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23.mars.201823.3.2018 // Les Crises

Affaire Skripal : Désinformation et croisade contre la Russie

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Billet invité, par Simon Clanice (ingénieur)

Il nous a été proposé en réaction à l’incroyable article de Jean-Baptiste Naudet, paru dans L’Obs le 15 mars 2018, et que nous vous recommandons de lire avant de lire ce billet.

P.S. précisons que par convention, on utilisera l’appellation “Novitchok” pour désigner tous les agents innervants appartenant à la famille des poisons dont le développement a commencé en URSS sous le nom “VR”. Cette famille peut inclure (ou non) des poisons développés après la chute de l’URSS dans d’autres pays en utilisant les connaissances de chercheurs émigrés.

Le Nouvel Obs a tout compris ! Dans le roman de Ian Fleming Casino Royale, James Bond a affaire au redoutable agent Le Chiffre, trésorier du SMERSH, le bureau de contre-espionnage et d’assassinat soviétique. Le journaliste Jean-Baptiste Naudet semble avoir été marqué par ce roman, puisque selon lui c’est le SMERSH qui a assassiné Sergueï Skripal.

Dans la réalité, le service SMERSH (Смерш : SMIERt’ CHpionam soit « mort aux espions ») a existé de 1943 à 1946, pour tenter d’éliminer les espions (et des dissidents…) dans l’URSS en guerre contre l’Allemagne nazie, donc à une époque où ces espions représentaient une menace existentielle immédiate. C’était plus précisément un ensemble de trois services, dont l’un dirigé par le redoutable Lavrenti Beria. Après 1946, le SMERSH n’existe plus que dans la littérature.

Concernant la « cible » de l’attentat, J-B Naudet explique « La Russie agirait ainsi selon la doctrine classique des services soviétiques, puis russes, selon laquelle on ne peut échapper à sa punition. » En réalité, Sergueï Skripal avait passé cinq ans et demi en prison pour haute trahison, avant de profiter d’un échange d’espions entre les États-Unis et la Russie : il a donc bel et bien été puni. L’idée de tuer un ancien espion qui ne représente plus aucun intérêt depuis de nombreuses années est absurde, et ne se base que sur un préjugé selon lequel les Russes seraient des bêtes assoiffées de sang, ce que les médias occidentaux semblent vouloir clamer à tout bout de champ. N’en déplaise à J-B Naudet, la Russie n’est pas dirigée par des incompétents, et le gouvernement russe comprend évidemment les risques qu’un tel meurtre impliquerait, et le fait que cela n’apporterait rien de bon. L’idée de « dissuader les candidats à la trahison » est inepte, puisque si la Russie s’amusait à assassiner les agents doubles pro-américains, elle s’exposerait immédiatement à la réciproque, le meurtre des agents doubles américains espionnant pour le compte de la Russie, et en premier lieu celui des agents échangés contre Skripal.

J-B Naudet enchaîne avec des précédents « brillamment » maltraités par la presse occidentale, à commencer par l’empoisonnement de Litvinenko, qui n’est peut-être pas aussi évident que ce que beaucoup avancent : Maksim Litvinenko, le frère d’Aleksandr, habite à Rimini et a expliqué au Mirror que l’accusation contre Poutine n’a aucun sens (de fait, il n’y a pas de mobile), et que son père aussi est certain que les autorités russes ne sont pas impliquées et qu’il s’agit d’un coup monté.

En outre, Aleksandr prévoyait de retourner en Russie, ce qui indique qu’il n’avait aucune crainte des autorités russes. La famille de Litvinenko a exigé l’exhumation d’Aleksandr pour pouvoir vérifier la présence de polonium, mais les autorités britanniques ont refusé. Maksim estime qu’aujourd’hui, ce serait trop tard : il ne reste en effet que le milliardième du polonium 210 qui était présent le jour de la mort de Litvinenko. Il estime aussi que son frère a pu éventuellement être tué par du thallium, qui est un poison utilisé à plusieurs reprises par des Britanniques, y compris sous forme de thé empoisonné. Nous ne savons pas qui a assassiné Aleksandr Litvinenko, mais une chose est sûre : présenter la version « Poutine l’a tué ! » comme une évidence dénote un manque criant d’esprit critique.

L’autre précédent brandi par J-B Naudet comme une preuve de la malveillance habituelle de la Russie est un ragot étrange concernant un soi-disant dossier russe pour faire chanter le Président américain, qui semble avoir été lancé pour faire tomber Trump avant même son inauguration. Ce ragot, qui ne se basait sur aucun élément concret, semble avoir fait « pschit ! » depuis des mois, ou du moins il n’est toujours pas soutenu par le moindre élément de preuve sérieux.

Concernant l’arme, J-B Naudet se surpasse : « le “Novitchok”, du programme “Foliant”, produit exclusivement en Russie, permet à la fois de diriger très fortement les soupçons sur les Russes, sans toutefois pouvoir formellement prouver leur culpabilité. ». Une simple consultation de Wikipédia aurait appris à cet amateur de romans d’espionnage que les tests soviétiques sur ces armes chimiques se tenaient en Ouzbékistan. Selon l’ambassadeur britannique en Ouzbékistan de l’époque, Craig Murray, tous les stocks du site ont été détruits et son équipement a été enlevé par le gouvernement des États-Unis.

La personne qui a révélé l’existence du Novitchok est un chimiste de nationalité russe et d’ethnie tatare du nom de Vil Mirzaïanov, qui vit aux États-Unis depuis les années 1990, et ce, après son procès pour trahison. Il affirme que seule la Russie pourrait avoir utilisé le Novitchok pour tuer Skripal.

Problème : Mirzaïanov, dont on imagine qu’il a été au moins approché par les États-Unis, est un militant ouvertement anti-Poutine, et « oublie » de mentionner qu’il a apporté et publié en 2008 (disponible sur Amazon au moins depuis 2009) la formule du Novitchok aux États-Unis. Il a expliqué à un journal russe d’opposition qu’il a publié cette formule en espérant que cela empêcherait à tout jamais le Novitchok d’être utilisé (puisqu’il perdait son avantage d’être une arme secrète).

Mirzaïanov pourrait avoir des motifs nationalistes à accuser la Russie. Le journal Argoumenty i Fakty explique qu’il a commencé à se rapprocher des nationalistes tatars après avoir émigré. Depuis 2008, il se dit chef du «gouvernement en exil du Tatarstan ». Année décidément très riche pour ce personnage puisqu’en décembre son « gouvernement » a publié une déclaration d’indépendance du Tatarstan. Cette déclaration dénonce la répression du gouvernement russe contre les Tatars. Notamment, selon la déclaration, la Russie interdit l’enseignement en langue tatare (en réalité pour l’année 2017-2018, il reste 724 écoles enseignant en langue tatare, il y en avait plus en 2008), et des Tatars sont torturés et jetés en prison s’ils possèdent chez eux des livres musulmans (en réalité en 2005 a été inaugurée à Kazan la plus grande mosquée d’Europe hors d’Istanbul). Bref, sa « medjlis » (assemblée législative d’un pays ou groupe musulman) est une organisation cherchant à semer la division en Russie en répandant des accusations mensongères de répression, et on comprend mieux pourquoi les Occidentaux accordent tant d’intérêt à l’opinion de ce Vil Mirzaïanov, et pourquoi il pourrait chercher à nuire à la réputation de la Russie. On conclura en notant qu’un des scientifiques très impliqués dans le programme Novitchok vit aux États-Unis depuis plus de 20 ans, dans que cela ne semble gêner les journalistes les plus paranoïaques…

En outre, si les autorités britanniques ont pu affirmer aussi rapidement que Skripal a été empoisonné par du Novitchok, c’est peut-être qu’elles disposaient d’un échantillon. Si elles disposent vraiment d’un échantillon, alors les autorités britanniques sont aussi à mettre sur la liste des suspects. De fait, la Russie a mis fin à son programme d’armes chimiques en 1992 et certains spécialistes soviétiques ont alors émigré aux États-Unis, en Angleterre et quelques autres pays pour y continuer les recherches sur le Novitchok après la fin de l’URSS.

