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10.septembre.202010.9.2020
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L’Accord Européen : un déplorable « plan d’endettement de 750 milliards » (1/2)

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Le Conseil européen de fin juillet nous a permis de vivre pour la trentième fois le traditionnel « sommet de la dernière chance », suivi du trentième « accord in extremis au fin fond de la nuit », promettant, à qui daigne encore y croire, de « relancer la construction européenne, pour une Nouvelle Europe résiliente, sociale et écologique« …

Nous vous proposons donc une analyse minutieuse de cet accord, qui sera assez radicalement en opposition avec l’enthousiasme inconditionnel de la plupart des médias, habitués à une forme de complaisance religieuse à l’égard de l’UE, et ce depuis ses débuts.

De notre point de vue – et nous allons vous le démontrer – cet accord est scandaleux sur la forme, et ne peut engendrer que davantage de difficultés pour la France, qui traverse déjà trop de crises à la fois économiques, politiques et démocratiques…

Voici le plan du billet (un résumé est disponible à la fin) :

  1. L’accord du 21 juillet 2020
  2. Une nouvelle escroquerie : l’accord Next Generation EU
  3. Un « léger » oubli : le financement…
  4. Vous reprendrez bien un peu de propagande ?
  5. Faisons le boulot nous même : l’estimation des impacts
  6. En résumé
  7. Conclusion

I. L’accord du 21 juillet 2020

Comme à notre habitude, nous vous proposons d’abord la source complète de cet accord (source), que nous allons analyser ci-après :

II. Une nouvelle escroquerie : l’accord Next Generation EU

Si l’accord compte 68 pages, les conclusions (hors annexes) ne représentent que… 8 pages.

Ces conclusions se scindent en 2 principaux sujets différents, mais liés :

1/ Le Cadre Financier Pluriannuel CFP 2021-2027, c’est-à-dire le budget de l’Union européenne (1 page et demi) ;

2/ Le plan Next Generation EU (traduit en français (ou pas) par « Next Generation EU« …), soit le plan massif d’endettement de l’UE (5 pages), que nous allons commenter ici en détail.

I. NEXT GENERATION EU

A1. Le caractère exceptionnel de la situation économique et sociale due à la crise de la COVID-19 exige des mesures exceptionnelles de soutien à la relance et la résilience des économies des États membres.

A2. Le plan pour la relance en Europe appelle des investissements publics et privés massifs au niveau européen, afin d’engager l’Union résolument sur la voie d’une reprise durable et résiliente qui crée des emplois et qui répare les dommages immédiats causés par la pandémie de COVID-19, tout en soutenant les priorités écologiques et numériques de l’Union. Le CFP, renforcé par Next Generation EU, constituera l’instrument européen principal.

On apprend donc dans le classique blabla introductif que l’UE a des priorités non seulement écologiques mais également numériques (!). Ainsi, dès les premières pages, on nous invite à imaginer l’UE en train de plancher sur la création d’un Système d’exploitation, d’un moteur de recherche et même de réseaux sociaux européens. Avec un peu de chance, tout ceci sera lancé juste après « l’Europe sociale », peut-être sous le nom de « MINITEL 2050″… On en rigolerait presque si la situation n’était pas si déplorable…

A3. Afin de doter l’Union des moyens nécessaires pour relever les défis posés par la pandémie de COVID-19, la Commission sera autorisée à emprunter des fonds au nom de l’Union sur les marchés des capitaux. Le produit sera transféré aux programmes de l’Union conformément à Next Generation EU.

Voici donc ce qui met en extase les européistes : l’UE va ENFIN pouvoir… s’endetter.

Il est vrai que le citoyen ne portait pas assez de dettes sur ses épaules ! En plus de ses propre dettes, ce dernier encaissait déjà :

  • la dette de sa commune,
  • la dette de sa communauté de communes,
  • la dette de son département,
  • la dette de sa région,
  • la dette de l’État.

Il était donc temps de lui rajouter une couche supplémentaire : la dette de l’UE !

A4. Étant donné que Next Generation EU est une réponse exceptionnelle à des circonstances temporaires mais extrêmes, le pouvoir d’emprunter conféré à la Commission est clairement limité en termes de volume, de durée et de portée.

C’est déjà ça… On peut dire merci aux pays du Nord qui n’ont pas encore totalement perdu la raison…

A5. Pour Next Generation EU, la Commission est habilitée, dans la décision relative aux ressources propres, à emprunter des fonds sur les marchés des capitaux au nom de l’Union à hauteur d’un montant maximal de 750 milliards d’EUR aux prix de 2018; la nouvelle activité d’emprunt net cessera au plus tard à la fin de 2026. L’Union utilise les fonds empruntés sur les marchés des capitaux pour faire face aux conséquences de la crise de la COVID-19.

750 MI-LI-AR-DS d’euros !! Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne se mouchent pas du coude…

Rappelons qu’il fut un temps où la coopération entre les États (et sans l’UE) accouchait de grands projets tels Airbus et Ariane. Puis est arrivé le temps de l’UE et du néolibéralisme, qui ont interdit ces projets (car « financés par des subventions publiques qui faussent la concurrence« ). Arrive donc enfin un nouveau progrès de l’UE : le creusement de trous financiers gigantesques…

Mais tempérons notre propos :

A6. Les fonds empruntés peuvent être utilisés pour des prêts à hauteur d’un montant maximal de 360 milliards d’EUR aux prix de 2018 et pour des dépenses à hauteur d’un montant maximal de 390 milliards d’EUR aux prix de 2018.

Il y a donc 2 choses différentes dans le plan :

  • 360 milliards de prêts aux États, que ces derniers devront rembourser ;
  • 390 milliards de « dépenses » (non remboursables directement par les États).

Mais pourquoi des prêts ? Ceci est lié aux taux d’intérêt, qui ne sont pas homogènes en Europe. Emprunter par l’entremise de la commission permettrait aux États un emprunt au même taux. Pour information, les taux d’intérêt annuel pour un emprunt sur 10 ans en Europe début août 2020 sont d’environ :

  • -0,5 % pour l’Allemagne ;
  • -0,4 % pour les Pays-Bas ;
  • -0,3 % pour la Finlande et l’Autriche ;
  • -0,2 % pour la France ;
  • +0,3 % pour l’Espagne ;
  • +1,0 % pour l’Italie ;
  • +1,3 % pour la Pologne.

On voit donc que l’écart de taux entre pays est assez faible, et qu’ils ont tous des taux pratiquement inférieurs à l’inflation… C’est en grande partie dû aux taux directeurs et aux rachats massifs de dette publique par la BCE.

Un emprunt à 10 ans de la Commission a ainsi toutes les chances de bénéficier d’un taux entre -0,3% et +0,3%. Ces taux ne seront pas très avantageux pour l’Espagne et même pour l’Italie, qui bénéficient de taux à peine plus élevés. Et le précédent grec incite ces pays à payer un tout petit peu plus cher, plutôt que de s’endetter auprès de la Commission et d’avoir ensuite à obéir aux injonctions encore plus fermes d’une Troïka

Il est donc très probable que ces 360 milliards de prêts ne soient en réalité que très peu demandés par les États membres. On est ici dans quelque chose qui se rapproche plus de l’effet d’annonce, car sinon, cela n’aurait guère d’intérêt. En effet, il n’y a pas de différence entre « emprunter 100 à des particuliers » et « emprunter 100 à la Commission qui va emprunter 100 à des particuliers »…

Regardons maintenant de plus près les fameux 390 milliards de « dépenses ».

A7. Le remboursement est programmé, conformément au principe de bonne gestion financière, de manière à garantir la réduction constante et prévisible des engagements jusqu’au 31 décembre 2058. Les montants non utilisés pour payer des intérêts comme prévu serviront à des remboursements anticipés avant la fin du CFP 2021-2027, avec un montant minimal, et peuvent être augmentés au-delà de ce niveau, à condition que de nouvelles ressources propres aient été introduites.

A8. Les montants dus par l’Union au cours d’une année donnée pour le remboursement du principal ne dépassent pas 7,5 % du montant maximal de 390 milliards d’EUR prévu pour des dépenses.

Il est donc indiqué que les emprunts courront durant pas moins de… 37 ans ! Cher lecteur de moins de 25 ans, sois heureux car à ta retraite, on aura fini de rembourser… (Enfin, à supposer que tu ne sois pas confronté à d’autres crises majeures dans les 37 ans qui viennent…).

L’accord indique aussi que l’Union ne peut pas rembourser plus de 30 milliards par an, ce qui permet de lisser les remboursements, et d’éviter de devoir payer 390 milliards en une fois en 2058.

Cela signifie qu’il faudrait aussi, en théorie, 13 ans de remboursements à 30 milliards pour rembourser les 390 milliards. Et comme il n’y a pas d’autre précision dans l’accord, cela signifie qu’il faut commencer à rembourser le capital impérativement au plus tard en 2045…

Alors, certes, les intérêts seront faibles (probablement entre 0 % et 1 %), mais enfin, sur 38 ans, cela fera quand même une petite somme…

A9. Les montants des plafonds des ressources propres sont temporairement relevés de 0,6 point de pourcentage à la seule fin de couvrir l’ensemble des engagements de l’Union découlant de ses emprunts destinés à faire face aux conséquences de la crise de la COVID-19, jusqu’à ce que tous ces engagements aient cessé d’exister, et au plus tard jusqu’au 31 décembre 2058.

Ce point est très important. Ce jargon signifie qu’on va augmenter le budget de l’union – et pas qu’un peu ! – pour faire face aux remboursements des emprunts.

Comme c’est un peu long à détailler, nous en reparlerons dans un prochain billet, afin de faciliter la lecture. Retenez donc bien ce précédent point pour la suite.

A10. La décision du Conseil relative au système des ressources propres de l’Union européenne précisera, en ce qui concerne le financement de Next Generation EU, les cas dans lesquels la Commission peut demander provisoirement aux États membres davantage de ressources que leur part relative respective, sans augmenter les engagements finaux des États membres, et fixera les conditions applicables. Elle prévoira que toute contribution de ce type sera compensée sans tarder conformément au cadre juridique applicable au budget de l’UE et donc sur la base des clés RNB applicables respectives, sans préjudice d’autres ressources propres et d’autres recettes.

On voit donc qu’il est censé y avoir, plus tard, une possibilité pour l’Union de demander à un État une sur-contribution (mais pourquoi ?) qui devra être compensée (ça sert à quoi alors ?). Peut-être est-ce là le signe de l’anticipation du risque de défaut d’un État. Mais une autre hypothèse est encore plus logique :

Avant de demander de telles ressources, la Commission répondra à ces besoins au moyen d’une gestion de trésorerie active et, si nécessaire, en recourant à un financement à court terme via les marchés des capitaux dans le cadre de sa stratégie de financement diversifiée dans les limites fixées par la décision relative aux ressources propres. Uniquement dans le cas où de telles mesures ne généreraient pas les liquidités nécessaires, la Commission pourrait demander provisoirement aux États membres davantage de ressources à titre de dernière réserve. Le montant des ressources supplémentaires qui peuvent être demandées annuellement aux États membres dans de telles circonstances est fixé au pro rata et, en tout état de cause, limité à leur part du plafond des ressources propres temporairement relevé, soit 0,6 % du RNB des États membres.

Ainsi, avant de tendre la main aux États membres, la Commission devra tenter d’obtenir un financement à court terme par les marchés – ce qui représentera donc ENCORE PLUS de dettes si elle y arrive…

Si ça ne marche pas, les États membres devront payer, mais dans la limite de 0,6 % du Revenu National Brut, qui est proche du PIB. Nous reviendrons en détail sur ce point dans un prochain billet.

A11. Les montants au titre de Next Generation EU affectés à des dépenses dans le cadre du budget constituent des recettes affectées externes. L’autorité budgétaire exerce un contrôle politique, qui doit être défini par un accord entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission.

A12. Comme le soutien à la relance doit être déployé rapidement, il importe de mettre en place les conditions propices à la mise en œuvre rapide des projets d’investissement, en particulier dans le domaine des infrastructures. La Commission est invitée à présenter, avant le Conseil européen d’octobre, des propositions sur les moyens d’accélérer et de faciliter les procédures dans les États membres.

C’est quand même merveilleux : la Commission va venir expliquer aux États membres quelles réformes mettre en place pour « accélérer les procédures chez eux », ce qui signifie évidemment « déréguler encore plus« . C’est une nouvelle immixtion dans les affaires internes des États membres, une nouvelle atteinte à la souveraineté et à la démocratie.

A13. Les engagements juridiques d’un programme tel que complété par Next Generation EU sont pris d’ici au 31 décembre 2023. Les paiements correspondants seront effectués au plus tard le 31 décembre 2026.

