    il n’en reste pas moins que ce site a le droit de s’exprimer dans les limites décrites par son auteur et que dans ces limites il mérite la solidarité du réseau.


    • Gaïa Le 19 mars 2015 à 03h03
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      Si je comprends bien un simple blogueur facilement contrôlable en tout temps, là c’est SUPER DANGEREUX, mais les incitateurs au terrorisme et les terroristes qui sont à Washington et en Israël, eux sont super sympas et ont même inspiré cette loi qui nous sécurise. Et le crétinisme dangereux en France dans tout cela?


    • jmdest62 Le 19 mars 2015 à 08h26
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      Pom , pom , pom , pom…

      “Le condor a pris son envol” je répète “Le condor a pris son envol”
      “Le dromadaire se dirige vers l’oasis” je répète “Le dromadaire se dirige vers l’oasis”

      @+


    • VR6 Le 20 mars 2015 à 12h17
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      “Il ne faut pas se demander comment un tel blocage a pu être possible. Il a été possible puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête sérieuse sur le sujet. Il ne peut pas et il n’y aura jamais de débat sur l’existence de la censure.” Le Monde en 2015.


  2. Kiwixar Le 19 mars 2015 à 01h48
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    La dérive totalitaire de la France (et de l’UERSS) est assez évidente :
    – une presse et des merdias désinformant à tours de bras, dans le plus pur style URSS
    – surveillance généralisée
    – pénaliser l’apologie du terrorisme et permettre le blocage administratif de sites webs “faisant l’apologie du terrorisme”
    – appeler “terrorisme” toute forme de contestation : résistance, sortie de l’euro, sortie de l’UERSS, Blockupy, remise en cause de la BCE “indépendante” (des citoyens, pas des oligarques)
    – destruction des forces de l’ordre et armées nationales, au profit d’une milice mercenaire Eurogendfor
    – false flags réguliers pour entretenir la peur et s’assurer que les gueux demandent un “retour à l’ordre”
    – boucs émissaires (Poutine, les musulmans)
    – novlangue et inversion du sens des mots
    – Vallsollini et ses tremblements de mains style Dr Folamour


    • Bruno Le 19 mars 2015 à 09h15
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      Vous n’y allez pas de main morte.

      Pour developper un peu sur la disparition des forces armees nationales, je considère que la disparition du service MILITAIRE nationale est particulièrement dangereuse et significative.

      Très loin du pathos mille fois entendu sur la nécessite de « brasser les conditions sociales », ou encore de « rétablissement d’une autorité morale », le service militaire, étendu aux femmes, cela va s’en dire, est à mon sens totalement indispensable pour deux raisons : premièrement apprendre à tous les citoyens à manier les armes de guerre et deuxièmement à ne pas laisser l’Armée aux mains des seuls professionnelles qui ont la double mission de faire la guerre a l’extérieur du pays mais aussi, a l’occasion, de tirer sur la population française « en cas de coup dur ».


      • Kiwixar Le 19 mars 2015 à 09h49
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        “Vous n’y allez pas de main morte”

        J’y vais d’autant moins de main morte que j’ai habité dans 4 dictatures (2 militaires, 2 communistes) + l’UERSS. Le totalitarisme “mou” (y compris peut-être bientôt avec des machines à “voter” électroniques) n’est mou que tant que les moutons se laissent faire et se laissent tondre. Le jour où ça commence à râler un peu trop, ça passe en totalitarisme “pas mou” et tout est déjà en place pour emprisonner et tirer dans le tas.

        “l’Armée aux mains des seuls professionnelles qui ont la double mission de faire la guerre a l’extérieur du pays mais aussi, a l’occasion, de tirer sur la population française « en cas de coup dur ».”

        L’armée n’a pas pour mission de tirer sur les citoyens de son pays, et si le militaire a une dispense légale pour tuer des étrangers à l’étranger, il n’en a aucune pour tuer des Français en France. Si on lui donne l’ordre, son devoir est de désobéir, et de débarasser la nation du tyran et des oligarques.


        • ty89 Le 19 mars 2015 à 18h57
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          […]il n’en a aucune pour tuer des Français en France. Si on lui donne l’ordre, son devoir est de désobéir,[…]

          Source?


      • Horzabky Le 19 mars 2015 à 13h15
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        Ah le service militaire… J’ai fait le mien à la fin des années 70, ça remonte à loin.