La Russie, de son côté, a ratifié en 1997 la convention sur l’interdiction des armes chimiques, qui ont donc été progressivement détruites. Certains échantillons ont pu cependant « disparaître » en violation de toutes les règles (particulièrement dans les années chaotiques qu’étaient les années 1990), comme l’indique l’enquête d’un crime survenu peu avant cette ratification. Le banquier Ivan Kivelidi a été tué en 1995 par un agent innervant synthétisé par un chimiste ayant travaillé sur les agents innervants soviétiques, Igor Rink, père de Léonid Rink, (à moins que Léonid Rink et Igor Rink ne soient la même personne, c’est une des bizarreries annexes de cette affaires). Cet agent innervant était peut-être un poison de la famille « Novitchok » (qui s’appelait rarement Novitchok en Russie ou en URSS, mais simplement VR). Il était si puissant qu’en plus du banquier, sa secrétaire et son médecin légiste sont morts. Le 27 octobre 2017, toutes les armes chimiques russes avaient été détruites. Ces destructions sont contrôlées par un organisme de l’ONU, l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC).

Finalement, affirmer que les Russes sont coupables parce que l’arme utilisée appartient à une famille d’agents innervants développés en URSS est à peu près aussi absurde que d’affirmer que le coupable d’un empoisonnement au gaz moutarde serait forcément le gouvernement allemand parce que Bayer est une entreprise allemande.

Terminons en notant que, pour nos médias, Poutine fait assassiner ses opposants à 1 % en bas du Kremlin avec un revolver, mais fait traverser l’Europe à une substance hautement dangereuse pour révéler l’existence d’une arme chimique secrète en assassinant un ancien espion longuement emprisonné. Logique…

Le plus ridicule de l’article de J-B Naudet est peut-être son passage sur le timing. Selon son article « la crise internationale engendrée par cet empoisonnement permet à Vladimir Poutine de renforcer l’atmosphère “patriotique” sur laquelle il peut surfer pour se faire triomphalement réélire dimanche 18 mars dès le premier tour». S’il avait une connaissance profonde de la Russie, ce journaliste saurait que l’élection de Vladimir Poutine dès le premier tour ne faisait aucun doute, pour la simple raison que Vladimir Poutine est extrêmement populaire. Au contraire, ce qu’il veut c’est éviter les scandales pour que cette élection se passe sans contestation possible, mais aussi pour que le Championnat du monde de football à venir se passe le mieux possible, sans boycott des Occidentaux.

En outre, le simple fait d’utiliser une arme chimique quelques mois après avoir annoncé l’entière destruction des armes chimiques russes décrédibiliserait la Russie et serait une vraie raison de sanctions, tout le contraire de ce que souhaite Vladimir Poutine et le peuple russe: la Russie fait des efforts considérables pour démontrer qu’elle est un partenaire fiable et prévisible, c’est indispensable au développement des exportations russes.

Un crime commis avec une telle barbarie (la fille aussi est empoisonnée, ainsi que le premier policier qui est intervenu), avec un motif aussi faible, et avec une arme interdite, cela nuit évidemment à Poutine et accomplit le souhait de nombreux faucons américains : cela discrédite Poutine à l’international au moment où il commence son dernier mandat dans une situation difficile (économie + guerre en cours en Syrie), et cela discrédite la Russie en général. La Russie a notamment besoin de l’entière confiance de pays comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, et autres, pour conclure la vente des systèmes de défense aérienne S-400. Ainsi, une telle action, nuisant aux intérêts économiques de la Russie, discréditerait aussi Vladimir Poutine auprès des Russes qui souffrent déjà des précédentes sanctions, faisant les affaires des partis d’opposition pro-occidentaux.

J-B Naudet fait ensuite un nouveau rappel de ce que les Russes seraient des bêtes féroces assoiffées de sang (c’est devenu une ritournelle qui devrait choquer à l’heure où tout le monde semble d’accord pour dénoncer la xénophobie) : « Quant aux Russes qui soupçonnent l’implication de leurs services dans l’empoisonnement, beaucoup ne se formaliseront sans doute pas de cette tentative d’élimination d’un “traître”, bien au contraire. » Je ne connais pas de Russes qui veulent massacrer des Américains, ni même des « traîtres » russes (déjà condamnés et échangés) et encore moins leur famille.

Enfin, concernant le lieu, Londres est depuis longtemps un lieu où cohabitent et s’affrontent de nombreux groupes cherchant à accroître leur pouvoir, des communistes russes aux islamistes en passant par les gouvernements en exil du temps du Troisième Reich, ou encore les services secrets du monde entier. On ne comprend pas bien pourquoi un crime commis en Angleterre, même à supposer qu’il ait été commis par une puissance étrangère ou un groupe criminel étranger (ce qui reste à démontrer) serait particulièrement à mettre forcément sur le dos de la Russie, l’auteur ne l’expliquant pas.

D’ailleurs l’article se termine par « Une “spetz operatsiya”, une “opération spéciale”, comme il les aime. » On revient au constat de départ : l’auteur de l’article s’imagine Poutine comme un méchant qui aime tuer parce qu’il est méchant, à l’image du Chiffre, le méchant contre lequel lutte James Bond dans le roman Casino Royale.

Autres remarques

Au-delà des élucubrations sans fondement de J-B Naudet, il est possible d’utiliser son esprit critique et faire quelques remarques supplémentaires sur cette affaire. Sans prétendre être exhaustif, voici quelques exemples (n’hésitez pas à ajouter ce qui manque dans les commentaires). Précisons à ce stade qu’il n’est pas question d’exclure à tout prix la responsabilité des services secrets russes. Cependant, l’enquête doit être à charge et à décharge, comme il se doit, et toutes les pistes doivent donc être explorées :

1- Il existe un principe de droit qui s’appelle la présomption d’innocence. Si la Grande-Bretagne a des soupçons contre la Russie, elle aurait dû apporter ses preuves et donner à la Russie la possibilité de répondre. Mais depuis quatre ans, il n’y a plus besoin d’aucune preuve : la Russie est coupable de tout, y compris d’avoir permis l’élection de Trump (essentiellement basé sur le fait qu’un entrepreneur russe a dépensé 100 000 dollars de publicités pour ses sites anti-Clinton, il n’y a en fait rien de sérieux dans cette histoire de collusion), face aux plusieurs milliards de dollars dépensés par les campagnes des deux principaux partis. Aucune accusation ne semble trop absurde. De nos jours, la charge de la preuve peut être inversée et la Russie est ainsi sommée de prouver qu’elle n’a pas commis les crimes dont on l’accuse, ce qui en général est impossible (de même que la France ou le Népal ne pourraient pas prouver qu’ils n’ont pas tué Skripal). Ce n’est pas pour rien que l’adage actori incumbit probatio (la charge de la preuve incombe au demandeur) est une des clefs de voûte de notre droit. Le régime allemand s’est d’ailleurs joint au régime britannique en exigeant de la Russie qu’elle prouve son innocence. Theresa May, elle, avait tout simplement exigé que la Russie, qui n’a pas accès aux éléments de l’enquête, résolve l’énigme en quelques heures.

Il faut imaginer la situation symétrique : Deux citoyens britanniques sont empoisonnés en Russie, et Vladimir Poutine, au lieu de présenter ses condoléances et d’assurer Londres de la diligence de l’enquête russe et de la collaboration avec les services consulaires britanniques, exige que le gouvernement britannique explique immédiatement la mort de ces deux personnes, sans lui donner la moindre information. Il y aurait pour le coup enfin un motif de dire que Poutine est dérangé… Et c’est exactement la situation inverse qui s’est passé.

2- La procédure normale dans le cas de l’usage d’une arme chimique était de passer par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Le régime de May n’a-t-il rien à montrer aux enquêteurs de l’OIAC ? Les inspecteurs de l’OIAC ont fini par arriver sur le lieu du crime le 21 mars, soit 17 jours après le crime. L’OIAC a été l’objet de débats houleux. On constate que cette affaire, qui est pourtant une affaire criminelle, pas une guerre, voit s’opposer en un bloc les pays de l’OTAN à la Russie. La déclaration la plus invraisemblable des représentants de l’OTAN à l’OIAC est peut-être celle du représentant du Canada, qui s’insurge de ce que la Russie ose demander l’application des règles prévues par la Convention sur l’Interdiction des Armes Chimiques, et particulièrement son article IX (qui indique que quand il y a une préoccupation, les États s’échangent les demandes et les réponses de manière civilisée et rapide. En cas de problème, il faut passer par le Conseil Exécutif de l’OIAC, pas par une guerre médiatique).

