Série : Le naufrage des Décodeurs du Monde

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J’ai sorti sur ce blog ce formidable billet du non-moins formidable Lordon le 29 novembre 2016.

Comme 2 mois plus tard, les types du Monde mis en cause par Lordon me crucifient en public pour me faire fermer ce blog, je le ressors.

Avec un message limpide : vous ne m’impressionnez pas, vous ne me faites pas peur, vous ne m’intimiderez pas avec vos méthodes Maccarthystes !

Source : Le Monde Diplomatique, Frédéric Lordon, 22-11-2016

cc The Man-Machine

cc The Man-Machine

Un système qui, le lendemain de l’élection de Donald Trump, fait commenter l’événement par Christine Ockrent — sur France Culture… — et le surlendemain par BHL interviewé par Aphatie, n’est pas seulement aussi absurde qu’un problème qui voudrait donner des solutions : c’est un système mort. On ne s’étonnera pas que le thème des morts-vivants connaisse un tel regain d’intérêt dans les séries ou dans les films : c’est l’époque qui se représente en eux, et c’est peut-être bien le sentiment confus de cette époque, à la fois déjà morte et encore vivante, qui travaille secrètement les sensibilités pour leur faire apparaître le zombie comme le personnage le plus parlant du moment.

Les morts-vivants

On objectera sans doute que les morts-vivants sont plutôt des trépassés qui reviennent, alors qu’en l’occurrence l’époque, si toute vie s’en est retirée, n’en finit pas de mourir. Institutions politiques, partis en général, parti socialiste en particulier, médias, c’est tout le système de la conduite autorisée des opinions qui a été comme passé à la bombe à neutrons : évidement radical au-dedans, ou plutôt chairs fondues en marmelade indifférenciée, seuls les murs restent debout, par un pur effet d’inertie matérielle. Au vrai, ça fait très longtemps que la décomposition est en marche, mais c’est que nous avons affaire à un genre particulier de système qui ignore ses propres messages d’erreur-système. Dès le 21 avril 2002, l’alarme aurait dû être généralisée. Mais ce système qui enseigne à tous la constante obligation de « changer » est lui d’une immobilité granitique — tout est dit ou presque quand Libération, l’organe du moderne intransitif, fait chroniquer Alain Duhamel depuis cent ans. Il s’en est logiquement suivi le TCE en 2005, les étapes successives de la montée du FN, le Brexit en Grande-Bretagne, Trump aux États-Unis, et tout le monde pressent que 2017 s’annonce comme un grand cru. Voilà donc quinze ans que, désarçonné à chaque nouvelle gifle, vécue comme une incompréhensible ingratitude, le système des prescripteurs fait du bruit avec la bouche et clame que si c’est ça, il faut « tout changer » — avec la ferme intention de n’en rien faire, et en fait la radicale incapacité de penser quoi que ce soit de différent.

Mais avec le temps, le travail de l’agonie devient mordant, et le système se sent maintenant la proie d’une obscure inquiétude : commence même à lui venir la conscience confuse qu’il pourrait être en cause — et peut-être menacé ? Sans doute réagit-on différemment en ses différentes régions. Le Parti socialiste n’est plus qu’un bulbe à l’état de béchamelle, dont on mesure très exactement la vitalité aux appels de Cambadélis, après l’élection de Trump, à resserrer les rangs autour de Hollande (ou bien aux perspectives de lui substituer Valls).

On ne s’étonnera pas que le thème des morts-vivants connaisse un tel regain d’intérêt : c’est l’époque qui se représente en eux

C’est la partie « médias », plus exposée peut-être, qui exprime un début d’angoisse terminale. A la manière dont elle avait pris la raclée du TCE en 2005 — une gigantesque éructation contre le peuple imbécile (1) —, on mesure quand même depuis lors un effet des gifles à répétition. Alors les médias, un peu sonnés à force, commencent à écrire que les médias pourraient avoir eu une responsabilité. Le propre du mort-vivant cependant, encore debout mais en instance de mourir, c’est que rien ne peut plus le ramener complètement vers la vie. Aussi, la question à peine posée, viennent dans l’instant les réponses qui confirment le pur simulacre d’une vitalité résiduelle, et la réalité de l’extinction en cours. Y a-t-il responsabilité des médias ? « Oui, mais quand même non ».

La protestation sociologique des médias

Comme le système prescripteur du changement pour tous n’a aucune capacité de changement pour lui-même, défaut qui signe d’ailleurs la certitude quasi-évolutionnaire de sa disparition, il s’arrange pour poser la question sous la forme qui le remette aussi peu que possible en question : non nous ne sommes pas « coupés », et nous ne vivons pas différemment des autres ; oui nous avons fait notre travail, la preuve : nous avons tout parfaitement fact-checké.

Dans un mouvement aussi sincèrement scandalisé que touchant de candeur, Thomas Legrand, par exemple, proteste sur France Inter qu’on puisse trouver la presse « déconnectée » : n’est-elle pas désormais « peuplée de pigistes et de précaires » (2) ? Il faut vraiment être arrivé au bout du chemin pour n’avoir plus d’autre ressource que de transformer ainsi le vice en vertu, et se faire un rempart de la prolétarisation organisée des soutiers, providentielle garantie sociologique d’une commune condition qui rendrait sans objet les accusations de « déconnexion ». Mais on en est là. Des hipsters précarisés jusqu’au trognon servent de bouclier humain à des éditorialistes recuits qui, désormais étrangers à toutes les régulations de la décence, n’hésitent plus à en faire un argument.

Comme on veut cependant donner tous les gages de la meilleure volonté réflexive, on concède qu’on doit pouvoir encore mieux faire pour connaître ce qui agite les populations réelles, et l’on promet de l’enquête, du terrain, de la proximité, de l’immersion, bref de la zoologie. On se demande alors si le contresens est l’effet d’une rouerie de raccroc ou d’une insondable bêtise. Car si l’élection de Trump a révélé « un problème avec les médias », ça n’est que très superficiellement de « ne pas l’avoir vue venir » : c’est plutôt d’avoir contribué à la produire ! L’hypothèse de la bêtise prend immanquablement consistance avec les cris d’injustice que pousse sur Twitter un malheureux présentateur de France Info : « Mais arrêtez de dire que c’est un échec de la presse, c’est d’abord un échec de la politique ! C’est pas la presse qui donne du taf aux gens ». Ou encore : « C’est dingue de se focaliser uniquement sur les médias. La désindustrialisation de la Rust Belt ce n’est pas à cause des journaux ». Tranchant de la forme, puissance de l’analyse — l’époque.

« C’est dingue de se focaliser uniquement sur les médias »

Tout y est, et notamment que « la presse » ne se reconnaît aucune responsabilité depuis vingt ans dans la consolidation idéologique des structures du néolibéralisme, qu’elle n’a jamais réservé la parole à ceux qui en chantaient les bienfaits, qu’elle n’a jamais réduit à l’extrême-droite tout ce qui, à gauche, s’efforçait d’avertir de quelques inconvénients, de la possibilité d’en sortir aussi, qu’elle n’a jamais fait de l’idée de revenir sur le libre-échange généralisé une sorte de monstruosité morale, ni de celle de critiquer l’euro le recommencement des années trente, qu’elle n’a jamais pédagogisé la flexibilisation de tout, en premier lieu du marché du travail, bref qu’elle n’a jamais interdit, au nom de la « modernité », du « réalisme » et du « pragmatisme » réunis, toute expression d’alternative réelle, ni barré absolument l’horizon politique en donnant l’état des choses comme indépassable — oui, celui-là même qui produit de la Rust Belt dans tous les pays développés depuis deux décennies, et fatalement produira du Trump avec. Mais non, bien sûr, la presse n’a jamais fait ça.

Le petit bonhomme de France Info ne doit pas écouter sa propre chaîne qui, en matière économique, éditorialise à un cheveu de BFM Business, comme toutes les autres au demeurant, raison pour quoi d’ailleurs le pauvre est devenu strictement incapable d’avoir même l’idée d’une différence possible, l’intuition qu’il y a peut-être un dehors. De ce point de vue on pourra égailler autant qu’on veut des bataillons de pigistes précarisés dans la nature avec pour feuille de route « le retour au terrain », on ne voit pas trop ce que cette dispersion pourrait produire comme révisions éditoriales sérieuses, qui auraient dû survenir il y a longtemps déjà, et ne surviendront plus quoi qu’il arrive. On en a plus que l’intuition à cette phénoménale déclaration d’intention du directeur du Monde qui annonce avoir constitué une « task force » (sic) prête à être lâchée à la rencontre « de la France de la colère et du rejet » (3), et l’on mesure d’ici l’ampleur des déplacements de pensée que des enquêtes ainsi missionnées vont pouvoir produire auprès de leur commanditaire. Il est vrai que celui-ci n’hésite pas à témoigner d’un confraternel ascendant à l’endroit des « médias américains confrontés à leur 21 avril. Nous avons eu aussi le référendum de 2005. On a appris à être plus vigilants ». La chose n’avait échappé à personne.

Si l’élection de Trump a révélé « un problème avec les médias », ça n’est que très superficiellement de « ne pas l’avoir vue venir » : c’est plutôt d’avoir contribué à la produire !

L’intuition tourne à la certitude quasi-expérimentale quand, au lendemain d’un désastre comme celui de l’élection américaine, on peut lire qu’Hillary Clinton « avait le seul programme réalisable et solide »(Jérôme Fenoglio, Le Monde), que « la réaction identitaire contre la mondialisation alimente la démagogie de ceux qui veulent fermer les frontières » (Laurent Joffrin, Libération), que « le choix de la presse[finalement il y en avait un ?] était le triste choix de la rationalité contre le fantasme » (Thomas Legrand, France Inter), que « la mondialisation n’est pas seule en cause [car c’est] la révolution technologique [pourrait-on être contre ?] qui est autant, sinon plus, responsable du démantèlement des vieux bassins d’emploi, c’est elle qui porte la délocalisation du travail, bien plus que l’idéologie [sic] » (Le Monde), scies hors d’âge, qu’on lit à l’identique depuis 2005, enfermées dans l’antinomie de la mondialisation ou du quatrième Reich, produits de série emboutis sur enclumes éditorialistes, l’ironie tenant au fait qu’on aura rarement vu propagandistes de la flexibilité frappés d’une telle rigidité, puisqu’il est maintenant acquis que, ayant perdu toute capacité de révision cognitive, ils iront jusqu’au bout du bout, d’un pas mécanique, les bras devant à l’horizontale.