        Bruno, vos arguments en faveur du service militaire ne résistent pas à l’examen.

        Les pays du Pacte de Varsovie, URSS comprise, avaient un service militaire particulièrement long, et dans les lycées les femmes recevaient une instruction militaire de base (maniement d’arme, etc). En Yougoslavie (pays qui ne faisait pas partie du Pacte de Varsovie) les femmes faisaient même un service militaire de six mois. Je n’ai pas l’impression que le peuple yougoslave ait beaucoup gagné à avoir un service militaire obligatoire pour sa population. Et lorsque le pays a sombré dans la guerre civile, les appelés yougoslaves ont tiré sur leur propre peuple. En supposant, bien sûr, qu’il y ait eu un “peuple yougoslave”, et non pas des Serbes, Bosniaques, Slovènes, etc, réunis dans une entité artificielle.

        L’armée de Bachar Al-Assad est constituée d’appelés du contingent, en majorité sunnites. Ils obéissent à leurs officiers alaouites. Et ils tirent sur ceux que leurs officiers leur désignent comme étant l’ennemi. Un soldat, ça obéit, dans toutes les armées du monde.

        Ce qui me gênait le plus dans le service militaire, c’est qu’il était injuste : un pistonné comme Sarkozy l’a fait dans un bureau à Paris, à deux stations de métro de chez lui. Moi je l’ai fait à la frontière allemande, à 600 km de chez moi. Mes deux frères ne l’ont pas fait, en trichant honteusement, comme la moitié des Français de l’époque. Moi, j’ai perdu un an de salaire à faire le zouave en tenue kaki.

        Parmi les tricheurs qui se sont fait exempter en prétendant être en mauvaise santé chronique : Bernard-Henri Lévy. Il a reconnu à la télévision ne pas avoir fait de service militaire. Mais ça ne le gêne pas du tout, 40 ans plus tard, d’envoyer les autres au casse-pipe…

        Quant à faire faire un service militaire aux femmes… Dans l’armée américaine, une femme sur quatre se fait violer par ses propres compagnons d’armes. Ce sont les statistiques officielles. Si j’avais une fille, je n’aurais pas du tout envie de l’envoyer passer plusieurs mois dans un milieu aussi macho que l’armée.


        • Tunk Le 19 mars 2015 à 16h02
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          Pour avoir moi même été engagé volontaire de 2000 à 2005, dans un régiment d’infanterie, avec une proportion d’environ 5% de femme en compagnie de combat (volontaire elles aussi), je suis en mesure de dire :
          -> oui il y a du sexisme
          -> en effet la présence de femme au milieu d’homme pose encore des problèmes sociologiques (tendance des personnels masculins à sur-protéger les personnels féminin en situation de combat (même si elles font parfois 1m80 et 90kg de muscle))

          MAIS :
          Les sous off de la “génération” précédente étaient pas “juste” sexiste, mais carrément misogyne, et ceux de la génération de mon engagement bien plus respectueux de tous, femmes, roux, homosexuels, musulmans, ou tout autre élément pouvant parfois être cible de discrimination etc.

          De plus, je n’ai jamais subit ou vu faire subir de bizutage, ou de sévices quelconques (qui n’ai aucun lien avec le travail, bien sûr).

          Et depuis que je suis retournés dans le civil, j’ai finalement rencontré plus de comportement déplacé dans la cité que dans une caserne.


    • Merle Le 19 mars 2015 à 11h42
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      Je vous engage à lire l’Archipel du Goulag avant de faire de pareilles comparaisons. J’ai pour ma part pas vraiment l’impression que les musulmans sont bouquémissairisés, on peut faire le ratio “padamalgame/islamophobe” sur nos médias. A vue d’oeil, je dirais un ratio 10 à 15.


    • jp Le 19 mars 2015 à 18h13
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      et des soldats avec famas par groupe de 2 ou 4 accompagnés de flics, dans une petite ville de province ringarde. C’est ce que je vois depuis 2 mois, comme si ça ne suffisait pas d’être filmée chaque fois que je mets le nez hors de chez moi.


  3. naz Le 19 mars 2015 à 02h00
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    Je pense que personne n’a lu son site et qu’on s’en est tenu au titre, car un site anti Assad, anti Iran, l’État français j’en suis sûre, est prêt à le financer. Il faut qu’il change de nom: Sus à Assad et gare à l’Iran, je crois que ça passerait mieux!