3-La convention de Vienne (du 24/4/1963) impose au régime britannique d’accorder au personnel consulaire russe l’accès aux ressortissants russes. Il semblerait que ce droit de voir les Skripal ait été refusé pendant 2 semaines. Le point 36.a de la Convention pourrait-il avoir été violé ? Le régime britannique se cache derrière le fait que la Russie est présumée coupable, et que le consentement des victimes n’est pas évident. Le point 36.c (accès aux ressortissants incarcérés) n’a pas encore été violé dans cette affaire puisqu’il n’y a aucun Russe arrêté : le régime britannique et leurs médias n’ont cessé d’expliquer que « la Russie » a empoisonné Skripal, mais concrètement ils ne semblent pas avoir trouvé de suspect. Pire, ils ont renvoyé 23 diplomates russes accusés par Theresa May d’être des espions (par Boris Johnson également). C’est paradoxal : des espions russes sont identifiés par le Royaume-Uni, qui accuse la Russie d’avoir empoisonné Skripal et sa fille ; la convention de Vienne (art. 41.1) permettrait d’arrêter des coupables ou complices… mais le Royaume-Uni décide de les renvoyer simplement en Russie ! Est-ce que Londres a le moindre début de preuve suffisamment sérieux pour convaincre un juge de la possibilité de la culpabilité des fameux espions russes ? Si oui, pourquoi ne les montrent-ils pas ? Se croient-ils toujours au XIXe siècle ?

4- De fait, pour le professeur Léonid Rink, l’un des inventeurs du Novitchok, la version britannique, « c’est des conneries » (vous lire son interview en français ici). Selon lui, le régime de Theresa May n’a pas fourni d’échantillon du poison utilisé à la Russie parce qu’il aurait alors été évident qu’il n’a pas été produit selon la technologie russe (Léonid et/ou Igor Rink a/ont travaillé dans un laboratoire de Chikhany, à la frontière kazakhstanaise).

Il affirme en outre que même Vil Mirzaïanov ne connaissait pas tous les secrets du Novitchok, et que l’analyse précise du poison utilisé aurait pu le cas échéant dévoiler qu’il a été préparé en suivant la recette de Mirzaïanov : « Ceux qui ont synthétisé la substance qui a empoisonné Skripal pouvaient ne pas connaître la composition de beaucoup de ses composants ». Ainsi, les éléments légers composant le Novitchok, que Vil Mirzaïanov ne connaît complètement, se sont volatilisés, et on ne doit donc pas trop attendre de l’analyse des échantillons qui auront pu être récoltés.

Toujours selon le professeur Rink, le simple fait que Skripal et sa fille ne sont pas morts aussitôt indique que la version officielle est très douteuse : Il confirme plusieurs autres arguments, mais surtout, son opinion d’expert est « Tirer sur une personne inutile avec un missile puissant et en plus ne pas le toucher, ce serait le comble de la stupidité ». Il envisage que Skripal puisse être vivant parce qu’on lui a aussitôt donné un antidote, ce qui impliquerait de connaître à l’avance le poison, ou alors que le poison n’était pas du Novitchok. Rink rappelle aussi que Vil Maraïanov a divulgué la formule du Novitchok, ce qui donne la possibilité à n’importe quel laboratoire pharmaceutique d’en produire (mais pas exactement le même…).

5-La France a commencé par prendre une position prudente et digne. Cela a donné lieu à un article du journal The Times affirmant que la France « défiait » Theresa May. Oh, surprise, si l’on consulte l’article en ligne, on y découvre que les alliés sont unis face au « régime » de Vladimir Poutine. La France a fait volte-face.

L’article original était très différent de ce que l’on peut lire, comme le montre une photographie publiée par l’ambassade russe à Londres.

Demander de façon élémentaire des preuves solides à un pays, même allié, qui a gravement menti au moment des guerres d’Irak et de Libye, avant de porter de très graves accusations est donc désormais sacrilège.

Il faut se souvenir de l’hystérie qui a suivi le digne refus de Jacques Chirac d’aller participer à l’opération criminelle de la destruction de l’Irak pour des prétextes mensongers. Une fois de plus, on constate que la France n’est pas libre de sa politique. Ce qui une fois encore nous ramène aux propos de François Mitterrand sur la « guerre à mort » des États-Unis qui « veulent un pouvoir sans partage sur le monde ».

6- Au contraire de la Russie qui est constamment accusée sans preuve, les États-Unis commettent les crimes les plus abjects sans que les grands médias occidentaux s’en émeuvent. Dernièrement a été nommée la nouvelle patronne de la CIA qui est une criminelle, et il n’y a presque que Philippe Labro pour en parler dans le Point.

7- Les Anglo-saxons (surtout les États-Unis, mais pas seulement) ont une très longue histoire de fausses accusations, qui ont notamment servi à justifier le massacre de millions de personnes (Libye, Irak, Vietnam…). On ne peut que se désoler du fait que ces accusations continuent de fonctionner auprès du public, alors que la honteuse prestation de Colin Powell agitant sa fiole devrait encore être dans toutes les mémoires.

8- Selon plusieurs médias (comme le Sunday Times ou The Telegraph), la version de départ des services de renseignement du régime britannique affirmait que le Novitchok avait été placé dans la valise de la fille de Skripal.

Un spécialiste en armes chimiques et ancien inspecteur de l’ONU, Anton Outkine, explique que c’est absurde, l’arme aurait probablement empoisonné tout l’avion, à cause de la ventilation. Léonid Rink affirme également que Youlia Skripal ne serait pas arrivée à Londres si on avait placé le poison sur elle ou sa valise en Russie. En outre il aurait été presque impossible d’expliquer qu’ils ont été empoisonnés simultanément. Il est donc plus probable que le poison ait été placé après l’arrivée de la fille en Angleterre.

9- Yakov Kedmi, ancien directeur des services spéciaux d’Israël (qui, avec professionnalisme, ne s’est pas joint au concert des accusations sans preuve) trouve très étrange en plus de l’arme utilisée, le fait de tuer un agent qui avait tout dit ce qu’il savait il y a déjà 14 ans. En effet, « il est très rare d’utiliser des moyens par lesquels on peut supputer l’exécuteur. Le moyen qui a été utilisé, selon les Britanniques, n’est pas le plus efficace, parce qu’il laisse des traces. » Par exemple, quand en 1959 les services soviétiques ont liquidé en RFA le leader de l’OUN/UPA Stepan Bandera, « les Allemands de l’ouest ne savaient pas qu’il avait été liquidé […] ». Note : En 1959, le nationaliste ukrainien Stepan Bandera n’était pas un ancien espion sans intérêt, il collaborait activement avec les services secrets occidentaux pour nuire à l’URSS. Cette collaboration s’est poursuivie après sa mort notamment par sa veuve, et ne s’est jamais interrompue, aboutissant à certains des mouvements néonazis ukrainiens actuels qui se sont tant illustrés ces dernières années.

10- Un des laboratoire militaires les plus secrets du pays se situe à environ 8 km de Salisbury, « Porton Down »

Il s’est illustré par le passé par ses expériences, notamment sur la population locale, L’ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan Craig Murray a écrit au sujet de cette affaire un article qui a été traduit en français. Craig Murray dit notamment :

« Il est scientifiquement impossible que [le laboratoire de détection chimique britannique] de Porton Down ait pu détecter des Novitchoks russes s’il n’avait jamais possédé auparavant un échantillon russe pour les comparer. lls peuvent analyser un échantillon comme conforme à une formule de Mirzaïanov, mais comme celui-ci l’a rendue publique il y a vingt ans, ce n’est pas une preuve de l’origine russe. Si l’équipe de scientifiques de Porton Down peut le synthétiser, beaucoup d’autres laboratoires peuvent le faire aussi, et pas seulement les Russes. »

Craig Murray a expliqué sur son blog être la cible de nombreuses insultes suite à son article. Il est traité de conspirationniste depuis qu’il a dénoncé l’utilisation de la torture par les services britanniques, ce qui était exact, alors que Jack Straw a menti au Parlement à ce sujet.

