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27.octobre.201727.10.2017 // Les Crises

Ingérence : comment les médias américains ont essayé d’influencer la présidentielle de 2016

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Au moment où Twitter interdit à RT de promouvoir ses publications pour cause de pseudo “ingérence”, il est intéressant de compléter notre analyse à chaud du soutien de la presse américaine à Hillary Clinton en 2016, en zoomant sur le soutien officiel des 15 plus grands quotidiens aux candidats à la présidentielle, dans ce qui est une des plus grandes entreprises d’ingérence de la presse dans le processus électoral.

1/ USA Today – 3 900 000 exemplaires

2/ The Wall Street Journal – 2 400 000 exemplaires

L’exception : ce journal n’a pas pris position (Clinton était trop de gauche…)

3/ The New York Times – 1 100 000 exemplaires

4/ Los Angeles Times – 960 000 exemplaires

5/ Houston Chronicle – 925 000 exemplaires

6/ Chicago Tribune – 770 000 exemplaires

Une autre exception : un soutien au 3e homme :

7/ The Dallas Morning News – 710 000 exemplaires

8/ San Jose Mercury News – 630 000 exemplaires

9/ Star Tribune – 590 000 exemplaires

10/ The Denver Post – 570 000 exemplaires

11/ The Washington Post – 570 000 exemplaires

Je vous renvoie surtout sur la courte vidéo – édifiante – présente sur le site du WP.

12/ East Bay Times – 525 000 exemplaires

13/ Newsday – 510 000 exemplaires

14/ The Philadelphia Inquirer – 500 000 exemplaires

15/ The Arizona Republic – 500 000 exemplaires

Synthèse

Voici la synthèse des 348 plus grands journaux américains (pondérés par le tirage) :

soutien-presse-usa

Commentaire recommandé

Galvan // 27.10.2017 à 07h44

Tout cela me fait curieusement penser au cas ‘Macron’. La presse et les médias aux ordres fonctionnent décidément de la même manière des deux côtés de l’Atlantique, et ce n’est pas dans l’intérêt des peuples mais celui de l’oligarchie.
Plus d’un millier de passages presse / radio / tv ont couvert le candidat Macron avant les élections présidentielles. C’est beaucoup plus que n’importe quel autre candidat.
La différence c’est que ça a fonctionné en France mais pas aux USA…

18 réactions et commentaires

  • Galvan // 27.10.2017 à 07h44

    Tout cela me fait curieusement penser au cas ‘Macron’. La presse et les médias aux ordres fonctionnent décidément de la même manière des deux côtés de l’Atlantique, et ce n’est pas dans l’intérêt des peuples mais celui de l’oligarchie.
    Plus d’un millier de passages presse / radio / tv ont couvert le candidat Macron avant les élections présidentielles. C’est beaucoup plus que n’importe quel autre candidat.
    La différence c’est que ça a fonctionné en France mais pas aux USA…

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    • Ztong // 27.10.2017 à 10h40

      Sans doute parce qu’en France, ladite presse a pu se faire la chambre d’écho d’un scandale financier du challenger qui, traité différemment, aurait été insignifiant.
      A ce qu’on sache il n’a toujours pas rendu l’argent, d’ailleurs…

        +5

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    • Fritz // 27.10.2017 à 11h54

      Il y a quand même une différence, @Galvan : outre-Atlantique, les journaux sont plus francs que chez nous. Imagine-t-on Le Monde ou le JDD titrer : “Emmanuel Macron président”, “Emmanuel Macron est le seul choix pour faire avancer la France ?”. Pas avant le premier tour.

      Nos journaux ont attendu la configuration espérée (Macron-Le Pen) pour jeter le masque de leur soi-disant impartialité. Comme le Canard enchaîné : “Ni Marine, ni Le Pen !”
      https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-3-mai-2017/

      Et pour obtenir cette configuration, la presse a outrageusement favorisé Macron, mis en avant Le Pen, dénigré Mélenchon, ignoré F. A., surexploité l’affaire Pénélope…

        +27

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    • fanfan // 27.10.2017 à 12h28

      La corruption injustifiable : débats publics, pratiques de pouvoir, cultures politiques (XIXe-XXe siècles) Frédéric Monier.
      content/uploads/2014/02/Frederic_Monier_histoire_de_la_corruption.pdf

        +0

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    • Le Veloute // 28.10.2017 à 20h31

      “Tout cela me fait curieusement penser au cas ‘Macron’”, c’est le mot “curieusement” que je mettrais entre guillemets.

      Plus de 17 000 articles dans la presse, on est bien dans la fourchette du “plus d’un millier” de courvertures médiatiques.