Les engagements de dépenses seront faits d’ici 2023, les paiements (et donc les emprunts) d’ici 2026.

Voici donc comment se répartissent les fameux 750 milliards tant encensés – dont 360 milliards chimérique et/ou inutiles au niveau de l’UE.

Restent les 390 milliards, dont la grande partie – 312 milliards – sera versée sous forme de « subventions » – c’est le cœur du dispositif.

Regardons plus en détail les différents programmes de dépenses de cet accord. Commençons avec la « Facilité pour la reprise et la résilience » (FRR).

Facilité pour la reprise et la résilience
A15. 70 % des subventions fournies par la facilité pour la reprise et la résilience sont engagés au cours des années 2021 et 2022. Les 30 % restants sont intégralement engagés d’ici la fin de 2023. En principe, le volume maximal des prêts pour chaque État membre n’excédera pas 6,8 % de son RNB.

Les dépenses pour la reprise se feront donc entre 2021 et 2023 – ce qui est assez logique.

Mais notez bien ceci : les années d’engagement des subventions sont clairement définies (dont 30 % en 2023), mais rien de plus n’est prévu pour les emprunts (qui doivent être engagés d’ici fin 2023).

A16. La clé de répartition des engagements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience pour les années 2021-2022 est établie conformément à la proposition de la Commission. Dans la clé de répartition pour l’année 2023, le critère du chômage au cours de la période 2015-2019 est remplacé, en proportions égales, par le critère de la perte de PIB réel observée au cours de l’année 2020 et le critère de la perte cumulée de PIB réel observée au cours de la période 2020-2021, qui seront chiffrés au plus tard le 30 juin 2022.

A17. Le préfinancement pour la facilité pour la reprise et la résilience sera payé en 2021 et devrait être de 10 %.

Alors premier point stupéfiant : il va donc y avoir 390 milliards de dépenses, MAIS la répartition par pays ne figure pas explicitement dans l’accord ! Ce n’était pourtant pas bien difficile de joindre un tableau en annexe…

En ce qui concerne la « facilité pour la reprise et la résilience » (les 672,5 milliards de prêts et subventions), il est donc renvoyé à la clé de répartition de la Commission (sans plus de précision, mais elle est normalement issue de ce document), qui dépend de la population, du PIB par habitant et du taux de chômage avant la crise :

En somme, ils ont refusé d’écrire noir sur blanc combien chaque pays va toucher – probablement pour limiter les questions gênantes des personnes qui liraient l’accord le jour de sa signature.

Mais ceci n’est valable que pour 2021 et 2022 – on ne dispose pas des paramètres pour calculer 2023 (on ne les aura donc que mi-2022). Or, 30 % des subventions auront lieu, précisément, en 2023…

De plus, dans la proposition de la Commission, la clé ne concerne que les subventions, pas les prêts (qui seraient simplement limités à 4,7 % du RNB (12-4), ou plus si besoin (12-5)…). La clé des prêts semble donc floue.

Synthétisons alors les dépenses. On nous annonce donc un plan de 750 milliards d’euros :

    • dont 360 milliards de prêts, sans solidarité. On a vu qu’ils seront probablement faiblement utilisés. Si on laisse le flou de côté, on a la clé de répartition par pays pour 2021 et 2022, mais pas pour 2023. Mais on ne sait même pas combien de prêts pourraient être engagés en 2023 – c’est dire comme les rédacteurs croient fort à leur utilisation…
    • dont 390 milliards de dépenses :
      • dont 312,5 milliards de subventions. On a la clé de répartition par pays pour 2021 et 2022, mais pas pour 2023 – qui comprend quand même 30 % de ces subventions.
      • dont 77,5 milliards de dépenses qui accroissent des programmes prévus dans le budget 2021-2027. Rien ne semble prévu dans l’accord sur la clé de répartition de ces dépenses – mais il semble logique que ce soient les clés de chaque programme, qui dépendent de chacun, et qui ne sont a priori guère connues à l’heure actuelle…

Il est donc parfaitement impossible, à ce stade, de déterminer exactement combien de subventions va toucher chaque pays sur les 390 milliards.

Il est à noter que la presse, tout comme les think tanks (voir ici Bruegel ou Ifrap), ne semblent pas avoir signalé le problème, et ont appliqué la clé 2021-2022 des 460 milliards de la Facilité pour la Reprise et la Résilience (FRR) à l’intégralité des 750 milliards du plan Next Generation EU

Pour les 77,5 milliards intégrés aux programmes, nous appliquons une clé de répartition qui est la moyenne de 3 clés : celle de la Commission pour la FRR ; celle correspondant aux dépenses de soutien à l’économie en 2018 ; et celle de l’ensemble des dépenses 2018.

Faute de mieux, nous retiendrons la clé FRR pour les prêts. En arrondissant les sommes, on obtient ceci pour l’ensemble du plan Next Generation EU :

N.B. : vous constaterez sur le web que chaque analyste de cet accord arrive à des chiffres différents. Ce qui est normal, et ce qui en dit long sur la rigueur et la précision des rédacteurs de l’accord…

Pour rappel, les prêts sont hautement incertains, comme nous l’avons expliqué. Et nous avons même mis certains pays en blanc, comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas, dont on est sûr qu’ils n’utiliseront pas ces prêts. L’Ifrap écrit :

« Jean Castex a annoncé qu’une grande partie du financement du plan de relance français de 100 milliards émanerait des subventions européennes. Pourtant, la France, tout aussi touchée sanitairement et économiquement que l’Italie et l’Espagne, ne touchera “que” 40 milliards d’euros de subventions et aucun prêt (cette question est aujourd’hui discutée puisque l’Institut Bruegel calcule lui 50,66 milliards d’euros). L’Italie, principale bénéficiaire, recevra 81,4 milliards de subventions et 127 milliards de prêts, pour un total – colossal – de 209 milliards. L’Espagne touchera quant à elle 74,4 milliards de subventions.« 

Il n’y a pourtant rien de mystérieux : la France a un droit de tirage de l’ordre de 37 milliards. Or si ce système de prêts est mis en place, c’est parce qu’il est estimé que le taux d’intérêt de la Commission sera inférieur à celui des pays les plus touchés. C’est probable, mais pas certain : après tout, on est sûr qu’il existera encore une Italie dans 20 ans, alors que pour la Commission européenne, rien n’est certain… Mais il est probable que le taux de la Commission soit supérieur à celui des pays qui ont les taux les plus bas, et qui n’auront donc aucune raison (autre que politique) d’utiliser cette capacité de prêt.

Si nous oublions ces prêts, et que nous nous concentrons sur les principaux pays bénéficiaires, on a ceci :

On constate donc que l’Allemagne va percevoir nettement moins que la Pologne, qui recevra moins que la France, qui recevra moins que l’Espagne, qui recevra moins que l’Italie.

Or les taux de récessions attendus en 2020 sont : Pologne (-4,6 %, récession la plus faible), Allemagne (-6,3 %, ce qui est très fort), France (-10,6 %), Espagne (-10,9 %) et Italie (-11,2 %) (source).

On se rend donc compte que les sommes versées sont loin d’obéir à une simple logique de « plan de relance » – qui devraient être corrélés à la perte de PIB.

Or, comme on le voit dans le critère de la Commission, ces subventions dépendent fortement du PIB par habitant et du taux de chômage avant la crise : en réalité ces « plans de relance » sont d’abord des « plans de rééquilibrage macroéconomique » de l’UE.

C’est parfaitement défendable, mais il convient de bien expliquer aux peuples des nations concernés qu’il s’agit de mettre en place de gros transferts financiers pour réaliser plus de convergence économique de l’Union – et qu’ils sont en réalité moyennement liés à la crise actuelle, mais davantage aux malfaçons de la zone antérieures, et en particulier de l’euro… La réalité de son bilan économique saute en effet aux yeux, quand on regarde la croissance par habitant :

« Le traité d’union européenne [de Maastricht] se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » [Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Figaro, 20/08/1992]

A18. Les États membres élaborent des plans nationaux pour la reprise et la résilience établissant leur programme de réforme et d’investissement pour les années 2021-2023. Ces plans seront réexaminés et adaptés si nécessaire en 2022 pour tenir compte de l’allocation définitive des fonds pour 2023.

Il y a là une chose qui, malgré sa grande importance, n’est pas dite clairement. En effet, à l’exclusion des 77,5 milliards de renforcement des politiques budgétaires actuelles, il n’y a aucun plan de relance européen.

Les 312,5 milliards de « subventions » servent à co-financer des plans de relance nationaux qui doivent être approuvés par la Commission.

Les États vont donc présenter des plans d’investissements pour percevoir ces sommes, mais également des « programmes de réforme » – et tout le monde ici comprend bien ce que cela veut dire…

A19. Les plans pour la reprise et la résilience sont évalués par la Commission dans les deux mois qui suivent leur présentation. Les critères de cohérence avec les recommandations par pays, ainsi que de renforcement du potentiel de croissance, de la création d’emplois et de la résilience économique et sociale de l’État membre, doivent obtenir le score le plus élevé de l’évaluation. Une contribution effective à la transition verte et numérique constitue également une condition préalable à une évaluation positive.

L’évaluation des plans pour la reprise et la résilience est approuvée par le Conseil statuant à la majorité qualifiée sur proposition de la Commission, au moyen d’un acte d’exécution que le Conseil s’efforce d’adopter dans les quatre semaines suivant la présentation de la proposition.

L’évaluation positive des demandes de paiement sera subordonnée au respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants.

La Commission sollicite l’avis du Comité économique et financier quant au respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants. Le Comité économique et financier s’efforce de parvenir à un consensus. Si, exceptionnellement, un ou plusieurs États membres considèrent qu’il existe des écarts importants par rapport au respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants, ils peuvent demander au président du Conseil européen de saisir le prochain Conseil européen de la question.

La Commission adopte une décision concernant l’évaluation du respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants et l’approbation des paiements conformément à la procédure d’examen.

Si le Conseil européen a été saisi de la question, aucune décision de la Commission concernant le respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants et l’approbation des paiements ne sera prise jusqu’à ce que le Conseil européen suivant ait débattu de la question de manière exhaustive. Ce processus, en principe, ne dure pas plus de trois mois après que la Commission a sollicité l’avis du Comité économique et financier. Ce processus sera conforme à l’article 17 du TUE et à l’article 317 du TFUE.

Pour faire court, comme vous le voyez, les plans de relance nationaux seront scrutés par la Commission et devront être acceptés par les autres pays…

Sans surprise, encore moins de souveraineté (mais c’est après tout logique quand on demande de l’argent et des garanties aux autres pays… « La main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. »).

REACT-EU
A20. Nonobstant les règles relatives au plafonnement et à la redistribution, des dotations supplémentaires s’appliquent; pour soutenir les secteurs les plus importants qui seront déterminants pour jeter les bases d’une reprise saine à la suite de la crise de la COVID-19 dans certains États membres, REACT-EU prévoira les dotations supplémentaires suivantes: Luxembourg (100 millions d’EUR); Malte (50 millions d’EUR).

Ici, un court article sur le plan de soutien à la cohésion des territoires de l’Europe, pour donner un bonus de 100 M€ au Luxembourg et 50 M€ à Malte. Ces chiffres sont très importants, sachant par exemple que la population du Luxembourg correspond à moins d’1% de celle de la France. Cette somme représenterait 10 milliards d’euros chez nous, 3 fois l’ex-impôt sur la fortune.

Il est regrettable que le Conseil n’ait pas pensé à suggérer au Luxembourg de créer une taxe sur les transactions financières ou bien, à Malte de créer une taxe sur les pavillons de complaisance. Cela aurait soulagé le contribuable européen…

Objectif climatique
A21. L’action pour le climat sera intégrée dans les politiques et programmes financés au titre du CFP et de Next Generation EU. Un objectif climatique global de 30 % s’appliquera au montant total des dépenses au titre du CFP et de Next Generation EU et se traduira par des objectifs appropriés dans la législation sectorielle. Ceux-ci respectent l’objectif de neutralité climatique de l’UE à l’horizon 2050 et contribuent à la réalisation des nouveaux objectifs climatiques de l’Union à l’horizon 2030, qui seront mis à jour d’ici la fin de l’année. En règle générale, toutes les dépenses de l’UE devraient concorder avec les objectifs de l’accord de Paris.

Simple effet d’annonce ou réelle intention politique ? Attendons d’en voir les résultats…

Et nous voici arrivés à la fin de cette partie de l’accord (« Next Generation EU« ).

III. Un « léger » oubli : le financement…

J’imagine cependant que vous avez remarqué qu’il manquait une « petite » chose dans la partie précédente – trois fois rien…

Ils n’ont pas précisé quand ni comment ils entendaient rembourser ces 750 milliards d’euros.