En outre, un ancien conseiller du Kremlin se demande pourquoi il n’y a aucune enquête sur Porton Down qui aurait pu avoir des échantillons, au moins pour vérifier qu’ils n’en ont pas perdu. Ce n’est pas parce qu’il est russe que sa question n’est pas légitime…

Pour conclure ces remarques sur Porton Down, notons qu’en 2016 un ancien responsable de la détection à Porton Down signalait que la seule information sur les Novitchoks venait du dissident Vil Mirzaïanov, et qu’aucune confirmation de la structure ou des propriétés de ces composés n’a été publiée. En deux ans ils sont passés de l’ignorance totale à une certitude absolue.

[Edit : Un commentateur a très justement fait remarquer (qu’il en soit remercié), que Craig Murray a expliqué comment a pu se produire ce revirement : en 2016 des chimistes iraniens ont réalisé la synthèse de 5 agents innervants de la famille Novitchok, travaillant sous l’auspice de l’OIAC. L’article publié mentionne :

« […] Les auteurs ont réussi à synthétiser et obtenir les données de spectre de masse d’une série inhabituelle d’agents innervants. Les données ont été ajoutées à la base de données analytique centrale de l’OIAC (OCAD). Il est important que de telles bases de données soient aussi exhaustives que possible pour que des armes chimiques inhabituelles puissent être identifiées sans ambiguïté. […] »

Autrement dit, on sait que des chercheurs iraniens ont réussi à produire des Novitchoks, et que les résultats de leurs travaux ont été partagés au sein de l’OIAC. Ce qui une fois de plus confirme l’absurdité d’accuser la Russie sur la seule base que le développement de cette famille d’agents innervants a commencé en URSS]

11- Dernier élément un peu extraordinaire, mais pas à exclure complètement d’entrée (nous en saurons bientôt plus) : Deux témoignages mettent tout simplement en doute l’élément central de l’affaire, c’est-à-dire que les Skripal ont été victimes d’un agent innervant. D’abord le médecin qui a traité la fille de Skripal pendant 30 minutes (sans équipements de protection, comme ses collègues traitant le père) : elle affirme qu’il n’y avait aucun signe d’un agent chimique sur le visage ou le corps de la victime. Le deuxième témoignage est celui de Stephen Davies de l’hôpital de Salisbury, qui affirme (dans une lettre le 14 mars au Times) qu’il n’y a eu en tout et pour tout que 3 personnes empoisonnées (et des personnes inquiètes – la troisième personne empoisonnée est un officier de police, qui a repris conscience), mais pas par un poison innervant.

Ces deux témoignages ont peut-être des explications qui pourront apparaître dans les prochains jours (peut-être un simple manque d’expertise dans ce domaine très spécifique), mais aux dernières nouvelles, ces deux témoignages empêchent d’exclure complètement qu’il n’y a tout simplement pas eu d’agent innervant, mais pourquoi pas, un autre poison.

Le comportement « de plus en plus bizarre » du régime britannique

Une équipe de l’OIAC est arrivée en Angleterre et nous aurons normalement les premiers résultats d’analyses début avril.

Mais face au manque de sérieux de la version initiale, affirmant que le Novitchok a été placé en Russie sur la fille de Skripal ou sa valise, les médias ont changé de version. Les Skripal auraient maintenant été empoisonnés via le système de ventilation de leur voiture.

C’est déjà mieux que cette histoire d’empoisonnement à distance via une valise, mais cela fait encore beaucoup de temps entre le moment où ils ont quitté la voiture et le moment où ils se sont sentis mal (ils ont eu le temps de faire du shopping). Un tel délai entre l’absorption et la perte de conscience des victimes laisse supposer que, si le poison est de la famille Novitchok, il s’agirait d’une nouvelle version, qui n’a pas été développée en URSS, mais plus tard, après l’arrêt des recherches russes dans ce domaine.

Il est en tout cas regrettable que le régime britannique n’ait toujours pas présenté un scénario crédible (expliquant où, comment, et par qui précisément ils ont été empoisonnés) et des preuves deux semaines après les graves accusations portées et les sanctions prises.

Boris Johnson a fait des déclarations de plus en plus agressives à l’égard de la Russie, particulièrement dans cette interview à Deutsche Welle (à la fille de Boris Nemtsov, consultable en français sur notre site) où il affirme que la position de la Russie dans cette affaire est de plus en plus bizarre.

Boris Johnson affirme que Vladimir Poutine a dit que les traîtres devraient être empoisonnés. En 2010, le Premier ministre Poutine a eu des mots très violents à l’égard des traîtres (parlant alors de Poteev, qui a trahi 10 agents dont Anna Tchapman), les traitant de porcs, demandant comment un traître pourrait ensuite regarder ses enfants dans les yeux, etc. et qu’il regretterait mille fois sa trahison. Mais Johnson semble avoir inventé la phrase de Poutine affirmant que Poutine a appelé à empoisonner les traîtres. Poutine avait affirmé que les 30 deniers d’argent resteraient en travers de la gorge des traîtres.

Johnson affirme que Skripal était « identifié comme une cible à liquider ». Comme indiqué précédemment, Skripal n’avait en fait plus aucun intérêt depuis longtemps.

La « preuve » de Boris Johnson, c’est la certitude du laboratoire de Porton Down que le poison est bien un Novitchok. Poison qui peut être produit par Porton Down, ou certains laboratoires américains, chinois, suédois… On a une fois de plus du mal à comprendre comment il passe d’une certitude sur la nature de l’arme à une certitude sur l’identité du criminel. Il ment d’ailleurs en indiquant que le Novitchok est un « agent innervant uniquement russe ».

Dans une autre interview, Boris Johnson affirme :

« Et comme font beaucoup de personnalités non démocratiques confrontées à une élection ou à un moment politique critique, il est souvent attirant de faire apparaître dans l’imaginaire public l’idée d’un ennemi ». C’est pour le coup une bonne remarque. On peut notamment rappeler comme exemples les accusations fantasques d’ingérences russes au moment du vote du Brexit, ou de l’élection de Trump.

Conclusion

Nous ne prétendons évidemment pas apporter la réponse à l’énigme. Nous constatons cependant l’absurdité apparente de l’accusation (même si, certes, tout est possible), et de nombreuses anomalies dans le traitement médiatique et diplomatique de cette affaire. Nous invitons chacun à toujours passer les hypothèses proposées (d’où qu’elles viennent) au rasoir d’Ockham, afin de privilégier les scénarios les plus évidents et crédibles. Ici, on constate que la théorie « Poutine l’a tuer » implique beaucoup d’hypothèses rocambolesques, et devrait être reléguée au deuxième ou troisième rang, voir plus.

Par exemple, des services secrets étrangers auraient pu voir d’un bon œil ce crime, par volonté d’annuler le Brexit, de bloquer le North-Stream 2, (l’Ukraine se réjouit déjà de ce que Gazprom sera obligé de négocier avec Kiev si North-Stream 2 ne le fait pas), d’augmenter les budgets militaires, de saboter l’exportation des S-400, de se venger de l’intervention en Syrie, ou encore d’effrayer les oligarques russes.

On pourrait aussi imaginer beaucoup de mobiles plus valables que « Poutine a fait le coup pour gagner une élection gagnée d’avance ». On peut envisager aussi une action d’acteurs privés, de type mafia, ou même une vengeance personnelle d’un ou plusieurs anciens agents russes trahis par Skripal (il y en aurait eu près de 300), ou enfin de services russes cherchant à nuire à Poutine, ou bien d’autres choses.

Bref, on ne sait vraiment pas grand chose sur cette triste histoire – ce qui n’empêche pas les médias de répandre plein de certitudes, en se basant uniquement sur des déclarations orales de gouvernements et services secrets qui ont déjà lourdement intoxiqué l’opinion publique (sciemment ou par incompétence), allant jusqu’à déclencher des guerres en Irak (ici) et en Libye (ici et ) – en attendant ceux à venir, un jour, sur la Syrie ou le Yémen

Ainsi, une chose est sûre dans cette affaire : les médias occidentaux ne font pas correctement leur travail d’information.