    • naz Le 19 mars 2015 à 13h24
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      D’après ce que j’ai compris, ce site aussi, c’est pourquoi je m’étonne du manque de subsides de l’État pour le soutenir!!


      • theuric Le 20 mars 2015 à 00h00
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        Les choses sont infiniment plus combien plus complexes que cela.
        Je vous conseillerais, pour comprendre ce qu’il se passe, d’écarter rapidement tout ce qui peut n’être qu’apparence mais de prendre en compte que les informations, même les plus infimes, en les croisant et en considérant les événements comme dynamiques et non pas statiques.
        Surtout, ce qui importe ce sont les évolutions, des discours notamment et non pas ce qui reste similaire au passé.
        C’est la différence qui fait la différence.


  4. wesson Le 19 mars 2015 à 02h08
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    Et bien pour un coup d’essai c’est un coup de maître. Tout ceci me rappelle la loi sur le fichage ADN.

    Initialement, il était obligatoire pour les violeurs pédophiles récidivistes, et ça avait été vendu comme tel.

    Et, en 2 ans par des modifications de la loi aussi discrète que subtile, c’est devenu obligatoire pour toute personne qui se fait arrêter en gros, y compris pour la fameux délit d’entrave, dont la police use et abuse lors de toute manifestation. Seuls les délinquants financiers sont encore exonérés de fichage ADN je crois.


    • Bruno Le 19 mars 2015 à 09h19
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      Oui…. et c’est un paradoxe, car ces derniers nous crachent tellement a la gueule à longueur de journée que ça ne devrait pas être difficile de récolter leur ADN !!


  5. seb Le 19 mars 2015 à 02h47
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    Désormais, tout le monde va connaitre ces sites qu’auparavant nous ignorions …


    • Loui JULIA Le 19 mars 2015 à 07h28
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      Kiwixar, dans vos exemples, vous pouriez également citer l’Ukraine:
      -interdiction d’accès des journalistes russes aux bureaux de vote lors des élections du Donbass en 2014,
      – arrestation d’une équipe de télévision russe lors d’une manifestation d’extrême-droite à Kiev en 2014,
      – depuis plusieurs mois, refus systématique d’accréditation des journalistes russes lors de la couverture d’événements se déroulant en Ukraine.
      – collaboration inquisitrice par la Grande-Bretagne qui a arrêté et interrogé le journaliste Graham Philipps à son retour dans son pays.
      Pour ce qui est de la désinformation, ou de l’information partisane et unilatérale, bon nombre de médias occidentaux, allemands en particuliers, peuvent aussi être cités, entre autres Die Welt. Je ne lis pas le polonais, mais ça ne doit pas être triste non plus….


      • Loui JULIA Le 19 mars 2015 à 07h33
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        Oups, désolé pour le “r” manquant à ‘pourriez’.


    • purefrancophone Le 19 mars 2015 à 07h41
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      seb;
      Exact !
      Et si il suffit d’être anti-Bachar pour être censuré ? Alors il y a quelques responsables politiques que nous ne devrions plus voir ni entendre !!


      • Albigeois Le 19 mars 2015 à 13h34
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        Vous voulez dire du genre:”Responsable mais pas coupable.”?


  6. Choupinet Le 19 mars 2015 à 05h17
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    Pas étonnant que tout cela débouche sur n’importe quoi.

    Diaboliser Bachar el Assad tous azimuts depuis des années dans toute la presse grand public, et donc donner l’engrais qui nourrira Etat Islamique. Puis se retrouver à censurer un site qui continue de diaboliser Bachar el Assad quand celui-ci est devenu l’obstacle à l’Etat Islamique lui-même né de nos pathologies psychiatriques.

    Woua !

    Un témoignage d’une pensée en complète décrépitude, du même ordre que ‘Faites les tous taire, qu’on entende la liberté d’expression.’

    ______________

    Merde, j’ai encore fait super long. Vous emmerdez pas les gens, lisez pas.

    Quant à cette affaire de se passer de juge, l’aspect budgétaire y est probablement pour beaucoup, même inconsciemment, comme une pollution de l’esprit : les juges sont déjà submergés de toute sorte d’affaires, et entre autre, d’affaires d’immigration illégale. Leur ajouter ces cas de censure les noierait encore plus et interdirait toute action efficace et concrète, par cause de retard, de manque de ressources, etc.