        +1

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  • TC // 27.10.2017 à 08h05

    C’est édifiant et ça ne choque personne semble t-il ! Il est intéressant de faire le parallèle avec la censure de twiter vis à vis des médias non accrédités. Finalement, les élites americaines se plaignent de voir que ce qu’ils utilisent à outrance puisse l’être par d’autres que ce soit sur leur sol ou ailleurs. C’est comme qui dirait l’entarteur entarté, je comprends que ça puisse les rendre folles.

      +11

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  • aladin0248 // 27.10.2017 à 08h36

    Les élites américaines pratiquent depuis des années -et peut-être depuis toujours- le “faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais”. Et ça va très loin !

      +7

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  • yann // 27.10.2017 à 09h21

    Ça en dit long sur le degré de confiance des électeurs envers la presse.

      +9

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  • vert-de-taire // 27.10.2017 à 09h48

    Souvenez vous de l’avant-guerre de l’Irak, les dirigeants des grandes entreprises massivement POUR cette guerre, dans le monde occidental au moins.

    La classe capitaliste domine très largement nos sociétés par de multiples canaux.
    Elle est par essence violente et prédatrice.
    Le moteur de tout ceci est la captation des richesses qui corrompent tout.
    Puisque toutes les besoins minimums sont payants, que l’accès aux revenus dépendant de la soumission non plus à un travail mais à une dévotion (cf les clips et exigences usuelles des entreprises), la dictature capitaliste est quasi totale dans nos esprits.
    Nous dépendons des entreprises qui procure les revenus, et les petites des plus grandes.
    Par un jeu de dépendances triviales, les multinationales dominent tout : les super-gouvernements (UE USA, ..) les gouvernements, les entreprises les personnes.

    Il ne reste rien des principes démocratiques, c’est donc une vraie dictature.
    dont la violence est répartie donc moins visible, moins ressentie.

      +19

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  • Ardéchoix // 27.10.2017 à 10h51

    Pour la préstilentielle c’était pas mieux mais ça a marché, pour l’instant. Comme toujours 5 à 10ans de “retard” sur les USA .

      +2

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  • Didier // 27.10.2017 à 13h04

    Il serait intéressant d’avoir la même analyse pour la presse américaine de langue espagnole: observe-t-on le même biais?

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  • Nathan // 27.10.2017 à 13h35

    J’ai du mal avec cette utilisation des positions des journaux: quelle proportion des électeurs de Trump lis des journaux, par rapport aux électeurs de Clinton?

    Si 80% des lecteurs de la presse quotidienne américaine sont des électeurs de Clinton, et 20% des électeurs de Trump, raisonnement que l’on peut transposer en France, alors il est normal que ces journaux soient en phase avec leurs lecteurs et non avec la population française.

    On peut s’interroger sur le système de financement public qui privilégie un système n’ayant des parts de marché que sur une part socialement homogène, mais le fait d’avoir une presse unanime derrière un candidat en phase avec son lectorat, son marché, ne me choque pas.

      +1

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  • Manuel // 27.10.2017 à 18h40

    Ce qui m’a étonné, c’est que cela ne représente que 10% des électeurs ! (22 millions pour 220 millions à peu près) Je trouve cela vraiment peu…

    Qu’il y ait un biais idéologique, clairement. De là à parler de propagande médiatique à travers les journaux… Je doute. Ce serait plutôt intéressant de voir la télé qui a un pouvoir et une exposition beaucoup plus importante.

    Par contre personne n’a parle du cas de Corbyn au RU qui est à la tête du plus grand parti politique en Europe et ne dispose d’aucun support dans la presse. Et on est très loin d’un personnage aussi clivant que Trump

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  • Emmanuel // 27.10.2017 à 18h56

    Ce serait intéressant en effet de faire une analyse similaire avec la télévision, et de comparer l’impact respectif des deux médias….J’ai bien peur qu’on aurait également une grande assymétrie. Il n’empêche que, Bernie Sanders l’explique très bien dans son livre “la nouvelle révolution”, le clan Clinton et les démocrates derrières étaient trop occupés à la recherche de financements (avec une forte collusion avec le milieu de Wall Street), et ont complètement délaissé le terrain, en particulier l’électorat populaire et les personnes les plus modestes…Il ne faut pas oublier que Trump a plus été élu grâce à la forte abstention et au tassement du nombre des électeurs démocrates, que par un succès personnel ou du parti Républicain.

      +2

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  • sceptique // 29.10.2017 à 09h56

    Deux remarques:

    1) Vous faites un amalgame entre l’ingérence d’un état externe (Russie) dans les élections américaines et la participation au débat démocratique, totalement légitime, de la presse nationale.

    2) Avec le recul, on peut dire que la presse américaine avait vu juste: la présidence Trump EST une catastrophe.

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