Ceci est dû à un point très important, mais qui n’est qu’implicite dans le document de l’accord. Il est en revanche parfaitement explicite dans le projet de règlement concernant ce plan, rédigé par la Commission (source) :

RÈGLEMENT DU CONSEIL
établissant un instrument de l’Union européenne pour la relance en vue de soutenir la reprise à l’issue de la pandémie de COVID-19

4. INCIDENCE BUDGÉTAIRE

« Aucun remboursement au titre du budget de l’Union n’est envisagé avant 2028. »

Au moins c’est clair :

  1. nos dirigeants programment 390 milliards d’emprunts ;
  2. leur remboursement sera évidemment une charge budgétaire ;
  3. mais aucun remboursement n’interviendra avant 2028 ;
  4. et, heureux « hasard », comme l’accord vient de se faire dans la douleur sur le budget 2021-2027, eh bien, ce n’est pas encore un sujet ;
  5. cela le sera en 2027 pour le budget 2028-2034, et à ce moment-là « on verra bien« … Bon courage aux futurs dirigeants… (qui ne seront donc de façon certaine ni Merkel ni Macron…)

Bien qu’on ait un peu partout essayé de nous vendre l’inverse, c’est bien ce qui est prévu. On ne peut être qu’ébahi par la légèreté avec laquelle ce plan est bâti. C’est d’autant plus remarquable que, si l’UE est très laxiste dans son rôle d’emprunteur, elle ne l’est pas du tout dans son rôle de prêteur (aux pays en difficultés), qui est régi par cet autre projet de règlement :

RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
établissant une facilité pour la reprise et la résilience

Article 13 Accord de prêt

Lorsque la demande de prêt remplit les critères visés au paragraphe 1 et lors de l’adoption de la décision visée à l’article 17, paragraphe 2, la Commission conclut un accord de prêt avec l’État membre concerné. Outre les éléments énoncés à l’article 220, paragraphe 5, du règlement financier, l’accord de prêt contient les éléments suivants:

(d) le nombre maximal de tranches et le calendrier de remboursement;

Logiquement, l’UE n’oublie pas, quand elle prête, d’exiger un plan de remboursement détaillé. Mais quand elle emprunte, c’est une toute autre chose…

Poursuivons notre raisonnement. L’UE est censée avoir tout remboursé fin 2058, et elle peut commencer à rembourser, comme on l’a vu, entre 2028 et 2045. Elle a donc entre 13 et 30 ans pour amortir les 390 milliards, et devra donc financer un amortissement entre 13 et 30 milliards par an. Prenons l’hypothèse assez logique d’un montant minimal annuel dès 2028 : il faudrait donc financer annuellement 13 milliards d’amortissements.

Il y a justement une précision sur Next Generation EU dans la seconde partie de l’accord sur le Budget 2021-2027 (budget que nous analyserons en détail dans le billet suivant).

A29. Au cours des prochaines années, l’Union s’efforcera de réformer le système des ressources propres et d’introduire de nouvelles ressources propres. Dans un premier temps, une nouvelle ressource propre fondée sur les déchets plastiques non recyclés sera établie et appliquée à partir du 1er janvier 2021. Au cours du premier semestre de 2021, à titre de base pour des ressources propres supplémentaires, la Commission présentera des propositions relatives à un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et à une redevance numérique, en vue de leur introduction au plus tard le 1er janvier 2023. Dans le même esprit, la Commission présentera une proposition relative à un système révisé d’échange de quotas d’émission, éventuellement étendu à l’aviation et au transport maritime. Enfin, l’Union s’efforcera, au cours du prochain CFP, de mettre en place d’autres ressources propres, qui pourraient inclure une taxe sur les transactions financières.

Le produit des nouvelles ressources propres introduites après 2021 sera utilisé pour le remboursement anticipé des emprunts contractés dans le cadre de Next Generation EU.

Ainsi, alors qu’aucune modalité de remboursement n’est prévue, les dirigeants ont réfléchi à un mécanisme potentiel de remboursement anticipé, vu que « l’Union s’efforcera » de trouver de « nouvelles ressources propres » pour ce faire :

  • une taxe sur les déchets plastiques non recyclés dès 2021 ;
  • une taxe carbone aux frontières d’ici 2023 ;
  • une redevance numérique d’ici 2023 ;
  • un système d’échange de quotas d’émission de carbone, qui sera « à étudier » ;
  • une taxe sur les transactions financières, « peut-être bien ».

En réalité, ces propositions étaient DÉJÀ dans les propositions de la Commission de 2018 pour le Budget 2021-2027, son but était alors d’augmenter ses ressources. Et elles les avaient même chiffrées – hélas la page a malheureusement été supprimée depuis. Par chance, on la retrouve archivée ici, ce qui nous permet de découvrir ceci :

De nouvelles sources de revenus
Les nouvelles recettes projetées dans le cadre de la proposition de la Commission sont liées à la proposition d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS), au système d’échange de droits d’émission de l’UE (ETS) et à la quantité de déchets d’emballages en plastique non recyclés dans chaque État membre.

En ce qui concerne la ressource propre ACCIS proposée, les contributions seraient calculées en appliquant un taux de 3% à la part des bénéfices imposables de chaque État membre. Cette ressource propre commencerait à être collectée en 2023 et générerait 11 milliards d’euros par an.

En ce qui concerne la ressource propre ETS, les contributions seraient calculées en appliquant un taux de 20% aux recettes générées par les quotas d’émission à mettre aux enchères et par les quotas gratuits pour la modernisation du secteur de l’énergie, conformément aux directives européennes actuelles dans ce domaine. Cette ressource propre générerait en moyenne 3 milliards d’euros par an.

S’agissant de la ressource propre à base de plastique, les contributions seraient calculées en appliquant un taux de 0,8 € / kg au poids des déchets d’emballages plastiques non recyclés. Cette ressource propre générerait en moyenne 6,6 milliards d’euros par an.

L’idée de taxe sur les bénéfices a fait long feu, mais la taxe plastique est adoptée et celle sur les ETS devraient suivre.

L’annexe de l’accord du 21 juillet précise d’ailleurs ceci :

Nouvelles ressources propres
145. Au cours des prochaines années, l’Union s’efforcera de réformer le système des ressources propres et d’introduire de nouvelles ressources propres.

146. Dans un premier temps, une nouvelle ressource propre sera mise en place et s’appliquera à partir du 1er janvier 2021; elle sera composée d’une part des recettes provenant d’une contribution nationale calculée en fonction du poids des déchets d’emballages en plastique non recyclés, avec un taux d’appel de 0,80 EUR par kilogramme ainsi qu’un mécanisme visant à éviter un effet excessivement régressif sur les contributions nationales.

147. Au cours du premier semestre de 2021, la Commission présentera, en tant que ressources propres supplémentaires, des propositions relatives à un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et à une redevance numérique, en vue de leur introduction au plus tard le 1er janvier 2023.

148. La Commission est invitée à présenter une proposition révisée relative au système d’échange de quotas d’émission, éventuellement étendu à l’aviation et au transport maritime.

149. Enfin, l’Union s’efforcera, au cours du prochain CFP, de mettre en place d’autres ressources propres, qui pourraient inclure une taxe sur les transactions financières.

150. Le produit des nouvelles ressources propres introduites après 2021 sera utilisé pour le remboursement anticipé des emprunts contractés dans le cadre de Next Generation EU. La Commission est invitée à proposer une révision du CFP à cet effet en temps utile.

Il est en réalité indispensable de détailler tout ceci pour estimer combien chaque pays devra rembourser.

En effet, le contribuable sera probablement mis à contribution pour la taxe sur les déchets plastiques non recyclés, vu qu’elle est due par les États. Quand bien même la répercuteraient-ils sur les entreprises, celles-ci la répercuteraient évidemment sur les consommateurs.

En réalité, comme l’indique Politico (source), il y avait déjà un pré-accord sur cette taxation début 2020, au taux de 0,8 € par kilogramme de déchet plastique non recyclé – qui est le taux retenu dans l’accord final.

Et là où Macron a été « excellent », c’est que, justement, le pays européen qui recycle le moins, est… la France ! Avec seulement 27 % !

Cependant, le taux de recyclage n’est pas tout, il faut également tenir compte de la quantité de déchets par ménage :

On voit donc que la France reste très mal classée, l’Irlande étant le plus mauvais élève (avec plus du double de la moyenne européenne).

Au final, les Français vont donc être les plus gros contributeurs à cette taxe, avec 1,4 milliard d’euros par an, soit 22,5 % du total (alors que nous avons payé seulement 16 % du Budget 2018 et 17,5 % sans l’Angleterre) :

Ces 1,4 milliard représentent 46 euros par an pour chaque ménage français (La moyenne en Europe sera de 32 euros, avec 13 euros pour les meilleurs élèves. On peut cependant espérer que cela poussera la France à plus de recyclage, et que ce coût baissera alors tous les ans. Cela représente au niveau du pays l’équivalent de l’Impôt sur la Fortune Immobilière ou d’un tiers du regretté Impôt Sur la Fortune… (source)

Notez que, pour l’Irlande, la facture sera de 156 millions d’euros par an, soit plus que la Belgique, deux fois plus peuplée…

Pour les deux autres taxes de 2023, selon les informations de cette dépêche Reuters de mai 2020 :

  • la taxe carbone aux frontières est estimée entre 5 et 14 milliards par an. Pour en savoir plus sur cette taxe visant en particulier l’acier, le ciment et le papier, lire ici (dossier), (avis de la France), (BCG) et ;
  • la taxe numérique sur les géants d’Internet est estimée à 1,3 milliard par an.

Si nous retenons la taxe sur le plastique pour 6 milliards par an, la taxe carbone pour 5 milliards et la taxe sur le numérique pour 0 (pour cause de rétorsions américaines quasi-certaines), nous arrivons à environ 11 milliards par an, ce qui est suffisant pour amortir le capital de 390 milliards, puisque, si les amortissements sont annoncés pour 2028, des taxes seront dédiées à un amortissement anticipé en place dès 2021 et 2023…

Enfin, dernier point à prendre en compte, les intérêts – même si le taux va être très faible :

Paiements d’intérêts
74. L’enveloppe financière prévue pour les paiements d’intérêts dus par l’Union en lien avec ses emprunts sur les marchés des capitaux au titre de Next Generation EU pour la période 2021-2027 sera de 12 914 millions d’EUR. Les montants non utilisés pour payer des intérêts serviront à des remboursements anticipés avant la fin du CFP 2021-2027, avec un montant minimal, et peuvent être augmentés au-delà de ce niveau, à condition que de nouvelles ressources propres aient été introduites.

Ils prévoient quand même 13 milliards d’euros – même si on ne sait pas s’ils intègrent ou pas les intérêts des 360 milliards de prêts. Mais comme ces prêts seront certainement très peu utilisés, nous retiendrons l’hypothèse que ces fonds sont pour les seuls 390 milliards.

Si on se base sur l’échelonnement des paiements des subventions estimé par la Commission (source), on constate que cette somme de 12,9 milliards correspond à un taux d’intérêt annuel d’environ 0,9 %. Comme on peut imaginer que la Commission essaiera de prendre les plus longues maturités possible (le Taux à 30 ans de la France est de 0,4 %), l’estimation semble raisonnable.

Nous avons réalisé une estimation de plan d’amortissement sur ces bases, qui donne un total d’intérêts à verser d’ici 2058 d’environ 55 milliards d’euros (point dont peu de personnes parlent, comme vous l’aurez noté).

IV. Vous reprendrez bien un peu de propagande ?

Tout a été bon pour nous vendre ce plan de relance d’endettement massif.

Ainsi, le Commissaire européen Thierry Breton a tweeté ceci :

Cela ne manque pas de sel, vu que l’accord met en place une nouvelle taxe dans moins de 5 mois – et qu’elle n’est pas microscopique !

Donc oui, « ressource propre » = taxe, comme on l’a vu.

Pour les autres projets de taxes aux frontières, il est évident qu’un exportateur taxé à la frontière va répercuter la taxe sur le prix de vente… Donc ce que le contribuable ne paiera pas, le consommateur le paiera. « Il n’y pas d’argent magique !« , comme a dit l’autre.

Enfin… on devrait plutôt dire : « Il n’y pas d’argent magiquesauf à Bruxelles !« . Car notre (très cher) Président a déclaré la chose suivante :

Heureusement, la ministre Amélie de Montchalin a vendu la mèche, comme vous l’avez entendue…

Nous ne pouvons que ressentir du dégoût face à ces mensonges révoltants, qui marquent vraiment notre époque.