Le fulgurant éditorialiste du Monde devrait pourtant se méfier de ses propres analyses, dont une part pourrait finir par s’avérer fondée : c’est qu’on sait déjà ce qu’il va écrire fin avril-début mai 2017, qu’on pourrait même l’écrire dès aujourd’hui à sa place, et qu’une telle simplicité donne immanquablement des envies d’automatisation — la fameuse technologie —, à moins, il est vrai un cran technologique en dessous, qu’on ne fasse tirer au sort la construction de phrases par un singe, dans un sac où l’on aura mélangé des cubes avec écrit : « protestataire », « populisme », « colère », « tout changer », « repli national », « manque de pédagogie », « l’Europe notre chance », et « réformer davantage ». Substitution par le système expert ou bien par le macaque, il est exact en tout cas que l’emploi de l’éditorialiste du Monde, lui, n’aura pas été victime, selon ses propres mots, de « l’idéologie ».

La « politique post-vérité » (misère de la pensée éditorialiste)

On en finirait presque par se demander si l’indigence de ses réactions ne condamne pas ce système plus sûrement encore que l’absence de toute réaction. C’est que pour avoir depuis si longtemps désappris à penser, toute tentative de penser à nouveau, quand elle vient de l’intérieur de la machine, est d’une désespérante nullité, à l’image de la philosophie du fact-checking et de la « post-vérité », radeau de La Méduse pour journalisme en perdition. L’invocation d’une nouvelle ère historique dite de la « post-vérité » est donc l’un de ces sommets que réserve la pensée éditorialiste : une nouvelle race de politiciens, et leurs électeurs, s’asseyent sur la vérité, nous avertit-elle (on n’avait pas vu). Des Brexiteers à Trump, les uns mentent, mais désormais à des degrés inouïs (plus seulement des petits mensonges comme « mon ennemi c’est la finance »), les autres croient leurs énormités, on peut donc dire n’importe quoi à un point nouveau, et la politique est devenue radicalement étrangère aux régulations de la vérité. C’est une nouvelle politique, dont l’idée nous est livrée là par un gigantesque effort conceptuel : la « politique de la post-vérité ». Soutenue par les réseaux sociaux, propagateurs de toutes les affabulations — et à l’évidence les vrais coupables, ça la presse l’a bien vu.

Car, on ne le dit pas assez, contre la politique de la post-vérité, le journalisme lutte, et de toutes ses forces : il fact-checke. On ne pourra donc pas dire que le journalisme a failli face à Trump : sans relâche il a compulsé des statistiques et retourné de la documentation — n’a-t-il pas établi qu’il était faux de dire que tous les Mexicains sont des violeurs ou qu’Obama n’était pas américain ? Mais voilà, la post-vérité est une vague géante, un tsunami qui emporte tout, jusqu’aux digues méthodiques du fact-checking et du journalisme rationnel, et les populations écumantes de colère se mettent à croire n’importe quoi et n’importe qui. Au fait, pourquoi en sont-elles venues ainsi à écumer de colère, sous l’effet de quelles causes, par exemple de quelles transformations économiques, comment en sont-elles arrivées au point même de se rendre aux pires mensonges ? Cest la question qu’il ne vient pas un instant à l’idée du journalisme fact-checkeur de poser.

Il est d’ailleurs mal parti pour en trouver les voies si l’on en juge par les fortes pensées de ses intellectuels de l’intérieur, comme Katharine Viner, éditorialiste au Guardian, à qui l’on doit les formidables bases philosophiques de la « post-vérité ». Et d’abord en armant la percée conceptuelle de connaissance technologique dernier cri : les réseaux sociaux, nous explique Viner, sont par excellence le lieu de la post-vérité car ils enferment leurs adhérents dans des « bulles de filtre », ces algorithmes qui ne leur donnent que ce qu’ils ont envie de manger et ne laissent jamais venir à eux quelque idée contrariante, organisant ainsi la végétation dans le même, l’auto-renforcement de la pensée hors de toute perturbation. Mais on croirait lire là une description de la presse mainstream, qui ne se rend visiblement pas compte qu’elle n’a jamais été elle-même autre chose qu’une gigantesque bulle de filtre ! Ainsi excellemment partie pour un exercice décapant de remise en cause, Katharine Viner en vient logiquement à conclure que Trump « est le symptôme de la faiblesse croissante des médias à contrôler les limites de ce qu’il est acceptable de dire » (4). Le tutorat moral de la parole publique, spécialement celle du peuple et des « populistes », voilà, sans surprise, le lieu terminal de la philosophie éditorialiste de la « post-vérité ». Comprendre ce qui engendre les errements de cette parole, pour lui opposer autre chose que les postures de la vertu assistée par le fact-checking, par exemple une action sur les causes, ne peut pas un instant entrer dans une tête d’éditorialiste-de-la-vérité, qui comprend confusément que, « les causes » renvoyant à ce monde, et l’hypothèse d’y changer quoi que ce soit de sérieux étant par principe barrée, la question ne devra pas être posée.

Le journalisme post-politique

Ce que le journalisme « de combat » contre la post-vérité semble donc radicalement incapable de voir, c’est qu’il est lui-même bien pire : un journalisme de la post-politique — ou plutôt son fantasme. Le journalisme de la congélation définitive des choix fondamentaux, de la délimitation catégorique de l’épure, et forcément in fine du gardiennage du cadre. La frénésie du fact-checking est elle-même le produit dérivé tardif, mais au plus haut point représentatif, du journalisme post-politique, qui règne en fait depuis très longtemps, et dans lequel il n’y a plus rien à discuter, hormis des vérités factuelles. La philosophie spontanée du fact-checking, c’est que le monde n’est qu’une collection de faits et que, non seulement, comme la terre, les faits ne mentent pas, mais qu’ils épuisent tout ce qu’il y a à dire du monde.

Le problème est que cette vérité post-politique, opposée à la politique post-vérité, est entièrement fausse, que des faits correctement établis ne seront jamais le terminus de la politique mais à peine son commencement, car des faits n’ont jamais rien dit d’eux-mêmes, rien ! Des faits ne sont mis en ordre que par le travail de médiations qui ne leur appartiennent pas. Ils ne font sens que saisis du dehors par des croyances, des idées, des schèmes interprétatifs, bref, quand il s’agit de politique, de l’idéologie.

Le spasme de dégoût que suscite immanquablement le mot d’idéologie est le symptôme le plus caractéristique du journalisme post-politique. Comme « réforme » et « moderne », le « dépassement de l’idéologie » est l’indice du crétin. Sans surprise d’ailleurs, le crétin post-politique est un admirateur de la « réalité » — systématiquement opposée à toute idée de faire autrement. Les deux sont évidemment intimement liés, et le fact-checking à distance avec eux. La purgation achevée de l’idéologie laisse enfin apparaître la « réalité », telle qu’en elle-même immarcescible, qu’il n’y a plus qu’à célébrer rationnellement en fact-checkant la conformité des énoncés (post-)politiques à ses « faits ».

Il faut avoir fait l’expérience de regards de sidération bovine confrontés à l’idée que la « fin des idéologies », le « refus de l’idéologie », sont des summum d’idéologie qui s’ignorent pour se faire plus précisément une idée du délabrement intellectuel d’où sont sortis simultanément : la « réalité » comme argument fait pour clôturer toute discussion, c’est-à-dire évidemment la négation de toute politique comme possibilité d’une alternative, la noyade de l’éditorialisme dans les catégories du « réalisme » et du « pragmatisme », la place de choix donnée par les médias à leurs rubriques de fact-checking, la certitude d’être à jour de ses devoirs politiques quand on a tout fact-checké, le désarroi sincère que les populations ne se rendent pas d’elles-mêmes à la vérité des faits corrects, et cependant la persévérance dans le projet de soumettre toute politique à l’empire du fact-checking, à en faire la vitrine d’une presse moderne qui, très significativement, pousse sur le devant de la scène ses Décodeurs et sa Désintox’.

Mais voilà, les décodeurs recodent sans le savoir, c’est-à-dire, comme toujours les inconscients, de la pire des manières. Ils recodent la politique dans le code de la post-politique, le code de la « réalité », et les désintoxiqueurs intoxiquent — exactement comme le « décryptage », cette autre abysse de la pensée journalistique, puisque « décrypter » selon ses ineptes catégories, c’est le plus souvent voiler du plus épais brouillard.

Le fact-checking qui, épouvanté, demandera dans un cri de protestation si c’est donc qu’« on préfère le mensonge à la vérité », est sans doute ici hors d’état de saisir l’argument qui n’a rien à voir avec l’exigence élémentaire d’établir correctement des faits, mais plutôt avec l’accablant symptôme, après Trump, d’une auto-justification des médias presque entièrement repliée sur le devoir fact-checkeur accompli. Trump a menti, nous avons vérifié, nous sommes irréprochables. Malheureusement non. C’est qu’un Trump puisse débouler dans le paysage dont vous êtes coupables. Vous êtes coupables de ce qu’un Trump n’advient que lorsque les organes de la post-politique ont cru pouvoir tenir trop longtemps le couvercle sur la marmite politique.

Différences et préférences

Car voilà toute l’affaire : la post-politique est un fantasme. Elle est le profond désir du système intégré de la politique de gouvernement et des médias mainstream de déclarer forclos le temps de l’idéologie, c’est-à-dire le temps des choix, le désir d’en finir avec toutes ces absurdes discussions ignorantes de la « réalité », dont il nous est enjoint de comprendre que, elle, ne changera pas. Mais c’est le désir de ce système, et de ce système seulement. Pour son malheur, le peuple obtus continue, lui, de penser qu’il y a encore matière à discuter, et quand toutes les institutions établies de la post-politique refusent de faire droit à cet élémentaire désir de politique, alors ce peuple est prêt à saisir n’importe quelle proposition, fût-ce la pire, pourvu qu’elle soit celle d’une différence (5). Tout le fact-checking du monde n’ôtera jamais que la politique est l’exercice de la différence quand il est, lui, le prononcé silencieux de la fin des différences, ce qui reste quand on a décidé qu’il n’y aurait plus de différences : le règne vide et insignifiant des « faits » — mais pour mieux laisser inquestionné, dans l’arrière-plan, le signifié-maître : le monde est comme il est.