Simon Clanice, pour les-crises.fr (article que nous vous recommandons de reprendre et diffuser largement…)

Annexe : Best-Of des tweets du Ministère des Affaires Étrangères anglais (on a vu se déclencher des guerres pour moins que ça…)

« Que la Russie parte et se taise » d’après le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson (source : Daily Mail)

Et on finira par ce monument :

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Fritz // 23.03.2018 à 07h09

Article essentiel, article de fond. C’est notre devoir de le faire connaître, bien qu’il soit déjà trop tard. Ces gens VEULENT la guerre contre la Russie, rien ne pourra stopper leur folie criminelle.

L’autre jour, à Moscou, un représentant du gouvernement russe a donné la version russe de l’affaire Skripal. Cette réunion a été snobée par les ambassadeurs britannique, états-unien et français. Nos zélites voulaient se faire pardonner à tout prix l’opposition française à la guerre d’agression contre l’Irak.
Elles ont réussi au-delà de toute abjection.

50 réactions et commentaires

  • Fritz // 23.03.2018 à 07h09

    Article essentiel, article de fond. C’est notre devoir de le faire connaître, bien qu’il soit déjà trop tard. Ces gens VEULENT la guerre contre la Russie, rien ne pourra stopper leur folie criminelle.

    L’autre jour, à Moscou, un représentant du gouvernement russe a donné la version russe de l’affaire Skripal. Cette réunion a été snobée par les ambassadeurs britannique, états-unien et français. Nos zélites voulaient se faire pardonner à tout prix l’opposition française à la guerre d’agression contre l’Irak.
    Elles ont réussi au-delà de toute abjection.

      +89

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 08h38

      Merci pour votre commentaire. J’ai vraiment essayé de faire un “article de fond” en analysant tout ce qui a été dit d’important sur le sujet en russe, anglais et français (non, je plaisante, anglais et russe seulement, il n’y avait jusqu’à aujourd’hui pas d’information réelle publiée en français sur cette affaire, en dehors d’une traduction d’interview que j’ai signalée). N’hésitez pas à diffuser !

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    • Eric83 // 23.03.2018 à 13h16

      Ces provocations incessantes des pays de l’Otan et dans tous les domaines jusque dans la sport ont manifestement pour but de faire “disjoncter” le gouvernement russe.

      Ce qui m’échappe totalement, c’est l’objectif car en cas de conflit militaire, l’UE pourrait être réduite en cendres et donc les dirigeants fauteurs de guerres seraient ventilés, dispersés, façon puzzle, comme les citoyens lambda.

      Il me semble donc qu’un autre objectif sous-jacent anime nos dirigeants de plus en plus néocons, au sens propre comme au figuré.

      Lequel peut-il être ?

        +12

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      • Eric83 // 23.03.2018 à 15h52

        Affaire Skripal : Macron dénonce “une atteinte à la souveraineté” de l’UE

        https://www.romandie.com/news//902226.rom

        Et moi, je dénonce la folie collective des dirigeants de l’UE, qui par leurs comportements et leurs déclarations aussi irrationnels qu’indignes de leurs fonctions mettent en danger les citoyens de l’UE.

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  • basile // 23.03.2018 à 07h16

    C’est du lourd !

    Hélas, comme je le constate depuis des mois, la Russie n’est pas en position de poser des ultimatum pour accélérer l’enquête, ou ne serait-ce qu’obliger les média occidentaux à cesser de diffuser des fausses accusations (sur cette affaire et les autres) ou obtenir des excuses de Boris Johnson, voir de Macron (sur cette affaire + sa goujaterie au salon du livre entre autres).

    1) Elle n’a pas les moyens (de couper ce que vous savez, ou autres, couper tous les ponts, expluser quelques ambassadeurs des pays ouvertement agressifs)
    2) les faucons n’attendent que ça, selon le principe que dans les démocraties, c’est souvent celui qu’on excite qui se retrouve accusé d’avoir réagit

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  • DUGUESCLIN // 23.03.2018 à 07h27

    Le passeport de Poutine retrouvé à Salisbury, c’est vraiment excellent. Je vais la répéter celle-là.
    Mis à part cet humour, il faut rappeler que Poutine est considéré comme dangereux du fait de son intelligence calculatrice et pragmatique incontestée, alors qu’il devient, subitement, complètement idiot, en se débarrassant stupidement d’un ancien espion archi-grillé, inopérant qui ne peut plus déranger personne.
    Accuser Poutine de tous les maux n’a rien d’étonnant, mais le prendre pour un idiot est carrément insultant.
    Il faut choisir. Poutine est-il stupide ou intelligent?
    Cette poutinophobie grossière devient de plus en plus ridicule par ses contradictions inlassablement réitérées.
    On finit par n’avoir plus besoin d’infos puisqu’on sait à l’avance ce qu’elles vont contenir.

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    • Bibendum // 23.03.2018 à 08h10

      Toutaféedakor, c’est carrément insultant, mais pas à l’endroit de Poutinou chéri. Insultant vis à vis de nous, qui sommes gavés d’infos au quotidien, ou ici même sur les-crises, tant bien qu’ailleurs, l’information du jour supplante celle de la veille déjà trop vieille.

      Et n’allons pas croire que ce phénomène qui réduit la pensée à un temps “journal” est grave. Que nenni ! L’orque j’observe “fanlo”, mon poisson rouge, je vois bien qu’à chaque tour de bocal il marque un temps d’arrêt comme pour réfléchir puis reprend sa ronde sans paraître trop perturbé par sa routine. Oui, routine pas Poutine 🙂

      Alors je sais pas trop si PoupouBidouWouha est un stratège ou un imbécile, mais ce dont je ne doute plus, c’est qu’on nous prend pour des billes et qu’on nous y laisse, peut-être parce que nous le sommes,
      des billes en roulement libre. Ou des Rouletabille…

      Au fait, ils en sont où, le privilégiés de feu la seneuçeufeu, ils gagnent ou il perdent ?

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  • Eric83 // 23.03.2018 à 08h36

    Les arguments de Dmitry Orlov en faveur d’un “false flag”.

    http://www.dedefensa.org/article/false-flag-pour-novichok

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  • Surya // 23.03.2018 à 08h54

    J’ai tout de suite trouvé cette histoire complètement débile.

    – On a un éventuel poison qui date des années 70/80 (autant dire; un truc équivalent au moyen âge en matière de chimie organique)

    – Une formule rendue publique il y a longtemps

    – L’évolution des technologies de production qui fait que ce genre de trucs doit être relativement simple à synthétiser dans n’importe quelle usine pharma un tant soit peu moderne (dites vous que les molécules médicamenteuses les plus complexes n’étant encore qu’au stade de développement sont déjà copiées et vendues sous le manteau depuis la chine, notamment dans le domaine du dopage sportif)

    célafotorusses ! célafotapoutine ! on a hâte de voir les réactions des “experts” sur bfm et france info.

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 09h16

      Attention, “novitchok” désigne non pas un poison, mais une famille de poisons, dont quelques uns ont effectivement été développés en Union Soviétique (où ils ne s’appelaient pas novitchok, même si cette appellation a pu naître comme un surnom utilisés entre eux par les chimistes). Comme je l’ai signalé, il est envisageable que d’autres poisons de la même famille aient été développés ailleurs, après que les Russes ont arrêté d’y travaillé, en utilisant les connaissances de chercheurs émigrés.

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  • visiteur // 23.03.2018 à 09h10

    notons qu’en 2016 un ancien responsable de la détection à Porton Down signalait que la seule information sur les Novitchoks venait du dissident Vil Mirzaïanov, et qu’aucune confirmation de la structure ou des propriétés de ces composés n’a été publiée. En deux ans ils sont passés de l’ignorance totale à une certitude absolue.