Les politiciens ont toujours menti, plus ou moins. Mais c’était en général des mensonges liés au futur, dans le cadre de promesses électorales, sur des enjeux complexes. « Je réduirai la fracture sociale », « J’inverserai la courbe du chômage » ou, plus connu, « Demain, on rasera gratis » (retrouvez ici l’origine amusante de cette charmante mais désuète expression). Ces petites phrases avaient fini par générer chez les citoyens une sorte de sourire convenu face à ces « SuperMenteurs ».

Ce qui est nouveau, en revanche, ce sont ces mensonges orwelliens liés au passé ou au présent, soit à des faits pourtant immédiatement vérifiables : « il n’y a pas de nouvelle taxe dans cet accord », « il n’y a pas de violences policières », « nous n’avons pas manqué de masques ».

De tels mensonges ont pour effet de briser toute capacité de discussion. Ils traduisent un mépris profond à l’égard des citoyens, tellement violent qu’il ne peut générer que des réactions violentes en retour. Dans ce climat de conflit omniprésent, il est dangereux et irresponsable d’attiser ainsi la colère.

Selon le Secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes : aucune facture cachée, aucun impôt-relance, juste « de nouvelles ressources » – dont un impôt-plastiques non recyclés !

V. Faisons le boulot nous même : l’estimation des impacts

Au vu de toutes ces informations, il nous est possible de réaliser une simulation des impacts.

Cette simulation a nécessité un long et pénible labeur pour se rapprocher au plus près de la réalité. Cependant, il convient de n’en garder que des ordres de grandeur, car beaucoup de données restes à ce jour inconnues.

Nous avons déjà réparti les dépenses par pays au début de ce billet. Il nous reste donc à répartir les recettes, en fonction de différentes clés :

  • les 390 milliards seront amortis par 11 milliards par an, issus des 2 recettes précitées :
    • 6 milliards de la taxe Déchets plastiques, dont nous avons la clé pour 2021. Mais la France est tellement en retard sur le recyclage, qu’elle devrait progresser et donc, comme les autres, réduire son coût, mais il est alors probable que la taxe du kilo de déchets augmente. Sur la durée de la taxe, nous retiendrons donc la clé « Déchets plastiques » pour 2/3 et la clé PIB du pays pour 1/3 ;
    • 5 milliards pour la taxe Carbone aux frontières, pour laquelle, faute de mieux, on retiendra la clé PIB ;
  • les 55 milliards d’intérêts sont supportés par le Budget, donc il faut utiliser la clé Budgétaire.

Voici le résultat de cette simulation – dont seuls les ordres de grandeur sont utiles – pour la charge de remboursement :

Pour plus de lisibilité, voici la même chose pour les plus gros contributeurs :

Cela signifie que les Français devraient payer, d’une façon où d’une autre, environ 75 milliard d’euros pour rembourser les 390 milliards, plus 10 milliards pour des intérêts qui n’auraient jamais été dus si la France avait emprunté seule.

Et voici le résultat global, avec cette charge mise en regard des subventions perçues :

Pour plus de lisibilité, voici la même chose pour les plus gros flux :

Cela signifie, par exemple que la France va toucher 39 milliards de subventions, mais elle devra rembourser 75 milliards de capital, plus 10 milliards d’intérêts…

Cela donne ceci ramené par ménage :

Chaque ménage français va donc percevoir en moyenne 1 300 € de « L »Europe® » – moyennant le versement de plus de 2 500 € d’impôts…

Nous pouvons enfin réaliser une estimation du solde net global du plan européen par pays, afin de bien percevoir la réalité, qui n’est pas un ensemble de subventions positives de l’UE à chaque pays, mais une subvention de certains pays envers les autres.

Mais il faut pour cela retraiter les intérêts. En effet, qu’il y ait un plan de financement européen ou des plans nationaux, des intérêts doivent être payés dans les deux cas. Mais il y a 2 différences pour les pays « subventionneurs » :

  • la clé de répartition des intérêts étant la clé budgétaire, il se retrouvent à prendre en charge des intérêts sur des subventions qui sont perçues par les pays subventionnés (transferts de solidarité) ;
  • sur leurs propres subventions, la charge d’intérêt est supérieure, car le taux d’intérêt qui leur aurait été appliqué aurait, pour la plupart, été inférieur (estimés ici à -40 %) – les plus gros contributeurs au Budget disposant de taux négatifs.

Nous indiquerons donc à titre indicatif une évaluation du coût de cette « surcharge d’intérêts » pour les pays tels que la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Bien entendu, il existe en regard une « économie d’intérêts » grâce à ce plan pour des pays comme l’Italie, mais qu’il est très difficile d’estimer.

Voici le résultat :

Pour plus de lisibilité, voici la même chose pour les plus gros flux :

On retrouve bien ici les 36 milliards de pertes directes pour la France, auquel s’ajoute une surcharge d’intérêts de l’ordre de 7 milliards (la France n’aurait ainsi payé que 3 milliards d’intérêts si elle avait directement emprunté les 39 milliards de subventions en les amortissant).

Ce « plan d’aide européen à la France de 39 milliards » coûtera ainsi probablement à la France, EN PLUS de ces 39 milliards, entre 35 et 45 milliards d’euros.

Payer 80 milliards pour en recevoir 39, merci l’Europe !

Soulignons aussi que ce plan coûtera autour de 70 milliards à l’Allemagne, au bénéfice de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne et de la Grèce.

Pour que cela soit plus parlant, voici ce solde en euros rapporté par ménage de chaque pays :

Soit pour les plus grands pays :


L’Irlande sort donc grande perdante – en raison de sa quote-part doublée dans la taxe sur les déchets plastiques. Les ménages grecs, en grande difficulté économique et petits pollueurs en plastique, seront les plus grands bénéficiaires de ce plan.

Notez que les 4 pays en rouge sont les pays désignés comme « frugaux » par la presse. Ceux qui traînaient les pieds pour l’accord. Or, là, vous comprenez mieux pourquoi ! Mais nous reparlerons d’eux dans un prochain billet.

Enfin, on retrouve bien que le coût net de ce plan sera pour chacun des 30 millions de ménages français d’environ 1 400 € avec la surcharge d’intérêts.

Mais ATTENTION : une aussi bonne affaire ne peut évidemment être obtenue sans conditions !

Pour que l’Europe accepte de nous rendre la moitié de notre argent, elle a des exigences :

« S’agissant des réformes, je suis favorable, évidemment, à ce que nous poursuivions les réformes. Je pense par exemple à la réforme d’Action Logement ou à la réforme des retraites. Et je rappelle que l’Union européenne, dans le décaissement de ces 40 milliards d’euros, veillera à ce que la France maintienne un certain nombre de réformes structurelles. Le Président de la République a obtenu qu’il n’y ait pas de droit de veto de la part des États membres, mais je pense qu’il est préférable de poursuivre le train des réformes. »[Bruno Le Maire, 3 septembre 2020]

En conclusion, on constate ainsi que ce plan de relance, comme l’euro, comme beaucoup de « décisions économiques » européennes, n’est qu’un paravent servant à justifier la mise en oeuvre de décisions politiques régressives.

VI. En résumé

Non seulement l’accord européen du 21 juillet 2020 est scandaleux sur la forme, mais il ne peut engendrer que davantage de difficultés pour la France qui traverse déjà trop de crises à la fois économiques, politiques et démocratiques.

Les européistes s’extasient du fait que l’UE va ENFIN pouvoir… creuser des trous financiers gigantesques…

Sur les 750 milliards annoncés, 360 milliards correspondent à des prêts aux États. En réalité, ces prêts ne sont certainement qu’un effet d’annonce puisqu’il est fort probable que le taux d’intérêt obtenu par la Commission, et donc demandé aux États, soit supérieur à celui des pays qui ont les taux les plus bas, et qui n’auront dès lors aucune raison (autre que politique) d’utiliser cette capacité de prêt. Quant aux autres, l’écart de taux étant limité, il n’est pas certain qu’ils se précipitent pour passer sous les fourches caudines bruxelloises…

Concernant les 390 milliards de « dépenses », il est indiqué que les emprunts courront durant pas moins de… 37 ans ! Ainsi il faudrait en théorie 13 ans de remboursement à 30 milliards par an, et donc commencer à rembourser au plus tard en 2045.

Sur ces 390 milliards, 312 milliards correspondent en réalité à des « subventions » (dont 30 % en 2023) – le cœur du dispositif. AUCUNE répartition par pays ne figure explicitement dans l’accord ! Le document renvoie sans précision à une clé de répartition de la Commission… qui n’est valable que pour 2021 et 2022. On ne dispose donc d’aucun paramètre pour 2023 – soit l’année où 30% des subventions auront lieu…

Or, sans répartition des dépenses par pays, on ne peut connaitre le coût net par pays : cela évite ainsi bien des tracas médiatiques et politiques à nos (très chers) dirigeants…

Selon nos estimations, l’Allemagne va percevoir nettement moins que la Pologne, qui recevra moins que la France, qui recevra moins que l’Espagne, qui recevra moins que l’Italie. Or les taux de récessions attendus en 2020 sont : Pologne (-4,6 %, récession la plus faible), Allemagne (-6,3 %, ce qui est très fort), France (-10,6 %), Espagne (-10,9 %) et Italie (-11,2 %) (source).

On se rend donc compte que les sommes versées sont loin d’obéir à une simple logique de « plan de relance ». En réalité, ces « plans de relance » sont d’abord des « plans de rééquilibrage macroéconomique » de l’UE.

Cependant, PERSONNE n’a expliqué aux peuples des nations concernés qu’il s’agit de mettre en place de gros transferts financiers pour réaliser plus de convergence économique de l’Union – et qu’ils sont en réalité moyennement liés à la crise actuelle, mais davantage aux malfaçons de la zone antérieures, et en particulier de l’euro…

Ainsi, à l’exclusion des 77,5 milliards de renforcement des politiques budgétaires actuelles, il n’y a aucun plan de relance européen. Les 312,5 milliards de « subventions » servent à co-financer des plans de relance nationaux qui doivent être approuvés par la Commission. Et pour « mieux » préparer les différents plans nationaux d’investissements, la Commission va une nouvelle fois s’immiscer dans les affaires internes des États membres et réclamant toujours plus de dérégulation. Ceci constitue une nouvelle atteinte à la souveraineté et à la démocratie.

Pire encore, l’accord du 21 juillet 2020 ne précise en rien quand ou comment ces 750 milliards d’euros devront être remboursés.

La seule information dont on semble disposer à ce sujet est : « Aucun remboursement au titre du budget de l’Union n’est envisagé avant 2028. »

Au moins c’est clair :

  1. nos dirigeants programment 390 milliards d’emprunts ;
  2. leur remboursement sera évidemment une charge budgétaire ;
  3. mais aucun remboursement n’interviendra avant 2028 ;
  4. et, heureux « hasard », comme l’accord vient de se faire dans la douleur sur le budget 2021-2027, eh bien, ce n’est pas encore un sujet.

On comprend donc que la responsabilité d’augmenter le budget de l’UE pour faire face aux remboursement des emprunts est ici sciemment reportée en partie sur les futurs dirigeants…

L’UE est censée avoir tout remboursé fin 2058, et elle peut commencer à rembourser entre 2028 et 2045. Elle a donc entre 13 et 30 ans pour amortir les 390 milliards, et devra donc financer un amortissement entre 13 et 30 milliards par an. Nous avons réalisé une estimation de plan d’amortissement sur ces bases, qui donne un total d’intérêts à verser par la France d’ici 2058 d’environ 55 milliards d’euros.

Si l’Union est censé pouvoir, à terme, demander une sur-contribution à un État, cela n’arrivera que si la Commission ne parvient à pas à obtenir un financement à court terme par les marchés (et donc toujours plus de dettes).

Nous nous plaignions précédemment de ne pas y voir clair sur les dépenses par pays, mais nous y voyons encore moins clair sur les recettes par pays : cela empêche donc de connaitre le coût net par pays. Et cela a bel et bien évité des tracas médiatiques et politiques à nos (très chers) dirigeants…

Enfin, nous avons réalisé une simulation des impacts (seuls les ordres de grandeur sont utiles ici).

La France va toucher 39 milliards de subventions, mais elle devra rembourser 75 milliards de capital, plus 10 milliards d’intérêts (la France n’aurait payé qu’environ 3 milliards d’intérêts si elle avait emprunté seule)…

Chaque ménage français va donc percevoir en moyenne 1 300 € de « L »Europe® » – moyennant le versement de plus de 2 500 € d’impôts…

Le coût net de ce plan sera pour chacun des 30 millions de ménages français d’environ 1 400 € avec la surcharge d’intérêts.

Il ne s’agit donc pas d’un ensemble de subventions positives de l’UE à chaque pays, mais d’une subvention de certains pays envers les autres.