Il reste alors une seule ligne de repli au journalisme mainstream, au journalisme de la post-politique qui se croit le journalisme de la vérité : concéder qu’il reste bien en effet une différence, mais une seule, et qu’elle est hideuse au point que tout devra lui être préféré — « tout » devant s’entendre adéquatement comme l’ensemble des sacrifices à consentir « hélas » à la « réalité ». Maintenir cette configuration du problème post-politique, n’admettant comme extérieur que la politique innommable de l’extrême-droite, requiert alors d’opérer le déni radical de la différence de gauche. Et si jamais celle-ci commence à faire son chemin, de la combattre impitoyablement.

C’est bien en ce point que ce système laisse affleurer ses propres préférences, ses haines inavouables. Disons ici carrément ceci : plutôt qu’une différence de gauche, il préférera prendre le risque de la différence d’extrême-droite, dont il doit bien pressentir que ses propres efforts, dérisoirement inefficaces, ne suffiront plus longtemps à en empêcher l’advenue. Et voilà, au bout de ses échecs à endiguer quoi que ce soit, où il finira d’impuissance : s’il faut en passer par l’expérience d’extrême-droite, ainsi soit-il ! Elle sera tellement ignoble qu’elle aura au moins le mérite de remonétiser le discours de la vertu, et la « réalité » sera ré-installée dans ses droits en une alternance à peine.

Le Pen ne sortira pas de l’euro, Trump préservera la déréglementation financière, la Grande-Bretagne du Brexit ne sera pas exactement un enfer anticapitaliste

Au reste, il s’en trouvera bien quelques-uns au sein du grand parti post-politique pour apercevoir que les rapports de l’extrême-droite et de la « réalité » sont en fait loin d’être si distendus que le fact-checking pourrait le faire croire : Marine Le Pen ne sortira pas de l’euro, Trump a déjà fait savoir qu’il préserverait la déréglementation financière, la Grande-Bretagne du Brexit ne sera pas exactement un enfer anticapitaliste. À coup sûr, ce sont les migrants, les étrangers, et en France tous ceux qui ne respirent pas la souche, qui connaîtront leur douleur. Mais, d’une part, un républicanisme autoritaire caparaçonné d’islamophobie s’en accommodera parfaitement. Et, d’autre part, la post-politique de la morale cachera sa joie de se refaire la cerise aussi facilement — le dernier espoir pour les ventes de Libération, du Monde et de L’Obs, c’est bien le FN.

Le déni de l’homogénéité (pauvre Décodeur)

Si donc, du point de vue de la « réalité », le choix est entre le bien et un moindre mal, dont on expliquera qu’on le tient cependant pour le sommet du mal, alors il faut se mettre à tout prix en travers du vrai mal, mais sans pouvoir dire ouvertement que c’est lui qu’on considère comme tel : le mal d’une autre différence, le mal qui ne croit pas à la « réalité », celui qui pense que les définitions implicites de la « réalité » sont toujours mensongères, au moins par omission, qu’elles occultent systématiquement d’où sont venus ses cadres, qui les a installés, qu’ils n’ont pas toujours été là, par conséquent qu’il est possible d’en inventer d’autres. Ce mal à combattre sans merci, c’est la différence de gauche.

On ne s’étonnera pas de lire sous la plume d’un décodeur demi-habile la puissante critique de « lémédia » (6), injuste réduction à l’uniformité d’un paysage si chatoyant de diversité. « Lesjours.fr ou Le Chasseur Français » ne racontent pas la même chose nous apprend le penseur-décodeur, de même qu’« Arte c’est [pas] pareil que Sud Radio ». Comme c’est profond, comme c’est pertinent. « L’actualité sociale [n’est pas] présentée de manière identique dans L’Humanité et dans Valeurs Actuelles » poursuit-il si bien lancé, et n’est-ce pas tout à fait vrai ? On pense aussitôt à Gilles Deleuze : « on connaît des pensées imbéciles, des discours imbéciles qui sont faits tout entiers de vérités ». Misère de la pensée fact-checkeuse.

Dans le registre qui est pourtant le sien, pour ne pas trop le secouer quand même, on pourrait demander à notre décodeur combien de fois par an il entend citer L’Humanité, Politis ou Le Monde Diplomatique dans la revue de presse de France Inter, ou ailleurs, combien de fois il voit leurs représentants à la télé ou dans les radios. Voudrait-il avoir l’amabilité de se livrer à ce genre de décompte ? (on lui signale qu’Acrimed s’y livre à sa place depuis deux décennies et que, de même, jamais un article d’Acrimed n’est cité dans lémédia bariolés). Au hasard, puisqu’il décode au Monde, pourrait-il fact-checker vite fait combien de reprises ont salué l’édifiante enquête de Politis sur les méthodes managériales de Xavier Niel (7), où l’on comprend tout de même une ou deux choses sur ce qui conduit de la violence néolibérale aux rages qui saisissent les classes salariées ?

La gauche, l’inadmissible différence

Sauf pour cette forme de cécité intéressée qui tient des variations de queues de cerises pour des différences ontologiques, lémédia existent bel et bien, on peut même en donner la caractéristique constitutive : la haine commune de la gauche que, significativement, tous nomment de la même manière : « extrême-gauche » ou « gauche radicale », quand ça n’est pas le risible « gauche de la gauche », cet aveu involontaire que ce qu’ils appellent usuellement « la gauche » est bel et bien à droite. Sans surprise, cette haine est portée à son comble dans les médias de gauche de droite, où le culte de la « réalité », c’est-à-dire le schème fondamental de la pensée de droite, a été si profondément intériorisé que le reconnaître mettrait à mal des engagements de plusieurs décennies — au service de la « réalité » —, et pire encore, des représentations intimes de soi, des luttes personnelles trop incertaines pour s’efforcer de croire qu’on est « quand même de gauche ».

Il suffit d’observer dans ces médias le traitement comparé, textuel, iconographique et politique, des personnalités de gauche (de vraie gauche) et des personnalités du centre, voire carrément bien installées à droite, pour se faire une idée de leur lieu réel — encore ce week-end dans Libération, « NKM, la geek, c’est chic », oui, c’est d’une insoutenable violence. S’il y a des endroits où l’on fait sans merci la chasse à la différence de gauche, à cette différence qui pense que le monde présent n’est pas la « réalité », parce qu’il n’a pas toujours été ce qu’il est, qu’il l’est devenu par l’effet d’une série de coups de force, dont la plupart d’ailleurs ont été politiquement accomplis par des gouvernements « de gauche », et symboliquement validés par des médias « de gauche », s’il y a des endroits où cette différence fait l’objet d’une traque éradicatrice, ce sont bien, en effet, « lémédia ».

Or l’étouffement systématique de la différence de gauche, celle qui s’en prendrait ouvertement à la mondialisation libérale, qui fracturerait le verrou à toute politique progressiste possible de l’euro, qui contesterait l’emprise du capital sur toute la société, et même : remettrait en question les droits de la propriété lucrative sur les moyens de production, organiserait juridiquement le contrôle politique des producteurs sur leur activité, cet étouffement ne laisse ouvert que le soupirail de l’extrême-droite, porte des Trump au pouvoir car ceux-ci arrivent lancés avec bien plus d’avance que des Sanders, dont lémédia, en effet, ont tout fait pour qu’il ne vienne pas déranger la candidate chérie (8), comme ils font tout pour abaisser Corbyn, traîner Mélenchon dans la boue, tous noms propres à lire ici plutôt comme des noms communs, comme les appellations génériques d’une possibilité de différence. Oui lémédia existent, bons apôtres du dépassement de l’idéologie en proie à des haines idéologiques incoercibles : par haine de Sanders, ils ont eu Trump ; par haine de Corbyn, ils maintiendront May ; à Mélenchon ils préféreront tacitement Le Pen — mais attention, avec des éditoriaux grandiloquents avertissant qu’il y a eu « un séisme ». Et si d’aventure le désir d’une différence de gauche désinvestissait ces personnages trop institutionnels et souvent trop imparfaits, pour prendre la rue sérieusement, c’est-à-dire, par-delà le folklore du monôme, avec la menace de conséquences, lémédia n’y verraient plus que des « casseurs », comme lors de Nuit Debout quand, passé le moment du ravissement citoyen, le cortège de tête a commencé à affoler les rédactions, interloquées d’« une telle violence ».

L’écroulement ?

C’est qu’un système signale son impuissance à ses points de stupéfaction, qui le voient désemparé d’incompréhension aux situations qu’il a lui-même contribué à produire. On sait qu’on se rapproche de ces points lorsque, résultat nécessaire de la prohibition des différences, la confusion s’accroît, nourrie par le commentaire médiatique, lui-même de plus en plus désorienté. Alors des électeurs de « gauche » affolés se précipitent à une primaire de droite ; on débat gravement de la légitimité d’une telle participation ; on laisse un pur produit du système se qualifier lui-même d’anti-système quand une telle bouffonnerie devrait lui valoir le ridicule universel ; on commentera bientôt son livre intitulé Révolution, et le sauf-conduit accordé sans sourciller à une pareille imposture lexicale livrera en effet l’essence réelle de lémédia, leur commune collaboration au dévoiement des mots, à l’effacement de toute perspective de transformation sociale dont le signifiant historique, « révolution », recouvre désormais la suppression des 35 heures et la libéralisation des autocars. Car il faut imaginer comment aurait été reçue la Révolution d’un Macron dans les années 70, à l’époque où lémédia n’avaient pas encore acquis leur consistance d’aujourd’hui : dans un mélange d’outrage, de rires et d’épluchures. Dans un formidable télescopage où le fortuit exprime inintentionnellement toute une nécessité, c’est sur Macron, précisément, que L’Obs fait sa une le jour même de l’élection de Trump — Macron, l’agent par excellence de l’indifférenciation, du règne de la non-différence, le carburant de la différence d’extrême-droite.