    Même si ça ne s’applique qu’à quelques sites internet dans la réalité.

    La fin des haricots, c’est quand la charrue tire les boeufs, au moins dans la tête de celui qui sème : comme dans la réalité, ça ne marche pas, rien ne poussera.

    = = = = Justice, budget, appauvrissement des esprits = = = =

    Le sous-financement de la Justice est un fait assimilé et ‘normal’ parce “qu’il n’y a pas d’alternative” à la folie néo-libérale. Donc réflexe intellectuel naturel, épargner les ressources publiques (qui ne sont pas des ressources, mais des charges, dans la tête d’un néo-libéral religieux) et dans le cas présent, contourner la Justice.

    Avoir un des budgets judiciaires les plus bas d’Europe pour un pays aussi complexe que le notre, ça a ses conséquences. Conséquence politique immédiate, censurer n’importe comment pour montrer ses muscles, au détriment d’une efficacité désormais inaccessible, et donc au détriment direct de la crédibilité. Un des effets de la perte de réalité, avec l’utilisation croissante des conseillers, sondages et autres intermédiaires aux intérêts et à la bonne foi douteux, qui isolent du monde réel et conduisent à toujours plus de n’importe quoi.

    Tout cela va avec l’appauvrissement de la pensée néo-libérale : on standardise, l’angle économique est le seul réellement considéré, l’angle politique et tous les autres n’étant qu’une perte de temps – parfois inévitable hélas, Ô monde impur – puisque tout le monde est d’accord, du moins parmi les gens “vraiment informés qui savent et qui comprennent”. Les autres sont de braves gens, mais … enfin bon, des gens, quoi, rien à en attendre.

    = = = = Le même problème sous différents aspects = = = =

    Cela sort du même tonneau que l’accroissement des pouvoirs non-élus : pourquoi recourir à des juges devant le peuple, puisque tout ce bazar démocratique n’est que décoratif et empêche de s’occuper des choses sérieuses ?

    Cet aspect budgétaire n’est qu’un aspect du cas, une autre approche du même épuisement des âmes qui voit des ennemis partout. Comme en mathématiques quand un problème est bien posé : il peut être résolu par une infinité de voies, trigo, complexes, fonctions, etc. et arrive au même résultat.

    = = = = La fin d’un monde, prochaine éclosion du suivant encore inconnu = = = =

    Rien d’officiel ni peut-être de défini donc, dans cet aspect budgétaire, mais l’aboutissement factuel d’une démarche fausse. Là, c’est l’économique, mais à la Renaissance di XVè siècle, c’était la religion, et un monde nouveau lui a succédé dans la douleur – en l’occurrence, le monde rationaliste qui a débouché à son tour sur la religion financière.

    L’âme humaine n’a pas encore compris la bêtise des systèmes géants, le besoin d’échelle humaine et de marge de manoeuvre pour l’adaptation aux réalités locales. Un peu comme pour un vêtement, on n’utilise ni les mêmes découpes ni étoffes selon les utilisations, et pourtant, un pantalon reste un pantalon. Ca prendra encore quelques siècles avant que l’humanité comprenne qu’on ne régit pas le monde comme un grand système monolithique, mais comme des entités disparates qui nécessitent un patron flexible avec beaucoup de liberté autour.

    On y est. La perte de réalité a bouclé sa boucle, ça va casser, un autre monde va s’installer, qu débouchera sur sa propre folie en son temps et laissera à son tour sa place (mais la crise actuelle est un peu différente de la Renaissance, en cela qu’elle est si fondamentale qu’elle est du même calibre que la sédentarisation du mésolithique, il y a 12000 ans. Le monde dans lequel nous entrons sera aussi différent du précédent, que le monde sédentaire l’a été du monde nomade. Mais bon, on en reparle dans 10 ans, quand on y verra plus clair pour envisager où on va à terme)

    Ceux qui croient savoir comment sera le monde dans 20 ans sont probablement autant de bonnes occasions de rigoler. Ne vous privez pas, faites vous plaisir. Et si certains s’avèrent avoir raison finalement, ça sera l’occasion de rigoler de nous-mêmes rétrospectivement. Pas de raison de se retenir.