Ce « plan d’aide européen à la France de 39 milliards » coûtera ainsi probablement à la France, EN PLUS de ces 39 milliards, entre 35 et 45 milliards d’euros. Et cela coûtera, en net, autour de 70 milliards à l’Allemagne, au bénéfice de l’Espagne, de l’Italie, de la Pologne et de la Grèce.

Payer 80 milliards pour en recevoir 39, merci l’Europe !

Conclusion

Voici donc notre analyse détaillée du plan Next Generation EU. Il y a en réalité encore des choses importantes à dire, mais il faut pour cela faire le lien avec le Budget 2021-2027, qui est assez exceptionnel, car il doit tirer les conséquences du départ du Royaume-Uni, ancien gros contributeur net.

Dans les prochains billets, nous allons analyser ce que les dirigeants ont décidé au niveau budgétaire, et l’impact sur le plan de relance d’endettement massif européen : préparez vos mouchoirs et portefeuilles…

 

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Commentaire recommandé

Pierre Darras // 08.09.2020 à 07h57

Encore une fois travail colossal, indispensable et excellent . Merci Olivier. Voilà du vrai fact checking. Bravo

81 réactions et commentaires

  • Pierre Darras // 08.09.2020 à 07h57

    Encore une fois travail colossal, indispensable et excellent . Merci Olivier. Voilà du vrai fact checking. Bravo

      +98

    Alerter
  • Thierry Balet // 08.09.2020 à 09h06

    Vous dormez la nuit Monsieur Berruyer? Quel travail ! Merci pour cet éclaircissement qui bien évidemment n’apparaître pas au journal de 20heures……
    Avec tous mes remerciements et mes meilleures salutations.

      +44

    Alerter
  • Alfred // 08.09.2020 à 09h15

    C’est pour ce genre de production qu’on avait adoré les crises au départ. Bravo et merci pour cet énorme travail passionnant.

      +74

    Alerter
    • Les-crises // 08.09.2020 à 11h03

      Merci ! Tout ça va bientôt revenir, on travaille dessus ! 🙂

        +23

      Alerter
    • LA ROQUE // 08.09.2020 à 21h54

      Tout à fait d’accord avec vous Alfred.
      Cela faisait un petit moment que j’attendais le retour de l’expertise d’Olivier sur ces sujets.
      Il y a du travail pour Olivier et certainement des échanges intéressants à venir.

        +5

      Alerter
      • Les-crises // 08.09.2020 à 22h36

        Vous devriez alors beaucoup aimer nos publications 2020-2021 😉

          +5

        Alerter
    • step // 09.09.2020 à 00h09

      oui cela fait plaisir à tous les ‘vieux’ lecteurs, le retour de ces articles maison fouillés et bien travaillés. Pour les « nouveaux », c’est pour ce genre de travail qu’on a tant apprécié ce site.

        +13

      Alerter
    • BOURDEAUX // 09.09.2020 à 17h33

      Berruyer pas mort ! Ce billet serait-il un plan « les crises old generation » ? Si c’est le cas je m’en réjouis, c’est là tout le Berruyer que j’aime.

        +3

      Alerter
  • Urko // 08.09.2020 à 09h22

    Bien des informations dans ce papier, avec une mention spéciale à la remarque quant à la probabilité de survie à vingt ans de l’UE par rapport à celles de pays comme l’Italie.

      +9

    Alerter
    • Patrick // 09.09.2020 à 20h13

      en cas d’explosion de l’UE , et de l’Euro par la même occasion , que deviennent toutes ces dettes ? elles devraient disparaître ?

        +1

      Alerter
      • Urko // 09.09.2020 à 20h40

        Plusieurs théories s’opposent, qui différent aussi selon les circonstances : si l’Euro disparaît totalement, ce n’est pas la même chose que s’il se voyait conservé par un ou plusieurs pays et quitté par tous les autres, et le cas échéant, que l’Allemagne et ses satellites le gardent et les autres en partent ne revient pas au même que si l’Allemagne l’abandonnait en premier. Cela dépend aussi du droit dans lequel la dette en question s’émet. Bref, il y a beaucoup d’inconnues dans l’équation. Disons que l’on peut imaginer une redénomination des dettes en devises nationales : très facile en théorie, voire en pratique, mais le choc obligataire induit aurait des répercussions dures à anticiper, sur les détenteurs des dettes publiques (porteurs d’assurance vie, assureurs, banques, fonds de pension, trésorerie d’entreprises, banques centrales…), sur les taux d’intérêt et d’inflation, sur une panique bancaire, sur la circulation des capitaux et des marchandises, avec un scénario argentin possible (quand l’Argentine a dû renoncer à son aberrant peg au dollar). Tous les acteurs semblent tétanisés par la perspective ; alors, chacun essaie de gagner du temps et personne ne veut faire le premier pas, même l’Allemagne, dont les soldes target 2 la paralysent. Moi, je pense que l’Euro disparaîtra, mais le processus qui y mènera puis les conséquences que cela générera, voilà qu’il paraîtrait bien présomptueux de prétendre savoir anticiper. Il peut exploser, avec chaque acteur jouant sa partie selon ses intérêts, mais aussi subir une mise à mort concertée par tous les pays. Ce second scénario reste à garder en tête.

          +1

        Alerter
  • guzy // 08.09.2020 à 09h35

    Les Décodeurs du Monde devrait envoyer des journalistes en formation chez Olivier. Il y a sûrement des fonds disponibles dans le plan de formation du journal 🙂

      +27

    Alerter
  • Dypso // 08.09.2020 à 09h45

    J’ai moins de 25 ans.
    Mes grands parents, ayant plus de 70 ans, sont nés dans une époque bien plus prometteuse, mais voilà U’ils vivent tout ca aujourd’hui.
    Alors je me dis, qu’aurai-je vécu quand j’enrai plus de 70 ans… le monde ne sera plus le même…

    Merci au site les crise pour ces analyses incroyable.

      +5

    Alerter
    • Pierre Darras // 08.09.2020 à 13h29

      Relire la terrible prédiction de Bourdieu sur la régression de la société avec la fin prévisible de l’URSS et la contre-révolution néolibérale…
      Pour l’instant, tout porte à croire qu’il avait raison. Mais à la fin des années 80 la Chine était encore un nain, l’Iran isolée était saignée à blanc par la guerre imposée par le chouchou des occidentaux de l’époque Saddam Hussein, la Turquie était un petit vassal US soumis, la Russie, allait connaître dix ans d’effondrement et de pillage et n’existaient presque plus, les USA jouissaient d’une aura colossale dans le monde, et Anglais et Français étaient encore respectés.
      Notre civilisation certes régresse et s’effondre mais elle n’est plus le seul modèle.
      Nous avons un soucis de gauche-droite. Dans tout l’Occident. Un siècle de social, gauche contre capital, droite. Mais avant la gauche c’était les républicains et la droite les monarchistes depuis un siècle. Le nouveau paradigme risque d’être, nationalisme étatique conservateur(societal) contre globalisme libéral libertaire. Visiblement, les peuples Russes, Chinois, Iraniens, Indiens, Turcs, tiennent à la première mouture. Par contre, il y a débat de plus violent chez les peuples occidentaux pour continuer à s’engager dans la deuxième.
      Quel sera le sens de l’histoire?

        +13

      Alerter
      • Dypso // 08.09.2020 à 15h22

        Certaines analyses de bourdieu ne sont plus vraiment d’actualité, ou plutôt, ses constats de l’époque à l’époque ne son plus forcément vrai maintenant (ou aussi vrai, mais là ici, je n’ai pas lu ses écrits concernant le néolibéralisme, je disais juste ça car certains l’érigent en gourou du progressisme et ne voient pas que les constats du passé ne sont plus si vrais. ).

        Mais oui, je partage totalement cet vision du monde, nationalisme étatique conservateur c globalisme liberal libertaRIEN (et non libertaire, sûr que mes aïeux ayant combattu côté anar en espagne n’auraient non plus accepté ce monde, quoi que probablement plus acceptable que le franquisme), trumpy, bolsonaro et l’autre rosbif blond vont dans le changement de l’un a l’autre d’ailleurs.

        Pour autant, l’avenir ne sera pas non plus radieux pour l’axe d’en face. Je sais qu’on voit l’avenir tel qu’on voit le présent, et vu le présent, on(je) voit mal l’avenir, mais je pense qu’il sera trop tard pour tout le monde de profiter d’un monde tel que nous l’avons vécu.

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        • Pierre Darras // 08.09.2020 à 15h45

          Si si, libéral ET libertaire . Pas libertarien. Les libertaires ont fait une alliance objective avec les mondialistes, même ceux qui prétendent lutter contre le néolibéralisme. A leur yeux l’état societalement conservateur est l’ennemi absolu, par internationalisme, et par leur terreur du conservatisme sociétal. Regardez comme TOUS les libertaires crachent sur la Russie ou la Chine.
          JF Kahn a magnifiquement théorisé ça il y a 20 ans.

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          • Dypso // 09.09.2020 à 01h03

            Cela n’a de libertaire que le nom.

            Si on a accepte l’idée que chaque communauté autogère, et ne veut pas subir l’influence extérieure (un des principes de l’anarchie non? L’autogestion), alors la réciproque devrait déjà de ne pas s’occuper de ce qu’il y a a l’extérieur de la communauté (tant que ce qu’il y a a l’exterieur ne nous menace pas).
            Aussi les anars devraient balayer devant leurs porte avant de balayer devant celle des autres.
            Il est sur que le modèle social de la chine (ou tout autre autocratie, dictature, monarchie, oligarchie) est en contradiction plutôt totale avec l’anarchisme. Mais le principe d’état n’est pas en contradiction avec l’anarchisme, car l’etat (la communauté), peut décider de choisir le bien de la communauté face au bien de l’individu (dans une logique en théorie du jeu, ou la somme des intérêts individuels ne correspondent pas a l’intérêt coectif). Tandis que le capitalisme individuel et le néolibéralisme (et pas le libéralisme en tant que tel qui permet l’interventionisme étatique), ne sont que d’autres formes de dominance et de pouvoir de l’individu sur les autres individus et la communauté.

            Autocraties/dictatures qui pensent au bien commun ou bien démocraties qui donnent du pouvoir à certains face à d’autres ? Que de mauvaises solutions.

            De ce point de vue, il est vrai que mon avis sur l’idéologie libertaire (influencé par une touche de communisme, donc semblable a de l’anarcho syndicalisme) diffère beaucoups des autres libertaires.

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  • AlexH // 08.09.2020 à 09h52

    Très instructif, merci.

    D’ici 2028, on peut espérer (l’espoir fait vivre) que la MMT ayant poursuivi sa diffusion, on aura compris que s’inquiéter pour les dettes publiques est un gaspillage colossal et irresponsable de temps et d’énergie.

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    • Patrick // 09.09.2020 à 20h16

      la MMT ? ça n’a rien de moderne , ça s’est pratiqué de tous temps par tous les états.
      et ça s’est toujours fini de la même façon , par la faillite générale des états.

      Celui qui vit dans la dette , périra dans la dêche !!

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  • Jean-Do // 08.09.2020 à 10h03

    Sur le fond de ce plan, je trouve plutôt positif que ceux qui profitent le plus de l’€ soit ceux qui contribuent le plus à l’aide à ceux qui en paient les dégâts, dont la Grèce. Nous avons vu la chute de l’espérance de vie ainsi que l’émigration tant des cerveaux que des bras que les « plans d’ajustements » ont causés dans ce pays. Sans oublier le kolossal hold-up allemand sur les moyens de production mais on sait que les « privatisations » ont partout dans le monde été une captation des biens communs au profit des déjà riches.

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  • Francesc // 08.09.2020 à 10h21

    grand merci; maintenant quelqu’un peut il me dire clairement ( nom, raison sociale, adresse) à qui je dois des sous, et combien (total net retraite, sans autre ressource, 12 euros mensuels)?

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  • Myrkur34 // 08.09.2020 à 13h39

    Merci à Mr Berruyer pour ce bel éclaircissement sur les différentes et vraies finalités de ce plan de « relance » européen.

    C’est à dire surtout un plan de rééquilibrage macro-économique entre les différentes entités de l’Europe pour un réel Etats-Unis d’Europe, donc forcément les deux plus grosses unités y contribueront le plus.

    J’adore l’aparté sur le Luxembourg et Malte qui sont des champions de l’optimisation et de la fraude fiscale.

    Ceci étant dit, les gens ne le savent peut-être pas même si j’ai un gros doute là dessus, mais nos politiciens mentent autant que les politiciens libanais sauf que la situation de base est meilleure (pour l’instant).

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  • FredT. // 08.09.2020 à 13h44

    Si vous ne souhaitez pas être le dindon de la farce en payant la taxe sur les déchets plastiques, il suffit simplement de ne pas acheter ces déchets .