Lorsque la gauche officielle, celle que lémédia accompagneront jusqu’à la décharge, devient à ce point de droite, qui peut s’étonner que la droite pour continuer d’avoir l’air de droite, c’est-à-dire différente de la gauche, n’ait d’autre solution que d’aller encore plus loin à droite, et que tout le paysage soit alors emporté d’un seul mouvement ? Mais poussé par qui ? Sinon par cette « gauche » elle-même et sémédia. Pacte de responsabilité, CICE, TSCG, loi travail, étranglement de l’AP-HP, massacre social passivement observé à La Poste : les commandements douloureux mais incontestables de la « réalité » — elle, hors fact-checking. Et pendant la destruction qui trumpise infailliblement toutes les sociétés, lémédia soutiennent à bout de force la « gauche-qui-se-confronte-au-réel (elle !) », cet asile de la démission politique, cette pauvreté pour têtes farineuses, qui ont trouvé leur dernière redoute dans ce rogaton de pensée.

Plutôt l’abîme que la vraie gauche, voilà à la fin des fins le choix implicite, le choix de fait, de lémédia. C’est que les protestations outragées d’une telle imputation n’en pourront mais : de quelque manière que les individus recouvrent leurs actes en paroles, ce sont bien ces actes qui trahissent leur préférences de fait, leur préférences réelles. Après avoir tout fait pour ne laisser aucune chance à la seule différence opposable à la différence d’extrême-droite, on dira alors que, comme Trump, Le Pen est arrivée… parce que le bas peuple ne croit plus à la vérité. Voilà où en est la pensée de lémédia. Qui n’auront bien sûr, pas plus à ce moment qu’aujourd’hui, aucune responsabilité dans l’état des choses.

Un système qui ne possède plus aucune force de rappel, plus aucune régulation interne, plus aucune capacité de piloter une réelle transition politique à froid ne mérite que de disparaître. Il va. Le propre d’un système aussi rigidifié, aussi hermétique à son dehors, et incapable d’enregistrer ce qui se passe dans la société, c’est qu’il ne connait pas d’autre « ajustement » que la rupture, et qu’il suffit de très peu de temps pour le faire passer de l’empire écrasant qui barre tout l’horizon à la ruine complète qui le rouvre entièrement.

Frédéric Lordon

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

70 réponses à (6) Politique post-vérité ou journalisme post-politique ? par Frédéric Lordon

Commentaires recommandés

Homère d'Allore Le 29 novembre 2016 à 07h46

Oh, certes, tout le monde a commenté l’élection de Trump ! Mais le choix de France Culture (qui s’adresse prétendument à un public à l’esprit critique) n’est pas innocent, loin de là.

Cette remarque est donc loin d’être “débile”.

  1. Ovuef2r Le 29 novembre 2016 à 07h26
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    Ne pourrait on imaginer de supprimer les subventions à la presse ?
    Ça serait lui appliquer ce qu’elle même recommande pour les autres et ça aiderait à précipiter le passage de “l’empire écrasant qui barre tout sur son passage à la ruine complète qui le recouvre entièrement”.
    Dans la foulée supprimer les exonérations d’impôts aux journalistes, je sais ça fait populiste mais ça les rapprocherait aussi du vulgum pecus dont ils se plaignent d’être séparés.


    • kasper Le 29 novembre 2016 à 12h44
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      Je crains que ca ne la jette encore plus dans les bras des annonceurs et des Pigasse, Niel et Drahi. Par contre supprimer les exonérations d’impôt pour les journaleux, 100% d’accord, dans le genre mesure clientéliste aux effets délétères, on ne fait pas mieux.

      Pour les subventions a la presse, je préfère personellement une subvention soumise a des conditions drastiques : pas de pub, pas d’actionnaire industriel, mais aucun critère en terme de ligne éditoriale.

      Pour surveiller tout ca, ca serait l’occasion d’expérimenter les commissions de citoyens tirés au sort, pour un mandat court et non renouvelable.


      • Ovuef2r Le 29 novembre 2016 à 13h53
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        En y repensant la vieille interdiction datant du CNR aux marchands d’armes et aux financiers de posséder des journaux n’était pas sans fondement. Eux avaient vu et compris le rôle primordial de la presse dans le déclenchement des conflits. Financée qu’elle étaient par ceux qui tiraient profit des ventes d’armes. Mitterand le savait mais il a mis aux poubelles cet héritage.
        Et on voit le résultat aujourd’hui, sans internet je pourrais croire que les djiadhistes de Syrie ou les nazillons d’Ukraine ne sont que de valeureux combattants de la liberté contre la tyrannie..


  2. Jusdorange Le 29 novembre 2016 à 07h40
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    Pour expliquer les échecs de la “vraie gauche”, Lordon concentre, dans cet article, ses tirs sur ce qui est extérieur à cette gauche, alors que les raisons sont internes.

    La gauche continuera d’échouer tant que la Nation restera un monopole de droite.
    Et qu’on ne me dise pas que la vraie gauche défend la Nation. Même Lordon nous explique que s’il souhaite revenir au cadre national c’est parce qu’on ne peut pas faire autrement.

    Il est en retard par rapport à la tendance actuelle qui pose le cadre national comme POSITIF et pas seulement comme un indépassable. Ce n’est pas pour rien si Sapir a fini par jeter l’éponge quant à la possibilité de voir apparaître un mouvement de libération nationale depuis la gauche seulement.

    Soulignons également qu’en posant à la fois la stupidité du discours “réaliste” et l’infaisabilité du supranational, il prête le flanc aux critiques qui n’auront plus qu’à pointer du doigt la contradiction apparente.


    • JEAN-JACQUES DONO Le 29 novembre 2016 à 10h08
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      La “gauche” (concept désormais de plus en plus flou avec la droitisation rampante…) n’ignore pas la nation (l’internationalisme ne nie pas la nation mais appelle à son dépassement à terme! et à la fraternité-solidarité inter-classe…). La gauche doit éviter le nationalisme mais pas le patriotisme (J. Sapir a écrit un article intéressant sur ce qui pourrait unir les deux bouts du spectre politique avec la notion de préférence nationale industrielle, productive…seulement). Le reste est sûrement sans issue…?!


      • Jusdorange Le 29 novembre 2016 à 11h07
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        Vous évoquez la gauche comme concept. Ici je parle de la gauche entendue comme ses intellectuels, ses politiques, ses militants et son électorat en 2016. Cette gauche a du mal avec le concept de Nation.

        Même en limitant le terme de gauche à la “vraie gauche”, l’analyse reste valide (c’est peut-être pire d’ailleurs).

        Même Lordon ne parle que de souveraineté “populaire” par exemple dans un article de 2013 intitulé “Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas”.

        On comprend dans cet article que, pour Lordon, la souveraineté nationale c’est “le souverainisme de droite”. Le concept de Nation est repoussé sur la droite, même par Lordon.

        La tendance atuelle réclame la Nation, la gauche ne veut pas le lui fournir. Elle continuera donc d’échouer. Et cela ne changera pas même si Lémédia suivaient les recommandations de Lordon.

        Seul Sapir présente une voie cohérente selon moi, et il est désormais la cible de toutes les suspicions. Ce qui vient conforter mon analyse.


    • Jusdorange Le 29 novembre 2016 à 11h53
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      A Geoffrey,

      Vos question sont nombreuses et difficiles. Je ne peux répondre à toutes, et dois vous avertir que ma réflexion est loin d’être affirmée sur ces sujets.

      Pour parler simplement je dirais que la Nation c’est le peuple qui se fait acteur politique.

      Mais sur la base de quoi ?

      Ernest Renan parle d’un plébiscite de tous les jours. La Nation est un choix, une proposition. J’adhère à cette idée.

      Sauf que d’autres font valoir qu’il doit également y avoir l’idée d’un passé commun si l’on veut pouvoir justifier une solidarité entre les membres de la Nation.
      C’est assez juste selon moi.
      Mais quel passé commun ? : langue ?, tradition ?, us et coutumes ? récit national ? religion ? tout à la fois ? seul un de ces critères ? deux ?
      Je ne sais pas trop. Le minimum serait une langue et un récit national communs.

      Enfin vous avez les racialistes (vous ?) qui fonde cette solidarité sur une base raciale.
      Je m’y oppose vigoureusement. Cela ouvre la voie au pire.


      • Babar Le 29 novembre 2016 à 16h42
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        Pas la vitamine B6 mais la vitamine D (son absence provoque le rachitisme) qui est synthétisée sous sa forme active grâce aux rayons du soleil. La peau noire laissant passer moins de photons, les taux de vitamine D diminuent lorsque les sujets à peau noire sont transférés dans des régions moins lumineuses que les tropiques.


      • Onthokai Le 29 novembre 2016 à 20h50
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        les noirs et les blancs se reproduisent très bien entre eux, il s’agit donc de la même race.
        Le groupe 0 digère mieux le cru que le groupe B

        Les husky supporte mieux le froid que les lévriers et pourtant il s’agit de la même race les chiens.
        Franchement votre argumentation est à 2 centimes et encore…
        Dans 100 ans il n’y aura plus d’humanité si on prend trop le temps.
        L’humanité est une me paraît beaucoup plus réaliste : http://www.voxeurop.eu/fr/content/article/3769751-europeens-tous-cousins
        la carte des migrations humaines :
        https://genographic.nationalgeographic.com/human-journey/


        • Julien Le 30 novembre 2016 à 11h08
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          Pardon de me faire l’avocat du diable, mais “chien” n’est pas une race, c’est une espèce. Dans l’espèce “chien” il y a plusieurs races.
          On peut dire que “l’humanité est une” au sens : il n’y a pas d’être humain au dessus ou en dessous d’un autre, si tant est que cela ait un sens.
          On peut aussi dire qu’il y a dans cette espèce énormément de diversité (les noirs, les blancs, etc.), qu’on appelle plus communément “races”.