    = = = = Voilà voilà = = = =

    L’effondrement ne sera probablement pas dû à cette affaire-là, qui n’est qu’un symptôme.

    Cette petite fissure est placée à un endroit tel du fondement des sociétés (le bon sens dans la Justice) qu’il indique des fractures et des séismes majeurs sur le point de se manifester, du style l’éclatement de la dette US ou quelque chose du genre. Et en fait, le choc sera probablement sans rapport direct avec notre cas, mais le prolongement naturel de cette petite fissure judiciaire.

    Et probablement l’embrasement combiné de plusieurs grosses crises (la décadence électorale US, la crise ukrainienne, une explosion de trop au Moyen-Orient, un pas décisif dans la dédollarisation du monde. On n’est pas à court, il y a de quoi être créatif) embrasement peut-être lui-même déclenché par une connerie toute petite.


  7. Michel Ickx Le 19 mars 2015 à 06h42
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    Quelqu’un a dit (ma mémoire me fait défaut) à peu près ceci:

    “Les petits gars de Al Nusra ne font pas un si mauvais travail”

    Ne conaissant pas cet organisation j’ai recherché sur Wikipedia:

    http://es.wikipedia.org/wiki/Frente_Al-Nusra

    Je me demande:

    1) Ce groupement est-il terroriste?
    2) Cette phrase est-elle l’apologie d’un groupe terroriste?
    3) L’auteur de la phrase (dont j’ignore le nom….) a-t-il été censuré, sa page Facebook a-t-elle été fermée etc…

    S’il en est ainsi je suis bien heureux que notre grand frère nous protège contre ceux qui font l’apologie du terrorisme


  8. aleksandar Le 19 mars 2015 à 07h37
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    Le pouvoir interdit des sites vraiment djihadistes et glisse dans le lot un ou deux sites anti-israeliens.
    En sachant parfaitement que cette marque d’infamie ” djihadiste” va décourager les animateurs de ces sites.
    Ce genre de manœuvre se reproduira.
    Jusqu’à ce que un “récalcitrant” aille en cours de justice européenne.


    • Un naïf Le 19 mars 2015 à 07h54
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      La cours de justice européenne est l’ultime rempart de la dictature européenne, un machin au service du machin et des oligarques qui nous gouvernent…


  9. FifiBrind_acier Le 19 mars 2015 à 08h02
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    Nos Mamamouchis nous conseillent vivement d’aller voter.

    Mais lors des élections d’ Assad, pas question d’ouvrir des bureaux de vote dans les Ambassades de Syrie en France et en Allemagne pour les ressortissants syriens!

    http://www.liberation.fr/monde/2014/05/12/la-france-et-l-allemagne-interdisent-aux-syriens-de-voter-dans-leurs-ambassades_1015599

    Et les Suisses aussi, ont empêché le vote dans les Ambassades syriennes
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8a22b028-e66d-11e3-9d82-5453eb56d7d0/Les_Syriens_de_France_priv%C3%A9s_de_vote_ceux_de_Suisse_aussi.

    Et les Émirats du Golfe aussi
    http://www.lorientlejour.com/article/869055/les-emirats-interdisent-aux-syriens-de-voter-dans-leurs-ambassades.html


  10. FL Le 19 mars 2015 à 08h08
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    Tremblez braves gens, tremblez de peur, la peur gouverne plus sûrement que le pire des maîtres. La peur bâillonne, la peur rend aveugle, sourd et muet, elle paralyse la pensée, au mieux elle engendre les moutons, au pire elle enfante les monstres…
    “L’œuf du serpent”,
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C5%92uf_du_serpent


  11. NonàladictaturefinancièreUS Le 19 mars 2015 à 08h18
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    moi, je censurerai bien le site de Fourest qui est une incitation à la haine , qui est bourré d’approximations, de mensonges et de n’importe quoi, d’ailleurs.
    Cette femme fait l’apologie de la haine comme d’ailleurs bcp de ses confrères, du coup, à force de transformer la réalité, ils sont reponsables de la haine que les Français subissent.
    En soutenant les nazis de Kiev, Fourest fait pire que les apologistes du terrorisme, elle fait l’apologie du fascisme.


  12. Ardèchoix Le 19 mars 2015 à 08h21
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    Eh ben si l’état français supprime les pages qui font l’apologie de la guerre, y vont pas tarder de me couper la télé ?