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  • VVR // 08.09.2020 à 15h31

    Petite remarque: 750 MILIARDS d’euros sur 5 ans c’est 0.56% du PIB, ou 335 euros par européen et par an. Plutot que de gueuler sur « encore de la dette, on va tous mourrir », il faudrait surtout réaliser que ce n’est rien du tout, et qu’aucune politique d’envergure n’est possible avec une somme aussi dérisoire.

    De même 55 milliards en 30 ans, pour la France ce n’est rien du tout, c’est 0.3% de ce que la secu va verser sur la periode.

    Sans parler des innombrables solutions extrémement simple à l’endettement d’un pays, Il n’y a que depuis Reagan que c’est un probléme, ce qui n’empéche d’ailleur absolument pas ce dernier et ses émules de creuser les déficits (tout en reportant la responsabilité sur l’adversaire).

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    • FredT. // 08.09.2020 à 16h41

      Votre façon de penser serait acceptable si nous avions des comptes sains , mais ce n’est pas le cas . L’état croule sous les dettes , les entreprises et les citoyens encore plus . Donc un petit plus en moins , ça fait encore du moins en plus et à force d’empiler du moins que rien , on va finir par déposer le bilan .

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      • yann // 09.09.2020 à 09h37

        Ca n’existe pas des comptes saint pour un état. C’est un raisonnement de libéral typique. Les dettes publiques ne sont pas un problème, elle ne l’ont jamais été du moins pour les pays qui ont leur propre monnaie ce qui n’est malheureusement plus le cas du notre .

        Le gros problème de la France et de ce plan de relance ridicule c’est que notre pays a un déficit commercial chronique. Pour qu’un plan de relance ait un effet il faut surtout que la relance de la consommation se fasse sur les produits fabriqués dans le pays pour créer une boucle positive relançant l’activité et donc les rentrées fiscales à terme, permettant de rembourser l’emprunt. Or étant donné notre état de désindustrialisation la consommation française va surtout relancer la croissance allemande, chinoise et celle d’Europe de l’est. On produira encore une myriade d’emplois tertiaires aggravant notre situation commercial. Un vrai plan de relance nécessite une dévaluation et une politique protectionniste chose impensable dans l’euro et cette stupide union européenne.

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        • BOURDEAUX // 09.09.2020 à 16h30

          Les dettes publiques n’ont, en effet, jamais été un problème, puisqu’elles ne sont jamais remboursées. Mais je comprends mal pourquoi vous attribuez le goût pour des budgets publiques équilibrés à une monomanie libérale, puisque 80% des lecteurs de ce blog m’expliquent à longueur de commentaires que nous vivons dans un enfer libéral ; je crois plutôt que l’on n’aime les budgets équilibrés que quand on a un certain goût pour la vérité.

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          • Patrick // 09.09.2020 à 20h22

            Les politiciens doivent toujours promettre et essayer de tenir une partie de leurs promesses pour être réélu. le modèle social français ne peut exister qu’en déficit , surtout dans cette période de vieillissement de la population , donc l’état ne peut que s’endetter et s’endetter encore, tant qu’il y a quelqu’un pour lui prêter de l’argent.
            Quand il n’y aura plus de prêteurs … fin de la partie , tout le monde descend et se prend la réalité en pleine face.
            Les déficits permanents signifient juste que l’on consomme plus de richesses que l’on n’en produit ( ou que l’on peut en prendre à ceux qui la crée ), ça n’est pas viable éternellement.

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          • Patrick // 09.09.2020 à 20h25

            définition de l’enfer libéral :
            – 10.000 articles de loi
            – 400.000 normes
            – 130.000 décrets
            – dépense publique : 57% du PIB
            – impôts, taxes , cotisations : 50% des revenus …:
            – entreprises : 233 impôts,taxes et cotisations pour un total de 775 Milliards € ( Cour des Comptes ) .

            ah oui, on est en pleine tempête de libéralisme 🙂

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            • SanKuKai // 10.09.2020 à 15h57

              Concernant la dépense publique à 57% du PIB, c’est un raisonnement fallatieux et la moitié de ces dépenses sont reversées au secteur privé qui, si on suit le même raisonnement, a une dette á plus de 200% du PIB.
              Le fait que ce chiffre soit répété par tous les journalistes MSN en vue de privatiser les services publics qui ont déjá presque disparus montre que nous vivons bien dans un enfer néo-libéral.
              (Source: https://blogs.mediapart.fr/avellino/blog/020519/57)
              Après il y a entreprise et entreprise. Pour les multinationales qui ne payent que 9% d’impots c’est pas vraiment un enfer mais je comprends que les PME se sentent lésées.

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    • Véro // 08.09.2020 à 18h58

      Oui je suis d’accord sur le fait que l’endettement n’est pas nécessairement un problème, il est même souhaitable dans certaines circonstances.
      Mais je mets deux bémols :
      – ce sera une charge supplémentaire, qui s’ajoutera aux autres, et en plus qui permettra de donner des arguments aux dirigeants pour ponctionner davantage les citoyens.
      – de plus, c’est une manière pour la France et les autres pays débiteurs, de se ligoter à l’UE pour plusieurs décennies, sauf à devoir risquer une facture à payer encore plus importante en cas de sortie.

      Et je mets un autre bémol : un tel accord qui engage aussi longtemps et qui n’est pas à priori à notre avantage devrait nécessiter un référendum. Mais bon, on a l’habitude…

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    • Rond // 08.09.2020 à 19h36

      « ce n’est rien du tout » … bien, très bien !
      eh bien, payez maintenant ! Pour certains, les plus fragiles, qui ne sont pas virtuels, je les ai rencontrés, 300€ c’est Kolossal ! Merci pour eux !
      Tenons bon !

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      • VVR // 09.09.2020 à 09h32

        Je sais que ça peut sembler énorme pour certaines personnes: j’ai vecu une petite année au RMI, je vois assés bien ce que sont les debuts de mois difficile.

        Mais comme en même temps, il n’était ni question de leur donner, ni de leur prendre, ce n’est pas la question.

        Ce n’est que de l’argent au niveau de l’état, fraîchement imprimé par la banque centrale, remboursé avec de l’argent lui même fraîchement imprimé par la même banque centrale, qui viendra grossir des bilans avant de tourner en rond sur les marchés financiers.

        ça n’a aucune incidence sur la quantité de gaz dans les pipeline ou le nombre de baguettes dans la boulangerie d’a coté. ça redirige une partie de l’activité dans un sens, et dans le cas des courageuses décision de la commission, dans le même sens qu’avant, ce qui garantie de fait une absence d’effet.

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  • Olivier (un autre) // 08.09.2020 à 15h41

    Il y a des rumeurs qui parlent d’une augmentation de capital de la BEI. En effet on parle de entre 60 et 70%, soit un total maximum de 175 milliards (entre capital versé et non versé). En effet, le plan Juncker a signifié pour la BEI un effet de levier important avec une certaine prise de risque. Afin de palier à de possibles défauts, dus au Covid, et impactants son portefeuille à effet de levier, la BEI a certainement octroyés des prêts aux entreprises financées directement ou indirectement par elle. Par contre, cette stratégie a mobilisé du capital. Elle doit donc, pour pouvoir continuer son activité post covid, avoir recours à une augmentation de capital. La France a approximativement 19% du capital de la BEI, elle pourrait avoir donc à prendre en charge entre 28 et 33,5 milliards d’euros (entre capital versé et capital non versé- garantie de l’état)…. Ces nouvelles activités de la BEI utiliseront, bien entendu, un fort effet de levier, rendant la structure encore plus fragile en cas de grande crise….. Bref, belle fuite en avant….
    Pour schématiser, la BEI ne fait pas de pertes, elle re-prête avant que les défauts ne surviennent et après elle demande plus de capital, afin de pouvoir continuer.

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    • BOURDEAUX // 09.09.2020 à 17h02

      Vous inquiétez pas, s’il faut augmenter le capital de la BEI, on connait déjà le souscripteur, la BCE. Elle ramasse les poubelles depuis 2011….

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      • Olivier (un autre) // 09.09.2020 à 17h17

        Les actionnaires sont les états, ce sont eux qui souscriront. Si on prends la fourchette haute, la France devrait mettre sur la table 3,5 milliards cash et 30 milliards en garantie.
        C’est-à-dire que si la France reçoit 39 milliards d’euros de l’UE (pour le Covid), et comme elle est en déficit, elle utilisera 3,5 milliards de ces 39 milliards afin d’augmenter sa participation dans la BEI.
        La véritable question est de savoir si cet argent est bien utilisé, si la France l’utilisait directement mais avec les mêmes critères (effet de levier), recevrait elle plus d’investissement ?
        Je pense que la réponse est oui…..
        Le financement du plan de l’UE pour les prochaines années passe aussi et surtout par la BEI…….et ce sont les états qui garantissent le portefeuille de la BEI à hauteur de 50%. Et depuis le plan Juncker, le portefeuille de la BEI a un fort effet de levier…….

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        • Olivier (un autre) // 09.09.2020 à 17h23

          C’est un grand château de carte…. Le problème est que nos zelites rajoutent de plus en plus de couches, afin de paraître maîtriser la chose et montrer une belle photo…. Mais ils ne sont que des vulgaires « fuite-en-avantistes »….

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  • Ulrich // 08.09.2020 à 16h01

    Le grand retour de Les Crises !!!! Bravo, merci : on partage !

    La tragédie grecque va donc être, quoi, remboursée ? Quelle perte de temps, d’énergie…

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  • Momo // 08.09.2020 à 17h10

    Mais pourquoi diable les anglais ont-ils donc quitté notre merveilleuse union européenne ?

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    • Pascalcs // 08.09.2020 à 17h51

      Parce qu’ils ont la cervelles un peu moins lessivée que nos compatriotes qui d’ici quelques temps revoteront Macron et consorts en masse aux présidentielles.
      Depuis 40 ans, les français ont le choix de mettre en position décisionnaire des représentants qui ne soient pas des charlatans diplômés. Qu’ont ils fait de ce privilège ? Rien.
      Les anglais sont pragmatiques et dubitatifs. Les français sont rêveurs et goguenards.

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    • Les-crises // 08.09.2020 à 22h35

      Vous aurez bientôt la réponse dans un billet que je prépare… 🙂

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      • Crapounet // 09.09.2020 à 08h48

        Là vous vendez du rêve *.*
        On a hâte, surtout qu’on semble se diriger vers un no deal.

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  • X // 08.09.2020 à 17h24

    Donc si je comprends bien, ce plan d’endettement est une fuite en avant de proportion totalement inédite…

    Ça me fait penser à ce que dit J. chapoutot dans un billet publié récemment sur Les Crises . Je cite:
    « Il (Hitler, par sa politique des grands travaux) paie les industriels en bons à intérêt… et leur déclare que ceux-ci seront versés grâce au pillage de l’Europe. Tout le monde est au courant, les industriels au premier rang, parce qu’ils ne sont pas payés, ou très peu »
    On sait à quelle extrémité cette fuite en avant économique a conduit les Allemands d’alors. C’est très bien documenté dans le livre de Gotz Aly « comment Hitler a ache Les Allemands ».

    Où va nous mener cette politique totalement délirante d’endettement de l’UE?
    Mais je vois que le pillage a déjà commencé puisque d’ores et déjà la France recevra moins que ce qu’elle doit payer…

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  • X // 08.09.2020 à 17h38

    Suite de mon message sur G.Aly et Chapoutot:
    Dans le même ordre d’idées, revoir le film de Fernando Solanas « Argentine, mémoire d’un saccage »

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  • war is coming // 08.09.2020 à 18h14

    Superbe travail,que nous devons tous partager un max(fb,gj,presse alternative etc…)

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  • Subotai // 08.09.2020 à 19h17

    Travail colossal comme ont dit les autres. 🙂
    Bien!
    J’ai tout lu.
    Et je pense avoir tout compris.
    J’ai bien compris ce qu’Olivier considère comme une arnaque crapuleuse. Et je suis d’accord sur la « réalité technique » de l’affaire.
    Pourtant, là à la lecture des derniers tableau, je comprend aussi parfaitement ce qu’ils essaient désespérément de faire – avec la trouille au ventre.
    Et si vous considériez que l’alternative à ce plan est une guerre entre les États Européens dans les 20 ans qui viennent.
    Je ne rigole pas.
    S’il n’est pas dit que ce plan réussira à l’éviter, il est clair que sans ce plan (un peu sur la comète – les flous artistiques relevé par Olivier) ou un autre du même acabit, VOUS êtes mal (je parle des moins de 50ans – je pourrais être déjà mort). Sérieux!
    Réfléchissez à la situation politique de l’ensemble et voyez comment les pays « riches » vont faire couler du « pognon » vers les pays « pauvres » de l’UE.
    Pas dit que ça marchera
    Pas dit que des enfoirés n’essaieront pas de s’engraisser
    Pas dit qu’il n’y aura pas de noms d’oiseau, ni d’échanges d’horions.
    Pas dit qu’un changement politique d’un pays ne mettra pas à mal l’équilibre précaire du montage.
    Mais, moi qui était et reste Anti-UE de Maestrich, là je me dis:
    1) Il ne sont pas tous cons
    2) Ils ont senti le vent du boulet *
    3) Ça va être chaud. Parce que se payer 1% de « dommage collatéral » pour maintenir 99% sur une population de 446 millions, ce n’est pas cher payé…
    Franchement? J’ai la trouille.