          Le raciste, c’est celui qui classe ces races suivant une échelle de valeur; et cette démarche n’a aucun sens car elle n’a rien d’objectif.

          Mais à l’inverse, le défaut du combat antiraciste, c’est que plutôt que de dire “on a des différences, elles existent et elles ne gênent personne”, on nie ces différences. Nier les faits n’a jamais été une méthode intellectuelle valide.

          Non, un noir ce n’est pas pareil qu’un blanc. Et dire cela ne signifie pas que l’on considère l’un supérieur à l’autre. Actons le fait que les gens soient différents, dans la mesure ou ça n’implique pas une relation de supériorité.


    • sainsaulieu Le 07 février 2017 à 15h44
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      La nation le mot évoque un fantasme commun qui réunit ceux qui ont envie d’être ensemble sous cette barrière symbolique. Le caractère racoleur des grands hommes est un avatar de nos livres scolaires. la nation est un espoir pour les foules anonymes qui cherche comment vivre ensemble avec toutes ces personnalité différentes. Et pourtant quoi de plus beau q’une chorale à l’unisson. Mais comme la nation se situe sur le terrain du symbolique, il n’y a pas à évoquer à propos de la nation, l’écueil du totalitarisme.


  3. Homère d'Allore Le 29 novembre 2016 à 07h46
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    Oh, certes, tout le monde a commenté l’élection de Trump ! Mais le choix de France Culture (qui s’adresse prétendument à un public à l’esprit critique) n’est pas innocent, loin de là.

    Cette remarque est donc loin d’être “débile”.


    • Koui Le 29 novembre 2016 à 08h54
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      Je n’ai pas été invité à commenter l’élection de Trump a la télé, ou à la radio. Dire que tout le monde donne son avis, que tout le monde espionne tout le monde, que les faits montrent que la perception des gens est erronée, tout cela n’est qu’hypocrisie C’est comme l’art dont certains disent qu’on n’a pas le droit de le juger tout en participant aux jurys qui fixent le prix des œuvres.


      • Bigtof Le 29 novembre 2016 à 13h05
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        Ce matin, c’était Patrick Buisson, conseiller de l’extrême droite de Sarko qui était l’invité du 7-9 de France Inter.
        On ne peut mieux confirmer le propos de Frédéric Lordon !


  4. Logic Le 29 novembre 2016 à 07h46
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    Le rétrécissement de la pensée provient de ce que le système a fait sien l’interdiction de la dame de fer : Il n’y a pas d’alternative.
    Au point où cette interdiction n’est plus vue comme un choix, ou une limitation, mais comme un fait. La réalité est néolibérale, le néolibéralisme est la réalité !
    Tout ce qui sort de ce cadre est soi non perçu soit relégué à l’état de chimère.

    C’est pourquoi le fait divers deviens la norme du journalisme post-politique (car la politique présuppose des choix).


  5. informaticien Le 29 novembre 2016 à 07h47
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    il y a longtemps un ami anarchiste me disait sous Mitterrand que les socialistes sont la marche pied de l’extrême droite et à l’époque je ne comprenais pas vraiment. Il disait, qu’à un moment, malgré tous les louvoiements, leurs idées vont être en conflit avec les forces de l’argent, et à ce moment la, il vont choisir l’ordre au désordre, c’est à dire le status quo au changement, et trahir ceux qui les portent.

    Quand les socialistes sont la plus grande force de gauche, leurs électeurs trahis n’ont plus de représentants visible, à part l’extrême droite qui les drague depuis toujours et ils sont en colère.

    Certes, il reste Mélanchon, les écolos et Besancenot, le pire n’est jamais certain, mais clairement comme cet article le montre, tout sera fait pour préférer Lepen a l’un d’entre eux. En plus, aucun de ces challenger de gauche peut se prévaloir d’une quelconque victoire contre les forces de l’argent, face a lepen qui roule des mécaniques.

    Mais la peut être c’est mon filtre géant démédia qui parle ?


    • Perret Le 29 novembre 2016 à 09h36
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      ” il reste Mélanchon, les écolos et Besancenot”, Mélanchon pourquoi pas et la victoire de Fillon à la primaire de droite (canditat de Bilderberg et des globalistes, donc notre Clinton à nous, à ceci prêt qu’il est correctement positionné sur la Russie et la Syrie, mais il faut bien tromper le bétail électoral en lui donnant un peu de bon foin) lui ouvre possiblement la voie vers l’Elysée (sinon ce sera Le Pen). Quand aux écolos et Besancenot, ils sont, pour la plupart, dans une ligne globaliste assumée. Les positions internationales des Verts et du NPA manifestent une soumission de type mainstream chaque jour plus révoltante.


    • Catalina Le 29 novembre 2016 à 09h38
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      Informaticien,

      Lepen peut-elle se prévaloir de lutte contre les forces de l’argent, lesquelles ?


      • informaticien Le 29 novembre 2016 à 10h10
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        Non pas du tout, mais son truc c’est de surfer sur la colère et de proposer de punir les supposés responsables, pas de proposer un modèle de société qui marche. Sur le modèle de société elle fait le service minimum à géométrie variable pour limiter les attaques trop simples contre son parti.

        C’est idiot, mais Trump et Berlusconi semblent prouver que ça peut marcher.

        Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle ne manque pas de cible, on a quand même une belle brochette avec l’umps comme elle dit, ça plus son fond de commerce avec les étrangers, il y a du grain a moudre.

        Je dis pas que c’est dans la poche, mais elle est quand même bien aidé. Sur le plan de la com, j’ai l’impression que le stigmate marxiste est devenu plus pénalisant que le stigmate fasciste. Certainement parce que les “partis de gouvernement” et lémédia ont légitimé bien plus de thèmes de Lepen que de Besancenot.

        En conclusion, on regarde , on voit pas vraiment qui va nous sortir de la merde, qui va tenir tête a goldman sachs ? sérieusement ? au moins on peut essayer de punir les coupables, c’est toujours ça de pris. Mélanchon a une sacré pente a remonter pour battre ça.


        • Catalina Le 29 novembre 2016 à 12h31
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          Je pense qu’il n’y a personne en France pour changer quoique ce soit vu que le plafond de verre des zélections est en béton armé, si les gens votent, ils voteront pour la m^me chose, point. Ensuite, fillon qui dit “moije” on connait, on a eu l’autre pantin qui a menti sur tous les points de son discours ( le gaz de schiste arrive chez nous….la finance est son mentor.à hollande…)


        • Didier Le 29 novembre 2016 à 20h55
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          La première des pentes à remonter, ça serait qu’on orthographie correctement son nom: Mélenchon, si ce n’est pas trop demander.


          • informaticien Le 29 novembre 2016 à 21h00
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            Je vous prie d’excuser mon erreur. Malheureusement, je ne peux plus corriger…


    • RGT Le 29 novembre 2016 à 20h15
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      “il y a longtemps un ami anarchiste me disait …”.

      Votre ami est-il toujours anarchiste ? Si oui, je vous conseille vivement de vous rapprocher de lui.

      Personnellement je suis anarchiste proudhonien non intégriste depuis les années 70.

      Ce que j’observe en permanence, c’est qu’au final nos cons-citoyens sont très heureux de vivre dans la société qui nous est imposée, entièrement soumis à leur servitude volontaire.

      Leur proposer de changer de société pour un modèle plus participatif et plus égalitaire ?

      Leur réponse sera certes affirmative mais au fond de leurs cœurs ils sont très satisfaits d’être dirigés et de ne pas avoir à réfléchir, juste se laisser guider comme tout bon troupeau bêlant qui se respecte.

      Ils préfèrent regarder les étrons télévisuels plutôt que de réfléchir à leur propre destinée.

      Et c’est partout pareil :
      Au boulot, servitude.
      Dans les lieux publics, servitude.
      À la maison, servitude.
      Dans leurs tombes, servitude…

      Ça fait bien longtemps que je n’essaye plus de changer le monde.

      Les victimes ne veulent surtout pas. Elles se rebellent mollement quand elles s’en prennent plein la gueule, mais elles se foutent totalement du sort des autres.

      Comment voulez-vous que ça change ?


  6. Dizalch Le 29 novembre 2016 à 07h52
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    [quote: GGlosmanificos] Déjà, je peux pas aller plus loin dans la lecture de ce pavé:
    Oh! L’ami, fait moi la liste de QUI n’a pas commenter l’élection de Trump? TOUT le monde y est allé de son avis éclairé … Pourquoi pas eux! [/quote]
    Et moi de vous dire, déjà je peux pas aller plus loin dans le lecture de vos propos… Mais, je vais faire un effort tiens… Vous vous permettez de tutoyer Lordon, de lui imposer de vous faire une liste de qui pourrait et ne pourrait pas… Et vous vous exclamez que les trois exemples citez soient justifiés à le faire “selon vous”?… Vous trollez j’imagine?… Vous êtes sérieux?… Vous êtes à ce point lecteur/auditeur de leurs interventions sur les mainstreams qu’ils vous semblent répondre aux critères du “journalisme”?… C’est une blague j’espère… Allez donc voir leurs pronostiques respectifs sur Trump… Et sur tout un tas d’autres sujets hein… systématiquement a côté de la plaque… à 100%… Donc j’en conclu que vous êtes soit naïf… (continuez à lire vos mainstreams), soit un Troll d’un canard lambda à l’audimat en berne…
    cdt


    • Chris Le 07 février 2017 à 15h06
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      Perso je trouve la première moitié de ce texte somptueux autant sur le fond que sur la forme.


  7. bob Le 29 novembre 2016 à 08h54
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    et sans parler du blocus médiatique que subit le 5eme parti de France en nombre d’adhérents… 13512 ce matin, et toujours le blackout total audio et télévisuel de grande écoute. ceux n’ayant pas accès à internet (et ils sont légions chez nos anciens) irons aux urnes sans même savoir qu’une proposition leur est faite de rendre leur pays souverain… ils n’auront pas eu l’opportunité de se faire leur idée, auront entendu pârler ad nauseam de produits fabriqués sans fond tel Macron, mais finalement n’auront eu le choix qu’entre continuité morbide et conflit… jusqu’à quel point peut-on tenir l’argument de la presse libre en France?