    Qu’est-ce-qui a bien pu se passer après 2016 ? Craig Murray nous informe que le gouvernement iranien a, en collaboration avec l’OIAC, synthétisé ces fameux “novitchoks” pour justement en déterminer la structure et les propriétés. Ceci s’est déroulé en…2017.

    https://www.craigmurray.org.uk/archives/2018/03/first-recorded-successful-novichok-synthesis-was-in-2017-by-iran-in-cooperation-with-the-opcw

    Comme ce projet s’est déroulé sous les auspices de l’OIAC, cela signifie que potentiellement tous les pays membres savent maintenant de quoi il en retourne concrètement avec les novitchoks — et pas seulement la Russie…

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 09h20

      Bien vu, merci ! j’ai eu beau lire des dizaines et des dizaines d’articles sur le sujet, j’ai loupé celui-ci, qui serait à intégrer à l’article. À défaut de pouvoir le faire (il fallait me signaler cette information hier 😉 ), je le plussoie et j’espère que beaucoup de lecteurs verront cet intéressant complément d’information.

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 12h12

      Et voilà, un ajout a été fait, grâce à vous l’article est plus complet, merci encore 🙂

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  • t2lt // 23.03.2018 à 09h30

    Voilà ce que c’est que d’avoir plus de 76% d’électeurs au 1er tour, on fait des jaloux et notre 24% n’a pas résisté longtemps pour faire allégeance à la perfide Albion, qui ne veut plus de l’UE mais l’appelle à la rescousse dans son délire.

      +15

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  • Pierre // 23.03.2018 à 10h00

    Il y a un point commun entre tous ces morts russes et autres en Grande Bretagne. Ils ont tous collaborés de près ou de loin avec le MI6 (Intelligence Service).
    Ce qui me surprend, c’est qu’on ne parle pas de la vie de Sergueï Skripal en Angleterre. Vivait-il seul ? Avait-il des amis ? De quoi vivait-il ? Était-il heureux ?
    Ce qui semble sûr, c’est que sa famille était restée en Russie et qu’il n’avait pas de proches près de lui en Angleterre.
    Je me demande s’il n’envisageait pas de rentrer au pays et que le MI6 l’a éliminé pour empêcher cela.
    En tout cas, si une enquête russe pouvait prouver que son retour au pays était évoqué, ce serait un fameux renversement de situation.
    Ce n’est qu’une simple hypothèse, je n’ai absolument aucun élément matériel à mettre sur la table.
    De toute façon, dans ce cas, on ne le saura jamais vu que les chances de survie des Skripal sont quasi nulles.
    Si cette hypothèse était exacte, ce serait une affaire interne au MI6 avec peut-être l’accord du ministre de l’Intérieur. Le Premier ministre ne devait pas nécessairement en être informé et le bouffon qui sert de MAE certainement pas.

    PS. D’après certaines rumeurs, Boris Berezovski désirait aussi rentrer en Russie et il a été retrouvé “suicidé” chez lui.

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  • Roland Marounek // 23.03.2018 à 10h32

    A propos d’analyse, à voir aussi ce merveilleux “Poutine expliqué aux enfants” http://theday.co.uk/international/toxic-putin-on-mission-to-poison-the-west : “Poutine en mission pour empoisonner l’Occident”
    (Lien trouvé sur cet infâme site de propagande, Sputnik)

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  • Dan // 23.03.2018 à 10h35

    1) L’affaire Litvinenko, voir opération Beluga:
    https://duckduckgo.com/?q=litvinenko+barril&t=ffsb&ia=web
    1a) Curieusement la Russie n’a jamais été mise en cause pour l’assassinat de Berezovsky.

    2) Où sont les Skripal et dans quel état? Morts, comas ou… en excellente santé?

    2a) Comment se fait-il que les services consulaires n’aient pas accès à la fille – qui n’est que citoyenne russe?

    3) Les “novitchoks” sont des composés organo-phosphorés, bref du sarin “amélioré”. Ce sont des composés chimiques relativement simples.

    4) Quel a été le mode d’administration du poison, si poison il y a eu?
    a) L’attaché-case de la fille?
    b) Le système de ventilation de la voiture?
    c) Autre?
    Ces variations dans le mode d’administration = pas sérieux du tout.

    5) Première information qui a circulé sur le poison: fentanyl (cf. l’affaire du théâtre de Moscou.)
    Mais il ont dû se rendre compte que cet opiacé était si largement disponible qu’il n’aurait pas longtemps été crédible de l’attribuer à la Russie.

      +5

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  • Eg.O.bsolète // 23.03.2018 à 10h48

    Dans le série “quand les missiles sont à l’ouest, les pacifiques sont à l’est”: L’avantage de la Presse MSM, à l’image de ce qu’était la Pravda en son temps, c’est d’être constant dans le mensonge (à l’internationnal), et donc de devenir une source d’information des plus précieuses.

      +3

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  • ANNA // 23.03.2018 à 11h47

    Le fait que les Scripals (père et fille) soient toujours en vie, prouve qu’un antidote leurs soit très vite administré.
    Donc il fallait très vite avoir l’assurance du nom de poison – “Novitchok”
    Comme par hasard le laboratoire de Porton-Down est juste a coté
    Le nom du poison très vite trouvé, mais comme par hasard, personne n’arrive a établir ni le mode, ni le moment, ni le lieu de l’administration du poison
    Toutes les déclarations des Britanniques sont complètement incohérentes, sans parler des injures envers la Russie et les comparaisons ignobles avec Hitler

      +3

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  • Sandrine // 23.03.2018 à 11h48

    L’assassinat d’un homme et de sa famille est bien entendu immoral et puni comme tel par la loi dans tous les pays du monde.
    Mais les services secret de tous les pays du monde ne recourent-ils pas à l’assassinat en invoquant la raison d’Etat?
    Bref cette affaire relayée de manière indécente par les médias est une geste théâtrale, pour rappeler aux masses qui à le droit à l’usage légitime de la violence et qui n’ y a pas droit.

      +1

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  • ANNA // 23.03.2018 à 11h48

    Je tiens a rappeler que :
    1. dans la mort de Litvinenko a Londres deux russes ont été déjà désignés comme coupables en 2006, mais l’enquête officielle n’est pas toujours clôturé
    2. dans le crash du vol MH17 en Ukraine en 2014, les russes ont été désignés comme coupables, mais l’enquête officiel n’est toujours pas clôturé
    3. dans l’empoisonnement des Scripal les russes sont tout de suite désignés coupables, alors que l’enquête n’est même pas commencé a être sérieuse

      +6

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  • Duracuir // 23.03.2018 à 11h50

    c’est fou comme on a la mémoire courte.
    Je suis impressionné que personne, mais alors personne, même pas Olivier Berruyer n’ont pensé à rappeler le précédent Ianoukovitch.
    Je rappelle que celui qu’on appelait en 94 “l’homme de Moscou” et qu’à ce titre on a chassé lors d’un coup d’état réalisé par les sbires de Svoboda et Secteur Droit, avait fait l’objet, 10 ans plus tôt, d’une campagne de presse hystérique en occident qui dura plusieurs mois.
    Ce fameux Ianoukovitch était alors “l’homme de la résistance acharnée à Moscou” et, selon l’intégralité des médias occidentaux il avait été empoisonné à la dioxine par Poutine lui même. Des mois et de mois de battage, de calomnies russophobes et d’accusations hystériques pour quoi? Il s’est avéré en fait que c’était une maladie dont souffrait le martyr qui devait devenir paria.
    Mais personne ne se souvient de ça?

      +4

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 12h44

      Si, je me souviens de l’empoisonnement de Viktor Youchshenko (pas Ianoukovitch, attention), mais je ne suis pas du tout sûr de ce que vous écrivez. Je viens de me rafraîchir rapidement la mémoire sur wikipédia https://ru.wikipedia.org/wiki/Отравление_Ющенко , et il n’y a pas de certitude sur l’objectif (le tuer ou au contraire lui faire de la pub en accusant la Russie) et encore moins sur les responsables (j’ai vite trouvé ailleurs 6 versions), mais l’hypothèse d’une allergie semble totalement marginale.
      Par contre je voulais aussi mentionner Berezovski (rappelé ici par un commentaire) et quelques autres histoires, mais bon il fallait un peu se concentrer sur l’affaire, sinon personne n’arriverait au bout de la lecture, et les lecteurs s’embrouilleraient dans des faits ou hypothèses qui sont totalement secondaires par rapport au cœur de l’affaire.

        +6

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      • Duracuir // 23.03.2018 à 15h45

        Oui, excuse, gros plantage de ma part. Merci pour la correction.