  13. Un naïf Le 19 mars 2015 à 09h19
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    Ne pas accepter la surveillance de masse en raison d’une prétendue sécurité !!

    http://www.amnesty.fr/Unfollowme


  14. julie Le 19 mars 2015 à 10h49
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    donc on lui reproche d’être d’accord avec le mae!! qui va même jusqu’à maintenir le leitmotiv des pseudo rebelles qui affirment que daesh est une créature de b al asad. la ligne “danger de l’iran” est celle qui a été suivie tout au long par notre cher ministre!

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministre-les-secretaires-d-etat/laurent-fabius/presse-et-media-21596/article/apres-kobane-sauver-alep-tribune


  15. Sébastien Le 19 mars 2015 à 11h10
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    Censurer un site qui est sur la ligne néo-cons anti-syrienne et anti-iranienne (soit deux des pays résistants à l’Empire du Mac Do) à laquelle est soumis l’Etat “français” depuis Sarkozy, il n’y a que chez nous que vous verrez une imbécilité pareille.
    Ils sont capables de censurer leurs propres sites officiels! Vive la 7ème Compagnie au Clair de la Lune, mon ami Nanard, Prête-moi une souris pour écrire un site…


  16. reneegate Le 19 mars 2015 à 12h43
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    Olivier joue avec nos nerfs. Choisir un tel exemple est pour le moins facétieux. Évidemment un bon démocrate mature doit doit faire fi de ses opinions et accepter que tous puissent s’exprimer.
    L’Etat français est il assez idiot pour sanctionner finalement un partenaire (sunnite et peut être wahabite, anti Assad) ou assez manipulateur pour flinguer un petit pour s’auto légitimer?
    Voilà toujours les mêmes questions : imbécile ou jouant avec 1 coup d’avance?
    Ces sites sont des portails très “cheap” (même pas un hébergement, la plupart sont sur wordpress.com) et me donnent l’impression que ce n’est pas si structuré qu’on veut bien nous le laisser penser. Pas un seul gros poisson.
    Par contre qu’un site comme celui ci soit aussi populaire m’inquiète fortement car dans le fond il défend la même cause que Le Monde, Liberation et il est dans la droite ligne de notre “diplomatie” : ANTI Assad, ANTI Iran.
    Alors l’Etat français se tire des balles dans les pieds?
    OU ce site est vraiment perso, sa fermeture ne froissera personne, n’ayant pas d’autres victime expiatoire ……


  17. Myriam Le 19 mars 2015 à 12h45
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    Vite “Je suis Islamic-News”…..lol


  18. Merle Le 19 mars 2015 à 13h10
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    Apparemment le site Islamic-News s’est amusé a publier un appel au combat du groupe EI.


  19. arthur78 Le 19 mars 2015 à 15h16
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    D’après ce que j’ai compris :

    1) la loi permet à un fonctionnaire de sécurité de faire fermer un site sans passer par un juge
    2) ça se faisait déjà mais hors cadre légal

    Questions :

    1) y a t’il un contrôle a posteriori par un juge ou autre commission indépendante
    2) y a t’il un comptabilité ouverte des sites fermés
    3) y a t’il un document officiel accessible (archive) justifiant le pourquoi de la fermeture

    Questions :

    1) le propriétaire du site fermé fait il l’objet de poursuites
    2) si la logique veut qu’on ferme le site, y a t’il une logique identique interdisant l’ouverture d’un site identique sous un autre nom dans le quart d’heure qui suit la fermeture
    3) puisqu’il s’agit d’une question de sécurité nationale, ne devrait t’on affirmer enfin notre indépendance numérique

    Questions :

    d’après ce que je comprends , la lutte se concentre sur le terroriste de base , qu’il faut de toute évidence arrêter avant qu’il agisse, mais y a t’il des mesures réelles prises sur ce qui se passe plus en amont.

    1) les médias véhiculent t’ils de la violence
    2) les politiques véhiculent t’ils de la violence
    3) la société libérale véhicule t’elle de la violence

    Les sociétés anciennes avaient inventé : le jeune, le ramadan, le dimanche, les fêtes pour apaiser et réguler les tensions. Pourrait on imaginer de même des semaines sans média, sans internet pour tout le monde.