  8. LS Le 29 novembre 2016 à 09h03
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    La question est intéressante. Il faudrait regarder QUI a commenté l’élection de Trump sur France Culture le lendemain ou le surlendemain.
    Lordon affirme, mais c’est peut être du 2nd degré, que France Culture (pris comme échantillon représentatif de la prestitué) met en tête d’affiche ces deux intervenants voire n’a mis qu’eux ou des gens comme eux. Je ne sais pas si c’est vrai, j’écoute assez peu FQ qui est, sauf de rares exceptions (comme “terre à terre” par exemple), très dans le convenu et le politiquement correct. De plus, on ne peut pas dire que C. Ockrent et BHL soit d’un niveau argumentaire transcendant.
    Puisque vous critiquez cette affirmation, avez vous des noms d’intervenants d’une autre orientation idéologiques ou d’un niveau plus intéressant ?


    • somebulle Le 29 novembre 2016 à 10h34
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      Pour info
      on ne peut pas ou plus laisser des commentaires sur les pages des émissions france culture
      L émission terre à terre de Ruth n est plus depuis le moi de juin.
      Une voix différente et qui invite des Voix exprimant des pensées ,tous les vendredis à 22h15
      https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir/nouveaux-conflits-internationaux.

      22h15 et encore plus tard pour taddei, et qu une fois par moi sur la 2!!!!!!!
      sinon il y a la Suisse francophone !!!! Lui qui fut viré par la même Okcrent !!!
      http://prochetmoyen-orient.ch/syrie-washington-mise-sur-raqqa/


    • LeFredLe Le 29 novembre 2016 à 13h13
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      “Prestitué” J’en ris encore 15 minutes après!
      ça aurait été encore meilleur avec un e de plus “prestituée”
      C’est tout à fait ça.

      En excellent article de Frédéric Lordon une fois de plus.
      Qui vise juste et qui souligne à quel point l’extrême droite est utile aux partis de l’establishment!


  9. V_Parlier Le 29 novembre 2016 à 10h20
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    Vous êtes un peu dur avec lui ici, même si je suis aussi d’accord avec vos constats. Il est vrai aussi que même si l’article me plait dans l’ensemble, l’infime partie de la gauche qui n’a pas suivi le mouvement mondialiste préfère se rassurer en disant que ce ne sont que les médias qui ont détruit la “vraie” gauche. Or si les médias opèrent ainsi c’est parce-que la “fausse” gauche et le faux centre les ont ainsi confortés durant une trentaine d’années.


    • Pakete Le 29 novembre 2016 à 10h58
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      C’est un peu étrange de considérer que Lordon dit que c’est uniquement la faute des médias. Et contradictoire avec, par exemple, les critiques qu’il fait sur le discours de gauche dans une conférence à HEC en septembre de cette année (que vous trouverez facilement sur internet).

      Il émet un avis, dans cet article, sur le pourquoi d’une part de la responsabilité, de la contribution des médias à l’élection de Trump.

      Ni plus ni moins. Le reste des problèmes que vous soulevez n’est pas le sujet de l’article


      • V_Parlier Le 29 novembre 2016 à 20h35
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        Ma réponse est en rapport avec le commentaire auquel elle fait suite, et avec l’article ici présent. (Je ne commente pas ce que Lordon a écrit ou dit par ailleurs, et que je n’approuve pas forcément). Ici il écrit:
        * “Le spasme de dégoût que suscite immanquablement le mot d’idéologie est le symptôme le plus caractéristique du journalisme post-politique.”
        * Puis: “Maintenir cette configuration du problème post-politique (…) requiert alors d’opérer le déni radical de la différence de gauche. Et si jamais celle-ci commence à faire son chemin, de la combattre impitoyablement.”.
        Et le texte revient plusieurs fois sur cette idée de la “destruction de la vraie gauche” par les journalistes tout puissants.


  10. christian gedeon Le 29 novembre 2016 à 10h27
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    Bof…cet article n’est pas du pipeau. Ce n’est d’ailleurs pas un article.On dirait que la presse en général dite mainstream a surgi de nulle part,si l’on en croit Lordon.,qu’elle a été imposée au peuple et aux auditeurs,téléspectateurs et lecteurs(cette dernière catégorie étant en voie de disparition rapide). Désolé M. Lordon,mais ce sont vos alter ego issus de la grande vaguelette de 68 de l’autre siècle,et des foucades qui s’en sont suivies,qui ont mis cette presse en place…sans compter l’utilisation du mot post…tout est devenu post maintenant…post industriel,post vérité(laquelle?),post moderne,post ceci post cela…Certes,France Inter et France Culture sont devenus des organes de propagande. Mais de propagande pro domo,en fait…les intervenants sont pour l’essentiel des gens qui essayent d’assurer leur propre survie,parfois de façon pathétique,comme Legrand ou Guetta.Mais bon,ils ne sont pas là “contre “le peuple,mais par sa grâce ” en quelque sorte…un peuple limité à quelques quartiers de Paris.


    • sergeat Le 29 novembre 2016 à 13h09
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      D’accord avec vous,mais pour moi les”journalistes stars”payés par les milliardaires propriétaires de nos médias ne sont que des acteurs riches qui doivent suivre un scénario de béatitude envers la vision de leurs maîtres,quand aux pigistes ils veulent atteindre l’énorme base salariale des acteurs riches et donc amplifient la doxa.
      Par mimétisme cette égosphère finit par croire ses balivernes,et l’entre soi finit de déconnecter cette caste du monde réel,d’où la non analyse du monde.


  11. theuric Le 29 novembre 2016 à 11h10
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    Il est bon de revenir aux cadres de référence lorsque les considérations deviennent floues.
    Ainsi les notions de gauche et de droite furent inventées en France au tout début de la révolution française lors des états généraux.
    Louis XVI, ne s’y retrouvant plus, demanda à ce que ceux étant avec lui se mettent à sa droite, ceux contre lui, à sa gauche.
    Il s’agit donc bien là d’une relation au pouvoir, à l’époque celui du roi.
    Aujourd’hui, le pouvoir est financier, national et international, et liés, l’U.E.€, l’O.T.A.N. et l’empire U.S..
    La question est donc: qui est pour et qui est contre cet ensemble.
    Messieurs Lordon, Mélenchon, le P.C.F. et le P.G., de vouloir conserver l’Union-européenne tout en voulant lutter contre les puissances financières, sont, suivant cette logique, du centre.
    Monsieur Asselineau et l’U.P.R., ainsi que divers partis largement minoritaires tels que le P.R.C.F., sont de gauche.
    Tout le reste des partis politiques sont de droite, voire d’extrême droite.
    Voilà, une fois remise à l’endroit, cette duale notion politique redevient logique et cohérente, mais pour cela il fallait la requestionner à l’aune de l’histoire.


  12. Goldoni Le 29 novembre 2016 à 12h05
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    La notion de “peuple” est un piège qui fait délirer beaucoup. Et si l’on parlait de classes sociales, d’intérêts des uns et des autres et des luttes qui en découlent. W. Buffet, oligarque s’il en est, dit clairement la lutte qu’il mène et pourquoi il gagne. Notre petite bourgeoisie qui perd les miettes que lui concédaient l’oligarchie dominante se paupérise et a peur. Le monde du travail – ouvriers, employés… Ceux qui travaillent dans des conditions ignobles (précarités, management harceleur, culture d’entreprise sectaire…) et ceux qui ne travaillent pas ou plus (chômeurs, retraités, pensionnés…), qui sont tous victimes de la répartition des richesses créées au profit du capital vont se ressaisir et nouer les nouvelles alliances qui permettront le développement de notre pays. Hors de cela, le déclin se poursuivra…


  13. Goldoni Le 29 novembre 2016 à 13h20
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    La gauche s’identifie aux classes pauvres, ouvrières, travailleuses… Les “sans culottes” de la révolution française. L’internationalisme est un marqueur de la gauche… La question de l’Europe n’est que dans le rapport de force… L’Europe actuelle est le nom du capitalisme à son stade impérial. Ce qui n’invalide en rien une Europe des travailleurs qui refuse la concurrence de chacun contre tous et reste à construire. Il faut avoir le courage de cette politique et être confiant dans le pouvoir de nos luttes… Lutter donc! Sinon c’est juste un repli nationaliste… À droite donc.


  14. BOURDEAUX Le 29 novembre 2016 à 14h15
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    j’aime bien ce passage : “et les populations écumantes de colère se mettent à croire n’importe quoi et n’importe qui. Au fait, pourquoi en sont-elles venues ainsi à écumer de colère, sous l’effet de quelles causes, par exemple de quelles transformations économiques, comment en sont-elles arrivées au point même de se rendre aux pires mensonges ? Cest la question qu’il ne vient pas un instant à l’idée du journalisme fact-checkeur de poser.”
    qui me rappelle une question que Pierre NORA posa un jour à Jean-François REVEL en ces termes : ” tu nous expliques depuis des années pourquoi toutes les révolutions échouent, mais tu n’expliques pas pourquoi, malgré cela il se trouve encore des gens pour continuer à vouloir en faire”.


  15. BOURDEAUX Le 29 novembre 2016 à 14h40
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    La remarque est au contraire très justifiée, puisque Okrent et BHL avaient pronostiqué, (et milité pour) la défaite de Trump. Que penseriez-vous d’un magazine scientifique qui en 1968 aurait fait commenter l’aventure lunaire par quelqu’un qui aurait prétendu jusqu’à cette date que la lune était gazeuse, par exemple ?


  16. Goldoni Le 29 novembre 2016 à 15h43
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    Le communisme c’est le bien commun… Fondé sur l’ humain, de toutes les origines. Dans un monde parfait (!), chacun pourrait développer sa culture chez lui dans une société apaisée. Les dominants, les prédateurs, les pléonexes ne connaissent que l’appropriation privée et la lutte pour eux mêmes. C’est pourquoi les soulèvements sont inévitables (La fantastique exposition au Jeu de paumé à Paris)
    Echanger, partager, aimer…. Ne sont pas de votre lexique. Les propos xénophobes, racistes, racialistes ne sont pas dans le mien.
    Votre néo fascisme doit être assumé comme tel.