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    • Danielle VQ // 23.03.2018 à 19h10

      La liste est tellement longue qu’il faudrait y consacrer un article entier.

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  • Seraphim // 23.03.2018 à 11h57

    Tout le monde souligne l’absurdité de l’accusation, l’incohérence d’un pouvoir russe se tirant une balle dans le pied. Et chacun de monter alors sur ses grands chevaux pour réclamer de la cohérence et de la logique.
    C’est oublier qu’ici l’incohérence et l’illogique ne sont pas des handicaps mais…des avantages. En effet, puisque c’est absurde selon des logiques somme toute élémentaires c’est que Poutine (et toute la Russie) agit sur des critères irrationnels et passionnels! Il faut que ce soit idiot pour que le motif “vengeance” soit recevable. Seul celui-ci est intéressant, car celui-ci seul appuie et complète d’autres accusations plus politiques: “Poutine veut restaurer la ‘grandeur’ et l’orgueil de la Russie. Il ambitionne aussi de rendre le territoire soviétique à la Russie”. Skripal n’est qu’un ingrédient de cette cuisine passionnelle.

      +0

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  • Olposoch // 23.03.2018 à 12h04

    On peut saluer le journal de “LeMedia” qui essaye de donner des gages en invitant un journaliste-expert-autoproclamé, :
    “mais visiblement les russes adorent les poisons depuis toujours”
    “les soviétiques se sont fait une spécialité de l’empoisonnement, on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs…peut-être pensaient-t-ils qu’elles étaient plus invisibles…” (belle réussite du côté de l’invisibilité, sont trop cons ces russes)
    “comme c’est un neurotoxique qui a été développé spécifiquement par l’armée russe… quelque part c’est signé” (quelle autre option de réalité serait possible ma brave dame…)
    “pas d’états d’âme du côté russe” (les slaves n’en ont pas, c’est génétique)
    Autre option imaginée, les mafias, russes forcément, what else…

      +7

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    • Olposoch // 23.03.2018 à 12h04

      Le journaliste qui comprend son erreur de l’avoir invité lui demande s’il ne serait pas plus simple de lui tirer une balle…
      Mais bon l’expert “il est évident”, “c’est pas la première fois”, “le polonium 210 est une signature extrêmement marquée des services secrets russes”, “prendre en compte une hypothèse extrêmement basique, c’est simplement que les services secrets soviétiques utilisent ces moyens parce que le plus haut degré politique de l’état russe à décidé que l’on pouvait assassiner des opposants (“opposants”) dans le monde entier (poison bad, drone good)”, “c’était pas un problème d’affichage diplomatique, au contraire peut-être même que l’affirmation du pouvoir tsariste de Poutine… porter cet héritage du poison (???!!!)… je peux éliminer mes ennemis et peut importe que l’on m’accuse”… “exécution visible”…
      Bon les gars c’est bon, c’est fait, vous avez une archive à ressortir, mais ça suffira pas…
      https://www.youtube.com/watch?v=tO2f5Ids7ik (à partir de 19″10)

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  • Fera Anatis // 23.03.2018 à 12h59

    Une chose m’étonne dans cette histoire, l’on ne parle que du colonel agent double, qui serait l’objet d’une vengeance Russe. Mais il y a bien 2 victimes. Quel est le rôle de la fille ? Pourquoi comme dans tout bon tour de magie l’on nous fait regarder ailleurs ? Et quelle coïncidence ! La fille se trouvant par hasard victime collatérale. C’est bizarre.
    D’après des informations lue je ne sais plus où, et que je ne peux évidemment pas confirmer. La fille serait employée à l’ambassade Américaine à Moscou, tiens encore une coïncidence, et son petit ami un membre des services secrets Russes. Si c’est vrai c’est de plus en plus bizarre.
    Alors je tente une hypothèse tout à fait imaginaire. Si la fille était un agent russe infiltré à l’embassade us à Moscou et que les services secrets occidentaux veulent l’éliminer. Il serait habile de faire passer son assassinat comme un coup des Russes voulant éliminer le père. Et en bonus dioboliser Putine.
    On est en plein roman, mais je suis absolument certain que l’on nous cache beaucoup de choses. Car l’histoire rocambolesques que l’on nous sert ne tiens pas debout.

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 13h46

      À ce stade, ce n’est qu’une rumeur publiée sur Instagram. Elle est certes mentionnée par le journal russe MK (http://www.mk.ru/incident/2018/03/14/smi-skripalya-otravila-nesostoyavshayasya-svekrov-yulii.html), mais à ce stade je ne sais pas trop quoi en penser. Ça n’était pas suffisamment solide pour en parler (sauf si j’ai loupé un truc, comme avec l’histoire des chimistes iraniens). Si on parle de tout, on ne s’arrête pas, et ça devient impossible à lire.
      Et puis vous vous embrouillez un peu. Selon cette rumeur c’est la belle-mère qui serait dans les services secrets russes et aurait pouvoir voulu éliminer Youlia pour empêcher le mariage.
      Je veux bien, hein, on a vu des trucs plus dingues (enfin… je crois). Mais le message d’où vient cette rumeur indique que c’est ce qu’a dit la famille du fiancé dans une interview. OK. Où est cette interview ? qui est ce fiancé ? quel est le rang de cette féroce belle-mère ?
      En attendant d’avoir une réponse, laissons reposer cette rumeur dans son coin.

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      • Fera Anatis // 23.03.2018 à 14h06

        Merci pour le lien. Je continue de penser qu’il ne faut pas se focaliser uniquement sur le père, mais que la fille peut avoir un rôle central. Comme nous n’avons aucune information fiable, on en est réduit à des conjectures

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  • Bertrand // 23.03.2018 à 14h08

    L’article de Naudet est absolument fabuleux… Le motif ? “Poutine n’a pas besoin de ça pour être réélu, il l’a donc fait pour être réélu.” Les preuves ? “Tout le monde aurait pu le faire, c’est donc bien la preuve que c’est Poutine qui l’a fait, car il est trop trop malin !!”. Implacable.

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    • scc // 24.03.2018 à 20h48

      Surtout qu’il n’avait absolument pas besoin de cela pour être réélu. Il avait déjà suffisamment de raisons pour l’être vu la russophobie déjà existante.
      Par contre je ne crois pas qu’il avait besoin d’une nouvelle crise montée en épingle: les enjeux de la coupe du monde et SURTOUT du North Stream me semblent beaucoup trop importants pour risquer d’être remis en cause. Est-ce d’ailleurs un hasard si immédiatement des parlementaires américains ont sommé Trump de tout faire pour obtenir l’arrêt du North Stream dans l’intérêt de l’Europe ?

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  • Vincent // 23.03.2018 à 14h42

    Je ne comprends pas la modération russe suite à toutes les provocations de l’Occident, et ce depuis des années (Ukraine, Syrie, et puis ici cette ridicule histoire de poison). La Russie a des moyens asymétriques de nuire à ces roquets. Pour quoi diable accepte-t-elle encore d’emmener des astronautes us et européens dans l’espace? Pour quoi accepte-t-elle de fournir la technologie de ses moteurs de fusées pour certains lanceurs us? Pour quoi ne vend-elle pas l’intégralité de ses dollars? etc etc…A vouloir croire à une amélioration de ses relations avec ses partenaires, ces derniers imaginent encore être en position de force. On est dans un cercle-vicieux harceleur harcelé.

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    • Séraphim // 23.03.2018 à 16h31

      La Russie est patiente. N’étant pas en position de force, elle sait très bien, d’expérience (Napoléon, Hitler) qu’il vaut mieux se laisser enfoncer jusqu’au début d’épuisement de l’adversaire, puis non pas riposter mais reprendre l’avantage (Moscou 1812, Stalingrad).
      Elle gagnerait quoi à cesser la vente de moteurs de fusées ou l’envoi sur la station spatiale? De la fierté? C’est à dire justement ce qu’on lui reproche d’avoir et de chercher…et dont elle se moque. Avec en plus le risque d’un ‘effet sanction’ c’est à dire l’acquisition d’indépendance par l’ennemi. Aucun intérêt.