    Ne devrait on pas aussi se poser la question de la mise sous surveillance de nos politiques, pour l’instant il ne me semble pas que beaucoup de contrôle aient été mis en place et pourtant leur pouvoir est par trop important.


  20. Lec Le 19 mars 2015 à 15h34
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    la censure de ce site n’est qu’un subterfuge, je crois que la seule raison qui explique une telle censure est le fait que le site soit hébergé par OVH, et pour aussi lancer un avertissement aux autres sites que l’état est déterminé à appliquer ses lois, d’ailleurs sur le site le rédacteur a même mis son adresse physique (Belgique), pour dire qu’aucun rapport ne le lie au terrorisme puisqu’ils (l’état) déclarent que les tenants de ce site sont surveillés par les RG …. sans oublier aussi d’évoquer son penchant “implicite” à l’état islamique et aux autres groupes qui, pour rappels, sont tous financés et armés par les multinationales pétrolières et gazières pour semer le chaos “intentionnellement” …. le problème avec ce genre de site est qu’il traite les sujets subjectivement et émotionnellement, par le simple fait que le rédacteur est sunnite, alors automatiquement toute la ligne éditoriale est en faveur du sunnisme, mais la réalité est loin d’être comprise, parce que tout simplement tous les irakiens et syriens (toutes ethnies confondues) subissent les mêmes atrocités, des assassinats à l’aveuglette et des attentats quotidiennement … finalement, une telle censure est un “non-événement” que l’état va mal digérer par la suite ! parce que je crois ce genre de site ne fait pas autant de mal que ceux qui dénoncent les false flags …


  21. mianne Le 19 mars 2015 à 15h42
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    En 2015, au pays de Voltaire, je n’arrive pas à y croire : interdiction de sites et d’opinions exprimées au nom de la défense de la liberté d’expression . S’y ajoute le nouveau crime d'”apologie du terrorisme”, notion fourre-tout qui permet de dénoncer et de faire mettre immédiatement en garde à vue vos parents qui vous ont punis, vos profs qui vous ont mis une sale note , un voisin et toute personne que vous n’aimez pas.
    Pire que la fameuse lettre de cachet.

    Cette nouvelle loi basée sur une notion fourre-tout de “terrorisme” et d'”apologie du terrorisme” est très dangereuse et menace tous les Français. Je n’arrive pas à comprendre comment, depuis la grande manifestation “je-suis-Charlie” on peut, au nom d’une prétendue “lutte pour la défense de la liberté d’expression” interdire des sites et emprisonner des gens pour avoir précisément exprimé une opinion, fut-elle contraire à la bien-pensance et à la politique du moment .

    Les résistants au gouvernement officiel et à l’armée officielle d’un pays, même après un coup d’état antidémocratique et même sous une occupation étrangère, ont toujours été nommés “terroristes” par le pouvoir en place de même que leurs actions “terroristes” de résistance par des moyens non conventionnels et presque toujours sanglants . On ne les considère comme des héros qu’après leur victoire.
    Ainsi nos héros français de la Résistance étaient-ils nommés “terroristes” et jugés/ fusillés comme tels par l’armée régulière française et par le pouvoir en place de l’époque, le gouvernement de Pétain .
    Aujourd’hui, les cérémonies , les livres et les films célébrant, après leur victoire, les exploits des terroristes qu’étaient alors les héros de la Résistance font l’apologie du terrorisme et des terroristes de cette époque-là .
    Faut-il passer en jugement et emprisonner pour “apologie du terrorisme” les organisateurs, les participants à ces cérémonies de célébration de la Résistance, les auteurs de ces livres et de ces films à la gloire de la Résistance ainsi que ceux qui les diffusent ?

    Cette notion de “terrorisme ” et par conséquent d’ “apologie du terrorisme” me semble bien complexe.
    Ne faudrait-il pas, pour commencer, faire la distinction entre tout ce qu’aujourd’hui on amalgame sous l’appellation fourre-tout de “terrorisme” : des attaques de gangsters, les actes sanglants de jeunes sociopathes désespérés qui veulent en découdre, les actes d’idéalistes manipulés par des services secrets étrangers ou pas, et les actes de résistants politiques qui pourraient être un jour considérés comme des héros ?
    Comment faire cette distinction si les auteurs présumés de ces actes dits “terroristes” sont systématiquement abattus sans avoir pu s’expliquer devant un tribunal ni dénoncer de possibles commanditaires ?