    • SARTON Bernard Le 29 novembre 2016 à 19h14
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      En effet on ne peut que souhaiter l’avènement de la société vraiment “Communiste” si discréditée par l’échec de l’URSS mais que Cuba revitalise face à l’embargo du plus grand pays capitaliste de la planète . Gloire à Castro le révolutionnaire créatif et visionnaire qui est parti ces jours-ci sans demander un catafalque léninien . Les Médias sont la proie d’intellectuels assis sur le système que Lordon décrit avec finesse d’esprit . Ils sont le produit du système capitaliste en perdition avancée et ils ne peuvent regarder le monde sans lunettes déformées . Les peuples peuvent se tromper par inertie citoyenne mais en fin de compte ils ont toujours le dernier mot souvent après bien des échecs et des erreurs de jugement . La bourgeoisie a fait son temps historique , place à d’autres classes surexploitées pour changer le monde . C’est toujours l’espoir de l’humanité en ces temps de désespérance et de chaos …


  17. step Le 29 novembre 2016 à 17h58
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    comme souvent venant de R. Godin un excellent article -qui remonte une peu l’intérêt pour le journalisme après ce réquisitoire ( au demeurant assez juste) de F.lordon – sur le positionnement politique de Fillon:
    http://www.latribune.fr/economie/france/francois-fillon-un-conservateur-du-19e-siecle-620428.html


  18. Martin Le 29 novembre 2016 à 18h04
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    L’analyse n’est pas inintéressante (même si elle gagnerait en lisibilité avec l’emploi d’un style moins ampoulé) mais pêche à mon sens par deux oublis :

    1/ “Lémédia” n’est pas un univers parallèle, mais une juxtaposition d’entreprises de presse – de sociétés commerciales, donc – ayant pour point commun d’appartenir à des milliardaires (Drahi, Bouygues, Arnault etc.). “Lémédia” sont donc devenus, très logiquement, des “organes de communication” destinés à raconter au public une histoire conforme aux intérêts de leurs actionnaires et de la classe sociale qu’ils représentent. Et rien d’autre…

    2/ La description de la “mécanique” aboutissant à un tel niveau de veulerie des journalistes mériterait quelques lignes… que l’on peut trouver dans la livre d’Aude Ancelin “Le Monde Libre”, laquelle Madame Lancelin pose la bonne question “comment une telle chose, un rêve de législateur fou, est simplement possible” ? La réponse donnée par l’auteur est la suivante : ne sont recrutés par “lémédia” que les plus lâches et les plus dociles. Et Madame Ancelin sait de quoi elle parle puisqu’elle a été recrutée facilement avant d’oeuvrer comme journaliste pendant 20 ans…


    • Didier Le 29 novembre 2016 à 21h02
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      Juste une remarque en passant: la critique régulièrement portée contre Lordon, qu’il utiliserait un style par trop “ampoulé”, pour reprendre vos termes, est un peu lassante.

      Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à lire quelque chose qui ressortit à un style soutenu, voire recherché: ça nous change agréablement de la misère rédactionnelle qui semble être devenue (sous prétexte de modernité, sans doute) la norme éditoriale à peu près partout.

      Mais ce n’était qu’une remarque en passant.


  19. Anne Jordan Le 29 novembre 2016 à 18h06
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    pour illustrer le ” singe qui mélange les mots ” , voir ou revoir l’excellent Franck Lepage :
    http://www.dailymotion.com/video/x9wwg5_franck-lepage-langue-de-bois_fun

    de 2009 , hein !
    et pour ceux qui trouvent la prose de Lordon un peu… indigeste , voici l’article que j’ai trouvé hier , un peu résumé , et dans la presse algérienne svp !
    http://www.algerieinfos-saoudi.com/2016/11/frederic-lordon-devoile-le-delabrement-intellectuel-du-journalisme-mainstream.html


  20. bhhell Le 29 novembre 2016 à 19h16
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    Le problème de la droite, c’est son refus d’admettre les inégalités sociales et de les théoriser car la société ne doit pas être pensée. Elle va toujours invoquer le bon sens, l’honneur, les principes, substituer l’individuel aux structures. Ronald Reagan et les néo cons sont de très bons exemples de cette stratégie: on invoque les valeurs sans cesse, la famille, l’église, la loyauté et on booste les principes du chaos néolibéral qui détruisent justement toute forme de valeur. Dans la même veine, Mr Fillon se propose lui aussi de rétablir les valeurs en plaçant la responsabilité individuelle (= le marché) au cœur de son programme.
    Le ni gauche ni droite invoque le bon sens et le pragmatisme, des principes de droite, et c’est pourquoi à mon sens Lordon a raison d’insister sur cette différence. Les approches sont radicalement opposées.


    • V_Parlier Le 29 novembre 2016 à 20h40
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      La seule différence entre Fillon et les autres européistes, c’est que Fillon est fier d’annoncer la couleur alors que les autres (gauches comprises, incluant les néo-syriziens européistes) n’osent pas avouer qu’ils n’auront pas le choix et appliqueront le même programme. Après cela, le reste n’est qu’hypocrisie.


    • Pinouille Le 09 février 2017 à 14h50
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      “Le problème de la droite, c’est son refus d’admettre les inégalités sociales et de les théoriser car la société ne doit pas être pensée.”
      La droite n’a jamais eu de difficultés à admettre les inégalités sociales. Elle les considère même comme une nécessité. La volonté de gravir l’échelle sociale ou de se maintenir au top est l’un des plus puissants déterminants de l’économie moderne, et peut-être même de l’humanité, toutes époques confondues.
      Et il suffit de regarder comment le monde tourne actuellement pour s’apercevoir que la société a été pensée (entre autres) autour de ce principe: capital, monnaie, politique, … Partout.

      La question est: peut-on concevoir une société plus à gauche qui fonctionne en faisant tout ou partie abstraction de ce qui semble être un déterminant fondamental de la nature humaine?


  21. Oblabla Le 29 novembre 2016 à 19h36
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    Après m’être ingurgité ce pensum, un constat : F. Lordon est bien meilleur à l’oral qu’à l’écrit. Quant au fond, je ne me risquerai pas à le commenter par paresse tant il y aurait à dire. Cependant, on doit se rappeler que F. Lordon était un des principaux gourous de Nuit Debout dont tout le monde a pu apprécier le succès… Et je ne puis m’empêcher de citer le commentaire d’un visiteur de cette brillante manifestation qui traduit assez bien ce sur quoi déboucherait la mise en place de la philosophie de FL et de ses idées économiques:
    « Habitant à proximité de la place de la République et curieux de ces Nuits debout dont on parle tant, j’ai pris la peine de me déplacer pour voir et entendre ce qui s’y faisait et disait. N’étant pas connu, j’ai pu entrer dans un espace démocratique où la parole est libre pourvu qu’elle corresponde à la ligne du parti. J’y ai entendu les discours de ceux qui veulent redistribuer la richesse sans l’avoir au préalable créée. J’ai entendu parler de la fondation d’un monde qui correspond à un idéal qui n’est pas le mien. J’ai entendu parler de la création de l’homme nouveau. Puis, en prêtant bien attention, derrière, comme un bruit de fond, j’ai entendu le bruit des outils qui construisaient les miradors des camps de rééducation à venir… »


    • sissa Le 30 novembre 2016 à 14h24
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      C’est plutôt amusant de constater que votre commentaire cadre tut à fait avec ce que dit Lordon. Vous ne faites que répéter la propagande que dénonce Lordon, ce discours selon lequel toute remise en question de l’ordre économique et social est un appel à la dictature. C’est ce qui, fait à terme le lit de l’extrême droite: si on arrive à décrédibiliser toute alternative de gauche, il ne reste plus aux sans dents que les fascistes pour exprimer leur colère. Et lorsque cela arrivera, je parie que vous et vos semblables jugeront qu’ils n’ont aucune responsabilité dans l’affaire et que seuls les “gauchistes” sont à blâmer.


  22. sissa Le 29 novembre 2016 à 22h12
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    Remarque débile? Je crains que vous ne l’ayez pas comprise(sans doute j’imagine par allergie au personnage de Lordon)
    Son propos n’est pas de s’offusquer que BHL ou Okrent aient commenté l’élection de Trump, c’est qu’on leur a demandé de le faire sur des grands médias prestigieux. Il veut dire que ces gens sont disqualifiés et ne devraient plus être considéré comme souce d’analyse sérieuse.
    Vous pouvez essayer de lire la la suite?


    • Wilmotte Karim Le 30 novembre 2016 à 12h00
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      Ou alors, il s’appuie sur une nombreuse production précédente qu’il prend comme acquis ici?!


  23. Louis Robert Le 29 novembre 2016 à 22h49
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    Ambiance de nihilisme et de décadence, d’impuissance et de désespoir. Des textes semblables se multiplient, c’est l’air du temps. Hier, Hedges réfléchissait, “En attendant les barbares”.

    http://www.truthdig.com/report/item/waiting_for_the_barbarians_201611271

    S’exprime la crainte d’être bientôt muselés, au prétexte des parlementaires européens de mettre un frein à la propagande… russe!… canalisée, dit-on, par des centaines de médias sociaux, nommés par le Washington Post. Les nostalgiques rêvent d’un retour à la belle époque… de McCarthy.

    “L’Occident se dirige vers l’interdiction des médias russes” (Fanian CUNNINGHAM, Strategic Culture Foundation)

    https://www.legrandsoir.info/l-occident-se-dirige-vers-l-interdiction-des-medias-russes-strategic-culture-foundation.html

    Que ceux qui ont à dire parlent maintenant, avant qu’on nous l’interdise dans l’urgence. Bientôt, plus besoin de “modérateurs”.


    • BEOTIEN Le 08 février 2017 à 16h42
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      “avant qu’on nous l’interdise dans l’urgence”

      Pas déjà le cas ? Pas ce dont ce papier est le constat ?.