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    • Simon Clanice // 23.03.2018 à 16h31

      Parce que la Russie est pragmatique et n’est pas du genre à se tirer des balles dans le pieds comme la France aime le faire.
      -Le secteur spatial russe est en graves difficultés et a besoin de clients étrangers qui sont désormais très très rares.
      -La Russie a effectivement environ 100 milliards de dollars de bons du Trésor US. Un article a récemment expliqué que ça rapportait environ 3 milliards de dollars par an avec l’avatange d’une parfaite liquidité.
      Donc la Russie a déjà mis en œuvre les mesures de rétorsions qui lui rapportent (sanctions agricoles contre l’UE : la Russie est en train de devenir une superpuissance agricole) mais n’a pas les moyens de mettre en action les moyens que vous suggérez (et que beaucoup de Russes suggèrent aussi…).

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    • CHLéO // 23.03.2018 à 17h28

      Je me suis posé la même question que vous concernant la patience des Russes ; mais il se dégage de toutes ces situations (Ukraine, Syrie, sanctions illégales, inversions accusatoires, etc…) une image de l’Occident qui n’est vraiment pas flatteuse, pour le moins.
      Le vrai visage, la vraie nature des cuistres nous sont présentés sans fards… les masques sont tombés, et ce qui est visible est hideux.
      Et tout le tam tam médiatique globalisé n’effacera pas cette laideur.

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    • MichelR // 24.03.2018 à 11h43

      ce sont de bonnes questions ..bof, la Russie est soumise hélas

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      • Wibras // 24.03.2018 à 16h26

        Michel, je ne pense pas que la Russie soit soumise, au contraire, elle est au dessus de ça. Les pitreries occidentales n’émeuvent pas les Russes et ne les font même pas rire. L’Occident n’est même pas un zoo pour eux. Pour y être allé j’ai cru percevoir les Russes comme brutaux (à nuancer) mais surtout comme des hommes d’honneur et des hommes de parole.
        Quand Poutine et Lavrov réagissent c’est, je pense, à destination de l’opinion internationale, ou pour rassurer leurs alliés. En repensant au discours récent de Poutine sur une éventuelle agression occidentale, il y a de quoi être inquiet, une ligne rouge russe est une ligne rouge (par comparaison en Occident elle est à peine rose). Et ça peut être brutal.

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  • Betty // 23.03.2018 à 16h32

    Si les Russes évaluent leurs stocks d’armes chimiques à 40 00 tonnes les Etats-Unis eux en reconnaissent 30 00 tonnes… La Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction de 1993, entrée en vigueur le 29 avril 1997, exigeait de ses signataires la destruction de leurs stocks dans un délai de dix ans..Les deux états avaient demandé le report jusqu’en 2012.
    Quant aux stocks d’armes évoqué il était plus précisément situé sur l’île de Vozrojdenie en Mer d’Aral et les Etats-Unis suite à un accord signé avec l’Ouzbékistan en 2011 se sont engagés à nettoyer l’île pour un montant de 6,6 millions d’euros. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/heritage-sovietique/armes-chimiques.shtml
    L’existence de cette île avait défrayé la chronique lors de l’affaire de l’Anthrax aux E-U-A en 2001.

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    • Jimmy // 23.03.2018 à 19h14

      @Betty : Comment les États-Unis ont-ils procédé pour “nettoyer” l’île ? En rapatriant ces armes aux USA ? En le jetant à la mer (comme pour Ben Laden) ? En les coulant dans du béton (comme pour Jimmy Hoffa) ? En les faisant disparaître entre ciel et terre (comme pour le MH 370) ?

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  • Bardamu // 23.03.2018 à 16h55

    Et il s’est fait vertement rappelé à l’ordre par ses spectateurs, le moins anonyme étant Pierrick Tillet. Espérons qu’eux au moins tiennent compte des l’avis de ceux qui les lisent/regardent à l’avenir.

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  • David G. // 23.03.2018 à 20h56

    En 2016 l’Iran a réussit à créer différents Novichok, sous le contrôle de l’OIAC (OPCW).

    C’est officiel et publié notamment le 1er janvier 2017 dans la revue du site spectroscopynow.
    “The Iranian researchers synthesised five ‘Novichok’ agents, along with four deuterated analogues. ”

    C’est peu relevé dans les nouvelles. Cela montre que d’autres sont capables de le faire.

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  • ThierryC // 23.03.2018 à 22h58

    Un article du Guardian cite un autre scientique Russe ayant particpé au programme Novichok:

    https://www.theguardian.com/uk-news/2018/mar/23/nerve-agent-was-used-in-1995-claims-former-soviet-scientist

    Ce témoignage renforce globalement la thèse “mainstream”.

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    • Simon Clanice // 24.03.2018 à 18h44

      Les 3 chimistes russes qui ont depuis le début de l’affaire parlé de leurs recherches sur des agents innervants en ont donné des interviews dont 5 ont été traduites par la communauté des Crises https://www.les-crises.fr/affaire-skripal-interviews-des-scientifiques-createurs-du-poison-novitchok/
      Notez bien ce que j’ai expliqué sur Vil Mirzaïanov dans l’article ↑
      Concernant Uglev, je n’ai finalement rien gardé dans la version finale de son interview parce que je ne vois pas bien ce qu’il apporte de plus : il confirme qu’il y avait bien un tel programme de recherche, qu’il ne s’appelait pas alors “Novitchok”. Il rappelle que la Russie n’a ratifié la Convention sur les AC qu’en 1997. Ces éléments sont dans l’article en provenance d’autres sources.
      Uglev ne dit strictement rien sur la “version mainstream” (en réalité la version propagée de force par le régime britannique) qui dit que les Skripal ont été empoisonnés par du “Novitchok” sous ordre de “la Russie”.

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  • caliban // 24.03.2018 à 03h47

    Au point où nous en sommes, et puisqu’il est dit par le journaliste de l’Obs que M. Poutine a utilisé du poison pour mieux gagner les élections, essayons de tordre le bâton dans l’autre sens :
    • L’Etat islamique a utilisé du gaz pour faire accuser M. Al Assad
    • trouvant l’idée ingénieuse, le Royaume-Uni fait de même pour accuser M. Poutine

    Et comme ça on équilibre les foutaises :
    • ceux qui croient aux moeurs assassines du “maître du Kremlin”
    • ceux qui croient au cynisme absolu de nos dirigeants

    Et si le résultat de tout cela était de dessiner deux visions du monde, dans lequel chacun d’entre nous pourraient se construire des certitudes ? Les comploteurs face aux complotistes.

    Duel dont la première victime est le doute raisonnable.

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  • Simon Clanice // 24.03.2018 à 10h44

    Précisément zéro. Vous me crachez dessus sans avoir lu ou compris mon article, puisque justement je parle abondamment de la question “à qui profite le crime ? ”. Vous devriez plutôt vous demander comment vous en êtes arrivé à accepter sans l’ombre d’une preuve l’idée délirante que la Russie est continuellement en train de commettre des crimes ignobles. Et comment vous en êtes arrivé à ne jamais mettre en doute la parole de gouvernements qui mentent très régulièrement pour créer des prétextes pour commettre des crimes d’ampleur colossales (destruction de l’Irak, de la Libye, etc.).

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    • MichelR // 24.03.2018 à 11h47

      totalement avec vous, ne vous laissez pas impressionner par des trolls de peu d’importance

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  • René Fabri // 26.03.2018 à 00h09

    J’ai étudié l’affaire Litvinenko très soigneusement. Les policiers britanniques ont bien retrouvé du polonium, apporté par Luguvoy et Kovtun. C’est ensuite, que l’enquête dérape, quand le dossier est passé à un juge, Sir Robert Owen, qui ne connait pas du tout la Russie. Le juge considère que c’est un meurtre politique parce que Lugovoy est membre d’un parti. Mais il est au LDPR de Jirinovski et pas à Russie Unie de Poutine. En réalité, c’est un règlement de compte entre deux agents de sécurité (Litvinenko et Lugovoy) qui se connaissaient bien et se jalousaient. Mais l’entourage de Litvinenko, notamment l’agent américain Alex Goldfarb a fait tout une propagande pour accuser le Kremlin. Lire https://www.wikialbert.fr/pag/l/x/e/l_empoisonnement_d_alexandre_litvinenko_au_polonium_210.htm

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