    * Si je voulais faire le malin, je dirais de réécouter Mélenchon sur les risques de guerres en Europe.

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    • X // 08.09.2020 à 20h01

      Une guerre entre pays européens… Et vous pensez être sérieux ?!
      Non mais franchement, qui peut avoir peur de ça!?
      Ce dont « ils » ont peur, c’est de l’éclatement de l’UE, que les pays du sud se barrent. C’est pour ça qu’ils font mine de leur donner de l’argent (on ne sait pas encore comment les subventions seront accordées et par qui elles seront accaparées , si vous voyez ce que je veux dire…). En échange de ça, ils ont l’espoir d’avoir les mains libres pour faire du nivellement par le bas dans les pays où il reste une petite protection sociale : en clair, la France essentiellement et dans une moindre mesure l’Allemagne (qui a déjà été bien attaquée par les lois Hartz).
      Il ne faut pas faire l’erreur de penser en termes nationalistes (les méchants allemands qui nous mangent la laine sur le dos…). Ce temps là est révolu. « Leur » objectif, c’est d’éviter que le château de cartes ne s’écroule.

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      • Subotai // 08.09.2020 à 22h41

        C’est précisément là, où vous vous trompez.
        L’UE a été créée PRECISEMENT pour évitez les guerres entre les États Européens, suivant le principe suivant:
        Si on échange suivant nos besoins et qu’on apprenne à se connaitre (Erasmus, entre autres) on parviendra à régler nos différents sans s’entretuer.
        A l’origine, c’est ça l’UE.
        Et puis la nature humaine (l’appat du gain), l’éloignement dans le temps des mauvais souvenirs (les guerres mondiales) on transformé un Moyen (le bizeness) en But,le bizeness avant tout. Résultat: la merde.
        Donc je considère que nous assistons à un rétropédalage en panique du truc, avec encore quelques poussées (« libérales ») anachroniques, mais je ne doute pas que ce joli plan s’amende dans une direction anarchico-légaliste (je me comprend 🙂 ) au grès des merdouilles indépendantes des volontés humaines qui ne s’arrêteront pas de nous tomber sur la figure.
        Actuellement, les USA sont dans une situation ou la panique générale entraine une lutte à l’INTERIEUR DU SYSTEME CAPITALISTE/LIBERAL qui s’appuie, entraine et utilise la guerre civile qui est en train, tranquillement, de s’installer.
        L’exemple en face est suffisamment « merdique » pour essayer de l’éviter.
        Mais, nous aurons des tentations d’utiliser les frictions sociales à l’intérieur de nos sociétés pour détourner l’attention de la population ( c’est le « anarchico ») des opérations de maintien de cohésion politique de l’ensemble par des décisions statutaires « limites »; et des renforcements légaux du contrôle des populations pour éviter l’explosion de l’ensemble (c’est le légaliste).

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        • Subotai // 08.09.2020 à 23h10

          Maintenant, je vais répondre au:
          « La guerre en Europe? Pfff, vous n’y pensez pas! » 🙂
          Disons, que les « Frugaux » du nord disent « et puis zut! Allez vous faire voir! » aux « Cigales » du sud.
          Que se passe-t-il?
          A part que c’est tout le boulot fait par les Gouvernements de la France depuis les Capétiens s’envoie en l’air. *
          Imaginons que les « Germaniques » se serrent les coudes.
          Ils faut souhaiter que les « Latins » fassent de même.
          C’est c’est le scénario « gentil ».
          A quel moment les deux s’entretuent? Avec quel soutien arrière?
          Anglo-Saxon pour les uns, Méditerranéen pour les autres?
          A zut!
          Le projet de Sarkozy de l’Union Méditerranéenne a foiré. Tiens tiens… pourquoi?
          Vous voyez pourquoi la France fourre toujours son nez au Proche Orient?
          Passons au scénario « méchant » celui qu’on est sûr d’avoir (en RH toujours prévoir le pire).
          Chaque État joue sa carte au gré d’alliance variables comme on a pu le voir dans toute l’Histoire de Europe quand les entités politiques issue de la fin de l’Empire Romain c’était un peu stabilisées; càd le XVe siècle.
          Compétition pour la conquête du monde puis foutage sur la gueule, concomitant et régulier, en Europe.
          Ce coup ci: il n’y a pas de Reste du monde à conquérir.
          Et ceux ci ne sont pas disposé à ce laisser refaire. Il pourrait même être dans l’esprit inverse.
          Conflits, guéguerre, coups fourrés dégénérant plus ou moins. Comme on l’a vu dans certains Restes du Monde durant les 5 dernières décennies, le tout contrôlé et/ou manipulé par les nouveaux pôles de stabilité politique Eurasiatiques. 🙂
          Donc, il feront TOUT pour éviter ça.

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          • Subotai // 08.09.2020 à 23h28

            Je vois que j’ai pas mis l’explication de:
            « A part que c’est tout le boulot fait par les Gouvernements de la France depuis les Capétiens qui s’envoie en l’air. *  »
            La langue d’Oc et la langue d’Oïl ça vous dit quelque que chose? 🙂
            Tout les Gouvernement sde la France ont travaillé à l’unification du Pays, de la Mer du Nord à la Méditerranée. Ça ne s’est pas toujours fait dans la joie et la bonne humeur.
            Soyez sûr qu’un partage de L’UE entre « Nord et « Sud » mettrait la France dans une situation intenable.
            Ça permet aussi de comprendre l’importance du rôle qu’elle a joué et qu’elle a dans l’Histoire Européenne.
            Je souhaite que tout ceci vous incite à aller plus profond dans les tenants et aboutissants de ce qui se passe.
            Sérieusement.
            Il ne s’agit pas d’être dans des mouvements d’humeurs ou dans l’expression du mécontentement. Mais s’essayer de comprendre pour participer au mieux. Il y va de l’avenir de millions de gens, A LONG TERME.
            Olivier fait un travail miraculeux, laissons travailler nos cerveaux pour bien comprendre le sens de ce qu’il montre.
            Ce n’est pas la première fois que son travail éclaire ma comprenette d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas et surtout dans un sens pour lequel je n’avais aucune prédisposition.
            Je souhaite à tous la même chose. 🙂

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      • Kasper // 09.09.2020 à 01h53

        La guerre ouverte pas forcément, mais « l’intervention désintéressée » d’une force franco allemande pour aider au « maintient de l’ordre » dans un pays du sud dont la population renaclerait à payer ses dettes dues à l’euro, et à appliquer les nécessaires réformes (au hasard la Grece) ca ne me semble pas inenvisageable.

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        • Subotai // 10.09.2020 à 03h11

          Pas là, dans les 5 ans, mais dans 10, 15 ans…?
          Le temps des États n’est pas celui des gens. Qui aurait pensé en 1980 que les USA allait vouloir piler la gueule à l’Irak 10 ans plus tard.
          Voyez qu’il leur a fallut renouveler en 2004, le traité signé avec l’Arabie Saoudite parce que ça allait chauffer et qu’il leur fallait la tranquillité en Irak…
          Ne croyez jamais la guerre impossible. 🙂
          (De Gaulle – Dissuasion nucléaire tout azimut)

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  • Kasper // 09.09.2020 à 02h00

    Ce qui m’em**rde le plus c’est le cran de cliquet supplémentaire dans l’implication des états membres. Si tout le monde doit du pognon à tout le monde ca va être encore plus dur de retirer nos billes quand les français comprendront enfin qu’on ne peut pas faire autrement.

    Je vois déjà les éditoriaux: « comment? Nous ne rendrions pas à la brave commission européenne les 150 milliards que nous lui devons? Alors qu’elle nous a si gentiment donné 40 milliards? Quelle honte! »

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    • X // 09.09.2020 à 09h04

      Oui effectivement. Mais à mon avis c’est précisément le but de tout ceci. La crise du coronavirus a donné un sacré coup de pouce au camp européisme… on a terrifié tout le monde avec « la gigantesque crise économique provoquée par le confinement (tu parles…) qui vient  » et maintenant tout le monde accueille cet « engagement » de l’Europe les bras ouverts avec soulagement.
      Rappelons-nous ce qui est arrivé aux dirigeants catalans qui ont fait mine de vouloir s’autonomiser il y a peu… La même chose arrivera aux forces politiques en France qui voudront sortir de l’UE.
      Le vrai risque de guerre est là.
      Mais c’est sans doute trop tard pour inverser la tendance.

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    • Véro // 09.09.2020 à 10h11

      Moi aussi c’est ce qui m’inquiète le plus, déjà des ressources fiscales sont envisagées mais il est possible qu’on s’oriente vers un impôt UE puisqu’il existera une dette UE (et le prélèvement à la source rend les choses plus faciles).
      Bref, une fédéralisation rampante. Certes c’est une solution possible pour éliminer les problèmes financiers et monétaires des déséquilibres structurels des balances commerciales (en France et en Allemagne par exemple). Mais ça ne résoudra pas les déséquilibres réels si on reste sur la même ligne, ce qui sera forcément le cas puisque l’UE l’a gravée dans le marbre.
      Il semble malgré tout qu’en Allemagne tout le monde ne soit pas très chaud pour aller dans ce sens (Cour de Karlsruhe).

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      • X // 09.09.2020 à 10h21

        Possible d’ailleurs que les manifestations actuelles dans l’Est du pays qui ont pour prétexte le masque soient aussi motivées par ça.
        On en parle pas trop en France, mais pour l’Allemagne contemporaine, ce genre de manif est une première.

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      • BOURDEAUX // 09.09.2020 à 17h13

        Vous avez tout à fait raison. Cette nouvelle marche franchie à la hussarde dans l’escalade d’engagements fédéralistes ignore encore une fois le refus des populations européennes d’une Europe des transferts. Et comme vous le dites dans un com plus haut, tout ceci aurait dû faire l’objet d’un référendum; ou plutôt aurait PU faire l’objet d’un référendum si notre presse d’information n’était pas dans cet état de mort cérébrale.

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  • Catherine // 09.09.2020 à 08h30

    Ouiiiiii !!!!!

    Le retour de la motivation originelle de ce site, merci.

    « Aucun remboursement au titre du budget de l’Union n’est envisagé avant 2028. »

    Est-ce qu’ils n’envisageraient pas que d’ici là la situation serait tellement chaotique ou atypique ou inconnue qu’un remboursement n’aurait plus sa raison d’être ?

    Un en quelque sorte « wait and see » ?

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    • Subotai // 10.09.2020 à 18h09

      C’est exactement ce que je pense. 🙂
      Pour l’instant, amortissons la chute, après on verra – avec ce qui restera, s’il en reste…
      J’ai l’impression qu’ils ont enfin compris qu’il ne s’agissait pas d’une affaire de pognon et de profit mais de vie ou de mort physique pour pas mal de gens. Y compris EUX.

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  • SanKuKai // 09.09.2020 à 10h39

    La propagande beate me sortait par les yeux mais maintenant j’ai des arguments chiffrés pour la contrer.
    Merci 1000 fois pour ce billet.

    Cependant, si je me mets dans la peau de mes amis européistes, dans une zone proprement unifiée il ne parait pas aberrant que les pays qui profitent le plus payent pour les pays qui profitent le moins. Tout comme en France, la région Parisienne paye naturellement pour le Limousin .
    Et au vue du résultat final de l’étude, il est presque logique que l’Irlande se retrouve á payer davantage au vue de ses pratiques fiscales.
    Mais si on applique de la logique brute, il y a plusieurs éléments qui frappent l’esprit:
    1- Pourquoi mettre en place une telle usine á gaz alors que de simples dons de la part de la part des pays « frugaux » vers les autres auraient le même effet pour moins cher. On se doute bien que c’est parce que ceci est politiquement innacceptable pour les contribuables Allemands mais au final ils payeront quand même et encore plus cher avec les interêts.
    2- Comparés á ce que la BCE imprime tous les ans pour le système financier pour des résultats misérables sur l’économie réelle, les sommes évoquées ici sont dérisoires. Ne serait-ce pas moins cher et plus efficace de supprimer les couteux intermédiaires entre la BCE et l’économie réelle.
    3- Normalement une taxe sur le plastique devrait être faite pour changer les comportements . Au fur et á mesure que les pays se conforment les recettes diminuent. Et il faudra alors inventer de nouvelles taxes pour rembourser.
    En résumé, c’est n’importe quoi, c’est l’UE.