      Il est même fort à craindre que des sites comme celui-ci ne soient tolérés que par leur vertu “confusionniste”. A commencer en entretrenant votre croyance en un reste de liberté. Car… rien de tel qu’une telle illusion de liberté pour acheter la résignation.

      Mais attendez que son audience (déjà suffisante pour avoir fait naître les réactions du Monde sus-évoquées) soient perçue comme gênantes et vous verrez ce qu’il adviendra. Comparez le prix payé pour le Monde et la fortune du seul Niel et tout vous deviendra simple, clair, limpide…


  24. Christophe Le 30 novembre 2016 à 07h06
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    Lordon écrit bien, trop bien, il devrait aussi pouvoir vulgariser sa pensée, s’adresser au peuple (“les gens sur qui s’exerce le pouvoir”)


    • Stella2B Le 07 février 2017 à 16h45
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      Rien n’interdit au ” peuple ” de s’élever au niveau de la prose de M.Lordon:
      grâce à internet, il suffit d’y rechercher ce qu’on n’a pas compris ou qui fait lacune dans les connaissances, il y a les livres aussi, à condition d’accepter d’y passer plus de temps que devant la ” téloche”.
      Un des buts essentiels de la vie est d’apprendre, tous les jours et jusqu’au dernier de ses jours.
      Merci à Frédéric Lordon de considérer que nous sommes tous assez intelligents pour le comprendre.


      • Pinouille Le 09 février 2017 à 15h05
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        “Rien n’interdit au ” peuple ” de s’élever au niveau de la prose de M.Lordon”
        L’envie, peut-être…
        Elle ne se décrète pas.

        “Un des buts essentiels de la vie est d’apprendre”
        Laissez à chacun le soin de définir ses propres buts essentiels de la vie. Ils ne seront peut-être pas les vôtres.


  25. juliettedesesprits Le 30 novembre 2016 à 09h17
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    Le problème des médias , c est la pensée unique qui vous montre comment vous devez penser . S y associe une police de la pensée qui vous exclue automatiquement du champ de la réflexion et qui se retient de vous envoyer dans un camp de rééducation… Peut être pas si lointain.
    Je crois que si on veut échapper à l intox . Il faut lire des livres de chercheurs qui ont l expérience du terrain et de penseurs qui ont réfléchi sur l histoire. Cela demande un effort et du temps. Plus on diversifie les sources d information et plus on garde un esprit libre et critique. La connaissance c est un grand pas vers la liberté.


    • Louis Robert Le 30 novembre 2016 à 10h21
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      “… vous envoyer dans un camp de rééducation… Peut être pas si lointain…”

      N’avons-nous pas déjà des “centres de déradicalisation”?

      Au fait, ces cours: “Apprentissage des effets de nos politiques” (101, 201, 301…), etc. c’est pour bientôt?


  26. SEBLEB Le 30 novembre 2016 à 13h07
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    Magnifique, j’adore !
    Ha cette verve, cette fougue …
    C’est bien simple il me fait jouir des neurones.


  27. lon Le 03 décembre 2016 à 11h36
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    “…Mais ce système qui enseigne à tous la constante obligation de « changer » est lui d’une immobilité granitique…”

    Ah Frédéric je t’adore .


  28. Lysbeth Levy Le 07 février 2017 à 15h54
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    Et si tout ça n’était qu’une nouvelle façon de manipuler l’opinion dite “publique” ? Voici l’affaire : Wikileaks a balancé qu’il aurait des “choses” sur Macron a travers Rutube : https://francais.rt.com/france/33403-wikileaks-macron-clinton-email-assange Izvetia mais aussi Sptunik : https://fr.sputniknews.com/international/201702031029930563-wikileaks-revelations-macron/
    Pas grand chose a se mettre sous la dent quand l’affaire Fillon bat des records de “battage médiatique” sans précédent, “ad nauséam”. Puis nos braves “journalistes-communicants” reprennent : la Russie veux abattre Macron en le salissant : https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/la-communication-de-macron-contre-la-rumeur-la-russie-et-la-post-verite_452859? Normal la Russie s’ingère en Amérique elle peux continuer en France : http://www.lepoint.fr/presidentielle/presidentielle-2017-macron-vise-par-la-russie-06-02-2017-2102871_3121.php
    Pauvre Macron victime de l’ingérence russe. La Russie voulant faire élire soit le FN soit Fillon jugé (pro-russe et pro-syrien) l’homme qui avait des “usines de casseroles”…Bref au final qui va gagner le gros lot ?? Cousu de fil blanc non ?


    • Fritz Le 07 février 2017 à 22h09
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      Qui sait ? Avec de tels soutiens, Macron va-t-il gagner le gros lot… comme Hillary ?


  29. Antoine S. Le 07 février 2017 à 18h31
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    Bon, Olivier, ils veulent pas fermer votre site. Juste: ils s’en foutent. Ils vous méprisent et vous considèrent comme un vulgaire complotiste. Voilà.
    De même, faire une comparaison avec l’index me paraît exagéré. Ils n’ont pas du tout la même influence qu’avait l’église en son temps.
    Conclusion: vous avez aussi le droit de vous foutre de ce qu’ils racontent et de les mépriser.


  30. Maud Le 07 février 2017 à 19h14
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    J’ai bien conscience que mon commentaire ne contribue en rien au débat. Mais c’est la seule voie pour faire passer mon message²: merci pour votre fantastique travail. Vous contribuez à la force du poignet et parallèlement à vos activités professionnelle à maintenir un semblant de démocratie devant l’apathie générale, les connivences, le soft power à maintenir une petite flamme. Que le libre arbitre puisse d’exercer, mais a t il seulement exister sauf dans quelques consciences aiguisées. Merci.


  31. martin Le 07 février 2017 à 19h42
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    Je rappelle que Lordon défend résolument la souveraineté, comme on peut s’en rendre compte (par exemple) en lisant la Malfaçon, un livre éclairant sur l’Euro. Il n’est pas très chaud, en revanche, pour voir revenir en fanfare la vieille bourgeoisie capitaliste nationale. On peut le comprendre.

    DM


  32. Prae Le 07 février 2017 à 23h58
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    C’est un contre-sens total des travaux de Lordon de dire qu’il soutient meme de loin la possibilité d’un euro progressiste possible. Il fait longuement la démonstration de pourquoi ce n’est pas possible selon lui dans la “La malfaçon: Monnaie européenne et souveraineté démocratique”. Egalement dans son interview a Mediapart, dans son intervention a la conference du plan B, dans toutes ses notes de blogs couvrant l’affaire grecque… Bref partout, sa these est tres justement que l’euro démocratique est un “cercle carré” ou un “reve de singe”.

    Je conseille, comme representatif de sa these, son intervention a la conference du plan B : https://www.youtube.com/watch?v=l23ZRvNL1f4 .


  33. BEOTIEN Le 08 février 2017 à 16h19
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    Article FORMIDABLEment… long.

    Lordon dit le vrai*, et le dit bien. Mais il est bien trop logorrhéique pour être audible à plus que les rarissimes assez opiniâtres pour le lire. Dommage.

    Et plus encore dommage qu’il ne se mêle d’offrir une alternative à ce qu’il dénonce : ce ” Monde nouveau” dont je rêve. Celui qui saurait informer sans se piquer de trop de mots tout en distrayant. Celui qui expliquerait le dessous des cartes à la mode du Pilote de mon adolescence. Jusqu’à ce que nous soyons assez nombreux pour réaliser qu’au delà du partage du quignon de pain l’enjeu est l’asservissement définitif de tous à quelques uns.

    * À ceci prêt que la réalité à laquelle il reproche de se soumettre n’est probablement modifiable qu’à l’échelle d’une action planétaire. Car il omet de fournir pleine mesure du rapport de force : d’un côté une poignée de gens (62) qui disposant de plus de la moitié de la richesse et donc de tous les moyens de “convaincre” n’importe qui. Inclus en lui faisant “une putain de guerre…”


  34. Xfiles72 Le 08 février 2017 à 16h29
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    En parlant de zombie une nouvelle série prénommée “Santa Clarita Diet ” est sorti récement avec Drew Barrymore en vedette.Série bien entendu encensée par la critique…

    Un couple d’agents immobilier, buveurs de smoothie dans une banlieue bobo de Californie très multiculturelle , rien que dans leurs voisins toutes les nationalités sont représentées, qui ont une fille d’à peine 18ans très autonome et très portée sur le sexe pour son âge; enfin bref vous voyez le topo… Drew, alias Sheila, devient soudain zombie , on ne sait trop comment (oui le scénar est très complexe…), et là, c’est LA révélation, elle n’a jamais été aussi en forme, aussi performante au travail, aussi amoureuse de son mari, aussi bonne mère etc etc

    J’avais lu l’article de Lordon à l’époque et notamment l’introduction qui m’était revenu en mémoire dès les premières minutes de ce navet qui prend alors un tout autre sens.


  35. BEOTIEN Le 08 février 2017 à 17h03
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    “Le propre d’un système aussi rigidifié, aussi hermétique à son dehors, et incapable d’enregistrer ce qui se passe dans la société, c’est qu’il ne connait pas d’autre « ajustement » que la rupture, et qu’il suffit de très peu de temps pour le faire passer de l’empire écrasant qui barre tout l’horizon à la ruine complète qui le rouvre entièrement.”

    Sa conclusion n’est pas fausse mais… incomplète. Elle oublie de décrire à quoi elle aboutit inéluctablement : une opportunité de conquête du pouvoir par d’encore pire brutes que les précédentes.

    D’autant qu’aujourd’hui les peuples sont devenus entièrement contrôlables. Le seul champs des luttes subsistant est entre puissants.

    Ainsi est-il à craindre que les débonnaires Buffet, Gates… soient en passe d’être remplacés par ceux qui se sont enrichis par la drogue, le trafic d’êtres humains, le jeu… car aucun code moral ne les arrête et ils savent trop bien avancer masquer aussi longtemps que nécessaire.

    Or (à titre d’UNE illustration) savez-vous le peu de parts du flottant d’une société côtée qu’il est nécessaire de posséder, en toute invisibilité, pour en faire varier les cours à son gré ?


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