  22. Schinazi Le 19 mars 2015 à 18h03
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    C’est curieux. Ce monsieur se dit viscéralement anti Bashar el Assad.
    N’est-ce pas la position du gouvernement français également?


    • theuric Le 20 mars 2015 à 00h16
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      Ne soyez pas naïf!


  23. theuric Le 20 mars 2015 à 01h09
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    Pensez géographie, d’abord et avant tout, le reste en découle.
    Bon, prenez une carte de la région et oubliez tout le reste sauf le fait que les U.S.A. ne sont plus que l’ombre d’eux-même, ombre déjà évanescente.
    Centrez-vous sur le canal de Suez, le reste est secondaire, même le pétrole, quand il s’agit de vendre…
    Que voyons-nous?
    La Libye est totalement déstabilisée et ses groupuscules se focalisent sur l’Afrique-subsaharienne, ceci pour atteindre de Maghreb.
    Pourquoi?
    Pour prendre le contrôle du détroit de Gibraltar.
    La Syrie n’est pas la cible mais ce qui fut l’Irak.
    Le gouvernement syrien va vaincre l’E.I., ça peut prendre du temps mais il les vaincra, de plus, il forme une continuité territorial avec la Jordanie, le Liban et Israël (je sais que ce que j’écris là est pour le moins surprenant), voire l’Égypte.
    Ce bloc a été renforcé par les actions de l’E.I., même si les discours officiels peuvent donner une impression autre, il est donc beaucoup plus solide qu’il ne s’en donne à voir.
    En visant l’Irak c’est le Koweït qui est aujourd’hui visé, parce que ce pays est un verrou géostratégique majeur puisque les autres pays sont plus difficiles à atteindre.
    Maintenant la question est de savoir à qui cela profite…

    Quand en ce qui concerne la censure, la question est très simple, celle de son coût.
    Quand bien même il serait possible utiliser des moyens électroniques, une fois des personnes, des organisations, des cites ou n’importe quoi d’autre sont repérés, il faut du personnel, au risque que ne se répète l’affaire de l’agriculteur-bucheron: “chérie, je vais en scierie…!”.
    Ce sont eux qui coûtent cher.
    D’autant plus qu’il est possible de saturer la recherche électronique de messages inutiles: “chérie, je vais en scierie…!”.

    La nécessité de la démocratie trouve là l’une de ses nombreuses réponses, les autres systèmes politiques sont beaucoup plus onéreuses, en raison, entre autre, d’une censure devenue obligatoire pour pouvoir contrôler les citoyens, ce dont n’a pas besoin une démocratie apaisée.
    Là encore, notre gouvernement a choisi une fausse vraie solution, quelle que soit les raisons pour lesquelles il a agit de cette façon, parce qu’elle est improductive par essence.
    Et même si ce contrôle se faisait par le citoyen, la situation serait la même, il faudrait quoi qu’il en soit recueillir les informations, ce qui est encore très coûteux.
    Nous n’en sortons pas.
    En effet, une censure et/ou un contrôle policier ne peut tenir que sur un très bref laps de temps, ensuite ça craque de par son coût exorbitant.
    C’est l’une des raisons pour lesquelles l’U.R.S.S. s’est effondré, son système de sécurité était surdimensionné.
    En vrai, la seule censure qui peut marcher c’est la censure sociale, c’est à dire celle provenant d’un rejet d’une très large majorité des gens d’une idée sortant de l’ordinaire.
    L’exemple qui me vient à l’esprit c’est la théorie d’un univers jumeau au nôtre qu’émet l’astrophysicien J.P. Petit.
    Mais même ce type de censure est appelée à disparaître, la preuve en est, Monsieur Petit commence à être publié, à plus de 75 ans, il est vrai.
    L’idée d’un refroidissement climatique commence, lui aussi, à faire jaser, c’est pour dire…


  24. Patrick Luder Le 20 mars 2015 à 06h25
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    J’ose encore imaginer que le créateur du site Islamic-News gagnerait un procès contre l’Etat pour privation de liberté injustifiée …


  25. Toff de aix Le 20 mars 2015 à 14h23
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    La droite n’avait pas osé le faire… Le FN rêvait de le faire…..

    Mais seul le P. ”S”. l’a fait…………….


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