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    • X // 09.09.2020 à 11h00

      La différence entre un « don » et un « emprunt », c’est que l’emprunt permet d’enrichir le créancier… les détenteurs de capital… les banques…
      C’est une façon subtile de re-instaurer en Europe le féodalisme. Des personnes privées, à l’instar des comtes du moyen-age (administrateurs mandatés par l’état à l’origine puis qui se transmirent de manière héréditaire ces biens à la faveur de la faiblesse de l’état carolingien) deviennent les maîtres de de la population laborieuse (celle qui crée la valeur).
      C’est très différent de programmes type « new deal » dans les années 30 qui modernisaient l’infrastructure en recourant uniquement à l’impôt : l’infrastructure était possédée in fine par l’état, lui-même contrôlé (théoriquement) par le peuple.

      Ici qui contrôle les fonds de pension qui sont les maîtres des emprunts ? Qui a le pouvoir de NE PAS rembourser les emprunts contractés ? L’état ? Vous faites des illusions…
      Souvenons-nous d’Haiti. L’emprunt, c’est la version (neo?)-libérale de l’esclavage.

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      • Subotai // 09.09.2020 à 18h53

        @X et Sankukai 🙂
        Le don est volontaire, le prêt est légaliste.
        Ils ne peuvent pas sortir du jour au lendemain de toutes les réglementations créées au fil des décennies.
        Quand au remboursement, inutile de s’affoler d’avance; voyez ce qui se passe du coté des USA où ils distribuent de l’argent en « prêt » et sont en train de planifier l’annulation du remboursement de la distribution précédente pour les entreprises. Sinon badaboum!
        https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-usa-mnuchin/treasurys-mnuchin-open-to-blanket-forgiveness-for-smaller-business-relief-loans-idUSKCN24I23W?il=0
        Franchement le remboursement des emprunts dans une situation générale aussi volatile est le cadet des soucis.
        Ils ne seront jamais remboursés, si jamais réclamés.
        L’important est de pouvoir boire et manger aujourd’hui. Demain est un autre jour. 🙂

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  • coucou // 09.09.2020 à 10h52

    Bein c’est bizarre… Vous même qui critiquez l’UE à cause du manque de solidarité, justement ce plan est en train de la faire…

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    • SanKuKai // 09.09.2020 à 15h26

      Des prêts assortis de conditions qui vous attachent les mains dans le dos, c’est pas vraiment ce qu’on peut appeler de la solidarité. Si c’est le cas, la mafia calabraise est sûrement une des institutions les plus philanthropiques du monde.

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    • BOURDEAUX // 09.09.2020 à 17h22

      La solidarité avec un fusil dans le dos est-elle encore de la solidarité ? A-t-on sollicité l’avis d’un seul peuple en Europe sur ce plan ? En engageant les peuples européens de cette façon, vous préparez de nouveaux brexit. Et l’aventure bruxelloise s’achèvera sans doute comme s’achève toujours les empires, par la désintégration de ses composantes.

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  • Jean Paul B. // 09.09.2020 à 11h09

    Bravo M. Berruyer pour cette magnifique synthèse qui nous décrit finement et honnêtement la réalité de ce plan de relance « européen », qui comme souvent, quand on dit « européen », n’est qu’une arnaque dissimulée derrière des mots « ronflants ».
    En conclusion, l’unique question que doit se poser notre peuple est celle de l’utilité pour la France de rester dans l’UE.
    Le reste n’est que vain bavardage sur le sexe des anges.

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  • Galvan // 09.09.2020 à 11h20

    L’UE n’a pas été créé pour éviter les guerres entre pays européens, mais pour servir de tampon entre les USA et l’URSS. Eviter des guerres entre pays européens n’a été qu’une conséquence (incomplète d’ailleurs si on songe a la yougoslavie) de cet objectif.

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    • Subotai // 09.09.2020 à 19h00

      Vous vous trompez. Il y a des sources.
      En plus, l’Histoire du « Continent » Europe et les diverses tentatives d’en faire une « Union » montrent que la question du tampon est secondaire et conjoncturelle.

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      • Patrick // 09.09.2020 à 20h31

        le tampon c’est l’OTAN , il y a superposition UE/OTAN ..
        l’UE c’est juste le paravent pour cacher la vassalisation.
        N’oublions que les USA sont prêts à combattre jusqu’au dernier … européen.

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        • Subotai // 10.09.2020 à 18h13

          Propos d’un autre temps. 🙂
          Mort le 12 sept 2001 – Oui le 12 🙂
          Funérailles en sept 2008
          Inhumation en mars 2020
          🙂

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  • Olivier D // 09.09.2020 à 11h35

    Félicitations pour ce travail. Un grand merci

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  • RGT // 09.09.2020 à 11h59

    Sacré travail d’analyse qui me réjouit par sa précision et ses constats sans failles et sans appel.

    Il faut quand-même préciser que le doc du conseil €uropéen commence très fort et dépasse les limites de la décence et de la provocation :

    « Alors que l’Europe est endeuillée par les pertes de vies humaines causées par la pandémie de COVID-19, le Conseil européen exprime sa plus profonde sympathie aux victimes et à leurs proches. Tandis que les Européens continuent de faire face à des défis extraordinaires et à une incertitude dans leur vie quotidienne, tous nos efforts continueront de viser à protéger les citoyens et à surmonter la crise. »

    Plus faux-cul tu meurs, ils se foutent royalement des « moins que rien » qui crèvent faute de décisions politiques efficaces et d’un système de santé décent réellement destiné à soigner efficacement la population.

    Le « Conseil » tient surtout à sauver les petites fesses joufflues de ses membres et abuse sans retenue de « cirage de pompes » pour éviter de se retrouver, avec tous ses « grands amis » à la tête de la ploutocratie, recyclé en « guirlande de Noël » qui apporterait un aspect festif à nos agglomérations.

    Leur « engagement » sera approuvé par BFM WC et tous les médias bien-pensants et nous aurons droit à un déferlement de superlatifs élogieux à l’égard de leurs actions bienveillantes et efficaces.

    Un lecteur pourrait-il nous indiquer comment doter chaque citoyen €uropéen d’un cerveau en ordre de marche, même tout petit et aux capacités limitées ?

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  • Ando // 09.09.2020 à 13h09

    Olivier, vous vous offusquez de ce que la France paie au terme de ce plan beaucoup plus que ce qu’elle pourrait recevoir à terme. France, Allemagne, Italie etc.. ne sont d’une part plus vraiment des entités souveraines, d’autre part n’appartiennent pas à un ensemble réellement intégré. Le « processus de la construction européenne » est en panne sèche depuis quelques années. Nous sommes au milieu du gué. Nous avons quitté notre port d’attache en abandonnant souveraineté monétaire, commerciale, budgétaire.. etc..mais sans atteindre le port de destination : une UE intégrée fiscalement et économiquement dont en réalité personne ne veut en Europe. Les élites atlantistes ouest européennes ont forgé leur identité dans ce « projet européen » mort né sous sa forme actuelle. Elles ne peuvent y renoncer. En résumé, ce plan de « relance » suppose pour qu’il soit acceptable que l’UE soit beaucoup plus intégrée qu’elle ne l’est aujourd’hui. C’est simplement une forme de coup de force visant a forcer le chemin vers cette UE rêvée/phantasmée, réalisation qui ne peut plus avoir lieu qu’en passant par une forme de violence, qu’elle soit financière ou institutionnelle, puisqu’elle est démocratiquement rejetée. Pour les élites technocratiques non élues qui ont approuvé ce « plan de relance » il n’y a là, dans leur monde, aucune raison de s’offusquer.

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  • warden // 10.09.2020 à 08h59

    Merci à Olivier, le site les crises retrouverait il sont visage? C’est pour cela que je me promenais sur ce site, je l’ai quitté pour ses dérives que je ne comprends toujours pas. J’y reviens par hasard, par dépit et je trouve cette analyse sur l’europe. Génial et encore merci.

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  • Véro // 10.09.2020 à 15h31

    Pour voir s’il y a de la solidarité, il faut aller jusqu’au bout du processus et regarder où va précisément la monnaie distribuée. L’UE c’est la libre circulation de tout et de tous.

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  • Merlin // 11.09.2020 à 08h12

    Merci pour cet excellent travail, Les Crises est une référence en terme de fact checking qu’il sera dur de faire taire.

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  • bdb30 // 11.09.2020 à 11h03

    L’UE va emprunter 750 milliards d’euros sur les marchés financiers, donc il existe 750 milliards d’euros de trésorerie à placer, d’épargne soustraite à la consommation, bref de valeur excédentaire retenue sur le travail, les salaires. Un pognon de dingue qui va être recycler dans la dette des états. Il paraît que l’Epargne égale l’Investissement. L’Epargne sans Investissement est le chancre qui dévore le monde.

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  • Ernesto // 12.09.2020 à 01h14

    Evidemment un grand coup de chapeau à Olivier pour son remarquable travail sur ce dossier.
    Cinq observations :
    1/ Face à une infirmière qui réclamait des moyens à la hauteur pour l’hôpital public, Macron répondait : « il n’existe pas d’argent magique ». Démenti quelques jours plus tard par les faits, l’argent « magique » existe pourtant bel et bien : la preuve, 750 milliards d’euros mis sur la table, surgis de nulle part mais quand nécessité fait loi, rien d’impossible. S’en souvenir quand les « décideurs » opposeront à la satisfaction des revendications le sempiternel argument éculé : « les caisses sont vides ».
    2/ Je rejoins l’analyse de Sankukai (09/09/20 à 10H 39 : confirmation qu ‘en régime de monnaie unique et de changes fixes, face à l’impossibilité de dévaluer pour retrouver un semblant de compétitivité, il ne reste que l’union de transferts pour atténuer les différences de performances d’économies trop disparates appelées à concourir dans une même zone économique. L’Allemagne profite d’un différentiel de change théorique avec ses principaux partenaires du sud (selon un rapport du FMI , 25% avec la France, plus encore avec l’Italie et l’Espagne). C’est elle, avec les frugaux ou radins (Autriche, Pays Bas, Suède, Danemark , Norvège) qui doit payer pour permettre un rattrapage des économies à la traîne, handicapées par un euro surévalué au regard de leurs capacités.

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  • Ernesto // 12.09.2020 à 02h00

    Jusqu’alors, l’Allemagne refusait ces transferts financiers pour profiter à plein des avantages d’un euro sous évalué rapport à son économie surpuissante. Si elle consent aujourd’hui à recevoir moins qu’elle ne contribue (et dans des proportions importantes), c’est pour sauver l’euro qui lui profite bien plus que n’importe quel autre pays de l’eurozone. Par contre, la France, défavorisée par un euro surévalué la concernant, aurait dû, comme l’Italie ou l’Espagne, recevoir plus qu’elle ne contribue, dans la même logique de transferts financiers allant vers les pays les plus en difficultés, au nom de la solidarité liant des nations qui prétendent vouloir construire un avenir commun. C’est dire que Macron, au nom d’une Europe mythifiée et d’une sacralisation de l’euro, a bradé les intérêts fondamentaux de la France en souscrivant à cet accord.
    3/ Confirmation de la configuration actuelle du capitalisme néolibéral financiarisé et mondialisé, caractérisé par un endettement généralisé et fortement croissant de tous les agents économiques : ménages, entreprises, Etat.
    4/ Contrairement à ce croit Patrick, cette situation est une assurance tout risque pour le capitalisme triomphant :

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  • Ernesto // 12.09.2020 à 02h27

    S’il prenait la malheureuse envie à une gauche de transformation sociale arrivée au pouvoir (on peut rêver!) de contester si peu que ce soit la domination sans partage du capital, les marchés de capitaux, par le biais d’une remontée instantanée et fulgurante des taux d’intérêts, auraient tôt fait de tuer dans l’oeuf toute velléité d’attenter à l’ordre libéral marchand et signeraient dans la minute l’échec économique de toute tentative alternative.
    5/ Pour Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, c’est Noël avant l’heure : un océan de milliards d’aides diverses, déversé sans la moindre contrepartie, sans les moindres conditionnalités en matière d’emplois, de salaires, de formations, d’efforts de renouveau industriel, de transition écologique, de sauvegarde de l’environnement et de la biodiversité. Bref, en dépit de fracassantes déclarations, le retour au monde d’avant, si possible en pire.

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  • Fabrice // 12.09.2020 à 08h07

    Très bon travail qui effectivement fait du bien à revoir dans les pages du site les crises.fr, qu’il redevienne une référence en analyse 😉

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